V. Hugo
— Secouer la poussière de ses sandales, S'é- I loigner avec indignation et sans esprit de i retour; manifester qu'on ne veut rien em- | porter, pas même do la poussière, du pays ■ que l'on quitte. Cette locution est empruntée t k l'Evangile. j
— Mus. Petite plaque de bois sur laquelle ' on appuie le pied pour faire mouvoir un souf- j flet d'orgue.
— Escrime. Soulier qui n'a qu'une demi- I empeigne, avec une forte semelle. :
— Mar. Sorte de bateau de transport en j usage sur les cotes barbaresques. I
— Moll. Nom marchand de la patelle en voûte et de la carinaire.
— Bot. Nom vulgaire de la crépidule.
— s. m. Entom. Genre d'insectes coléoptères peu tanières serrioornes, de la famille des malacodermes, tribu des cébrionites, comprenant deux, espèces qui vivent aux Etats- Unis.
— Encycl. Mœurs et cont. Chez les Grecs et les Romains, la sandale fut surtout réservée aux femmes. Nous voyons pourtant d;ms les poèmes homériques que l'usage en fut d'abord commun aux. deux sexes. Elle consistait en une semelle de bois liée au pied par des courroies ou des bandelettes ; c'est ce qu'on appelait Yhypodème. Plus tard, à la semelle se joignit un morceau de "cuir ou d'étoffe recouvrant soit le talon, soit les doigts du pied, soit l'une et l'autre partie, et cette chaussure reçut le nom de sandalion ou de blautia. Le sandalion tut la transition de l'hypndème, c'est-à-dire de la simple semelle, au" soulier véritable. Les bandelettes qui retenaient la sandale furent richement ornées ; elles devinrent un des objets les plus luxueux de la toilette des femmes. On y prodigua l'or et l'on fit en même temps la sandale avec de la soie et d'autres étoffes précieuses. Quand cette chaussure eut atteint ce degré de luxe, elle fut bien rarement portée pur des hommes, si ce n'est dans l'Orient.. Les dames romaines, qui reçurent les sandales de la Grèce, ne les eurent pas moins belles et moins riches que les daines grecques. Celait la chaussure favorite des dames jeunes et élégantes. Et telle fut l'importance qu'on leur donna dans la toilette, qu'une esclave spéciale était chargée de la garde des bandâtes, la sanduligerula , comme on le voit dans Plaute (Trin., acte II, su. i). Des coffrets de bois précieux, plaqués d'or, Imxpiaoi oavSaï&ÛYlxat, servuient à serrer ces objets. Ce raffinement de luxe pour les chaussures des femmes indique le prix que l'on attachait
alors à la beauté et à la délicatesse du pied. Les poètes, en effet, sont unanimes là-dessus. Ovide, Horace, Catulle ont célébré les petits pieds.
Si les Romains laissaient la sandale proprement dite (sandalium) aux femmes, ils avaient une chaussure du même genre, qu'ils portaient dans la maison quand ils avaient quitté le cateeus; ils l'appelaient soleti. Elle consistait aussi en une semelle, avec un morceau de cuir ou d'étoffe pour envelopper le talon, le reste du pied étant a découvert ; elle s'attachait par des bandelettes qui se croisaient sur le eou-de-piod. Il y en avait dont la semelle était en bois et dont les gens de la campagne faisaient usage. A Rome, la solea ou sandale des hommes faisait pour les gens riches l'ofiice de nos pantoufles. Ils les prenaient aux pieds dans leur intérieur, et, quand ils allaient dîner en ville, un esclave les portait dans la maison où ils étaient invités, l.à, en entrant, ils quittaient leurs chaussures et l'esi'iavu leur mettait les sandale,-:. On pouvait alors s'étendre sur les lits du Iriclinium sans crainte de les salir. Le repas lermiiK', l'esclave retirait les sandales de son inulire et lui mettait ses autres chaussures. Celte sorte d'esclaves avaient le nom de portesandales, sundaligeruli. Les pauvres gens portaient eux-mêmes leurs sandales quand ils allaient dîner hors de chez eux. Quelquefois un homme riche, pour se donner île la popularité, invitait à souper des campagnards de sa tribu. Ceux-ci s'en allaient à pied à la ville, portant sous le bras une paire de sandales et, en outre, un bonnet de laine (pileolus) dont ils se couvraient le soir quand ils retournaient k leur habitation. Quand Horace ch:irge Viuius Asella d'aller remettre à Auguste le recueil des trois premiers livres de ses odes, il lui dit en badinant : « 'irrivé lu-bas, tu disposeras et tiendras ton fardeau de manière à ne pas porter sous le brus un petit paquet de livres comme un paysan porte un agneau, comme Pyrrhia ivre un peloton de lame, comme le convive invité chez un personnage de sa tribu ses souliers et son bonnet de laine. » j^Epitres,, 1, xm.)
Simul ac pervencris Mue,
Sic positum ceroabis onus ne forte suit ala Fascintlum pertes librorum, ui rusticus agmim. Ut vinosa ijlom.ua [urlioœ Pyrrhia lanss. Ut cuîtl pilcoio Sùlûas conoiva tribulis.
Paraître dehors avec des sandales était tout à fait contraire aux usages et indiquait des mœurs dissolues, efféminées. Cicéron reproche à "Verres de s'être montré en public, comme préteur, avec des sandales, un man-
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teau de pourpre et une tunîque descendant jusqu'aux talons; c'est une véritable accusation qu'il formule contre lui : Sletil soleatns prsetor populi romani, eum pallio purpureo tutiicaque talari.
Les sandales, soit celles des hommes, soit celles des femmes, étaient encore désignées sous le nom (le uincula, vincla (liens pour les pieds). Ainsi Virgile représente Evandre mettant k ses pieds les sandales tyrrhéniennes [Enéide, VIII) :
Et Tyrrhena pedum cireumdat vinoula plantis.
Tibulle dit à Délie (Elégies, I, vi) : « Un amant pauvre sera tout à toi; pauvre, il te suivra partout et, toujours tendre, sera sans cesse à tes côtés: gardien fidèle, il sera ton rempart dans la foule, et ses mains te frayeront un passage; pauvre, il te débarrasser;) furtivement de ton manteau froissé et luimême dénouera les sandales qui couvrent tes pieds de neige. »
Pauper erit prsesto tibi, prxsto pauper adibit Primus, et in tenero fixus erit UUere.
Pauper, in angusto fidits cornes agmine tarbx, Sutijicietque maiiiu, efficietque viam.
Pauper et excussos furtim dedutet amictus Vinclaçue de niveo detrahet ipse pede.
Pour se rendre compte des variétés de formes qui pouvaient se rencontrer dans les sandales, on n'a pas de meilleurs guides que les monuments antiques. Une staïuette de bronze, la Vénus aux sandales, trouvée à Portici et remarquable par la délicatesse du travail, nous montre la déesse en train de se déchausser; une des sandales a déjà quitté son pied coquet et, de sa main droite, elle s'apprête à faire sauter l'autre. Une Pallas de la villa Albani a des sandales faites de cinq semelles cousues ensemble. On trouve la même disposition dans une statue de la villa Ludovici et, de plus, les sandales y sont entourées de trois rangs d'ornements piques, l'ensemble ayant jusqu'à trois doigts de hauteur. Souvent la semelle est simple. Quant aux bandelettes, tantôt elles se croisent sur le cou-de-pied sans revenir sur aucune autre partie Ju pied et de la jambe, tantôt elles passent et repassent sur le pied, entre les doigts et autour de la jambe.
Les sandales dont se servaient les Egyptiens consistaient aussi en un tissu d'écorce de palmier ou de papyrus. Hérodote dit que les sandales de papyrus faisaient partie essentielle du vêtement des prêtres égyptiens; mais probablement il n'entend pas dire par là que ces chaussures devaient être nécessairement faites en papyrus, puisque d'autres auteurs parlent pour les mêmes prêtres du sandales en palmier. Apulée, par exemple, nous montre un jeune prêtre a portant des vêtements de lin et dus sandales de palmier : liuleis amiculis intectum, pedesque palmeis baxeis indutum. » 11 existe quelques statues égyptiennes avec de pareilles sandales, et, ce qui vaut mieux que cette représentation, nos musées possèdent des spécimens de ces chaussures retrouvées dans les tombeaux.
L'histoire même raconte une jolie anecdote touchant les sandales. La coui tisane Rhodope, qui avait les plus jolis pieds et les plus fines chaussures de toute 1 Egypte, vit un beau jour un aigle lui enlever une de ses sandales, comme elle se baignait. L'aigle laissa tomber cet objet d'art sur les genoux du roi Psammitique qui, surpris des proportions délicates de cette sandale, devina dans la beauté du pied les autres charmes de la personne et, ayant fait venir Rhodope, l'épousa. Unesandale coûta beaucoup plus t-her à Holopherne ; ce fut positivement la jolie chaussure de Judith qui ravit ses yeux et l'induisit en tentalion : Saudalta ejus rapuerunt oculos ejus, dit le livre de Judith. David, Salomon et les autres rois juifs se chaussaient de sandales. C'est peut-être en mémoire de cette coutume, et pour rappeler dans la pratique de la loi nouvelle ce souvenir de la loi ancienne, que les prêtres, dans les premiers siècles du christianisme, chaussèrent des sandales pour célébrer les cérémonies sacrées. Plus tard, elles furent réservées aux évoques. Il faut remarquer toutefois que, recouvrant en partie !e pied, elles mériteraient mieux le nom de pantoufles que celui de sandales. La mule du pape, dont le nom vient du latin mulleus, sorte de guêtre que portaient les sénateurs, est une chaussure de ce genre. Les religieux de certains ordres portent de véritables sandales; elles consistent en une simule semelle de cuir, liée avec des courroies ou des boucles par-dessus le haut du pied, qui est presque entièrement k nu. Les capucins portent des sandales , les récollets portaient des socques. La différence entre les unes et les autres est que les sandales sont tout en cuir, tandis que la semelle des socques est en bois.
Dans les salles d'armes, dans les salles de bains, on fait usage de chaussures qui n'ont point de talon et n'ont qu'une demi-empeigne; elles sont appelées sandales.
On donne encore le nom de sandale à la petite plaque de bois sur laquelle on appuie le pied pour faire mouvoir le soufflet d'un orgue. On peut supposer que primitivement ou se mettait au pied une sandale afin d'être plus libre de ses mouvements, ou que la plaque avait elle-même la forme d'une sandale; l'une ou l'autre de ces deux suppositions expliquerait le nom donné ù la petite plaque du soulïlet de l'orgue.
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— Allus, hist. Sandulei d'En.pédocle, Allusion à une particularité de la mort de ce philosophe. V. Empédocle.
SANDALIE s. f. (san-da-ll — du gr. sandalion, sandale). Moll. Genre de mollusques, formé aux dépens des calyptrées.
— Arboric. Variété de pèche.
SANDALIER s. m. (san-da-lié — rad. sandale). Celui qui fuit des sandales. Il Peu usité.
SANDALINE s. f. (san-da-li-ne — dhnin.
de sandale). Moll. Syn. de crépidule.
SANDALIOLITE s. f. (sun-da-li-o-li-te — du gr. sandalion, sandale ; lithos, pierre). Moll. Ancien nom des crépidules et des calcéoles fossiles. Il On a dit aussi sandalitb.
SANDAPILAIRE s. m. (san-da-pi-lè-re — lat. sandapilarius ; rad. sandapila). Antiq. roui. Sorte de serviteur des officiers mortuaires.
— Encycl. Les sandapilaires venaient après les vespillons, dont ils pouvaient être considérés comme les aides, et leur service consistait k porter les morts en terre lorsqu'ils avaient été mis dans le cercueil, tandis que le plus souvent les vespillons les portaient enveloppés dans un linceul. Ils étaient coiffés d'un bonnet de laine blanche. Lorsqu'un Romain avait mérité d'être porté au bûcher
fiar ses concitoyens, c'était à l'aide des épaues que cet office était rendu. Ce fut ainsi que le corps de Sylla fut porté par les sénateurs et celui de Paul-Emile par les ambassadeurs de Macédoine; mais les sandapilaires portaient k bout de bras, le cercueil étant posé sur des rouleaux a main.
SANDAPILE s. f. (san-da-pi-le). Antiq.
roui. Espèce de civière sur laquelle, chez les Romains, on portait les corps morts des criminels, des esclaves et des personnes libres qui n'avaient pas laissé de quoi se faire porter dans une litière. Il On se sert aussi de la forme SANDAPILA.
— Encycl. Si le mort était riche ou d'une classe moyenne , mais dans une condition telle que sa famille pût faire quelque dépense, il était d'abord embaumé, puis exposé jusqu'au huitième jour dans l'atrium, le visage découvert et les pieds tournés vers la porte. Le huitième jour était celui des funérailles. Les plus proches parents ou des amis portaient le corps dans une litière nommée feretrum ou capulus. Le reste de l'assistance suivait avec une escorte d'esclaves tenant des flambeaux. Un libitinaire , ou officier chargé de présider aux funérailles, précédait le convoi, qui se rendait hors de la ville sur une grande route où étaient préparés le tombeau et le bûcher ; là s'accomplissaient les dernières cérémonies, et le plus proche parent recueillait dans les cendres encore chaudes les parties d'os non calcinées pour les renfermer dans une urne. Bien différentes étaient les funérailles des pauvres plébéiens. On n'embaumait pas le corps et on l'enlevait le troisième jour après le décès. Il était enlevé par les agents libitinaires nommés vespillons qui, après l'avoir revêtu d'une toge à l'usage de tout le monde, le portaient dans une sorte de petite litière étroite ou de coffre nommé sandapite. On faisait bien peu de cas des fabricants de cette espèce de civière k emporter les morts, si l'on e2i croit le vers de Juvénal (Satire VIII, 175) : « Parmi les bourreaux et fabricants de sandapiles ; »
Juter carnifiees et fabros sandapilarum.
