V. Hugo
On entend le tambour aux sons vifs et pressés, Et le sol qui frémit sous les pas cadencés,
Méri et Baktuélemi.
Il Homme qui bat sur la peau du tambour, pour en tirer des sons •. Le czar Pierre /" prit dans une troupe le moindre de tous les grades, celui de tambour. (Eonten.) Je suis le petit tambour De la garde nationale.
Scribe.
Gros tambour, Nom donné quelquefois
a. la grosse caisse, u 2'ambour roulant. Caisse roulante. Il Tambour de Provence, Tambourin. Il Tambour de basque, Petit tambour n'ayant qu'un seul fond, et dont hi caisse, haute seulement de quelques centimètres, est entourée de grelots et de plaques de cuivre mobiles : Cette apparition fantasque, C'est l'Espagne du temps passé.
Aux frissons du tambour de basque, S'élançant de son lit glacé.
Th. Gautier.
— Battre du tambour, En tirer des sons : Recommencez vos chants, et vous autres, battez du tambour, et sonnes de la trompette. (Volt.) Il Imiter le son du tambour : Immobile et comme absorbé dans une profonde méditation, il avait recommencé à battru do tambour avec ses doigts sur les vitraux. (Balz.)
— Battre te tambour, Donner un signal, communiquer un commandement avec le tambour.
— Le tambour bat, Il se fait entendre :*
Le clairon résonne, La trompette sonne Et (e tambour bat.
G. Lemoisk.
— Tambour battant, Au son du tambour : La garnison sortit de la citadelle tambour battant, mèche allumée. Il Rudement, vivement, sans répit : 11 mène sa famille TAM- BOUR BATTANT.
C'est tambour battant que nous mène Le destin de qui tout dépend.
"" DÉSÂVJ01E8B.
— Auoir la peau, le ventre tendu comme un tambour, Avoir le ventre eutlé et tendu.
— Vouloir prendre des lièvres au. son du tambour, Divulguer un projet qui avait besoin pour réussir d'être tenu secret.
— Sans tambour ni trompette, Sans bruit, en secret, avec mystère : Quelle barbarie insoutenable de s'en aller ainsi sans tambour ni trompette et de nous planter là, nous ses amis, ses commensaux! (Th. Gaut.)
— Prov. Ce qui oient de la flàte retourne au tambour, Le bien trop facilement acquis se dissipe proinptement.
— Jeux. Saillie en maçonnerie faite en biais, dans un jeu de paume, et qui, platée du coté de ia grille, a pour effet de rendre la balle plus difficile à jouer, en la détournant,
— Aichit. Chacune des assises de pierre cylindriques qui compose le fût d'une colonne. U Partie cylindrique d'un édifice : Le tambour de la coupole de Saint-Pierre est percé de seize fenêtres. (H. Beyle.) Il Cumpane ou cloche d'un chapiteau corinthien.
— Fort if. Retranchement qui couvre la porte d'une ville ou l'entrée d'un ouvrage.
— Mar, Assemblage de planches au moyen desquelles on isole une portion d'un bâtiment, ou l'on protège certains objets ; Lu tête du gouvernail est entourée d'un tambour, il Sorte de construction qui couvre les roues à aubes d'un bateau à vapeur. Il Partie de boucaul ou de barrique employée pour remplir un vide dans l'arrimage.
— Pêche. Filet de forme cylindrique, qu'on appelle aussi louvb.
— Mecan. Gros cylindre sur lequel un câble vient s'enrouler.
