‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 890 sur 1059 · EXEMPLUM · texte numérisé non relu

EXEMPLUM

TALPACHE s. m. (tal-pa-che). Soldat hongrois, d'un corps de troupes légères, qui était au service de l'Autriche.

TALPASOREX s. m. (tal-pa-so-rèkss — du lat. talpa, taupe ; sorex, musaraigne). Mamm. Genre de mammifères insectivores, intermédiaire entre les taupes et les tnusaraigiies.

TALPAT s. m. (tal-pa — lat. talpa, même sens). Mamm. Nom donné à la taupe, dans quelques départements.

TALP1DÉ, ÉE adj. (tal-pi-dé — du lat.

talpa, taupe, et du gr, eidos, aspect). Mamm. Qui ressemble ou qui se rapporte k la taupe.

— s. m. pi. Famille de mammifères insectivores, ayant pour type le genre taupe.

TALP1EN, IENNE adj. (tal-pi-ain, i-è-ne — du lat. talpa, taupe). Mamm. Qui ressemble ou se rapporte à la taupe.

~ s. m. pi. Tribu delà famille destalpidés, ayant pour type le genre taupe.

TALPIER s. m. (tal-pié — du lat. talpa, taupe). Knlom. Nom vulgaire de la chique ou puce pénétrante, insecte qui s'enfonce sous la peau comme la taupe bous la terre.

TALP1FORME adj. {tal-pi*for-me — du lat. talpa, taupe, et de forme). Zool. Qui a la forme de la taupe.

TALP1NETTE s. f. (tal-pi-nè-te — du lat. talpa, taupe). Mamm. Espèce de musaraigne.

TAWOÏOE s. m. (tal-po-i-de — du lat.

TALU

tatpa, taupe, et du gr. eidos, aspect). Mamm. Genre de mammifères rongeurs, comprenant des espèces qui fouissent à la manière des taupes, et qu'on appelle aussi rats-taupes.

TALQUEUX, EUSE adj. (tal-keu , eu-ze — rad. talc). Miner. Qui est formé dotale; qui est de la nature du talc : Terrain talqubux. Dans le schiste talqueux des environs de Bérésof, on a compté jusqu'à 150 filons aurifères. (M.-Br.)

TALTHYBIUS, héraut d'Agamemnon, dont le nom revient souvent dans Y Iliade. C'est lui qui porte aux différents chefs les ordres *u roi des rois. Ses descendants ont fourni longtemps des hérauts k Sparte.

TALUER v. a. ou tr. (ta-lu-é). Ancienne forme du mot taluter,

TALCS s. m. (ta-lu — mot purement latin, qui signifie proprement talon, et par lequel on exprime la forme d'une chose qui va en pente par diminution d'épaisseur, comme le talon. Autrefois on écrivait aussi talut, et de là était venu le verbe taluler). Pente, inclinaison d'un terrain, d'une surface en retrait sur sa base : Fossé en talus. Donner du talus à un mur. Fortification en talus, il Terrain en pente : Un talus couvert de gazon. Les talus d'une fortification, d'un fossé.

— Biseau, face oblique : Tailler , couper une pierre en talus. I

Techn. Elévation formant un angle rentrant, qui résulte de la superposition des fils de chaîne aux extrémités des rouleaux ou ensouples, lorsque ces rouleaux sont dépourvus de rebords.

— adj. m. Chir. Pied talus, Pied bot dont le talon porte seul à terre, le pied étant redressé vers la jambe.

Encycl. P. et ch. La confection des talus est une main-d'œuvre importante dans les tfrrassements. On distingue deux sortes de talus, ceux en déblai et ceux en remblai ; l'inclinaison des premiers est réglée en raison de la cohésion et de ta nature des terres. Quand il s'agit de déblais dans le roc, cette inclinaison peut être très-faible et être réduite quelquefois à — ; mais, quand il s'agit

de terre proprement dite, on ne peut guère descendre au-dessous de 450 et il se trouve certains cas où l'inclinaison doit être beaucoup plus forte encore, surtout quand le talus doit être très-élevé; dans ce cas, elle ne

peut guère descendre au-dessous de — de base

pour l de hauteur, et elle atteint même 2 et 3 de base pour 1 de hauteur. Si le déblai a une grande profondeur, les eaux d'oi âge qui coulent rapidement, du haut en bas de ce talus, le ravinent et deviennent une cause de destruction. Dans ce cas, on défend la surface du talus par un revêtement en gazon, quand le terrain se prête au semis, ou en maçonnerie quand ce dernier moyen n'est pas iufflsant. Les talus eu remblai, après avoir été régalés et battus à ta dame, sont couverts, comme les précédents , d'herbes semées ou rapportées.

On appelle talus naturel des terres l'angle avec l'horizon que prend naturellement leur surface supérieure lorsqu'elle a été longtemps abandonnée aux influences atmosphériques.

Bieu que, dans tous les cas pratiques, cet angle doive être directement observé sur les terres mêmes, on rapporte ici, moins pour indiquer des moyennes que pour montrer des limites, quelques résultats u observations rej cueillies par Navier. Pour le sable fin et seo I 34», 29; pour la terre ordinaire bien sèche et I pulvérisée 47°; pour la terre humectée 54<>; pour les terres les plus denses et les plus fortes 550 ; valeurs qui correspondent respectivement pour des profondeurs d'excavation représentées par l à des bases de talus de 1,78, 1,34, 1,05, 0,69. On peut déterminer par le calcul la limite d'inclinaison suivant laquelle un massif de terre peut être coupé Bans qu'il survienne d'ébouleraent, du moment que l'on connaît : le poids s de l'unité de volume de la matière de ce massif; la force -j, rapportée k l'unité de surface, nécessaire pour séparer deux portions de massif, en les faisant glisser l'une sur l'autre; et le rapport f du frottement à la pression pour deux portions de massif glissant l'une sur l'autre. Soit k déterminer l'inclinaison que doit avoir le talus AC, pour qu'il ne se fasse aucune disjonction dans le massif ACD, dont la surface supérieure est terminée par un plan horizontal CD; on admet que ce corps doit se partager suivant une direction reotiliime inclinée quelconque AT, la partie ACT glissant sur AT.

TAMA

gle EAC , B 1 angle EAT; on a, pour le poids du prisme CAT,

— (tang a — m);

pour la force qui tend k le faire glisser le long de AT,

— (tang ft — m) cos p,

et pour la force qui s'oppose au glissement

^— (tang? — m) sing-f--—-.

