‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 837 sur 1059 · V. SYNCU1T1NIEN · texte numérisé non relu

V. SYNCU1T1NIEN

SYNCHITINIEN, 1ENNE adj. (sain-ki-tini-ain, i-è-ne — rad. synchite). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à la synchite. I) On dit, aussi syncmtin, ike.

— s. m. pi. Groupe d'insectes coléoptères, de la famille des xylophages, ayant pour type le geiirfl synchite.

SYNCHLOÉ s. m. (sain-klo-é — du préf, syn, et du gr. chloé, herbe). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, da la tribu des papilionides.

SYNCHOEENDREs. m. (sain-ko-dan-dre — du préf. syn, et du gr. dendron, arbre). Bot. Genre d'arbres, de la famille dus composées, tribu des vernoniées, dont l'espèce type croît à Madagascar.

SYNCHONDROSE s. f. (sain-kon-drô-ze — du préf. syn, et du gr. chondros, cartilage). Anat. Symphyse cartilagineuse, union de deux os par un cartilage.

SYNCHONDROTOMIE s. f. (sain kon-droto-inî — de syucltondrose, et du gr. tome, section). Chir. Section d'une synchondrose,

SYNCHONDROTOMIQUE adj. (sain-kondro-to-mi-ke — rad. synchondrotomie). Chir. Qui a rapport à la synchondrotomie : Procédé SYNCHONDROTOMIQUl.'.

SYNCHRÈSE s. f, (sain-krè-ze — du gr.

sunchrésis, relation, commerce), Anc. rhétor. Réunion de deux voyelles en uuo diphthongue. Il Peu usité.

SYNCHRONE adj. (sain-kro-ne — du préf.

syn, et du gr. chronos, temps). Se dit des mouvements qui se font dans un même temps : Les oscillations de ces deux pendules smt synchrones. (Acad.) Il Se dit, abusivement, des mouvements isochrones, qui ont une durée égale.

— Géom. Courbe synenrone, Courbe telle que plusieurs corps pesants égaux entre eux, partant d'un même point et décrivant des courbes, arrivent aux différents points de celles-ci dans le même temps et dans le plus petit intervalle de temps possible.

SYNCHRONIE s. f. (sain-kro-nl — rad.

synchrone). Art de concilier, de comparer les dates, u Peu usité.

SYNCHRONIQUE adj. ( suin-kro-ni-ke — rail, synchronisme). Qui se passe dans le même temps.

— Tableau synchronique, Tableau dans lequel on rapproche les événements arrivés à la même date.

SYNCHRONISME s. m. ( suin-kro-ni-sine — rad. synchrone). Rapport de deux choses qui se font dans un même temps ou dans des temps égaux : Le synchronisme des oscillations de deux pendules. (Acad.) n Identité de date, d époque : Le synxhronismi; de deux événements. On a établi de curieux synchronismes entre la fondation de Vflébron et celle de 2'anis, en Egypte. (Renan.)

— Encycl. A l'aide du synchronisme, on opère la concordance de plusieurs événements contemporains, ou k peu près, les uns des autres. Ces rapprochements n'ont par eux-mêmes rien de significatif, c'est-à-dire qu'on ne prétend pas, en les opérant, donner a entendre que les faits mis en regard les uns des autres aient entre eux la moindre dépendance ; le synchronisme n'a d'utilité que pour faciliter la mémoire ; il pose des jalons utiles dans le vaste champ de faits et de dates qui compose l'histoire ancienne et moderne. Ces points de repère aident l'esprit à se préciser les périodes historiques d'un peuple par rapport à celles d'un autre peuple, ou de tous les autres, si on peut relever chez tous à la même data quelque fait important. Au rebours de l'éphémèride, qui ne s'occupe pas du (out de ces concordances et qui relate, à jour fixe, les deux ou trois événements capitaux arrivés à cette même date, n'importe dans quel pays et dans quel siècle, le synchronisme ne s'astreint pas à observer des limites si rigoureuses; une latitude d'une année ou- deux lui est permise; il lui suffit que les faits mis en regard soient presque- contemporains.

