TAIL LEVAS
— Constr. Planche mince, de forme quadrangulaire, avec un manche, et qui sert à étendre le plâtre frais, pour former un endoit ou un plafond.
— Encycl. Constr. La taloche est une planche rectangulaire en bois de chêne ou de noyer, dont une face est parfaitement dressée, et l'autre surmontée au milieu d'une traverse en bois, dans laquelle est fixé perpendiculairement un manche également en bois. La taloche est de deux sortes : la petite, qui sert pour les crépis, a environ 0"»,45 de longueur sur 0111,26 de largeur ; la grande, pour les enduits, a 0m,50 sur om,35. Leur épaisseur est de on^OOS à 0™,01. Pour s'en servir, le maçon la prend de la main gauche, par le manche, en avant soin de placer en dessus horizontalement la face dressée, qu'il couvre de plâtre; puis prenant le manche à deux mains, il promène la taloche contre le mur ou sous le plafond, en y faisant adhérer le plâtre, qu'il étale convenablement.
— Mœurs et coût. Parmi les gens du peu- ]e et surtout parmi les paysans, les taloches,
es poussées, même les coups de poing daus le dos sont des marques d'amitié et, plus encore , d'amour. Dans le Festin de Pierre de Molière, Pierrot se plaint de l'indifférence de Charlotte, sa fiancée : ■ Regarde, lui dit-il, la grosse Thomasse, comme elle est assotée du jeune Robain; aile est toujou autour de li à 1 agacer, et ne le laisse jamais en repos. Toujou al li fuit queuque niche ou li baille queuque taloche en passant... Je passerais vingt fois devant toi, que tu ne grouillerais pas pour me bailler le moindre coup ou me dire la moindre chose. •
TALO CHER v. a. ou tr. (ta-lo-ché — rad. taloche). Donner une taloche, des taloches à : Tah-toi, ou je te taloche.
TALOCHON et non TALACHON (Marie- Vinceni), chirurgien français, connu sous le nom de Père Elisée ou Eljacc, né àThorigny, près de Lagny (Seine-et-Marne) en 1753, mort à Paris en 1817. Il se lit admettre chez les frères de la Charité à Paris, sous le nom de Père Elisée, en 1774, étudia la chirurgie sous la direction du Père Côme, exerça et professa longtemps celte science dans divers hôpitaux de son institut à Niort, à l'Ile de Ré, à Grenoble et devint un très-habile opérateur. En 1790, Tulochon reçut la mission d'organiser les hôpitaux militaires de l'armée de Lyon. Deux ans plus tard il émigra, entra, comme chirurgien, dans l'armée des princes, puis s'attacha a la personne du comte de Provence, qu'il suivit en Pologne et en Angleterre et qui le nomma son premier chirurgien (1797). Ayant guéri, pendant son séjour dans les Iles Britanniques, le régent d'une maladie qui avait résisté à tous les traitements, il reçut de ce prince une tabatière remplie de billets de Banque. Il donna ses soins, vers cette époque, au chevalier d'Eon et put constater après sa mort que c'était & tort qu'il passait pour une femme. Lorsque Louis XVIII alla prendre possession du trône de France, le Père Elisée alla 's'installer aux Tuileries avec un traitement de 10,000 francs et reçut après" la seconde Restauration le titre de chirurgien en chef du comte d'Artois. Dans un liapport qu'il adressa cette même année au roi sur l'enseignement de la médecine, il demanda que l'enseignement et l'exercice de la médecine et de la chirurgie fussent séparés. Le Père Elisée a édité un recueil intitulé les Panégyristes de saint Louis (Londres 1813, in-8o).
TALON s. m. (ta-lon — du lat. talus, mot qu'on fait venir de taxitlus, osselet). Partie postérieure et inférieure du pied de l'homme, formée par le calcunéuro ; S'asseoir sur ses talons. Si j'eusse créé le genre humain, j'aurais mis les rides des femmes au talon. (Ninon de Letiulos.)
Mes pieds ne peuvent plu» ni marcher ni courir;
J'ai les talons usés de battre cette route. Th. Gautier.
— Partie postérieure du pjed de certains animaux : La distance du talon du pied du cerf aux os ou ergots sert à connaître son âge. (Acad.)
— Partie d'une .chaussure sur laquelle pose le derrière du pied ; partie saillante qu'on ajoute à la semelle, à l'endroit où pose le derrière du pied : Talon de boite, de soutier. Bottes à talons. Pantoufles sans talons. Je me donnai des souliers de maroquin noir, à talons rouges, avec des bas de soie et tout le reste d'un habillement de prélat. (La Sage.) Les dtux jeunes gens firent entendre de nouveau, sous la porte cochère, le bruit de leurs talons de bottes, (liaiz.) tien forcer tes TA- LONS d'une paire de bas avec des talonnettes.
— Dernier morceau, reste d'une chose entamée : Talon de pain, de fromage. Il ne reste plus que te talon d'une croûte de pâté.