Le lieu où se rendaient les vespillons était «quelque champ affecté à cet usage, qui renfermait des citernes propres à recevoir les cadavres; on les y jetait pêle-mêle, sans les recouvrir ; on ne les brûlait que dans les occasions où la mortalité était trop considérable. Les Esquilies, que Mécène transforma en jardins si renommés, étaient auparavant un cimetière de ce genre, où l'on ne voyait que la sandipale avec ces croque -morts du soir, ces vespillons, dont la dénomination offre quelque chose de lugubre, et où des émanations fétides menaçaient la santé publique. Horace, dans sa huitième Satire (livre 1er;, rappelle cette ancienne destination des Esquilies: « C'est ici, dit-il, que jadis se portaient les cadavres des esclaves, jetés hors de leur toge étroite et placés par un compagnon dans une bière de vil prix... Maintenant, on peut habiter les Esquilies et se promener au soleil sur le rempart où naguère un champ hideux, blanchi par les ossements, attristait la vue ; »
Hue prius atigustis éjecta cadavera cetlis Conseruus vili portanda locabat in arca. Uoc miserse ptebi siabat commune sepulcrum... iïunc ticet Esquiliis habitare salubribus alque Aogçrc in aprico spatiari, quo modo tristes Atbis informera spectabant ossibus agrum. L'usage de la sandapile subsista danâ les premiers siècles du christianisme, comme le prouve ce passage de Sidoine Apollinaire : • Comment les membres morts pourront se relever du lit, de la sandapile, du tombeau; »
Ut mortua membra
Lecto, sandapila, tuniulo, consurgere p03sint.
SANDARACINE s. f. (san-da-ra-si-ne — rad. sanduraque). Chiin. Résine pulvérulente et insoluble dans l'alcool, que contient la Sandaraque.
SAND ARAQUE s. f. (san-da-ra-ke — lat. sandaraca; gr. sandurakê, même sens). Gomme
SAND
résineuse extraite d'une espèce de thuia : Frotter de poudre de sandaraque l'endroit du papier où l'on a gratté, pour l'empêcher de boire. (Acad.) il Nom donné improprement au réalgar.
— Encycl. La sandaraque est produite par le callitris quadrivalve ou thuia articulé, arbre de moyenne grandeur, qui croît en Algérie et dans les régions voisines. C'est une substance résineuse, en larmes transparentes, dures, allongées ou arrondies, à cassure vitreuse, d'un blanc paille qui jaunit en vieillissant, recouvertes d'une sorte d'efflorescence ou poussière très-âne. Elle ressemble beaucoup au mastic, dont on la distingue néanmoins en ce que ses larmes sont plus jaunes, plus allongées, plus luisantes, d'une odeur résineuse, mais sans saveur, et qu'elles se brisent sous la dent sans se ramollir et y adhérer. Insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'éther et les huiles essentielles, elle est très-soluble dans l'alcool. Elle nous arrive
. en balles de tout poids, par l'Angleterre ou par Marseille. Celle qui arrive par cette dernière voie est en larmes plus petites, plus courtes, moins transparentes, plus poudreuses. Elle est aussi un peu moins dure et renferme quelques bûchettes adhérentes ou isolées. En vieillissant, la sandaraque prend une teinte jaunâtre. Sa poudre est blanche.
Cette substance est peu usitée en médecine. On l'a regardée comme astringente, stimulante, diurétique et absorbante ; on s'en sert dans l'Inde contre les hémorroïdes et la diarrhée; on a proposé de l'employer comme hémostutique, ainsi que la colophane. Dis- Soute dans l'alcool, la sandaraque produit un vernis assez tendre et qui s'égratigne facilement; on en tire néanmoins parti dans l 'in dustrie. Réduite en poudre fine , elle sert i, donner plus de consistance au papier, à le vernir ou k le glacer en quelque sorte et à l'empêcher de boire ; aussi 1 emploie-t-on souvent pour rétablir les parties qu'on a été obligé de gratter pour enlever l'écriture.
SANDASTRE s. m. (san-da-stre) Miner.
Sorte de pierre précieuse de' l'Inde et de l'Ethiopie, qui est marquée de taches dorées en forme d'étoiles, lesquelles paraissent être des coupes transversales d'encrines pyriteuses. Il On dit aussi sandastros.
SANDAT s. m. (san-da). Ichthyol. Poisson du genre centropome, qui vit dans les mers d'Europe : Le sandat est d'une forme plus allongée que celle de la perche. (V. de Boniare.)
— Encycl. Le sandat parait tenir à ia fois du brochet et de la perche; il ressemble au premier par son corps allongé, à la seconde par ses écailles dures et ses raies noirâtres. 11 atteint assez souvent la longueur d'un mètre; sa bouche est grande et aimée de nombreuses dents inégales; la mâchoire supérieure est un peu proéminente ; la queue est en croissant. Sa couleur est d'un brun sale, marqué de traits irréguliers noirâtres, sur le dos et sur les côtés, et nuancé fle rouge sur le bas du ventre et les nageoires inférieures ; les écailles sont très-serrées entre elles et bordées de petites épines. Ce poisson habite les eaux douces du nord et de l'est de l'Europe. Il atteint souvent le poids de plusieurs kilogrammes, et on en fait des pêches très-abondantes. Sa chair est blanche et de bonne qualité; aussi est-elle admise sur toutes les tables. On sale cette chair et on peut aussi la faire sécher, ce qui permet de l'expédier dans des contrées plus ou moins lointaines.
SANDAY, Ile d'Ecosse, dans le groupe des Orcades, au N.-E. des îles Stronsay et Eday, par 50» 15' de latit. N. et 5» de longit. E. Elle mesure 20 kilom. de longueur sur 6 de largeur; 8,163 hab.
SANDBERG (Jean-Gustave), peintre suédois, né en 1782, mort à Stockholm en 1854. Sandberg ne quitta jamais son pays natal, où il lit ses études artistiques, et il y devint successivement professeur de peinture à l'Académie des beaux-arts de Stockholm, puis directeur en 1S48. Son œuvre principale est la décoration à fresque de la chapelle funéraire des rois de Suède k Upsal, dans laquelle il a retracé l'histoire de Gustave Vasa. Parmi ses tableaux, on cite : le Itoi Eric XIV en prison ; Paysages deWingaker; les Trois Wal- Jcyries ; Portraits de Jean-Charles XI Vet d'Oscar Je'.
SANDBERGER Jean-Philippe), naturaliste allemand, né k Weilbourg (Prusse, ancien Nassau) en 1782, mort dans la même ville en 18-14. Il étudia la théologie et les sciences à Giessen et devint, en 1807, professeur adjoint au gymnase de Weilbourg, qu'il quitta pour être second recteur au séminaire d'Idstein eu 1817, puis k celui de Dillenbourg en 1820. Il revint au gymnase de Weilbourg en 1827, comme directeur eh chef, et prit sa retraite en 1837 pour des raisons de santé. Sandberger, aidé par .Son frère Henri, avait formé pendant quarante ans un inusée des trois règnes; la partie zoologique était surtout remarquable; les animaux avaient une pose conforme k leurs passions et à leurs occupations; leurs jeux et leurs combats étaient reproduits. Beaucoup de musées zoologiques ambulants ont été formés depuis lors sur le modèle de celui de Sandberger et ont eu beau-
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coup de vogue en Suisse, en Allemagne et en Hollande. On a de Sandberger : Sur le sentiment de la nature et son influence sur l'esprit et le cfeur (1822); une Description des restes antédiluviens de Nassau; !a Flore médicale de Nassau. Sandbergeraaussi été musicien et a mis, notamment, en musique les chansons de Salis.
SANDBY (Thomas), architecte anglais, né àNottinghamen 1721, mort en 1790. Il fut gouverneur du parc de Windsor pendant cinquante-deux ans, architecte du roi d'Angleterre et enfin, depuis 1768 jusqu'en 1798, professeur d'architecture. Il dirigea la création de la pièce d'eau de Virginia à Windsor; c'est le lac artificiel le plus considérable qu'il y ait dans la Grande-Bretagne. Sandby a dressé le plan de la salle des francs-maçons élevée à Londres en 1775 et, en 1768, un projet pour la Bourse de Dublin, projet qui obtint le premier prix ex sqxio avec celui de Cowley ; ce dernier projet fut préféré à celui de Sandby uniquement, dit-on, parce que Sandby n'était pas Irlandais. On conserve a la Société royale des architectes un manuscrit des leçons de Sandby; on trouve un grand nombre de ses dessins dans le Musée britannique et dans d'autres collections.
SANDBY (Paul), peintreetgraveur anglais, frèredu précédent, né à Nottingham en 1725, mort en 1809. Attaché d'abord comme dessinateur à la compagnie des ingénieurs géographes qui dressaient la carte des Highlands, il parcourut ensuite, avec le naturaliste Banks, le pays de Galles, devint membre de l'Académie royale de peinture, puis professeur de dessin a l'Ecole militaire de Woolwich (1788). On ne cite particulièrement aucun de ses tableaux à l'huile, mais il est considéré comme le fondateur de l'école des aquarellistes anglais. Parmi ses gravures, tant k l'aqua-tinta qu'au burin et ii l'eau-forte, qui toutes eurent un grand succès : on cite les Vues des Higklanas, de Galles et de Windsor; Vues d'Italie et d'Asie Mineure; les Fêtes du carnaval à Rome ; les Cris de Londres; des Vues prises dans les Antilles et en Amérique; des planches représentant des épisodes de la Jérusalem délivrée. On trouve, dans le Musée de l'amateur (1778), cent cinquante vues d'Angleterre et du pays de Galles gravées d'après ses dessins.
SANDE , bourg et paroisse de Norvège , dans le bailliage de Jarsberg, à 50 kilom. N. de Laurvig, près du golfe de Christiania; 2,800 hab.
SANDE (Jean van den), historien hollandais, né k Arnheim (duché de Gueldre), mort k Leeuwarden en 1638. Ses études de droit terminées à Wittemberg, il devint successivement professeur k Franeker (1598), membre du conseil supérieur de la Frise et enfin président de ce conseil. Ses œuvres juridiques, publiées à Groningue sous ce titre : De regulis juris (1683, in-4°), comprennent trois traités ; Decisiones Frisicm (1615, in-4")j De actionum cessione (1623, in-40) ; De prohibita rerttm atienatione (1633). Ses travaux historiques se composent de : Continuation de i'Histoire belge de Beidam (1650, in-fol.); Abrégé de l'histoire des troubles des Pays-Bas depuis 1566 (Leeuwarden, 1651, in-12), ouvrage rare et curieux.
SANDÉ, peuplade africaine. V. Niam-Niam.
SANDEAU (Léonard-Sylvain-Jules), romancier et auteur dramatique français, né a Aubusson (Creuse) le 19 février 1811. Fils d'un modeste employé aux droits réunis, il fut envoyé k Paris pour y suivre les cours de l'Ecole de droit. Fendant les vacances, le jeune homme visita le château de Nohant et se lia avec la jeune baronne Dudevant (George Sand). En 1831, tous deux vinrent se fixer k Paris pour y tenter la fortune des lettres. Leur liaison devint tout à fait intime et ils se mirent k travailler ensemble. Henri de Latouche favorisa les débuts des deux jeunes gens en insérant leurs articles dans le Figaro, dont il était alors rédacteur en chef; puis il leur conseilla d'écrire des romans. Un seul ouvrage, Rose et Blanche, signé Jules Sand (1831, in-8°), fut le fruit de cette collaboration. Jules Sandeau donna encore, dit-on, à George Sand le plan A'Indiana , qu'elle écrivit a elle seule, et, tout en continuant de vivre ensemble , ils travaillèrent chacun de son côté. En 1833, Jules Sandeau partit pour 1'ltulie. Leur liaison, qui devait être éternelle, avait duré deux ansi George Sand a écrit, elle-même l'oraison funèbre de cet amour cUins les Lettres d'un voyageur; c'est une de ses plus belles pages : « 11 m'importe peu de vieillir, il m'importerait beaucoup de ne pas vieillir seule. Mais je n'ai pas rencontré l'être avec lequel j'aurais voulu vivre et mourir, ou, si je lai rencontré, je n'ai pas su le garder. Ecoute une histoire et pleure. 11 y avait un bon artiste qu'on appelait Watelet, qui gravait k l'eau- forte mieux qu'aucun homme ue son temps. Il aima Marguerite Leeonte et lui apprit à graver a l'eauforte aussi bien que lui^Elle quitta son mari, ses biens et ion pays pour aller vivre avec Watelet. Le monde les maudit; puis, comme ils étaient pauvres et modestes, le monde les oublia. Quarante ans après, on découvrit aux environs de Paris, dans une maisonnette appelée Moulin-Joli, un vieil homme qui gravait à l'eau-forte et une vieille femme qu'il appelait sa meunière et qui gravait k l'eau-
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forte, assise à la même table. Le premier oisif qui découvrit cette merveille 1 annonça i aux autres, et le beau monde courut en foute à Moulin-Joli pour voir le phénomène : un amour de quarante ans, un travail toujours assidu et toujours aimé ; deux beaux talents jumeaux, Philémon et Baucis du vivant de Jlmes dePompadouretDuBarryl Celifitépoque, et le couple miraculeux eut ses fatteurs, ses amis, ses admirateurs, ses poètes. Heureusement le couple mourut de vieillesse peu de jours après, car le inonde aurait tout gâté. Le dernier dessin qu'ils gravèrent représentait le Moulin-Joli, la maison de Marguerite, avec cette devise :
Cvr valle permutera Sabina Bnriliaa oyerosiores f
Il est encadré dans ma chambre, au-dessus d'un portrait dont personne ici n'a vu l'original. Fendant un an , l'être qui m'a légué ce portrait s'est assis avec moi toutes les nuits a une petite table, et il a vécu du même travail que moi. Au lever du jour, nous nous consultions bur notre œuvre et nous coupions à la même petite table, tout en causant d'art, de sentiment et d'avenir. L'aveu .r nous a manqué de parole. Priez pour moi, ô Marguerite Leeonte 1»
De retour à Paris, Jules Sandeau publia son premier roman, Mme de Sommervitle (1834, 2 vol. in-8°), puis successivement les Revenants (1836, 2 vol. in-8°), Un jour sans lendemain (1B36, in-8°) et Mariunna (1S39, 2 vol. in-8°), délicate étude du cœur ht main, dont le succès lui ouvrit la porte de la Revue des Deux-Mondes. C'est dans ce recueil que parurent la plupart des productions de l'auteur; elles furent ensuite réunies en volumes: le Docteur Herbeau (1S41, 2 vol. in-8») ; Vaillance et Richard [l&43,in-S°)i Femand ;i844, in-8<>); Catherine (1845, in-8<>); Valereuse (1846, 2 vol. in-8") ; MUe de La Seiylière 1 1848, 2 vol. in-8°) ;il/adWeiiie(1848,in-8u); la Chaste au roman (1849, 2 vol. in-S«); un Heiitaye (1849, 2 vol. in-8°); Sacs et parchemins (1851, 2 vol. in-8u) ; le Château de Montsubrey (1853, 2 vol, in-8u) ; Olivier (1854, in-8°) ; la Al -nson de Penaruan (1858, in-18); Un début dans ta magistrature (1862, in-18); la Roche aux Mouettes (1871, in-8*>).
