‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 838 sur 1059 · TÉRENCE · texte numérisé non relu

TÉRENCE

Quid faciès ? concludere in festram firmiter.

Plaute.

Manendum est toli s'ne Ma. Quid tum postea ?

TÉRENCR.

Une des grandes difficultés de la lecture des comiques latins provient de ces syncopes ; elles ont été souvent remplies par les copistes, et il en est résulté des vers faux, quelquefois fort difficiles à rétablir dans leur état primitif.

Dans la langue' française, les syncopes sont peu nombreuses et peu importantes. On peut dire qu'elles se bornent à la suppression de \'e intérieur dans quelques mots, surtout en poésie; par exemple : gaité pour gaieté', détournent pour dévouement, j'avoûrai pour/avouerai, j'essairai pour 'j'essaierai. 11 y a eu de fréquentes syncopes dans la formation des mots français tirés du latin. Les unes existaient déjà dans cette dernière langue, comme oracle au lieu à'oraculum. D'autres ont été

Produites dans le passage d'une langue à autre ; c'est ainsi que de magis on a fait mais; de magister, maitre ; de cubitus, coubde, puis coude; de dubitare, doubter, puis douter, etc.

— Mua. Toute note syncopée étant à contre-temps, on peut dire que la syncope par elle-même est boiteuse ; mais cependant, lors-, qu'il s'en trouve une suite formant une sorte de marche, le rhythme acquiert, dans son irrégularité même, une véritable régularité. Ce fait est sensible dans la musique aussi bien que dans la poésie.

La syncope est figurée par un signe ondulé semblable à celui de la liaison, et de la forme que voici : — — --. Mais on ne doit pas confondre l'une avec l'autre, d'abord parce que la syncope ne s'applique qu'à deux notes, tandis que la liaison peut s'appliquer à un grand nombre, ensuite parce que les deux notes de la syncope sont toujours semblables quant à l'intonation, tandis que les notes liées sont toujours diverses.

■ II faut remarquer, dit Castil- Blaze, que la syncope n'existe pas moins dans l'harmonie, quoique le son qui la forme, au lieu d'être continu, soit refrappé par deux ou plusieurs notes, pourvu que la disposition de ces notes qui répètent le même son soit conforme à la définition. La syncope a ses usages dans la mélodie pour l'expression et le goût du chant; mais sa principale utilité est dans l'harmonie pour la pratique des dissonances. La première partie de la syncope sert à la préparation ; la dissonance se frappe sur la seconde, et, dans une succession de dissonances, la première partie de la syncope sert en même temps à sauver la dissonance qui précède et à préparer celle qui suit.»

Dans l'exécution musicale, la. syncope doit se faire avec délicatesse, sans faire sentir plus que déraison le heurtement du son prolongé et la section des temps forts. C'est la basse ou une autre partie quelquefois qui, en inarquant vigoureusement les temps frappes, fait sentir surtout la syncope.

On divise parfois la syncope, selon la durée des notes auxquelles elle s'applique, en quatre variétés, à qui l'on donne les qualifications suivantes : bre'uissime, brève, longue, très-longue. La syncope brévissime est celle qui ne forme que le quart d'un temps (dans une mesure à trois temps) ; la brève est celle qui en forme la moitié; la longue, celle qui occupe le temps dans son entier; la trèslongue, celle qui embrasse les deux temps. Entin, lorsque la valeur des deux notes formant la syncope est inégala et moindre d'un côté que de l'autre, on a ce qu'on appelle une syncope brisée; les exemples de cette dernière se rencontrent particulièrement dans les mesures à trois temps.

SYNCOPÉ, ÉE (sain-ko-pé) part, passé du v. Syncoper. Gramm. Se dit d'un mot dont on a retranché une ou plusieurs lettres intermédiaires,

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— Mus. Se dit d'une nota qui comprend un temps faible et un temps de la même mesure ou de deux mesures consécutives : Toute noie syncopée est à contre-temps, et toute suite de notes syncopées est une marche d contretemps. (C. -Blaze.)

SYNCOPER v. a. ou tr. (sain-ko-pô — rad, syncope). Gramm. Retrancher une lettre ou une syllabe dans l'intérieur de : Syncopiîr wb mot. La langue vulgaire syncope volontiers les mots gui contiennent une syllabe muette et dit paltot au lieu de paletot. Il Retrancher dans l'intérieur d'un mot : Une tendance naturelle pousse à syncoper les voyelles gui ne se prononcent pas et à faire je loûraitiu lieu de je louerai.

— Mus. Unir par syncope : Syncoper le dernier temps d'une mesure avec le premier de la mesure suivante.

— v. n. ou intr. Mus. Etre uni par syncope : Il y a dans cet air plusieurs notes gui syncopknt. (Acad.)

SYNCORYNEs. f. (sain-ko-ri-ne — dupréf.

syn, et du gr. korunê, massue). Zooph. Genre de polypes hydraires, de la famille des tubulariens, comprenant de nombreuses espèces, qui vivent dans les diverses mers, et ne sont probablement qu'un état particulier de quelques acalèphes médusaires.

SYNCOTYLÉDONÉ, ÉE adj. (sain-ko-ti-Iédo-né — du prêt', syn, ei do cotylédoné). Bot. Dont les deux cotylédons sont réunis et confondus en une seule musse.

SYNCRAN1EN, IENNE adj. (sain-kra-niain, i-è-ne — du préf. syn, et de crame»). Anat. Qui tient nu crâne : La mâchoire syncraniBNNë ou mâchoire supérieure.

SYNCRÉTER v. a. ou tr. (sain-kré-té. — V. syncrétisme). Confondre, réunir en soi ; L'homme, abrégé de l'univers, résume et syncréte en sa personne toutes les virtualités de l'être. (Proudh.) Il Peu usité.