— Techu. Cylindre sur lequel est roulée lu corde ou la chaîne qui sert à monter une horloge ou une montre. Il Cylindre qui contient le grand ressort d'une montre et communique le mouvement aux rouages, soit directement, soit par l'intermédiaire d'une chaîne. Il Petite enceinte circulaire, faite en menuiserie légère, percée de plusieurs portes, et qu'on place à l'entrée de certains lieux publics pour empêcher le vent d'y pénétrer. Il Petit réduit circulaire, en métal, contenant un mécanisme de serrurerie. Il Espace dans lequel aboutissent deux ou plusieurs tuyaux. Il instrument de [orme cylindrique sur lequel est tendue une étoife, pour y broder à l'aiguille ; Broder au tambour. Sa mère avait un tambour vert sur les genoux et s'occupait à faire du tulle. (Balz.) Il Ouvrage en plâtre qu'on fait sous le manteau d'une cheminée, pour l'empêcher de fumer. Il Machine à pétrir l'argile. H Asple de grande dimension qui sert au pliage des fils de chaîne de soie, de coton et
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autres matières fines, il Machine servant à exécuter l'opération du lisage, dans les fabriques de tissus façonnés, il Lisage à tambour, Lisage qui se fait au moyen de cette machine, et qu'on appelle aussi lisagk courant ou lisage roulant. Il Couteau à tambour, Couteau à mitre ronde.
— Bcon, dotnest. Sorte de grande boite cylindrique dans laquelle on chauffe les chemises.
— Anat. S'est dit quelquefois pour tympan : L'oreille a son tambour. (Boss) Il Dépression du cartilage thyréoïde de l'âne, qui est recouverte d'une membrane tendineuse et lâche, posée verticalement k l'extrémité des lèvres de la glotte.
— Iehthyol. Nom vulgaire de quelques poissons du genre pogonias, appelés aussi grondeurs : Les tambours on/ des pores sous la mâchoire inférieure. (A. Guichenot.)
— Bot. Nom vulgaire d'une espèce d'ambore.
— Encycl. Hist. L'instrument de percussion appelé tambour se remarque dans la plupart des bacchanales sculptées sur les divers monuments antiques. Ni Homère, dans VIliade et Y Odyssée, m Pindnre ne parlent du tambour. Il en est cependant question dans V Hymne à Cybèle, attribuée à l'immortel aveugle. Vossius dérive le mot grec tympanon de l'hébreu toph, au pluriel tupliim, qui signifie aussi tambour. Suidas le fait venir du verbe tuptein, frapper. Dans les Bacchantes d'Euripide, Baeehus recommande à Ses suivants de prendre les tambours dont on a coutume de se servir en Phrygie. Les Grecs en attribuaient donc l'invention aux Phrygiens. Les Romains, à leur tour, en faisaient honneur aux Syriens. L'origine en est tout à faitprimitive, et c'est un instrument qui a dû accompagner dans leurs innombrables immigrations les descendants de ces Aryens du haut plateau de l'Asie centrale, qui passent pour la souche commune de toutes les races. Le tambour antique était un cercle de bois ou de métal, recouvert d'une peau d'animal tendue fortement. 11 avait la forme du crible ou du van, qui pourraient bien en avoir été le premier modèle. Lucien, dans la description de l'armée de Baeehus, dit que les Indiens prirent les tambours pour de petits boucliers retentissants. On employait pour cet instrument la peau de l'âne et quelquefois celle du bœuf. Le tambour était souvent orné de rubans ou bandelettes de papyrus. La surface des peaux était parfois ornée de peinturas, soit de simples ligues géométriques, soit de figures. Il y. avait de très-petits et de très-grands tambours (tympaniolum et tympanum majus) et d'autres de taille intermédiaire {tympanum levé). On se servait le plus ordinairement de la main pour frapper sur la peau tendue. L'emploi des baguettes n'était pas aussi fréquent. Pour augmenter le bruit, on adaptait à l'instrument, comme au sistre, de petites plaques de métal ou des clochettes. Sur un fragment de terre cuite publié dans les Lampes antiques de Bartholi, elles ont la forme de petits grelots. Sur un bas-reljef du musée Pio-Clement'mo, représentant Sémélé ramenée des enfers par Baeehus, les tambours ont de petites lames rondes de métal, comme ils en ont encore aujourd'hui. On se servait aussi du thyrse pour faire résonner l'instrument. Le tympaiium se voit sur beaucoup de monuments relatifs k Cybèle et à Baeehus, que le poète Orphée appelle le dieu du tambour. Une légende mystique en attribuait l'invention aux corybantes , voulant empêcher Saturne d'entendre les cris de l'enfant Jupiter. Cybèle est toujours figurée le coude appuyé sur un tambour, à moins que ce ne soit un crible ou van tuai interprété. Le tympanum devint un signe d'effémiuatiori parce que les hommes consacrés au culte de Cybèle en faisaient usage. Les joueuses de tympanum furent mises dans la classe des courtisanes. Elles étaient appelées tympanistria, et la licence de leurs mœurs était très-grande.