— Talon rouge, Homme de la cour qui avait des talons rouges a ses souliers, ce qui était une marque de noblesse ; La Tulipe, homme de cour, a quitté son briquet pour se faire talon rougk. (P.-L. Courier.) Son ton léger, son chapeau de travers, son air d'enfant prodigue en ioyeuse humeur, vous eussent fait
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revenir en mémoire quelque talon rouge du temps passé. (A. de Musset.) Elle écoutait les fadeurs du beau talon rouge, avec une complaisance singulière. (G. Sund.)
— Partie postérieure de certaines choses.
— Talon de pipe. Petite saillie qu'on laisse au bas du fourneau d'une pipe.
— Marcher sur les talons de, Suivre de très-près : Partes deeant, je vous marche sur les talons. Il est mon aine, mais de très-près ;je marche sua ses Talons. Il n'est pas le premier de sa classe, mais il marche sur les talons du premier.
— Etre toujours aux talons, sur les talons de, Suivre partout ; La princesse de Modène était sur mes talons à Fontainebleau. (Mme de Sév.)
— Tourner , montrer les talons. Jouer de l'épée à deux talons, S'en aller, s'enfuir : A l'approche du danger, il a montré les talons. Eh bien! pourquoi nous écoutes-tu? Montrenioi les talons et va faire ton ouvrage. (Bal2.)
. . : Vous êtes un sot, tournes-moi les talons. Dçstoccheb.
— Voir les talons de quelqu'un, Le voir partir, être délivré de sa présence : // me tarde de voir ses talons,
— Mettre des ailes aux talons, Donner del'agilité, de lu rapidité dans la fuite : Tantàt lapeurnous met des ailksauxtalOns; tantàt elle nous cloue les pieds au sol et les entrave. (Montaigne.)
Lorsque la peur aux talons met de» ailes, L'homme ne sçait où s'enfuir ne courre.
Cl. Marot.
Il Avoir des ailes aux talons, Marcher ou cou' rir très-vite.
— Avoir l'esprit aux talons, Commettre quelque erreur grossière, par distraction ou préoccupation.
— Se donner du talon, des talons dans le derrière, Donner des marques d'une joie folle ou d'une folle moquerie.
— Jeux. Cartes qui restent après la distribution. Il Dominos qui restent après que chaque joueur a pris les siens, et qu'on appelle aussi cuisine. 0 Première flèche a gauche, où l'on place les dames en commençant lu, partie de trictrac.
— Adminisr. Vignette imprimée sur chaque feuillet d'un registre à souche, et qu'on divise en deux parties lorsqu'on détache un feuillet.
— Archit. Moulure composée d'un filet carré et d'une cimaise droite, il Talon droit, Celui dans lequel la partie concave est en bas. u Talon renversé, Celui dans lequel la partie concave est en haut.
—r Manège. Partie du pied d'un cheval qui est située en arrière, entre les quartiers. I! Chacune des extrémités d'un fer qui se termine par les éponges. U Partie de l'embouchure du mors comprise entre les canons et la liberté de la langue. Il Partie postérieure du pied du cavalier, armée de l'éperon : Cheval sensible au talon. Faire sentir les talons à sa monture, tl Serrer tes talons, Pincer des deux talons; Appuyer deux coups d'éperon à un cheval. Il Cheval qui est bien dans les talons, Cheval sensible à l'éperon, fi Promener un cheval dans la main et dans les talons, Le gouverner avec la bride et l'éperon. Il Porter un cheval d'un talon sur l'autre, Lui faire fuir tantôt l'éperon droit, tantôt l'éperon gauche,
— Mar. Extrémité de la quille d'un navire, du côté de l'arrière : Le vaisseau donna du talon sur un rocher.
— Techn. Partie échanerée de la culasse d'un canon de fusil ou de pistolet. Il Partie de la monture d'un fusil qui est située à l'angle supérieur de la crosse. U Partie inférieure de la lame d'une baïonnette , du côté extérieur. Il Partie de la batterie de l'ancienne platine à pierre qui posait sur le ressort. Il Premier tiers du tranchant de l'épée, du côté de la garde. U Fer dont est garnie la partie inférieure d'une hallebarde, d'une pique ou d'une autre arme de ce genre, il Partie d'une pierre à fusil qui est opposée à la mèche. Il Extrémité d'un pêne de serrure qui est près du ressort, li Saillie ménagée sur un essieu, pour l'empêcher de se déplacer latéralement, il Partie d'une lame qui vient après la partie tranchante, et est voisine du manche ou encastrée dans celui-ci, n Coude de peu de longueur, sur une pièce de serrurerie, il Derrière d'une moulure de menuiserie arrrondi et dégagé. || Sorte d'ébauchoir à l'usage des sculpteurs qui travaillent le stuc. Il Partie inférieure de la brisure d'une boucle d'oreille. (I Partie de la potence qui soutient la verge du balancier. Il Partie du manche d'un instrument à cordes qui est collée sur le tasseau. Il Extrémité de la chaîne encroisée par portées, musettes ou branches, dans le langage des tisseurs. U Talon de jet, Pièce en bois qu'on place au bas du jet, pour le coulage des projectiles de guerre, il Tatou de collier, Dans le langage des bouchers, Partie du cou du bœuf qui longe le paleron, la surlonge et se prolonge en pointe jusqu'à l'échiné.