SYNCRÉTIQUE adj. (sain-kré-ti-ke. — V.

syncrétisme), Qui a rapport au syncrétisme, au mélange de choses diverses : Ces plagiats sont sans doute volontaires et faits avec un

but SYNCRÉTIQUE. (Th. Gaut.)

SYNCRÉTISME s. m. (sain-kré-ti-sme — gv.sugkrelismos; desug/crêiizein, réunir,s vncréter. On n'est pas d'accord sur l'origine de ce mot grec. Quelques-uns le font venir de sun, avec, et de kerannumi, je mélange; mais il est plus probable que ce mot vient de sun, avec, et de Krètoi, les Cretois, par allusion à la ligue des Cretois). Système philosophique consistant à combiner les opinions, les principes des diverses école3.

— Mélange d'opinions combinées pour former un système mixte : Syncrétisme politique, théotogique, médical. Si ion ne peut parvenir au vrai syncrétisme, du moins la tolérance civile peut jusqu'à un certain point le remplacer. (Acad,) Syncrétisme, mélange, rapprochement plus ou moins forcé de plusieurs doctrines entièrement différentes.

(Franck.) Les travaux de Gall et de Lavater ne furent que des essais de désagrégement du syncrétisme humain. (Proudh.) L'esprit humain ne commence ni pur la syntlièse ni par l'analyse, mais par le syncrétisme. (Renan.)

— Encycl. Philos. Si l'on remonte jusqu'à l'antiquité grecque, le mot syncrétisme se présente à nous avec un sens purement politique. 11 signifie, d'après l'étymologie même, réunir à la manière des Cretois, par allusion à l'alliance de toutes les villes de Crète contre l'ennemi commun. En passant du vocabulaire politique dans le vocabulaire philosophique, ce mot a dévié de sa signification priniicivo; en effet, si les Cretois, en réunissant toutes les villes de leur pays contre un ennemi commun, syncrétisaient, syncrétisme en philosophie devrait signifier réunion d'éléments homogènes ; il n'en est rien pourtant. Au sens philosophique, syncrétisme veut dira mélange, accouplement forcé de doctrines complètement étrangères l'une à l'autre. On le voit par cette seule définition, ce serait une erreur de confondre l'éclectisme avec le syncrétisme. L'éclectisme, il est vrai, réunit des doctrines différentes; mais il fait plus que les réunir, il les unit dans une pensée supérieure qui leur sert d'enveloppe commune; le syncrétisme, au contraire, fait violence aux doctrines qu'il veut accoupler; tandis que l'éclectisme opère une combinaison, Is syncrétisme ne produit qu'un simple mélange dans lequel ou peut toujours distinguer, à simple vue, sans analyse, les éléments hétérogènes.

On a souvent voulu, dans l'histoire de la philosphie, voir un premier exemple de syncrétisme dans les Ennéades de Ptotin. Cette opinion n'est pas fondée; on dit : Ouvrez les ouvrages de Plotin, et vous y trouverez un mélange de toutes les doctrines antérieures, grecques et orientales. Vous y verrez l'éléatisme à côté de l'aiistotélisme, le platonisme et le stoïcisaie, les théories matérialistes de l'ancienne Grèce à côté du mysticisme oriental. Oui, nous trouvons toutes ces doctrines dans le néoplatonisme des Alexandrins ; mais ces doctrines, nous ne les rencontrons pas seulement juxtaposées, sans lien commun, sans unité systématique; loin de là, elles sont toutes fondues dans une pensée supérieure qui les domine, les maîtrise et les enchaîne. Aussi Plotin est-il le véritable

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père de l'éclectisme, et non pas du syncrétisme. Ce furent les gnostiques qui, en rapprochant de force les doctrines religieuses et les doctrines philosophiques et en voulant les faire entrer dans un cadre commun, donnèrent le premier exemple de syncrétisme. Longtemps après eux, à l'époque de la Renaissance, Marsile Ficin, Pic de La Miranrfole, Reuchlin, Nicolas de Cusa, Juste- Lipse renouvelèrent sans plus de succès la tentative des gnostiques en essayant de fondre les doctrines platoniciennes et néoplatoniciennes dans la cabale, dans le pythagorisme et dans le stoïcisme. Au xviio siècle, un Allemand, Georges Calixte, essaya de réunir sous un même symbole protestants et catholiques; il faisait en cela œuvre de syncrétisme, et ce fut même pour lui et pour ses partisans, dit M. Franck, que fut ressuscité le mot peu harmonieux de syncrétisme.

La philosophie et la religion ne sont pas le seul domaine du syncrétisme. On peut en faire en politique et en littérature. Telles sont, par exemple, les tentatives de ceux qui, en politique, ont voulu marier les vieilles idées du moyen âge sur le droit divin avec les idées modernes sur la liberté et le droit populaire, et de ceux qui, en littérature, ont eu la prétention de réunir dans leurs œuvres les caractères essentiels des deux écoles classique et romantique. En résumé, ■ le syncrétisme, dit M. A. Franck {Dictionnaire des sciences philosophiques), dans quelque sphère de la pensée qu'il se manifeste, n'est pas un système ni un principe, mais uu simple désir, celui de pacifier l'intelligence et d'apaiser toutes les discordes; il est encore bien éloigné de la science par laquelle ce vœu peut être accompli. Il nous rappelle un peu ce consul romain qui, arrivé en Grèce, appelle devant lui les philosophes des différentes écoles et leur offre généreusement sa médiation pour les mettre d'accord. »

— Théol. On a donné le nom de syncrétistes aux théologiens qui se sont appliqués à rapprocher les différentes communions chrétiennes. Il n'est pas inutile d'avoir une notion des diverses tentatives que l'on a faites, soit pour accorder ensemble les luthériens et les calvinistes, soit pour réunir les uns et les autres à l'Eglise romaine.

