‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 839 sur 1059 · SB SYNDIQUER · texte numérisé non relu

SB SYNDIQUER

SYNDOPÉTALES s. m. pi. (sain-do-pé-tale — du gr. sundcô, je lie ensemble ; petalon, feuille). Myriap. Syn. d'iuUDES.

SYNDOSMYE s. f. (sain-do-smî). Moll- Genre de mollusques acéphales à coquille bivalve, formé aux dépens des amphidesino.s et comprenant dix espèces, très-petites, qui vivent dans les mers d'Europe.

SYNDROME s. m. (sain-dro-me — du gr.

supdromê, concours; de sun, avec, et de drovws, course). Pathol. Ensemble des symptômes caractéristiques d'une maladie.

SYNECDOCHE s. f. (si-nè-kdo-che). V. SY- NECDOQUE.

SYNECDOQUE s. f. (si-nè-kdo-ke — du gr. synecdoché, compréhension ; fait de sun, avec, et dechomai, je prends). Rhétor. Figure par laquelle on fait entendre le plus en disant le moins, ou le moins endisant le plus: Cent voiles pour cent vaisseaux est une synecdoque. La SYNiiCDOQOK est une métonymie oà l'on fait entrer tantôt plus, tantôt moins que le sens propre du mot. (A. Didier.)

— Encycl. La synecdoque est un trope par lequelon augmente ou diminue la compréhension d'un mot, on prend la parie pour le tout ou le tout pour la partie, le particulier pour le général, la matière pourl'objet fabriqué, le singulier pour le pluriel, et vice versa. La métonymie, anire trope de la même famille, prend le contenant ponr le contenu et réciproquement, l'effet pour la cause ou la cause pour l'effet, etc. Ainsi, si l'on dit que Rabelais aimait la dive bouteille, on fait une métonymie, car on prend le contenant pour le contenu; si l'on dit une flotte de cent voiles, on fait une synecdoque puisque l'on prend la partie pour le tout.' Il n'y avait peut-être pas lieu d'établir da distinction entre deux genres de figures qui sont si proches parents, mais les rhéteurs ont cru devoir distinguer, et force nous est de les suivre sur ce terrain, i Dans l'une et l'autre figure, dit Beauzée, il y a une relation entre l'objet dont on veut parler et celui dent on emprunte le nom, car s'il n'y avait pas de rapport entre ces objets, il n'y aurait aucune idée accessoire et par conséquent point de trope; mais la relation qu'il y a entre les objets dans la métonymie est de telle sorte que l'objet dont on emprunte le nom subsjste indépendamment de celui dont il réveille l'idée et ne forme point un ensemble avec lui ; tel est le rapport qui se trouve entre la cause et l'effet, entre l'auteur et son ouvrage, entre Cérès et le blé, entre le contenant et le contenu, comme entre le vin et lu bouteille; au lieu que la liaison qui se trouve entre les objets dans la synecdoque suppose que ces objets forment un ensemble, comme le tout et la partie, le vaisseau et la voile; leur union n'est point un simple rapport; elle est plus intérieure et plus indépendante. » Voici quelles sont les diverses espèces du synecdoques

Synecdoque du genre: lorsqu'on dit les mortels pour les hommes. Tous ies animaux sont sujets à la mort aussi bien- <^ne nous ; le terme mortels devrait donc s'enteudre rie tous les animaux. Quand par les mortels on n'entend que les hommes, ou dit le plus pour le moins ; c'est une synecdoque du genre.

Synecdoque de l'espèce. Par exemple, le mot rose signifie une espèce particulière de (leurs, et si l'on dit la saison des roses pour signifier lu. saison des fleurs, on prend le moins pour le plus ; c'est une synecdoque de l'espèce.

Synecdoque du nombre, tille emploie le singulier pour le pluriel ou le pluriel pour le singulier. Boileau a dit le Français pour les Frauçais, dans ce vers connu :

Le Français, né malin, forma le vaudeville.

On dit: L'ennemi vient à nous, pour Les ennemis. Dans ces deux exemples, le singulier est mis pour le pluriel; c'est au contraire le pluriel qui est mis pour le singulier lorsqu'on dit j les Cicéron, les Virgile. Il est écrit dans les prophètes, pour : 11 est écrit dans un livre de l'un des prophètes.

Synecdoque du tout pour la partie. Virgile a dit, par exemple, un bouclier fait de trois taureaux, pour fait de la peau de trois tau-

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reaux. On a dit do même un castor, pour un chapeau fait avec le poil du castor.

Synecdoque de la partie pour le tout. Ainsi la tête est prise pour l'homme entier, dans ce vers de Voltaire :

Les chrétiens vous devraient une tête si chère. On dit, par la même figure, mille âmes, pour mille habitants ; cent voiles, pour cent vaisseaux ; cent feux, pour cent maisons. On voit fréquemment, chez les poètes, l'hiver ou le printemps pris pour l'année entière, l'onde pour un fleuve ou pour la mer, le fleuve qui traverse un pays- pour ce pays lui-même, 1* Seine pour la France, le Tibre pour Rome, par exemple dans ces vers de Boileau :

Chaque climat produit des favori» de Mars;

La Seine a des Bourbons, la Tibre a des Césars.

Synecdoque de la matière. Quand on dit . Prends ce fer, nu lieu de cette épée ; L'airain résonne, pour dire le canon, l'on se sert alors du nom de la matière pour signifier la chose qui en est faite.

Synecdoque de la quantité. On prend une quantité pour une autre lorsqu'on exprime un nombre certain pour signifier un nombre incertain. L^s Latins disaient six cents (sex~ centa) pour un nombre indéterminé; nous disons mille dans le même sens. Boileau a dit, pour signifier un grand nombre de fois :.

Vingt fois sur le métier remettes votre ouvrage.

Synecdoque d'abstraction. On emploie un terme abstrait au lieu d'un terme concret, lorsqu'on dit la jeunesse pour les jeunes gens, lu vieillesse pour les vieillards :

La vieillesse chagrine incessamment amasse.

On peut aussi, par synecdoque, employer un nom propre pour un nom commun, quand on dit, par exemple, un Cicéron pour un orateur, un Virgile pour un poète. On peut, réciproquement, se servir d un nom commun au lieu d'un nom propre, et dire : l'orateur romain, pour Cicéron ; le poète de Mantoue, pour Virgile ; l'aigle de Menus, pour Bossuet; le cygne de Cambrai, pour Fénelon.

SYNECHIE s. f. (si-né-kl — du gr. sunecheia, adhérence). Pathol. Adhérence. Il Syitéchie antérieure, Adhérence de l'iris avec la cornée. Il Synèchie postérieure, Adhérence de l'iris avec la capsule cristalline.-

— Encycl. La synèchie est antérieure ou postérieure. Elle est antérieure lorsque l'iris adhère à la cornée transparente ; elle est postérieure lorsque l'iris adhère à la capsule cristalline.

La synèchie antérieure, quelquefois congénitale, est le plus souvent ta suite d'une [daie ou d'une altération de la cornée, à travers laquelle l'iris s'est porté et a fait hernie. L'adhérence de l'iris il la cornée est presque toujours partielle. Elle entraîne la pupille vers le point où elle est établie et l'allonge dans le même sens. Quand la pupille est entièrement adhérente, il en résulte une gêne dans les contractions de l'iris, qui rend la lumière vive difficile à. supporter. Lorsque, au contraire, la circonférence de la pupille est moins compromise dans l'adhérence, elle se trouve souvant lellcinentdôpriinée que la vision ne peut plus se faire. Il est impossible de détruire l'adhérence de l'irisa la cornée transparente; mais on a cru que l'on pourrait quelquefois la prévenir en agissant aussitôt que l'on s'aperçoit de la tendance des parties à la contracter. On a conseillé pour cela d'exposer alternativement et fréquemment l'œil k une vive lumière et de le plonger dans une obscurité profonde, afin d'exciter successivement le relâchement et les contractions énergiques de l'iris. Mais si l'on fait attention que l'œil est fortement enflammé dans tous les cas où l'iris tend à s'attacher à la cornée, ou sentira qu'il y aurait plus d'inconvénients que «l'avantages à mettre ce moyen en usage. Il vaut mieux employer ies préparations de belladone a l'intérieur et a l'extérieur. Lorsque la maladie est accompngnée de difficulté à soutenir une lumière vive, on y remédie au moyen de lunettes à verres colorés. Si l'adhérence entraînait une déformation de la pupille telle que la vue en fût complètement empêchée, il faudrait pratiquer une pupille artificielle.

La synèchie postérieure, quelquefois congénitale, plus souvent survenue après Ja naissance, est toujours le résultat d'une inflammation. Elle est souvent compliquée d'opacité de la membrane capsulaire ou cristalline. La pupille, dilatée ou resserrée, plus souvent dans ce dernier état, reste immobile lorsqu'on expose subitement l'œil à une lumière vive. Dans ce cas, on distingue cette immobilité de celle qui dépend d'une amaurose, à ce que le malade a la sensation de la lumière. Quelquefois aussi l'adhérence n'est que partielle entre un des points de la circonférence de la pupille et la capsule cristalline; alors la pupille se meut seulement dans les points où elle est libre et acquiert dans les mouvements une régularité caractéristique. (Jette affection, quand elle est simple, est incurable. Lorsqu elle est compliquée de cataracte, on peut, eu faisant l'opération nécessitée par cette maladie, détruire les adhérences qui unissent la capsule à l'iris.