— Typogr. Pièce carrée qui est soudée à angle droità l'une des extrémités du composteur, et sert à retenir les-letlres placées dans ce dernier.
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— Entom. Extrémité du tibia qui s'unit avec le tarse, chez les insectes. Il Renflement qui se trouve à la base de l'étui de l'aiguillon chez les hyménoptères.
— Mol!. Partie la plus épaisse d'une coquille bivalve, celle qui forme un bec trèscourt au-dessus.de la charnière.
— Agric. Partie postérieure du sep d'une charrue qu'on a garantie contre le frottement au moyen d'une plaque de fer.
— Arboric. Pétiole élargi des feuilles d'oranger, il Partie inférieure et plus grosse d'un rameau ou d'une bouture. Il Endroit d'où sortent les rejetons du pied des arbres.
— Gros bout d'un coin de ressort.
— Encycl. Anat. V. calcankum et pied.
" — Art vétér. Lorsque les talons du cheval sont trop bas, le poids du corps est reporté sur ces parties, qui sont bientôt foulées et fatiguées par cette surcharge et par leur peu d'épaisseur, surtout si l'on n'a pas l'attention de soulager le talon en diminuant, autant et aussi souvent qu'il est possible, la longueur du brus de levier formé par la pince. Les tâtons bas sont toujours accompagnés d'une fourchette grasse, qui, par son volume et par le peu d'élévation du talon, se trouve exposée a un appui complet sur le sol, et ajoute encore de ce côté à la sensibilité de l'organe. Ce défaut est d'autant plus grave que le cheval est plus long-jointé. Les réactions du cheval à tâtons bas sont douces, et l'on en trouve facilement la cause dans l'inclinaison du paturon et dans la précaution avec laquelle la bête pose ses pieds sur le sol. Les talons bas sont le partage des pieds de devant. Ils sont, en outre, presque toujours faibles et sujets aux bleimes. Les talons bas exigent une ferrure qui les garantisse et les mette à l'abri des foulées. Un fer demi-couvert paraît le plus propre et même le seul capable de remplir ce but. Beaucoup de praticiens, dit Girard, font lever des cramions au fer de derrière; comme le cheval qui a les talons bas est toujours long-jointé , cette ferrure relève bien les talons et corrige plus ou moins la difformité, mais elle fatigue considérablement les articulations et concourt fortement à la ruine du membre. Bourgelat veut qu'on pare le pied à l'ordinaire, sans toucher à la fourchette, toujours, selon lui, trop, volumineuse en pareil cas; qu'on abatte le peu de fa/ou que l'on rencontre ; qu'on étampe le fer le plus possible en pince, pour ne pas gêner les talons délicats et faibles, et qu'on relève le fer en pince, a l'effet de contraindre cette partie, qui, tenue plus courte, attirera davantage le poids de la masse sur elle;cequi, selon lui, soulagera les talons et permettra a la nourriture d y mieux affluer.
Les pieds à talons trop huuts sont ceux dans lesquels la sole, trop enfoncée , forme une cavité profonde au-dessous du pied, les tatous étant beaucoup plus hauts qu'ils ne devraient l'être. Cette conformation n'est mauvaise qu'autant que les talons sont serrés, compriment le vif et font boiter le cheval. Celui qui aies pieds ainsi conformés est sujet à devenir rarapin , à avoir la fourchette échauffée et à être atteint du crapaud, etc. La ferrure propre à éviter l'accident consiste à abattre les quartiers et les talons le plus possible; on applique ensuite un fer à branches raccourcies et même a lunettes, qui garnisse en pince et rejette l'appui en arrièr Mais il est aussi des pieds dans lesquels les talons ne pourraient être abaissés sans que l'instrument arrivât au vif. L'appui se fait principalement sur lu pince, et les réactions de l'animal sont d'autant plus dures que ie talon a redressé davantage l'angle des phalanges. Le pied à talon haut a presque toujours la fourchette maigre.
Les talons ne sont faibles que parce qu'ils sont flexibles et trop petits; ils peuvent alors fléchir et plier, soit que cela dépende naturellement de la qualité de la corne, soit que cela résulte de quelque accident, de quelque lésion qui a endommagé, usé ou diminué la force de la fourchette, ou d'une suite de mauvaise ferrure. La distinction de talon faible et de talon affaibli ne mérite aucune attention, le résultat étant le même, quelle qu'en soit la cause. C'est aussi une ferrure propre à soulager les talons qui est ici convenable; on doit employer un fer léger, à branche raccourcie et à planche, et ferrer de manière que le point d'appui soit établi sur la fourchette, si l'état de celle-ci le permet.