Basnage et Mosheim ont fait, de ces tentatives un relevé assez exact. i-

Luther avait commencé sa réforme en 1517; dès 1529, il y eut à Marbourg une conférence entre ce réformateur et son disciple Mélunchtbon, d'un côté, Qicolampade et Zwingle, chefs des sacrameiitaires, de l'autre, au sujet de l'eucharistie, qui était alors le principal sujet .de leur dispute. Après avoir discuté la question assez longtemps, ils n'aboutirent à aucune conclusion. Les uns et lesaulress'en référaient à l'Ecriture sainte et soutenaient que le sens en était clair. En 1536, Bucer, avec neuf autres députés, se rendit à Wittemberg et parvint à faire signer aux luthériens une espèce d'accord. Basnage dit qu'il ne fut pus de longue durée, que l'an 1544 Luther commença d'écrire avec beaucoup d'aigreur contre les sacrumentaires , et qu'après sa mort la dispute s'échauffa au lieu de s'éteindre.

En 1550, il y eut une nouvelle négociation entamée entre Mélauchthon et Calvin pour parvenir à s'entendre; elle ne réussit pas mieux. En 1558, Bèze et Fûrel, députés des calvinistes français, de concert avec Mélanchthon, firent adopter par quelques prince3 d'Allemagne, qui avaient embrassé le calvinisme, et par les électeurs luthériens, une explication do la confession d'Augsbourg qui semblait rapprocher les deux partis ; mais Flaccus Illyricus écrivit avec chaleur contre ce traite de paix. Son parti grossit après la mort de Mélanchthon ; celui-ci ne remporta pour fruit de son esprit conciliateur que la haine, les reproches, les invectives des théologiens de la secte.

En 1570 et les années suivantes, les luthériens et les calvinistes ou réformés conférèrent encore en Pologne, dans divers synodes tenus a cet effet, et convinrent de quelques articles; il se trouva encore des théologiens entêtés et fougueux qui s'élevèrent contre ces tentatives de réconciliation. L'article de l'eucharistie était toujours le principal sujet des disputes et des dissensions, quoique l'on eût cherché toutes les tournures possibles pour contenter les deux partis.

En 1577, l'électeur de Saxe fit dresser par ses théologiens luthériens le livre dit de la Concorde et voulut le faire adopter de force dans ses Etats. Les calvinistes s'en plaignirent amèrement, ceux de Suisse écrivirent contre ce livre, et il ne servit qu'à aigrir davantage les esprits. En 1578, les calvinistes de France, dans le synode de Sainte-Foy, renouvelèrent leurs instances pour obtenir l'amitié et la fraternité des luthériens; ils envoyèrent des députés en Allemagne; ils ne réussirent pas. En 1631, le synode de Charentoo décida d'admettre les luthériens à la participation de la cène, sans les obliger de l'aire abjuration de leur croyance. Mosheim dit que les luthériens n'y furent pas fort sensibles, non plus qu'à la condescendance que les réformés eurent pour eux dans une conférence tenue à Leipzig cette même année. Les luthériens, dit-il, naturellement timides et soupçonneux, craignant toujours qu'on ne

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leur tendît des pièges pour les surprendre, ne furent satisfaits d'aucune offre ni d'aucune explication.

Vers 1640, Georges Caiixte, docteur luthérien, forma le projet, non-seulement de réunir les deux principaux partis protestants, mais de les réconcilier avec l'Eglise romaine. Il trouva des adversaires implacables dans ses confrères les théologiens saxons. Mosheim dit que ces théologiens refusèrent moins par amour de la vérité et par zèle ponr la religion que par esprit de parti, par orgueil et par animosité. On ne pardonna point à Caiixte d'avoir enseigné: 1° que, si l'Eglise romuine était remise dans le même état où elle était durant les cinq premiers siècles, on ne serait plus en droit de rejeter sa communion ; 2° que les catholiques qui croient de bonne foi les dogmes de leur Église par ignorance, par habitude, par préjugé de naissance et d'éducation, ne sont point exclus du salut, pourvu qu'ils croient au Symbole des apôtres et qu'ils tâchent de vivre conformément aux préceptes de l'Evangile.

En 1645, Uladislas IV, roi de Pologne, fit tenir à Thorn une conférence entre les théologiens catholiques, les luthériens et les calvinistes. Après beaucoup de disputes, ils se séparèrent tous plus entêtés de leurs croyances qu'auparavant. En 1C61, nouvelle conférence à Cassel entre les luthériens et les réformés. Après plusieurs contestations, ceux-ci finirent par s'embrasser et se promettre une amitié fraternelle. Mais cette complaisance de quelques luthériens leur attira la haine et les reproches de leurs confrères. Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg, et, son fils Frédéric 1er, roi de Prusse, ont fait inutilement de nouveaux efforts pour allier les deux sectes dans leurs Etats. Mosheim ajoute que les syncrétistes ont toujours été en plus grand nombre chez les calvinistes que parmi les luthériens, que tous ceux d'entre ces derniers qui ont voulu jouer le rôle de conciliateurs ont toujours été victimes de leur amour pour la paix.

En 1684, un ministre luthérien, nommé Pratorius, fit un livre pour prouver que l'union entre les catholiques et les protestants n'est pas impossible, et il proposait plusieurs moyens pour y parvenir. Ses confrères lui en surent très-mauvais gré et le* regardèrent comme un papiste déguisé. Dans le même temps, un autre écrivain, qui paraît avoir été calviniste, fit un ouvrage pour soutenir que ce projet ne réussira jamais, et il en donnait différentes raisons.

Leibniz, luthérien modéré, ne croyait point à l'impossibilité d'une réunion des protestants aux catholiques; il a donné de grands éloges k l'esprit conciliateur de Mèlanchthon et de Georges Caiixte. Il pensait que l'on peut admettre dans l'Eglise un gouvernement monarchique, tempéré par l'aristocratie, tel que les catholiques gallicans conçurent celui du pape. 11 entra indirectement en relationavec Bossuet et prétendit que le concile de Trente n'était pas reçu en France, quant à la doctrine ou aux définitions de foi. Bossuet le réfuta, et le projet d'union fut abandonné.

