‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 825 sur 1059 · SUZE · texte numérisé non relu

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nie par la confiscation de ses biens. (E. de Gir.)

Laisse-moi mes manants ; va vers tes suzeraines ; Puisses-tu rester pur au milieu des sirènes!

PONSARD

— Encycl. On Connaît la nature du fief; c'était une concession du domaine utile de la terre, sous réserve du domaine éminent ou direct par l'a seigneur concédant et à charge, par le tenancier, de la prestation de foi et hommage, du service militaire et des différents autres devoirs de la vassalité. On donnait, du reste, le nom de fief à la terre inféodée elle-même aussi bien qu'au contrat d'inféodation. Au premier degré de l'inféodation, et entre le tenancier et le seigneur duquel il tenait directement son fief, it n'était point encore question des rapports et des droits de la suzeraineté. Le seigneur immédiatement inféodant était dit le seigneur dominant ou direct du fief; le vassal ou tenancier immédiat était dit tenir sa terre en plein fief Mais ce vassal pouvait détacher une portion de son plein fief, l'aliéner et inféoder cette partie détachée a un tiers, à charge de foi et hommage, c'est-à-dire à titre de fief. Il se formait alors un sous-fief ou arrière-fief; la nouveau tenancier devenait le vassal direct de celui dont il tenait immédiatement son titre de sous-inféodation. En même temps, il devenait le vassal médiat ou arrière -vassal du seigneur duquel était dérivée l'inféodation primitive ou au premier degré, et celui-ci prenait le .titre de seigneur suzerain, relativement à ces arrière - vassaux. Pothier (Coutume d'Orléans; tome XV des oeuvres, page 66) expose avec sa lucidité ordinaire les caractères distinctifs du plein fief et de l'arrière-fief; nous ne pouvons mieux faire que de le citer, pour dégager nettement ces notions parallèles. « On distingue, dit ce savant auteur, tenir en plein fief et tenir en arrière-fief. Un héritage est tenu plein fief d'une telle seigneurie lorsqu'il en relève immédiatement; l'héritage qui ne relève pas immédiatement de cette seigneurie, mais qui relève d'un vassal de cette seigneurie, en est un arrière-fief. Le propriétaire du plein fief est appelé simplement vassal vis-k-vis du seigneur de qui il relève immédiatement; et ce seigneur, vis-à-vis de lui, est appelé simplement seigneur. Le propriétaire de l'arrière-fief est appelé arrière- vassal vis-à-vis du seigneur de qui il ne relève qu'en arrièrefief; et ce seigneur, vis-à-vis de cet arrièrevassal, est appelé seigneur suzerain. Mon arrière- vassal n'est pas proprement mon vassal, et je ne suis pas proprement son seigneur; car tant qu'il n'est que mon arrièrevassal, il n'est tenu à aucun devoir envers moi. De là cette règle : Vassallu3 mei vassalli non est meus vassallus ; raai3 cet arrière-vassal peut devenir et deviendra'effectivement mon vassal, comme je deviendrai son seigeur, dans le cas où son fief serait réuni au lief de qui il relève, ou dans le cas auquel je réunirais à ma seigneurie le fief de mon vassal de qui cet arrière-vassal relève. » On voit, d'après ce passage de Pothier, que les rapports de suzerain a arrière-vassal ne produisaient aucune obligation effective tant que les choses demeuraient en l'état, c'est-àdire tant qu'entre eux deux s'interposait le vassal intermédiaire. La situation changeait lorsque la vassalité interposée venait a disparaître, le fief intermédiaire se trouvant réuni au domaine- du suzerain, pour l'une des causes quelconques qui entraînaient cette réunion dans les principes du droit féodal. La réunion du fief servant au fief dominant pouvait être temporaire ou perpétuelle et définitive. Dans l'un et l'autre cas, elle produisait, soit transitoirement, soit irrévocablement, des rapports et des obligations de vassalité directe entre le suzerain et ses arrièrevassaux.

