C. d:Hablevili,e
Supportons-nous les uns les autres;
Le monde n'en ira que mieux.
Viennet.
— Ane. coût. Supporter une dette, En faire remise.
Se supporter v. pr. Etre, pouvoir être supporté : Cela ne peut se supporter. Cela SB supporte aisément.
— Se souffrir soi-même : J'ai plus de peine, en vérité, à me supporter que je n'en ai à supporter les autres. (Mme du Déliant.)
— Se souffrir mutuellement : Les hommes doivent se supporter les uns tes autres, pour mieux supporter le malheur de leur condition. (Boiste.)
SUPFORTEUR, EUSE s. (su - por- teur, eu-ze — rad. supporter). Personne qui Supporte.
— s. m. Chir. Appareil au moyen duquel on soutient les parois de l'abdomen, lorsqu'elles sont distendues.
SUPPOSABLE adj. (su-po-za-ble — rad.
supposer). Que l'on peut supposer : Fait, intention supposable. Crime supposable.
SUPPOSÉ, ÉE (su-po-zé) part, passé du V. Supposer. Donné, avancé, allégué hypotbétiquement : Un fait supposé vrai, supposé faux. L'âme est supposée être dans la poitrine, et c'est, en effet, le sentiment de presque toute l'antiquité. (Volt.) La certitude de toutes nos connaissances repose en dernière analyse sur ta véracité supposée de noire intelligence. (Jouffroy.) Le prestige des noms hébreux ou supposés tels était un des moyens de séduction qu'employaient tes gnostiques auprès des gens simples. (Renan.)
— Imaginé, inventé, allégué comme vrai, quoique faux : Un nom supposé. Des faits supposés. Un ennemi déclaré est moins dangereux qu un ami supposé. (Boiste.)
— Cela supposé, Dans cette supposition : Cela supposé, je reconnais que vous aveu raison.
— Prépos. Si l'on suppose : J'ai eu raison de dire que, supposé le sens littéral, noire
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doctrine est indubitable. (Boss.) Supposa la gravitation un principe vrai, tous les phénomènes physiques s'expliquent avec la plus grande facilité. (Buff.)
— Loc. oonj. Supposé que, Dans la supposition que : Supposé que le chevalier m'aime et réponde à mes empressements, je veux l'épouser. (Catnpistron.) Il n'y a là aucun mal ni aucune difficulté, supposé qu'os ail beaucoup d'hommes, beaucoup d'tnsfriimeiii* et de . vivres. (Volt.)
— Grain m. Ce participe est invariable quand il précède le substantif et qu'il peut être remplacé par en supposant : Supposé la vérité de ces faits. Mais il varie toujours quand il est placé après le substantif : Ces principes supposes.
— Syn. Snppo*é, apocryphe. V. APOCRY- PHE.
SUPPOSER v. a. ou tr. (su-po-zé — du préf. sup, et de poser). Alléguer, affirmer, admettre hypothéttquement : Supposer ce qui •est e:i question. Supposer une chose impossible. Supposons ce fait vrai, quelle conséquence en voulez-vous tire'-? (Acatl.) La pétition de principe est une sorte d'argument, dans lequel on suppose d'abord ce qu'on veut prouver. (Dumarsais.) Quand je veux qu'une mère introduise sa fille dans le monde, c'est en supposant qu'elle le lui fera voir tel qu'il est. (J.-J. Rouss.) En supposant que douze heures de repos suffisent par jour à la baleine, il ne lui faudrait que quarante-sept jows environ pour faire le tour du monde en suivant l'équtiteur. (Lacépède.) Là où l'on voit de grandes vertus, on doit supposer de grandes âmes. (Cha.teaub.) Les causes des révolutions sont toujours plus générales qu'on ne le suppose. (Guizot.) L'honnête homme toujours suppose dans autrui Ce qu'il exigerait qu'on supposât de lui.
DESMAIfIS.
— Présumer, admettre sans preuve : Supposer que quelqu'un est honnête homme. Supposer quelqu'un lâche, dissimulé. Supposer à quelqu'un un mérite, un crédit, des talents qu'il n'a point. Je lui supposais pins d'esprit. Le vulgaire suppose quelquefois une étendue d'esprit prodigieuse et un génie presque divin dans ceux qui ont gouverné des empires avec quelque succès. (Volt.) L'analyse décompose les choses et démêle tout ce que iimaginalive y suppose sans fondement. (Conilill.) /V est difficile à l'égoïste de ne pas supposer de l'éyoisme dans les autres. (Tliéry.) Une femme croirait se dégrader en supposant des vices à l'objet de ses affections. (Mrae Riccoboni.) On estime beaucoup les gens tels qu'on les suppose; on les mépriserait tels qu'ils sont. (Boiste.)