En 1717 et 1718, lorsque les esprits étalent en fermentation, surtout k Paris, au sujet de la bulle Unigenitus et que les appelants formaient un parti très nombreux, il y eut une correspondance entre deux docteurs de Sorbonne et Guillaume Wake, archevêque de Canterbury, pour réunir l'Eglise anglicane à l'Eglise de France. Selon Mosheim, le docteur Dupin, principal agent dans cette affaire, se rapprochait beaucoup des opinions anglicanes, au lieu que l'archevêque ne voulait céder sur rien et demandait pour préliminaire de conciliation que l'Eglise gallicane rompit absolument avec le pape. Dans cette négociation, Dupin ni son confrère n'étalent revêtus d'aucun pouvoir, et ce qu'ils ont écrit a été regardé comme non avenu.

Enfin, en 1723, Christophe-Matthieu Pfaff, théologien luthérien et chancelier de l'université deTubingue, renouvela le projet de réunir les luthériens et les calvinistes. 11 publia a ce sujet un livre intitulé : Çollectio scriptorum Irenicorum ad unionem inter protestantes faciendam. Ses confrères s'opposèrent vivement à ce qu'il donnât suite à ce projet.

Le dernier essai de syncrétisme est celui qui a été tenté de nos jours par le docteur Pusey pour rapprocher l'Eglise anglicane du catholicisme. V. puséyismb et protestantisme!.

SYNCRÉTISTE adj. (sain-kré-ti-ste. — V. syncrétisme). Qui a rapport au syncrétisme : Système syncrétiste. Philosophie

SYNCRÉTISTE!.

— Qui est partisan du syncrétisme : Philosophe SYNCRÉTISTK.

— s. m. Partisan du syncrétisme.

SYNCR1SE S. f. (sain-kri-ze — gr. sugkrisis; de suit, avec, et de krisis, comparaison). Ane. rhétor. Sorte d'antithèse.

— Ane. chim. Passage d'un corps de l' Hat liquide à l'état solide. Il Coagulation de deux liquides mêlés ensemble.

SYNCRITIQUE adj. (sain-kri-ti-ke — rad.

synense). Ane. méd. Astringent.

SYNCRYPTE s. m. (sain-kri-pte — du préf, syn, et de crypte). Infus. Genre d'infusoires, de la famille des volvociens, dont l'espèce

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type habite les eaux douces : Les syncryptes *onf des infusoires agrégés. (Dujardin.)

SYNCYCLIE s. f. (sain-si-kll — du préfsyn, et du gr. kuklos, cercle). Bot. Genre d'algues, de la tribu des diatomées ou bacillariées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans la mer.

SYNDACTYLE adj. (sain-da-kti-le — du préf. syn, et dugr. daktulos, doigt). Zool. Qui ■ a les doigts réunis entre eux.

— s. m. Mamm. Syn. de gibbon, genre de singes.

— s. m. pi. Mamm. Famille de mammifères marsupiaux, comprenant les phalangers, les kanguroos, etc.

— s. m. pi. Ornith. Famille de passereaux, caractérisée par un doigt externe, soudé par la base avec le médian, et comprenant les genres calao, guêpier, martin-[iêcheur,etc. tl Famille d'oiseaux palmipèdes ou nngeurs.comprenant les genres cormoran, fou, frégate, pélican, etc.

SYNDÉMIS s. m. (suin-dé-miss). Entom.

Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de \a. tribu des tortricid.es.

SYNDÉRËSE s. f. (sain-dé-rè-ze — du gr. syntérêsis , observation attentive). Remords de conscience, dans le langage ascétique : Les mouvements de la syndérèse. La syndérksb le tourmente continuellement. Avoir une perpétuelle syndérbsb, (Acad.) Quand noire conscience nous reproche le mal que nous avons I ait, cela s'appelle syndérèse ou remords de conscience. (Boss.) J'ai reçu avec une syndé- BÉSfc; cordiale votre correction fraternelle. (Volt.)

Il s'élève, aussi bien, dans le fond àb mon coeur, Certain remords cuisant, certaine syndérèse Qui furieusement sur l'estomac me pèse.

Reus&rd.

Il Vieux mot.

— Encycl. Les théologiens appellent syndérèse l'état de contrition, de déchirement intérieur où ils supposent que l'âme se trouve quand, faisant retour sur elle-même, se rappe ■ lant ses.fautes, elle compare ce qu'elle est a ce qu'elle devrait être et conçoit une sorte de désolation intérieure. Au xvnc siècle, temps où les discussions religieuses étaient violentes, où les termes spéciaux de la théologie et de la scolastique- faisaient partie de la langue courante, on trouve d'assuz fréquents exemples de l'emploi, fort juste, dé ce mot que nos meilleurs écrivains d'aujourd'hui ignorent très-probablement. Mathurin Régnier s'en est fort heureusement servi dans sa fameuse Mucette ou l'Hypocrisie déconcertée, satire dans laquelle l'entremetteuse qui passe la moitié de sa vie au confessionnal se pare de toutes sortes de vertus et de connaissances bigotes. Macette, qui n'eut si longtemps D'autre ciel pour objet que le ciel de son Ut,

a tourné à la dévotion, et c'est l'art du poète de montrer la science .suuerticielle de cette nouvelle convertie, en lui prêtant les termes les plus abstraits :

Elle Ut saint Bernard, la Guide des pécheurt. Les Méditations de la mère Thérèse, Sait que c'est qu'bypostase, avecque syndérèse. Le cantique de Racine intitulé : Plainte d'un chrétien sur les contrariétés qu'il éprouve au dedans de lui-même, est inspiré par la syndérèse des théologiens :

Mon Dieu, quelle guerre cruelle !

