‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 90 sur 1059 · SUPERLATIFS · texte numérisé non relu

SUPERLATIFS

Mahaltamas, mahattamâ, mahaltamam.

Mahishthas, mahishthâ, mahishtham.

Dans la déclinaison des pronoms , le sanscrit distingue, entre tous les autres, les pronoms personne s de la première et de la seconde personne : a/tam et tvam. Les noms de nombre se rapprochent beaucoup de ceux des autres langues indo-européennes, et, ainsi qu'il a été dit plus haut, ils sont comptés parmi les preuves les plus convaincantes de l'affinité de ces langues. On peut eu juger par la liste suivante des nombres cardinaux : eka, un; dvi, deux ; tri, trois; catur, quatre; pancan, cinq ; shcsh, six ; saptan, sept ; ashtan, huit; navan, neuf; daçan, dix. De 11 à 19 inclusivement, les nombres se forment par la combinaison 'des unités avec dix. Ainsi, on dit : ekudaçan, doadaçan, trayodaçan, caturdvçan , pa'ncadaçait, shodaçan, saptadaçan, ashtâdaçan et navadaçan. Les dizaines sont nommées : vinçati , vingt; trinçat , trente; catvarinçat, quarante; pancaçat, cinquante; shashti, soixante; saptati, septante; aciti, octante; navati, j.onante, et çata, cent. Ces noms sont. tous déclinables.

Les éléments fo.'matifs principaux du verbe sanscrit sont : les suffixes personnels ; les lettres épenthétique.i, intercalées entre la racine et ces suffixes; la modification de la voyelle radicale pi.r gunaet vridtlbi; la composition de la ratine avec un verbe auxiliaire; les suffixes des participes et de l'infinitif; enfin l'augm jnt et la réduplication. Le verbe sanscrit a de ix voix : 1° la voix active ou parasmâipadam ; s» la voix moyenne ou âtmanêpadam. Les formes verbales dérivées sont : le passif (être aimé), le désidératif (vouloir aimer), I'iutensitif (aimer fortement), le causatif (faire que quelqu'un aime) et le déaominatif ou verbe dérivé d'un nom déclinable (açoa, cheval; açoay, chevaucher). Le passif est considéré comme un verbe dérivé, lïnfiniiiffcomme un nom, et les participes comme des adjectifs ou dei adverbes.

Les grammairiens indous admettent dix temps dans la voix moyenne comme dans la voix active ; ce sont : le présent, lo potentiel ou optatif, l'impératif, l'imparfait, J'aorUte, le parfait îedoublé, le premier futur ou futur périphiastiqiie, le precatif, le second futur et le conditionnel. D'après les différentes manières i,o former le présent et

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l'imparfait avec leurs modes, les verbes ont été répartis dans dix classes ou conjugaisons. Les conjugaisons sont fortes ou faibles, c'està-dire anciennes ou modernes. Dans les premières , les terminaisons personnelles sont ajoutées au radical ou au thème qui en tient lieu, sans voyelle intermédiaire ; dans les secondes, ces mêmes terminaisons sont unies au radical par la voyelle épenthétique o. La diversité entre les conjugaisons s'efface dans la formation des temps autres que le présent et l'imparfait.

Le système que suit une langue dans la formation de ses composés est un des éléments qui contribuent le plus à lui donner une physionomie spéciale, et la nature de ce système, son degré de richesse et de flexibilité sont comme une mesure de l'aptitude de cette langue à servir d'organe, si ce n'est à la pensée, du moins à l'imagination. La famille indo-européenne se place peut-être , sous ce rapport, à la tête de toutes les autres, et, dans cette famille même, le sanscrit occupe le premier rang par sa faculté presque illimitée de composition. On entend par composition la réunion de deux ou plusieurs mots ayant chacun isolément sa signification propre et groupés entre eux de manière à ne plus former qu'un seul tout. Les composés sont verbaux ou nominaux. Les premiers consistent dans la racine verbale modifiée par des préfixes. Les grammairiens indiens divisent en six classes les composés nominaux, savoir : les copulatifs, lus possessifs, les déterminatifs, les composés de dépendance, les numéraux et les indéclinables. On pourrait ajouter à cetto liste la classe des composés formés de composés, laquelle renferme des mots d'une longueur aussi grande que ceux des langues américaines. On peut citer, entre autres : caraccandrânçunirmalah, qui signifie « sans tache comme les rayons de la lune d'automne , » et vêdavêddngapâragadharmaçâstraparâyanah, c'est-à-dire « connaissant à fond les Védas et les Védangas et érudit dans le livre des lois. ■

Ajoutons que la langue sanscrite est trèslibro dans sa construction. Dans la prose, elle offre une grande variété de tours de phrase et dans la poésie une grande richesse de mètres. Le nombre des formes diverses du vers et de la stance est considérable. Toutefois, le vers de huit syllabes parait être la source de tous les autres, de même que le double distique ou sloca est la forme de strophe la plus usitée.

Tel est, en abrégé, ce que l'on peut dire d'essentiel sur l'histoire et la nature d'une langue admirable, dont le grammairien Beauzée était si émerveillé qu'il ne craignit pas de la proposer aux écrivains de la fin du sièole.dernier pour ■ servir de moyen de communication aux savants de tout l'univers. »

Outre les ouvrages des auteurs qui ont été nommés dans cet article, on peut encore consulter sur cette langue les grammaires sanscrites de Wiison, de Priée, de Yates, de Desgranges, do Flechia, de Williams, de Burnouf et Leupol, d'Oppert, etc., et l'Etude sur l'idiome des Védas et tes origines de la langue sanscrite, par Adolphe Régnier.

— Bibliogr. De l'affinité des langues celtiques avec le sanscrit, par Adolphe Pictet; Etude sur l'idiome des Védas et les origines de la langue sanscrite , par Ad. Régnier (fe partie, Paris, Lahure, 1855, hi-4», tiré à 100 exempl.) ; /{apport entre ta langue sanscrite et la tangue russe , par Fr. Adelung (Saint-Pétersbourg, 1811, in-4°); A glossary of judicial and revenue ternis... occurring in officiai documents relating to the administration of India, by H. -II. Wiison (London, 1855, in- 10); Soutra Vitri, aphorismes grammaticaux de Pànini , en sanscrit (Serampore, in-8") ; Panini, his place in sanskrit lileruture, by Theod. Goldstucker (Berlin, 1862. in-4°); Pautini a S. Burtholonwo Sidharubam, seu grammaiica samserdamica (Romae, 1790, in-4°); Grammar of the sanscrit language, by Colebrooke (Calcutta, 1805,in-fol.) ; Varey's grumtnar of the sanskrit lanyuuye (Serampore , 1806, gr, in- 40); Grammar of the sanskrit language, by Wilkins (London, 1S0S, in-4"); Eléments of the sanskrit language , by W. Price (London, 1828, in-4°) ; Mooghdubohda ou Grammaire sanscrite, par Bopa-Deva (Serampour, 1817, in-8°) ; Essay on the principes of sanskrit grammar, by II. -P. Forster (Calcutta, 1812, ui-4u) ; Grammar of the sanskrit language, by W. Yates (Calcutta, .1820, in-8°) ; Fr. Bopp, Grammaiica lingus sanscrits (lierolini, 1829-1832, in-4») ;Ant. Boller, Ausfultrliche Sanskrit - Grammalik (Wieti, 184S, in-8°) ; The Laghu kaumudi, a sanskrit grammar, by Vadaraja (Mirzapore, 1849, 3 part, in-S") ; Grummaire sanscrite-française, par M. Desgranges (Paris, 1845-1847, 2- vol. in-4°); A grammar of t/te sanscrit language on a new pian, by W. Yates (Calcutta, 1820, in- 80); Introduction to sanscrit grammar, by H.-H. Wiison (2e édit., London, 1847, in-S°); A practical grammar of the sanscrit language, by Monier Wdliams (2* édit., London, 1857, in-so) ; Franz Bopp, Système des conjugaisons de la langue sanscrite, comparées avec celles des langues grecque, latine, persane et allemande, etc. (Francfort-sur-le-Mein , 1816, in-go) ; Grammaire abrégée de la langue sanscrite, par Rodet (2" édit., Paris, 1857, in-8°); Méthode pour étudier la langue sanscrite, par Emile Burnouf et L. Leupol (ze édit., Paris,

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Duprat, 1862, in-go, avec 9 tableaux); Grammaire sanscrite, par Jules Oppert (Paris [Berlin], 1859, in-80 de x et 234 pp.; t» édit. augm., Berlin et Paris, Herold, 1863, in-8o, avec 1 pi.); Paulini a S. Darlholomxo Amarasinha, seu diclionarii samserdamici sectio prima (Romœ, 179S, in-4»); Coshà, or diclionary of the sanscrit language, by Ainarasinha (Serampore, 1808, in-4°) ; A marakocha ou Vocabulaire d'Amarasinha, publié en sanscrit, avec une traduction française , des notes et un index, par A. Loiseleur-Deslonchamps (Paris, imprim. roy., 1839, 2 part. in-8°); Cabda~ kalpadruma ou Radhakanla Deva, l'arbre des morts, dictionnaire sanscrit (1819-1851, 7 vol. in -40); Sanscrit and English diclionary , by Wiison (2C édit., Calcutta, 1832, in-40); Witson's diclionary sanskrit and english, improved by Goldstûcker (Berlin, 1862 etann. suiv.); A diclionary in Sanscrit and English, by W. Yates (Calcutta, 1846, in-so de 928 pages) ; Dictionnaire classique sanscrit-français, par Emile Burnouf et Leupol (Nancy et Paris, Benj. Duprat, 1863-1864, in-8»); la Langue française dans ses rapports avec le sanscrit, par L. Delatre (18S3).

Sanscrite (SYSTÉMK DE CONJUGAISON DE LA LANGUE), comparé avec celui des langue* grecque, latine, persane et germanique (Ue-

ber das Conjugations-System, etc.), par Bopp (Franefort-sur-le-Mein, 1816, 1 vol. in-12). Cette publication, dont, en 1866, l'Allemagne a célébré comme un jour de fête le cinquantième anniversaire, est la première de Bopp. Intéressante à plus d'un titre , elle mérite d'être regardée, comme faisant époque dans l'histoire de la linguistique ; aussi allonsnous, avec M. Michel Bréal, le savant traducteur de la Grammaire comparée, examiner attentivement les nouveautés qu'elle renferme. Ce qui fait l'originalité du premier li-, vre de M. Bopp, ce n'est pas d'avoir présenté le sanscrit comme une langue de même famille que le grec, le latin, le persan et le gothique, ni même d'avoir exactement défini la nature et le degré de parenté qui unit l'idiome asiatique aux langues de l'Europe. C'était là une découverte faite depuis longtemps ; mais si l'on avait déjà fait des rapprochements entre les divers idiomes indoeuropéens, personne ne s'était encore avisé que ces comparaisons pouvaient fournir les matériaux d une histoire des langues ainsi mises en parallèle. On donnait bien des preuves de la parenté du sanscrit et des idiomes de l'Europe; mais, ce point une fois démontré, on semblait croire que le grammairien était au bout de sa tâche et qu'il devait céder la parole à l'histoire et à 1 ethnologiste. La pensée du livre de M. Bopp est tout autre : il ne se propose pas de prouver la communauté d'origine du sanscrit et des langues européennes; c'est là le fait qui sert de point de départ, et non de conclusion à son travail. Mais il observe les modifications éprouvées par ces langues identiques à leur origine, et il montre "action des lois qui ont fait prendre à des idiomes sortis du même berceau des formes aussi diverses que le sanscrit, le grec, le latin, le gothique et le1 persan. A la différence de ses devanciers, M. Bopp ne quitte pas le terrain de la grammaire; mais il nous apprend qu'à côté de l'histoire proprement dite il y a une histoire des langues, qui peut être étudiée pour elle-même et qui porte avec elle ses enseignements et sa philosophie. C'est parce que Bopp a eu cette idée féconde , qu'on chercherait vainement dans les livres de ses prédécesseurs, que la philologie comparative a reconnu en lui, et non dans William Jones ou Frédéric Schlegel, son premier maître et son fondateur.

Par une conséquence naturelle, l'analyse de M. Bopp est bien autrement pénétrante que celle de ses devanciers. Il y a entre le sanscrit et les langues de l'Europe des ressemblances qui se découvrent à première vue et qui frappent tous les yeux; il en est d'autres plus cachées, quoique non moins certaines, qui ont besoin pour être reconnues d'une étude plus délicate et d'observations multipliées. Ceux qui voyaient dans l'uniie de la famille indo-européenne un fait qu'il appartenait au linguiste de démontrer, mais dont les conséquences devaient se démontrer ailleurs qu'en grammaire, pouvaient se contenter des analogies évidentes. Mais Bopp, pour qui chaque modification faite au type de la langue primitive était comme un événement à part dans l'histoire qu'il composait, devait approfondir les recherches, mettre au jour les analogies secrètes et raviver les traits de ressemblance effacés par le temps. Si ses rapprochements surpassent en clairvoyance et en justesse tout ce qui avait été essayé jusqu'alors, il ne faut pas seulement en faire honneur à la pénétration et à la rectitude de son esprit. La supériorité de l'exécution vient chez lui de la supériorité du dessein ; la même vue de génie qui lui a montré, un but qu'avant lui on ne soupçonnait pas lui a fait trouver des instruments plus parfaits pour y atteindre.

Le livre de M. Bopp renfermait une autre nouveauté non moins importante : pour la première fois, un ouvrage de grammaire se proposait l'explication des flexions qui avaient toujours été considérées comme la partie la plus énigtnatique des langues. A la théorie singulière nouvellement émise par Schlegel, qui prétendait que les flexions n'ont aucune

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signification par elles-mêmes et n ont pas eu d'existence indépendante, ne servent et n'ont jamais servi qu'à modifier les racines, c'està-dire la partie vraiment significative de la langue, et sont le produit immédiat et spontané de l'intelligence humaine, M. Bopp se contenta d'opposer quelques faits aussi simples qu'incontestables. Il avait choisi pour sujet de ce travail la conjugaison du verbe, c'est-à-dire l'une des parties de la grammaire où l'on peut le plus clairement découvrir la vraie nature des flexions. Il montra d'abord par un grand nombre d'exemples que les désinences personnelles des verbes sont des pronoms personnels ajoutés à la racine verbale, et que celles des temps sont des auxiliaires joints de même à la racine, et il prouva ainsi que les flexions sont d'anciennes racines qui ont eu leur valeur propre et leur existence individuelle, et qu'en se combinant avec la racine verbale elles ont produit le mécanisme de la conjugaison. On ne saurait priser trop haut l'importance de ces observations. La théorie de Schlegel ouvrait une porte au mysticisme; elle contenait des conséquences qui n'intéressent pas moins l'histoire que la grammaire, car elle tendait à prouver que l'homme, à son origine, avait des facultés autres qu'aujourd'hui et qu'il a produit des œuvres qui échappent à I analyse scientifique. C'est un des grands mérites de Bopp d'avoir combattu cette hypothèse toutes les fois qu'il l'a rencontrée et d'avoir accumulé preuve sur preuve pour l'écarter des études grammaticales.