2 x ° ' cos S

L'équation qui exprime l'égalité de ces deux

forces est

(tang 8 — m) (l — f tang s)

" ." ^^^<JSxrf^i<SoïSSJiS»S

; 4* (i + tang» s),

et l'on en déduit

m = tang fi \

l + tang' 6

1 - f tang B Si l'on détermine la valeur de p qui rend celte expression maximum, on connaîtra à la fois la plus petite valeur qu'il soit possible de donner k m et la direction suivant laquelle le massif se romprait si l'on donnait k m une valeur un peu au-dessous de celle qui convient à l'équilibre. Cette valeur de B est donnée par l'équation

tang a = -

Soient /j .la hauteur AE de la coupure faite dans le massif; m le rapport de lu base à la hauteur du talus AC, ou la tangente de l'an-

et la substituant dans l'expression de m, on a

pour la limite de l'inclinaison suivant laquelle le massif peut être coupé sans qu'il survienne d'éboulement. Si la hauteur à est très-petite, cette équation donnera pour m une valeur négative, en sorte au'on pourrait alors couper le massif, sans qu il y eut éboulement, suivant un plan tracé k gauche de la verticale AE, et k plus forte raison suivant un plan vertical. En faisant

. /.^{/-r-vT+H

la formule précédente donnera m =0; ainsi, sur la hauteur exprimée par cette valeur de A, le massif tranché verticalement se maintiendra encore en équilibre. Mais en donnant k h des valeurs plus grandes, on aura pour m jles valeurs positives croissantes, jusqu'à une limite que l'on trouve en supposant h infinie, et qui est

Cette limite répond k l'inclinaison que la surface du massif prendrait d'elle-même, en supposant détruite la cohésion des parties et admettant qu'elles ne se maintiennent que par l'effet seul du frottement. Si l'on suppose t = o, ou que les parties du massif a aient entre elles aucune cohésion, on a

tang a = -.; m = -, •

en sorte que le massif doit alors être coupé suivant l'angle du talus naturel. Si l'on suppose /"= 6, ou que la force unissant les deux parties du massif soit indépendante de la pression et seulement proportionnelle k l'e- • tendue des surfaces en contact, ou a

tang 6 = - .

et

«Vi»— 16T* m = ; .

8 ut A

TALUS, neveu de Dédale, quelquefois appelé Perdii. Il apprit de son oncle l'architecture et les arts mécaniques et inventa la scie, le tour, le compas, etc. Jaloux de ses découvertes, Dédale le précipita du haut de la citadelle d'Athènes, et Mmerve le changea en oiseau. — On désigne sous le même nom un géant d'airain, chargé de garder l'île de Crète, dont il faisait le tour trois fois par an. Il repoussa k coups de rochers les Argonautes qui voulaient aborder k cette île et tu; tué par Pœan, qui l'atteignit-d'une flèche au talon, son seul endroit vulnérable.

TALUSER v. a. ou tr. (ta-lu-zé — rad. talus). Mur. Tailler en talus, en biseau : Taluser une pièce de dois.

TALUTAGE s. m. (tn-lu-ta-je — rad. talus). Action de taluter; résultat de cette action : Le talutage d'un fossé.

TALUTER. v. a. ou tr. (ta-Iu-té — rad. talus). Construire en talus, mettre en talus ; Taluter un fossé.

TALV1, pseudonyme de Mme Robinson , femme auteur allemande. V. Robinson (Theresa-Albertina-Luisa).

TAMACHEK s. m. (ta-ma-chèk). Linguist.

Langue parlée par les Touaregs.

— Adjectiv. : Langut rAMACUEK.

TAMACOL1M s. re. (ta-ma-ko-lain). Erpét.

Reptile saurien, du groupe des iguanes, qui vit au Mexique.

TAMACUILLA-HUILLA s, f. (ta-ma-koui -

TAMA

Ia-ou-lla; Il mit.). Erpét. Espèce do serpent du Mexique.

TAMAGA ou TAS1EGA, rivière de la péninsule ibérique. Elle prend sa source en Espagne, dans la sierra de San-Mamed, k 40 kilom. S.-E. d'Orense; elle descend vers le S. par • l'étroite vallée de Laza, traversa ensuite celle de Monterey, et, se dirigeant de là au S.-S.-O., elle entre bientôt dans la province portugaise de Tras-os-Montes, passe a Chaves, coule entre les sierras de Santa-Catharina et de Maraom, se grossit de' la Beza et du Barto. entre dans la province de Minho, baigne Amarante, et, après avoir arrosé des lieux escarpés, elle se réunit au Douro, par la droite, k 15 kilom. S.-O. d'Amarante. Cours, 1C0 kilom.

TAMAN (Phanagoria), ville de Russie, pays des Cosaques de la mer Noire, k 25 kilom. S.-S.-E. d'Iénikaléh et k 60 kilom. N.-O. d'Anapa, sur une île de même nom, que forment le Kouban et ses branches, le Tcliernoï et le Protok, port à l'entrée du détroit d'Iénikaléh ou de Taman. L'île est par 45° 13r 40" do latit. N. et 34° 23' 30" de longit. E. et a 80 kilom. sur 40. Elle présente des traces de l'action des feux volcaniques-; il y existe plusieurs volcaus de boue, ainsi que de nombreuses sources de pétrole. Au centre se trouve le lac de Temviouk. Dans la ville, il se fait un Commerce assez important avec les Circassiens, qui y apportent du sel, du miel, de la cire, des peaux de martres, do renards, de boeufs et de moutons, de la laine, des feutres, etc., et prennent en échange de la grosse toile, des toiles peintes, des mouchoirs de soie, des ustensiles de cuivre. Aux enviions de cette ville, on trouve la petite forteresse de Panagoria, ainsi appelée d'après l'antique ville de Phanagoria, fondéu l'an 540 av. J.-C. par une colonie de Milésieus et d'autres Grecs de l'Ionie, qui devint plus lard la capitale du royaume du Bosphore, et que les barbares détruisirent lors de leur invasion au vie siècle. On croit que Taman occupe l'emplacement de l'ancien Tmoutarakan dont parie Constantin Porphyrogénete sous le nom de Tamataukou.

TAMAN AQUE s. m. (ta-ma-na-ke). Linguist. Langue américaine parlée en différents dialectes par les Tanianaques et quelques au- . très peuples qui habitent aujourd'hui les bords de l'Orénoque.

— Encycl. Le tamanague présente quelques affinités avec le caraïbe (v. ce mot) ; cependant, il possède une individualité assez caractéristique pour faire groupe à part. Le tamanague est parlé par les Uara-Mucurus, les Acherecottïs, les Aviracottis, les Chirichiripis, les Uochearis, les Pareehis, etc. Chacune de ces peuplades se sert d'un dialecte différent; cependant, on ramène ordinairement tous ces dialectes à trois dialectes principaux et typiques : le nfaitano, le cralaima et le cuccivero. Les renseignements les plus sérieux que l'on ait sur le tamanague sont dus k Gilij. Voici les quelques détails que nous donnerons d'après lui. Les lettres b et d se rencontrent rarement en tamanague et sont généralement remplacées par les fortes p et (. Les sons s, j et y n'existent pas. Le r permute fréquemment avec la linguale l. Les voyelles finales sont souvent supprimées dans la rapidité de la prononciation. Les terminaisons caractéristiques des substantifs abstraits sont te et vate; exemple ; checcite ou checcivate, la grandeur. La particule taje poatpoàee k un nom sert k en faire un sobriquet et une injure (jj'est ce qu'Adelung appelle des péjoratifs). La distinction des genres est inconnue. Le comparatif so rend généralement par une tournure négative. La formation du pluriel est très-compliquée et nécessite l'existence de six déclinaisons dont les terminaisons caractéristiques obéissent k des règles euphoniques trèsprécises. On remarque quelques traces de cas ; le datif et l'ablatif ont seuls des formes nettement déterminées; le génitif s'exprime par des rapports de position. L: s pronoms possessifs affectent un grand nombre de formes différentes suivant la nature des consonnes et des voyelles initiales des mots auxquels ils s'accolent. Le système de conjugaisons présente cette étonnante complication et cette incroyable souplesse d'expression qui appartiennent ordinairement aux idiomes américains. Les verbes actifs se partagent en six classes ou conjugaisons, suivant la terminaison de l'infinitif, qui peut être en ri, ru, etc. Les temps sont eu nombre considérable et marquent les nuances les plus délicates. Les modes offrent également des combinaisons multiples et variées. On constate l'existence d'une série assez considérable de verbes inéguliers; elle appartient prineipalementk la sixième conjugaison. On ne compte pas moins de deux présents, quatre passes et trois futurs. Le verbe substantif noceiri sert k la formation du passif. La terminaison mûri est la marque générique des verbes intransitifs. Les verbes fréquentatifs se forment en intercalant la syllabe pta entre le radical du verbe et la terminaison ri de l'infinitif; les verbes impératifs en intercalant po, les verbes factitifs en intercalant ma. Différentes autres particules servent k créer des verbes prohibitifs, complémentaires, négatifs, etc. L>es adverbes participent quelquefois des fonctions des adjectifs et sont

TAMA

susceptibles d'accepter les formes du superlatif. Les prépositions n'existent pas et sont remplacées par des particules qui se postposent aux mots et forment, avec les pronoms personnels, des composes spéciaux analogues aux formes latines mecum, tecum, vobiscum, au lieu de cum me, cum te, cum vobis, etc. Ajoutons que la prononciation du tamaitaque n est pas désagréable; l'accent tonique est très-cadencé, et la langue se prête avec assez de facilité à de3 espèces de récitatifs primitifs que les Tamanaques répètent en chœur dans les grandes solennités.