Voici quelques exemples de synchronisme : •149 av. J.-C. Tyrannie d'Appius à Rome ,

mort de Virginie et retraite du peuple sur le

mont Sacré. Eu Grèce, lin des guerres médi-

ques.

390 av. J.-C. Les Gaulois s'emparent do

Rome; les Spartiates îavagent le territoire

d'Arjros.

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323 av. J.-C. Mort d' Alexandre. — 321. Succès des Samnites sur les Romains et Fourches Caudines.

219 av. J.-C. Prise deSagontepar Annibal; mort de Cléomène.

491 après J.-C. Ella fonde à Chîchester le royaume de Sussex (Saxons méridionaux). — 493. Le chef des Ostrogoths, Théodoric, est reconnu roi d'Italie. — 496. Clovis triomphe des Aluiiutns à Tolbiac.

622. Dilgobert est roi d'Austrasie; fuite de Mahomet et première année de l'hégire.

755. Expédition de Pépin le Bref en Italie et origine de la puissance temporelle des papes ; fondation des califats de Cordoue et de Bagdad.

771. Chartemagne, seul roi des Francs. — 772. Adrien 1er, pape. — 775. Léon IV, empereur d'Orient.

800. Charlemagne, empereur d'Occident. — 802. Nicéphore, empereur d'Orient.

1180. Philippe- Auguste , roi de Fiance; Henri 1er, roi de Naples ; il devient, en 1190, empereur d'Allemagne, sous le nom de Henri IV. — 1181. L'uce III, pape. — 1182. Canut VI, roi de Danemark. — 1183. Andronic I*t, empereur d'Orient. — 1189. Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre.

1261. Prise de Constantinople par Michel Paléologue, qui devient empereur d'Orient.

— 1270. Mort de saint Louis, roi de France; Henri Ier, roi de Navarre. — 127». Grégoire X, pape. — 1272. Edouard I", roi d'Angleterre.

1314. Mort de Philippe le Bel, roi de France ; Louis V de Bavière, empereur d'Allemagne,

— 1315. Alphonse IV, roi de Portugal.

1328. Mort de Charles le Bel, roi de France,

et avènement des Valois ; Andronic III, empereur d'Orient; Philippe d'Evreux, roi de Navarre. — 1327. Alphonse IV, roi d'Aragon ; Edouard III, roi d'Angleterre.

Vers 1440. Naissance de Christophe Colomb. —De 1440 à 1450. Découverte de 1 imprimerie.

— 1453. Prise de Constantinople par les Turcs et fin de l'empire d'Orient.

1529. Paix de Cambrai ou des Liâmes, signée par Louise de Savoie, mère de François Ie', et par Marguerite d'Autriche, tante de Charles-Quint. — 1530. Confession d'Augsbourg, qui affirme la réforme de Luther. — 1534. Mort du pape ClémentVII. — 1535. Fernand Cortez découvre la Californie et la mer Vermeille.

1688 et 1689. Révolution d'Angleterre; Guillaume de Nassau est déclaré roi par décision solennelle du Parlement, à l'exclusion de Jacques II et de ses descendants; incendie du Palatinat par ordre de Louvois; Alexandre VIII, pape; Pierre le Grand règne seul en Russie; l'électeur de Brandebourg est' Frédéric III, qui devint roide Prusse en 1701.

— 1087. Soliman 111, empereur de Turquie. 1700. Le duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV,

devient roi d'Espagne, sous le nom de Philippe V; Clément XI, pape, — 1701. Frédéric III , électeur de Brandebourg , devient premier roi de Prusse, sous le nom de Frédéric 1er. — 1702. Anne Stuart, reine d'Angld terre. — 1703. Achmet III, empereur de Turquie. — 1705. Joseph Ier, empereur d'Allemagne.

1723. Mort du Régent; Louis XVest déclaré majeur. — 1724. Louis 1er, momentanément roi d'Espagne; mort du pape Innocent XIII.

— 1725. Mort de Pierre le Grand, empereur de Russie, et avènement de Catherine lre.

