V. symphyandre
SYMPHISODON s. m. (sain-ti-zo-don — du gr. sumphusis, réunion; odous, dent). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des labroïdes, ou mieux des sciénoïdes, voisin des chromis.
SYMPHOHIA s. f. (sain-fo-ni-a — mot gr. qui signifie symphonie). Ane. mus. Sorte de double tambour.
— s. m. Bot. Syn. de monorobée, genre de clusiacées.
— Encycl. Mus. Suivant Isidore, la symphonia était une espèce de tambour, percé dans le milieu comme un crible, et qu'on frappait des deux côtés, simultanément ou alternativement, de manière à produire, par le mélange des sons graves et aigus, un accord très-agréable. Il parait que la sympkonia ne jouissait pas d'une très-grande considération, ou du moins qu'au xiv° siècle elle était tombée dans le mépris. Les Français appelaient cette sorte de tambour chiphonie ou chifonie, cyfoine ou sifoine et symphonie.
SYMPHOMASTE s. m. (sain-fo-ni-a-ste rad. symphonie). Mus. Compositeur de plaiuchant.
SYMPHONIE s. f. (sain-fo-nl — grec sumphônia ; de nui, avec, et de phonê, son, voix. Les Latins ont parfaitement traduit ce mot par consonantia ; de cum, avec, et de «mare, retentir, résonner). Mus. Union, concordance de sons musicaux : Les oiseaux sifflent, l'homme seul chante, et l'on ne peut entendre un chant, une symphonie, sans se dire à l'instant : « Un autre être sensible est ici. « (J.-J. Rouss.) il Aujourd'hui, Concert d'instruments: Belle symphonie. Excellente symphonie. Aimer la symphonie. (Acad.) |l Morceau de musique composé pour être exécuté par des instruments concertants ; Composer une sïm-
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phonib. Jouer, exécuter une symphonie. Les symphonies de Haydn, de Mozart, de Beethoven. (Acad.) La vie ressemble à une symphonie ^K! charme et qui plait, mais qui dure trop peu. (Christine de Suède.) San Martini parait avoir été le premier qui nii écrit des symphonies véritablement intéressantes. (La Fage.) La. symphonie pastorale de Beethoven a des accents terribles et des naïvetés sans exemple. (G, Sand.) H Corps des symphonistes : Les voix sont prêles; faites venir la symphonie. (Acad.) Partie exécutée par des instruments de musique accompagnant les voix : Musique vocale avec symphonie, sans symphonie. Messe en grande symphonie.
(Aciid.) Peu usité en ce sens, tt Ancien instrument, monté d'un petit nombre de cordée, et qui appartenait à la famille des harpes.
— "Bot. Genre d'arbres, de la famille des clusiacées.
— Encycl. Mus. La symphonie est la plus
Fure manifestation du génie musical; elle est idéal de l'art, le paëme par excellence. Dans un morceau de chant quelconque, romance, air, duo, chœur, etc., soit conçu en dehors de toute pensée d'ensemble, soit faisant partie d'une œuvre considérable, du genre sacré ou du genre profane, messe, oratorio ou opéra, la partie instrumentale, quelle que soit l'importance qu'on veut bien lui accorder, quels que soient les développements qu'on lui donne, est toujours subordonnée à l'élément vocal et doit teniç compte des paroles, sans lesquelles elle n'aurait plus de raison d'être. On ne se figure point un ensemble de voix ne donnant que des sons inarticulés et non aidées par la parole, cet auxiliaire indispensable de l'action humaine. Nous le répétons donc, le corps instrumental, la masse symphonique, l'ensemble des forces de l'orchestre, est toujours et forcément subordonné aux voix, lorsque celles-ci ont une part quelconque dans une composition musicale. Or, nous ne voulons certes point médire du genre de l'opéra, qui est certainement l'une des manifestations les plus originales, les plus sincères, les plus complètes de l'esprit humain et qui restera toujours l'une des formes les plus admirables de l'art; mais, nous le répétons, la symphonie est le drame musical par excellence, par cette raison que, dans lasymfthonie, la musique parle seule, sans aucun auxiliaire , sans aucun secours étranger qu'elle est tenue d'exprimer elle-même ce qu'elle veut dire, sous peine de ne pas être comprise.
C'est dans sa manifestation instrumentale seulement que la musique est vraiment ellemême, qu'elle vit de sa vie propre, sans rien devoir k qui que ce soit; qu'elle se montre dans toute sa puissance, qu elle marche sans entraves, sans liens d'aucune sorte et prouve entin ce qu'elle peut être lorsqu'on la laisse livrée à elle-même et dans sa liberté la plus absolue. I,e concerto, la sonate pour un ou deux instruments, le trio, le quatuor, le quintette peuvent déjà donner une idée de ce que peut être la musique livrée à ses seules ressources, lorsqu'elle est dans les mains d'un enchanteur comme Haydn, d'un artiste tin et spirituel comme Bocclierini, d'un grand poète comme Mozart, enfin d'un génie épique et pathétique comme Beethoven. Mais on conçoit facilement que, lorsque tous les élémunts de l'orchestre sont réunis dans un ensemble harmonieux, puissant et varié, la manifestation musicale acquiert alors une rare énergie.
Aussi, précisément parce qu'elle est une forme plus complète, plus raffinée de l'art, la symphonie est-elle l'une des dernières qui aient été imaginées. Depuis longtemps l'opéra était connu; depuis longtemps on avait songé à marier ensemble les sons de deux, trois ou quatre voix, de deux, trois ou quatre instruments, lorsque la symphonie, la vraie symphonie, sinon telle que nous la comprenons aujourd'hui que l'orchestre a été complété par l'adjonction d'un certain nombre d'instruments, du moins telle qu'elle a été comprise par le vieil Haydn, naquit à la lumière. Depuis un siècle et demi le drame lyrique existait, lorsque deux musiciens eurent simultanément l'idée du poème symphonique et travaillèrent à le constituer. De ces deux musiciens, l'un, Français, possesseur d'un vrai talent et doué d'une intelligence distinguée, devuit'être complètement éclipsé par l'autre, Allemand de naissance, artiste de génie, doué d'un tempérament musical d'une rare vigueur et d'une inspiration toujours fraîche, toujours souriante , toujours juvénile. . . le premier était Gossec, le second était Haydn.
En ce qui concerne le premier, Adolphe Adam a écrit ceci dans ses Derniers souvenirs d'un musicien : t Gossec voulut se mettre au courant du répertoire des concerts qu'il était appelé à diriger. Ce répertoire n'était pas bien étendu : il se bornait à quelques pièces de clavecin, dont les meilleures étaient celles de Couperiu et de Rameau, de quelques sonates et, comme musique d'orchestre, aux ouvertures des opéras de Lulli et de Rameau, et surtout aux airs de danse de ce dernier. II faut convenir qu'ils étaient charmants, et leur vogue était telle qu'ils étaient exécutés dans tous les pays de l'Europe, même dans" ceux où se manifestait la plus vive répulsion pour la musique française. En Italie, pendant près d'un siècle, les compositeurs n'écrivirent point de symphonies (symphonie, nous (levons le faire remarquer, est ici pris dans le sens
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Couverture; ce dernier mot est inconnu aux Italiens, qui ont toujours appelé sinfonia la préface instrumentale placée en tête d'un opéra) pour précéder leurs opéras. Les ouvertures de Lulli et de Rameau étaient généralement reconnues des modèles dans ce genre, qu'on ne devait même pas tenter d'imiter. Gossec comprit que, .quelque jolis que soient des airs de danse, quelque intérêt que puissent offrir les morceaux fugues que 1 on appelait ouvertures, il y avait un rôle plus important à faire jouer à l'orchestre; il voulut créer et créa la musique de concert. C'est en 1754, après trois années d'essais et d'études, qu'il fit entendre sa première symphonie. Par un singulier hasard, dans cette même année où il croyait inventer ce genre, Haydn écrivait sa première symphonie, qui fut suivie de tant d'autres. Mais ce n'est que vingt ans jlus tard que ces chefs-d'œuvre immortels lurent connus en France, et, dans cette période, Gossec régna sans partage, et le titre de roi de la symphonie lui fut décerné sans contestation. Les succès que Gossec obtint dans la symphonie n'eurent pus d'abord tout l'éclat que méritait la valeur de ses compositions. L'auditoire habituel des concerts de M. de La Popelinière était trop accoutumé aux formes surannées des morceaux avec lesquels on le berçait depuis si longtemps, pour se laisser séduire par des innovations aussi hardies que celles de Gossec. Il fallut que ses symphonies fussent exécutées à plusieurs reprises aux Concerts spirituels qui se donnaient aux Tuileries, aux époques consacrées pur la religion, où les théâtres étaient fermés, pour conquérir toute la faveur du public... «
Ecoutons maintenant ce que dit M. Fétis au sujet d'Haydn, cet autre père de la symphonie : « On ne peut guère prononcer le nom de symphonie sans réveiller le souvenir d'Haydn. Ce grand musicien a si bien perfectionné le phin et les détails de ce genre de musique, qu'il en est en quelque sorte le créateur. L'histoire des progrès du génie et du talent de cet homme étonnant est 1 histoire même des progrès de l'art. Déjà ses premiers ouvrages annonçaient sa supériorité sur ses contemporains; mais ils étaient bien inférieurs a ceux qui, depuis, sont sortis de sa plume. Si l'on n'oublie pas que ces mêmes ouvrages ont toujours été mesurés au degré d'habileté des exécutants, habileté qu'il a luimême provoquée et dont il est en partie cause, on concevra sans peine quelle profondeur de talent il a fallu pour produire des chefs-d'œuvre en se conformant ainsi à des entraves et à des considérations particulières. ' Si Haydn était venu dans un temps où le savoir des exécutants eût été ce qu'il est aujourd'hui, il n'aurait rien laissé à faire à ses successeurs. Le talent principal de Haydn consiste à tirer parti de l'idée la plus simple, k Ja développer de la manière la plus savante, lu plus riche en harmonie, la plus inattendue en ses effets, sans jamais cesser d'être gracieux. Une autre qualité le distingue: c'est Ta rectitude et la netteté du plan, qui sont telles que l'amateur le moins instruit en suit sans peine les détails comme le musicien le plus habile... •
Après Haydn vint Mozart qui, moins profond peut-être qu'Haydn dans l'agencement même de la symphonie et se souciant moins du développement à donner à l'idée première,
f>arce qu il avait à son service le charme et a grandeur d'une passion expansive et brûlante, modifia quelque peu le genre et remplaça la sérénité exquise et inaltérable de sou devancier par une sensibilité chaude, à laquelle la grâce naturelle et juvénile de son génie venait se joindre pour lui prêter un charme attendri. Il a trouvé, comme l'a fort bien dit M. Fétis, dans cette sensibilité exquise dont il était si abondamment pourvu, • une puissance d'émotion qui entraîne toujours 1 auditoire et qui lui fait partager sa passion. ■
Quant à Beethoven, qui vînt couronner par l'effort de son puissant génie l'œuvre déjà si belle imaginée par Haydn et continuée par Mozart, ce n'est pas le roi, mais le dieu de la symphonie qu'il faut l'appeler. Peut-être un grand artiste, un génie inspiré l'égal era-t-il un jour en apportant dans le plan et l'ordonnance de la symphonie des modifications, des hardiesses, des nouveautés de forme qu'on ne saurait prévoir aujourd'hui; mais Beethoven n'a pas éié surpassé. Sa puissance, son éclat, sa grandeur, sa magnificence sont tels qu'ils semblent délier les outrages du temps, ce grand destructeur en fait de musique; sa pensée est si noble et si pure, son allure est si Hère et si majestueuse, sa passion si intense, si brûlante et si poignante, son orchestre est si riche, si varié, si magnifique en son essor grandiose, que Beethoven symphoniste vous transporte d'admiration. Beethoven a pourtant eu bien de la peine à s'acclimater en France , et nous pouvons en croire M. Berlioz, lorsqu'il s'exprime ainsi au sujet de la première audition d'une des œuvres symphoniques du maître, qui eut lieu à Paris: «Le fait de l'exécution des fragments de Beethoven à l'Opéra était d'une grande importance; nous pouvons en juger, puisque sans lui, très-probablement, la Société du Conservatoire n'eût pas été constituée. C'est a ce petit nombre d'hommes intelligents et au public qu'il faut faire honneur de cette belle institution. Le public, en effet, le public véritable, celui qui n'appartient à aucune co-
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te rie, ne juge que par sentiment, et non point d'après les idées étroites, les théories ridicules qu'il s'est faites sur i'art; ce public-là, qui se trompe souvent malgré lui, puisqu'il lui arrive maintes fois de revenir sur ses propres décisions, fut frappé de prime abord par quelques-unes des éminentes qualités de Beethoven. H ne demanda point si telle modulation était relative de telle autre, si certaines harmonies étaient admises par les magisters, ni s'il était permis d'employer certains rhythmes qu'on ne connaissait pas encore; il s'aperçut seulement que ces rhythmes, ces harmonies et ces modulations, ornés d'une mélodie noble et passionnée et revêtus d'une instrumentation puissante, l'impressionnaient fortement et d'une façon toute nouvelle. En fallait-il davantage pour exciter ses applaudissements ? L'intérêt manifeste que le public commença dès lors a prendre a Beethoven doubla les forces de ses défenseurs, réduisit, Sinon au silence, au moins à l'inaction la majorité de ses détracteurs, et peu à peu, grâce à ces lueurs crépusculaires annonçant aux clairvoyants de quel côté le soleil allait se lever, le noyau se grossit et l'on en vint a fonder, presque uniquement pour Beethoven, la magnifique Société du Conservatoire, aujourd'hui à peu près sans rivale dans le monde. •
