‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 806 sur 1059 · V. SUSPICION · texte numérisé non relu

V. SUSPICION

— Police de sûreté. V. police générale.

— Sûreté générale. V. police politique.

— Comité de sûreté générale. V. comité.

— Prestidig, Le tour du coffre de sûreté est assez ingénieux. Etant donné un coffre dont l'apparence ne trahit rien de particulier, le prestidigitateur montre que tantôt un enfant le soulève sans peine et tantôt l'homme le plus robuste ne peut le bouger de place. Dans ce dernier cas, ce coffre est assurément le meilleur coffre de sûreté que l'on puisse imaginer.

Voici l'explication de cette expérience :

Le coffret est construit en bois plus ou moins précieux ; il est surmonté d'une solide poignée de cuivre qui sert à le soulever- Dans sa partie inférieure est une plaque de fer qui garnit tout le fond et qu'on a recouverte d'un mince placage de bois pour qu'on ne puisse l'apercevoir.

Le prestidigitateur, après avoir fait examiner cette petite boite, a soin de la poser à certain endroit de la salle *où se trouve un électro-aimant habilement dissimulé.

On comprendra facilement que, lorsqu'à l'insu des spectateurs on fait passer un courant électrique dans l'électro-aimant, celui-ci 's'aimante, produit une attraction sur la plaque de fer et fixe le coffret. C'est alors qu'on ne peut la bouger de place. Mais aussitôt que le courant électrique est rompu, le coffre, devenu libre, peut être facilement soulevé.

« Lorsque je fus envoyé en Algérie pour y donner des séances devant les Arabes, ce coffret, que j'avais emporté, ne pouvait produire un grand effet sur ces natures primitives. L'Arabe n'y aurait vu , sans pouvoir l'expliquer, qu'une disposition intérieure pouvant empêcher le coffre de bouger de place. Je donnai à ce tour une nouvelle disposition qui eii fit, aux yeux de mes naïfs spectateurs, une oeuvre miraculeuse. Je leur fis comprendre qu'il était en mon pouvoir d'enlever toute sa force à l'homme le plus robuste et de la lui rendre à ma volonté. Cette fable, en retournant la question, changeait complètement la face du prestige. Ce n'était plus de la prestidigitation, c'était de la magie. Le résultat en fut immense : les Arabes furent saisis d'un tel étonnement, qu'ils «ne supposèrent un pouvoir diabolique. » (Robert Houdin.)

SURETIÈRE s. f. (su-re-tiè-re — rad. surel). Arboric. Pépinière de pommiers, dans le pays d'Avranches.

SURETTE s. f. (su-rè-te). Comm. Toile de fil de jute, grossière et très-claire, qui sert à emballer les marchandises pour les voyages de long cours : En Angleterre et aux Etats- Unis, on désigne les surettes sous les noms de baggings, sackings, etc., à cause de l'usage auquel elles sont destinées. (Maigne.)

SURETTE 8. f. (su-rè-te — rad. suret).

Bot. Nom vulgaire de l'oseille et de l'oxàlide. il On dit aussi surelle.

SUREXCITABILLTÉ s. f. (su-rè-ksi-ta-bili-tô — rad. surexcitable). Méd. Etat, nature de ce qui est surexcitable : La surexcitabilité de l'estomac.

SUREXCITABLE adj. (su-rè-ksi-ta-ble — rad. surexciter). Qui peut être surexcité.

SUREXCITANT, ANTE adj. (su-rè-ksi-tan, an-te — rad. surexciter). Qui surexcite : Boisson surexcitante.

— s. in. Ce qui surexcite, ce qui est propre à surexciter.

SUREXCITATION s. f. (su-rè-ksi-ta-si-on

— rad. surexciter). Physiol. Augmentation d'excitation, d'énergie vitale dans un organe, dans un tissu.

— Fig. Animation passionnée : N'irrite* pas cette personne, elle est déjà dans un état de dangereuse surexcitation.

SUREXCITER v. a. ou tr, (su-rè-ksi-té — du prêt, sur, et de exciter). Causer de la surexcitation à : Ces souvenirs avaient beaucoup SUREXCITÉ le malade. (E. Berthet.)

— Fig. Stimuler : Le travail surexcite l'industrie, la science, l'art, en un mot, l'esprit. (Proudh.)

SUEXXHALATION s. f. (su-rè-gza-la-si-on

— du préf. sur, et de exhalation). Pathol. Exhalation très-abondante : Surexhalation de sueur.

SUREXTENSION s. f. (su-rèk-stan-si-on

— du préf. sur, et de extension). Grumm. Syn. d'ÉPENTHÈSB.

SURFACE s. f. (sur-fa-se — d'un type latin superfacies, pour superficies, qui a aussi donné superficie). Partie extérieure, dehors d'un corps : Subface plate, unie, raboteuse. La surface de la terre. La surface de t'eau. La terre est arrosée de fleuves lant extérieurs qu'intérieurs, qui transpirent à travers sa surface. (B. de St-P.) Le brochet gobe assez sou-

SURF

vent les oiseaux qui plongent ou frisent en volant la surface de l'eau. (Buff.) La vie la plus douce est comme la surface d'une onde paisible que ta chute d'une fleur fait osciller. (Mme Necker.) La surface de la terre est aplatie vers les pâles. (Marmontel.) Le soleil et la lune, lorsqu'ils opèrent leur passage audessus de la surface, des mers, agissent par attraction sur leurs molécules mobiles. (A. Maury.) La surface totale des marais en France ne s'élève pas à moins de 450,000 à 500,000 hectares. {L. Cruveilhier.) Le toucher est le sens de toutes les surfaces, soit inter~ nés, soit externes. (Raspail.) La lune nulle part n'a sa surface unie.

La Fontaine.

— Fig. Extérieur, dehors, apparence : Il y a des esprits qui n'ont que de la surface sans fond. (Nicole.) J'aime mieux une surface anguleuse et raboteuse que le poli maussade et commun de tous ces gens du monde. (Dider.) Les nations, comme les métaux, n'ont de brillant que les surfaces. (Ste-Beuve.) En France, il n'y a jamais eu de liberté politique qu'à la surface. (E. Laboulaye.)

— Sur la surface de la terre, En ce monde, sur la terre : Il parait de temps en temps sur la surface de la terre des hommes rares ; ils n'ont ni aïeux ni descendants , ils composent seuls toute leur race. (La Bruy.) Nos petits-maitres sont l'espèce la plus ridicule qui rampe avec orgueil sur la surface de la tïïhrb. (Volt.)

— Géotn. Limites d'un corps : Surface plane. Surface courbe. Surface conique. La surface de la sphère est équivalente à quatre grands cercles. H Surface réglée, Celle qui est engendrée par le mouvement d'une ligne droite. Il Surface gauche, Surface réglée dans laquelle deux positions de la droite génératrice, aussi rapprochées que l'on veut, ne se trouvent jamais sur le même plan. Il Surface développable , Celle qu'on peut imaginer développée sur un plan, celle qui pourrait, sans duplicature ni déchirure, être appliquée sur un plan, si on lui supposait une existence matérielle. Il Surface de révolution, Surface engendrée par une ligne tournant autour d'une droite comme axe. U Surface enveloppante, Lieu des intersections d'une surface mobile, qui varie de position et de forme d'après une loi déterminée. Il Surface enveloppée, Surface mobile dont le mouvement est décrit ci-dessus. Il Surfaces osculatrices , Surfaces dont les centres de courbure de toutes les sections planes faites par un même point son* communes en ce point, u Surface topographique, Surface dont la loi de génération est inconnue, et qu'une verticale ue rencontre qu'en un seul point.

— Sya. Surface, «uprrllcle. V. SUPERFICIE.

— Encycl. Géom. Le mot surface a, en géométrie, deux sens bien distincts se rapportant, l'un à l'idée d'étendue, l'autre à celle de figure. Quand on dit la surface d'un triangle, d'un cercle, d'un prisme, d'un cône, d'une sphère, d'un ellipsoïde, etc., on entend l'étendue, comparable au mètre carré, de la portion de plan comprise dans l'intérieur du triangle ou du cercle, de l'enveloppe du prisme, du cône, de la sphère, de l'ellipsoïde, etc. Quand on dit la surface plane, la surface sphérique, les surfaces cylindriques, coniques, de révolution, réglées, développées, etc., il ne s'agit plus d'étendue superficielle, mais de figure géométrique.

— Des surfaces considérées quant à leur ■ étendue. La mesure de l'étendue d'une surface prend le nom de quadrature ; la valeur algébrique ou arithmétique du rapport de l'étendue de la surface à celle de l'unité adoptée est l'aire de celte surface. L'aire d'une surface s'exprime par le produit des mesures de deux longueurs droites ou courbes, prises ou conçues sur cette surface, ou plus généralement par une fonction homogène du second degré des mesures de lignes définies en même temps que cette surface. L'impossibilité d'exprimer d'une manière générale l'aire d'une surface par une formule qui ne soit pas du second degré, résulte immédiatement de ce fait que les aires de deux surfaces semblables sont entre elles comme les carrés des lignes homologues.