1774. Mort de Louis XV et avènement de Louis XVI; mort de Mustapha III, empereur de Turquie, et avènement d'Abdul-Hamed. — 1773. Mort de Charles-Emmanuel III, roi de SardaigneetavénementdeVietor-Amédée III.

— 1774. Mort du pape Clément XIV. — 1775. Avènement de Pie VI.

1789. Convocation des états généraux à Versailles; Selim III, empereur de Turquie. — 1790. Léopold II, empereur d'Allemagne; Ferdinand 111, grand-duc de Toscane.

1821. Mort de Napoléon 1er, — iggo. Assassinat du duc de Berry. — 1821. Ministère Villèle et guerre d'Espagne; soulèvement des carbonari en Piémont,. ■ — 1822. Insurrection des Grecs contre les Turcs ; le Mexique si: déclare indépendant de l'Espagne et Iturbido est proclamé empereur; le Brésil se détache de sa métropole, l'Espagne. — 1824. Bolivar chasse les Espagnols ; mort de Louis XVIII.

— 1825. Mort d Alexandre 1er, empereur de Russie ; un navire h vapeur fait le voyage de l'Angleterre aux Indes,

Ces exemples de synchronisme suffirent.

Il existe des tableaux synchroniques dressés par Lamp, Bredow, Vater, Blair, Leclerc, Buret de Longchamps ; on en trouvera aussi dans les Atlas de Gueudevilte, deLesage, etc.

SYNCBRONISTE adj. (sain-kro-ni-ste — rad. synchrone). Qui appartient, qui a rapport au synchronisme.

— Qui a vécu dans le même temps, contemporain. |] Peu usité,

SYNCHRONisTiQUEadj.(sain-kro-ni-sti-ke

— rad. synchronisme). Qui a rapport uu synchronisme.

SYNCHRONOtOGIE s. f. (sain-kro-no-lo-jî

— du préf. syn, et de chronologie). Traité des synehronismes.

SYNCBYSE s. f. (sain-ki-ze — gr. svgchusis, confusion ; de sunchuo\ie confonds ; formé de sun, avec, et de chuô, je répands). Gramm. Confusion, transposition de mots qui trouble

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l'ordre d'une phrase et la rend difficile à comprendre.

SYNCHYSIS S. m. (sain-ki-ziss — du gr.

sugehusis, confusion ; formé de sun, avec, et de chuô, je verse). Path'ol. Trouble des humeurs de l'œil. Il Synchysis étincetant, Trouble de l'humeur vitrée, dans laquelle on voit s'agiter de petits points brillants.

— Encycl. On donnait autrefois ce nom à des troubles résultant, dans les humeurs de l'œil, d'une rupture des tuniques intérieures arrivée soit par suite d'une cause traumatiqne, soit spontanément. Le synchysis eït caractérisé par des phénomènes différents, selon sa nature On distingue aujourd'hui le synchysis simple et te synchysis étincelant. Dans le synchysis simple, la chambre postérieure de l'œil parait remplie par un excès d'humeur aqueuse, en même temps qu'il y a destruction des cloisons de la membrane byaloïde. L'iris flottant ondule et tremble au moindre mouvement des malades; le cristallin lui-même est mobile et peut s'éloigner du champ pupillajre dans certaines attitudes de la tête. Cette maladie, demeurée jusqu'ici au-dessus des ressources de l'art, est très-compromettante pour la vue, qui finit presque toujours, sous son influence, par baisser considérablement. Desmarres a donné le nom de synchysis étinceiant à une affection chronique, non douloureuse, dans laquelle on voit, au fond de l'œil, se mouvoir en divers sens une multitude de petits corps brillants, ressemblant à de petites étincelles très-nombreuses, sans cesse renaissantes, qui se balancent au fond de l'œil et sont visibles chacune pendant plusieurs secondes. Quand l'œil se meut, leur nombre augmente et tout le fond de cet organe en semble parsemé. Ces petits corps brillants ne sont autre chose que des cristaux de cholestérine. On les aperçoit très-distinctement au moyen de l'ophihalmoscope. Ils montent, descendent et tournent sur eux-mêmes an moindre mouvement du globe oculaire; et c'est en réfléchissant, réfractant et décomposant la lumière, en vertu de leur forme prismatique, qu'ils deviennent étincelants. Leur origine est encore assez obscure; peut-être sent-ils dus à un changement moléculaire du corps vitré, peut-être aussi proviennent-Us du cristallin. C'est surtout chez les individus opérés de la cataracte par abaissement que ce phénomène pathologique se produit. Les cristaux de cholestérine se voient dans le cristallin encore contenu dans sa capsule, mais l'étincellement n'apparaît que quand la capsuie est déchirée spontanément ou par un instrument chirurgical. Sickel a remplacé le mot de synchysis par celui de spinthéropie.

