‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 781 sur 1059 · C12H10SO · texte numérisé non relu

C12H10SO

Sulfo-benzide.

= 2C6H6 -f SH*0* — 2H20 Benzine. Acide Eau.

sulfurique.

C20HHSO* Sulfo-naphtolide.

- C10H8 + SH«0* — 2H20 Naphta- Acide Eau.

lins. sulfurique.

On remarque que tous ces produits renferment les éléments d'une matière organique unis à ceux de l'acide sulfurique, moins de l'eau. On voit, de plus, que si Ion représente par n le nombre des molécules réagissantes, n — 1 représente les molécules d'eau éliminées. Gerhardt donne la loi suivante, qui permet de calculer la basicité d'un produit sulfoconjugué, celle des corps qui servent à les former étant connue :

La basicité B d'un produit sulfoconjugué est égale a la somme des basicités de la matière organique b et de l'acide sulfurique 6', diminuée de la somme n — l. des molécules entrées en réaction : B = b -\- b' — (n — t).

Exemple : L'acide succinique a une basicité égale à 2, donc b = 2 ; l'acide sulfurique est bibasique, donc b' = 2 ; une molécule d'acide succinique réagit sur une molécule d'acide sulfurique pour produire l'acide sulfosuccinique, donc n = 2. En remplaçant 6, b' et h par leur valeur, dans l'équation ci-dessus, il vient : B = 2 + 2 — (2 — l) = 3. L'acide sulfosuccinique sera donc tribasique, es qui est le cas.

S'il entrait en réaction un nombre supérieur à 1 de molécules d'acide sulfurique ou d'un autre corps, il faudrait multiplier 6 et b' par ce nombre : l'équation citée ci-dessus deviendrait donc plus générale si on l'écrivait': B = b" + b'm — (m -f n — l). m et n représentent le nombre de molécules des corps dont les basicités sont b et b'. Si le corps qui réagit sur l'acide sulfurique est neutre, on n'a qu'à faire b = o.

Il serait plus exact, dans la loi précédente, de substituer le mot atomicité au mot basicité. Toutefois, dans ce dernier cas, cette loi ne s/applique pas aux produits sulfoconjugués qui reproduisent leurs générateurs. En effet, si on l'appliquait à la détermination de l'atomicité de l'acide sulfovinique, l'atomicité de l'alcool étant 1 et celle de l'acide sulfurique 2, on aurait 2 pour l'atomicité du produit, tandis que, en réalité, cette atomicité est égale & 1.

La différence qui existe entre ces deux classes de produits sulfoconjugués tient à la manière dont la substitution s'opère. Quelquefois le radical de la substance organique se substitue à une quantité équivalente d'hydrogène typique de l'acide sulfurique; l'atomicité est alors égale à la somme des atomicités des matières réagissantes , diminuée d'autant de fois 3 qu'il y a de molécules d'eau éliminées. On a, en un mot, B = b + b'n — in', n' représentant le nombre de molécules d'eau éliminées. Dans ce mode de substitution, le groupe SOs reste distinct du radical organique de la substance primitive. Il en résulte que le produit peut, en fixant de l'eau, se résoudre en ses générateurs.

S02(OH)î + 2(C*H5,OH

Acide Alcool.

sulfurique.

= SOS(OC«H5)2 -f 2H*0 Sulfate d'éthyle. Eau.

S03(OC2H5)S + Sulfate d'éthyle.

2H*0 Eau.

= S02(OH)î -f. 2(C2HB,0H) Acide Alcool.

sulfurique.

D'autres fois, le radical SOS se substitue à une quantité équivalente d'hydrogène qui passe à l'état d eau, cet hydrogène éliminé étant pris moitié à l'hydrogène typique, moitié à celui du radical organique. Comme l'atomicité tient à l'hydrogène typique, elle ne diminue, dans ce cas, que d'une unité, là où, dans le cas précédent, elle diminuait de 2, et l'on rentre dans !a loi de Gerhardt. De plus, ici le groupe SO* entre dans le radical du corps sulfoconjugué; il est rivé à la molécule d'une manière plus intime, et celle-ci ne peut plus reproduire ses générateurs en s'hydratant. Il faut une action plus énergique: l'action delà potasse en fusion, par exemple. Et dans ce cas nous avons vu qu'il s'élimine non un sulfate, mais un sulfite, et que ce n'est pas le corps primitif qui se reforme, mais un corps qui en dérive par addition

SULtf

d'oxygène, ou, plus exactement, par substitution de OH à H.

On conçoit d'ailleurs très-bien que l'atomicité d'un radical s'élève d'une unité par l'adjonction de SO* et l'élimination de H.

En effet, un groupe diatomique comme SO1 peut s'unir a, un radical quelconque sans en modifier l'atomicité, à la condition de se joindre à lui par un seul de ses centres d'attraction. L'union du groupe SOsne modifie donc pas l'atomicité du radical organique auquel il se combine; mais si, ensuite, le radical qui a fixé SOs, et dont l'atomicité n'a pas varié, perd H, cette élimination, suivant la loi ordinuire, élève son atomicité d'une unité

Hydrogène.

Il S-'

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