SYNECPHONÈSE s. f. (^-nè-kfo-nè-ze — du préf. syn, et du gr. ecphônêsis, émission de voix). SJyn. de synizésb.

SYNECT1QUE adj. (si-nè-kti-ke — du gr.

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sur.ektikos, compréhensif; de sun, avec, et de eehô, j'ai). Algèbre. Se dit d'une fonction qui reste toujours finie et continue, dont la dérivée reste toujours elle-même finie et continue, et qui n'a jamais qu'une seule valeur.

— Encycl. Ce mot a été créé par M. Cauchy. On sait que ce savant figure une valeur imaginaire de la variable par un point dont l'abscisse est la partie réelle de cette variable et l'ordonnée le coefficient de y — 1. Il dit, en conséquence, qu'une fonction est syneclique dans l'inturieur d'un contour lorsqu'elle remplit les conditions énoncées plus haut pour toutes les valeurs de la variable correspondant aux points de l'intérieur du contour,

SYNÈDRE s. m. (si-nè-dre — gr. suntdros ; de sun, avec, et de edra, siège). Antiq. gr. Collègue, membre d'une assemblée délibérante.

— s. f. Bot. Syn. d'EXiLAiRE, genre d'algues diatomées ou bacillarièes.

— Encycl. Les membres de l'Aréopage portaient le nom de synèdres. Hérodote applique le même nom aux députés grecs qui composèrent l'assemblée de Salamiue ; on le trouve souvent employé pour les députés des autres assemblées générales des Grecs, soit à Corinihe, soit aux Thermopyles, soit ailleurs. Les. Athéniens, vers 377 avant notre ère, résolurent de renouveler leurs contrats avec les peuples qui avaient accepté leur alliance; ils prirent cette résolution dans le dessein d'établir définitivement l'alliance sur des bases plus équitables. Un congrès se tint donc à Athènes et chacun des Etats alliés y fut représenté Les membres des divers Etats envoyés a ce congrès reçurent le nom de synèdres. De nombreuses allusions à cette assemblée et aux députés qui la composaient se trouvent dans les discours des orateurs attiques, particulièrement dans ceux d'Isocrate, qui presse vivement ses concitoyens de se tenir fermes dans les principes adoptés par les synèdres et de renoncer à touie tentative pour recouvrer leur ancienne suprématie.

SYNÉDRELLE s. f. (si-né-drè-Ie — dimin.

du gr. sunedreia, réunion). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, formé aux dépens des verbésines, et comprenant deux espèces, qui croissent aux Antilles.

SYNÉDRlN s. m. (si-né-drain — gr. sunedrion; de sun, avec, et de edra, siège). Hist. Nom du sénat de Sparte.

SYNÉGORE s. m. (si-né-go-re — gr. sunégoros; de sun, avec, et de agoreuà, je parle en public). Antiq gr. Avocat, défenseur ou conseil d'un accusé ou d'une partie danu un procès.

— Encycl. Les lois primitives d'Athènes obligeaient les parties à plaider elles-mêmes leur propre cause, sans se faire assister. Mais, par la suite des temps, la science des lois devint plus compliquée et l'art oratoire moins simple, de telle sorte qu'il fut impossible à. ceux qui n'en avaient pas fait Une étude sérieuse de" lutter contre des adversaires plus habiles dans l'éloquence et mieux au l'ait des choses du droit. Pour obvier à cet embarras, le moyen le plus simple était de consulter un ami avant d engager le procès, eu, le procès engagé, de lui demander la meilleure conduite à suivre pour réussir à le gagner. C'est, en eri'et, le moyen que l'on mit d'abord en pratique. On fit ensuite un second pas dans la même voie et l'on chargea un ami d'écrire à l'avance le discours qu'on aurait à prononcer devant le tribunal. Il résulta de cette coutume que des hommes possédant la science des lois et le talent oratoire se tirent un état d'écrire des discours pour les autres et de donner des consultations judiciaires, le tout moyennant rétribution. Le premier qui ait ainsi atteint à quelque renommée fut Antiphon-, des hommes très-célèbres lui succédèrent : Lysias, Isée, Isocrate. La même carrière fut suivie par Démosthène lui-même jusqu'au jour où ii la quitta pour les affaires publiques. Ces orateurs qui écrivaient les discours et ne les prononçaient pas furent appelés, non synégores , niais logographes. C'est de ce dernier terme qu'Eschine se servit contre Démosthène lorsqu'il l'accusa d'avoir trabi ses clients en montrant à leurs adversaires les discours qu'il avait composés.

Cependant, la loi qui forçait les parties à comparaître en personne et à parler ellesmêmes restait en vigueur. On obtenait toutefois la permission de prendre un avocat si l'on était malade, si l'on était trop faible de corps et d'esprit pour soutenir sa propre cause sans un désavantage manifeste. Ainsi Miltiade, étant accusé de trahison et ne pouvant, par suite de maladie, se défendre luimême, se fit porter devant le tribunal dans une litière, et son frère Tisagoras parla pour lui. Ainsi Isocrate malade fut défendu par sou lils Apharée. Nous voyons encore dans le discours de Démosthène contre Léocharès que le fils parla pour son père. Mais, en règle générale, celui-là même qui était en cause portait la parole, les juges préférant former leur opinion sur lui en tenant compte de sa voix, de sou regard, de son attitude. Si une des parties Se défiait de ses forces ou de sou habileté, il lui fallait le plus souvent demander, eu de courtes paroles, la permission d'in-

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troduire un avocat. Presque toujours cet avocat fut d'abord, comme nous venons de le voir, un parent ou un ami. Rarement le tribunal refusait la permission demandée. Peu à peu, au lieu des parents et des amis, les défenseurs furent des orateurs de profession ; c'est à eux qu'on donna spécialement le titre de synégores. Cet usage était établi à la belle époque des orateurs attiques. On en peut donner comme exemples les discours de Démosthène pour Ctésiphon contre Eschine et pour Phanos contre Aphobos. Mais il est à propos de remarquer que Démosthène avait, dans ces deux causes, un intérêt direct. Chez nous, l'avocat qui parlerait dans une cause . où il ne serait pas désintéressé paraîtrait facilement suspect et exciterait la méfiance des juges; chez les Athéniens, au contraire, c'était une raison pour l'écouter avec plus de faveur, et l'on concevait des soupçons contre celui qui n'avait pas de motif apparent pour prendre en main la cause d'une autre personne. Souvent les synégores, en commençant leur discours, faisaient connaître les raisons pour lesquelles ils portaient la parole; c'étaient ou les liens du sang ou ceux de l'amitié qu'ils mettaient en avant pour défendre une cause ; c'était, en d'autres cas, l'inimitié qui les animait contre la partie adverse; c'était encore leur propre intérêt qui se trouvait en jeu dans l'issue du procès. Nous possédons des discours d'Isée, d'Isocrate, de Démosthène, dont les exordes développent ces divers motifs. La loi défendait aux synégores de recevoir un salaire, sous peine d'une accusation devant le tribunal des thesmothètes; mais ce qu'elle n'empêchait pas et ne pouvait peut-être pas empêcher, c'était l'influence des associations politiques, dont les membres se soutenaient sans égard pour le droit et la justice.

Dans les procès criminels, l'usage, eu ce qui regaif.e les avocats, parait avoir été le même à Athènes que pour les procès civils. Cependant il y eut plus généralement, dans les causes criminelles, plusieurs avocats de la poursuite ; en outre, quand ces causes étaient importantes et intéressaient matériellement l'Etat, on nommait des orateurs publies contre l'accusé. C'est ainsi qu'il en fut choisi par le peuple contre Démosthène, Aristogiton et les autres citoyens accusés d'avoir reçu de l'argent d'Harpalus. Mais il n'y avait d'ordinaire, dans chaque procès, qu'uu citoyen qui eût le nom d'accusateur ou de cutêgorej ceux qu'on lui adjoignait pour soutenir l'accusation devant les juges étaient des synégores. Dans le procès contre Socrate, Mélitus fut le ealégore, tandis qu'AnytuS et Lycon étaient des synégores. Dans le procès contre la loi de Leptiue, il y eut deux catégores, Aphepsion et Ctésippe, fils de Chabiias; le premier eut avec lui pour synégore Phortnion et l'autre Démosthène, Celui-ci dit dans son exorde qu'il avait accepté la mission de parler et parce qu'il trouvait la loi mauvaise et parce qu'il voulait obliger le fils de Chabrias, auquel la loi enlevait certains privilèges qu'il avait hérités de son père. Il ne parait pas qu'il ait existé de loi limitant le nombre de personnes qui pouvaient parler comme synégores dans les causes soit privées, soit publiques; mais, dans la pratique, ce nombre se trouvait inévitablement limité par la clepsydre qui mesurait le temps de la parole à chaque partie. Des discours multipliés n'auraient donc pu se faire qu'aux dépens les uns des autres. Ordinairement, chaque partie faisait deux discours; le plaignant ou l'accusateur commençait, le défendeur lui succédait, puis chacun d'eux avait sa réplique.

