V. Hugo
Cette forme est absolument irrégulière, à cause de la répétition de la préposition.
— v. a. ou tr. Nager, flotter au-dessus de : Le pétrole sort de la source me beaucoup d'eau qu'il surnage toujours. (Buff.) Le décantation est une opération qui coiisiste à séparer les liquides des dépôts qu'ils surnagent. (Soubeiran.) II Inusité, bien que la préposition contenue dansie mot surnager justifie cetemploi.
Rem. Nous avons vu que surnager ne
peut être employé avec la préposition sur, qu'il est contraire à l'usage de lui donner la préposition à, que surnager n'est jamais actif comme il devrait l'être; la conclusion nécessaire de tout cela, c'est que surnager ne peut jamais ètia employé que d'une manière absolue, ce qui est néL'essaireinentg.énant quand on veut exprimer les rapports de densité de deux corps. Dans les phrases suivantes : Le liège plongé dans l'eau surnage. Quand on met de l'huile dans l'eau, l'huile surnagb, l'Académie n'a réussi à exprimer ia densité relative de l'eau et du hége, de l'eau et de l'huile, qu'en dénaturant le sens du mot surnager et en lui donnant le sens, qu'il n'a pas, de remonter à 1» surface; surnager signifie rester à la surface, et ce n'est pas quand on plonge du liège dans l'eau ou qu'on met de l'hune dans l'eau qu'Us restent à ta surface.
SURNATURALISER V- a. ou tr. (stir-natu-ra-li-zé — nid. surnaturel). Rendre surnaturel, donner un caractère surnaturel à. : Sur- NATUKaliser ses pensées, ses intentions,
SURNATURALISME s. m. (sur-na-(u-rali-sme — du lat. suruaturatis, surnaturel). Philos. Système philosophique qui admet le surnaturel.
SURNATURALITÉ s. t. (sur-na-tu-ra-li-té — rad. surnaturel). Théol. Qualité de ce qui e.-.t surnaturel ; L' adoration religieuse a passé
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de laminëralité à lavégétalité, à l'animalité, à l'humanité et enfin à ta surnaturalité, (T. Thoré.)
SURNATUREL, ELLE adj. (sur-na-tu-rèl, ë-le — du préf. sur, et de nature). Qui est audessus de la nature, des forces de la nature : Effet surnaturel. Cnuse , puissance, vertu surnaturelle. Lumière surnaturelle. Qualité surnaturelle. (Acad.) Si la vertu se suffisait à elle - même , elle ne serait plus une qualité humaine , mais surnaturelle.
(Vauven.) Des temples furent élevés, aven le temps, à tous ceux qu'on avait supposés être nés du commerce surnaturel de la Divinité avec nos femmes et nos filles. (Volt.) Il y a quelque chose de surnaturkl dans un individu réduit à l'étal de pure machine. (De Custine). La religion chrétienne repose sur des faits surnaturels. (L'abbé Bautain.) Mien n'est et ne peut être surnaturel, c'est-à-dire au-dessus de la naturel (A. Guyard.) L'ordre surnaturel ne tombe pas sous notre connaissance et se déroule hors de ta portée de nos regards. (Guizot.)
— Qui n'est connu que par la foi, par la révélation divine : Vérités surnaturelles.
— Par exagér. Extraordinaire, singulier, fort au-dessus du commun : Une adresse surnaturelle. Un bonheur surnaturel, (Acad.) Biche 1 Quand on applique cette épithéte à un homme, il semble que par là on le dote d'un privilège surnaturel. (X. Marmier.)
■ — s. m. Chose surnaturelle, ce qui est surnaturel : Il n'y a point de surnaturel dans la nature, mais beaucoup d'incompréhensible. (Ch. Nod.) Le surnaturel disparaît devant l'examen. (E. Scherer.) Le surnaturel, qui dans un sens répond à tout, dans un autre sens ne répond à rien. (E. St'herer.) C'est sur une foi naturelle au surnaturel, sur un instinct inné du surnaturel que toute religion se fonde. (Guizot.) Entre le catholicisme et ses adversaires, la lutte a pour objet, d'abord, la notion du surnaturel. (L. Veuillot.) La mesure parait froide et ennuyeuse à la longue ; on veut l'étrange, le surhumain, le surnaturel. (Renan.)
— Encycl. Toutes les religions, s'appuyant sur une révélation, mettent le surnaturalisme à leur base. Pour toutes aussi, par consé quant, le monde dans lequel nous vivons est un lieu de misère et d'horreur, dont noiis devons le plus possible nous détacher, en y vivant, selon l'expression de saint Paul, «comme n'y vivant pas. • Jésus-Christ, du reste, avait enseigné la même doctrine : ■ N'aimez point le monde, avait-il dit, ni les choses qui sont dans le inonde, car, si quelqu'un aime le monde, l'amour de Dieu n est point eu lui. »
Cette haine de la nature, du monde visible s'est surtout accusée aux grandes époques de ferveur et de fanatisme. Le surnaturalisme conduit à la mortification de la chair, à la négligence la plus absolue, au mépris du corps ; en un mot, il s'oppose à tous les efforts et à tous les progrès humains et n'est pas moins hostile k la science qu'aux arts.
On a trouvé dans les papiers de Pascal la note suivante, écrite de sa main : « Ecrire contre ceux qui approfondissent trop les sciences : Descartes. • Dans les premiers temps, lorsque l'Eglise n'était pas encore devenue mondaine, on n'étudiait rien sans avoir en vue un intérêt théologique ; on s'occupait, par exemple, de la prosodie à cause des différentes aortes de vers que l'on trouvait dans les hymnes ; de la dialectique en vue des discussions contre l'hérésie ; de l'astronomie pour le calcul des temps ecclésiastiques; de la musique a cause de la pompe qu'elle prêtait au service divin. De là venait aussi l'habitude de gratter les vieux parchemins pour y écrire des livres de piété, habitude qui a causé des pertes irréparables dans la littérature classique. Bruno trouva en ni! , dans la bibliothèque du Vatican, une grande partie de Tite-Live et des discours de Cicéron grattés et effacés, et à leur place le livre de Tobie. Si de pareils faits, que l'on pourrait d'ailleurs citer par centaines, démontrent la faible idée que le catholicisme a de la valeur de la science, son opposition avec elle éclate surtout dans sa croyance au miracle. La puissance miraculeuse appartient non-seulement a Dieu, m»is encore aux saints. Chaque cloître mettait les miracles de ses fondateurs au niveau et même au-dessus de ceux du Christ. A propos de la biographie de saint Fruncois-Xavk-r, Buyle fait la précieuse réflexion qui suit : ■ On ne vit jamais plus de miracles que l'on n'eu voit dans ce livre ; on ne saurait faire un pas sans y en trouver, et l'on demanderait volontiers qui des deux doit passer pour le miracle, ou l'interruption, ou le cours de la nature. On ne sait où est l'exception et où est la règle, car l'une ne se présente guère moins souvent que l'autre. »
Pur cela même qu'une religion prétend s'appuyer sur une autorité surnaturelle et indiscutable, elle est forcée de mettre toujours un moyen terme entre elle et les choses, oontt'uu ement à la science, qui ne soull'rc pas d'intermédiaire, qui ne veut connaître les choses que dans les choses mêmes. Ainsi, Copernic explique les mouvements du ciel de la manière la plus simple; mais son hypothèse est repoussée parce qu'elle est eu opposition avec la sainte Ecriture. La théologie a pour critérium unique la Bible ; ce qui n'est
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pas dans la Bible ne doit pas exister dans la nature. Pille voit dans tout phénomène extraordinaire ou bien le diable, ou, ce qui est la même chose, la colère de Dieu. « Aucune maladie, dit Luther dans ses Propos de ta-, ble{Sur le diable et ses œuvres), ne vient de Dieu, qui est boa et fait du bien à tout le monde, mais du diable, qui est la cause de tout le mal et se fait un plaisir de souffler partout la peste et la fièvre. » ■ Les anciens sages, dit Poncer, cherchaient à tranquilliser les hommes et à les délivrer de la crainte de Dieu, en expliquant tout par des causes naturelles; mais il nous est impossible d'être d'accord avec eux, car l'Ecriture sainte nous assure que les phénomènes extraordinaires sont produits soit par Dieu, soit par les anges, soit par les diables. » Hieronymus Vital) s avance, comme chose certaine, que les solfatares de Pouzzoles , que le Vésuve , l'Etna, l'Hécla, l'Aréquipa, au Pérou, et tous les autres volcans sont les cheminées de l'enfer ; et comme beaucoup de Pères de l'Eglise, Augustin, Grégoire, Bernard, Isidore, Pierre Damien, Bonaventure, Tertuilien et d'autres encore partagent cette opinion, il conclut qu'il faut être téméraire pour nier que les montagnes qui vomissent du feu soient les portes infernales et que Dieu les a placées exprès en différents lieux de la terre, afin que les hommes puissent voir les demeures destinées aux impies après leur mort. Le même Hieronymus Vitalis croit que la région moyenne de l'air est le séjour de prédilection du diable, et sa croyance était panagée par beaucoup de chrétiens, car il est parlé dans le Nouveau Testament (Epkésiens, II, u) du prince qui règne dans les airs. Les tempêtes, les trombes, la grêle, les boules de feu , en un mot tous les phénomènes météorologiques étaient attribués au diable ou aux hommes qui se trouvaient on communication avec lui.