La première forme du tambour a été un cercle de bois recouvert d'une peau. Plus tard, le cercle est devenu caisse, bassin; le métal a été substitué au bois. L'origine des grands . tambours est toute militaire. Les Indiens en faisaient usage, selon Suidas ; ils furent introduits eu Europe vers les premiers temps de la décadence romaine. Les Indiens les avaient légués aux Maures, ceux-ci aux Espagnols vers le commencement du vue siècle. La France ne connut le tambour militaire qu'au xive siècle. Il en est fait mention pour la première fois dans les chroniques de Froissart, à la narration de l'entrée u'Edouard III k Calais {3 août 1347). Toutefois, du xv« au xvne siècle, le mot bedon désignait le gros tambour de guerre dont nous parlons. Selon Estienne Pasquier, le nom de caisse fut donné aux tambours par les soldats vers le x.vte siècle, on prenait ainsi la partie pour le tout. Quoi qu'il eu soit, l'expression resta et servit à former les dénominations de caisse claire, caisse roulante, grosse caisse. La caisse claire est l'ancien tambour. Le corps principal est en laiton ; les peaux sont tendues sur le fût à l'aide de deux grands cercles de bois percés de trous, dans lesquels on passe des cordes qu'on bande il volonté au moyen de morceaux de buffle nommés tirauts. La caisse roulante est un fût cylindrique allongé, d'un diamètre moindre que celui de la caisse claire ;
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le son en est plus doux: elle s'employait plus particulièrement pour les roulements; delà son nom. La grosse caisse a une très-grande circonférence ; le corps cylindrique qui reçoit les peaux est très-bas. La grosse caisse ne sert généralement que dans la musique militaire; cependant, al exemple de Rossici, plusieurs compositeurs l'ont introduite dans certains morceaux d'opéra. Le tambour joue depuis quelque temps un rôle assez important dans l'orchestre. Meyerbeer en a fait un heureux usage dans l'Étoile du Nord, et l'adjonction du fifre achève de donner au morceau un caractère de couleur locale, un cachet de vérité saisissant.
— Art milit. L'infanterie se sert maintenant dans tous les pays de tnmàours. Cependant, partout aussi l'infanterie légère a remplacé cet instrument un peu lourd, un peu embarrassant par le clairon, le cor, le cornet, le bugle ou le .sifflet. Nos chasseurs a pied n'ont pas de tambours; nos régiments d'infanterie ont tambours et clairons.
Les principales batteries du tambour sont : battre la diane, pour éveiller les soldats; battre la marche; battre aux champs, pour avertir qu'on va se mettre en marche ou pour rendre honneur au chef de l'Etat, à un ministre, à un maréchal de France, etc.; battre l'assemblée ou le rappel; battre la charge (v. CBARûii) ; battre la retraite; battre un ban, pour la punition d'un militaire, la réception d'un officier, la décoration d'un soldat ou d'un officier, etc.; on ouvre et on ferme le ban; battre ta fricassée, pour faire avancer un corps en bataille et prévenir qu'on pose le drapeau ; battre la chamade, pour annoncer dans une ville assiégée qu'on capitule ; battre à l'ordre; battre la breloque ou la fascine, battre d'une manière rompue ; battre à la paille, pour faire rompre les rangs; battre au drapeau, pour aller au drapeau ou pour la prise du drapeau; battre in corvée ; battre la distribution ; battre la générale (v, oknkralk); battre te roulement, etc.
