COLE
— Hist. nat. Qui habite les forêts ; Insectes
SYLVICOLES. Oiseaux SYLVICOLES.
— s. m. pi. Ornith. Syn. de sylvains.
— Entoin. Famille d'insectes coléoptères hétéiomères, ayant pour type principal le genre hélops : On n'a encore que des données imparfaites sur la vie des sylvicoles. (F. Pouchet.)
— s. f. Ornith. Genre de passereaux, delà famille des sylviadées, appelé aussi figuier, et comprenant plus de vingt espèces, qui presque toutes habitent l'Amérique : Les sylvicolbS, par leurs habitudes, ont de grands rapports avec les mésanges. (Z. Gerbe.)
— Encycl. Ornith. Les oiseaux du genre sylvicote sont caractérisés par un bec à peine de la longueur de la tête, de forme conique allongée, aussi haut que large, un peu recourbé à son extrémité supérieure, à pointe légèrement échancrée; les narines sont longitudinales, basales; les ailes obtuses; la queue médiocre, ample et légèrement échancrée; tarses grêles, un peu plus longs que le doigt médian ; les deux doigts latéraux courts, le pouce très-long. Les sylvieoles avaient d'abord été rangées par Linné dans le genre matacitla.BuSon,\e premier, reconnut qu'elles devaient former un genre particulier, distinct de celui des fauvettes, dont elles s'éloignent par les mœurs, et de celui des mésanges, dont elles diffèrent par l'organisation. On peut cependant rapporter à Swainson l'honneur d'avoir créé le genre sylvieole, car, jusqu'à lui, il avait été mal déterminé, mal caractérisé et, par cela même, sujet a discussion et à variations dans la série ornithologique.
Les sylvieoles, par leurs habitudes, oui de
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si grands rapports avec les mésanges, qu'il conviendrait de les réunir avec ces dernières si leurs narines découvertes ne les en éloignaient pas. Ce sont des oiseaux vifs, légers, confiants, qui paraissent ordinairement en troupes nombreuses dans l'Etat de New-York et la Pensylvanie aux mois d'avril et de mai. Mais ils y restent peu de temps ; ils se hâtent de rentrer dans le Nord, pour s'occuper delà nouvelle génération, quils ramènent avec eux l'année suivante. Ils parcourent généralement la même route avec rapidité, soit dans l'aller, soit dans le retour. Cependant ils mettent plus de lenteur dans leur course automnale lorsqu'ils se trouvent à la Louisiane,, où on les appelle grassets, ainsi que plusieurs autres figuiers, parce qu'ils sont très-gras à cette époque. Quelques espèces sont répandues dans tout le continent américain. On les trouve à la Guyane , k Saint-Domingue et dans toute l'Amérique septentrionale, jusqu'à la baie d'Hudson.
Ces oiseaux nichent dans divers climats, sous la ligne, sous les tropiques, en Pensylvanie, au Canada et même à la terre de Labrador. Les individus qui habitent le Nord le quittent k l'automne et reviennent au printemps. Le ramage de ces oiseaux ne manque pas d'agrément, mais leur chanson est courte et peu variée. Toujours en mouvement, on les reconnaît à leur pétulance et à leur agilité. Ils volent sans cesse de branche en branche, d'arbre en arbre, et se balancent quelquefois à leur cime. Ils voltigent rarement de ouissonen buisson, à moins que ces buissons ne soient d'une certaine hauteur. C'est, cependant dans les buissons trèsfeuillés qu'ils construisent leur nid. Ils le placent à un moyenne hauteur et le composent d'herbe sèche et de filaments de petites racines. Leur ponte est de quatre à cinq œufs. Dans les parties les plus boréales, ils ne pondent qu'une fois l'an.
Ils font deux pontes en Pensylvanie et probablement un nombre plus considérable dans le Sud. Us habitent volontiers les lieux découverts et les terres cultivées; ils se nourrissent d'insectes et de fruits mûrs et tendres, tels que les bananes, les goyaves et les figues. Cependant, à tout prendre, ils mangent plus d'insectes que de fruits, surtout quand ces derniers sont un peu durs, auquel cas ils ne peuvent pas les entamer.
On connaît environ une soixantaine d'espèces de sylvieoles, dont quarante seulement sont bien déterminées. Nous allons citer parmi ces dernières les plus connues et les plus intéressantes :
1» Sylvieole à tête rousse, Sylvicola ruficapilla. D'après Buffon, cet oiseau aurait été envoyé, pour la première fois, de la Martitinique, à M. Aubry, curé de Saint-Louis. Il a la tête rousse, la partie supérieure du cou et tout le dessus du corps d'un vert olive, la gorge et la poitrine d'un jaune varié de taches rousses; le bec est brun et les pieds sont gris. Cet oiseau voltige incessamment et il ne se repose que lorsqu'il mange; son chant est faible, mais très-mélodieux.
2« Sylvieole couronnée. C'est un oiseau de passage en Pensylvanie, où il arrive au prin-' temps pour n'y séjourner que quelques jours et passer de là plus au Nord. Ce figuier a sur le sommet de la, tête une tache ronde, d'une belle couleur d'or; les côtés de la tête, les ailes et la queue sont noirs ; la partie supérieure du cou et le dos sont bleu ardoise; tout le dessous du corps est blanchâtre; le bec et les pieds sont noirâtres.
3° Sylvieole des sapins. Cet oiseau a la tête, la gorge et tout le dessous du corps d'un trèsbeau jaune, une petite bande noire de chaque côté de la tête; les ailes et la queue sont gris de fer noirâtre ; le bec est noir et les pieds sont bruns. La femelle est entièrement brune. Ce figuier passe l'hiver dans la Caroline, où Catesby dit qu'on le voit sur des arbres sans feuilles, cherchant des insectes; on en voit aussi pendant l'été dans les provinces plus septentrionales. M. Bartram a écrit que ces oiseaux arrivent au mois d'avril en Pensylvanie, et qu'ils y demeurent tout l'été. Cependant il convient n'avoir jamais vu leur nid. Ils se nourrissent d'insectes, qu'ils trouvent sur les feuilles et les bourgeons des arbres.
4° Sylvieole tachetée. Cet oiseau se voit au Canada pendant l'été; mais il n'y fait qu'un court séjour, n'y niche pas et habite ordinairement les terres de la Guyane. Son ramage est agréable et assez semblable à celui de la linotte. Il a la tête et tout le dessous du corps d'un beau jaune, avec des taches rouges sur la partie inférieure du cou , sur la poitrine et sur les flancs. La queue est brune, bordée de jaune. Le bac et les pieds sont noirs. Nous citerons en terminant quelques espèces, mais comme simple énumération : la sylvieole blackburnian ; la sylvieole maritime de l'Amérique du Nord ; la sylvieole ù cou jaune; la sylvieole châtaigne et la sylvicote tigrine.
SYLVICOLINÉ, ÉE adj. (sil-vi-ko-li-né — rad. sylvieole). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sylvieole.
— s. f. pi. Tribu de passereaux, de la famille des turdidées, ayant pour type le genre sylvieole.
SYLVICULTEUR s. m. (sii-vi-kul-teur — du lat. sylva, forêt, et de cultor, cultivateur). Celui qui cultive les forêts ou les arbres forestiers.
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SYLVICULTURE s. f. (sil-vi-cul-tu-re — du lat. sylva, forêt, et de culture). Art d'aménager et d'exploiter les forêts.
— Encycl. V. FORÊT.
SYLVIDÉ, ÉE adj. (sil-vi-dé). Ornith. Syn. de SYLVIADÉ.
SYLVIE s. f. (sil-vî —du lat. sylva, forêt). Ornith. Syn.de bec-fin, groupe de passereaux qui comprend les fauvettes et les pouillots : Le genre, ou mieux ta famille des sylvies, n'a pas de limites franchement déterminées. (Z. Gerbe.)
— Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, comprenant cinq ou six espèces, qui habitent la France : Les sylvies vivent sous l'ombrage des bois. (E. Desmarest.) il Espèce de libellule appelée aussi LIBELLULE cancellée.
— Bot, Nom vulgaire de l'anémone des bois : Il y a une jolie espèce de Sylvie à fleur jaune. (V. de Boinare.) Il Syn. d'ESCOBÉDiB, genre de personnées.
— Encycl. Ornith. Les sylvies ont pour caractères génériques : un bec de la longueur de la tête, mince, comprimé dans la moitié antérieure, à arête formant un angle mousse et dessinant une ligne légèrement concave entre les deux narines; narines oblongues, à opercules; ailes assez allongées; queue allongée, ample et carrée; tarses assez forts ; pouce robuste, muni d'un ongle assez fort. La langue est effilée et fourchue par le bout.
Ce genre se trouve aujourd'hui restreint à six espèces, originaires d'Europe, d'Asie et d'Afrique. Toutes sont remarquables parleur chant. Mais c'est la fauvette à tête noire qui l'emporte, sous ce rapport, sur toutes les autres. En général, leur voix est facile, pure et légère, et le chant s'exprime par une suite de modulations peu étendues, mais agréables, flexibles et nuancées. C'est d'ailleurs assez faire son éloge que de dire que la sylvie rivalise avec le rossignol.
La femelle chante aussi, mais avec moins de vigueur que la mâle. Leur cri d'appel est une sorte de claquement, la syllabe tack, répétée plusieurs fois avec vivacité. Une frayeur subite, un danger imminent, font pousser à ces oiseaux, dit Bechstein, un cri rauque et désagréable.
Le mâle a pour sa femelle les plus tendres soins; il lui apporte des vers, des mouches, des fourmis, et couve alternativement avec elle. Lorsque les insectes manquent, les sylvies se nourrissent des baies de quelques arbustes, comme da la lauréole et du lierre. En automne, elles mangent des cormes et vont souvent boire aux fontaines, où on peut les prendre facilement; elles sont alors trèsgrasses et d'un goût délicat.
La fauvette à tête noire, dit Buffon, s'apprivoise facilement; elle marque pour son maître une affection toute particulière, battant des ailes et poussant de petits cris de satisfaction à son approche. Le traducteur de Bechstein rapporte le fait suivant : Un jeune mâle, qu'il avait placé dans une serre chaude en hiver, recevait de sa main, chaque fois qu'il entrait, un ver de farine. Il y était tellement accoutumé, qu'aussitôt l'arrivée de son maître cet oiseau se plaçait auprès du vase où l'on disposait ces vers. Si cette première indication ne suffisait pas, l'oiseau passait rapidement sous le nez de celui qui l'oubliait, frappant de l'aile et du bec, jusqu'à ce que ses désirs fussent satisfaits.
Une sylvia hortensis a offert un exemple remarquable de l'intelligence de ces oiseaux. Celui-ci avait fait deux fois son nid dans un buisson de lierre accolé au mur d'un jardin, et deux fois le vent l'avait renversé. Pour empêcher un nouvel accident, il alla chercher un ruban de laine et l'attacha de telle manière à deux branches du buisson, que le vent n'eut plus de prise sur cet édifice consolidé.
Nous décrirons les deux espèces suivantes :
îo Sylvia atricapilla, fauvette à tête noire. Le mâle a le dessus de la tête d'un noir profond, et le reste gris cendré ou brun olivâtre, avec le bec et les pieds gris de plomb. La femelle a presque le même plumage, à l'exception de la tête, qui est rousse. Cet oiseau, qui habite l'Asie et l'Afrique, est très-commun en France; il niche dans les buissons, les arbustes, à peu de distance du sol, compose son nid d'herbes sèches, de quelques feuilles et de quelques crins à l'intérieur. La femelle pond de quatre à six œufs d'un rouge assez vif, avec des points bruns.
2° Sylvia hortensis, fauvette des jardins. D'un gris rembruni en dessus, avec le devant du cou blanchâtre, le ventre d'un blanc pur, bec et pieds bleu de plomb, cette Sylvie habite presque toute l'Europe tempérée et surtout a France. Elle niche dans les buissons, les touffes d'herbe, généralement à 1 ou 2 mètres du sol. Le nid est construit en forme de coupe, avec des herbes sèches et quelques crins à l'intérieur. La femelle pond de quatre à six œufs, d'un blanc grisâtre, glacé de fauve, avec quelques points foncés.
— Bot. La sylvie, appelée aussi anémone des bois, bassinet blanc, etc., est une plaute vivace, à feuilles radicales découpées et rampant sur le sol, à tige haute de 0m,15 à 0m,25, garnie, vers les deux tiers de sa hau-
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leur, d'un involucre ou collerette a trois folioles découpées, et terminée par une fleur à six sépales ovales allongés, étalée, blanche au dedans, purpurine ou rosée à l'extérieur; les fruits sont des capsules velues, soyeuses. Cette plante habite les régions tempérées et froides du nord des deux continents. Elle croît surtout dans les bois et les lieux ombragés, où elle fleurit, suivant la température de l'année, depuis mars jusqu'en mai. Bien qu'elle na manque pas d'agrément, elle est peu répandue dans les jardins, si ce n'est sa variété à fleurs doubles, qui se propage du reste très- facilement d'éclats de pied replantés en terre légère, sableuse et fraîche.
La sylvie, quand elle est fraîche, a une odeur faible, mais une saveur acre et brûlante; appliquée sur la peau, elle produit une inflammation assez vive, qui dégénère rapidement en phlyctène; si le contact est trop prolongé, elle détermine une fluxion qui peut être fort grave. A l'intérieur, elle cause des phlegmasies violentes et un flux dyssentérique fort dangereux. Les animaux qui en mangent en quantité notable sont pris d'une prostration générale, d'une dyssenterie et d'une hématurie, qui les font périr si on tarde trop à y porter remède. Les moyens employés pour Combattre ces effets délétères sont les antiphlogistiques, lesvomitifsaqueux non irritants, puis les boissons délayantes, les tisanes raucilagineuses et l'eau miellée en abondance, A l'extérieur, on applique des cataplasmes émollients. Mais s'il s agit d'organes importants, s'il s'est produit une fluxion assez considérable ou une congestion qui puisse faire craindre une désorganisation des tissus, des plaies gangreneuses ou des convulsions, il faut recourir aux émissions sanguines et aux médicaments opiacés et antispasmodiques.
Cette anémone est très-âcre et riche en anémonine; c'est l'espèce qui possède au plus haut degré les propriétés vésicuntes. On la dit même plus vénéneuse, bien que moins acre, que la pulsatille. On l'a vantée contre la paralysie des membres, les ophthalmies chroniques, les affections cutanées, les vieux ulcères, les douleurs rhumatismales, la rétention d'urine, etc. Bile provoque les déjections alvines ; en résumé, son action se borne à une dérivation énergique, souvent dangereuse, nullement spécifique, aussi ne doit-elle être administrée qu'avec la plus grande prudence. On emploie ses racines, ses feuilles et ses fleurs sous forme d'infusion, d'extrait, de teinture alcoolique, d'eau distillée, de poudre, d'épicarpe ou d'épithème. Il faut la recueillir au mois d'avril, en l'arrachant, et la faire sécher à l'ombre.
On a souvent employé la sylvie comme rubéfiant; on l'a appliquée contre la goutte, la névralgie sciatique, les lièvres intermittentes, la teigne, les cors aux pieds; mais il s'en est suivi souvent des accidents si graves, que le remède était pire que le mal ; aussi y a-t-on à peu près complètement renoncé. On s'en sert en médecine vétérinaire; on l'emploie en frictions contre la gaie des chiens, et on l'applique pilée pour déterger les ulcères qui viennent aux pieds des moutons. L'eau distillée de sylme a été usitée comme lotion pour faire disparaître les taches de rousseur. Cette [liante est dangereuse pour les bestiaux, qui du reste la repoussent.
Sylvie, roman de M. Ernest Feydeau (1861, in-18). Toutes les héroïnes de M. Feydeau se ressemblent : Fanny, Isabelle de Torreins, Catherine d'Overmeire, Barberiue; c'est toujours à peu près la même femme, sous îles noms différents; même largeur de conscience, mêmes aspirations passionnées, même absence de préjugés, Sylvie est la veuve d'un savant qui s'est occupé, tant qu'il a vécu, d'enseigner toute autre chose à sa femme que ce qu'elle désirait le plus connaître, l'amour. Aussi, dès que la liberté lui est rendue, songet-eile au moyen de Irouver un professeur un peu moins ennuyeux que feu son mari et elle n'imagine rien de mieux, après avoir lu certain sonnet qu'elle trouve à son goût, que d'écrire à l'auteur le billet suivant: ■ Demain mardi, à midi, une femme que vous ne connaisses! pas se présentera chez vous.... a Persuadée que l'auteur du sonnet ne peut avoir qu'un noble cœur, elle se présente chea 1 illustre Anselme Schanfara, qui lui avoue en toute sincérité s'être moqué du public en commettant une pièce de vers du genre classique. Schanfara, au contraire, est un jeune France de 1830, un romantique à chevrons, et il a failli se faire étouffer à la première A'Hernani. M. Feydeau eut été plus juste et plus vrai surtout, lui qui se pique de réalisme, en appelant son héros un maniaque, ou tout au moins un original. Nous voudrions bien savoir, en effet, où il a été prendre que les romantiques habitaient ordinairement des maisons chinoises placées sous l'invocation du dieu Bouddha. Quand les a-t-il vus davantage s'habiller de satin jaune et porter des culottes bouffantes de taffetas roseî • Semblable à ces gourmets blasés qui ne peuvent plus vivre que de truffes, de caviar et de poivre rouge, Anselme, dit-il, préférait la Chine à la France, la bohème à la société, les meurtriers aux filous, les bossus aux gens bien faits, le haschisch à la limonade, le iSahara au bois de Boulogne, Torquemada k. Fàiielon, le soleil à Ja lune, le tétanos k la
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colique, la musique des Algonquins aux Opéras de Rossini, et ces femmes qui trafiquent de leur beauté aux angéliques jeunes filles. Il accusait Louis XIV de parcimonie, Joseph de Maistre de tolérance , Robespierre de mansuétude. L'excès en tout, telle était sa devise. • Voilà ce qu'est le romantisme pour M. Feydeau.
Sylvie, qui ne tient pas le moins du monde a ce que son amant soit un classique ou un romantique, et qui trouve le Schanfara fort à son goût pour ce qu'elle en veut faire, se donne à lui clés la seconde entrevue. Les héroïnes de M. Feydeau n'y mettent généralement pas plus de façon. Mais comme elle veut plnire k Anselme, et flatter pour cela sa manie romantique, elle imagine de l'intriguer, en mettant pour condition à son amour qu'il ne cherchera jamais à savoir qui elle est ; puis elle s'étudie à prendre tous ses goûts et a manger, comme lui, des poulets au musc et des confitures de gingembre. Enfin, elle le copie si bien qu'elle arrive à être exactement auasi sotte et aussi ridicule que lui. Il n'est pas besoin de dire que Schanfara n'a rien de si pressé que de mentir à sa promesse, en faisant toutes les démarches imaginables pour découvrir le nom et la demeure de sa maîtresse. Ses courses à travers Paris, ses enquêtes, contre-enquêtes, ruses, espionnages de toutes sortes; tout cela entremêlé d'incidents, de péripéties et de quiproquos, sans compter les malices et gambades d'un singe ut d'un chien qui font l'ornement de la pagode de Schanfara, voilà ce qui constitue la partie la plus importante de ce livre. Anselme linit par trouver le domicile de Sylvie, qui sujette dans ses bras en lui avouant qu'elle u fuit du romantique pour s'amuser, comme il avait fait du classique dans son fameux sonnet. » Je suis une femme sérieuse, lui ditelle, je mène bien ma maison, j'ai le goût du ménage, je touche du piano, je chante du liossini, et j'excelle à faire des confitures d'abricots. » Schanfara, touché des vertus de Sylvie, déclare renoncer au romantisme, à ses pompes et à ses œuvres. Désormais, il mangera comme tout le monde, boira comme Lotit le monde, mettra des faux-cols et ne traitera plus Raciue de polisson. En outre, et ce n'est pas le plus beau de son affaire, il épouse légitimement Sylvie, ni plus ni moins qu'un bon bourgeois. Comme satire du romantisme, ce livre est en retard de vingtcinq ou trente ans ; comme étude de mœurs et de passion, il est très-inférieur à Fanny et au Mari de la danseuse.