C'est ainsi que la théologie s'opposait à toute explication naturelle des choses. LorsqueRéaumurreconnutqu'une prétendue pluie de sang, considérée comme un signe terrible de la colère de Dieu , n'était autre chose qu'une masse d'œufs et d'excréments d'insectes et voulut démontrer par ce phénomène que la science délivre l'homme d'une foule de terreurs sans fondement, les journalistes de Trévoux lui opposèrent cette pieuse réflexion : «Le public a toujours droit de s'alarmer; il est coupable, et tout ce qui lui rappelle l'idée de la colère d'un Dieu vengeur n'est jamais un sujet faux, de quelque ignorance philosophique qu'il scit accompagné, etc. • Les pensées que saint Thomas d'Aquin a exprimées sur le sujet qui nous occupe sont très-intéressantes :« La philosophie humaine, dit-il (Summa contra yentites, l, 2, c. iv), examine les choses telles qu'elles sont; la foi chrétienne, en tant qu'elles représentent les attributs divins. Le croyant considère donc une chose dans les créatures et le philosophe une autre. Celui-ci considère en elles ce qui leur appartient en vertu de leur propre nature; par exemple, dans la flamme la faculté de s'élever dans les airs ; celui-là, ce qui leur appartient en vertu de leurs rapports avec Dieu, c'est-à-dire leur création par sa puissance et leur subordination à sa volonté. Si tous les deux ont le même sujet d'étude, ils ont des principes dilférents, car le philosophe puise ses raisons dans les causes particulières propres à chaque objet, et le croyant dans la cause première. Us suivent aussi une autre méthode. L'un, examinant les créatures en elles-mêmes et s'élevantd'e leur connaissance à celle de Dieu, examine les créatures d'abord et ensuite Dieu ; l'autre, au contraire, ne considérant les créatures que par rapport à Dieu, considère Dieu d'abord et les créatures ensuite. Cette dernière méthode est la meilleure; elle est parfaite parce qu'elle ressemble à celle de Dieu qui, en se connaissant, connaît tout le reste. » Faut-il s'étonner après cela qu'au moyen âge, sous le règne de la religion, de la théologie, du supranaturalisme enfin, les sciences en général aient été discréditées et aient fait si peu de progrès ?
Myis ce ne sont pas les théologiens seuls qui professent la croyance au surnaturel ; certains philosophes mystiques ont prétendu que l'homme portait en lui-même une faculté supérieure à la raison, au moyen de laquelle il parvenait à la connaissance intuitive et directe de ce qu'ils appelaient le divin. C'est en ce sens que certains Pères de l'Eglise primitive, ainsi que les néo-platoniciens et plus tard les mystiques du moyen âge et du xvje siècle jusqu'à Jacques Bœhm ont enseigné que l'homme pouvait s'élever jusqu'à Dieu par l'extase. Mais en fait, quelles ont été les grandes vérités découvertes par ceux qui se vantent d'avoir eu ainsi des lumières supérieures à la raison ? Qu'on en suive la liste depuis Jatublique et Produis jusqu'à Swedenborg, Bander ou saint Martin, eu passant par les sainte Thérèse et îes François d'Assise, par les Marie Alacoque et les Catherine Emmerieh. En supposant constatés un aussi grand nombre qu'on voudra de prodiges et de merveilles tous plus douteux les uns que les autres, qu'est-ce que tout ce merveilleux prouverait ? Que, dans certains états d'exaltation nerveuse, tel se.is, tel organe, telle faculté augmente ou diminue de puissance dans une mesure étonnante ; que f'anesthésie dnns certains cas, la surexcitation dans
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d'autres, au contraire, atteint des limites que dans l'état normal on ne retrouverait jamais. Tout cela peut être constaté sans qu'il en résulte une démonstration du surnaturel. Car il n'y a ici ni raison ni déraison, il y a des phénomènes physiologiques qui tiennent bien plus k la sensibilité et à l'imagination qu'à la raison. Ce qu'il faudrait pour établir l'existence d'un ordre surnaturel digne de fixer l'attention, ce seraient des découvertes, des connaissances, des sciences acquises par d'autres voies que celles de la raison et de la réflexion. Mais rien de pareil n'ajamais eu lieu. On n'ajamais trouvé par l'extase ni une vérité de mathématiques, ni une vérité d'ordre moral, ni une révélation devant laquelle l'esprit humain soit obligé de s'incliner en disant : Voilà une vérité divine, miraculeusement tombée dans le monde. Tout ce que les différentes religions présentent de plus beau et de plus pur est réductible à la raison ; la science moderne en a prouvé et expliqué la formation rationnelle et historique. Tout ce qui échappe k la raison, tout ce qui s'impose comme révélé et incompréhensible est en effet tellement incompréhensible que ce n'est pas un grand dommage pour la raison de n'en pas être l'auteur. Au contraire, c'est son honneur de n'y être pour rien. Entin, il y a plus : tout ce qui est suprarationnel est en réalité irrationnel et, en d'antres termes, n'existe pas pour l'esprit humain, ne peut pas même être pensé. Supposez, si vous le voulez, une révélation expresse de Dieu venant éclairer l'homme d'une lumière surnatureWe. Si cette lumière doit être perçue pur l'homme, il faut qu'elle soit de nature à être saisie par se3 organes de perception; car si elle est tellement supérieure à nos facultés que celles-ci ne nous permettent pas de la percevoir, de quelle manière nous éclairera-t-elle ? Dirat-on qu'elle peut être perçue par cette raison quand elle lui a été révélée, mais qu'elle ne saurait être découverte de prime abord par la raison toute seule ? Mais qu'est-ce que découvrir? C'est percevoir pour la' première fois. Si l'on peut percevoir une seconde fois, rien n'empêche qu'on ne perçoive déjà une première fois. Et, en admettant que la spontanéité de la raison, sa force première d impulsion, n'ait pas été suffisante pour lui faire découvrir certaines vérités du premier coup , ces vérités ne sont pas pour cela suprarationneiles, puisqu'un jour ou l'autre elle les comprendra sans peine après qu'on les lui aura révélées. En somme et par nature, ces vérités n'étaient donc pas essentiellement différentes de celles que la raison trouve ou perçoit journellement. Ainsi, qui dit vérité dit vérité rationnelle, comme dans l'ordre physique qui dit luniière dit lumière visible. Pas de lumière sans œil, pas de vision sans une étroite correspondance entre l'organe qui voit et l'objet qui est vu. S'ils ne s'adaptaient pas l'un à l'autre, ils seraient l'un pour l'autre comme s'ils n'existaient pas.
