‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 865 sur 1059 · TACE · texte numérisé non relu

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à la chapelle Sixtine, et il avait ses raisons pour cela, il avait du moins un merveilleux brio et enlevait son auditoire. • On admirait, dit M. Fétis, sa facilité à passer de la voix de poitrine à la voix de tête, sans que la différence des timbres fût sensible, enfin son goût dans le choix des fioritures et des traits, dont il était prodigue et qu'il exécutait avec une merveilleuse facilité. Sous ce dernier aspect, son talent était absolument différent de celui de Crinelli , qui partageait alors avec lui l'emploi de premier ténor a l'Opéra italien, et dont le chant expressif et large élait, à cette époque, rarement orné de fioritures, i Assez mal accueilli dans Adolfo e Chiara, mauvais opéra de Puccita, qui faisait concurrence à la jolie musique de Dalayrao, si bien interprétée par Elleviou, Tacchinardi se releva dans la Molinara de Paisiello, et dès ce moment son succès n'éprouva plus d'éclipsé. Après la chute de Napoléon, il retourna en Italie et fut nommé, en ié22, premier chanteur de la chapelle du grand-duc de Toscane. En 1823, il chanta à Vienne, puis, en 1824, à Barcelone, en Espagne, oit on lui fit une véritable ovation. En 1831, Tacchinardi, qui avait seulement conservé son emploi de chanteur du grand-duc da Toscane, se retira du théâtre pour se consacrer au professorat. Ses deux élèves les plus remarquables ont été M™o Persiani, sa tille, et la Frezzolini. On a de lui Un petit ouvrage intitulé : Dell' opéra in musicasut teatro italiano, e de' suai difetti.

TACCO s. m. (tak-ko — onomatop. du cri de l'oiseau). Ornith. Genre d'oiseaux grimpeurs, de la famille des cuculidées, comprenant cinq ou six espèces, qui vivent surtout aux Antilles : Le tacco est plutôt marcheur que voilier. (Z. Gerbe.) On assure que le tacco, dans le temps de la ponte, se retire dans les profondeurs des forets. (V. de Bomare.)

— Encycl. Ce genre a pour caractères essentiels : un bec allongé, de la longueur de la tête, glabre à sa b.ise, lisse, arrondi en dessus, a. mandibule supérieure courbée et crochue à l'extrémité seulement; des narines basales, oblongues, couvertes par une membrane; les ailes subaîguÊs , arrondies ; la queue trèslongue et très-étagée; les tarses courts, grêles, garnis de larges si-utelles, ongles courts, très-arqués et aigus. Tacco est le cri le plus habituel de cet oiseau, d'où il a pris son nom. On l'appelle oiseau de pluie, attendu qu'il crie plus souvent lorsqu'il doit pleuvoir. L'épithète de vieillard, qu'on lui a encore donnée, vient de ce qu'il a les plumes du menton blanches. On l'appelle encore rieur, parce qu'il .semble faire des éclats de rire lorsqu'il prononce les syllabes qua-qua ou cra-cra, cri qu'il jette en volant ou lorsqu'il voit un animal qui lui porte ombrage. Les nègres de Saint-Domingue le nomment tacra bago.

Enfin, il e3t connu aussi sous le nom de pie, parce qu'on lui trouve quelques rapports avec notre oiseau d'Europe. Cet oiseau fréquente indifféremment les terrains cultivés, les savanes, les grands bois ou les buissons. Sa nourriture principale consiste en chenilles, en insectes ou en petits lézards. Le tacco parcourt les arbres avec une rapidité étonnante. Toujours aux aguets pour découvrir les petits anolis qui grimpent le long des branches ou les chenilles qui se cachent sous les feuilles, il pénètre avec beaucoup d'adresse et d'agilité dans les buissons les plus épais. Sa chasse l'occupe tellement qu'il se laisse approcher jusqu'à la portée de la main. La détonation d un fusil n'effraye pas le tacco, qui se contente de changer de place, sans fuir 'au loin. Son vol est peu élevé, il bat des ailes en partant et fait entendre son cri qua-qua. Celte espèce, que l'on trouve à Saint-Domingue, k Porto-Rico, à. la Jamaïque et dans toutes les Grandes Antilles, fait son nid sur les arbres et le place sur la fourche des grosses branches; il le compose de petites racines sèches, de mousses et de feuilles. Sa ponte est de quatre k cinq œufs d'un blanc sale tacheté de noir. Une autre espèce, le tacco de Merlin (saurothera Merlini) est particulier a l'Ile de Cuba,

TACCOÏDE s. m. (tak-ko-i-de — de tacco, et du gr. eidos, aspect). Ornith. Genre d'oiseaux grimpeurs, de la famille des cuculidées, dont l'espèce type habite le Brésil.

