‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 788 sur 1059 · V. Solmona · texte numérisé non relu

V. Solmona

SULMAC, bourg et commune de France (Morbihan), canton d'Elven, arrond. et à 17 kilom. E. de Vannes; pop. uggl.,347 hab. — pop. tôt., 2,326 hab. Vestiges de voie romaine ; débris de constructions et de retranchements de la même époque; menhirs. On y voit trois églises, dont une, dédiée a saint Isidore, a été bâtie, dit-on, par les templiers.

SOLP1CE-LES-CHAMPS (SAINT), bourg de France (Creuse), ch.-l. de cant., arrond. et a 15 kilom. N.-O. d'Aubusson; pop. aggl., 188 hab.— pop. tôt., 1,154 (lab.

SULPICE-IES-FEUILLES (SAINT-), bourg de Fiance (Haute-Vienne), ch.-l. de canton, arrond. et k 38 kilom. N.-É. de Bcllac; pop. aggl., 350 hab. — pop. tôt., 1,888 hab. Minoterie.

SULP1CE-SUH-R1LLK (SAINT-), village et commune de France (Orne), canton de Laigle, arrond. et à ï5 kilom. N. de Mortagne. Trèlilerie importante; filature de coton; fabrication de pointes en fer et en cuivre. Ruines considérables d'établissements romains. L'église paroissiale, construction du xnie siècle, renferme des vitraux et des boiseries de la même époque.

SULl'ICE (saint), évêque de Bourges, qui vivait dans le IVe siècle. Il fut d'abord aumônier de Clotaire II et supérieur des cleros de la chapelle du roi, puis il devint évêque de Bourges en 62-4 et se distingua par sa piété.

Suipice (Église DE Sului-), une des paroisses les plus importantes de Pans. L'église actuelle ne date que du milieu du dernier siècle; elle occupe l'emplacement d'une petite chapelle dédiée au même saint et qui dépendait de la célèbre abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

On ne connaît pas la date exacte de la fondation de cette chapelle, mais il est certain qu'en 1210 elle existait déjà comme paroisse. Sous Louis XII et sous François 1er, on ajouta une nef aux bâtiments déjà existunts , et, en \ 611, on éleva trois chapelles des deux côtés de cette nef. Au commencement du règne de Louis XIV, ces agrandissements devinrent insuffisants; d'ailleurs, certaines parties de l'église menaçaient ruine ; en 1645, les paroissiens résolurent de la rebâtir en untier et sur de nouveaux plans. On adopta ies dessins de l'architecte Christophe Gatuart, constructeur de l'hôpital des Incurables, et, te 20 février 1640, la reine Anne (l'Autriche, régente du royaume, posa la première pierre de la nouvelle église. Au bout <le neuf ans, on s'aperçut que l'édifice serait beaucoup trop petit pour les besoins de la |iaroisse et on abandonna le plan de Gainart pour suivre le projet de Louis Levau, architecte du roi. Eu 1670, Levau étant mort, la direction des travaux fut confiée k Daniel Giltard, qui acheva la chapelle de la Vierge «t construisit le chœur, les bas-côtég, les iùrttnssepts etleportailde gauche. En 1678, il ît'aitoi, faute d'argent, suspendre les travaux; iafafeïwue était endettée de plus de 500,000 libres, CJfci* enquête fut ouverte, qui démontra J'infidéhté de la gestion des marguilliers.

Les constructions interrompues ne furent reprises que .quarante ans plus tard; en 1718, ta curé de la paroisse, Lauguet de Gergy, (parvint k réunir des sommes considérables; «m se remit à l'œuvre., sous la direction d'Oppenord, intendant général des bâtiments du duc d'Orléans. Le curé Lauguet ne sa contenta pas des dans de ses paroissiens, qu'il obtenait quelquefois, si l'ou en croit les mémoires du temps, par les moyens les plus •afiguliers; k force d'instances et de démurttfbitf, '1 arriva à se faire autoriser à ouvrir une idterie, dont les produits permirent de pousser les travaux avec vigueur. Le portail méridional fut commencé en 1719 ; la nef tie fut complètement achevée qu'en 173G.

En 1733, on entreprit la construction du grand portail, sur les dessins de Servandoni. l.es deux tours manquant d'harmonie avec l'ensemble de cette magnifique composition, l'architecte Maclaulin J'ut chaîné de les retiàtir; en 1749, il éleva la tour méridionale ; }-jl tour du nord fut reconstruite par Chalgriu «an iî57.

La dédicace de l'église de Saint-Suîpice ifut célèiréa en 1745.

Le plan .général de cette église se rapproche de la disposition de3 églises du moyen ji.,'e ; l'ordonnance majestueuse et grandiose

SULP

de la façade occidentale, élevée par Servandoni. fait de cet édilîce un des monuments religieux les plus remarquables de la capitale. Cette façade, d'une largeur de 184 pieds, se compose de deux ordres, le dorique et l'ionique. Les colonnes du porche, auquel on accède par un perron de vingt-deux marches, ont 5 pieds de diamètre et 25 pieds de hauteur; leur entablement a 10 pieds; les colonnes du second ordre sont hautes de 38 pieds et ont un diamètre de 4 pieds 3 pouces; l'entablement est de 9 pieds; le fronton dont Sfervandoni avait couronné cette façade, ayant été frappé de la foudre en 1770, fut remplacé par une balustrade.