Sylvie, opéra-comique en un acte, paroles de MAI. Jules Adeniset J. Roslaing, musique de M. Guiraud; représenté à l'Opéra-Comique dans le mois de mai 1864. On dirait qu'il existe à l'usage des compositeurs, anciens prix de Rome, un magasin théâtral surabondamment pourvu de livrets inoffensifs, rapetassés, écrits à l'encre de la petite vertu, dissimulant mal leur âge, comme il y a chez le costumier de vieilles défroques auxquelles on donne un coup de brosse avant de les mettre sur le dos des comparses. Pauvres lauréats surnuméraires! Ils attendent avec intrépidité, ils attendent longtemps, sinon toujours, et, affamés qu'ils sont, ils acceptent le pain de seigle qu'on leur distribue en un jour de libéralité. Sylvie devait s'appeler les Lunettes du parrain. Le père Jérôme les a reçues de Sylvie le jour de sa fête. A travers ces besicles, il trouve Sylvie charmante et veut l'épouser malgré elle. Que font les deux amants? car il y a naturellement un jeune amant. Pour ramener le vieux parrain a la raison, ils invni d'un bahut ses habits de noce, gardés précieusement, s'en affublent et se présentent sous ce travestissement aux yeux de Jérôme. C'est sans doute la chanson de Monsieur et madame Denis qui a donné la note aux librettistes. Jérôme est attendri à ce spectacle, qui lui rappelle des Souvenirs effacés de sa mémoire, et il consent k l'union des jeunes gens. La musique écrite par M. Guiraud sur ce canevas est fort jolie. On y remarque un bon trio, l'air de Jérôme : A'ous avons ri! qui est une imitation bien réussie du style ancien, et les couplets gracieux de Sylvie. Cet ouvrage a été parfaitement interprété par Sainte-Foy, Ponehard et MU» Girard.
SYLVIEN, IENNE adj. (sil-yi-ain, i-è-ne). Anat. Qui appartient, qui a rapport à la scissure de Sylvius : Vaisseaux syl viens,
SYLV1ETTE s. f. (sil-vi-è-te — dimin. de syhic). Oi'iiith. "Genre de passereaux, de la famille des sylviadées, tribu des sylvicolinées , formé aux dépens des sylvicoles ou figuiers.
SYLV1NÉ, ÉE adj. (sil-vi-né — rad. Sylvie). Ortiith. Qui ressemble ou qui se rapporte aux sylvies.
— s. f. pi. Tribu de passereaux, de la famille des turdidées.
SYLVIPARE s. m. (sil-vi-pa-re — du lat. sylvia, syivie; parus, mésange). Ûrnith.
Genre de passereaux, de la famille des paiidées ou mésanges, dont l'espèce type habite les montagnes de l'Himalaya.
SYLVIQUE adj. (sil-vi-ke — du lat. sylva, forêt). (Jhim, Se dit d'un acide résineux extrait de la colophane.
SYLYIDS, roi d'Albe, fils posthume d'Enée et de Lavinie, C'est à lui qu'on attribue la
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fondation d'Albe. 11 transmit à ses descendants, au nombre de douze, son nom de Sylvius (^Eneas Sylvius, Latinus Sylvius, etc.). Toutes ces traditions sur les anciens rois d'Albe sont considérées comJhe au moins douteuses.
SYLVIUS (François), médecin allemand, d'oiL'ine française, dont le nom primitif était Leboi*, mais qui est plus fréquemment appelé de Le Boe, né à Hanau en 1614, mort le 14 novembre 1672. Il fit ses études à Leyde, pratiqua la médecine d'abord dans sa ville natale, puis à Leyde et à Amsterdam, et fut nommé, en 1658, professeur k l'université de Leyde. Il fut le fondateur du système médical chimiatrique. Les ouvrages de Sylvius, tous écrits en latin et dont quelques-uns sont traduits en anglais et en allemand, ont été recueillis sous le titre d'Opéra omnia (Amsterdam, 1679, in-4°; Genève, 1731 ; Venise, 1708-1736, in-fol.). Parmi les éditions de ceux qui avaient paru séparément, nous citero-ns : Disputationum medicarum decas (Amsterdam, 1663, in-16) et Praxeos medics idea nova, en trois parties (Amsterdam, 1674, in-lî).
SYLVIUS P1CCOLOMINI (jEneas), pape sous le nom de Pie II. V. Pie II.
SYLVIUS, médecin français. V. Dubois (Jacques).
SYLVIUS, érudit français. V. Duaoïs (Siméon).-
SYM, préfixe. V. syn.
SYMA s. m. (si-ma). Ornith. Syn. de
SYMIÏ.
SYMBAMA3E s. m. (sain-ba-ma-ze — du gr. sumbama, événement, cas fortuit). Philos. Espèce de catégorème, reconnue par l'école stoïcienne.
SYMBATHOCRINITE s. m. (sain-ba-to-krini-te — du préf. sym, et du gr. bathas, profondeur; krinon, lis). Echin. Uenre d'échinoàermas, du groupe des crinoïdes.
BYMBIE s. m. (sain-bî — du préf. sym, et du gr. bios, vie). Rntova. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des trachélydes, tribu des mordellones, dont l'espèce type habite l'Inde,
SYMBLÉPHARIS s. m. (sain -blé- fa-riss — du préf. sym, et du gr. blepharis, cil). Bot. Genre de mousses, dont l'espèce typecroltau Mexique, sur les écorces d'arbres.
SYMBLÉPHAF.ON s. m. (sain-blé-fa-ron — du préf. sym, et du gr. blepharon, paupière). Pathol. Adhérence des paupières au globe de l'œil, il On dit aussi symblépharose s. f.
— Encycl. Les causes les plus fréquentes de cette affection sont les ophthalmies répétées, les brûlures, les cautérisations de la conjonctive et la destruction de cette muqueuse à la suite de quelque opération.
Le symblépharon offre plusieurs degrés d'après l'étendue des adhérences. Quelquefois on n'observe qu'une simple bride filiforme, étendue de la muqueuse scléroticale à la muqueuse palpébrale. Dans d'autres circonstances, c'est une des paupières qui adhère dans sa totalité au globe de l'œil. Les deux peuvent se prendre simultanément d'une manière plus ou moins complète depuis le bord ciliaire libre jusqu'au centre de la cornée. On comprend qu'il résulte de cette lésion des obstacles aux mouvements du globe oculaire, plus ou moins considérables suivant le nombre, le siège et la disposition des brides.
Il n'y a point à songer a remédier au symblépharon lorsque les adhérences ont envahi la surface de la cornée, car il resterait toujours, après l'opération, unecicatrice opaque suffisante pour empêcher la vision. Le symblépharon complet doit aussi toujours être considéré comme incurable. Dans les autres cas, il y a lieu de recourir à l'instrument tranchant, car l'intervention chirurgicale a souvent eu les résultats- les plus heureux. On doit sectionner les brides cicatricielles et les diviser dans la plus grande étendue possible, tout en ménageant avec soin la coque oculaire. Une fois qu'elles sont détruites, il faut les empêcher de se reproduire. Dans ce but, on recommandera aux opérés de mouvoir fréquemment leurs paupières jusqu'à la cicatrisation complète. On pourra aussi interposer entre les lèvres de la plaie une lame mince de plomb ou d'or, un morceau de vessie ou de parchemin, pour prévenir leur réunion vicieuse.
SYMBLOMÉR1E s. f. (sain-blo-mé-rî —du gr. sutnbléma, assemblage; meris , partie). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des vernoniées, dont l'espèce type croît dans l'Amérique du Sud.
SYMBOLANTHE s. m. (sain-bo-lan-te — du gr, sumbolê, union ; anthos, fleur). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des gentiunées, dont l'espèce type croît dans les Andes du Pérou.
SYMBOLE s. m. (sain-bo-le — lat. symbolum, du grec sumbolon, signe, marque, lequel provient du verbe sumballein, deviner, expliquer, de sun, avec, et baliein, jeter. Le verbe sumballein est traduit littéralement par le lutin conjicere, de cum, avec, et jacere, jeter, d'où nous avons tiré le français conjecture). Figure, marque, objet physique quelconque ayant une signification conventionnelle : Le chien est le symbols de la fidélité. La colombe est le symbole de la simplicité. Le re-
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' nard est le symbole de la ruse, de la finisse. La girouette est le symbole de l'inconstance. Le lion est le symbole de la valeur. La palme et le laurier sont des symboles de la victoire. (Aoad.) César avait pris pour symbole un papillon et une écrevisse, pour réunir les deux idées de célérité et de lenteur. (Marmontel.) A terre, les grues rassemblées établissent une garde pendant la nuit, et la circonspection de ces oiseaux a été consacrée dans les hiéroglyphes ci/mme le syhbolb de la vigilance. (Buff.) Le la lage et le sucre sont des goûts naturels du sue, et comme le symbole de l'innocence et du la douceur gui font son plus bel ornement, (J.-J, Rouss.) Le cynisme forme un contraste révoltant avec des cheveux blancs, symbole de sagesse et de pureté. (De Barante.) /tans te brahmanisme, tes images sont plutôt d^s symboles que des représentations réelles. (A. Maury.) La machine est le symbole de la liberté humaine. (Proudh.) L'amputation du prépuce est le symbole physique de l'abjuration des mœurs sauvages. (Proudh.) Aux jeux d'Olympie, à ce premier âge de pur enthousiasme, on décernait seulement un symbolk de victoire, une feuille d'ache ou d'olivier cueillie dans te bois sacré du temple. (Villem.) L'omnibus est" le symbole de l'association pacifique fondée sur la liberté. (E. About.) Le symbole «3t partout frère aîné de l'histoire,
Souu£T.
Symbole fabuleux vêtu de volupté, Le cygne est l'univers, Léda l'humanité.
André Lei-èvbe.
Guillaume, enfant de choeur, prête sa main novice. Son front nouveau tondu, symbole de candeur, Rougit, en approchant, d'une honnête puileur.
Boilisau.
— Numism. Nom donné aux lettres, monogrammes, signes quelconques qui ont été gravés sur les monnaies et médailles afin d'indiquer le titre du métal, l'atelier monétaire, le directeur ou l'époque de la fabrication.
— Théol. Signe extérieur d'un sacrement: Jésus-Christ nous a donné son corps et son sang dans l'eucharistie sous tes symboles du pain et du vin. (Acad.) Il Formulaire qui contient les principaux articles de foi d'une religion : Les trois symboles de la foi sont • le Symbole des apôtres, le Symbole de Nicée et le Symbole attribué à saint Athanase. (Acad.) Avant de se disperser pour annoncer te Messie, les apôtres composèrent à Jérusalem le symbole de la foi. (Chateaub.)
— Ehétor. Figure par laquelle on substitue au nom d'une chose le nom d'un signe que l'usage a choisi pour la désigner.
— Chim. Nom donné aux lettres adoptées pour désigner les corps simples dans les formules.
— s. f. Antiq. gr. Nom donné à diverses sortes de cachets et de jetons.
— Syn. Symbole, emblème'. V. EMBLEME.
— Encycl. Théol. Dans ses débuts, le christianisme était peu dogmatique. Jésus uvait rèsuini! sa doctrine eu ces simples mots : « Vous aimerez Dieu de tout votre cœur et votre prochain comme vous-mêmes, p Fidèles à ce précepte, les premiers chrétiens s'étaient contentés de prêcher, comme le disait saint Paul, Christ crucifié et de mettre en pratique son précepte par la vie en commun et par le martyre. C'est, d'ailleurs, un fait con* stant de l'histoire, que les époques de persécution de la pensée et de l'âme humaine sont, pour la doctrine persécutée, des époques d'héroïsme et non d'argutie. On se groupe en face de l'ennemi commun ; on se sent trop faible pour songer à se diviser par des querelles oiseuses, par des discussions intestines roulant sur des points obscurs et secondaires,
La situation de l'Eglise changea complètement par la conversion de l'empereur Constantin ; mais ce changement fut plus nuisible qu'utile à la retiglon. i>i le clergé y gagna d'importants privilèges et de grandes richesses, il dut les acheter au prix de son indépendance; car, dès lors, sou autorité fut subordonnée à celle du prince, qui se mit à régler les affaires de l'Eglise, soit selon les intérêts de sa politique. Soit selon son caprice du moment. Des le concile de Nioéè, sur la proposition même des évêques, au dire de l'historien ecclésiastique Socrate, Constantin assimila l'hérésie au crime de lèse-majesté. Les lois contre l'hérésie rendirent les théologiens plus minutieux et les prêtres plus batailleurs. Jusqu'à l'époque de concile de Nicée, pourvu que le chrétien adorât le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qu'il distinguât du Père le Fils fait chair et ne lui refusât pas le titre de Dieu, il lui était permis de se livrer sans danger à des spéculations, même hardies, sur les questions religieuses; mais, à dater du concile de Nicée , des formules, des symboles toujours plus nombreux, plus précis, vinrent resserrer la sphère des recherches théologiques et arrêter le développement du dogme par la libre réflexion. ; Bientôt Je christianisme ne se conçut plus que comme dogme. C'est à peine ïi quelques voix s'élevèrent de loin en loin pour rappeler que le caratère essentiel de la religion du Christ est pratique et inoral plutôt que dogmatique, et pour montrer le peu d'importance réelle des controverses. Ces protestations ne furent point écoutées. La hiérar- , chie, ennemie naturelle de la liberté de pen- 1 ser en religion, comme en politique l'auto-
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cratie, continua a préciser minutieusement et à coordonner les dogmes, à décréter des symboles contre les hérésies. Sans doute l'esprit humain ne renonça pas sans résistance à ses droits les plus sacrés; Je là, des luttes souvent sanglantes, dans lesquelles l'Eglise orthodoxe, soutenue par le pouvoir, ne triompha pas toujours, puis des schismes, des révoltes, qui affaiblirent l'Etat et facilitèrent la conquête de l'empire par les barbares à Rome, par les musulmans à Constantinople. L'édilice de la loi orthodoxe repose donc sur un certain nombre de formules édictées par des conciles, sauf le symbole dit des apôtres, d'abord imposées par l'Etat, ensuite et peu à peu universellement acceptées par les partisans de la religion catholique. Nous allons parler des principaux.
— Symbole des apôtres. Ce symbole est le plus connu et le plus répandu dans Ja chrétienté. Toutes les Eglises l'ont adopté, tous les chrétiens le récitent dans leurs prières ; seuls, les protestants libéraux en discutent l'autorité dogmatique, tout en le maintenant cependant dans les liturgies. Eu voici la traduction :
• Je crois en Dieu le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, et en Jésus- Christ, son Fils unique, NoUe-Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, qui est né de la vierge Marie, qui a souffert sous Ponce- Pilate, qui a été crucifié, est mort et a été enseveli; est descendu aux enfers; le troisième jour, est ressuscité des morts, est monté aux cieux; où it est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant.
• Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Eglise catholique, a la communion des saints, à ta rémission des pèches, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen. »
Ce symbole, dans sa forme actuelle, ne peut pas remonter au delà du IV siècle. L'Eglise catholique prétend qu'il a été composé par 'les apôtres eux-mêmes, qui l'auraient rédigé en commun, avant de se séparer pour aller prêcher l'Evangile aux nations ; mais c'est là une légende qui n'a pas d'autre fondement historique qu'un écrit faussement attribué à saint Ambroise. Répétée depuis par tous les théologiens, combattue seulement au XVe siècle par le savant LaUrentius Valla, cette fable a conservé jusqu'à nos jours dans les Eglises chrétiennes toute l'autorité du fait historique le mieux établi. Cependant la critique moderne fait valoir contre l'authenticité de ce symbole: 1» le silence absolu gardé par l'auteur des Actes des apô.res et par les écrivains chrétiens des trois premiers siècles sur ce prétendu travail des disciples immédiats de Jésus ; îu la différence frappante qu'on remarque entre la forme de ce symbole et la manière dont les apôtres exposent les points essentiels de la doctrine chrétienne ; 3° l'impossibilité que le concile de Nicée n'eût pas l'ait la moindre allusion à un document quasi sacré, lorsqu'il dressa sa profession de foi ; 4" enfin, l'impossibilité qu'il y eût dans l'Eglise tant de dissidences, tant d'hérésies s'appuyant sur l'autorité des apôtres, si les apôtres avaient laissé un symbole que tous les chrétiens se seraient empressés d'adopter et qui fût devenu l'unique règle de foi. Il est donc admis aujourd'hui, par la critique dégagée de préjugés, que le soi-disant Spnbole des apôtres/ s'est développe successivement et perfectionné pendant la lutte des orthodoxes contre les premiers hérétiques, selon les besoins de l'argumentation des théologiens.
— Symbole de Nicée. Ce symbole fut composé par lu concile œcuménique réuni à Nicée, en 325, par l'empereur Constantin pour statuer sur Ja querelle dogmatique qui s'était élevée entre Anus, prêtre d'Alexandrie, et son supérieur religieux, l'évêque Alexandre, au sujet de la nature de Jésus-Christ (v. ARius). On sait qu'en résumé le Fils, selon Alexandre, est émané de toute éternité de la substance du Père et lui est égal, tandis que, selon Arius, il a été créé de rien « avant le temps • par le Père, à qui il est subordonné. La discussion qui précéda l'adoption du symbole tut longue et confuse; plus de trois cents évéques et ecclésiastiques d'un ordre inférieur y prirent part; l'évêque de cour, Hosius de Cordoue, présidait. Constantin vint mettre un terme aux hésitations des Pères, en leur imposant, à l'instigation d'Hosius et des amis d'Alexandre, le symbole qui est venu jusqu'à nous et qui proclama orthodoxe la doctrine de la consubstantiaiité, ou identité et unité de substance, condamnée comme hérétique quelques années auparavant. Tous les évêques présents, même ceux qui s'étaient montrés favorables à Arius, s'empressèrent d'y souscrire, intimidés qu'ils étaient par les menaces de l'empereur; deux seulement, Théonas de Marmarica et Secundus de l'tolémaïs, restèrent fidèles à Arius et furent exilés avec lui. Le Symbole de Nicée fut proclamé obligatoire, et, selon sa propre formule, quiconque ne souscrivait pas à tous ses articles devait être « anathématisé par l'Eglise catholique. » Il est inutile ue reproduire ici tout ce symbole, intéressant seulement en ce qui concerne la personnalité du Fils et ses rapports avec le Père ; le reste des articles est conforme à tous les autres symboles, et notamment à celui dit des apôtres que nous venons de citer. Voici l'article sur le Fils :
« Nous croyons,..., eu uu Seigneur J^ésus-
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Christ, auteur de toutes les choses visibles et invisibles, seul engendré du Père, c'està-dire de la substance du Père, Dieu engendré de Dieu, lumière engendrée de la lumière, Dieu véritable engendré du Dieu véritable, noncréé, consubstantiel au Père, et par lequel toutes les choses ont été faites, et dans le ciel et sur la terre, i
L'auteur de ce symbole est inconnu ; il n'est pas impossible qu'il ait été composé par Hosius -, mais, quel qu il fût, on déclara qu'il avait été inspiré du Saint-Esprit. Cette affirmation ne suffit pas pour rallier au symbole les nombreux théologiens qui avaient adopté les idées d' Arius, ou qui rejetaient la consubstantiaiité au nom de l'anathème dont elle avait été frappée avant le concile de Nicée. La formule du Symbole de Nicée n'était pas d'ailleurs absolument complète. Elle proclamait bien la consubstantiaiité du Fils et du Père, mais elle ne disait pas si cette consubstantiaiité entraînait une parfaite égalité de ces deux personnes divines. L'évêque Atbanase compléta la formule nicéenne en affirmant que le Fils, bien qu'engendré par le Père, lui était absolument égal en dignité et en puissance. C'était s'exposer évidemment à 1 accusation de reconnaître deux dieux; il sentit le danger, et pour le détourner il admit une unité numérique à laquelle les Pères de Nicée n'avaient pas pensé, et qui, en tout cas, n'était pas enseignée dans leur symbole. L'opinion d'Athanase fut adoptée par l'Eglise, puisqu'elle a proclamé article de foi le symbole où les idées de ce Père sont encore amplifiées, et qui est connu sous le nom de Symbole d'A.thanase, dont nous parlerons tout k l'heure,
— Symbole de Constantinople, aussi appelé nicéo-constanlinopolitaiii. En 380, l'empereur Théodose ordonna par uue toi à tous ses sujets de croire, > conformément à la doctrine évangélique professée par Damase de Romii et Pierre d'Alexandrie, à la divinité du Père , du Fils et du Saint-Esprit, sous une égale majesté et sainte trinité. » Cette loi, aussi odieuse que bouffonne, n'ayant pas produit l'effet que l'empereur en attendait, il assembla en 381 à Constantinople un concile de cent cinquante évêques, choisis parmi les plus ardents nicéensetles plus dévoués à sa personne, par lesquels il fit rédiger un nouveau symbole qui confirma celui de Nicée, avec quelques additions. Les ariens et plusieurs autres sectes furent anathématisés; toutefois, l'unité numérique des trois personnes divines ne fut point proclamée, ni le nom de Dieu donné au Saint-Esprit. Cela n'eut lieu que dans le Symbole dit d'Athanase, que l'Occident a placé au rang du Symbole des apôtres et de celui de Nicée. Le concile de Conslantinople, qui s'était bercé de l'espoir de terminer les disputes par la publication de son symbole, parce qu'il était un peu plus explicite que celui de Nicée, ne réussit qu'à demi-, car plusieurs docteurs de l'Eglise, parmi ceux-là même qui se montrèrent les plus itrdents champions du nicéisme, continuèrent à admettre une certaine subordination entre les personnes de la trinité.