TAMAIVDARÉ, rivière du Brésil (Pernambuco). Elle coule à l'E.-S.-E. et se jette dans l'Atlantique, après un cours peu étendu, sous 90 n' 34" de latit. S. et 370 18' 30" de longii. O., à *5 kilom. S.-S.-O. du cap Saint- Augustin, par une embouchure qui forme un des meilleurs ports de la côte.

TAMANDUA s. m. (ta-man-du-a). Mamm.

Espèce d'édenté, du genre fourmilier, qui habite l'Amérique du Sud : Les tamanduas, les tamanoirs, tous ces dévoraleurs d'insectes.... (M.-Br.)

— Encycl. Le tamandua est plus petit que le tamanoir; il a le museau fort allongé, pointu, un peu courba en dessus; la tête cylindrique; la bouche très-petite; le cou fort gros; la queue presque aussi longue que le corps, arrondie, peu épaisse, velue à la base, écailleuseà la pointe, prenante; quatre doigts aux pieds de devant et cinq à ceux de derrière; son pelage est formé de poils courts et luisants, gris sale ou jaunâtre, avec des bandes de couleurs différentes ou des nuances brunes, quelquefois il est entièrement noir. Cet animal habite l'Amérique du Sud, particulièrement la Guyane et le Brésil; absolument dépourvu de dents, il se sert de sa langue, qui est fort longue, pour happer les fourmis et les autres insectes dont il se nourrit; on dit qu'il mange aussi le miel des fleurs. Il se suspend aux arbres à l'aide de sa queue et répand une forte odeur de musc.

Tamnngo, nouvelle, par Prosper Mérimée.

Ledoux, capitaine négrier, vient un jour s'approvisionner à la côte d'Afrique et achète du vendeur d'hommes Tamango une cargaison complète de baisd'ëbène. C'est ainsi que les négriers appelaientles noirs. Mais, tout en concluant le marché, Tamango se verse rasades sur rasades et boit si bien qu'il se grise. Nègre, lui-même, il a pour femme une superbe noire du nomd'Ayché, et, dans un accès de générosité comme en ont les ivrognes, il en fait présent il Ledoux. Le lendemain, quand il se réveille, Tamango demande sa femme, et, lorsqu'il apprend ce qu'il a fait la veilie, il court au brick de Ledoux et lui redemande sa femme. Mais celui-cientend la garder, et, comme Tamango fait des menaces, le capitaine Ledoux le fait garrotter et jeter à fond de cale avec les autres. Marchand et marchandises se vendront, pense ce brave Ledoux, et on s'éloigne rapidement de la côte d'Afrique, Raconter le reste devient impossible, aussi bien que de donner une idée du coloris d'un tableau. Tfamango excite les noirs à la révolte, et, un beau matin, tout l'équipage est étranglé et jeté pardessus le pont. Le capitaine Ledoux lui-même est assommé et Tamango reste maître du navire. Mais comment le diriger? Ici se placent des descriptions que nous renonçons même à esquisser. La faim, la soif ont bientôt raison du plus grand nombre des noirs et on se décide enfin à monter dans les deux chaloupes attachées au brick, Mais-1'une des deux fonce sous le poids qu'elle porte et l'autre revient au brick. Un jour, enfin, il ne reste plus de vivants à bord que Tamango et sa femme Ayché. La malheureuse, torturée par la faim, succombe à son tour, et ce n'est que plusieurs jours après seulement, qu'une chaloupe, détachée d'un bâtiment de passage, aborde le brick dans lequel on trouve une négresse morte et un nègre décharné, mais vivant encore. C'est Tamango qui, une fois guéri, est rendu à la liberté, « Tamango, dit M. Gustave Planche, se distingue entre toutes les compositions de Mérimée par des qualités particulières: c'est un récit qui commence comme une satire et qui finit comme une épopée homérique ou dantesque. L'auteur, malgré son antipathie bien connue pour les imag«s lyriques, pour les comparaisons solennel.es, cède, malgré lui, à l'irrésistible majesté de son sujet, et se laisse entraîner aux mouvements de la plus tumultueuse poésie. 11 a beau Se contenir, se mettre en garde, son front calme et serein, son regard paisible et assuré ne résistent pas à la lumière éblouissante dont il a lui-même concentré les rayons. Et. tant mieux I car il y a dans Tamango une magnifique poésie. »

TAMANOIR s. m. (ta-ma-noir). Mamm. Espèce d'édenté, du genre fourmilier, qui habite l'Amérique du Sud : Le jaguar n'a pas de plus cruel ennemi que le tamanoir, (Buff.)

— Encycl. Le tamanoir est long de plus de im,35; il a quatre ongles aux pattes de défaut et cinq aux pattes de derrière; sa queue est garnie de poils longs dirigés verticalement dessus et dessous; son pelage est gris brun, avec une bande oblique noire, bordée ôe blanc, sur chaque épaule; c'est le plus grand de tous les fourmiliers. Il est, dit-on, fort courageux et se défend avec vigueur, même contre le jaguar, qu'il force quelquefois à fuir en le déchirant de ses ongles terribles.

TAMA

Il habite les lieux bas, rie grimpe jamais aux arbres et marche lentement. Le tamanoir habite une grande partie de l'Amérique méridionale ; on le trouve à la Guyane, au Brésil et au Pérou, et il est beaucoup plus rare depuis le Paraguay jusqu'à la rivière de La Plata. 11 vit solitaire et se nourrit exclusivement de fourmis, dont il détruit un grand nombre de fourmilières. Il aime beaucoup à dormir. La femelle ne fait qu'un petit et elle le transporte souvent sur son dos.

TAMÀR {la Tamara de Ptolémée), rivière d'Angleterre. Elle prend sa source dans la partie N. -E. du comté de Devon, reçoit la Tavy et se jette dans la baie de Plymouth, où elle forme le port de Hamouze, après un cours de 110 kilom:

TAMAR, port du détroit de Magellan, à l'E. du cap Tamar et par 52° 51' de lat. S. et 78* de long. O.

TAMAR, cap de, Patagonie, sur la côte N., du détroit de Magellan. Il détermine, avec le cap de la Providence, dont il est éloigné de 25 kilom. au N.-O., l'entrée d'une grande baie.

TAMAR-HENDI s. m. (ta-ma-rain-di — mot ar. formé de tamar, datte, et de hendi, indienne). Bot. Nom arabe du genre tamarinier.

TAMARICIN s. m. (ta-ma-ri-sain — rad.

tamaris). Mamm. Espèce de loir, qui vit dans l'Asie méridionale.