On appelait autrefois tambourineur et on appelle aujourd'hui tambour le soldat qui bat le tambour dans les régiments. Il y a deux tambours par compagnie. Us touchent une haute paye de 0 fr. 10 par jour. Leur costume a souvent varié ; aujourd'hui, il est le même que celui du reste du régiment; seulement ils portent comme signe distinctif des galons brochés rouge et bleu sur fond blanc au collet et au parement des manches. Dans chaque régimeut, il y a une école de tambours.
Les premiers tambours mentionnés dans les ordonnances remontent à François Ict. Il y avait quatre tambours par 1,000 hommes.
» Le tambour mérite une mention particulière parmi les types de l'année. Il a l'allure dégagée, un air crâne, une manière provocante de porter son képi, une certaine façon conquérante de se camper sur la hanche en frisant sa moustache, un je ne sais quoi enfin qui fait l'admiration des fillettes et le désespoir des conscrits.
» Un académicien dirait du tambour qu'il a du caractère, un romantique du 6rio, un réaliste du cachet; les troupiers affirment qu'il a du chic. C'est le mot qui peint le mieux la chose.' Au moral, le tambour a. des tendances frondeuses qui se manifestent par des lazzis sareastiques, décochés hardiment.
» Le tambour doute de tout, ricane de tout, lance ses traits acérés sans s'inquiéter du grade de ceux qu'ils atteignent, se fait quelquefois pardonner ses épigrarames à force u'esprit, en est le plus souvent puni par la prison. Il y entre en chantant un refrain satirique, et à peine en est-il sorti qu'il recommence à exercer sa langue caustique aux dépens de plus fort que lui.
» Les tambours sont généralement très-braves ; ils n'ont jamais voulu admettre comme règle de conduite l'article du règlement qui les place derrière les colonnes pour battre les charges. Us courent pèle-méie au milieu des compagnies, se ruant sur l'ennemi et, tout en courant, ils frappent leur caisse, la tenant ' d'une main, maniant une baguette de l'autre. Souvent ce fut un tambour qui arriva le premier sur les retranchements ennemis ; la tradition l'atteste.
» Les fam&otirs ont eu, dans maintes circonstances, des inspirations heureuses qui furent le salut des armées. « (Louis Noir, Souvenirs d'un zouave à Sotférino.)
— Mus. Le tambour de basque est un instrument de musique à percussion, dont on se servait naguère encore dans la musique militaire, et qui n'a pas cessé d'être en usage dans la musique de ballet. U est surtout populaire en Espagne, où il accompagne merveilleusement les danses vives, accentuées et entraînantes de ce pays. C'est un petit tambour k un seul coté et qui se frappe, non avec des baguettes, comme le tambour ordinaire, mais avec la main. Il se compose d'un cercle de bois très-mince, de t>">,05 ou 0m,0S de hauteur, tendu d'une seule peau, et dans lequel sont pratiquées de petites ouvertures garnies de légères petites lames de cuivre qui résonnent par le choc lorsqu'on agite l'instrument. On tient de la main gauche l 'instrument, ou l'agite eu l'air pour provoquer la sonorité de ces petites pièces métalliques, qui produisent en s'entre-choquant un frémissement rapide et singulier, et on le frappe de temps à autre de la main droite selon les
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convenances du rhythme de la musique qui . accompagne la danse. Il y a plusieurs manières de le frapper, soit en donnant de petits coups secs avec le dos de la main, soit en faisant glisser un doigt mouillé sur la peau, de manière à produire une sorte de succès- sion de petits coups très-rapides et très-vifs. Souvent, dans les danses espagnoles, les danseuses jouent des castagnettes, tandis que les danseurs se servent du tambour de basque ; d'autres fois, ce sont les femmes qui so servent de ce dernier instrument. Le tambour de basque devient d'un usage très-singulier entre les mains d'un danseur comique, qui, dans ses contorsions burlesques, le frappe