SURNATURELLEMENT adv. (sur-na-tu- Tè-le-man — rad. surnaturel). D'une manière surnaturelle : Cela ne se peut faire que sur-
NATURELLEMENT. (Aead.)
SURNEIGÉE s. f. (sur-nè-jé — du préf.
sur, et de neiger). Véner. Voie sur laquelle la neige est tombée.
SURNICOU s. m. (sur-ni-hou — contr. de «truie, et de coucou). Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens des coucous, et comprenant trois espèces, qui habitent l'Inde et les îles voisines.
SURNICULE s. m. (sur-ni-ku-le). Ornith.
Syn. de surnicou.
SURN1E s. f. (sur-nl). Ornith. Geare d'oiseaux, du groupe des chouettes.
SURNINE, ÉE adj. (sur-ni-né — rad. surnie). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à ia surine.
— s. f. pi. Tribu d'oiseaux de proie nocturnes, de la famille des strigidées, ayant
.pour type le genre surnie.
SURNOM s. m. (sur-non — du préf. sur, et de nom). Nom ajouté au nom propre d'une personne, et qui la distingue des personnes qui portent le même nom : Scipion eut le surnom d'Africain. Chez les Romains, le surnom désignait à quelle branche de cette famille on appartenait. (Acad.)- On gagne le surnom de Grand, moitié par hasard, moitié par son mérite. (Gidiani.) Dioctétien modela sa cour' sur celle du grand roi; il se donna le SURNOM de Jupiter. (Chateaub.)
— Je le connais par nom et surnom, Je le connais très-bien, je suis parfaitement ce qu'il est.
— Encycl. L'usage des surnoms fut introduit par les Romains à l'occasion de leur alliance avec les Sabins, chaque Romain devant faire précéder son nom d'un nom sabin, et chaque Sabin d'un nom romain.
Au lieu de surnoms, les Hébreux, pour conserver la mémoire de leurs tribus, ont coutume de prendre le nom de leur père, en y ajoutantle nom de ben, flls : Alelchi ben Addt, Addi ben Cosam. Les Grecs disaient de même : Icare, fils de Dédale, et les anciens Saxons : Conrad, fils de Céorald; les anciens Normands se servaient du mot fitz : Jean, fitz Hubert, En Moscovie, les czars ont l'habitude de joindre leur nom à celui de leur père;
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ainsi, le czar Pierre se nommait Pierre Alexiowitz, c'est-à-dire Pierre, fils d'Alexis.
Les Arabes prennent le nom ou le surnom de leur père, sans se servir de leur nom personnel, comme aven Puce, aven Zoas. Si Pace avait un fils et qu'à sa circoncision on l'eût appelé Haly, ce fils aurait pris le nom â'aven Pace, sans faire mention de Haly; mais le fils de ce dernier se serait appelé aven Haly, quelque autre nom qu'il eût reçu à la circoncision.
Les Romains avaient plusieurs sortes de surnoms; l'un, qu'ils appelaient agnamen, servait à marquer qu'on était entré par adoption dans une famille, et l'autre, qu'ils nommaient cognomen, se rapportait k une action ou une distinction personnelle, comme le nom à'Africanus pris par Scipion et celui de Torquatus par Manlius.
Des surnoms, analogues au coynomen des Romains, ont été adoptés chez la plupart des peuples modernes à diverses époques, et, dès que ces surnoms sont devenus héréditaires, ils ont donné naissance aux noms de famille.
Le surnom le plus simple, le plus naturel, celui qu'on retrouve chez presque tous les peuples qui n'ont point de noms de famille, se forme en joignant au nom du fils celui du père , soit qu'on exprime la descendance, comme faisaient les Hébreux, soit qu'on la sous-entende et qu'on dise avec les Grecs Alexandre de Philippe (Alexander Philippi).
Le nom de ia mère, le nom d'un parent ou d'un ancêtre plus illustre que le père ont de la même manière produit des surnoms. Le même hommage a été décerne par l'amitié et la reconnaissance : Eusèbe de Césarée adopta le nom de son ami Pamphile (Eusebius Pamphili) ; et le vertueux Pierre Damien s'était appelé Petrus Damiani , du nom de son frère aîné qui lui avait servi de père.
Quelquefois le nom de la femme devint le surnom du mari.
Le nom de la tribu, de la peuplade à laquelle on- appartient, devint aussi un surnom.
Si un nom particulier distingue le lieu de la résidence ou la propriété, il pourra servir au même usage.
Les actions et les qualités personnelles ont enfanté un grand nombre de surnoms.
Le surnom d un personnage êminent devient souvent inséparable de son nom individuel.
Tous les sentiments qui naissent des rapports des hommes entre eux ont participé à l'invention des surnoms; l'amitié, la familiarité en ont introduit un grand nombre dans la vie intérieure.
Au contraire, les zurnoms imposés par la voix publique sont répétés universellement, et on a quelquefois le droit de s'en honorer ; mais, le plus souvent, il faut les supporter avec résignation, tels que ceux de Bestia, A'Asina, etc., ou mettre sa gloire à les démentir.
Quelquefois, les vertus qui brillent dans l'intérieur des familles étaient récompensées par un surnom. C'est ainsi que le jeune homme qui conduisait tous les jours au Forum son père âgé et aveugle reçut le surnom de Scipion, de scipio, bâton sur lequel s'appuie un vieillard et dont un aveugle se sert pour se conduire.
Les services do l'homme d'Etat étaient aussi récompensés par un surnom. C'est ainsi que Fabius fut surnommé Maximus.
De tels noms ne sont honorables que tant qu'ils sont individuels; ils perdent toute leur valeur dès qu'ils deviennent héréditaires.
Nous ne passerons pas ici en revue les surnoms qu'on trouve à chaque page de l'histoire, tels qu'Alexandre le Grand, Antonin le Pieux, Charles le Téméraire, Clodion le Chevelu, Ptolémée Philadelphe , Pépin le Bref, etc., etc., surnoms qui tirent leur origine des actions, des sentiments, du caractère, d'une particularité physique, d'une ironie, de la conformation ou de toute autre circonstance frappante qui s'applique aux personnages auxquels on les attribue; Cette énumeration serait sans utilité et sans intérêt.