11 y avait réunion temporaire d'un fief au fief dominant immédiat dans le cas de saisie féodale. Il y avait lieu à user de la saisie féodale lorsque le vassal direct refusait de porter la foi et l'hommage au seigneur de qui relevait son fief, ou laissait expirer le délai dans lequel cette prestation devait avoir lieu suivant les règles de la coutume locale. Le port de la foi et hommage devait se renouveler à chaque mutation, soit dans la personne du tenuncier ou vassal, soit dans la personne du seigneur dominant. Si cet hommage n'était point rendu en temps utile, le fief était dit ouvert ou vacant; le tenancier de fait était considéré comme n'en ayant aucune investiture' légale, et le seigneur dominant avait la faculté de le réunir à son domaine par la voie de la saisie féodale, qui s'opérait au moyen d'un simple procès-verbal de prise de possession et sans qu'il fût besoin d'aucune intervention de l'autorité judiciaire. Cette saisie opérée, les vassaux directs du tenancier saisi, jusque-là arrièrevassaux du seigneur saisissant , .devenaient de plein droit ses vassaux immédiats. Ils lui devaient directement l'hommage et les autres prestations du vasselage. L'hommage, en effet, était exigible à chaque mutation dans ia personne du seigneur dominant, et la saisie ou confiscation du fief intermédiaire produisait bien en effet cette mutation de personne, puisqu'elle entraînait une réversion de la terre à celui qui en avait primitivement concédé le domaine utile. Du reste, l' effet de la saisie féodale n'était point définitif, quant à

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la propriété du fief; c'était une mainmise plutôt qu'une appropriation, une mesure comminatoire et coercitive, destinée à contraindre à la prestation de l'hommage le vassal qui avait tardé de satisfaire à cette obligation. L'état de saisie prenait fin aussitôt que le tenancier avait rempli ses devoirs de vassalité ou fait offre valable de les exécuter. Dès. ce moment aussi, tout rentrait dans l'ordre normal, et les arrière-vassaux n'avaient plus rien à démêler avec leur seigneur médiat ou suserain et continuaient de ne plus relever que de leur inféodant direct.

La commise produisait des effets analogues à ceux de la saisie féodale entre le suserain et f arrière-vassal ; la seule différence notable était que la commise n'avait pas, comme la saisie, un résultat purement transitoire et qu'elle opérait la réunion définitive au fief dominant du fief tombé en commise. Il y avait lieu à commise lorsque le vassal s'était rendu coupable de désaveu, ou de félonie à l'égard de son seigneur. Le désaveu consistait dans le fait du tenancier d'avoir nié sciemment et frauduleusement qu'il relevât de son seigneur pour les fiefs qu'il tenait de lui. Quant à la qualification de félonie, elle s'appliquait génériquement à un certain nombre d'infractions graves aux devoirs féodaux. Ainsi, c'était un cas de félonie de diffamer publiquement son seigneur ou de porter contre lui une accusation calomnieuse. Il y avait félonie à plus forte raison dans le fait de le frapper ou d'attenter à sa vie; félonie encore dans le cas où le vassal abusait de la femme ou de la fille de son suzerain, on même de sa veuve, si celle-ci se trouvait encore dans sa première année de viduité. Cette règle, du reste, était réciproque, etdes faits de même nature commis contre le vassal parle seigneur entraînaient la déchéance de tous les droits de directe seigneuriale et de dominance du seigneur vis-à-vis de son homme lige et des fiefs que celui-ci tenait de lui,

La commise, à la différence de la saisie féodale, .s'opérait par voie d'action judiciaire et ne pouvait être prononcée qu'en connaissance de cause et par une sentence du juge. Elle avait pour résultat nécessaire d'opérer une mutation du fief et, par conséquent, de placer sous la vassalité immédiate de leur ancien suzerain les tenanciers qui n'avaient été jusqu'à ce moment que ses arrière-vassaux au second degré.