— Des surfaces considérées quant à leur figure. Une surface peut être considérée comme formée de points ou de lignes. Il résulte de là deux manières de concevoir et de définir les surfaces. On peut considérer une surface comme le lieu géométrique des points jouissant d'une même propriété définie, ou comme le lieu des positions d'une ligne, variable ou non de figure, dont le mouvement serait assujetti à des conditions convenables. Ainsi le plan est le lieu des points également distants de deux points donnés ou le lieu des positions d'une droite qui glisse en s'appuyant toujours sur de>ix droites fixes parallèles, ou se coupant; la sphère est le lieu des points également distants d'un point fixe, ou c'est la surface engendrée par la circonférence d'un cercle tournant autour d'un de ses diamètres, etc. Le premier mode de définition des surfaces lésulte d'une simple extension de celui qu'on emploie pour les courbes; le second, naturellement propre aux surfaces, tire de cette particularité même un caractère spécial qui le Tend préférable, la conception de l'objet composé qu'on veut définir étant d'autant plus facile, que la décom-

SURF

position va moins loin. Quand on considère une surface comme engendrée par une ligne mobile, cette ligne prend le nom de génératrice de la surface ; son mouvement est habituellement réglé par la condition de rencontrer certaines lignes fixes qui prennent le nom de directrices. Ainsi, un cylindre est engendré par le mouvement d'une droite assujettie à rester constamment parallèle k une direction fixe et à rencontrer toujours une courbe fixe ; la droite mobile est la génératrice du cylindre, la courbe fixe en est la directrice.

Pour fixer la position d'un point dans l'espace, il faut trois données. Par exemple , un point est déterminé quand on donne ses distances a trois plans rixes, k trois points fixes, etc.; il en résulte quune surface est représentée par une équation entre trois coordonnées. Cette nouvelle manière de définir les surfaces en facilite singulièrement l'invention. Dans le système de coordonnées rectilignes, l'équation du premier degré re • présente un plan; les variétés fournies par l'équation du second degré sont l'ellipsoïde, les deux hyperboloïdes, les deux paraboloïdes, enfin les cylindres et les cônes ayant pour directrices des ellipses, des hyperboles ou des paraboles.

La classification des surfaces par les degrés de leurs équations n'offre rien de nouveau par rapport à la classification usitée pour les courbes. Dans l'une comme dans l'autre, c'est le degré qui est en évidence. . Les surfaces devaient pouvoir comporter une classificaton qui leur fût propre, ou la génératrice jouât le principal rôle; cette classification a été imaginée par Monge.

Si l'on groupait ensemble toutes les surfaces qui ont la même génératrice, on aurait des groupes, tels que celui des surfaces réglées, beaucoup trop étendus. Les familles 3e surfaces, conçues par Monge, ont à la fois même génératrice et même mode de généra - , tion, sous certains rapports, qui vont être mis en évidence. Le mode de déplacement d'une ligne est défini quand on donne une relation entre les paramètres que contiennent ses deux équations. Si, entre cette relation et les équations de la ligne mobile, on élimine deux des paramètres, on aura l'équation d'une surface capable d'être engendrée par la ligne en question, quelques valeurs qu'on donne aux paramètres restants. Si la relation supposée donnée entre les paramètres a été laissée arbitraire, l'équation résultante contiendra une fonction arbitraire et un certain nombre de paramètres qu'on pourra choisir à volonté. Si l'on faisait ces paramètres variables avec la position de la génératrice, l'équation obtenue pourrait représenter toutes les surfaces ayant pour génératrice la ligne donnée, mobile dans l'espace et variable de forme suivant toutes les lois imaginables. Monge laisse les paramètres arbitraires fixes ; il a ainsi, pour représenter ses familles de surfaces, des équations telles que

ou

dans lesquelles <p ou ty désignent des fonctions complètement arbitraires, tandis que f et ft représentent des fonctions déterminées de formes.

L'équation

ï(AA) = 0 peut être considérée comme le résultat de l'élimination de C et C, entre les équations

f=C, A=C, et T(C,CJ = 0.

Cette équation

f (/,/.) = o est donc l'équation générale des sur/aces que peut engendrer la ligne f= C, ft — C,, lorsque G et Ct varient ensemble arbitrairement ; mais comme / = C et /, = C, ne sont pas les équations les plus générales de la génératrice mobile, toutes les surfaces représentées par l'équation

?(/-,A) = o ont non-seulement même génératrice, mais aussi, dans leur mode de génération, quelque chose de commun d'où doit résulter une propriété commune.

Toutes les surfaces qui appartiennent à une même famille jouissent en effet d'une même propriété relative à leurs plans tangents. Pour obtenir l'expression analytique de cette propriété, il suffit de tirer de l'équation générale des surfaces considérées une équation différentielle qui ne contienne plus la fonction arbitraire. Or, l'équation

f-Wt),

' dérivée par rapport à s et à x, y étant considéré comme une constante, donne

df dz df dj,dz df,

TzTx + ~dx~*Ui,dzdx + dx'

et si on la dérive par rapport k z et a y, x

étant considéré comme constant, on en tire

dzdy "*" du YUl'</s dij T dy' En divisant ces deux équations membre à membre, on trouve

dfdA + H ilii3 4. ÏÙ dx dz dx dx

SURF

équation d'où la forme ^ a complètement dis-

x . .. dz . dz ,, .

paru. Dans cette équation, — et — désignent les dérivées partielles de s par rapport à x et àj/;en les représentant par p et q, on a

df - d-

rfTP..+

df.

doc dz

T dx

dzq^ dy

dL„4.dL' dzq+ dy

dsdx

dfdzdf dz dy dy

dz dy dy

rf/.'

Or l'équation du plan tangent à la surface au point (x,y,s] est

Z-z=p(X-x) + gCI-y), X, Y et Z désignant les coordonnées courantes. L'équation trouvée exprime donc une relation entre les coefficients angulaires du plan tangent k la surface, au point [i,#,s], et les coordonnées de ce point. Elle traduit donc une propriété du plan tangent à la surface, et, comme la fonction arbitraire ■)> n'y entre pas, cette propriété est commune à toutes les surfaces représentées par l'équation

Réciproquement, l'équation différentielle qui exprime une propriété du plan tangent à une surface, en un point quelconque de cette surface, conduira, si on peut l'intégrer, à une équation en quantités finies, contenant une fonction arbitraire, et cette équation sera celle d'une famille de surfaces.

SURFAIRE v. a. ou tr. (sur-fè-re — du préf. sur, et de faire. Se conjugue comme faire). Demander un prix exagéré de : Surfaire des marchandises.

— Vanter à l'excès, exagérer le prix : On s. beaucoup surfait le talent de cet homme. Il est naturel de surfaire tes amis. Il y a des gens dont l'orgueil est visionnaire et leur surfait tout ce qu'ils sont. (Mariv.) Les contemporains sont soutient injustes ; mais quand ils nous surfont, la postérité se rit de nous. (Mme L. Colet.)

— Absol. : Vous me surfaites. Je ne vous surfais pas d'un centime. Seigneur gentilhomme, reprit froidement le fripier, je ne surfais point, je n'ai qu'un mot. (Le Sage.) En Angleterre, le commerce est trop loyal pour surfaire jamais. (F. Wey.) Surfaire et marchander ne sont pas nécessaires, pour bien acheter et bien vendre. (Mich. Chev.)

Se surfaire v. pr. Etre surfait : Ce qui est d'un prix réel ne doit pas su surfaire. (Çh. Nodier.)

— Exagérer son propre mérite : Quant au livre même qu'il annonce, l'auteur ne sk surfait pas et il parle de lui avec modestie. (Ste- Beuve.)

— Exagérer réciproquement son mérite :

Les intrigants se surfont les uns les autres. (Ch. Nodier.)

SURFAIX s. m. (sur-fè — du préf. sur, et de faix). Bande de cuir ou d'étoffe avec laquelle on attache une couverture sur un cheval, ou qui retient les quartiers de la selle et la schabraque. Il Corde ou sangle qui assujettit la charge d'une bête de somme.

SURFEUILLE s. f. (sur-feu-lle ; Il mil. — du préf. sur, et de feuille). Bot. Nom donné aux organes qui recouvrent le bouton et se déchirent ou s écartent quand celui-ci grossit.

SURFILAGE s, m. (sur-fi-la-je — du préf. sur, et de filage). Techn. Supplément de torsion donné aux matières textiles, lors du filage.

SURFLEURIR v.n.ou intr. (sur-fleu-rir — du préf. sur, et de fleurir). Arboric. Fleurir après avoir donné des fruits.

SURFONCIER, 1ÈRE adj. (sur-fon-sié, iè-re

— du préf. sur, et de foncier). Ane. coût. Qui se surajoute à l'impôt ou au revenu foncier.

Il Rente surfoncière, Celle qui est créée sur un fonds, en sus d'une autre rente déjà existante.

SURFONDU, UE adj. {sur-fon-du, ù — du préf. sur, et de fondu). Physiq. Se dit d'un corps qui est eu état de surfusion ; Phosphore SVJRFONDU.

SURFORCE S. f. (sur-for-se — du préf. sur, et de force). Comm. Exagération, augmentation de la force ordinaire des spiritueux.

SURFRAPPE s. f. (sur-fra-pe — du préf.

sur, et de frappe). Nouvelle frappe d'une monnaie qui portait déjà un type.

— Encycl. La surfrappe a eu lieu dans les cas suivants : 1° quand un peuple a voulu s'approprier la monnaie d'un autre peuple; 20 quand un peuple a voulu modifier la valeur de sa propre monnaie ; 3« quand un nouveau souverain, impatient de monnayer à son nom et n'ayant pas immédiatement le métal nécessaire, a trouvé plus simple de faire frapper son type sur les monnaies de ses prédécesseurs.