Je trouve deux hommes en moi :

L'un veut que, plein d'amour pour toi, Mon cœur te soit toujours fidèle; L'autre, à tes volontés rebelle.

Me révolte contre ta loi.

Hélas! en guerre avec moi-même.

Où pourrai-je trouver la paix? Je veux, et n'accomplis jamais.

Je veux; mais, 6 misère extrême!

Je ne fais pas le bien que j'aime, Et je fais le mal que je hais.

On rapporte qu'en entendant réciter les premiers vers ;

Mon Dieu, quelle guerre cruelle!

Je trouve deux hommes en moi.

Louis XIV s'écria : « Voilà deux hommes que je connais bien ! »

SYNDÉSE s. m . (sain-dè-ie — du gr. sundesis, action de lier). Kntom. Genre d'insectes coléoptères penuunères, de la famille des lamellicornes, tribu des lucauides, comprenant deux espèces, qui habitent l'Australie.

SYNDESMANTHE s. m. (sain-dè-sman-te — dugr. sundesmos, lien, et de an^Aos, fleur). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des éricinées, tribu des éricées, comprenant huit à dix espèces, qui croissent au cap de Bonne- Espérance.

SYNDESMIS s. m. (sain-dè-smis — du gr.

sundesmos, lien). Bot. Genre d'arbres, de la famille des téiébinthacées, dont l'espèce type est originaire de Poulo-Pinang.

SYNDESMOGRAPHE s. m. (sain-dè-smogra-fe. — V. syndksmographie). Auteur d'une syndesmogiapbie.

SYNDKSMOGRAPHIE s. f. {sain-dè-smogra-fî — du gr. syndesmos, ligament; graphe, je 'décris). Partie de l'anatomie qui traite de la description des ligaments.

SYNDESMOGRAPHIQUE adj. (sain-dè-smo-

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gru-fi-ke — rad. syndesmographie). Qui a rapport k la syndesmographie.

SYNDESMOLOGIE s. f. (sain-dè-srao-lo-iî — dugr. sundesmos, ligament; logos, discours). Traité sur les ligaments.

SYNDESMOLOGIQUEadj.(sain-dè-smo-loji-ke — rad. syndesmologie). Qui a rapport a la syndesmologie.

SYNDESMOLOGISTE s. m, (sain-dè-smolo-ji-ste — rad. syndesmologie). Celui qui s'occupe de syndesmologie. Il Ou dit aussi

SYNDESMOLOGUE.

SYNDESMO -PHARYNGIEN, 1ENNE adj.

(sain-dè-smo-fa-rain-ji-ain , i-è-ne — de syndesmose, et de pharyngien). Anat. Se dit d'un des faisceaux du muscle constricteur supérieur du pharynx.

SYNDESMOSE s. f. (satn-dè-sôm-ze — du gr. sundesmos, ligament). Anat. Articulation mobile des .os, par le moyen des ligaments.

SYNDESMOTOMIE s. f. (sain-dè-srao-toml — de syndesmose, et du gr. tome, section). Anat. Dissection des ligaments.

SYNDESMOTOMIQUE adj. (sain-dè-smoto-mi-ke — rad. syndesmotomie). Anat. Qui a raport à la syndesmotomie.

SYNDIC s. m. (sain-dik — lat. syndicus ; gr. sundikos; de Sun, avec, et de di Aie", procès). Celui qui est nommé pour prendre soin des affaires d'une communauté, d'un corps dont il est membre : Le syndic de ta faculté, Le syndic des notaires, des agents de change. Le syndic d'une paroisse , d'une communauté , d'une corporation, etc. (Acad.)

— Nom donné, dans le midi de la France, a. des individus chargés de surveiller l'emploi des eaux d'irrigation. q

— Jurispr. Délégué qui, dans les faillites, est chargé de représenter la masse des créanciers dans les opérations auxquelles la situation du failli peut donner lieu : Etre syndic dans une faillite.

— Mar. Individu qui, dans certaines localités, exerce, envers les marins classés et leurs familles, le patronage attribué ailleurs aux commissaires et sous-commissaires.

— Hist. Premier magistrat de la république de Genève.

— Encycl. « Le syndic, dit M. Guyot, considéré comme officier d'un corps, est chargé de répondre de la conduite du corps même; il fait et reçoit les. mémoires qui regardent les affaires ou les intérêts de la communauté; il contrôle et corrige les actions et les fautes des particuliers qui dépendent de la communauté, ou du moins il les fait blâmer et réprimander dans les assemblées publiques.

Dans le fond, le syndic est en même temps l'agent et le censeur de la communauté. •

Autrefois, quandlescorpsd'étatètaientréunis en corporations ou communautés, chaque corporation ou communauté possédait un sjnidt'c et un adjoint, chargés tous deux de veiller k la gestion des affaires, à la recette et a l'emploi des ressources communes, ainsi qu'à la police intérieure de la communauté. La communauté les nommait pour deux ans, la première onnée en qualité d'adjoints, la seconde en qualité de syndics. Las, syndics et adjoints devaient faire chaque année au moins quatre visites chez tous les maîtres, pour s'informer si le règlement de la corporation était observé et si la conduite des compagnons, garçons ou apprentis était régulière. Ils en rendaient compte à la première assemblée de la communauté, où l'on citait tous les maîtres en faute. Chaque visite était payée 1 livre dans les villes de première classe et 10 sous dans les villes de seconde classe. La communauté percevait les trois quarts de ce droit; l'autre quart revenait aux syndics et adjoints. Les syndics étaient tenus de rendre compte de leur mandat dans les deux mois, au plus tard, après l'expiration de chaque année de leur exercice. La loi du 2 mars 1791 supprima les communautés.

Les juifs étaient aussi réunis en communautés, et des syndics avaient mission de les représenter dans les affaires concernant la corporation.