Il est un autre genre de surnoms, quelquefois très-curieux; ce sont ceux qui ont été portés par les membres de certaines sociétés savantes ou de certaines réunions de beaux esprits. Quand Oharlemagne eut fondé l'Ecole du palais, il prit plaisir à en suivre les leçons avec sa famille et toute sa cour; parla, cette institution devint une académie autant qu'une école. Tous les personnages admis aux conférences ordinaires prirent des surnoms tirés de l'antiquité juive ou païenne. Des érudits pensent que cet usage fut établi pour que le professeur pût librement admonester les auditeurs du plus haut rang. Charlemugne se donna le nom du roi David, voulant probablement marquer ainsi la préférence qu'il avait pour la littérature sacrée. La sœur de Charlemagne, Gisèle, portait dans l'Ecole du palais le surnom de Lucie; sa femme, Luitgarde, s'appelait Aoa, sa fille Gisèle avait le nom de Délie; une autre de ses tilles, Rothrude, celui de Colombe; son principal confident, Angilbert, duc de la France maritime, celui d'Homère. Aicuin, qui s'était occupé de réviser les œuvres d'Horace, s'appelait Ftaccus, comme ce poëte. Théoduife, é vèque d'Orléans, portait le surnom de Pindare ; Riculfe, archevêque de Mayence, celui de Damœtas,
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qu'il empruntait à l'un des personnages de Virgile; Adalhard, abbé de Corbie, celui d'Augustin (saint Augustin); Eginhard, l'intendant des bâtiments royaux, celui de tiésétéel; Ricbod, celui de Macaire, etc.
On trouve la mode des surnoms dans une autre société française bien postérieure et qui, sans être officielle, n'en eut pas moins une très-grande influence sur la littérature et sur les mœurs, la société de l'hôtel de Rambouillet au xviie siècle, Les membres ordinaires des réunions de l'hôtel se désignaient entre eux par des surnoms, qui étaient ou des anagrammes ou des noms empruntés à l'antiquité et aux romans en vogue. Mme de Rambouillet s'appelait A rthénice, anagramme de son prénom Catherine. Ce surnom la désigne dans plusieurs poésies de l'époque. Ainsi Voiture :
Jamais l'œil du soleil
Ne vit rien de pareil,
Ni si plein de délice,
Rien si digne d'amour
Si ce ne fut le jour
Que naquit Arlhènice.
Ainsi Ménage :
Ici gist Arlhènice, exempte des rigueurs, Dont la rigueur du sort l'a toujours poursuivie; Et si tu veux, passant, compter tous ses malheurs, Tu n'auras qu'à compter les moments de jsa vie.
Mm°de Rambouillet fut encore surnommée Roselinde, Rolandre, Sestione. Sa fille Julie, qui devint duchesse de Moiîtausier et fut 1 héroïne de la fameuse Guirlande, avait le surnom de Mëlanide. Le duc de Montausier était Mélanidès. Le comte de Grignan, qui fut aussi le gendre de M'û« de Rambouillet avant de devenir celui de Mm« de Sévigné, portait le surnom de Gariman. l.e familier le plus assidu de l'hôtel, Voiture, s'appela Valère ; Balzac, qui y eut tant d'autorité, s'appela Bélisandre ;* Chapelain fut Chrysante; Pellisson devint Acanthe, etM|le de Seudery lui adressa un jour cette déclaration : Enfin, Acanthe, il faut se rendre; Votre esprit a charmé le mien :
Je vous fais citoyen de Tendre, Mais, de grâce, n'en dites rien. Godeau eut le surnom de Mage de Sidon ; Connut fut Théodamas; La Calprenède, Ctilpurnius; Sarrasin, Sésostris; Charleval, Cleonyme; le duc de Saint-Aigtian, Artaban ; Georges de Seudery, Sarraîde; M. de Guénogaud, Alcandre; M. de Raincy, Agathyrse; Ysarn, Zénocrale, etc. Mme de La Fayette vit sou nom patronymique de Lavergne latinisé par Ménage, qui l'appela Laverna, la déesse des voleurs, par allusion à la beauté de cette dame qui dérobait tous les cœurs.
M"e de Seudery reçut le surnom de Sapho, et aussi celui de Sophie, dans le sens de sagesse. Mi" de La Suze fut surnommée Doralise; Mme de Guénégaud. Analhée ; Mme Arragonais, la princesse Philoxène; Mme d'Aligre, Tétamire; l'ubbesse de Malnoue, Oc- (auie.-M111^ Deshoulières, Dioclée, etc.
Dans un grand nombre de sociétés littéraires et d'académies, surtout en Italie, les membres portèrent un surnom général appliqué à tous ceux qui faisaient partie de la société. Ainsi, en Italie : les Arcndiens, les Humoristes, les Capricieux (Fantaslici), les Immobiles, les Oisifs, les Indomptés, les Inconnus, les Enflammés, les Endormis (Addormentali), les Obscurs, les Froids, les Ténébreux (Caliyinosi), les Désunis, les Elevés, les Anonymes (lnnominali), les Insensés, les Persévérants, les Olympiques, les Sourds, les Entêtés (Ostinali). Quelquefois, les membres de ces sociétés ont eu en même temps des surnoms particuliers. Ainsi, chacun des Areadiens adopta le nom d'un berger illustré par quelque poète : Cresciinbeni, par exemple, s'appela Alphésibée, et Zappi eut le surnom de Tirsi Leucasio. 11 y eut, en France, les Calolins, qui appartenaient au régiment de la Calotte; les Paroissiens, qui fréquentaient les réunions de la Paroisse chez Mme Doublet de Persan; les Feuillants,les Laniurelus, etc. Pour terminer par une gaieté, dans l'ordre de la Boisson, qui publia une gazette au commencement du x.vnie siècle, chaque membre avait un surnom approprié aux faits et gestes de la société. On cite : frère des Vignes, frère âfortajdelte, M. de Flaconvitle, frère le Porc, dotn li'arriquez Caraffa y Fuenlcs vinosas, frère Templier, Museau cramoisi, frère Godiueau, frère la Buvette, etc. V. nom et prénom.
SURNOMBRE s. m. (sur-non-bre — du prêt", sur, et de nombre). Nombre qui dépasse le terme fixé. ]| Peu usité.
SURNOMMER v. a. ou tr. (sur-no-mé — du préf. sur, et de nommer). Appeler par surnom, donner un surnom à : La beauté de Milton le fit surnommer « la dame du collège de Christ. » (Chateaub.) Le travail méritera un jour qu'on le surnomme le rédempteur universet. (E. de Gir.)
SURNOURRI, IE adj. (sur-nou-ri, î — du préf. sur, et de nourri"). Fam. Très-gras : Là, le gros homme surnourri, courtaud, rougeaud, semblable à un animât de boucherie, a l'air inquiétant, ahuri, et pourtant inerte. (H. Tuine.)
SURNUMÉRAIRE adj. (sur-nu-mé-rè-re — d'un type latin supranumerarius, qui est formé de supra, au-dessus de, et de numerus,
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nombre, proprement qui est au-dessus du nombre voulu. Comparez l'allemand ùberzâhlig, qui a exactement la même signification et qui est formé d'une façon tout à fait semblable). Qui est au-dessus du nombre fixé, qui se surajoute au nombre fixé : Employé surnuméraire. Officier surnuméraire.