SURFRAPPER v. a. ou tr. (sur-fra-pé — du préf. sur, et de frapper). Soumettre a la surfrappe : Surfrapper des monnaies.

SURFUSIBIUTÉ s. f. (sur-fu-zi-bi-li-tè

— du préf. sur, et de fusibilité). Physiq. Caractère d'un corps surfusible.

SURFUSION s. f. (sur-fu-zi-on — du préf. sur, et de fusion). Physiq. Phénomène par

SUROr

lequel un corps reste accidentellement liquide k une température inférieure k sa température de fusion.

— Encycl. Le mot surfusion n'a peut-être pas été très-heureusement choisi pour désigner le fait dont il s'agit. Dans la pensée de ceux qui l'ont adopté, il signifie sans doute une fusion ajoutée à une autre ou, si l'on veut, prolongée au delà de ses limites ordinaires. C'est un sens analogue à celui des mots surcharge, surchauffe, etc.

Fahrenheit remplit d'eau un ballon dont le col avait été effilé et fermé k la lampe, et, l'ayant exposé au froid, il put le maintenir pendant longtemps au -dessous de zéro sans que l'eau se congelât; mais, en cassant la pointe du ballon, il vit le liquide se solidifier a l'instant. Gay-Lussac observa qu'en faisant refroidir de l'eau'dont la surface extérieure était protégée du contact de l'air par une couche d'huile, dans un vase soustrait à toute cause d'agitation, elle pouvait demeurer liquide jusqu'à — 12»; mais qu'en remuant l'appareil ou en faisant vibrer le vase, tout le liquide se prenait en masse solide. Despretz vit le même effet se manifester dans des tubes thermoinétriques pleins d'eau. A mesure que la température baisse, le volume de cette eau augmente; mais elle peut rester liquide jusqu'à — 20°. Cependant, il arriva toujours un moment où la masse se congèle tout à coup, et alors le tube se brise par suite d'une expansion subite du volume.

L'étain fondu, qui se solidifie à 228°, peut rester liquide jusqu'à 225o seulement. Le phosphore liquide, qui se prend à 44°, a été maintenu liquide par Schroetter jusqu'à — 5°. C'est surtout sur l'eau qu'a été étudiée la propriété dont nous parlons. Pour qu'elle se manifeste, il faut que le liquide soit limpide et qu'il jouisse d'un repos absolu dans toute sa masse. On refroidit par en bas le vase qui le contient, et l'on opère lentement.

Quand l'eau a été amenée au-dessous de zêta, il suffit, pour la faire congeler en partie, d'y projeter une parcelle de glace, autour de laquelle le liquide se prend aussitôt. Le même résultat est encore obtenu si l'on choque le vase ou si l'on touche la surface du liquide, si enfin on dérange les molécules de la situation qu'elles occupent les unes par rapport aux autres. On voit alors des aiguilles de glace s'entre-croiser en tous sens, et la température remonter subitement à zéro, par le dégagement de la chaleur latente, qui devient sensible; il en résulte que la quantité de glace formée est limitée. On a calculé que, si une certaine quantité d'eau était portée à — 390,5, toute sa masse, dès qu'on l'agiterait, se congèlerait subitement; mais, jusqu'à présent il n'a pas été possible de conserver l'eau liquide jusqu'à une aussi basse température.

• Le phénomène de la surfusion, ditM.Daguin, s'explique par l'inertie des molécules. Ces molécules sont les unes par rapport aux autres dans un état d'équilibre instable rendu permanent par la viscosité du liquide, qui les empêche de se déplacer les unes par rapport aux autres, pour prendre les positions qui correspondent à L'état solide. Le contact d'une parcelle de glaça rompt l'équilibre, à cause de l'action exercée par les molécules déjà fixées sur celles qui les touchent. Des vibrations, qui les déplacent les unes par rapport aux autres, leur permettent de céder aux forces qui tendent à les grouper régulièrement, tandis qu'un mouvement imprimé à une grande partie de la masse, les déplaçant toutes en même temps, ne produit pas toujours le même effet. Une agitation trop vive peut aussi empêcher la congela tion, quoique ia température soit au-dessous de 0", des mouvements trop rapides empêchant les molécules de céder aux influences qu'elles exercent les unes sur les autres. >

L'eau, en fines gouttelettes immobiles, conserve aussi son état liquide bien au-dessous de zéro. C'est ce qui explique la basse température de certains nuages et brouillards.

En résumé, par des circonstances qui semblent exceptionnelles et difficiles à expliquer, un liquide ne commence pas toujours a se solidifier à son vrai point de congélation; mais il y revient aussitôt que la solidification commence, et celle-ci se continue et se complète ensuite k cette température, qui demeure constante.

SURCE s. f. (sur-je). Comm. Laine grasse, qui n'a été ni lavée ni dégraissée.

— Adjectiv. : Laine surgk.

— Pâte surge, Pâte à papier qui ne retient pas l'euu et la laisse s'écouler avec la plus grande facilité.

SURGE ET AMBULA ! {Lève-toi et marchai), Paroles de Jésus-Christ au paralytique, qu'il guérit par ces seuls mots, suivant la légende catholique.

On rappelle également la forme latine ou la forme française.

« Il n'y a point de figure de rhétorique qui soit jamais aussi persuasive que cette parole do Jésus-Christ à un malheureux perclus : » Levez-vous et marchez ; Surge et am- • bula. *

Laharpe.

■ Il arrivera au roi ce qui arriva à César : « 11 viendra, il verra, il vaincra. » La seule

SURG

différence (et malheureusement elle n'est pas mince), c'est qu'il fera tout cela en beaucoup de temps; k cela il n'y pas de remède. Depuis Celui qui disait : Surge et ambula, on ne guérit plus subitement des maux vieux de vingt-cinq ans. »

Joseph de Maistre.

» Peu importe à Mme Dorval que ce soit Frederick Lemaltre qu'on applaudisse ; peu importa à Frederick Lemaltre que ce soit Mme Dorval qui soit trouvée admirable ; il ne s'agit pas d'être applaudi chacun de son côté, il s'agit de produire l'effet attendu ; il s'agit de donner la vie à tout un drame ; il s'agit de réaliser toutes les passions et tous les rêves du parterre attentif; il s'agit que tout à l'heure quelque chose..., un drame, un mélodrame, était là inerte, immobile, muet, k demi mort, et qu'à nous deux nous allons dire k ce cadavre étendu lk : Lèvetoi et marche! Ceci fait, vous nous applaudirez, si vous voulez. •

J, Janin.

SURGEON s. in. (sur-jon. — La forme ancienne de ce mot, sorjon, était synonyme de sorse, source, et désignait l'eau qui sort de terre. On trouve sourgeon dans Montaigne avec cette signification. Il vient du verbe, latin surgere, qui est aussi le type du verbe français sourdre. Quelques-uns l'ont fait provenir du latin surculus, rejeton , par un primitif surcus; mais cette dérivation nous paraît peu probable). Arboric. Syn. de rejeton ou drageon : Le palétuvier de la mer des Indes forme, par ses surgeons gigantesques, de véritables forêts marécageuses. (A, Maury.)

— Fig. Descendant, rejeton :

Voilà que les surgeons d'un sang incestueux

Portent le diadème

Rotrow.

Il Vieux en ce sens.

— Surgeon d'eau, Nom donné autrefois k de petites sources jaillissantes.

SURGEON NER v. n. ou intr. (sur-jo-né — rad. surgeon). Arboric. Pousser des surgeons. Il Peu usité.

SUBGÈRES, en latin Surgerix, bourg; de France (Charente-Inférieure), ch.-l. de cant., arrond. et k 27 kilom. N.-E. de Rochefort, sur la Gère; pop. aggl., 3,004 hab. — pop. tôt., 3,565 hab. Distilleries, mégisseries; fabrication de coffres-forts. Commerce de vins, d'eaux-de-vie, de bestiaux. Cette petite ville ne se recommande guère que par ses monuments, consistant dans un ancien château du xio siècle, aujourd'hui en ruine, et dans son église Notre-Dame. Le château de Surgères, flanqué de tours massives au nombre de vingt, embrassait une superficie de 230 mètres ; les murailles en sont encore dans un assez bon état de conservation. On distingue dans son enceinte les restes d'une église contemporaine du château et dont la destruction paraît remonter k l'époque des guerres de religion ; ces restes consistent dans un porche décoré de sculptures et dans un clocher à colonnettes couplées, couronné d'un dôme hexagonal. Quant k l'église Notre- Dame, c'est un édifice dont la tradition attribue la fondation k Charlemagne, mais qui, en réalité, ne remonte qu'au xie siècle. Elle comprend une nef avec collatéraux et transsepts terminés par des frontons triangulaires, un chœur et une abside semi-circulaire ; cette dernière n'a subi depuis son orifine aucune modification. Le style général e l'édifice est roman; des fenêtres k plein cintre éclairent la nef. Le clocher surmonte le chœur. La façade présente un portail k trois voussures :« Des colonnes nombreuses, dit la/France monumentale, de riches chapiteaux, des archivoltes couvertes d'ornements, des mascarons, enfin toutes les richesses de l'art roman prodiguées sur cette façade, en font un objet très-remarquable. On distingue au milieu de deux encadrements en plein cintre des sculptures en demi-bosse, mais très-frustes. Ou croit que l'une représente un pape et l'autre un chevalier. • Malheureusement, la partie supérieure de cette façade est percée d'une immense fenêtre ogivale, ajoutée au xive siècle, et qui en dénature le caractère primitif.