En dehors des innombrables modifications apportées.par ce grand génie dans le plan, la coupe et l'allure de-la symphonie, il est une innovation particulière que nous devons signaler et constater, c'est celle du, scherzo (mot italien qui signifie jeu, badinage) dont Beethoven a inventé la forme et par lequel il a remplacé, dans presque toutes ses œuvres instrumentales, le menuet d'Haydn et de Mozart, moins rapide de moitié comme mouvement et d'un caractère tout à fait différent. C'e>t encore à M. Berlioz q,ue nous allons avoir recours pour caractériser ce genre de morceau et voir tout le parti qu'en a su tirer cet artiste extraordinaire. Voici ce que dit M. Berlioz du scherzo de la symphonie en ut mineur, la plus célèbre et certainement la plus admirable du maître : « Ce scherzo est une étrange composition, dont les premières mesures, qui n'ont rien de terrible cependant, causent cette émotion inexplicable qu'on éprouve sous le regard magnétique de certains individus. Tout y est mystérieux et sombre; les jeux d'instrumentation, d'un aspect plus ou moins sinistre, semblent se rattacher à cet ordre d'idées qui créa la fameuse scène du Bloeksberg, dans le Faust de Gœthe. Les nuances du piano et du mezzo forte y dominent. Le milieu (le trio) est occupé pur un trait de basses, exécuté de toute la force des archets, dont la lourde rudesse fait trembler sur leurs pieds les pupitres de l'orchestre et ressemble assez aux ébats d'un éléphant en gaieté... Mais le monstre s'éloigne et le bruit de sa folle course se perd graduellement. Le motif du scherzo reparaît en pizzicato; le silence s'établit peu à peu; on n'entend plus que quelques notes légèrement pincées par les violons et les petits gloussements étranges que poussent les bassons donnant le la bémol aigu, froissé de très-près par le sol octave du son fondamental de l'accord de neuvième dominante mineure; puÎ3, rompant la cadence, les instruments à cordes prennent doucement avec l'archet l'accord de la bémol et s'endorment sur cette tenue. Les timbales entretiennent le rhythnie en frappant avec des baguettes couvertes d'épongés de légers coups qui se dessinent sourdement sur la stagnation générale du reste de l'orchestre. Ces notes de timbales sont des ut; Je ton du morceau est celui d'ut mineur ; mais l'accord de ta bémol, longtemps soutenu par les autres instruments, semble introduire une tonalité différente ; de son côté, le martèlement isolé des timbales sur l'ut tend à conserver le sentiment du ton primitif. L'oreille hésite, on ne sait où va aboutir ce mystère d'harmonie, quand les sourdes pulsations des timbales, augmentant peu à peu d'intensité, arrivent aux violons qui ont repris part au mouvement et changé l'harmonie, à l'accord de septième dominante, sol, si, ré, fa, au milieu duquel les timbales roulent obstinément leur ut to/iigue; tout l'orch'estre, aidé des trombones qui n'ont point encore paru, éclate alors dans le mode majeur sur uu thème de marche triomphale, et le finale commence. On sait l'effet de ce coup de foudre, il est inutile d'en entretenir le lecteur. »
Arrivons maintenant à la forme particulière de la symphonie. Celle-ci se compose de ijuatre morceaux, dont le caractère est nettement tranché : 1" allegro maestoso ou allegro agitato; 2» andanle ou adagio, ou allegreito, quelquefois convariazioni. particulièrement chez Haydn, qui a souvent employé cette forme; 3° minuetto (menuet) ou scherzo; 4° finale allegro. Le premier morceau, qui établit généralement le ton général de la symphonie, est souvent précède d'une sorte d'introduction d'un mouvement lent qui sert à faire pressentir le début de l'allégro qui va suivre, lequel est coupé en deux parties ou reprises d'une étendue à peu près égale entre elles et ayant ensemble une corrélation étroite, nonseulement au point de vue mélodique, mais aussi sous le rapport harmonique. L'anaante, qui constitue le second morceau, forme tantôt une sort* d'élégie , tantdt une espèce d'idylle musicale, selon le caractère d'ensemble de l'œuvre; Haydn a apporté dans lu plupart de
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sea morceaux de ce genre une grâce naïve, élégante et enchanteresse; Mozart y a mis toutes les tendresses, toute la passion touchante qui débordaient son âme ; Beethoven y a fait entrer le feu qui le brûlait et semble avoir écrit ces pages immortelles avec un fer rouge. Le troisième morceau, tantôt menuet, tantôt scherzo, comme nous l'avons dit, conçu dans un style vif, preste, animé dans le second cas, souriant, délicat et fin dans le premier, contraste singulièrement, par sa nature et son mouvement, avec l'adagio ou Validante qui précède; ce morceau a toujours deux reprises, sans compter le retour souvent obligé de la première. Enfin, le finale, tantôt sautillant et gai, surtout chez Haydn, tantôt plus mouvementé, comme chez Mozart, partois, enfin, martial et fulgurant, comme chez Beethoven, est toujours aussi composé de deux reprises et vient clore dignement l'œuvre. N'oublions pas de dire que, selon la règle généralement adoptée, le premier allegro, le menuet ou le scherzo et le finale doivent tous trois être écrits dans le même ton, soit majeur, soit mineur; seul, l'adagio n'est pas soumis à cette loi et il suffit qu'il, soit écrit dans un ton relatif.
L'orchestre symphonique, en dehors du quatuor des instruments a cordes (premiers et seconds violons, altos et basses), sa base essentielle et inaltérable, comprenait, avec Haydn, une flûte, deux hautbois, deux cors, deux bassons, quelquefois deux trompettes et enfin les timbales. Mozart l'accrut quelquefois d'une seconde flûte et de deux clarinettes. Beethoven le compléta en employant toujours deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, quatre cors, deux trompettes, des timbales et soit un, soit deux, soit trois trombones.
Nous n'avons parlé jusqu'ici, en ce qui concerne les musiciens qui out traité le genre de la symphonie, que des créateurs et des vrais novateurs : Gossec, aujourd'hui totalement oublié, Haydn, Mozart et Beethoven. Il est juste de dire cependant qu'un certain nombre de compositeurs ont fait en ce sens des efforts estimables, souvent heureux, et dont il faut leur tenir compte, quoiqu'ils n'aient pointréussi à égaler leurs maîtres. En France, nous avons eu Ignace Pleyel, élève d'Haydn ; Méhul, qui n'a réussi que médiocrement dans ce genre tout particulier; puisOnslo'W, qui y a gagné une renommée honorable; de nos jours, nous avons pu entendre des œuvres symphoniques, souvent très-bien réussies, de M Si. Scipion Rousselot, Henri Reber, Emile Douay, Hector Berlioz, Félicien David, Théodore Gouvy, Charles Gounod, Camille Saint- Saens, Léon Kreutzer, et même d'une femme remarquable , Mnie Louise Farrenc. Mais c'est surtout l'Allemagne qui est la terre d'élection de la symphonie, et c'est là que les traditions s'en sont conservées, sinon dans tout leur éclat, du moins avec une vigueur et une persistance réelles. Pour ce pays, il faut citer en première ligne Mendelssohn, musicien élégant et poétique, au style pur, à l'orchestre original, mais qui malheureusement manque de sobriété et pousse les développements à outrance; puis Robert Schutnann, artiste nébuleux parfois, mais puissant et hardi jusqu'à la témérité ; puis Frauz Schubert, Taeglichsberk, Schwenk, Rosenhain, Niels Gade (celui-ci est Danois), etc. Pour l'Italie, la symphonie n'existe pas.
— Bot. Les symphonies sont des arbres à feuilles alternes, simples, rapprochées; les fleurs, groupées en cymes omueilifoniies terminales, présentent un calice profondément divisé en cinq lobes arrondis; une corolle à cinq pétales coiiaces, presque arrondis, conni venta en forme de giobe; cinq étamuies, à filets soudés en un tube cylindrique ; un ovaire surmonté de cinq stigmates; le fruit est une baie à cinq loges monospermes. La symphonie gloàutifère est un arbre qui rappelle le laurier par son feuillage et l'arbre à thé par ses fleurs ; il croît à Surinam ; son fruit, couvert d'un épicarpe coriace, renferme une pulpe mucilagineuse , que l'on mange dans Le pays comme rafraîchissante.
Symphonies, poésies , par M. Victor de Laprade (Paris, 1855). Ce volume est divisé en trois livres et contient la formule la plus complète du talent de l'auteur. II s'ouvre par une noble et touchante dédicace du poste à son père et se continue par une Symphonie des saisons, sorte d'ode écrite suivant les procédés de la musique; ce sont des variations sur un théine éternel. A lui seul, ce morceau, qui est d'un puissant effet, suffirait a signaler ie volume. La Coupe est un toast porté à l'ivresse. Les Vers en sont beaux, mais il leur manque cependant quelque chose ; il semble qu on entende un buveur d'eau célébrer le vin avec plus d'éclat que de conviction. Le Bûcheron est une élégie symbolique ; Utopie annonce les progrés de l'humanité, en nobles strophes, rappelant un peu l'églo-
fue de Pollion. Le livre second s'ouvre par la ymphonie du torrent, L'Hymne à l'épée est un bel échantillon de poésie héroïque. Certains passages ont la grâce et la sévérité de l'antique :
Donc, A vousl restez ceints du glaive,
Fiers amants de Ja liberté!
La vie est un combat sans trevo
Pour ie droit toujours insulté.
Restez armés en sentinelles,
Amis tics gloires iHernelles,
SYMP
Luttez pour les cœurs déraillants; Veillez dans votre armure austère; Dans Je ciel comme sur la terre.
Le prix n'appartient qu'aux vaillants.
Le troisième livre débute par la Symphonie des morts, sinistre vision où l'on voit des fantômes, où l'on entend des chocs d'armures, où le monde mystérieux et terrible vient effrayer les vivants. La Mort apparaît en personne et veut faire croire qu'elle n'a rien que de rassurant :
Pourquoi, vous qui rêvez d'unions éternelles,
Maudissez-Yc-us la mort?
Est-ce bien moi qui romps des Ames fraternelles
L'indissoluble accord?
Viens, 0 cœur fatigué qui me craignis naguère,
Vois si je te trompais!
Hepose-toi ! la vie est l'éternelle guerre,
Et moi je suis ta paix !
Les Symphonies ont achevé de fixer la renommée poétique de M. de Laprade, et c'a été justice. Richesse de couleurs, variété de tons, souplesse de rhythmes, ce recueil renferme toutes les grandes qualités poétiques et, par-dessus tout, l'élévation, la grâce, l'élégance, la fraîcheur et l'énergie. ■ Les bruits de la vie, dit excellemment M. Laurent- Pichat, échappent souvent à M. de Laprade, ou il les dédaigne. Ce qu'il entend, ce qu'il sait reproduire, ce sont les mélodies de la rêverie. L'orchestration splendide dont il dispose embrasse l'ensemble, et le lecteur peut se croire transporté dans mie solitude où parlent les voix mystérieuses. Peu à peu, l'ivresse du silence tçsgne notre âme, et les chants de la nature arrivent à nous, dominés par un vaste accompagnement des vagues de l'Océan ou du vent dans les chênes. L auteur des Symphonies exerce un channe étrange par sa poésie. C'est comme un éblouissement produit par je ne sais quoi de blanc et de marmoréen ; cette lecture équivaut a une promenade dans les blanches entrailles des monts de Carrare, ou à une course à travers les glaciers et sur les neiges vierges. Cette muse se fait aimer comme Galatée ; on la presse entre ses bras; on ne se lasse pas de la regarder ; on lui adresse des prières comme Pyginalion, et quand on reçoit île sa lèvre un doux et chaste baiser, on en est plus fier que des tendresses ardentes et faciles de tant d'autres inuses. >
Symplionle (La) Ou Matlre Albert , opérftcomique eu mi acte, paroles de M. de Saint- Georges, musique de Clapisson; représenté à l'Opèra-Comique en octobre 1839. On compositeur nommé Albert fait exécuter une symphonie à la cour du duc d'Oldenbourg. La duchesse, tille de ce dernier, échange quel- . ques paroles avec un jeune seigneur, son fiancé, pendant l'exécution du morceau. Albert, qui est épris de celte duchesse, s'en aperçoit; le bâton de mesure lui échappe des mains. Le duc apprend la cause du son émotion et le fait jeter en prison. Le malheureux artiste devient fou. Ce n'est qu'après plusieurs années qu'il recouvre sa raison, en entendant quelques mesures de cette symphonie fatale. Il est inutile d'ajouter que, par reconnaissance, la belle duchesse lui accorde sa main. La partition est élégante et l'orchestration offre d'heureux effets. Les morceaux les plus applaudis sont le nocturne : Sans espérance, aimer toujours, chanté par Mocker et MU* Rossi, et la grande scène chantée par Marié, qui a débuté dans cette pièce.
SYMPHONISTE s. m. (sain-fo-ni-ste — rad symphonie). Mus. Celui qui compose des symphonies : L'oratorio de la Tentation place le compositeur Josse au rang de nos bons symphonistes modernes. (Aug. Humbert.) Il Musicien exécutant qui fait mi partie dans une symphonie : Ce violon sera pour nos concerts un symphwistb trés-utite. (Acad.)
SYMPHORÈME s. m. (sain-fo-rè-me — du gr. sumphorèma, réunion, assemblage). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des verbenacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Inde.