— Symbole de Chalcédoine. Ce symbole fut promulgué par le concile de Chalcédoine,
' assemblée en 451 par ordre de l'empereur Marcien, pour combattre la doctrine d'Eutychés, qui ne reconnaissait en Jésus-Christ que la nature divine. Ce concile, composé de six cent trente évêques, et qui est de beaucoup le plus important après celui de Nicée , prit pour base de son symbole l'épître écrite à Flavien, métropolitain de Constantinople, par saint Léon le Grand, au sujet de l'eutychianisme. Afin de ne point détruire, d'un côté, l'union du divin et de l'humain en Jésus-Christ, c'est-à-dire le principe fondamental du christianisme, il enseigna la dualité des natures et l'unité de la personne, c'està-dire un sujet divin et un sujet humain qui doivent être un seul et même sujet. Mais jamais l'intelligence humaine ne parviendra k concevoir comment un. Dieu parfait et un homme parfait ont pu s'unir en la personne de Jésus ; car, s'ils sont parfaits, ils doivent avoir dans leur intégrité toutes les propriétés de leur nature respective; ainsi Jésus auraitétéàla fois ignorant comme homme et sachant tout comme Dieu, ces attributs contraires se tiouvant réunis dans une personne unique. Il est évident que le Symbole de Chalcédoine, loin d'avoir résolu le problème, ouvrait la porte à d'interminables querelles, car l'esprit humain, à moins de renoncer à l'usage de la raison, devait naturellement se trouver porté, dans l'impossibilité où il était de comprendre la théorie orthodoxe , à imaginer une foule de théories qui, plus ou moins raisonnables, devaient aboutir à sacrifier l'une au profit de l'autre la nature humaine ou la nature divine de Jésus-Christ. Les chrétiens d'Asie se montrèrent surtout opposés au Symbole de Chalcédoine. Plusieurs contrées, l' Arménie entre autres, refusèrent d'y adhérer, et, loin de disparaître, cette opposition ne lit que se fortifier. Plus tard, les califes protégèrent ces chrétiens dissidents, qui se constituèrent en Eglises séparées. Aujourd'hui encore , les coptes, les abyssins, les arméniens (à l'exception d'un petit nombre qui reconnaissent la suprématie du pape) et les jacobites de Syrie rejouent le concile de Chalcédoine et sou symbole.
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— Symbole d'Athanase. Vigile, évêque da Thapsus, en Afrique, athanasien rigide, a laissé un nom fort peu honorable dans l'histoire des lettres. Ce théologien osa, en effet, non-seulement se cacher sous le nom des Pères les plus illustres pour combattre avec plus d'autorité les hérétiques de son temps, mais encore il eut l'impudence de falsifier leurs ouvrages les plus authentiques et de faire des interpolations dans les livres saints eux-mêmes. Il est très-probablement l'auteur du symbole que les historiens ecclésiastiques appellent Symbole d'Athanase. Dans tous les cas, ce symbole ne remonte pas, quoiqu'on en dise, au delà du v* siècle, et la preuve irréfutable de celte assertion, c'est qu'il formule la doctrine de la trinité telle qu'elle était admise au ve siècle, avec les définitions et les explications rie saint Augustin. Il a donc été composé au plus tôt dans la seconde moitié duve siècle, par un théologien latin familiarisé avec les écrits de l'évêque d'Hippone, dont il rapporte textuellement certaines propositions. Ce symbole, chef-d'œuvre de galimatias théologique, est aussi appelé le symbole Quicumque, à cause du premier mot de son texte : Quicumque vult saluas esse (Quiconque veut être sauvé). C'est dans le vmo siècle seulement que le Symbole d'Athanase obtint dans l'Eglise, avec le Symbole des apôtres et le Symbole de Nicée, l'autorité de symbole œcuménique.
Tels sont les principaux symboles de la première Eglise. Nous pourrions y joindre celui de Constantinople ou de Trulle, que promulgua le sixième concile œcuménique, convoqué à Constantinople en 680, par Constantin Pogonat, et qui reconnut en Jésus'deux volontés naturelles non contraires, dont l'une, la volonté humaine, était subordonnée à la volonté divine et absolue, et lui obéissait en tout. C'était détruire la nature humaine; car, sans liberté de la volonté, il n'y a point de personnalité raisonnable réelle; mais le concile n'y regarda pas de si près. Ce symbole est rarement cité, et son autorité dogmatique n'est pas plus grande que sa valeur réelle.
Les premiers symboles parlent peu du Saint- Esprit. Celui de Nicée, qui ne songe pas à la trinité, se contente de dire : « Nous croyons au Saint-Esprit. » Cette phrase parut trop vague aux auteurs du symbole nicèo-constantinopolitain, qui ajoutèrent que te Saint-Esprit procède du Père, et qu'il est digne de la même adoration que le Père et le Fils, sans lui donner toutefois le nom de Dieu, qui lui fut attribué pour la première fois dans le Symbole d'Athanase. Un synode de Tolède, tenu en 589, ne se contenta pas de sanctionner cette doctrine; il falsifia le symbole nieéo-constantinopolitain en ajoutant à l'article qui dit que le Saint-Esprit procède du Père ces mots : « et du Fils. » Cette addition, condamnée par les grecs, fut adoptée par une grande partie de l'Eglise occidentale, et l'autorité de Charlemague lit approuver par le synode d'Aix-la-Chapelle, en 809, cette interpolation. Le pape Léon III blâma d'abord la falsification, mais s'y soumit ensuite par ordre du tout- puissant empereur. En 860, Nicolas 1er voulut ériger en dogme l'addition du filioque. Le patriarche de Constantinople, Photius, publia à ce sujet une violente encyclique et assembla en 867 un concile qui anathématisa les latins. Le schisme fut opéré ; l'Eglise grecque se détacha du pape, qui put à jamais imposer à ses fidèles le symbole falsifié.
— Mythol. et beaux-arts. V. symbolisme.
— Antiq. gr. Lorsqu'on voulait dîner par écot, chacun de ceux qui devaient participer au repas remettait à celui qui en était l'ordonnateur une symbula, c'est-à-dire un gage contre lequel il payait ensuite son ecot. C'est ainsi que nous Iisods dans l'Eunuque de Térence (III, iv):
Heri aliquot adolescentuli coimus in Pirso, In hune diem ut de symbolis essemus. Chsreameirei Prsfecimus ; dati annuli ; locus, iemyus constitutum
[est.
« Hier, nous nous sommes rassemblés, quelques jeunes gens, au Pirée, pour dîner ce jour-là par écot. Nous avons nommé Chasrea ordonnateur; nous avons donné nos anneaux; le lieu, le temps ont été fixés, i ,
Les juges choisis par le sort recevaient des ' jetons nommés également symboles, à l'aide ' desquels ils se faisaient reconnaître. La même ' marque était remise à l'étranger qui avait un permis de séjour ; c'était, en quelque sorte, i son passe-port. On donnait un symbole à l'hôte , par qui on avait été accueilli, et il devait le représenter s'il venait, à son tour, demander l'hospitalité. Quand on faisait des largesses au peuple, on lui jetait des symboles ou jetons, en échange desquels on donnait ensuite de l'argent.
Symbole deeapAtre* (lk), essai historique, par Michel Nicolas (Paris, Michel Lévy frères, 1867, l vol. in-8u). De toutes les études dont le Symbole dit des apôtres a été J'objet, la plus considérable, la plus complète est incontestablement celle de M. Nicolas. Il ne laisse aucun point dans l'ombre, il ne néglige aucun détail. Quand on l'a lu, on n'a pas seulement appris l'histoire du Symbole, mais on connaît aussi l'histoire des dogmes et des hérésies qui surgirent dans l'Eglise chrétienne durant les premiers siècles.
Nous n'allons pas ici, à la suite de M. Nico-
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las, raconter aux lecteurs du Grand Dictionnaire toute l'histoire du Symbole des apôtres ; nous renvoyons à son ouvrage ceux qui désireraient des renseignements plus précis. Aucun fait n'est avancé sans les preuves à l'appui. Les écrits des Pères sont à chaque page invoqués en témoignage, et l'on voit que les derniers travaux de la science historique et théologique sur le sujet sont familiers à l'auteur. Nous assistons à la formation et à l'épanouissement da Symbole; nous avons sous les yeux toutes les variantes, les diverses rédactions qui ont précédé la rédaction officielle. Enfin chaque article est expliqué par les rédacteurs eux-mêmes ou par les auteurs contemporains. La conclusion de M. Nicolas est celle de tous les critiques indépendants, à savoir que le Symbole dit des apôtres n'est pas un résumé des croyances chrétiennes, mais une pièce de polémique contre les hérésies et les schismes des premiers siècles, pièce qui s'est formée lentement et peu à peu.
Deux articles seulement, la descente de Jésus-Christ aux enfers et la communion des saints, paraissent avoir été introduits dans le Symbole pour d'autres motifs. Il est à remarquer qu'on ne les y rencontre qu'à partir du vie siècle. Mais on ne sait à qui doit être attribuée cette double addition. Du reste, elle ne souleva aucune protestation, et c'est là une preuve que les idées ainsi consacrées avaient déjà reçu la sanction de l'opinion publique,
A partir du moment où le Symbole fut achevé, il devint, par une fortune singulière, complètement étranger aux Eglises d Orient, où il n'a jamais pénétré depuis. En U38, Ephésius, représentant de ces Eglises au concile de F'iorence, affirma que le Symbole leur était inconnu. En Occident, il varia d'une Eglise à l'autre et ne fut pas reçu partout. Ce n'est qu'au ix« siècle qu'il fut admis dans les Eglises franques, et en Espagne il ne le fut pas avant le xj«. Enfin il faut remarquer que le Symbole ne fut pas d'abord introduit dans le culte public; c'était un formulaire Secret à l'usage des catéchumènes, et selon toute apparence il ne fut admis dans la liturgie que vers le xi« siècle.
Toutes ces questions et d'autres encore ont été élucidées dans l'essai de M. Nicolas. Le style est ce qu'il doit être en pareille matière, simple, clair, sans déclamation, sans emphase. Le livre, pal1 lui-même, ne manque pas d'attrait, et il nous parait être le dernier mot sur le sujet.
SYMBOLIQUE adj. (sain-bo-li-ke — rad.
symbole). Qui sert de symbole, qui a le caractère d'un symbole : Figure symbolique. Le langage symbolique des anciens a cessé avec la religion qui lui avait donné naissance. (Condill.) L'art doit être réel, idéal, symbolique et sympathique. (Mesnard.) L'écriture hiéroglyphique s'est formée de l'emploi simultané des représentations des objets, de signes vocaux et de figures symboliques. (A. Maury.)
— Philol. Ecriture symbolique, Sorte d'écriture qui représente les idées par des caractères symboliques.
— Bibliogr. Livres symboliques. Livres qui contiennent les formules de la foi luthérienne.
— Archit. Colonne symbolique, Colonne qui porte quelque attribut symbolique.
— Mathém. Géométrie symbolique, S'est dit quelquefois pour géométrie analytique.
— s. f. Ensemble des symboles propres à une religion, à un peuple, à une époque; science qui expose et explique ces symboles; livre qui traite de cette science : La symbolique de l'Orient est la clef de tous les mystères* religieux présents et passés. (Vaillant.) Tous les peuples ont eu leur symbolique expiatoire. (Proudh. ) Je serais désespéré qu'on m'accusât de manquer de profondeur à propos de chorégraphie, et que l'on pût Croire que je n'ai pas lu la Symbolique de Creuser. (Th. Gaut.)
— Système d'interprétation des mythes polythéistes, qui les considère comme des symboles des faits naturels ou historiques et des principes moraux.
— Encycl. V. symbolisme.
Symbolique et mythologie de* ancien» peuple* et particulièrement des Grecs, de l'Allemand Frédéric Creuzer (1S10-1812, 4 vol. in-8<>), l'ouvrage le plus considérable qui ait été publié sur les religions de l'antiquité. A son apparition, il eut dans le monde savant un grand retentissement, et les additions successives des nouvelles éditions (1819, 1836, 184Î, 6 vol. in-8<>), ainsi que la traduction qu'en a donnée M. Guigniaut, sous ce titre : les Religions de l'antiquité considérées dans leurs formes symboliques (1825-1851), l'ont mis au courant des nouvelles recherches.
Creuzer a démontré le symbolisme primitif de toutes les religions antiques en démontrant le symbolisme de la religion indoue, à laquelle les Grecs ont emprunté les premiers éléments de leur théogonie. Quoiqu'on ait essayé, à l'aide de polémiques passionnées, de combattre cette opinion, les conclusions da Creuzer, au moins dans leurs termes généraux, sont aujourd'hui un fait acquis pour la science. Le savant critique allemand et son traducteur français, dont l'ouvrage diffère du reste sensiblement de l'œuvre primitivf, ont déployé la plus vaste érudition.
L6 symbolisme de la théogonie indoue et en général de toutes les religions de l'Orient
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est l'objet des premiers livres. Creuzer expose et étudie successivement les religions de l'Inde, de l'Egypte, des Médo-Perses, celles de l'Asie occidentale et de l'Asie Mineure ; il montre que ces contrées furent le berceau de toute la mythologie et arrive à cette conclusion singulière que, dans leurs origiues, les doctrines fondamentales durent être révélées à l'bomiiie. Passant de l'Orient à la Grèce, il en expose les premières institutions religieuses, d'après Orphée, Homère et Hésiode; il les suit dans leurs développements, fait l'histoire de chaque divinité , des (lieux, demi-dieux, héros et démons; élucide la doctrine des fameux mystères d'Eleusis et démontre que les Grecs, loin d'être les fondateurs d'une mythologie particulière, se sont assimilé tout un monde antérieur de poésie, de théologie et de philosophie. En suivant pas à pas, avec Creuzer, l'origine et les développements de l'idée religieuse, on acquiert la certitude que lee mythes ne sont pas des fables plus ou moins ingénieuses, qu'ils sont la philosophie elle-même rendue sensible par des images, et quelquefois aussi tout simplement l'expression des phénomènes naturels; rigoureusement exacte chez les Indous, cette expression s'affaiblit et se dénature chez les Hellènes, à qui l'ont transmise les Pélasges. A mesure que ies anciennes races s'éteignent, les traditions mythiques s'effacent; Hésiode et Homère eux-mêmes semblent par moment les avoir oubliées; pour les poètes latins, le sens théocratique est entièrement perdu.
L'aspect extraordinaire des conceptions orientales, dont l'ampleur nous étonne, est dû sans doute a ce qu'alors l'huniiinité était je»ne et plus sensible aux choses de la nature. « Il semble, dit Creuzer, qu'on ait affaire, non pas à des hommes comme nous, mais à des esprits élémentaires, doués d'une vue merveilleuse de la nature même des choses, d'un pouvoir de tout sentir et de tout comprendre en quelque sorte magnétique. » M. Renan, qui a fait de l'œuvre de Creuzer une étude brillante, ne croit d'ailleurs pas que les conceptions religieuses de cet âge reculé soient susceptibles d'une interprétation fort précise... o C'est vouloir, dit-il, expliquer le son des cloches ou chercher des figures dans les nuées, que de poursuivre un sens précis dans ces rêves de l'âge d'or. L'homme primitif voyait la nature avec les yeux de 1 enfant. L'enfant projette sur toute chose le merveilleux qu'il trouve en lui-même ; il ne voit le inonde qu'à travers une vapeur doucement colorée ; jetant sur toute chose un curieux et joyeux regard, il sourit à tout et tout lui sourit. Désabusés pur l'expérience, nous n'attendons plus rien de bien extraordinaire de l'infinie combinaison des choses; mais l'enfant ne sait pas ce qui va sortir du coup de dés qui se joue devant lui; il croit plus au possible parce qu'il connaît moins le réel. De là ses joies et ses terreurs; il se fait un monde fantastique qui l'enchante et qui l'effraye tour à tour; il affirme ses rêves; il n'a pas cette àpreté d'analyse qui, dans l'âge de la réflexion , nous pose en froids observateurs vis-a-vis de ta réalité. Tel était l'homme primitif; à peine séparé de la nature, il causait avec elle, il lui parlait et entendait sa voix. Cette grande mère, à laquelle il tenait encore par ses artères, lui apparaissait comme vivante et animée. A la vue des phénomènes du monde physique, il éprouvait des impressions diverses qui, recevant un corps de son imagination, devenaient ses dieux. Il adorait ses sensations, ou pour mieux dire l'objet vague et inconnu de ses sensations, car, ne séparant pas encore l'objet du sujet, le monde était lui-même et lui-même était le monde. ■
L'addition la plus considérable qui ait été faite à la Symbolique par le traducteur français, M. Guigniaut, est relative aux religions de l'Inde. Sur ce sujet, il a substitué au travail à peine ébauché de Creuzer une étude étendue et développée, qui, soumise au savant professeur, a reçu sa pleine et entière approbation. M. Guigniaut a rendu compte lui-même du degré de liberté dont il a usé envers l'original. • La nature singulière de cette traduction, dit-il, les modifications que nous avons fait subir au plan et k la forme de l'ouvrage, les développements et les éclaircissements que nous y avons ajoutés et qui en doublent l'étendue réelle sans eu grossir beaucoup le volume, nous ont semblé répandre par eux-mêmes une certaine lumière.
Sans altérer jamais la pensée de l'écrivain ni la couleur propre et locale de son style, sans omettre ni un fait ni une idée de quelque valeur, eu transportant dans notre langue sa grande composition, nous nous sommes donné pleine carrière pour en resserrer le tissu beaucoup trop tâche, pour en concentrer l'expression souvent diffuse. > M. Alfred Maury, qui a aidé M. Guigniaut dans sa traduction, a ajouté au tome IV un chapitre important sur les religions de l'antiquité considérées dans leurs rapports avec l'art. Un volume de plauches, plus nombreuses aussi que celles de l'original, complète ce grand ouvrage.
La Symbolique de Creuzer a reçu également dans ies éditions allemandes des additions considérables, outre celles mêmes de l'auteur. L'édition de 1823 contient deux volumes de supplément, dus à M. Jos. Mone et traitant du Paganisme dans le nord de l'Europe; Celle de 1836-1842, des appendices de M. Abegg et du docteur Ullmann.
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Les contradicteurs, même les plus violents, . n'ont pas manqué à Creuzer. Hermann, Mul- , 1er, Gerhard,Voss surtout, l'attaquèrent suc- , cessivement; mais si les premiers le firent , avec mesure et convenance, "Voss ne sut garder aucune modération. Ennemi juré de tout ce qui tenait au mysticisme, il fut d'autant plus violent et mêla d'autant plus de personnalités à ses répliques qu'il craignait pour son pays l'exemple contagieux du comte de Stolberg, son ancien ami, qui, entraîné par les idées mystiques de l'époque, avait changé de religion. Dans son Antisymbolique ( Stuttgard, 1824-1826, in-8°), Voss ne trouva que des injures à la place d'arguments, tandis que Hermann, dans ses Lettres sur Homère et Hésiode, fit les objections les plus sérieuses au système de Creuzer. Ceiui-ci lui répondit; mais dans sa préface il déclara n'avoir jamais lu f Antisymbolique de Voss ; aussi se dispensa-t-il de la réfuter.
Symbolique du droit (ESSAI SUR LA.), par M. Chassan. V. droit, tome VI, page 1284.
SYMBOLISATION s. f. (sain-bo-li-za-si-on — rad. symboliser). Action de symboliser, de représenter par des symboles.
