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la langue anglaise, il fut chargé, en 1863, d'examiner, pour l'allemand, les candidats à l'Ecole militaire. Au mois d'avril 1865, on le destitua de ces dernières fonctions ; mais le ministre de l'instruction publique, cédant devant les protestations de l'opinion publique, le réintégra quelques jours plus tard. En 1868, M. Taine a épousé Mil» Denuelle, fille d'un riche négociant.
Comme philosophe, M. Taine, dont les opinions se rattachent au positivisme et au spinozisme, se distingue par sa logique serrée et la solidité de son argumentation; comme écrivain, il se fait surtout remarquer par une heureuse alliance d'imagination et do science qni unit en lui le poète et l'algébriste. Son style clair, net, incisif, spirituel, est un modèle d'observation fine et d'élégante érudition.
Outre !h œuvres précitées, on doit à M. Taine : Idéalisme anglais (1864, in-18); le Positivisme anglais, étude sur Stuart Mill (1864, in-lS) ; Nouveaux essais de critique et d'histoire (1865, in-18); Philosophie (le l'art (1805, in-18); Philosophie de l'art en Italie ( 1866, in-18) ; Voyageen Italie, Naples, Home, Florence, Venise (1866, 2 vol. in-8») ; Noies sur Paris ou Vie et opinion de M. Frédéric- Thomas G raindorge (1867, in-8°), édité d'abord dans le journal la Vie parisienne ;V Idéal dans l'art, leçons professées à l'Ecole des beauxarts (1867, in-18) ; Philosophie de l'art dans tes Pays-Bas (1868, in-18); Philosophie de l'art en Grèce (1870, in-18); De l'intelligence (l8->0, 2 vol. in-8°), ouvrage dans lequel M. Taine résume ses doctrines philosophiques, et qui est une de ses œuvres capitales; Du suffrage universel et Je la manière de voter, ouvrage où l'auteur se prononce contre cette institution telle qu'elle fonctionne en France aujourd'hui (in-16, 1871) ; Notes sur l'Angleterre (I8"»i, in-18) ; enfin les Origines de la France contemporaine, ouvrage qui comprendra trois parties dont la |. requière seule a paru, sous le litre de l'Ancien régime (1 vol. iji-g.o, 1875).
La critiqua s'est beaucoup occupée de M. Taine, et il lui est souvent arrive de le juger avec passion.
« Ce naturaliste de l'âme, comme il s'appelle lui-même, dit M. Hipp, Bab.ou, n'a aucune solidité, aucun point fixe, aucune base de raisonnement, aucune rigueur scientifique. Sous une apparence de précision se révèle une prolixité naturelle qui tient a une hésitation perpétuelle de l'esprit. Les phrases se succèdent comme des soldats prussiens qui manœuvrent sur une seule ligne. Les casques et les baïonnettes, les couleurs de l'uniforme chatoient au soleil ; mais ces effets de lumière sont les résultats mécaniques de la science du capitaine instructeur. Rhétorique, pure rhétorique ; M. Taine n'est préoccupé que d'aiguiser un ir.ait, de balancer une antithèse, d'étaler un rouleau d'images, d'amener un choc de mots pho^phut-ii^ues, d'exécuter devant le public les manœuvres do style les plus variées et les plus brillantes. Ces exercices d'habile rhéteur, formé à l'école de bataillon de l'Université, ces exercices amusent un instant l'attention désœuvrée ; ils fatiguent bientôt par leur monotonie, je ; dis mieux, par leur monotainie. Je puis bien i dire mondaine pour monotone, comme Voltaire a dit galitltomas pour galimathias. Du reste, les lieux communs abondent, les contradictions pullulent; j'entends par lieux commuas non-seulement les formules d'école, niais les paradoxes usés, les témérités d'imitateur, les tics et les grimaces d'originalité. »
Nous corrigerons ce jugement, qui est certainement excessif, par une appréciation dégagée de tout esprit satirique. C'est M Vipereau (Année littéraire) qui nous la fournit: a Condamné par sa doctrine à tracer des figures géométriques' au lieu de dessiner des formes vivantes, M. Taine, dont le talent vaut mieux que le système, laisse le sujet de ses analyses s'animer sous ses mains, il veut donner de pures formules do cercles, d'ellipses, de paraboles et de toutes sortes de courbes, et ii s'échappe sans cesse de sa propre courbe, selon la tangente, pour se promener dans les libres espaces de la fantaisie et de l'art. Son style est orne, vif, coloré, animé; sa pensée a des échappées politiques. Il a tout l'éclat et tout l'élan de l'imagination dans un système qui supprime l'imagination. »
TAINIA s. f. (tè-nia — du gr. tainia, bandelette). Bot. Syn. de mitopétale, genre d'orchidées.