Quelques érudits ont cru, par erreur, que les orateurs politiques qui portaient la parole dans l'assemblée du peuple sur les affaires de l'Etat recevaient le nom de synégores. Ils'furent simplement appelés orateurs, ou démégores, ou, s'ils avaient une grande influence sur le peuple, démagogues. C'était aux avocats pour et contre, dans les causes civiles ou dans les causes criminelles, qu'était donné, comme nous l'avons vu, le nom de synégores. Il y eut, en outre, à une certaine époque impossible à préciser, un corps d'officiers civils et judiciaires, au nombre de dix, appelés synégores et dont les fonctions ne sont pas exactement connues. Suivant les uns, ils faisaient partie de ces scrutateurs auxquels les magistrats rendaient leurs comptes; suivant les autres, ils avaient la charge de poursuivre les magistrats qui s'étaient rendus coupables de malversation ou avaient agi contrairement aux lois. Si cette dernière opinion est fondée, il est fort probable que les mêmes dix synégores eurent l'office de soutenir l'accusation publique dans tous les procès d'Etat. Ces synégores étaient nommés annuellement par le sort ou par l'élection ; chaque fois qu'ils étaient employés, ils recevaient une drachme comme salaire. C'est le salaire auquel Aristophane fait allusion dans les Guêpes (vers 691).

SYNELCOSC1ADION s. m. (si-nèl-ko-si-adi-on — du gr. sunelko, je contracte ; skiadion, ombelle). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des peucédanées, formé aux dépens des berces, et dont l'espèce type croît en Syrie.

SYNÈME s. m. (si-nè-me — du gr. sunéma, réunion). Bot. Portion de la colonne des orchidées qui représente les filets des étamines. || Division du périanthe des scitami-

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nées, qui, d'ordinaire, se présente sous une forme propre et dans laquelle on retrouve des étamines avortées ou modifiées.

SYNEMMÉNON adj. (si-nèmm-mé-non — du gr. sunemmenôn, des conjoints). Ane. mus. Se dit du troisième tétracorde conjoint avec le deuxième : Tétracorde synemménon.

— Encycl. Quand le troisième tétracorde était conjoint avec le second et disjoint avec le quatrième, il prenait le nom de synemménon. Quand,, au contraire, ce même tétracorde était conjoint avec le quatrième et disjoint avec le deuxième, il prenait le nom de diézeugménon. Synemménon dialonos était, dans la musique grecque, la troisième corde du tétracorde synemménon ou conjoint, dans le genre diatonique. La seconde corae du tétracorde diézeugménon ou disjoint était la même que la précédente ; elle portait le nom detrite diézeugménon, toujours dans le genre diatonique. Dans les deux autres genres, cette corde prenait le nom du genre où elle était employée, mais, dans ce cas, elle ne se confondait pas, comme précédemment, avec la trite diézeugménon.

SYNÉRÈSE s. f. (si-né-rè-ze — du g. su-' nairésis ; de sun, avec, et de aireâ,}e prends). Grumm. Contraction, réunion de deux syllabes en une seule dans un même mot, sans aucun changement de lettres et avec conservation de sons distincts.

— Encycl. La synérèse est le contraire de la diérèse (séparation), autre figure de grammaire par laquelle on sépare, dans la prononciation, les deux syllabes qui entrent dans une diphthongue.

On a remarqué que certains peuples étaient plus enclins à la synérèse qa'à. la diérèse, et réciproquement. En Grèce, par exemple, il est généralement vrai que les Ioniens aiment à diviser les voyelles (diérèse), tandis que les Attiques se plaisent assez volontiers à les réunir, h les contracter. Aussi sera-ce le dialecte attique qui nous fournira les plus nombreux exemples de synérèse. Ils disaient ainsi ois au lieu dé oïs ; oisus au lieu de oïzus; graidion pour graxdion; Adês pour Aulês; Thrékios pour Thrêïkios; Nérêdes pour Néréides; prô, sphâ, nô au lieu de prôï, sphoï, noî.

Chez les Latins, c'est aussi par synérèse que les poëtes disent Orpheus au lieu de Orphéus, Briareus au- lieu de Briareus, et font de deerant deux syllabes au lieu de trois.

Chez nous, la synérèse est quelquefois employée dans les vers, quand la mesure force le poète à compter pour une seule syllabe ce qui devrait en faire deux. Ainsi Malherbe, dans ses stances à Duperrier, dit:

Non qu'il ne me soit grief que la terre possède Ce qui me fut si cher; et cette synérèse, qui fait prononcer grief en une seule syllabe, est une des plus dures qui se puissent rencontrer.

D'autres synérèses, en petit nombre , sont, au contraire, très-agréables parce qu'elles sont naturelles; c'est ainsi que l'on écrit paon, faon, Laon et que l'on prononce pan, fan, Lan et non pa-on, fa-on, La-on.

Il y a beaucoup de mots où les poètes introduisent tantôt une diérèse, tantôt une synérèse. Les modernes, par exemple, font toujours de sanglier trois syllabes, tandis que La Fontaine n'en fait que deux, selon l'usage de son temps :

Par deux fois du sanglier il évite l'atteinte.

En général, les modernes séparent beaucoup de voyelles que l'on réunissait au xvuo siècle; tels sont les mots peuplier, ouvrier, prière, meurtrier, etc. Déjà Lancelot avait averti ses contemporains que la synérèse était fort dure en pareil cas. Peu de temps après lui, le Vère Mourgues, dans son Traité de ta poésie française, posait cette règle : t Les deux consonnes douces et liquides l et r désunissent toujours l'i d'avec l'e qui suit, lorsqu'elles sont précédées d'une consonne muette dans la même syllabe ; ainsi bouclier, sanglier, baudrier, étrier, meurtrier, lévrier, ouvrier sont de trois syllabes.

Citons encore, comme exemple de synérèse généralement admise, les mots amophore, Œdipe, qu'on prononce énophore, Kdipc.

SYNERGIE s. f. (si-nèr-jl — du préf, syn, et du gr. ergon, ouvrage). Fhysiol. Concours d'action entre divers organes.

SYNERGIQUE adj. (si-nèr-ji-ke — rad.

synergie). Physiol. Qui a rapport à la synergie, qui en dépend : Action synergique de plusieurs muscies

SYNERG1SME s. m. (sî-nèr-ji-sme — du préf. syn, et du gr. ergazà, j'opère). Théol. Système d'après lequel l'homme aurait une part dans l'œuvre de son salut.

— Encycl. Ce nom a été donné à la théorie du salut enseignée par Mélanchthon, en opposition à la doctrine de la prédestination de saint Augustin, doctrine que Mélanchthon lui-même avait d'abord acceptée ainsi que Luther, mais qu'il abandonna dès 1536. Dans la seconde édition de ses Loci communes, il admit que l'homme n'est pas absolument l'assit' dans l'œuvre de sa régénération, mais que sa volonté y concourt avec la parole de Dieu et le Saint-Esprit. Bien plus, il protesta avec vivacité contre le déterminisme, professé par Luther et par Calvin. • Il ne faut, dit-il, tourner contre l'Eglise les délires qu'on a

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faits touchant la nécessité. Tout cela n'a aucun fondement; ce sont sottises et folies de sophistes. » Ces choses s'imprimaient sans rencontrer aucune opposition de la part de Luther.

A la suite de Mélanchthon, un de ses plus célèbres disciples, G. Major, surintendant k Mansfeld, soutint hautement que les bonnes œuvres étaient nécessaires au salut et, par conséquent, le concours de la volonté de l'homme. Cette doctrine s'appelle le synergisme, et ses partisans furent désignés sous le nom de synergistes. Ils rencontrèrent de nombreux et ardents contradicteurs. Les luthériens purs, plus royalistes que le roi, plus rigides que leur maître, virent dans l'opinion de Mélanchthon et de Major une tentative de conciliation, un pas fait vers le catholicisme. En 1559, Nicolas d'Amsdorf, emporté par son zèle, prétendit que, bien loin d'être nécessaires, les bonnes œuvres étaient nuisibles au salut. La dispute, cependant, s'envenimait; d'un côté 1 université de Wittemberg "tout entière adoptait l'opinion synergiste ; de l'autre, l'université d'Iéna la combattait. A la tête des synergistes on remarquait J. Pfeffinger et Victorin Strigel, qui avaient pour adversaire Flacius. Celui-ci, non content de lutter avec ses contradicteurs par le raisonnement, usa de son crédit auprès du pouvoir civil pour en obtenir des poursuites contre les disciples de Mélanchthon. Strigel fut en effet condamné et puni comme pélagifin ; mais Flacius, étant allé jusqu'à dire que le mal est la substance même de l'âme humaine, fut condamné comme coupable de manichéisme. La formule de concorde vint mettre un terme à ces controverses, qui avaient été d'une longueur et d'une violence inouïes et, pour concilier tout le monde, elle frappa à ta fois les synergistes et les flaciens. Elle déclara que l'homme, étant privé depuis' la chute de toute force spirituelle, ne coopère pas à l'acte de sa cou version ; mais fclle enseigna aussi que Dieu veut sauver tous les hommes, qui peuvent céder ou résister à la grâce et par là se rendre coupables de leur propre condamnation.

SYNERGISTE s. m. (si-nèr-ji-ste —rad.

syneryisme). Théol. Partisan du synergisme. Il Nom donné à des luthériens suivant lesquels l'homme peut contribuer en quelque chose à sa conversion.