Le livre de M. Bopp parut précédé d'une préface de Windischmann et suivi de la traduction en vers de quelques fragments des deux épopées indiennes. Le roi de Bavière, à qui Windichsmann lut un de ces morceaux, accorda au traducteur un secours pécuniaire qui lui permit d'aller continuer ses études à Londres.

Sanscrite (mÉTHODK FOUR ÉTUDIER LA LAN- GUE), par MM. Ein. Burnouf et L. Leupol (Paris, 1859, 1 vol. in-so). De toutes les langues du groupe indo-européen, le sanscrit est, avec le zend, l'idiome qui ressemble le plus au grec et au latin ; mêmes racines, mêmes flexions, suffixes souvent communs aux quatre langues, enfin une syntaxe presque la même, au moins dans son ensemble. Ces airs de famille, aujourd'hui reconnus de tous, veulent être constatés dans la grammaire comme ils l'ont été dans les lexiques, comme ils le sont dans les travaux spéciaux de plusieurs "savants. Telle a été la principale raison qui a décidé MM. Em. Burnouf et Leupol à calquer, en quelque sorte, leur grammaire sanscrite sur la méthode grecque et sur la méthode latine de J.-L. Burnouf, adoptées depuis si longtemps pour l'enseignement public par l'Université de France.

SANSCRITA1N ou SANSKRITAIN, AINE adj. (san-skri-tain, è-ne). Qui a rapport au sanscrit. Il Peu usité.

— s. m. Savant versé dans la connaissance du sanscrit. Il Peu usité.

SANSCR1TIQUE OU SANSKR1TIQUE adj.

(san-skri-ti-ke — rad. sanscrit). Qui a rapport au sanscrit : Elude sasscritique. Il Peu usité.

SANSCRIT1SME OU SANSKRITISME s. m.

(san-skri-ti-sme — - rad, sanscrit). Etudes sanscrites, sciences relatives à la connaissance du sanscrit.

SANSCRITISTE OU SAHSKRITISTE S. m.

(san-skri-ti-ste — rad. sanscrit). Savant versé dans la connaissance du sanscrit. Il Peu usité.

SANS-CULOTTE s. m. (san-ku-lo-te. — Pour l'origine de ce mot. V. I'encycl.) Hist. Nom donné aux républicains pendant la Révolution. Il Nom étendu aux républicains, aux démocrates de tous les temps : J'ai l'âge du sans-culotte Jésus , trente- trois ans, quand il mourut. (C. Desmoulins^) il PI. sans-culottes.

— Adjectiv. : Ministère sans-culotte.

— Encycl. Cette appellation, devenue si fameuse dans l'histoire de la Révolution, commença à être en usage vers février 1792; du moins ce fut alors qu'elle se généralisa et que les patriotes commencèrent à se parer de cette épithète que l'insolence aristocratique leur avait donnée par mépris; exactement comme les républicains de Hollande s'étaient nommés les gueux, titre que leurs ennemis leur avaient jeté comme une injure.

Ce nom de sans-culotte, témoignage de grossier mépris pour les pauvres, fut noblement relevé par les révolutionnaires, qui en firent le synonyme de pur et bon citoyen, de patriote par excellence, d'ami dévoué du peuple et de la liberté. Il entra dans la langue politique comme un signe de la tendresse maternelle de la Révolution pour les humbles et les déshérités.

Cependant l'origine en a été diversement expliquée. Montgaillard prétend que ce fut l'abbé Maury qui, avec son cynisme ordinaire, le lança de la tribune comme une invective pittoresque à des dames qui ne paraissaient pas goûter un de ses discours.

Mercier (Nouveau Paris) le fait dater, à tort ou à raison, de bien avant la Révolution,

o On ignore communément, dit-il, l'origine de ce mot ; la voici : le poëte Gilbert, peutêtre le plus excellent versificateur depuis

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Boileau, était très-pauvre; il avait tancé quelques philosophes dans une de ses satires. Un auteur, qui voulait leur faire sa cour pour être tle l'Académie, imagina une petite pièce satirique intitulée le Sans-culotte; on y raillait Gilbert, et les riches sidoptèrent volontiers cette dénomination contre ton» les auteurs qui n'étaient pas élégamment vêtus. Lors de la Révolution, ils se ressouvinrent du terme, le ressuscitèrent, etc. »

Et dans un autre passage du même ouvrage : ■ Les habitants des faubourgs formaient une corporation redoutable sous le nom de sans-culottes, qui leur avait été donné en signe de dérision par Lacueil et qu'ils voulurent conserver comme un titre de gioire. »

Enfin Mercier fait encore cette remarque : ■ Qui l'eût dit, que Notre-Seigneur Jésus- Christ s'appellerait le sans-culotte Jésus, qu'il n'aurait pas d'autre surnom dans les journaux, dans les tribunaux, aux Jacobins; que ce serait là, non un sarcasme, tuais un véritable titre d'honneur qui lui serait accordé? »

A propos de ce détail, on se souvient que Camille Desmoulins, devant le tribunal révolutionnaire, en déclinant son âge, ajouta : « L'âge du sans-culotte Jésus. »

On publia pendant la Révolution plusieurs journaux intitulés le Sans-culotte, entre autres un qui parut de février 1792 jusqu'au milieu de 1794.

Enfin, et sans entrer dans plus de détails, il est assez connu que cette expression se retrouve partout à cette époque, dans la société, dans la politique, aux clubs, aux armées, dans le journalisme, au théâtre, dans le langage officiel, etc. Nous la rencontrons même dans une lettre de Joséphine Beuuharnais, qui a été vendue 450 francs dans une vente d'autographes en 1860. Cette lettre est datée du 28 nivôse an II ; elle est adressée à Vadier, membre du comité de Sûreté générale, que la future impératrice essaye d'attendrir en faveur de son époux, Alexandre Beauharnais, alors en prison : «Mon ménage, dit-elle, est un ménage républicain ; avant la Révolution, mes enlîmts n'étaient pas distingués des sans-culottes, et j'espère qu'ils seront dignes de la République. Je t'écris avec franchise, en sans-culotte montngnarde, etc. •

Que d'exemples de la même nature on pourrait citer parmi un grand nombre de personnages devenus de hauts dignitaires de l'Empire et de la Restauration, et qui s'honoraient alors du titre de sans-culottes!

Cette vogue, ce mouvement coïncida avec l'adoption du bonnet rouge, de la veste nommée carmagnole et de l'armement du peuple" au moyen de piques, à défaut de fusils. A la veille de la guerre, au milieu des dangers publics, toutes ces manifestations étaient dans la force et la nature des choses. Au moment où l'égalité se fondait dans les lois, on voulait qu'elle apparût visible dans des insignes communs symbolisant l'affranchissement des classes populaires. En outre, ces petits épisodes ne sont pas seulement un des côtés pittoresques de ce temps : ils nous montrent cette grande Révolution suivant sa voie, plongeant de p!us»en plus dans les masses populaires, non -seulement en vertu de ses principes égalitaires et philosophiques, mais par une loi pour ainsi dire mécanique, l'impérieuse nécessité de trouver un point d'appui solide, de rassembler des forces pour sa lutte formidable contre tomes les aristocraties et tous les rois de l'Europe.

BANS-CULOTTERIE s. f. (san-ku-lo-te-rî — rad. sans-culotte). Hist. Parti, classe, opinions des sans-culottes : A voir tes entêtements pacifiques de Westermann, à entendre les emportements alarmistes de Vincent, à recevoir les confidences d'Hébert, Anacharsi» comprit enfin le danger : la sans-colotterie était sur t'abîme. (G. Avenel.) A l'effronterie de la trahison, tes patriotes répondirent par un coup d'audace révolutionnaire non moins foudroyant ; l'affirmation la plus complète de ta sans-culotterik pouvait seule comprimer le réveil royaliste. (G. Avenel.)

SANS-CULOTTIDE s. f. (san-ku-lo-ti-de — rad. sans-culotte). Chronol. Chacune des fêtes célébrées pendant les jours complémentaires, lors de l'existence du calendrier républicain : Tous les quatre ans, au terme de l'année bissextile, le sexlidi'ou sixième jour des saNSculottides, des jeux nationaux seront célébrés ; cette époque d'un jour sera par excellence nommée la sans - culottide. (Fabre d Eglantine.) Il Chacun des jours complémentaires : Première, deuxième sans-culottide. Les sans-culottides. Nuus appellerons donc les cinq jours complémentaires de l'année, collectivement pris, les sans-culottides. (Kabre d'Eglantine.)

— Encycl. A l'article calendrier républicain, nous avons déjà résumé ce sujet en quelques lignes. Nous ajouterons ici quelques détails. On sait que, l'année républicaine étant composée de mois égaux de trente jours chacun, il restait, pour les années communes, Cinq jours complémentaires, qm fuient consacres a des l'êtes sous le nom ne saUi-culollides. Dans son rapport sur le calendrier national, Fabre d'Eglantine, en proposant ce nom, s'exprimait ainsi : • Nous avons pensé qu'il fallait pour ces cinq jouis une dénomination collective qui portât un caractère national capable d'exprimer la joie et l'esprit du peuple français, dans les cinq jours de fête qu'il célébrera au terme de chaque année.

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» Il nous a paru possible, et surtout juste, de consacrer par un mot nouveau l'expression desans-ew/of/equi en serait l'étymologie... Dès la plus haute antiquité, les Gaulois, nos aïeux, s'étuient fait honneur de ceite dénomination. L'histoire nous apiinjnd qu'une partie de la Gaule, dite ensuite Lyonnai.se, était appelée la Gaule culottée, Gatlia braccata; par conséquent, le reste des Gaules jusqu'aux bords du Rhin était la Gaule non culottée : uos pères, dès lors, étaient donc des sans-culottes. Quoi qu'il en soit de l'origine de cette dénomination antique ou moderne, illustrée par la liberté, elle doit nous être chère ; c'en est assez pour la consacrer solennellement, a

Conformément à ce rapport, les cinq jours complémentaires furent donc appelés collectivement sans-culottides. On disait première, deuxième, etc., suns-culottide. Dans les années bissextiles, on ajoutait une sixième sansculoitide, qui était consacrée à célébrer la Révolution française. Les autres étaient également des fêtes consacrées au Génie, au Travail, à VOpinion, etc.

La fête de l'Opinion avait un caractère remarquable ; c'était comme le jugement public de tous les fonctionnaires par le peuple. Ce jour-là, chansons, caricatures, satires, etc., étaient permises sans aucune restriction contre ceux qui exerçaient le pouvoir. On pensait que l'arme du ridicule serait plus puissante que la loi même pour contenir les magistrats dans leur devoir.

t Cette fête, dit M. Thiers (Révolution) , tout à fait originale et parfaitement adaptée au caractère français, devait être une espèce de carnaval politique de vingt-quatre heures, pendant lequel il serait pennfs de dire et d'écrire impunément contre tout homme public tout ce qu'il plairait au peuple et aux écrivains d'imaginer. C'était à l'opinion à faire justice de l'opinion même, et à tous les magistrats à se défendre par leurs vertus contre les vérités et les calomnies de ce jour. Rien n'était plus grand et plus moral que cette idée. Il ne faut point, parce qu'une destinée plus forte a emporté les pensées et les institutions de cette époque, frapper de ridicule ses vastes et hardies conceptions. Les Romains ne sont pas restés ridicules parce que, le jour du triomphe, le soldat placé derrière le char du triomphateur pouvait dire tout ce que lui suggérait sa haine ou sa gaieté. »

Par un décret du 7 fructidor an III (24 août 1795), la Convention, sous l'empire de l'esprit de réaction qui soufflait alors, décida que les sans - cutottides se nommeraient désormais jours complémentaires.

SANS-CULOTTISME s. m. (san-ku-lo-tisme — rad. stins-culolte). Hist. Opinion, parti des sans-culottes : Les princes el les barons du premier Empire avaient fait leurs preuves de sans cui.OTTisMB. (Proudh.)

SANS-DENT s. Pop. Personne qui a perdu ses dents; s'emploie surtout au féminin : Une vieille sans-dent. Elles sont là deux Ou trois sans-dents qui médisent à qui mieux mieux de tout le monde. (Acad.)

Au pied du trône on vit notre sans-dent Criant justice et la presse fendant.

Voltaire.

SAN-SEVER1NO-LUCANO, bourg d'Italie, province de la Basilicate, district de Lagonegro, mandement de Chiaramonte; 3,497 hab.

SAK-SEVERINO-AURCHE, ville d'Italie, province, district et à 24 kiloin. S.-O. de Macerata, chef-lieu de mandement et de circonscription électorale, sur la rive droite du Potenzu; 13,898 hab.

SAN-SEVBR1NO (Robert de), capitaine italien de la tin du xv« siècle. Ll entra au service du duc de Milan François Sforza, le trahit en faveur de Ludovic le Maure, à qui il livra Tortone (1479), passa ensuite au service des Vénitiens et l'ut tué en 1487, sur les bords de l'Adige, en combattant contre la maison d'Autriche.

SAN-SEVER1NO (Galéas de), capitaine italien, tils du précédent. Il vivait dans la seconde moitié du XV siècle et au commencement du xvie. U s'attacha à la fortune de Ludovic le More, qui le mit à la tête de son armée, et bloqua le duc d'Orléans dans Novare (1496). En 1500, il fut fait prisonnier par les Français dans cette ville et trahit Ludovic le More lors de l'expédition du Milanais.

SAN-SEVER1NO (Antonello de), comte de Marsico et prince de Sulerne. Il vivait au xv« siècle, était grand amiral lorsqu'il prit part à une conspiration contre Ferdinand 1er (1485), et se mit à la tète des barons napolitains révoltés. Force de fuir, il parvint à gagner la France et fit tous ses efforts pour entraîner Charles VII, puis Louis XII, à se rendre à Naples et à y renverser la domination espagnole.