M. Jules Sandeau a de plus donné au Théâtre-Français J/Ue de La Seigtière (1851) et, en collaboration avec M. Emile Augiei : la Pierre de touche (185b), comédie tirée dt. roman intitulé I Héritage; le Gendre de M. Poirier (théâtre du Gymnase, 1854) ; Ceinture dorée (théâtre du Gymnase, 1855); Jeai de Thommeray (Théâtre-Français, 1873). Al^" de La Seiglière et le Gendre de M. Poirier comptent parmi les meilleures comédies de notre époque.
En 1853, M. Jules Sandeau fut nommé bibliothécaire à. la bibliothèque MazarimJ et conservateur en 1859 ; l'année précédent';, il avait été nommé membre de l'Académie française, en remplacement de Briffant ; le second Bonaparte le créa bibliothécaire uu c.iâteau de Saint-Cloud (l86U),aux appointements de 6,000 francs par an. Cette sinécure fut Jaturelîement supprimée par l'incendie du palais de Saint-Cloud et de sa bibliothèque, mais M.Jules Sandeau a obtenu, en comptn- Sation, une pension temporaire de 2,000 francs.
On doit encore k cet auteur estimable, dont les productions n'ont jamais fait grand bru t : jlflle de Kêrouare, roman (1840, in-18), et an recueil de Nouvelles (1859, 2 vol. iu-18). I. a été jugé très-équitableiuent par M. Laïayu : «Sa grâce ne manque pas d'une certaine iionie en même temps que sa gaieté est comme tempérée par l'attendrissement. Avant toit c'est, un écrivain. En s' appliquant exclusivement k l'analyse de la passion et à son développement, il a donné à ses romans une tournure uniquement littéraire. 11 a su produite a ses heures. Tandis que la littérature oubl.e trop souvent qu'elle doit être à elle-même son propre but et que suivre le goût du public c'est déchirer son contrat de liberté et I abolir par cela même la condition premiers ' de tout talent; tandis que pour arriver ai ' succès, cette chose vénale, cette faussa i pierre de touche de l'art, elle suit les routes ] les plus bizarres, elle exploite systématiquement les liions les plus singuliers en eroyan ; peut-être y trouver cet absolu qui est la eeutre inconnu de toutes les manifestations, humaines ; tandis qu'eiitin, soit par desespoir, soit par ignorance, elle initie un public blase et moqueur à ses luttes secrètes, à ses déchirements intérieurs, tandis qu'elle se raille elle-même et bat monnaie avec ce qu'elle a de plus sacré, ses misères et ses souffrances , la muse de M. Sandeau, jadis on eût dit ainsi, est toujours restée pure, jeune et fraîche. Ceile-ci n'a pas brisé successivement ses diverses idoles; elle a toujours gardé sur sa tète les premières fleurs dont elle s'est couronnée ; elle n'a touché qu'à uue corde, peutêtre, mais elle en a donné toutes les vibrations. Uu dévouement et du devoir elle a fait plus qu'un exposé banal, elle en a fait une science complète etraisounée. Avant tout idéale, elle ne s'est pourtant pas perdue dans ces régions extraterrestres ou, pour nos yeux prévenus, les fantômes de nos vagues aspirations, encore agrandis par la distance, semblent prendre corps, acquièrent un certain poids spécifique et finissent par nous apparaître avec des formes précises et des contours pal-
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pabtes. Douée de ce sens, qui n'est pas si commun qu'il en a l'air, aile s'est attachée \ aux petits faits, aux choses réelles, non pour en raconter les détails puérils et éphémères, non pour en énumérer fastidieusement ces ! différences microscopiques qui constituent l'individualité de chaque atome, mais pour en abstraire ce que ces faits contiennent, dans leur humble sphère, d'immuable et d'éternel; pour nous donner, par la connaissance exacte de leur raison d'être, la véritable intelligence de ces choses prétendues mesquines, ces obstacles presque insensibles, auxquels, dans notre ignorance, nous nous heurtons misérablement et que nous accusons de noire perte, o
SANDEC (ÀLT-), ville de l'empire d'Autriche, dans la Gallicie, au confluent de la Poprad et de la Dunajetz, à 13 kilom. S.-E. de Neu-Sandec; 3,200 hab.
SANDEC (NEC-), ville de l'empire d'Autriche, dans la Gallicie, à 65 kilom. S.-E. de Cracovie, sur la Dunajetz; 5,000 hab. Gymnase, beau château. Cette ville fut inutilement assiégée par les Suédois en 1649.
SANDEMAN (Robert), sectaire écossais, né à Penh en 1718, mort en 1773. Ayant épousé la tille de John Glass, ministre de l'Eglise presbytérienne, qui avait fondé la secte des glassistes, il adoptâtes opinions religieuses de son beau-père et se consacra à leur propagation. En 1757, il publia sur l'ouvrage de James Hervey, intitulé Tkéron et Aspasie, des lettres dans lesquelles il exposait, sous une forme populaire, le système des glassistes, et étant entré Vannée suivante en correspondance avec Samuel Pike, ministre indépendant qui jouissait d'une grande réputation à Londres, il se rendit lui-même, en 1760, dans cette ville, 6ù il prêcha avec succès dans plusieurs églises. 11 y fonda une congrégation en 1762, et deux ans plus tard il partit pour les colonies anglaises d'Amérique, où il demeura presque jusqu'à sa mort. Les sectaires dont il s'était fait le chef furent appelés, de son nom, sandemanians. Il prescrivait à ses disciples de se guider dans leur foi sur le sens littéral des saintes Ecritures et d'imiter dans leur vie la simplicité de l'Eglise primitive. Les sandemanians se rapprochent des frères moraves en ce qu'ils sont, comme eux, administrés par desèveques, des ancienset des docteurs, qu'ils proscrivent les plaisirs des sens, le jeu et les loteries, et qu'ils ont l'usage des agapes, du baiser fraternel, du lavement des pieds et de la communauté des biens; mais ils eu diffèrent en ce qu'ils s'abstiennent du sang et de la chair des animaux tués par suffocation. Eu 1851, les sandeinanians comptaient six congrégations en Angleterre et six en Ecosse ; ils eu ont aussi plusieurs en Amérique. L'ouvrage où l'on peut puiser les meilleurs renseignements sur cette secte est celui de Walter Wilson, intitulé : Histoire et antiquités des Eglises dissidentes à Londres (4 vul,in-8°).
SANDEMANIAN s. m. (san-dé-ma-ni-an).
Hist. relig. Disciple de Sandeman, sectaire écossais.
— Encycl. John Glass, ministre presbytérien écossais, mort à Dundee, sa patrie, en 1773, ayant enseigné que tout établissement civil en faveur d'une religion est contraire k l'Ecriture, fut accusé, en 1728, de vouloir renverser l'Eglise établie ; une sentence du synode l'excommunia. Pour étayer sa doctrine, il publia quatre volumes ; un de ses ouvrages est intitulé : Témoignage du roi des martyrs. Ses sectateurs se formèrent en congrégation séparée.
James Hervey, connu en France par ses Méditations sur les tombeaux, avait déployé toute l'étendue de son talent dans son ÏVie'ro" et Aspasie; il y soutient la dépravation totale de l'homme par le péché originel et sa régénération par l'imputation de lu justice de Jésus-Christ. Cet ouvrage, attaque par John Wesley, l'un des fondateurs du méthodisme, le fut également par uu disciple de Glass, l'un des anciens de son Eglise, Robert Sunderaan, de qui la secte a pris son nom le plus généralement usité.
Sundeinan combat, comme contraire à l'Ecriture, la notion de foi donnée par Hervey ; il prétend que la foi est un simple assentiment à la doctrine de Jésus-Christ et que les dogmes avancés par Calvin sur la nature de la justification sont erronés. Cette contestation en amena une autre entre les glassistes d'Ecosse et les sandemanians de Londres, qui ont une Eglise d'une centaine de personnes k Saint-Martin-le-Grand, sans néanmoins rompre l'unité ni faire schisme entre eux.
En 1766, ôandemau étant allé en Amérique y établit quelques congrégations, dont une à Boston. Mais comme il prêchait l'obéissance passive, cette doctrine, détestable en tout temps, fut très-mal accueillie dans un pays où la liberté se préparait à faire explosion.
Les sandemanians ou glassites veulent qu'on interprète toutes les paroles de Jésus-Christ dans leur sens naturel ; ils prétendent, par leur croyance et leur conduite, se conformer k la première Eglise, pratiquer la discipline qu'elle suivait, éviter soigneusement tout ce que Jésus-Christetlesapôties ont condamné.
Chezles sandemanians, la hiérarchie se compose d'évèques, d'anciens, de docteurs. Les évêques sont ordonnés par l'imposition des inains, précédée de prières et de jeûnes. Les
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bijrnmes ne peuvent être promus k cette dignité.
Ils excommunient les scandaleux, les inconi;.'ib!es. L'unanimité seule fait loi; pour les affaires importantes on consulte le sort, d'après ce qui est dit au chapitre xvi des Proverbes : a Les billets du sort se jettent dans un pan de robe, mais c'est le Sauveur qui en dispose. >
lis admettent le baptême et la cène. Celleci se distribue tous les dimanches pour imiter les apôtres. Outre le dimanche, ils s'assemblent les mardis et vendredis.
Ils s'abstiennent de viandes suffoquées et du sang; condamnent les loteries, les jeux de cartes et de dés; pratiquent le lavement des pieds, dont ils croient le précepte im-
Sosé par Jésus-Christ; font une collecte hebomadaire pour subvenir k l'entretien du culte et aux besoins des pauvres, dont ils ont soin a tel point que la communauté de biens semble presque établie parmi eux.
Le dimanche, dans l'intervalle du matin au service du soir, ils ont des agapes ou fêtes d'amour. Dans les premiers temps du christianisme, les agapes étaient des repas publics k l'église, après la communion. Le but était d'entretenir la concorde parmi les fidèles et d'aider les pauvres- Elles ont encore lieu chez les chrétiens de Saint-Thomas, sur la côte de Malabar. Plusieurs sectes modernes en ont rétabli l'usage. Dans celle des sandemanians j ces jours-là les pauvres dînent chez les riches ; chacun embrasse son voisin ; ils croient cet acte ordonné dans pi usieurs textes de saint Paul. La même chose se pratique k la réception d'un prosélyte.
SANDEO (Felino-Maria), théologien ita- •lien, né à Felina, près de Reggio, en 1444, mort a Lucques en 1503. Entré dans les ordres, il étudia la jurisprudence, qu'il professa k Kerrare, enseigna ensuite le droit canon à Pise, puis passa k Rome, où il devint auditeur de rote, référendaire, vice-auditeur de la chambre apostolique, évoque d'Atri et évèque de Lucques. Ses principaux ouvrages sont : De reyibus Sicilis et Apulis epitome (Milan, U95, in-4°); Ad V lib. deeretalium commentaria (Venise , 1497, 3 vol. in-fol.).
SANDEB ou SANDERS (Antoine), historien flamand, né k Anvers en 1586, mort k AflVigbem, près d'Alost, en 1664. Entré dans les ordres, il devint secrétaire du cardinal de La Cueva, qui gouverna quelque temps les Pays-Bas, puis fut nommé pénitencier et théologal k la cathédrale d'Ypres, et enfin censeur des livres à Bruxelles. Parmi ses nombreux ouvrages, on cite : De scriptoribus Flandrix (Anvers, 1621, in-4o); Ùagioloyium Ftandriœ (Anvers, 1625, in-4°) ; Ftandria illustrata (Cologne, 1642, 2 v<.l. in-fol.); Bibliotheca belgica manuscripta (Lille, 1§41, 2 vol. in-40); Chorographia sacra Brnbautise (Bruxelles, 1639, 2 vol. in-fol.); Bibliotheca sacro- profana (Bruges, 1657, in-40).