SYNERTIQUE s. m. (si-nêr-ti-ka — du gr. sunerktikos, qui a la force d'unir). lïntom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des malacodermes, tribu des ptiniores, dont l'espèce type habite la Nouvelle- Galles.

SYNÈSE s. f. (si-nè-ze — du gr. sunêsis, jonction.) Littér. Assemblage régulier de mots, u Peu usité.

SYNÉS1US, écrivain et philosophe grec, évèque de ftolémaïs, né K Cyrèue (Afrique) vers 365, mort vers 415. Sa famille, originaire de la Grèce, remontait à une haute antiquité; lui-même était attaché à la religion païenne. Désireux de compléter son instruction, il se rendit à Alexandrie, où il suivit les leçons de la savante Hypaihie, avec laquelle il se lia intimement et entra en relations épistolaires. En quittant cette ville, Synésius se rendit à Athènes; mais, ne trouvant rien à apprendre dans l'enseignement des maîtres qui y professaient alors, il retourna bientôt à Cyrèue, où il partagea son temps entre l'étude, le soin de ses propriétés et la chasse, pour laquelle il avait uu goût très-vif. La haute considération qu'il s'était acquise parmi ses concitoyens lui valut d'être envoyé à Coustantinople, auprès de l'empereur Arcadius, pour lui demander de venir en aide à la Cy renaïque, ruvujjée par les barbares et désolée par les tremblements de terre (397). Mais là, on lui suscita d'interminables difficultés, et ce ne fut qu'au bout de deux ans qu'il put enfin obtenir une audience do l'empereur. Dans le discours qu'il prononça en cette circonstance, et qui est parvenu jusqu'à nous, il s'attacha surtout à parler des devoirs de la royauté et tint un langage tel- K-ment audacieux et fier sur le pouvoir et les hommes de la cour que tout porte à croire qu'il a été modifié après coup. Il est peu vraisemblable, en effet, que des paroles aussi rudes n'eussent pas vivement indisposé l'empereur, tandis que, au contraire, Arcadius lui accorda, sur sa demande, d'être exempté de toutes charges publiques. En 400, Synésius quitta Constantinople, où il avait écrit en partie un roman philosophique, intitulé l'Egyptien ou De la Providence, et retourna en Egypte. Ayant trouvé son pays natal infesté par les brigands, il parvint à lesjchasser avec l'aide d'une troupe d'hommes de bonne volonté, dont il prit le commandement, puis reprit le cours de sa vie ordinaire, employant une partie de ses loisirs à la composition de son poëme les Cynégétiques, aujourd'hui perdu, d'hymnes, de L'Eloge de la calvitie, entretenant un commerce de lettres avec les amis qu'il avait laissés à Alexandrie et à Constantinople et employant son influence à rendre service à ceux qui s'adressaient à lui. En 403, Synésius retourna à Alexandrie, entra en relation avec l'évêque Théophile, qui le maria, bien qu'il fût païen. Pendant sou séjour dans cette ville, il écrivit deux ouvrages, Dion et le Traité des songes, qui prouvent qu'à cette

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époque il n'était point chrétien et continuait à se rattacher aux idées des néo-platoniciens. Etant retourné dans la Cvrénaïque avec sa femme, en 405, il trouva (le nouveau le pays envahi par les Marcomans, qui attaquaient jusqu'aux villes. Synésius se jeta dans Cyrene, se mit à la tête de la défense, força les barbares k abandonner le siège de cette cité, mais il ne put recouvrer ses domaines. Il errait avec sa famille dans une situation assez précaire, lorsque, en 410, les habitants de Ptolémaïs, ayant perdu leur évêque, se décidèrent unanimement, de concert avec le clergé, à appeler "Synésius h le remplacer. Celui-ci n'était point chrétien ; mais ses vertus privées, les grands services qu'il avait rendus, le courage qu'il avait déployé contre le3 barbares parurent des titres très-suffisants a des hommes qui cherchaient avant tout dans leur évêque un défenseur et un protecteur au zèle ardent. Synésius refusa d'abord ces fonctions, parce qu'il ne voulait ni quitter sa femme ni renoncer à ses opinions philosophiques, en contradiction sur plusieurs points avec le christianisme. «Dieu, la loi et la main sacrée de Théophile m'ont donné une épouse, écrivit-il alors a son père Evoptius, qui demeurait à Phyconte. Je déclare donc à tous et j'atteste que je ne veux ni me séparer d'elle ni vivre furtivement avec elle comme un adultère... Je désirerai et souhaiterai toujours d'avoir de nombreux et excellents enfants. Mais ceci n'est rien comparé à tout le reste. Il est difficile ou pour mieux dire impossible que les opinions que la science a enracinées dans mon esprit en soient arrachées. Or tu sais que la philosophie est en opposition avec certains dogmes du christianisme communément enseignés... Si je suis appelé au sacerdoce, je ne veux pas feindre des opinions que je n'ui pas. La vérité est tille de Dieu, devant qui je veux être irréprochable. Sur ce point, je ne veux pas jouer la comédie. • Synésius présenta les mêmes objections à Théophile, patriarche d'Alexandrie ; mais celui-ci fut le premier à insister pour qu'il acceptât les fonctions épiscopales, bien qu'il ne crut point aux doctrines de l'Eglise sur la formation de l'aine, sur la fin du monde, sur la résurrection, etc. Enfin, il céda aux pressantes prières qui lui furent faites, se lit baptiser, puis fut ordonné prêtre et garda auprès de lui sa famille, en même temps qu'il conservait ses opinions. Dans ces nouvelles fonctions, il resta ce qu'il avait été précédemment, un homme de bien, consacrant son temps à être utile à ceux qui l'avaient pris pour guide et pour soutien. Voyant qu'Andronic , gouverneur de la Pentapole, se livrait à toutes sortes d'exactions, il essaya sans succès de le faire changer de conduite et l'excommunia; mais lorsque Andronic , tombé en disgrâce, se trouva dans une situation malheureuse, il ne songea plus, en vrai philosophe, qu'à lui faire du bien. En 412, Ptolémaïs ayant été de nouveau assiégée par les barbares, Synésius se joignit aux soldats et aux habitants pour concourir à sa défense, paya de sa personne et parvint à forcer les envahisseurs à se retirer. La mort successive de ses trois enfants, dont le dernier perdit la vie en 413, lui causa la plus profonde douleur. « Comme un torrent longtemps contenu, écrivait-il alors à Hypathie, le malheur est venu tout à coup fondre sur moi. Ma félicité s'est évanouie. Plaise à Dieu que Je cesse ou de vivre ou de me rappeler la perte de mes enfants I » A partir de cette époque, il ne fit plus que languir jusqu'à sa mort, qu'il faut placer selon les uns vers 415, selon d'autres vers 430. Son frère Esopius lui succéda sur le siège de Ptolémaïs.

Synésius fut un des hommes les plus remarquables de son temps. A une âme tendre, a un esprit contemplatif, il joignait un caractère viril, toujours prêt à faire face au dunger, et les sentiments d'un homme libre et fier. Chrétien par occasion et en quelque sorte malgré lui, il conserva intactes ses opinions philosophiques, se bornant, lorsqu'il fut évêque, à ne faire ni propagande ni critique et avouant simplement a ses prêtres, dans' une de ses épttres, un homme qui ignorait l'Ecriture sainte. Le philosophe néo-platonicien, aux doctrines élevées, était en lui doublé d'un poète. ■ Sa poésie, tout imprégnée des couleurs de l'Orient, dit M. Aube, en a les raffinements subtils, les vagues aspirations et les molles extases, > ainsi que le témoignent ses hymnes. Il avait des connaissances très-variées et très-étendues ; les sciences ne lui étaient point étrangères. Dans une des lettres qu'il a adressées à son amie la savante Hypathie, il décrit avec soin un hydroscopium, qui est un véritable pèse-liqueur. «C'est, dit Synésius, un tube cylindrique sur lequel sont marquées des lignes transversales indiquant jusqu'à quelle profondeur le tube s'enfonce dans la liqueur. Et, pour que le tube reste dans une position verticale, on tixe à son extrémité inférieure un petit poids conique appelé baryllion (papMAiov). » Synésius prie Hypathie de lui faire fabriquer un hydroscopium, à cause des soins qu'exige i-a santé. 11 se propose de s'en servir pour la détermination de la densité des eaux dont il fait usage. Les œuvres qui nous restent de lui sont : Discours à Arcadius sur la royauté, traduit en français par Daniel d'Ange (Paris, 1555, in-S0), V Egyptien ou De la Providence, sorte de roman, dédié à Aurélien, où, sous

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le voile d'un mythe, il raconte les malheurs de son temps et dont les doctrines sont celles des néo-platoniciens: Dion ou De l'institution de soi-même, sorte d apologie de ses travaux, dans laquelle il attaque les sophistes; le Traité des songes, livre dans lequel il donne une théorie de l'imagination et émet des idé.es curieuses sur la divination par les rêves ; l' Eloge de la calvitie, agréable badmage en réponse à l'Eloge de la chevelure de Dion Chrysostome, qui a été traduit en français par Miller (1840, in-8°); cent cinquante-six lettres, où l'on trouve des renseignements précieux ; dix Hymnes, traduites en français par J. Courtin (1851) et par Grégoire et Collombet (Lyon, 1840, in-8°); A Pœonius, sur le don d un aslrobole; deux discours intitulés Cataslase; deux courtes homélies. Plusieurs des écrits de. Synésius ont été publiés à part. Ses Œuvres complètes {Opéra omnia), éditées pour la première fois par Petau, avec une traduction lntine (Paris, 1612, in-fol.), ont été souvent rééditées depuis.