SAN-SEVERINO (Ferrante de), quatrième prince de Salerue, né à Naples en 1507, mort à Avignon en 1568. Il se distingua au service de Charles-Quint, protégea les jeunes années du Tasse, essaya de relever la fameuse école de médecine de Salerne, commanda l'infanterie italienne à la bataille de Cérisoles (1544) et empêcha les Français d'envahir le Milanais. 11 lit aussi les plus honorables efforts pour empêcher rétablissement de l'inquisition à Naples, fut député à ce sujet par les Napolitains auprès de Charles-Quint qui, malgré ses préventions, fit droit à cette réclamation.

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Mais, perdu dans l'esprit de l'empereur par la haine du vice-roi de Naples, il se réfugia en France, fut protégé par Henri II et dirigea diverses expéditions infructueuses dans le dessein d'arracher Naples aux Espagnols.

SAN-SEVER1NO (Dominique), médecin italien, né à Nocera en 1707, mort en 1760. Il fut nommé professeur à l'université de Naples, fit l'analyse des eaux minérales de Pouzzoles et d'Ischia et rassembla des matériaux pour écrire l'histoire du Vésuve. On lui doit: De fibrarum sensibilitate atque irritabilitate et une Notice sur un veau à deux têtes, sans lieu ni date.

SAN-SEVERINO (le chevalier Jules-Robert), historien italien, né k Naples en 1758, mort en 1820. Il fit ses études au collège Anselmien de Rome, professa la philosophie et la géométrie à Plaisance, puis les lettres sacrées à Gênes. Ce fut là qu'il conçut la pensée d'écrire une Histoire ecclésiastique, qui eut beaucoup de succès, et lui valut le surnom de Tacite iiniien. U entra ensuite dans l'ordre de Malte, dont il fut nommé historiographe. Revenu ensuite à Naples, il y commença une traduction italienne de Tacite, qui fut publiée plus tard en 18 vol. in-8°, avec le' texte latin en regard.

SAN-SEVERO, ville d'Italie, province de la Capitanate, chef-lieu de district, de mandement et de circonscription électorale, k 27 kilom. N.-O. de Foggia; 17,595 hab. Evèché, séminaire. Cette ville, florissante et bien bâtie, fut fondée au moyen âge, détruite par l'empereur Frédéric II et reconstruite peu après. En 1053, Robert Guiscard remporta aux environs de San-Severino une victoire signalée sur le pape saint Léon, qui fut fait prisonnier.

SAN-SEVERO (Raimond db Sàngro, prince de), savant italien, né à Naples en 1710. Il fit preuve dès son enfance d'heureuses dispositions pour les sciences mécaniques. Il fut nommé chambellan par Charles III et combattit à la tête d'un régiment levé à ses frais à la bataille de Velletri. Depuis lors, il ne s'occupa que de recherches scientifiques. On lui attribue un nombre prodigieux d'inventions réellement étonnantes. Citons, parmi ces inventions : un nouveau système de fortification, un nouveau plan de tactique pour l'infanterie, un canon et un fusil d'un nouveau modèle, un papier pour les gargousses, un procédé pour imprimer en couleur sans multiplier les tirages et les planches, une lampe perpétuelle, une machine hydraulique, un drap très-mince et imperméable k l'eau, un procédé pour imprimer des tableaux sur le velours, une étoffe analogue au pêkin, un procédé pour préparer la soie végétale de l'apocyn (brassica canina), une peinture que son inventeur appela héloldrique, une manière de fixer la couleur sur les tableaux au pastel, une nouvelle espèce de peinture à l'encaustique, un mastic, une manière de peindre sur verre, un secret pour employer la laque et le ciuabre dans les fresques, une manière de colorer les marbres de Carrare dans toute leur épaisseur,-un procédé pour denteler le marbre sans faire usage ni de burin ni de ciseau, un procédé pour imiter les pierres précieuses et un autre pour les décolorer, enfin une voiture à quatre roues qui pouvait au besoin servir de bateau. San - Severo étudia nonseulement les sciences physiques et naturelles, mais aussi les langues savuntes : l'hébreu, le syriaque, le grec, l'arabe. Il était aussi architecte ; on lui doit une chapelle fort belle, quoique inachevée, à Naples. Il était grand d'Espagne, faisait partie de l'Académie do Florence depuis 1743 et de celle de laCrusca, sous le nom d'Eaorciiaio, et en outre de la Société des francs-maçons, ce qui, ainsi que ses nombreux talents, le fit soupçonner par ses contemporains de magie et de connivence avec le diable. 11 a laissé douze ouvrages, dont cinq seulement ont été publiés, à savoir : Pratica più azevote, e più utile di esercizj militari per t'infanteria (Naples, 1747,in-fol., avec lig. ; 2e édit., Rome, 1760) ; Lettera apologetica, continente la difesa del libro intilolato Lettere di una Peruuna,per rispelto alla supposizione de' Quifiu, etc. (Naples, 1750, in-4<>) ; Stipplica alla santità di lienedetloXl V in difeso e rischiurimento délia Lettera apotogelica sul proposito de' Quipu de' Peruani (Naples, 1753, iu-40); Lettres a l'abbé Nollet, contenant la relation d une découverte faite pur le moyen de quelques expériences chimiques, première partie (Naples, 1753, in-S") ; Dissertation sur une lampe antique trouvée à Munich en l'année 1753, deuxième partie de l'ouvrage précédent (Naples, 1756, in-8°).

SANSÉVIELLE s, f. (san-sé-viè-le — de Sansevier, botan. suédois). Bot. Syn. d'opuiopogoN, genre de liliacées.

SANSÉVIÈRE s. f. (san-sé-viè-re — de Sansevter, buian. suédois). Bot. Genre de plantes, de la famille des liliacees, tribu des aluïnées, comprenant une vingtaine d'espèces qui croissent surtout dans l'Asie et l'Afrique tropicales: La singularité du port des sanséviéres les a fait admettre dans les jardins d'ornement de certains amateurs. (T. de Berneaud.)

— Encycl. Les sansëviires sont des plantes à rhizome épais, rampant, prolifère ; à feuilles toutes radicales, très-diverses de forme, panachées de vert clair et de vert foncé. Les

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fleurs, en grappes simples terminant des hampes radicales, présentent un périanthe t'ibulé, a six divisions; six étiinrnes, insérées à la gorge ; un ovaire libre, à trois loges, surmonté d'un long style. Le fruit est une baie globuleuse, k trois loges monospermes, (Je fjenre comprend une quinziine d'espèces, qui habitent les régions chaudes de l'Afrique et de l'Asie. On obtient de leurs rhizomes un extrait qu'on emploie, dans leur contrée natale, contre la consomption. Leurs feuilles, composées en très-grande partie de fibres d'une ténuité, d'une force et d'une blancheur extrêmes, servent aux indigènes à confectionner des nattes, des tapis et même des cordages d'une grande résistance. Plusieurs espèces de ce genre sont cultivées dans nos serres chaudes.

SANS-PLEUR s. f. Arborie Variété de pomme. H PI. sans-fleur.

SANSKRIT, SANSKRITAIN, SANSKRITI- QUE , SANSKR1T1SME , SANSKRITISTE.

V. SANSCRIT, SAN6CRITAIN, SANSCRITIQUB, SANS- CRITISME, SANSCRITISTE.

SANSON (Jacques), historien français, né k Abbeville en 1596, mort à Charenton en 1665. Entré chez les carmes de Paris, il fut nommé successivement prieur de la maison de Paris et directeur des novices à Charenton et à Toulouse. Plus tard, il devint confesseur de Christine de Savoie, fille de Henri IV. On lui doit : Vie de suint Maur des Fossés (Paris, 1640, in -8°); Histoire ecclésiastique de la ville d' Abbeville (Parts, 1646, in-4<>) ; Histoire généalogique des comtes de Ponthieu et des mayeurs d' Abbeville (Paris, 1657, in-fol.>.

SANSON (Nicolas), géographe français, né k Abbeville en 1600, mort à Paris en 1667. Il fit son éducation chez les jésuites d'Amiens et se livra k l'étude de la géographie. Il n'avait que dix-huit ans (d'autres même disent seize ans) lorsqu'il composa sa fameuse Carte des Gaules. II entreprit le commerce et lit des pertes d'argent, à la suite desquelles il vint a Paris et publia sa Carte des Gaules, qui eut beaucoup de succès, lui mérita la protection du cardinal de Richelieu et lui procura les tiires de professeur de géographie da Louis XIII, puis de Louis XIV, d ingénieur en Picardie et de géographe du roi. Il fut aussi nommé conseiller d'Etat ; mais il n'en prit point le titre, dans la crainte, dit-on, que ses enfants ne s'en prévalussent pour se dispenser de continuer l'étude de la géographie. Ses principaux ouvages sont : Galliz antique descriplio geogvaphica (1627, in-fol.); Grxcis antiqux descriplio geograpliica (1636, in-fol.); l'Empire romain (1637, in-fol.); la France (1644, in-fol.) ; Tables méthodiques pour Us divisions des Gaules el de la France (1644, in-fol.); Remarques sur la carte de t ancienne Gaule de César (1651, in-4") ; Geographia sacra (1654, in-fol.).

SANSON (Nicolas), géographe français, fils du preoédent, né vers 1626, mort à Paris en 1648. Il fut tué pendant la Fronde en cherchant a soustraire le chancelier Séguier à la fureur du peuple. On lui dnit : Traité de l'Europe, eD discours (in-4<>, >. s ne ïû cartes françaises et 9 latines). — Guillaume Sanson, frère cadet du précédent, mort en 1703, a publié plusieurs ouvrages de géographie, dont les principaux sont : Introduction à la géographie (Fans, 1681, 3 part, in-12; rééditions en 1690, 1705 et 1714, iu-40 el in-fol.), et In geographiam antiquam AJich.-Ant. Uaudrand disquisi lianes yeoyraphicx {Pans, 1683, in 12). C'est une réfutation du système de baudrand ; Sanson relève jusqu'à six cents erreurs dans la première lettre du Dictionnaire de ce savant.

SANSON (Nicolas-Antoine), général français, de la famille des précédents, né à Paris eu' 1756, mort vers 1840. Il quitta, en 1792, le collège de Sorrèze, où il était professeur, pour s'engager dans l'année des Pyrénées, où il fut nommé capitaine le 8 sepitmbre 1793 et chef de bataillon l'année suivante, il passa ensuite k l'armée d'Italie, où il se distingua au siège de Mantoue en 1796, puis fit parue de l'expédition d'Egypte, où, à la suite du combat de Chebreiss, il fut nommé chef de brigade. Blesse sous Saint-Jean-d'Acre, en Syrie, Sanson fut promu au grade de gênerai de brigade, revint eu France, ou il fui nommé directeur, puis inspecteur gênerai des fortifications. Sanson lit les campagnes de 18U5 1806 et 1807 avec la grande armée, l'ut nommé général de division cette dernière année, puis passa en Espagne et dirigea le siège de Rose et celui de Girone ; ce dernier siéye dura pies d'une année ; les assiégeai/ t.s rireiitde grandes pertes. Revenu en France, Sausou fut iiuuunô directeur gênerai du uepoi de la guerre; eu 1813, il se trouvait en cette qualité a D.esile sous les ordres de Uouvion de Saint- Oyr, fut fait prisonnier avec toute la garnison et conduit eu Hongrie. 11 revint en France en 1814 et fut admis a la retraite l'année suivante.

SANSON (Charles- Henri), exécuteur des hautes œuvres de Paris, ne en 1740, mort eu 1793. Ce personnage est surtout ce.ebre parce qu'il fut chargé d'exécuter Louis XVI. Les historiens royalistes prétendent qu'il mourut de désespoir six mois après avuir exécuté l'ex-roi et qu'il légua par testament une somme assez ronde destinée k faire dire una messe expiatoire annuelle. Les renseigne-

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ments sur Sanson manquent d'intérêt et sont très-restreiuts. On sait cependant que sa famille était originaire do Florence et avait été amenée en France par Marie de Médicis. Elle tenait l'emp oid'exécuteurdepuisdeux siècles lorsque naquit Charles-Henri, et le père de ce dernier sut beaucoup de peine à le faire élver; Chr ries-Henri dut plusieurs fuis quitter les établissements d'instruction où il avait été placé. Henri Sanson succéda dans sa charge à son père en 1770. Son traitement s'élevait à 30,000 francs environ par an. Il fut, comme nous l'avons dit plus haut, chargé d'exécuter Louis XVI. On lui a attribué une lettre dans 'aquelle, répondant a un journaliste de l'époque qui avait fait un récit erroné de la mort de l'ex-roi, il rectifiait les erreurs commises. Mais cette pièce est d'une authenticité douteuse.

SANSON (Henri), fils et successeur du précédent, né a Paris en 1767, mort en 1840. Il succéda à son père en 1793. Ce fut lui qui exécuta Marie-Antoinette, sa helle-sceur Elisabeth, Malesherbes, le duc d'Orléans, etc. Ce personnage était, disent les rapports du temps, d'une très-grande douceur dans l'intimité et, comme son père, avait des mœurs qui contrastaient singulièrement avec ses fonctions. C'est tout ce qu'on peut dire sur cet exécuteur.