avec les mains, avec les coudes, avec les pieds, avec les genoux et même avec la tète. — Tambour lapon. Cet instrument, dont se servaient les chamans, ou sorciers de la Laponie, pour se livrer à leurs opérations magiques, était formé d'une caisse elliptique, en bois de bouleau ou de sapin tiré d un arbre planté dans un lieu sacré, le tronc incliné vers le cours du soleil. Cette caisse, longue ordinairement de 19 pouces, large de 10 et épaisse de 3 1/2, était recouverte d'une peau de renne tannée. La baguette, en corne de . renne, avait 7 pouces de longueur et était taillée en forme de T. Outre les dessina dont la surface de la caisse était ornée, la peau se divisait en trois compartiments, représentant, au moyen .de figures mythologiques et de signes symboliques, le premier le ciel, le second la terre et le troisième l'enfer. Les figures et les signes étaient peints avec du sang. On trouve aussi des tambours lapons postérieurs a. l'établissement du christianisme en Laponie, et qui, au lieu des ligures et des signes païens, portent les images du Christ, des apôtres, etc. Du reste, l'usage du tambour magique est évidemment emprunté au chamanisme asiatique, dont il forme un des principaux symboles , et on le rencontre, avec plus ou moins de variété, non-seulement chez les Lapons, mais encore chez les Groenlandais , les Ostiaks , les Tunjrouses, les Samoyèdes, les Kamtchadales et les Sibériens.
Les Lapons l'entouraient d'un culte superstitieux, et le conservaient au sein des familles soigneusement enveloppé dans une peau de lynx, comme le joyau le plus précieux. H ne pouvait être touché par une fille nubile sans perdre aussitôt sa vertu; et quand on le changeait de place, on Je transportait par des chemins infréquentés, car si, dans les trois jours, une femme venait k passer par le même endroit, un grand malheur la frappait inévitablement. Seuls, les sorciers , c'est-à-dire les hommes initiés à la science magique, pouvaient s'en servir avec efficacité; entre les mains des autres, il restait impuissant, sans compter les dangers auxquels leur profane témérité les exposait. Parmi les opérations magiques pour lesquelles était employé le tambour , il faut compter la prédiction de l'avenir, la conjuration des fléaux et des mauvais génies, la guérison des maladies, et on assistait alors aux scènes les plus étranges. Le sorcier tombait à genoux, ainsi que tous les assistants ; puis il frappait sur le tambour, d'abord doucement, ensuite plus fort, enfin de la manière la plus violente et avec une véritable frénésie. En même temps, les assistants chantaient en chœur. Bientôt l'exaltation du sorcier montait au paroxysme; ses yeux sortaient de leurs orbites, sa bouche écumait. Il roulait par terre, épuisé, et tombait dans un sommeil léthargique. On lui mettait alors le tambour sur le dos, et, tout en continuant de chanter, on veillait sur lui jusqu'à ce qu'il sortît de son engourdissement. Ace moment, il racontait comment son âme avait voyagé à travers le monde, où elle avait appris les choses passées et futures; comment aussi elle avait pénétré dans les régions des esprits et reçu d'eux les moyens de faire du bien à ses amis et de nuire k ses ennemis. Certains tambours étaient armés au milieu d'un cadran peint sur la peau et d'une aiguille mobile qui, après avoir oscillé plus ou moins longtemps sous les vibrations de l'instrument, fixait sa pointe sur un des signes symboliques, à l'aide duquel le sorcier prononçait les oracles.
— Min. Tambours et bobines. Lorsque, dans un service d'extraction, on emploie des câbles ronds, soit en chanvre, soit en fer, les deux câbles sont enroulés, l'un dans un sens, l'autre en sens inverse, sur un même tambour, dont l'axe est horizontal ou vertical, suivant les dispositions employées. Dans tous les cas, les câbles sont guidés d'aplomb au-dessus du puits au moyen de poulies de renvoi à axes horizontaux, nommées molettes.