SYNÈTE s. f. (si-nè-te — du gr. sunètos, compagnon). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des eupodes, tribu des sagrides, dont l'espèce type habite le nord de l'Europe.

SYNÉTHÈRE s. m. (si-né-tè-re — du gr.

suiiêtkâs, familier). Mamrn. Genre de mammifères rongeurs , formé aux dépens des porcs-épics.

SYNÉVROSE s. f. (si-né-vro-ze). Anat.

Fausse orthographe du mot synnbvrose,

SYNGAME s. m. (sain-ga-me — du préf.

syn, et du gr. gamos, mariage). Helminth. Genre de vers nématoïdes, de la famille des s.:lérostomiens, voisin des strongles, et dont l'espèce type vit en parasite dans la trachéeartère des oiseaux.

SYNGASTRE s. m. { snin-ga-stre — du préf. syn, et du gr. gastér, ventre). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la tribu des brachonides, comprenant des espèces qui habitent l'Amérique du Sud.

SYNGÉA s. f. (sain-jé-a — du préf. syn, et du gr. gain, terre). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilio-

nldes.

SYNGÉNÈSE adj. (sain-jé-nè-ze — du préf. syn, et du gr. genesis, origine). Bot. Syn. de synanthéré, ée. •

— s. f. Système cosmologique, d'après lequel tous les êtres vivants auraient pour origine des êtres semblables remontant à une création unique.

SYNGÉNÉSIE s. f. (sain-jê-né-zî — du préf. syn, et du gr. genesù, origine). Bot. Soudure des étamines entre elles par les anthères. Il Classe du système sexuel, comprenant les plantes qui ont leurs étamines soudées entre elles par les anthères.

SYNGÉNÉSIQUE adj. (sain-jé-né-zi-ke — rad. syngénèst). Qui a rapport à la syngénèse : Hypothèse syngénésique.

— Bot. Syn. de syngénése ou de SYNAN- THÉRÉ.

SYNGÉNÉSISTE s. m. (sain-jé-né-zi-ste — rad. syngénése). Partisan de la création syngénésique des êtres vivants.

SYNGNATHE s. m, (sain-ghna-te — du préf. syn, et du gr. gnathos , mâchoire). Ichthyol. Genre de poissons lophobranch.es : Le syngnathe ophtdion est verdâtre. (A.Guichenot.)

— s. m. pi. Tribu de poissons lophobranches, comprenant les genres syngnathe, hippocampe et solénostome.

— Myriap. Syn. de scolopendre, genre de myriapodes.

— s. m. pi. Groupe de myriapodes, comprenant les scolopendres, les scuiigères et quelques genres voisins. Il On trouve quelquefois ce mot employé au féminin.

— Encycl. Ichthyol. Les syngnathes ont le museau tubuleux, formé par le prolongement de l'ethmoïde, du vomer, des os tympaniques, du préopercule et des différents os de la tête, et terminé par une bouche ordinaire et fendue piesque verticalement sur son extrémité. Les trous de la respiration sont placés vers la nuque ; les branchies, en forme de houppes rondes, sont disposées par paires le long des arcs branchiaux. Le nom de syngnathe leur a été appliqué par Artédi, qui croyait à tort le tube du museau formé par la réunion de leurs mâchoires. On a décrit une quarantaine d'espèces de ce groupe, toutes de petite taille, vivant de vers, d'articulés etd'œufs de poissons. Le corps des syngnathes est généralement très-allongé et anguleux, ou mieux .prismatique. Il est renfermé dans une cuirasse composée d'un grand nombre de pièces, en forme d'anneaux, dont chacun est articulé avec celui qui le précède et celui ■ qui le suit. La substance de ces anneaux est analogue à celle de la corne, mais plus tendre. La plupart des espèces de ce genre ont sous le ventre une carène saillante qui en parcourt toute la longueur et ne s'arrête^qu'à l'extrémité de la queue. Cette carène se fend, chez la femelle, au-dessus de l'anus, par l'accroissement de ses œufs après la fécondation, et donne par là moyen à ceux qui sont les plus avancés de sortir de l'ovaire et de fournir de la place à ceux qui restent. Les premiers sortis pendent sur deux ou un plus

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grand nombre de rangs, dans le canal produit par l'écartement des deux côtés de la Ciirène, jusqu'à ce que les fœtus qu'ils contiennent et qui s'y nourrissent aux dépens des liqueurs propres à tous les œufs aient acquis la giandeur et le développement convenables. A cette époque, ces fœtus percent la faible membrane qui les tenait enveloppr'-s, deviennent habitants des mers et cèdent leur place à de nouveaux œufs, qui suivent à leur tour les mêmes évolutions. Lorsqu'il n'y a pas de en rêne sous le ventre des syngnathes, le pan inférieur sa fepd dans son milieu et produit un canal entièrement analogue à celui que nous venons de décrire, soit par sa forme, soit par son objet. On ignore si le mâle féconde les œufs dans le ventre de la mère, ou s'il ne procède à cette opération que lorsque les œufs sont parvenus dans le canal cité plus haut. Cependant, quelques observations autorisent à croire qu'il y a pour chaque femelle plus d'une fécondation par saison, d'où l'on peut conclure qu'elles ne sont que partielles, c'est-à-dire qu'elles n'agissent que sur les œufs déjà sortis de l'ovaire. La gestation des femelles dure plusieurs mois de l'été, et lorsqu'elle est terminée, la déchirure de l'abdomen, qui semblait, par sa longueur, devoir causer leur mort, se cicatrise en peu de jours. La tête de tons les syngnathes est très-petite ; leur museau est très-allongé, presque cylindrique et un peu relevé à l'extrémité. Lu bouche, également très-petite, se ferme au moyen de- la mâchoire inférieure, qui se relève. Ils n'ont ni langue ni dunts. L'opercule de leurs ouïes est grand et couvert de stries disposées en rayons; mais il est attaché, ainsi quo la membrane birayonnée des branchies , dans la majeure partie de son contour, à la tête et au corps, de sorte qu'il ne reste qu'une très-petite ouverture pour le passage de l'eau, On voit sur le derrière de la tête deux petits trous qui semblent être des évenls. Les yeux des syngnathes sont voilés par une membrane tiès-minee; leur canal intestinal est très-court et presque sans sinuosités. .Le nombre des nageoires des syngnathes varie beaucoup; aucune espèce n'en a de ventrales, et toutes en ont une dorsale; mais les autres manquent en tout ou en partie, selon lus espèces. Leur manière do nager a quelques rapports avec celle des anguilles et autres poissons serpentiformes. Mais comme leur corps ne peut se mouvoir qu'à la hauteur de chaque articulation, il semble prêt à se casser à chaque mouvement qu'ils font. Au reste, leur natation est fort lente.

Parmi les syngnathes les plus connus, nous citerons :

1° Le syngnathe trompette, qui a des nageoires pectorales, anales et caudales, et le corps à six pans. On le trouve dans toutes les mers de l'Europe; il parvient k la taille de 0m,40 environ de longueur. Son corps a dix-huit anneaux et sa queue trente-six. On se sert de ce poisson, qu'on prend au lîlet avec les autres, pour faire des appâis pour la pêche à la ligne des gros poissons. Sa chair est trop peu abondante pour servir à l'alimentation. On l'appelle gagnât sur les côtes de la Méditerranée.

2° Le syngnathe aiguille (syngnathus acus), qui a des nageoires anales, dorsales, caudales et pectorales, et le corps à .sept pans. On le trouve dans les mêmes parages que le précédent, avec lequel il est quelquefois confondu. Son corps a vingt anneaux et sa queue quarante-trois. Son ventre a une carène. D'une couleur grise avec des bandes transversales brunes et rougeâtres, il est employé à la pêche des poissons voraces.

30 Le syngnathe hippocampe a seulement des nageoires dorsales, pectorales et anales et cinq excroissances cartilagineuses audessus de la tête. On le trouve dans presque toutes les mers, et principalement dans la Méditerranée. 11 a été connu des anciens. jElien a écrit qu'il était venimeux. Pline et Galien, au contraire, le vantent comme un bon remède propre à faire couler le lait coagulé des nourrices. Aujourd'hui, on regarde ses propriétés comme imaginaires, et on ne l'emploie, comme les autres espèces, que pour servir d'amorce à la pêche des gros poissons. C'est cette espèce qui porte spécialement le nom de cheval marin, à raison de la forme de sa tête, qui rappelle assez bien celle d'un cheval. On compte treize anneaux à sept puns sur son corps et environ trente-six à sa queue. Chacun de ces anneaux, qui quelquefois sont peu apparents, est ordinairement marqué par un tubercule garni d'une petite houppe filamenteuse. Les yeux sont grands, brillants et argentés. On voit fréquemment des syngnathes hippocampes desséchés dans les cabinets d'histoire naturelle ; ils ont une forme anomale, due à la dessiccation. Leur corps s'est aplati; leur queue est recourbée en dessous, ainsi que la tête, qui est légèrement infléchie sur la poitrine. C'est dans de l'alcool qu'il est bon de les mettre pour les conserver et les étudier après leur mort.

