‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 861 sur 1059 · MAGNÉSIE · texte numérisé non relu

MAGNÉSIE

— Tablettes de manne. On les obtient en faisant une pâte composée de 64 grammes de manne en larmes, 448 grammes de sucre et d'un mucilage formé de 2 grammes de gomme adragant et de 3î grammes d'eau de fleurs d'oranger.

— Tablettes martiales, dites aussi tablettes chalybées ou de fer. On les fait en mêlant à 320 grammes de sucre 32 grammes de fer porphyrisé, 8 grammes de cannelle et de la gomme adragant. Elles doivent peser Og',60.

— Tablettes oxaliques ou pastilles contre la soif. Ces tablettes, de Ogr^o, s'obtiennent en mêlant 4 grammes d'acide oxalique pur et porphyrisé, 250 grammes de sucre, 8 gouttes d'huile de citron et un mucilage et un mélange de gomme adragant et de 20 grammes d'eau d'écoice de citron. On fait de la même

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manière des tablettes d'acide citrique et d'acide tartrique.

— Tablettes de rhubarbe. On les fait par un mélange de 32 grammes de rhubarbe, de 352 grammes de sucre et d'un mucilage de gomme adragant. Ces tablettes pèsent 0gr,60.

— Tablettes de soufre.Y. pastilles de soufre.

— Tablettes de Vichy. V. pastilles db bicarbonate DE SOUDE,

— Bibliogr. Comme les anciens écrivaient souvent sur des tablettes, assemblage do feuilles de parchemin ou de petites planches de bois, d'ivoire ou de métal, préparées pour recevoir l'écriture, ils donnèrent assez sou- Vent à des ouvrages le titre de tablettes. Pline l'Ancien dit dans sa préface : « Les Grecs sont admirables en fait de titres heureux. Les uns ont intitulé leur ouvrage Kerion ou Ruche, voulant faire entendre que c'était un rayon de miel; les autres Keras amaltheias ou Corne d'abondance, afin de vous faire espérer d'y trouver même une gorgée de lait da chèvre. Arrivent ensuite les livres intitulés : les VtVeffes, les Af uses, les Pandectes, le Manuel, la Prairie, le Tableau, les Tablettes, tous titres qui pourraient vous faire manquer à l'assignation que vous auriez reçue. Mais, une fois entrés là, dieux et déesses, quel videl Vous n'y trouvez rien. • Chez les Romains, il y eut les tablettes comitiales, sur lesquelles on inscrivait l'acceptation ouïe rejet d'un projet de loi; les tablettes d'absolution, sur lesquelles le juge écrivait la lettre A, initiale, du motn&soioo (j'absous); tes tablettes de condamnation, sur lesquelles il écrivait la lettre C, initiale du mot condemuo (je condamne) ; les tablettes censoriales, sur lesquelles les censeurs réglaient la perception des impôts.

Comme les modernes ont continué à se servir de tablettes pour prendre des notes, fixer des souvenirs et pour tout ce qui a rapport à un usage privé, ils ont aussi donné à certains ouvrages le titre de tablettes. Telles sont les Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane, par Lenglet- Dufresnoy (1744, 2 vol. in-8»), qui ont été plusieurs fois réimprimées. Il y a aussi les Tablettes scientifiques, les Tablettes littéraires, les Tablettes médicales, les Tablettes dramatiques, etc., et, dans un ordre tout diffèrent, les Tablettes du chrétien (serinons des piétlicateurs modernes, conférences du Père de Ravignan, méditations religieuses), publiées en 1839 (in-8°). On donne ie plus généralement ce titre à des livres dans lesquels les matières sont présentées en abrège et dans un ordre méthodique, ou bien encore dans lesquels les faits sont présentés dans l'ordre, chronologique.

Tablette* de Poljmnle (les), journal consacré à tout ce qui intéresse fart musical. Tel était le titre d'une feuille spéciale, dont ta courte existence embrassa moins de deux années et qui vécut de janvier 1810 au mois d'octobre lgu. Ce journal paraissait par livraisons iii-8" rie seize pages, avec couverture imprimée, d'abord une fois par quinzaine, puis tous les huit jours. A cette époque, le journalisme musical n'existait pas encore ; car deux ou trois essais, dont le plus récent, la Correspondance des amateurs de musique, datait de 1802, n'avaient pas obtenu de succès. Celui-ci ne fut guère plus heureux, on vient de le voir, et pourtant il était fait par desm'isiciens; il le disait du moins; car, à partir du numéro de septembre 1810, il ajoute k son titre cette mentkin : « Rédigé par une société de compositeurs. » Nous ne savons, à la vérité, quels étaient ces compositeurs, hormis un seul, car les articles n'étaient généralement signés que d'initiales, excepté quelques lettres en réponse à des polémiques et qui portaient cette triple signature : A. Garaudé, C*" et B"% directeurs. De tous ces prétendus compositeurs, un seul nous est donc connu, Alexis de Garaudé , musicien d'une valeur fort relative et qui ne s'est fait un certain nom que dans l'enseignement.