SYNCOLOSTBMON s, m, (sain-ko-lo-stémon — du gr. sunkollos, agglutiné; stêmân, ctamine). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des labiées, tribu des ocymoïdées, comprenant quatre espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.

SYNCOPAL, ALE adj. (sain-ko pal, arle — rad. syncope). Pathol. Qui a rapport à la syncope; qui a les caractères de la syncope. Il Fièvre syncopale, Fièvre intermittente, pernicieuse, caractérisée par des syncopes réitérées.

SYNCOPE s. f. (sain-ko-çe — gr. sunkopê ; de sun, avec, et de kopto,\e coupe). Pathol. Perle subite et momentanée du sentiment et du mouvement, avec cessation plus ou moins complète de l'action du cœur et des poumons : Tomber en syncopk. Le chancelier Bacon tombait en syncope «1 voyant une éclipse de lune, (Raspail.) Le grand traducteur de Procope faillit de tomber en syncopk à l'instant Qu'il fut ajourné pour consommer son mariage. (Ménage.)

— Gramm. Retranchement d'une lettre ou d'une syllabe au mileu d'un mot : Savourai, pour j'avouerai; nous joûrons, pour nous joueions ; dénoûment, pour dénouement; gaité, pour gaieté, sont des syncopes. (Acad.)

— Mus. Prolongation d'un son du temps faible sur le temps fort, soit dans la même mesure, soit dans deux mesures consécutives.

— Eccycl. Pathol. > M. Rochoux décrit comme il suit la syncope: « Le sujet qu'elle atteint se trouve tout à coup privé du sentiment et du mouvement ; une excessive pâleur se répand sur tout son corps; sa peau devient froide et se recouvre d'une sueur plus ou moins abondante. En cet état, les membres restent souples, mais quelquefois cependant sont agités de convulsions partielles et passagères; la respiration est arrêtée aussitôt que la circulation ; le pouis est insensible, on distingue à peine quelques battements du cœur, et cet ensemble de phénomènes ne ditfère de ceux qui dépendent de la mort que parce qu'il est possible de les faire disparaître assez promptement. Lorsque les malades reviennent à la connaissance, ils semblent sortir d'un profond sommeil et ne se plaignent ordinairement d'aucune douleur, et quelquefois même ils éprouvent uu sentiment délicieux, comme il arriva à Michel Montaigne en pareil cas. »

La syncope survient quelquefois brusquement, mais il y a, dans la plupart des cas, des prodromes, tels que : nausées, bâillements, anxiété, malaise, vertiges, obscurcissement de la vue, tintements d'oreilles, etc.; en

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même temps, la race pâlit, les lèvres se décolorent, les extrémités se refroidissent, et la sueur coule froide et visqueuse le long des tempes; bientôt le pouls cesse d'être sensible, le cœur ne bat plus que très-faiblement et le malade perd connaissance ; il se trouve alors dans un état de mort apparente, qui ne diffère de la mort réelle que par la persistance de certaines fonctions intérieures, telles que l'absorption et les sécrétions.

La syncope ne se prolonge jamais au delà de quelques minutes, souvent elle ne dure pas plus de quelques secondes; la sensibilité reparaît peu à peu, le pouls redevient perceptible, la respiration se rétablit, les yeux s'entr'ouvrent a la lumière, et les malades semblent sortir d'un sommeil profond et "oppressif.