SANDERLING s. m. (san-dèr-laingh). Ornith. Genre d'oiseaux échussiers longirostres, de la famille des scolopacidées, formé aux dépens des pluviers : Le sandiîeling variable parcourt, dans ses migrations périodiques, une grande partie du globe. (Z. Gerbe.) Le sandërling est la plus petite des maubêches connues, (Mauduyt.)
■ — Encycl. Le genre sanderling & pour caractères : un bec grêle, médiocre, droit, faible et mou, flexible dans toute sa longueur, sillonné jusque vers sa pointe, qui est lisse, déprimée, élargie et un peu obtuse ; des narines latérales, fendues en long; des ailes médiocres, la première rémige la plus longue; des pieds grêles, ayant seulement trois doigts dirigés en avant et k peine réunis à leur base. Ce genre, formé aux dépens des vanneaux, ne comprend qu'une espèce.
Le sanderling tiaria6(e doit son nom spécifique aux différences que présente sa livrée d'une saison à l'autre. Il est à peu près de la taille du pluvier doré ; sa longueur totale est d'environ ûm,22. En hiver, d après J. Crespon, son plumage, sur tout le dessus du corps et sur les côtés du cou, est d'un cendré blanchâtre, passant au brun dans la partie moyenne de chaque plume ; la face, la gorge, le devant du cou et le ventre sont blancs; les rémiges, le poignet et le bord des ailes noirs ; les couvertures bordées de blanc ; la i queue cendrée ; les pennes lisérèes de blanc. j Dans la belle saison, l'oiseau revêt son plu- | mage de noce ; la tête est marquée de ta- , ches noires bordées de roux et de blanc; ■ tout le reste du plumage est varié de noir, de cendré, de roux et de blanchâtre, excepté les parties inférieures qui sont blanches. Le bec et l'iris sont noirs. La femelle se distiu- 1 gue, en général, par des teintes moins vives. La patrie du sanderling est le nord de l'Europe ; il fait ses pontes dans les régions arctiques. Toutefois, dans ses migrations périodiques, il parcourt une grande partie du globe, et on le retrouve jusque dans l'Amérique du Nord. Il est très-commun, au printemps et en automne, sur les côtes de l'Angleterre, de la Hollande. Il est beaucoup plus rare dans nos provinces du Midi, ou on ne le trouve que pendant les grands froids; il y reste jusqu'au printemps; peutêtre, k cette dernière époque, est-il de passage dans ces contrées. Il suit ordinairement les côtes maritimes et se nourrit près-
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que exclusivement d'insectes et de petits vers marins. Ce n'est qu'accidentellement qu'on le trouve au bord des eaux douces. Les sanderlings émigrent par petits groupes qui, en se réunissant, finissent par constituer des volées très-nombreuses. Quelques auteurs ont rangé cet oiseau dans le genre maubêche, sous le nom vulgaire ûepetite maubéche grise; ce serait, eu effet, dans ce cas, la plus petite des maubêehes connues. Pour d'autres, ce serait un pluvier. Dans le Midi, on l'appelle espagnolel, parée qu'on croit qu'il vient d'Espagne. C'est un gibier assez estimé, mais peu commun.
SANDERS ou SAUNDERS (Nicolas), dit Snnderui, théologien anglais, né à Charlewood en 1527, mort en 1583. Après avoir étudié la théologie et le droit canon à Oxford, il professa la dernière de ces deux sciences à l'université de cette ville. Destitué lors de l'avènement d'Elisabeth, il passa à Rome, assista au concile de Trente, parcourut ensuite la Pologne, la Prusse, la Lithuanie et se fixa à Louvain où, pendant plusieurs années, il enseigna la philosophie. Après un voyage en Espagne, il accepta la nonciature de l'Irlande et se signala par son ardeur à souffler la révolte contre l'Angleterre. Quand arriva la défaite des Irlandais, Sanders, craignant de tomber entre les mains des vainqueurs, se réfugia dans les forêts, et on croit qu'il mourut de faim et de misère. On cite, parmi ses principaux ouvrages : The supper of our lord (Louvain, 1566, in-4»); The rock of the church (Louvain, 1566, in-8«); De visibilimonarchia Ecclesix lib. VIII (Louvain, 1571, in-fol.); De origine ac progressu schismalis anylicani lib. 111 (Cologne, 1585, in-8°) ; De clave David seu regno Christi lib. VI (Rome, 1588, in-8«).
SANDERS (Robert), littérateur anglais, né à Breadalbane (Ecosse) en 1727, mort en 1783. Apprenti chez un fabricant de peignes, il fit seul son éducation, apprit le latin, le grec, l'hébreu, les mathématiques, l'histoire et quitta son métier pour se lancer dans la carrière littéraire. Exploité par les libraires, par les faux savants et par les grands seigneurs de lettres dont il écrivait les ouvrages que ceux-ci signaient, il végéta dans la misère. Ses principaux ouvrages sont : le Complet d'un toyageur anglais (in-fol.) ; deux Histoires d'Angleterre, l'une in-fol., l'autre in-4<>; Histoirs romaine (2 vol. in-12); ï'Almanach de Neijgate (1764, 5 vol. in-8») ; Gaffer Grey-Iiear (4 vol. in -12).
SANDERSOPi (Robert), théologien anglais, né à Rotl.erham en 1587, mort à Lincoln en 1663. Entré dans les ordres, il devint chapelain de Charles 1er, qui lui confia la chaire de théologie à 3xford. Après la mort de Charles l>r, Sanderson perdit :ses.emplois et tomba dans une profonde misère, d'où le tira la restauration des Kluarts; il fut rétabli dans sa chaire et noi une èvêque de Lincoln. Ses principaux ouvrages sont : Logic» artis cotnpendium (Oxford, 1615, in-8°); De juramenti promissorii obigatione (Londres, 1647, in-8°); Episcopacy, as established by law in England, nul prejudicia.'. to the régal power (Londres, 1661, in-8").
SANDERSOr' (Robert), savant antiquaire anglais, ne à Kggleston-Hall en 1660, mort à Londres en 1741. Il reçut sa principale instruction à l'université de Cambridge, puis étudia le droit à Londres. Il fut successivement et à de grands intervalles commis aux archives, dans la chapelle des Archives, et huissier de la haute cour de chancellerie (1726J. Il a piis une part considérable à la rédaction de la compilation des Fœdera de Rymer; les tcmes XVIII, XIX et XX sont tout entiers dî Sanderson. Il a publié une traduction anglaise des lettres écrites par Guillaume III, alors que ie futur souverain n'était que pri.ice d'Orange, à Charles II, à lord Ailingtor. et à d'autres personnages. Sanderson a écrit, en outre, plusieurs ouvrages historiques restés manuscrits.
SANDERSOr> (John), littérateur américain, né à Carlysle en 1783, mort à Philadelphie en 1844. 11 étudia le droit dans cette dernière ville et devint successivement professeur au Tellement Seminary, directeur de cette même institution et, enfin, professeur de littérature latine et grecque à l'université de Philadelphie. On lui dïit : Cinquante- quatre vies des signataires de la déclaration d'indépendance des Etats-Unis (1820) ; Lettres sur la littérature classique, sous le pseudonyme de Robcrjrni; Lettres familières d'un Américain à Paiis (Philadelphie, 1838), ouvrage des plus remarquables, qui fait époque dans la littérature américaine. Sanderson a, en outre, collaboré à YAurcre, au Portfolio et au Knickerbocker Magazine.
SANDFORD (Daniel), théologien anglais, né vers 1767, mort en 1830. Reçu docteur à l'université d'Oxford, il devint associé du collège de Christ-Church, puis, en 1806, il fut nommé évêqui! d'Edimbourg. On lui doit : Leçons sur la semaine de la Passion (1797, in - 8» } ; Sermons pour les jeunes personnes (1802, in-12); Mandement au clergé de la communion ép'scopale d'Edimbourg (1807, in-4«); Sermon pour les écoles lancaslriennes, Sandfoid u également collaboré au Classical Journal.
SANDGATE,hameau maritime d'Angleterre,
SAND
dans le comté de Kent, au S.-O. de Douvres,
sur le pas de Calais. C'est un lieu très-fréquenté comme station balnéaire.
SANDHI s. f. (san-di — mot sanscrit qui sign. liaison ; de sam, avec, et de dha, poser). Philol. ind. Ensemble des règles euphoniques relatives à la rencontre des mots, dans le sanscrit.
SANDIFORT (Edouard), médecin anatomopathologiste hollandais, né à Dordrecht en 1742, mort a Leyde en 1814. Professeur de médecine à La Haye, il fut appelé en 1770, après la mort d'Albinus, pour remplacer cet illustre professeur dans la chaire de médecine, d'anutomie et de chirurgie de l'université de Leyde. Observateur zélé et écrivain érudit, Sandifort a donné à toutes ses productions un caractère d'utilité qu'elles conserveront longtemps; il les a enrichies d'un grand nombre d'observations particulières qui lui sont propres, et il a eu soin d'en rapprocher une multitude de faits analogues, épars dans un grand nombre de livres et qui tirent tout leur prix de ce rapprochement. Elevé à l'école d'Albinus, il connut tout le prix de l'iconographie appliquée à l'anatoinie et surtout à l'anatomo-pathologie. Son Muséum dé Leyde est encore un des plus beaux ouvrages de ce genre. Voici la liste de ses ouvrages : De pelai, ejusque in partu dilatatione (Leyde, 1763, in-4»); Nutu en gênées - kondige bibliotek, waarin in liât kort vorgedragen worden aile nïeuwe voerhen, wc.lke in de geneesconde en natuurlyke historié Witkommen (1765-1776, 10 vol. in-8°); Observationes anatomo-pathologicss (Leyde, 1777-1781, 4 vol. in-40) ; Tabulée intestini duodeni (Leyde, 1780, in-4°); ûescriptio ossium hominis (Leyde, 1785, in-4 °); Exercitationes académies ( Leyde, 1781-1783, 4 vol. in-4"); Anatome infanlis cerebro deslituti (Leyde, 1784. in-4"); Muséum analomicum Academix lugduno-baiavss descriptum ab E. Sandifort (Leyde, 1793, 3 vol. in-fol.) ; 2'hesaurus dissertalionum, programmatum, aliorum opuscnlorum setectissimorum, ad omnem medicinx ambitum pertinentium (Leyde, 1768-1778, 3 vol. in-40).
SANDIFORT (Gérard), médecin hollandais, fils du précédent, né à Leyde en 1779, mort en 1848. Il devint successivement prosecteur et aide de son père (1799), professeur extraordinaire (1801) et enfin professeur ordinaire (1814) d'anatomie et de physiologie à l'université de sa ville natale. Il continua le Muséum analomicum (Leyde, 1827-1836, tomes III et IV) et publia, en outre : Tabulx araniorum diuersarum nationum (Leyde, 1838- 1840, 2 vol.); Tabulx analomicx situm viscorum thoracieorum et abdominalium depingentes (1801, 4 cahiers); Planches anatomiques pour la théorie des désarticulations (1828); Tabules anatomicx chirurgien doctrinam herniarum monstrantes (1818).
SAND1M (Antonio), historien italien, né dans leVicentin en 1692, mort en 1750. Ayant embrassé la carrière ecclésiastique, il fut attaché au séminaire de Padoue, y enseigna l'histoire et la géographie et devint bibliothécaire de cette institution. On lui doit, entre autres ouvrages : Historia apostolica ex anliquis monumentis collecta (Padoue, 1731); Historia familix sacrx ex antiquis monumentis collecta (Padoue, l734,in-8°); Vitmpontificum romanorum (Padoue, 1739, in-8°).
SANDIS interj. (san-diss — altér. de sang de Dieu). Sorte de juron gascon.
SANDIUS (Christophe), théologien socinien polonais, né à Kœnigsberg en 1544, mort à Amsterdam en 1680. On sait peu de chose sur sa vie, et il n'est connu q'"e par ses écrits, parmi lesquels nous citerons : Objectiones de filio Dei ante mundum creato, post incarnato (1673); Nucleus historise ecclesiusticx exhibitus in historia arianorum (Cologne, 1676, in-8°); Appendix ad Nucleum (Amsterdam, 1678, in-8°); Biblioiheca antitrinitariorum sive catalugus scriptorum et succincta narratio de vita eorum auctorum (Freistadt, 1684, in-8°), ouvrage très-rare aujourd'hui et qui renferme des matériaux importants pour l'histoire non-seulement des sociniens polonais, mais aussi de la littérature polonaise.
6ANDIX ou SANDYX s. m. (san-dikss — mot lat.). Antiq. Espèce de rouge minéral en usage chez les anciens.
SANDJAR (Aboul-Hareth-Moez-Eddyn ou Moghaïi-Eddyn), sultan seldjoucide de Perse, né à Sandjar ou Sindjar,' en Mésopotamie, d'où lui vient son nom, l'an 479 de l'hégire (10S6 de J.-C), mort en 1157. D'abord gouverneur du Khoraçan en qualité de vassal de ses frères Barkariok et Mohammed 1er, il devint, après la mort de ce dernier en 1117, sultan des sultans, vainquit son neveu Mahmoud qui lui disputait ce titre et lui accorda le sultanat de \a Perse occidentale jusqu'aux frontières de la Syrie et de l'Asie Mineure. Il vainquit en 1130 Ahmed-Ibn-Soleiman, qui s'était révolté, le força de se rendre à discrétion et le rétablit quelque temps après dans le gouvernement de Mawar-el- Nahr. Mahmoud étant mort, Sandjar appela a lui succéder Thogroul II, frère de ces princes ; il vainquit, en 1132, Mas'oud et Seldjouk, ses autres neveux, qui prétendaient également au trône, et il leur pardonna. Il ne prit aucune part aux guerres qui eurent lieu entre les princes seldjoucides et laissa Mas'oud succédera Thogroul (morten 1134).