TACCOLI (Nicolas, comte), historien italien, né à Reggio en 1690, mort dans la même ville en 1768. Il entra dans les ordres et devint prieur de l'église Saint-Jacques-le-Majeur. Dans le but de prouver l'ancienneté de la noblesse de sa famille, il se livra k de grandes recherches dans les archives publiques et privées, amassa un grand nombre de matériaux et fut amené à composer une histoire de son pays. On lui doit : Appendici tre corrélative alla diseendensa de Taccoli (Modène, 1727, in-4°), sur sa famille ; Comptndio délie diramazioni, ossiano discendenze de' Taccoli ed inoltre d'alcune memorie isloriche piu rimarcabili di Heygio (Keggio, 1742, in-4°), travail historique qu'il continua sous le titre de Parti II e 111 di alcune memorie storiche di Beygio (Parme, 1748-1769, 2 vol. in-40). On y trouve des documents réunis sans ordre et sans critique.

TACCORAVY, ville de la Guinée septentrionale, sur la côte d'Or, à 20 kilom. O.-S.-O. de Souccondrie. Les Hollandais y ont un fort

TACENT s, m. (ta-saintt — mot. lat. qui

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signif. ils se taisent). Mus. S'emploie, au lieu du mot tacet, mais en s'appliquant à plusieurs instruments ou à plusieurs chanteurs, TACET s. m. (ta-sètt — mot lat. qui signifie il se tait). Mus. Silence très-prolongé et particulièrement Silence qui doit être gardé durant tout le morceau ou jusqu'à la lin du morceau.

— Fam. Garder le tacet, Se taire, ne pas prendre la parole :

On dit que ce nouveau Tacite Aurait dû garder le tacet.

VoLTilBE.

Il faut, vous soutint-on que trois et trois fODt sept N'en pas disconvenir, et garder le tacet,

PlRON.

— Encycl. Ceci est l'un des rares mots latins qui se soient introduits dans la langue musicale, au détriment de l'italien, privilégié sous ce rapport, puisqu'il a fourni à toutes les nations européennes des expressions utilisées pour la musique.

Lorsque, dans le cours d'un morceau de musique, l'une des parties doit observer un silence d'une certaine longueur, on ne groupe pas un nombre de pauses égal k celui des mesures pendant lesquelles ce silence doit être conservé. Pour agir d'une façon plus expéditive, on tire sur la partie une barre horizontale de 0>»,01 à 0m,02 de longueur, montant un peu de droite a gauche, et l'on écrit au-dessus, en chiffres, le nombre de mesures dont se compose ie silence; si celui-ci . est de vingt-cinq mesures, on met 25 ; s'il est de quarante, on met 40, etc. Mais si quelque partie doit garder le silence pendant tout un morceau, on procède d'une façon plus rapide encore et on exprime cela par le mot tacet, écrit, dans cette partie, à la suite du titre du morceau en question et étroitement joint à lui. S'il s'agit d'une messe, où chaque morceau porte un titre particulier, ou mettra, par exemple : Kyrie tacet, Gloria tacet, ou Agnus tacet; s'il s'agit d'un opéra, où chaque morceau est désigné par son numéro d'ordre, on indique le numéro dans lequel l'instrument n'a rien k faire, et l'on met : no 3, tacet; n° 7, tacet; no 12, tacet.

Si la même partie réunit celle de deux instruments, comme cela a lieu pour les flûtes, pour les bassons, pour les trombones, etc., et que tous deux doivent se taire pendant l'exécution d'un morceau, on emploie le pluriel et l'on écrit : lacent.