On no peut confondre la syncope ni avec la commotion, ni avec la congestion ou l'hémorragie cérébrales, car si, dans ces affections, il n'existe ni sensibilité ni mouvement, la respiration et la circulation persistent. Il est plus difficile de la distinguer de certaines formes d'asphyxie; dans ces cas, on devra tenir compte, pour le diagnostic, des circonstances dans lesquelles s'est produit l'accident.

Le pronostic et la gravité de la syncope varient suivant qu'elle est idiopathique ou symptomatique; elle ne constitue un état vraiment dangereux que lorsqu'elle se prolonge et qu'elle se reproduit à de courts intervalles. ■ Toutes choses égales d'ailleurs, dit M. le professeur Grisolle, les syncopes qui se déclarent brusquement à la suite d'une émotion ou d'une cause fortuite sont infiniment moins sérieuses que celles qui surviennent dans le cours d'un état grave de l'économie. La syncope est même, dans une foule de cas, une circonstance heureuse. On sait, par exemple, que se déclarant chez la femme en mal d'enfant, au moment où la tête franchit les parties extérieures, elle épargne à la mère des douleurs bien cruelles. La syncope, en mettant les muscles dans un relâchement complet, a souvent permis de réduire des luxations rebelles. On sait, aussi combien est grand le nombre de blessés qui n'ont dû leur salut qu'à une syncope, laquelle, suspendant la circulation, a arrêté de la sorte l'écoulement du sang et a permis à ce fluide de s'organiser en caillots solides au niveau de la solution de continuité. Enfin, il est prouvé que la syncope qui survient chez un noyé est une circonstance heureuse, car le cœur cessant de battre et la respiration se suspendant, les phénomènes d'asphyxie n'ont pas lieu; aussi est-il possible que la vie se maintienne alors beaucoup plus longtemps. ■

Les causes les pins communes de la syncope sont : les maladies organiques du cœur, 1 anéinie, les hémorragies abondantes, les maladies du poumon, les épanchements de la plèvre, l'hydro-pneumo-thorax, en un mot toutes les affections qui gênent la circulation cardiaque et pulmonaire. Telle est encore la cause des défaillances qu'on observe à Ja suite de ta thoracentèse, de la ponction abdominale, d'une parturition rapide. D'autres syncopes sont produites par une vive douleur physique, par des émotions morales violentes, à la suite d'une débâcle intestinale, do fatigues corporelles excessives, d'indigestions, ou encore par le fait d'une chaleur accablante. A ces causes, il convient de joindre entin l'inhalation de l'éther, du chloroforme et la respiration des gaz asphyxiai! ts.V. ANKS-

TIIESIQUE et ASPHYXIA.

Les causes naturelles agissent principalement sur les individus prédisposés à cette affection. Certains sujets sont tellement susceptibles, que la cause la plus légère, nulle sur d'autres personnes, agit avec beaucoup de force sur leur système nerveux. Tous les âges sont sujets à la lipothymie, mais les enfants plus que les vieillards, et les femmes plus que les hommes. La menstruation, la grossesse, l'âge de retour, la susceptibilité nerveuse du sexe féminin sont autant de causes prédisposantes. Il faut ajouter encore le développement précoce des passions dans les grandes villes. On a vu des personnes frappées de syncope a l'aspect d'une souris, d'un crapaud, d'un serpent, d'une araignée, etc.; d'autres en sentant l'odeur de certaines substances qui leur déplaisaient ou qui les dégoûtaient. Ces sortes de lipothymies présentent, en général, un caractère moins grave que celles qui résultent d'une maladie organique du cœur, des poumons ou du cerveau. Parmi les agents extérieurs capables de produire la lipothymie et la syncope, on peut mettre en premier lieu l'impression brusque du froid ou du chaud, la rareté de l'oxygène dans l'air qu'on respire. Le même effet peut être produit par une détonation violente et inattendue. Par suite de la commotion qu'il reçoit, le système nerveux est frappé de stupeur, le visage se couvre d'une sueur froide, la peau devient pâle sur tout le corps, les genoux fléchissent et le sujet tombe sans mouvement. Rien de plus commun que de voir les femmes perdre connaissance à l'aspect d'une large plaie, d'un ulcère ou d'une hémorragie. Certains aliments, à peine introduits dans l'estomac, produisent constamment cette affection sur quelquessujets; il en est de mètne de plusieurs médicaments. La faim produit tresfréquenunent la lipothymie par suite de l'épuisement des forces. La suppression des