— s. m. Celui qui occupe un emploi surnuméraire : Un surnuméraire. Des surnuméraires. Il Commis qui travaille sans appointements, jusqu'à ce qu'il soit admis au nombre des commis en titre : Entrer comme surnuméraire nu ministère des finances. En France, il y a toujours dix mille demandes pour chaque place de surnuméraire, (Rigault.) Les surnuméraires peuvent être assimilés aux cloportes gui se tiennent dans les rainures d'une porte; ils avancent quand un d'eux tombe à terre ou meurt de vieillesse, (Balz.)
— Antiq. rom. Nom donné k certains soldats de la réserve.
— Mar. Homme qui ne fait pas partie de l'effectif marin ; Les infirmiers sont des surnuméraires.
— Anat. Surnuméraires de la voûte du crâne, Nom donné aux os 'wormiens.
— Encycl. Administr, Les conditions d'admission et les travaux confiés aux surnuméraires varient suivant les administrations. Aujourd'hui, certaines grandes administrations, telles que certains ministères, n'ont plus de surnuméraires. Bien que souvent le surnuméraire fasse les mêmes travaux que les employés, il n'est point rétribué, et son temps de surnumérariat ne compte pas pour la retraite. Le surnuméraire est ordinairement nommé par un arrêté du chef de l'administration (ministre ou directeur général).
— Antiq. rom. Les surnuméraires {supernumerarii) suivaient l'armée, sans avoir à remplir aucun devoir militaire, et, lorsqu'une vacance venait à se produire dans les rangs de la légion, chacun d'eux à son tour était appelé à prendre la place du légionnaire qui était mort ou qui avait accompli son temps de service. Les surnuméraires étaient pris parmi les cinq classes de citoyens établies conformément aux ordonnances et au recensement de Servius Tullius. On lit dans Végèce qu'ils n'avaient point de devoirs militaires à remplir; mais cela, sans doute, ne doit s'entendre que des temps do paix, car, dans les batailles, nous les voyons entrer en ligne et prendre place derrière les triaires. Quelquefois aussi lès surnuméraires paraissent avoir servi d'ordonnances aux officiers.
SURNUMÉRARI&T s. m. (sur-nu-mé-rari-a — rad. surnuméraire). Emploi de surnuméraire; temps pendant lequel on est employé comme surnuméraire : Il a fait deux ans de surnumérariat avant d'être commis en pied. (Acad.) Le surnumérariat est dans l'administration ce que le noviciat csi dans les ordres religieux, une épreuve. (Balz.)
SUROFFRE s. f. (su-ro-fre — du préf. sur, et de offre). Offre plus avantageuse qu'une offre'dëjà faite.
SUROFFRIR v. a. ou tr. (su-ro-frir — du préf. sur, et de offrir). Offrir en sus. il Peu usité.
SURON s. m. (su-ron). Comm. V. céron.
— Bot. Nom vulgaire du terre-noix.
SUROS s. m. (su-rô — du préf. sur, et de
os). Art vétér, Tumeur produite par le développement partiel d'un os, ou par le dépôt a sa surface d'une matière osseuse de nouvelle formation et se confondant avec sa substance: Ce cheval n'a ni sukos ni malandre. (Acad.)
— Fam. Défaut corporel :
Tiennette n'a ni suros ni malandre.
— Encycl. De toutes les affections du système osseux pouvant, chez les animaux domestiques, réclamer le secours do la chirurgie, les suros sont les plus fréquents et présentent le plus d'importance au point de vho pratique. Connus depuis les temps les plus reculés dans les deux médecines, les suros se trouvent mentionnés, sous le nom général de marbres (marmora), par les plus anciens liippiatres, qui prescrivent divers remèdes pour les faire disparaître. A une époque plus récente, on leur a donné, chez les animaux domestiques, suivant leur situation, des noms particuliers encore en usage de nos jours; ainsi, on nomme : les suros du jarret, courbe, jarde ou jardon, éparvin calleux, éparvin de bœuf; ceux du genou, osselets; ceux du canon antérieur ou postérieur, simplement suros en chapelet ou en fusée quand ils sont multiples ; ceux qui se montrent autour de la couronne, formes.
Les suros peuvent se former, soit dans tes os mêmes, soit en dehors des os. Ils sont caractérisés par la présence des corpuscules et des canalicules qu'on rencontre il tu) s l'os normal. Ces éléments anatomiques, faciles à reconnaître, ne se voient pas,- au contraire, dans les tumeurs dures, composées de granulations calcaires et qu'on désigne sous le nom d'ostéoïdes.
Les suros en rapport avec un os peuvent se montrer à sa surface externe, dans son épaisseur ou à sa surface interne.
Ceux qui naissent de la surface externe de
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l'os, et qu'on désigne plus particulièrement sous le nom d'exostoses. sont des tumeurs dures, plus ou moins saillantes, a. lar^e base ou pédicnlées. Elles affectent de préférence certains os; ainsi, elles se prodnisentsurtout dans Je corps des os longs et vers leurs extrémités articulaires. On voit d'abord une sécrétion plastique au-dessous du périoste, entre cette membrane et l'os ; ce blastème passe quelquefois par l'état cartilagineux avant de s'ossifier, mais, dans d'autres cas, il est impossible de saisir cette transition. Bans certaines conditions, encore mal connues, on voit des apophyses ou des crêtes osseuses devenir le siège d'une formation cartilagineuse et ossifiante exagérée, et de là naissent ces exostoses épiphysaires qui peuvent atteindre un volume considérable. C'est quelquefois dans la substance même de l'os qu'a lieu la production anomale d'éléments osseux; un exsudât se dépose entre les canalicules médullaires et les corpuscules osseux, comprime ces parties ou les fait disparaître, et ainsi se forme une masse éburnée, très- dure. Des suros à la surface interne des os ne sont pas rares. On les Voit k divers degrés de développement, depuis l'ostéophyte qui se dépose sous la forme d'une lame mince à la surface interne du ci-âne, jusqu'il l'exostose éburnée, volumineuse, qui se produit dans les suros frontaux et maxillaires.
Tous les os peuvent être le siège de suros. Cependant, chez les animaux, et notamment chez le cheval, qui y est le plus particulièrement sujet, ils se montrent surtout au voisinage ou dans l'intérieur des articulations. Us peuvent aussi se développer sur la tête, sur le rachis et sur toutes les autres parties du squelette. Dans ces divers points, le volume des suros est très-variable ; il en est de très-petits et d'autres qui atteignent le volume des deux poings réunis. Leur forme est également très-variable. Ordinairement, ils représententdes saillies, mamelonnées, lisses ou rugueuses à leur surface; il en est d'allongés en pyramides, en éminences styloïdes, et d'autres qui n'ont aucuno forme déterminable. Quelques-uns sont a base large et d'autres pédicules. Ils siègent spécialement sur les os plats ou bien chez les animaux qui travaillent, à l'extrémité des os longs, autour des articulations inférieures des membres. On en trouve aussi à la racine des dents, et souvent sur les os des mâchoires. Quelquefois uniques, isolés, ils sont d'autres fois multiples, situés alors sur un ou plusieurs os et en nombre plus ou moins considérable.
Un certain nombre de suros n'ont aucune cause connue; on ignore absolument les conditions qui tendent à créer dans des exsudats les éléments osseux; mais, chez quelques individus, la tendance à l'ossification est exagérée ; c'est dans des cas semblables qu'on a vu des exostoses se développer sy- • métriquement des deux côtés du corps. Le rachitisme, la morve et le farcin, chez les animaux ; la syphilis, la scrofulo, le scorbut, la goutte, chez l'homme, peuvent créer dus dispositions à ia formation anomale du tissu osseux. Enfin, les suros, épiphysaires uu extérieurs peuvent être occasionnés par une irritation du périoste ; les contusions, les chutes, les efforts, les tiraillements de ligaments, le travail prématuré, etc., irritent le périoste, et d'autant plus facilement que les os sont plus jeunes.