— Ane. prosod. Action de faire rimer ensemble plusieurs vers de suite ou plusieurs parties du même vers.
SYMBOLISER v. a. ou tr. (sain-bo-H-zé — rad. symbole). Exprimer symboliquement :
Pour symboliser la fraternité, l'artiste a entouré son Christ d'enfants et de jeunes mères. (Th. Gaut.) il Etre le symbole de : L'aspic qui se mord la queue symbolise l'éternité. (Toussenel.)
— v. n. ou intr. Avoir du rapport, de la conformité : Les alchimistes disaient que les planètes symbolisaient avec les métaux, que le soleil symbolisait avec l'or, que la tune symbolisait avec l'argent. (Acad.) Que votre parler symbolise avec vos personnes, et vos personnes avec votre parler. (N. Pasq.) Il Vieux en ce sens.
SYMBOLISME s. m. ( sain-bo-li-sme — rad. sy})}bolc). Philos. Etat particulier de la science philosophique, dans lequel toutes les affirmations scientifiques sont exprimées par des symboles,
— Système de symboles destinés à rappeler des faits ou à exprimer des croyances : Le symbolisme thèologique est une émanation de la pensée guerrière. (Proudh.) La réfutation du docteur Strauss fit beaucoup de bruit; c'était une protestation éloquente en faveur de la personnalité humaine contre le symbolisme exagéré du docteur allemand. (T. Delord.) La philosophie grecque substitua son vocabulaire abstrait' au symbolisme antique. (V. Hugo.) Le symbolisme effrayant et monstrueux de V E- Qypte se traduit en édifices indestructibles qui offrent encore au monde leur énigme à deviner, (T. Gaut.) La forme obligée de toute religion est le symbolisme, (Renan.)
— Système historique qui interprète comme des symboles les faits racontés par certains historiens ou certains mythologues anciens.
— Encycl. Relig. La mythologie, qui ne nous paraît guère aujourd'hui qu'une série d'inventions poétiques, bonnes a amuser notre imagination, est un symbolisme ; et l'on peut même dire qu'elle est le symbolisme par excellence. En effet, on y trouve les lois, les forces de l'univers et les différentes combinaisons de ces forces et de ces lois figurées dans des légendes symboliques qui, sous une forme poétique, les rendent sensibles. Aussi est-ce avec raison qu'Hérodote a dit qu'au commencement les Grecs ont désigné les dieux sous le nom de lois, signification primitive du mot theoi. Le symbolisme a subi différentes phases, et ses représentations ont souvent varié. Il fut d'abord naturaliste, c'està-dire qu'il emprunta ses formes aux objets mêmes de la nature; puis il devint anchropomorphique, ce qui signifie, selon l'étymologie même du mot, qu'il emprunta ses formes à l'organisation humaine. L'anthropomorphisme est le dernier progrès du symbolisme; c'est celui que lui a fait faire la religion gréco-romaine. Les vastes dieux confus de l'Orient sont, comme l'esprit même des peuples qui les ont créés, encore à moitié confondus dans le grand chaos du panthéisme. Ils sont un mélange, une sorte de syncrétisme de toutes les formes, tant naturelles qu'humaines. En Egypte, le symbolisme commence à se dégrossir, et, à mesure que la conscience et l'intelligence humaines progressent, les dieux se précisent de plus en plus et s'incarnent de plus en plus dans la forme humaine. La mythologie est la première période de l'histoire, de même que l'histoire est le dernier développement de la mythologie. Aux premiers temps, tout est confondu dans le symbolisme ; plus tard, la poésie et les arts, qui en sont sortis, réagissent sur les dieux et leur donnent une forme définitive. C'est cette période qui est si magnifiquement représentée par la Grèce. La philologie et la mythographie modernes ont trouvé, dans tous les peuples de la race indoaryenne, les mêmes symboles et le même fond religieux, qui se sont, à travers ies temps, développés différemment selon les différents climats, sans rien perdre cependant de leur caractère primitif. C'est ainsi que les plantes exotiques, transportées dans nos climats, y subissent des modifications qui les altèrent
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sans les changer radicalement. M. Louis Ménard a fort bien dit k ce sujet : «Tous les développements ultérieurs de la pensée religieuse étaient contenus en germe dans la révélation primitive. Ces développements furent l'œuvre de la poésie. L'œuvre théoiogique des poètes consista, au témoignage d'Hérodote, a distinguer, d'après leurs fonctions, les principes actifs de l'univers, a déterminer leurs rôles respectifs, à les classer et à les nommer. Ainsi, conformément à la marche générale de l'esprit humain, les vérités générales se confirmaient par t'analyse, les détails se classaient dans l'ensemble, et une vue plus claire et plus distincte des lois éternelles complétait, sans l'ébranler, la vague intuition des premiers jours. » Tel était le fond du symbolisme grec ; chaque loi représentée par un dieu agissait dans l'ensemble des choses, mais tous les dieux étaient soumis au Destin, qui agissait au-dessus d'eux. Pour quiconque s est donné la peine d'approfondir le symbolisme antique et surtout le polythéisme hellénique, qui en est l'apogée, le côté rationnel de cette religion apparaît avec une évidence incontestable. Et, sil'on veutlajuger au point de vue adopté aujourd'hui parla science, on ne peut que sourire de l'indignation manifestée par quelques-uns contre ce symbolisme si clair et si intelligible. Il paraît alors vraiment puéril de s'irriter contre Jupiter, qui a pour épouse sa sœur Héra ou qui féconde les filles des hommes, quand on sait que Jupiter désigne l'air supérieur, et Ses innombrables amours les relations naturelles de l'air avec les choses. Un poète du commencement de ce siècle, Népomuccne Lemereier, frappé de la haute rationalité du symbolisme antique, a essayé de symboliser, d'après le même procédé, les nouvelles lois et les nouvelles forces découvertes par la science. De cette idée, il a fait un poëine singulier, intitulé VAtlanliade, où l'on voit ces forces et ces lois, personnifiées et divinisées, concourir à la destruction de Cette Ile Atlantide, déjà décrite par Platon. Cette tentative poétique, remarquable à beaucoups d'égards, ne pouvait être oubliée dans un article sur le symbolisme. Mais, si nous quittons le monde antique et le polythéisme gréco-romain, et si nous abordons le christianisme et les temps modernes, nous voyons que le symbolisme n'y a pus perdu ses droits. Le christianisme est aussi on symbolisme anthropomorphique. U est bien entendu que nous en parlons ici au point de vue de la science, et que nous ne pouvons nous inquiéter des scrupules des dévots et des fidèles, quelque respectables qu'ils soient. Après les travaux des Paulus, des Schleiermacher, des Strauss et des Feuerbach et de toute l'école hégélienne, il n'est plus permis de se laisser entraver, dans la recherche de la vérité, par les préventions de certains esprits qui redoutent l'examen. Or, ces récents travaux ont prouvé que le christianisme, bien qu'il se soit opposé tout d'abord au symbolisme antique, était né de lui et s'était développé en lui; si bien que M. Quineta pu dire avec raison, dans la préface de son poème de Prome'J/iée, que le chiistianismeexistaitavant le Christ. En effet, on voit, dès deux ou trois siècles avant Jésus-Christ, quelque chose d'analogue à l'esprit chrétien apparaître et troubler l'ancien monde. L'institution des mystères et des orgies sacrées signale une nouvelle période de la religion antique, période qui arrivera à son complet développement avec fe christianisme. On a retrouvé eu effet, sous tous les symboles chrétiens, un emprunt du symbolisme de l'ancienne religion ; seulement, la révolution qui s'accomplit avec le christianisme peut être résumée en ces mots : il a fait prédominer le sens moral et mystique sur le sens naturaliste qui avait prédominé dans l'antiquité. Alors, les anciens symboles, sans changer leurs formes essentielles, ont cependant pris une physionomie nouvelle, due à l'esprit nouveau qui s'est glissé eu eux. Un exemple suffira pour faire comprendre le sens de cette révolution: la Grèce avait les trois Grâces, qui représentaient pour elle les trois formes suprêmes de la beauté ineffable. Le christianisme a pris les trois Grâces et en a fait les trois vertus théologales; et remarquons, en passant, qu'il n'a même pas change leurs noms, car les trois Grâces en grec se nommaient Charités, d'où, est venu le nom de la charité. La même méthode de transformation u été appliquée dans toutes les parties du culte et même dans les légendes des saints. Tel mythe païen, conservé par l'imagination populaire, s'est christianisé; et la science moderne reconnaît facilement le fond et la forme du paganisme sous les surcharges et les déplacements que leur fait subir cette nouvelle interprétation. On Sait, par exemple, que la légende de saint Denis portant sa tête est uu reliquat du cuite de Bacchus, qui s'appelait en grec Ijionysos. Il y avait à Constantinople un autel dédié à Aghiu JSophia (la sainte Sagesse) ; les chrétiens, en convertissant ce temple à leur usage, ont laissé subsister la dédicace, et la sainte Sagesse est devenue sainte Sophie. Ainsi de beaucoup d'exemples, qui témoignent que, au lieu d'écrire son fameux pamphlet Comment les dogmes finissent, Joufi'roy aurait mieux fait d'écrire Comment les dogmes se transforment. Rien ne s'improvise dans l'histoire, non plus que dans la nature; l'adage de Linné : Natura non facit sallum, s'applique aussi exactement à l'his-
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toire. Tout progrès s'opère pur transformations successives. Ces considérations, quelque succinctes et pressées qu'elles soient, suffiront, nous l'espérons, a faire comprendre au lecteur le sens profond donné par la science moderne à ce mot symbolis?ne. Cependant, nous ne pouvons passer sous silence une autre partie du symbolisme qui a son importance. En effet, nous n'avons traité que du symbolisme religieux; mais il y a un autre symbolisme dont l'objet est de rendre palpable sous une forme matérielle un axiome moral ; et enfin un symbolisme très-touffu, employé par les sciences occultes pour cacher aux profanes les vérités qu'elles prétendaient révéler. Ce dernier symbolisme, d'ailleurs, n'a rien d'original par lui-même; c'est un confus syncrétisme de toutes les formes symboliques des anciennes religions; la magie leur a emprunté, en effet, non-seulement les vérités qu'elle prétend posséder en propre, mais les formes mêmes sous lesquelles elles étaient représentées. Il faut remarquer, cependant, que le symbolisme magique provient principalement des religions orientales ou de celui qui était employé par les sectes mystiques qui se multiplièrent avec une telle variété à l'époque de la décadence du monde antique; tandis que c'est l'élément hébraïque qui prévaut dans l'occultisme, sa langue sacrée est la langue hébraïque. Mais, laissant de côté toute cette partie du symbolisme qui en forme une branche particulière, occupons-nous du symbolisme que nous avour appelé moral. Les fables de Lockman et celles d'Esope, autant que la légende dorée, appartiennent à ce genre, Lockman a quelquefois été confondu avec le roi Salomon. Ce roi, en effet, avait composé un grand nombre de fables ou récits symboliques, qui ont dû se conserver dans la tradition orientale. A la suite du livre des Proverbes, attribué à Salomon, on trouve un recueil de sentences intitulé ; Paroles d'Agur, fils de Jakeh. Or, selon un écrivain muge, le nom d'Agur se trouve être précisément le nom égyptien qui fut donné h Joseph et qui signifie celui qui rassemble, celui qui fait des provisions; l'étymologie a cet avantage ou plutôt cet intérêt d expliquer la formation et la raison essentielle de l'histoire de Joseph, parvenu en Egypte au ministère des provisions. Mais, pour qu'une fable soit un symbole, il ne suffit point qu'elle renferme un sens moral; il est nécessaire qu'ulle- renferme plusieurs sens, comme l'indique l'étymologie même du mot (suit ballà,js mets ensemble). Les fa'jlos d'Esope, de Lockman, de Salomon sont des symboles; celles de La Fontaine et de Florian ne sont que des fables, c'est-à-dire des allégories ou subsiste seul le sens moral.
Le moyen âge a connu le symbolisme. On peut dire de Notre-Dame en particulier et de l'architecture goth.que en général qu'elles sont un symbolisme de pierre, comme les hiéroglyphes de l'Egypte. Sans parler des épopées mystiques, de l'épopée d'Arthur, de l'épopée carlovingienne, la littérature populaire offre dans \eIloman de In Iit,se et autres productions de cette espèce un véritable symbolisme, qui, bientôt dénaturé ou incompris par l'esprit mesquin de la bourgeoisie, descendit à l'allégorie grossière et prosaïque ou à un système d'allusions très-spirituelles, mais peu poétiques. Nous avons classé la légende dorée parmi les symbolismes; c'est que, en i-ffet. il fuut bien se garder de prendre à '.a lettre les récits de la légende. Beaucoup sont des transformations des légendes du symbolisme antique, et d'autres ne sont que des faits psychologiques et intellectuels figurés d'une manière sensible. Les récits des Evangiles apocryphes et des livres talmudiques sont dans lo même cas; parfois, il peut y avoir à ces récits un fond historique et réel; mais, eu ce Cas même, ce fait historique ou réel n'est qu'un noyau autour duquel s'est formée la légende, et il est arrivé ainsi à perdre sa qualité de fuit réel et à n'être plus que Lu figuration des sentiments populaires dont ce fait aura été l'ûrcasion. Nous finirons par cetto observation, que l'on se trompe souvent en prenant U la lettre telle maxime des écoles de philosophie occulte. Ainsi, lorsque Pythagore dit à ses disciples : Ne mangez pas de fèves, il n'a peut-être d'autre intention que de leur dire de nd pas exploiter leurs droits d'électeurs et de ne pas spéculer sur leurs suffrages, car on sait que c'était avec les fèves qu'on votait dans les assemblées publiques. Nous croyons que ces observations suffiront pour rendre intelligibles, non-seulement la nature même et la formation du symbolisme, mais encore les différentes formes qu'il a affectées selon le sens moral ou mystique qu'il devait révéler.
— Symbolisme dans l'art égyptien. Cet au nous offre le type du véritable symbole. La conception qui sert de base à l'art égyptien est la distinction de l'âme et du corps et le dogme de l'immortalité. Celte conception se traduit sous une foule de formes symboliques. Ainsi, de même qu'il y a deux mondes, la monde des vivants et le moi\ûe des morts, il y a aussi deux architectures, l'une à la surface du sol, l'autre souterraine : les labyrinthes, les tombeaux et les pyramides. La pyramide est comme une enveloppe qui cacne un objet, un être invisible; elle a son coté extérieur et son côté intérieur; elle est un véritable symbole. De même, l'écriture hiè-
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roglyphique est symbolique, puisqu'elle fait connaître les idées par des images empruntées à la nature; mais un défaut se trahit dans les représentations de laforrae humaine. Biles représentent bien symboliquement une force mystérieuse; mais elles manquent de vie, de personnalité. On peut voir au musée du Louvre les statues des divinités égyptiennes : elles sont toutes symboliques, mais elles n'ont as d'individualité. Ces corps gigantesques, izarres, aux proportions surhumaines, aux bras collés le long du corps, aux jambes soudées et roides, n'expriment pas la vie; ce sont comme autant de momies ficelées à tout jamais dans leur gaine. Toutefois, remarquons-le, la forme humaine n'est plus une simple personnification abstraite. L'art fait effort pour se spiritualiser ; s'il n'atteint pas le but, il l'entrevoit et y tend ; mais la personnalité n'arrive pas encore & la conscience d'elle-même. De là la complication des symboles, véritables énigmes pour les savants de tous les temps. Ces emblèmes, qui cachent une multitude de sens profonds, restent là comme un témoignage des efforts vainement tentés par l'esprit pour se comprendre luimême, symbolisme mystérieux, énigme immense que représente le sphinx égyptien, symbole lui-même de toutes ces énigmes.
SYMBOLOLOGIE s. f. (sain-bo-lo-lo-jî — du gr. sumbaton, symbole; logos, discours). Ane. méd. Partie de la médecine qui traitait des signes ou des symptômes des maladies,
SYMBOLOLOGIQUE adj. (sain-bo-io-lo-jike — rad. symbolotoyie). Ane. méd. Qui a rapport à la symbolologie : Système symbo-
LOL.OGIQUK.
SYMBRENTHIB s. f. (sain-bran-U). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides, comprenant plusieurs espèces, toutes étrangères à l'Europe.
SYME (Jacques), chirurgien écossais, né dans le Fifeshire en 1799. Il fit ses études 6. l'université d'Edimbourg et montra fort jeune un goût marqué pour la chimie; il découvrit, dit-on, le premier les moyens d'assouplir le caoutchouc de façon à 1 utiliser dans l'industrie. Devenu, eu 1817, l'élève, puis le prosecteur du célèbre chirurgien Liston, son parent, il fut, en 1821, reçu chirurgien au Surgeon Collège de Londres et vint reprendre sa place auprès de Liston, qu'il asîista encore durant sept années et auprès duquel il allait se poser en heureux émule. De 1825 à 1838, M. Syme ouvrit des cours particuliers pour l'enseignement de l'anatomie et de la chirurgie, et ils obtinrent une vogue égale à ceux de son illustre maître. Cependant, par un sentiment plein de délicatesse et pour ne point porter ombrage à Liston, il refusa d'entrercomme chirurgien à l'hospice royal ; mais il parvint, tant avec ses ressources que par des souscriptions, à fonder lui-même un hôpital, où, pendant quatre ans, il lit un cours de clinique. A cette époque, il avait déjà publié deux ouvrages de premier ordre, le Traité de l'excision des articulations malades (1831) et des Principes de chirurgie (1832, in-8<>), qui Le plaçaient à la tête des plus savants chirurgiens de l'Angleterre, Sur la recommandation de Jeffrey, le fondateur de la Bévue d'Edimbourg, il fut, en 1833, nommé professeur de clinique chirurgicale à l'université d'Edimbourg. Cette nomination fut la cause d'une brouille de plusieurs années entre le professeur Liston et son élève. Liston quitta Edimbourg pour aller occuper à Londres la chaire de clinique chirurgicale de l'université. Lorsqu'il mourut en 1847, M, Syme, avec lequel il s'était reconcilié, lui succéda à Londres. Il commença ses leçons en 1848 et fut assez mal accueilli par ses confrères. Ou le traita d'intrus, et le président du collège des chirurgiens donna même sa démission. Obligé de faire plusieurs cours accessoires qui le fatiguaient et l'empêchaient de cultiver la science a sa guise, M. Syme retourna au bout de six semaines reprendre su. place encore vacante à Edimbourg. Il fut nommé peu après membre de la Société royale. Considéré comme l'un des opérateurs les plus habiles de l'Europe, il a introduit en Angleterre la méthode Chopart pour l'incision partielle du pied, l'excision de l'os maxillaire supérieur, le traitement par un régime doux de la gangrène sénile, un mode perfectionné d'amputation du cou-de-pied, et, dans un grand nombre de cas, il a substitué l'excision k l'amputation.
Comme écrivain, M. Syme a publié, outre les ouvrages déjà cités : un Traité sur les maladies du rectum (1838-1846); Etudes de pathologie et de pratique chirurgicale (1847) ; Traité sur le rétrécissement de l'urètre et sur a fistule au périnée (1849); des Mémoires ur les blessures par incision, publiés dans la .-ancette en 1851 et dans VAtkensum anglais en 1848.
SYMÉ s. m. (si-rnè). Ornith. Genre de passertaux, de la famille des alcyonées, formé aux dépens des martins-pêcheurs, et dont • l'espèce type habite la Nouvelle-Guinée : Le stms torotoro ruse les grèoes en volant pour saisir les petits poissons. (Z. Gerbe.)
