‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 852 sur 1059 · LE PETIT-MAÎTRE KT LE GUEUX · texte numérisé non relu

LE PETIT-MAÎTRE KT LE GUEUX

Un petit-maltre, après mauvaise chance, Sortait du jeu la tabatière en main !

Un gueux passait qui vint à lui soudain, Lui demandant l'aumône avec instance; Des deux cotés grande était l'indigence, ■ Il ne me reste, ami, dit le joueur, Que du tabac, en veux-tu? — Serviteur, Répond le gueux, qui n'était pas novice; Nul besoin n'ai d'éternuer, seigneur; Chacun me dit assez : Dieu vous bénisse! ■

AllUS. littér. Quoi qu'en dite Arisfote cl

■n docte cnbalfi, Le tabac cal diviu, U ii'pbi rien qui légule, Vers de Th, Corneille. V. ARISTOTK.

TABACAL, ALE adj. (ta-ba-kal, a-le — rad. tabac). De tabac, qui provient du tabac : li existe une foule de nuances dans toutes ces nutïes tabacales qui planent sans cesse comme des nuages au-dessus du quartier Latin. (L. Huun.)

TADACCIIJ (Laurent), mathématicien italien, né à Codera, près de Bellune, en 1809. Il fut aide du professeur d'histoire naturelle à l'université de Padoue et, depuis 1840, exerça le métier d'architecte dans cette ville. Parmi ses ouvrages, on cite : Curve a Quattro centi nssia ovati, descritte per arclii di cerchio {Padoue, 1841); Appiicazione di geonietria descntliva al disegno archttectouico délie machine et formule jier catcolare le superficie délie volte compobte (Padoue, 1844); Suluzione del problema générale sulla ricerca del centra di yruoilà dei eontraforti e sostegni a scarpa (1841).

TABAC1NE s. f. (ta-ba-si-ne). Bot. Syn. de

NICQTlAStS OU TABAC,

TABACIQUE adj. (ta-ba-si-ke — rad. tabac). (Jhiiu. Se dit d'un acide extrait du tabac, et qui contient de l'acide malique et de l'acide citrique,

TABACOLOGIE s. f. (ta-ba-ko-lo-jt — de tabac, et du gr. logos, discours). Traité sur le tabac.

TABACOMANE s. m. (ta-ba-ko-ma-ne — de tabac, et du gr. mania, passion). Grand amateur de tabac ; L'immense armée des tabacomadES adoft le péril et en rit. (J. Le- Comte.)

TABACOPHOBE s. m. (ta-ba-ko-fo-be — de tabac, et du gr. phobeô, je crains). Celui oui a le tabac en horreur ; Tous ces bouts d'ambre, dtoers de ton et de transparence, tournés, évidés avec un soin extrême, donnent la fantaisie de fumer au plus enragé tabaco- PHOBii. (Th. Gaut.)

TABA.CSIR s. m. (ta-ba-ksir). Sorte d'eauda-vie en usage dans l'Inde : Le tabacsir est une eau-devie que les habitants des deux Indes tirent de la moelle du bambou. (Ad. Ricard.)

TABACUM s. m. (ta-ba-komm). Bot. Nom scientifique du tabac.

tabagie s. f. (ta-ba-jt — rad. tabac).

Lieu public où l'on se réunit pour fumer : Habitué de tabagie. Les ouvriers fréquentent les tabaûibs, au grand détriment du foyer domestique. (Blanqui.)

— Pièce réservée aux fumeurs, dans une grande maison : Après déjeuner, nous allâmes dans la taiiagje de M. de Cernay; l'usage si répandu du cigare nécessite cette sorte de subdivision d'un appartement. (E. Sue )

— Endroit où l'on fume souvent et qui conserve l'odeur du tabac : La plupart des bals, on ne saurait trop le dire, sont aujourd'hui des tabagies où l'on vient danser, boire et fumer à la fois. (Ed. Robert.')

— Sorte de nécessaire de fumeur, petite cassette renfermant des pipes et du tabac : Une TABAGiade voyage.

— Encycl. Le mot tabagie se prend aujourd'hui en mauvaise part; il n'avait pas la même signification au siècle dernier. On dounait le nom de tabagie à tout lieu où l'on se rendait pour fumer. Ces lieux étaient analogues à nos cafés, a nos estaminets. Celui qui tenait la tabagie inscrivait au-dessus de sa porte : Tabagie, absolument comme les cafetiers de nos jours y fout peindre le mot ; Café. On trouvait dans la tabagie, outre des consommations d'estaminet, des pipes et du tabac à tant par tête. On donnait encore le nom de tabagie k une boite ou cassette renfermant la pierre, le briquet, l'amadou, le tabac et la pipe, en un root l'attirail du fumeur. Pendani ia Révolution, l'Empire et même la Restauration, les femmes accusèrent leurs maris et leurs fils d'être des coureurs de tabagie, et le mot ne fut plus guère pris qu'en mauvaise part.

Tabagi« (cnb), tableau de David Teniers ; a la pinacothèque de Munich. Autour d'un

TABA

tonneau dressé en guise de table, trois fumeurs sont assis; l'un d'eux e. retiré un instant sa pipe de sa bouche et raconte quelque nouvelle ; les deux autres l'ecoutent avec ce flegme particulier aux Flamands. Dans le fond, des buveurs sont groupés près d'une cheminée où du feu est allumé; l'aubergiste ou un de ses valets apporte de quoi boire. Une foule d'ustensiles et d'objets divers sont dispersés dans cet intérieur et sont peints, ainsi que les figures, avec beaucoup de délicatesse et d'esprit.

ïeniers a peint souvent des Tabagies, et il n'y a guère de musée et de galerie importante où il ne s'en rencontre au moins une. Une des compositions du maître a été gravée par Valentin Green en 1778, sous ce titre : la Tabagie flamande. Le musée de Munich possède une spirituelle caricature peinte par Teniers et représentant une Tabagie de singes. Ces singes sont des gentilshommes ; l'un d'eux, richement vêtu, est assis sur un banc élevé et domine les autres, qui ont préféré s'asseoir à terre; chacun a sa pipe. Au fond, un singe cabaretier lire de la bière d'un tonneau; des verres à boire sont sur un banc, à côté d'un chapeau à plumes et d'un manteau ruuge.

Plusieurs autres artistes ont représenté des Tabagies. Il y en a une de Gérard Seghers qui a été gravée par Nicolas Lan wers; une autre attribuée à Craesbeke, au musée de Bruxelles; une de Tilburgh, au château de Schleissheim ; une de H. Rokes, qui a été gravée par Marinus, etc. Van Braeii a gravé, en 1705, quatre planches représentant des Tabagies hollandaises. François Eisen a gravé quatre compositions du même genre, et il y eu a deux aussi gravées par J. Le Pautre.

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