Nos légistes français, au xv« et au xvib siècle, établirent la prétendue règle de la suzeraineté universelle du roi sur toutes les terres du royaume. C'était une fiction effrontée, brutalement démentie par l'histoire. La fausseté en était évidente surtout relativement à la troisième race de nos rois ; ta maison de France n'avait été à l'origine qu'une maison féodale comme les autres, n'ayant de propriétés que sur ses domaines propres et de droits seigneuriaux que sur des fiefs relevant d'elle au premier degré ou au degré subséquent. Les descendants de Robert le Fort et de Hugues C'apet ne s'accommodèrent pas moins de la maxime juridiquement et historiquement fausse de la suzeraineté directe ou universelle, et ce principe de convention servit merveilleusement les envahissements du domaine royal. En Angleterre, le principe de la suzeraineté universelle de la couronne sur toutes les terres des trois royaumes est encore debout et vivant. C'est même ce principe qui explique l'incapacité des étrangers à acquérir la propriété d'une terre anglaise. Toute terre dans ce pays, étant censée tenue à l'origine en fief ou en arrière-fief de la couronne, ne peut être possédée que par une personne liée par le serment ou, si l'on veut, par le devoir féodal d'allégeance vis-à-vis du roi d'Angleterre. L'étranger non naturalisé; est réputé engagé à l'égard de son propre souverain par une obligation de fidélité qui serait incompatible avec le serment d'allégeance prêté nu souverain d'Angleterre. Il faut d'abord se faire naturaliser par un bill du Parlement pour devenir apte à posséder un arpent de la terre anglaise. Sauf l'obligation du service militaire, abolie sous les derniers Stuarts, la féodalité est restée debout chez nos voisins de l'autre côté de la Manche, et la propriété foncière y est demeurée engagée dans le réseau seigneurial du vasselage et de l'arrière-vasselage.

SUZERAINETÉ s. f. (su-ze-rè-ne-té — rad.

suzerain). Féod. Qualité de suzerain. 11 Droit du suzerain et circonscription dans laquelle s'exerçait ce droit.

— Par est. Droit d'un souverain, sur un Etat qui possède un gouvernement distinct, une sorte d'autonomie incomplète : Pas d'indépendance pour les Etats avec la prépondérance d'un vaste empire imposant sa suzeraineté. (ProJdh.) L'Autriche proposa l'indépendance pour ta Lombardie et un gouvernement séparé pour la Vénétie, sous la réserve de sa suzeraineté. (De Bazancourt.)

— Fam, Droit souverain, droit comparable à la suzeraineté féodale : La suzeraineté du fermier sur le domaine de chasse se démontre encore mieux par les faits que par des parâtes. (Toussenel.) La dime est la quotepart à laquelle le souverain céleste consent à limiter son droit de suzeraineté. (Proudh.)

SUZZARA, bourg du royaume d'Italie, province de Mantoue, district et mandement de Gonzagua; 7,587 hub.

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SVAD1LFAR, cheval de la mythologie du Nord, qui a procréé le merveilleux coursier d'Odin Sleipncr. Lui-même a accompli des travaux gigantesques, en aidant un géant à bâtir le fort céleste qui doit protéger les dieux contre les attaques de leurs ennemis. V. Slkipner.

SVANBEtlG (Joas), mathématicien suédois, né à Nedersalix en 1771, mort à Stockholm en 1851. Il étudia les mathématiques à Upsal, devint en 1796 secrétaire de l'Académie des sciences de Stockholm, fit en 1801-1803 un voyage en Laponie, pour mesurer un arc du méridien, et fut nommé en 1811 professeur de mathématiques à Upsal. En 1842, il obtint sa retraite. On a de lui : Enodatio enumerationis linearum ierlii ordinis Newtoniana (1794); Exposition des opérations faites en Laponie pour la détermination d'un arc du méridien en 1801-1803 (1805); Observationes de parallaxi solis (1808); Linearum algue superficierum theoria analytita (1814); Perspeclivarum principia projectiomon analytice exposita (1815); Theoria planetarum et cometarum (1819). — Il eut pour fils : LaHS-Frédéric, dont nous donnons cidessous la biographie; Adolphe-Ferdinand (1806-1857), qui fut professeur de physique à Upsal; et Gustave, né en 1802, professeur d'astronomie à Upsal et auteur d importantes recherches sur le magnétisme.

SVANBERG (Lars-Frédéric), chimiste suédois, fils Jôas, né à Stockholm en 1805. Après avoir servi dans la marine suédoise, il devinten 1839 professeur de chimie et de physique à l'Académie de Carlsberg, puis, en 1850, chimiste de l'Académie des sciencesde Stockholm. En 1858, il fut nommé professeur de chimie à l'université d'Upsal. Il a inséré d'importants articles dans diverses revues suédoises, a publié pendant un certain temps des Rapports manuels sur les progrès de la chimie (Aresberâltelse om framstegen inkemi), n i„,.A,..t on ciiA/lnïa t\\ iivîpu i's on v ra.<ï es étran-

a traduit en suédois plusieurs ouvrages étran gers et a publié seul ou en collaboration avec d'autres savants un grand nombre de travaux sur la chimie organique et inorganique.