Je suppose qu'un moine est toujours charitable.
La Fontaine.
Un cœur noble ne peut supposer en autrui La bassesse et la malice Qu'il ne sent point en lui.
Racine.
— Imaginer, inventer, alléguer contre la vérité : Supposer des faits, un complot, il Fabriquer et donner faussement comme authentique : Supposer un testament, une donation , un contrat. Il Donner faussement comme fils ou tille d'une personne : Supposer un enfant.
— Faire présumer comme nécessaire : La justification SUPPOSE une accusation. (Acad.) Dans le syllogisme, une conséquence suppose deux prémisses. (Acad.) L'obligation suppose un droit. (Acad.) La faveur du prince n'exclut pas le mérite et ne le suppose pas non plus. (La Bruy.) La malignité suppose une méchanceté cachée. (Vauven.) Si le génie suppose toujours invention , toute invention cependant ne suppose pas le génie. (Helvétius.) Le raisonnement suppose un doute à éclaircir, un problême à résoudre (Marmontel.) Il est des efreurs qui supposent plus que de l'ignorance. (Condoreet. ) Le gouvernement monarchique suppose des prééminences, des rangs et même une noblesse d'origine. (Montesq.) Le crédit suppose une double confiance : confiance dans la personne qui en a besoin, et confiance dans ses facultés. (Raynal.) Tous les phénomènes de ta nature supposent l'étendue et le mouvement. (Condillac.) En quelque société que ce soit, le uVoit- supposa le devoir. (Mmc Guizot.) Le célibat suppose /n sainteté, mais il ne la donne pas. (A. Martin.) L'infidélité de la femme suppose plus de corruption et a des effets plus dangereux que l'infidélité du mari. (Portalis.) L'attention suppose un esprit fin, persévérant et dispos. (Alibert.) L accroissement de la production suppose l'accroissement du capital. (Mich, Chev.) Tous les talents supposent des germes innés. (Villem.) La liberté d'avoir raison suppose la liberté d'avoir tort. (E. de Gir.) La dignité dans l'obéissance suppose la- liberté de s'y soustraire. (Michon.) Le libre arbitre suppose et accompagne l'intelligence. (F. Bastiat.) Tout Sentiment supposu une vérité ou une idée préexistante dans l'entendement. (Lamenn.) L'ambition ne suppose pus toujours le talent. (Chateaub.) Le despotisme eàt ce qui suppose le moins de génie dans le fondateur d'un ewi* pire. (J. Droz.) Le suffrage universel suppose ta liberté de la presse. (Froudh.)
— v. n. ou intr. Ane. pratiq. Supposer en justice, Produire une pièce fausse.
Se supposer v. pr. Etre supposé : Chose qui ne peut se supposer.
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— Se donner pour : On «eut SB supposer fort quand il s'agit de satisfaire une ambition ou des désirs présomptueux. (De Gérando.)
— S'imaginer être, supposer qu'on est : En se supposant dans l'intérieur d'une baleine franche, on voit au-dessus de sa tête deux rangées de lames parallèles et transversales. (Lacépède.)
— Supposera soi, s'imaginer posséder -.L'orgueil aveugle se suppose une grandeur et un mérite démesurés. (Ségur.)
— Se faire présumer réciproquement, être la preuve l'un de l'autre : L'histoire théorique et l'histoire narrative se complètent et se supposent l'une l'autre. (Renan.) Le devoir et le droit se Supposent réciproquement. (V. Cousin.)
SUPPOSEUR, EUSE s. (su-po-zeur, eu-ze
— rad. supposer). Personne qui suppose.
SUPPOSITIF, IVE adj, (sti-po-zi-tiff, i-ve
— rad. supposer). Qui a rapport à une supposition; qui a les caractères d'une supposition.
— Gramm, Mode suppositif, ou substantiv. Suppositif, Mode des verbes plus connu sous le nom de conditionnel, h Mode particulier à la langue turque.