Siinioii (sémoirbs des), mis en ordre, rédigés et publiés par H. Sanson , exécuteur des hautes œuvres de la cour de Paris (1862, 8 vol. in-8°). Les annales de la dynastie des Sanson vont de 168} à 1847 et embrassent l'existence de sept générations d'exécuteurs ; elles seraient assurément curieuses si chaque membre de ïa familli! avait tenu un journal de ses actes et de ses impressions personnelles; mais il n'en est rien, et,sauf pour les deux derniers Sanson, ces Mémoires ne sont qu'une compilation que le premier venu aurait pu faire. Quoi qu'il en soit, en parcourant ce récit plus ou moins dramatisé qui part presque de la Chambre ardenle et de la Poudre de succession, puis passe par les saturnales de la Régence et du règne de Louis XV pour arriver enfin à la Révolution et à notre siècle, on y trouve de curieux souvenirs, des anecdotes du temps tcut à fait ignorées, des traditions soigneusem ;nl conservées dans la famille des San.-on. On y trouve un pêle-mêle étrange de noms illusties et de noms abjects : le comte Horn entre Poulailler et Cartouche, Lally- Tollendal e'; le chevalier de La Barre à côté de Damien:;, puis Louis XVI; on passe en revue les exécutions qui ont eu lieu sous l'Empire , l'affaire de la machine infernale, celle de Georges Cadoudal , les compagnons de Jéhu, les chauffeurs, les quatre sergents de La Roeielle, l'exécution de Luuvel, les complots de tous ces disciples de Jacques Clément et de Ravaillac qui tentèrent vainement d'assassiner Louis- Philippe. En passant de ces victimes du fanatisme à celles qu'on impu'.e à une erreur judiciaire, comme Lesurques, et enfin même à la plèbe des scélérats, tels c ue Desrues, Papavoine, Castaing, Laeenuire, Soufflard, Pouhnann, a l'horreur qu'inspire cette longue traînée de sang, au douloureux serrement de cœur que cause cette série de meurtres légaux, à la pitié que l'on ressent pour les -victimes de la loi, sans préjudice toutefois de celle que' méritent à plus juste titre les victimes des assassins, on est près de s'écrier : i Otez-moi ces funestes images de devant les yeux, abolissez la peine de mortl »

Si cette impression est la dernière qui demeure dans 1 e>prit du lecteur, l'auteur aura atteint son but, car la pensée morale qui se dégage de son livre est clairement énoncée dans la préface : o Je n'ai pas pour but de fournir un nouvel aliment à la curiosité blasée des gers qui, n'osant aller chercher euxmêmes leurs émotions au pied de l'échafaud, voudraient néanmoins les trouver dans une sorte de photographie écrite des péripéties qui se dénouent sur ce théâtre de la mort. Enfin, à Dieu ne plaise que j'aie un instant la pensée, comme on pourrait le supposer, d'entreprendre l'apologie de la guillotine ou la réhabilitaiian de l'exécuteur. Loin de là, s'il est une raison d'ordre supérieur qui m'ait armé de la plume, c'est le spectacle de cette grande cause pendante devant le tribunal de la.civilisation et dans laquelle tant de voix éloquentes, depuis Montesquieu, Beccaria, Filangieri jusqu'à Victor Hugo, se sont fait entendre pjur réclamer l'abolition du châtiment implacable dont j'ai eu le malheur d'être la vivante personnalité. »

L'auteur a horreur de ce terrible sacerdoce que J. de Maistre appelle « la clef de voûte de la société, ■ et son livre fait l'effet du testament de la peine de mort par le dernier bourreau de la dynastie des Sanson. Il débute par une étude sur les supplices et sur le bourreau et continue pendant six gros volumes par les ani aies du crime et de l'expiation. Le récit est partout vif, accidenté, imagé, horrible, poignant. Parfois il soulevé le cœur, comme dai s ce passage extrait Ue l'exécution de Daiuiens, un pauvre insensé qui avait frappe d'u i coup de canif Louis XV, cette impudeur sur le troue : » Le bourreau commença de promener son épouvantable instrument sur les bras, sur la poitrine et sur les cuisses du patieut; à chaque morsure, l'horrible mâchoire de fer enlevait un lambeau de chair palpitante et Legris versait dans la

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plaie béante tantôt l'huile bouillante, tantôt la résine enflammée, le soufre en fusion ou le plomb fondu. On vit alors quelque chose que la langue est impuissante a décrire, que l'esprit peut à peine concevoir, quelque chose qui n'a son pendant qu'en enfer et que j'appellerai l'ivresse de la douleur. Damiens, les yeux démesurément sortis de leurs orbites, les cheveux hérissés, la lèvre tordue, stimulait les tourmenteurs, défiait leurs tortures, provoquait de nouvelles souffrances. Lorsque ses -chairs criaient au contact des liquides embrasés, sa voix se mêlait à cet odieux frémissement, et cette voix qui n'avait plus rien d'humain hurlait : « Encore ! encore 1 en- » eorel • Ce n'étaient pourtant là que les préliminaires du supplice! » Nous faisons grâce du reste à nos lecteurs.

Ce qui diminue la valeur de ces Mémoires, c'est la maladresse par laquelle on a cru assurer leur succès. Au lieu de raconter luimême tes impressions de sa famille, le signataire a passé la plume à un secrétaire, bien qu'il s'en défende.

Voici, d'ailleurs, ce que disait de ces Mémoires le journal le Temps à la date du 3 mars 1875 :

« C'était en 1860. Un M. Dupray de La Mahérie, un'homme à l'esprit hardi, voire même aventureux, qui eut plus tard à compter avec la police correctionnelle, s'était avisé d'acquérir une imprimerie dans les environs du bazar Bonne-Nouvelle. Ce Dupray était, un novateur. Il s'imaginait qu'il allait révolutionner la typographie et la librairie. Il avait associé ses ouvriers aux bénéfices, générosité fort illusoire d'ailleurs; de temps en temps il paraissait à une galerie qui faisait le tour des ateliers, et il leur adressait de là un speech sur la grandeur de leur profession.

» On conçoit que Dupray s'inquiéta bientôt de trouver un livre à sensation pour inaugurer son entrée dans la typographie. Un des écrivains à ses gages, un nomme d'Olbreuse, confident de ses peines, s'offrit à le tirer d'embarras. Ce fut lui qui eut l'idée des Mémoires de Sanson; il communiqua son plan à Dupray, qui l'accueillit avec enthousiasme et alla même jusqu'à payer à Sanson une somme de 30,000 francs comme droits d'auteur, en échange de notes que Sanson s'empressa de promettre, mais dont on ne vit jamais une ligne 1

» Les trois ou quatre premiers chapitres du premier volume furent écrits par d'Olbreuse. Mais si Sanson avait grand soin de signaler ses titres nobiliaires et d'insister pour qu'ils fussent expressément mis en lumière, il se gardait bien, le traître, de fournir aucune pièce, aucun renseignement à l'appui de ses prétentions.

» Voilà donc nos biographes rejetés en plein roman. Il leur fallut trouver le romancier. Celui-ci exigea une somme assez forte pour prix de son imagination, et encore mit- il à son concours cette condition qu'il n'écrirait pas le sixième volume. Ce sixième volume devait contenir les fais et gestes du dernier des Sanson, et notre écrivain ne se souciait guère d'être obligé d'entrer en relations directes avec l'ancien bourreau,

» Après trois mois de pourparlers, on finit par s'entendre. Le romancier livra le « manuscrit » de Charles-Henri Sanson; il avait assez agréablement pastiché le style du xvne siècle, et ce premier volume fut mis en vente, non suns succès. La vente des volumes suivants fut plus laborieuse; seule, l'éditiori"illustrée se débita à plus de 80,000 exemplaires. Elle permit à Dupray de La Mahérie de rentrer dans ses frais (30,000 francs à Sanson, 12,500 francs au romancier, 5,000 à d'Olbreuse pour le commencement du premier volume).

» Sanson, pressé de tenir ses engagements, restait invariablement muet comme un poisson. C'était un assez pauvre sire, privé de mémoire (sans jeu de mots), avec l'air paterne et doux d'un vieux bourgeois. Un de mes confrères, qui l'a vu pendant ces singulières négociations, eut la curiosité deiui demander ce qu'il éprouvait quand ses terribles fonctions le condamnaient à ôter la vie à un de ses semblables. Il hésita assez longtemps et finit par répondre : « J'avais grand'hâte, » monsieur, que ça lut fini. »

» Il avait de grandes prétentions nobiliaires. Il avait pris soin de dresser lui-même sa généalogie; ce fut la seule preuve d'imagination qu'il donna de sa vie. Cette généalogie le faisait descendre d'anciens baiinerets normands, établis à Abbeville au xve siècle; elle revendique comme allié Nicolas Sanson, le géographe.

» Tout ceci n'est que pure légende, la vérité est infiniment plus prosaïque. Charles Sanson de Longval, gendre de maistre Pierre Jouanne, exécuteur des hautes œuvres à Rouen, devint titulaire de la charge k Paris en 1685. Depuis cette époque, les Sanson se succédèrent de père en (ils, soit comme tortionnaires, plus tard comme simples bourreaux, jusqu'en 1847.

» Dans l'introduction des Mémoires , d'Olbreuse raconte que, le jour où Sanson reçut son décret de révocation, il se lit apporter un bassin plein d'eau et, devant les portraits de ses uïeux (!!), il lava religieusement ses mains que le sang de ses semblables ne devait plus rougir. Voilà comment les romanciers écrivent l'histoire.

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> Bien que son patrimoine fût assez considérable, Sanson, en 1347, l'avait entièrement dissipé. Il était à bout de ressources, réduit aux derniers expédients. Un beau jour, on le mit à Clichy.

» Vous rendez-vous compte de l'étendue du désastre! Sanson à Clichy, c'était sa place perdue. Mais les créanciers de ce temps-là étaient inexorables. Sanson eut beau recourir aux adjurations les plus touchantes, protester qu'il était l'instrument de la justice et que la société ne pouvait se passer de lui 1 Son Gobseck demeura inflexible; il ne voulut lui rendre la liberté qu'à la condition d'obtenir en gage... les bois de la guillotine !

» La guillotine au clou 1 Voilà un tour que le Gobseck de Balzac eût envié. Mais tout se découvre, tout se sait. Peu de jours après, Sanson reçut du procureur général l'ordre de procéder à une exécution. Il courut chez le détenteur de son matériel, le suppliant de lui prêter pour un jour son instrument; le créancier refusa net. Il fallut bien mettre le parquet au courant de la situation. Le garde des sceaux donna l'ordre de payer les 3,000 ou 4,000 francs nécessaires au dégagement de la guillotine; mais, de la même plume, il s'empressa de signer la révocation du trop insolvable exécuteur.

• Je ne puis mieux conclure que sur cette anecdote. Quant aux Mémoires de Sanson, vous voyez le cas que l'histoire doit en faire. Sans doute, çà et là, les romanciers qui en ont assumé la paternité ont bien voulu respecter la vérité des faits ; mais c'a été pure concession de leur part. •

SANSON (Louis-Joseph), chirurgien français, né à Paris en 1790, mort dans la même ville en 1841. Il fit ses. premières études sous le patronage de Dupuytren et passa avec succès, à l'âge de quinze ans, le concours pour l'externat (1805). Il remplaça Mirandel dans les fonctions de prosecteur. En 1807, Sanson fut nommé interne des hôpitaux. Appelé au service militaire, il obtint la faveur d'être garde de Paris et de pouvoir continuer ses études à titre de chirurgien interne à l' Hôtel- Dieu. Nommé chirurgien militaire, Sanson exerça d'abord à Paris; il dut bientôt se rendre, pour y être attaché en cette qualité, à la grande armée. Après les désastres nationaux, il continua de remplir son devoir dans l'armée de la Loire. Rentré à Paris en 1815, Sanson reprit son service à l'Hôtel-Dieu, fit des cours d'anatomie et de médecine opératoire et consacra ses instants de liberté a l'étude des langues anciennes et vivantes, pour compléter son instruction interrompue par les circonstances. Il soutint en 1817 sa thèse pour le doctoral et obtint successivement, par voie de concours, en 1823 le grade de chirurgien du bureau central, en 1825 celui de chirurgien en second de l'Hôtel-Dieu, en 1830 celui d'agrégé en chirurgie à la Faculté de Paris. E» 1833, Sanson fut reçu comme membre titulaire à l'Académie de médecine. En 1836, après trois concours, il fut nomme professeur de clinique chirurgicale en remplacement de Dupuytren. Sanson était devenu une célébrité médicale et avait été nommé, en 1832, chirurgien consultant du roi. Dans les dernières aimées de sa vie, il fut frappé de longues et cruelles maladies ; l'intelligence elle-même fut attefnte; il ne se releva pas de son lit de douleur et mourut, âgé de cinquante et un ans, en 18J1. Il a laissé une grande quantité d'ouvrages de médecine , parmi lesquels un certain nombre de thèses qui lui valurent ses succès dans les concours, plusieurs brochures et articles de revue, une foule d'articles dans le Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratique (15 vol. in-8°). Son ouvrage le plus important, fait conjointement aveu M. Bégin, est intitulé : Nouveaux éléments de pathologie cliiruryicale ( 1825 , 4 vol. in-8«; 1828, 5 vol. in-8«; 1833, 5 vol.). Toute la partie chirurgicale de cet ouvrage est due à la plume de Sanson.

SANSON (Jose-Placido), poste espagnol, né k Saiule-Croix-de-Tènèriife, dans les îles Canaries, en 1815. Il n'est guère connu en Espagne que par ses œuvres, qui le élussent parmi les bons écrivains contemporains de cette contrée. Nous citerons, entre autres ; Essais littéraires, en 3 volumes, dont les deux premiers renferment des poésies, et le troisième des tragédies; un autre recueil de Poésies familières; puis des draines et des tragédies, Eivire, Marie, Atrée, le Tétrarqu<i, etc. Cette dernière est une refonte de la pièce de Calderon.

SANSON (André), savant français, né à Matha (Charente-Inférieure) en 1826. Il étudia l'art vétérinaire et fut chef des travaux chimiques à l'Ecole vétérinaire de Toulouse. Depuis lors, il est devenu professeur de zootechnie et rédacteur eu chef du journal la Culture. On doit à ce savant plusieurs ouvrages, notamment : V Espèce ovine de l'Ouest et son amélioration (Pans, 1858, in-8«); les Missionnaires du proyiês agricole (1858, in-12); le Meilleur preseroutif de ta raye, étude de ta physionomie des chiens et des chats enrayés, testons, causes, degré de contagion, etc. (1860, in-80); les Principaux faits de ta chimie (186 i, in-12) ; Mémorial thérapeutique du oélériaaire praticien pour 1S61 (1861, in-24); Notions usuetles de médecine vétérinaire (1863, in-12); Economie du bétail (1865, in-12) ; Science sans préjugés (1865, in-12); Hygiène des animaux

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domestiques (1870, in-S») ; Traité de zootechnie ou Économie du bétail (1874, in-18), etc.

SANSONNET s. m. (san-so-nè, — On a fait venir ce mot de chanson, à cause du chant de l'oiseau; mais une pareille altération est peu probable. On a voulu y voir une altération ironique du nom de Santson : mais une pareille interprétation est tout aussi incertaine). Ornith. Nom vulgaire de l'étourneau.

— Ichthyol. Nom des petits maquereaux, en Normandie.

— Encycl. Ornith. V, étourneau.

SANSOVINO (Andréa Contucci, dit il).

sculpteur et architecte italien, né à Monte- Sansovino (Toscane) en 1460, mort au même endroit en 1529. Elève d'Antonio del Pollajuolo, il commença à travailler à Florence, puis il fut appelé successivement en Portugal et à Rome. Ses principaux ouvrages sont : le Baptême du Christ, à Florence; les tombeaux des cardinaux Sf»rzit et Basso et la Madone et sainte Anne, à Rome; la décoration extérieure de la Santa-Casa de Loreto; les basreliefs de l' Annonciation, de la Nutivité, et la statue de Jérémie.