SYMPHOR1CARPB s. m. (sain-fo-ri-kar-pe — du gr. sumphoros, groupé; karpos, fruit). Bot. Syn. de symphorinb : Le SYMphoriCArfb à grappes est ainsi nommé de la disposition de ses fleurs et de ses fruits. (Th. de Berneaud.)
SYMPHORIE s. f. (sain-fo-rî — du gr.sumphora, gioupe). Bot. Syn. de symphorinb.
SVMPHOHIËN (SAINT-), bourg de France (Gironde), ch.-l. de cant., arrond. et à 23 kiloin. U. «Je Buzus; pop. aggl., 544 hab. — pop. tôt., 1,948 hab. Commerce do miel, cire, bestiaux, résine et bois.
SYMPHOR1EM (SAINT-), bourg et comm.
de France (Indre-et-Loire), cant., arrond. et à 1 kiloin. N. de Tours, sur la Loire; pop. aggl., 1,205 hab. — pop. tôt., 2,536 hab.
SYMPHOKIEN-SUR-C01SE(SA.IKT-), bourg de France (Rhône), ch.-l. de cunt., arrond. et à 34 kilom. S.-O. de Lyon, sur la Coise; pop. aggl., 1,660 hab. — pop. tôt., 1,882 hab. Fabrication de mousseline, draps, chapeaux, clous et cuirs, chaussures. Ancien château. Pendant la Révolution, on appela ce bourg Chausse-Armée, à cause de ses fabriques de Souliers,
SVMI'HOKIBN-OK-LAY (SAINT), ville do France (Loire), ch.-l. de cant., arrond. et à 17 kilom. S.-E. de Roanne, près do la rive droite de la Loire; pop. uggi., 1,5135 hab. —
SYMP
pop. tôt., 4,367 hab. Fabrication de mousselines, calicots, cotonnades; tanneries. L'église paroissiale est la chapelle d'un ancien prieuré de bénédictins.
SYMPHORIEN-D'OZON (SAINT), bourg de France (Isère), ch.-l. de cant., arrond. et à 13 kilom. N. de Vienne, sur l'Ozon; pop. aggl., Î01 hab. — pop. tôt., 1,809 hab. Moulinage de soie; fabrication de couvertures, fil de fer et pointes de Paris; filature de coton, impression sûr étoffes.
SVMPHORIEN (saint), martyr, mort à Autun en 179, sous le règne de Marc-Aurèle. Sou père, Faustus, était un riche bourgeois d'Autun, qui reçut chez lui Bénigne et Andoche, venus pour évangéliser le pays. Symphorien fut Pactisé par eux et devint un des plus ardents néophytes de sa ville natale. Un jour que l'on célébrait avec pompe la fête de Cybèle et que l'on portait solennellement sa statue, Symphorien refusa d'adorer la déesse, fut arrêté et conduit devant Heruclius, gouverneur du pays. Celui-ci l'interrogea, lui lut l'ordonnance impériale qui ordonnait d'arrêter ceux qui refusaient de sacrifier aux dieux , et, sur le refus de Symphorien, il l'envoya en prison et le fit battre de verges. Quelques jours après, Heraclius fit venir de nouveau Symphorien devant lui, lui promit des honneurs s'il renonçait au chrisiiaiiisnie, le menaça de mort s'il refusait de l'encens k Cybèle; mais il le trouva inébranlable. Symphorien tourna en dérision les dieux païens et excita à tel point la fureur d'Heraclius, que celui-ci prononça contre lui une sentence de mort. Comme on le conduisait hors de la ville pour être exécuté, sa mère, du haut du rempart, l'encouragea a mourir : t Armez votre courage, lui dit-elle; ne craignez pas une mort qui mène certainement k la vie éternelle. » Exalté par ce hmgage, Symphorien subitle dernier supplice sans faiblir. L'Eglise l'honore le 22 août.
Sympborien (LE MARTYRE DE SAINT), tableau de M. Ingres, à Montauban. S'autorlsantde l'exemple de Raphaël, dont Y Incendie du Bourg-Vieux semble indiquer une certaine préoccupation de Michel-Ange, M. Ingres, las de s'entendre reprocher l'immobilité de sa peinture, a voulu, selon l'expression de M. About, se livrer à une débauche de mouvement. M. Ingres s'est proposé, sans douta, de montrer qu'il est capable, lorsqu'il le veut, de ces exagérations auatoniiqnes qui amènent les muscles à la peau et font de l'homme vivant un véritable ëcorché, et, au dire de Th. Gautier, depuis le Jugement dernier de la chapelle Sixtine, on n'a rien vu de si savant, de si fort et de si robuste : c'est le nec plus ultra du style et de l'art. Cependant ce tableau a été l'objet de nombreuses critiques. « La pose du saint, dit M. About, est trop théâtrale, mais elle est bien savamment étudiée. Les accessoires dont la toile est encombrée donnent à ce martyre l'apparence d'un déménagement; mais les accessoires sont exécutés aussi soigneusement que tes personnages. Les tigures, et surtout les figures de femmes, sont faites sans modèle vivant, de convention, ou, si l'on veut, de mémoire. Toutes les bouches se ressemblent; mais il est impossible d'égaler la variété des attitudes et des expressions, et toutes ces tigures, convenues ou non, sont belles. Les muscles des hommes sont exagérés au point de scandaliser les anatomistes; mais M. Ingres sait assez bien dessiner pour violer, lorsqu'il lui plaît, les lois du dessin. » Cependant, il ne faut pas croire qu'il n'y ait dans le Saint Symphorien que des contractions de muscles et des difficultés de dessin vaincues. • La figure du martyr, dit Th. Gautier, est une des plus sublimes que la peinture ait axées sur la toile, et, au milieu de ce déploiement de force physique, parmi ces torses monstrueux, ces membres pleins de nodosités , la force morale resplendit svelte et pure en son éclat immatériel ; le jeune suint aux bras de femme, k la figure imberbe et pâle, l'emporte de tout l'ascendant de l'âme sur ce préteur, sur ces licteurs, sur ces viotimaires, sur ces bourreaux à physionomies brutales, k tournures d'Hercule, basanés par le grand air et l'action. Voilà pourquoi ils tendent leurs nerfs, crispent leur grand trochanter et font renfler leur biceps; ils se sentent vaincus, et aussi le préteur risque un effroyable raccourci, impossible à tout autre qu'à M. Ingres, pour ordonner du doigt tju'on emmène ce faible adolescent, qui les écrase tous. » M. About continue k critiquer ainsi le dessin de ce tableau. • Le gros licteur qui se tient au milieu du tableau a l'épaule tlroilts en marmelade; on dirait qu'il a reçu un coup de massue qui lui a brisé la clavicule. Les muscles tirent chacun de leur côté, et il semble que cet énorme réseau va se séparer avec éclat. La femme qui serre son enfant dans ses bras écrase son enfant, sou bras et sa ligure. Il est impossible de rattacher ces membres à ses épaules et de trouver la moindre place pour le corps de l'enfant. M. Ingres ne l'ignorait pas, et ce n'est pas sans intention qu'il a méprisé les règles du dessin. Une faute d'orthographe ne gâte pas un beau style. > La couleur de ce tableau a aussi été critiquée, peut-être par habitude, car il est un de ceux ou l'artiste a déployé le plus grand luxe de coloris et où celte partie est le plus magistralement traitée. En résumé, bien que le Saint Symphorien soit, pour ainsi dire,
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l'imitation d'une imitation, on est obligé d'y reconnaître des. beautés indiscutables et de premier ordre.
L'apparition du Saint Symphorien au Salon de 1834 est un événement capital dans l'histoire de l'école française. On était alors à l'époque des grandes luttes entre classiques et romantiques. Irritée par les succès qu'obtenaient auprès du public les œuvres fougueuses et passionnées d'Eugène Delacroix, l'Académie fut fière de pouvoir leur opposer une page aussi considérable que celle dans laquelle Ingres s'était efforcé de rappeler le grand style italien. Ce tableau, malgré ses mérites, ne pouvait, du reste, trouver grâce auprès des partisans du romantisme; ils trouvèrent à y reprendre le défaut d'air, d'espace, la choquante disposition des lignes de perspective aérienne, un coloris sans chaleur, une étude outrée des muscles et des artères, etc. Gustave Planche formula ainsi son jugement : ■ Ce qui s'est passé dans la peinture depuis sept ans a dû nécessairement éveiller, dans la pensée de M. Ingres, de nouvelles ambitions et une soif plus ardente de la popularité, qui jusqu'ici lui a manqué. Sans renoncer au projet qu'il poursuit depuis vingt ans, à son projet de rénovation raphaélesque, il a été naturellement amené k rechercher, sans sortir du cercle habituel de ses études, les qualités qui pouvaient surprendre et dominer l'attention; c'est ainsi que je m'explique l'accent singulier qu'il a donné à son dessin. La couleur générale du tableau est terne, mate et peu séduisante ; aussi les portions bleues et rouges qui s'y trouvent sont- elles, au premier aspect, criardes et dures. Non-seulement nous pensons qu'il y a, parmi les maîtres espagnols et flamands, plus d'un coloriste supérieur à Raphaël, et c'est pourquoi nous ne conseillerons a personne d'étudier Raphaël avec le dessein de reproduire sa couleur, mais encore nous croyons que M. Ingres est loin cette fois d'avoir atteint l'harmonie générale, qui ne manque jamais au peintre des Loges. Ce qu'il faut étudier dans ce maître célèbre, ce qui doit faire l'éternelle admiration de la postérité la plus reculée, ce qui doit exciter sans relâche l'émulation et la verve des jeunes artistes, c'est la beauté linéaire, c'est la divinité des contour». Or, ces mérites élevés se retrouvent-ils dans le Martyre de saint Symphorien? Si l'on excepte l'auteur principal et un enfant placé à gauche, mais qui rappelle trop distinctement plusieurs figures du maître, n'y a-t-il pas, dans le dessin de la plupart des personnages, une exagération, une vigueur emphatique, qui tiennent quelque peu de M.chel-Ange et du Domiuiquin? Le licteur, vu de dos, est d'une musculature beaucoup trop détaillée... » G. Planche veut bien reconnaître, après cela, qu'il y a dans ce tableau plusieurs ligures remarquables, notamment le martyr lui-même, dont le visage respire un divin enthousiasme et dont la draperie est savamment disposée.
Ingres avait si bien senti lui-même les défauts de sa composition qu'il l'a reprise et modifiée dans un superbe dessin quia atteint le prix de 9,100 francs à la vente de la galerie Pereire en 1872.
Le M urtyre de saint Symphorien a été gravé au burin par Alphonse François , pour la chalcographie du Louvre; au trait par Réveil, et sur bois dans la Gazette des beauxarts (V, p. 325). Plusieurs études peintes pour ce tableau ont figuré à l'exposition posthume des œuvres d'Ingres en 1867.
Sympliorien (ÉGLISE Saiul"). Cette église était située dans la Cité, a Paris, Sur une parlie de l'emplacement qu'occupa plus tard une immense maison de nouveautés. Elle avait pour origine une chapelle dédiée d'abord à sainte Catherine et consacrée à saint Symphorien, vers l'an 1206, par Eudes de Sully, évéque de Paris. Malgré son exiguïté, elle fut érigée en paroisse en 1618, et les quatre chapelains qui la desservaient reçurent le titre de chanoines. Quatre-vingts ans plus tard, cette paroisse fut supprimée ; en 1704, l'édifice fut cédé à la communauté des peintres, sculpteurs et graveurs, qui le restaurèrent et le dédièrent a saint- Luc, leur patron. Cette église, vendue en 1792, était conservée presque intuete dans les dépendances de la maison de nouveautés de la Belle Jadinière; malgré les réclamations de quelques archéologues, elle n'a pas trouvé grâce devant la pioche des démolisseurs, lors de la construction du nouvel Hôtel -Dieu.
SYMPHORINE s. f. (sain-fo-ri-ne — du gr. sumphoru, groupe). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des cuprifoliacées, formé aux dépens des chèvrefeuilles , et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique du Nord : La symphoRiNï d fruit blanc est très-curieuse par ses grappes serrées de fruits d'un beau blanc, qui persistent longtemps. (P. Ducbartre.) La symphorink du Mexique a de longues feuilles, des fleurs rosées et des fruits blancs lavés de rose. (A. Dupuis.)
— Encycl. Les symphorines sont des arbrisseaux dressés, toutïus, rameux, k feuilles opposées, entières; les fleurs, petites, b.anclies ou rosées, solitaires ou groupées en petit nombre, présentent un calice largement tubuleux, k quatre ou cinq dents persistantes ; une corolle en entonnoir, à quatre ou cinq lobes presque égaux, obtus ; quatre ou I
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cinq étamines incluses; un ovaire infère, à deux loges uniovulées, accompagnées de deux autres Toges pluriovulées, mais stériles; le fruit est une baie charnue. Les espèces de ce genre croissent dans le nord de l'Amérique, et la plupart sont cultivées dans nos jardins. Ce sont des arbrisseaux généralement rustiques , qui aiment une exposition découverte et un sol léger et chaud. On les multiplie aisément de graines, de rejetons, de boutures et de marcottes; leur culture est, du reste, la même que celle des chèvrefeuilles. Ils produisent de l'effet par leurs fleurs, et surtout par leurs fruits, qui se montrent en hiver.
