‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 873 sur 1059 · TAGE · texte numérisé non relu

TAGE

par 40» 48' de latit. N. et 4<> 18' de longit. O. Il coule au N.-O., au S.O., à l'O., puis au S.-O., à travers les provinces espagnoles de Cuença, Guadalaxara, Tolède, Badajoz, et par Aranjuez, Tolède, Talavera-de-la-Reina, Alcantara, entre en Portugal après avoir formé quelque temps la limite des deux royaumes, sépare le Beira de l'Alentejo, arrose VEstvainadure portugaise et, après avoir traversé Abrantès, Santarem et Lisbonne, se jette dans l'Atlantique, à 4 kilom. au-dessous de cette ville. Cours, 7.60 kilom., dont 560 en Espagne. Ses principaux affluents sont : à droite, le Xarama, grossi de l'Hémtrès, le Guadarrama, l'Aiberche, le Siétar, l'Alazon et le Zezer; à gauche, le Torraya ou Zato. Le Tage, au dire des historiens et des légendaires, roulait autrefois de l'or; on prétend même que le sceptre des rois de Portugal a été fait avec l'or tiré du limon de ce fleuve. Le Tage n'a plus aujourd'hui cette vertu aurifère, et ses rives sont loin de répondre aux descriptions brillantes qu'en ont faites les poètes anciens et modernes. Elles sont généralement escarpées et taillées à pic. Un cours impétueux, étroit et embarrassé de rochers, une eau trouble et presque bourbeuse, voilà ce que le voyageur qui côtoie la campagne voisine souvent nue, aride et inculte ou brûlée par les ardeurs du soleil rencontre le plus fréquemment. Les rochers qui le bordent n'offrent pour toute végétation que quelques chênes verts, et, si l'on excepte quelques rares endroits, notamment la vallée d'Aranjuez et de Talavera, que l'art el la culture ont embellis, il y a peu de pays en Espagne qui soient aussi sauvages et aussi pauvres. En hiver, le Tage s'élève de plusieurs mètres et couvre le peu de plaines qui s'étendent sur ses rives ; mais, en été, il diminue au point d'offrir des gués assez fréquents, même au-dessous de Santarem. Depuis Alcantara jusqu'au confluent du Zezer, la navigation est interrompue par de nombreuses cataractes. Il est navigable avec les marées jusque auprès de Santarem. L'amiral français Roussin força l'entrée du Tage en

TAGÉNIE s. f. (ta-jé-nl — du lat. tagenia, sorte de gâteau). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des mèlasomes, tribu des piraéliaires, ou type de la tribu des tagénites, comprenant une vingtaine d'espèces répandues dans l'ancien continent.

TAGÉnite adj. (ta-jé-ni-te — rad. tayénié). Entoin. Qui ressemble ou qui se rapporte à la tugénie.

— s. m. pi. Tribu d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des mèlasomes, ayant pour type le genre tagénie.

TAGEREAU (Vincent), jurisconsulte français, né dans l'Anjou, qui vivait au commencement du XVIIe siècle. Il exerça la profession d'avocat près du parlement de Paris. On lui doit : Discours de l'impuissance de l'homme et di la femme (Paris, I6li et 1612, in-8"), dans lequel il prouve que le congrès est impossible dans son exécution, et plus propre à égarer sur la question en litige qu'à éclairer la justice, et le Vrai praticien français (Paris, 1633, in-8°).

TAGES, dieu étrusque, petit-fils de Jupiter, fils de Genius. D'après Cicéron, un paysan de Tarquinies labourait un jour son champ lorsqu'il en sortit un enfant dont le langage annonçait autant de savoir que de sagesse. Les Etrusques accoururent aux cris d'admiration du paysan, et l'enfant, qui était Tagés, se mit à leur apprendre la science des aruspices et de la divination, puis mourut. Son enseignement fut consigné dans des livres dits livre» de Tagès.

