‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 889 sur 1059 · L. BOUILIIBT · texte numérisé non relu

L. BOUILIIBT

— v. n. ou intr. Toucher du talon : Le navire touchait et talonnait : il se fit un silence profond; tous les visages blêmirent. (Chateaub.)

TALONNETTE s. f. (ta-lo-nè-te — rad. talon). Morceau de tricot avec lequel on renforce le talon d'un bas.

TALONNIER s. m. (tà-lo-nié — rad. talon). Ouvrier qui fuit des talons pour chaussures.

— Mar. Pièce qu'on rapporte sous une varangue pour former son talon, lorsqu'on ne peut le tailler dans la*, varangue elle-même

TALONNIËRE s. f. (ta-lo-niè-re — rad./alon). Morceau de cuir que les religieux des ordres déchaussés ajoutent, l'hiver, à leurs sandales, pour se garantir le taion.

— Mythol. Nom donné aux ailes que Mercure, messager des dieux, portait aux talons,

— B.-arts. Petit morceau de bois que l'on place sous l'un des pieds du modèle, quand on veut lui maintenir la jambe en raccourci.

— Mar. Partie inférieure du gouvernail, qui est taillée a onglet, a cause de la saillie que fuit la quille au delà de l'étambot.

— Encycl. Mythol. Les talonnières de Mercure ne faisaient point partie de sa forme corporelle ; il les prenait et les quittait comme un vêtement. Les poètes de l'antiquité nous le représentent mettant ses talonnières lorsqu'il se prépare a porter un message de Jupiter. Ainsi, dans YLliade (chant XXIV, 340), le maître des dieux lui ordonne de protéger Priam, qui va demander à Achille le corps

TALP

d'Hector. «Va, lui dit Zeus , conduis Priamos aux nefs creuses des Aehéens, et fais qu'aucun des Danaïdes ne l'aperçoive avant qu'il parvienne au Péléide. — Il parla ainsi, et !e messager, tueur d'Argus , obéit. Et aussitôt il attacha k ses talons de belles ailes immortelles et d'or, qui le portaient sur la mer et sur la terre immense comme le souffle du vent. • De même, dans Y Enéide (liv. IV, 238), lorsque Jupiter envoie Mercure à Enée pour lui rappeler ses destins et le séparer de Didon : « il avait dit. Mercure se préparait à accomplir les ordres du père tout-puissant; et d'abord il lie k ses pieds ses talonnières d'or, qui le .portent élevé sur leurs ailes, soit au-dessus des mers, soit au-dessus de la terre, aussi vite que le vent ; »

Dixerat. llle palris maym parère parabat Impcrio ; et primum pcdibux Ularia neclit Aurea, guœ lubhmem alis, sive xquora supra, Seu terram, rapide pariler cum flamme portant. Dans quelques ouvrages d'art de l'antiquité, les talonnières de Mercure sont représentées comme tenant à son corps; mais dans la plu-

fiart, on les voit au contraire telles que nous es montrent Homère et Virgile, o'est-k-dire comme une partie de sou accoutrement. Presque toujours le dieu porte des sandab'S, et à chacune d'elles une talannièrese trouve ajustée vers le talon. La disposition est différente dans une fort belle slalue de Mercure, faisant partie du inusée de Naples. L'artiste ne lui a pas donné de sandales; il a simplement attaché les talonnières par des courroies entrelacées, qu'une agrafe unit entre elles vers la plante du pied. Son intention paraît avoir été de signifier que le messager des dieux vole à travers l'espace sans toucher la terre.

Les artistes de l'antiquité ont encore représenté avec des talonnières le héros Persée, par la raison qu'il emprunta les sandales uilées de Mercure pour voler, à travers les airs, au secours d'Andromède. Quelquefois aussi Minerve se trouve représentée avec des talonnières.

TALOPIE s. f. (ta-lo-pî). Moll. Genre de mollusques gastéropodes , du groupe des troques.

TALOT (Michel-Louis), conventionnel français, né k Cholet en 1755, mort en 1828. Agréé au tribunal de commerce d'Angers au commencement de la Révolution , il adopta avec chaleur les idées nouvelles, devint commandant de la garde nationale, juge au tribunal de la même ville et entra comme député suppléant à la Convention, après le procès du roi. Envoyé en mission à ! armée de Sanibre-et-Meuse, il assista au siège de Luxembourg, défendit à son retour à Paris le conventionnel Drouet, puis fut chargé d'aller apaiser les troubles royalistes qui avaient lieu dans le Pas-de-Calais et y parvint par sa fermeté aiusi que par sa modération. Devenu membre du conseil des Cinq-Cents, il s'y prononça constamment pour l'affermissement des institutions républicaines, devint membre de la commission des inspecteurs après le 18 fructidor {,l~97) t vit renouveler cette même année son mandat législatif, rit ensuite de l'opposition au Directoire et se prononça avec une grande énergie contre le coup d'Etat du 18 brumaire. Emprisonné, puis relâché , il continua k manifester hautement ses opinions républicaines, fut transporté k l'île de Hé, mais put retourner par la suite dans son pays. En 1809, ii aida Bernadotte à chasser les Anglais de l'île de Waleheren et servit, comme chef d'état-major, dans la division qui occupait l'île de Cadsand. Peu après, il rentra dans la retraite, d'où il ne sortit plus.

TALPA s, f, (tul-pa — mot lut. qui signif. taupe). Méd. Loupe plate sur la tête.

TALPA (EXEMPLUM, UT). Loc. lat. V.

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