Lorsqu'un câble , complètement déroulé, est attaché au fond du puits à la charge qui doit être élevée au jour, le poids k soulever se compose de cette charge et du poids du câble développé. A un moment donné, lorsqu'on est au milieu de la course, le poids est égal à la charge, et ensuite il devient inoindre, car l'autre côté du câble qui se déroule fait contre-poids. U suit de là que le moteur est très-chargé au départ, tandis qu'a l'arrivée sa vitesse tend à s'accélérer par la diminution de la résistance. Il en résulte un mouvement irrégulier. C'est pour remédier à cet inconvénient que l'on emploie quelquefois des tambours coniques, qui fout varier la vitesse de l'ascension. Mais un procédé ré-
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gulateur beaucoup plus simple gît dans l'emploi des bobines.
Une bobine se compose d'un tambour étroit en fonte, portant un certain nombre de bras latéraux en bois, dont les extrémités sont réunies par un cercle en fer. Il résulte de cette construction que le tambour se trouve placé au fond d'une gorge profonde, dont la largeur est toujours supérieure k celle du câble plat que 1 on doit employer.
Le câble va s'enrouler sur lui-même, de sorte qu'après chaque révolution les épaisseurs se superposeront. Le diamètre d'enroulement augmentera donc a chaque tour de deux fois l'épaisseur du câble, soit om,06 à 0=>,08.
Cette variation rapide du diamètre d'enroulement et, par conséquent, de la circonférence développée par chaque tour permet de calculer un diamètre initial tel que la variation du poids à élever soit compensée par la variatio.u de la vitesse d'ascension, de sorte que la force à développer par le moteur soit constante. Le diamètre calculé ne peut pas toujours être rigoureusement appliqué, parce que la vitesse se trouve réglée d'avance parles conditions de l'extraction. Mais on s'en rapproche autant que la permettent les circonstances.
Du reste, en définitive, les moteurB répondant à ces conditions théoriques sont rares, et en voici la raison :
Quand on commence une extraction, on ne sait pas, en construisant la machine, à quelle profondeuron s'arrêtera. Et lors même qu'uDe machine nouvelle serait installée sur un puits déjà percé, il suffit du plus petit changement dans le service pour qua les conditions théoriques ne subsistent pas. Généralement, la machine, qui fatigue beaucoup au départ, est obligée, à l'arrivée, de faire frein, le poids de la partie déroulée du câble descendant étant bien souvent supérieur à celui de la charge. Les freins sont placés entre les deux bobines; ils se composent d'une poulie en fonte entourée d'un collier en fer ou en bois.
— Ichthyol. Les tambours sont caractérisés par un corps allongé , comprimé latéralement, terminé en pointe et revêtu de grandes écailles; un museau obtus, bombé; les os de la tête caverneux ; les opercules écailleux, mais non dentelés; des pores sous la mâchoire inférieure, qui est munie de nombreux petits barbillons, adhérents à la peau et rapprochés sous la symphyse; la bouche garnie de petites dents en velours ; une double nageoire dorsale. Ce sont généralement des poissons de grande taille, dépassant souvent a longueur de 2 mètres ; ils font entendre un bruit qu'on a comparé à celui d'un tambour, d'où leur nom vulgaire, [.e grand tambour est. long de l mètre et plus et atteint le poids de 15 kilogrammes; sa couleur est argentée, sombre, avec une teinte cuivrée ou rougeâtre; il vit dans les mers d'Amérique. Le tambour rayé est d'une couleur argentée, avec des bandes grises ou noirâtres; il habite les mêmes régions.