SANSOVINO ou TATTI (Jacques), sculpteur et architecte florentin, né en 1479, mort en 1570. Il fut un des principaux artistes protégés par Léon X, alla se fixer à Venise après la mort de ce pontife et enrichit de ses admirables productions la ville des doges comme la cité papale. Comme sculpteur, on cite surtout de lui : les Quatre Evangèlistes, à Venise; un Bacchus, dont hérita la galerie da Florence et qui fut détruit dans un incendia; un Saint Jacques, à Rome; les statues colossales de Mars et de Neptune, au palais du doge. Comme architecte, on admire ses constructions de l'Eglise Saint-Jean-Baptiste, à Rome ; la Monnaie et le Palais Cornarc, à Venise.

SANSOVINO (Francesco Tatti, dit il), savant italien, fils du précédent, ne à Rome en 1521, mort à Venise en 1586. Il suivit d'abord les cours de droit à l'université de Padoue, pour se conformer à la volonté exprimée par sou père, mais, lorsqu'il devint libre, il renonça entièrement à la jurisprudence et se voua aux lettres. Il avait acheté une imprimerie et choisi pour emblème un croissant avec la devise : In dies. Ses principaux ouvrages sont : Del governo de' regm et délie republiche antiche e moderne (Venise, 1546, in-4")j VEdificio del corpo humano (Venise, 1550, in - s°) ; Istoria uuiversali de" Turchi (Venise, 1564, in-4») ; Cronologia del mondo fino al anno 1580 (Venise, 1580, in-4°).

SANS-PAIR adj. Ane. anat. Se disait du troisième rameau du tronc ascendant dt la veine cave.

SANS-PEAU s. m. Hortic. Variété jie rcusselet, poire d'été. Il PI. sans-peau.

SANS-PRENDRE s. m. Jeux. Action de celui qui, à l'humbre, fait jouer sans écarter.

SANS-SOUCI adj. Qui ne s'inquiète de rien : Personne sans-souci.

— Hist. Enfants sans-souci, Troupe de comédiens qui se forma à la fin du xvc siècle.

— Substantiv. Personne que rien n'inquiète : Un sans-souci. Une sans-souci.

— S. m. Absence de souci, caractère d'une personne sans-Souci : Il est d'un sans-souci incroyable.

— Encycl. Hist. Enfants sans-souci. V. enfant.

Sans-Souci (CHÂTEAU DE). V. POTSDAM.

Sans-Souci (le meunier de), vaudeville en un acte, de Lombard de Langres; représenté sur le théâtre des Variétés (Montansier) en 1798. Le sujet de cette jolie bluette est historique. Tout le monde connaît ce trait de justice du roi de Prusse, Frédéric le Grand, grâce surtout à l'ingénieux conte d'Andrieux, L'auteur du vaudeville, craignant, peut-être avec raison, que le public ne s'intéressât que médiocrement au côté philosophique de sa pièce, y ajouta un épisode inutile aux yeux des gens de goût; mais le succès fut complet et mérité. Un trouve dans le Meunier de Sans- Souci la plupart des qualités de la bonne comédie. Le style est correct et naturel, les caractères sont tracés avec un art qui prouve que Lombard de Langres possédait k fond la science du cœur humain. Chaque personnage a la tenue et le langage de sa condition et agit comme dans la vie réelle. On pourrait objecter que l'ouvrage manque de gaieté ; mais un examen plus attentif prouve que cette gaieté est suffisamment remplacée par les détails piquants qui jaillissent des situations. '

Quant au joli conte en vers d'Andrieux, tout le monde le connait, et plusieurs de ses vers sont devenus proverbiaux. Nous nous bornerons à citer les suivants :

Oui, si noua n'avions pas des juges à Berlin.

Hélas I est-ce une loi sur notre pauvre terre

Que toujours deux voisins auroni entre eux. la guerre ?

On respecte un moulin, on vole une province!

SANS-TACHE s. m. Ichthyol. Nom vulgaire d'un saumon d'Amérique. Il PI. sanstache.

SANSUREAU s. m. (san-su-ro). Econ. rur«

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Nom donné, dans quelques départements, atrx. rigoles qu'on pratique dans les champs.

SANTA..., c'est-à-dire Sainte en italien et en espagnol. Pour les noms géographiques composés qui commencent ainsi, v. le mot à la suite de Santa.

SANTA ou PARI LLA, ville de l'Amérique du Sud, dans la république du r"érou, département de Libertad, près de l'embouchure de la Santa ou Tombo, par 8° 59' de latit. S. et 81" de longit. O. Elle fut incendiée en 1685 par les Anglais.

SANTA-ANA (Manuel-Marin), homme politique et littérateur espagnol, né à Séville vers 1818. 11 suivit d'abord la carrière médicale, mais il y renonça bientôt pour se consacrer à la littérature et fit représenter k Séville, en 1842, sa première composition dramatique, I'Au/>'e chien du jardinier, qui fut accueillie avec succès. Il se rendit alors à Madrid et y publia dans différents journaux un grand nombre d'études de mœurs andalouses, en même temps qu'il écrivait pour le théâtre. Une de ses pièces de cette époque, Napoléon est déjà mort! est une des meilleures qu'il ait écrites et valut à son auteur une grande popularité. En 1844, il fit paraître un recueil de Itt,mances et légendes andalouses et un Catéthh -ne de Ripaldo, en vers. 11 se lança, en outre, ians le journalisme et, après avoir appartenu à la rédaction de différentes feuilles jusqu'en 1848, fonda, cette année-là, le Diable hoiteux, puis la Garde nationale et la Petite Gazette, journaux populaires qui durent leur grand succès surtout à leur bon marché. Le dernier contenait déjà en germe l'idée de la Correspondancia autografa, qui parut en 1849 et qui attira à son rédacteur de nombreuses persécutions de la part du gouvernement, mais qui fut fort bien accueillie à l'étranger, particulièrement en France, où la Presse acquit le droit de la traduire et de la reproduire. La Correspondancia autografa subit diverses vicissitudes, mais la chute du cabinet Murillo assura pour toujours son avenir, parce que les ministères qui succédèrent à celui-là, convaincus des services que pouvait leur rendre un journal qui, sans faire aucune opposition politique, se contentait de rapporter ou d'éclairer leurs actes, l'utilisèrent dans le même but et lui donnèrent une importance que cette feuille a conservée jusqu'à la tin du règne d'Isabelle II, mais qui s'est amoindrie depuis cette époque sous l'influence des événements politiques. Les antécédents de Santa-Ana et l'indépendance bien connue de ses opinions l'ont fait, depuis 1859, élire à différentes reprises aux cortès, où il a toujours siégé dans les rangs des partisans du progrès.

SANTA-ANNA (Antonio Lopez de), es-président de la république du Mexique, né à Mexico' ou à Jabipa en 1798, d'une famille originaire d'Espagne. Il se fit remarquer en 1821, lorsque éclata la guerre de l'Indépendance, par la surprise de La Vera-Cruz, qu'il emporta à la tête d'une bande d'insurgés, et contribua au succès d'Iturbide, qui lui donna le grade de brigadier. L'année suivante, il se révolta contre son chef et, après avoir rallié k son parti les troupes envoyées pour le soumettre, il détermina la chute d'Iturbide. En 1823, la république ayant été proclamée, il se trouva un des hommes les plus importants du moment; bientôt ii se mit k la tête des fédéralistes, mais, complètement battu, il se retira quelque temps dans son domaine de Jalapa, attendant les événements. En 1828, Guerrero et Pedrazza se disputant la présidence, il se prononça en faveur du premier, qui récompensa son dévouement en lui donnant le département de la guerre et le nommant commandant en chef de l'armée. L'année suivante, il repoussa victorieusement l'invasion -espagnole. En 1830, il prit parti cette fois pour Pedrazza contre Bustameiita et défit celui-ci dans une bataille qui valut k Pedrazza la présidence. Enfin, en 1833, il succéda lui-même k ce dernier et, malgré quelques interruptions, resta vingttrois ans au pouvoir. Il eut d'abord à réprimer deux soulèvements, puis à combattre, en 1835, une révolution au Texas. Il fut vaincu dans cette dernière affaire, fuit prisonnier, mais relâché l'année suivante. Rétabli dans sa présidence, il défendit, en décembre 1838, La Vera-Cruz contre les Français et y perdit une jambe. De nouveau président eu 1841, il fut renversé en 1845 et se réfugia à La Havane; mais, l'année suivante, lorsque le président Paredes eut été obligé de quitter le pouvoir (5 août), il fut rappelé, et, après une profession de loi fédéraliste, il fut nommé général en chef des troupes envoyées contre les Etats-Unis par le Mexique. Santa- Anna déploya en celte circonstance beaucoup d'activité; cependant il fut battu par le général Tuylor, à Buenavista, dans les journées du 22 et du 23 février 1847, par suite de la défection de sa cavalerie presque tout entière. Le 18 avril, il fut encore battu par le général Scott à Cerro-Gordo et persuada alors aux Mexicains de lui donner la dictature. Il obtint les pouvoirs qu'il demandait et n'en fut pas moins encore vaincu par le général Scott à Contrera et à G'hurnbesco; il lut enlin obligé d'accepter une trêve et de signer une paix relativement honorable, par laquelle la république mexicaine perdait le Texas et l'Qrégon, Trompés dans leurs espérances,

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les Mexicains furent vivement irrités contre Santa- Anna; son ennemi personnel l'ex-président Paredes en profita pour fomenter une insurrection, dans laquelle Santa-Anna fut vaincu et obligé de se réfugier à la Jamaïque. Mais l'incapacité de son successeur, Arista, le fit regretter, et, en 1852, il fut rappelé à Mexico, où il vint reprendre triomphalement la dictature. Il commença par dissoudre le congrès de vive force, procéda à la réorganisation de l'armée, des finances et de la justice, ainsi qu'à la révision de la constitution. Enfin, le 17 décembre 1853, le suffrage uni versel lui accorda laVliclature à vie, avec le titre d'altesse sérénissime. Cependant, après la signature d'un traité avec les Etats-Unis en 185J, à propos d'une délimitation de frontières, de violents murmures éclatèrent contre lui et les adversaires de sa dictature se soulevèrent.

On l'accusa d'aspirer à l'établissement d'une monarchie héréditaire et, son impopularité grandissant chaque jour, il dut se retirer pour la seconde fois k La Havane en 1855, cédant à la triple insurrection des Indiens, du peuple et du clergé. Il l'ut remplacé par le gênerai Carrera. Lorsque, en 1863, une expédition française fut envoyée au Mexique pour imposer un empereur à ce pays, Sauta-Anna resta à l'écart des événements. Toutefois, Bazaiue, qui redoutait ses intrigues, lui enjoignit, en février 1864, de quitter le Mexique; mais, quelque temps après, l'empereur Maxiinilien, dans l'espoir de le rallier à sa cause, lui conféra le litre de grand maréchal de l'empire. Santa-Anna s'empressa alors de faire acte d'adhésion k l'homme qui était venu, avec une armée étrangère, renverser les institutions de son pays. Il ne tarda pus, néanmoins, à voir combien le pouvoir de Muximilien était fragile et, prévoyant sa chute prochaine, il résolut de préparer son propre avènement. Dans ce but, il prit part, en 1800, à un vaste complot ayatjt pour objet de renverser le souverain "étranger. Après la chute et la mort de Maxiinilien, il redoubla d'etforts pour renverser l'héroïque Juarez, réélu prés.deut de la république au mois d'octobre 1867 , fut alors expulsé du Mexique, et vit mettre ses biens sous le séquestre. Pendant plusieurs années, Santa- Anna vécut aux Etats-Unis, qu'il quitta en mars 1S74. Il revint alors à La Vera-Cruz et obiint du président de la république, l.erdo • de Tejada, d'habiter près de cette ville.

En somme , Santa-Anna fut un ambitieux sans scrupule et d'un talent médiocre. Après avoir plusieurs fois mis son pays a feu et à sang pour occuper ou garder le pouvoir, il trahit les Mexicains, servit Maxiinilien , ce fantôme d'empereur envoyé d'Europe pour renverser la république mexicaine, et se fût attaché à sa fortune si le fossé de Queretaro n'eût fait justice de cet usurpateur.

SANTA-CKOCE ( Prospero de), diplomate et historien italien, ne a Uome en 1 513, mort dans la même ville en 1589. Successivement avocat consistorial, évêque de Castel-Chisamo (Candie), nonce apostolique, archevêque d'Arles et cardinal, il se démit de son archevêché, letourna à Rome et reçut l'évêché d'Albano. C'est lui qui introduisit en Italie l'usiige du tabac, qu'on appela herbe de Sunta-Croce. On lui doit : De civilibus Gallis dissensioni bus (Paris, 1729, in-fol., t. V de la Coileedo ueterum scriptorum des Pères Mersenne et Durand).

SANTA-CROCE (don Antoine- Publicola), prince romain, duc de Corchiano et de Santogemini, comte de La Torre, grand d'Espagne de ire claj.se, etc., né eu 1817. Chef de la famille princière de Santa-Uroce depuis la mort de son père don Louis-Publicola Sunta- Croce (1847), il n'a eu que des filles; ses deux sœurs sont l'une veuve du comte Moiuaui, de Pesaio, l'autre mariée à don Ferdinand Lorenzama, marquis de Belmoute, etc. Sa tante est mariée k Tours, depuis 1803, au marquis d'Entraigues.

SANTA-CKUZ, ville du Maroc, appelée par les indigènes Agodir, connue au temps de Léon l'Africain sous le nom de Gart-Guenen. C'était autrefois une ville importun te ; ses habitants sont presque tous israélites. La rade de Sama-Cniz est sûre et spacieuse, mais les bâtiments qui y jettent l'ancre ne peuvent, sous peine de mort, communiquer avec la ville.

SANTA-CRUZ (don Alonso de), cosmographe et historien espagnol, né probablement à Séville vers la fin du Xvc siècle, mort en 1573. En 1523, il fut nommé nésorier de l'expédition qui, sous le commandement de Sébastien Cabot, devait aller k la recherche des îles à épiées. Revenu à Séville eu 1530, il fut nommé cosmographe de la Cusa de la contratacion et prit part à lit. construction de nouvelles cartes marines. Il inventa un instrument propre à faire connaître les variations de la boussole et présenta cet instrument k Charles-Quint, qui l'attacha à sa maison en lui assignant un traitement considérable. En 1545, Santa-Cruz fit un voyage k Lisbonne pour entrer en relation avec les navigateurs et les savants du pays et étudier d'après leurs opinions et leur expérienua tout ce qui pouvait servir à déterminer avec précision les variations de l'aiguille aimantée. Après son retour, il s'occupa de continuer l'histoire des Rois Catholiques, à partir

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de 1490 jusqu'en 1516, et composa son Livre des longitudes, qu'il dédia au roi Philippe IL Plus tard, il composa encore un Islarw general del mundo, conservé en manuscrit dans la bibliothèque royale de Madrid.