La symphorine commune ou à petites fleurs dépasse k peine la hauteur de 1 mètre ; elle a un port élégant, des rameaux inclinés, un feuillage d'un vert pâle, des fleurs blanches en petits capitules axillaires et des fruits rouges ; cette espèce est très-rustique, s'accommode de toutes les expositions et de tous les terrains et produit beaucoup de rejetons, qui servent k la multiplier; ses racines sont employées, surtout en Amérique, comme astringentes et fébrifuges. La symphorine à grappes est uir peu plus grande que la précédente; elle se reconnaît surtout à ses fleurs pourprées, en grappes, et k ses fruits d'un beau blanc, qui égalent la grosseur cFune merise; elle fleurit deux fois dans l'année, au printemps et à l'automne ; ses fruits, qui mûrissent bien sous le climat de Paris, sont douceâtres et assez bons k manger. La symphorine mexicaine a des fruits rouges; elle est inoins rustique, et demande un abri dans les hivers rudes.
SYMPHOROSE (sainte), martyre chrétienne, mise k mort sous le règne de l'empereur Adrien. Voici, d'après les Acta sanctorum, la légende de cette sainte, honorée par l'Eglise le 1S juillet. Gétule, son mari, tribun du peuple, noble, riche, ayant confessé la foi du Christ, fut arrêté dans sa demeure de Tivoli, condamné k mort et exécuté. Sj'mphorose, pour éviter le même sort, se cacha avec ses sept enfants dans une citerne, qu'on voyait encore au temps de Baronius. A cette époque, Adrien, ayant fait bâtir un temple, voulut le dédier avec les cérémonies ordinaires. Mais les sacrificateurs lui répondirent que cela était impossible, qu'ilsétaient tourmentés par les prières que la veuve Symphorose et ses sept enfants offraient tous lès jours k leur Dieu; qu'ils ne pouvaient assurer de longs jours à l'empereur que si cette femme et ses enfants venaient sacrifier. Cette fable a paru bonne aux historiens ecclésiastiques, car ils s'ensontservis une seconde fois pour expliquer la persécution de Dioclétien. Adrien lit donc arrêier Symphorose et ses sept enfants : Cressent, Julien, Nèmèse, Primitif, Justin, Slactée et Eugène. Il essaya d'abord, par de douces persuasions, de les porter à sacrifier. Mais la veuve de Gétule resta inébranlable. «Vous n'avez que deux choses k choisir, lui dit l'empereur Adrien, ou de sacrifier k mes dieux, ou de finir votre vie par les plus rigoureux supplices. — -Vous croyez m'ébranler, repartit Sympho-rose, et m'épouvanter par vos menaces; mais sachez que je ne souhaite rien tant que de reposer avec mon mari, que vous avez fait mourir pour le nom de Jésus-Christ. «Alors l'empereur Adrien- ordonna qu'elle serait menée au temple d'Hercule; que lk elle serait souffletée et puis pendue pur les cheveux. Mais comme ni les menaces ni les supplices ne vinrent k bout de son courage, il commanda qu'on lui attachât une grosse pierre au cou et qu'on la jetât dans la rivière du Téveron qui passe à Tivoli.
Le lendemain, Adrien, ayant fait venir devant lui les fils de sainte Symphorose, essaya aussi de leur persuader de sacrifier aux idoles. Sur leur refus, il fit planter sept poteaux autour du temple d'Hercule; ils y furent attachés et écartelés. Les corps de ces sept frères furent jetés dans une grande fosse, que les chrétiens appelèrent la fosse des Biothanates, c'est-k-dire de ceux qui ont fini leur vie par une mort violente. Baronius dit qu'on éleva plus tard en ce lieu, sur le chemin de Tivoli, une église fort célèbre sous l'invocation de sainte Symphorose. On en voit encore quelques vestiges , dit Tillemout, k 9 milles de Rome, et le peuple appelle ce lieu les Sept- Frères.
SYMPHYANDRE s. m. (sain-û-an-dre — du gr. sumphuës, soudé; anér, mâle). Bot. Genre de plantes, de la famille des campanulacées, formé aux dépens des campanules, et comprenant six espèces, qui croissent en Crète ou sur le Caucase : Le symphyandre à fleurs pendantes convient à l'ornementation des plates-bandes. (Vilmorin.)
SYMPHYNOTE s. f. (sain -fi -no- te — du gr. sumphuës, soudé ; notos, dos). Moll. Genre de mollusques acéphales, k coquille bivalve, formé aux dépens des muletles.
SYMPHYODON s. m. (sain-fi-o-don — du gr. sumphuës, soudé; odous, dent). Bot. Genre de inousues, de la tribu des hypnées, dont l'espèce type croît sur les arbres, dans les montagnes Bleues.
SYMPHYOGYNE s. t. (sain-fi-o-ji-ne — du gr. sumphuës, soudé; gunê , femelle). Bot. Genre d hépatiques, de la tribu des jongermaiiniées, groupe des foliacées, comprenant environ vingt- cinq espèces, toutes exotiques.
SYMPHYOLOME s. m. (sain-fi-o-lo-me —
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du gr. sumphuës, soudé; tàma, bordure, frange). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombeilifères, tribu des peucédanées, dont l'espèce type croit sur le Caucase.
SYMPHYOMÈHE s. m. (sain-fi-o-mè-re — du gr. sumphuës, soudé ; meros, partie). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croit dans la Tasmanie.
SYMPHYOMYRTE s. m. (sain-fi-o-mir-te — du gr. sumphuës, soudé, et de myrte). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des myrtacées, tribu des leptospermées, voisin des eucalyptes, et dont lespèce type croît en Australie.
SYMPHYONÈME s. m. (sain-fi-o-nè-me — dugr. sumphuës, soudé ; nêma, filament). Bot. Genre de plantes, de la famille des protéacées, tribu des persooniées, comprenant un petit nombre d'espèces, qui croissent en Australie.
SYMPHYOSIPHON s. m, (sain-fi-o-si-fon — du gr. sumphuës, soudé ; siphon, tube). Bot. Genre d'algues, de la tribu des scytonémées, comprenant plusieurs espèups filamenteuses et brunâtres, qui croissent sur la terre humide ou dans les eaux thermales.
SYMPHYOSTÉMONE adj. (sain-fi-o-stémo-ne — du gr. sumphuës, soudé; stémôn, étamine). Bot. Dont les étamines sont soudées ensemble par les filets.
SYMPHYOTHRIX s. m. (sain-fi-o-trikss — du gr. sumphuës, soudé ; thrix, poil). Bot. Genre d'algues filamenteuses, de la tribu des leptotrichées, comprenant deux espèces, qui croissent l'une sur les rochers, l'autre dans les eaux thermales.
SYMPHYSANDRIE s. f. (sain-fi-zan-drt — de symphyse, et du gr. ûner, mâle). Bot. Classe du système de Linné, comprenant les plantes dont les étamines sont soudées par les anthères et par les filets.
SYMPHYSANDRIQUEadj.(sain-fl-zan-drike — rad. sympliysandre). Bot. Qui appartient, qui a rapport à la symphysandre : Fleurs symphysandriques. Etamines symphy-
SANDRIQUES.
SYMPHYSE s. f. (sain-li-ze — du préf. *y '<, et du gr. pAuw's, structure). Anat. Liaison, connexion de deux os ensemble, et particulièrement Articulation fixe, immobile : Symphysb pubienne.
SYMPHYSÉOTOMIE s. f. (sain-fi-zé-o-to-
ml — de symphyse, et du gr. tome, section), Chir. Section du fibro-cartilage qui unit les deux os pubis.
— Encycl. Ce fut Sigau.lt qui, encore étudiant en médecine, proposa cette opération en 1768 et qui l'exécuta le premier en 1777. Elle consiste k élargir l'ouverture de la vulve au moyen d'une incision longitudinale des cartilages du bassin pratiquée au-dessus de la symphyse et se prolongeant jusque sur le clitoris, dans certains cas où l'extraction du fœtus est rendue impossible, chez la femme en couche, par suite de déformation ou d'étroitesse du bassin, et aussi dans ceux d'impossibilité de pratiquer l'opération césarienne. La symphyséotomie donne surtout des résultats avantageux lorsque les diamètres transverses de l'excavation pelvienne ou dii détroit inférieur sont rétrécis. Les cas où elle serait surtout praticable sont ceux où 10 ou 15 millimètres ajoutés aux diamètres rétrécis suffiraient pour permettre l'accouchement, ou du moins l'extraction du fœtus k l'aide du forceps. Cette opération a pour but définitif de conserver les jours de l'enfant et ne doit se pratiquer qu'au cas où la grossesse étant k terme et le travail commencé, le fœtus est bien vivant. Mais elle compromet souvent la vie et toujours la santé de la mère ; aussi tend-elle k disparaître complètement du cadre des opérations obstétricales. Voici comment s'exprime, au sujet de cette opération, Cazeaux dans son Traité d'accouchement :
• Il résulte des meilleurs travaux proposés sur cette matière qu'on ne peut espérer pouvoir obtenir plus de S à 13 millimètres dans l'étendue du diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur et de l'excavation. Après la section du cartilage , les os pubis s'écartent spontanément de 1 k 2 centimètres et demi; pendant que ce mouvement s'opère, les ligaments qui sont placés k la partie antérieure de l'articulation sacro-iliaque sont tendus, tiraillés, et déchirés même quand il a été porté trop loin. On conçoit assez que le degré de leur résistance influe beaucoup sur le degré d'écartement. Enfin, si l'accoucheur, saisissant les crêtes iliaques, tend k les tirer en dehors, il peut augmenter beaucoup l'intervalle qui existe déjà entre les pubis; mais il serait imprudent de trop insister sur cet écartetnent artificiel; ca"r il serait difficile de le porter au delà de 5 centimètres sans déchirer les ligaments sacro - iliaques antérieurs et sans s exposer k des inflammations consécutives très-graves pour l'avenir. Chaque centimètre d'écartement entre les pubis augmente environ de 2 millimètres l'étendue du diamètre antéro-postérieur; puisque cetécartement peut être porté à 5 centimètres, c'est 10 millimètres ajoutés au diamètre sacropubien. De plus, la bosse pariétale antérieure, s'eugageant dans le vide que laissent entre eux les pubis, diminue d'autant ce diamètre bipariéial; et on a, calculé que cet
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engorgement pourrait être de 4 à, 6 millimètres, ce qui permettrait de compter sur une amputation de H à 16 millimètres dans l'étendue du diamètre sacro-pubien. Il résulte encore des expériences de Desgranges que l'amputation du diamètre transversal est presque de la moitié de l'écartement obtenu dans toute la hauteur de l'excavation, et que l'agrandissement transversal de l'arcade du pubis est à peu près égal à cet écartement; de telle sorte que l'opération, qui semblait devoir être seulement applicable au cas où le rétrécissement portait sur l'intervalle sacro-pubien, donne surtout des résultats avantageux lorsque les diamètres transverses de l'excavation ou du détroit inférieur sont rétrécis. En résumé, l'accoucheur ne se décidera que : l° lorsque l'entant sera vivant et que sa vie pourra être compromise par la durée du travail; 2<> quand la tète sera fortement engagée et comme resserrée dans le détroit supérieur trop rétréci; 30 quand eiie sera arrêtée par un rétrécissement transversal du détroit inférieur. Nous concevons difficilement l'opportunité de cette opération lorsqu'après la sortie du tronc la tête est retenue dans l'exc*vation. La compression du cordon ombilical, si fréquente alors, la lenteur inévitable des préparatifs de l'opération nous paraissent devoir compromettre trop sérieusement la vie du' fœtus pour ne pas engager les praticiens à préférer dans ces cas l'embryotomie. ■
On voit que l'opération de la symphyséotomie est très-grave ; sur quarante et une femmes opérées, quatorze ont succombé. Quand on veut pratiquer cette opération, on doit attendre la dilatation complote du col utérin, et il vaut mieux opérer avant qu'après la rupture de la poche des eaux. Voici le manuel opératoire :
« On couche la malade sur le bord droit de son lit, les poils du pubis étant préalablement rasés; le chirurgien , placé à sa droite, fait, avec un bistouri convexe, sur la ligne médiane, une incision longitudinale qui commence un peu au-dessus de la symphyse et se prolonge jusque sur le clitoris. Cependant, à sa partie inférieure, il est bon de l'incliner de côté entre le sommet de la grande et de la petite lèvre, et même de séparer de la branche du pubis l'une des racines du clitoris pour éviter plus tard les déchirures dangereuses. Toutes les parties molles divisées jusqu'à l'os, on cherche le cartilage de la symphyse et on le divise d'avant en arrière, en ayant soin de rester toujours maître du bistouri, pour ne pas aller blesser la vessie. Dupuytren se servait pour cela d'un couteau solide fixé sur son manche et boutonné a son extrémité ; il recommande également de diviser le ligament triangulaire placé au-dessus de la symphyse en rasant la branche descendante du pubis. ■ (Malgaigne, Médecine opératoire.)
SYMPHYSÉOTOMIQUE adj. (sain-fi-zé-oto-mi-ke — rad. symphyséotomie). Chim. Qui a rapport à la symphyséotomie : Méi/tode
SYMPHYSÉOTOMIQUE.
SYMPHVSIE s. f. (sain-fi-zî — rad. symphyse). Teratol. Genre de déviations organiques, comprenant celles qui sont dues à l'union ou à la fusion des parties.
— Bot. Genre d'arbustes, de la famille des vacciniées, appelé aussi andrkusie, et dont l'espèce type crotfc aux Antilles.
SYMPHYSIEN, IENNE adj. (sain-fi-zi-ain, i-è-iie — rad. symphyse). Anat. Qui se rapporte à une symphyse.
— Chir. Couteau symphysien, Instrument qui sert à pratiquer la symphyséotomie.