TAINTRCX, village des Vosges, arrond. et
à 9 kilom. de Saint-Dié, dans une sorte de
bassin intermédiaire, enveloppé de hautes
montagnes couvertes de belles forêts ;
1,900 hab. Il formait autrefois un des apana-
! ges des enfants de la maison de Lorraine.
; Le vaste château de Taintrux a été détruit
! en partie; ce qui reste a été affecté à une
! exploitation agricole ; la destruction des tours
, d'angle est de data récente.
TAIÛN S. m. V. TAYON.
TAÏ-OUAN-FOU, ville et port de Chine, , ch.-l. du département de ce nom, dans la province de Fo-Kien, située sur la cote occidentale de l'île Formose, par23°7'de lalit.N. i et H7t>54'delongit.E. Marché très-important ! pour le rie et le sucre, le camphre, la tabac,
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les épices, le soufre et les bois de construction. Environ 1,500 jonques y prennent annuellement des chargements pour le ooniinent et surtout pour le Nord. De nombreux bateaux de pêche, bien montés et bien armés, exploitent la côte, qui est très-poissonneuse. Ce port a été ouvert au commerce étranger par le traité de Tien-tsin, Le mouillage de Tai-ouan-fou est sûr de décembre a mars et les approches de la côte n'offrent aucun danger durant ces quatre mois.
TAÏPING s. m. (ta-i-pingh). Insurgé chinois, il On dit aussi taeping.
— Encvcl. On a donné, en Chine, le nom de taïpings à des insurgés dont le but politique n a jamais été bien défini. Les uns prétendaient, en Europe, que c'étaient des républicains ayant en vue lo renversement de la monarchie et l'établissement d'un système do liberté ; d'autres, non moins absurdes, mais plus écoutés, représentaient les taïpings comme des chrétiens fervents, se soulevant au nom de Jésus et versant le plus pur de leur sang pour la défense de ses préceptes; chacun jugeait les choses à sou point de vue. Lois de notre expédition de Chine, nos hommes d'Etat, trompés par les rapports des jésuites, s'imaginèrent avoir, au cœur de la Chine, des alliés naturels auxquels leur religion ordonnait de voler au-devant de nous. Rien n'était plus faux. Les taïpings étaient des insurgés sans but d'innovation politique proprement dite, et ne désirant sans douto qu'un changement de dynastie. Us ont tenu en échec, pendant plusieurs années, le gouvernement de l'Empire-Celesie. Leur noinbm s'éleva jusqu'à plus de 100,000. Ils livrèrent aux armées impériales des combats qui auraient pu être fort sanglants, mais oti il mourait de pari et d'autre 4 ou 5 hommes a. peine. Notre invasion donna le signal de leur chute. Le gouvernement n'eut qu'à les représenter comme la cause indirecte de nos succès pour les vouer à la réprobation générale. Leurs troupes se débandèrent cl ellesmêmes et leurs chefs périrent au milieu dos tortures.