SURGIR v. n. ou intr. (sur-jir — Iat. surgere; ûesursum, en haut, et de regere, diriger). Se montrer en s'élevaut : De nouvelles constructions surgissent tous les jours du sol. Une voile surgit tout o coup à l horizon.

— Fig. Apparaître, se manifester, se produire : La discussion a fait surgir de nouvelles difficultés. On a vu tout à coup surgir la réputation de cet écrivain. (Acad.) Dans la carrière de l'industrie, des fortunes nouvelles surgissent chaque jour, d autres s'éclipsent. (M. de Dombasle.) On ne saurait en aucun cas parler des mœurs de l'homme sans que surgisse aussitôt l'idée de la société. (C. Dollfus.) Lorsque l'empilement social ou l'excès de concurrence obstrue quelques branches, l'ingénieuse nécessité fait d'ordinaire surgir une nouvelle industrie, ouvre une route inconnue. (Virey.) Les sages ont senti que pour faire surgir la vérité, c'était moins les rois qu'il fallait implorer que les nations qu'il fallait instruire. (A, Martin.) Le socialisme a surgi

SURI

peu d'années aaant la fin de la Révolution. (Littré.) L'expérience acquise au service d'anciennes idées profiterait -peu aux idées qui Surgissent. (E. de Gir.)

— Ane. mar. Arriver, aborder : Surgir an port. Surgir à bon port. Du cap Nuiiez, les Portugais surgirent an Sénégal. (Chateaub.)

— Impersonnellem. : Plus on légifère, plus il surgit de litiges. (Proudh.)

SURGISSANT, ARTB adj. (sur-ji-san, an-te — rad. surgir). Qui surgit : Il ne voit que les difficultés surgissantes, et il se méfie de la fortune. (Ste-Beuve.) I) Peu usité.

SURGISSEMENT s. .m. (sur-ji-se-man — rad. surgir). Action de surgir: Les époques de surgissement des roches ignées... (Léon Lalanne.) Il Peu usité.

SURGLACER v. a. oa tr. (sur-gla-sé — du préf. sur, et de glacer). Art culin. Mettre un glacé de sucre sur : Surglacer des pâtisseries. '

SURGY, village et commune de Franc6 (Nièvre), eant., arrond. et & 7 kilom. N. de Clamecy, près de la rive gauche de l'Yonne ; 961 hab. Très-jolie église ogivale du XVe siècle, surmontée d'une élégante flèche en pierre de la même époque. •

STJRHAUSSEMENT s. m. (su-rô-se-man — rad. surhausser). Action de surhausser ; résultat de cette action : Le surhaussement d'une voûte, d'un édifice, h Elévation de prix, de valeur : Le surhausskment des espèces fut une des fautes de ce prince. Le surhaussementcim marchandises. (Acad.)

SURHAUSSER v. a. ou tr. (su-rô-sé — du préf. sur, et de hausser). Exhausser, augmenter la hauteur de : Surhausser un mur.

— Surélever, porter plus haut, exagérer : Surhausser le prix des denrées. Il a surhaussé sa marchandise, il l'k scrhaussÉiî de prix. Surhausser la valeur des espèces.

(Acad.)

— Archit. Surhausser une voûte, une arcade, Augmenter la flèche de son ouverture, pour lui donner plus de hauteur.

SURHUMAIN, AINE adj. (su-ru-main, è-ne — du préf. sur, et de humain). Qui est audessus de l'humain, qui dépasse les qualités humaines : Une taille surhumaine. Un effort surhumain. Nulle puissance humaine ni surhumaine ne peut justifier l'effet rétroactif d'aucune loi. (Mirab.) La charité est véritablement une vertu surhumaine, un principe antisocial, subversif et anarchique, une vertu ennemie de l'homme. (Proudh.)

— s. m. Ce qui est surhumain : Le merveilleux ou surhumain est ce gui surpasse les forces et l'industrie de l'homme. (De Bonald.) La mesure parait froide et ennuyeuse à la longue; on veut l'étrange, te surhumain, le surnaturel. (Renan.)

SURI AN (Josepb-Donat), médecin et pharmacien à Marseille à la fin du xviio siècle. Il fut envoyé avec le Père Plumier aux Antilles pour y faire l'analyse des plantes. Ils revinrent en 1689. Le Père Plumier alla ensuite faire seul un second voyage aux Antilles. Quant a Surian, il publia un catalogue de plantes, désignées par les noms usuels pour chaque pays, qui a paru dans le Traité des drogues, par Lémery (1698), et un autre Catalogue de drogues et médicaments des Indes, imprimé, pages 67-73 du Droguier curieux de Pomet (Paris, 1709, in-so). B

SURIAN (Jean-Baptiste), prédicateur français, né à Saint-Cbamas, en Provence, en 1670, mort dans l'évêché de Vence en 1754. Il fut d'abord prêtre à la congrégation de l'Oratoire^prêcha à la cour et devint évêque de Vence. En 1733, il remplaça de Coislin à l'Académie française. Quelques-uns de ses sermons, entre autres celui sur le Petit nombre des élus, regardé comme le meilleur, ont été insérés dans le recueil des Sermons choisis pour tous les jours de carême (Liège, 1738, 2 vol. in-12). On a imprimé en 1778 (in-is) son Petit carême, prêché en 1719. Guérin, avocat d'Aix, a donné en 1779 un Eloge historique de Surian.

SURIANE s. f. (su-ri-a-ne). Bot. Genre d'arbrisseaux, type de la famille des surlanéês, dont l'unique espèce croît sur les bords de la mer, dans presque toutes les contrées tropicales.

SURIANE, ÉE aâj. (su-n-a-nê — rad.

suriane). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la suriane.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, voisine des connaracées, et ayant pour type le genre suriane.

SURICALDAY (Gaétan), poète hispano-américain, né à Lima en îges, mort en 1856. 11 vint fort jeune à Madrid et s'y fit rapidement connaître par ses productions dramatiques, qui furent très-bien accueillies du public. Il était devenu gentilhomme de la chambre royale, et ses premières productions semblaient lui assurer, dans un prochain avenir, une place brillante parmi les auteurs dramatiques espagnols, lorsqu'il fut enlevé par une mort prématurée. Parmi ses pièces qui ont obtenu le plus de succès, nous citerons : le Bois et l'écorce; la Nuit des âmes; Un vœu et une vengeance; Une nuit à Venise; la Cour et le village; l'Ecole des perdus; le Pont de Luchana.

SURI

SURICATE ou SURIKATE s. m. (su-ri-kate). Mamm. V. ryzénë.

SURIER s. m. (su-rié). Bot. V. surrier.

SURIMPOSER v. a, ou tr. (su-rain-po-zé — du préf. sur, et de imposer). Placer pardessus. Il Vieux en ce sens.

— Frapper un surcroît d'impôt, de taie sur : Surimposer les fers étrangers.

SURIMPOSITION s. f. (su-rain-po-zi-sion — du préf. sur, et de imposition). Surcroît d'impôt, de taxe.

SURIN s. m. (su-r&in — rad. sur, acide). Arboric. Nom donné aux jeunes pommiers dans certains départements.

— Argot. Couteau, poignard.

SOR1N (Jean-Joseph), écrivain religieux, né à Bordeaux en 1600, mort dans la même ville en 1665. Entré chez les jésuites, il fut désigné pour aller diriger le couvent des ursulines de Loudun, après le supplice d'Urbain Grandier. Après avoir exorcisé les sœurs sans résultat, il tomba malade et fut rappelé à Bordeaux ; puis il revint à Loudun opérer la guérison de la supérieure et fut, à son tour, saisi par l'aliénation mentale, qui troublason intelligence pendant vingt ans. Il recouvra néanmoins la raison quelques années avant sa mort. On possède de lui, entre autres écrits : Catéchisme spirituel (Paris, 1661, 2 vol, in- 12) ; Dialogues spirituels (Nantes et Paris, 1704, 3 vol. in-12);la Guide spirituelle (Paris, 1801, in-12) ; Triomphe de l'amour divin sur lespuissanees de l'enfer.(Av\gnoti, 1829, in-12).

SURINAM s, m. (su-ri-namm). Sorte de liqueur de table.

— Ichthyol. Nom spécifique d'un pristipome, d'un spare et de quelques autres poissons.

SURINAM, fleuve de l'Amérique du Sud. Il descend du versant septentrional de la sierra Tumucueuraque, dans la partie S. de la Guyane hollandaise, coule au N., donne son nom à la partie septentrionale de la colonie hollandaise, dont il baigne le chef-lieu, Paramaribo, et se jette dans l'Atlantique par ' une large embouchure, après un cours de 460 kilom. Dans la partie supérieure de soi) cours, les bords de cette rivière sont couverts de forêts impénétrables, tandis que de belles plantations et de jolies maisons de campagne bordent les rives de la partie inférieure, surtout depuis Paramaribo jusqu'à son embouchure.

SURINTENDANCE s. f. (su-rain-tan-danse — du préf. sur, et de intendance). Charge, fonction de surintendant, de surin tenâante : La surintendance des finances. La surintendance des bâtiments du roi, La surintendance de la maison de ta reine. La surintendance de la maison d'éducation de Saint-Denis. (Acad.)

— Hôtel, habitation, bureaux d'un surintendant : Etre logé à la surintendance.

— Fig. Autorité morale : Il faut que l'âme sape et mine par le menu toutes les passions qui ont quelque surintendance sur elle.

(N. Pasquier.)