"TAGESEN, TAUSAN ou TAUSSEIf (Jean),

théologien danois, connu comme le premier apôtre du luthéranisme dans son pays, né à Birkinde (île de Fionie) en 1494", mort en 1561. Il fut élevé au couvent d'Antworskow et alla ensuite compléter ses études théologiques à Cologne, où la lecture des premiers ouvrages de Luther lui inspira le désir de suivre les leçons du réformateur. Dans ce but, il se rendit à Wittemberg, passa ensuite quelque temps à Rostock et revint, en 1531, occuper une chaire à Copenhague. M.iis il ne tarda pas à revenir au couvent d'Antworskow, y acquit rapidement une grande réputation comme prédicateur et commença par faire en secret quelques tentatives pour convertir les autres moines aux idées de Luther. En 1524, profitant de l'absence du supérieur du couvent, il prononça un sermon qui produisit un tel effet sur ses auditeurs, que la plupart des moines se déclarèrent disposés à abandonner leurs anciennes croyances. L'agitation excitée par cet événement fit envoyer Tagesen dans un autre couvent, à Viborg, ou il continua ses prédications et conquit en peu de> temps un grand nombre d'adhérents. Le roi de Danemark, Frédéric 1«, qui voyait d'un œil favorable les tentatives des réformateurs allemands et qui voulait seconder les e±fort3 de Tagesen, lui donna, en 1526, une lettre de protection, ainsi que le titre de chapelain de la cour, et lui assigna à Viborg une église où il pourrait prêcher sans être inquiété. L'évêque de cette ville fit cependant tout ce qu'il put pour arrêter sa propagande, mais il n'y réussit pas, et Tagesen fut soutenu par la sympathie des

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habitants. La lutte entre les deux partis religieux finit cependant par devenir si vive que le roi, pour mettre le novateur à l'abri de tout danger, le fit venir en 1529 à Copenhague et l'attacha, comme prédicateur, à l'une des églises de cette ville. Le même prince convoqua en 1530, devant l'assemblée des Etats, des représentants des catholiques et des protestants, chargés de discuter leurs doctrines respectives. Tagesen et les principaux membres de son parti furent présents a cette assemblée, à la suite de laquelle les réformés obtinrent le droit de prêcher et de propager leurs doctrines. La tranquillité ainsi rétablie fut de nouveau troublée par la mort du roi, arrivée en 1533, et Tagesen dut quitter Copenhague pour échapper aux dangers dont il était menacé de la part des catholiques. La Réforme n'en continua pas moins à faire des progrès rapides en Danemark, et, en 1537, il fut nommé pasteur et professeur de théologie à Roeskilde ; quatre ans plus tard, il devint évêque de Ripen et occupa ce siège jusqu'à sa mort. Tagesen écrivit en danois un grand nombre d'ouvrages théologiques, ainsi que des traductions de l'Ecriture sainte et plusieurs hymnes originales. Ses œuvres, ainsi que l'histoire de sa vie, prouvent que c'était un homme simple et éclairé; mais, sous le rapport du talent, il fut très-inférieur aux grands réformateurs de son temps.

TAGET s. m. (ta-jè). Bot. Syn. de taoète : Tous les tagets exhalent, surtout lorsqu'on les froisse, une odeur particulière, extrêmement forte, qui porte à la tête. (Bosc.) Les dames de Quito se plaisent à cultiver le beau tagbt multiflore. (Th. de Berneaud.)

TAGÈTE s. m. (ta-jè-te). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant plus de trente espèces qui croissent en Amérique : Les tagètes portent, en général, le nom vulgaire d'œillets d'Inde. (P. Duchartre.)

— Encycl. Ce genre se compose d'herbes annuelles d'Amérique qui, pour la plupart, sont douées d'une odeur forte et désagréable. Les feuilles sont opposées ou alternes, entières ou dentées. Les fleurs, jaunes ou orangées, forment des capitules. Les fruits sont des akènes, allongés et rétrécis à la base, qui portent une aigrette simple composée de paillettes inégales. On connaît de trente à trente-cinq espèces de tagètes, parmi lesquelles quelques - unes figurent parmi nos plantes d ornement les plus communes. Elles portent, en général, le nom d'œillets d'Inde. Les plus remarquables sont : le tagète droit ou grand œillet d'Inde, qui a la tige droite et souvent uniflore. Il s'élève à 2 ou 3 pieds; ses feuilles sont très-découpées et d'un vert clair. Ses fleurs sont grandes, quelquefois grosses comme le poing, ordinairement jaunes et doubles. La seconde espèce est le tagète brancha ou petit œillet d'Inde, qui a la tige branchue, comme l'indique son nom, et multiflore. Il s'élève à environ 0*0,30. Ses feuilles sont très-découpées et d'un vert noir. Ses fleurs sont ordinairement jaunes au centre et d'un roux safrané sur les bords. Ces deux plantes font chacune à sa manière un très-bel effet dans les plates-bandes , lorsquelles sont en rieurs, c'est-à-dire pendant tout l'été et une partie de l'automne. Elles périssent aux premières gelées. Leur beauté dépend du sol et surtout de l'humidité du terrain. Pour se procurer lu plant, on en sème la graine, très-clair, si;..' ;ouche ou dans une terre préparée. Lorsque les pieds ont acquis quelques centimètres de hauteur, on les transplante avec la motte à l'endroit désigné. C'est Fuchs qui paraît avoir fait le premier usage du nom de tagète pour désigner les œillets d'Inde.