SYMPHYSIOGYNE adj. (sain-fi-zi-o-ji-ne — de symphyse, et du gr. gunê, femelle). Bot. Se dit des plantes dans lesquelles les organes femelles sont soudés ensemble.
SYMPHYSODACTYLE s. m. (sain-rï-zo-dakti-le — de symphyse, et du gr. dakluios, doigt). Tératol. Monstre qui a tous les doigts de chaque membre réunis en un seul.
SYMPHYSODACTYHE s. f. (sain-fi-zo-dakti-11 — rud. symphysodactyle). Téiatol.Conformation des syinphysodactyles,
SYMPHYSODACTYLIEN, IENNE adj.(sainfl-zo-da-kti-li-uin, i-è-ne — rad. sympfiysodaciyle). Tératol. Se ditdu monstre par syinphysodactylie.
SYMPHYSODACTYLIQUE adj. (sain-fi-zoda-kti-li-ke — rad. symphysoduclylie). Tératol. Qui appartient à la symphysodactylie.
SYMPHYSOÛON s. m. (sain-fi-zo-don — de symphyse, et du gr. odaui; dent). Bot. Genre de mousses, voisin des neckères, dont l'espèce type croit dans l'archipel Indien.
SYMPHYSOPSIE s. f. (sain-fi-zo-psJ — de symphyse, et du gr. ops, œil). Tératol. Monstruosité qui consiste dans la réunion des deux yeux en un seul.
SYMPHYSOPTIQUE adj. (sain-fl-zo-pti-ke — rad. symphysopsie). Tératol. Qui appartient à la symphysopsie.
SYMPHYSURE s. m. (sain-fl-2u-re — de symphyse, et du gr. oura, queue), Crust. Genre de crustacés, de l'ordre des trilobites, comprenant six espèces fossiles.
SYMPHYTE s. m. (sain-fi-te — du gr. sumphulés, soudé avec). Bot. Syn. de consoudb, genre de borraginées : Le symphytk offici-
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nal est commun dans les prairies humides. (P. Duchartre.) SYMPHYTOCRINE s. m. (sain-fi-to-kri-ne
— du gr. sumphutos, soudé; krinon, lis). Echin. Genre d'échinodermes, du groupe des crinoïdes.
SYMPHYTOGYNE adj. (sain-fi-to-ji-ne — du gr. sumphutos, soudé; guni , femelle). Bot. Dont l'ovaire est adhérent au calice.
SYMPHYTOM s. m. (sain-rt-tom — du gr. sumphutos, soudé avec). Bot. Nom scientifique du genre consoude.
SYMPIÈSE s. m. (sain-pi-é-ze — du gr.
sumpiezâ, je comprime). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des éricinées, comprenant cinq ou six espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
SYMPIÉZOMÈTRE s. m. (sain-pi-é-zo-mètre — du gr. sumpiezâ, je comprime; metron, mesure ). Physiq. Baromètre à réservoir d'air.
SYMPIÊZOPE s. m. (sain-pié-zo-pe — du gr. sumpiezâ, je comprime ; pous, pied). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, comprenant troisou quatre espèces, qui habitent l'Afrique australe..
SYMPIÉZORHINE s. m. (sain-pié-zo-ri-ne
— du gr. sumpiezâ, je comprime; rhin, nez). Entom. Genre d'insectes hémiptères , de la famille des seutellériens, tribu des pentatornites, dont l'espèce type habite le Brésil.
SYMPIÉZOHHYNQUE s. m. (sain-pié-zorain-ko — du gr. sumpiezâ, je comprime; rhugchqs, bec). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des cyclomides, comprenant trois espèces, qui habitent l'Afrique australe.
SYMPISTE s. m. (sain-pi-ste — gr. sumpistos, confiant; de sun, avec, et de pislos, confiance). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides,
SYMPLECTE s. va. {sain-plè-kte — dupréf. sym, et du gr. plektos, enlacé). Ornith. Oiseau d Afrique, peu connu, et rapporté tour à tour par les divers auteurs aux genres tangara, malimbe et tisserin, et paraissant appartenir en réalité au genre sycobie.
— s. f. Entom. Genre d'insectes diptères némocères, de la famille ■des tipulaires, comprenant plusieurs espèces, dont deux sont communes en France.
SYMPLECTIQUE adj. (sain-plè-kti-ke — du préf. syrn, et du gr. plektos, noué). Hist. nat. Qui est entrelacé; qui est enlacé avec Un autre corps.
— s. m. Anat. Nom de l'un des os de la tête du poisson.
SYMPLECTOMÈRE adj. (sain-plè-kto-mère — du gr. sumplekios, entrelacé ; meros, partie). Zool. Qui u ses diverses parties en trelacées.
— s. m. pi. Zool. Syn. de foraminifères
OU RHrZOPODES.
SYMPLÉGADES OU CYANÉES , îlots rocheux du Pont-Euxin, à l'entrée du Bosphore de Thrace. Suivant la tradition mythologique, ces deux îlots, autrefois mobiles, s'entre-choquaient au moment du passage des navires ; ils furent fixés par les dieux quand le navire Arffû passa entre eux.
SYMPLOCAs. f. (sain-plo-ka). Bot. Syn.
de symploque : Les symplocas se présentent en touffes d'un vert sombre. (Brébisson.)
SYMPLOCA.RPE s. m. (sain-plo-kar-pe — du gr. sumptoos, associé ; karpos fruit). Bot. Genre de plantes, de la famille des aroïdées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans le nord de l'Asie et de l'Amérique.
— Encycl. Les symplocarpes sont des plantes herbacées sans tige, k feuilles radicales entières, à fleurs hermaphrodites, réunies en un spadice presque globuleux , pédoncule, renfermé dans une spathe acuminée et pliée en forme de capuchon ; les fruits sont des baies globuleuses, raonospermes, soudées en une seule masse. Les espèces peu nombreuses de ce genre croissent dans le nord de l'Asie et de l'Amérique. Le symplocarpe fétide doit son nom à son odeur caractéristique, qui rappelle, dit-on, celle des mofettes. Il nabite l'Amérique du Nord, depuis le Canada jusqu'à la Caroline, et croît abondamment dans les prairies humides et les endroits marécageux. Ses parties souterraines renferment un principe acre, dont on les débarrasse par la chaleur; on les emploie alors contre l'asthme, les catarrhes et les rhumes opiniâtres. Les symplocarpes ne sont guère cultivés que dans les jardins botaniques.
SYMPLOCÉ, ÉE adj. (sain-plo-sé — rad.
symptoque). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au symploque.
— s. f. pi. Tribu de la famille des styracées, ayant pour type le genre symploque, et regardée par plusieurs auteurs cbmme devant former une famille distincte.
SYMPLOCINÉ, ÉE adj. (sain-plo-si-né).
Bot. Syn. de symplocb.
SYMPLOCION s. m. (sain-plo-si-on — du gr. sumplokos, associé). Bot. Anneau élastique qui, le plus souvent, unit les deux valves par lesquelles s'ouvreut en travers les capsules des fougères.
SYMP
SYMPLOQUE s. f. (sain-plo-ke — du préf. sym, et du gr. plekâ, je noue). Littèr. Figure de rhétorique, qui consiste a commencer de la même manière plusieurs membres du discours, ou à les terminer de la même manière, de telle sorte qu'il y ait souvent un entrelacement de répétitions.
— Bot. Genre d'algues, de la tribu des leptotrichées, comprenant environ six espèces, qui croissent parmi les mousses, dans les lieux humides,
— s. m. Bot. Genre d'arbres, de la famille des styracées, type de la tribu des symplocées, comprenant plus de soixante espèces, qui croissent dans les régions chaudes de l Amérique, de l'Inde et du Japon ; Le symploque théiforme est un bel arbrisseau.
(P. Faxar.)
— Encycl. Littér. Voici un exemple de symploque. On lit chez Cicéron : » Qui est l'auteur de cette loi? liullus. Qui a privé du suffrage la plus grande partie du peuple romain 1 liullus. Qui a présidé les comices? Rullus.» Ici la symploque est complète ; mais elle existe aussi quand même j) n'y a pas entrelacement des mots répétés. Ainsi, dans cette phrase de Massillon ; « Sur toutes les choses qui nous environnent, sur tous les événements qui qui nous frappent, sur tous les objets qui nous intéressent, nous pensons comme le monde, nous jugeons comme le monde, nous sentons comme te monde, nous agissons comme le monde. » Quelques rhéteurs appellent aussi symploque la répétition qui consiste seulement à terminer de la même manière plusieurs membres d'une phrase. Par exemple, chez Bourdaloue : e Tout l'univers est rempli de l'esprit du monde; on agit et l'on se gouverne selon l'esprit du monde. Le dirai-je?on voudrait même servir Dieu selon l'esprit du monde. • Mais c'est là une figure particulière, la conversion. De même, on fait rentrer quelquefois dans la symploque la répétition du même mot au commencement de plusieurs membres d'une même phrase, comme dans ces vers de Voltaire :
Vous serez répandu, $any de mes ennemis, Sany des Asmonéens dans fies veines transmis, Samj qui me haïssez et que mon cœur déteste.
Mais c'est encore là une figure particulière, qui porte le nom A'anaphore.
Le synonyme latin du root symploque est le mot complexio, qui a un sens analogue et d'où nous avons tait en français complexion. V. ce mot.
— Bot. Les symploques sont des arbres ou des arbrisseaux, à feuilles entières, alternes, à fleurs quelquefois solitaires, le plus souvent disposées en petites grappes latérales, variant du blanc au rose vif; le fruit est un drupe renfermant un noyau à trois ou cinq loges monospermea. Les nombreuses espèces de ce genre croissent dans les régions chaudes de l'Asie et de l'Amérique. Le symploque théiforme, appelé aussi alstonie théiforme, albricias, thé de Bogota, etc., est un bel arbrisseau, glabre dans toutes ses parties, couvert de feuilles persistantes, brièvement pétiolées , très-rapprochées entre elles , d'un beau vert foncé et luisant, et très-odoruntes; les fleurs sont blanches, très-apparentes et d'une odeur suave.
Cet arbrisseau croît sur les plateaux élevés et froids, appelés paramos, qui couronnent la longue chaîne des Cordillères. Il vit au milieu des neiges et supporte les intempéries et les brusques variations. 11 végète avec vigueur, bien que rabougri comme tous les végétaux qui croissent dans les zones neigeuses. On l'a trouvé à plus de 3,000 mètres au-dessus du niveau du la mer. U foi me, dans les localités où il croit, une sorte d'atmosphère balsamique. Ses feuilles fraîches .servent dans le pays à parfumer les temples et les habitations aux jours de fête, la salle du festin et la chambre de la nouvelle mariée, la nuit de ses noces. On en tire encore un excellent parti, car elles peuvent remplacer le thé quand elles ont été convenablement préparées. Voici les détails que donne à ce sujet le docteur Palacio Faxar, de Maracaïbo ;
• On les recueille avec soin; je les ai vu sécher au soleil et dans des fours, sur des plats de porcelaine tenus à une chaleur égaie et assez modérée. Les feuilles séchées aux rayons solaires donnent une infusion trèsforie et très-chargée en couleur, mais dont la saveur et les propriétés générales ne diffèrent point de celles des feuilles séchées artificiellement. Celte infusion est d'un vert jaunâtre, d'une odeur aromatique très-agréable et demande fort peu de sucre ; elle est rafraîchissante et augmente la transpiration, sans trop affaiblir. Les naturels et les colons la boivent dans les cas où les sudoriliques et les cordiaux sont nécessaires. Prise le matin à jeun, ou comme boisson de soirée, je la préfère à l'infusion qu'on obtient au Mexique et au Japon de cette espèce d'ansérine annuelle, nommée communément thé des Mexicains.
» Réduites en poudre, les feuilles desséchées du symploque théiforme sont employées par les vastes populations du pays de Venezuela, comme remède contre ce qu'on appelle les humeurs froides; dans quelques cantons, je les ai vu prendre en guise de tabac k priser; dans d'autres, on s'en sert pour préparer une liqueur fort agréable, que l'on
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lait en distillant trois cuillerées de ces mêmes feuilles mêlées & A litres d'eau. Cette liqueur facilite les digestions. » Bien des personnes préfèrent cette plante à toutes celles qu'on emploie pour le même objet, même au thé chinois; on la regarde comme préférable sous tous les rapports et sans aucun inconvénient, même pour les tempéraments los plus délicats. Aussi a-t-on proposé delà cultiver en France, où il est probable qu'elle réussirait.
Le symploque écarlate est un arbre rameux, à jolies fleurs d'un beau rose, répandant une odeur des plus suaves. Il croît au Mexique, où son bois tres-dur est employé dans les constructions. On le cultive dans nos serres tempérées, en terre de bruyère, modérément arrosée. On pense qu'il pourrait croître en pleine terre dans le midi de l'Europe.
SYMPODC adj. (sain-po-de — du préf.
sym, et du gr. pous, pied). Zool. Dont les pieds postérieurs sont réunis en nageoires.
— s. m, Anat. Stolon des ascidies, formé des axes réunis de plusieurs générations.
— Zoopb. Genre de polypiers, de la famille des alcyoniens, comprenant sept ou huit espèces, répandues dans les diverses mers.
SYMPODIQUE adj. (sain-po-di-ke — rad.
sympode). Anat. Qui a rapport aux sympodes des ascidies : Stolon sympoûique.
SYMPOSIUM s. m.(sain-po-di-omm). Zooph.
Syn. de sympode : Les sympodiums sont des anthélies rêtraciiles. (Dujardin.)