SYNGONIE s. f. (sain-go-nî). Bot. Genre de plantes, de la famille des aroïdées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.

BYNGRAPHE s. m. (sain-gra-fe — du préf.

syn, et du gr. graphe, j'écris). Acte fait en

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double par les parties contractantes. Il P'iu usité,

— Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides.

SYNHYDRE s. f. (si-ni-dre— du préf. syn, et de hydre). Polyp. Genre de polypes, voisin des hydres.

SYNISTATE adj. (si-ni-sta-te — du grec sunistatthai, être uni par cohésion; de sim, avec, et de istêrni, je me tiens debout). Entom. Dont les mâchoires sont soudées à leur base avec la lèvre inférieure.

SYN1ZÈSE s. f, (si-ni-zè-zn — gr. sunizësis ; de sun,avec,etdet'îo',jofais asseoir). Granim. Enonciation en une seule syllabe de deux syllabes dont la première finit et la seconde commence pur une voyelle.

— Pathol. Occlusion de la pupille, il On dit

aUSSi 8YNIZÉS1S.

SYNNADA, ville de l'Asie Mineure ancienne, dans la Phrygie, au N.-E. d'Apamée, près d'une petite rivière de même nom et nu centre d'une plaine où se trouve une cariîère de inarbre blanc qui a reçu de cette villo le nom de marbre synnadique ou docimite. M. Charles Texier a reconnu, dans le village turc d'Eski- Kara-Hissar, ta position de 1 ancienne ville de Synnada, fondée par Acamas, qui, après la guerre de Troie, vint s'établir en Phrygie. Les environs du village sont semés de débris de toutes sortes, de morceaux de sculptures ébauchées et de blocs portant des inscriptions. Les carrières de Synnada se trouvent dans les flancs d'une colline volcanique. ■ Leurs masses blanches et brillantes , dit M. Texier, entourées de laves, semblent un tlot de marbre au milieu des volcans. • L'exploitation de ces carrières, très-active au temps des Romains, 8'est prolongée, mais en se ralentissant , sous les empereurs byzantins. Quant à la ville elle-même, elle fut, à l'époque romaine, le chef-lieu de la Phrygie Salutaire. En 235, il s'y tint un concile qui décida que le baptême conféré par les hérétiques n est pas valable. ,

SYNNÉME s. m. (sinn-nè-me — du préf.

syn, et du gr. néma, filament). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, tribu des rhinanthées, formé aux dépens des pédiculaires.

SYNNERVEDX, EUSE adj. (sinn-nèr-veu, eu-ze — du pref. syn, et de nerveux). Bot. Qui est pourvu de nervures dont les divisions secondaires convergent vers le sommet de ht

feuille.

SYNNERVIÉ, ÉE adj. (sinn-nèr-vi-é — du préf, syn, et de nervié). Bot. Qui est pourvu de nervures dont les divisions principales convergent vers le sommet de la feuille.

SYNNÉVROSE s. f. (sinn-né-vro-za — du préf. syn, et du gr. neuron, nerf). Anat. Union de deux os par des ligaments.

SYNOCH1TE s. f. (si-ne-ki-te — du préf. syn, et du gr. echâ, je liens). Pierre avec laquelle les magiciens prétendaient contenir les ombres qu'ils avaient évoluées. || On disait

aussi SYNOCHITIDE.

SYNODAL, ALE adj. (si-no-dal, a-le — rad. synode). Dr. canon. Qui a rapport, qui appartient au synode : Assemblée synodale. Règlements synodaux. Constitutions synodales. Les discours synodaux de Afassillon furent de nouveaux monuments de son éloquence. (Dussault.) Il Témoins synodaux, Cures et doyens qui, dans les synodes, rendaient témoignage de la conduite du clergé séculier.

SYNODALEMENT adv. (si-no-da-le-man — rad. synodal). D'une manière synodale, en synode : Curés synodalement assembles.

SYNODATIQOE adj. (si-no-da-ti-ke- rad.

synode). Dr. canon. Qui.se fait dans un synode : Acte synodatique. a Droit synodatique, Droit que les prêtres payaient à leurs évèques pour assister au synode.

SYNODE s. m. (si-no-de — latin synodus, greasunodos, proprement compagnie de route, puis compagnie, assemblée en général ; de suri, avec, et de odos, route). Dr. canon. Ancien nom des conciles. Il Assemblée de curés et autres ecclésiastiques, qui se fait dans un diocèse par mandement de l'évêque ou d'un autra supérieur: Aller au synode. Convoquer le synode. Le synode de l'évêque. Le synode du chapitre. (Acad.) Les décrets des synodes et des zonciles sont des lois générales, conçues d'ordinaire en termes laconiques, souvent obscurs. (Beugnot.) il Assemblée de ministres de la religion réformée : Synode national, général. Synode provincial. (Acad.)

— Enseignera. Nom donné autrefois aux réunions annuelles des chefs d'établissement de Paris.

— Antiq. Synode d'Apollon, Espèce de confrérie en l'houueur d'Apollon, où l'on recevait des gens de théâtre, des poètes, des musiciens, des joueurs d'instruments, etc.

— s. f. Ane. astron. Conjonction des astres,

— Encycl. Jurispr. relig. Le mot synode est souvent employé par les Grecs pour désigner les grands conciles ; mais, dans l'Eglise latine, il il est guère appliqué qu'aux réunions ecclésiastiques diocésaines , dans lesquelles l'évêque s'entoure de son clergé pour régler les affaires religieusos de son diocèse. Quant

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aux Eglises protestantes, elles ont eu des synodes nationaux, du moins en France, et tes Israélites ont aussi leurs synodes.

— Synodes catholiques diocésains. On tes appelle aussi, quoique plus rarement, presbyteria, ou cœius presbyterorum. Ces sortes de réunions remontent à la plus haute antiquité. Le pape Sirice parle d'un synode qui se tint à Rome en 389, contre l'hérésie de Jovinien ( Epist. II ', apud i/ard.). Thomassin (Discip. eccl.) et Gibert (Corp. jur. can.) citent le synode d'Auxerre, en 578, comme le plus ancien dont les actes nous soient restés. Celui de Cuntorbéry, sous saint Augustin, évêque de cette ville, en 597, est encore cité par "Wilkinc (Coll. concit. brU.) et par Spelman, qui le reporte même à une époque plus ancienne. Les synodes étaient beaucoup plus fréquents dans les premiers siècles qu ils ne le sont à présent; la rareté des synodes est une conséquence du despotisme des évêques, qui ont absorbé dans leur autorité tous les droits de leurs subordonnés. Cependant, il est reconnu par tous tes historiens et par tous les critiques que ces réunions étaient très-utiles, non-seulement pour la pratique de l'équité duns l'administration, mais encore pour le maintien de la discipline et des moeurs. Atton de Verceil imputait déjà à l'omission des synodes le relâchement qui attristait son siècle. Il ordonna qu'ils fussent réunis au moins une fois par an, s'ils ne pouvaient l'être plus souvent. Les conciles de Cologne et de Trente, après Guibert de Touruay, Aug. Valcrius de Vérone, saint Charles Borromée, etc., proclamèrent, l'utilité des synodes et les recommandèrent avec la plus grande énergie. On connaît le célèbre traité du pape Benoit "K.lV,Desyuodo diœcesana, où il rattache à cette question une foule d'autres questions ecclésiastiques. II y établit notamment les règles suivantes : i'évêque peut convoquer uu synode dans son diocèse suiis l'agrément ou la permission du métropolitain ou du primat; pendant la vacance du siège, le vicaire capitulaire peut convoquer un synode, pourvu qu'une année se soit écoulée depuis la tenue du précédent; tous les curés proprement dits, ainsi que les chanoines des cathédrales et le grand pénitencier ont te droit d'assister au synode; tous les prêtres tfyant charge d'âmes peuvent être contraints à s'y présenter; les décrets que le synode porterait en opposition avec le droit commun et les constitutions apostoliques i.ont nuls, mais il' en peut porter qui soient en dehors du droit commun sans le contrarier, etc.