TAGGA, bourg de l'Algérie, province de Constantine, dans une plaine fertile; antiquités romaines.

TAGHRY-BERDY (Aboul-Mahacen , ben), historien arabe, né à Alep. Il vivait au xve siècle, passa quelques années au Caire et reçut d'un sultan circassien le titre d'émir. Ses principaux ouvragessont: Nodjoum elzahereh (\e&Etoiles brillantes), histoire de l'Egypte et du Caire depuis la conquête des Arabes jus- ' qu'en 1453 de notre ère, une des meilleures et des plus utiles sources à consulter sur ce sujet. M. Joynboll de Leyde en a publié le texte avec une version latine, un abrégé fait par l'auteur sous le titre de Maured Atlethafeh a été en partie traduit en latin et publié par Carlyle (Cambridge, 1792); Menhel-el- Safy, dictionnaire biographique, plein de renseignements utiles et qui est resté inachevé. La bibliothèque nationale en possède un manuscrit en 5 volume?.

TAGIADE s. -f. (ta-ji-a-de — du gr. tagios, prompt, vif). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes , de la tribu des papilionides , dont l'unique espèce est étrangère à l'Europe.

TAGIL , rivière de la Russie, gouvernement de Perm. Elle descend du versant E. des monts Ourals et se jette dans laToura, après un cours d'environ 470 kilom.

TAG1LSK, ville de Russie, gouvernement de Perm, district de Verkhotourié, sur le Tagil, k îo myriamêtre3 de Perm; école de mineurs. On y remarque d'immenses forges

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qui sont l'un des plus vastes établissements de ce genre qui existent dans l'Oural.

TAGIOWRA, cap de l'Afrique septentrionale, régence et a 22 kilom. E. de Tripoli. Le long de la côte se trouvent plusieurs villages, habités par des Maures et des Juifs qui s'adonnent k l'agriculture, à la fabrication d'étoffes grossières et de nattes.

TAGLIACARNE (Benedetto), dit Tbeorr.

«»», littérateur italien, né à Sarzana (Etat de Gênes) en 1480, mort à Avignon en 1536. Il était, depuis 1514, secrétaire de la république lorsque, Gênes ayant été prise par les impériaux en 1522, il reçut une blessure qui le rendit boiteux et perdit la plus grands partie de ce qu'il possédait. S'étant alors rendu en France, il y fut parfaitement accueilli par François 1er, devint précepteur dea enfants du roi , entra dans les ordres et fut successivement nommé abbé de Fonfrède, près de Narbonne, de Nanteuil, dans le Poitou, et évêque de Grasse; en remplacement de René du Bellay, On lui doit des odes, des épigrammes, des élégies, écrites dans un style maniéré et dépourvues d'inspiration poétique, qui ont été publiées sous le titre de Poemata qus juvenis admodum lusit (Poitiers, 1506, in-4°); Carmen de laudibus Au* sonii (1551, in-12), dans uue édition d'Ausone; cinq Lettres, publiées dans celles de Cortese (1573, in-4").