SAND
Défait en 1141 par les Khitans, peuple tartare, Sandjar prit sa revanche en ] 148. En 1149, il vainquit et fit prisonnier Houeein- Djihan-Souz, puis il lui rendit la liberté et le gouvernement de Ghaur. Il fut moins heureux contre les Turcs Ouses ou Oghouses, leur livra une bataille malheureuse en 1153 et fut fait prisonnier. Evadé plusieurs années après, Sandjar ne survécut que trois ou quatre mois à son évasion. Ses admirateurs sont allés jusqu'à l'appeler lo Second Alcmndro; il était renommé pour son courage et aussi pour les qualités dont il rit preuve pendant la paix. Il ne laissait pas d'enfants, et- avec lui finit la domination des Seldjoucides dans le Khoraçan.
SANDJIAC ou SANDJIAK s. m. Autre forme du mot SANGIAC.
SANDJIACAT ou SANDJIAKAT s. m. Autre forme du mot sangiacat.
SANDOM1R ou SANDOM1ERZ, ville de la Russie d'Europe, dans l'ancien royaume de Pologne, gouvernement et à 84 kilom. de Radom, un peu au-dessus du confluent de la Vistule et de la San»; 4,591 hab. Evêchôj ancien chef-lieu du palatinat de son nom et ancienne résidence des rois de Pologne.
SANDON (Léon), avocat français, fameux par les détentions arbitraires dont il fut victime sous l'Empire, mort le 27 octobre 1872. Il exerçait la profession d'avocat, lorsque, après la révolution du 24 février 1848, il fut nommé avocat général par M. Crémieux. Il donna bientôt sa démission et se fit inscrire au barreau de Limoges. En 1S49, Sandon, chargé de plaider dans une affaire très-importante, demanda qu'on lui adjoignît l'avocat Billault. Celui-ci, qui n'avait pas été réélu à l'Assemblée législative, se rendit avec d'autant plus d'empressement à Limoges, qu'une élection complémentaire allait avoir lieu dmis la Haute- Vienne et qu'il y trouvait l'occasion de poser sa candidature. Mis par Sandon en présence~d'un groupe d'électeurs avancés , Billault*Ht une profession de foi complète de socialisme et parla avec le plus profond mépris de Louis Bonaparte , alors président de la République, et de son entourage. Après son départ de Limoges, il échangea avec Sandon de nombreuses lettres, dans lesquelles il répondait aux questions faites par des électeurs influents et s'exprimait dans les mêmes termes que dans ses conversations sur Bonaparte et ses amis. Billault ne fut point élu député. Faisant volte-face, il se rallia, plus tard, à l'auteur de l'attentat du 2 décembre, qui le nomma président du Corps législatif, puis premier ministre. Les lettresqu'il avait adressées à Sandon lui revinrent à la mémoire, et il voulut les avoir à tout prix ; mais Sandon ayant résisté a toutes les offres, à toutes les promesses qu'il lui fit en échange de cette correspondance compromettante, il eut recours a la ruse. Un ami de Sandon lui emprunta sa correspondance, et, deux heures après, elle était entre les mains de Billault. Sandon, fuiieux, assigna le dépositaire infidèle; mais l'assignation était & peine lancée, qu'il fut arrêté. On lui offrit de le relâcher s'il retirait son assigna- : tion et les accusations qu'elle contenait. In- ■ timide, il céda, mais bientôt il reprit ses I poursuites. « Alors commença contre lui, dit M. T. Delord, une persécution qui ne devait finir que par la mort de M. Billault. M. Léon Sandon, toutes les fois qu'il tentait une nouvelle démarche judiciaire, était ressaisi par la police. Le nombre des arrestations dont il fut victime s'éleva à seize; elles ne duraient pour la plupart que deux ou trois jours. Conduit, au bout de ce temps, chez le chef de la division de sûreté, celui-ci faisait amener M. Sandon devant le juge d'instruction; là, on lui présentait à signer une déclaration démentant les accusations reproduites dans sa dernière assignation. Le juge d'instruction venait lui-même parfois à Mazas pour l'exhorter a donner sa signature; s'il y consentait, ce qui finissait toujours par arriver, le chef de la sûreté le f-iisait conduire par ses agents à l'embarcadère, en le menaçant des plus terribles vengeances s'il se permettait de revenir à Paris. M. Léon Sandon oubliait-il ces menaces, la police, à peine débarqué, mettait la main sur lui. La quinzième arrestation de Léon Sandon fut suivie d'un séjour de plus de deux semaines au dépôt de la préfecture de police, au milieu des derniers des misérables. L'infortuné se retira dans son pays, et, de là, il crut pouvoir sans crainte adresser au Sénat une pétition pour lui demander l'autorisation de poursuivre M. Billault et une requête au conseil d'Etat. Ces documents étaient à peine arl-ivés, qu'on arrêta le signataire dans sa maison, en présence de sa mère. Conduit ii Paris, il comparut devant le juge d'instruction ; il étiut accusé d'avoir dénoncé calomnieusement M. Billault dans une requête au conseil d'Etat. Le procès dont on menaçait M. Sandon était un bonheur pour lui, puisqu'il allait lui fournir le moyen de porter à la connaissance du public la persécution dont il était l'objet; il s'en réjouissait, lorsque, un matin, il vit entrer dans sa cellule quatre médecins, qui le soumirent à un long interrogatoire. Le lendemain, il était enfermé, comme atteint de 1110nomauie raisonneuse, à Charenton, où il su- ! bit toutes les tortures que peut endurer un homme raisonnable condamné à vivre avec
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des fous et soumis aux mêmes traitements. Le moyen était bien choisi pour en finir avec lui. Il s'abrutissait peu à peu , si bien que M. de Persigny, qui avait désiré le voir, ne trouva en lui qu'une espèce d'idiot incapable de répondre à aucune question. Le sénateur Tonrangin, oubliant pendant ce temps-là que la loi de 1838, qui fixe le sort de8 aliénés, les met à l'abri de toute accusation, déposa un rapport accablant contre la pétition de M. Sandon. Ce rapport, publié par les journaux dévoués au ministère, tua sa mère de douleur. Quanta lui, privé depuis longtemps de tout contact avec ses amis et avec les étrangers, il s'éteignait dans le désespoir, lorsqu'il reçut à Charenton la visite de M. Cordoen, procureur général. C'est de sa bouche qu'il apprit la mort de M. Billault (octobre 1863). Rien ne s'opposait plus, dès lors, à ce qu'il recouvrât la liberté ; il ne tarda pas, en effet, à sortir de la maison de fous, après y être resté dix-sept mois. • Après sa mise en liberté sur la demande du prince Napoléon, Sandon porta devant les tribunaux une demande en dommages et intérêts et plaida lui-même sa cause ; mais le tribunal interdit la publicité des débats et le débouta de sa demande. Une lettre qu'il adressa à M. Rouher lui valut une dix-huitième arrestation. Cependant, quelques amis de l'Empire s'émurent et craignirent que l'opinion ne fût fâcheusement impressionnée d'abus de pouvoir aussi odieux et qui peignaient sur le vif les procédés habituels du plus détestable des gouvernements. Le 26 mars 1866, M. de Persigny écrivit à M. Conti : «Voici une affaire grave qu'il importe d'étouffer; la conduite de M. Billault a été inouïe. L'homme qui a été victime à ce point est près de se laisser entraîner -dans les mains des partis. Nous pouvons avoir un scandale affreux. 11 y a là une iniquité épouvantable; il importe de la réparer. » Le prince Napoléon fit accorder une indemnité de 10,000 francs à Sandon, et, peu après, le chef de l'Etat lui fit une pension de 6,000 francs. "A partir de ce moment, Sandon entretint une correspondance avec M. de Persiguy, le docteur Conneau, le général de Béville et devint un partisan de l'Empire. Il avait publié quelques écrits : le Chemin de la liberté; les Socialistes et ta société (1849, in-8») et Plaidoyer de M. Léon Sandon (Bruxelles, 1865).
SANDORIC s. m. (san-do-rik). Bot. Genre d'arbres, de la famille des méliacées, tribu des trichiliées, dont l'espèce type croît aux Moluques, aux Philippines et dans les îles voisines. Il On l'appelle aussi HANTOL.
SANDOBIQUE s. m. (san-do-ri-ke). Autre forme du mot sandoric.
SANDOVAL, village d'Espagne, province et à 35 kilom. N.-O, de Burgos; 500 hab. Ce village donnait son nom à une illustre maison d'Espagne, à laquelle appartint le duc de Lenne.
SANDOVAL (Prudence de), historien espagnol, né à Valladolid vers 1560, mort à Pampelune en 1621. 11 entra dans l'ordre de Saint- Benoît et s'adonna à l'étude des antiquités de son pays. Devenu abbé du monastère de Saint-Isidore de Guenga, il visita les principales bibliothèques de l'Espagne, où il trouva un grand nombre de documents. Philippe III, qui le chargea de continuer la Chronica gênerai de Morales, le nomma évêque de Tuy, en Galice, puis de Pampelune. Son principal ouvrage est son histoire de Charles-Quint, Historia de la vida y hechos del imperador Carlos V (Valladolid, 1684, 2 vol. in-fol.), souvent rééditée et qui a fait sa réputation. Efrite avec simplicité, elle contient un grand nombre de détails; mais on y relève une singulière partialité et le manque de critique. C'est ainsi que l'auteur, pour établir la prééminence de la maison royale d'Espagne, donne la généalogie de Charles-Quint depuis Adam, de père en fils, sans la moindre lacune ; qu'il rejette le sac de Rome (1527) sur le connétable de Bourbon , comme si ce prince n'eût pas exécuté les ordres de l'empereur, etc. Ses autres ouvrages sont : Chronica del inclito imperador de Espaiîa Alonso Vif (Madrid, 1600, in-fol.); Las Fundaciones de los monasterios del orden de San-Benito ( 1601, in-fol.), ouvrage curieux, mais inachevé; Historias recogidas et cou notationes varias (1614, in-fol.), recueil de chroniques; Anliguedad de la ciudad y iylesia de Tuy (Braga, 1620, in-4°); Catalogo de los obispoi de la iglesia de Pamplona (1614, in-fol.); Historia de los reyes de Castilla y de Lan (1634, infol.), continuation de la chronique de Morales. 11 a laissé, en outre, quelques ouvrages manuscrits.
SANDRART (Joachim), peintre et écrivain allemand, né k Franefort-sur-le-Mein en 1600, mort à Nuremberg en 1688. Après avoir ' reçu des leçons de dessin de Théodore de Bry, il alla, en 1621, étudier la gravure à Prague, sous la direction de G. Sadeler, puis la peinture à Utrecht, dans l'atelier deHonthorst. Sandrart suivit son dernier maître en Angleterre; de là, il passa en Italie (.627), visita Venise, Florence, Bologne, Rome, étudiant partout .les chefs-d'œuvre des maîtres, et acquit la réputation d'un peintre fort habile. Ce fut à cette époque qu'il exécuta pour le cardinal Barberini deux tableaux représentant Madeleine et Saint Jérôme. Après avoir parcouru le royaume de Naples, la Sicile, Malte, Sandrart reprit la route de l'Allema-
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gne, visita la Hollande, habita Amsterdam [ et Augsbourg, puis se fixa à Nuremberg. I L'électeur palatin lui donna le titre de con- [ seiller, et il épousa la fille de Guillaume Bloe- , maert. Cet artiste eut de son temps unegrande réputation, mais ses meilleures œuvres, parmi lesquelles nous citerons : \' Entrée de Marie de Mëdicis à Amsterdam, les Douze mois de l'année et le Jugement dernier, sont aujourd'hui peu recherchées; mais ses écrits sur l'art sont encore fort estimés. Nous citerons particulièrement : l'Académie allemande d'architecture, de sculpture et de peinture (Nuremlierg, 1675-1679, 4 tomes en S vol. in-fol.), ouvrage écrit en allemand, contenant les vies ces peintres anciens et modernes, avec deux dents portraits, et qui a été regardé longtemps comme l'histoire la plus complète de la peinture en Allemagne. On lui doit encore : Iconologia deorum qui ab antiquis colebantur (16S0, in-fol.), eu allemand; Admiranda sculpturss vêtais (16S0, in-fol.); Roms anliquse et noms theatrum (1684, in-fol.); Romatwrum fontanatia (1683, in-fol.). Une édition complète de ses ouvrages, ornée de figures, a éle publiée k Nuremberg (1769-1775, 8 parties in-fol.).
SANDRART (Jacques), graveur et peintre allemand, neveu du précédent, né à Kranc- -ort-sur-le-Mein en 1630, mort à Nuremberg en 1708. 11 étudia son ait en Hollande et il vint se fixer en 1650 à Nuremberg, où il fut nommé inspecteur de l'Académie île peinture (1662), et s'adonna en même temps au commerce des tableaux. Ses principaux ouvrages sont, en peinture : Suinte Famille, le Martyre de saint Etienne, Charlemagne visitant les écoles et un grand nombre de portraits. Il graVa la Grande caste de Bohème, Varias figuras monstruosse, la Mort de Sophonisbe, Cléopdtre, etc.
SANDRART (Jean-Jacques), peintre et graveur allemand, (ils du précédent, né à Ralisbonne en 1655, mort k Nuremberg en 1698. Il visita l'Italie et en rapporta de nombreux dessins qui figurent dans les recueils suivants : Denis des églises de Home, Devis des palais de Home, Devis des jardins de Jiome. On lui doit, en outre, cinquante-six dessins pour les Métamorphoses d'Ovide, un grand nombre de compositions pour l'illustration de la Bible et des allégories, parmi lesquelles on cite \' Allemagne pacifiée, la Jurisprudence et Y Université de Saltzbuurg, etc. Cet artiste, doué de beaucoup d'imagination et d'une grande facilité d'exécution, a composé un assez grand nombre de gravures pour les ouvrages de son oncle Joachim.