Quant aux talons serrés, ils nuisent à l'action du pied, en diminuant, en annulant presque l'élasticité du sabot et en comprimant les parties les plus sensibles contenues dans cette enveloppe protectrice. Le cheval, à chaque foulée un peu forte, ressent une douleur assez vive, qui ôte toute liberté k ses mouvements et fait qu'il semble marcher sur des épines. La fourchette est resserrée eu raison du rapprochement des talons, et ce défaut est d'autant plus grave qu'il ne laisse aucun espoir de guérUon et ne peut, au contraire, que s'aggraver. Ce . resserrement des talons, quelle qu'en soit la cause, donne souvent lieu à l'eucastelure ; comme celle-ci, le resserrement qui ne résulte pus d'une maladie du pied se rencontra souvent dans les chevaux tins ; il reud le pied
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peu propre a. résister sur des terrains durs et raboteux. Les pieds à talons serrés sont trèssujets à devenir rampins; ils ont souvent la fourchette maigre et sont exposés à être facilement serrés ou piqués. Quant à la ferrure convenable, voyez ce qui est dit à l'article encaStelurb.
Les talons foulés constituent un genre particulier de lésion produite par une pression répétée et trop longtemps continue sur un terrain dur et pierreux ; elle survient quand le cheval est ferré de manière k marcher sur les talons et qu'il chemine sur le pava ou sur des terrains durs et caillouteux. Ainsi, en employant des éponges longues et épaisses, en parant de manière à éloigner la fourchette de terre, tout le poids de la masse du corps est appuyé sur les éponges et il écrase les talons, ce qui n'arriverait pas si la fourchette portait à terre. Cette altération cause souvent beaucoup de douleur, fait feindre ou boiter l'animal, se dissipe le plus souvent sans accidenta ultérieurs et peut cependant donner lieu à des javafts ou autres accidents plus ou moins graves. Si le mal est de peu de conséquence et n'a pas fuit de grands progrès, il exige de légers soins et cède promptement avec le repos, l'usage des substances émollientes ou grasses que l'on upplique sur la partie, et surtout en changeant le mode de ferrure ; s'il devient sérieux et compliqué, on le traite suivant la nuture des accidents qui se manifestent.
— AllUS. llttér. Le talon d'Achille, La Seulo
partie vulnérable du corps de ce héros, parce que e'était par le talon que le tenait sa mère quand elle le plongea dans les eaux du Styx. Dans l'application, ces mots : Le talon d Achille, indiquent le côté faible, le point vulnérable de quelqu'un :
Le maréchal de Lowendahl, qui s'illustra surtout par la prise de Berg-On-Zoom (1747) , mourut des suites d'un mal d'avemure au pied , et où la gangrène s'était mise (1755), Le lendemain de ses funérailles (le' juin), le Mercure de France publia ce quatrain :
C'est par le talon qu'aujourd'hui La mort vient de saisir un général habile.
Lowendal vécut comme Achille;
11 devait mourir comme lui.
• L'amour - propre est lu talon d'Achille chez presque tous les hommes. ■
M^e Neckbr.
« Montrer imprudemment ce qu'il y a de plus vulnérable dans notre sensibilité, c'est inviter à y frapper. Achille, le demi-dieu, n'avait rais personne dans sa confidence, » Mme Swetciune.
t Pour moi, pauvre Achille, si t:mt y a, je ne suis invulnérable ni aux (alons, ni aux genoux , ni aux mains. La goutte s'est promenée successivement dans tout mon corps et m'a donné, une bonne leçon de patience. •
Frédéric II.
■ Qu'importe de paraître avoir moins de faiblesses qu'un autre et donner aux hommes moins de prise sur vous7 II suffit qu'il y en ait une et qu'elle soit connue. Il faudrait être un Achille sans talon, et c'est ce qui parait impossible. »
Chamfort.
■ Le patriarche n'a pas manqué de mettre son cachet à son nouvel écrit , mais ce n'est pas le bon cachet. Le mal n'est pas de relever, pour la millième fois, cette kyrielle de pauvretés, mais de les combattre avec une petite physique écourtée, aussi mesquine dans ses principes que pitoyable dans ses conséquences. 11 faut que chaque Achille ait son talon vulnérable ; celui de Ferney l'est par sa physique. •
Grimm.
« Les femmes sont immortelles, mais à la manière d'Achille; il n'y a qu'un point par lequel on peut les tuer , l'ennui.... Donnez à Baucis des plaisirs, des fêtes, des amoureux, des amants, amusez -la, elle se donnera bien garde de mourir. »
Ali'h. K-arr.
TALON (Orner), littérateur français, d'origine irlandaise, né à Amiens vers 1510, mort à Paris en 1502. U devint, eu ISH, professeur de rhétorique au collège Le Moine et occupa de la façon la plus brillante cette chaire jusqu'à sa mort, U était intimement lié avec Ramus et fit tous ses etforts pour faire adopter par l'Université les réformes proposées par ce dernier dans l'enseignement des langues et de la philosophie. On a prétendu, mais sans preuve, qu tl fut curé de Saint- Nicolas-du-Chardonnet. Il mourut d'une maladie cruelle et qui donne uue idée peu favorable de ses mœurs. On lui doit, entre autres écrits, un traité de rhétorique élémentaire, Audomari Talmi institutiones oraiorm (Paris, 1514, in-8°), qui eut une grande vogue et de nombreuses éditions. Ses oeuvres oui été publiées à Bàle (1575, in -*»),
TALON (Omer), célèbre magistrat français, petit-neveu du précèdent, né u Paris en 1S96, mort dans la même ville le 30 décembre 1658.