TACFARINAS, chef de la révolte des Africains contre Rome, sous Tibère, né en Numidie, mort l'an 24 de notre ère. Il servait dans les troupes auxiliaires de l'empire, lorsqu'il déserta, puis rassembla des nomades africains, les disciplina k ia romaine et lutta

fendant huit années pour l'indépendance de Afrique. Battu, l'an 18, par le consul Furius Camillus et, l'an 20, par le proconsul Lucius Apronius, il n'en continua pas moins k combattre, en se bornant toutefois à harceler les Romains et en évitant une bataille. Ayant • voulu s'avancer vers les côtes maritimes dans l'espoir d'y faire du butin, il fut battu de nouveau par Apronius et rejeté dans le Sahara. Tacfarinas n'en vit pas moins son armée s'augmenter de nouvelles recrues et il envoya k Tibère des ambassadeurs pour le menacer d'une guerre continuelle s'il ne lui as.signait pas un territoire dans lequel il promettrait de le laisser vivre en paix. Tibère se borna k donner au proconsul Blœsus l'ordre da s'emparer de Tacfarinas par tous le3 moyens. Peu après, le chef des révoltés était vaincu, mais il parvenait k s'échapper en- ' core. Enfin, en 24, Dolabella lui livra une bataille décisive dans laquelle il fit des prodiges de valeur et où ii périt en combattant.

TACHA, ville des Eiats-Unis du Rio-de-la- Plata (Alendoza), à 118 kilom. de San-Juande-la-Frontera. Mine d'or.

TA-CHAN, chaîne de montagnes qui traverse l'Ile de Formose du N. au S. et dont les cimes, en novembre et en décembre, sont couvertes d'un peu de neige, ce qui, sous une latitude si basse, annonce une élévation considérable. Le sommet principal est le Mou-Kang-Chan, dont le nom est quelquefois donné k toute la chaîne.

TACHAN-DAGH, montagne de la Turquie d'Asie, dans le N.-O. de l'eyalet de Sivas, sur la limite des livahs de Djanik et d'Amasias.

TACHANT, ANTE adj. (ta-chan, an-te — rad. tacher). Qui tache, qui salit.

— Bot. Se dit de certaines plantes qui tachent les doigts lorsqu'on les touche : Le desmodion tachant.

TACHARD s. m. (ta-char). Ornith. Oiseau de proie, du genre des buses.

TACHARD (Martin), pasteur protestant français, né à Montauban, pendu k Toulouse en 1567. Après avoir embrassé la Réforme, Tachard se rendit k Genève, où il fut admis au ministère. Vers 1561, il revint à Montauban

fiour seconder les pasteurs de cette ville dans eurs travaux. La guerre civile ayant éclaté, Tachard prit la fuite, mais il revint bientôt k son poste, qu'il conserva après la conclusion de la paix, jusqu'en 1565, époque où il fut chassé par les consuls avec ses collègues. Il fut alors nommé pasteur k Acier, dans le Quercy. Peu après éclata la révolte de Pamiers. Le viguier de cette ville avait défendu de se livrer k des danses lascives dans les

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rues ; mais les catholiques ne tinrent aucun compte de cette ordonnance, et le viguier ayant voulu ramener l'ordre, ils l'assaillirent d une grêle de pierres, ce qui le força à chercher un refuge dans la maison du ministre Du Moulin, où se tenait précisément une assemblée de protestants. Aussitôt ceux-ci se mettent en défense et la lutte s'engage. La victoire resta aux prolestants. Le roi s'en montra fort irrité et envoya Joyeuse avec les ordres les plus sévères. Celui-ci entra dans la ville, jeta en prison tous les huguenots qui y étaient restés et fit pendre une centaine d'entre eux. A cette nouvelle, Tuehard partit pour visiter ses coreligionnaires et les consoler. Cependant le farouche Monlluc approchait. Trente protestants se réfugièrent précipitamment aux Cabanes, non loin de Pamiers, croyant qu'ils y seraient en sûreté ; mais ils se trompaient. Le 25 mai 1567, Tilladet, lieutenant de Montluc, mit Les Cabanes à feu et k sang. Tuehard essaya de se sauver, mais il fut pris et conduit k Toulouse, monté sur un âne, un chapeau blanc sur la tête et d'énormes chapelets pendus autour du cou par moquerie. Le 6 juillet, il fut condamné, par le parlement fanatisé, à être pendu, quoique ses juges n'eussent fourni aucune preuve de sa participation à la révolte de Pamiers. Tachard marcha au supplice avec fermeté.