Du reste, il n'est pas douteux qu'il a existé des chambres syndicales longtemps avant que leur organisation fût consacrée par la loi.

Sous le régime actuel, le plus, grand nombre des corporations ont des syndics, dont les pouvoirs sont déterminés par les lois ou règlements. Nous allons en donner un rapide exposé.

— Des syndics dans les faillites. En tant qu'elle est synonyme de mandataire d'une réunion de personnes, la dénomination de syndic s'applique plus particulièrement aux représentants des créanciers unis de la faillite.

Lorsqu'il a prononcé un jugement déclaratif de faillite, le tribunal nomme des syndics provisoires, qui ont pour mandat de commencer les opérations les plus urgentes delà faillite. Les créanciers sont ensuite consultés, dans le plus bref délai, sur le choix des administrateurs de la faillite. Le tribunal nomme de nouveaux syndics, ou continue les premiers dans leurs fonctions. Les syndics nouveaux ou continués sont désignés sous le nom de syndics définitifs. Ils représentent la masse et le failli, agissent collectivement et sont solidairement responsables de leur gestion. Ils requièrent la levée des scellés et

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font l'inventaire des biens du failli. Us procèdent ensuite, avec l'autorisation du jugecommissaire, à la vente des effets mobiliers et au .recouvrement des dettes actives; ils versent les deniers provenant de ces opérations à la caisse des dépôts et consignations et transigent, toujours avec l'autorisation du juge-commissaire, sur toutes les contestations intéressant la masse. Us doivent faire tous les actes nécessaires pour la conservation des droits du failli, requérir inscription sur ses immeubles et sur ceux de ses débiteurs, vérifier et affirmer les créances.

— Syndics des eaux. La police des cours d'eau est exclusivement confiée au gouvernement; cependant les propriétaires riverains ont le droit de se réunir pour former un syndicat, afin de proposer au gouvernement, dans l'intérêt de leurs propriétés, les moyens les plus propres k utiliser les eaux. Ces associations , qui se désignent ordinairement par le nom du cours d'eau qu'elles veulent utiliser, sont aussi souvent appelées associations d'arrosants. Le but de ces associations est de contribuer au développement de la richesse du pays, à la fertilité du sol et k son assainissement dans l'intérêt de l'hygiène publique. Aussi l'autorité administrative devaitelle, tout en les surveillant, les faire jouir de certains avantages. Les propriétaires qui veulent se réunir en syndicat dressent les statuts de leur association, qu'ils soumettent à l'autorité locale. Celle-ci donne son avis et le transmet au préfet du département, qui consulte les ingénieurs des ponts et chaussées et prépare un règlement d'administration publique modifiant ou mettant en harmonie avec les lois et règlements les statuts présentés. Ce projet est soumis ensuite à l'approbation de l'autorité supérieure, c'està-dire au conseil général des ponts et chaussées, au ministre des travaux publics et à l'assemblée générale du conseil d'Etat. Le règlement une fois approuvé, le préfet est chargé de veiller à sou exécution.

Un syndicat, chargé des affaires de l'association et de la surveillance des travaux, représente l'association des propriétaires. Le règlement général de l'association doit consacrer l'institution et les pouvoirs de ses syndics, que le préfet choisit parmi les candidats présentés par un vote libre des propriétaires réunis en assemblée générale sur sa convocation. Les syndics deviennent les mandataires et les représentants des arrosants et de tous les intéressés ; ils se réunissent en commission syndicale. Dans cette commission se concluent tous les marchés et toutes les dépenses nécessaires au bon aménagement des eaux. C'est par elle que sont formulées toutes les demandes et réclamations à l'autorité supérieure. Le préfet, à son tour, transmet à la commission syndicale les autorisations, prescriptions ou défenses qu'il juge nécessaire de faire aux intéressés. Toutes les contestations qui peuvent se présenter au sujet de l'exécution des règlements rentrent dans la compétence des tribunaux administratifs.

— Syndics des gens de mer. Les syndics des gens de mer sont des agents qui, dans chaque quartier maritime, sont préposés k l'inscription maritime, sous les ordres de l'officier administrateur. Ils sont nommés par le ministre de la marine, sont dispensés du service militaire et reçoivent de l'Etat un salaire annuel qui varie suivant l'importance du syndicat; ils ont, en outre, dans certaines circonstances, des frais de voyages et des vacations. Il leur est interdit de prendre ou de recevoir directement ou indirectement aucun présent, soit en argent, soit en denrées ou autres choses quelconques, des gens de mer et ouvriers, à peine de concussion (ordonnance de 1784). Us sont justiciables des tribunaux ordinaires pour les crimes et délits

?u'ils commettent dans l'exercice de leurs onctions. D'après le décret du 9 messidor an XIII, le syndic qui a favorisé l'évasion d'un déserteur est passible d'un an d'emprisonnement et d'une amende de 300 francs à 3,000 francs ; si le fait a eu lieu en temps de guerre, l'emprisonnement est de deux ans. «Il est à remarquer, dit M. Beaussant, que les fonctions importantes de syndic sont, malheureusement pour l'Etat et l'inscription maritime, confiées kde vieux serviteurs souvent accablés d'infirmités et incapables du service administratif, et que ces fonctions sontsi peu rétribuées qu'elles ne satisferaient pas un homme jeune et capable. »

— Syndicats d'agents de change. V. chambre: syndicale.

— Syndicats de boulangers. Dans toutes les localités où ils sont en nombre suffisant, les boulangers peuvent organiser un syndicat pour veiller à l'exécution des règlements sur la boulangerie et prendre toutes les mesures utiles aux membres de leur profession. Le syndicat de la boulangerie était autrefois, à Paris, composé de quatre membres nommés par vingt-quatre boulangers, pris parmi ceux, qui exerçaient leur profession depuis longtemps (arrêté du 19 vendémiaire an X). L'arrête du 15 messidor an XI porta à quurantehuit le nombre des électeurs. Les syndics sont nommés pour quatre ans; ils sont renouvelés par quart tous les ans et peuvent être réélus après un intervalle de deux années ; k moins de circonstances exceptionnelles, un syndic décédé ou qui s'est démis

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de ses fonctions n'est remplacé qu'à )a fin de l'année.