SANTA-CROZ (Alvarez de Bassano, marquis de), amiral espagnol sous Charles-Quint et Philippe II, né dans les Asturies vers 1510, mort à Lisbonne en 158S. Il enleva Oran et Tunis aux Turcs (1535), combattit k Lépantô (1571) et anéantit le parti du prieur de Crato par sa victoire sur Sirozzi, amiral de la flotte française (1582). Il déshonora cette victoire par le massacre de tous les prisonniers et mourut au moment de prendre le commandement de l'Armada.

SANTA-CRUZ (André), général et homme d'Etat américain, né au Pérou en 1794, mort à Saint-Nazaire en 1865. Il se signala par son courage pendant la guerre de l'Indépendance (1820-1826), devint généra], s'empara de La Paz et força pendant quelque temps les Espagnols à abandonner le haut Pérou. Peu après, le général Valdès le battit complètement au Pont-des-Incas; mais, en 1825, le général Sucre le vengea de cet échec en écrasant les Espagnols k Ayacucho, où Valdès fut fuit prisonnier. Santa-Cruz devint ensuite ministre plénipotentiaire au Chili. Devenu président de la république de Bolivie en 1829, après la mort de Blanco, tué dans une révolte, il promulgua un code qui porte son nom, mit de l'ordre dans les finances et conclut un traité de paix et de commerce avec le Pérou. Actif et entreprenant, il résolut de réunir en une confédération la Bolivie et le Pérou, entra dans ce dernier pays avec une armée, battit Gamarra et Salaberry (1835) et se rit proclamer, en 1836, protecteur de la confédération des deux Etats. Par la constitution dont il fut l'inspirateur, chaque Elat conserva son indépendance, lout en étant soumis au gouvernement central, dont il était le chef. Santa-Cruz s'efforça d'étendre le commerce des deux Etiits et de nouer des relations avec les gouvernements d'Europe. Sur ces entrefaites, le Chili lui déclara la guerre. D'abord vainqueur, Santa-Cruz fut défait à la bataille de Yungai (1839) et renversé du pouvoir. Il se retira alors dans la république de l'Equateur. Eu 1843, il essaya de ressaisir le pouvoir, débarqua à Chiloé, sur les côtes du Pérou, y réunit un certain nombre de ses anciens partisans, mais fut fuit prisonnier et recouvra peu après la liberté. En 1849, le gouvernement bolivien le nomma son ministre plénipotentiaire k Londres, à Paris, a Rome, à Mudrid et à Bruxelles, et, à ce titre, il négocia eu 1851 avec Pie IX un concordat. En 1854, il retourna en Bolivie pour poser sa candidature à la présidence de la république; mais il échoua, et le général Coidova fut élu. Santa-Cruz retourna en France et fut accrédité de nouveau, en 1863, comme ministre plénipotentiaire à Paris, par le président Acha. Il remplissait ces fonctions lorsqu'il mourut,

SANTA-CRUZ (Manuel), prêtre espagnol, qui s'est rendu tristement fameux par son audace et sa férocité comme chef d'une bande carliste, né k Hermalde (Guipuzcoa) en 1842. Fils d'un paysan et resté de bonne heure orphelin, il fut élevé par un oncle curé, qui l'envoya étudier la théologie à Vûtoria. Kn 1870, Santa-Cruz devint curé de son village natal, au moment où les carlistes, qui commençaient à s'agiter, tentèrent un mouvement bientôt comprimé. Le curé d'HermaUle fit alors une active propagande en faveur du jeune don Carlos. Lorsque éclata, en avril 1872, une nouvelle insurrection carliste qui devait achever la ruine de l'Espagne, le curé Santa-Cruz, signalé comme un agitateur dangereux, fut recherché pur la police; mais il parvint k s'échapper, grâce k la générosité de l'alcade libéral de Zarauz. Peu après, il se joignit à une bande qui refusa de reconnaître la convention d'Amorovieta, fut fait prisonnier dans un combat à Eborrio, où il reçut une blessure, réussit peu après k s'enfuir et gagna Bayunne (septembre 1872). Au mois de décembre suivant, Santa-Cruz repassa la frontière, revint dans sa province natale et y forma une bande d'environ quatre-vingts hommes qui se grossit rapidement lorsque Lizarraga «ut ordonné d'opérer de force une levée parmi les paysans. A la tète de huit cents hommes environ, cet ardent défenseur du trône et de l'autel se mit alors à parcourir en tous sens le pays qui s'étend de la frontière de France k la Biscaye, portant partout la terreur et la dévastation. Su férocité, ses violences, son audace ne tardèrent pas k faire de lui un des héros de son parti et un des plus fidèles interprètes de la politique du prétendant don Carlos, Par des marches de nuit hardies et rapides, on le. vit se porter d'une localité à une autre, faisant, sous menace de mort, des réquisitions et des levées forcées, imposant des amendes, incendiant des gares, causant d'épouvantables déraillements aux trains de voyageurs, ordonnant de tirer des coups de feu sur ces derniers, sur les mécaniciens et chauffeurs, bàtoiinant les habitants, ordonnant de fusiller les libéraux, des alcades, des femmes,- etc. Les hauts faits du cure Santa- Cruz, qui restera comme le type achevé du bandit clérical, sont innombrables. Dès le début de son entrée en campagne en décembre 1872, il fit arrêter' et passer par les ar-

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mes un grand nombre d'individus. Près d'Etumeta, sur le versant du mont Ibernio, il emprisonna un laboureur, et un deuxième à Aya; tous deux furent fusillés. A Hermulde, il Ht infliger la bastonnade à deux habitants ; peu d'instants après, l'alcade d'Anoeta fut pris, garrotté et assassiné en présence de Santa-Cruz. Plus lard, il fit bâtonner cruellement, k Elduayen, deux employés d'Echeverria, le supplice, s'accomplissant devant lui ; puis il fit séquestrer plusieurs habitants de l'endroit, en attendant, disait-il, qu'il les fît fusiller. A Berasteguy, il se livra à de

ftareils excès, qu'il couronna en faisant fusiler D. Andres Alduncin , l'un des propriétaires les plus estimés de l'endroit, k qui il avait donné la main en signe d'amitié peu d'heures avunt l'exécution. Il fit ensuite fusiller à Vitloria la femme Arachavaletta et un habitant du pays.

En janvier 1873, lorsque Santa-Cruz passa d'Arnieta à lturrioz, sa bande fit feu sur des femmes et des enfants inoffensifs, dont plusieurs furent blessés, puis il fit périr sur le mont Zubieta un pauvre berger qui mourut d'un coup de feu tiré sur lui k brûle-pourpoint. A Astigarraga, Santa-Cruz fit passer par les armes deux jeunes gens de Vidarria qu'il avait fait prisonniers quelques jours auparavant et emmenés avec lui. L'un d'eux parvint à se sauver on ne sait comment. L'autre, au moment de l'exécution, fit un saut prodigieux et se mit à courir à toute vitesse. Il reçut plusieurs balles par derrière et tomba inanimé. Dans le même village d'Astigarragu, un détachement de la même bande de Santa-Cruz tua à coups de baïonnette un vieillard de soixante-trois ans, habitant Oyaizun, dont le crime était d'être le père du guide qui avait conduit une des colonnes libérales du côté d'Arichulegui. A Arano, à Leiza et dans d'autres localités, il commit des atrocités qui font frémir.

Dans une proclamation dont il réalisa toutes les menaces, il annonça, en février 1873, qu'il punirait de mort tout milicien, garde civique ou carabinier qui ferait résistance aux carlistes ou laisserait circuler les correspondances du gouvernement, tout espion, lotit ouvrier travaillant aux ouvrages de défense dans une localité quelconque, tout individu qui empêcherait un autre d'aller servir la cause carliste. Eu murs, une femiiio soupçonnée d'espiuimuge fut fusillée pur son ordre k Kscoviaza, Il est vrai que cet excellent catholique avait eu soin de la confesser avant de la faire passer par les armes. A cette époque, un journal carliste de Madrid ayant annoncé que don Carlos'avait retiré son commandement à Santa-Cruz, celui-ci démentit cette nouvelle dans une lettre où il menaça de faire fusiller le rédacteur krs de son entrée dans la capitale. Ayant pris Irun le 5 juin 1873, il lit massacrer des carabiniers qui s'étaient rendus prisonniers sur parole. Ce dernier attentat eut un tel retentissement, que don Carlos, sur les représentations de quelques modérés de son parti, crut devoir désavouer alors le terrible chef, qui n'avait fuit cependant que suivre fidèlement ses instructions. Le curé Santa-Cruz refusa d'abord de se démettre de son commandement et tira des coups de canon sur les ut'ws bandes carlistes qui se présentaient poui le déloger. Toutefois, eu juillet 1873, à la su'te d'une convention arrêtée avec le marquis de Valdespina, chef d'état-inujor de don Carlos, il livra son repaire d'Arichulegui, ses troupes, ses armes, ses munitions et, muni d'un sauf-conduit, ce brigand, qui méritait d'être fusillé, passa en France avec la tranquillité de conscience d'un paisible bourgeois qui se retire des affaires. Quelque temps après, Santa-Cruz, surnommé par les Espagnols la Fier» dcl Norio (la bcte féroce du Nord), se rendit à Home. De retour en France, il alla habiter près de Bayonne , fut arrêté, le 22 mars 1874, sous la prévention d'embauchage pour l'année de don CarJos et resta incarcère k Bayonne jusqu'au 7 avril suivant. A celte époque, le gouvernement l'envoya k Lille comme interné, et, depui3 lors, il n'a plus fait parler de lui. Santa-Cruz est un petit homme trapu, gros et brun, aux épais sourcils, et dont le regard Seul décèle parfois l'énergie farouche dont ce bandit était animé.

SANTA-CRDZ DB MARZENADO (don Alvar dk Navia Osokio, vicomte dis Puerto, marquis de), capitaine et diplomate espuguol, né en 1CS7, mort en 1732. Colonel à 1 âge de quinze ans, il combattit en Espagne, puis en Sicile. Eu 1718, il fut nommé maréchal de camp et commanda les troupes espagnoles en Sardaigtie. Nommé ambassadeur d'Espagne k Turin, il réussit à obtenir l'accession du roi Victor au traité de Hanovre. Il se livrait en même temps avec zèle à l'étude de» questions scientifiques. Il eut même à Turin le projet de créer une encyclopédie; mais U dut partir en 1727 pour assister au congrès de Soissons, puis pour se rendre à Paris, où il fut ambassadeur pendant plusieurs années. 11 fut ensuite appelé k commander les troupes espagnoles dans l'expédition contre Oran ; cette ville prise, Santa-Cruz en fut nommé gouverneur. I) fut pris et massacré par les Maures pendant une sortie de la garnison espagnole d'Oran. Il a publié des Réflexions militaires, qui devaient avoir vingt volumes et dout dix volumes in-4° ont paru à Turin

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(1724 et années, suiv.) ; le tome XI a été imprimé à Paris (1730, même format).

Simm-Cru* i théâtre), à Barcelone. Ce théâtre, clans lequel on joue actuellement l'opéra italien, est le plus ancien de Barcelone; il remote à la seconde moitié du xvie siècle. En 1560, un certain Juan Bosch légua à l'hôpital de Santa-Cruz diverses maisons, pièces do terre et propriétés sur l'une desquelles les administrateurs de cet établissement obtinrent, en 1579, de donner des représentations théâtrales. La salle fut aussitôt construite, et le privilège de la troupe fut renouvelé par C îa ri es III en 1771. Le théâtre Santa-Cruz demeura le seul qui eût le droit de donner des représentations de comédie et d'opéra. L'édif.ce primitif, ayant été dévoré par un incendia en 1787, fut reconstruit avec une certaine magnificence , et la nouvelle salle fut inaugurée le 4 novembre 1788.

On n'a point de renseignements précis sur l'histoire artistique du théâtre de Santa-Cruz jusqu'au milieu du siècle dernier. On croit que c'est seulsment à partir de la seconde moitié de ce siècle qu une troupe italienne chantante vint pour la première fois l'occuper, et, depuis lors, on y a toujours joué régulièrement l'opéra italien. En 1853 et de 1800 k 18GG, le genre lyrique italien y fut remplacé exceptionnellement par une troupe de zarzueUi (surte de vaudeville espagnol) et, en 1866, une troupe française y vint jouer l'opéru-comiqi e. Parmi les artistes qui s'y sont fait entendre depuis le commencement de ce siècle, rous citerons seulement Marco Bordogni, Filippo Galli, Piermarini, Carlo -Trezzini, Inc^indî, Nie. Graziani, Taechinardi, Giambattista Verger, Badiali, Cortesi, Tamberlick , Derivis, Negrini, Aldighieri, Naudin, Corsi, Carolina Bassi, la Pellegrini, Marietta A!boni,les trois sœurs Teresa, Amalia et Marietta Brambilla, la Vitali, Mmes Laborde, Devriès, Spezia-Àldighieri, etc.

SANTAL s. m. (san-tal — du lat. barbare santalum, mot. dont on ne connaît pas l'origine. C'est peut-être l'arbre sandalis, cité par Pline, que quelques-uns font venir du sanscrit tchandai a, nom d'un arbre). Bot. Genre d'arbres et d'arbustes, type de la famille des santalacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tropicales de l'Asie et de l'Océanie : Le santal blanc est le moins précieux et le moins recherché. (P. Duchartre.) GnJtt qu'il croit aussi des santaux en Amérique. (V. de Bomare.) Dans les Indes, on fait des éfiis et autres petits meubles avec le bois de santal. (Dutour.) ij Bois fourni par plusieurs espices de ce genre : Un meuble de santal. Il Sai lai rouge, Nom vulgaire du ptérocarpe santal. Il PI. santaux ou santals. Il On écrit aussi sandal, à l'exemple de l'Académie.

— Matière méd. Poudre des irais santaux, Poudre phaimaceutique composée avec du santal blanc, du santal citrin et du santal rouge.

— Comm. Nom donné autrefois à une sorte de taffetas di fabrication orientale, que l'on appelait ainsi, suivant les uns, par corruption du mot ccndal; suivant les autres, parce qu'il était généralement teint avec le bois de santal, il Sa.ilat faux., Ecorce d'aralia à grappes, qu'on substitue, en médecine, a l'écorce du véritable santal.

