V. tacamahaca
TACANAS, tribu indigène du Pérou. On rencontre les Tueanas dans les profondeui'sdu versHnt occidental du Rio-Beni, sur les montagnes ombreuses et humides qui couvrent les pentes orientales des Amies boliviennes, depuis le 13° jusqu'au 15» degré de latitude méridionale et entre le 70° et le 71« degré de longitude à l'ouest du méridien de Pans, Toute cette tribu, en y comprenant les Indiens des missions d'Aten, d'Isiamus, de Caiinas, de Timupasa, do San-José et les sauvages Tovomonas, ne présente qu'un chiffre total de 6,300 individus. Les Tacanas, moins bruns que les Ayraaras et les Quichnas, ont toutefois le teint moins clair que les Mocéténès et les Vuracares. Du reste, mêmes lâches blanchâtres sur la peau que celles qu'on a observées sur les nations qui habitent des régions ombragées ; formes et traits identiques & ceux des Mocetenes; différence notable pour le langage, celui des Tacanas étant un des plus gutturaux et des plus durs de toute l'Amérique méridionale. Vaniteux, irritables, pleins d'arrogance et de fierté, ces Indiens se sont néanmoins soumis sans répugnance au christianisme; toutefois, un certain nombre est resté à l'état sauvage. Chasseurs, pêcheurs et agriculteurs, ils vi-
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vent dans un pays dont la fertilité fournit aisément à tous leurs besoins. Il paraît que chaque homme est tenu de construire à lui seul la maison qu'il doit habiter plus tard avec sa femme et ses enfants; s'il néglige ce soin, il est déshonoré. Les Tacanas sauvages sont tout nus et se bornent k orner leur tête de plumes quand ils exécutent leurs danses nationales. Ceux des missions chrétiennes ne se couvrent pas la tête, mais portent une chemise ou tunique a manches courtes. Quant aux femmes, elles aiment à se parer de bracelets, de colliers de -verroterie et de jarretières en or ou en argent. L'industrie de ce peuple est presque nulle; elle se réduit au tissage d'une grossière étoffe de coton, à la fabrication des arcs et des flèches et à la composition de divers ornements en plumes assez curieux.
TACANHUNAS, TOCAHUNOS ou TARA- CONA, rivière du Brésil (Para). Elle prend sa source par 18° 10' de huit. S. et 54° de longit. O., sur la limite N.-E. de la province de Mato-Grosso, coule au N.-E. en formant de nombreuses sinuosités et bô jette dans le Tocantin, après un cours de 600 kilom. Ses bords sont habités par une tribu indigène de même nom.
TACAPB s. f. (ta-ka-pe). Sorte de massue en usage chez les naturels du Brésil, et désignée, par la plupart des voyageurs anciens, sous Se nom d'épée de bois.
TACAR1GUA, lac de l'Amérique du Sud (Venezuela), qu'il ne faut pas confondre avec celui de Valencia, auquel les Indiens donnent le même nom. 11 est de forme circulaire et n'est séparé de la mer que par une barre. Il a environ 25 kilom. clans sa plus grande largeur et abonde en poisson de iner et en alligators.
TACATACA s. m. (ta-ka-ta-ka — onomatop. du cri de l'oiseau), Ornith. Nom vulgaire du toucan, au Brésil.
TACATO, ville du Japon, dans l'Ile de Niphon, à 75 kilom. S.-S.-E. de Yédo.
TACATU, rivière du Brésil (Para). Elle se jette dans la Parime, au fort San-Joaquin, par 3" 50' de lalit. N., après un cours de 140 kilom.
TACAUD s. m. (ta-kô). Ichthyol. Nom vulgaire d'une espèce de gade ou morue : Le tacaud se plaît entre les rochers. (V. de Bomare.)
TACAZZÉ ou ATBAKAII, rivièred'Abyssinie.