TACHARD (Gui), missionnaire français, né vers 1650, mort au Bengale en 1712. Tout 'jeune encore, il entra dans la compagnie de Jésus, se voua à l'œuvre des missions et visita, avec le maréchal d'Estrées, les colonies de l'Amérique septentrionale, où il resta pendant quatre ans. Tachard suivit ensuite avec cinq autres jésuites le chevalier de Chaumont à Siam, pour recueillir sur ce pays toutes les notions qui seraient utiles pour le commerce, la politique et la religion (1685). Les envoyés de Louis XIV furent parfaitement accueillis par le roi de Siam, qui autorisa les jésuites à prêcher le christianisme. Tachard fut alors envoyé en Europe pour y chercher des missionnaires, qu'il conduisit en Asie (1087), puis il reçut du roi de Siam la mission d'accompagner, comme interprète, les ambassadeurs qu'il envoyait h Louis XIV (1688) et au pape (1689). De retour à Siam, Tachard y trouva la mission à peu près ruinée à la suite d'une révolution. Il se rendit alors avec ses confrères k Pondichèry (1690), d'où il fut chassé par les Hollandais (1693), puis passa dans le Bengale, dont il fut un des premiers apôtres, et y mourut d'une maladie contagieuse. Outre des Lettres, publiées dans le Recueil de lettres édifiantes, on a de lui : Voyage de Siam des Ml. PP. jésuites, aoec leurs observations astronomiques, etc. (Paris, 1686,in-4<>); Second voyage de Siam (Paris, 1689, in-40). Dans ces relations, rédigées sans ordre et dans un st3-le ampouié, l'auteur a fait preuve d'une excessive crédulité et s'est montré observateur peu judicieux. On y trouve toutefois des observations scientifiques exactes. On doit encore au Père Tachard un Dictionnaire latinfrançais et un autre français- latin, rédigés pour l'usage du duc de Bourgogne.

TACHAS s. m. (ta-chass). Mamm. Grand cétacé mentionné dans la Bible et qu'on croit être le dugong ou le lamantin : La peau du tachas servait chez les Juifs pour couvrir le tabernacle. (V. de Boimire.)

TACHAU, TACHOW ou DREZEWNOW, ville des Etats autrichiens (Bohème), dans le cercle et k 45 kilom. S.-E, d'Egra, sur la Misa; 3,000 hab. Verreries et forges de fer. Procope, chef des hussites, y battit les impériaux en U31. Aux environs, manufactures de glaces de Strœhl et sources d'eaux minérales.

TACHE s. t. (ta-che. — Chevallet tire ce mot du celtique : armoricain tech, habitude, inclination, propension, qualité ou défaut, mais plus souvent qualité ; techet, habitué à, enclin à, porto a, sujet à ; écossais teagaisg, faire prendre des habitudes, élever, éduquer, instruire; teayasg, éducation, instruction, probablement de la grande racine aryenne tak, taksh, tuaksh, fabriquer, former, proprement couper, fendre, gratter. Pour appu\er cette explication pur le celtique, Chevallet prétend que tache, teche, tere signifiaient anciennement une qualité bonne ou mauvaise, acquise par l'habitude, par l'éducation, et qu'ensuite ils se prirent pour une qualité non acquise, pour une inclination naturelle vers le bien ou vers le mal, pour une bonne disposition ou un vice. Ce n est que plus tard, selon Chevallet, que teche, tache se sont pris dans un sens restreint pour désigner un défaut physique dans 1 homme ou dans les animaux, une défectuosité, une altération dans un objet et particulièrement une altération partielle dans la couleur, une inaculature. De tache ainsi entendu, ajoute Chevallet, on fit eutechié,qui a contracté des habitudes bonnes ou mauvaises, qui a été bien ou mal élevé, bien ou mal instruit et, pur suite, qui a telle ou telle qualité, tel ou tel vice, telle ou telle connaissance. «Dans un sens restreint, il s'employa pour signifier qui a uu défaut physique, un vice d'organisation, qui est atteint d'une maladie ; nous disons aujourd'hui entiché en pariant d'un fruit qui, allétité d'une maie tèche, commence k se gâter. Nous nous servons encore de ce mot en Variant d'une personne dont l'esprit est vicié