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Son père était avocat au parlement oe Paris. Il grandit au milieu des traditions d'indépendance et d'opposition qui signalaient déjà les relations de ce grand corps avec le gouvernement. Il débutait à dix-huit ans comme avocat et Se faisait prornptement remarquer, grâce à l'instruction très-solide, h la connaissance des affaires, à la science du droit, qu'il devait aux soins de son père. Omer Talon aimait sa profession et l'exerçait avec cette passion qui prépare toujours le succès, quand son frère, Jacques Talon, voulut se démettre en sa faveur des, fonctions d'avocat général qu'il remplissait avec un grand talent. Omer hésita longtemps à accepter une charge dont il craignait de ne pas être assez digne. Nous lisons dans ses Mémoires : « Mon frère m'offroit sa charge d'avocat général, laquelle d'abord je refusai comme un emploi trop lourd et trop difficile; et quoiqu'il y eût dix-huit ans que je fusse dans le barreau avec assez d'occupation, je ne pouvois pas me résoudre à enlrer dans une charge que j'avois vu et entendu avoir été remplie des plus grands hommes du siècle passé, reconnoissant bien que je n'avois ni expérience ni sufrîsance qui approchât de celle de tous ces messieurs, s Jacques Talon parvint à vaincre d'aussi honorables scrupules, et le 15 novembre 1631, a l'âge de trente-cinq ans, Omer Talon fut solennellement reçu dans sa charge d'avocat général. C'était, pour lui, le commencement d'une vie agitée, pleine de périls, de revirements, et où son courage, sa fermeté, son mépris de la mort devaient lui servir autant que son remarquable talent. En effet, le parlement commençait à s'agiter. Le tiers état, après avoir été vigoureusement maintenu par la main de fer de Richelieu, organisait contre Mazurin cette énergique résistance qui donna naissance h la Fronde et â ses parodies, mais qui devait se terminer par la consolidation du pouvoir royal. Omer Talon, tout en défendant la cour, n'oubliait pas les droits et les privilèges de l'illustre compagnie dont il faisait partie; et quand Louis XIV, encore enfant, tint le fameux lit de justice de 1648, où le ministre, croyant tourner au profil de sa politique le caractère imposant de cette cérémonie, voulut faire enregistrer certains édits bursaux, ruineux pour le pays, Omer se leva pour soutenir les franchises du parlement. « Autrefois, s'ècria-t-il, les volontés de nos rois n'étaient point exécutées dans les peupies qu'elles ne fussent souscrites, en l'original, de tous les grands du royaume. A présent, cette juridiction politique est dévolue dans les parlements; nous jouissons de cette puissance féconde que la prescription des temps autorise. » Et dans une circonstance analogue, l'année suivante, le 15 janvier 1649, il ne craignait pas de dire devant toute ta cour : ■ Il importe à la gloire du roi que nous soyons des hommes libres, et non des esclaves : la dignité de la couronne se mesure par la qualité de ceux qui lui obéissent; les despotes commandent dans les provinces ruinées, dans les pays déserts ou brûlés du§oleil, ou bien à des Lapons, deB insulaires septentrionaux qui n'ont rien de l'homme que le visage. Mais la France, le préciput de la nature, est le partage du roi des Français, qui a le commandement sur des hommes de cœur, sur des âmes et non sur des forçats. » Quoique sincèrement religieux, Omer Talon ne s'aveuglait pas sur les empiétements de la cour de Rome, et, comme les parlementaires ses prédécesseurs, il avait adopté et soutenait chaleureusement, dans l'occasion, les franchises de l'Eglise gallicane. Dans son Manuel de droit public ecclésiastique français, Dupin rapporte un réquisitoire prononce par Omer Talon en 1641, et où ses sympathies pour l'Eglise gallicane sont vivement exprimées : « Nous ne reconnaissons point en France l'autorité, la puissance ni la juridiction des congrégations qui se tiennent à .Rome ; le pape peut les établir comme bon lui semble dans ses Etats, mais les décrets de ces congrégations n'ont point d'autorité ni d'exécution dans le royaume... » Cette vigoureuse exposition de principes entraîna le parlement, qui rendit un arrêt conforme aux conclusions de l'avocat général. La vie tout entière d'Orner Talon fut dirigée d'après ces idées éîevées, et sa carrière comme magistral peut être offerte en exemple à ses successeurs. Omer Talon mourut jeune, à l'âge de cinquante-six ans. A son lit de mort, repassant en revue toute sa vie et voyant de quelle considération il était entouré : « Mon fils 1 s'écria-t-il par trois fois avant d'expirer, mon fils 1 Dieu te fasse homme de bien 1 »
Parmi les discours qui nous restent d'Omer Taion, on peut lire avec intérêt les suivants : De la modération ; Il faut se rendre digne de ta place ; Les magistrats ne doivent obéir qu'à lit loi: La dignité des grandes compagnies consiste non - seulement dans l'intégrité des mœurs, mais dans la vigueur des sentiments publics, etc.