Elle prend sa soun-e dans les montagnes da la province de Lasta, par 11» 42' de latit. N. et 36" 55' de longit. É., et, après un cours de 400 à S00 lieues, partie sur le territoire abyssin, partie sur le Soudan oriental, elle se jette dans le Nil, aux. environs de Damer, dans la haute Nubie. Elle est fort basse dans les temps de sécheresse; mais elle double et triple de volume à la saison des pluies. Sur certains points, ses rives sont bordées depins chevelus dont la crinière verdoyante pend Sur les eaux. De nombreux troupeaux viennent s'y abreuver. Ses principaux affluents sqjat le Mareb, le Mogtïn, le Takour, etc. Les crocodiles et les hippopotames y sont communs.
TACAZZÉE s. f. (ta-ka-zé — de Tacazzé, rivière d'Abyssinie). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des asclepiadées, tribu des périplocées, dont l'espèce type croit en Abyssinie, sur les bords du Tacazzé.
TACCA s. m. (tak-ka). Bot. Genre de plantes, type de la famille des tacoacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Océanie : Le tacca pinnatijide.
— Encycl. Les taccas sont des plantes vivaces, à rhizome tubéreux, à feuilles toutes radicales, pétiolées, un peu engainantes, entières ou divisées ; les fleurs sont sessiles ou pédonculées, entremêlées de filets stériles et disposées en une ombelle terminale entourée d'un involucre ; le fruit est une baie sèche, à trois loges, contenant plusieurs graines striées. Ces végétaux croissent dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Océanie. DeujL espèces surtout présentent un intérêt -particulier, ce sont le tacca à feuilles entières et le tacca pennatifi.de; ces deux, plantes se distinguent surtout par leurs feuilles, comme l'indiquent leurs noms spécifiques. On les confond dans le pays sous le nom de pia. Elles ont un rhizome tubéreux, épais, comme formé de plusieurs tubercules ramassés et entremêles de radicelles. Du milieu des feuilles, toutes radicales et d'un ve>-t foncé, s'élève une hampe droite, simple, très-haute, terminée par une ombelle de fleurs d'un blanc verdâtre, portées sur des pédoncules grêles, entremêlés de longs filets sétacés et pendants. Le fruit est une baie ovoïde et d'un rouge vif. Le rhizome des taccas renferme une grande proportion de matière féculente, mélangée d'un suc amer et acre qui le fait regarder comme suspect et même vénéneux. Toutefois, la culture Va amélioré sous ce rapport, et d'ailleurs les manipulations qu'on lui fait subiront pour résultat de débarrasser la fécule de tout principe malfaisant. La pré-
tiaration est simple ; on pèle ce rhisiome, on e râpe, puis on le soumet a plusieurs lavages suivis de décantations. On obtient ainsi uns fécule blanche, agréable à manger et très -nourrissante, analogue à celle de la
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pomme de terre, et qu'on préfère même au sugou et k l'arrow-root. On l'emploie aussi en médecine, comme analeptique. Oïl mange aussi ses feuilles et ses tiges cuites en guise d'épinards. La racine est employée, à l'extérieur, comme vulnéraire,
TACCA ( Pierre ) , sculpteur italien du xvns siècle, né à Carrare, mort vers 1640. 11 étudia à Florence, sous Jean de Bologne, et l'aida à exécuter la statue équestre de Ferdinand 1er de Médicis. Après la mort de son maître, Tacca devint sculpteur de la cour. Il termina les statues équestres de Henri IV, roi de France, et de Philippe III, roi d'Espagne, laissées inachevées par Jean de Bologne, et exécuta un grand nombre de sculptures originales, parmi lesquelles on cite : Quatre esclaves enchaînés sur le socle du monument de Ferdinand ler) à Livourne; le Martyre de saint Etienne, bas-relief en bronze dans l'église Saint-Etienne de Florence : enfin, la statue équestre de Philippe IV d Espagne, d'après un tableau de Rubens.
TACCACÉ, ÉE adj. (tak-ka-sé — rad, tacca). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au tacca.
— s. f. pi. Famille de plantes monocotylédones, ayant pour type le genre tacca : Les TACCACÉES croissent dans les parties tropicales de l'Asie, de l'Afrique et de l'Océanie. (P. Duchartre.)