TAGLIACOZZI (Gaspard), chirurgien italien, né à Bologne en 1548, mort dans la même ville en 1599. Il reçut une excellente instruction , compta le célèbre Cardan au nombre de ses maîtres et se fit recevoir docteur en philosophie et en médecine en 1570. S'étant livré ensuite à l'enseignement de la chirurgie, il acquit en peu de temps beaucoup de réputation, fut nommé professeur de chirurgie et d'anatomie à l'université de sa ville natale, et occupa sa chaire jusqu'à sa mort. Tagliacozzi dut surtout sa renommée à l'étude toute particulière qu'il fit de l'autoplastie, et particulièrement de l'art de restaurer les oreilles et les lèvres détruites ou mutilées. Cet art n'était pas nouveau , puisqu'on en trouve des traces jusque dans l'antiquité et qu'il avait été pratiqué, au xvo siècle, par les deux Brancas en Sicile et par Vianeo en Calabre; mais c'est à Tagliacozzi que revient l'honneur de l'avoir le premier présenté dans son ensemble et de l'avoir enrichi d'un grand nombre de procédés nouveaux. Dans son ouvrage , intitulé De curtorum chirurgia per insitionem (Venise, 1597, in-fol.), réédité sous le titre de Chirurgica nova de nariunt, aurium labiarumqve defectu per insitionem cutis ex humera sarciendo (Francfort, 1598, in-8<>) , Tagliacozzi a donné d'intéressants détails sur Sa méthode, sur les instruments et les ligatures à employer. Il rejette l'emploi de la peau du front comme difficile à se joindre et propose d'employer la peau du bras au-dessus du coude. De nos jours cependant Lisfranc et d'autres chirurgiens ont employé avec succès la peau du front pour reconstituer le nez, et il parait que les Indiens font preuve d'une grande habileté dans cette sorte d'opération chirurgicale. Les compatriotes de Tagliacozzi lui ont élevé, an théâtre anatomique de Bologne, une statue tenant un nez à la main. Outre l'ouvrage précité, on doit à ce savant chirurgien des Consilia medica , dans le recueil de Lautenbaeh (1605) : Epistota ad Alercurialem de naribus multo aitte abscissis reficiendis, publiée dans le De decoratione de Mercuriale (1587).

TAGLIACOZZO, ville du royaume d'Italie (Abruzze Ultérieure II»), au pied d'une montagne, près de la source du Salto, à 17 kilom. O. d'Alba; 7,000 hab. Beau palais. Patrie du mathématicien André Argoli et du savant cardinal Jean de Tagliacozzo. Cette ville fut fondée dans le ve siècle par les Gotbs orientaux. Charles 1er d'Anjou y remporta, en 1268, surOonradin une grande victoire, qu'on nomme aussi bataille d'Alba ou de Scuscola.

TAGL1AMENTO ou TÀJAA1EKTO, anciennement Tilauemptus, rivière du royaume d'Italie (Vénétie). Elle prend sa source dans les Alpes Juliennes, au mont Mauro. Elle se dirige d'abord à l'E. à travers des rochers jusqu'au. fond de la vallée, passe par le Taimezzo, reçoit la Fella par la gauche, tourne alors au S., arrose Spilembergo, arrive à Maudrisio, où elle se rétrécit, et à Latisana, où elle commence à former la limite entre les provinces de Venise et d'Udine, et se jette dans l'Adriatique au golfe de Venise, après un cours de 170 kilom. Elle donne son nom à la vallée qu'elle arrose"; son lit est composé de gravier, de roches et de galets dans la partie supérieure, et il est sablonneux dans la partie inférieure; sa large ;ir, entre les montagnes, est de 8oo à 900 mètres; niais, dans ks temps ordinaires, les eaux sont divisées en plusieurs petits courants, dont le plus large n'est que de 15 à 20 mètres. Bonaparte le franchit, le 16 mars 1797, après une victoire sur les Autrichiens, que Masséna y battit encore le 12 novembre 1805. Le Tagliamento donna son nom à un déparlement du royaume français d'Italie, formé en 1806 du territoire de Trévise et d'une partie du Frioul, entre ceux du Passeriano, du Bacchiglione, de la Piava, de l'Adriatique et du Tyrol, et qui avait pour ch.-l. Trévise.

TAGLIATELLI s, ta. pi. (ta-gli-a-tèl-li — mot ital. formé de tagliare, découper). Ait

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culin. Nom donné on Italie à des bandes trèsminces et très-étroites, découpées dans une pâte d'œufs et de furine, que 1 on fait cuire à la manière du macaroni.