TALON (Denis), célèbre magistrat français, fils du précédent, né à Paris en 1627, mort dans la même ville en 1698. Petit-fils d'avocat, fils d'avocat général, Denis Talon appartenait de droit au parlement. Il était destiné à maintenir au palais et à illustrer encore un nom que les hommes les plus distingués de l'époque ne répétaient qu'avec respect. Deux ans avant de mourir, son père lui avait fait donner la survivance de sa charge. Cesb.au-
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tes fonctions furent donc confiées à Denis Talon, à un âge où l'iimbition n'est pas encore assez éveillée pour dominer le penchant aux plaisirs. Le jeune avocat général l'avoue avec une rare franchise : « L inconsidération des jeunes cens, dit-i1, qui préfèrent leur divertissement à l'étude, et la paresse que je ressens naturellement en moi me privoient de beaucoup de lumières que je pouvois acquérir par l'assiduité dans le cabinet. Je me trouvois pourtant obligé, pour ne pas jeter ma mère dans le dernier désespoir et espérant qu'elle régleroit la conduite de ma vie, de me dévouer tout entier à mes fonctions. » Cette simplicité, cette franchise naïve se retrouvent dans toute la correspondance de Denis Talon. Il écrivait à propos de son installation comme avocat général : ■ J'étois reçu, il y avoit deux ans, en survivance de la charge de mon père... Je fus donc obligé, le soir même du malheureux accident qui m'étoit arrivé, d'aller voir M. le premier président du parlement pour le prier de trouver bon que je prisse le lendemain ma place. Le lendemain, lundi 30 décembre 1653, M. le premier président proposa l'affaire, et tous messieurs dirent, sans opiner, qu'il n'y avoit aucune difficulté. » Cette nomination d'un jeune homme de vingt-quatre ans à la charge d'avocat général était un hommage rendu à Omer Talon, pour la fermeté qu'il avait déployée dans la défense des privilèges du parlement. Au reste, le jeune magistrat se montra digne de cette fortune rapide. Consacrant tout son temps, toute son intelligence à l'étude des affaires, il acquit en peu d'années une grande réputation d intégrité, de fermeté et d'érudition. Les services qu'il avait rendus au Châtelet lui méritèrent d'être envoyé comme procureur général aux Grands jours d'Auvergne en 1665. On sait ce qu'étaient les Grands jours. Certaines questions d'administration ou de droit public ou ecclésiastique ne pouvaient être réglées par les seigneurs hauts justiciers. Parfois, les droits de justice, de bailliage conférés à certains ^.seigneurs donnaient lieu à litige entre les titulaires et le suzerain. Pour terminer tous les différends, le roi envoyait de temps en temps des commissions qui réglaient toutes les difficultés et décidaient souverainement. Cette mission , Denis Talon s'en acquitta avec un tel succès que ses adversaires eux-mêmes ne purent s'empêcher de louer sa modération, son impartialité et son esprit de haute justice. Une rivalité existait depuis longtemps entre la famille Talon et la famille de Caumartin. Fléchier, précepteur du fils de M. de Caumartin, maître des requêtes aux Grands jours, fut à même de suivre toutes les opérations de cette juridiction extraordinaire. Malgré l'esprit "de parti qui le porta souvent à dénigrer le procureur général, Fléchier écrivait : • Il faut avouer que M. Talon n'a jamais paru avec plus d'éclat que dans cet emploi. On a découvert toute l'activité et toute l'étendue de son esprit; et comme on disoit autrefois que Caton étoit un sénat abrégé, capable de décider lui seul toutes choses, on peut dire aussi que M. Talon lui seul étoit les Grands jours; c'étoit lui qui régloit tout, qui donnoit le tour aux affaires et qui étoit l'âme de la justice,
dont il faisoit agir tous les ressorts
L'hommage que Fléchier rend à la vertu et au talent de Denis Talon n'était que mérité, lïn effet, le procureur général avait obtenu la réforme de beauconp d'abus ; .il avait, entre autres choses, énergiquement demandé l'affranchissement de toute une population que les chanoines de Saint-Augustin maintenaient en esclavage dans le pays de Combrailles. Le 30 janvier 1666, Denis Talon quitta l'Auvergne après avoir clos les Grands • jours par un remarquable discours où il rappela les droits et les devoirs des seigneurs ainsi que ceux des vassaux et des communes, Quatre ans après, il avait l'honneur d'être désigné avec le premier président de Lamoignon p0u,r rédiger la fameuse Ordonnance criminelle du mois d'août 1670. Ces Jeux éminents esprits voulurent introduire dans cette nouvelle législation les sentiments de progrès et d'humanité qui commençaient à se faire jour de toute part. Mais ils se heurtèrent à la routine, à cet esprit rétrograde, à ce mauvais vouloir qui sont le fait des monarchies vieillies et des gouvernements épuisés. Ils s'élevèrenfavec indignation contre la torture, qui joignait à une cruauté monstrueuse l'immense tort d'être inefficace. Malgré leur vive insistance, la torture fut maintenue. Malgré l'opposition qu'ils rencontrèrent sur plusieurs points, Lamoignon et Denis Talon donnèrent à la nouvelle ordonnance un caractère d'humanité qui manquait totalement à notre législation criminelle. Denis Talon eut, en quelques circonstances solennelles, à faire preuve de ce haut respect pour la justice, de cette inébranlable fermeté, de cette impartialité si honorable qui assurent l'autorité d'un magistrat. On connaît les détails du procès de Fouquet. Surintendant des finances et procureur général au parlement, Fouquet, envié par Colbert, dont il empêchait l'avancement, haï de Louis XIV, qu'il écrasait de Son luxe et des splendeurs de sa vie, Fouquet était dans une position presque inexpugnable. On sait quel esprit de corps animait le parlement et avec quelle énergie il défendait tous ses membres. Traduire Fouquet devant le parlement, c'était le faire acquitter et doubler, par cette