On ne s'attachait guère, dans ce journal, qu'à rendre compte des concerts, ainsi que des opéras représentés sur les divers théâtres de Paris, et la critique, il faut le dire, n'y brillait ni par sa justesse ni par son atticisme. En effet, à part quelques rares exceptions, les jugements exprimés dans le3 Tablettes révélaient certains partis pris évidents et dégénéraient parfois en diatribes passionnées et injustes. On peut donc dire que c'est une coterie qui tenait les rênes de ce journal, coterie qui dirigeait surtout ses coups contre les membres du Conservatoire et principalement contre Mèhul. Cette coterie n'épargnait cependant pas Spontiui, comme on peut le voir par ce court extrait d'un compte rendu de la Vestale, où il est dit que cet. ouvrage est « impurement écrit et que l'examen de la partition fait vraiment de la peine, puisqu'à chaque instant on y aperçoit des beautés réelles novées dans un fatras de notes, qui, au lieu d'ajouter à l'effet, y nuisent, comme le rouge et le jaune trop prodigués dans un tableau nuisent à la belle distribution de la lumière... > Mais quand il s'agissait des œuvres de MéhuI, le mauvais vouloir et même le. désir de nuire devenaient plus que transparents. Ce journal manquait d'ailleurs d'iii-

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fluenee et n'était pris an sérieux ni par les amateurs éciairés ni par le public.

TABLETTERIE s. f. (ta-b'.ète-ri— rad. tabletier). Métier, commerce du tabletier; ouvrages qu'il fabrique : Parti est réputé pour

Sa TABLETTERIE.

— Encycl. La tabletterie est de l'ébénisterie en petit, comprenant un nombre infini d'objets variés, inventés par le goût du jour, le caprice, la fantaisie et modifiés constamment par la mode, et tenant tantôt du tournage, tantôt de la marqueterie, du cartonnage, de Vestampage et de plusieurs autres espèces de travaux, et souvent- de tous ensemble. Les jeux divers, daines, échecs, nain jaune, jeux, de patience ; tabatières, étagères, boites, coffrets pour liqueurs, parfums, dentelles, étuis, etc., sont la production de la tabletterie, qui s'approvisionne chez les fabricants d'objets dits articles de Paris et chez les ouvriers tabletiers spéciaux. La tabletterie est un article dont les produits sont aussi multiples et variés que les caprices de la mode; aussi désigne-t-on sous cette dénomination bien plutôt un commerce s'étendant sur une énorme variété de produits qu'une production spéciale et déterminée. Ici, comme dans tous les commerces de ce genre où la mode fait subir son influence, les produits tirent leur plus grande valeur du gottt qu'ils révèlent, de leur nouveauté et surtout de la fantaisie en vogue.

Les matières employées et façonnées plus particulièrement par les tabletiers sont la nacre, l'ambre, l'écaillé, l'ivoire, l'os, la corne et différentes sortes de bois propres aux travaux délicats, au découpage, au tournage et au placage. La corne dont ils se servent est, comme on sait, la corne de bœuf, qu'on scie et qu'on dédouble, puis qu'on étend et qu'on moule, en la chauffant, dans des moules de bronze, et en la soumettant pour le moulage à la pression d'une forte presse en fer; on emploie les mêmes procédés pour façonner les écailles et l'on chauffe les moules assez pour ramollir la matière, en évitant toutefois de la brûler. Le placage se fait dans la tabletterie comme dans l'ébénisterie, mais avec plus de délicatesse et de soins encore, s'il est possible. Il en est de même pour le tournage, qui est un des travaux les plus pratiqués pour la confection des ouvrages de tabletterie. Quant à l'ornementation courante de ces objets, elle consiste, en général, en une sorte d'incrustation qu'on divise en trois catégories : le piqué, le coulé et l'incrusté. Le piqué s'obtient en perçant de petits trous plus ou moins rapproches dans la corne ou l'écaillé; dans ces trous, on pique la pointe d'une tige de cuivre, qu'on coupe au niveau de la surface de l'objet; la matière se contracte en se refroidissant et retient cette pointe apparente par un bout et formant un point métallique. Avec ces points métalliques, placés au gré de l'ouvrier, on dessine tous les contours imaginables et qui semblent propres à ce genre de décoration. Le coulé consiste à graver d'abord le dessin avec un burin et à former un trait creux dans lequel doit être placé le métal; celui-ci est en fil; on l'introduit, après avoir échauffé les bords de la gravure, dans le trait gravé un peu élargi par la chaleur ; quand les bords, en se refroidissant, se raffermissent et se resserrent, ils pressent le fil de métal et forment une sorte de sertissage qui suffit à le maintenir. Enfin l'incrusté est semblable aux autres genres d'incrustations; si ce n'est qu'ici on se sert, pour fixer le dessin incrusté, de l'action de la chaleur sur la corne et l'écaillé et de leur retrait par le refroidissement, ce qui permet de n'employer ni colle ni mastic. Pour ce travail, on se borne à dessiner le contour des incrustations, qu'on champlève au burin, et dans le creux desquelles on place des plaques minces de métal, de nacre, etc., découpées et correspondant exactement au dessin gravé, après avoir préalablement chauffé la matière, pour obtenir le résultat indiqué dans les opérations précédentes.