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par de mauvaises opinions, par des doctrines dangereuses, par une hérésie condamnable. Il ne faut point confondre, comme on l'a fait, entiché, en usage aujourd'hui, avec enticé, entiché, qui signifiaient autrefois incité, excité, suscité, poussé à. » Ces explications do Chevallet sur l'origine de tache et à'entiché ne sont pas admises par tous les étymologistes. Diez et Scheler pensent que tache est le même mot que "l'italien tacca, coche, cran, tache, vice, taille. Ils comparent en outre dans les idiomes romans l'italien tacco, talon de soulier; wallon tac, plaque, ferblanc ; français laque, plaque de fonte ; rouchi tacg, pièce de terre; languedocien tacho, clou à tête plate-, italien taccone, morceau de cuir pour raccommoder les souliers ; espagnol et portugais tacon, talon de bois pour souliers, et lachon, galon, clou k tête dorée ; français tacon, ulcère contagieux du safran, de l'oignon, et aquon, pièce plate mise sur Je tympan ou sur les caractères trop bas. Les ouvriers champenois appellent tache leur tablier de peau. Diez et Scheler pensent que toutes ces variétés sont d'une même famille et découlent d'une racine tac, désignant toutes sortes d'objets faisant saillie ou relief sur une surface plane. Les deux savants philologues croient retrouver cette racine tant dans l'élément celtique que dans l'élément germanique ; gaélique tac, comique tach, clou; anglais tack, pointe, crochet; néerlandais tak, allemand, sache, hollandais taekert, prendre, saisir ; anglo-saxon taecan , anglais take. Burguy demande s'il n'est pas préférable de séparer étyinologiquement le français tache, taiche, des autres vocables- rapportés ci-dessus et de le rattacher directement au gothique taikus, anglo-saxon tâcan, tacn, etc., allemand moderne zeichen, marque, signe- Il est toutefois disposé à résoudre la question négativement, comme l'avait déjà fait avant lui M. Diefenbach, et à accueillir la manière de voir de Diez. Dans l'hypothèse où l'on voudrait disjoindre tache des autres mots cités, Scheler propose de regarder tache comme le substantif verbal de tacher, et tacher comme la représentation d'un type latin taclare, toucher, meurtrir, fréquentatif de taiigere, toucher, lequel représente la racine sanscrite tang, toucher, saisir, prendre). Marque qui souille, qui salit, qui gâte lacouleur : Tache de graisse, d'huile, de vin, de boue. Faire une tache. Enleoer, ôter, effacer une tache. La calomnie s'étend comme une tache d'huile ; on s'efforce de l'âter, mais la marque reste. (Mlle Lespinasse.) Un mauvais exemple est comme une tache d'huile, qui va toujours s' étendant. (La Rochef.-Doud.) Le bonheur est une neige blanche sur laquelle la' moindre chose fait une tache. (A. Karr.) Une tache d'huile choque moins sur une bure grossière que sur une riche étoffe. (Th. Gaut.)

— Partie terne dans une pierre précieuse : Ce diamant a des taches.

— Partie colorée, circonscrite, sur un fond d'une autre couleur: Un oiseau à ailes grises, marquées de taches bleues. Un chat noir, avec des taches blanches. Ses joues étaient couvertes de taches noires et livides. (Péri.) Des taches noires défiguraient sa belle gorge et son beau visage. (Voit.)

— Fig. Faute, endroit faible, incorrect, qui dépare une œuvre : Il n'y a pas une tache dans ce beau tableau. Les taches mêmes des œuvres de génie révèlent une puissance extraordinaire.

Un censeur que rien n'attache,

Sitôt qu'il voit une tache,

Vite à L'agrandir s'attache;

Il vaudrait mieux la laver.

■ BouttarjEiL.

(I Chose honteuse, déshonorante: Une vie sans tache. Toute mauvaise action est une tache que le temps même ne saurait effacer de la conscience. (Lepelletier.) L'anoblissement est une tache d'après les principes de ta noblesse, (Mmo de StaëL) Alléguer des exemples, ce n'est pas se laver, c'est montrer les taches des autres. (P.-L. Courier.) Quoi ! ton maître ferait cette tache à sa gloire ?