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malencontreuse démarche, son crédit et sa puissance. Colbert conseilla au roi de nommer une commission extraordinaire chargée d'examiner les comptes et l'administration du surintendant. Denis Talon, consulté à cet égard, déclara nettement que le roi n'avait pas le droit de soustraire un accusé à ses juges naturels; que, membre du parlement, Fouquet ne pouvait être jugé que par le parlement; que, quant à lui, Talon, il préférerait résilier sa charge plutôt que de porter la parole contre son procureur général, devant une commission, tant que le procureur général serait en fonctions. 11 n'est pas inutile d'ajouter que Talon était convaincu de la cul-' pabilité de Fouquet. Cette ferme réponse arrêta momentanément les poursuites. Fidèle aux traditions du parlement, qu'il avait, au reste, puisées dans son éducation première, Denis Talon soutint avec un grand courage les libertés de l'Eglise gallicane. On sait que, toujours en lutte avec Rome, la cour de France avait peine à se défendre des envahissements de l'autorité pontificale. Comme son père et son oncle, Omer et Jai.-ques Talon, Denis Talon eût à se prononcer dans ces graves questions. En 1688, il demanda la convocation d'un concile national pour faire décider que les métropolitains auraient le droit de' conférer et trente-cinq évêques l'institution canonique refusée par le pape, sous le prétexte que certains droits, nullement admis en France, ne lui avaient pas été payés. Le pape, effrayé par la décision du parlement, conforme aux conclusions de Denis Talon, céda. Deux ans après, en 1690, Denis Talon se retira du parquet. Pendant trente-huit ans, il avait rempli avec une rare distinction les fonctions d'avocat général. Le roi, pour le récompenser de ces longs services, le nomma président à mortier. Ce grand magistrat put ainsi rester au parlement jusqu'à sa mort, qui arriva en 1698.
Nous avons vu ce qu'était Denis Talon comme magistrat, le digne successeur des Marion, des Séguier, des juvénal des Ursins. Comme orateur, il marque la transition entre la faconde ampoulée, surchargée d'ornements, d'images, de citations de Servin et de son époque et le style pur, élevé de d'Aguesseau. Assurément, il y aurait à reprendre dans les réquisitoires d5 Denis Talon, On y rencontre une tendance fâcheuse à mêler le profane et le sacré, à faire intervenir dans la même période Cicéron , Plutarque et la Bible, fort étonnés de se trouver ensemble. Mais sa phrase a plus de vivacité, de nerf, de chaleur; ses expressions sont plus justes, ses images sont plus vraies, Enfin, il y a dans la composition même de ses discours, dans l'agencement de leurs diverses parties une originalité, quelque chose de personnel qu'on trouve rarement chez les orateurs de sou temps.
TALON (Jacques), religieux et écrivain ascétique, parent des précédents, né vers 1598, mort à Paris en 1671, Après avoir été secrétaire du cardinal de La Valette, qu'il suivit dans ses voyages et dont il rédigea les mémoires, il entra au séminaire de Saint- Magloire (1639), y fut ordonné prêtre, fit partie de l'assemblée du clergé de 1645 et en rédigea les proces-verbaux. Entré à l'Oratoire en 1648, il y. finit ses jours. C'était un homme bon et intelligent, qui s'adonna à la composition d'ouvrages de piété ; ses confrères avaient pour lui beaucoup d'estime et d'amitié. Talon était prieur de Saint- Paulau-Bois, près de Soissons. On lui doit les ouvrages suivants : instructions chrétiennes tirées du catéchisme du concile de Trente (Paris, 1667, in-J6); la Vie et les œuvres spirituelles de saint Pierre d'Âlcanlara (Paris, 1670, in-12); Mémoires de Louis de Nogaret, cardinal de La Valette, années 1638 et 1639 (Paris, 1772, 2 vol. in-12); traductions, Œuvres spirituelles de Louis de Grenade (Paris, 1668, in-fol.); Exercices de Tan ter sur ta vie de Jésus- Christ (Paris, 1669, in-12); Vie de sainte Marie-Madeleine de Pazzi (Paris, 1672, in-12). Comme éditeur, on lui doit la deuxième édition de la Vie de Madeleine de Saint- Josephi du P. Senault,
TALON (Nicolas), jésuite français, né à Moulins en 1605, mort à Paris en 1691. Tout ce qu'on sait de lui, c'est que ce fut un humaniste qui composa quelques ouvrages de religion et ne quitta pas la maison oe son ordre. On lui doit : VHisloire sainte (Paris, 1640etsuiv., 4 vol. io-40; 1665, 2 vol. in-fol.). Cet ouvrage est fait sans aucune conscience, sans aucun souci de la vérité, comme les fameux livres du P. Loriquet; Oraison funèbre de Louis XI II (Paris, 1644, in-4») ; Description de la pompe funèbre du prince de Condé (Paris, 1645, in-4°) ; V Histoire sainte du Nouveau Testament (Paris, 1669, 2 vol. in-fol.); celte suite, n'eut pas le succès du commencement; Vie de saint François de. Sûtes (Paris, 1650, in-40); ce travail est en tête des Œuvres du personnage, dont il donna une édition. (Paris, 1661, in-fol.), et parut aussi séparément (Paiis, 1666, in-12); les Peintures chrétiennes (Paris, 1667,2 vol. in-8°, avec 200 gravures); Viede saint François de Borgia (Paris, 1671, in-12), etc.