— Encycl. Le tamaricin est un peu plus grand qu'un gros rat; il a la tête arquée, assez semblable à celle du loir ; les oreilles plus larges et plus hautes; les yeux plus grands ; de longues moustaches blanches; le cou assez court; la queue assez longue et velue; quatre doigts aux pieds de devant et cinq à ceux de derrière. Son pelage, doux et touffu comme celui de l'écureuil, est gris jaunâtre en dessus el blanchâtre en dessous. Il habite l'Asie méridionale et se creuse sous les arbres des terriers, d'où il ne sort guère que la nuit. 11 se nourrit de plantes à saveur salée, telles que l'arroche maiitirne, les salicornes, les soudes, etc. 11 paraît facile à apprivoiser.

TAMARIDA, TAMARA ou TAMERIN, capitale de l'île de Socotora, dans l'océan Indien, au pied d'une chaîne de hautes collines escarpées, avec un port qui est le plus fréquenté de l'île, par 12» 35' de latit. N. et, 51" 15' de longit. E. Elle a une belle apparence ; les maisons sont en pierre, ainsi que plusieurs mosquées.

TARÏARIE s. f. (ta-ma-rl). Echin. Genre d'échinodermes, du groupe des astérides.

TAMARIN s. m. (ta-ma-rain — espagn. tamarindo; de l'ar. tamar-lwtdi, («marinier, formé de temnr, datte, et de licndi, indienne). Bot. Nom vulgaire des tamariniers et des tamaris.

— Pharm. Pulpe du fruit du tamarinier:

Les nègres, e» Afrique, mettent du tamarin dans leur riz. (V. de Bomare.)

— Mamm. Nom vulgaire d'une espèce d'ouistiti de la Guyane : Le tamarin est un joli quadrumane. (V. de Bomare.)

— Encycl. Pharm. Le tamarin, ou pulpe du. fruit du tamarinier indien, contient encore des graines ainsi que des filaments. Avant de l'expédier en Europe, on lui fait subir une légère coction dans des bassines de cuivre, afin de l'empêcher de moisir. Cette pulpe est alors d'une couleur rouge noirâtre, d une consistaneepâteuse, d^une odeur vineuse et d'une saveur aigrelette sucrée et un peu astringente. Elle renferme assez souvent du cuivre provenant des bassines dans lesquelles on l'a préparée. Il faut rejeter ce tamarin, de,même que celui qui a été falsifiéavec de lapulpo de pruneaux et de l'acide tartrique. Il renferme, d'après Vauquelin, des acides citrique, tartrique et maiique, du bitartrate de potassium et divers hydrates.

On emploie ta pulpe de {amortit comme médicament purgatif et rafraîchissant, à la dose de 15 à 60 grammes. Le tamarin est employé en Egypte et au Cap de Bonne-Espérance pour assaisonner les viandes. D'après Speke et Grant, les peuplades de l'intérieur de l'Afrique emploient le suc du tamarin, fermenté ou non, comme boisson acidulée. Les Italiens s'en servent, comme les Anglais du soda-water. Il entre dans la composition des électuaires lénitif et catholicon double, fait la base d'une conserve, d'une tisane, d'une potion, etc.

— Mamm. Les tamarins ont les oreilles grandes; le front rendu très-apparent parla saillie du bord supérieur des orbites; à chaque mâchoire, douze molaires; deux canines coniques, assez fortes et se dirigeant de dedans en dehors; quatre incisives, contiguijs, les intermédiaires plus larges que les latérales à la mâchoire supérieure, les inférieures proclive» et en bec de flûte. Les espèces peu nombreuses de ce genre, confondues autrefois avec les ouistitis, habitent les contrées chaudes de l'Amérique du Sud.

Le tamarin commun ou tamary n'est guère plus gros qu'un écureuil; il a les oreilles larges et carrées ; la tète couverte d'une longue crinière; la lèvre supérieure fendue; la queue très-longue et assez mince. Son pelage, formé de poils un peu hérissés, mais doux, est noir, avec de petites taches grises sur la croupe, les mains et les pieds d'un jaune ronssâlre. Cet animal haliite la Guvane et le

TAMA

Maragnon. Il recherche surtout les grands bois, les terrains élevés et éloignés des habitations. Il se tient presque toujours sur les arbres, marche à quatre pattes et rappelle l'écureuil par la vivacité de ses mouvements. Son cri est un sifflement aigu. Il est d'un naturel gai, assez hardi et ne s'enfuit pas devant l'homme. Les tamarins vivent en troupes assez nombreuses; la femelle ne met bas qu'un petit. On leur donne quelquefois la chasse; mais leur chair n un mauvais goût et les Indiens eux-mêmes en font peu de cas. Bien qu'un peu colères, ils s'apprivoisent aisément, deviennent assez caressants et se plaisent à grimper, sans faire le moindre mal, sur les épaules des personnes qui les soignent. Tenus en captivité, ils aiment aussi il chercher les puces sur le corps des animaux domestiques. Mais ces animaux ont un tempérament assez délicat ; ils ne supportent pas bien le transport par mer et ont de la peine à vivre sous les climats froids.

Le tamarin nègre n'est peut-être' qu'une simple variété du précédent; il s'en distingue surtout par ses formes plus sveltes, sa face roussâtxe et ses extrémités noires. Il vit au Para, où il est très-commnn. Le tamarin la~ aie a le pelage^d'un noir roussâtre en dessus, ferrugineux en dessous, la tête noire, le nez et les bords des lèvres blancs; il habite le Bjjésil. Le iamarin à front jaune a le pelage noir; le front et le dessus de la queue d'un jaune doré ; l'avant-bras, les côtés de la tête, la poitrine et les genoux d'un roux marron ; on le trouve, mais rarement, dans les grandes forêts du Brésil et du Para. Le tamarin rosalie est plus connu sous le nom de tnarikina (v. ce mot).

Le tamarin téoncito, désigné quelquefois sous le nom de singe-lion, qu'on donne aussi à l'espèce précédents , ne dépasse guère la longueur de um,20, non compris la queue; son pelage est brun olivâtre; il a uns longue crinière de la même couleur; la face noire, avec une tache blanc bleuâtre sur la bouche et les narines; les oreilles grandes; le dos rayé de blanc jaunâtre; la queue noirâtre en dessus et brune en dessous, aussi longue que le corps, recourbée et floconneuse à son extrémité. Il habite les plaines à l'est des Cordillères, les rives fertiles du Caqueta et du Putama3'o; mais il y est rare, et on ne le trouve jamais dans les régions tempérées. II' est d'un naturel très- vif et très-irascible.

Le tamarin pinche a le pelage d'un brun fauve en dessus, blanc en dessous; une longue chevelure soyeuse et blanche; ta queue rousse a l'origine et noire à l'extrémité. Il habite Carthagène et se trouve aussi à l'embouchure du Rio -Stmo ; on le rencontre aussi, mais rarement, à Cayenne. Il est méchant et atrabilaire, et a des habitudes nocturnes; les individus observés en captivité restaient cachés dans un coin pendant toute In journée, et ne retrouvaient leur activité qu'à l'arrivée dji crépuscule; quand ils étaient contrariés, ils faisaient entendre un petit sifflement doux et monotone.

TAMARINIER s. m. (ta-ma-ri-nié. — V.

tamarim). Bot. Genre d'arbres, de la famille des légumineuses, tribu des césalpiniées, dont l'espèce type croît dans l'Inde : La pulpe des fruits du tamarinier est d'un fréquent usage dans les pays chauds, (Bosc.) Le t^-"iîinier n'est point originaire de l'Afrique, niais il y est cultivé depuis de longs siècles. (Th. de Berneaud.) Les fruits du tamarinier abandent en acide. (V. de Bomare.) Il On dit aussi tamarin.