SURINTENDANT s. m. (su-rain-tan-dan — du préf. sur, et de intendant). Inspecteur général, officier chargé de la surveillance des intendants d'une administration : Le surintendant des bâtiments du roi.

— Fig. Ce qui possède une influence, une direction, une autorité morale : Les deux maîtres et surintendants des affaires du monde sont l'industrie ou vertu et là fortune. (Charron.)

— Surintendant des finances ou simplement Surintendant, ancien nom de l'administrateur général des finances du roi : Le surintendant Fouquet. On voyait tous les jours un nombre considérable de bonnes familles suivre le roi et la reine pour leur demander justice, avec des cris et des larmes, contre la dureté des surintendants. (La Rochef.)

Jamais surintendant ne trouva de cruelles.

Boileau.

— Hist. ecclés. Titre des évêques luthériens,

— Encycl. Hist. Surintendant des finances. La charge de surintendant ou superintendant des finances existait en France à la fin du xme siècle, car Philippe le Bel la conféra b, Enguerrand de Marigny vers 1300 ; toutefois, elle ne parait avoir été établie d'une façon régulière que sous François I«r. Ce prince créa à la fois, en 1518, deux intendants des finances, un surintendant et des contrôleurs, chargés de vérifier les comptes. Le surintendant était le ministre des finances. C'était lui qui donnait les ordres de pas'ement aux trésoriers de l'époque, chargés de recueillir les fonds provenant de l'impôt. Personnellement, il n'avait point le maniement des deniers publics. Après l'arrestation de Fouquet , la charge de surintendant fut supprimée (1661) et remplacée par celle de contrôleur général des finances. Parmi les personnages investis de ces fonctions, outre Marigny, pendu en 1315, noua citerons : le baron de Semblançay, qui eut le même sort en 1527; Claude d'Annebaut, nommé surintendant en 154G ; le cardinal de Lorraine, en 1559 ; Arthur de Cossé-Brissac, en 1567; Pomponne de Bellièvre, en 1575 ; François d'O, en 1578; Nicolas de Harlay, en 1594; Sully, en r>DS.

SURI

Après la disgrâce de ce dernier (1611), les fonctions de surintendant furent remplacées par une direction de finances, puis on les rétablit au profit du président Jeannin (1616). Ses successeurs furent le comte de Schomberg(l619);le marquis de LaVieuville(l623) ; Michel de Marillac, concurremment avec de Champigny (1624), puis seul (1626); La Rivière (1626); d'Effiat (1626); de Bullion et Bouthilier, ensemble (1632), puis ce dernier seul (1641); le président Bailleul et le comte d'Avaux (1643) ; Particelli, dit d'Emery (1647); le maréchal de La Meilleraye (1648) ; d'Emery et &A. vaux (1649) ; le président de Maisons (1650); le marquis de La Vieuville (1651); Fouquet (1653).

— Surintendant général de la navigation et du commerce. Richelieu, ayant fait supprimer la charge de grand amiral de France, lui fit substituer par Louis XIII celle de surintendant de la navigation. Richelieu fut investi de ce titre (1627), que reçut après lui son neveu, le maréchal de Brézé. A la mort de ce dernier (1646), Anne d'Autriche ne lui donna point d'abord de successeur; toutefois, pendant la Fronde, elle conféra la charge de surintendant de la navigation au duc de Vendôme, avec survivance pour son fils, le duc de Beaufort. Lorsque ce dernier mourut, en 1669, Louis XIV supprima la surintendance de la navigation et rétablit la charge de grand amiral, mais en se réservant la nomination de tous les officiers de la marine.

— Surintendant général des bâtiments de France. Sous l'ancienne monarchie, on confia à des intendants la garde et le soin des palais et des maisons royales, et l'on finit par donner le titre de surintendant général à l'intendant des palais de Paris. Colbert, ayant été chargé de ces fonctions en 1664, se fit nommer inspecteur des arts et prit alors la titre de surintendant général des bâtiments du roi, arts et manufactures de France. Il eut pour successeurs Louvois (1685) : Colbert de Villacerf (1691); Mamart (1699), a la mort de qui elle fut supprimée (1708) ; le duc d'Antin, en faveur de qui on la rétablit (1716) ; Philibert Orry (1736), Lenormand de Tournehem (1745), le marquis de Marigny, l'abbé Terray (1773) et enfin d'Angiviller (1774), qui fut le dernier titulaire. Sous le second Empire, M.deNieuwerkerke échangea, vers 1860, son titre de directeur général des musées nationaux contre celui de surintendant des beauxarts au ministère de la maison de l'empereur. Ces fonctions furent supprimées le 2 janvier 1870, lorsqu'on créa pour M. Maurice Richard un ministère des beaux-arts.

SURINTENDANTE s. f. (su-rain-tan-dante — du préf. sur, et de intendante). Femme du surintendant : Madame la surintendante est ma cousine, (La Bruy.)

— Dame qui avait la première charge de la maison de la reine : C'est par la toutepuissante nièce du cardinal Mazarin que fut inventée la charge de surintendante de la reine. (St-Sim.)

— Titre donné à la principale directrice des maisons d'éducation établies pour les filles des membres de la Légion d'honneur : Surintendantk de la maison de Saint-Denis. La surintendante d'Ecouen,

— Encycl. Hist. Surintendante de la maison de' ta reine. Ce fut le cardinal Mazarin qui créa cette charge en faveur de sa nièce Olympe de Mancini, lorsqu'elle eut épousé le prince Maurice de Savoie en 1657. Cette charge donnait la prééminence sur toutes les dames du palais. La reine mère eut aussi, a la même époque, une surintendante de sa maison, qui fut la princesse de Conti. Plus tard, Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, eut également une surintendante (M, - -- • ......

mon

d'huî,

donné qu'à la directrice de la maison de

Saint-Denis.

SURIR v. n. ou intr. (su-rir — rad. sur). Devenir sur, acide : Ce vin a un peu suri dans le tonneau, est un peu suri depuis les chaleurs.

SURIRELLE s. f, (su-ri-rè-le — deSuriray, natur. angl.). Bot. Genre d'algues, de la tribu des diatomées ou bacillariées , comprenant une quarantaine d'espèces, qui croissent dans les eaux douces ou salées : Les surirelles ont des formes très-élégantes. (Brébisson.)

SURIRREY DE SAINT-RÉMY (Pierre), général français. V. SaiNt-Rémy.

SURIRRITATION s. f. (su-rir-ri-ta-si-on — du préf. sur et de irritation). Pathol. Irritation excessive : L'économie ne supporte jamais la surirritation impunément, et tous ceux qui paraissent leplus habitués aux excitants trop énergiques finissent par éprouver des surirritations locales. (Broussais.)

SURIS s. m. (su-riss). Prêtre des Hotten-

tots.

SURIUS (Laurent), savant allemand, né à Lubeck en 1522, mort à Cologne en 1578. Il étudia la théologie dans cette dernière ville, entra ensuite chez les chartreux, et, dans sa retraite, se consacra exclusivement à l'histoire et à la littérature ecclésiastiques. Ses principaux ouvrages sont : Vilz sanctorum (Cologne, 1570 et suiv., 6 vol. in-fol.) ; Commentarius brevis rerum in orbe gestarum ab

SURL

anno 1500 (Louvain, 1566, in-S°); Concilia omnia (Cologne, 1567, 4 vol. in-fol.).

SURJACENT, ENTE adj. (sur-ja-san, an-te — du préf. sur, et de jacent). Géol. Se dit des roches superposées aux autres : Les couches volcaniques sont sur JAcentes .par rapport aux couches granitiques.

SURJALER v. a. ou tr. (sur-ja-lé — du préf. sur, et de jas). Mar. Dégager le jas de : Su.rjai.er l'ancre.

— v. n. ou intr. Sortir du jas : L'ancre a SORJALE.

SURJET s. m. (sur-jè — du préf. sur, et de jet). Techn. Genre de point qui s'exécute en plaçant les deux morceaux d'étoffe bord à bord l'un sur l'autre, et en passant chaque fois le fil en dehors des deux bords.

— Ane. coût. Augmentation de prix.

— Féod. Droit de surjet. Droit en vertu duquel le seigneur pouvait faire mettre à l'enchère un héritage vendu.

SURJETER v. a. ou tr. (sur-je-té — rad. surjet. Double le t devant un e muet : Je surjette, nous surjetterons). Techn. Coudre en surjet.

— Ane. coût. Enchérir, hausser le prix. SuRJOCX, village et comm. de France

(Ain), arrond. et à 29 kilom. S.-E. de Nantua , canton de Châtillon - de - Michaille ; 272 hab. Importante mine d'asphalte.

SURJURER v. a. ou tr. (sur-ju-ré — du préf. sur, et de jurer). Ane. jurispr. Opposer son serment à celui d'une autre personne.

SURKERKAN s. m. (sur-kèr-kan). Mamm.

Espèce du genre spalax.

SURLANGUE s. f. (sur-lan-ghe — du préf. sur, et de langue). Art vétér. Inflammation aiguë de la langue des bestiaux.

SUR-LARYNGIEN, IENNEadj. (sur-la-rainji-ain, i-è-ne — du préf. sur, et de laryngien). Anat. Qui est situé à l'extrémité supérieure du larynx. Il Qui se produit à la partie supérieure du larynx : Voix sur-laryngienne.