« La durée du synode, qui se réunit d'ordinaire dans l'église cathédrale, est généralement de trois jours, dit le Diélionnaire encyclopédique de théologie catholique. Il est précédé de plusieurs réunions principale» du clergé, présidées par des consulteursdésignés par l'évêque, lesquels élaborent les mntériaux résultant de ces conférences, préparent les projets de décrets nouveaux ou font connaître les motifs qui appellent l'attention sur certains décrets des synodes précédents. Kn outre, le synode doit être précédé de la nomination de certains fonctionnaires, dont les uns ont une charge à remplir dans le synode même, dont les autres, préposés par I évêque ou institués par lui avec le concours du clergé, doivent remplir leur fonction d'un synode à l'autre. Ces derniers sont les juges synodaux, destinés a agir dans les affaires soumises par appel au saint-siège ; les témoins synodaux, qui ont à rendre compte de la situation morale du diocèse ; les pointeurs, qui notent ceux qui manquent à l'office du chœur, et les examinateurs, devant lesquels les candidats aux bénéfices curiaux subissent leurs épreuves. Sauf les derniers, dés avant la chute des synodes, on avait pour divers motifs cessé de nommer ce3 fonctionnaires. Mais il faut considérer comme de vrais fonctionnaires synodaux : le secrétaire synodal, nommé par 1 évêque; le promoteur, qui dirige les affaires du synode et met chaque personnage en demeure de remplir sa charge; tous deux doivent être chanoines; en outre, le chancelier épiscopal est toujours le notaire du synode, actuarius synodi. Quelquefois il y a deux promoteurs : l'un promotor urbanus, l'autre foraneus. Enfin on Institue des confesseurs pour le clergé, des prédicateurs et autrefois même des préfets de discipline. La préséance se règle en général de la manière suivante : à, lu droite du l'évêque président est le premier vicaire général, puis viennent les dignitaires et les chanoines, les abbés, les chanoines des collégiales, les vicarii foranei, les doyens, les curés et le clergé des paroisses, les bénifieiers, les ecclésiastiques sans bénéfice, les religieux, les laïques iuvités. «

— Synodes des Eglises réformées en France. Bien que l'introduction do la Réforme en France date de 1521, le premier synode ne se réunit qu'en 1559, à Paris, au mois de mai. Les échafauds et les bûchers élaieDt dressés dans tous les quartiers de la capitale jla princesse Elisabeth devait épouser Philippe II, et l'on préparait aux grands d'Espagi:e qui ttlaieiit venir le spectacle d'un auto-da-fé, digues fiançailles d'un tel roi. Paris, néanmoins,, avait été choisi par les réformés, d'abord parce que l'impulsion était venue d'Antoine de Chaudieu, ministre à Paris, ensuite parce que cette ville était un point central entra la Normandie et le Poitou, les deux provinces eu deçà de la Loire qui comptaient

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alors le plus de calvinistes. Ce fut dans une humble maison du faubourg Saint-Germain, appelée la Petite Genève, à cause du grand nombre de réformés qui y demeuraient, que se tinrent ces premières assises du protestantisme français. Chaudieu avait déjà réuni quelques pasteurs du Poitou pour leur en communiquer le projet, et ce fut à la suite de cette réunion que le consistoire de Paris, en l'absence d'une autorité plus compétente, avait pris sur lui de convoquer le synode. Les Eglises de France répondirent à l'appel; les députés présents se trouvèrent au nombi'e de onze selon les uns, d'environ cinquante selon d'autres. Le président, ou plutôt le modérateur de l'assemblée, élu par elle, fut François Morel, sieur de Collonges, ancien ministre & Paris et ami de Calvin. En trois ou quatre jours, les députés rédigèrent et acceptèrent à l'unanimité la Confession de foi et la Discipline des Eglises, contenant l'une et l'autre quarante articles. Le moment ne se prétait point aux longs débats. Calvin avait tout préparé d'avance ; son système devint celui de l'Eglise réformée, qui fut bien, dès lors, l'Eglise calviniste. Par la Discipline, au-dessus des consistoires siégeront les classes ou colloques, puis les synodes provinciaux, et enflu le synode national, qui devra se réunir d'année en année. Le deuxième synode national fut tenu à Poitiers le 10 mars 1561. Le modérateur élu fut Ambroise Lebailleur ou Leballeur, ministre à Orléans. On interdit aux fidèles, les «danses, momeries, tours de gibecière et comédies, etc. » Le troisième fut tenu à Orléans Ie22 avril 1562. Antoine de Chaudieu, qui avait pris l'initiative de la convocation du premier synode, y remplit la fonction de modérateur. On y fit défense aux industriels de » faire aucune chose de leur art, office ou emploi qui dépende des superstitions de l'Eglise romaine ou qui puisse les favoriser. » Le quatrième fut tenu à Lyon le 10 août 1563, sous la présidence de Pierre Viret, le célèbre ami et disciple de Farel et de "Calvin. On y discuta chaudement le question de l'intérêt de l'argent, que l'on finit par autoriser sur l'avis de Calvin. Le cinquième eut lieu à Paris le £5 décembre 1565, sous la présidence de Nicolas des Gatlars, sieur de Saules, élève, ami et secrétaire de Calvin. Sous l'influence de la doctrine despotique du réformateur français, on censura un ouvrage intitulé : Traité de la discipline et police chrétienne, composé par le pasteur Jean Morely, qui demandait, conformément au principe même du protestantisme, que l'assemblée entière des fidèles fût appelée à juger en dernier ressort les questions de. dogme et de mœurs; ou, en d'autres termes, qu'où appliquât le suffrage universel à la doctrine M à la pratique protestantes. Une autre affaire, qui doit son importance à la célébrité du personnage qui y était impliqué, fut vidée dans ce synode. Le grand jurisconsulte Charles Dumoulin, si odieux à Rome pour ses doctes écrits sur les libertés gallicanes, celui dont le connétable de Montmorency disait, eu présentant à Henri II un de ses ouvrages qui avait forcé le pape Jules II de céder : i Sire, ce que Votre Majesté n'a pu faire avec trente mille hommes, ce petit homme l'a achevé avec un petit livre; > Charles Dumoulin avait tini par entrer dans la religion réformée, mais à sa manière. N'acceptant, en vrai protestant, aucune règle ni aucune autorite ecclésiastique,' il prêchait et administrait les sacrements dans sa maison et de son propre chef. Le synode s'en inquiéta, et, après avoir censuré une Harmonie des quatre éuangélisles composée par ce jurisconsulte, il décida ce qui suit : • Tous les tidèles sont aussi avertis de ne se trouver point aux exhortations dudit sieur Dumoulin, ni a la participation des sacrements, qu'il prétend administrer contre l'ordre ecclésiastique. > Blessé au cœur par cette excommunication, Dumoulin mourut l'année suivante. Le sixième synode se tint à Verteuil (Angouiuois) du l'fau 7 septembre 1567, sous la présidence du ministre de Lestre, ami de Théodore de Bèze; il proscrivit des exercices religieux la lecture de tout livre autre q.ue la Bible. Le septième, tenu à La Rochelle du 2 au 11 avril 1571, sous la présidence de Théodore de Bèze , donna la rédaction de la Confession de foi de La jlocfietle. La reine de Navarre, Jeanne d'Albret, et Henri le Béarnais, son fils, le futur Henri IV, assistaient à ce synode. Le huitième, tenu à Nîmes du 6 uu 8 mai 1578, sous la présidence de Jean de La Place, pasteur à Montpellier, condamna l'opinion du célèbre protestant Ramus, qui voulait, comme Jean Movely, que les questions de doctrine fussent tranchées par le suffrage universel des fidèles. Cela se passait trois mois avant la Saint-Barthélémy, où ce Ramus, que l'on déclarait hérétique, allait périr victime de sa foi. Le neuvième, tenu à Sainte-Foy (Guyenne) du 2 au 14 février 1578, sous la présidence de Pierre Merlin, ministre et ex-chapelain de l'infortuné Cotigny, fut tout politique. Le dixième, tenu à Figeac (Quercy) du 2 au g août 1579, sous la présidence d'Antoine de La Faye, ministre du roi de Navarre, avait pour but d'obtenir les fonds nécessaires à la fondation d'écoles protestantes de théologie. Le onzième, tenu à La Rochelle le 28 et le 29 juin 1581, sous la présidence du pasteur de La Rochelle Odet de Nort, surnommé, à cause de ^an influence, le pape rochelois,