Voici du reste, en aussi peu de mots que possible, l'historique de la révolte des <«ïpings Le promoteur do cette révolte, Hungserr-tseuen,qui a pris le surnom de Taïp'mgwung (roi de la paix universelle), est né en 1813, près de Cantony d'une famille de paysans. Après avoir été maître d'école et avoir échoué dans ses examens pour un grade supérieur, il devint visionnaire; il voyait toutes les nuits des dragons, des serpents et des vieillards qui le conjuraient de délivrer son pays des mauvais esprits. Se croyant charge d'une mission divine, il se mit à prêcher, convertit presque tous les maîtres d'école des environs, continua ses prédications dans une grande partie de la province de Canton et compta bientôt ses adhérents par milliers, parmi lesquels ou remarquait plusieurs hommes influents. Bientôt on les accusa d'avoir brisé des idoles, de se mettra en rébellion contre l'empire ; on arrêta les plus compromis et on les fit mourir en prison (1848). Tnï-ping-wang lève alors l'étendard de la révolte ; il organise une aimée composée do tous les pirates de la côte et de tous les voleurs de l'intérieur; la guerre civile allait commencer. Notre prince céleste, disaient les lalpiuys,'vL reçu le divin mandat d'exterminer les Mandchoux, hommes, femmes et enfants, de détruire tous les idolâtres et de prendre possession de l'empire comme son légitime souverain. Le nombre des rebelles s'élevait alors à 10,000 ou 15,000 hommes, et il s'augmentait de jour en jour. Les taïpings s'emparaient dès villes, des villages, pillaient et rançonnaient les riches habitants.
En 1851, ils se dirigent vers le Nord et, au nombre de 16,000, attaquent 30,000 impériaux qui se liaient de s'enfuir. Les insurges marchent sur Nankin, assiègent cette ville (1853) et s'en emparent en y pénétrant par la brèche, sans éprojver aucune résistance de la part de la garnison, forte de 10,000 hommes.
Les rebelles, fidèles k leur programme, massacrent 30,000 Mandchoux sans défeuse ; puis ils s'approchent de Chin-kiang, forcent la Hotte ennemie à Lattre en retriiite et s'emparent de cette ville sans coup ferir. Leur armée se composait alors de 80,000 hommes et de plusieurs milliers de femmes illuminées. Leur flotte se composait de 2,000 jonques miintées par 40,000 marins. Cette nombreuse armée possédait des canons en abondance, mais les mousquets et les fusils à mèche y étaient rares. La plupart des hommes n'étaient armés que d'épées, de hallebardes et de piques. Malgré le peu d'amitié que nous montraient les taïpings, les gouvernements européens, croyant avoir en eux des allies, leur envoyèrent des ambassadeurs et s'engagèrent à conserver la neutralité. Enhardi^, les insurgés font marcher une armée vers Pékin pour en chasser la dynastie tartine (1S54); mais, repoussés avec perte, ils se retirent sur Nankin, leur place d'armes (1855). Depuis 1655 jusqu'en 1860, les taïpings se maintinrent dans leurs anciennes possessions, grâce à d'autres insurrections étrangères à leur influence et ayant d'autres buts, mais qui opéraient d'utiles diversions en obligeant les forces impériales à se diviser pour fairo face à tous les périls. Mais, après notre expédition de Pékin, le gouvernement impérial, délivré des Soucis extérieurs, rcpréseuui los
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rebelles comme les soutiens de l'étranger. Nankin fut attaqué avec vigueur, enlevé après un siège long et sanglant, et l'insurrection complètement désorganisée. D'après les documents fournis par les autorités chinoises, Taï-ping-Tung aurait été tué; mais sa mon paraît douteuse, et, en 1862, on a vu une Dande de taipings s'emparer de King-po, Cette bande, d'ailleurs, ne tarda pas à être dispersée.
TAÏPOA s. m. (ta-i-po-a). Ichthyol. Syti, de
TAfBOA.