Les deux tours qui flanquent le portail, construites, ainsi que nous l'avons dit, par des architectes dilférents, sont dissemblables et de hauteur inégale; ces tours s'élèvent sur un massif quadrangulaire et se composent de deux ordonnances. A la tourdumidi, l'ordonnance inférieure est octogone, et l'ordonnance supérieure circulaire; cette tour est restée inachevée. La tour du nord, dont le style s'accorde beaucoup mieux avec. la façade, est la plus élevée ; elle mesure 210 pieds de hauteur; un étage circulaire surmonte une première ordonnance quadrangulaire. Les portails latéraux de Saint-Sulpice sont remarquables ; ils comprennent deux étages de colonnes, surmontés d'un fronton. Bans les niches du portail méridional se trouvent les statues de saint Jean et de saint Joseph; les statues de saint Pierre et de saint Paul décorent le portail septentrional.

La longueur totale de l'édilice, hors d'oeuvre, est de 432 pieds; la hauteur, dans œuvre, est de 92 pieds; le chœur a 89 pieds de longueur; il est entouré de 7 arcades, dont les pieds-droits sont ornés de pilastres corinthiens. Les bas côtés sont larges de 24 pieds et hauts de 40. La croisée a 176 pieds de longueur. Comme on le voit, les dimensions de cette église sont des plus imposantes. Le rond-point du chœur est percé d'une arcade qui laisse voir la chapelle de la Vierge, décorée d'abord sur les dessins 3e Servandoni et restaurée par de Wailly en 1763, aprts l'incendie de la foire Saint-Germain, qui avait endommugé la coupole ; cette shapelJe est resplendissante de marbre, d'or et de peintures ; elle renferme un groupe de la Vierge et l'Enfant Jésus, sculpLé par Pigalle, des stalues et une Gloire, par Monchy. Le groupe de Pigalle est éclairé par un jour tombant d'en haut. Sur des culs-de-lampe adaptés aux pilastres de l'intérieur du chœur sont placées les statues de Jésus-Christ, de la Vierge et des douze Apôtres, dues au ciseau de Bouchardon. Les deux belles coquilles servant de bénitiers, au bas de l'église, ont été offertes à François 1er par la république de Venise; elles sont placées sur des rochers construits par Pigalle. L'ornementation de la chapelle du baptistaire est remarquable. La tribune intérieure, qui supporte le buffet d'orgues, a été élevée sur les dessins de Servandoni; elle repose sur un péristyle de colonnes isolées d'ordre composite. Le buffet, exécuté par C'liquot, passe pour un des plus complets de l'Europe; il est renfermé dans une menuiserie sculptée par Chalgrin. La chaire à prêcher, donnée en 1788 pur le maréchal de Richelieu, a été faite sur les dessins de Wailly. Les chapelles sont ornées de peintures a fresque retraçant les épisodes de la vie des saints auxquels elles sont dédiées. Les plus importantes sont : une Assompiion , de François Leinoine , dans la chapelle de la Vierge; doux tableaux d'Eugène Delacroix dans la chapelle des Saints- Anges : Mêliodore battu de verges et Jacob luttant avec l'ange; le plafond, dû au même artiste, représente Saint Michel vainqueur de Satan. Les autres chapelles possèdent : ies Ames du purgatoire, par Heim; Saint fioch, pur Abel de Pujol; Saint Maurice, pur Vinchou; Saint François-Xavier, par Lafon; Suint Vincent de Paul, par M. Guillemot; Saint Paul, par Drullitig; Saint François de Sales% par Hesse; Saint Jean, par M.Glaize; Saint Denis, par M. Jobbé-Duval.

Parmi les personnages inhumés à Saint- Sulpice, nous citerons : le peintre Jean Jouvenet; Etienne Baluze, 1 une des gloires de l'érudition française-, Alain de Coëttogon , maréchal et vice-amiral de France; Philippe de Courcillon, marquis de Dan'geau, auteur de curieux mémoires sur la cour de Louis XIV; Jeun- Victor de Bezenvai, colonel des gardess"uisses;la comtesse de Lauraguais, dont le tombeau avait été exécuté par Bouchardon ; Jean-Baptiste Langue! de Gergy, curé de Saint-Sulpice, k qui on doit l'achèvement de l'église. La Révolution a détruit tous les monuments funèbres de l'église Saint-Sulpice, k l'exceptiou du tombeau du curé Languetj ce mausolée, exécuté en marbre de diverses couleurs et en broute, ne fait pas honneur au xvme siècle; il est l'œuvre de Michel- Ange Slodtz.

Les cryptes de Saint-Sulpice sont d'une étendue considérable; elles renfermaient un grand nombre de sépultures.