SANDRART (Marie-Suzanne), femme peintre et graveur, sœur du précédent, née à Nuremberg en 1658, morte dans la même ville en 1718. On cite, parmi ses tableaux : les Noces de Psyché, Bidon mourante, le Bacchunal, Sainte Martine agenouillée devant te Christ, qu'elle reproduisit par la gravure.
SANDRAS (Claude-Marie-Stanislas), médecin français, né k Rocroy en 1802, mort à Paris en 1856. 11 se destinait primitivement à l'enseignement, puis il fit ses études médicales, vint à Paris et sollicita du gouvernement, e.n 1831, l'autorisation d'aller étudier Je choléra en Pologne et en Allemagne.
Nommé, en 1836, médecin du bureau central, il devint successivement médecin de l'Hôtel- Dieu annexe (1840), de l'hôpital Beaujon et enfin de l'Hôlel-Dieu. On lui doit, entre autres ouvrages: Généralités et plan d'un cours de physiologie (1830, in-8°) j Etat de la médecine en Allemagne (1832, in-8") ; Caractères de l'inflammation (1833, in-8°); De ta thérapeutique en général; Sur l'empirisme et les théories en médecine ; Des maladies chroniques en général (1837, in-4») ; Traité des maladies nerveuses (1851, 2 vol. in-8<>)( ouvrage fort remarquable sur des maladies qui avaient été pour lui, a partir de 1841, l'objet d'une étude toute spéciale. Sandras a publié, en outre, des articles et des mémoires dans divers recueils spéciaux et rédigé plusieurs Annuaires de thérapeutique et de médecine, en collaboration avec le docteur Bouchardat. — Son fils, M. Claude-Lucien Sandras, né a Versailles en 1833, a également suivi la carrière médicale et s'est fait recevoir docteur à Paris, où il exerce son art. On lui doit, entre autres ouvrages : Du rôle des phosphates dans l'organisme et en particulier du phosphate de fer (1864, in-8«); Elude sur la diathèse urique (1865, in-so); Etude sur la digestion et l'alimentation (1863, in-8") ; Rapport général sur le service médical pendant te siège (1871, in-8°).
SANDRAS (Gatien de Courtilz de), écrivain trançais. V. COURTILZ.
SANDRE s. m. (san-dre). Ichthvol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des pereoïdes, comprenant quatre espèces, dont la principale habite l'Europe : Le sandrk commun vit dans les fleuves et les lacs. (C. d'Orbigny.)
— Encycl. Les sandres ont beaucoup d'analogie avec les perches, auxquelles ils ressemblent par leurs préopercules et leurs nageoires, mais dont ils différent par leurs dents pointues, qui ruppellent celles des brochets. Us ressemblent encore aux premières pur leurs écailles dures et leurs raies noirâtres, aux seconds par leur corps allongé. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses. Le
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sandre commun, appelé aussi sandaf, orochetperche, etc., atteint la longueur de l mètre et plus; il a la bouche grande et la mâchoire supérieure proéminente, la queue ea croissant; sa couleur est verdâtre, avec des bandes verticales brun noirâtre. Ce poisson abonde dans les eaux douces du nori et de l'est de l'Europe; sa chair est grasse, trèsblanche lorsqu elle est cuite et très-agréable au goût: on en sale et on en sèche beaucoup pour 1 exportation.
SANDS (Robert-Charles), poète américain, né k New-York en 1799, mort en 1832. A l'âge de dix-sept ans, en même temps qu'il commençait l'étude du droit, il publia son
fiiemier poëme, The Bridai of Vaumond, dans equel se révèle une imitation trop fidèle de Byron. Reçu avocat, il continua à s'adonner à la littérature et fût peut-être devenu célèbre si la mort ne l'eût frappé dans sa. trentedeuxième année. Indépendamment ce l'ouvrage que nous avons cité, on doit h Sands : Yamoyden, poème en collaboration av.îc Enstburn (1820); Vie de Fernand Cortês (1S28) ; BiograpliiedePaulJones{l&3l)i Contes (1832). Ses Œuvres complètes ont été reçue Uies en 1834 (3 vol. in-8»).
SANDUSKY, ville des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de l'Ohio, k 135 kiloi i. N.-E. de Co.ombus, sur le lac Erié, où elle a un port de commerce ; 10,000 hab. Le port, vaste et spacieux, peut recevoir tes navires du plus fort tonnage. Le sol sur lequel la ville est bâtie s'élève en pente douce à part r du rivage.'La plupart des maisons sont construites en pierre ou en brique ; on y trouve plusieurs belles manufactures, des forges et des fonderies de fer.
SANDWICHS, m. (san-douitch — met angl.).
Minces tranches de pain beurré entre lesquelles on a intercalé une tranche de jambon ou d'autre viande.
— Ëncycl. Pour préparer les sandwichs, on a une belle mie de pain, ou hier on emploie un de ces pains appelés pavés anglais, pains en caisse ou k quatre faces, que l'on peut se procurer chez la plupart des boulangers. Dans tous les cas, il faut que la mie soit proprement débarrassée de i>a croûte et que ses faces soient parallèles, autant que possible. On divise cette mie en traiches de 0m,005 d'épaisseur, et sur une face do chacune de ces tranches on étend une légère couche de beurre irais que l'on fera bien d'assaisonner d'un peu de sel et d'un peu de moutarde; sur cette surface beurrée on place une lame de jambon très-mince ; puis on couvre d'une nouvelle tranche de pain , d'une tranche de jambon, etc., en nombre indéterminé, en ayant soin qu'une tranche de pain recouvre le tout. On met ensuite sous un poids un peu plus fort que celui d j la pression des mains. On taille la masse en carrés longs de 0"n,06ou om,07suron>,04 de largeur. Les sandwichs ainsi obtenus sont disposes en couronne sur une assiette.
On fait aussi des sandwichs à la volaille, en remplaçant le jambon par du filet de volaille ; alors le beurre doit être plus fortement assaisonné de sel et de moutarde, h. volaille étant fade de sa nature. Dans les s mdwichs au foie gras, le beurre assaisonné est remplacé par de la farce de foie gras. On peut encore remplacer le jambon par de fines tranches de filet de bœuf, de langue de veau ou de bœuf k l'éuarlate; mais le beurre doit toujours, dans ce cas, être mélange avec de la moutarde et du sel.
SANDWICH, ville d'Angleterre, comté de Kent, à 56 kilom. E. de Maidstone., sur la Stour, k environ 2 kilom. de la mer ; 4,ooo hab. Corderies, fabrication de lainages estimés; commerce de grains, houblon, drerh.3. Sandwich avait autrefois une certaine importance; mais son port, depuis longtemps comblé par le sable, demeure abandonné, bien qu'il compte encore parmi les Cinq-Ports. Cliarles II érigea cette ville en comté, eu 1660, pour Edouard Montague.
SANDWICH (archipel), groupe d'ilss le plus isolé de toute la Polynésie et le point extrême de l'Océanie au N.-E., entre ..S" 53' et 23° 3' de latil. N. et entre 157» 9' et 164» 10' de longit. O. Cet archipel s'étend du S.-E. au N.-O. sur une longueur d'environ 900 kilom. et comprend une dizaine d'îles, dont les principales sont : Hawaii ou Owhyhe i, la plus grande de toutes, d'une superJicie du 154 myriametres carres et comprenant environ 22,000 hab. (v. HaWaÏ) ; Maoui ou Mauwi, ayant 22 înyrianiètres carrés et don. le cheflieu, Lahaina, est la seconde place commerciale du groupe; Tahouroua ou Thuoorawa, Ranaï, Moroloï, Woahou ou Owahou , île charmante .dont la superficie est de 15 myriamètres carrés et dont le chef-liei, Honolulu (15,000 hab.), est la cap. taie d<: l'archipel et la résidence du roi; TahoordouTahoura, Atooi, Oneeheow, l'île Bird, etc. Ces îles sont montueuseset de nature volcanique. Les montagnes les plus élevées sont le Maouna- Roa, qui a 4,250 mètresd'altitude, etloMaerro- Roa, qui a 4,200 mètres. Elles sont couvertes de neiges éternelles, et la première est le cratère du volcan Kirauea. Les Iles Sandwich renferment de belles et fertiles vallées, arrosées par un grand nombre de cours d'eau. , Les côtes, généralement escarpées 3t entou- I rées de récifs, ODt néanmoins quelques ports.
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Le climat y est doux, tempéré, et la pluie y tombe fréquemment. Les productions minérales y sont rares. Le sel seul abonde. Parmi les végétaux, nous citerons le bois de santal, le cocotier, l'arbre k pain, le mûrier à papier, l'ohia, etc. On y cultive la patate, l'igname, le melon d'eau, la canne a sucre, le gingembre, le tabac, le coton, la vigne etdivers fruits et légumes apportés d'Europe. Le règne animal y est très-pauvre ; on y trouve des chiens, des cochons, des rats et divers animaux introduits par les Européens, le bœuf, le mouton, la chèvre; des oiseaux nombreux, mais d'espèces peu variées, des chouettes, des corbeaux ayant un croassement particulier, le pluvier, la poule d'eau, la grive. Les poissons de tout genre abondent sur les côtes, ainsi que les tortues. Le sol y est cultivé avec soin et bien arrosé. Les indigènes s'occupent beaucoup de l'élevé du bœuf et des moutons. Les produits du soi exportés consistent principalement en café, coton, arrOw-root, peaux, indigo, sel, bois d'ébéinsterie, etc. On y importe des objets manufacturés, des bestiaux, porcs, du rhum, du vin de Madère, des fromages, etc. Les exportations se sont élevées, en 1871, k 2,140,000 dollars, et les importations k 1,50*, 000 dollars. Presque toutes les transactions commerciales se font par les Anglais et les Américains au port d'Honolulu, où se trouvent un grand nombre de maisons de commerce.
La population indigène, évaluée jadis à 400,000 individus, était, en 1872, de 56,897 habitants, dont 49,044 indigènes. Les Sandwichéens sont bien faits, de taille au-dessus de la moyenne, d'une physionomie agréable, d'un teint brun, de mœurs douces et hospitalières; ils sont, en outre, intelligents et hardis. Ils ont été peu k peu presque tous convertis a\i christianisme par des missionnaires anglais et américains, qui leur ont fait abandonner plusieurs de leurs coutumes barbares, notamment celle des sacrilices humains; mais, en revanche, ils ont contracté plusieurs des vices de la civilisation européenne et la passion des liqueurs fortes. Très-industrieux, ils construisent eux-mêmes leurs navires, fabriquent des étoffes, exploitent habilement le sol. A Honolulu, on trouve des imprimeries, de bonnes auberges, des voitures de poste pour visiter l'Ile, deux journaux, etc. L'instruction primaire y est tresrépandue. « Je ne crois pas, dit M. de Vurigny dans un intéressant et instructif ouvrage intitulé : Quatorze ans ans; iles Sandwich (1874), que l'on trouve aux îles Sandwich dix personnes, hommes ou femmes, âgés de vingt ans, qui ne sachent parfaitement lire, écrire et compter. » L'instruction y est obligatoire. Les jeunes filles des classes aisées sont bien élevées, fort instruites ; ellesjouent du piano, chantent et causent agréablement; elles ont une assez grande liberté d'allures, elles dansent et montent à cheval. La langue parlée est un dialecte malais.
Les îles Sandwich sont régies par des institutions constitutionnelles depuis 1840. La constitution de 1840 créa une Chambre des nobles composée de seize personnes, dont cinq femmes, avec le roi pour président. Elle fut revisée en 1845, et le pouvoir exécutif fut alors confié k un conseil des ministre*, présidé par le ministre de l'intérieur. Plus tard, on établit un conseil privé, composé du roi, de la reine, des ininUti-es, des gouverneurs des quatre grandes îles, du chancelier, des juges de la cour suprême et de huit membres élus. La constitution de 1864 a porté k seize le nombre des membres élus du conseil intime, dont huit sont choisis parmi les indigènes et huit p:irmi les étrangers. La liberté de la presse et de réunion est illimitée. Le roi et les principaux chefs vivent tout à fait k l'européenne, dans des maisons très-confortables. Chaque île a. un gouverneur particulier et est divisée en arrondissements et sous-arrondissements. Par une fiction constitutionnelle, le roi est regardé comme l'unique propriétaire du sol et, à ce titre, il a le droit de réclamer des impôts et des services militaires. Les principaux revenus de l'Etat consistent dans les droits prélevés sur le commerce et la navigation. Ces revenus s'élèvent à 4,500,000 fr.; la dette publique est de 1 million. L'armée comprend 220 hommes et la flotte 2 navires portant 15 canons et un grand nombre de vastes pirogues.