— Encycl. Bot. On en distingue trois sortes : \essantaux blanc, citrin et rouge. Les deux premières sont fournies par la famille des santalacées, la de.nière par une légumineuse. D'après plusieurs naturalistes, le santal blanc n'est autre chose que du santal citrin abattu dans sa jeunesse ou que l'aubier des arbres âgés. 11 est certain, cependant, qu'il existe un santal blanc, qui ne vient pas du santal citrin, à odear de rose. Depuis environ vingt ans, on trouve aussi dans le commerce un santal blanc à odeur de musc. Il exhale une odeur musquée très-intense ; mais cette odeur se perd à l'air et le bois ancien paraît inodore. 11 provient des îles Seychelles.

Le santal blanc est revêtu d'une écorce dure, compacte, à. épidenne d'un gris brunâtre. La partie ligneuse est fort dure, pesante, susceptible d'un très-beau poli, d'une couleur blanchâtre cui devient jaune par le brunissage. 11 arrive en bûches tortueuses de médiocre grosseur. Il est moins estimé que le santal citrin pour les usages pharmaceutiques.

On ne connaît pas mieux l'origine exacte du santal citrin que celle du précédent. On l'attribue au santalum album de Uoxburgh, au santalum Freycinetianum de Gaudichaud. Le santal citrin est en bûches quelquefois considérables, droites, pourvues d'aubier et plus légères que l'eau lorsqu'elles proviennent du trocc ; tortueuses, sans aubier et plus pesantes quis l'eau quand elles ont appartenu à la racine. La dureté de ce santal est moindre que cella du santal blanc; cependant, il est susceptible d'un beau poli. Sa couleur est jaune clair, fauve ou rougeâtre; elle est toujours plus foncée au centre qu'à la circonférence. Son odeur est forte, agréable, analogue à celle de la rose; elle est due à une essence plus pesante que l'eau.

Guibourt en décrit plusieurs variétés : les santaux cit.-ins de Malabar, de Timor, pâlo et des Sandwich.

Ces deux santaux étaient beaucoup plus employés autrefois qu'ils ne le sont aujourd'hui; ils entraient dans la composition du

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sirop de chicorée composé, des pastilles odorantes, de la poudre des trois santaux. Ils répandent. en brûlant une odeur fort agréable et l'on s'en sert pour parfumer les appartements. Les tourneurs et les' ébénistes font aujourd'hui un grand usage de ces bois ; ils en fabriquent de petits meubles, des tabatières, des boîtes à ouvrage, etc., qui ont une valeur assez considérable.

Le santal est sudoriflque. Depuis quelques années, M. Simonnet a employé avec beaucoup de succès l'essence de ce bois en capsules dans le traitement des blennorrhées.

Le santal rouge est le bois du pterocarpus santalinus de Linné fils. Guibourt le croit produit par le pterocarpus indicus de Willdenow. Quoi qu'il en soit, le santal rouge nous arrive de Calcutta en bûches de on>,06 à 0m,27 de diamètre, privées d'aubier, enracines ou en morceaux équarris. Ces bûches sont souvent entaillées aux deux bouts ou percées d'un trou pour y placer une corde et usées extérieurement par le frottement. Le santal rouge offre une structure très-fibreuse, assez grossière, quoique souvent dissimulée par l'abondance de la matière résineuse dont il est imprégné. Ses libres sont disposées par couches concentriques, dirigées ou inclinées alternativement en sens inverse, de sorte que, lorsqu'on le fend dans le sens du diamètre, il se sépare en deux morceaux qui sont comme engrenés l'un dans l'autre, et que, lorsqu'on y passe le rabot, la surface est alternativement polie et déchirée. L'odeur de ce santal est à peu près nulle; sa saveur est un peu astringente. Il contient une matière résinoïde, la santaline, qui, par oxydation, donne la santaléine, d'un rouge foncé, employée comme matière colorante.

Guibpurt indique plusieurs santaux rouges : 1° le bois de Coliatour, qu'il dit fourni par le pterocarpus santalinus, et dont il distingue deux variétés; 2° le santat rouge d'Afrique ou bar-wood, bois du pterocarpus angolensis (De Oand.) ou du pterocarpus santalinoides (L'Hér.) ; 3° le santal rouge tendre ou bois de corail tendre, qui ressemble au bois de campêche; il doit être fourni par le pterocarpus draco ou par le pterocarpus gummifer (Bert.); 4° le rosaliba du Brésil, fourni aussi par des pterocarpus. En pharmacie, le santal rouge sert à colorer des poudres dentifrices; il entre dans la composition de l'eau des Jacobins, de Rouen. Comme bois tinctorial, il pourrait acquérir plus d'importance qu'il n'en a, à cause de sa couleur très-belle et trèsvive. Les ébénistes l'emploient beaucoup.

Le bois de santal était très-estimé des Hébreux; Salomon en lit venir de grandes quantités d'Ophir pour la construction du temple et spécialement pour la fabrication des instruments de musique qui s'y trouvaient. (1, Jïois, x, 11; II, Chronique, lia, 10.)

SANTALACË, ÉE adj. (san-ta-la-sé — rad.

santal). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au santal.

- — s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre santal.

— Encycl. La famille des santalacées renferme des arbres, des arbrisseaux et des plantes herbacées, à feuilles alternes" ou plus rarement opposées, entières, quelquefois réduites à des écailles ou presque nulles, dépourvues de stipules. Les fleurs, hermaphrodites ou dioïques, petites, accompagnées de bractées, disposées le plus souvent en épis, en grappes ou en panicules, sont dépourvues de corolle ; elles présentent un calice tubuleux, presque toujours adhérent, à limbe partagé en quatre ou cinq divisions; quatre ou cinq étamines, opposées aux divisions du calice et insérées à leur base, k tilets courts et subulés, à anthères introrses; un ovaire infère, à une seule loge contenant un à quatre ovules, surmonté d'un style simple, court, terminé par un stigmate en tête ou lobé. Le fruit est sec ou charnu et renferme en général une seule graine, à embryon droit ou un peu oblique, court, placé au milieu d'un albumen charnu.

Cette famille, qui a des affinités avec les thymélées, les éléagnées et les loranthacées, comprend les genres suivants : santal, rouvet (osyris), fusane, comandre, leptomérie, chorétre, nanodée, thésion, arjoone, quincliamalier, mida, pyrulaire, cervantésie, myoschile, octarille; quelques auteurs y ajoutent les genres tupelo (nyssa) et anthobole. Les santalacées sont répandues dans les régions chaudes et tempérées des deux hémisphères ; les espèces arborescentes habitent surtout les contrées tropicales de l'Asie et de l'Australie ; les types frutescents croissent généralement sur les bords de la Méditerranée, dans les parties tempérées de l'Amérique du Sud et au Cap de Bonne Espérance. Dans cette dernière station se montrent aussi quelques espèces herbacées, bien qu'elles appartiennent surtout k l'Europe et a l'Asie centrales. Les santalacées fournissent quelques produits (bois, essences, parfums) à la matière médicale et aux arts industriels.

SANTALÉINE s. f. (san-ta-lé-i-ne — rad.

santal). Chim. Principe extrait du santal rouge au moyen de l'alcool.

SANTALIN, INE adj. (san-ta-lain, i-ne — rad. santal). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au santal : Le santal rouge est fourni par le ptérocarpe santalin. (Dutour.)

— s. m. Syn. de santal : Le santalin ne

SANT

peut être cultivé dans nos climats qu'en serre chaude. (Dutour.)

SANTALINË s. f. (san-ta-li-ne — rad. santal). Chim. Principe extrait du santal rouge au moyen de l'éther.

— Comm. Etoffe qu'on fabriquait à Venise.

SANTALOÏDE s. m. (san-ta-lo-i-de — de santal, et du gr. eidos, aspect). Bot. Syn. de CONNARE.

SANTA-LUCIA (Salvador Cesneros, marquis de), président de la république cubaine, né à Puerto-Principe en 1829. Son père, qui appartenait à une des plus anciennes familles de Cuba, vit ses immenses propriétés confisquées par l'Espagne. Salvador Cesneros fit ses études k Paris, où il prit le diplôme d'ingénieur civil. De retour à Cuba, il épousa la fille d'un riche planteur et, tant par son intelligence que par sa position, il ne tarda pas à acquérir dans l'île une grande influence. En 1868, il se mit avec Manuel Cespedès à la te te d'une insurrection ayant pour objet de secouer le joug de l'Espagne et de proclamer l'autonomie de Cuba. Peu après, il devint président du congrès révolutionnaire cubain et aida de tout son pouvoir Cespedès, devenu président de la république, à lutter contre les Espagnols qui, depuis cette époque, ont vainement essayé d'écraser cette insurrection nationale. En novembre 1873, Cespedès ayant donné sa démission, le marquis de Santa-Lucia lui succéda comme chef du pouvoir et il a continué la guerre avec autant de persévérance que d'énergie. Dans cette lutte, les Cubains combattent non-seulement pour leur indépendance, mais encore pour la liberté des esclaves, et, malgré tous les efforts do leurs gouvernements successifs, depuis celui d'Isabelle jusqu'à celui d'Alphonse XII (1S75), les Espagnols n'ont pu réduire les patriotes dont, par leurs cruautés et leurs exactions, ils se sont faits d'irréconciliables ennemis.

SA1NTANDER, en latin Porlus Blendium, Fanion Sancli Audreœ, ville forte d'Espagne, ch.-l. de la province de son nom, à 408 kilom. N. de Madrid, par 43° 27' de latit. N. et 60 s' de longit. O., dans une presqu'île que forme la côte sur le golfe de Gascogne; 20,622 hab. Evêché suifragant de Burgos. Tribunaux civil et de commerce ; école de navigation. Port militaire et port de commerce. Manufacture de tabacs; fabrication do chandelles, papiers, toiles à voiles, liqueurs; raffineries de sucre, tanneries. L'entrée de la baie où se trouve le port de Santander est assez difficile à cause des bancs de sable qui l'obstruent à I'E. et des rochers dont elle est hérissée à l'O. ; cependant les navires, une fois mouillés dans le chenal, y sont parfaitement en sûreté. Les importations maritimes de Santander ont atteint, en 1858, ta somme de 50 millions de francs ; dans ce chiffre, les blés et les farines iiguraieut pour plus de 15 millions; les autres articles importés sont le cacao, le café, les peaux sèches et le tabac. La môme année la valeur totale des exportations a atteint le chiffre de 18,044,000 francs. Les principaux articles d'exportation sont les bois de construction, les minerais de calamine, de cuivre et de fer qu'on tire de ses environs, etc. La ville de Santander est bâtie sur la pente d'une colline ; ses rues sont larges et assez régulières. On y remarque la cathédrale, deux maisons de charité, la caserne, une belle promenade et de très-beaux quais. Le port est défendu par deux châteaux forts et par plusieurs batteries.

Santander, à raison du patriotisme dont elle a t'ait preuve en mainte occasion, porte le titre de noble, sempre leal y decidida (noble, toujours loyale et résolue). Son magistrat principal a titre d'excellence et porte des armoiries surmontées d'une couronne ducale. Santander se divise en ville haute et en ville basse; la première comprend la cathédrale et le château de San- Felipe; la seconde constitue le port proprement dit, bordé de constructions nombreuses. La cathédrale est un édifice gothique, à trois nefs parallèles, entourées tle petites chapelles; elle a pour clocher une tour couronnée par un campanile sans valeur architecturale. La partie la plus intéressante de l'église est sa crypte ou chapelle souterraine, dite el Cristo de abajo, où sont les reliques de deux saints assez peu connus, san Emeterio et san Celedouio, tous deux martyrs. Le bassin de marbre qui sert de bénitier à cette chapelle porte gravés eu reliefs des caractères arabes semblant indiquer une translation fort ancienne. Le port de Santander, un des plus sûrs de la côte et accessible aux bâtiments de tout tonnage, est défendu par un môle long de 606 mètres, formant une darse de 700 mètres de tour. 11 figure au nombre des ports dits habilitados ; ce nom désigne un privilège qui donne le droit exclusif de faire avec l'Amérique toute espèce de commerce. Faute de posséder ce privilège, Bilbao et Saint-Sébastien, entre autres, sont forcés de faire relâcher leurs expéditions à Santander, où elles sont inscrites comme partant directement de ce dernier port. On comprend aisément quelle source do prospérité commerciale est un tel privilège pour la ville. Nous avons dit ses rapports commerciaux avec l'Amérique du Sud, rapports des plus productifs, bien que quelque peu réduits depuis

la déclaration d'indépendance de cette contrée. « Aujourd'hui, dit M. Germond de Lavigne, Santander, entrepôt du blé des Castilles, des farines qui proviennent de toute la province et des provinces voisines, des laines de Léon, de La Rioja et de Soria, se (rouve dans une position sans rivale. Il avait une route magnifique, se rattachant, â Alar, au canal qui traverse une grande partie de la Vieille-Castille ; c'est maintenant un chemin de fer qui lui apporte les céréales de trois ou quatre provinces, que transforment ensuite un grand nombre de moulins mus par tous les cours d'eau d'alentour. Santander expédie chaque année pour Cuba et Porto- Rico 90 navires avec 1,200 hommes d'équipage, jaugeant environ 15,000 tonneaux et transportant 30,000 barils de farines, beaucoup plus estimées dans les colonies de l'Amérique du Sud que celles qui proviennent des Etats-Unis du Nord. » Outre cet élément de commerce essentiel, Santander possède une fabrique de cigares occupant un personnel de 1,060 personnes et livrant annuellement à la consommation 2,500 kilogr. de cigares de Lai Havane, 20,000 de qualité moyenne et 125,000 de cigares communs. Les produits de cette fabrique sont très-estimés. La prison de Santander, construite au xviiio siècle, mérite une mention en ce que son architecte a prévu,bien avant l'ingénieur Mazas, le système de construction pénitentiaire auquel ce dernier a attaché son nom. Ainsi que la prison Mazas, la prison de Santander est, en effet, composée de galeries convergeant comme les rayons d'une roue à un moyeu ou centre commun, d'où une surveillance peut s'exercer simultanément dans toutes les directions. Un théâtre, récemment construit, peut contenir 1,000 spectateurs. La ville possède plusieurs promenades trèspittoresques et une place dite du Sardinero, où a été installée, il y a quelques années, une station de bains de mer. La température exceptionnelle de Santander, qui ne dépasse jamais 20° au-dessus de 0" et ne descend jamais au-dessous de S°, rend ces bains de mer assez fréquentés, surtout par nos Méridionaux. Ce printemps perpétuel de la ville est souvent recommandé pur les médecins pour l'achèvement des cures commencées.