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menstrues, des hémorroïdes, la rétention d'urine, l'union des sexes, un exercice violent ou une longue course pendant les fortes chaleurs sont autant de causes de syncope. Les influences morales qui agissent vivement sur le système nerveux peuvent suspendre les mouvements du cœur; c'est ce qu'on observe sur la plupart des femmes qui habitent les grandes villes. La moindre peine, le moindre saisissement les fait tomber en syncope. Cet état particulier d'insensibilité nerveuse est le résultat ordinaire d'une vie molle et délicate, d'une éducation mal dirigée ou de passions sur lesquelles la raison est toujours restée impuissante. Il est vrai que les femmes simulent souvent des états de ce genre; mais il est impossible de s'y méprendre si l'on considère que, malgré leur volonté, elle3 ne peuvent tromper sur le ralentissement du pouls, la décoloration de la peau et des muqueuses, le froid glacial des téguments et la sueur froide du visage. La joie excessive n'est pas moins à craindre que l'effroi et la tristesse. Combien de fois n at-on pas vu des individus être frappés de syncope ou de mort même en apprenant, dans le malheur, la nouvelle subite d'une grande fortune? Le rire excessif produit quelquefois les mêmes effets. L'amour concentré et violent dispose aux lipothymies. Un excès de colère, une grande douleur physique causée par une opération chirurgicale, par l'enfantement, par une piqûre ou une morsure déterminent fréquemment des syncopes. 11 en est de même des hémorragies considérables, mais la défaillance arrive alors par épuisement. Toutes les lésions et la compression du cœur, du péricarde et des poumons se traduisent par des lipothymies, qui constituent un des sympômes les plus constants de ces accidents. Le traitement de la lipothymie est des plus simples: relâcher les vêtements du malade et enlever tout ce qui pourrait gêner ou comprimer le corps ; l'exposer à 1 air horizontalement, voilà les premiers soins qu'on doit lui donner. On fait ensuite des frictions sur la région précordiale, Sur les tempes, le long de la moelle épinière, etc.; à ces moyens on ajoute les aspersions d'eau froide, l'inhalation de vapeurs fortes et irritantes, comme l'ammoniaque, le vinaigre, l'irritation de l'ombilic, une forte secousse imprimée au corps, l'arrachement de quelques cheveux ou de quelques poils, le pincement de la peau. Si ces moyens ne suffisaient pas, il faudrait recourir a la vésication sur la région du cœur par l'ammoniaque ou l'eau bouillante. Enfin, lorsque le malade commence à reprendre connaissance, on peut lui donner quelques toniques, comme un verre de bon vin ou de liqueur. Nous pensons que l'électricité pourrait rendre de grands services dans les cas de lipothymie ; mais ce moyen est rarement à la portée des personnes appelées à donner les premiers soins.

Dans la syncope proprement dite, les soins à donner sont les mêmes. Il faut cependant remarquer que, le cœur cessant d'envoyer aux centres nerveux la quantité de sang nécessaire à leur fonctionnement, et, partant, la sensibilité et le mouvement, qui l'un et l'autre dépendent du cerveau, le principal de ces centres, étant momentanément abolis, le but premier à poursuivre, quand on a devant soi une personne en syncope, c'est le réveil des contractions et des dilatations du cœur et l'afflux du sang du côté de la tête. Il faut donc, surtout dans le cas de syncope complète, coucher la personne horizontalement, la tête légèrement inclinée et plus basse que le corps. Cette position est la précaution la plus importante à prendre dès le commencement, et elle suffit souvent à elle seule pour rappeler à la vie. Si el!e ne suffit pas, après avoir débarrassé la poitrine de tout ce qui peut gêner l'accès de l'air frais aux poumons, on élève doucement les bras et les jambes, de manière à porter vers, le cœur, d'où il ira bientôt au cerveau , le sang de ces parties. Après les grandes hémorragies, notamment, cette manière de faire doit être employée. On devra, en même temps, exciter la peau et les muqueuses au moyen de frictions stimulantes, par exemple en chatouillant tes fosses nasales avec une barbe de plume, en faisant respirer de l'alcali volatil, en projetant de l'eau froide au visage, etc. Il est aussi très-convenable d'administrer un lavement de sel et de vinaigre. Lorsque le malade a repris ses sens, il faut l'empêcher, pendant quelques instants, de se relever; l'effort qu'il ferait trop promptement et le changement subit de position pourraient ramener la syncope. Quelques cuillerées d'une potion tonique ou un verre do bon vieux vin conviennent parfaitement pour rendre les forces, comme dans la simple lipothymie.

