‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 89 sur 1059 · SONORES · texte numérisé non relu

SONORES

Faibles.

ga (dja)

da

da

ba

Aspirées.

gha

g/ta {djha)

dha

dha

blta

nu na na na ma

On doit ajouter à ce tableau les souffles, les semi-voyelles et les voyelles, que les grammairiens répartissent également parmi les cinq classes organiques.

Les souffles ou sifflantes sont : fa, sha (cha), sa, ha.

Les semi-voyelles : ya, ra, la, va.

Les voyelles simples : a, â, i, f, u (ou), û [où), r, r, l, l.

Les diphthongues : ê (o-f-t), ai, o (a-\-u)t au (aou).

Les lettres cérébrales ne diffèrent des dentales que parce qu'on les prononçait du nez avec une intonation particulière. Les quatre nasales n ne diffèrent entre elles que par des nuances de prononciation.

L'alphabet sanscrit compte encore des signes secondaires, tels que Yanusvâra, l'anunâsika, qui représentent des nasales affaiblies; le visarga, l'arddhavisarga djivâmûiiya et l'arddhavisarga upadmdnîya, qui re présentent une aspiration finale moins forte que celle du h; elitin le virâma, qui indique que la voyelle a, inhérente k toutes les consonnes, ne doit pas être prononcée.

Toutes les voyelles, à l'exception de a et Û, sont susceptibles, dans beaucoup de cas, de se changer en diphthongues ou en syllabes composées, par suite de l'adjonction devant elles d'un a ou d'un à; le premier de ces changements s'appelle guna et le second vriddhi. Le guna joue un grand rôle duns la

grammaire sanscrite. Certains dérivés, fort nombreux, ne se forment qu'en donnant le guna à la voyelle radicale, lorsqu'elle en est susceptible. Ainsi, la racine budà, savoir, faille verbe bâdhami, je sais.

L'orthographe sanscrite est extrêmement compliquée. Le sanscrit note dans l'écriture les moindres nuances de prononciation. Quand deux voyelles semblables, brèves ou longues, se rencontrent à la tin d'un mot et au commencement du mot suivant, les deux mots se réunissent en prenant la voyelle longue du même ordre. Par exemple : varilidsti pour vari iha asti (aqua hic est) , c'est de l'eau. Quand a ou d k la fin d'un mot rencontre au commencement du mot suivant une voyelle dissemblable, les deux mots se réunissent en prenant la diphthonguecorrespondante. Ainsi on trouve abhibhasïiyêdaui pour abhibhâshyû idam (alloguendo hoc). Quand les autres voyelles Anales rencontrent une voyelle dissemblable au commencement du mot suivant, elles se changent en leur semi-voyelle correspondante. Ainsi, on écrit bhavdmyafiam pour bkavâmi aham (sum ego), je suis.

Les lois euphoniques n'agissent pas avec moins de rigueur sur les consonnes que sur les voyelles. S'il y a deux consonnes à la tin d'un mot, on supprime la dernière. L'existence régulière de la consonne supprimée est attestée par sa réapparition dans les mots où elle n'est plus finale. Toutes les consonnes

sans

aspirées perdent leur aspiration à la fin des mots. La finale normale des mots terminés par une consonne est la faible sourde. Cette règle ne fléchit que devant le principe supérieur de l'attraction des consonnes semblables. Par conséquent, la finale est une faible sourde devant les pauses et quand lo mot suivant commence par une sourde ou par une sifflante. Mais s'il commence par une consonne sonore, ou par une semi-voyelle, ou par une voyelle, la finale se change alors en faible sonore; s'il commence par une nasale, la finale reste sonore ou devient nasale à volonté. Ainsi, de yudh (pugna), combat, on fait asti yut {est pugna), yut karôti (pugna facit), yud asti, yud bltavati (pugna est), yud ou yun mahati (pugna magna). Dans les finales autres que celles en as, la sifflante s se change ei. semi-voyelle r devant les sonores et les voyelles, et en simple aspiration devant les pauses. Par exemple : de kavis (poeta), le poëte, on a kavis tudati (poeta vexai), kaui karôti {poeta façit),kavir dadàli (poeta dat), kavir asti, asti kavih (poeta est). La syllabe finale as se change en à devant les sonores et devant la voyelle a, qui s'élide alors. Devant les consonnes sourdes et devant les pt.uses, cette syllabe persiste ou se change en l'aspiration ait.

Des règles analogues à celles qui viennent d'être exposées président à la réunion des racines avec les af/ixes et les flexions.

La grammaire sanscrite considère comme éléments primitifs du langage des racines monosyllabiques n'existant qu'à l'état abstrait et auxquelles on donne un sens verbal. Par exemple: dâ, donner, gâ, aller, ad, manger, âp obtenir, svap, dormir, etc. Ces racines, do..H le nombre s'élève à environ deux mille, deviennent des mots au moyen des afiixes grammaticaux.

La langue, sanscrite distingue trois nombres : le singulier, le duel et le pluriel, et trois genres : le masculin, le féminin et le neutre. La déclinaison présente huit cas : le nominatif, le vocatif, l'accusatif, l'instrumental, le datif, l'ablatif, le génitif et le locatif. L'instrumental équivaut à avec , au moyen de, et le locatif à dans, chez. Les grammairien;* indous lie comptent que sept cas, le vocatif étant considéré par eux comme une tonne particulière du nominatif. La déclinaison distingue deux grandes classes de noms : 1° cel.e des thèmes terminés par une voyelle (ugni, feu; vdri, eau); 2» celle des thèmes terminés par une consonne (marut, vent; vâk, discours, etc.). Les adjectifs suivent les déclinaisons des substantifs. Lo comparatif se forme en (aras et iyas (gr. tcros et i«î«, lat. ior),le superlatif en tamas et ishtlias (gr. tatoj et istos, gerra. ista). Voici, comme exemples de comparatifs et superlatifs, ceux de r,iahal, grand :

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