— Encycl. Le tamarinier est un grand arbre, dont la tige, couverte d'une écorce brune, se divise en rameaux portant des feuilles paripennées, glabres, et des fleurs assez grandes, d'un jaune verdâtre, réunies en grappes terminales; le fruit est une gousse longue et épaisse, un peu recourbée, d'un brun rougeàtre, renfermant une pulpe roiigeâtre, acidulé, dans laquelle se trouvent quelques graines anguleuses, comprimées, luisanteset d'un brun noirâtre. Cet arbre est originaire de l'Inde, d'où il a été introduit en Arabie, en Egypte et jusqu'en Amérique. Il est mentionné par Théophraste. Les populations chrétiennes de la Syrie l'ont en haute esiime; on le plante auprès des habitations, et la récolte des fruits est pour elles un jour de fête. En Europe, on ne le cultive que dans les jardins botaniques, où il exige la serre chaude; mais il y .fleurit mal.

Le bois de cet arbre est recherché pour les constructions; dans les pays chauds, son écorce laisse exsuder un suc visqueux, qui, en se concrétant, devient analogue à la manne. Les bestiaux mangent volontiers ses feuilles. Les fleurs servent à faire une sorte de conserve, vantée contre les obstructions du foie et de la rate. Les Arabes emploient aussi l'infusion des feuilles comme vermifuge pour les enfants. Les fruits sont employés comme alimentairesetrafraîchisssants ; aussi les Arabes en emportent-ils toujours une certaine provision dans leurs courses à travers le désert; les marins s'en munissent aussi avant de quitter les ports des Indes ou des Antilles. On en prépare des sorbets, des boissons, des confitures. Les Hollandais en font une sorte de bière. Les graines servent à faire des breloques et des pendants d'oreille. Mais le principal produit qu'on en retire est la pulpe connue sous le nom de tamarin. V. ce mot.

TAMA

TAMARIS S. m. (ta-ma-rl — lat. tamariscus, même sens), Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, type de la famille des tamariscinées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions chaudes et tempérées de l'ancien continent : Il ne faut pas confondre deux plantes aussi différentes de nature et de taille que le tamarinier et le tamaris. (Botssonade.) Il On dit aussi TAMARISC ou tamarisque et tamahik.

— Zooph. Tamaris de mer, Nom vulgaire d'une espèce de coralline.

— Encycl. Ce genre comprend des arbrisseaux plus ou moins élevés, à très-petites feuilles alternes, disposées sous forme d'écailles ou bien engainantes. Us croissent très-vite et demeurent fort rarement herbacés. Les fleurs sont disposées en épis simples ou paniculés et donnent naissance à une capsule triangulaire, trivalve, polysperme.

Toutes les espèces appartiennent à l'Europe ou i l'Asie. Nous ne parlerons ici que d'une seule, le tamaris commun (tamarix gallica), charmant arbrisseau que Lobel appelait tamariscus narbonnensis. Il croit dans les lieux humides du midi de l'Europe et est cultivé comme ornement dans les jardins paysagers; ses feuilles sont très-petites et ressemblent à celles de la sabine ou du cyprès ; mais elles sont plus pâles et non odorantes ;. ses fleurs forment, au sommet, des rameaux d'agréables épis d'un rose de chair. L'écorce de cet arbrisseau est légère, d'un gris brun ou verdâtre extérieurement, rouge à l'intérieur et s'exfoliant en un liber composé de lames réticulées, représentant fort bien la structure élémentaire des couches verticales.

Dans le Midi, il forme la bordure de presque toutes les terres cultivées, principalement aux environs de Bayonne. Les animaux ne touchent pas à ses feuilles. Il fertilise, au lieu de l'épuiser, le sol où il croit. On le multiplie, avec autant de facilité que d'économie, sur les plus mauvais fonds, par boutures de .ton jeune bois, longues de 0m,30 environ, dont on coupe le sommet en biseau, et qu'on enfonce par la pointe, à coups de maillet, jusqu'à om,25 de profondeur.

L'écorce est astringente, amère, nauséuse; elle est tonique. Elle fournit assez de potasse par l'incinération pour qu'à ce point de vue on puisse l'exploiter. Les fruits sout employés dans la teinture en noir. En Danemark, les feuilles remplacent le houblon dans la fabrication de la bière. On trouve en Algérie une variété de notre tamaris, le tamarix africana de Desfontaines, employé aux mêmes usages.

Une espèce, le tamaris mannifera, qui croit au pied du mont Sinaï, fournit une substance d'un jaune pâle, douce et sucrée, un peu transparente, appelée par les Arabes turfah ou manne du désert. Elle est alimentaire. C'est un suc sucré.

TAMARIS (les). L'un des quartiers qui enserrent le petit golfe du Lazaret, k 5 kilom. de Toulon (Var) et qui doit son nom à la présence du tamaris narbonnais, qui croît spontanément sur le rivage. M,ne George Sand n donné le nom de ce quartier à l'un de ses plus intéressants romans : « De ce lieu, dit l'illustre écrivain, on découvre un magnifique point de vue. Au nord, une colline boisée qui dépasse la cime la plus élevée du Coudon, une belle masse de calcaire blanc et nu brusquement coupée en coude, comme son nom semble l'indiquer. A l'est, des côtes ocreuses et chaudes, festonnées de vieux forts dans le style élégant de la Renaissance; puis l'entrée de la petite rade de Toulon et quelques maisons de la ville.... puis la grande rade s'enfonçant à perte de vue dans les montagnes et finissant à l'horizon par la presqu'île de Giens et les masses vaporeuses des Iles d'Hyërcs. » En se rendant de Tamaris à la Seyne, on passe au pied du célèbre fort Napoléon, dont la prise fut, en 1793, le premier exploit militaire de Bonaparte. V. siicgk dk Toulon.

Tomnrli, roman par G. Sand (Paris, 1862). Tamaris est le nom d'un des quartiers de villégiature qui entourent la ville de Toulon et c'est là que commence le récit émouvant des amours de La Florade et du docteur **", Le premier est un lieutenant de vaisseau, jeune homme de trente ans à peine, joli garçon, brave et spirituel, un peu vantard, loveîace par tempérament, mais, au demeurant, le plus honnête et le meilleur homme du monde. Le second, qui est le propre narrateur de l'histoire, est jeune aussi, d'une nature moins expansive que son ami, mais avec plus de sérieux dans l'espritet autantae tendresse dans lecœur. Tous deux en viennent à aimer la même femme, jeune veuve retirée avec son enfant dans la villa Tamaris et se cachant sous le nom de Mm» Martin pour éviter les importuns, mais qui n'est autre qu'une grande dame très-connue dans la haute aristocratie sous le titre de marquise d'Elmeval. Raconter toutes les péripéties tantôt gaies, tantôt émouvantes, mais toujours du plus grand charme, par lesquelles nous fait passer ce récit, serait chose presque impossible. Les incidents s'accumulent presque à chaque page, la plupart ne se rattachent pas d'une façon directe à l'action principale, maïs concourent à la mettre en lumière, à la préparer, à l'expliquer et surtout à faire ressortir le contraste entre les deux héros principaux,