Tambour nocturne (le) OU le Mari devin,
comédie en cinq actes et en prose, de Destouches; représentée à la Comédie-Française le 16 octobre 1762. Le baron de L'Arc, que l'on croit mort à l'année et qui, en partant, a laissé sa femme dans un de ses châteaux, y revient, sans se faire connaître, au moment où celle-ci est obsédée par deux amoureux : un marquis, qui ne soupire que pour son argent, et Léandre, jeune militaire qui, profitant de sa ressemblance »vec le mari, dont il est parent, effraye la baronne par des apparitions, où, à l'unie d'un tambour nocturne et après avoir fait fuir son rival et les serviteurs du château, il se pose en fantôme du prétendu défunt, ordonnant a sa veuve d'épouser le cousin Léandre. Le baron, instruit de cette ruse, se déguise en devin et démasque le fourbe, U la grande joie de la baronne qui, contre l'usage de la plupart des héroïnes de comédie, est restée fidèle à la foi conjugale. Cette comédie est imitée d'une pièce anglaise d'Addison , intitulée le Tambour (The Drummer), que cet auteur composa pour essayer de rapprocher le théâtre anglais du nôtre par des sujets moins compliqués que ceux qu'ont l'habitude de mettre k la scène les poètes de sa nation. Il n'osa cependant en risquer la représentation de son vivant, craignant que celte innovation ne fût pas goûtée. Il se contenta de la faire imprimer et elle ne fut jouée qu'après sa mort, avec un succès très-médiocre. « Destouches, dit un critique, eut aussi d'abord la crainte d'un faible succès pour son imitation de cette pièce. Il n'osa pus la hasarder sur la scène et ne la publia, en 1736, que par la voie de l'impression. Mais les théâtres de la province s'en étant emparés et l'ayant jouée avec succès, la Comédie-Française se décida k suivre leur exemple. » L'intrigue de cette pièce parut ingénieuse. On y trouva deux rôles tracés de main de maître, ceux d'un intendant et d'une vieille gouvernante. Les sentiments délicats des autres personnages plurent aussi au public, et l'ouviuge, applaudi k juste titre, resta au répertoire. On le jouait encore au commencement de ce siècle.
TAMBOURAH s. m. (tan-bou-râ). Instrument de musique à cordes, k l'usage des Berbères qui habitent L* Caire.
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— Ençycl. Cet instrument est très-ancien. C'est la mandoline ou guitare, que les Indiens chargent de dessins, de dorures et d'ornements de tout genre pour en faire un objet de luxe, qu'ils placent dans la pièce principale de leur habitation, en le présentant aux étrangers comme l'un de leurs plus beaux meubles. Bien que rappelant la guitare par la simplicité de sa facture, le tambourak n'a pas, comme celle-ci, de sillets ou touehettes; il se compose des deux tiers environ d'une forte calebasse desséchée, dont la partie supprimée est remplacée par une planche trèslégère, servant de table d'harmonie. Le tambouraà est monté de trois ou quatre cordes de métal, dont une de cuivre, les autres d'acier. Lorsqu'elles sont au nombre de quatre, en partant de la plus grave, ces cordes fournissent la tonique, la quarte, l'octave et la onzième. On supprime la corde la plus aiguô lorsque le tambourah n'a que trois cordes.
On croirait vraiment; en voyant l'importance que donnent les Indiens k cet instrument, qu'ils en tirent des sons délicieux et surprenants; loin de la, c'est k peine s'ils touchent de temps en temps une des quatre cordes, lorsque, couchés sur des tapis, ils chantent langoureusement uu de ces airs monotones qui ont le don de leur plaire.
TAMBOURIN s. m. (ta'n-bou-rain — dimin.
de tambour). Sorte de tambour plus long et plus étroit que le tambour ordinaire, sur lequel on bat avec une seule baguette, et qui accumpagne d'ordinaire les sons du galoubet joué pur le même exécutant : Jouer du tambourin. Le froufrou du tambourin est comme la voix traînante du vent lorsqu'il longe tes vallées étroites. (H. Tuine.)
Sautons au son du tambourin,