SURLEAU (Jean-Georges), mathématicien et grammairien français, né à Couthenans le 6 janvier 1744, mort à Mandeure en 1S26. Après avoir terminé ses études théologiques à Tubingue, il entra comme précepteur dans une famille allemande et devint en 1771, à, son retour dans sa patrie, professeur de mathématiques , d'histoire et de géographie , place qu'il occupa jusqu'en 1785. Forcé de renoncer à la prédication, malgré les succès qu'il obtenait, il fut nommé recteur du gymnase de Montbéliard, puis pasteur à Valentigney,etenfin,|en 1806, inspecteur ecclésiastique. Quelques années avant sa mort, il alla desservir l'église de Mandeure. On a de lui : Cours élémentaire d'arithmétique (Bâle, 1781, in-8o); Cours abrégé de sphère et de géographie universelle (Montbéliard, 1782, in-8<>) ; Grammaire latine (Montbéliard, 1788, 2 vol. in-5°).

SURLENDEMAIN s. m. (sur-lan-de-main — du ^>réf, sur, et de lendemain). Jour qui suit le lendemain : Le surlendemain de mon arrivée. On n'avait pas revu à Marseille le mandataire de la maison Thomson et Frenche; le lendemain ou te surlendemain de sa visite à M. Morel, il avait disparu. (Alex. Dum.)

SURLET DE GHORIER , nom d'une ancienne famille liégeoise, qui date de 1170. Eteinte vers 1473, elle fut reconstituée par l'empereur Ferdinand III , qui concéda la noblesse à la famille Chorier et l'autorisa à. s'adjoindre le nom de Surlet. Les principaux personnages de cette famille sont :

SURLET DE CHOK1ER (Erasme), jurisconsulte belge, né à Liège en 1569, mort dans la même ville en 1625. 11 étudia le droit à Louvain et se fit un nom comme jurisconsulte. On lui doit : De jurisdictione ordinarii in exemptos (Cologne, 1624, 2 .vol. in-4°); De advocatis feudalibus (Cologne, 1624, in-40).

SURLET DE CHOK1ER (Jean), érudit belge, frère du précédent, né à Liège en 1571, mort vers 1655. Il fit ses études a l'université de Louvain, entra dans les ordres et devint successivement chanoine de Saint- Lambert, abbé de Saint-Hadelin de Visé et vicaire général du diocèse de Liège. Ses principaux écrits sont : Thésaurus politicorum aphorismorum (Cologne, 1687, in-40) ; De permutationibus beneficiorum (Liège , 1616 , in-S°) ; De legato (1624, in-40).

SURLET DE CHOKIER (Erasme - Louis, baron), homme d'Etat belge, né a Gingelom, près de Saint-Trond, en 1769, mort dans la même ville en 1839. Après la conquête delà Belgique par les armées de la République française, il fut élu par ses concitoyens administrateur du département de i'Ourthe, puis de celui de la Meuse-Inférieure, s'acquit l'estime générale par la façon dont il remplit ces fonctions, se rendit ensuite à Paris, ou il s'occupa d'affaires commerciales, d'études littéraires, entra en relation avec les hommes les plus distingués du temps et siégea au Corps législatif de l'Empire français de 1812 à 1814. De retour dans son pays, il devint député des états généraux et se signala par la chaleur qu'il mit k défendre toutes les libertés nationales. Le roi Guillaume ayant fait mettre en jugement un de ses amis pour cause politique, Surlet de Chokier, bien qu'il ne fût point avocat , voulut prendre sa dé-

SURL

fense et eut un succès complet devant la justice comme devant l'opinion. La popularité qu'il avait acquise déplut au gouvernement des Pays-Bas, qui fit tous ses efforts pour l'empêcher d'être réélu au congrès et y parvint. Il vécut à l'écart des affaires publiques jusqu'en 1828, époque où il revint siéger aux états généraux. Deux ans plus tard éclata en Belgique l'insurrection nationale qui avait pour but d'amener la séparation de ce pays d'avec la Hollande et de fonder son autonomie. Elu membre du congrès national, Surlet de Chokier fut porté par ses collègues à la présidence et réélu quatre fois de suite dans les circonstances les plus difficiles. Lors de l'élection d'un roi, il se rendit à Paris à la tète d'une députation chargée d'offrir la couronne au duc de Nemours , second fils de Louis- Philippe, qui refusa. Peu après, le congrès se prononça pour la régence. « La droiture du cœur de Chokier, dit Rabbe, sa simplicité de mœurs et de goûts, le beau caractère dont | il avuit fait preuve en tant de circonstances,' sa position de citoyen sans famille, qui offrait au peuple belge des garanties contre le népotisme, toujours si dangereux quand il est question de recréer l'administration d'un Étal, tout contribua à le faire élire régent de la Belgique. Il entra en fonction le 24 février 1831. Ce fut en vain que le décret du congrès qui renfermait son élection mit a sa disposition et à son choix un des palais de la nation ; il n'en voulut aucun, et, quand la députation de ce corps se rendit auprès de lui pour lui offrir la régence, cet homme modeste occupait un appartement de 50 francs par mois. ■ Lors de son installation, il refusa de s'asseoir sur le trône qui lui avait été préparé, et le peuple ayant dételé les chevaux de sa voiture pour la traîner, il en descendit aussitôt et se perdit dans la foule pour ne point subir une pareille ovation. Le ïl juillet de la même année, il remit ses pouvoirs h Léopold de Saxe-Cobourg, qui venait d'être élu roi, et se retira alors à Gingelom, où il vécut dans la retraite jusqu'à sa mort, ne voulant accepter d'autres fonctions que celles de bourgmestre de cette petite ville.

SUR-LE-TOUT s. m. Blas. Petit écusson posé sur un écu écartelé , pour recevoir les armes propres de la famille, les quartiers étnnt réservés aux alliances et aux concessions.

— Encycl. Le sur-le-tout est ordinairement destiné pour les armes propres de la famille, et les quartiers pour les armes de concession ou d'alliance; on nomme d'abord ces quartiers en blasonnant, ensuite le sur-letout.

On dit aussi brochant sur le tout, en parlant d'une pièce honorable ou d'un meuble que traverse l'écu, et pose sur d'autres meubles.

Lorsqu'au centre d'un écartelé il se trouve un meuble, tel qu'un croissant, une rose, un annelet, une quintel'euille, etc., qui ne sont point sur un écusson, on doit éviter de se servir, en les blasonnant, du terme sur-letout; on ne doit pas non plus dire que ce meuble est en cœur ou en abîme , ce qui pourrait faire amphibologie, attendu qu'on pourrait aussi l'entendre du centre du dernier quartier comme du centre de tous les quatre ; mais on pourra dire que ce meuble broche sur l'écartelé.

Lorsque, sur un écartelé simple, il se trouve une bande, une cotice, etc., cette pièce sera dite brochante sur le tout; mais si les quartiers de l'écartelé sont chargés de quelques meubles, ou même un seul de ces quartiers, on doit dire, pour éviter toute amphibologie, que la bande ou la cotice broche sur l'écartelé.

SUR-LE-TOUT-DU-TOUT s. m. Blas. Petit écusson posé sur le sur-le-tout, et ayant deux parties et demie des sept de la largeur du sur-le-tout, et trois parties des huit pour la hauteur ; Villeneuve de Trans : Ecartelé au 1 contre -écartelé, aux premier et quatrième quartiers d'or à pals de gueules qui est de Foix ; aux second et troisième d'or, à deux vaches de gueules, onglées, colletées et clarifiées d'azur, qui est de Béarn; au 2 de gueules, aux chaînes d'or, en croix, sautoir et double orle, et une émeraude au centre, qui est de Navarre; au 3 contre-écartelë en sautoir, aux premier et quatrième quartier d'or, à quatre vergettes de gueules, qui est de Barcelone entier; aux second et troisième rf'orgent, à l'aigle de sable, qui est de Sicile; au 4 d'azur, à ta bande componnée d'argent et de gueules de huit pièces, accostée de deux fleurs de lis d'or, qui est d'Evreux; sur-le-tout de gueules, fretté de lances d'or, semé d'écussons du même dans les claires-voies , qui est de Villeneuve ; sur-Le-tout-du-tout d'asur, à la fleur de lis d'or.

SURLIER v. a. ou tr. (sur-li-é — du préf. sur, et de lier). Mar, Entourer avec du fil a voile ou avec un petit cordage, pour empêcher de se détordre : Sijrlier un câble.

SURLIUREs. f. (sur-li-u-re— rad. surlier). Mar. Action de surlier un cordage, pour empêcher les torons de se décommettre.

SURLONGE s. f. (sur-lon-je — du préf.

Sur, et de longe). Partie de l'échiné du bœuf située entre le paleron et le talon du collier.

SURLOUER v. a. ou tr. (sur-lou-é — du préf. sur, et de louer). Prendre ou donner en location au-dessus de la valeur réelle.

SURM

SURLUNAIREadj. (sur-lu-nè-re — du préf.

sur, et de lunaire). Qui est au-dessus, au delà de la lune.

— Fam. Fantastique, imaginaire : La figure de mes êtres surlunairks. (J.-J. Rouss.)

SURMARCHER v. n. ou intr. (sur-mar-ché

— du préf. sur, et de marcher). Mener, Revenir sur ses erres.

Se surmarcher v. pr. Entrer dans les voies les uns des autres : Le casoar, l'autruche et le tohgou semblent s'être partagé entre eux le climat de la zone torride , oïl ils se maintienvent chacun dans leur terrain, sans se mêler

ni SB SURMARCHER. (BufF.)

SURME s. m. (sur-me). Ane. mus. Trompette égyptienne très-bruyante.