« Le bureau du syndicat de la boulangerie, auquel est annexée une boulangerie coin' mune servant à ceux des boulangers dont le travai! est interrompu pour cause d'accidents ou de réparations, était établi à Paris, rue Saint-Paul, n° 9 ; il a été tninsféré quai d'Anjou, no 7, en vertu d'un arrêté de police du 21 mai 1S45, qui autorise cette translation et fixe les conditions du nouvel établissement. Les syndics s'y rassemblent le jeudi de chaque semaine aune heure. t (Dalloz, Répertoire de législation.)

— Syndicats de bouchers. Les bouchers peuvent également, dans les grandes villes, s'organiser en corporation régulière, avec un syndic et dos adjoints. Un arrêté du 8 vendémiaire un XI (30 septembre 1802) décréta la réorganisation de ia boucherie à Paris. Cet arrêté, qui réglemente la matière, établit un syndicat. Aux termes de l'ordonnance du 18 octobre 1S23 (ait. 7), )e syndicat de la boucherie est rétabli. Le préfet de police nomme parmi les bouchers trente individu-:, dont dix sont pris dans le nombre de ceux qui payent ledroit proportionnel des patentes la moins considérable; ces trente individus ou bouchers électeurs nomment pour tons les bouchers un syndic et six adjoints. Le syndic est élu pour un an; les adjoints le sont pour trois ans. Ils peuvent tous être réélus (art. 1 et 2 de l'ordonnance de police du 25 mars 1830). Les syndics et adjoints doivent faire leur rapport et donner leur avis au préfet de police .sur toutes les dispositions de surveillance de police concernant le commerce de la boucherie; ils doivent lui présenter aussi un projet de statuts et de règlements relativement à l'exercice de leur profession. Mais ces actes ne sont exécutoires qu'après l'homologation du ministre de l'intérieur, sur l'avis du préfet (art. 8 de l'ordonnance du 18 octobre 1829). Les syndics et adjoints présentent aussi, le 28 de chaque mois au plus tard, au préfet de police, un état indicatif du crédit individuel qui peut être accordé a chaque boucher de Paris sur la caisse de Poissy pour le mois suivant. Ce crédit ne peut être inférieur au montant du cautionnement de chacun, à moins d'une déclaration contraire de leur part (art. 0). Il est encore dans les attributions du syndicat de connaître : 1° sous le rapport de la discipline intérieure, de toutes les difficultés qui s'élèvent entre les marchands bouchers, les étaliers, les garçons bouchers et autres individus attachés au service; 2° par voie de conciliation, des contestations entre les bouchers ou entre ceux-ci et les marchands de bestiaux. Pour être valables, les décisions du syndicat doivent être prises par les deux tiers au moins des membres présents (art. H et 15 de l'ordonnance de police du 25 mars 1830). Le conseil du syndicat est composé d'un avocat au conseil d'Etat et à la cour do cassation, d'un avocat à la cour d'appel, d'un notaire et d'un avoué (art. 21 de l'ordonnance de police de 1830).

— Syndicats de patrons et ^ouvriers. Depuis un certain nombre d'années, il s'est formé à Paris et dans plusieurs villes, principalement du midi de la France, un grand nombre de chambres syndicales de patrons et un certain nombre de chambres d'ouvriers.

Les chambres syndicales de patrons sont des comités dont les membres sont délégués par un groupe de commerçants appartenant à la même industrie. Ces chambres ont pour principale mission de concilier ou de régler les différends entre commerçants et de substituer des arbitres à peu près gratuits, et dont la compétence est certaine, aux arbitres chèrement payés qui prêtent leur concours aux tribunaux de commerce. Les chambres syndicales, outre l'arbitrage professionnel, s'occupent d'affaires très-complexes. Ainsi, les syndicats étudient les intérêts de l'industrie qu'ils représentent, les réformes à apporter dans les modes de production, les questions de transports, de tarifs, etc. ; ils établissent des agences pour la poursuite des contrefaçons, pour la centralisation des renseignements commerciaux; ils font des enquêtes sur les questions économiques, discutent le mérite d'innovations proposées, s'occupent de créer des rapports entre ies patrons et les ouvriers pour éviter des grèves. Dans certaines industries où des accidents exposent les patrons k des dommages-intérêts envers des tiers, les syndicats ont établi une sorte d'assurance mutuelle répartissent les risques entre les divers adhérents. Un fonds est aussi formé pour assurer des secours pécuniaires et médicaux aux employés ou ouvriers malades ou b.essés. Euii.'i l'amélioration de la situation morale, intellectuelle et technique des apprentis a aussi préoccupé les chambres syndicales, dont l'action s'étend, en outre, d'une façon très-marquée, depuis quelques années, à l'élection des membres du tribunal et de ia chambre de commerce. Pour exercer ces attributions générales et pour rendre plus promptes et inoins coûteuses leurs fonctions purement professionnelles, les chambres syndicales ont compris la nécessité de s'associer entre elles; do là est sortie, à Paris, une organisation déjà forte et puissante qui constitue deux groupes principaux. Ainsi que nous l'apprend M. Havard, dans son ouvrage intitulé : les Syndicats probes-