D'après quelques écrivains, les Iles Sandwich furent découvertes par des Espagnols qui donnèrent à HawaI le nom de Mesa. Quoi qu'il en soit, ce fut Cook qui, ayant abordé à cette île en 1778, donna à l'archipel le num de Sandwich en l'honneur du ministre anglais de ce nom. Bien qu'il passât aux yeux des indigènes pour le dieu Lono, il fut tué par eux pour avoir ordonné une décharge de niousqueterie sur les Kanaks (1779). Le roi Kamehameha ou Tamehaineha lor réunit sous son pouvoir tout l'archipel, do 1784 k 1810. Avec laide de Vancouver et de deux marins anglais, il entreprit en 1794 d'introduire les éléments de la civilisation européenne dans ses Etats, disciplina un petit corps de troupes, organisa une petite flotte et lit construire un fort qu'il munit de canons. Pour faire disparaître les anciennes mœurs et les vieilles idées religieuses, il lit venir des missionnaires protestants d'Angleterre et mourutau momeutoù il songeait a [aire la conquête de Taïti (1819). Sa veuve, la régente Kaahumaïui, d'un caractère absolu et violent, et dont la jeunesse
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avait été fort orageuse, se convertit lorsque l'âge eut amorti ses passions; elle adopta la vêtement européen et força son peuple à l'udopler. ■ A cette époque, dit M. de Varigny, une jeune fille tirait orgueil du nombre de ses amants, et un jeune homme s'estimait heureux d'épouser une femme dont la beauté, appréciée de tous ses ainis. n'avait plus rien de caché pour eux. » Kaahumanu entreprit de réformer complètement ces mœurs. Un édil royal, approuve par les chefs, condamna tout individu convaincu du d«lit d'adultère ou desimpie fornication k perdre ses biens et de plus a rester aux fers pendant un an, après avoir été fouetté sur la place publique. En cas de récidive, ajoutait l'édit, les coupables fieront 'conduits sur mer et maintenus sous l'eau jusqu'à ce qu'ils soient presque morts. On les retirera et on les laissera respirer, puis on recommencera cinq fois de suite. S'ils no meurent pas, ils seront transportés sur une autre île. En cas de troisième récidive, les coupables seront mis k mort conformément à la loi de Dieu. Cette loi eut pour résultat do modifier profondément les moeurs de la population, mais en même temps de la faire décroître dans des proportions effrayantes; et depuis lors le gouvernement a été obligé de recourir k la Chine pour trouver les bras nécessaires k la culture des plantations. Kamehamehu II, fils de Kamehameha 1er, se convertit au christianisme, abolit l'ancien culte, mais éprouva de telles résistances qu'il partit en 1824 pour l'Angleterre, dans le but d'y demander des secours. Il y mourut quelques mois après son arrivée et eut pour successeur son frère Kamehameha III, né en 1814. Ce prince continua l'œuvre de son frère, et, k l'instigation des missionnaires anglicans, il chassa des îles des missionnaires catholiques, qui étaient venus pour leur faire concurrence (1837). Trois ans plus tard, il donna a son peuple une constitution qui établit la monarchie représentative et fut modifiée en 1845 et 1848 dans un sens démocratique. Le gouvernement français ayant voulu intervenir en faveur des missionnaires catholiques, Kamehameha demanda le secours de l'Angleterre, qui fit occuper par ses troupes les lies Sandwich de février k juillet 1843. Ce roi se plaça par un traité sous le protectorat de l'Angleterre en 1844. Le gouvernement français, ayant eu k se plaindre de l'inexécution de certaines clauses d'un traité de commerce passe en 1843 avec le roi des îles Sandwich, envoya en 1849 une flottille dans le port d'Honolulu, et, aur le refus de Iiamehumuha de donner les satisfactions demandéas, lus troupes françaises débarquèrent , prirent les forts, dont elles enlevèrent les canons, s'emparèrent des navires sandwichéens qui se trouvaient dans le port et se rembarquèrent. Menacé de nouveau d'une expédition par le gouvernement français (1851), le roi Kamehameha, qui subissait l'influence du missionnaire américain Allen, résolut de faire incorporer son royaume aux États-Unis. Mais il mourut eu 1854, et sou successeur, son riis Lihohho, qui lui succéda sous le nom ne Kaiiiehanieha IV, rompit les négociations entamées avec le cabinet de Washington et protesta de sa volonté de maintenir l'indépendance nationale. Ce prince s'attacha à poursuivre l'œuvre civilisatrice commencée par ses prédécesseurs et k introduire des améliorations dont il avait lui-même constaté les effets en voyageant dans une partie do l'Europe. Il mourut en 1863, laissant le trône k son frère Kamehameha V, qui donna une grande impuhiou au commerce et k l'industrie. Ce prince réformateur constitua un cabinet dont les membres appartenaient aux nationalités les plus diverses. Il prit pour ministre dés finances M.Charles de Varigny, auteur de l'ouvrage que nous avons cite plus haut et qui, pour faire accepter diverses réformes, n'hésita pas k faire un coup d'Etat en dispersant une assemblée constituante convoquée pour améliorer la charte. Il est vrai de dire que personne ne fut arrête, fusillé ou déporté. Des le lendemain, les clubs purent se former partout librement et les journaux purent traiter les ministres de traîtres et d'assassins du peuple sans encourir le plus léger châtiment. En décembre 1872, k la mort du Kamehameha V, le peuple, appelé à lui nommer un successeur, élut pour roi Lunalino, descendant de Kamehameha 1er, et son élection fut ratifiée par la législature. Ce prince, âgé de trente-huit ans et qui était extrêmement populaire, mourut le 3 février 1874 k Hawuï. Il avait la réputation d'un ivrogne invétéré, et ses excès alcooliques contribuèrent k sa mort prématurée, au moment où il venait de décider qu il céderait aux Etats-Unis le port de Pearl-River. Un des personnages les plus influents de l'archipel, David Kalakaua, futuesignè par les suffrages populaires pour lui succéder. Dans un discours qu'il prononça devant la Chambre ie 20 avril 1874, le nouveau roi déclara qu'il était disposé k conclure un traité de commerce avec les Etats-Unis, mais qu'il s'opposait k toute cession de territoire, et il demanda la nomination d'une commission chargée de codifier les lois du royaume. Au mois ae décembre de cette même année, il s'embarqua pour les Etats-Unis, débarqua a San- Fraiieisco et do lk se rendit k "Washington pour conférer avec le président Grant sur les termes d'un traité de commerce entre les deux gouvernements. Ce traité, signé au
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commencement de 1875, place les lies Sandwich sous le protectorat des Etats-Unis et leur assure dans ces îles une station navale à l'exclusion de toute autre puissance étrangère. Kalalwia revint dans son royaume, après avoir promis d'envoyer son manteau de plumes à l'Exposition de Philadelphie en 187S, et rapportant tout un arsenal de canons, de fusil;; et d'autres engins de guerre.
SANDWICH (archipel), groupe d'Iles de l'océan Atlan ique austral, au S.-E. de l'île Géorgia, au N.-E. des Nouvelles-Orcadfîs du Sud, par5')o de latit. S. et 29<> de longit. 0. La plus méridionale de ce groupe, qui fut découvert par Cook en 1775, porte le nom de Thulé-Australe.
SANDWICH, nom d'une des îles de l'Océanie, dans l'arvhipel de Quiros, par 17° 45' de latit, S. et 16£<> de longit. E.
SANDYS {Edwin), prélat anglais, né dans le comté de Lunenstre en 1519, mort en 1588. Il fut nommé, zn 1547, principal de Catherine- Hall et possédait déjà quelques bénéfices ecclésiastiques, lorsqu'il fut emprisonné pour avoir prêché en faveur de Jane Grey. Sa détention ne dura que quelques mois; mis en liberté, il visita la Flandre, Strasbourg et Zurich. A U. nouvelle de la mort de la reine Marie, il revint de Zurich à Strasbourg, et de là en Angleterre, Il prit part à la discussion soleti Telle qui eut lieu entre les plus eminents théologiens des deux confessions et obtint le siège épiscopal de Worcester en 1559, celui de Londres en 1560 et enfin celui d'York ei: 1570. Le caractère hargneux et intraitable de Sandys lui avait déjà valu des querelles et des désagréments à Strasbourg et dais le diocèse de Worcester.
« Dans le diocèse d'York ses tribulations recommencèrert, dit M. Lefebvre-Cauchy. En 1577, pendan ; une de ses visites diocésaines, ayant porté ses pas jusqu'à Durham, dont l'évêché était alors vacant, il s'en vit refuser l'entrée par le doyen puritain Whittingham, sur lequel il se crut autorisé à lancer l'excommunication. Nous passons ici sur d'autres avanies qu'il eut à subir et qui ne tendaient pas à moins qu'à le déshonorer. L'évèque Sandys est le premier évéque anglais qui uit jeté" les fondements d'une grande fortune, laquelle a conduit ses descendants à la pairie. Ce qui peint le caractère de ce prélat, c'est qu'il fu; en guerre avec ses frères protestants corrme avec les catholiques, avec son successeur (A3'lmer) dans un de ses diocèses, avec son doyen dans un autre; que, dans ses deux, premiers diocèses, il traita le clergé avec une rudesse qui appela l'intervention du métropolitain. En revanche, il eut beaucoup de savoir, de pénétration, d'éloquence. » On a de Sandys des Sermons (1613, in-4"; 1812, in-8°J. Sa traduction anglaise des livres dj Hou et des Chroniques a fait partie de la version de la Bible commencée en 15G5. Quelques-unes des lettres et autres écrits de cet évêque ont été insérés dans les • Annales et dans les Vies de Parker et de Whilgift, p; r Strype, ainsi que dans \'Histoire de la Information, par Burnet, lesÂcfes de Fox, etc.
SANDYS (:dr Edwin), fils du précédent, né en 1561, moi t en 1629. Il a laissé un ouvrage intitulé Europs spéculum, ou tableau de l'état de la religioi dans les contrées occidentales du inonde, jù l'on explique la religion romaine et la tactique de lEglise de Rome pour la soutenir, etc. La première édition exacte et publiée par l'auteur est celle de La Haye (l£29, in-4«); l'ouvrage a été réimprimé en 16:17 (in-4°) et en 1673; il a été traduit en italien et en français. Sir Edwin a légué 1,500 livres sterling à l'université d'Oxford pour la dotation d un cours de métaphysique. — Et win Sandys, i'un de ses cinq lils, fut colonel jarlementaire pendant la guerre civile et fut blessé mortellement à la bataille de Worcester en 1642.
SANDYS (George), poëte anglais, frère du précédent, né à Bishopsthorpe en 1577, mort a Boxley ec 1643. Après ayoir suivi les cours de l'université d'Oxford, il se mit à parcourir l'Europe, visita ensuite la Turquie, l'Egypte, la terra sainte, puis il accepta une place de trésorier di.ns la colonie américaine de la Virginie et enfin il revint, après une longue absence, en Angleterre et fut nommé gentilhomme de la chambre de Charles le». On lui doit, entre autres ouvrages : Relation of a journey beg m in 1610, in IV books, containing a description of the Turkist empire, of Egypt, of the Holy Land; and of the remata parts of Itdi'y and Islands aâjoining (Londres, 1615, in-fo.); Paraphrase vpon the Psalms (Londres, 1338, in-8») ; Christ" s Passion (Londres, 1639, :n-8°); The sing of Satomon (Londres, 1641, in-4<>).
SANDYS (Arthur-Marc Cecil Hill , baron de), homme politique anglais, né en Irlande vers 1789, mort a Londres en 1863. Attaché d'ambassads à Madrid en 181G, il fut, à son retour en Angleterre, attaché au ministère des affaires étrangères en qualité de press u>riter (ou réducteur). En 1823, il accompagna le duc de Wellington au congrès de Vèione. L'année suivante, il fut secrétaire d'ambassade à Par s, en 1824 à Florence, en 1825 k Lisbonne età Rio-Janeiro, postes encore réunis alors, et enfin, en 1827, a Constantinople. Il fut envoyé en 1S32 à la Chambre des communes par le district de Newry et, en 1837,
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par celui d'Ewersham, qu'il représenta jusqu'en 1852. Nommé en 1841 contrôleur de la maison de la reine et devenu, en 1847, un de$ lords juniors de la trésorerie, Sandys entra, en 1852, dans la Cnambre des lords comme second baron et prit place dans le conseil privé de la reine.
SANDYX s. m. V. SAND1X.
SANE, rivière de Suisse. V. Saane.
SANE (Jacques-Noël, baron), illustre ingénieur français, surnommé le Vauban de lu mnritie, né à Brest en 1754, mort en 1831. Entré à l'arsenal de Brest à l'âge de quinze ans, il devint successivement élève constructeur , élève ingénieur, sous-ingénieur et enfin Ingénieur ordinaire. Sané s'occupa pendant toute sa vie du perfectionnement des vaisseaux de guerre, dont il combina les formes, la mâture et la Voilure de manière à favoriser la marche et à faciliter les évolutions. La supériorité de ses modèles fut universellement reconnue ; les Anglais euxmêmes les adoptèrent. Il avait commencé ses travaux avec Borda, à l'époque de la guerre d'Amérique. Nommé, en 1793, directeur du port de Brest, il contribua à l'organisation de la première flotte de la République, qui prit la mer sous les ordres de Villaret-Joyeuse. En 1800, Bonaparte le fit entrer à l'Institut et lui donna l'inspection générale du génie maritime, place qu il conserva jusqu'aux premières années de la Restauration, époque à laquelle il obtint sa retraite. Le nom de cet habile ingénieur a été donné à Une frégate à vapeur de l'Etat.
SANÉ (Alexandre-Marie), littérateur français, né en 1773, mort en 1818. Il était greffier de la justice de paix du XIIe arrondissement. On lui doit : Tableau historique, topographique et moral des peuples des quatre parties du monde (Paris, 1801, 2 vol. in-S») ; Choix des odes de François Manoet, traduction (Paris, 1S0S, in-8<j) ; Histoire chevaleresque des Maures de l'Espagne, traduction de l'espagnol de Ginès Parez de Hita (Paris, 1809, 2 vol. in-go); Nouvelle grammaire portugaise (Paris, 1810, in-S°).
SANELLE s. f. (sa-nè-le). Agric. Nom donné à la binette dans le sud-ouest de la France.