Tu. CoaNEILLB.

A combien de désirs il faut que l'on s'arrache Si l'on veut conserver une vertu sans tache,

CaÉBILLOS.

L'épouse que tu prends, sans tacite en sa conduite, Aux lois de son devoir règle tous ses désirs.

Boil EAU.

Le cœur d'un homme vierge est un vase profond ; Des que la première eau qu'on y verse est fmpure, Lu mer y passerait sans laver La souillure, Car l'abiine est immense et la tache est au fond. A. de Musset.

Il Trace durable, souvenir déshonorant: Juste ou non, la sentence de nos tribunaux est une tache indélébile. (G. Sand.) Les méchants bruits surtout ont cela de mauvais, Que les inclus qu'ils font ne s'effacent jamais.

Quinaclt.

— Tache d'huile, Flétrissure indélébile, atteinte irrémédiable portée k la réputation, à l'honneur.

— Vouloir trouver des taches dans le soleil, Chercher à trouver des défauts dans les choses les plus irréprochables.

— Faire tache, Produire une tach e : L'huile fait tache sur le marbre, 11 Ressortir comme uue tache : Le chevalier de.... est si malprupre, qu'il F ait tache dans la boue. (Rivurol.)

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H Etre déplacé, produire une impression fâcheuse, un effet désagréable : La femme maussade ou boudeuse fait tache en société.

(Mme Monmarson.) Un homme poli fait ornement dans une société, un homme grossier y fait tache. (Vigée.) Au fond de tous les bonheurs humains, il y a toujours quelque chose qui paît tache. (A. Karr.)

— Peint. Partie d'une peinture qui ne s'harmonise pas avec les parties voisines et y produit l'effet d'une tache : La peinture veut des ombres et non des taches, pour relever l'éclat des couleurs. (Mme de Staël.)

— Théol. Effet durable produit sur l'âme par le péché : La tache du péché originel. La tache originelle. Il Agneau sans tache, Jésus- Christ: Chastes épouses de Jésus-Christ, attirez sur ce dépôt sacré quelques regards de i' agneau sans tache que vous suivez. (Fléch.)

— Techn. Tache d'étain, Marque blanchâtre, provenant d'un excès d'étain, dans les pièces d'artillerie en bronze.

— Astron.Nom donné à des parties obscures que le télescope fait apercevoir sur le disque du soleil et des planètes : En parlant des taches encore inexpliquées du soleil, M. Biot disait plaisamment : « // n'est rien d'aussi obscur que le soleil. » (Babinet.) C'est principalement dans la région équatoriate du soleil que se montrent les taches dont il est recouvert. (Babinet.)

— Physioï. Tache germinalive, Amas de cellules qui se montre sur la vésicule germinative, et qui disparaît avec elle. Il Amas de cellules que l'on observe sur le blastoderme.

— Méd. Taches de rousseur, Taches hépatiques, Syn. d'ÉPHÉLiDES. u Tache de vin, Marque de couleur vineuse, irrégulière, plus ou moins étendue, qu'on voit sur la peau de certaines personnes.

— Art vétér. Taches de ladre, Taches blanches qui se montrent dans les parties de la peau qui sont peu couvertes de poil, particulièrement aux lèvres.