TAGL1ATI s. m. pi. (ta-gli-a-ti — mot ital. formé de tayliare, découper). Art culin. Nom donné en Italie à des lanières minces et étroites, découpées dans une pâte de farine, d'eau et de sel, et que l'on fait cuire, comme le macaroni, après les avoir disposées dans une casserole plate en couches séparées par un lit de beurre et de fromage râpé.

TAQL1AZUCCI1I (Jérôme), littérateur italien, né k Modène en 1671, mort dan3 la même ville en 1751. Après avoir occupé quelque temps un emploi k la chancellerie ducale, il devint professeur de grec au collège des Nobles, ouvrit ensuite une école de littérature et de philosophie à Milan (1783), puis alla occuper une chaire d'éloquence k l'université de Turin et retourna, en 1743, dans sa ville natale. C'était un très-habile professeur, qui forma, entre mitres élèves, la célèbre Gaetane Agnesi. Nous citerons, parmi ses écrits : Prose e poésie toscane (Turin, 1735, in-8<>), recueil contenant des dissertations et quelques poésies originales; Haccolta di prose e poésie aduso dette régie scuoie (Turin, 1744, 2 vol. in-8i>), recueil précédé d'un bon discours sur la manière d'enseigner la littérature à la jeunesse; Délia lirica paesia (1764, in-8°), ouvrage posthume.

TAGLIONI, nom d'une famille originaire d'Italie, illustre dans l'art chorégraphique.

TAGLION1 (Philippe), né à Milan en 1777, mort en 1871. Il fut d'abord attaché à diverses scènes de la péninsule; il passa ensuite en qualité de premier danseur et de maître des ballets au théâtre de Stockholm, sous le règne de Gustave III. Plus tard, maître des ballets k Cassel, sous le roi Jérôme , il fut en dernier lieu appelé avec le même titre à Varsovie, où il resta fixé jusqu'à l'année 1853. A cette époque, il alla, en compagnie de sa femme, qui était fille du fameux tragédien suédois Karsten, célébrer en Italie le second mariage de la cinquantaine. On doit k Philippe Tuglioni un certain nombre d'ouvrages chorégraphiques dont le plus célèbre est le ballet de laSyphilde, composé [tour M11" Taglioni, et qui a été ie triomphe de cette dernière. Disons toutefois que, bien qu'il ait signé seul ce ballet, le livret en avait été écrit par le chanteur Adolphe Nourrit qui, en lisant e Tritby de Charles Nodier, avait trouvé l'idée d'un rôle pour M1 le Taglioni. La part de composition uu chorégraphe consiste donc uniquement dans la mise en scène et les danses. Taglioni a formé beaucoup d'élèves qui a leur tour sont devenus des maîtres,

TAGLIONI (Marie), comtesse Gilbert de Voisins, souvent appelée la grande Taglioni,

célèbre danseuse, riile du précédent, née a Stockholm en 1804. Elevée sous les yeux de son père, elle reçut de bonne heure les leçons de ce dernier et débuta à Vienne, en 1822, dans la carrière chorégraphique, où elle devait s'acquérir rapidement une des plus grandes réputations artistiques de ce temps-ci. Les théâtres de Stuttgard et de Munich l'applaudirent ensuite jusqu'en 18S6. Puis, admise k paraître sur la scène de notre Grand-Opéra, elle vint k Paris chercher la consécration d'un talent qui déjà faisait beaucoup de bruit. Ses débuts u l'Académie de musique eurent lieu le ï3 juillet 1827, dans le Sicilien. Un immense succès salua son apparition. Après avoir terminé le 10 août de la même année, par le Carnaval de Venise, la première série de ses représentations, elle signa un engagement avec l'Opéra, le 21 novembre suivant, et retourna k l'étranger, où elle ucheva de se perfectionner. Le 30 uviit 1828, elle opéra sa renuée parmi nous d'une façon éclatante dans la Bayadére, interpréta ensuite le ballet de Psyché et fut, k compter de cette époque, la reine de la danse à l'Opère. Engagée de nouveau, mais cette fois pour une période de quinze aimées, a dater du l«f mai 1829, elle consacra ses congés à parcourir l'étranger et excita en Allemagne, en Italie, en Angleterre et en Russie un enthousiasme non moins vif que celui qu'elle soulevait en France. En 1832, parvenue k l'apogée de sa célébrité, elle alla danser k Berlin, et ne put, k partir du ce moment, suffire aux demandes d'engagements qui lui venaient de toutes parts. La même année, elle épousa le comte Gilbert de Voisins, mort k Figueira (Espagne), viceconsul de France, au mois de juin 1863, mais elle n'en continua pas moins de s'appeler Mlle Taglioni et resta fidèle à son art, qui lui avait valu une belle fortune. Cependant en 1847, elle quitta l'Opéra à la suite de quelques contestations et se retira en Italie, partageant les doux loisirs qu'elle s'était faits entre sa villa du lac de Côine et son palais de la Ca d'Oro, k Venise. U y a quelques années, à propos des débuts d'une enfant bien douée, de cette jeune Emma Livry (v. ce nom), devenue en un jour l'idoie du Paris artistique, et morte depuis si malheureusement, M11* Taglioni reparut dans la ville de ses grands triomphes, voulant encourager de sa présence et de ses applaudissements celle qui semblait destinée k restaurer la grande école de danse Sur une scène trop longtemps livrée aux cachuchas, aux aragonaises, aux mazurkas , aux. scottishs , aux cracoviennes de toutes provenances. Un instant le