On a établi a Saint-Sulpice une ligne méridienne pour mesurer les diverses hauteurs du soleil et fixer d'une manière certaine l'époque des équinoxes et du dimanche de Pâques. Cette ligne est tracée sur le pavé, du vrai nord au vrai sud; l'une de ses extrémité* est pincée près de la porte latérale de

SULP

droite; elle traverse les deux transsepts en passant obliquement devant le maître-autel et va se terminer au pied d'un obélisque en marbre blanc, sur lequel elle se trouve projetée. La fenêtre du transsept méridional est entièrement close; on y aménagé seulement, à la hauteur de 75 pieds, Une petite ouverture circulaire; au travers de cette ouverture passe, à midi, un rayon de soleil qui vient tomber sur la méridienne. Au solstice d'hiver, le rayon se porte sur la ligne verticale de l'obélisque. Cette méridienne fut tracée par Henri Sully, horloger et astronome anglais, et exécutée en 1713 par Lemonnier.

Suipice (séminaire dk Saint-). Ce séminaire s'élève aujourd'hui sur le côté sud de la place Saint-Sulpice et occupe un vaste, terrain circonscrit par cette place, la rue Bonaparte, la rue de Vaugirard et la rue Férou. Il était autrefois beaucoup plus au devant de l'église, dont il masquait le portail, et appartenait à la rue du Vieux-Colombier, prolongée jusqu'au perron de Saint- SuJpice, avant la création de la place. Le séminaire primitif avait été fondé au xviifl siècle.

Jean-Jacques Ollier, abbéde Pibrac, ayant élé nommé curé de Saint-Sulpice en 1G41, transféra à Paris un séminaire qu'il avait fondé à Vaugirard l'année précédente. En 1645, du consentement de l'abbé de Saint- Germain, on commença, sur un terrain de la rue du Vieux-Colombier, la construction des bâtiments d'une communauté à laquelle on donna le nom de grand séminaire. Un petit .sé'minaire, qui s'appela d'abord communauté de Suint-Joseph, fut installé dans des maisons voisines. La chapelle du grand séminaire fut terminée par M. Le Ragois de Bretonvilliers,qui succéda k l'abbé Ollier dans la cure de Saint-Sulpice. Le Brun avait décoré cette chapelle de peintures qui, à ce que l'on dit, commencèrent à établir sa réputation.

Pendant le xvno et le x'vui» siècle, l'enseignement de cette institution refléta les influences qui dominèrent tour à tour l'archevêché de Paris et le haut clergé; il fut, suivant les temps, ultramontain, moliniste, gallican même à ses heures, mais toujours empreint de cet esprit de prosélytisme intolérant et dominateur qui caractérise les religions d'Etat.

Le séminaire de Saint-Sulpice fut supprimé en 1792, en même temps que toutes les communautés religieuses. Les bâtiments de cet établissement masquaient le portail de Saint-Sulpice; on les démolit eu 1802. La communauté, ayant été rétablie à la même époque, s'installa provisoirement dans uue maison située à l'angle des rues de Vaugirard et du Pot-de-Fer-Saint-Sulpiee. En 1820, on entreprit la construction d'un nouveau séminaire établi sur les terrains qu'il occupe actuellement. La première pierre de l'édifice fut posée par le ministre de l'intérieur, qui, dans un discours prononcé à cette occasion, exprima le vœu que de ce séminaire sortissent des défenseurs de l'Eglise gallicane, soumis au saint-siége, centre de l'unité catholique, mais attachés aux immunités de l'Eglise française et à l'indépendance de la couronne; ce vœu n'a guère été exaucé. Le bâtiment est d'une construction simple; sur chacune de ses quatre faces il a trois rangs de dix-sept croisées, en comptant celles des pavillons, qui forment aux quatre angles une légère saillie. Un porche, soutenu par trois arcades, recouvre l'entrée principale du côté de la place. Le séminaire de Saint- Sulpice a une importante succursale k Issy, près de Paris. V. Issy.

Suipice (fontaine Saint-). Commencée vers 1846, cette fontaine, dont les dessins ont été" exécutés par M. Visconti, n'a été terminée qu'assez tard, par suite des événements politiques qui ont mis fin au règne de Louis-Philippe. D un aspect assez monumental, elle se compose d'un bassin d'environ 20 mètres de diamètre; huit lions ailés supportent un piédestal, qui lui-même supporte une seconde vasque. Au centre, un monument car ré, sorte de lanterne massive, oll'raut quelque ressemblance avec celle delà fontaine des Innocents, est percée sur ses quatre faces de niches contenant les statues assises de Fénelon, Fléchier, Bossuet et Massillon. L'ornementation se rapporte aux attributs de ces prélats. Celte fontaine, bien située, est d'un bon caractère, bien que d'un style assez indécis,

Suipice (addayb du Salut-), ancienne et célèbre abbaye située à l'entrée de la forêt de Rennes (llle-et- Vilaine) et fondée en 1115 pour vingt- cinq religieuses de l'ordre do Saint-Benoît, par Robert de La Fuataie, disciple de Robert d'Arbrissel, fondateur de Fontevrault. L'abbaye de Saint-Sulpice eut pour première abbesse Marie, tille d'Etienne, roi d'Angleterre. Elle procura de grands biens au monastère , qui devint chef d ordre et dans lequel elle mourut en 1159. Saint- Sulpice, comme toutes les maisons de l'ordre de Fontevniult, se divisait en deux couvents, celui des hommes et celui des femmes. Le premier ne subsista pas au delà duxne siècle et la Révolution supprima le second. Les ruines de l'église abbatiale, en fort mauvais état, annoncent une construction du xtte siècle; l'ordonnance est en effet conforme au style de cette époque : nef large, croisées dans les mêmes proportions, abside profonde