TAMA

dont l'on, tout ardeur, tout enthousiasme, tout imprévoyance, se laisse aller au courant de ses impressions et se jette tête baissée dans toutes les complications et tous les dangers, et dont l'autre, tout amour, tout dévouement, se sacrifie en silence et réussit à comprimer les élans passionnés de son cœur dans la crainte de nuire au bonheur de celle qu'il aime. Jusqu'à la fin, en effet, il croit que lamarquise d'Elmevnl n'a d'yeux que pour le gai La Florade, car il n'a jamais pu se décider à parler et il faut qu'une catastrophe terrible vienne le mettre en possession des vrais sentiments de la marquise pour qu'il croie à son bonheur I Voilà tout ce roinan. Mais que de charmantes figures viennents'y encadrer I Que de types adorables et qui se placent à côté des plus fortes créations de l'auteur 1 Cette curieuse fille d'abord, Nama Roque, une jeune créole qui n'a dans la vie d'autre préoccupation, d'autre intérêt que l'amour I Naïve et confiante comme un enfant, indolente et fière comme une Espagnole, superstitieuse et ignorante comme une fille du désert, et avec tout cela belle comme une odalisque! C'est la première victime du fougueux La Florade. Mais, si channantque soit le coloris de ce portrait, nous lui préférons celui de la Zinovèse. La Zinovèse est la femme du garde-côtes Estagel. C'est le type de l'orgueil féminin à l'état de nature. Quelle est belle et attachante avec son grand œil farouche, son âpre amour, sa jalousie féroce, sa mine hautaine, ses lières allures et sa rudesse de langage ! Comme elle sait aimer, comme elle sait haïr 1 La Florade a été son amant. Elle aussi, elle s'est laissé prendre aux airs vainqueurs du lieutenant ; elle aussi, elle a été délaissée ; mais comme elle n'a pu tuer l'infidèle, elle se tue en laissant- le soin de la vengeance à son mari, auquel elle fait, en mourant, l'aveu de de sa fiiute. Estagel, le garde-côtes, ne' paraît qu'une ou deux fois dans tout le cours du récit, mais nous défions qu'on l'oublie ; il est de la ruée des Matteo Falcone I Nous ne savons rien de plus émouvant, de plus majestueusement terrible que son duel corps à corps avec l'amant de sa femme, une heure après que celle-ci a rendu le dernier soupir.

Nous avons fait de notre mieux pour donner une idée des personnages et des faits qui composent -cette œuvre, digne, selon nous, d'être placée à côté des meilleures productions de G. Sand. II nous reste à louer, sans restriction, la charmante simplicité du style lorsqu'il est narratif, et sa magnificence quand il devient descriptif, comme cela arrive souvent,

TAMARTSC S. m. (ta-ma-risk]. Bot. Syn. de tamaris : On prétend que le bois de TAMARtsc est aussi bon que celui du gaïac dans Us maladies vénériennes. (V. de Bomare.)

TAMARISCINB, ÉE adj. (ta-ma-ris-si-nê' — rad. tamaris). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au tamaris.

• — s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre tamaris,

— Encycl. La famille des tamariscinées renferme des arbres et des arbrisseaux à feuilles alternes, Sessiies , courtes, un peu charnues, entières, élargies à la base, effilées au sommet, en général glauques, dépourvues de stipules. Les fleurs, blanches ou rosées, sont groupées en épis rameux, terminaux, accompagnés de bractées. Elles présentent un calice à cinq (rarement quatre) divisions distinctes ou soudées à la base, imbriquées ; une corolle composée de pétales alternant en nombre égal, marcescents; des étamines en nombre égal ou en nombre double, à filets élargis et réunis à la base par un disque plus ou moins saillant ; un ovaire libre, Irigone, à une seule loge multiovulée, surmonté de trois styles libres ou plus ou moins soudés, et terminés chacun par un stigmate obtus ou tronqué. Le fruit est une petite capsule, s'ouvrant en trois (rarement quatre valves) et renfermant de nombreuses graines à tégument membraneux et à embryon dépourvu d'albumen.

Cette petite famille, qui a des affinités avec les rosacées et les lythrariées, comprend les genres tamarisc, myricaire et trichaure. Les tamariscinées habitent les contrées chaudes et tempérées de l'ancien continent et de l'hémisphère nord'; elles paraissent préférer le voisinage des eaux salées et abondent surtout dans la région méditerranéenne et aux environs des grands lacs de l'Asie centrale. Elles renferment une huile essentielle, une résine et du tannin, qui leur communiquent une saveur ainère et des propriétés astringentes. Une espèce fournit de la manne.

Quelques autres- servent, en agriculture, à faire des haies défensives, et il en est un certain nombre qui figurent très-bien dans les jardins d'agrément.

TAMARI3QUE s. m. (ta-roa-ri-ske). Bot.

Syn. de tamaris : Aussi voit-on le tamarisque multiplier tout autour des terres salantes, (Th. de Berneaud.)

TAMARIX s. m. (ta-ma-riks). Bot. Syn.de tamaris : On fait des haies de tamarix dans quelques parties de la France. (Boso.)

TAMARU-GUACU s. m. (ta-ma-rou-gouacou — mot brésilien). Crust. Espèce de langouste, des mers du Brésil.

TAMARY s. m. (ta-ma-ri). Mamm. Syn. de Tamarin.

TAMA

TAMASB ou TAMESE (Tamesus), ville de l'ancienne Chypre, au pied de l'Olympe. Ses environs délicieux étaient consacrés à Vénus,

TAMATAM,lled'elaPolynésie, dans l'archipel des Carolines, au S. de l'Ile de Lamurec, par 70° 32' de lat. N. et 170° 9r de long. E.

TAMATAVE, villeet port sur la côte E.del'île de Madagascar. Elle est bâtie sur une pointe de sable qui s'avance dans la mer et divisée en deux quartiers ; le premier ne comprend que peu d'habitants, logés dans de vastes enclos ; le second est très-peuplé. La rade,- assez spacieuse, est fermée par deux longs récifs. T»matave est le centre du commerce indigène avec les colonies européennes de la Réunion et de Maurice. Le commerce a surtout pour objet les bœufs et le riz. Les Français ont renversé les forts de Tamatave en 1829 et en 1845.

TAMATIA s. m.(ta-ma-si-a).Ornith. Genre da passereaux, de la f»mille des alcédinidées, type de la tribu des tainatianées, comprenant une dizaine d'espèces, qui habitent les régions chaudes de l'Amérique du Sud : Les tamaTiaS sont des oiseaux lourds, viassifs,d'un caractère triste et sombre ; ils aiment la solitude. (L. Gerbe.) Tous tes tamatias n'habitent que les endroits les plus fourrés des forêts. (Mauduyt.)