— Art vétér. La syncope, quoique très-rare chez les animaux, se fait cependant remarquer quelquefois. Elle peut être complète ou incomplète. Dans le premier cas, on observe îa perte subite des forces, de la connaissance et du mouvement, avec suspension du pouls et des battements du cœur, refroidissement du nez, des oreilles, des membres , et sueur froide de différentes parties du corps, telles que la base des oreilles, le pourtour des yeux, celui des narines, l'encolure, les flancs, etc. ; l'animal chancelle pendant très-peu de temps, il fst ensuite frappé d'un état de défaillance complète, tombe enfin comme prive de vie et

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demeure quelque temps dans cet état. Dans la syncope incomplète, la défaillance et la sueur froide existent seules avec une grande faiblesse du pouls; l'animal se trouve dans un état de malaise pénible à observer ; il chancelle quelques instants, ne tombe pas néanmoins, ou tout au moins, s'il tombe , il n'est pas complètement privé de force et de mouvement, et il est ensuite plus ou moins prompteinent délivré de cet état fâcheux.

M. Rodet a vu, dans ses campagnes militaires, la syncope être la suite de la privation trop longtemps prolongée des aliments et attaquer )ca chevaux au moindre exercice, ou arriver aussi quelquefois dans les jeunes rhovaux à la suite de longues fatigues ou pendant des marches forcées. Dans tous les autres cas où il a vu la syncope survenir dans le cheval, elle était la suite ou le produit de la soustraction d'une plus ou moins grande quantité de sang perdu dans une seule ou dans plusieurs saignées successives. Elle était fréquente dans les chevaux attaqués de fourbure en Espagne et arrivait surtout chez eux non immédiatement après la saignée, mais, au contraire, pendant la longue durée des bains dans lesquels ces animaux étaient tenus immédiatement après la pratique des émissions; enfin, elle survient aussi chez les animaux atteints de maladies aiguës du poumon, du cœur, des gros vaisseaux, de l'estomac, de la plèvre, du péricarde, etc. Dans tous les cas, sa gravité ne peut être que relative, d'une part, à la violence plus ou moins grande de la douleur qui l'a déterminée, ou à la gni vite de lu maladie qui peut en être la cause première, et, d'une autre part, à la nature même de la cause qui l'a directement provoquée.

Quant au traitement préservatif et curatif, voici comment s'exprime M. Rodet. Lorsqu'on est obligé de saigner assez fortement ou de répéter aseez fréquemment la pratique de la saignée pour devoir craindre que la syncope n'en soit la suite, il convient, avant d ouvrir la veine, de placer le cheval au grand air et d'avoir tout prêt un seau d'eau froide pour s'en servir au besoin ; ensuite de faire boire au cheval un peu de cette eau après qu'il a été saigné, et enfin de le laisser à l'air et de lui accorder, tout en l'attachant convenablement, une certaine liberté de mouvements ; de cette manière, on préviendra presque toujours, sinon la défaillance, au moins une syncope complète. Mais quand il arrive que, d'une manière imprévue, un cheval se trouve attaqué d'une simple défaillance, il suffit quelquefois de le mettre au grand air, si la chose est encore possible, et de lui faire boire quelques gorgées d'eau froide, ou bien de lui laver les yeux et les naseaux, pour le rétablir presque sur-le-champ, surtout si c'est à la suite d'une grande perte de sang; car si cette défaillance dépendait de la fatigue ou de l'inanition, le repos, dans le premier cas, quelque peu d'aliments bien ménagés, ou une boisson excitante, dans le second, serait bien plus efficace; mais si la syncope plus ou moins complète se continue quelques instants, on doit donner le plus d'air possible au sujet qui en est frappé, écarter de lui tout ce qui pourrait le gêner ou contraindre les mouvements des parois thoraciques , ou embarrasser le cours delà circulation, tantlocaleque générale ; lui faire des aspersions d'eau froide sur la tête, lui placer près du nez des substances exhalant des vapeurs irritantes, ou mettre même quelques gouttes d'eau-de-vie camphrée , de vinaigre ou d'ammoniaque dans