SULP

servant de sanctuaire, absides plus petites dans les transsepts. La nef est sans collatéraux; les arcades de l'intertranssept sont h f)lein cintre et à archivoltes doubles; les coonnes sont surmontées de chapiteaux qui ne consistent qu'en quelques traits grossiers, se croisant en sautoir sur le milieu des corbeilles et allant former une espèce d'enroulement sous les angles de l'abaque. Ailleurs on remarque sous ces mêmes angles des têtes k peine ébauchées , et sur quelques tailloirs des essais de billettes trahissant la simplicité du sculpteur. Le bâtiment qui servait autrefois d'infirmerie est seul entretenu. La chapelle, construite au xvs siècle par l'une des abbesses , sert aujourd'hui do maison de ferme et d'étable. Le revenu de l'abbaye de Saint-Sulpica était évalué, en 1790, à 8,000 livres en cour de Rome. Il atteignait en réalité le chiffre de 20,000 livres.

SULPICE-SÉVÈRE, en latin Sulpleiu» Saverus, historien ecclésiastique, né en Aquitaine vers 363, probablement aux environs de Toulouse, mort à Marseille vers 406 ou 410. Il suivit d'abord la carrière du barreau, quitta le monde après la mort de son épouse et se retira (vers 392) dans un ermitage près de Béziers. 11 s'attacha ensuite à saint Martin de Tours, fut, à ce qu'on croit, ordonné prêtre , et se cloîtra dans un monastère k Marseille , où l'invasion ries Vandales l'avait obligé de chercher un asile. Le plus célèbre de ses ouvrages est une Histoire sacrée (de la création du monde k l'an 410) écrite dans un lutin pur et élégant, mais k laquelle on reproche des inexactitudes et trop de crédulité. Ses autres écrits n'ont pas la même valeur. Sulpice-Sévère avait mérité le surnom de Snilume clirciien. Il imitait, en effet, avec assez de bonheur le style de l'écrivain latin. Ses œuvras ont été traduites en français par M. Herbert, dans la 2e collection Panckoucke, (1847),

SULPICIA (famille), maison patricienne de l'ancienne Rome. La branche aînée de cette maison, dont les membres portaient te surnom de Cnuierina, parce qu'elle était originaire de Cumeria, s illustra dès les premiers temps de la république; elle florissait encore sous Néron. Une autre branche portait le nom deflalba; elle s'éteignit avec celui qui porta le plus loin son illustration , l'empereur Galba. Les principaux personnages de cette fu mille sont :

SULPICIA, femme romaine qui vivait au il" siècle avant l'ère moderne. Elle fut désignée, l'an 639 de la fondation de Rome, par les matrones romaines, comme la plus chaste et la plus digne de dédier l'autel de Vénus Verti enrdiu. Vulère Maxime (V[II,xv, 12) et Pline (Hist. nat. Vil, xxxi) racontent le fait, et c'est d'après ces auteurs qu'Ampère a dit : i Un autre temple de Vénus fut fondé par un motif de pureté; mais cette fondation même montre que la pureté commençait à sortir des mœurs romaines. A la suite de grands désordres qui avaient atteint jusqu'aux vestales, et la foudre ayant traversé d'une manière étrange le corps d'une jeune fille, on résolut d'élever un temple k Vénus Veriicoreft'a, afin qu'elle tournât vers l'amour conjugal le cœur des matrones romaines. Sulpicia fut désignée par leur jugement comme la plus chaste d'entre elles pour dédier l'autel de la déesse. >

SULPICIA, poétesse romaine qui vivait sous le règne de Domitien, vers la fin du ict siècle de notre ère. Elle était, croit-on, de la famille des Sulpicius, célèbre sous )a république , et elle avait gardé la fierté de ses ancêtres. Elle épousa un certain Calenus, ami de Martial, et faisait des vers. Martial considérait Sulpicia comme une de ces chastes matrones de l'ancien temps, comme le modèle, alors si rare, de toutes les vertus conjugales. Il lui a adressé une de ses épigrammes (X, xxxv) ;

o Jeunes filles qui ne voulez plaire qu'à un seul mûri, lisez Sulpicia. Lisez Sulpicia, maris qui ne voulez plaire qu'à une seule femme. Elle ne décrit point les fureurs de Médée ni l'horrible festin de Thyeste; elle ne croit ni à Scylla, ni à Byblis, mais elle enseigne de chastes et saintes amours et peint les jeux, les délices et les badinâmes. Quiconque appréciera ses vers reconnaîtra qu'aucun poète n'eut plus de malice ni plus de retenue. Tels étiiient, j'imagine, les passe-temps d'Egérie sous la grotte humide de Numa. Avec elle pour maîtresse ou pour condisciple, tu aurais été, ô Sapho I plus docte et inoins licencieuse; et s'il vous eût vues toutes deux k la fois, c'est Sulpicia qu'aurait aimée l'inflexible Phaon. Mais en vain, car si elle perdait Calenus , elle ne pourrait lui survivre , lors même que Jupiter la prendrait pour épouse, Apollon ou Bacchus pour maîtresse. >