— Ichthyol. Tache-noire, Nom vulgaire d'un poisson du genre chétodon,

— Encycl. Bot. et agric. Sous le nom collectif de taches, on désigne les changements partiels et accidentels de coloration qui se produisent sur les plantes, notamment sur les feuilles et les autres organes herbacés. Leur forme, leur couleur, leur dimension sont très-variables. Les taches constituent une véritable maladie, ou plutôt elles sont le signe extérieur d'une maladie interne, qui consiste en une altération du tissu cellulaire et de la chlorophylle, qui se décolore, se désorganise et peut même disparaître complètement dans une étendue plus ou moins grande. Leurs causes sont assez nombreuses.: la pauvreté de la sève ou des sucs nourriciers, l'excès du froid ou de la chaleur, la grêle, le développement des cryptogames parasites, les piqûres d'insectes, etc., peuvent produire des taches. Quand celles-ci sont disposées d'une certaine façon, elles constituent des panachures (v, ce mot), une de ces maladies que l'on cherche plutôt à propager qu'à guérir, du moins dans les végétaux d'ornement et surtout dans les espèces à feuilles persistantes. Sur les plantes qui se dépouillent tous les ans, les taches durent autant que les feuilles et ne se reproduisent, les années suivantes, que sous l'influence des mômes causes ; mais celles qui sont dues à l'action des champignons parasites, et surtout des entophytes, se reproduisent à peu prés constamment tous les ans. Pour en préserver les plantes, il faudrait donc faire disparaître les causes immédiates, ce qui est rarement possible ; mais on peut presque toujours atténuer .leurs effets en activant la végétation de la plante. Nous ne parlons pas ici des taches superficielles produites par l'accumulation de divers corps étrangers et qui disparaissent par le frottement.

— Art vétér. Taches de ladre. Ces accidents de coloration sont dus à l'absence de pigmentum ou matière colorante de la peau, et non aux poils eux-mêmes. Ces taches ne se montrent guère qu'aux lèvres dans les animaux de robe foncée, et l'on a imaginé pour les indiquer l'expression singulière de 0 buvant dans son blanc, « de telle ou telle lèvre, complètement ou incomplètement, ou des deux lèvres. Il est bien plus simple de dire tache de ladre ou simplement ladre à telle ou telle lèvre. Dans les robes peu foncées, et surtout dans l'isabelle, le blanc et les nuances claires du gris, on voit souvent des taches de ladre sur tous les points où la peau est très-fine, comme aux ailes du nez, autour des yeux, à l'anus, au périnée et aux organes de la génération. L'indication de ces taches rend beaucoup plus complète l'identité de l'animal signalé.

Les taches de ladre se rattachent aux vices de formation par défaut de développement; elles sont sans importance chez les animaux qui ne sont pas destinés à la reproduction. Cependant, quelque légère que soit l'imperfection d'évolution organique qu'elles dénotent, elles devraient faire exclure de la reproduction les animaux qui en portent, car ehes sont héréditaires, à moins qu'elles ne coïncident avec des aptitudes qui deviennent dominantes par suite d'une espèce de balancement, comme la production du lait, par

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exemple ; enfin, chez les animaux de luxe, on pourrait pallier, dans certains cas, ces vices k l'aide de teintures, ou même les guérir radicalement, lorsque ces taches sont peu étendues, k l'aide de l'excision et de l'autoplastie.

Allus. littér. La tache de sang de lady Macbeth. V. Macbeth.

Tache de «nng (la), roman en cinq volumes, par M. le vicomte d'Arlincourt (1847- 1850). Les deux premiers volumes parurent en 1847, puis les événements politiques et un deuil de famille décidèrent l'auteur à retarder la publication de la seconde partie jusqu'en 1850. Le fond même de ce livre est vrai ; l'auteur a assisté k toutes les scènes qui appartiennent k l'histoire et même à une partie de celles qui composent le drame qu'il raconte. Des études sérieuses, publiées par des historiens consciencieux, sur la guerre d'Espagne, font mention de faits qui s^ rapportent. Quant à ce qu'a ajouté l'imagination romanesque de l'auteur, c est, nous l'avouerons, ce qui nous plaît le moins ; le sujet, par lui-même, était assez dramatique sans qu'il fût nécessaire d'y faire entrer certains détails qui paraissent vraisemblables k qui connaît le fanatisme espagnol, mais qui choquent notre bon sens français.