SYMPOSIAQCES s. f. pi. (sain-po-zi-a-ke — gr. sumposiaka; de Sun, avec, et de posis, boisson). Antiq. gr. Propos de table : J'ai grand regret à ces symposiaques, dont l'antiquité nous a laissé quelques monuments précieux. (J. de Maistre.)
Symposlaque» (LES) OU Propo* de table.
Ces sortes de conversations, rapportées ou supposées par Plutarque, sont sans contredit son ouvrage moral le plus instructif et le plus amusant. Aussi passe-t-on facilement sur les erreurs de certaines solutions relatives à la physique, qui sont plutôt imputables à l'ignorance du siècle qu a l'écrivain luimême. La forme dialoguée, adoptée par Plutarque, nous fait assister à l'un de ces repa3 où des convives peu nombreux et bien choisis assaisonnent les questions les plus intéressantes du sel piquant d'une aimable plaisanterie. Les Symposiaques se divisent en neuf livres, qui nous font passer sous les yeux toutes les habitudes des anciens dans leurs repas, leur manière de placer les convives à table et les usages qu'ils observaient. Plutarqne appuie sur les réserves que l'on doit garder à table, et dans la conversation se glisse cette proposition, que les questions philosophiques ne doivent pas être agitées à table. Ariston se récrie : « Grands dieux I est-il donc quelqu'un qui refuse d'admettre la philosophie dans un repas?» Plutarque répond que la philosophie doit, comme une respectable mère de famille, garder le silence dans un repas. Et néanmoins il a rempli presque tout son neuvième livre de leçons de morale.
Le début est moins sérieux, car il y est question de plaisanteries, de celles qui sont autorisées par la licence de la table et de celles qui seraient déplacées. La raillerie est, d'après Plutarque, une grave inconvenance dans un repas, où la bonne intelligence doit régner. Le meilleur moyen de l'adoucir c'est de s'y soumettre de bonne grâce avec ceux qui en sont l'objet. C'est d'après ce principe qu'Amphias de Tarse, qui passait pour le fils d'un jardinier, railla agréable, ment un de ses amis, gouverneur de province, sur l'obscurité de sa naissance, puis ajouta : « Je suis aussi sorti de la même graine, ■ ce qui lit rire celui qu'il avait plaisanté. Les grands et les princes, remarque finement l'auteur, aiment assez à se passer la fantaisie de railler ceux qui les entourent; mais veuton leur rendre la pareille, ils se retranchent derrière leur dignité ou se fâchent ; témoin le roi Antigone, qui lit périr Théocnte de Chio parce qu'il s'était écrié, lorsqu'on lui affirmait qu'il n'avait qu'à se présenter devant les yeux de ce prince pour obtenir sa grâce : « Devant ses yeux 1 alors je suis perdu I » Antigone n'avait qu'un œil. Pour que la raillerie soit de mise avec eux, ajoute Plutarque, il faut savoir la glisser habilement, en ayant l'air de se railler soi-même.
Puis, passant à une question tout à fait de circonstance, un des invités demande lequel vaut le mieux de servir chaque convive en particulier ou de les servir tous en commun. Agias blâme la première manière, bien que consacrée par l'usage, comme peu favorable à l'expansion et divisant les meilleurs amis. Plutarque répond en riant qu'il n'est pas étonnant qu'il trouve mauvais qu'on lui serve la même portion qu'aux autres, ayant un ventre trois fois plus gros. Quant k lui, il approuve l'usage actuel comme le plus propre à éviter la rancune de celui qui inange lentement contre celui qui le devancerait à cette couise gastronomique. Nicostrate ramène la conversation sur un terrain sérieux, en disant, à propos des gens qui parlent politique à table, que c'est un usage dont le ridicule est difficile à défendre, car la raison, semblable à notre œil qui nage dans une sub*
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stance humide, ne peut, «près boire, se mouvoir et agir qu'avec peine. Seulement, il faut faire une grande différence entre boire et s'enivrer. Plutarque objecte que , si l'on ajoute foi au proverbe : La vérité dans le vin, tous les sujets peuvent se traiter k table, et il allègue l'exemple de Philippe de Macédoine, ne rendant jnmais mieux la justice qu'entre deux. viis. Pour ne pas se mettre dans le même état, les convives terminent leur souper et font trêve à leurs propos.
Les Symposiaqucs, comme de véritables propos de table, passent d'un sujet à un autre, souvent sans transition, mais toujours d'une manière intéressante. Ils sont écrits avec beaucoup d'esprit et de finesse, sinon avec tout l'atticisme voulu. Sous le couvert de la conversation, ils vont même souvent jusqu'à la plaisanterie triviale. Heureusement pour Plutarque, la plus grande partie de l'ouvrage n'est point écrite dans ce goût, et l'on y trouve des pages qu'on pourra toujours lire, sinon avec plaisir au moins avec intérêt.
SYMPOSIARQUE s. m.(sain-po-zi-ar-ke — gr. sumposiarckus ; de sumposion, compotation, et de arches, chef). Anticj. gr. Sorte de président qu'on nommait dans les festins.
SYMPOSIASTE s. ni. (sain-po-zi-a-ste — gr. sumposiastés ; de sumposion, compotation). Antiq. gr. Convive dans un festin.
SYMPOSIUM s. m. (sain-po-zi-omm — gr.
svmposion ; de sun, avec, et de posis, action de boire). Antiq. gr. Seconde partie du principal repas, pendant laquelle seulement il était d'usage de boire. Il On dit aussi symposie, s. f.
— Encycl. Presque toujours le déipnon était suivi d'un symposium ; mais l'un et l'autre ne se confondaient pas. Le symposium avait ses règles particulières, ses usages spéciaux, et souvent les convives du déipnon s accroissaient alors d'invités qui n'avaient pas pris part au reste du repas. C'est pendant le symposium qu'on se livrait au plaisir „de boire, et de ià en vient le nom. Les Grecs, en effet, ne buvaient pas ordinairement pendant le déipnon; le vin ne s'apportait que lorsqu'il était terminé. Ainsi, nous voyons dans le symposium de Platon que, le déipnon étant terminé, on fit les libations, on chanta le péan et on se mit à boire.
Les Grecs et surtout les Athéniens recherchaient les réunions du symposium, et principalement pour le plaisir de la conversation. Le nombre de ceux qui y assistaient ne montait guère au delà de neuf, afin qu'on pût se trouver entre amis et causer librement sur toute matière. Un chef du symposium, ou symposiarque, était établi pour faire des règlements qui empêchassent les convives de franchir les limites de la modération et des bienséances. Plutarque, qui nous a donné ces détails dans les Symposiaques, nous apprend, en outre, que la conversation consistait en questions oli problèmes sur des sujets faciles, agréables, propres à soutenir le ton de gaieté franche inspirée par les vapeurs légères d'un vin pris modérément, mais qu'elle roulait aussi quelquefois sur des matières utiles, graves et même élevées. Le Symposium de Platon et celui de Xénophon nous montrent quelles pouvaient être, dans ces réunions, les con versations philosophiques. Au plaisir de la causerie se mêlaient les plaisirs de la musique, de la danse, des jeux et de divertissements variés. Il ne faut pas oublier toutefois que l'on buvait, et que le plaisir de boire était au inoins le prétexte du symposium, quand il n'en était pas l'objet véi iuible.
Le vin fait avec le jus de raisin était, si l'ou en excepte l'eau, la seule boisson des Grecs. Leurs relations avec les peuples étrangers les avaient mis k même de connaître le vin de palmier et la bière; mais ils ne les avaient pas introduits dans leurs propres usages. D'ailleurs, pour ne parler que des Athéniens, la vigne était si abondante en Attique qu'il était possible, même aux citoyens ne possédant qu'une fortune modeste, d'inviter leurs amis k un symposium. Le goût du vin remontait en Grèce kune haute antiquité, et de très-anciens poètes avaient représente les justes passant leur temps aux Enfers dans une perpétuelle ivresse, en récompense de leurs vertus. Souvent, k ce qu'il parait, les Athéniens se trouvaient en état d'ivresse k la fin d'un symposium, et c'est le motif qui fit défendre ces sortes de réunions à Sparte et en Crète. Cependant le vin était presque toujours mêlé d'eau; le boire pur était regardé comme digne d'un barbare. Les Grecs en général, regardaient le vin pur comme excessivement préjudiciable k la santé physique et à la santé morale. Quand ils disent vin [oinosj, il faut toujours entendre vin mêlé avec de 1 eau; toutes les fois qu'ils veulent parler de vin pur, ils ajoutent l'épithète akraios (sans mélange). La proportion dans laquelle se trouvaient mêlés le vin et l'eau différait suivant ies occasions. Moitié vin et niuitië eau paraissait encore trop capiteux et par conséquent, barbare. La quantité du vin était presque toujours inférieure à celle de l'eau. Hérodote recommande trois parties d'eau contre une de vin. Plutarque et Athénée disent que les' plus ordinaires mélanges su composaient d'une partie de vin contre deux parties d'eau ou deux parties de vin
SYMP
contre (rois d'eau. Le mélange se faisait quelquefois avec de l'eau chaude, presque toujours avec de l'eau froide. Dans ce dernier cas, on cherchait les moyens d'avoir l'eau la plus fraîche possible, et dans ce but on employait fréquemment la neige et la glace. Quelquefois on ajoutait au vin du miel ou des épices. Le mélange s'opérait dans un grand vase, appelé cratère; de là on le versait dans les coupes des buveurs, qui étaient la cylix ou calice, la phiale, la canthare, le rhyton.
Les convives, au symposium, reposaient sur des lif.s et étaient couronnés de fleurs. Comme il a été dit plus haut, ils choisissaient un symposiarque, dont ils suivaient les ordres et qui réglait non-seulement la suite des divertissements, mais aussi la proportion dans laquelle devait se faire le mélange du vin et de l'eau et le nombre de coups que chacun pourrait boire. On n'avait pas la permission de prendre la coupe en main avant qu'il en donnât le signal, et l'on ne pouvait boire au delà de ce qu'il prescrivait chaque fois, ce qui devait -être bien gênant pour les convives qui- avaient soif. D'ordinaire, on commençait par boire de petites coupes, puis on passait à des coupes plus grandes. C'était de droite à gauche que l'on se faisait passer les coupes ; le même ordre étajt observé pour la conversation et pour les divers amusements. Les convives buvaient souvent à la santé les uns des autres, et chacun d'eux portait plus spécialement la santé de celui à qui il passait la coupe. Voilà probablement ce que Cicéron a appelé « boire a la manière des Grecs, yrxco more bibere. • On trouve très- fréquemment le symposium représenté sur des vases antiques, avec des danseuses et des joueuses de flûte ou de cithare. Platon est entièrement opposé à l'introduction de la danse et de la musique dans ces sortes de réunions; il dit que ceux-là seuls qui ne peuvent se récréer eux-mêmes par une conversation raisonnable ont recours a de tels divertissements. Mais ces paroles sont loin de dire que ce ne fût pas là une pratique presque générale. D'ailleurs Xénophon représente Socrate prenant plaisir aux danses mimiques et aux autres amusements du symposium. Les danses grecques nous àont trop vaguement connues pour qu'il soit possible de préciser celles qui étaient exécutées durant le symposium. Nous savons cependant qu'on y voyait souvent des danses militaires, avec la lance et l'épée, comme la pyrrhique ; souvent aussi c'était la cybistique, dans laquelle le danseur se laissait de temps en temps tomber sur ses mains pour rebondir ensuite sur ses pieds ; quelquefois, c'était au milieu de couteaux et de poignards fixés sur le sol et ayant la pointe en l'air qu'ils accomplissaient leurs sauts et leurs bonds. Les auteurs nous apprennent aussi qu'en Grèce, comme dans la suite h Rome, les danses, pendant cette partie du repas, étaient fréquemment lascives et obscènes, exécutées par des courtisanes, dont l'office ne se bornait pas à la danse, quand e.les étaient appelées à un banquet de jeunes gens; plusieurs vases du musée de Naples offrent la représentation des scènes de débauche auxquelles se livraient alors les convives avec les courtisanes, danseuses ou joueuses de flûte.
Les autres divertissements qui pouvaient accompagner le symposium étaient très-variés. L'un des plus fréquents était le jeu de l'énigme, consistant, comme chez nous, à faire deviner un mot caché sous des expressions ambiguës. Celui qui trouvait l'énigme recevait un prix, le plus souvent quelque gâteau ; celui qui ne réussissait pas à la deviner était condamné assez ordinairement à boire une certaine quantité de vin mêlé d'eau salée. Le cottabos était aussi un jeu fort usité. Il consistait à placer des vases vides sur un bassin plein d'eau et à y lancer ce qui restait de vin dans la coupe où l'on avait bu ; le vainqueur était celui qui, par ce moyen, faisait tomber les vases vides au fond de l'eau. Une autre manière de jouer le même jeu consistait à jeter le reste de sa coupe dans le plateau d'une balance suspendue-au-dessus de petites pyramides en bronze; il fallait, pour gagner, que le plateau rendît un son en allant toucher ces pyramides. Les vainqueurs dans ces jeux improvisés recevaient aussi des gâteaux. Il y avait, en outre, une sorte de jeu de dames, plusieurs sortes de jeux de dés, etc.