SUPPOSITION s. f. (su-po-zi-si-on — du préf. sup, et de position). Proposition affirmée conventionnellement pour en tirer quelque induction : Faire une supposition. Il ne faut point faire de suppositions de choses qui soient contradictoires. (Acad.) De suppositions fausses en suppositions fausses, nous nous sommes égarés parmi une multitude d'erreurs. (Condillac.)
— Opinion qu'on se forme sans preuves positives : Pure supposition. Supposition gratuite. Vaine supposition. Supposition tnjurieuse pour quelqu'un. Ma femme /... point de suppositions hasardées, je vous en prie... (Scribe.) Vous êtes étrange, savez-vous1} nuec vos suppositions. (Alex. Dum.) Tout dans votre existence est si mystérieux que je suis prêt à toutes les suppositions. (G. Suiut.)
— Allégation, affirmation d'une chose qu'on sait fausse et qu'on donne comme vraie : Supposition d'un fait. Il Fabrication et production d'une pièce qu'on sait fausse et qu'on donne pour authentique : Supposition d'un contrat, d'un testament, d'un titre. I! Attribution d'un ouvrage à des temps où à un auteur auquel il n'appartient pas : Que dit-on pour autoriser la supposition du Peiitateuque, et que peut-on objecter à une tradition de trois mille ans, soutenue par sa propre forceet par la suite des choses? (Boss.)
— Loc. fam. Une supposition, Supposons ceci comme exemple : Une supposition : il vous écrit de partir ; que ferez-vous?
— Jurispr. Supposition de nom, Usurpation d'un nom faux. Il Supposition de personne, Présentation d'une personne pour une autre. Il Supposition d'enfant, Action de faire passer un enfant pour le (ils ou la fille de personnes dont il n'est pas né. u Supposition de part, Action d'attribuer un enfant à une femme qui n'est point accouchée, ou substitution d un enfant à un autre.
— Mus. Notes de supposition ou de passage, Notes qui, dans une succession diatonique, ne sont pas harmonisées, et qu'on ne compte pas. Il Accords par supposition, Accords où la basse continue ajoute ou suppose un nouveau son au-dessous de la note fondamentale.
— Encycl. Mus. Ce mot a deux significations dans l'ancienne musique. Quand une succession de notes diatoniques et conjointes a lieu dans une partie, soit en montant, soit en descendant, on ne peut, dans l'accompagnement de cette formule mélodique, harmoniser chacune des notes qui la composent; plusieurs de ces notes ne comptent pour rien dans l'harmonie, et ce sont elles qu'on appelle notes de supposition ou de passage. Quand les notes sont égales, les notes placées sur le temps fort ou sur la partie forte du temps portent harmonie, les notes, au contraire, phicées gur le temps faible ou sur la partie faible du temps sont des notes de-supposition. Dans une succession conjointe s'étendant considérablement au (jrtive ou à l'aigu, la première et la dernière note du trait sont seules notes réelles; toutes les autres sont des notes de passage ou de supposition. On peut résumer cette théorie en quelques préceptes : 1° les notes de supposition s'emploient au temps faible de la mesure ou à la partie faible du temps; 2« ellessont étrangères aux accords, sur lesquels elles ne font que glissersans s'identifier avec eux; 30 elles servent à remplir le vide d'un intervalle de tierce, de quarte, de quinte, etc.; 40 elles doivent avoir une marche diatonique, c'est-à-dire qu'elles doivent marcher par degrés conjoints, soit en montant, soit en descendant; 5" la règle qui défend de faire deux quintes ou deux octaves de suite est applicable aux notes de supposition, comme si ces notes étaient parties intégrantes de l'harmonie.
Quelquefois, la note placée sur le temps fort ou sur la partie forte du temps est traitée par supposition, -andis que la note placée sur le temps faible ^>i sur la panie faible du temps porte harmonie; d;ins ce cas, la note par supposition prend h nom ù'uppogiature. On appelle accords par supposition ceux où H basse continue «joute en Mtppose un nou-
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veau son au-dessous de la note fondamentale, à distance de tierce, de quinte ou de septième de cette même fondamentale, ce qui fait que de tels accords excèdent toujours l'étendue de l'octave, et sont par conséquent dissonants. Toutes les dissonances de de Ces accords doivent être préparées et résolues selon la règle générale qui régit l'emploi des accords dissonants.
SUPPOSITOIRE s. m. (su-po-zi-toi-re — du préf. sup , et du lat. posilus , posé). Pharm. Médicament en forme de long cône, .que l'on place dans le rectum pour provoquer les selles ou calmer une irritation locale.