M. Perreau, le dernier traducteur du seul poëme qui nous reste de Sulpicia, écrit dans les notes qui accompagnent sa traduction : ■ Taudis que les querelles de ménage et les tracasseries de la vie domestique égayent trop souvent le public et défrayent la satire ou la comédie, e était, à ce qu il paraît, le charme d'une union heureusement assortie, c'était la douceur d'une vie qu'embellissaient l'étude et l'amour, qui inspiraient k Sulpicia ses poésies, et qui lui attiraient tant de lecteurs. Voilà le phénomène qui ravit d'admiration le faiseur d'èpigrnmmes Mnrtial, et

• SULP

que célébrait le grave Sidoine Apoljinaire plus de trois cents ans après que Sulpicia et son époux avaient cessé d'exister.

t L'heureux couple goûtait ces plaisirs que donnent aux âmes honnêtes la sagesse et l'amitié; il s'égayait aux dépens des méchants et des sots, et mettait à profit pour sa gloire littéraire les travers de la société.

> Ce bonheur, qui dora, dit-on, quinze ans (c'est Martial qui le dit dans l'épigramme du livre X, xxxvm, adressée à Calenus et qui a pour sujet le bonheur de celui-ci d'avoir pour femme Sulpicia), fut troublé par l'édit de Domitien, qui exilait de Romo tout ce qui cultivait les lettres et la philosophie. « Il ne voulait plus, dit Tacite, que quelque » chose d'honnête vint blesser les regards. » Calenus, pour sauver sa tête, fut obligé de renoncer à ses travaux et à ses livres et d'aller vivre loin de Sulpicia. C'est à cette occasion que fut composé le seul ouvrage

?ui nous reste de cette femme célèbre. Probndément blessée dans tous les sentiments de son âme, elle exhala en vers sa noble douleur et entonna un chant qui fut comme l'hymne funèbre de la tyrannie. «

Ce poëme de Sulpicia a pour titre : De edicto Domitiani; il est, suivant le même critique, remarquable par la noblesse des sentiments et des idées, la dignité de l'expression, les formes grandioses de la composition ; tout ici répond à la gravité du sujet; l'auteur s'élève au ton de la plus haute poésie, et c'est avec la muse de l'épopée qu'elle s'entretient des malheurs des lettres et des destinées de Rome.

Outre ce poème qui est parvenu jusqu'à nous, Sulpicia en avait composé un autre sur l'amour et la fidélité conjugale, auquel Martial fait allusion.

SULPICIEN , IENNE adj. (sul-pi-si-ain , i-è-ne). Hist. ecclés. Qui appartient à la congrégation de Saint-Sulpice.

— s. m. Membre de la congrégation de Saint-Sulpice.

SULPICIUS (C. Longus), tribun consulaire de Rome. Lorsque la ville fut prise par les Gaulois, il s'enferma dans le Capitole avec les hommes en état de combattre et fut contraint par ses soldats de capituler. C'est lui qui fixa avec Brennus les bases du traité pour la conclusion duquel le chef gaulois mit son épée dans la balance en prononçant le fameux Vas victisl V. Brennus.

SULPICIUS (Pteticus), consul romain qui vivait dans le me siècle avant J.-C. Nommé dictateur pour combattre les Gaulois, il les battit aux environs de Pedum, fut élu tribun consulaire, et enfin consul.

SULPICIUS (Servius Rufus), jurisconsulte romain, mort vers l'an 710 de la république. Contemporain et ami de Cicéron, il était considéré comme l'un des grands orateurs de Rome, alors que l'éloquence y était cultivée avec tant d'ardeur et de succès. On admirait surtout sa profonde connaissance des lois, et Cicéron a cru devoir lui consacrer plusieurs chapitres de son Brutus, dialogue sur les grands orateurs de la Grèce et de Rome. Sulpicius avait étudié la rhétorique à Rhodes avec Cicéron. De retour à Rome, il se consacra à l'étude du droit et devint un des premiers jurisconsultes de son temps. Il n'était pas inférieur a Crassus sous le rapport de l'éloquence, et sa science égalait celle du fameux Scsevola. Voici comment Cicéron B 'exprime sur le talent de Sulpicius : • Il a seul connu la théorie du droit. Cet avantage qu'il eût en vain cherché dans la science même du droit civil, il le doit à cette autre science qui enseigne à distribuer un tout en ses diverses parties, à découvrir par la définition ce qui est caché, à éclaircir par l'interprétation ce qui est obscur, a voir les équivoques et à les résoudre par d'habiles distinctions, à posséder enfin une règle certaine pour juger le vrai et le /aux, et pour savoir si une conséquence est bien ou mal déduite de son principe. Il a porté le flambeau de cet art, qui éclaire tous les aatres, sur des matières où ses devanciers, soit en plaidant, soit en répondant sur te droit, marchaient environnés de ténèbres.» Sulpicius a même joué un rôle politique assez important dont nous pouvons juger par la correspondance de Cicéron , qui parle souvent de lui. Nommé consul en 702, il suivit, dans la guerre civile, le parti de César et gouverna l'Achaïe après la bataille de Pharsale. On lit dans le quatrième livre des lettres familières, nos 5 et 12, deux lettres de lui à Cicéron. Dans la première, il essaye de le consoler de la perte de sa fille Tullia, et dans l'autre il lui annonce la mort de son ancien collègue Marcellus, leur ami commun, pour lequel Cicéron prononça un si beau discours. La lettre de Sulpicius à Cicéron sur la mort de sa fille est très-célèbre et mérite de l'être. Il n'y a rien de plus touchant et de plus mélancolique. « Il faut que je vous dise, écrit-il à sod ami désespéré, une réflexion qui m'a consolé; peut-être parviendra-t-elle a diminuer votre affliction. A mon retour d'Asie, comme je faisais voile d'Athènes vers Mégare, je me mis à regarder le pays qui m'entourait. Mégare était devant moi, Egine derrière, le Pirée sur la droite, à gauche Corinthe. C'étaient autrefois des villes très-florissantes; ce ne sont plus que des ruines éparses sur le sol. A celle vue, je tue suis dit à