— SURMÉ ou SUBMEH s. m. (sur-mé). Fard noir à l'usage des femmes turques.

SURMÉLIaN (le Père Christophore) , savant mathématicien, né à Constant! nople en 1751, mort en 1887. Il entra dans la congrégation des méchitaristes de Venise et se fit remarquer par ses travaux scientifiques. On lui doit : Traité d'arithmétique ( Venise , 1817); Calendrier universel ecclésiastique et civil (Venise, 1818), etc. Il a collaboré, en outre, au grand Dictionnaire arménien (Venise, 1836, S vol. in -fol.).

SCRMEL1N , petite rivière de France (Marne). Elle prend sa source prés du village d'Éloges, dans l'arrondissement d'Epernay, entre dans le département de l'Aisne, reçoit la Dhuys, prèsdeCondé, et tombe dans la Marne, près de Mezy-Moulins, après un cours de 40 kilom.

SURMENAGES, m. (sur-me-na-je — rad.' surmener). Action de surmener, n Peu usité,

SURMENER v. a. ou tr. (sur-me-né — du préf. sur, et de mener. Se conjugue comme mener). Excéder de fatigue , faire marcher ou travailler trop vite ou trop longtemps : SORMKNBR son cheval. Surmener les ouvriers. Il s'agissait d'une jument noire qu'on avait un peu svrmksée, et qui était menacée de devenir poussive. (Mérimée.)

SURMESQRE s, f. (sur-me-zu-re — du préf. sur, et de mesure). Pratiq. Ce qui se trouve au delà de la mesure exprimée dans les actes de vente.

SURMONTABLE adj. (sur-mon-ta-ble — rad. surmonter). Qu'on peut surmonter : Cette difficulté, cet obstacle est surmontable. Il y a peu de difficultés qui ne soient surmontablks pour celui gui les combat avec un courage opiniâtre. (Ch. Nod.)

SURMONTÉ, £E (sur-mon-té) part, passé du v. Surmonter. Terminé dans sa partie supérieure : Celte colonne est surmontée d'une statue. Ce lit est surmonté d'un riche baldaquin. (Acad.) Ces montagnes sont surmontées de hauts pitons, autour desquels se rassemblent sans cesse des nuées pluvieuses. (B. de St-P.)

— Fig. Défait, accablé, vaincu : On voit continuellement les Domains, quoique surmontés dans le commencement par le nombre ou par l'ardeur des ennemis, arracher enfin la victoire de leurs mains. (Montesq.)

Hercute a désarmer coûtait moins qu'Hippoljrte, Et, vaincu plus souvent et plus tôt surmonté, Préparait moins de gloire aux jeux qui l'ont dompté,

lue in E.

— Blas. Se dit de la fasce, du chevron, du pal, des jumelles, de la barre et de la bande, quand ces pièces , étant abaissées , ont un meuble quelconque en chef : Bazan de Flamanville ■ D'azur, à deux jumelles d'argent, surmontées d'un lion léopardé du même, couronné et lampassé d'or. Il Se dit aussi de toute figure qui en a une autre au-dessus d'elle sans la toucher ; Bogier de lu Ville : D'argent, à une vilte d'azur sur un rocher du même, surmontée de trois étoiles de gueules.

SURMONTEMENT s. m. (sur-mon-te-man

— rad. surmonter). Action de surmonter; résultat de cette action. Il Peu usité.

SURMONTER v. a. ou tr, (sur-mon-té — du préf. sur, et de monter, proprement monter par-dessus, franc.hir^Coinparez l'allemand ùbersteigen, qui a le même sens, et qui est formé de la même façon, de ùber, sur, et de steigen, monter). Dépasser en s'elevant, monter au-dessus : Au déluge, l'eau surmonta de quinze coudées les plus hautes montagnes. (Acad.)

— Etre placé au-dessus, sur le haut de : Des trophées, des vases, des groupes surmontent les acrotères de celte balustrade. (Acad.) Dans la colère, les sourcils s'élèvent, la paupière s'ouvre, surmonte la prunelle et laisse paraître une partie du blanc de l'œil. {BaS.)

— Fig. Accabler, abattre les forces de ; La fièvre le surmonta, h Emploi vieilli, n Dompter, dominer, se rendre maître de : Les femmes peuvent moins surmonter leur coquetterie que leurs passions. (La Rochef. ) Si saint Louis a suhmonté l'orgueil , il n'A pas moins surmonté la volupté. (Fléch.) Il y a des femmes en gui l'art surmonte la nature, et que l'on peut appeler de beaux mensonges. (Lu Moitié Le Vayer.) Le courage surmonte tout. (Vauven.) Quand on ne surmonte qu'une passion, on ne fait qu'augmenter lu force des autres. (Cœuilhé.) Là certitude d'être nécessaire à un être aimé donne seule le courage de sur-

SURM

monter de grands chagrins. (M<°e S. Gay.) C'est peu pour l'homme de surmonter tes obstacles ; tl veut les supprimer, pour n'avoir plus à s'en soucier. (Guizot.) Un courage élevé toute peine surmonte.

Maliief.de.

J'admirais si Math an, dépouillant l'artifice, Avait pu de son cœur surmonter l'injustice.

Racine.

On confie aisément des malheurs qu'on surmonte; Mais qu'il est accablant de parler de sa honte I

Vowairb.

H Surpasser, vaincre, avoir le dessus sur : Il a surmonté tous ses concurrents. Surmonter quelqu'un en générosité, en science, en éloquence, en valeur. (Acad.) Aucun des deux partis «'ayant surmonté l'autre, pas un n'obtint ce qu'il s'était proposé. (La Rochef.)

— Absol. S'élever au-dessus, surnager :

L'huile, mêlée avec de l'eau, surmonte toujours. (Acad.) Il Peu usité.

— Navig. Surmonter un bateau, Le remonter. Il Peu usité.

Se surmonter v.pr. Etre surmonté, dompté: Toute passion peut se surmonter avec le temps et la volonté. (Ch. Nod.)

— Se maîtriser, se vaincre, se dompter : Celui qui su surmonte lui-même surmonte facilement les autres, (Ch. Nod.)

~— Syn. Surmonter, dompter, réduire, etc. V. DOMPTER.

SURMOULAGE s. m. (sur-mou-la-je — du préf. sur, et de moulage). Moulage pris sur un autre moulage.

SURMOULE s, m. (sur-moule — du préf.

sur, et de moule). Techn. Moule pris sur un objet moulé.

SURMOULÉ , ÉE (sur-mou-lé) part, passé du v. Surmouler. Coulé dans un moule pris sur un objet moulé : Statue surmoui.éb.

— s. m. Objet coulé dans un moule pris sur un objet moulé.

SURMOCLER v, a. ou tr. (sur-mou-lé — du préf. sur, et de mouler). Techn. Couler dans un moule pris sur un objet moulé : Surmoulkr une statue.

SURMOUSSE a. m. (sur-mou-se — du préf.' sur, et de moussé). Bot. Espèce de champignon du genre agaric.

SURMOÛT s. m. (sur-moû — du préf. sur, et de inotît). Vin tiré de la cuve sans avoir été cuvé ni pressuré : Un muid de surmout. Faire du surmoût.

SURMULET s. m. (sur-mu-lè — du préf.

sur, et de mulet). Ichthyol. Nom vulgaire d'un .poisson du genre mulle : La grandeur ordinaire du surmulkt l'emporte sur celle du rouget. (V. de Bomare.) Tibère se plaignit amèrement que trois surmulets eussent été vendus plus de trois mille sesterces. (Laharpe.) n Surmulet barbu, Un des noms du rouget.

— Encycl. Le surmulet, souvent confondu avec le rouget, s'en distingue par des raies longitudinales dorées, qui s'étendent sur tout le corps, par ses barbillons plus longs, ses écailles plus épaisses et plus fortement adhérentes , son foie brun et non rouge, et par quelques autres caractères moins importants. Le surmulet atteint la longueur de 0ln,30; il a la bouche petite, la mâchoire supérieure proéminente, dépourvue de dents, la mâchoire inférieure munie d'une rangée de petites dents; le front, les joues, la nuque et l'opercule sont couverts de grandes écailles; la tête d'un est rouge vermillon et les nageoires sont dorées. 11 habite la Méditerranée et surtout l'Océan. Il va par troupes, vers le commencementdu printemps, dans les profondeurs de la mer. 11 se nourrit ordinairement de jeunes Crustacés et de mollusques et se jette même souvent sur les cadavres d'animaux, car il est très-vorace. 11 pond dans le voisinage des embouchures des fleuves et des rivières. Les Grecs l'avaient consacré à Diane, dans ta pensée qu'il était utile à l'homme en poursuivant et détruisant les poissons dangereux. On pêche le surmulet au filet, à la louve, a la nasse et surtout à l'hameçon. Quand on veut l'expédier au loin, on le fait bouillir dans l'eau de mer aussitôt après qu'il a été pris, on le saupoudre de farine, puis on l'entoure d'une pâte qui le garantit du contact de l'air; il peut ainsi se conserver pendant un temps assez long. La chair de ce poisson est blanche, feuilletée, ferme et très-agréable au goût, bien que moins estimée généralement que celle du rouget. Les Romains en faisaient grand cas et aimaient à observer sur leurs tables la dégradation de couleurs qu'il présente en mourant. Ils le payaient à des prix très-élevés, d'où est venu le proverbe : « Ne le mange pas qui le prend. ■ La tète et le foie étaient surtout très-estimés.