SANTANDER (province de), division administrative de l'Espagne. Baignée au N.

par le golfe de Gascogne, elle confine à l'E. à la province de Bilbao, au S. à celles de Burgos et de Pallencia, et à l'O. à celle d'Oviedo. Elle mesure 133 kilom. de l'E. à l'O. et 69 du N. au S. Superficie, 5,000 kilom. carrés; 232,000 hab. Les monts Cantabres la couvrent en grande partie, eu forment la limite méridionale et établissent le partage des eaux entre l'Atlantique et la Méditerranée. Les principaux cours d'eau de cette province sont : l'Ebre, qui y prend sa source et se jette dans la Méditerranée; La Deva, la Soja, le Pas, la Besaya, etc., qui se jettent dans le golfe de Gascogne. On trouve dans la province de Santander de belles forêts de bois do chêne et de châtaignier, de riches pâturages où paissent de nombreux troupeaux de bêtes à cornes et de chevaux; on y récolte du blé, du maïs, du vin et surtout des châtaignes; toutefois, la récolte des céréales est insuffisante pour la consommation locale. Cette partie de l'Espagne renferme de grandes richesses minérales, telles que calamine, cuivre et fer. Pêche abondante sur les côtes.

SANTANDER (NOUVEAU-), Etat de la confédération mexicaine. V. Tamaulipas.

SANTANDER (Francesco du Paula), président de la république de la Nouvelle-Grenade, né à Rosario-de-Cucuta en 1794, mort à Cartagena-de-las-Indias en 1840. Il lit ses études à Bogota et, lors de la révolution de 1809, se rangea sous le drapeau de l'indépendance et servit en qualité de colonel sous les ordres du général Serviez. Il convoqua, en 1821, k Cucuta un congrès qui l'élut pour vice-président et Bolivar pour président. Il exerça depuis lors le pouvoir exécutif dans la nouvelle république de Colombie. Il sut maintenir sans mesures arbitraires la trêve des partis et ramena la prospérité dans un pays épuisé par de longues guerres. II fut réélu avec Bolivar. Ce dernier ayant été soupçonné de vouloir rétablir la monarchie, Santander se mit k la tête du parti républicain, se retira du pouvoir et convoqua, en 1828, à Ocana, une assemblée qui fut dissoute par Bolivar; Santander fut accusé de complot contre le président et condamné au bannissement. Il parcourut, en 1829, l'Angleterre, la France et l'Allemagne. A la nouvelle de la mort de Bolivar, il se rendit aux Etats-Unis. Pendant ce temps, la Colombie s'était divisée en trois Etats différents. Santander fut, en mars 1832, élu pour quatre ans président de la république de la Nouvelle-Grenade. Sa présidence fut signalée parle remboursement des dettes de la Colombie, dettes que les trois nouvelles républiques remboursèrent en commun au prorata de leur population. La Nouvelle-Grenade, qui n'était pas la plus riche des trois, eut pour sa part k payer ta moitié du total de la dette, ce qui provoqua des plaintes contre le président. Santander quitta définitivement le pouvoir en 1836.

SANTANDER (Charles-Antoine La Serna de), bibliographe espagnol. V. La Sekna.

SANTAKELLI (Antonio), théologien italien,

SANT

né à Adria en 1569, mort à Rome en 1049, Entré chez les jésuites, il professa les humanités et la théologie à Rome, et il a publié un livre qui a soulevé de nombreuses controverses, De hgrcsi, schismate, apostasia, etc. (Rome, 1625, in-4°). L'auteur soutenait que le pape peut déposer les rois, les punir de peines temporelles et dispenser les sujets du serment de fidélité. Le livre fut supprimé par arrêt du parlement et condamné a être lacéré et brûlé par la main du bourreau.

SANTARELLI (Jean-Antoine), graveur italien, né à Manopello en 1759, mort en 1826. Ses ébauches enfantines attirèrent l'attention des amateurs, et, encouragé par leurs suffrages, Santarelli partit pour Rome avec l'intention d'y apprendre la gravure sur pierres fines. Ses essais frappèrent Jean PikJer, qui le prit dans son atelier, et quelque temps après l'élève ouvrit une académie qui devint aussi célèbre que celle de son maître. IIétait professeur à l'Académie des beaux-arts de Florence. Parmi ses principales gravures, on cite les portraits de Dante, de Pétrarque, Boccace, Michel-Ange, Machiavel. Ses ïfiédaillons les plus remarquables sont ceux de Michel-Ange, de la duchesse de Parme et de Mlle Elisa Baciocchi.

SANTAREM, en latin Scalabis, Prssidium Julium, ville de Portugal, dans la province de l'Estramadure, ch. -I. de comarca, à 90 kilom. N.-E. de Lisbonne, sur le sommet et le penchant d'une montagne, près de la rive droite du Tage; 8,000 nab. Ecole do théologie. Commerce actif avec Lisbonne. La ville est assez bien bâtie et renferme quelques beaux édifices mal entretenus. On y comptait autrefois treize couvents; elle renferme aujourd'hui le même nombre d'églises. On y voit encore les restes d'anciennes murailles et une vieille citadelle. Santarem est une ville très-ancienne; elle existait déjà à l'époque romaine et portait le nom de Pr&sidium julium ; son nom moderne est d'origine arabe. Les Maures prirent, en eifet, cette ville sur les Goths, mais ils en' furent chassés par Alphonse lor en U47. Les rois y résilièrent depuis Alphonse III, qui lui accorda, en 12j4, de grands privilèges, jusqu'à Jean 1er. (jette ville est célèbre par la bataille à laquelle elle a donné son nom et qui se livra sous ses murs le 16 mars 1834, bataille qui anéantit la puissance de dom Miguel et qui fut suivie de la capitulation d'Evora.

SANTAREM (Manoel-Prancisco de Barros Y. Souza, vicomte de), homme politique et érudit portugais, né à Lisbonne le 18 novembre 1790, mort à Paris le 17 janvier 1856. Fils d'un valet de chambre de Jean VI, anobli par ce prince, il reçut une brillante éducation, entra fort jeune dans la diplomatie et fut nommé ambassadeur extraordinaire à Copenhague. En 1820, après la révolution, il fut rappelé et mêlé aux intrigues du parti absolutiste. En 1823, après la victoire de ce parti, il fut nommé directeur général des archives du royaume et, quatre ans plus tard, il recevait de la régente Isabelle le titre de ministre d'Etat. Dévoué aux intérêts de dom Miguel, il prépara le retour de ce prince, qui lui confia le portefeuille des affaires étrangères. De Santarem le conserva jusqu'à la chute de dom Miguel en 1832. Il prit alors le parti de Se retirer à Paris et s'y occupa de recherches historiques relatives au Portugal. On a de de Santarem : Introduction au tableau des relations politiques et diplumatiqucs du Portugal (1836); Institutions des colonies anglaises (1840); Recherches sur Amérie Vespuce et ses voyages (1842) ; Recherches sur la découverte des pays situés sur la côte occidentale d'Afrique (1842); lissai sur l'histoire de ta cosmographie et de la cartographie pendant le mnyeu âge (1849-1852) ; Des découvertes des Portugais sur la cote occidentale d'Afrique (1841); Tableau élémentaire des relations politiques et diplomatiques du Portugal avec les différentes puissances du monde (i842- 1854).

SANTA-ROSA (comte Sangtorre de), révolutionnaire italien, né à Savigtiano en 1783, mort en 1824. Il était d'une famille peu aisée et récemment anoblie, et il entra de bonne heure dans l'armée, où il ne tarda pas à obtenir le grade d'officier. Mais bientôt toute la haute Italie ayant été soumise par Bonaparte, il quitta l'armée piémontaise et finit par accepter du premier Empire une place de sous-préfet àLaSpezzia (1812). Au retour des Bourbons, il occupait ce poste et se hâta d'adhérer au nouveau gouvernement, qu'il ' s'offrit à servir durant les Cent-Jours. Le rôle de l'armée sarde, qui resta constamment loin du champ de bataille, s'étant borné à. des marches et des contre-marches, Santa- Rosa ne vit point l'ennemi. Nommé à un emploi important au ministère de la guerre par le gouvernement piémontais, il se lia avec plusieurs fonctionnaires et officiers supérieurs de l'armée et forma avec eux un groupe dont le but fut l'établissement dans la Péninsule de la royauté constitutionnelle. Les affiliés à cette espèce d'association comptaient dans leurs rangs des personnages très-haut placés, au nombre desquels Hgurait le prince de Carignan. On attendait l'occasion d'agir, lorsque la constitution espagnole fut proclamée àNaples sans la moindre opposition de la part des habitants. L'Autriche, inquiète de ce mouvement qui menaçait

SANT

son influence en Italie au cas probable où il viendrait à se propager, envoya 30,000 hommes dans les Abruzzes. A cette nouvelle, les libéraux piémontais pensèrent qu'il était temps d'agir. On fixa la date du mouvement au 10 mars 1821, et toutes les villes du Piémont qui possédaient une garnison devaient y prendre part. Cependant les conjurés reculèrent au dernier moment, mais n'eurent point l'autorité nécessaire pour arrêter le mouvement. Santa-Rosa et ses amis acceptèrent cette situation et se mirent à parcourir Pignerol, Fossan, Carmagnole et Asti, en distribuant des proclamations où il était question de secouer le joug que l'Autriche faisait peser sur le roi et de mettre ce dernier en mesuré d'accepter une constitution qui fît du peuple sarde un peuple libre. Le succès de cette propagande fut complet, et lorsque, le 12 mars 1821, Santa-Rosa arriva à Alexandrie, ses agents avaient pleinement réussi à entraîner la garnison et une partie de la population. A Turin, les nouvelles venues du dehors excitèrent les esprits, et des bandes criaient dans les rues : ■ Vive la constitution espagnole 1 « réclamant ainsi un gouvernement constitutionnel. Le roi Victor-Emmanuel, n'osant se prononcer contre l'Autriche que visait directement le mouvement, osa encore moins lutter contre la population de sa capitale et abdiqua après avoir nommé régent le prince de Carignan. Un nouveau cabinet fut formé dans lequel Santa-Rosa ne tarda point à prendre place. Il poussait à la guerre contre l'Autriche. Le régent ayant abandonné son poste, le mouvement menaçait d'avorter, lorsque le chevalier Dal Pozzo et Santa-Rosa rele* èrent le courage de leurs amis. Un régiment ayant quitté Novare où se trouvait 1 ex-roi pour revenir à Turin et prendre part au mouvement, Santa-Rosa se sentit appuyé et donna les ordres nécessaires à la concentration des troupes autour d'Alexandrie. Un manifeste lancé par l'ex-roi vint jeter la division dans les rangs des révolutionnaires; plusieurs fonctionnaires qui avaient accepté une situation sous le nouveau pouvoir se détachèrent de lui sur l'ordre du roi, et la désorganisation du parti constitutionnel fut la conséquence de leur départ. Santa-Rosa était réduit à de faibles ressourées et comptait à peine 5,000 ou 6,000 hommes à opposer au général comte de Buona qui avançait sur Novare à la tète d'un corps

| autrichien. La rencontre eut lieu le 8-avril,

' et l'armée constitutionnelle céda presque au premier choc. Santa-'Rosa, même après cet échec qui lui enlevait tout espoir, résolut de

' continuer la résistance; il se dirigea vers Gènes avec tout ce qu'il put y ramener de

' ses partisans ; mais il trouva la ville peu disposée à le recevoir. Là, quelques amis leur facilitèrent la fuite, et ils purent ainsi échapper à la sentence de mort qui avait été prononcée contre eux à Turin* Santa-Rosa no resta que peu de jours en Espagne et se rendit incognito à Paris, où il se cacha sous le nom de Conti et publia son Histoire de la révolution piémontaise. Mais, en dépit du soin que M. Cousin prit de le soustraire à la police, Santa-Rosa eut l'imprudence de se rendre dans un café, fut arrêté et reçut Alençon pour résidence. Il obtint enfin de se retirer en Angleterre, où il se fit professeur d'italien et de français. Las de ce métier, il partit, en 1824, pour la Roumanie, sollicita vainement le commandement d'un régiment et, fatigué de voir qu'on ne lui répondait point, il partit de Napoli le 10 avril, habillé et armé en soldat, rejoignit le quartier général à Tripolitza et finit par se faire tuer, le 8 mai 1824, dans la défense de l'Ile de Sphactérie attaquée par les Turcs.

Santa-Rosa était un bon soldat, un citoyen dévoué à la cause libérale. Il lui a manqué pour réussir dans son entreprise l'appui de i ses concitoyens, qui ne sentaient point alors I le besoin de réformes politiques. Il aura néanmoins la gloire d'avoir tenté le premier de secouer dans la haute Italie le joug d'une puissance qui ne devait en être chassée que plus de quarante ans après cette première tentative.

SANTE (Gilles-Anne-Xavier de La), poëte latin moderne. V. La Santé.

SANTÉ s. f. (san-té — lat. sanitas; de sanus, sain, en bonne santé). Etat d'une personne dont les fonctions ne sont troublées par aucune maladie : Etre en santé. Avoir de la santé. Perdre la santé. Recouvrer la santé. Visage brillant, resplendissant de santé. C'est une précieuse chose que La santé, et la seule qui mérite à la vérité qu'on emploie, non le temps seulement, la sueur, la peine, les biens, mais encore la vie, à sa poursuite. (Montaigne.) Les bonnes mœurs produisent la santé. (Fén.) Pour avoir la santé, il faut que le corps soit agité et que l'esprit se repose. (Voiture.) Il ny a point de gens qui perdent la santé plus tôt que ceux gui ont trop de soin de la conserver. (Amelot.) Quand on a tûté de tout, on voit qu'il n'y a que la SANTÉ de bonne dans ce monde, (Volt.) Il n'y a que deux choses qui devraient principalement nous occuper ici-bas : la vertu et la santé. (Leibniz.) La santé est incompatible avec un entier repos. (Frédéric II.) Une âme saine peut donner du goût à des occupations communes, comme la santé du corps fait trouver bons les aliments les plus communs. (J.-J. Rouss.) La santé est la loi des êtres vivants.

SANT

(Proudh.) Une organisation primitivement saine et vigoureuse est une des conditions de la santé. (L. Cruveilhier.) La santé est l'état normal de l'homme. (Riispail.) La santé est une des conditions du génie. (J. Janin.)

Hélas! eana la santé, que m'importe un royaume?

La Fontaine.

La. santé, dans le monde, étant le premier bien, Un homme de bon sens n'y doit ménager rien.

Reonakd.

La santé peut paraître, a la longue, un peu fade; Il faut pour la sentir avoir été malade.

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