L'une des branches les plus importantes de la tabletterie est la fabrication des tabatières. Un certain nombre de tabatières sont doublées à l'intérieur d'argent ou d'étain ; pour les doubler, on façonne à part, avec des plaques de métal, cette partie intérieure de la tabatière, dont on recouvre le moule qui doit servir à estamper la corne ou l'écaillé; quand celles-ci sont estampées, on les retire du moule en leur conservant leur garniture métallique, qu'elles serrent étroitement en se refroidissant. On fabrique aussi des tabatières en carton qui, autrefois, étaient faites de carton en pâte, maisqui aujourd'hui sont confectionnées avec des feuilles de papier superposées et enduites chacune d un mélange de gomme et de colle forte, ce qui forme un cartonnage plu3 égal, plus serré, plus solide et plus propre. On les confectionne à l'aide de moules en bois, dans lesquels on applique les feuilles de papier, qu'on colle et superpose, et dans lesquels on les laisse sécher, alin que, converties en carton, elles en conservent la forme. On les vernit ensuite à plusieurs reprises, en les ponçant après chaque vernissage.

Les principaux centres de production de la tabletterie sont en France, en Allemagne, dans l'Inde et en Chine. En France, on fabrique surtout à Paris, à Dieppe, à Saint- Claude (Jura), àfieaumont (Seine-et-Oise), à

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Ivry-la-Bataille (Eure), dans les communes de l'Oise, de l'Ain et de la Meurthe-et-Moselle. La production des tabatières, à Paris seulement, est de 1,200 douzaines par an ; les ouvriers employés à leur fabrication travaillent à façon, c'est-à-dire à la pièce, et gagnent de 4 fr. 50 à 7 francs par jour. La fabrication de Saint-Claude, la plus importante pour les tabatières de buffle et de buis à bon marché, occupe annuellement 550 personnes, dont la production est estimée à 300,000 douzaines; la fabrication des tabatières de corne y occupe 300 personnes, produisant environ 100,000 douzaines. Ces tabatières sont payées depuis 1 fr. 25 la douzaine jusqu'à 12 ou 15 francs, suivant la matière employée et la façon qui leur est donnée. Le salaire journalier des ouvriers varie entre z francs et 4 francs. A Sarreguemines et à Forbach, on fabrique des tabatières de carton vernissé en quantité assez considérable.

La fabrication et le commerce des objets de tabletterie dépassent en France le chiffre de 25 millions de francs, dans lequel la production parisienne entre pour 15 millions de francs environ et la fabrication des peignes, en particulier, pour 4 millions de francs.

La fabrication anglaise occupe 6,000 tabletiers, dont près des deux tiers sont employés à la confection des peignes. A Aberdeen, en Ecosse, notamment, il s'en fabrique annuellement pour 9 millions de francs; Londres et Birmingham sont les centres les plus importants de la tabletterie anglaise." Cetto industrie est très-répandue dans toute l'Allemagne, dans la Suisse et le Tyrol, où les montagnards font, en hiver, ces petits ouvrages de bois dont ils inondent l'Europe.

Mais c'est surtout en Chine, dans l'Inde et au Japon, que l'on trouve l'industrie de la tabletterie dans des proportions énormes. La fabrication indienne et japonaise d'objets divers d'ivoire, d'écaillé, de nacre et de bois précieux est la plus soignée, la plus délicate, la plus artistique ; aussi les produits en sontils très-rec-herchés et atteignent-ils un prix très-élevé. La production de la tabletterie chinoise, moins chère, forme une branche commerciale plus importante. Les objets d'os, de nacre, d'écaillé s'achètent à Canton ; ceux de bambous à Shang-Haï.

TABLIER s. in. (ta-bli-é — rad. table. Au sens échiquier, damier, ce mot vient du latin tabula, planche à jouer, d'où aussi le verbe tabler, poser, caser les dames sur l'échiquier ; tablier tient aussi du latin tabula la siynifii'ation de parquet ou plancher d'un pont. Quant au tablier, vêtement, il est sans doute ainsi désigné de table, parce qu'il sert à préserver les habits quand on se trouve à table, soit pour travailler, soit pour manger. Peut-être aussi que l'acception de vêtement émane de celle de tabula, comme signifiant chose plate et mince. Comparez l'expression latine tabulare palali, employée par Végèce pour désigner le voile du palais). Pièce d'étoffe ou de cuir qu'on met devant soi pour préserver ses vêlements ou pour servir de simple ornement : Tablier de cuisine. Tablier de serrurier. Tablier de sapeur. Tablier de soie. Tablier brodé. Jean-Jacques, monté sur le cerisier, jette des cerises aux deux jeunes filles, qui les reçoivent sur leurs lèvres roses, sur leur gorge plus rose encore, autant et plus que dans leurs tabliers. (Duplessis.)

Enfants, voiîà les bœufs qui passent; Cachez tos ronges tabliers.

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