SURMULOT s. m. {sur-mu-lo — du préf.

sur, et de mulot). Miunm, Nom vulgaire d'une espèce de rat : On ne saurait employer trop de moyens pour détruire les surmulots. (Bosc.) Le surmulot est plus fort et plus méchant que le rat. (Buff.) Les chiens chassent les surmulots comme ils chassent les rats d'eau. (V. de Bomare.)

— Encycl. C?tte espèce de rat a environ 0m,25 de longueur, non compris la queue, qui a h peu près ("B.ÎO ; son pelage est d'un brun roussâtre mêlé de gris en dessus,

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avec de longs poils noirâtres, blanchâtres ou cendrés en dessous ; il a les yeux noirs, les moustaches longues, les oreilles un peu velues, la queue assez grosse, recouverte de petites écailles, d'entre lesquelles sortent des poils courts et clair-semés; les pieds, presque nus, sont d'un blanc un peu carné. Le pelage est, d'ailleurs, sujet à varier; on trouve des individus blanchâtres, ou couleur cannelle, ou d'un gris perle uniforme marqueté de blanc et de brun.

Originaire de l'Inde et de la Perse, il a été importé en Angleterre par des navires de commerce en 1730. Vers la même époque, il faisait irruption dans la Russie méridionale par Astrakhan, où on le vit, dit-on, en 1827. Aujourd'hui il s'est répandu dans presque toute l'Europe, et de la en Amérique, Partout où il s'est propagé, il a. détruit, ou fait fuir, ou notablement diminué l'espèce du rat noir, parce qu'il est plus fort et surtout plus vorace. Il est très-abondant h Paris et aux environs; on le trouve communément dans tous les endroits où il y a des matières en putréfaction, tels que les voiries, les latrines et les égouts. Il fréquente aussi les marchés, les fermes, les caves, les granges, les greniers, etc. On le rencontre même au bord des ruisseaux, et, bien que n'ayant pas les

{lieds palmés, il ne craint pas de se jeter à 'eau, car il est bon nageur. Dans les colonies, les surmulots sont devenus si redoutables, que sur plusieurs points on u dû intervenir pour arrêter leur tron rapide propagation. Dans les lies qui avoisinent Madagascar, on les voit parfois arriver en grandes quantités, mais ils émigrent bientôt après avoir tout dévasté. Ils ne craignent pas do traverser à la nage les distances qui séparent ces lies les unes des autres, surtout lorsqu'elles ne sont pas trop considérables. Le voisinage des eaux douces leur est également favorable, et on les trouve abondamment auprès des eaux courantes ou des étangs. Ils pullulent quelquefois tellement sur certains vaisseaux, qu'ils contraignent l'équipage à les abandonner. Ils sf> jettent sur les cadavres des animaux et les dévorent avec avidité. Dans certains pays, les cimetières en sont infestés, parce qu'ils trouvent là une nourriture abondante et assurée. Le surmulot se creuse dans la terre, de préférence sur le bord des eaux , des trous souvent très-profonds, renfermant des cavités de 0m,30 et plus de diamètre et à plusieurs issues ; quelquefois il les établit bous les fondements des murs, dont il détruit la solidité ; on l'a vu même miner ainsi d'une manière inquiétante les digues des ports. Duchàtelet rapporte qu'une des personnes de l'établissement de Montfaucon n'a préservé sa maison de l'atteinte des surmulots | qu'en entourant d'une couche épaisse de fragments de bouteilles les fondements sur lesquels elle reposait. Le même observateur ajoute que, si l'on abandonne pendant une nuit dans les cours les chevaux équarris, les surmulots en dévorent complètement In chair, de manière à mettre à nu tous les os dont se compose le squelette. Le surmulot s'empare aussi parfois des terriers des lupins et, dans ces trous, se retire durant le jour, surtout en hiver; mais il ne s'engourdit pas comme les loirs et il sort pendant les belles journées. On ne trouve généralement qu'un couple dans chaque trou. Il y dépose ses provisions, qui consistent surtout en graines et en fruits seus. C'est là aussi que la femelle met bas, trois fois dans l'année, chaque portée étant de douze à dix-huit petits.

Le surmulot est d'un caractère féroce, d'une hardiesse à toute épreuve et d'une avidité insatiable; le mâle, sous tous les rapports, l'emporte beaucoup sur la femelle. Lorsqu'on poursuit ces animaux et qu'ils ne peuvent regagner leur terrier ou se jeter à l'e:iu, ils se fourrent dans un buisson d'épines. Si on parvient k les saisir, ils se retournent et font des morsures cruelles, dangereuses même, car elles sont proniptement suivies d'une enflure considérable, et la plaie, quoique petite, est longtemps à se refermer. Dans les granges et les greniers, ils hachent la paille, consomment beaucoup de grains et infectent tout de leurs ordures. Ils rongent même les portes.

■ Dans les campagnes, dit Bosc, non-seulement ils mangent toutes les espèces de fruits, toutes les substances animales qu'ils rencontrent, mais encore les autres quadrupèdes et les oiseaux qu'ils peuvent saisir en vie. it est des lieux ou ce n'est qu'avec des précautions sans nombre que les ménagères peuvent sauver les couvées de toute espèce de leur voracité. Sous ce rapport, ils deviennent souvent plus dangereux que la fouine et la belette,, parce qu'ils percent les murs mêmes , ce que ces dernières rie tentent jamais. Dans les plaines, ils exercent tes mêmes dévastations sur les jeunes lapins, les jeunes lièvres, les perdreaux, 'etc. Le seul bien qu'ils fassent, c'est de ne souffrir aucun concurrent et de manger les rats, les souris et même les belettes (on en a vu cependant, par exception, former société avec les autres rats). Non-seulement ils se défendent contre les chiens et les chats, mais ils attaquent même quelquefois ces derniers, qui les redoutent au point d'être rarement disposés àjeur faire la guerre. Ils osent même tenir tête à l'homme ou, du moins, dédaignent do se sauver à son aspect. Ils mordent le bâton

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qui les frappe avant de se déterminer àcéder. •

On ne saurait donc faire une guerre trop active à ces animaux destructeurs. Ou dress>e pour cela des chiens , de la race des boutedogues, qui les chassent avec acharnement, surtout pendant la nuit, et les^ tuent d'un coup de dent. On les relance, à l'aide des furets, dans leurs terriers, ou bien on les force d'en sortir au moyen de l'eau ou de la fumée, et après avoir place à l'entrée un sac dans lequel ils se jettent et où on les assomme. On leur tend des pièges de toutes sortes, notamment des pièges de fer à planchette. On les empoisonne avec de l'arsenic, de la noix vomique, de la pâte phosphorée, du verre pilé, etc. Mais il faut varier souvent les pièges et les appâts, car le surmulot est très-rusé et n'y revient plus quand il a été manqué.

La quantité considérable de surmulots que l'on peut tuer en quelques jours a engagé certains industriels a tirer parti de ces animaux, et on est arrivé aujourd'hui à utiliser leur peau, préalablement ehamoisée, pour la fabrication des gants. On jugera du bénéfice que l'on peut faire avec ce métier, si l'on se rappelle qu'en décembre 1849 quelques jours ont suffi pour prendre 240,01)0 rats dans les égouts de Paris. La chair du surmulot est si désagréable au goût que les animaux carnassiers eux-mêmes ne la mangent pas. On ne peut en tirer parti qu'en la jetant sur le fumier, dont elle augmente la qualité et la richesse en azote.

SURMURINS S. m. pi. (sur-mu-rain, i-ne — du préf. sur, etdewiurtn). Mamm. Famille de mammifères rongeurs , comprenant le genre agouti.

SURNAGEANT , ANTE adj. (.sur-na-jan , an- te — nid. surnager). Qui surnage : Huile

SURNAGEANTE.

SURNAGER v. n. ou intr. (sur-na-jé — du préf. sur, et de nager. Prend un e après le g devant a et o : Il surnagea; nous surnageons). Se soutenir sur la surface d'un liquide l Le liège plongé dans l'eau surnage. Quand on met de l'huile dans l'eau, t'huiie surnage. (Acad.) Un corps qui pèse moins qu'un volume égal au sein de la ligueur dans laquelle il est plonge surnagea partie; mais il s'y enfonce jusqu'à ce qu'il ait déplacé un volume de cette liqueur aussi pesnnt que lui. (Brisson.) Une personne grasse surnage plus aisément qu'une maigre. (A. Rion.)

— Fig. Survivre, subsister, durer : A la longue, les erreurs tombent et la vérité surnage. Parmi une foule d'ouvrages tombés dans l'oubli, celui-là a surnagé. (Acad.) Barbezieux fit tout ce qu'il put pour noyer dans les plaisirs ses chagrins; mais ceux-ci surnagèrent. (St-Sim.) Nos preiftières impressions sont comme le liège ; elles surnagknt toujours.

■ (,\joie W'oillez.) 1 1 y a toujours da7ts lecœur humain un sentiment d'équité qui surnage entre les pussions. (Letnontey.) La vérité doit seule surnager au milieu des discussions. (Dupin.)

— Surnager à, Flotter, nager au-dessus de:

A cette épaisse nuit qui descend d'âge en fige, A peine un nom par siècle obscurément surnage.

LiHAÏ.TINlî.

k Inus., bien que nécessaire, surnager étant neutre. On a dit aussi surnager sur :

Sur mon passé rien ne surnage Des vains rêves de mon jeune fige.

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