— Encycl. Les symés ou symas sont caractérisés surtout par leur bec, dont les deux mandibules ont les bords garnis, dans les deux tiers de leur longueur, de dents fortes, nombreuses, disposées en scie et dirigées
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d'avant en arrière. Ce genre a beaucoup d'affinité avec les martins - pêcheurs. Le syme torotoro a le plumage d'un noir velouté en dessus, d'un jaune roussâtre pâle en dessous, avec la tête et le bec d'un jaune roux vif, un cercle noir autour des yeux, deux taches de cette couleur de chaque côté du cou, la queue bleu d'azur et les pieds jaune roussàtre. Cet oiseau habite la Nouvelle-Guinée; il vit sur les bords de la mer, le long des massifs de palétuviers, rase les grèves dans son vol et saisit ainsi les petits poissons dont il se nourrit et qu'il retient aisément, grâce k la conformation de son bec,
SYMÉ ou SYM1A, lie de la Turquie d'Asie, près de lacôteS.-E. de l'Asie Mineure, entre Rhodes et la péninsule de Cnide, à l'entrée du golfe de son nom. Elle fait partie du pachulik des Iles et a une forme à peu près circulaire, avec un diamètre de 9 kilom. Autrefois fertile en blé et en vins, elle est aujourd'hui pauvre et misérable ; ses habitants vivent de la pèche des éponges, qui sont trèsabondantes sur les rochers de ses côtes. Cette Ile, nommée primitivement Metapontis et Œgle, fut appelée Symé du nom d'une fille d'Ialysos. A l'époque de la guerre de Troie, elle avait pour roi Nirée, le plus be^u des Grecs après Achille. Elle fut ensuite occupée par les Cariens, qui l'abandonnèrent bientôt, puis peuplée par une colonie de Lacédémouiens. En 1309, elle fut conquise par les chevaliers de Rhodes et fit partie du domaine particulier du grand maître. Les Turcs s'en emparèrent en 1523 et l'ont conservée depuis.
SYMÈLE s. m. (si-mé-le — du préf. sym, et du gr. melos, membre). Tératol. Monstre chez lequel les deux membres d'une même paire sont fondus ensemble.
SYMÉLIE s. f. (si-mé-lt — rad. symèle). Tératol. Conformation des symèles.
STTMÉLIEN, IENNE adj. (si-mé-Ii-ain, iè-ne — rad. symète). Tératol. Se dit des monstres chez lesquels les membres d'une même paire sont confondus,
SYMÉLIQUE adj. (si-mê-li-ke — rad. sytnélie). Tératol. Qui a les caractères de la symélie : Monstre symélique.
SYMES (Michel), voyageur anglais, né vers 1760, mort en 1809. Ayant choisi la carrière militaire, il fut envoyé dans l'Inde et reçut, en 1795, la mission de se rendre dans l'empire birman, où. il conclut avec le souverain de ce pays un avantageux traité de commerce. Trois ans plus tard, il fit un nouveau voyage en Birmanie et obtint, en récompense de ses services diplomatiques, le titre de lieutenant-colonel. En 1808, Symes prit du service dans l'armée anglaise qui combattait en Espagne, s'embarqua pour revenir en Angleterre, après la bataille de la Corogne, et mourut en mer pendant la traversée. On lui doit : An account ofan embassy to the kingdam of Ava in 1795 (Londres, 1800, grand in-io), traduit en français (Paris, 1800, 3 vol. in-8° et atlas).
SYMÈTHE s. m. (si-mè-te). Crust. Genre de crustacés décapodes macroures.
— s. f. Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides.
SYMÈTHE, l'ancien Symsethus, fleuve de Sicile. U prend sa source sur le côté septentrional de l'Etna, dans le val de Demona. On l'appelle aujourd'hui Giavetta; c'est la rivière la plus considérable de toute la Sicile. Elle était navigable au temps des Romains, et Servius (fil qu'il n'y en avait point d'autre dans l'île qui eût le même avantage. Elle était célèbre dans la Fable : la nymphe Thalie, après ses amours avec Jupiter, fut métamorphosée en cette rivière, et, pour se dérober, même dans cet état, à la colère de Junon , elle se glissa sous l'Etna et y continua sa marche souterraine jusqu'à lainer. Ses eaux ne coulent plus sous terre; mais cette antique tradition semble fondée sur un fait naturel, à savoir sur les révolutions qu'ont subies, en divers temps, les cours d'eau de cette région si souvent bouleversée par l'action du terrible volcan.
Le cours du Symèthe forme presque un demi-cercle autour de l'Etna, et semble dessiner sa base du côté de l'occident; puis il s'en écarte tout à coup pour aller se jeter dans la mer, à quelques lieues de Catane, presque sous la méridienne du cratère de l'Etna, et près des ruines de l'ancienne Murgentium.
A une très-petite distance de la source du Symèthe, dans une vallée parallèle à celle où il coule, prend sa source l'Onobala ou Tauromimus, aujourd'hui Fiume Alcantara, qui entoure l'Etna du côté du nord et va se jeter dans la mer au sud-ouest de Taormine, non loin de l'ancienne Naxos. Le Symèthe et lui, qui se touchent presque à leur source, et coulent l'un à l'occident, l'autre au nord, ont un cours tel qu'avec ta mer qui, à l'orient en baigne la base, 'ils forment de l'Etna une sorte d île presque circulaire. Le cours de ces fleuves et la base de la montagne ne furent pas ainsi déterminés dans tous les temps. Les tremblements de terre, les bouleversements de la montagne, l'écoulement des laves ont toujours étendu cette base et poussé plus loin le cours des fleuves. Un jour peut-être sera-t- il Intercepté tout à fait. De là le nom de val de Demona que
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porte le canton de la Sicile qui renferme l'Etna.
Le Symèthe est grossi par un nombre considérable de petits ruisseaux qui sillonnent les flancs de l'Etna, dont le sommet est toujours couvert de neiges. Il est aujourd'hui renommé par une propriété qu'il ne parait pas avoir eue dans l'antiquité, puisque les auteurs anciens, si curieux de ces choses, n'en font pas mention. Il charrie dans la mer une substance qui ne se produit que vers son embouchure et que la mer rejette sur lu plage : c'est le suoein ou ambre jaune. Les paysans du voisinage le recueillent soigneusement et le portent à Catane, où on le travaille en forme de croix, de chapelets, de colliers, en figures de saints, etc. Ce sont les bijoux du pays, et on en expédie même dans l'Italie méridionale. Les bijoux fabriqués de cet ambre sont extrêmement électriques; ils attirent les plumes, la paille et les autres corps légers avec beaucoup de force. Cet ambre est parfois rempli de mouches et d'autres petits insectes qui s y conservent d'une manière curieuse. Les morceaux d'ambre de cette espèce ne sont pas estimés; mai3 quelques ouvriers ont trouvé ingénieux d'en tirer parti. C'est ainsi qu'un d'eux, voulant fabriquer d'un grand morceau d'ambre une tigure de saint, eut l'idée de laisser sur la tête du saint une grosse mouche aux ailes étendues, pétrifiée dans la matière, pour représenter, disait-il, le Saint-Esprit descendant sur lui. L'ambre du Symèthe est beaucoup plus électrique que celui qui vient de la Baltique.
SYMÉTRIE s. f. (si-mé-trî — gr. summetria; de sun, avec, et metron, mesure). Disposition de parties semblables semblablement disposées dans un .ensemble quelconque ; disposition de deux figures dont tous les points sont deux à deux, à égale' distance d'un point, d'une ligne droite ou d'un plan : Ceux qui font des antithèses en forçant les mots, sont comme ceux gui font de fausses fenêtres pour la symétrie : leur règle n'est pas deparlerjusle, mais défaire des figures justes. (Paso,) La première condition de la beauté de la forme en architecture est la symétrie, parce qu'elle seule détermine un centre autour duquel toutes les parties s'ordonnent régulièrement, et produit le sentiment de l'unité. (Lamenn.) Partout où la symétrie est utile à l'âme et peut aider ses fondions, elle lui est agréable. (Montesq.) L'âme aime la symétrie, mais elle aime aussi les contrastes. (Montesq.) La symétrie ptailà tous tesyeux. (J.-J. Rousseau.) Rien ne serre le cœur comme la symétrie : c'est que la symétrie, c'est l'ennui, et l'ennui est le fond même du deuil. (V. Hugo.) Un jour le globe entier sera déshonoré par la symétrie. (Feydeàu.)
— Harmonie résultant de certaines combinaisons régulières, de l'observation de certaines proportions : La symétrie d'un discours. La suppression de ce chapitre dérangerait la symétrie de son livre (Acad.) La symétrie a banni le sublime. (Bernis.)
— Atiat. Symétrie binaire, Disposition symétrique d'organes pairs, qu'on remarque chez les vertébrés et les articulés il Symétrie rayonnée, Disposition symétrique d'organes autour d'un axe central, comme chez les rayonnes.
— Bot. Disposition symétrique des parties d'une fleur, il Plan de symétrie, Plan qui partage une fleur eu deux parties symétriques : Les papilionacées n'ont qu'un plan db symétrie; les radiés en ont une infinité. U Axe de symétrie, Droite commune à tous les plans de symétrie.
— Encycl. Géom. La symétrie peut être relative k un point, à une droite ou à un plan. Deux points sont dits symétriques par rapport à un point lorsqu'ils sont situés sur une même droite partant de ce point de part et d'autre par rapport à lui et à égale distance; ils sont symétriquement placés par rapport à une droite lorsqu'ils appartiennent à une même perpendiculaire à cette droite et qu'ils sont situés de part et d'autre à la même distance de cette droite ; enfin, deux points sont symétriques par rapport à un plan lorsqu'ils sont situés, de part et d'autre de ce plan, à égale distance et sur une même perpendiculaire.
Deux lignes ou deux surfaces symétriques par rapport à un point, à une droite ou à un plan, sont deux lignes ou deux surfaces telles, qu'un point quelconque de l'une d'elles a son symétrique sur l'autre. Deux corps symétriques sont terminés par des surfaces symétriques.
Lorsque deux figures sont symétriques par
SYMÉ
Fiy. i.
rapport à un point, ce point est un centre du système qu'elles forment. Si les deux figures
sont symétriques par rapport à une droite, cette droite est un axe de l'ensemble ; enfin, si la symétrie est relative à un plan, ce plan est un plan principal.
La distance de deux points est égale à celle de leurs symétriques. Le fait est évident lorsque la symétrie a lieu par rapport à un point. En effet, les deux triangles ayant pour sommets l'un les deux premiers points A et B (ti^. i) et le centre de symétrie, l'autre les symétriques A' et B' de A et B et le centre, sont égaux comme ayant un angle égal compris entre côtés égaux.
Considérons, en second lieu, deux points A et B (fig. 2) et leurs symétriques A' et B' par
Fig. S.
rapport à un axe XY ; si par AA' nous menon3 un plan perpendiculaire à XY et que nous projetions B et B' sur ce plan en B, et B',, A' et B', seront les symétriques de A et Bt par rapport au milieu O de AA', les distances ABj et A'B', seront donc égales; d'un autre côté, BB, et B'B', reproduiront l'une et l'autre la distance des milieux O et O' de A A' et de BB', ces lignes seront donc égales; enfin, les triangles BAB, et B'A'B', seront rectangles en Bt et B',, leurs hypoténuses AB et A'B' seront donc égales.
Enfin, s'il s'agit de deux points A,B et de leurs symétriques A',B' (fig. 3) par rapport à un plan MN, les trapèzes Aa6B et A'aiB' se-
ls
Fi?. 3.
ront visiblement égaux et, par suite, les distances AB et A'B' seront égales. Ainsi, la distance de deux points est toujours égale à celle de leurs symétriques.
Toutes les autres relations entre les figures symétriques se tirent de cette première et n'en sont que des conséquences presque immédiates. Ainsi, en premier lieu, les deux triangless ayant pour sommets respectifs trois points et leurs symétriques, sont égaux, puisqu'ils ont les cotés égaux ; par conséquent, si trois points sont en ligne droite, leurs symétriques sont aussi en ligne droite, ou bien une droite a pour symétrique une autre droite; l'angle de deux droites est égal à celui de leurs symétriques, car ces angles se correspondent dans deux triangles égaux. Un angle trièdre est égal dans toutes ses parties à son symétrique, car ses deux angles trièdres ont les faces égales; par conséquent, si trois droites sont dans un même plan, leurs symétriques sont dans un autre plan, car l'angle de deux des premières étant égal à la somme ou à la différence des angles de la troisième avec elles, l'angle des symétriques des deux premières doit aussi être égal à la somme ou a la différence des angles de ces deux symétriques avec la symétrique de la troisième; il en résulte qu'un plan a pour symétrique un autre plan. L'angle de deux plans est égal à celui de leurs symétriques; car les angles plans de ces dièdres, formés en des points symétriques des deux arêtes, ont pour côtés des droites symétriques; par conséquent, si deux triangles joints par un côté commun sont dans un même plan, leurs symétriques sont aussi dans un même plan; il en résulte que les faces polygonales d un polyèdre sont égales à celles du polyèdre symétrique. Deux polyèdres symétriques ont donc les arêtes et les faces égales, les angles dièdres égaux; il en résulte que deux polyèdres symétriques d'un même troisième sont égaux entre eux.
Deux polyèdres symétriques ont même volume; car ils sont composés de tétraèdres symétriques deux à deux et, par suite, équivalents comme ayant même base et même hauteur.
En passant des figures polygonales aux figures courbes par lu méthode infinitésimale, on conclura que deux arcs de courbes symétriques ont même longueur; que leurs tangentes en des points symétriques, leurs pians psculateurs, leurs normales principales sonç
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symétriques ; que leurs courbures sont égaes; que deux surfaces courbes symétriques ont même étendue ; que leurs plans tangents en des points symétriques, leurs normales sont symétriques ; que leurs courbures principales sont égales ; enfin, que deux corps symétriques ont même volume.
On nomme quelquefois symétrie oblique par rapport à un plan ou par rapport aunedroite, mais seulement alors pour les figures planes, une disposition de deux figures où les droites qui joignent les points correspondants sonc toutes parallèles entre elles et ont leurs milieux sur le plan ou la droite de symétrie. Dans deux figures symétriques obliquement, les distances des points symétriques ne sont plus égales. Elles sont bien encore les troi-
sièmes côtés de deux triangles nynnt les mitres côtés égaux chacun à chacun ; mais les angles compris entre ces côtés sont supplémentaires. Les relations entre les deux figures sont, par conséquent, alors bien moins intimes; toutefois, les aires planes terminées par des contours obliquement symétriques sont équivalentes comme composées de parallélogrammes infinitésimaux de même buse et de même hauteur, et les volumes terminés par des surfaces obliquement symétriques sont équivalents comme composés de parallélépipèdes de même base et de même hauteur.
— B.-arts et philos. Toute harmonie est proportion, et la plus simple des proportions, c'est l'égalité, qui engendre la répétition. Prenez des objets de différentes couleurs, grundeurs, nature; il n'existe entre leurs qualités ni rapport ni proportion j leur réunion est une confusion; l'ensemble en est criard. Mettez maintenant ces objets dans un kaléidoscope qui, par ses miroirs, les triple ou les quadruple; vous êtes ravi du spectacle : la moindre secousse change le panorama ; si les couleurs étaient seulement choisies parmi les bonnes triades aimées des coloristes, vous croiriez assister à toutes les métamorphoses de l'ornementation orientale. La symétrie cause seule tout ce prestige. Et pourquoi 7 c'est que la symétrie est en nous. D'un pâté d'encre, en le doublant, en le dédoublant, rien que par la symétrie, c'est-àdire sans rien lui faire représenter autre chose que la répétition de son aspect primitif, qui était informe, on peut toujours faire un hiéroglyphe qui plaise, et, à créer ses métamorphoses, on laisse s'écoulerles heures. Encore une fois, pour quelle raison? c'est que la symétrie n est point seulement une des conditions de l'art, mais une des conditions de la nature. L'esthétique ne sera jamais une .science si on ne la rattache pas rigoureusement à la science de la nature. M. Heilmotz a commencé, pour l'acoustique et l'optique, cette esthétique physiologique, et bientôt des goûts et des couleurs on pourra discuter. Bichat, Geoffroy Saint-Hilaire, Meckel, Cabanis, et, plus près de nous, Carus, N. Daily et le docteur Henri Favre ont exposé la nécessité de ta symétrie dans tout ce qui vie, et, par suite, l'obligation pour l'art de reproduire cette symétrie, en la modifiant selon sa donnée particulière.
La vie, que Bichat définissait l'ensemble des fonctions qui résiste à la mort, peut être envisagée d'une manière plus simple, comme la réalisation d'un rapport, le produit d'au moins deux facteurs : le sensibilisateur et le sensibilisé. La condition matérielle de ce rapport est au moins un dualisme, et, par suite, une symétrie. Il ne faut pas oublier l'axiome qu'il n'est rien dans le mouvement vital qui ne soit dans le mouvement commun, ou, en d'autres termes, qu'il y a série de la nature inorganique à la nature organique; ce dualisme originel de tout organisme n'est, en physique générale, que le perfectionnement du phénomène si commun, taut étudié, encore hérissé de problèmes : la polarité. La • passage » , comme le remarque Hegel, c'est la symétrie du cristal. Que disait Haiiy, père de la cristallogénie ? Il expliquait la symétrie du cristal par une disposition régulière des molécules autour de la figure du noyau, ou, comme il s'exprimait encore, autour de la molécule intégrante. Une des conditions de la symétrie, chez les végétaux, est l'axe médian. La tige, dont la grosseur peut varier depuis celle du cheveu jusqu'à une circonférence de 90 pieds, exprime la relation nécessaire de la plante avec son milieu atmosphérique et lumineux. Mais la plante est dépendante du sol. L'indépendance de l'animal lui faitre commencer toute une autre série d'axes nuls, contournés, multiples, avant d'arriver à l'axe spinal de l'homme et à sa station verticale. C est dans le corps humain que la symétrie, pour cette cause, est à la fois variée et une. Avant de détailler les formes de la lymétrie humaine, il faut en montrer la nécessité générale. Tout le monde sait que i'hy-
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dre, collectivité non centralisée, revit dans un fragment de son corps. Mais peu de personnes savent qu'il existe une condition à cette revivification.il résulte des expériences d'Abraham Tremblay, en 1144, et de M. Laurent, en 1844, ce fait capital: les lambeaux du corps qui ne comprennent que la peau externe ou la peau interne ne reproduisent jamais de nouveaux individus; la coexistence de ces deux téguments est indispensable pour la régénération (H. Favre). Avant d'être une condition de sensibilité, d'intelligence, de puissance, comme, chez l'homme, la symétrie a été une condition d'existence.
Bichat, après avoir montré que les deux vies animale et végétative sont peu séparées dans la soie, le turbot, etc., donne comme caractère différentiel de ces deux vies dans l'homme, que les organes de la vie animale sont symétriques, et que ceux de la vie végétative sont irréguliers. Non-seulement la symétrie double est évidente pour les organes pairs (yeux, oreilles, bras, jambes), mais les organes impairs (cerveau, organe du goût, de la génération, etc.), sont produits par l'accolement, autour d un axe médian, de deux moitiés d'organe dont la suture est souvent visible. Le cerveau, considéré en détail, a des parties paires latéralement, et, dans la ligne médiane, des parties impaires, les premières simplement, les secondes doublement symétriques. Au contraire, l'estomac, les intestins, le foie sont irrégulièrement disposés. L'appareil respiratoire a aussi ses irrégularités : différence des bronches en longueur, diamètre et direction, trois lobes à l'un des poumons, deux à l'autre, etc. A vrai dire, cette irrégularité des organes de la vie de nutrition et de respiration n'est point sans offrir un système général, puisque ces organes sont contenus dans une enveloppe symétrique, et que la station qui résulte de l'arrangement de ces parties symétriques et de ces parties irrégulières est une station droite. Ce système des organes de la vie végétative est le balancement, c'est-à-dire la loi d'équivalence substituée à la loi d'identité. Les organes de la vie végétative accomplissent chacun deux fonctions : tantôt recevoir et expulser (digestion), tantôt renvoyer et rapporter (circulation) , etc. Au surplus, le rôle de la vie supérieure ou animale est de régulariser, de totaliser les forces acquises par la vie végétative.
Les viscères soiitsystéinatiquement irréguliers. Ne leur faut-il pas produire une plusvalue de force, une impulsion? Les organes de la vie de relation sont réguliers pour coordonner et mettre à profit cette impulsion. On ne régularise que ce qui est irrégulier.