— Encycl. Les caractères génériques de ces oiseaux sont : bec de la longueur de la tète, aussi haut que large ; mandibule supérieure à dos lisse et arrondi, garni à la base de plumes décomposées, sous la forme de poils roides et allongés ; narines ovalaires ; ailes arrondies, courtes, recouvrant le tiers de la queue, qurest médiocre et environ de la longueur du corps de l'oiseau ; tarse de la longueur du doigt externe antérieur, ongles comprimés, arqués et crochus. Ce genre a été primitivement créé par Levaillant et introduit dans la science par Cuvier. Buffon dit en parlant de ces oiseaux: » Les tamatias ne se tiennent que dans les endroits les plus solitaires des forêts et restent toujours éloignés des habitations, même dans les lieux découverts. On ne les voit ni en troupes ni par paires. Ils ont le vol pesant et court, ne se posent que sur les branches basses et cherchent de préférence celles qui sont le plus garnies de petits rameaux et de feuilles. ils ont peu de vivacité et, quand ils sont une fois posés, c'est pour longtemps. Ils ont une mine triste et sombre, on dirait qu'ils affectent de se donner un air grave en retirant leur grosse tète entre leurs épaules ; elle parait alors couvrir tout le devant- du corps. Leur nature) répond parfaitement à leur figure massive et à leur maintien sérieux. Ils sont aussi larges que longs, et ils ont beaucoup de peine à se mettre en mouvement. On peut les approcher aussi près que l'on veut et tirer plusieurs coups de fusil sans les faire fuir. Leur chair n'est pas mauvaise à manger, quoiqu'ils vivent de scarabées et d'autres insectes. Enfin ils sont très-silencieux, très-solitaires , assez lourds et fort mal faits. • Quoique ces oiseaux passent pour ne vivre que d'insectes, la force de leur-bec, qui n'était pas nécessaire pour ce genre d'aliment, porterait à faire croire qu'ils ont une autre manière de se nourrir. « Aussi, dit M. Mauduyt dans l' Encyclopédie méthodique, je soupçonne que, comme les pies-grièches, avec lesquelles ils ont un grand rapport par la conformation de leur bec, ils donnent aussi la chasse à de petits oiseaux, a Nous devons ajouter que depuis Mauduyt, rien n'est venu confirmer ou justifier celte assertion. Les tamatias nichent dans les troncs d'arbres, On en connaît quatorze espèces, toutes de l'Amérique méridionale. Nous citerons : l" Le tamatia de Panama : en dessus, d'un brun teinté de roux, plus foncé au croupion et à la queue ; chaque plume dudosetdes ailes est terminée par une petite tache d'un roux pâle et de forme triangulaire; en dessous, tout l'oiseau est d'un blanc roussâtre passant au ferrugineux sur le devant du cou et à la poitrine. Ce qui frappe au premier abord dans cette espèce, ce sont deux sortes de moustaches composées de plumes effilées, rigides et détachées de celles du cou. 2" Le tamatiaà collier. Cet oiseau a le plumage assez agréablement varié ; le dessus du corps est d'un orangé foncé, rayé transversalement de lignes noires. Il porte autour du cou un collier noir, assez large par dessous pour couvrir une grande partie de la poitrine. On trouve cet oiseau à la Guyane. 3» Le beau tamatia, c'està-dire le moins laid de tout le genre. Il est mieux fait, plus petit, plus effilé que tous les autres et son plumage est très-varié, tout en conservant la couleur fondamentale des autres tamatias. On le trouve sur le bord du fleuve des Amazones.

TAMATIANÉ, ÉE adj. (ta-ma-si-a-nô — rod. tamatia). Ornilh. Qui ressemble ou qui se rapporte au tamatia,

— s. f. pi. Tribu de prissereaux, de la famille des alcédinidées, ayant pour type le genre tamatia,

TAMATIE s. m. (ta-ma-sl). Ornith. Syn. de

TAMATIA.

TAMAUL1PAS ou TAMAUL1PAN, Etat du Mexique compris autrefois dans l'intendance de Saii-Luis-de-Potosi, souï le nom de Colonie du Nouveau-Santander, entre las Etats-Unis (Texas), dont le sépare lerio Bravo, au N., les

TAMB

Etats duNouveau-Léonet deSan-Luis, à l'O. et. an S.-O, celui de Vera-Criis au S. et le golfe du Mexique, à l'E.; 110,000 hab. Ch.-l., Victoria. Excepté au S., où s'élèvent des montagnes assez hautes, le reste du pays est entièrement plat et couvert de forêts et de savanes. Les principales rivières qui l'arrosent sont le rio del Norte, le San- Fernando, le Conchas, le Blanco, le Largo, le Rapido et le Tampico. Les côtes présentent, dans toute leur longueur, une suite de lagunes qui ne sont séparées de la mer que par une langue de terre étroite et sablonneuse et dont la principale est celle de Madré. L'été y est très-chaud et l'hiver quelquefois assez froid, par suite des vents de N.-O. Le sol des parties cultivées est fertile, produit du blé, du maïs, du riz, du sucre, du café, de l'indigo. Les principales essences des forêts sont les cyprès, les acacias, les lataniers, les oliviers américains, les hêtres, les bouleaux, les sycomores, les cèdres, les magnolias, etc. On y élève beaucoup de chevaux et de gros bétail. Le règne minéral est représenté dans cet Etat par des mines d'or et d'argent. L'industrie y est nulle ; mais le commerce, qui consiste principalement en chevaux et en gros bétail, est en voie de progrès. L'Etat de Tamaulipas est partagé en trois préfectures : du nord, du centre et du sud, subdivisées en 34 municipalités,

TAMAYO Y BABS (Manuel), auteur dramatique espagnol, né vers 1828. Fils "d'un des acteurs les plus goûtés du théâtre de la cour de Madrid, ses études eurent do bonne heure l'art dramatique pour objet et ses premières œuvres ayant été favorablement accueillies du public, il renonça à un emploi qu'il occu-

ftait au ministère d'Etat pour se consacrer à a littérature. Son nom peut aujourd'hui être cité digneinent à côté de ceux de Breton de los Herreros, de Hartzembusch et de Garcia- Gutierrez. Parmi celles de ses pièces qui ont obtenu le plus de succès, nous citerons : le Cinq août, la Folie de l'amour, Virginie, la Boule de neige, etc. 11 a aussi écrit plusieurs Nouvelles, qui n'ont pas obtenu moins de succès que ses compositions dramatiques. Cet auteur est membre de l'Académie de Madrid.

TAMBAC s. m. (tan-bak). Bot. Syn. de bois d'alors.

TAMBALTE s. f. (tan-bal-te). Agric. Vaisseau de bois dans lequel on bat le beurre, dans les Vosges.

TAMBERLICK (Henri), chanteur italien, né à Rome en 1820. 11 fit ses études au séminaire de Montetiascone et ies poussajusqu'à la. théologie morale ; mais, invincibl muent attiré vers la carrière musicale, il prit les leçons de Guglielmi et de Borgna et débuta sur la scène del Fondo, à Naples, dans / Capuletti; il était attaché au théâtre San-Carlo lorsque le cavalière Riporto , imprésario d'un autre théâtre San-Carlo, à Lisbonne, lui fit signer un engagement avantageux en 1843. Le climat portugais transforma la voix de M. Tamberlick, qui, quoique fort belle et très-sympathique, était auparavant moins élevée; du ton de ténor serio, il passa à celui de ténor sfogato, 11 chanta successivement au théâtre Santa-Cruz de Barcelone, au Circo de Madrid, puis au théâtre de Covent-Garden, à Londres, où sa vogue fut prodigieuse dans Guillaume Tell, Hobert le Diable, les Huguenots ; il y créa le rôle de Pietro il Grande, écrit pour lui par Julien. De Londres, il passa au théâtre de Saint-Pétersbourg, où l'attendaient les plus magnifiques ovations dans le Prophète et dans le Pardon de Ploërmel. Il fut a Saint-Pétersbourg attaché à la musique de chambre de la cour. Vers 1856, il fut question d'engager M. Tamberlick à notre Grand Opéra, à la sollicitation de Meyerbeer. On lui offrait 144,000 francs par an. Mais chanter en français l'effrayait ; il finit par traiter avec le Brésil. Après avoir paru avec un immense succès à Rio-Janeiro, à Buenos-Ayres, à Montevideo, aux appointements de 30,000 fr. par mois, il contracta un engagement qui n'eut pas de suite avec l'Amérique du Nord et fut appelé enfin à Paris, au Théâtre-Italien, où il débuta à la fin de 1858 ; le phénomène de son ut dièse fit plus pour son succès que tout sou talent de chanteur; les amis de la sonorité, ceux qui admettent volontiers que de grands artistes sacrifient les qualités de leur nature à un effet spécial et comptent avant tout combien il a été donné d'ut de poitrine dans une soirée, ceux-là, disons-nous, n'eurent pas assez de bravos pour M. T;imberlick; mais, en même temps, les véritables amateurs lui reprochèrent de manquer de puissance et d'ampleur et parfois lui trouvaient des notes vacillantes et chevrotantes. Il paraît, du reste, que, malgré ses brillants états de service à l'étranger, le fameux ténor, qui n'ignorait pas sur quelles bases fragiles on élève les réputations, n'était pas sans inquiétude en paraissant pour la première fois sur cette formidable scène Ventadour, si féconde en naufrages et toute pleine encore des plus écrasants souvenirs. On raconte qu'aimant Paris par-dessus tout et comptant s'y retirer une fois sa carrière théâtrale terminée, il n'a tant hésité à s'y faire entendre que pour ne pas risquer d'y échouer; une chute, en effet, lui aurait gâté le plaisir de vivre plus tard en France. Lorsqu'il se décida enfin à paraître parmi nous, il donna ordre aux ou-