SVEABORG, ville forte et port militaire de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Nyland, à 5 kilom. S.-R. d'Helsingfors, dont elle défend les approches, par 60» 8' de latit. N. et 220 39' de longit. E. ; 6,230 hab. Elle est bâtie sur sept lies escarpées et granitiques du golfe de Finlande, près de la côte septentrionale. Ces îles, disposées en ellipse, sont défendues par des fortifications nombreuses et communiquent entre elles par des ponts de bateaux; quelques-unes sont reliées entre elles par des chaussées en guise de rempart. L'Ile Vargô ou Warghen (lie du Loup) renferma un château fort, des arsenaux et des magasins taillés dans le roc et k l'épreuve de la bombe. Dans l'enceinte de la forteresse, il y a deux bassins, l'un pour la réparation des vaisseaux de ligne, l'autre pour celle des chaloupes canonnières. Au centre de cette lie et sur une grande place est le tombeau du comte Ehrensvard, feldmaréchal de Suède, qui donna la plan de Sveaborg. Le port de Sveaborg est dans le petit détroit formé entre les îles Stora-Oster- Svarto et VargO; la seule passe des vaisseaux de haut bord se trouve entre les îles de Gustafsvard et de Bakholm. Cette ville, surnommée le Gibraltar de la Baltique, est une des plus fortes stations navales de la Russie. Non-seulement lu ville est défendue par des ouvrages habilement disposés, mais les maisons sont construites en brique et solidement voûtées. Malgré cela, Sveaborg, construit par les Suédois de 1749 à 1759, fut forcé de se rendre aux Russes en 1789 et, pendant la guerre de Crimée (1855), fut bombardé avec succès par la flotte anglofrançaise.

SVEDBERG (Jesper), savant et évêque suédois, né près de Fahlun er. 1653, mort en 1735. Il étudia à Lund et à Upsal, fut ordonné prêtre et nommé, sous Charles XI, prédicateur de la cour. Il devint en 1692 professeur de théologie à Upsal, puis enfin évêque de Skara. On lui doit plusieurs ouvrages de théologie et un ouvrage de grammaire intitulé : Schibboleth eller soenska sprakets ryckt og richtighet. 11 eut pour fils le célèbre Emmanuel Swedenborg.

SVEDENDOKG (Emmanuel), célèbre mystique suédois. V. Swedenborg.

SVELTE adj. (svèl-te — italien svelto, dégagé, agile, provenant du verbe svellere, arracher, déraciner, dégager, lequel représente le verbe latin exvetlere, même sens, de ex, hors de, et de vellere, arracher). Léger, délié, dégagé : Une figure svelte. Une culmine sveltk. Une taille svkltk. Un jeune homme svelte. Entre plusieurs colonnes d'un même ordre, les unes seront plus sveltes que les autres, suioanl le sentiment que l'architecte uura apporté à leur composition. (Boutard.) Le beau cheval de race anglaise ou limousine est svelte ; les cerfs et tes gazettes sont des animaux sveltes. (Boutard.) Un jeune chêne, un jeune tilleul de belle venue sont sveltes ; mais l'un et l'autre, en vieillissaut, perdent cette qualité. (Boutard.) Le bou- Imu, U peuplier d'Italie sont, de leur nature, svr.LThS. (B-mtard.) Il n'y a qu'une nature pure, s%tLTit, étrMfittaire, idéale, gui s.oit

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susceptible d'admettre et de recevoir la pureté du trait et la perfection du coloris. (J. Joubert.) Vitruve prétend que les Grecs voulaient imiter dans l'ordre ionique les proportions sveltes et gracieuses de la femme. (Batissier.)