On reconnaît les suros k leur consistance et à leur siège. Ce sont des tumeurs dures, en général arrondies, non élastiques, non douloureuses au toucher et fortement adhérentes à l'os sous-jacent. Cette immobilité les dislingue des periostoses et de la plupart des autres tumeurs dures. Lorsque ces tumeurs Sont plus profondes et recouvertes par des parties malles assez épaisses, elles passent complètement inaperçues, à inoins qu'elles ne déterminent par leur présence certains accidents perceptibles. Ainsi, ces tumeurs peuvent déplacer, déformer ou détruire des muscles, des tendons, des ligaments, plus ou moins complètement; comprimer des vaisseaux, des nerfs; gêner les mouvements de certaines parties du corps et occasionner des douleurs quelquefois trèsvives, et produire des boiterics plus ou moins intenses qui diminuent ordinairement par l'exercice. Dans le bassin, dans l'orbite, dans le cerveau, elles peuvent déplacer des organes importants et faire naître quelquefois des accidents assez graves.
La inarche des suros est essentiellement lente et, à proprement parler,, ils n'ont pas de terminaison, c'est-à-dire que, une fois produits, ils peuvent augmenter de volume, mais ils ne diminuent pas. Voilà la règle. Mais, par exception, on peut observer des suros dont la marche a quelque chose d'évidemment aigu et dont ia terminaison peut être très-réelle, puisqu'il peut y avoir résulution ; mais cela n a lieu que lorsqu'ils sont dus à des causes internes ou générales. On a encore signalé ia terminaison des suros par nécrose, terminaison qui peut avoir lieu lorsque la tumeur est incomplètement soudée k l'os et qui résulte alors de l'ulcération du périoste sous-jacent, d'où, formation d'un abcès sous l'exostose et mise en liberté de celle-ci.
Le pronostic est surtout subordonné au siège des exostoses, à leurs effets. 11 est évident que les tumeurs osseuses internes sont beaucoup plus graves que les externes, puis-
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que les premières peuvent comprimer les organes splanchniques et mettre ainsi obstacle aux fonctions les plus importantes de l'économie. Le pronostic est également fâcheux lorsque les suros aecusent l'existence d'une maladie organique. Ceux qui siègent autour des articulations, qui occasionnent des boiteries nuisibles au service des animaux, sont les plus graves et font toujours beaucoup perdre de leur valeur aux sujets qui en sont atteints. De là l'importance que de tout temps on a attachée au traitement de cette affection des os.
Le traitement des suros est général ou local. Lorsque la tumeur osseuse est le produit d'une affection organique interne, on f».it subir aux animaux malades une médication interne subordonnée à la diathèse. Mais comme, chez ces derniers, ces sortes de tumeurs "ne sont guère produites que par le rachitis ou la morve, affections incurables , le traitement interne, en général, est ordinairement sans succès.
Le traitement local, qui convient à tous les suros, et en particulier aux suros dus à des causes physiques ou traumatiques, offre beaucoup plus de chance de réussite, et présente, par cela même, une bien plus grande importance. Il comprend des moyens divers, dont quelques-uns, notamment chez les animaux, sont depuis fort longtemps en usage. Ces moyens sont dusses en quatre méthodes principales: les topiques, le feu, l'excision de la tumeur et la périostotomie. Les topiques dont on peut faire usage sont les divers fondants, altérants ou vésiciints les plus énergiques; et encore ne doit-on compter sur leur efficacité que lorsqu'on les applique sur les suros h leur début. L'iode, le mercure, la cantharide sont les substances actives qui forment la base de cette médication. On les emploie sons forme de pommade merciirielle, de pommade d'iodure de mercure ou d'iodure de potassium; on se sert du vésicatoire ordinaire, dont on réitère l'application, si le suros est de nature à disparaître de cette manière.
Le feu est employé contre les suros de diverses manières. Le procédé le plus ordinaire est le feu transcurrent, appliqué en raies ou en pointes, et sur une étendue suffisante pour couvrir un peu plus que la surface de la tumeur. Ce moyen est très-efficace sur les suros récents, dont il arrête presque toujours le développement ; mais il est sans action sur les anciens depuis longtemps stationnaires.
Quant à l'excision de la tumeur osseuse à 2'aide d'un instrument tranchant, elle est employée avec avantage dans diverses circonstances, et particulièrement pour enlever les tumeurs volumineuses autres que celle3 qui se forment autour des articulations, et surtout les tumeurs qui se développent sur les os plats, sur les os du tronc, au milieu des parties molles.
Enfin, la périostotomie est une opération qui doit être exclusivement réservée aux tumeurs osseuses, isolées et éloignées des 'régions articulaires, comme sont celles du canon.
SDROWIECKI (Charles), écrivain polonais, né dans le grand-duché de Posen en 1750, mort en 1824. Après avoir terminé ses études, il entra dans l'ordre des franciscains, qu'il quitta pour se faire observantin. Travailleur infatigable, il étudia les antiquités, les langues grecque, latine, française, allemande, acquit une vaste érudition et devint recteur de la célèbre école de l'Observance à Pakosi, où il professa longtemps avec succès. Catholique ardent, il publia un assez grand nombre d'écrits, qui respirent l'intolérance ot le fanatisme, mais qui témoignent de sa verve mordante et de son talent de controversiste. Outre des articles de journaux, des brochures, etc., Surowiecki a laissé: les Américains ou la Preuve de la religion chrétienne, ouvrage traduit du trançais, de M. Beaumont (Varsovie, 1784-1785, S vol. in-8°); Y histoire du jacobinisme (Oacovie, 1781, in-8°); Lettres philosophiques (Varsovie, 1817-1819, 5 vol. in-8<>); les Saints mystères des francs-maçons révélés (Lemberg, 1810); Commentaire ou Nouvel exposé de la révélation (Varsovie, 1820, 2 vol. in-8°); Antidote ascétique ou la Meilleure guérison religieuse (1823, in-8°) ; Lettres d'un philosophe de province à un philosophe de Varsovie (Vilna, 1817, in-8°); la Franc-maçonnerie symbolique des hommes et des femmes (Vilna, 1819) ; Àéponse aux blasphèmes de Weishaupt (Vilna, 1817, in-4<>) ; Python, le diable lipskovarsovien (Varsovie, 1792, iri-8°); le Voyage de Joseph II en enfer (Varsovie, 1790, in-8°) ; Vitse sanctorum (Vilna, 1816), etc.