Cependant la symétrie de la nature est un sujet à peine étudié. De là viennent les tâtonnements pour l'application de la symétrie dans l'art. L'architecture, application de la matière inorganique à la moins complexe des fonctions, l'habitat, vit nécessairement par la symétrie, pourvu que celle-ci n'aille pas jusqu'aux fausses portes et fausses croisées. L'équivalence, contre-épreuve et complément de l'égalité, doit quelquefois délasser d'une symétrie rigoureuse. L'art des jardins, application d'une matière organisée, vivante, a la fonction déjà multiple de plaire, d'exciter et de reposer, doit se relâcher des rigueurs géométriques et par trop simplistes de Le Nôtre, sans tomber dans le fouillis du jardin anglais. Le dessinateur de jardins doit se proposer le but d'être un peintre en action, un créateur de panoramas réels. Le paysagiste a, de nos jours, heureusement abandonné le paysage symétrique. Il n'a, en effet, d'autre symétrie à respecter que celle des grandes masses. Taudis que, sous ie nom de dessin, de pose, de rhythme, une symétrie mouvementée et vivante fait- la loi du sculpteur, le peintre n'a à satisfaire, dans l'ordounance de ses personnages et de sa scène, qu'aux lois de l'idée restreintes à son but, qui est de raconter avec des formes, des couleurs et des mouvements. La symétrie déjà idéale de la peinture est réduite, eu musique, à ce minimum : que les œuvres musicales, étant par un certain côté, des oeuvres de l'esprit, doivent présenter une certaine logique, uu certain enchaînement de demandes et de réponses, de phrases plus ou moins continues, variées, répétées, une pondération du texte mélodique et du contexte harmonique, etc. La littérature est le domaine de la véritable symétrie, qui prend alors Les noms de pian, disposition du sujet, logique, comparaison, symbolisme, théorie et pratique, pensée et style, inspiration et méditation, etc. Le grand art littéraire, c'est que, dans la fusion d'éléments si divers, ou u'aperçoive pas même les traces de suture que se permet la nature dans son chef-d'œuvre, le corps humain.
SYMÉTB1QUE adj. (si-mé-tri-ke — rad. *^métrie). Qui a de la symétrie .■ Ordre, arrangement symétrique, il affecte des gestes symétriques. (Acad.) Tous tes êtres organisés sont SYMÉTRIQUES. (Ch. Martins.)
— Géom. Se dit de deux figures dont tous les points sont, deux à deux, à égale distance d'un point, d'une ligne ou d'un plan.
— Algèbre. Fonction symétrique, Fonction de plusieurs lettres telles, qu'on peut permuter deux quelconques d'entre elles sans que la fonction change.
— Zool. Se dit des animaux dont les orga-
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nés similaires sont semblabtement disposés par rapport à un plan ou à un axe.
— Bot. Se dit d'une fleur susceptible d'être divisée par un plan en deux parties symétriques.
— Substantiv. Géom. Point, ligne, surface ou solide symétrique à un autre : Le symétrique d'un point, d'un angle trièdre. La symétrique d'une droite, d'une eourbe.
— Eiicyci. Algèbre. Fonctions symétriques. Les sommes des puissances semblables sont les fonctions symétriques les plus simples; on les note sous le symbole général 2on, qui signifie somme des ni*met puissances des lettres telles que a. Viennent ensuite les sommes des produits d'une puissance n de l'une des lettres par une puissance p d'une autre, ZanbP ; tes sommes des produits de trois, quatre, etc., puissances différentes des différentes lettres, sa"6Pcî, S«n6JJ<:W, etc. Les sommes, différences, produits, quotients, puissances et racines de fonctions symétriques des mêmes lettres fournissent évidemment d'autres fonctions symétriques de ces lettres. On peut donc en concevoir une infinité de toutes formes.
Toutes les fonctions symétriques de m mêmes lettres sont plus ou moins liées les unes aux autres. On ne peut évidemment en donner que m distinctes, ou, en d'autres termes, dès qu'on connaît les valeurs de m fonctions symétriques différentes de m lettres, les valeurs de toutes les autres fonctions symétriques de ces m leitres sont complètement déterminées. En effet, si l'on donne les valeurs de m fonctions symétriques de m lettres, on aura entre ces m lettres m équations distinctes, qui les détermineront et qui, par suite, détermineront toutes les autres fonctions des mêmes m lettres. Si, entre ces m équations, on élimine m — 1 des lettres, on aura i'équation dont les racines seraient les valeurs des m lettres ; car, quelles que soient les m — 1 lettres qu'on élimine, l'équation propre à déterminer la m.leme sera toujours la même, en raison de la symétrie des formules.
Etant données m fonctions symétriques de m lettres, pour en former une autre définie à volonté, on pourrait, comme on vient de le supposer, former par élimination l'équation dont les racines seraient les valeurs des m lettres et former ensuite la fonction cherchée au moyen des coefficients de l'équation obtenue. Cette marche serait généralement la plus longue. On pourra souvent, à l'aide de combinaisons simples effectuées sur les fonctions données, arriver à la fonction inconnue; mais, dans le cas contraire, il sera toujours préférable de former directement les coefficients de l'équation dont les racines seraient les valeurs des m lettres. Ces m
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coefficients étant eux-mêmes des fonctions symétriques des m lettres, on les formera, si Ion peut, directement, et, dans le cas contraire, on exprimera les m fonctions données en fonction de ces coefficients, ce qui fournira m équations propres à les déterminer.
On voit donc que toute la théorie des transformations des fonctions symétriques de m lettres les unes dans les autres se ramène à ce problème général : Former la valeur d'une fonction symétrique quelconque des racines d'une équation donnée.
Les coefficients A,, A„ Aj, .... Am d'une équation
xm + A,iEm - » -f A,.x-"> - s -f- ... +Àm = 0
sont des fonctions symeii iques connues des racines de cette équation :
A, = — la, A, = ïûft, A, = — labc,....
Am = abc — /.
Ainsi, donner les coefficients d'une équation de degré m, c'est donner m fonctions symétriques de ses racines; la question est d'en déduire toutes les autres, et il est naturel que la question présentée de cette manière soit plus simple que de toute autre, puisque l'équation donnée ne fournit pas seulement m fonctions symétriques des racines, mais définit aussi ces racines directement.
Au lieu de chercher à former les fonctions plus compliquées par la combinaison des fonctions simples Sa, lab, etc., on aborde directement ia recherche des fonctions Sa", dont il est plus facile de former ensuite toutes les autres.
La méthode suivante, qui est due à Cauchy, est extrêmement simple. Elle est fondée sur cette remarque, que les coefficients de la dérivée du premier membre de l'équation proposée doivent être aussi des fonctions symétriques de ses racines. En exprimant de deux manières la dérivée et identifiant, on parvient presque immédiatement aux relations cherchées.
La dérivée est
mxm~l + (m — i)\lXm — 3 + (m - «JA,*» - 3 + ... + A,„ ,. Elle est aussi représentée pai
f(x) représentant le premier membre de l'équation proposée. Or, si l'on effectue la division de
Xm + h%3im — ' -f A,xm ~ s ■ par x — a,
+ Am
xm + A,\
xm - 2 +
■ + Ar
CMI - 2
+ A, II"*-3 -f A.ol
on reconnaît immédiatement, par la composition des coefficients du quotient, que "xl «,»»-1j„i l~m— 2 i„, \ i m — 3j.a -,to — *.
ï l^L ^mxm-i + mA,{xm-3 + mA^xm~3 -t-wA, x~a + Sâl +A.SJ + A,S,
S,, S,, S4, ..., désignant les sommes des premières, secondes, troisièmes, ..., puissances des racines.
Il résulte de l'identification des deux formes de la dérivée
S, -f A,S, + 2A, = 0, S, + AÂ + A,S,-|-3A, = 0;
la première de ces équations donne S,, la seconde donnera ensuite S,, la troisième fera connaître S„ et ainsi de suite.
L'origine de ces équations paraîtrait en devoir borner le nombre a m — i, puisque la dérivée n'a que m — 1 coefficients littéraux ; mais il est aisé de voir que la même loi de formation peut être prolongée indéfiniment, car, en introduisant dans l'équation proposée des racines milles en nombre suffisant, on en élèvera le degré autant qu'on voudra, sans changer les sommes dis puissances semblables de ses racines. Il faut remarquer, au reste, que, les derniers coefficients de l'équation transformée étant nuls, les équations qui donneront Sm, &m+ i, Sm-t-2> etc-> n'auront plus chacune que m termes. Sm sera donné par l'équation
Sffî + A.Sm — i ■+- ... + mAM»0; Sj» + i >e sera par
Sm + 1+ A'Sra +■ AiSj« — i +... + AmS, = 0, et, eu général, Sm +. p par
Sm + y-J-A^ni-j-j) — j +■ AjSbi-J-jj — a 4- •■• + AmSp = 0,
Toutes les sommes des puissances entières et positives des racines peuvent donc être obtenues par la même règle. Quant aux sommes des puissances entières, m.iis négatives de ces racines, on pourrait les former d'une manière analogue au moyen des coefficients de l'équation dont les racines seraient les inverses de celles de la proposée, équation que l'on obtiendrait en changeant x
en - dans la proposée, c'est-à-dire en en ren-
versant les coefficients, divisés préalablement par le dernier d'entre eux Am. Mais il est encore plus simple de former directement ces sommes au moyen des mêmes équations qui ont donné les sommes des puissances entières. L'équation proposée
x™-\- A,!»' - l + A,xm - 2 + ... -f- Am = 0
peut s'écrire, en divisant par xi,
xm-g + AiXm~q~l + é> j Amœ-? = o;
elle donne donc
Sm — q + A,Sm q i -{- ... -f AmS 5 = 0,
qui rentre, par sa forme, dans les précédentes.
On peut doue exprimer toutes les fonctions symétriques, de la forme Snn, des racines d'une équation, en fonction desescoeftiieents.
Pour obtenir une fonction de la forme
ZanbP,
on multipliera les deux fonctions Zan et 2aP, ce qui donnera évidemment lanoP augmenté deïan+îl; il ne restera donc qu'à retrancher £on+?, On formera de même ZanoPci au moyen du produit ïan^P x la»; coproduit se composera de la fonction cherchée
XanbPcQ
augmentée de ïan + <loP et de ïa"6îi + 1, qu'il suffira de retrancher. La même méthode pourra évidemment être prolongée tan.t qu'on voudra; elle n'exige qu'une seule explication nouvelle, pour le cas où deux ou plusieurs exposants seraient égaux. Par exemple, en multipliant ïa" par ia", on obtiendrait
Sn2n-r-2ïunAn.
On aurait donc à diviser par : lu différence
Sa" x Za" — la2n.
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Quant aux fonctions fractionnaires, comme les termes en seront naturellement des fonctions symétriques distinctes, on les obtiendra en en calculant séparément le numérateur et le dénominateur.
On voit donc que toute fonction symétrique quelconque des racines d'une équation peut être exprimée au moyen de ses coefficients. Réciproquement, toute fonction symétrique donnée de m lettres pouvant être formulée en fonction des coefficients de l'équation qui aurait pour racines les valeurs de ces m lettres, on pourra obtenir m équations entre ces coefficients dès que l'on aura les valeurs de m fonctions symétriques des lettres considérées. On pourra donc calculer ces coefficients et appliquer la méthode précédente pour obtenir ensuite toutes les fonctions symétriques imaginables des mêmes lettres.
Le calcul des fonctions symétriques fournit la méthode la plus naturelle et la plus simple
Ïiour effectuer toutes les transformations sur es équations, c'estrk-dire pour déduire d'équations données d'autres équations dont les racines se forment, suivant des lois connues, de celles des proposées. Tous les résultats des combinaisons, conformes k un certain type, des racines de la proposée devant fournir des racines de la transformée, les fonctions symétriques des racines de cette transformée, et notamment ses coefficients, doivent être des fonctions symétriques des racines de la proposée. Ces fonctions peuvent toujours être aisément déterminées de forme et il ne reste qu'à les calculer pour obtenir l'équation cherchée.
On peut aussi bien chercher à former les sommes des puissances entières des racines de la transformée, pour en déduire ensuite les coefficients de cette transformée, au moyen des équations posées plus haut. On emploie l'une ou l'autre des deux méthodes, selon les cas.
Nous ne traiterons ici que d'un seul exemple, qui se recommande par son importance, celui de la formation de l'équation dont les racines seraient les carrés des différences des racines d'une équation donnée. L'équation aux carrés des différences a été, comme on sait, imaginée par Lagrange pour servir à la séparation des racines réelles d'une équation et a fourni la première méthode sûre pour la résolution des équations numériques.
Soient f(x) = 0 l'équation proposée, et a, 6, c, ..., A, l les racines; ses sommes à calculer sont ï{a—bfP.
Posons
c'est-à-dire
?{x) = mx2P — Zp&.x^P - '
+ 2jo(2p-l)S,x2P-s + ...,
en remplaçant successivement, dans i{x), x par a, par b, etc., et ajoutant, on aura évidemment
ï,f(a)>=ïi{a— 6)2P;
or, la sommation donnera évidemment S?(a) = mSîp — 2pS,S2j, i + Zp(ap — 1 )S,S2j> 2 — ....
On aura donc ^—6)2?= IjmSjip — 2pSlS2j)i -f- — .
L'expression entre crochets ayant ses termes à égale distance des extrêmes égaux, pour en avoir la moitié on en calculera lesp premiers termes, à la somme desquels on ajoutera la moitié du p + iteme.
La méthode des fonctions symétriques est employée aussi avec avantage dans la pratique de l'élimination.
Soient f(x,y) = 0 et <f(x,y) = 0 deux équations entre lesquelles il s'agisse d'éliminer <r; si a, b, c,..., k, l désignaient les fonctions de* y formant les valeurs de x tirées de l'équation f[x,y) = 0, l'équation cherchée serait évidemment
Or, les coefficients de ce produit développé et ordonné par rapport à y seraient évidemment des fonctions symétriques de a, b, c,..., k l; on peut toujours former ces fonctions, puisqu'il ne s'agit que d'effectuer une multiplication ; on pourra même généralement, sans la faire, prévoir la composition des coefficients du produit.
Or, les fonctions symétriques de a, b, c,..., A / sont elles-mêmes des fonctions des coefficients de l'équation f(x,y) = 0 , ordonnées par rapport à a:, et ces fonctions peuvent être calculées au moyen de la théorie générale exposée plus haut. On pourra donc, par substitution, former l'équation finale en y.
Cette méthode d'élimination exige souvent des calculs très- pénibles, mais elle a l'avantage de fournir toujours l'équation finale sans intrusion d'aucun facteur étranger, et cette condition peut en rendre l'emploi indispensable.
La méthode d'élimination par les fonctions symétriques permet de déterminer le degré maximum de l'équation finale, degré que des réductions particulières peuvent diminutif
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dans la pratique. Soient m et n les degrés des équations f(x,y) = 0 et i(x,y) ■= 0, que nous supposerons complètes; soient
f(u,y) = A..» + A,*"1 - l +••• + Am
et
?(x,y) = B,yn + Blyn-*+B,yn-i+-.+Bn;
les degrés de A,, A,,..., Am en y et de B, ,
B,... Bu en x seront indiqués par les indices mêmes de ces coefficients ; le produit
étant composé de m facteurs, sera le degré de mn en y, et si on le désigne par
C*"w -f- C,ymn - 1 + C,ymn ~ 2 + ... +Cmn, les degrés des coefficients C,, C,,..., Cmn seront aussi indiqués par leurs indices respectifs; ce seront d'ailleurs des fonctions symétriques entières de n, b, c,..., I; elles supprimeront donc C, au moyen de A, seulement, C, au moyen de A, et de A,, C, au moyen de A„ A, et A„ etc., c'est-à-dire qu'elles seront représentées par des fonctions du premier, du second, du troisième degré, etc., en y; par conséquent, la substitution de ces fonctions fournira une équation de degré mn en y.
SYMETRIQUEMENT adv. ( si-mé-tri-keman — rad. symétrique). D'une manière symétrique, avec symétrie : Disposer symétriquement (otites les parties d'un bâtiment.
SYMÉTRISER v. n. ou intr. (si-mé-tri-zé — rad. symétrie). Etre disposé symétriquement -• Les deux pavillons de ce bâtiment symbtrisent. (Aoad.) il Peu usité.
— v. a. ou tr. Rendre symétrique : L'esprit de l'homme tend invinciblement à classer, grouper, symétrisbr ses idées. (Proudh.)
SYMIRE s. t. (si-mi-re). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides.
Infus. Genre d'infusoires, de la famille
des volvociens.
Encycl. Entom. Les symires ou simyres
sont caractérisées par des antennes courtes, pectinées ou ciliées chez les mâles, plus longues et filiformes chez les femelles; des palpes courtes, grêles ;ilne trompe rudimentaire; le corselet arrondi ; l'abdomen terminé carrément chez les mâles et en pointe obtuse chez les femelles; les ailes à fond clair, de couleur terne et à frange entière. Les chenilles sont cylindriques, avec des points verruqueux, portant des bouquets de poils; elles vivent sur les plantes basses, notamment sur les graminées, et se renferment, pour se métamorphoser, dans des coques composées de soie et de débris de végétaux. Ce genre comprend six espèces, dont deux habitent le midi de la France. La symire veinée a les ailes antérieures d'un jaune nankin pâle, ponctuées de brun, avec les nervures blanches et trois lignes noires, et les ailes postérieures d'un jaune blanchâtre.
SYMMACHIE s. f. (simm-ma-kl — du préf.
sym, et du gr. mâché, combat). Antiq. gr. Alliance offensive et défensive entre deux Etats.
— Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides.
SYMMAQUE (Cselius), pape, né à Simagia (Sardaigne) vers 440, mort à Rome en 5)4. Il était diacre de l'Eglise de Rome lorsque, après la mort d'Anastase II, il fut élu pape le 22 novembre 498. Mais, ce même jour, !e patrice Festus entraînait une partie du clergé k choisir pour souverain pontife l'archidiacre Laurent. A la suite de troubles qui se produisirent à Rome au sujet de cette double élection, on convint de prendre pour arbitre le roi Théodoric, bien qu'il fût arien. Ce prince se prononça en faveur de Symmaque, qui fut reconnu innocent dans un concile réuni dans cette ville en 499. Toutefois, Laurent ne renonça pas à ses prétentions. Devenu évêque de Nocera, il accusa, en 503, Symmaque de divers crimes, notamment d adultère et de rapacité. Les troubles recommencèrent à Rome et prirent un caractère des plus graves. Un concile, réuni à Palma, instruisit l'affaire et déclara Symmaque innocent des accusations portées contre lui. Bientôt après, l'empereur Anastase I«, que Symmaque avait exclu de sa communion, comme opposé aux décisions du concile de Chalcèdoine, accusa Symmaque de manichéisme devant un autre concile ; mais, encore une fois, le pontife montra qu'il n'était point coupable de pactiser avec cette hérésie, et cela d'autant plus facilement qu'il avait persécuté et chassé de Rome les manichéens dès son avènement au pontificat. Symmaque éleva plusieurs églises et lutta pondant le reste de son pontificat contre les hérésies de Nestorius et d'Eutycbès. On lui attribue l'introduction dans la messe du Gloria in excelsis, ainsi que douze Lettres adressées à divers évêques et au patrice Libère.
SYMMAQUE, le quatrième des interprètes de l'Ancien Testament en langue grecque. 11 était de Samai ïe et vivait encore sous l'empereur Sévère. Il appartenait ala secte des ébionites et pubiu mie nouvelle version de l'An-
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cien Testament, différente de celle des Samaritains (ira édition, vers 177 ; la 2e édition, suivant dom Bernard de Montfaucon, n'est -que la première avec quelques corrections). La version de Symmaque, que Théodore d'Héraclée déclare être remplie de contre-sens, est reconnue excellente par saint Jérôme, Eusèbe de Césarée et la plupart des anciens. Il ne nous en reste que quelques fragments.