— Encycl. La famille des taccacées renferme des plant-'S herbacées, a rhizome tubéreux, à feuilles toutes radicales, pédalées. Les Heurs, hermaphrodites, régulières, groupées en ombelle au sommet d'une hampe courte, présentent un périanthe persistant, à six divisions colorées, pétaloldes; six staminés, à filets dilatés en forme de capuchon au sommet, pétaloïdes, insérés à la base des divisions du périanthe, à anthères biloculaires ; un ovaire adhérent, à trois loges pluriovulées, surmonté dû trois styles soudés que terminent autant do stigmates bilitles et rayonnants. Le fruit est charnu, indéhiscent, k une ou trois loges renfermant chacune plusieurs graines, à embryon très-petit, placé k l'extérieur d'un albumen charnu. Cette famille ne comprend que les deux genres tacca et ataccia, qui habitent l'Afrique, l'Asie et l'Océanie tropicales. Plusieurs ont des rhizomes alimentaires.
TACCÉ, ÉE adj. (tak-sé — rad. tacca). Bot. Syn. de taccacé.
TACCHINARDI (Nicolas), célèbre ténor italien, né à Florence en 1776, mort dans la même ville en 1859. A l'âge de onze ans, il commença à apprendre la musique et, en 1793, entra comme second violon dans l'orchestre du théâtre de Florence, où il resta cinq ans. Sa voix a\ant acquis un développement inattendu, il chanta d'abord avec succès dans les églises et dans les concerts et s'essaya ensuite sur quelques théâtres particuliers. Enfin, il débuta en 1804 à Livourne, puis à Pise, ensuite à, Florence et k Venise, où l'on sut apprécier son admirable voix et son excellente méthode. Appelé à Milan l'année suivante pour le couronnement de Napoléon comme roi d'Italie, il brilla sur le théâtre de la Scala k côté de Mme Festa et, en 1806, sut- le théâtre Carcano avec là Strinasaechi. La même année, il se fit eutendre à Bergame, puis à Rome, où, pendant cinq ans, il excita des transports d enthousiasme. En 1811, Tacchinardi, appelé k Paris, parut pour la première fois au théâtre de l'Odéon, le 4 mai, dans la Destruction de Jérusalem de Zingarelli. Le 2 septembre de la même année, il créa le rôle de don Giovanni de l'opéra de Mozart et partagea les succès de Mu« Barilli, avec laquelle il ne Tarda pas à entrer-dans la musique particulière de l'empereur. Sur le théâtre de la cour, où brillait notamment la virtuose favorite de Napoléon, Mme Grassini, Tacchinardi figura dans la plupart des ouvrages composés tout exprès pour le monarque nouveau, qui faisait revivre ainsi les habitudes coûteuses de l'ancien régime. Tacchinardi possédait une voix de ténor admirable, mais dont l'agilité, disait-on, l'entraînait à des hardiesses réprouvées par la pure et rigide école italienne. La nature, en lui donnant un magnifique organe, ne l'avait pas favorisé d'un physique agréable, du physique qu'exigeait son emploi. Il était gros et court, et son buste, peu dégagé, était supporté par deux jambes énormes et lourdes. Cet ensemble ridicule lui nuisait tout d'abord et faisait assez souvent sourire le parterre. Un jour que des murmures peu flatteurs accueillaient son entrée, l'artiste, s'avançant vers la rampe, s'écria fièrement : i Messieurs, je suis venu ici pour me faire entendre, et non pour me faire voir. » Les applaudissements éclatèrent aussitôt et, au bout du premier morceau, l'éminent chanteur avait gagné sa cause j on ne le voyait plus, on l'entendait. Crescentini, un des derniers sopranistes à voix artificielle, était quelque peu jaloux des succès de son camarade Tacchinardi. On raconte qu'un soir, assistant à l'orchestre, parmi les spectateurs, à une représentation extraordinaire donnée à l'Odéon et où Taochinardi chantait dans la Molinara, il s'écria, pendant tout le temps que l'artiste en scène débitait ses fioritures audacieuses: «Ah! le c,..., lAhl le c I » C'était un peu sévère ; car, si Tacchinardi ne chantait pas précisément comme