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défendit aux ministres de s'adonnera l'exercice de la médecine, aux fidèles d'écrire sur les controverses de la religion, etc. Le douzième, tenu à Vitré le 15 et le 1C mai 15S3, sous la présidence du ministre Pierre Merlin, ' adopta un sceau portant cette devise : Uror non consumor (je suis brûlé, non consumé) et qui représentait un buisson ardent, au milieu duquel était écrit le nom de Jéhovah. Le treizième, tenu à Montauban du 15 au 28 juin 1594, sous la présidence de Michel Béraud ou Bévault, pasteur a. Montauban, adhéra à l'Dnion de Nantes. Le quatorzième, tenu à Saumur du 3 au 16 juin 1596, sous la présidence du pasteur de la bourgade de Saint-Fulgent, Dominique de Losses, dit Latouche, invita tous les synodes provinciaux à établir des bibliothèques publiques. Le quinzième, tenu à Montpellier du 26 au 30 mai 159S, sous la présidence de Michel Béraud, qui avait déjà présidé le synode de Montauban, interdit, au nom de l'article qui défendait) de publier dans les temples les bans des mariages mixtes , la publication des bans de la sœur de Henri IV, Catherine de Bourbon, qui voulait épouser le duc de Bar, fils du duc de Lorraine et prince catholique. Il avertit aussi les tidèles de se mettre en guide contre les tentatives de mélange des deux religions. Enfin, on y distribua, pour la neuvième fois, la subvention royale, qui équivalait à 800,000 francs d'aujourd'hui. Cette subvention fut retirée sous Louis XIII, et le culte protestant ne fut plus subventionné qu'à la Révolution. Le seizième, tenu a Jargeau, près d'Orléans, du 19 au 25 mai 1001, sous -la présidence de Georges Pacard, pasteur à La Rochefoucauld, régla les pensions des veuves et des fils des pasteurs décédés. Le dix-septième, tenu à Gap (Daupbiné) du 13 au 21 octobre l603y sous la présidence de Daniel Charnier, alors pasteur à Montélimar, « homme roide, inflexible, intraitable,» dit Bayle, fulmina contre le pape un violent amuhèiiie,dont la conclusion était : < Nous croyons et maintenons que l'évêque de Rome est proprement l'Antéchrist et le rils de perdition prédit dans la parole de Dieu sous l'emblème de la paillarde vêtue d'éoarlate. » Le dix-huitième, tenu à La Rochelle du l*r mars au 12 avril 1607, sous la présidence de Michel Béraud, le président des synodes de Montauban et de Montpellier, approuva comme très-véritable l'article du pape Antéchrist qui était devenu, le trente et unième de la confession de foi. Le dix-neuvième, tenu à Saint-Maxent (Poitou) du 25 mai uu 19 juin 1609, sous la présidence de Jacques Merlin, fils du chapelain de Coligny, se prononça énergiquement contre le3 mariages mixtes. La vingtième, tenu à Privas (Vivarais) du 23 mai au 4 juillet 1612, sous la présidence de Daniel Charnier,' qui avait déjà présidé le synode de Gap, promit à la régente et à son tils Louis X1U obéissance et fidélité, mais revendiqua la liberté de conscience et renouvela le serment d'adhésion à l'Union de Nantes. Le vingt et uni. -me, tenu k Tonneins (basse Guyenne) du 2 mai au 3 juin 1614, sous la présidence de Jean Gtgord, pasteur à Montpellier , renouvela le serment d'union , se plaignit de ce que le protestantisme était appelé dans les actes officiels « religion prétendue réformée • et flftiit les ouvrages des jésuites approuvant le crime de Ravailluc et faisant l'apologie du régicide. Le vingt-deuxième , tenu à Vitré du 18 mai au 18 juin 1617, sous la présidence d'André Rivet, pasteur à Thouars, envoya quatre députés à Louis XIII pour le féliciter de sa majorité. Le vingt-troisième, tenu à Alais du 10 octobre au £ décembre 1620, sous la présidence de Pierre Dumoulin, pasleur à Cbarenton , défendit aux pasteurs • d'accepter aucune mission en cour. » Le vingt - quatrième , tenu à Charenton du 1er septembre au 1« octobre 1623, sous la présidence de Samuel Durant , pasteur k Charenton, dut recevoir à ses séances un commissaire royal et exclure divers pasteurs qui déplaisaient au roi, entre autres Pierre Dumoulin. Le vingt-cinquième, tenu à Castres du 10 septembre au 5 novembre 1626, sous la présidence du Jean Chauve, pasteur à Sommières, n'avait été convoqué que pour recevoir les admonestations des gens du roi. Le vingt-sixième, tenu à Charenton du îor septembre au 10 octobre 1631, sous la présidence de Jean Mestrezat , pasteur à Chaceuton, eut à subir plus d'outrages encore que les précédents et fut encore contraint d'expulser et d'interdire un certain nombre de pasteurs trop indépendants. Le vingt-septième, tenu à Alençon du 27 mai au 9 juillet 1637, sous la présidence de Benjamin Basnage, força Amyraut et Testard de rétracter ce qu'ils avaient dit contre la prédestination absolue. Le vingt-huitième, tenu à Charenton du 23 décembre 1644 au 27 janvier 1645, sous la présidence d'Antoine Garissolles, s'occupa de l'examen de la conduite de Théophile Brachet de La Miletière, surnommé le Itéconeiliateur, fils d'un maître des requêtes, qui cherchait à réunir les deux cultes. Il fut excommunié. « Fais ce que tu as à faire, lui dit, comme Jésus à Judas, Garissolles qui,venait de prononcer l'excommunication. — Je ne suis point Judas, réponditil. — Non, monsieur, car Judas avait la bourse et vous la cherchez. » Le vingt-neuvième, tenu à Loudun (Anjou) du 10 novembre 1059 au 19 janvier; 10û0,sous la pré-

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sidence de Jean Daillô, pasteur à Charenton, fut le, dernier avant la révocation de l'édit de Nantes.

Soixante-dix ans après, un synode national se réunit sous la présidence du pasteur Jacques Roger, le 17 et le 18 mai 1726, au fond d'une vallée du Vivarais, au désert, comme on disait alors. On y lut et approuva la confession de foi et l'on recommanda aux fidèles la prudence et le zèle ; on fit des quêtes pour les protestants jetés en prison ou au bagne. Le 11 novembre 1727, le 26 septembre 1730, le 18 août 1744, enfin en 1748, en 1756, en 1758 et eu 1773, eurent lieu dans des endroits cachés des synodes où. l'on s'entendait sur les moyens de se dérober aux persécuteurs, pour célébrer le culte, et où l'on rédigeait des adresses pour inviter le roi à user enfin de tolérance, et à reconnaître la liberté des cultes. Ces synodes sont appelés Synodes du Désert.

Enfin, en 1787 parut l'édit de tolérance, que la Révolution française remplaça par la liberté absolue , née de la Déclaration des droits de l'homme. Les luttes de la Révolution empêchèrent les réformés de réorganiser leurs synodes; la loi du 18 germinal an X, tout en conservant la liberté des cultes, ne fait pas mention des synodes nationaux, qui furent ainsi considérés comme interdits jusqu'en 1848.

Sous ta République, qui proclamait le droit de réunion, lés protestants songèrent à former un synode, qui se réunit, en effet, à Paris du 10 septembre au 7 octobre 1848, sous la présidence de M. Buisson, pasteur à Lyon. La confession de foi fut lue ; mais, après une vive discussion, l'assemblée refusa de voter sur son acceptation, afin de ne point se diviser. Treize membres, cependant, protestèrent au nom du vieux calvinisme et so retirèrent de l'Eglise réformée, pour fonder l'Union des Eglises évaugéliques de France, qui ne reçoit aucun subside de l'Etat.

En 1872 a été tenu k Paris, sous la présidence de M. Guizot, un synode dans lequel le protestantisme orthodoxe a triomphé, en dépit des réclamations des protestants libéraux.

— Synodes Israélites. L'origine des synodes, chez les Juifs, remonte à la captivité de Babylone. On lit dans Ezéchiel (x&i) : ■ Il arriva, la sept'èine année, le vingtième mois, • que des hommes d'entre les anciens d'Israël vinrent consulter l'Eternel et S'assirent devant moi. > Et ailleurs (xxxtli, 30) : t Fils de l'homme, les enfants de ton peuple s'entretiennent de toi entre les murs et dans les portes do leurs maisons, et ils se parlent l'un à l'autre, chacun à son frère, et se disent : «Venez donc et écoutez quelle parole émane ■ de l'Eternel; > et ils viennent à tui comme un concours de peuple et s'asseyent devant toi comme étant mon peuple , et ils écoutent tes paroles. » Ces réunions furent régularisées, sous Artaxerxès, par le prophète Esdras ou Ezia, et elles devinrent tout à la fois des clubs religieux, des écoles, des tribunaux, des prêches et des cérémonies religieuses. A cette é|ioque, les synodes eurent lieu régulièrement les jours de sabbat, et même il fut permis aux Juifs de bàtir,à cette fin, des lieux de réunion ou synagogues. On sait qu'Esdras ne sauva pas seulement la littérature des anciens Hébreux, mais qu'il fut aussi le fondateur de beaucoup d'institutions religieuses. Or, la tradition rabbinique lui fait partager ses travaux avec un grand conseil dont il avait la présidence, et qui portait, selon la même tradition, le nom de grand synode (kéuéselh-ha-guédalah), mot auquel on a parfois substitué celui de grande synagogue. Ce synode fut absolument semblable aux conciles catholiques et aux synodes protestants, qui, eux aussi, fixent le canon, la liturgie, la discipline, etc. L'existence de ce synode a été contestée par certains critiques, qui s'appuyaient sur des contradictions et des confusions de dates existant k ce sujet dans le Talmud; mais te fait n'en paraît pas moins incontestable, et les adversaires du Talmud eux-mêmes invoquent l'autorité de Ce grand synode, dont Siméon le Juste fut un des derniers membres. Cotitinua-t-il de fonctionner après Esdras et Néhémie? On ne le sait. Il introduisit, disent les rabbins, des améliorations notables dans l'administration de la justice, chercha à donner un grand développement à l'instruction publique, qui, toutefois, se bornait aux choses religieuses, à la littérature et aux lois nationales, et s'efforça d'assurer l'observation des lois mosaïques en les entourant d'une foule de règlements qu'il y rattachait au moyen d'un certain genre d'interprétation. La Alischna (4<> part., intitutée Aboth [Sentences des Pères], ch. ier, g 2) donne les trois maximes suivantes comme étant celles des membres du grand synode :

« Soyez circonspects dans le jugement.

» Formez beaucoup d'élèves.

> Faites une haie autour de la loi. >

En dehors du grand synode , les Hébreux n'eurent plus de corps religieux constituants; l'interprétation de la loi était confiée aux docteurs, aux scribes, aux prêtres; l'application de la loi envers les violateurs, au grand et aux petits sanhédrins.

Sous les Macchabées, les synodes ordinaires de3 synagogues continuèrent d'être des réunions de prière et d'édification et se multiplièrent de plus en plus jusqu'à Jésus-Chrisi,

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