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bruit courut que l'inimitable sylphide allait reparaître sur la scène; mais on sut bientôt qu'elle avait pris envers son gendre, un prince russe très -connu, l'engagement de ne plus danser en public. Toutefois on l'a vue s'essuyer k la composition chorégraphique et elle a réglé les pas et la mimique du Papillon pour sa protégée, Emma Livry, en 18S0 (le Papillon, ballet en deux actes, par MmeTnglioni, MM. de Saint-Georges et Offenbach, a l'Opéra).

Nommer Mlll! Taglioni, c'est rappeler la grâce et la perfection, le charme exquis, le goût, la correction , la légèreté aérienne, chaste et décente, toutes ces choses enfin qui se sentent mieux qu'elles ne s'expriment. Aujourd'hui encore, le nom de Marie Taglioni, est souvent invoqué; îl est le résumé et le synonyme des plus pures traditions de l'art, la danse personnifiée, la reine et l'alnéa des sylphides. Son souvenir est resté vivant dans l'esprit des contemporains ravis de sa grâce délicate, ondoyante et facile ; on la citait à tout propos : c était l'orgueil de ceux qui l'ont applaudie et admirée à ses débuts, la curiosité et le regret de ceux qui ne l'ont pas vue avec ses deux petites ailes nacrées, ses deux bras fins et gracieux, ses deux pieds qui se posaient sans bruit k fleur du sol, comme dans la Sylphide, par exemple, où elle glissait et volait autour de James, lut souriant, se jouant derrière son fauteuil, paraissant et disparaissant comme un rêve, une vision, véritable caprice ailé vivant de malice dans un flocon de gaze et mourant pour s'être laissé surprendre par l'Amour; ceux, disons-nous, qui lie l'ont pas vue, touchante comme une élégie, les yeux en pleurs, lorsque ses ailes tombaient et qu'elle était heureuse d'aimer en expirant, ceux-là ne sauront jamais ce que c'est que l'idéale beauté de cet art céleste, livré trop souvent aux contorsions lascives, aux sensualités grossières, aux profanations malséantes de bateleurs ineptes et de ballerines effrontées. M11» Taglioni avait poétisé la danse, et a fait réussir des ballets qui n'étaient pas nés viables. Un pas de naïade qu'elle exécutait dans la Belle au bois dormant a été tout le succès de cet ouvrage, écrit pour elle, ainsi que le Dieu et la Bayadère et un grand nombre d'autres ballets, celui entre autres de la Sylphide (v. plus haut Taulioni, Philippe). La Sylphide fut, avec la Fille au Danube, le plus beau triomphe de l'admirable artiste, et Charles Nodier put dire avec raison, après avoir applaudi son badinage d'oiseau fugitif, son espièglerie ingénue dans le personnage inspiré de son Trilby :t Je n'avais pas rêvé ce démon-là. • Citons encore, parmi les créations marquées du sceau de ce magique talent : Flore et Zéphire, Cendrillon, hiiiiioolte au sérail, Natalie, Guillaume Tell. Jyjlle Taglioni a dansé le menuet avec Veatris. On a dit d'elle qu'elle n'était pas une femme, mais uu charme ; ceux qui l'ont connue daus tout l'éclat de son talent affirment que rien n'est plus vrai.