SVELTESSE S. f. (svèl-tè-se — rad. svelte). Forme svelte; état, qualité de ce qui est svelte : Les minarets de Sainte-Sophie n'ont pas l'élégante sveltesse des minarets arabes. (Th. Gaut.) Les bras nus étaient chargés de ces énormes bracelets d'or aux chaînes multiples, ornement particulier à Constantinople, et que nos bijoutiers feraient bien d'imiter, car ils donnent de la sveltesse au poignet et avantagent la main. (Th. Gaut.)

SVENDBORG, ville du Danemark, sur la côte S.-O. de l'Ile de Fionie, à 37 kilom. S.-O. d'Odensée; 3,000 hab. Excellent port de commerce ; chantiers de construction, tanneries. Exportation de grains, bois et fruits.

SVENKSCND, baie formée par la Baltique, sur la côte septentrionale du golfe de Finlande, au N. de l'Ile Berezov. Au fond de cette baie s'élève la ville de Viborg. Gustave III, roi de Suède, y perdit une bataille navale, en 1789, contre le prince de Nassau- Siegen, qu'il vainquit à son tour, l'année suivante, dans les mêmes eaux.

SVBRRER, roi de Norvège, illustre par sa valeur et sa sagesse, mort en 1202. Dernier rejeton des Harald et fils de Sigurd II, il s'empara de Drontheim en 1177 et reconquit, son royaume sur l'usurpateur -Magnus III (1184). Il eut it lutter contre les restes de la faction opposée, contre le haut clergé et la cour de Rome et ne put parvenir à faire lever l'interdit que le pape Innocent III avait lancé sur ses Etats. Ce prince, brave, lettré, éloquent, mourut avant la fin des troubles, laissant le trône à son fils Haquin. On possède sa Saga; elle est de Karl Jansen, ecclésiastique islandais qui vécut auprès de lui. Il passe pour l'auteur du Miroir royal, monument précieux de la littérature Scandinave, publiée™ norvégien et en latin (Soroe, 1768). On aussi de lui un Traité de droit public (en ancienne langue islandaise), publié à Copenhague (1815, in-8»), en islandais et en latin.

SVETCH1NE (Sophie Soymonoff, dame), femme de lettres française, d'origine russe. V. SwetcbinB.

SV1AGA, rivière de la Russie d'Europe, dans le gouvernement de Simbirsk, où elle prend sa source. Elle baigne la ville de Simbirsk, entre dans le gouvernement de Kasan et se jette dans le Volga, après un cours de 320 kilom. Sur ses bords, les Russes remportèrent une grande victoire sur les Tartarea en 1486.

SYIATOSLÀF ou SWIENTOSLAS, fils d'Igor et d'Olga, grand-duc de Russie, né en 920, tué en 972. Il succéda en 945 à son père Igor. Les bords de l'Oka, du Don et du Volga furent le théâtre de ses premiers exploits. Il soumit les Viatitches, puis il défit les Khazars, auxquels il prit la ville de Bélovèje ou Sarkel, située sur les bords du Don et qui avait été fortifiée par des ingénieurs grecs. Il vainquit ensuite les lasses et les Kasogs du Caucase et prit la ville de Tmoutorakan ou Fanagorie et toutes les possessions des Khazars sur la mer d'Azof. En 967, il fut invité par l'empereur Phocas à attaquer les Bulgares, dont le roi, Pierre, refusait de reconnaître la souveraineté de Byzance. Avec l'argent des Grecs, Sviatoslaf leva une armée de 60,000 hommes, battit les Bulgares et s'établit à Pereiaslaf (aujourd'hui le village de Preslava, sur la rive droite du Danube). Le séjour de Pereiaslaf lui devint si agréable, qu'il ne se décida à revenir k Kiev que lors de l'invasion des Petchénègues. Il repoussa ces barbares et voulut aussitôt après revenir k Pereiaslaf. Olga parvint à le retenir. Après la mort de cette princesse, il résolut de s'établir en Bulgarie et partagea ses Etats de Russie entre ses fils. Il donna Kiev à Iaropelk, la Drevlanie ou pays des Drcvliens à Oleg, Novogorod à Vladimir. En Bulgarie, Sviatoslaf fut accueilli en ennemi. Le souverain des Bulgares s'était réconcilié avec l'empereur grec et avait rassemblé une grande armée contre Sviatoslaf. Ce dernier fut victorieux k la bataille de Pereiaslaf. L'empereur Ziraiscès invita Sviatoslaf à évacuer la Bulgarie ; mais celui-ci répondit qu'il voulait aussi conquérir la Grèce. Zimiscès commença à armer, mais Sviatoslaf le prévint. Avec une grande armée de Bulgares, tic Hongrois et de Petchénègues, il envahit et iavagea la Thrace jusqu'à Andrinople et revint en 970 en Bulgarie. L'année suivante Zimisiés prit Pereiaslaf et défit Sviatoslaf près de Dorostol, aujourd'hui Silistrie. Sviatoslaf vaincu fut obligé de se renfermer dans cette ville et y soutint un siège qui serait digue de figurer à côté de celui de Troie et de Carthage pour l'acharnement qu'y déployèrent les assiégés. Forcé de plier enfin devant les forces supérieures de son ennemi, Sviatoslaf traita avec Zimiscès. Les négociateurs furent Théophane Syncella du coté des Grecs et Sweneld du côté des Ruthènes. Ce traité, dont le texte nous a été conservé par Nestor, fut conclu à des conditions honorables pour le vaincu. Sviatoslaf se mit en marche pour aller hiverner à Biulobrzez. Ai-