SUROWIECKI (W.), écrivain polonais, frère du précédent, né dans le grand-duché d« Posen en 1769, mort à Varsovie en 1827. La faiblesse de sa santé l'ayant fait renoncer à suivre l'état ecclésiastique, il entra dans une maison comme précepteur, puis accompagna son élève à Dresde, à Vienne, à Paris et à Londres. Après l'organisation du duché de Varsovie, il fut appelé à Dresde, où h reçut un emploi au ministère d'Etat. Eu 1807, il devint membre de la Société des amis des sciences de Varsovie et fut nommé, en 1802, secrétaire général du ministère de l'instruction publique, puis conseiller d'Etat en 1817. 11 légua sa fortune aux étudiants pauvres de Varsovie. Ce fut un des champions les plus dévoués de l'affranchissement des paysans
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en Pologne. Libre penseur, homme de progrès, il rêvait la transformation sociale et politique de sa patrie. Parmi ses œuvres, nous citerons : Traité sur la chute de l'industrie en Pologne et la ruine des villes (Lemberg, 1795) ; Sur les rivières et la navigation fluviale (Lemberg, 1795, in-4<>); Sur l'amour de Dieu (Lemberg, 1796) ; Sur les défauts de l'éducation de la jeunesse polonaise (Varsovie, 1806) ; Sur les serfs en Pologne et tes moyens de les affranchir (Varsovie, 1810); Etudes sur l'origine des peuples slaves (1820), traduites en russe; Sur la patrie slave avant te christianisme ; Statistique du duché de Varsovie (1815, in-8»); Salira de corrupto reipublics statu (1816, in-8°) ; Correspondance familière et an\icate de Swowiecki avec ses amis et connaissances (Varsovie, , 1817,3 vol. in-4°); Etude de la société au point de vue philosophique (1819, in-4»), etc.
SUROXYDATION s. f. (su-ro-ksi-da-si-on — du préf. sur, et.de oxydation). Chim. Augmentation de la quantité d'oxygène qui entre dans une combinaison.
SUROXYDE s, m. (su-ro-ksi-de — du préf. sur ei de oxyde). Chim. Oxyde qui contient un excès d'oxygène.
SUROXYDER v. a. ou tr. (su-ro-ksi-dé — du pref. sur, et de oxyder). Chim. Donner un excès d'oxygène à : suroxyder la baryte.
SUROXYGÉNATION s. f. (su-ro-ksi-jé-nasi-on — du préf. sur, et de oxygénation). Chim. Addition d'un excès d'oxygène,
SUROXYGÉNÉ, ÉE adj. (su-ro-ksi-jé-né — du préf. sur, et de oxygéné). Chim. Qui contient un excès d'oxygène.
SUROXYGÉNÈSE s. f. (su-ro-ksi-jé-nè-ze —du pref. sur, et de oxy genèse). Pathol. Se dit des maladies attribuées à une surabondance d'oxygène dans l'économie.
SURPASSABLE adj. (sur-pa-sa-ble — rad.
surpasser). Qui peut être surpassé, que l'on peut surpasser.
SURPASSER v. a. ou tr. (sur-pa-sé — du prêt', sur, et de passer). Excéder, dépasser en hauteur : Cette construction surpassé; la muraille de deux pieds. Il est beaucoup plus grand que lui, il le surpasse de toute la tête. lAcad.)
— Etre au-dessus de, supérieur à : Surpasser tous les autres en richesses, en vertu. Il surpassait tous ses camarades dans les divers exercices du corps. Il le surpasse en méchanceté. ( Acad. ) La plus noble vengeance qu'on puisse tirer de ses rivaux est de les surpasser en talents et en vertu. (Mme de Sév.) L'homme vertueux peut surpasser, en force active et dominante, le coupable le plus audacieux. (Mme de Staël.) La nature a quelque chose par quoi elle surpasse infiniment l'art, c'est la vie. (V. Cousin.)
La gloire d'un rival s'obstine à t'outrager; C'est en le surpassant que tu dois te venger.
Voltaire.
Il Etre au-dessus de, préférable à : La somme des biens ^ surpasse celle des maux. (Helvétius.) L'amour maternel est le seul bonheur qui surpasse toutes les promesses de l'espérance. (M"e de Flahaut.) Quand le bien surpasse te mal, la chose doit être admise, malgré ses inconvénients ; quand le mal surpasse le bien, il faut le rejeter, malgré tous ses avantages. (J.-J. Rouss.) Si rien ne surfasse les joies de l'amour maternel, rien aussi ne surpasse ses douleurs. (Mm» Woillez.) Dans l'état social, nos facultés surpassant nos besoins. (F. Bastiat.)ilien ne surpasse au monde l'implacable coquetterie des jeunes Anglaises. (F. Ney.) Les discordes chrétiennes surpassèrent les haines de l'idolâtrie. (Proudii.)
— Excéder les forces, l'intelligence, les ressources de : Cet effort surpasse mon courage. Cette dépense surpasse mes moyens.
(Acad.) La dernière démarche de la raison, c'est de connaître qu'il y a une infinité de choses gui la surpassent. (Pasc.) Celui dont la force surpasse les besoins, fàt^l un insecte, un ver, est un être très-fort ; celui dont les besoins surpassent la force, fût-il un éléphant, un lion, fût-il un héros, fût-il un dieu, est un être faible. (J.-J. Rouss.) Le merveilleux ou surhumain est ce qui surpasse les forces et l'industrie de l'homme. (De Bonald.)
— Fam. Causer un grand étonnement à, être inintelligible pour : Cet événement me surpasse.
Se surpasser v. pr. Etre surpassé : On pareil succès peut être égalé, mais il ne saurait se surpasser.
— Faire encore mieux qu'on ne fait à son ordinaire, ou qu!on n'a fait jusqu'à ce moment : Ce comédien a joué tel rôle d'une manière admirable, il s'est surpassé lui-même, il s'est surpassé. (Acad.) Il faut tâcher de SE surpasser toujours; cette occupation doit durer autant que ta vie. (La reine Christine.)
— L'emporter l'un sur l'autre, les uns sur les autres : Des rivaux qui cherchent à su surpasser,
— Syn. Surpaxser, dépasser, outre-pas-
■ er, etc. V. DÉPASSER.
SURPAYE s. f. (sur-pè-ie — du préf. sur, et de paye). Action de surpayer.
— Gratification accordéa en sus de la paye ordinaire.
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SURPAYER v. a. ou tr. (sur-pè-ié — du préf. sur, et de payer. Se conjugue comme payer). Payer au delà de sa valeur : Cette étoffe ne vaut pas davantage, c'est la surpayer que d'en donner tant. (Acad.) •
— Donner un prix excessif, une somme trop élevée à : Je ne "vous donnerai rien de plus, je vous ai surpayé. (Acad.)
— Fig. Acheter trop cher, se procurer avec un trop grave inconvénient : C est surpayer un plaisir passager, que de l'acheter par une incommodité durable.
SURPEAU s. f. (sur-pô — du préf. sur, et de peau). Bot. Nom vulgaire de l'épiderme des plantes dans quelques pays,
SURPENTE s. f. (sur-pan-te). Syn. de suspente.
SURPLIS s. m. (sur-pli — du lat. superpellicium; du lat. super, sur, et pellis, peau, parce qu'on a d'abord porté le surplis sur un vêtement de fourrure). Vêtement d'église, fait de toile, qui descend à mi-jambe, et qui a eu longtemps, au lieu de manches, des espèces d'ailes longues et ptissées qui pendent par derrière : Etre en surplis et en bonnet carré. La conscience et la réputation d'un bon prêtre doivent être pures comme son surplis, (Ch. Nod.) Il Porter le surplis dans une paroisse, Etre du clergé de cette église.
SURPLOMB 8. m. (sur-pion — du préf.
sur, et de plomb). Etat de ce qui surplombe, de ce qui a son sommet en dehors de l'aplomb de sa base : Cette muraille est en surplomb, Hocher en surplomb.
SURPLOMBÉ, ÉE (sur-plon-bé) — part, passé du v. Surplomber. Qui surplombe : Mur surplombé, il Peu usité.
— Qui est dominé par un objet en surplomb : Ses pommelles étaient du noir le plus brillant et surplombées par des cils de jais très-longs. (Baudelaire.)