TAGLIONI (Paul), danseur, frère de la précédente, né k Vienne en 1808. II fit une partie de ses études k Paris, au collège Bourbon, et entra uu Conservatoire, où il reçut les leçons de danse du chorégraphe Coulon. Ses débuts eurent lieu k l'Académie de musique avec un certain éclat; il fut successivement attaché aux théâtres devienne et de Stuttgard jusqu'au jour où il contracta un engagement brillant a Berlin. Il épousa, dans cette dernière ville, M"" Amélie Golster, première danseuse du théâtre. Appelé plus tard k Londres, il y fut pendant plusieurs années maître de ballet et ne quitta l'Angleterre que pour passer au même titre au théâtre San-Carlo, de Naples, en 1853. C'est sous les auspices de M. Paul Taglioni et sous ceux de M. Ccralli que fut fondée, le i" juillet 1835, par le corps de la danse, l'association philanthropique des artistes de notre Grand-Opéra. On cite parmi le» principales oeuvres auxquelles sa femme et lui ont prêté le concours de leur talent ; l'Ondine, les Flibustiers, Coralie, Don Quichotte, les Patineurs, le Lac des Amazones, l'héa ou la Fée aux /leurs, Salanella, Electre. Cet artiste, qui a formé un assez grand nombre d'élèves, entre autres Karl Mûller et Ebel du théâtre de Vienne, s'est fait une triple réputation comme danseur, comme organisateur et comme compositeur de ballets. En 1S64, il a pré.sidé le congrès musical de Naples. — La fille de M. Paul Taglioni, MU» Marie Taglioni, a débuté avec beaucoup de bonheur à Londres en 1847.

Après avoir tenu un engagement au théâtre de Berlin, elle est venue prendre une place distinguée aux côtés da son père, et de sa mère sur la scène de San-Carlo, à Naples. — Un autre artiste du même nom, M. Salvador Taglioni, a été également attaché comme chorégraphe au théâtre de San-Carlo. Au mois de mai 1848, il a occupé un instant les journaux de sa personne, et voici à quelle occasion : le 15 de ce même mois de mai, jour de la révolte à Naples, il passait dans une tue lorsque des coups de feu partirent non loin de lui. Il chercha à se réfugier dans une maison voisine; mais il n'y arriva que blessé. Les gens parmi lesquels il se réfugiait étaient précisément des insurgés. Les soldats arrivent, en saisissent quarante et les fusillent sur-le-champ. Toutes les explications de l'artiste furent inutiles; compris dans l'exécution, il reçoit trois balles au travers du corps, plus

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sept coups de baïonnette. Reconnu cependant au milieu de ses compagnons, par une personne qui s'aperçut qu'il vivait encore, on le transporta en lieu sûr, et il échappa de la sorte k une mort certaine.

TAGLO, cap de l'archipel des Philippines, sur la côte N. de l'Ile dB Mindanao, en face de l'Ile de Fuego,

TAGLO, baie sur la côte S. de l'Ile de Mindanao, une des Philippines.

TAGNON, village des Ardennes, cant. de Junéville, arrond. et à 9 kilom. de Rethel, station du chemin de fer de Paris à Givet ; ■ 1,329 hab. Ce village, autrefois fortifié, eut beaucoup k souffrir des guerres du xv» et du xvie siècle. L'église offre plusieurs parties intéressantes. Le chœur est moderne.

TAGOLANDA, lie de la mer de Célèbes, k l'extrémité N.-E. de l'Ile de ce nom, par 20» I0r de latit. N. et 122° 43' de longit. E. Elle a environ 32 kilom. de circonférence et est très-fertile et bien peuplée.

TAGOMAGO, petite lie d'Espagne, dans la Méditerranée, province de Palma (Baléares), près de la côte E. de l'île d'Iviça, par 39° i' 10'' de latit. N. et 0° 40' 10" de longit. E. Elle est inhabitée. On n'y trouve que des lapins et des oiseaux de mer.