Nous n'entrerons pas dans les détails du sujet; il faudrait trois pages du Grand Dictionnaire pour en analyser les péripéties accumulées les unes sur les autres ; nous nous contenterons de l'indiquer. Georges d'Ericourt, un officier français, a épousé secrètement Bianca d'Arasioza, fille d'un grand d'Espagne. Notre armée est obligée de se retirer devant les bandes de Mina, et Georges confie sa femme et une de ses parentes, la comtesse Silvia, k la garde d'un brave montagnard, Lorenzo, qui les conduit, dans une voiture, k la suite de l'armée se retirant en bon ordre. Le père de Blanche parvient à l'arracher k la garde de Lorenzo par surprise et l'emmène & l'armée de Mina, où deux hommes s'éprennent pour elle , le terrible condottiere et un de ses lieutenants, don Ramon Veyga, Lorenzo et Georges ont juré de la reconquérir sur ses persécuteurs et sont aidés par Sebastien de Villareal, un cousin de Bianca, qui l'aimait, s'est immolé k son bonheur et mourra de ce sacriiiee. Viugt fois, sur le point de réussir, ils échouent ; vingt fois ils sont près d'être faits prisonniers et fusillés; plusieurs blessures excitent leur vengeance , mais, à la fin , les deux époux sont réunis; ils pleurent cependant sur Lorenzo, qui a été lâchement assassiné. La comtesse Silvia s'était éprise de ce singulier caractère, mélange de la valeur et de la générosité du Cid avec la férocité d'un bandit, et c'est au moment où se célébrait leur union que Lorenzo a été frappé.

Parmi les épisodes singuliers de ce roman, nous ne citerons que celui qui explique le titre: Bianca, après avoir passé par mille épreuves, avoir été entraînée dans une maisou de filles, être tombée entre les mains de dou Raraon de Veyga, qui tente de la violer, est reconnue pour sa fille, qu'il a voulu fafte tuer k sa naissance, grâce k une tache de sang qu'elle portait sur l'épaule. Nous laissons de côté les événements invraisemblables de ce roman, dans lequel l'auteur semble avoir mêlé le genre d'Anne Radcliffe k celui de PonsonduTerrail, et nous ne nous occupons que des caractères; ils sonteonformes kl histoire et bien tracés. Lorenzo et Villareal surtout sont remarquables ; il y a en eux un dévouement chevaleresque au-dessus de la nature humaine, et, si le premier commet tant de meurtres, on le lui pardonne ; il semble poussé par la fatalité antique, qui l'oblige sans cesse k se souiller de sang, à son corps défendant. Le style est prétentieux, guindé, moins cependant que dans les autres ouvrages de l'auteur. Ou ne peut uier que ce roman intéresse en dépit de ses défauts; on y trouve du mouvement, des combinaisons, de la chaleur, des tableaux, des caractères, un certain prestige, de la passion, des sentiments tendres, impétueux, exaltés, des situations tragiques et uue foule d'idées qui né sont pas communes. La haine contre les Français et le fanatisme espagnol sont exprimés surtout avec uue vérité saisissante.

TÂCHE s. f. (tâ-che. — Ce mot correspond au vieux français tasche, tasque, anglais task ouvrage imposé ; provençal tasca, tuscha, bas latin tosca, taxa, impôt sur les terres, chatnpart. Toutes ces formes dérivent du latin taxare et signifient proprement ce qui a été adjugé, assigné à quelqu'un). Travail, ouvrage marqué d'avance, pour être fait dans un temps déterminé et à de certaines conditions : Une soigneuse de aorderie n'a d'autre tâche que de surveiller la marche de la corde et de rattacher de temps en temps tin fil brisé. (J. Simon.)

— Besogne, chose qu'on a le devoir ou la charge d'accomplir: C'est à nous de bien faire notre tâche et de préparer le bonheur des générations suivantes. (Mme Roland.) Chaque jour a sa tâche qu'il faut accomplir. (Lamenn.) La variété des tâches et des missions humaines est infinie. (Guizot.) Le mariage doit être accepté comme une tâche. (Balz.) Il y a dans la tâchb de l'éducation des moments où le désintéressement, ce premier de nos devoirs, est prêt à nous manquer, (Mme Gui-

TACH

zot.) Il arrivera un moment où ^humanité aura accompli sa tâche ici-bas, et où elle sera de , trop sur cette terre. (Ott.) Il faut aux grands peuples de grandes tâches. (E. de Gir.) Il n'y a que les gouvernements gui sont audessous de leur tâche qui s'inquiètent de la proximité de leur fin. (E. de Gir.)

La tdcht des amants est toujours ai semblable, Qu'on sait en quatre mots tout le roman du cœur: Soupirs, occasion, résistance et fa-seur.

Pua.

J'ai fait ma t&che et mon devoir ; Qui travaillait avant l'aurore Peut s'en aller avant le soir.

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