TAMB

vrîersqui lui bâtissaient un hôtel aux Champs- Elysées d'interrompre leurs travaux, pour ne les reprendre que quand il saurait à quoi s'en tenir sur le jugement des Parisiens. S'il avait succombé, on ne continuait pas l'hôtel et il renonçait à habitar Paris. L'hôtel a depuis été construit, car M. Tamberlick a trouvé dans la ville qui seule consolida toutes les réputations de chauds admirateurs. Toutefois, bien qu'il ait succédé à M. Mario, il ne l'a pus remplacé et, après quelques saisons consacrées à notre Théâtre-Italien, il a repris le chemin de Saint-Pétersbourg. M. Tamberlick se trouvait à Madrid lorsqu'eut lieu, en 1868, la révolution qui renversa du trône la reine Isabelle. Il remporta, en jouant dans la Muette, un triomphe éclatant auquel, du reste, ne fut pas étrangère la politique, et il fut également très-applaudi dans V Africaine. Depuis, il est encore revenu au Théâtre-Italien de Paris, où il a repris avec succès ses meilleurs rôles. Apte aux tôles comiques et sérieux, il eut de brillants succès dans : Il Trovatore, Poliuto, Otello, Il Bigoletto et Don Giovanni. Vocaliste habile et brillant, chanteur expérimenté, plein d'adresse etd'art, le célèbre virtuose, malgré quelques belles notes aiguës, malgré le fameux ut dièse dont nous avons parlé, n'est pas précisément ce qu'on nomme un fort ténor. Aussi a-t-il chanté en Russie, avec beaucoup d'éclat, le répertoire de l'Opéra-Comique. Dans certaines occasions, on le voudrait voir plus pathétique, plus fougueux et plus touchant. Il ne suffit pas, pour être un grand artiste, de tout subordonner à une noie unique, à une note élevée, d'y insister, d'en faire une espèce de point d'orgue pendant lequel le rhythme, le sens musical, l'orchestre , tout reste suspendu. Cette manière, préjudiciable à l'art musical , eût été raillée autrefois aux Italiens, car on y chantait Sobrement, simplement, chaleureusement, avec autant de méthode que d'âme, et l'on y obtenait de ces succès durables dont le souvenir est resté attaché aux noms de la Pasta, de la Malibran, de la Sontug, de Rubini, de Tumburinî et de Lablacha.

TASIBO, rivière du Pérou (Arequipa). Elle descend du versant occidental des Andes, au S. du volcan d'Ornate, par la" 50' de latit. S. et 730 45' de longit. O., coule d'abord au S.-S.-E.j puis à l'O.-S.-O. et se jette dans l'océan Pacifique, près d'ilo, après un cours de 160 kilom.

TAMBOUNI (Raphaël), chanteur et favori du roi de Prusse Frédéric II, né à Fermo (anciens Etats de l'Eglise) en 1766, mort en 1839. Il subit dans son enfance l'opération de la castration et alla étudier la musique et le chant à Naples, Eu 1784, il fut appelé à Berlin et fut attaché à l'opéra italien. Après la suppression de cet opéra, il donna des concerts. En 1815, pendant le séjour du czar Alexandre à Herlin, il entra à l'Opéra de Berlin. En 1817, il se retira à Charlottenbourg.

TAMBORO, ville de l'archipel de la Sonde, dans la partie N. de l'Ile de Sumbava, au pied du volcan du même nom, à 108 kilom. de Bima. Il s'y tient des marchés de chevaux très-fréquentés.

TAMBOOCO ou TABOUCO, ville de la Malaisie hollandaise, sur la côte E. de l'Ile de Célèbes, sur une baie du même nom, par 3» 5' de latit. S,

TAMBOUL s. m. (tan-boul). Bot. Nom vulgaire d'une espèce d'ambore.

— Encycl. Les tambouls sont des arbres à feuilles presque opposées, entières, persistantes, recouvertes de poils étoiles a la face inférieure'; les fleurs, disposées en grappes placées ordinairement à l'origine des rameaux, sont monoïques ; les mâles ont un involucre ovoïde, a quatre divisions conniventes, et des étamines nombreux qui garnissentcomplétementl'intérieur; les femelles ont un involucre tnbuleux court, presque globuleux, tapissé, à sa face interne, de nombreux ovaires à une seule loge uniovulêe ; le fruit se compose de nombreux drupos înonospermes, enveloppés par un involucre charnu. Ces végétaux, qui sécrètent un suc laiteux, croissent à Madagascar et à l'Ile Maurice. Leur tronc est souvent creux et les nègres en tirent parti pour faire des ruches i>. miel, des tam-tams, des tambours et autres instruments analogues, d'où le nom de bois tambour donné vulgairement à ces arbres.

TAMBOUR *. m. (tan-bour. — Ce mot se trouve duns le persan ïamftiir, tambûrâk, tumbuk, tabir, arménien thembug. Comparez le kourde tambur, guitare, instrument à cordes. Il a piissé aussi dans l'irlandais tabar et le kymrique tabwrdd. Scheler croit que le mot tambour peut fort bien être revendiqué à l'élément roman, et il le rattache à la racine tub, adoucissement de tap, frapper, d'où les anciennes formes non nasalisées tabor, tabour. Cette racine tap est une onomatopée qui se retrouve dans la plupart des langues aryennes : sanscrit tup, grec tuptà, ancien slave tepsti, russe top'ati, polonais tapac, tupac, etc. Elle a produit duns les langues romanes un certain nombrB de dérivés : provençal tobust, tapage, vacarme, labustar, tabussar, italien, tambussare, frapper, faire du bruit, vieux français tabourie, tinbuire, tapage, vacarme, tabut, bruit, vucanne, fa-

TAMB

buster, faire du tapage, frapper, etc.)- Caisse cylindrique dont chaque fond est une.peau tendue, sur l'une desquelles on frappe avec des baguettes pour en tirer des sons : Le tambour, avec un seul son diversement rkythmé, a lu puissance de régler, suivant une certaine symétrie, les pas et les mouvements des troupes. (Guéroult.) En mourant, Ziska voulut qve ses soldais fissent de sa peau un tambour, afin de les encourager encore à combattre et à vaincre. (L.-J. Lareher.) Le sinistre tambour sonna l'heure dernière.

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