es narines ou dans la bouche; faire des frictions sur les membres , des piqûres à la peau, etc. ; tels sont les seuls moyens qui peuvent convenir dans une syncope, état qu'il importe par conséquent beaucoup de ne pas confondre ni avec l'apoplexie , puisque les secours qui conviennent à celle-ci sont bien différents et que toute erreur k cet égard ne pourrait manquer d'être prompteraent funeste à la vie du sujet, ni avec l'asphyxie, car, dans cette dernière, les moyens à employer contre la syncope pourraient encore n'être pas suffisants.

— Gramm. Il faut prendre garde de confondre la syncope avec la contraction, qui consiste à réduire deux syllabes en une seule, soit en réunissant deux voyelles en une dtphthongue sans les altérer, soit en mêlant les voyelles et les réunissant de telle sorte que le son se trouve modifié, mais toujours sans retranchement réel. La syncope, lorsqu'elle se borne à supprimer une lettre, porte le plus souvent sur une consonne.

Il y avait, dans la langue latine, beaucoup de syncopes permises , surtout en poésie. Ainsi, l'on pouvait dire oti pour otii, au génitif a'otium. La même syncope était tolérée pour le génitif singulier de tous les noms de lu seconde déclinaison, dont le nominatif se •evminnit en tus ou ium. Une autre syncope assez fréquente était celle qui consistait à terminer en um les génitifs pluriels régulièrement terminés en orum,ium et arum. On trouve souvent dans Virgile : superum,deum, divum, virum, equum, l'eucrum, Danaum, etc., pour superorum, deorum, equorum, etc. :

Cara deum sabotes.,..

Nec galets densisque virum seges horruit armis.

Dans certans substantifs en utum, on pouvait retrancher le premier u et dire periclum pour pericitlum, vincla pour vinciila, oraelum pour orarulum.

le

SYNC

Les syncopes étaient nombreuses dans les verbes. Une des plus fréquentes portait sur les temps passés-, ainsi : amarat pour amaverat, amarit pour amaverit, amasset pour amavisset; et, dans Virgile : direxti pour direxisti, implessem pour implevissem, exiinxem pour extinxissem ; dans Horace : rernorant pour removerant, diuisse pour divisisse, percusti pour percussisti, comptesti pour complevisti, surrexe pour surrexisse , dans Ovide : flesii pour flevisti, concresse pour concrevisse ; dans Properce : duxti pour duxisti; dans Térence : dixli pour dixisti; dans Ausone ; scripse pour scripsisse, etc. On terminait fréquemment les imparfaits de la quatrième conjugaison en ibam au lieu de iebam, par exemple dans Virgile .

Eenibant curât-, et corda oblila laborum.

Les poètes comiques usaient' largement de toutes ces syncopes, et, en outre, ils raccourcissaient un grand nombre de mots par la rapidité de la prononciation. Ainsi, l'on trouve souvent chez eux les syncopes suivantes : poplus pour populus, sen'x pour senex, vol'ptas pour votuptas, festram pour fenestram, j'ventus pour juventus, en'm pour enim, for's pour foris, s'ne pour sine, etc. .•

Nam cum Telebois bellum est Thebano poplo.

Plautb.

Sen'x qui hue Athenas exml venil, non malus.

Plautb.

Quidquam allincre. En'mvcro speclalum salis,

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