TALON (Antoine-Omer) , magistrat français, purent des précédents, né' à Paris en 1760, mort à Gretz (Seine-et-Marne) en 1811. Reçu avocat a seize ans, il devint successivement avocat du roi au Châtelet (1777), con-
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seiller aux enquêtes (1781) et lieutenant civil au Châtelet en 1789. Pendant l'exercice de ces dernières fonctions, il fut chargé d'instruire contre les auteurs des journées du 5 et du 6 octobre et dans le procès de Favras, puis il donna sa démission (1790) pour entrer, comme député suppléant, à l'Assemblée nationale, et s'attacha de tout son pouvoir ù servir la cause royale. Dénoncé comme juge prévaricateur par Camille Desmoulins et du Saulchoy, il fit condamner ses accusateurs à, 1,200 livres de dommages-intérêts. Vers la même époque, il s'entremit pour rapprocher de la cour Mirabeau, qui l'attaque vivement dans sa correspondance avec le comte de La Marck. Après la fuite et l'arrestation du roi, Talon fut compromis dans cette affaire et détenu quelque temps. Il continua à faire partie des serviteurs les plus fidèles du roi jusqu'au 10 août. A cette époque, des papiers qui le compromettaient ayant été trouvés dans l'armoire de fer, il fut décrété d'accusation, parvint â se soustraire aux poursuites, passa en Amérique et revint en France sous le Directoire. Dénoncé en 1804 comme correspondant avec les princes émigrés, Talon fut transporté aux lies Sainte-Marguerite et ne recouvra la liberté qu'au bout de trois ans. Mais cet emprisonnement avait considérablement affaibli ses facultés, et sa famille dut le faire interdire. Sa fille, Zoé- Victoire, épousa le comte du Cayla et se rendit célèbre par l'ascendant qu'elle prit sur Louis XVIII.
TALON (le vicomte'M»tthieu-Claire-Denis), général, de la famille des précédents, né à Paris en 1783, mort en 1853. Il fut nommé capitaine en 1805, fit les campagnes d'Espa- . gne et de Portugal (1808-1811), puis il prit part, comme chef de bataillon, a la campagne de 1813. Sous la Restauration, à laquelle il s'empressa de faire acte d'adhésion, i! entra dans les grenadiers a cheval de la maison du roi, puis fut nommé successivement commandant des cuirassiers de Berry (1815), coinmandant des lanciers de la garde (18161 et maréchal de camp (ISIS). Jusqu'en 1830, il commanda une des brigades de la garde royale. Pendant la révolution de Juillet, il combattit contre le peuple, puis accompagna Charles X a, Rambouillet et à Cherbourg. Peu après, le vicomte Talon fut mis à la retraite et il passa obscurément les dernières années de sa vie.
TALONE s. f. (ta-lo-ne). Moll. Genre de mollusques acéphales, à coquille bivalve, de la famille des myaires.
TALONNEMENT s. m. (ta-lo-ne-man — rad. talonner). Action de talonner,
TALONNER v. a. ou tr. (ta-lo-né — rad. talon). Presser du talon ou de l'éperon : Talonner un cheval, un âne. Là-dessus, mon père talonna noire monture, qui prit le trot. (G. Sand.)
— Poursuivre de près : Quelques escadrons furent lancés sur les fuyards autrichiens et les talonnèrent jusque sous le canon de Milan. (Aug. Humbert.)
— Fum. Courtiser d'une manière pressante : Talonner une femme.
— Fig. Gourmander , exciter, presser :
L'hôtesse va, vient, ébauche tout, talonne les servantes , mouche les enfanls , chasse les chiens, etc. (V. Hugo.)
Je n'attends pas h jeun, quand la faim me talonne. Que ma fille soit prête ou que ma femme ordonne.