SULT

moi-même : Comment osons-nous, chétifs mortels que nous sommes, nous plaindre de la mort d'un des nôtres, nous dont {a nature a fait la vie si courte, quand nous voyons d'un seul coup d'oeil les cadavres gisants de tant de grandes cités I •

SULP1TJUS GALLUS, consul et astronome romain du ne siècle avant J.-C. V. Gallus.

SULP1Z10 (Giovanni), savant italien, né à Veroli dans la seconde moitié du xv« siècle. Les particularités de son existence sont inconnues ; on sait seulement qu'il professa les lettres au collège de Rome pendant le pontificat d'Innocent VIII. Ses principaux écrits sont : De versuum scansione, etc.; De arte grammatica (Pérouse, 1475, in-4°); Libetlus de octo partibus oraiionis (Venise, 1488, in-4°). On lui doit aussi des Commentaires sur la Pharsale (Venise, 1493 in-fol.) et des Commentaires sur les Offices de Cicéron.

SUL PONTICELLO (soul-pon-ti-tchèl-lo — mots ital. qui signif. sur le petit pont). Mus. S'écrit sur une partie d'instrument à cordes, pour indiquer a l'exécutant qu'il doit jouer près du chevalet, de manière a tirer de son instrument des sons qui, dans le trémolo surtout, ont un timbre tout différent de ceux qu'on obtient en tenant l'archet à sa position ordinaire.

SULTAN s. m. (sul-tan — de l'ar. solthàn, homme puissant, formé de salit, dominer). Empereur des Turcs : Le sultan Ibrahim. Le sultan Mahmoud. Il semble qu'aux sultans Dieu même pour femmes donne des houris, (De Banville.).

Un vizir aux sultans fait toujours quelque ombrage.

Il Titre de dignité qui se donnait autrefois à plusieurs princes mahométans, et particulièrement aux princes tartares : Sultan Galga. Sultan Noradin. \\ Titre que les Orientaux donnent, dans le langage ordinaire, à toute personne pour laquelle ils éprouvent un profond respect ou qu'ils veulent traiter avec une grande déférence.

— Fam. Homme fier, absolu, tyrannique : Se conduire en vrai sultan. Parler comme un sultan, u Homme qui a de nombreuses maltresses.

— Modes. Corbeille recouverte d'une étoffe de soie : Sultan brodé. Il Petit coussin rempli de parfums, qu'on met au fond d'un coffre à linge.

— Ichthyol. Sultan ternate, Baliste vieille.

— Encycl. Le titre de sultan était porté dans le principe par les lieutenants généraux des califes. Presque tous les princes de l'islam le prirent lorsqu'ils prétendirent se rendre indépendants des califes. U n'est resté qu'à quelques-uns, tels que les souverains de Turquie, de Maroc, de Zanzibar, etc. ; mais lorsque l'on dit le sultan, sans autre désignation, c'est de l'empereur des Turcs que 1 on entend parler.

Depuis la destruction du califat, le pouvoir du sultan n'est pas moins religieux que politique. L'empereur de Turquie ( padischah) porte le titre de sultan en le joignant k son nom ; ce titre est pris dans un sens plus général que celui de padischah. et il n'implique nullement l'exercice du pouvoir souverain, puisqu'il se donne également à tous les princes et princesses de la famille impériale, avec la différence que pour les hommes le titre précède le nom : sultan Mahmoud, sultan Sélim; tandis que, pour les femmes, il vient après : Esma sultan, Validé sultan.

1 L'autorité du sultan, dit M. Eschbach, est absolue, sans contrôle et sans responsabilité : elle n'est gênée ni par des assemblées délibérantes ni par l'obligation de rendre compte ou de consulter. U tient en ,sft main la puissance législative, judiciaire et executive. Pour tout dire, d'après l'expression musulmane, ■ le sultan est l'ombre de Dieu sur la terre, » et encore «un ordre du sultan est la loi même. > Les signes extérieurs par lesquels le peuple et les grands manifestent leur respect pour le sultan affirment l'omnipotence de son pouvoir. Il ne reçoit guère que les membres des familles régnantes de passage k Constantinople, les ambassadeurs, le grand vizir, le cheik-ul-islam et, de loin en loin, quelques ministres ou gouverneurs de province. Les personnages turcs admis en sa présence ne l'abordent qu'en tremblant. Le plus souvent, ils attendent plusieurs heures avant d'être introduits.