— Encycl. La grosseur des suppositoires varie depuis celle d'une plume jusqu'à celle du petit doigt. On en prépare d'adoucissants, d'astringents, de calmants, de purgatifs. Les substances qui entrent généralement dans leur composition sont le beurre de cacao, le savon, le suif, l'a cire, le miel, suffisamment condensé ou rendu épais par l'incorporation de poudres.
Les plus employés sont les suppositoires de beurre de cacao, auquel on ajoute souvent l'extrait de belladone. Pour les préparer, on fait fondre le beurre, on ajoute l'extrait liquéfié et on coule dans des moules de papier fort et collé, placés sur du sable. Les suppositoires avec le savon se font en donnant à cette matière, à l'aide d'un couteau, la forme convenable, c'est-à-dire celle du cône. Ceux de miel s'obtiennent en faisant cuire le miel en consistance solide et y incorporant par le battage, de manière à former une masse homogène, les poudres que l'on emploie, alofes, agaric blanc, coloquinte, scammonée, etc. On coule ensuite dans des moules. Les suppositoires servent à provoquer les évacuations intestinales et à resserrer le sphincter anal; ils agissent aussi comme adoucissants.
On se servait autrefois de suppositoires en bois, en liège, en éponge, en coton, qu'on induisait d'un Uniment approprié à la maladie» On leur attachait un petit ruban pour les retirer. Suppositoire a souvent été employé pour pessaire. V. ce mot.
SUPPÔT s. m. (su-pô. — Ce mot est pour suppost et représente exactement le latin suppositus, participe du verbe supponere, qui signifie proprement mettre sous, de sub, sous, et de ponere, placer, mettre). Membre d'un corps, chargé de certaines fonctions pour le • service de ce corps ; Anciennement, les imprimeurs et les libraires étaient suppôts de l'Université. (Acad.) . . . Ze digne suppôt de l'antique justice Est vieux comme Nestor et fourbe comme Ulysse.
Etienne.
Il Vieux en ce sens.
— Partisan, complice, fauteur des mauvais desseins de quelqu'un : Les suppôts' d'une cabale, d'un parti. Vils suppôts- d'un tyran. Les émissaires et les suppôts d'un scélérat. Dès qu'un homme devient le suppôt du despotisme, ilest haï duplus indulgent philanthrope. (Boiste.)
— Suppôt de Satan, Suppôt du démon, Nom que l'on donnait autrefois à des gens que l'on considérait comme des agents du diable, et que l'on donne aujourd'hui à des personnes très-méchantes : Celte vieille, vrai suppôt de Satan, mit le feu aux étoupes en parlant sans cesse de l'amour et de la persévérance au Génois. (Le Sage.) faire passer pour sorcière, pour Suppôt du diable, celte chaste et sainte
| fille, il fallait y renoncer. (Michelet.)
Ah! suppût de Satan! exécrable damnée!
Molière.
— Suppôt de Bacchus, Buveur, ivrogne :
Un suppôt de Bacchus
Altérait sa santé, sou esprit et sa bourse.
La Fontaine.
— Philos. Substance, sujet des accidents, ce qui existe nu-dessous île l'accident : Un homme est un suppôt; mais si on l'analomise, sera-ce la tête, le cœur, l'estomac, les veines? (Pasc.)
SUPPRESSIF, IVE (su-prè-siff , i-ve — du lat. suppressus, supprimé). Qui supprime, qui tend à supprimer : Mesure suppressive.
SUPPRESSION s. f. (su-prè-si-on — latin suppressio; venu de suppressum , supin du verbe supprimere, supprimer). Action de supprimer; état Tle ce qui est supprimé : Suppression d'un contrat. Suppression d'une circonstance. Suppression d'un ordre religieux. Suppression d'un emploi. Suppression d'un impôt. Suppression d'un journal. On doit à l'Assemblée constituante la suppression des castes en France. (Mme de Staël.)" La base d'un bon système de finances doit être la suppression lies dépenses inutiles. (Droz.) On se rend plus propre aux travaux de l'esprit par l'usage ou la SUPPRESSION (te certains aliments. (Cabanis.) La libm-té de consommation implique la suppression des douanes. (F., de Gir.) Z,'i«ipuissance du droit de suppression des journaux est égale d sa violence. (E. de Gir.) Le nom6ve d'infanticides n'augmente pas avec la suppression des tours. (J. Simon.)