SYMMAQOB (Quintus Aurelius Stmmachus, en français), orateur et homme d'Etat romain et le dernier défenseur du paganisme en Occident, né à Rome vers 340, mort vers 41». Il appartenait à une famille très-considérée, qui avait fourni à Rome plusieurs consuls et préfets. Son père, Aviauos Symmachus, avait été lui-même consul et préfet de Rome (364), et, en récompense de ses éminents services, on lui avait érigé une statue à Rome et à Constantinople. Le jeune Symmaque reçut une instruction brillante et s'attacha surtout k l'étude de l'éloquence. Ses talents et son éducation lui ouvrirent de bonne heure la carrière des fonctions publiques. 11 fut successivement questeur, préteur, pontife, intendant de la Lucanie et du Brutium (365). Quelque temps après, il suivit Valentinien I" dans sa campagne sur les bords du Rhin, entra alors en relation avec Ausone, prononça le panégyrique de Valen tinien et reçut le titre de comte (368). Après avoir été proconsul d'Afrique (373-374), Symmaque revint à Rome et siégea au sénat. Il se mit alors avec son ami, le sénateur Prœtextatus, à la tête du parti qui s'efforçait d'arrêter la chute du paganisme et qui comptait à Rome les familles les plus illustres. Lorsque, en 382, l'empereur Gratien confisqua au profit du fisc les biens des temples, enleva aux prêtres et aux vestales leurs immunités et ordonna d'abattre l'autel et la statue de la Victoire, qui avaient été rétablis par Julien dans la curie Hostilia, où se réunissait le sénat, Symmaque fut envoyé à Milan par la plus grande partie du sénat, avec une députation, pour demander à l'empereur le rétablissement de la statue, et de l'autel ; mais la députation ne fut point reçue. En 384, Symmaque futnommé préfet deRome par Valentinien II, en même temps que Praatextatus était préteur d'Italie, et l'un et l'autre firent de suprêmes efforts pour maintenir, au milieu du christianisme de plus en plus envahissant et intolérant, les antiques traditions religieuses du monde romain. Pendant qu'il exerçait ses fonctions, qui durèrent jusqu'en 386, le préfet de Rome renouvela sa tentative auprès de l'empereur, pour obtenir le rétablissement de l'autel de la Victoire. Nous possédons le rapport qu'il adressa à ce sujet à Valentinien II. Cette remarquable requête en faveur du passé est pleine de considérations de l'ordre le plus élevé. Il y demande la liberté générale des opinions et des pratiques religieuses, et revendique pour l'ancien culte des droits égaux à ceux dont le nouveau jouit, en invoquant le droit de croire aux dieux de Son pays, en rappelant, avec une grande éloquence, à quelle grandeur Rome s'était élevée sous la protection de ces dieux qu'on proscrivait à cette heure. Ce fut saint Ambroise, évêque de Milan, qui se chargea de répondre à l'orateur païen. Au droit imprescriptible de la liberté de conscience, k cette juste revendication de la tolérance, l'évêque catholique répondit par l'apologie de l'intolérance eu faveur de ses doctrines, menaça de fermer les églises à l'empereur s'il cédait, et le faible Valentinien II plia la tête d&vaut le nouveau culte qui parlait en maître tout-puissant. Symmaque revint alors à Rome, ou les chrétiens le poursuivirent de leurs calomnies. Quelque temps après, il eut la douleur de perdre son ami Prœtextatus et le découragement commença k s'emparer de lui. En 387, il se prononça en faveur de Maxime, qui venait de se faire proclamer empereur et d'entrer en Italie. Après la défaite de Maxime, Théodose devint maître de l'empire d'Occident. Symmaque prononça l'éloge du vainqueur, et fit auprès de lui une nouvelle démarche en faveur de l'autel de la Victoire; Théodose lui répondit par un ordre d'exil (389). Toutefois, deux ans plus tard, il rentra en grâce et fut nommé consul avec Fabianus (391). Après sa sortie de charge, il ne joua pius qu'un rôle assez effacé, se bornant à prononcer des discours au sénat, ou prenant en main la cause des villes et des provinces qui le priaient d'intervenir en leur nom auprès des magistrats. Un instant, pendant le règne éphémère d'Eugène, Symmaque put espérer que le parti païen allait prendre le dessus; mais une nouvelle victoire de Théodose vint bientôt lui enlever cette espérance. On a de lui des Rapports concernant son administration de Rome et adressésaux empereurs, et 965 Lettres à divers personnages. Ces documents sont extrêmement précieux pour l'histoire de l'organisation municipale de la cité et des usages concernant la législation et l'administration de l'époque. Le cardinal Maï a découvert, en 1815, quelques fragments de ses Discours dans la bibliothèque Auibiosienne. Les lettres de Symmaque ont été publiées pour la première fois sous le titre de lipistols familiares (Venise, in-4<>, sans date;), et, on les a très-souvent réimprimées depuis. Les fragments trouvés par Maï ont paru
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sous le titre de Orationum ineditarwn partes (Milan, 1815, in-8°).
SYMMAQCB (Quintes Aurelius Memmios Symmachos), pairice romain, mort en 525. C'était un homme d'un caractère austère, qui fut nommé consul en 485, Beau-père de BoSce, il fit éclater son indignation quand ce philosophe eut été mis k mort (526), fut arraché de Rome, traîné k Ravenne et égorgé dans sa prison, par ordre de Théodoric, roi des Ostrogoths.
SYMMATHÈTE s. m. (simm-ma-tè-te — du grec summalhêtés, compagnon). Entom.
Genre d'iDsectes coléoptères tètramferes, de la famille des charançons, tribu des brachydérides, dont l'espèce type vit au Brésil.
SYMMÈLE s. m. (simm-mè-le — du préf.
sym, et du gr. melos, membre). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la tribu des scarabées phyllophages, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent le Brésil.
SYMMÉRISTE s. m. (simm-mé-ri-ste — du gr. summeristês, compagnon). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides.
SYMMÉTRANTKE adj. (simm-mé-tran-te — du gr. summetria, symétrie ; anthos, fleur). Bot. Se dit des fleurs dont les périgones sont partageables en deux moitiés symétriques.
SYMMÉTRIA s. m. (simm-mé-tri-a — du gr. summetria, symétrie). Bot. Genre d'arbres, rapporté avec doute à la famille des lythrariées, et dont l'espèce type croit k Java.
SYMMÊTROCARPE adj. (simm-mé-tro-karpe — du gr. summetria, symétrie ; karpos, fruit). Bot. Se dit des fruits dont le péricarpe se laisse partager en deux moitiés latérales symétriques.
SYMMOQUE s. f. (simm-mo-ke — du préf.
sym, et du gr. mâkos, moqueur). Entom.
Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des tinéides.
SYMMORIE s. f. (simm-mo-rl — du gr.
summeria; dejun, avec, et de meirâ,je partage). Antiq. gr. Compagnie de soixante citoyens riches d'Athènes, qui devaient subvenir aux besoins extraordinaires de l'Etat.
— Encycl. Dans les premiers temps, l'armée d'Athènes n'était composée que de citoyens, qui s'équipaient eux-mêmes et dont les services n'étaient pas payés ; mais, lorsque des soldats mercenaires remplacèrent les citoyens, et que les guerres devinrent en même temps plus fréquentes et plus coûteuses, l'Etat fut obligé de lever des contributions pour solder ces mercenaires. On établit, dans ce but, un impôt sur la propriété. Il semble résulter d'un passage de Thucydide que cet impôt fut prélevé pour la première fois en 428 avant notre ère, quand il fallut payer les dépenses du siège de Mytilène ; cependant plusieurs érudits ont cru découvrir à une époque antérieure des traces de contributions du même genre. Quoi qu'il en soit, c'est à partir de 428 que la mention en devient fréquente. Jusqu'à l'année 377 avant notre ère, la quotité de cet impôt, proportionnel à la fortune territoriale, fut fixée d'après le recensement de Solon. En 377, un nouveau recensement fut fait, dans le dessein de fixer k nouveau, et d'une manière plus équitable, la contribution de chaque propriétaire. En suite de cette opération, il y eut un ensemble de douze cents citoyens, plus par. ticulièreraent désignés pour payer l'impôt de la propriété. On les divisa en vingt groupes égaux en nombre, et composés par conséquent de soixante personnes, deux groupes par tribu ; chacun de ces groupes eut le nom de symmorie.
La symmorie était taxée à une certaine somme, qu'elle ne pouvait se dispenser de payer. Si quelques-uns de ceux qui en faisaient partie ne se trouvaient pas en mesure de satisfaire aux exigences de la loi, les plus riches devaient avancer pour eux la somme nécessaire. Ceux-ci avaient ensuite le droit de se faire rembourser par tous les moyens en usage. A en croire Ulpien, les douze cents membres des symmories payaient seuls toute la taxe sur la propriété. Or, du temps de Démosthène, la propriété était évaluée k environ 6,000 talents, c'est-à-dire à plus de 33 millions de francs. Il est tout à fait improbable que la fortune territoriale de douze cents personnes pût, à cette époque, égaler une pareille somme. On doit donc admettre qu'il y avait des propriétaires en dehors des symmories, quoiqu'ils ne fussent pas assez riches pour y prendre place, et qu'ils contribuaient k 1 impôt en proportion de ce qu'ils possédaient.
Les vingt symmories étaient rangées au point de vue de la fortune en quatre classes, chacune de trois cents membres. Bœckh a calculé approximativement le taux auquel s'élevait le taxe pour chaque classe, en divisant chacune d'elles en cinq catégories; nous reproduisons ici ses calculs, qui sont basés sur des travaux d'une rare érudition, et qui offrent les caractères de la plus grande probabilité.
Première classe. Ciluyeus «vaut U tj.-
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lents (environ 66,000 francs) de fortune, et au-dessus;
Propriété. Partie taxée.
Taxe
du vingtième.
500 talents. - = îoo talents. 5 talents,
50 — - = io — 30 mines.
12 — = s — et 720 drachmes. 5 24 mines.
Seconde classe. Citoyens ayant 6 talents (environ 33,000 francs) de fortune, et audessus, mais moins de 12 talents :
Propriété. Partie taxée.
Taxe du vingtième.
11 talents. -— l tal. 50 mines. 550 drachmes.
Troisième classe. Citoyens ayant î talents (n,ooo francs) de fortune, et au-dessus, mais moins de 6 talents :
Propriété. Partie taxée. Taxe du vingtième. 5 talents. - = 37 1/2 mines. 187 1/2 drachmes.
Quatrième classe. Citoyens ayant 25 raines (2,000 francs) de fortune, et au-dessus, mais moins de 2 talents, :
Propriété. Partie taxée. Taxe
<■ du vingtième.
1 1/2 talent. — = 900 drachmes. 45 drachmes. ' 10
1 — - = 600 — SO-
45 mines. — = 450 — 22 1/2 — 10 '
Chacun devait payer la taxe qui lui était imposée dans la tribu où se trouvait située sa propriété territoriale, comme on le voit dans le discours de Démosthène contre Polyclès. Si quelqu'un refusait de payer, il s'exposait par là même à un décret de confiscation. Nul ne pouvait être exempté de la taxe, pas même les descendants d Harmodius et d'Aristogiton.
A partir de l'année 358 avant notre ère, les symmories furent chargées de l'armement des navires de guerre. Jusqu'alors, cette contribution importante avait été demandée aux triérarques. La loi qui en chargea les. symmories fut bientôt attaquée, soit qu'elle présentât des clauses qui étaient peu en rapport avec les besoins de la flotte, soit qu'elle fût mal exécutée. Démosthène l'attaqua, en 354, dans son discours Sur les symmories, qu'on appelle aussi le discours Sur les classes d'armateurs, en ne considérant la symmorie qu'au point de vue de la contribution navale. Il disait que la flotte, par cette loi, était menée à sa ruine; que les riches en éludaient les prescriptions et s'en tiraient à peu de frais. En conséquence, Démosthène proposait à la loi sur les symmories les modifications suivantes : il demandait que te nombre total des membres de ces classes fût nominalement élevé de douze cents à deux mille, de telle façon .qu'après avoir mis de côté tous ceux qui pouvaient être exempts de charges, comme les mineurs et les orphelins, il restât effectivement encore douze cents contribuables. De même que dans l'autre système, ces douze cents pouvaient être divisés en vingt symmories de soixante membres ; mais tous étaient des membres réels. En outre, le réformateur subdivisait chaque symmorie en cinq fractions de douze personnes chacune, six prises parmi les plus riches et six parmi les moins capables de payer la taxe; il formait donc, par cette subdivision, cent petites symmories. Ce discours de Démosthène, malgré la sécheresse des détails techniques et des chiffres, présente un intérêt d'autant plus grand, que l'orateur n'avait pas plus de trente et un ans à l'époque où il le prononça, et qu'il y montra cependant la prudence éclairée d'un homme d'Etat. On ne croit pas que la loi proposée par Démosthène ait été adoptée. Il se plaignit, en effet, do
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nouveau, dans sa première Philippique (332 av. J.-C), de ce que les navires n'étaient jamais équipés lorsqu ils devaient l'être ; mais la situation politique d'Athènes était alors rendue trop grave par les entreprises du roi de Macédoine, pour qu'on ne remédiât pas aux défauts de l'administration ; aussi Démosthène, nommé surintendant de la flotte, put-il introduire alors les réformes qu'il avait réclamées auparavant, et modifier l'organisation de la trièrarchie ainsi que de la symmorie.
SYMMORPHE s. m. (simm-mor-fe). Ornith. Genre d'oiseaux, du groupe des traquets ou motteux, dont l'espèce type habite 1 Australie.
SYMMORPHÛCÈRE s. m. (simm-mor-fosè-re — du gr. summorphos, conforme ; keras, corne). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétrainères, de la famille des charançons, tribu des brenthides, dont l'espèce type habite l'Amérique du Sud.
SYMONDS (sir William), contre-amiral anglais, né le 24 septembre 1782, mort le 28 mars 1856. Il entra en 1794 dans la marine, servit longtemps sous Nelson et devint en 1819 commandant du port de Malte. Ce fut là qu'il conçut l'idée des améliorations à introduire dans l'art de la construction des vaisseaux, tl fit construire d'après ses plans la corvette la Colombine en 1826 et le brick le Pantale'on en 1831. En 1832, il fut nommé par sir James Graham inspecteur de la marine. Il conserva cette fonction jusqu'en 1847. 180 navires de divers rangs furent construits pendant une période de seize ans sous l'inspection de Symonds, qui introduisit dans leur construction d'importantes modifications. En 1854, il fut inscrit en qualité de contre-amiral au cadre de retraite. 11 était membre de la Société royale et publia plusieurs ouvrages, parmi lesquels on cite^celui intitulé : Èistory of naval architecture.
SYMPATHIE s. f. (sain-pa-tï — grec sumpathia, mot que les Latins ont traduit exactement par compassio, et qui est formé de sun, avec, et de pathos, passion, sentiment de l'âme ; de pathein, éprouver, ressentir). Correspondance que les anciens imaginaient entre les qualités de certains corps; aptitude qu'ont certains corps à s'unir, à se pénétrer : C'est par sympathie que le mercure s'unit à l'or, que le fer s'attache à l'aimant. (Acad.) Il Sens vieilli.
— Attrait, penchant naturel vers une chose : Il y a dans les âmes une sympathie aoec les sons. (Ste-Beuve.)
— Penchant naturel à partager les sentiments, les impressions que les autres éprouvent : La sympathies sert en nous de contrepoids à l'intérêt personnel. (Acad.) Il n'est point de souffrance que la sympathie n'allège. (Lamenn.)
— Convenance, rapport d'humeurs et d'inclinations, penchant instinctif qui attire deux personnes l'une vers l'autre : Eprouver de ta sympathie pour quelqu'un. Ne sentir pour quelqu'un aucune sympathie. (Acad.) Il faut lie l harmonie dans les sentiments et de l'opposition dans les caractères pour que l'amour naisse à la fois de la sympathie et de la diversité'. (Mme de Staei.) La sympathie pour les Grecs modernes est une tradition de cœur en France. (Boissonade.) L'austérité des mœurs nous inspire plus de respect que de sympathie. (Latenu.) La sympathie est un commencement de fascination. (A. Fée.) L'amitié nuit d'une sympathie involontaire ou du sentiment de l'estime. (L'abbé Bautain.) Ou éprouve de la sympathie pour une jeune fille qui a d<i naturel. (Théry.) Si quelquefois l'amour naît de la sympathie, quelquefois aussi la sympathie JiaiV uniquement de l'amour. (De Gérando.) La sympathie, n'en doutons pas, est l'un des plus grands ressorts de la sociabilité. (Cabanis.) Pour être parfaite et faire le bonheur de deux individus, la sympathie doit être éprouvée par eux simultanément et au même degré. (S.-Dubay.) Un sentiment de sympathie fait éprouver à l'homme un besoin d'exciter en autrui te sentiment qu'il éprouve, (De Barante.) La sympathie ne se réduit pas à égalise'- des sentiments discordants , elle porte tes hommes à s'enlr'aider, (A. Jacques.) Les fortes sympathies se révèlent spontanément. (H<ae Keybaud.) L'homme n'est rien par lui-même, il n'est rien tout seul, il n'est quelque chose que par les sympathies qui sont en lui. (Ballanche.) Une sympathie irrésistibte attire les femmes vers ce qui souffre. (Lamenn.) La sympathie morale n'est qu'un cas de la sympathie générale. (Cousin.)
— Jeux. Sympathie ou antipathie, Nom d'un jeu de cartes et de hasard qui se joue entre un banquier et un nombre indéterminé de pontes, et qui consiste en ceci : le banquier, tirant deux cartes d'un jeu entier, sans les montrer, demande à chaque joueur s'il désire antipathie ou sympathie, puis, la réponse faite, il les jette à découvert sur le tapis. 11 y a sympathie quand les cartes sont toutes deux rouges ou noires, et antipathie quand l'une est rouge et l'autre noire. Si le joueur a deviné juste, il reçoit du banquier une somme égale à celle qu'il a exposée; dans le cas contraire, il perd son enjeu, qui est acquis au banquier.
— Peint. Propriété qu'ont certaines couleurs de se faire mutuellement valoir par
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leur rapprochement, ou qui, mêlées ensemble, se modifient l'une par l'autre agréablement.
— Physiol. Relation qui existe entre différents organes de l'économie et qui fait que, lorsqu'un de ces organes est affecté d'une manière quelconque, les autres organes qui sympathisent avec ce dernier se trouvent consécutivement affectés : Les gros intestins sont liés avec le diaphragme par les nœuds d'une étroite sympathie. (Richerand.) Nonseulement les sympathies unissent tes parties d'un même organe, mais les organes divers d'un même appareil. (Richerand.) La sensibilité et la contractilité étant augmentées dans un point le sont bientôt dans plusieurs autres ; c'est la sympathie. (Broussais.)
— Méd. Poudre de sympathie, Sulfate de cuivre en poudre, qui passait autrefois pour avoir la propriété de guérir les blessures, même à distance, lorsqu'on le jetait sur le sang extravasé du blessé : La poudre de sympathik est une chimère dont on est désabusé depuis longtemps. (Acad.)
Ne t'a-t-on point parlé d'une source de vie Que nomment nos guerriers poudre de sympathie ?
Corneille.
— Encycl. Physiol. L'histoire des sympathies se rapporte à la théorie physiologique des actions réflexes (v. réflexe), sur lesquelles la science est loin d'avoir dit encore son dernier mot. Un organe est en sympathie avec un autre, dit Barthez, lorsque certaine impression, perçue par la cause de l'individualité vitale dans un de ces organes, détermine cette cause à produire dans l'autre une affection insolite de sensation, de mouvement ou de quelque espèce que ce soit. Ainsi, pendant la grossesse, il survient des envies de vomir et un mouvement de fluxion du côté des mamelles. Cependant, l'estomac ni les glandes mammaires n'ont reçu aucune impression directe; l'utérus seul a subi des modifications, et c'est par sympathie que les autres organes sont affectés. La connaissance des sympathies est une des bases de la médecine-, c'est donc avec raison que Barthez et Broussais en recommandent l'étude. Mais s'il est possible de déterminer quels sont les organes qui sympathisent avec tels autres, s'il est possible de connaître l'action de tel organe sur tel autre, la science est loin de pouvoir nous dire encore la cause et le mécanisme des sympathies. Les organes génitaux et le larynx prennent un développement rapide et considérable à l'époque de la puberté ; mais quel rapport existe-t-il entre eux, quelle liaison intime les unit, c'est ce que nous ignorons. L'impression d'un air froid et humide vient-elle affecter la peau couverte de sueur, aussitôt les follicules muqueux et les capillaires sanguins de l'intérieur des bronches s'engorgent et s'enflamment, sans que nous puissions déterminer la cause de cette relation. Sans doute, on peut invoquer l'influence du système nerveux ; mais on n'en reste pas moins dans l'ignorance sur le mode d'action. Plusieurs médecins d'un mérite incontestable ont essayé de classer les sympathies. Ainsi, Barthez distingue les synergies et les sympathies; Tissot les divise en sympathies actives et passives; Hunter, en sympathies par continuité et par contiguïté; nichât en fait des aberrations de forces vitales et reconnaît des sympathies de sensibilité et de contractilité. Toutes ces opinions plus ou moins erronées n'ont pas apporté un grand jour dans la question, et aujourd'hui, dans l'état actuel de la science, nous ne pouvons guère qu'étudier en particulier les sympathies de chaque système et de chaque organe.