Chez les Romains, la partie du repas qui correspondait au symposium des Grecs était celle qu'ils appelaient comissatio, mot que l'on traduit d'ordinaire par orgie; presque toujours, en effet, la comissatio avait ce caractère. Du reste, les Romains, à la différence des Grecs, buvaient pendant tout le repas, c'est-à-dire pendant la ccena. Chez l'un ni l'autre peuple les femmes honnêtes n'assistaient soit au symposium soit à la comissatio; quand il s'y trouvait des femmes, c'étaient des courtisanes. Cependant, au symposium grec, on voyait quelquefois des hétaïres, qu'il ne faut pas confondre avec les courtisanes.
SYMPOSIUS (Ccelius Firmanus), poète latin, qui écrivuit dans la seconde moitié du ive siècle. On ne sait absolument rien de sa vie. Symposius ne nous est connu que par un recueil de cent énigmes environ, publié à
SYMP
Paris en 1537 et reproduit dans le tome VII des Poets minores de Lemaire.
SYMPOTIQUE s. f. (sain-po-ti-ke — grec snmpotikê;<le sun, avec, et de posis, action de boire). Antiq. gr. Chanson que l'on chantait après le repas.
— Adjectiv. : Chants sympotiques.
— Encycl. Quand le banquet (sumposion) se terminait, les Grecs aimaient à dire, à chanter des vers, la coupe ec main ; alors se faisaient entendre des poésies en accord avec les sentiments des convives, de ceux qui buvaient ensemble les présents de fiacchus.
C'est principalement chez les Ioniens que l'élégie reçut cette direction; c'est là qu'elle exprima surtout l'influence du vin sur le3 sentiments de joie et de douleur qui agitent le coeur de l'homme. Nous avons des fragments d'Archiloque où ce poète cherche à chasser de son esprit le souvenir de ses malheurs. Le remède qu'il vante surtout comme le meilleur moyen de dissiper les soucis, c'est le vin, le don de Bacchus. Les Ioniens n'oubliaient pas, dans leurs élégies symboliques, les hétaïres qui faisaient l'ornement de leurs banquets, et dont les grâces s'unissaient aux fumées du vin pour charmer ces moments de plaisir. On sait effectivement que la participation des hétaires aux repas des hommes était une des choses qui extérieurement les distinguaient le plus- des autres personnes de leur sexe. Arehiloque, dans un distique d'uno élégie sympotique, parle en plaisantant de ■ l'aimable Pasiphile, qui reçoit avec bienveillance tous les étrangers, > et la compare k un • figuier sauvage qui nourrit bien des corneilles. • Les auteurs de ces poésies de table avaient, en général, le privilège de pouvoir évoquer toutes les images propres a répandre dans les cœurs une franche gaieté. On peut ranger dans ce genre de poèmes les beaux vers qui nous restent d'Asios de Samos. Il y décrit, avec une gravité tout homérique et un pathétique espiègle, un parasite qui s'introduit dans une fête nuptiale, On te voit y arriver à l'improviste et sans qu'il y soit engagé ; il est vieux, boiteux, marqué de cicatrices peu glorieuses, et semblable à un mendiant; flairant un peu de sauce, il est sorti de son bouge et vient, comme un héros, se placer au milieu des convives.
Les Eoliens eurent aussi des chants sympotiques. On peut le voir dans les poésies d'Alcée consacrées au vin, non moins que dans celles qui ont l'amour pour objet. Dans ses vers se trahit le fidèle serviteur do Bacchns, ingénieux à inventer des motifs pour eDgager à boire. Tantôt ce sont les froides tempêtes d'hiver qui invitent à vider la coupe près de la flamme pétillante du foyer, comme dans l'ode admirable imitée par Horace ; tantôt ce sont les. feux de l'été qui dessèchent la nature entière et provoquent la soif des buveurs; ici, les chagrins et les tourments de la vie demandent le vin pour se faire oublier; ailleurs, la joie qu'inspire la mort du tyran veut être ■célébrée dans un banquet. Alcée, toutefois, ne chante pas seulement dans le vin une jouissance sensuelle, il n'en voit pas que le côté vulgaire; il en aime les effets nobles et pour ainsi dire moraux. Le vin, pour lui, est bien le chasse-souci; mais ii est aussi, en ouvrant les coeurs, un miroir des hommes ; il porte la vérité.
Chez les Doriens, dont le caractère fut plus âpre et moins enclin à la gaieté que celui des autres Grecs, il exista cependant des élégies et des chansons sympotiques. A Sparte même, mais il est vrai k une époque avancée, après les guerres des Perses, on chantait des élégies sympotiques par lesquelles on s'excitait mutuellement à rire et à boire, à danser et à chanter. Un trait particulier, et bien conforme aux mœurs des Spartiates, les terminait souvent : il consistait k féliciter ceux qu'une belle épouse attendait dans leur mai- .-.on.
SYMPTÉRYGIEN, 1ENNE adj. (sain-ptéri-ji-ain, i-è-ue — du préf. sym, et du grec pterugion, nageoire). Ichthyol. Syu. de sy-
MOPTERK.
SYMPRYTANE s. m. (sain-pri-ta-ne — gr.
sumprulanis ; de su>i,avee, etàeprutanis, prytane). Hist. Chacun des assesseurs du prytane ou premier magistrat, dans certaines républiques grecques.
SYMPTOMATIQUE adj. (sain-pto-ma-ti-ke
— rad. symptôme). Pathol. Qui est l'effet, le Symptôme de quelque affection : Maladie
SYMPTOMATIQUE. Fièvre SYMPTOMATIQUE.
— Médecine symptomatique, Système qui consiste à combattre les symptômes des maladies, au lieu de s'attaquer aux maladies elles-mêmes.
SYMPTOMATISMB s. m. (sain-pto-ma-tisme — rad. symptôme). Médecine symptomatique, système médical qui se borue à combattre les symptômes.
SYMPTOMATISTEs. m. (sain-pto-ma-ti-ste
— rad. symptomatisme). Partisan du symptomatisme, de la médecine symptomatique.
SYMPTOMATOLOGIE s. f. (sain-pto-mato-lo-ji — du gr. sumptâma, symptôme; logos, discours). Pathol. Partie de la pathologie qui a pour objet l'étude des symptômes.
SYMPTOMATOLOGIQUE adj. (sain-pto-
SYMP
ma-to-lo-ji-ke — rad. symptomatologie). Qui a rapport à la symptomatologie.
SYMPTOMATOLOGISTE s. m. (sain-ptoraa-to-lo-ji-ste — rad. symptomatologie). Auteur d'une symptomatologie. il Médecin qui s'occupe spécialement de l'étude des symptômes, il On dit aussi symptomatoi.ogue.
SYMPTÔME s. m. (sain-ptô-me — grec sumptâma , qui signifie proprement coïncidence; du verbe sumpipiein, coïncider; de suit, avec, et dspiptein, tomber). Phénomène biologique accidentel, propre à révéler l'existence, le siège et la nature d'une affection morbide : Les symptômes de la scarlatine, de la peste, dit choléra. Souffrir et se plaindre, voilà les symptômes primordiaux de l'aliénation mentale. (Guislain.) Les modernes ont poussé la science des symptômes fort loin, par les moyens d'investigation qu'ils ont inventés ou, perfectionnés. [F. Rattier.) La médecine ne doit pas se bornera combattre le symptôme là où il se montre, mais aller chercher la cause du mal et l'attaquer au point où elle siège réellement. (F. Rallier.) Les symptômes sont les cris .de douleur des organes souffrants. (Broussais.)
— Fig. Indice, présage : Symptômes de décadence. Symptômes d'amour, d'ambition.
(Acad.) Une joie excessive a les mêmes symptômes qu'une excessive douleur. (Prévôt.) L'adoucissement des peines est un symptôme certain du développement de la liberté ches les peuples. (Moutesq.) Les pleurs sont le sympeômb de la douleur. (Volt.) Parfois, nous prenons un symptôme pnur un pressentiment. (M'ai: C. Angebert.) Le mensonge est nu .symptôme de désordre moral. (Latena.) Tout symptôme indique une cause, [B. Const.) Les malheurs ont leurs symptômes comme les maladies. (A. de Musset.) Le premier symptôme de l'umour vrai chez un jeune homme, c'est la timidité. (V. Hugo.) Le plus souverain symptôme de i'amour, c'est un attendrissement presque insupportable. (V. Hugo.)
— Encycl. Méd. Les symptômes sont les signes de la maladie, connue les fonctions physiologiques sont les indices de l'exercice normal des propriétés vitales. On les dit locaux quand ils ont leur siège dans l'organe lésé; ils sont généraux quand ils troublent une ou plusieurs fonctions importantes comme la circulation et 1 innervation. On leur donne aussi le nom de symptômes sympathiques lorsqu'ils se développent plus ou moins loin du siège du mal. Les symptômes ne dépendent pas seulement de la maladie, mais encore du sexe, de 1 âge, du tempérament, de la constitution et de l'idiosyncrasie du malade. Les uns sont de l'ordre physique, les autres de l'ordre chimique et dynamique. L'imperfection de nos sens et de nos connaissances scientifiques nous oblige quelquefois à les considérer comme la maladie même (névrose, névralgie) ; mais le médecin doit les considérer dans la grande majorité des cas comme de simples signes de lésions de structure. C'est par l'ensemble et la succession des symptômes qu'il reconnaît la maladie. D'après Littré et Robin, on désigne sous le nonî de symptômesde symptômes les effets qui résultent des symptômes d'une maladie, mais qui ne sont point essentiellement liés à lu maladie elle-même. C'est ainsi que la débilité qui résulte de la fréquence des évacuations alvirtes, dacs la dysseuterie, est un symptôme de symptômes. V. diagnostic et prodrome.
— Art vétér. Chez les animaux, comme chez l'homme, les symptômes ont été distingués en généraux, en locaux et en sympathiques pathognomoniques. Parmi les symptômes généraux encore appelés prodromes, préludes, signes précurseurs, avant- coureurs, on en distingue de généraux et de pm-ticu liera. Les prodromes généraux sont ceux qui appartiennent k toutes les maladies. La tristesse, l'inappétence, la faiblesse, la couleur des poils, la sécheresse de la peau, la diminution de la sécrétion laiteuse, la pâleur ou la coloration des muqueuses, la sécheresse et la chaleur de la bouche, 1 accélération du pouls, de la respiration, sont les principaux prodromes généraux qui précèdent toutes les maladies de quelque gravité. Us annoncent des troubles plus ou moins marqués de tontes les fonctions et n'ont aucune valeur pour faire préciser la nature et le siège de la înuladie. Ils dénotent seulement un état morbide de l'organisme. Les prodromes particuliers appartiennent à une seule maladie. Ils se décèlent parfois au milieu des troubles généraux ; d'autres fois, ils se dessinent en relief et forment la partie principale de la scène morbide qui va bientôt s'accomplir. Ils sont pour le praticien un jet de lumière qui l'éclairé sur la nature et le siège de la maladie, qui va grandir en mettant k découvert toute sa gravité, et lui indiquant les moyens qu'il faut employer, soit pour en affaiblir la malignité, soit pour l'attaquer et la vaincre aussitôt. Dans le cheval, par exemple, les bâillements répétés, une légère dilatation de la pupille, la couleur jaune safrané de la conjonctive, la marche vacillante, l'action de manger la paille et la litière et de refuser l'avoine, sont les prodromes du vertige. L'engorgement indolent des testicules, tes buiteries intermittentes, sans siège déterminé, ta tuméfaction périodique des ganglions lymphatiques de l'auge, un léger jetage visqueux par une seule ou par les deux narines;
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sont les prodromes de la morve chronique. Un aboiement cassé, rauque, sinistre, répété trois à quatre fois soit le jour, soit pendant la nuit, est le prodrome de la rage du chien.
Quant aux symptômes locaux, ila sont fournis par la position, les rapports, la structure anomale des organes , et notamment par le trouble de leurs fonctions particulières ou communes. On les a encore nommés pathognomoniques, caractéristiques, essentiels, positifs . vrais , diagnostiques , parce qu'ils servent a faire reconnaître le siège, la nature, la gravité ou la bénignité, l'état simple ou compliqué des maladies. Ce sont eux aussi qui fournissent les indications les plus précises pour le choix des moyens rationnels propres à combattre les maladies avec succès et promptitude. Ainsi, un cheval est malade et présente comme symptômes de la tristesse, de l'inappétence, de la chaleur à la peau ; les poils sont ternes, hérissés et les excréments durs; la respiration est laborieuse, l'expiration courte; la toux est grasse et facile, le pouls grand et mou; la poitrine rend un son mat a la percussion du côté gauche; à. l'auscultation, on perçoit, de ce même côté, un râle crépitant, accompagné d'un murmure respiratoire faible. On demande maintenant quel est l'appareil d'orgiuies qui est attaqué, quelle est la nature du mal et quel est l'organe malade? Assurément, ce ne sont point les symptômes tels que l'inappétence, la tristesse, l'absence du lait, la chaleur de la bouche, etc., qui feront reconnaître la maladie, parce que ces symptômes appartiennent aussi bien à la gastro-entérite qu'à la pleurite, à la pneumomte qu'a la métrite ; mais l'inspiration forte, la grandeur et la mollesse du pouls, la toux grasse, la matité, l'absence du bruit respiratoire, le râle crépitant indiqueront, d'une part, que la maladie affecte les organes respiratoires pectoraux ; d'autre part, qu'elle a son siège clans le tissu du poumon et que sa nature est inflammatoire. On voit donc que les prodromes ou symptômes généraux ne peuvent être confondus avec les symptômes locaux ou pathognomoniques.