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sipimels (1874), le groupe le plus ancien est le groupe dit de la Sainte-Chapelle, qui comprend onze chambres de l'industrie du bâtiment; puis s'est formée l'Union nationale, comprenant soixante-quinze chambres, où presque toutes les branches du commerce parisien sont représentées. Vingt-deux branches seulement sont restées en dehors de ces deux groupes; elles appartiennent presque toutes à des industries riches et importantes (banque, bijouterie, imprimerie, vins, grains et farines, etc.). En 1868, l'Union nationale, le groupe du bâtiment et plusieurs chambres isolées ont constitué un noyau commun, le Comité central des chambres syndicales. • A partir de cette évolution, dit M. Havard, on peut dira que les chambres syndicales de Paris, tout en ayant chacune une vie propre, constiiuent un corps unique qui, dans toutes les glandes questions d'intérêt général, agira en parfaite communauté d'intérêts. » Les chambres syndicales ont pris pour règle de ne point s'occuper de politique, ce qui fait que, bien qu'étant en contravention formelle à l'article 291 du code pénal contre les associations de plus de vingt membres, elles sont tolérées par la police, comme ne s'occupant que des intérêts des industries qu'elles représentent. Les adhérents exercent sur les chambres et sur les comités un contrôle permanent et une action directe, au moyen de conférences et d'élections périodiques.

Les chambres syndicales d'ouvriers, beaucoup moins nombreuses que celles des patrons, tendent cependant à s'accroître beaucoup depuis quelques années. Elles sont formées sur ie niêiiie type et s'occupent des questions qui les touchent plus particulièrement, c'est-à-dire des questions de salaire et de travail. Quelques-unes ont organisé des bureaux do placement pour les ouvriers sans travail, de renseignements pour les patrons ayant besoin d'ouvriers. Ces syndicats ont également pour but de concourir à la nomination des conseils de prud'hommes, de leur fournir des experts et de diminuer, au moyen de l'arbitrage, le nombre des litiges qui leur sont soumis.

Les chambres syndicales da patrons et d'ouvriers paraissent appelées à exercer une action des plus heureuses, non-seulement sur le progrès industriel , mais encore sur les rapports des patrons et des ouvriers, une des questions les plus délicates et les plus importantes du temps. Pour prévenir ou amortir les conflits, empêcher les coalitions et les grèves, on a eu l'idée d'établir des rapports rixes entre les syndicats de patrons et les syndicats d'ouvriers, au moyen de la création de commissions mixtes arbitrales dans chaque profession, commissions pouvant régler amiablement tous les conflits entre les patrons et les ouvriers. L'initiative de cette sage mesure est due à M. Havard, président de la chambre syndicale de la papeterie. Grâce à lui, dans cette industrie, il a été créé à Paris une sorte de conseil de famille, où siègent côte à côte cinq délégués du syndicat des patrons et cinq délégués du syndicat des ouvriers. Cette institution a été accueillie avec faveur et paraît devoir s'étendre, car la plupart des chambres syndicales reconnaissent la nécessité de faire succéder aux relations trop restreintes des ouvriers et des patrons des relations plus constantes et plus suivies, qui doivent avoir les plus heureux résultats.

Syndic* do» drapiers (les), tableau de Rembrandt; musée d'Amsterdam. Ce tableau est connu en Hollande sous le nom de StaalmeesterS (Maîtres plombiers ou Maitres au plomb), parce que la guilde des drapiers d'Amsterdam constatait la provenance des étoffes ou l'acquit de certains droits par l'apposition d'un sceau de plomb. Les six syndics de la corporation des drapiers, vêtus de noir, avec des rabats blancs, entourent une table ovale recouverte d'un tapis de perse rouge. Tous ces marchands regardent en même temps du même côté, comme si quoiqu'un venait interrompre la lecture, commencée entre eux, d'un registre posé sur la table. Bien que simple réunion de portraits vus seulemont jusqu'aux genoux, ce tableau est un des chefs-d'œuvre de Rembrandt; il est même des connaisseurs qui le préfèrent à sa fameuse Monde de nuit. « Ce ne sont pas six portraits, dit M. Viardot, ce sont six vivants, conservés depuis deux siècles comme dans un château enchanté par le magicien dont la puissante baguette les a fixés sur une toile immortelle, » « C'est fort beau, dit M. Maxime du Camp, plus sage que la Âonde de nuit, quoique trop empâté aussi et déjà fait dans Cette dernière manière qui a donné à quelques-uns de ses tableaux l'apparence do bas-reliefs coloriés.» 11 existe au musée de Caen une fort belle copie de ce tableau, par M. de Serres.

SYNDICAL, ALE adj. (sain-di-kal, a-le — rad. syndicat). Qui appartient au syndicat : Fonctions synmcalks.

— Chambre syndicale, Espèce de tribunal disciplinaire institué pour juger les infractions aux règlements d'une corporation et aux devoirs imposés à ses membres : Il y avilit autrefois une chambre SyNdicalb des libraires. (Acad.) Les agents de change de chaque place forment une compagnie, et lorsqu'ils sont en nombre suffisant, ils ont une chambre syndicale, (froudh.) La chambrb syndicale a en-

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corepour mission de constater le cours des effets et d en rédiger la cote. (Proudh.)

SYNDICAT s. m. (sain-di-ka — rad. syndic). Charge, fonction de syndic : Accepter le syndicat d'une faillite. [1 Exercice des fonctions de syndic : Durant le syndicat d'un tel.

— Bourse. Association de capitalistes intéressés à une même affaire et qui mettent leurs titres en commun.

— Encycl. V. SYNDIC.

SYNDICATAIRE adj. (sain-di-ka-tè-re — rad. sydicat). Qui appartient, qui a rapport à un syndicat.

— s. m. Membre d'un syndicat financier : Défendre les intérêts des syndicataires.

SYNDIQUE s. m. (sain-di-ke — gr. sundikos; de Sun, avec, et de diké, justice). Antiq. gr. Orateur athénien chargé de la défense d'une-ioi.

SYNDIQUER v. a ou tr. (sain-di-kè — rad. syndic). Organiser en syndicat : Syndiquer des ouvriers, une industrie.

Se syndiquer v. pr. S'organiser en syndicat : Les ouvriers ont de grands avantages à

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