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rivé aux bouches du Dtmibe, il fut attaqué par les l'etchénègues, que les Grecs ou, suivant Nestor , les habitants de Pereiaslaf avaient avertis de son passage. Il fut tué (972), et le chef de !a bande qui l'avait attaqué, nommé Kouria, fit faire de son crâne une coupe à son usage.

SVIATOSLAF, fils d'Iaroslaf, prince de Tihcrnîgof, puis de Kiev, né en 1027, mort en 1076. Il réunit à ses Etats Tmoutorakan, Riazan, Mourom et le territoire des Viatitches. 11 avait envoyé à Tmoutorakan sou fils Gieb ; mais Rostislaf Vladimirovitch s'empara de cette ville. Sviatoslaf eut à lutter contre Kheslaf de Polotsk. En 1068, de concert avec son frère Iziaslaf, il rit la guerre aux Polovtzes. Vaincu à Alta, il fut forcé de se réfugiera Tchernigof; mais il prit bientôt sa revanche sur les Polovtzes. En 1073, il prit le titre de prince. Il a écrit l'ouvrage intitulé Izbornik, important monument de l'ancienne littérature russe.

SVIATOSLAF, duc de Novgorod et de Tchernigof au xii» siècle. Il succéda k Vsevolod dan, le gouvernement du duché de Novgorod et fut nommé gouverneur de Kiev.

11 contribua à élever son frère Igor au trône de Russie. Igor ayant été vaincu et fuit prisonnier par son frère Iziaslaf, Sviatoslaf s'efforça de le délivrer ; mais il fut vaincu et obligé de se réfugier auprès du -prince de Louzdal (U47). Sviatoslaf aida le grand-duc de Russie, Rostislaf, k défendre les côtes de la mer Noire et k repousser les Polovtzes, qui ravageaient les rives occidentales du Dnieper, L'héritage de Sviatoslaf fut partagé entre ses fils. Son fils aîné Oleg obtint Tcliernigof; son neveu Sviatoslaf, fils de Vsevolud, eut Novgorod-Severskoi.

SVIATOSLAF (Nicolas), duc DE NOVGOROD et de Tchernigof, mort en 1165. Les Novgorodiens l'invitèrent, vers 1137, à les secourir contre Vsevolod. En 1138, il fut forcé de quitter cette ville. En route, il tomba entre les mains des Sinolenskois. En 1140, il fut de nouveau appelé à Novgorod ; mais il ne resta pas longtemps dans cette ville. Il obtint ensuite Czartoryisk et Kleck. Sommé par le prince Iziaslaf et par ses alliés de leur livrer Novgorod-Severskoi, il appela k son secours Georges, prince de Souzdal, Ivan, l'ancien prince de Halicz, et les Polovtzes; mais il fut bientôt abandonné par les uns et par les autres. Il s'attacha cependant au parti de Georges de Souzdal. 11 obtint de lui Koursk, Posemi, Slouck et le territoire des Dregovitchiens. Il obtint, en outre, de Iziaslaf Davidovitch, Tchernigof, dont il resta en possession jusqu'à sa mon.