TAGONE s. m, (ta-go-ne — du gr. lagà, j'étends). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la tribu des blapsules, comprenant deux espèces, qui habitent le midi de la Russie.

TAGOSs. m. (ta-goss — mot gr. dérivé de tassa, je range , je mets en ordre). Antiq. gr. Sorte de dictateur de la Thessalie.

— Encycl. Lorsque les Thesprotes, venus de l'Epire, eurent envahi la contrée k laquelle ils donnèrent le nom de Thessalie, par allusion à Thessalus, leur antique chef fabuleux, descendant d'Hercule, ils la divisèrent en quatre districts : la Phthiotide, l'Uistiœotide, la Thessuliotide et la Pélasgiotide. Ces quatre districts étaient, en une certaine mesure, indépendants les uns des autres, et leur réunion formait un Etat fédéral. Dans certaines circonstances pourtant, ils élisaient un chef suprême, dont le pouvoir s'étendait sur tous les districts. On le trouve quelquefois désigné sous ie nom de basileus (roi), ou sous celui û'archos (commandant); mais son nom véritable était tagos (chef). Les anciens nous le représentent surtout comme un chef militaire ; il semble même qu'on ne l'élisait qu'en cas de guerre, ou bien lorsqu'on redoutait une guerre. Probablement son pouvoir cessait avec les circonstances qui l'avaient fait naître. Nous n'avons pus de document qui nous apprenne jusqu'où s'étendait ce pouvoir. Xénophon nous dit que le tagos levait des solduts dans chacun des districts et qu'il fixait le tribut k payer par les alliés. Jason, qui fut tagos au ive siècle avant notre ère, avait une armée de 20,000 hoplites et de 6,000 cavaliers.

Le tagos était pris ordinairement parmi les grandes familles. Ces familles étaient fameuses dans toute la Grèce parleurs richesses et leur luxe royal, parleur hospitalité, par l'empressement qu'elles mettaient k accueillir les poètes et les artistes. Tels étaient les Aleuades k Larisse, les Scopades k Cranon, les (Jréontides k Pharsale. 11 résultait de lk une forme de gouvernement aristocratique dans la plupart des villes; mais la noblehse ne domina pas toujours sans contestation et sans soulèvement de la part de la classe inférieure. On a conjectura, avec assez de probabilité, que l'élection d'un tagos fut faite quelquefois dans ces circonstances, comme celle d'un dictateur k Rome, pour ramener la concorde. Il y eut aussi des divisions au sein même des familles aristocratiques, par exemple celle qui éclata entre les Alcuades deux générations avant la guerre des Perses, et qu'apaisa la médiation d'un chef choisi dans ce but. Une division du même genre survint k Pharsale, après la fin de la guerre du Péloponèse, et, pour rétablir l'accord entre les citoyens, on confia la direction entière du gouvernement à Poiydainas, qui s'acquitta de sa charge avec une remarquable intégrité. A cette époque, les Aleuades et les Scopades avaient perdu beaucoup de leur influence; Pharsale et Phètes étaient devenues les deux villes importantes de la Thessalie. Le tyran de Phères, Jason, déposséda les oligarques, fit alliance avec PolydamaS et parvint k se faire élire tagos vers 374 avant notre ère. Devenu ainsi chef de toute la Thessalie, il s'unit k Thèbes contre Sparte, s'empara des passages de la Grèce centrale et conçut l'ambitieux projet de se faire reconnaître chef de tous les Grecs, afin d'aller, à leur tête, renverser le roi des Perses. Il fut assassiné en 370, et sa famille ne sut pas garder le pouvoir. Ses successeurs, Polydore, Poly phreu, Alexandre, Tisiphon, Lycopïiron, eurent comme lui le titre de tagos; mais ils ne possédèrent ni son influence ni sou habileté. Les anciennes familles aristocratiques implorèrent le secours de Philippe de Macédoine, qui déposséda Lycophron en 353 et restaura dans les différentes villes le mode de gouvernement des siècles antérieurs.

Bans les temps qui suivirent, jusqu'à la victoire des Romains k Cynocéphales (197 av. J.-C), les Tbessaliens restèrent, avec une apparence de liberté, sous la domination des

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