SURPLOMBEMENT s. m. (sur -plon-beman — rad. surplomber). Action de surplomber; étut de ce qui surplombe.
SURPLOMBER v. n. ou intr. (sur-plon-bé — rad. surplbmb). Etre hors de l'aplomb, sortir de l'aplomb de l'objet que l'on surmonte : Ce mur surplombe. Le pignon de la maison surplombait d'environ un demi-pied. (Balz.)
Là, dans les flancs creusés d'un rocher qui surplombe. S'ouvre une grotte obscure, un nid où la colombe Aime à. gémir d'amour.
.Lamartine.
— v. a. ou tr. Dépasser l'aplomb de : Je me jetai à l'écart dans les rochers qui surplombent le ravin. (G. Sand.)
SURPLUÉE s. f. (sur-plu-é). Véner. Voie lavée par la pluie depuis le passage de l'animal.
SURPLUS s. m. (sur-plu — du préf. sur, et de plus). Excédant , ce qui est en plus : Je vous abandonne le surplus. Vous me payerez le surplus. (Acad.)
Les père et mère ont pour objet le bien, Tout le surpiua,ils le comptent pour rien. La Fontaine.
— Prov. Le surplus rompt le couvercle, Ce qu'on a de trop est quelquefois plus nuisible qu'utile.
— Loc. adv. Au surplus, Au reste : Au SUR- PLUS, vous saurez.... Il a quelques défauts, mais au surplus iï est honnête homme. (Acad.)
SURPOIDS s. m. (sur-poi — du préf. sur, et de poids). Excédant de poids.
SURPOINT s. m. (sur-poin — du préf. sur, et de point). Techn. Raclure que les corroyeurs tirent des peaux en leur donnant la dernière façon.
SURPOSÉ, ÉE adj. (sur-po-sé — rad. posé). Qui est posé au-dessus d'une chose. Il Inus.
— Zool. Se dit de l'abdomen, quand il est joint au thorax par un filet qui part de sa partie supérieure.
— Bot. Se dit des ovules contenus dans une loge biovulée, quand ils naissent l'un au-dessus de l'autre.
SURPOUSSE s. f. (sur-pou-se — du préf.
sur, et de pousse). Bot. Pousse qui se surajoute à celle de l'année.
SURPRENABLE adj. (sur-pre-na-ble — rad.
surprendre). Que l'on peut surprendre, qui peut être surpris : Il n'y a pas de place forte si bien gardée gui ne soit surprenable.
SURPRENANT, ANTE adj. (sur-pre-nan, an-te — rad. surprendre). Qui surprend, qui étonne, qui cause de la surprise : Discours surprenant. Nouvelle surprenante. Action surprenante. Effet surprenant. Celte femme est d'une beauté surprenante. (Acad.) Une mort soudaine est surprenante. (Fléch.) La femme a des réveils surprenants. (Michelet.) liien n'est divertissant comme le sang-froid 'merveilleux avec lequel les personnages des féeries voient s'opérer les prodiges tes plus surprenants. (P. de St.-Victor.)
SURPRENDRE v. a, ou tr. (sur-pran-dre — du préf. sur, et de prendre, proprement prendre ou saisir quelqu'un en venant dessus, sans qu'il puisse s'en apercevoir, prendre à l'imprévu. D'autres expliquent le sur de surprendre par prendre quelqu'un sur le fait, mais Scheler trouve cette explication moins
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acceptable. Sa conjugue comme prendre).
Prendre à l'improviste, tomber inopinément sur : Surprendre un voleur qui force un secrétaire. Je /'ai surpris à me dérober de l'argent. On I'a surpris en faute, en flagrant délit. Je I'ai surprise mettant du rouge. (Acad.) Il est pénible à un homme fier de pardonner à celui qui le surprend en faute et qui se plaint de lui avec raison. (La Bruy.) Un homme qu'on surprend rougit, balance, hésite.
Destouches, Et je l'ai surpris là, qui faisait à madame L'injurieux aveu d'une coupable flamme.
Molière.
— Attaquer et prendre à l'improviste : Surprendre unposte ennemi, une place de guerre.
— Arriver inopinément chez : J'irai vous surprendre un de ces jours.
— Arriver inopinément : La pluie nous A surpris. La nuit est venue nous surprendre. Le malheur peut nous surprendre au moment où on s'y attend témoins. (Brill.-Sav.) L'homme maudit les événements qui le surprennent, au lieu d'accuser son imprévoyance. (La Rochef.-Doud.) Nos maux nous accablent quand ils nous surprennent. (Ségur.)
La mort ne surprend point le sage.
La Fontaine.
Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre; Qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre.
Corneille.
— Tromper, abuser, induire en erreur:
Défiez-vous de cet homme, il ne cherche qu'à vous surprendre. Il s'est laissé surprendre à ces airs de candeur.
.... Une femme Aisément d'un mari peut bien surprendre l'âme.
Molièhb.
I) Capter; obtenir frauduleusement, par artifice, par des voies indues : // a surpris mon consentement, ma signature. Il a surpris votre bonne foi. Il a surpris un privilège, une autorisation. (Acad.) Les justes sont plus exposés à être surpris, parce qu'ils ignorent l'art de surprendre. (Mass.) On peut surprendre l'estime un moment, mais on ne conserve que celle qui est fondée. (Sunial-Dubay.)
— Intercepter, s'emparer furtivement de : On surprit une lettre adressée à l'un des conjurés.
— Arriver par surprise à la connaissance de : Il cherche à surprendre mon secret. J'ai surpris sa pensée, sou intention. Il n'y a personne assez modeste pour qu'on ne puisse surprendre l'aveu d'un genre quelconque de supériorité. (De Bugny.)
J'ai surpris ses soupirs qu'il me voulait cacher.
Racine.
N'oi-je pas même, en tre eux, surpris quelque regard ?
Racine.
Aux soupirs de ton cœur, j'ai surpris ton amour.
Latol'CHë.
— Etonner : Cette nouvelle m'A extrêmement surpris. Cette conduite me surprend. Vous me surprenez beaucoup en me disant cela. Je fus bien surpris de sa réponse. (Acad.) Il y a une certaine force, une certaine élévation qui surprend, qui enlève. (Racine.) Il y a une profonde insensibilité aux vertus qui surprend et scandalise beaucoup plus que le vice. (Ch;wnf.)
Voilà ce qui surprend, frappe, saisit, attache.
Boileau.
— Manège. Surprendre un cheval, Se servir des aides trop brusquement sans aucune gradation et par k-ooup. Il Approcher d'un cheval quand il est à sa place dans l'écurie, sans lui parler, c'est-à-dire sans faire entendre quelques mots sonores,
— Art culin. Se dit d'un feu trop vif, qui brûle les mets extérieurement, sans les cuire : Le feu a surpris cette viande, celte pâtisserie.
— ■ Se prendre inopinément et avec surprise à : Je me surprends à rire de ses bouffonneries. (Acad.) Je me surprends quelquefois à pleurer comme un enfant. (J.-J. Rouss.) Je me surprenais cherchant des yeux, avec un sentiment qui ressemblait à de l'attente, ce trésor imaginaire. (Baudelaire.)
Se surprendre v. pr. Etre surpris : L'expérience se surprend difficilement. (Boiste.)
— Se prendre l'un l'autre à l'improviste : Chercher à se surprendre.
— Syn. Surprendre, abuser, Amuser, etc.