— Hist. Editde suppression, Edit qui supprimait un impôt ou une charge.
— Pathol. Suspension d'une évacuation ou d'une éruption commencée Suppression d'urine. Suppression d'hémorroïdes. Suppres-
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sion de ti (inspiration. Suppression des règles. Suppression des pustules varioliques.
— Jurispr. Suppression de part ou d'enfant, Crime de la personne qui fait disparaître les traces du la naissance d'un enfant, ou qui cache son existence et son état. Il Suppression d'état, Crime consistant à supprimer les preuves de l'état civil d'une personne.
— Ane. chim. Feu de suppression, Manière de chauffer une substance, qui consiste a recouvrir de sable le vaisseau qui la contient, et à mettre par-dessus des charbons allumés.
SUPPïUMABLE adj. (su-prî-ma-ble — rad.
supprimer). Qui peut être , qui doit être sup- ' primé.
— Qui mérite d'être mis hors de la société : Un homme de mérite m'a prié de supprimer ce que j'avais fait contre un des plus supprimables hommes de France. (Scarron.)
SUPPRIMER v. a. ou tr.(su-pri-mé — latin supprimera ; da aub, sous, et de premere, presser, proprement presser souâ, écraser. Comparez l'allemand unterdrucken, supprimer, qui a exactement la même composition). Empêcher de paraître, d'être publié : SUPPRIMER un livre, un Journal. Supprimer un article de journal. Supprimer mi journal, c'est ruiner le propriétaire. (Corbière.) Il Blâmer en justice et défendre la publication de : Supprimer un mémoire comme calomnieux.
— Faire disparaître, dérober la connaissance de : Supprimer un acte. Supprimer une pièce essentielle à un procès.
— Passer sous silence : Supprimer les circonstances inutiles. Supprimer les détails. Supprimer un mot essentiel.
Je devais faire ici parler la vérité, Seigneur, mais je supprime un secret qui vous touche.
Racine.
— Retrancher : Supprimer la moitié d'un discours. Supprimer une lettre dans un mot. Franklin avait fini par supprimes dans son vocabulaire les mots certainement, indubitablement. (Ste-Beuve.) Les Malais, comme les Arabes, suppriment la plupart des voyelles. (Dulaurier.)
— Abolir, annuler, annihiler : Supprimer des emplois inutiles. Supprimer des impôts. Supprimer un ordre religieux. Nous croyons à la liberté, parce que, si on la SUPPRIME, on supprime le mérite et le démérite, ce qui est immoral. (H. Taine.) Il ne faut jamais supprimer que ce qu'on remplace. (J. Simon.) Tuut gouvernement qui supprime la liberté de la presse est un gouvernement qui va mourir. (Colins.) Que de cœurs sans emploi si l'on supprimait demain les pianos et les romances l (A. Paul.) Il n'est pas au pouvoir des hommes de supprimer les conséquences des faits. (G-uizot.) Pour supprimer les obstacles, il ne suffit pas de fermer les yeux. (Peyrat.)
— Retrancher de la société par la mort ou autrement : Il vaut mieux corriger les coupables que de les supprimer.
Se supprimer v. pr. Etre supprimé : Sans un livre, tout ce qui est inutile pour l'instruction ou le plaisir doit se supprimer. (Ch. Nod.)
— Fam. Se donner la mort.
SUPPURANT^ ANTE adj. (su-pu-rau, an-te
— rad. suppurer). Pathol. Qui est dans un état de suppuration : Plaie suppurante.
SUPPURAT1F, 1VE adj. (su-pu-ra-tiff, i-ve
— rad. suppurer). Méd. Qui facilite la suppuration : O'iyuent SuppuRaTif, Il Qui détermine la suppuration : Inflammation suppurative,
— s. m. Remède qui active la suppuration : L'emploi des suppuratifs.
SUPPURATION s. f. (su-pu-ra-si-on — radsuppurer). Pathol. Formation et accumulation de pus : Plaie qui vient à suppuration. Suppuration qui se fait bien. Suppuration abondante, louable.