« Dès qu'ils ont franchi le seuil de la pièce dans laquelle se trouve le sultan, ils se tiennent contre le mur, le corps incliné, les mains jointes sur l'abdomen, dans l'attitude de l'humilité la plus profonde, ou plutôt d'un complet écrasement. On ne regarde pas le sultan en face. Tout au plus, lorsqu'il adresse la parole au visiteur, celui-ci jette-t-il, en répondant, un coup d'œil furtif et suppliant sur le maître. On salue chacune de ses phrases par un tsemena. C'est le salut turc. U consiste à porter !a main droite aux lèvres et au front. Plus la main s'abaisse avant de se relever pour toucher les lèvres, plus le salut est profond et respectueux. Devant le sultan, la main descend jusqu'à terre. On ne s'assoit pas devant lui. Il n'y a qu'une exception k cette règle : c'est lorsque le sultan invite à sa table un souverain ou un prince de passage a Constantinople. Les ministres sont de In fête, et comme ils ne peuvent manger de-

SULT

bput, ils s'asseyent, mais le moins possible, c'est-à-dire qu au lieu de prendre carrément possession de leur siège ils se tiennent sur le bord.

» Le sultan, lorsqu'il sort, ne salue pas le peuple et le peuple, ne l'acclame pas. Chacun f^e tient sur son passage dans la position déjà décrite. On ne comprend bien le pouvoir absolu et ses conséquences que lorsqu'on voit cet homme passer à cheval, tout-puissant et dédaigneux, k travers cette foule silencieuse dont les vêtements sordides et les visages mornes disent éloquemment la misère et la résignation. »

Les résolutions du sultan sont irrévocables, car nul ne saurait penser un instant qu'elles peuvent être injustes; lui-même ne peut pas se rétracter, parce que ses ordres doivent être considérés par lui, comme par tout le peuple, comme émanant d'une intelligence supérieure ou de Dieu lui-même. C'est pour cette raison que le sultan prend parmi ses titres celui de zillulah , signiliant image ou ombre de Dieu, ce qui donne à ses résolutions un caractère divin et entraîne une obéissance aveugle.

— Suifaii-cÂeVi/(prince de La Mecque). Le sullan-chérif était autrefois le gouverneur de La Mecque. Après avoir été longtemps soumis au Grand Seigneur, qui lui faisait payer un tribut, il secoua ce joug et se rendit indépendant sous le nom de sullan-ckérif, qui marquai t sa prééminence.

Au point de vue spirituel, les sultans-c/iérifs jouissaient, en effet, d'une certaine supériorité sur les autres chefs mahométans, qui leur envoyaient souvent des offrandes et des présents considérables. Leur puissance s'étendait sur une grande partie de l'Arabie; mais les Egyptiens leur ont enlevé, au commencement de notre siècle, presque toutes leurs possessions, se sont emparés de La Mecque et ont ainsi détruit leur puissance.

Le pacha d'Egypte a aussi quelquefois pris le litre de sultan, mais ce titre ne lui a jamais été reconnu par la cour de Constantinople, dont il relève.

Sulinn Zultaxan (le), roman oriental du xn° siècle, composé vers la même époque que le célèbre Roman d'Antar (v. Antar). Celui du Sultan Zuliazan n'est pas moins fameux en Orient. Son principal intérêt réside dans le merveilleux, comme pour les Mille et une nuits; mais, au lieu de s'éparpiller dans vingt actions diverses, il se concentre sur une histoire unique. En un mot, c'est un roman, et non un recueil de contes.

Zuli.izan est de famille noble et prédestiné au sultanat; il porte sur la joue le signe des Moulouks, qui indique la protection du ciel. Plein de droiture, de chevalerie et de foi religieuse, il marche d'instinct vers le danger, le sabre au poing ou la lance en avant, en invoquant le saint nom d'Allah. Cette foi en lui ne l'abandonne jamais parmi les plus dures épreuves : sous les voûtes du château fort où commande le nègre Sadoun, dont il a promis la tête à son futur beau-père pour la dot de sa fiancée Schama, ni dans le puits où on l'enferme pour le tuer par la faim, ni dans le divan de Sultan-Efrah, ni quand l'oiseau gigantesque l'emporte dans ses plumes et lui fait traverser la mer des Indes, comme une flèche, pour l'aller déposer près de la ville mystérieuse où il doit s'emparer du kitab sacré; ni enfin quand la curiosité lui a fait commettre le sacrilège de lever le voile qui couvre le visage du patriarche Cham, fils de Noé, et que le caveau funéraire s'écroule sur lui et qu'il roule sur des pointes de rochers, dans des abîmes sans fond.

La foi en sa prédestination et sa confiance en Dieu , tels sont les caractères du jeune émir, abandonné par sa mère Kamaria sous un dattier du désert et allaité par une gazelle égarée, jusqu'à ce qu'il soit emporté dans la tente du cheik qui doit lui rouvrir les portes de la vie.

Une traduction du texte arabe du Sultan Znliazan fut publiée, il y a une vingtaine d'années, à Constantinople, par un écrivain turc nommé Ali-Bey, et pendant longtemps le roman arabe n'a pas franchi les limites de l'Orient. Le premier traducteur français de ce livre est M. Théodore de Langeac.