SAN-FEL1CE (Antonio), poëte italien, né près d'A verso, en 1515, mort à Naples en 1570. Eniré dans l'ordre de Saint-François, il consacra entièrement sa vie k l'étude et aux lettres. On lui doit deux poëmes latins : Clio divina (Naples, 1541, in-4°); Campania (Nupies, 1562, in-4°).
SAN-FELICE (la marquise Louise), née à Naples en 1768, morte en 1800. Elle avait inspire de l'amour au capitaine Baker, frère du chef d'une conspiration royaliste à Naples contre la république Partbénopéenne. Craignant que la marquise ne fût victime de la Sahu-barthélemy préparée par les partisans du trône et de l'autel, Baker remit à la jeune femme une carte de sûreté et lui expliqua l'usage qu'elle devait en faire. La San-Felice remit la carte a un jeune officier républicain qu'elle aimait et qui s'appelait Ferri selon Colletla, Vincent Cuoco d'après d'autres. Le jeune homme porta le billet au gouvernement; la marquise fut appelée, refusa de faire connaître le nom de celui qui lui avait remis la carte et déclara qu'elle mourrait plutôt que de payer: d'ingratitude l'ami généreux qui voulait la sauver. Néanmoins, l'enquête fit découvrir la conspiration; les frères Baker périrent sur l'échafaud. Le parti royaliste rendit la San-Eelice responsable de cette mort, que la famille Baker lui imputait hautement. La réaction s'étant rendue maîtresse de Naples, la San-F'eliee fut condamnée à mort. Elle était enceinte et le supplice fut différé pour ce motif. Malgré l'intervention généreuse rie la princesse Marie-Clémentine, le roi, excité peut-être par la reine Caroline et par làdy Hainilton, eut la cruauté de ne pas faire grâce à la malheureuse San-Felice qui , peu de temps après être accouchée uans une prison ae Païenne, fut traînée à Naples, où elle eut la tête tranchée sur la place du Marché.
Sau-Felico (la), roman, par Alexandre Dumas (1862). La San-Felice est un des romans historiques les mieux réussis de l'auteur. Les événements appartiennent à la fin du Directoire. Les deux faits dominants sont ia conquête du royaume de Naples par Championnet et la restauration du roi Ferdinand parle cardinal Ruli'o,. deux, faits presque aussi incroyables l'un que l'autre, puisque Championnet avec 10,000 républicains bat une armée de 65,000 soldats et s'empare après trois jours de siège d'une capitale de 500,000 hab., et que Ruffo, parti de Messine avec cinq personnes, fait ia boule de neige, traverse ia péninsule, de lieggio au pontue la Madeleine, arrive à Naples avec 40,000 sanfédistes et rétablit sur le trône le roi déchu. Voici le cadre historique: l'invasion des Français, la proclamation de la république Partliénopéeime, le développement des grandes individualités qui ont fait la gloire de Naples pendant les quatre mois que dura cette république, la reaction sanfédiste de Rutl'o, le rétablissement de Ferdinand sur le trône et les massacres hideux qui accompagnèrent cette restauration. Quant aux personnages, comme dans toutes les œuvres du mémo genre du fécond romancier, ils se divisent eu
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personnages historiques et en personnages d'imagination. L'héroïne, la San-Felice, tait partie des premiers, et il n'est pas une. personne ii Nirples à qui l'excès de ses infortunes ne l'ait rendue sympathique ; son histoire peut se résumer en quelques lignes. Luisn, fiancée par son père au lit de mort à un homme qui avait le double de son âge, a obéi à ses dernières volontés en épousant le chevalier San-Felice. Pure et honnête, elle .s'est juré de lui rester fidèle, et, si elle manque il ce serment, c'est après avoir lutté ave.: toute l'énergie de la vertu aux abois. Un jeune officier français, Salvato, tombé dans un guetapens, a été transporté chez elle grièvement blessé. A force de dévouement et de soins la jeune femme le sauve, mais l'amour peut revendiquer une large part dans la guérison. Néanmoins Luisa est restée pure. Nous n'entrerons pas dans le récit des événements qui appartiennent à l'histoire, nous passerons au dénoùinunt. La San-Felice a naturellement pris parti pour lus Français, et, injustement accusée d'avoir causé la mort de conspirateurs bourboniens pendant l'occupation française, elle est condamnée à mort ainsi que Salvato. Leur amour a marché avec les événements. Luisa est enceinte et obtient un sursis giàce à la générosité de son mari, qui se déclare le père de l'enfant. Salvato parvient à s'échapper de prison avec elle et, au moment de s'embarquer pourla France, tombe sous les balles napolitaines. Moins heureuse, la San-Felice est réservée à la vengeance et aux plaisirs sanguinaires d'une populace en délire, excitée encore par son roi, Ferdinand Nasone, comme l'appelaient ses amis les lazzaroni. Sa mort fut horrible; le bourreau, n'ayant pu la décapiter après s'y être repris à trois fois, l'acheva avec un couteau de boucher qu'il lui enfonça dans la poitrine. Tels sont le prologue et le dénoûmeiit de ce long draine. Peu d'œuvros d'Alexandre Du nias offrent un aussi vif intérêt que la San- Felice, Le sujet est déjà émouvant par luimême ; le romancier a doublé cet intérêt par le contraste des scènes d'amour habilement mêlées aux scènes de sang et de carnage, et par le soin qu'il a apporte k la composition et au style. On connaît la merveilleuse rapidité de plume d'Alexandre Dumas; aussi comprend-on facilement les qualités qui doivent recommander une œuvre à laquelle cet écrivain à la vapeur a consacré dix-huit mois de travail sérieux. Lui-même semble fonder sur la San-Felice un espoir de succès autre que ses succè3 de vogue ordinaires, car il termine ainsi son roman: «J'ai laborieusement et consciencieusement élevé ce monument à la gloire du patriotisme napolitain et à la honte de la tyrannie bourbonienne. Impartial comme la justice, qu'il soit durable comme l'airain. » Sans lui assurer une semblable immortalité, nous pouvons prédire une longue vie k la San-Felice, comme à tuut roman bien écrit et dont le fond s'appuie sur des données historiques. Ce qui ajoute encore ii l'intérêt, c'est la galerie de personnages i. lustres qui passent sous nos yeux : l'amiral Nelson, lndy Hainilton , l'amiral Caracciolo, la reine Caroline, le roi Ferdinand, Championne! et l'héroïne, la malheureuse San- Felice. Tous ces caractères sont peints avec une i are fidélité historique, à laquelle l'auteur ne nous a pas habitués. Alexandre Dumas u donné une suite k la San-Felice sous ce titre : Souvenirs d'une favorite. C'est l'histoire enjolivée d'Emma Lyons, devenue plus tard lady Hamilton, et qui joua un si grand rôle dans la révolution napolitaine comme favorite de la reine Caroline. Malgré tous ses efforts et son talent, il n'a pu réussir à exciter la sympathie en faveur de cette Lesbienne, dont les Souvenirs racontent ainsi l'existence aventureuse. Cette femme, qui a joué un rôle en Europe, qui avait soumis à l'empire de ses charmes le vainqueur d'Aboukir, avait commencé sa carrière par l'humble emploi de bergère et de bonne d'enfants. Un jeune libertin, le chevalier Featherston, fut le premier qui découvrit ce trésor de beauté; il conduisit la jeune Emma dans ses terres; mais, au bout de quelques mois, il la délaissa sans pitié, et l'infortunée n'ayant d'autre asile que le pavé de Londres grossit bientôt le cortège de ces beautés faciles que l'on voit pulluler le soir sur les trottoirs ues rues de la capitale de l'Angleterre. De cette milice, Emma passa entre les mains d'un charlatan qui l'exposait toute nue aux yeux du public comme une preuve vivante de l'efficacité de ses préparations cosmétiques. Le célèbre peintre Rowmney l'ayant vue, frappé de la beauté de ses formes et de la grâce de sa figure, la fit poser comme modèle. La vue de tant de charmes enflamma son cœur en même temps que son esprit; mais Rowmney, amoureux septuagénaire , était toujours en contemplation, et la vive Emma s'ennuya bientôt de n'être heureuse qu'en peinture. Un jeune homme, lord Greenville, vint à l'atelier de l'artiste et fit des offres qui furent acceptées; il donna à Emma des chevaux, des diamants, une maison , enfin il se ruinait, quand lord Hamilton, son oncle, ambassadeur à Naples , arriva subitement pour rompre une liaison qui l'indignait. Mais il voit Emma, et, semblable au Oouvignac cl'Aiidrieux, il tombe amoureux de la beauté qui avait excité son courroux, paye les dettes de son neveu qui, moyennant cette complaisance, lui cède ses droits sur Emma, et,
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après avoir terminé ce singulier marché, repart pour Naples, où les soins et les artifices d'Emma le décident à l'épouser. Les événements de la guerre amènent lord Nelson à Naples ; il était couvert de gloire, i! arriva, vit et vainquit. Le pauvre lord Hamilton fut peutêtre le seul homme de l'Europe qui l'ignora ou feignit de l'ignorer. A son arrivée à Naples, la maltresse de lord Hamilton n'était pas encore mariée et la noblesse avait refusé de la voir; elle jura de s'en venger et tint parole aux Napolitains qui l'avaient méprisée. A la suite d'une révolution, lord Nelson rentre en vainqueur à Naples, et lady Hamilton use de sa fatale influence sur son amant pour faire couler des flots de sang; tous ses ennemis personnels tombent sous la hache des bourreaux. Après de si doux passatemps, ella reconduit son amant en Sicile et achève de l'endormir au milieu des fêtes et des plaisirs. Mais, tandis qu'il se livre aux plaisirs, sa flotte est en proie k la famine .et à la maladie. Le ministère anglais, ne voulant pas rappeler son amiral, rappelle son ambassadeur. Désespéré, Nelson quitte sans ordre sa flotte et son armée et, après avoir promené sa maîtresse dans plusieurs capi- . taies de l'Europe, revient à Londres pour scandaliser par sa conduite le pays qu'il avait illustré par ses victoires. Le vieux Hainilton meurt et se venge de sa femme par son testament, en laissant à son neveu une fortune immense sur laquelle elle avait toujours compté. Les revenus de Nelson lui restaient, et, tant qu'il vécut, elle passa ses jours dans le faste et dans l'opulence ; mais, k sa mort, lady Hamilton devint pour tous un objet d'horreur; méprisée, avilie, ruinée de fond en comble, elle fut jetée par ses créanciers dans une prison où elle serait morte sans la générosité d'un échevin qui paya ses dettes et lui donna les secours nécessaires pour passer sur le continent. Arrivée dans les environs de Calais, elle fut atteinte d'une maladie grave, et cette femme superbe, qui avait vu la population de Naples et de Païenne à ses pieds, mourut dans la misère, l'abandon et 1 oubli.
De ce fond historique A. Dumas a tiré une espèce de roman, dans lequel lady Hamilton joue le rôle d'une victime se livrant toujours pour le bien des autres; il en avait le ilroit; mais celui. que nous lui contestons, c'est d'avoir caché que ses Souvenirs ne sont que la piraphrase des mémoires attribués à lady Hamilton elle-même et publiés en 1816.
SANFLORAIN, AINE s. et adj. (san-floraiu, è-ne). (reogr. Habitant de Saint-Flour; qui a rapport k ■Saiut-Kiour ou à ses habitants : Les Sanflorains. La population san-
FLORAINli.
SAN-FKANCISCO, ville des Etats-Unis. V.
Francisco -(San-).
SANGs. m. (san — lat. sanguis, même sens). Physiol. Liquide qui, porté par les artères dans les diverses parties du corps , y entretient la vie : Circulation du sano. AJa<,se du sang. Flux de sang. Cette viande, cet aliment fait beaucoup de sang. Etre tout en sa^g. Cracher du sang, le sang. Etre trouvé baigne dans son SANG. Perdre tout son sang. Rayer dans son sang. Le sang lui monte d la tête, au visage. Dés que la vue de l'objet aimé ne fait plus affluer te sang au visage ou au cœur, l'amour vif, ardent et jeune a passé. (E. Sue.) Lorsqu'un loup est grièvement blessé, tes autres le suivent au sang pour l'achever. (Buff.) Les druidesses plongeaient des couteaux dans le cœur des prisonniers et jugeaient de l'avenir à la manière dont le Sang coulait. (Volt.) Le sang des animaux est peut-être le plus puissant de tous les engrais. (M. de Dombasle.) La chaleur du sang de l'oiseau dépasse de plusieurs degrés celle du sang humain. (Toussenel.) Le gin énerve l'âme et corrompt te sang d'un nombre infini de malheureux. (F. Wey.) Le sang se décompose dès qu'il ne circule plus. (Raspail.) Le cœur est la machine qui fait circuler te Sang. (J. Macé.) & Sang artériel, Sang vivifié par la respiration, qui circule dans les artères. Il Sang vei neux, Sang que les veines rapportent au cœur, li Sang chaud, Sang d'une température élevée, qui circule dans les vaisseaux de3 vertébrés ayant la circulation complète, n Sang froid, Sang d'une température relativement basse, qu'on trouve chez les reptiles et les autres vertébrés .dont la circulation est incomplète, il Sang rouge, Sang coloré en rouge, qu'on trouve chez tous les animaux vertèbres, il Sang blanc, Sang très-faiblement coloré, qu'on trouve chez la plupart des invertébrés.
— Vie, existence : Donner son sang pour le bien public. Epargner le sang de ses soldats. La guerre est l'art par lequel unpeuple résiste à l'injustice au prix de son sang. (Lacordaire.) La conquête de la vérité coûte toujours du sang, des larmes et de la lutte. (A. Guépin.)
Sire, le sang n'est pas une bonne rosée; Nulle moisson ûe vient sur la Grève arrosée*