— Encycl. La suppuration constitue une terminaison fréquente de l'inflammation qui peut arriver dans presque toutes les phiegmnsies des différents systèmes. Cette terminaison de l'inflammation s'annonce par de légers frissons, par la rémission ries symptômes, surtout par la douleur qui, de lancinante et aiguë, devient gravative, et par un sentiment de pesanteur auquel succède bientôt la fluctuation. Comme le pus est formé des cléments consumant nos organes, une suppuration trop abondante peut entraîner le dépérissement et même la mort. Souvent on établit artificiellement une suppuration sur un point quelconque du système cutané, soit pour remplacer une affection cutanée ou un ulcère, soit pour détourner une irritation fixée sur un organe essentiel,
' — Suppuration bleue. Il arrive quelquefois que des plaies en suppuration ou la surface mise à nu par un vésicatoire fournissent un pus séreux , coloré eu bleu clair ou en vert clair tirant sur le bleu. Ce pus donne aux linges à pansement une teinte plus intense que celle du liquide purulent même, parce que le liquide qui vient s'ajouter peu à peu au linge lui abandonne sa matière colorante. Lorsqu'il s'agit d'un vésicatoire, la pseudoinembrane fibnneu.se qui est à la surface du derme est colorée en bleu aussi intense que le linge. Cette matière colorante peut être enlevée par l'alcool, elle est soluble aussi dans l'eau ; elle présente alors toutes les propriétés de la biliverdine, substance organique
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caractérisée par sa couleur verte, qui se rencontre normalement dans la bile, dans les intestins où elle coule, et dans les calculs biliaires; elle renferme du fer comme elle, mais elle n'est point une matière végétale ni un sel de fer. Quant au passage de la biliverdine dans le pus, il n'offre rien de particulier, puisqu'il en existe dans le sérum du sang à 1 état normal, qu'elle peut y augmenter sous de faiblés influences et qu'elle passe alors dans la sérosité des liquides exsudés et d'un certain nombre de sécrétions. Le fait de cette coloration du pus prouve que ce liquide n'est pas une exception à cet égard. Les variétés de teinte de la biliverdine passant dans le pus s'observent aussi dans la bile et sur les autres substances colorantes qui, ainsi qu'on la sait, sans changer de composition , peuvent offrir des variétés nombreuses de Jointes, selon les principes qui les accompagnent dans les diverses humeurs.
— Suppuration conjointe des gencives et des alvéoles dentaires. Nom donné par Jourdain à une maladie que l'on confond souvent avec les altérations scorbutiques des gencives, et sUr laquelle Fauchard avait appelé le premier 1 attention. Cette maladie, dont les causes et la nature sont encore inconnues, commence par un gonflement atonique des gencives , qui sont moi les et saignantes et causent une douleur sourde; puis, en pressant leur bord libre, on fait sortir d'entre la gencive et la dent un peu dune matière blanchâtre et légèrement gluante ; les dents deviennent sensibles et se déchaussent ; les alvéoles fortement attaqués finissent par disparaître complètement, en commençant par la face antérieure des arcades maxillaires; les dents tombent, ou la douleur que produisent les racines par leur pression sur les parties sous-jacentes oblige à les extraire. C'est presque toujours parles dents incisives que commence cette cruelle affection, qui est souvent héréditaire, et contre laquelle viennent presque toujours échouer les médications internes et externes qu'on cherche h lui opposer.
SUPPURÉ, ÉE (su-pu-ré) part, passé du v. Suppurer. Qui est en suppuration : Plaie suppukée. Inflammation suppurék.
SUPPURER v. n. ou intr. (su-pu-ré — du préf. sut, et de pus), Pathol. Rendre du pus : Plaie qui suppure.
SUPPUTANT, ANTE adj. (su-pu-tan, an-te
— rad. supputer). Qui suppute : Le bien bon vous aime et vous conjure d'être toujours habile, comptante, calculante et supputante. (M<ne de Sév.)
SUPPUTATION s. f. (su-pu-ta-si-on — rad. supputer). Action de supputer : Nous avons soixante et dix systèmes sur la supputation des temps, (Volt.)
SUPPUTER v. a. ou tr. (sa-pu-té — fat. supputare ; de sub, sous, etdepw«ire, penser, évaluer). Calculer, chercher à évaluer à l'aide de calculs : Supputer une dépense. Supputer le nombre d'années. Archimède trouva le moyen de supputer au juste combien on avait mêlé d'alliage à de l'or. (Volt.) '
Se supputer v. pr. Etre supputé : En Russie, la fortune d'un propriétaire se suppute en têtes de puysans. (De Custine.)
— Syn. Supputer, calculer , compter, V.