TAÏRA s. m. (ta-i-ra). Mamm. Mammifère carnassier de la Guyane, du genre galictis, rapporté pur plusieurs auteurs aux. gloutons, et uppelé aussi grison,
TAIRE v. a. ou tr. (tè-re — lat. tacere, même sens. Je tais, tu tais, il tait, nous taisons, vous luisez, ils taisent ; je taisais, nous taisions; je tairai, nous tairons; je tairais, nous tairions ; tais, taisons, taisez ; que je taise, que nous taisions ; que je tusse, que nous tussions ; taisant ; tu, tue). Ne pus dire, garder le silence sur : Taire an secret, La jalousie est une passion qu'on peut avoir, mais qu'on doit tairk. (Montesq.) Je suis Parisien dans l'âme, je ne sais rien taire, (Th. Leclereq.) Tairk son nom, ce n'est pas le cacher. (Chateaub.) Le bon yoût est autant dans la connaissance des choses qu'on doit taihe que dans celle des choses qu'on doit dire. (BaW,.) L'histoire veut qu'on ne taise rien ; sa première condition est l'impartialité. (E. liersot.) C'est leur en dire assez ; le reste, il le faut taire.
Racine.
Tu voudrais tout savoir et tu ne peux rien laire.
Desmams.
Le mal est qu'en rimant ma muse un peu légère Nomme tout par son nom et ne saurait rien Mire.
Se taire v. pr. Etre tu, tenu secret : Une aussi lionne nouvelle ne peut su tairk plus longtemps. Cela ne SE peut TAIRK.
— Garder le silence, s'abstenir de parler; ne pas Caire connaître sa pensée : C'est une grande misère que de n'twoir pas assez d'esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se tairk. (La Bruy.) On ne s'est jamais repenti de s'être tu, mais on s'est souvent repenti d'avoir parle, (Fiéchier.) On est gèné- 'alement porté à croire que celui qui sait se taihk saurai* aussi parler. { Là. RQchef.-Doud.) Parler est un besoin, écouler est un talent, su taire est souvent une vertu. (Mme \V0ille2.) Celui qui s'empresse de parler invite les autres à se tairk, niais non à l'écouter. (Beuuchétie.) liicn n'est plus propre à faire un important qu'une bêie qui sait se taire. (L«montey.j 11 n'y a si bon moyen de se tairk que de ne rien savoir. (F. Soulié.)
Il est bon de parler et meilleur de se taire.
La Fontaine.
On risque a trop parler ce qu on pagne à se taire.
Ç. Delaviune.
En tout temps et partout, l'art le plus nécessaire N'est pas de tien parler, mais de savoir se tfiire.
Voltaire.
Taisez-vous, dépouillez ces faux airs de grandeur, Hommes de calomnie et de lâche impudence.
Bak.tuei.emy.
. . . Les vrais amis se taisent dans la foule; Il leur faut, pour s'ouvrir, que ce vain flot s'écoule. A. de Musset.
La femme, neuve sur ce cas, Ainsi que sur mainte autre affaire, Crut la chose et promit ses grands dieux de se taire. VU ! vlan ! laisez-vous, Lui dis-je, ou que je vous entende.., Vli! vlan', taisez-vous ; Je me venge de deux époux.
BlramoeK.
— Nepoint se manifester, nepoint se trahir par des marques extérieures : Où tes faits parlent, n'est-ce pas au raisonnement de se taire? (J.-J. Rouss.)
Non, l'amour qui se tait n'est qu'une rêverie. Le silence est la mort et l'amour est la vie.
A. de Musset.
il Rester sans action :
Dans un cœur généreux l'honneur ne peut se taire,
Andkieux.
Il Ne rien manifester :
Quoi ! mémo vos regards ont appris à se taire!
Racine.
— Ne produire aucun son ; cesser de faire du bruit; Cependant le soir vient, le vent tombe, les buissons et les arbres se taisent ; on n'entend plus que le bruit de l'eau. (V. Hu^o.j
Tout a coup l'air se tait, le vent meurt, le flot dort.
Delille.
Tout 5e tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent i^ux créneaux.
A. ue Musset.
— N'avoir aucune signification : Les édifices modernes su taisent, mais les ruines parlent. (B. Const.)
— Se laire sur ou de, Ne rien dire de : C'est avoir bien de la langue que de ne pouvoir sa taire vu. ses propres affaires. (Mol.) Il est des sujets sua lesquels il faut être sublime ou se taire. (Gritnm.)
— Avec ellipse du pronom, ^puire taire, Imposer le silence à: Faites taire oos chiens. l'itsii taire certaines gens est un plus grand