SVIATOSLAF, fils de Rostislaf, prince de Novgorod, mort en 1169 ou 1170. Elu prince de Novgorod en 1159, il en fut chassé 1 année suivante par André de Souzdal. Il revint à Novgorod en 1171 et vainquit les Suédois près de l'embouchure du Wolkhow. Chassé une seconde fois de Novgorod par les habitants, il eut recours aux princes ses voisins. Leurs menaces déterminèrent les Novgorodiens à rappeler Sviatoslaf.

SVIATOSLAF, fils de Vsevolod, prince de Vladimir, mort en 1194.11 hérita de son père, en 1142, le grand-duché de Czartoryisk et de Ivleck et en échangea ensuite la possession contre celle de la province de'Vladimir. En 1143, par ordre de Vsevolod, il fit avec ses frères Iziaslaf et Vladimir une expédition en Pologne. Ils revinrent avec beaucoup de prisonniers et un riche butin. En 1154, Sviatoslaf obtint Plock et Turot ; en 1157, Novgorod. Lors de la lutte du prince André de Souzdal contre les fils de Rostislaf, il prit le commandement des tr.oupes d'André, entra à Kiev sans trouver de résistance et assiégea sans succès Wyazgorod. laroslaf ayant pris Kiev, Sviatoslaf exigea cette ville. laroslaf refusa et fut chassé de Kiev par Sviatoslaf; mais il y rentra bientôt et le céda k Roman de Smolensk. Plus tard, profitant des embarras de Roman et des autres princes russes, Sviatoslaf réussit à se faire céder Kiev.

SVIATOSLAF "(Gabriel), fils de Vsevolod, prince de Novgorod, né en 1169, mort à lourief-Polskii en 1253. Il fut prince de Novgorod jusqu'en 1209. Après la mort de sou père, il reçut en partage lourief-Polskii. En 1220, il fit une expédition contre les Bulgares du Volga et brûla leur ville d'Otel; il fit ensuite, de concert avec les Novgorodiens, plusieurs expéditions en Livonie. En 1228, il obtint Pereiaslaf. En 1238, il prit part à la malheureuse bataille des bords de la Sit. Il devint ensuite prince de Souzdal et, après la mort du grand-duc laroslaf (124G), graudduc ; mais, l'année suivante, il fut détrôné par son neveu Michel de Moscou.

SV1R, rivière de la Russie d'Europe, dans le gouvernement d'Olonetz. Eile sort de la rive S.-O. du lac Onega et.se jette dans le lac Ladoga, après un cours de 225 kilom. Elle communique par le canal de son nom avec le Solkhov.

SVITRAMIE s. f. (svi-tra-mi). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des mélastoinacées, dont l'espèce type croît au Brésil.

SWAFFAM, bourg d'Angleterre, comté de Norfolk, k 36 'tilom. O. de Nurwich, sur le chemin de fer de l'Est; 4,300 hab. Commerce

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de beurre, grains et bestiaux. On y remarque la belle église dédiée à saint P. erre et k saint Paul, le théâtre et la maison de correction du comté.

SWAIN (Charles), poète anglais, surnommé le Poule de Manchester, du nom de la ville où il est né en 1803. Orphelin de bonne heure, il fut élevé par les soins d'un frère de sa mère, un Français du nom de Tiwaré, qui possédait k Manchester un important établissement de teinturerie, où M. Swain travailla depuis l'âge de quinze ans jusqu'à celui de vingt-neuf. Il s'appliqua ensuite k l'étude de la gravure et cultiva cet art avec succès. Etant chez son oncle, il avait débuté par des poésies et des essais en prose insérés dans différents journaux. Ses premières publications : Essais en vers sur des sujets historiques et imaginaires (1828) et Beautés de l'esprit, esquisse poétique, avec chansons historiques et romantiques (1831), acquirent à leur auteur une réputation que vint encore accroître son élégie k Walter Scott, intitulée Y Abbaye de Dryburgh (1832). On a encore de M. Swain : Souvenir de Henri Leversedge (1835): l'Esprit et autres poèmes (184 1) ; Vers pour l enfance (1846) ; Chapitres dramatiques, poèmes et chansons (1847); Mélodies anglaises (1849); Lettres de Laura d'Auverne (1853); l'Art et la fashion (1863), recueil d'esquisses poétiques sur l'art et de biographies artistiques.