La cour civilisée des califes, les grandes cités du Tigre, de l'Euphrate et du Nit, ne servent pas de cadre à l'action développée dans cet ouvrage. Le conteur nous promène à travers les tentes bédouines de l'Yémen et du Hedjaz, parmi les tribus pillardes et batailleuses, toujours en quête de razzias. C'est l'époque de la chevalerie du désert qui précède la venue du Prophète, le temps ou le point d'honneur était pratiqué en Arabie à l'égal de la soumission aux décrets du Dieu d'Abraham,

Sulinn MUapouf (le), conte, par l'abbé de Voisenon (1762, in-12). Le ton de ce conte est fort libre, et le paraît encore davantage sous la plume d'un abbé ; mais Voisenon ne faisait que céder au goût de l'époque, et la raison qu'il en donne ne manque pas d'originalité : « Si je me suis livré si franchement à la mode, et si j'ai même surpassé ceux qui m'ont précédé dans ce genre, que je désapprouve, c'est moins pour me conformer à cette mode que pour profiter du temps où elle est en règne et ruiner, s'il est possible, ceux qui voudront écrire après moi sur un pnrcil ion. l.c route du Sultan Misa pouf est

SULT

si plein de choses qui toutes ont rapport aux idées les moins honnêtes, que je crois qu'il sera difficile de rien dire de nouveau dans ce genre ; du moins je l'espère. J'ai cependant évité tous les mots qui pourraient blesser les oreilles modestes. ToLt est voilé; mais in gaze est si légère, que les plus faibles vuefc ne perdront rien du tableau. ■ Voilà une confession sincère et qui nous dispense d'en dire plus long sur ce singulier ouvrage.

Sultan Mianpour (le), opérette en un acte, paroles de X., musique de M. Laurent de Rillé; représentée aux Folies - Nouvelles. Chantée par Joseph Kelrn, Tissier,

Sulum SaiacWn (lk), opéra-comique en un acte, paroles de Dupin, musique de Bordèse; représenté à l'Opéra-Comique le 8 février 1847. La pièce est amusante. La scène se passe k Marseille. Un fournisseur, nommé Pimpret, veut épouser une jeune fille dont la dot vienne rétablir ses affaires embarrassées. Il a pour rival un capitaine de vaisseau, lequel, pour tromper sa vigilance autant que pour le Denier, contrefait le fou et se fait passer pour le sultan Saiadin, mari de toutes les femmes. Le crédule Pimpret ne prend aucun ombrage des galanteries de cet insensé et permet à sa future de se dire sa femme. Mais voilà que notre capitaine est arrêté par Tordre des créanciers du fournisseur. Il paye joyeusement les dettes du fournisseur et acquiert ainsi le droit de devenir réellement

I époux de la fiancée de Pimpret. Bordèse a écrit pour cette petite comédie des couplets gracieux et d'une mélodie facile. Il n'y a qu'un quatuor assez développé. Les rôles ont été joués par Chollet, Sa'inte-Foy et Mlle Berthe.

SULTAN-EUNI, nom d'un ancien sangiacat (division administrative) de la Turquie d'Europe, dans la partie septentrionale de l'Anatoiie. Il occupait le territoire de l'ancienne Galatie et une partie delaPhrygie Epictète.

II forme actuellement, dans les nouvelles divisions de l'empire turc, la partie septentrionale du livah de Kutaieh.

SULTAN-H1SSAR, bourg de la Turquie d'Asie, dans l'Anatolie, pachalik d'AIdiD, à 26 ki- !om. E.-N.-E. d'Aïdin-Guzel-Hissar, défendu par une forteresse moderne. Aux environs de cette ville, vers l'O., s'étendent les ruines de l'ancienne Nysa. Ces ruines consistent en vestiges peu intéressants d'un théâtre, d'un amphithéâtre et d'un pont sur le petit ruisseau près duquel s'élève le bourg actuel.

Suliauo, opéra-comique en un acte, paroles de Desforges, musique de Maurice Bourges ; représenté k l'Opéra-Comique le 16 septembre 1846. Le sujet n'est rien moins qu'oriental. La scène se passe en Hollande. Sut tana est le nom d'une espèce de tulipe sur laquelle un vieux soldat, devenu horticulteur, fonde des espérances de fortune, car il doit l'offrir à une princesse de Nassau. Une intrigue assez compliquée vient se mêler k cette donnée naïve. La musique renferme d'assez jolis motifs, parmi lesquels on a remarqué le rondo chanté par Audran : 0 toi, joli démon t le duo des deux pages : Je veux te rendre un service d'ami, et le quatuor final, développé avec une bonne entente dramatique. Grignon, Einon, Carlo et MUe Lavoye ont interprété cette composition gracieuse d'un critique musical distingué.

SULTAN ABAD, ville forte de la Perse moderne, dans l'Irak-Adjémi, k 130 kilom. O. de Kasbin, près des ruines de l'ancienne Sultanieh.

SULTANAT s. m. (sul-ta-na — rad. sultan). Dignité de sultan.

— Règne d'un sultan.

SULTANE s. f. (sul-ta-ne — fém. de sultan). Femme de l'empereur de Turquie :

La sultane a laissé désarmer sa colère.

Racine.

U Sultane aseki, Celle qui a donné un fils à l'empereur. |] Sultane validé, Mère du sultan régnant.

— Fam. Maîtresse : Faire un cadeau à sa

Page 1