Quant aux symptômes sympathiques et pathognouiouiqu.es, ils sont tour.nis par le trouble d'organes éloignés, qui entretiennent dans l'état de saute et dans celui de maladie des sympathies nombreuses, soit par continuité, soit par contiguïté de tissus, soit enfin par l'intermédiaire de cordons nerveux avec l'organe malade, et dont les fonctions sont troublées. Ainsi, par exemple, la rougeur, la sécrétion purulente qui se lait remarquer aux conjonctives dans la morve, le catarrhe nasal, sont les symptômes sympathiques et pathognomoniques d une maladie qui a son siège dans la muqueuse du nez. L'enduit blanchâtre, noirâtre de la partie supérieure de la langue, la rougeur de la pointe et des bords de cet organe sont aussi des symptômes sympathiques et patbognomoniques de l'inflammation intestinale. Aussi bien que les symptômes locaux, ces symptômes sont fort utiles a connaître pour le diagnostic des maladies.
Symptôme* Intellectuel* de la folie (DES),
par Eugène Sémérie. V. polie.
SYMPTOSE s. f. (sain-pto-ze — du préf.
sym, et du gr. ptàsis, chute). Pathol. Amaigrissement, affaissement des parties.
SYN, préfixe qui veut dire avec, et qui vient du grec sun, même sens. Ce préfixe marque union, combinaison, concomitance, survenance. Il se transforme en sym devant un h ou un p, en syl devant un l.
SYN ou SYN1A, déesse Scandinave qui préside à l'équité et à la justice. Elle garde la porte du palais "Wingolf et ne laisse entrer que ceux qui disent la vérité. Elle punit aussi les faux témoignages.
SYN ADELPHE s. m. (si-na-dèl-fe — du préf. syn, et du gr. adetp/ios, frère). Tératol. Monstre qui a un seul tronc et huit membres
SYNADELPHIE s. f. (si-na-dèl-fl — rad.
synadelphe). Tératol. Conformation des synadelphes.
SYNADELPHIEN, IENNE adj. (si-na-dèlfi-ain, i-è-ne — rad. synadelphie). Tératol. Qui a rapport aux synadelphes, qui a la conformation des synadelphes : Monstre syna-
DELPH1KN.
SYNADELPHIQUE adj. (si-na-dèl-fi-ke — rad. synadelphie). Tératol. Qui se rapporte à la synadelphie : Conformation synadelphiqub.
SYNJEDRIS s. m. (si-né-driss — du préf. syn, etdugr. aidreia, ignorance). Bot. Genre d arbres, de la famille des cupulifères, qui croit en Chine, et dont on ne connaît que le fruit.
SYNAGÉLASTIQUE adj. (si-na-jé-la-sti-ke — du préf. syn, et du gr. uyelazô, j'assemble). Zool. Qui vu par bandes : Poissons synagélastiques.
SYNAGOGUE s. f. (si-na-go-ghe — grec sunagogé ; de sun, avec, et de agô, je conduis). Hist. juive. Assemblée des fidèles, sous l'ancienne.loi juive : Docteur, chef de la synagogue. (Acad.) Un pharisien était un homme infaillible et impeccable, un pédant certain d'avoir raison, prenant la première place à la synagogue, priant dans les rues, faisant l'aumône à son de trompe, regardant si on te salue. (Renan.) La plupart des chefs qui firent
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les premières campagnes et les premières conquêtes de la nouvelle religion sortaient des synagogues hellénistes. (Peyrat.) Il Lieu où les Juifs s'assemblaient hors du temple, pour faire des lectures, des prières publiques : Notre-Seigneur allait souvent enseigner dans les synagogues. (Acad.) || Eglise juive, loi religieuse des Juifs : L'Église a succédé à la synagogue. La synagogue elle-même tolérait le divorce. (Gaume.) Il Lieu ou les juifs modernes s'assemblent pour l'exercice publie de leur religion : La synagogue consistoriale de Paris. La synagogue de Metz, d'Amsterdam. (Acad.) En France, le gouvernement ne bâtit pas seulement des églises, il construit encore des synagogues et des mosquées. (Guéroult.) Il Grande synagogue, Assemblée des docteurs de la loi, qui subsista depuis Esdras jusqu'au grand prêtre Siraéon.
— Loc. fam. Enterrer la synagogue avec honneur, Terminer une affaire, une entreprise avec éclat : Cet avocat a terminé sa carrière par un beau plaidoyer, il a enterré la synagogue avec honneur. (Acad.) Il Cette locution vient, d'après les historiens, des observances judaïques que les premiers chrétiens conservèrent jusqu'à la destruction du temple de Jérusalem, ce qui fut une manière honorable d'en finir avec l'ancienne loi.
— Encycl. Les synagogues étaient, chez les anciens Juifs, des édifices publics, où l'on se réunissait à certains jours pour y faire des prières, des lectures sacrées et y interpréter ta loi. Ces édifices étaient orientés à la manière des temples anciens, c'est-a-dire que la partie qui correspondait au sanctuaire était tournée vers l'Orient.
On ne trouve, dans les livres de l'Ancien Testament, rien qui paraisse se rapporter à des synagogues, d'où l'on conclut qu'il n'y en avait point avant la captivité de Babylone. Le temple de Jérusalem était le seul lieu consacré au culte, et l'on y venait de toute la Palestine pour accomplir les sacrifices. Les synagogues qui furent établies au retour de la captivité devinrent des écoles religieuses et des lieux de prédication, mais ne furent nullement substituées au temple.
Suivant les notions actuelles des juifs, on ne peut et on no doit point établir une'synagogue dans un lieu a moins qu'il ne s'y trouve dix personnes d'un â^e mûr, libres d'assister constamment au service qui doit s'y faire. Il n'y eut d'abord qu'ua petit nombre de ces lieux d'assemblée; mais, dans la suite, ils se multiplièrent^ on croit que, du temps de Jésus-Christ, il n'y avait point de ville de Judée où il ne se trouvât une synagogue. Il paraît qu'on en comptait quatre cent quatrevingts dans la seule ville de Jérusalem.
Le service de la synagogue consistait dans la prière, la lecture de l'Ecriture sainte avec l'interprétation qui s'en faisait et la prédication. La prière des juifs est contenue dans les formulaires de leur culte; la plus solennellft est celle qu'ils appellent les Dix-neuf prières; il est ordonné à toute personne parvenue à l'âge de discrétion" de la faire trois fois le jour, le matin, vers midi et le soir; elle se dit dans lu synagogue tous les jours d'assemblée. La seconde partie du service est lalecturede l'Ancien Testament. Les juifs la commencent par trois morceaux détachés du Pentateuque. Ils lisent ensuite une des sections de la loi et des prophètes qu'ils ont marquées pour chaque semaine de l'année et pour chaque jour d'assemblée. La troisième partie du service est l'explication de l'Ecriture et la prédication ; la première se faisait a mesure qu'on lisait, la seconde après la lecture finie. Jésus-Christ instruisait les Juifs de l'une et de l'autre de ces manières.
Autrefois, on s'assemblait trois jours de la semaine, le lundi, le jeudi et le samedi, jour du sabbat, et, chacun de ces jours, il y avait assemblée le matin, après midi et le soir. Les prêtres n'étaient pas les seuls ministres de la synagogue ; il y avait de plus les anciens, nommés dans l'Evangile principes synagogs; on ne sait pas quel était leur nombre. A Cérinthe, on en voit deux, Crispe et Sosthène. Le ministre de la synagogue était celui qui prononçait les prières au nom de l'assemblée; on prétend qu'il était nommé l'ange ou le messager de l'Eglise, et que c'est à l'imitation des Juifs que saint Jean, dans l'Apocalypse, a donné le nom d'ange aux évêques des sept églises d'Asie auxquels il adresse la parole. Après le ministre venaient les diacres ou serviteurs de la synagogue; ils étaient chargés de garder les livres sacrés, ceux de la liturgie et les divers meubles ; ainsi il est dit que, quand Jésus-Christ eut fini la lecture dans la synagogue de Nazareth, il rendit le livre au ministre; ce ministre inférieur était Je diacre. Les fonctions de ce diacre n'avaient aucune ressemblance avec celles des sept diacres qui furent établis par les apôtres dans l'Eglise de Jérusalem. Enfin, il y avait l'interprète, dont l'office consistait à traduire en chaldéen ou plutôt en syro-chaldaïque ce qui avait été lu au peuple hébreu; il fallait, par conséquent, que cet homme sût parfaitement les deux langues. Cependant il n'est point fait mention de ces interprètes dans l'Evangile, et il est dificile de croire qu'il y ait eu, chez les Juifs, un assez grand nombre de ces hommes instruits pour en pourvoir toutes les synagogues.
On croit qu'avant la fin de l'assemblée le prêtre qui s'y trouvait, ou, à son défaut, le
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ministre, donnait la bénédiction au peuple, et qu'il y avait pour cela un formulaire particulier. Elait-ce celui que composa Moïse lorsqu'il bénit les Israélites avant sa mort, ou en était-ce un autre? Personne n'en sait rien. La seule chose certaine, c'est que les juifs, dans leur service actuel, s'écartent en plusieurs points du plan que nous venons de tracer et qui, du reste, n est fondé que sur des conjectures.
Après la dispersion du peuple juif, les synagogues furent les lieux de réunion des fidèles et, le plus souvent, ces réunions étaient secrètes, à cause des persécutions dont les israélites étaient l'objet. Sous le règne de Philippe-Auguste, ils possédaient à Paris deux synagogues, dont 1 une rue de la Juiverie, dans la Cité. Tour a tour chassés et rappelés par la cupidité des rois, ils se cachaient le plus souvent pour prier. La Révolution, en émancipant les juifs, leur a permis de célébrer leurs fêtes avec la plus entière liberté. Le sanhédrin convoqué par Napoléon régla, en 1808, l'organisation des synagogues, qui devinrent alors des espèces de diocèses comprenant chacun plusieurs départements. 11 y eut, en outre, des synagogues particulières, suivant les besoins de la population. Le mot temple est celui dont se servent les juifs pour désigner le local consacré à la prière ; cependant, c'est le mot synagogue qui s'emploie communément. Les temples sont, à l'intérieur, nus comme les mosquées musulmanes, ou les temples calvinistes. Toutefois, il est permis d'y inscrire des sentences tirées de l'Ecriture. Une sorte d'armoire placée du côté de l'orient, et qui représente plus ou moins l'arche d'alliance, contient un exemplaire du Pentateuque écrit à la main. Une des synagogues de Paris se trouve rue Notre-Damede-Nazareth; c'est là qu'a été célébré, en 1868, le service funèbre du célèbre banquier, le baron James de Rothschild. Une autre synagogue a été inaugurée en septembre 1874 rue de la Victoire. Cet édifice, construit sur les plans de l'architecte Aldrophe, fut commencé vers 1865. La façade principale est percée de cinq grandes fenêtres, surmontées chacune d'une rosace, et d'une sixième rosace qui en occupe toute la partie haute centrale. Un médaillon portant les tables de la loi couronne l'édifice. Le temple proprement dit est précédé de deux porches, dont l'un est décoré de quatre colonnes eu stuc de couleur verle. L'intérieur se compose d'une vaste nef très-large et de bas-côtés comprenant cinq arcades et surmontés de galeries. A la naissance de la voûte se trouve une seconde galerie ornée de colonnettes, mais qui n'aura d'autre utilité que de produire un effet architectural. Les bas-côtés et les galeries supérieures, dont les arcades sont séparées par des colonnes de pierre surmontées de chapiteaux en marbre, ne se prolongent pas derrière le choeur ou sanctuaire, comme dans nos églises; cette partie du temple, où se trouve le tubernacle qui renferme les livres sacrés et les autres objets du culte israèlite, n'étant accessible qu'aux ministres de la religion. A l'extrémité du temple, faisant face au sanctuaire, se trouvent deux tribunes superposées, dont la première est destinée au public et la seconde, placée un peu en arrière, à la maîtrise et à 1 organiste. Au-dessus des porches se trouvent une vaste salle dite du conseil, et plusieurs autres pièces, qui sont affectées à. 1 administration de la synagogue. Au milieu du temple est la Théba. l'autel où le ministre officie; au fond', le chœur, avec colonnes de marbre et splendides vitraux, où sont représentées les allégories des douze tribus. L'ameublement de cette nouvelle synagogue, dont le sanctuaire est décoré de tentures et de bronzes d'une grande richesse, se compose de deux sièges d'honneur pour les grands rabbins, douze sièges pour les rabbins et vingt pour lu consistoire. La construction et la décoration de ce temple ont coûté environ 2 millions.
SYNAGRE s. m. (si-na-gre — du préf. syn, et du gr. agrios, farouche). Entoin. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des vesplens, tribu des euménides, type du groupe des synagrites, dont l'espèce type babite le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique.
— Ichthyol. Poisson du genre spare, qui se trouve surtout dans les mers de l'Amérique du Nord : Le Syvagre est long de huit à neuf pouces, et rarement d'un pied. (V. de Bomare.)
SYNAGRITE adj. (si-na-gri-te — rad. synagre). Entoin. Qui ressemble ou qui se rapporte au synagre.
— s. m. pi. Groupe d'insectes hyménoptères, de la famille des vespieas, ayant pour type le genre synagre.
SYNALÈPHE s, f. (si-na-lè-fe — du gr. sunaleiphô, je mêle). Gramm. Réunion, jonction de deux syllabes en une seule : Quelqu'un pour quelque un est une synalèphe. (Acad.)
— Encycl. La synalèphe, en général, consiste à réunir plusieurs syllabes en une seule. On distingue sept espèces de synaléphes, qui sont ;
h'étision, ou retranchement d'une voyelle remplacée par l'apostrophe.
La crase, ou contraction proprement dite.