— Sympathies physiologiques. Les sympathies ne se manifestent pas seulement à l'état de maladie; on observe des sympathies physiologiques : ce sont celles qui accompagnent l'exercice naturel, régulier d'une fonction quelconque, et la plupart des fonctions organiques présentent des phénomènes de cette nature. Dès qu'un organe se trouve impressionné, avec ou sans perception d'uno sensation, le cerveau ou la moelle épinière réagit sans que l'individu en ait conscience, soit sur cet organe, soit sur un autre, et lo système nerveux est le moyen de transmission. Les sympathies sont donc des actions réflexes dans lesquelles une impression non perçue, transmise en générai par les nerfs du grand sympathique jusqu'à la moelle épinière, détermine ensuite une action motrice involontaire transmise par des tubes nerveux moteurs qui, généralement, viennent du grand sympathique, mais quelquefois aussi des nerfs de la vie animale. L'incitation motrice se rend ici sur les vaisseaux d'une part et en premier lieu, vaisseaux que nous savons être munis de fibres contractiles; puis, d'autre part, sur les conduits excréteurs de tous ordres, et enfin sur les viscères creux à parois composées de fibres cellules et, qui plus est, sur le cœur (Littré et Robin, ùict.). Comme exemple de sympathie physiologique, on pourrait citer la teuuanee au sommeil, qui se manifeste pendant le travail de la digestion.
— Sympathies pathologiques. L'irritation d'un organe produit deux sortes de phénomènes, les uns locaux, les autres généraux. Les premiers ne sont que l'expression de l'organe souffrant; les seconds sont le résultat de l'influence qu'il exerce sur les autres
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tissus ou appareils de l'économie. Ainsi, l'estomac enflammé donne une sensation de douleur, de chaleur à l'épigastre, et la douleur est augmentée à la suite de l'ingestion de substances irritantes; ce sont les phénomènes locaux ; mais, pour peu que la phleginasie soit intense, on observe des phénomènes morbides du côté du cerveau, du poumon et dans d'autres organes différents; ce sont ces symptômes généraux qui constituent les sympathies pathologiques. Il existe des sympathies entre tous les organes, entre tous les tissus; mais, pendant la santé, ces relations sont, pour ainsi dire, à l'état latent pour la plupart, tandis qu'une perturbation dans le jeu des organes les met en évidence, ce oui porterait à croire que le3 sympathies morbides ne sont qu'une exagération des sympathies physiologiques.
— Philos. Il n'est pas nécessaire de prouver que l'homme est doué de sympathie, qu'il est capable de ressentir les peines et les joies de son semblable, c'est un fait incontesté ; mais il est bon d'analyser cette faculté , de la distinguer dans ses éléments et dans ses modifications essentielles. Précisons d'abord son étendue. La sympathie s'étend jusqu'aux peines des hommes qu'on ne connaît pas, qui sont indifférents; il sut'fitquenossens voient les signes extérieurs de ces peines. D'autre part, il n'est pas d'homme qui soit absolument incapable de sympathie, et cette faculté, comme celle de l'intelligence, se retrouve toujours à quelque degré, dans tous les êtres humains, sans en excepter même les plus dégradés. D'où vient-elle? Qu'est-elle au fond ? Dès qu'on réfléchit un peu, on voit qu'aucun contre-coup réel ne se produisant des sens d'un homme dans les nôtres, nous ne pouvons nous faire une idée de la manière dont cet homme est affecté qu'en nous mettant à sa place, en nous supposant nous-mêmes dans la situation où il se trouve. La sympathie apparaît donc d'abord comme l'effet d'un phénomène d'imagination qui nous transporte hois de notre position et nous met dans celle d'un autre. Ce phénomène, qui pourrait être volontaire assurément, est néanmoins involontaire dans la plupart des cas; il est extrêmement rapide, presque instantané, comme la sollicitation d un instinct. • Quand nous voyons, dit Smith, un coup dirigé contre quelqu'un et prêt à atteindre son bras ou sa jambe , nous retirons naturellement notre bras ou notre jambe et, lorsque le coup est porté, nous le sentons en quelque manière et nous recevons une impression en même temps que celui qui est frappé. Lorsque les gens du peuple contemplent un danseur de corde, ils tournent et balancent leur corps, comme ils voient que fuit le danseur et comme ils sentent qu ils devraient faire eux-mêmes s'ils étaient sur la corde. Les personnes dont la constitution est faible et les nerfs délicats, lorsqu'elles voient dans les rues les ulcères que certains mendiants expesentaux regards, se plaignent d'éprouver une sensation douloureuse' dans la partie de leur corps correspondante & celte qui est affectée chez ces infortunés. ■ Voilà des exemples propres à montrer le caractère spontané, irréfléchi et tout-puissant de ce jeu de l'imagination. A présent, ce phénomène est-il indépendant des autres facultés de l'esprit? A priori, on comprend que cela ne doit pas être. En ce cas, quelles sont les facultés ou les idées qui secondent, facilitent le phénomène de la sympathie ? quelles sont celles qui l'empêchent ou l'entravent? D'abord, il est clair qua le don de sympathiser doit être en chaque homme proportionné à l'étendue et à la force de son imagination. S'il sympathise, en effets c'est qu'il s imagine être à la place du sujet qui souffre et sentir ses souffrances. Il sentira d'autant plus qu'il se rappellera avec plus de vivacité soit des douleurs identiques qu'il a éprouvées autrefois, soit des douleurs analogues, ce qui relève de l'imagination. Une nature bornée, peu imaginative, qui ne garde pas le souvenir de ses impressions, qui ne suit pas bien les effets et les causes, est donc, on le voit, infiniment moins capable de sympathie qu'un esprit de poëte, de moraliste. Ceux-ci sont même parfois, àcet égard, les victimes d'uno imagination trop prompte et trop vive qui, k chaque instant, leur inflige de véritables supplices par le spectacle des souffrances d'autrui. Pour qu'un homme puisse compatir aux maux d'un autre, pour qu'il puisse se mettre, ce qui est d'abord indispensable, à la place de cet autre, il faut qu'il ait clairement eu d'instinct l'idée qu'il est lui-même le semblable, l'égal de cet autre. Au fond de la sympathie on trouve, comme cause ou comme condition, cette idée nécessaire que le sujet souffrant est un semblable, un autre soi-même. Ce qui ie prouve, c'est que la sympathie devient de plus en plus difficile, et même impossible pour nous, à mesure qu'il s'agit d'êtres de plus en plus dissemblables. Or, l'orgueil peut porter une personne à méconnaître, dans un autre homme, les traits de la similitude foncière et l'égalité originelle. Il arrivera alors que cette personne deviendra insensible, comme s'il s agissait réellement d'un animal tout k fait au-dessous de l'espèce humaine. A cet égard, l'histoire du passé fournit des confirmations malheureusement trop certaines. Que de faits ne pourrait-on pas mentionner prouvant que les hommes d'une caste ou d'un ordre prétendu supérieur,
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un brahme, un noble, un prince, à force d'oublier l'égalité, en venaient aussi à ne plus sentir rien de ce qui affectait même cruellement les hommes des castes ou des classes dites inférieures 1 Cependant, pour le spectateur qui ne voit encore que les affections du sujet, la sympathie ne fait que commencer, c'est la conniiissance des causes d'où sortent ces affections qui l'achève. Supposons que le sujet soit affecté d'une offense à laquelle le spectateur, à sa place, resterait insensible, la sympathie de celui-ci, qui s'était d'abord émue, tombera tout à coup; dans le cas contraire, elle prendra, avec la connaissance de la cause, un nouveau degré de vivacité. On voit par là que les sentiments les plus généraux, les plus communs, ceux qui appartiennent à la nature foncière de l'homme et sont suis d'être approuvés de chacun, sont aussi les plus assurés de rencontrer une sympathie prompte et durable. Plus, en revanche, le sentiment est rare, particulier à. certaines natures d'esprit ou de caractère, plus les chances qu'il a d'émouvoir la sympathie se réduisent. C'est nu théâtre que les lois de la sympathie montrent le plus clairement leur empire; tout l'effet des représentations est fondé réellement sur ces lois. La rè-
fle que nous venons de poser mènerait des détails intéressants si on voulait la suivre, mais ce serait la matière d'un livre. La sympathie est un plaisir pour celui qui l'accorde et pour celui qui en est l'objet; réciproquement, s'il est pénible de se voir refuser la sympathie, il est presque aussi pénible de la refuser. Prenons quelques exemples : Un homme qui conte une histoire plaisante est enchanté de voir qu'on en rit; i! est peiné, blessé si ses auditeurs restent graves, et l'auditeur, à Son tour, n'est guère moins désagréablement affecté quand il ne peut pas se mettre à l'unisson des rieurs ; sa mauvaise humeur lui fait alors trouver détestable une plaisanterie qu'il aurait jugée excellente dans un autre moment, où il en aurait ri. La joie d'une bonne fortune se double quand on la raconte à une personne sympathique; quand, au contraire, cette personne reste indifférente, on est choqué et, comme si chacun était obligé de nous aimer, on est porté à la considérer presque sur le pied d'un ennemi. C'est bien plus grave encore quand il s'agit d'une douleur. L'homme qui reste insensible au récit de nos peines parait manquer aux devoirs de l'espèce ; peu s'en faut qu'on ne le regarde comme un monstre étranger à l'humanité.
Les phénomènes sympathiques ont vraiment un certain aspect mystérieux. D'où vient qu'en racontant ses chagrins, bien qu'on les renouvelle, pour ainsi dire, on ne . s'en trouve pas moins allégé, soulagé ? L'expression commune qui dit qu'un ami partage nos peines est une figure d'une justesse profonde. D'autre part, comment se fait-il qu'en éprouvant, jusqu'à un certain point, la peine d'autrui, nous percevions cependant une sensation plus douce, en somme, que pénible? Il semble que la sympathie soit une fonction naturelle, impérieuse , à la manière des fonctions du corps ; que pour elle, comme pour ces dernières, il résulte de son exercice un plaisir inévitable, tandis qu'au contraire sa non-activité est une source de malaise et de chagrins. Ce point de vue paraît encore plus exact quand on considère certains phénomènes qui sont incontestables, « Nous n'aimons pas, dit Smith, à ne pouvoir partager les peines d'autrui, et le triste privilège de ne point sympathiser avec un être souffrant, loin de nous paraître un avantage, nous rend mécontents de nous-mêmes. »
Ajoutons ; mécontents aussi des autres, c'està-dire de ceux qui sont dans la peine. Nous sommes alors portés à leur trouver des torts ; nous accusons leurs plaintes d'être exagérées, ou contraires à la dignité ; parfois même nous allons jusqu'à, nier leurs chagrins, ou bien nous disons : il souffre, c'est possible, mais il a tort de souffrir ; il devrai*, rester insensible à cet événement, à ce malheur. On voit par là qu'il n'y a presque pas de milieu entre la sympathie et l'antipathie. Signalons encore deux phénomènes remarquables : c'est, d'abord, que l'expression des besoins, des désirs et des souffrances corporelles ne rencontre qu'une sympathie relativement faible, ce qui semble contredire la loi précédente, puisque rien n'est plus commun, plus général que ces sortes d'affections et que méuie, étant nécessaires, il est impossible de les desapprouver. Mais il faut tenir compte ici d'une disposition de notre nature. Il est beaucoup plus diflicile d'imaginer les affections corporelles, quand on ne les sent pas, que d'imaginer les affections de l'esprit et de 1 aine. Un homme qui sort de table a peine ix se mettre à la place d'un affamé et à concevoir les angoisses de la faim. Cela est si vrai que nous concevons difficilement les désirs corporels que nous venous d'avoir nous-mêmes dès que nous avons satisfait ces désirs; leurs objets mêmes nous deviennent aussitôt presque désagréables à voir. « On regarde en général, dit Smith, la perte d'une jambe comme un malheur infiniment plus grand que la perte d'une maîtresse ; l'un serait cependant un sujet tres-ridicule de trugédie, tandis que l'autre a souvent été la matière des plus beaux ouvrages de théâtre. * Cela vient de ce que l'imagination est intéressée dans l'un, tandis que le corps seul L'est dans L'autre.
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Rien encore ne s'oublie aussi aisément que la douleur physique. Nous concevons à peine les tourmenta du mal de dents ou de la goutte dès qu'ils sont passés; comment, sympathisant si peu, pour ainsi dire, avec nous-mêmes dans le passé à cet égard, sympathiserions-nous vivement avec les autres, même quand leur douleur est présente? Il ne faut pas croire quelques apparences contraires. Sur ce sujet, si certaines maladies, certaines douleurs physiques excitent notre sympathie à un point extrême, c'est, on peut s'en convaincre par des observations, non au mal physique en lui-même, mais aux affections morales qui l'accompagnent, telles que la crainte, que notre sympathie s'adresse en réalité.
Les émotions du spectateur restent et doivent forcément rester au-dessous de celles qu'éprouve la personne intéressée. Le changement idéal d'où résulte la sympathie du premier n'est que momentané ; le sentiment de sa propre sécurité , l'idée que c'est réellement un autre qui souffre remplit continuellement son esprit et l'empêche de se mettre à l'unisson. Quand l'accord ne s'établit pas, io désaccord est bien près d'éclater ; nous l'avons déjà vu, en sympathie, c'est comme en musique, la moindre dissonance est insupportable. 11 faut alors que la personne intéressée prenne sur elle, pour diminuer l'intervalle qui la sépare du spectateur, il faut, disons-nous, qu'elle modère, qu'elle réduise ses impressions; c'est ce qu'elle fait au reste instinctivement. Le patient, à son tour, se met à la place du spectateur, comme le spectateur se met à la sienne. Tandis que celui-ci considère ce qu'il éprouverait s'il était la personne souffrante, l'autre se figure réciproquement comment il serait affecté s'il n'était que le spectateur de sa propre situation. C'est pour cela que, généralement, nos émotions deviennent plus faibles, même à notre insu, devant un témoin et à proportion que ce témoin nous est moins familier. Le ton de notre âme, pour ainsi dire, baisse un peu avec un ami, plus encore avec une connaissance, beaucoup plus avec des étrangers, et ce n'est pas seulement l'expression extérieure de notre peine qui se modère, c'est encore notre peine intime et réelle qui se calme à la suite, par une bienfaisance singulière de la nature. On peut donc dire que le véritable remède à nos maux, c'est l'amitié, la conversation, le commerce général avec nos semblables.
SYMPATHIQUE adj. (sain-pa-ti-ke — rad. sympathie). Qui appartient à la sympathie : Vertu sympathique. Qualités sympathiques.
Mouvements sympathiques. Les rapports sympathiques sont fort nombreux dans le corps humain. (Bérard.) Le sourire n'est qu'un doux épanouissement causé par quelque sentiment agréable ou sympathique. (Ch. Lévêque.) La plus solide affection, l'amitié, est involontaire et comme sympathique ; oji aime, malgré soimême, sans aucun espoir de retour. (Ch. Nod.)
D'un sympathique feu qui n'a senti les charmes ?
Amdribux.
— Qui inspire la sympathie : Un caractère Sympathique. BelUni a une qualité éminemment sympathique pour nous autres gens du Nord : la mélancolie. (Th. Gaut.)
— Encre sympathique. Encre incolore quand on l'emploie, et qui noircit lorsqu'on soumet ensuite le papier à certaines manipulations.
— Escargots sympalh'ques, Nom donné à deux escargots entie lesquels on prétendait qu'il existait une telle sympathie, qu'on espérait la faire servir à la correspondance de deux personnes éloignées.
— Anat. Nerf grand sympathique, ou Subst&ai\\: Grand sympathique, Partie du système nerveux qui se compose de deux cordons placés de chaque côté de la colonne vertébrale. Dichat a pensé que le cœur puisait dans les ganglions du grand sympathique le principe de ses mouvements. (Bouillaud.) Il est un ordre de nerfs situés le long de la colonne vertébrale et au milieu des viscères ; leur ensemble porte le nom de grand sympathique. (Broussais.)
— Méd. Poudre sympathique, Syn. de poudre de sympathie. Il Affections sympathiques, Affections ayant des sièges différents, mais tellement liées l'une à l'autre, que l'apparition de l'unedétermine l'apparition de l'autre.
— Encycl. Physiol. V. nerf.
SYMPATHIQUEMENT adv. (sain-pa-ti-keînan — rad. sympathique). D'une manière sympathique ; avec sympathie : Les membranes synoviales sont aussi, mais plus rarement, sympathiquemknt malades, avec les glandes séreuses splanchniques. (Cardini.)
SYMPATHISANT, ANTE adj. (sain-pa-tizan, an-te — rad, sympathiser). Qui sympathise, qui a de la sympathie pour quelqu'un : Des cœurs sympathisants.
Je le crois fort sympathisant.
La Fontainb.
SYMPATHISER v. n. ou intr. (sain-pa-tizé — rad. sympathie). Avoir de la sympathie : Je vous assure que nous sympathisons, vous et moi. (Mol.) Il est impossible de sympathiser avec le fat. (Aliberc.) Les femmes éprouvent le besoin de sympathiser avec la joie, la souffrance, l'indignation. (Mme de Rémusat.) Il est duns ta nature de l'homme de ne sympathiser qu'avec les choses qui ont des rapports avec lui. (Chateaub.)
— Fig. Avoir certains rapports de conve-
SYMP
nance : L'esprit humain et le faux sympathisent extrêmement. (Rigault.) Le génie se plait avec la continence : il sympathise avec elle; mais la luxure est pour lui meurtrière. (Dufieux.) L'amour et la majesté ne sympathisrnt point ensemble. (Naudé.) La gaieté soutenue et ta vraie joie ne peuvent sympathiser qu'avec des mœurs simples et pures. (Sanial- Dubay.) Cette grande perruque, et ce linge, et ce point. Avec le nom d'auteur ne sympathisent point.
BOUllSAULT.
SYMPATHISTE s. m. (sain-pa-ti-ste — rad, sympathie). Celui qui prétend que l'unique source des sentiments que l'on éprouve pour une personne est dans l'effet produit par ses émanations.
SYMPÉRASME s. m. (sain-pé-ra-sme — du préf. sym, et du gr. perasma, terminaison). Ane. log. Espèce de syllogisme dont la conclusion est très-directe.
SYMPÉHIANTHÉ, ÉË adj. (sain-pé-ri-anté — du préf. sym, et de périanthe). Bot. Dont la corolle et le calice se réunissent en un seul tube staminifère.
SYMPÉTAL1QUE adj. (sain-pè-ta-li-ke — du préf. sym, et de pétale). Se dit des étainines qui, réunissant ensemble les pétales, donnent à une corolle polypétale l'apparence d'une corolle monopétale.
SYMPEXION s. m. (sain-pê-ksi-on — du préf. sym, et du gr. pexis, coagulation). Anat. Masse dp corpuscules microscopiques qu'on trouve dans les vésicules closes de la glande thyréoîde, dans celles de la rate et des ganglions lymphatiques malades, dans les petits kystes utérins et dans le liquida des vésicules séminales.
— Encycl. M. le professeur Ch. Robin, qui a découvert ces corpuscules, en donne la description suivante : « Ils sont solides, incolores, remarquables par leur transparence et leur faible pouvoir réfringent, tantôt régulièrement arrondis, quelquefois k contours sinueux et à facettes. C'est dans les vésicules séminales que leurs formes sont les plus variées, et quelquefois ils y sont si nombreux qu'ils se touchent et se soudent aux points de contact, de manière à former des masses comme perforées et aréolaires; là ils englobent quelques spermatozoïdes. Ils sont solides, mais friables, se brisant en éclats par la pression après s'être un peu aplatis; leurs bords sout très-pâles; leur masse est homogène ou quelquefois parsemée de granulations moléculaires grisâtres. Leur composition est azotée, peu connue et probablement différente d'une région du corps à l'autre. »
SYMPHACHNÉ s. m. (sain-fa-kné — du gr.
sumphanés, apparent; achnê , duvet). Bot. Genre de plantes, de la famille des ériocaulonées, réuni par quelques auteurs aux philodices.
SYMPHASE s. f. (sain-fa-ze — du gr. symphasis, apparition de plusieurs choses k la t'ois). Astron. Emersiou de plusieurs astres qui paraissent simultanément.
SYMPHÈDBE s. jn. (sain-fè-dre — du préf. sym, et du gr. phtiidros, brillant). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides, comprenant plusieurs espèces, toutes étrangères à l'Europe.
SYMPHÉMIE s. f. (sain-fé-mî — du préf.
sym, et du gr. phémi,}e parle). Ornith. Genre d'oiseaux, formé aux dépens des scolopax.
SYMPHIANDRE s. m. (sain-fi-an-dre). Bot.