SWAINSON (William), naturaliste anglais, né vers 1799. Une grande partie da sa jeunesse fut employée en voyages dans les différentes parties du monde, où il fit des collections d'objets d'histoire naturelle, notamment d'oiseaux et d'insectes. De 1820 k 1841, époque où il alla s'établir avec sa famillo à la Nouvelle-Zélande, il publia un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : Illustrations zoologiques ou Figures originales et descriptions d'animaux nouveaux, rares ou intéressants (1820); Conchyliologie exotique (1821, in-4°; 2"= édit., 1841) ; le Guide du naturaliste (1822); les Oiseaux de l'Afrique occidentale (1837, 2 vol.); les Oiseaux de proie (1838), ouvrage qui, comme le précédent, fuit partie de la Bibliothèque du naturaliste de Jardine ; Traité de malacologie ou Classification naturelle des coquilles et des poissons à coquilles (184o) ; Dessins ornilhotogiques, représentant des oiseaux du Brésil et du Mexique (1835-1841). Il a, en outre, écrit pour l' Encyclopédie de cabinet de Lardner : Discours préliminaire sur l'étude de l'histoire naturelle (1834); De la géog'-aphieet de la classification des animaux (1835); De la géographie et de la classification des quadrupèdes (1835); Histoire naturelle et classification des oiseaux (1836) ; Histoire naturelle et classification des poissons, des amphibies et des reptiles (1838-1839); les Animaux en ménagerie (1838) ; Habitudes et instincts des animaux (1840). Dans tous ces ouvrages, M. Swainson a développé un nouveau système de classification des animaux, connu sous le nom d'arrangement quinaire. On lui doit encore, en collaboration avec Shuckard, un Traité sur l'histoire et l'arrangement naturel des insectes (1840). 11 a de plus collaboré à la Fauna borealis umericana, de John Richardson (1831), et fourni un grand nombre de mémoires au Journal de l'Institution royale, au Journal zootogique et au Magasin d'histoire naturelle.

SWAINSON1E s. f. (souain-so-nî — de Swainsun, natur. angl.}. Bot. Genre de sousaibrisseaux, de la famille des légumineuses, tribu des lotées, comprenant trois espèces, qui croissent en Australie.

SWALE, rivière d'Angleterre, dans le comté d'York. Elle prend sa source sur la limite du comté de Westmoreland, coule d'abord à l'E., puis au S.-E., et se jette dans l'Ure, près de Myton, après un cours de 140 kilom.

SWALVE (Bernard), médecin néerlandais, né k Einbden vers 1625. Il étudia la médecine k Leyde et fut médecin ordinaire de la ville de Harlinger, en Frise, et du conseil de l'amirauté, charge qu'il exerçait encore en 1677. On cite, parmi ses ouvrages, celui qui est intitulé : Querel<eet opprobria ventriculi, etc. (Amsterdam, 1664, in-12; réimpr. dans la même ville en 1669 et 1675). L'illustre Boerhaave aimait à lire cet ouvrage, amèrement critiqué par Eloi, et dont Haller disait : Mihi nescio quid spirat theatricum. En etl'et, c'est l'estomac qui parle : > Le pauvre sire, dit Paquot, y gronde de son mieux contre l'humeur bourrue des médecins, qui règlent scrupuleusement l'ordre de sa nourriture, s'avisent de lui donner des purgatifs dégoûtants et lui interdisent les mets qu'il convoite le plus vivement. »

SWAMMERDAM (Jean), célèbre anatomiste hollandais, né a. Amsterdam en 1637, mort en 1680. Il étudia la médecine à Leyde et à Paris, sans jamais pratiquer son art, passa son doctoral k Leyde eu 1667 et s'appliqua plus particulièrement à lanatomie des insectes, sur lesquels il fit des observations microscopiques extrêmement curieuses. Sur la lin de sa vie, il s'engoua des idées mystiques de Mlle Bourguignon, et, croyant offenser Dieu par ses étudds anatomiques, il jeta le scalpel et courut rejoindre dans le Holstein la fanatique qui l'avait subjugué. Toutefois, il ne tarda pas k revenir k Amsterdam et

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