C. Delavigke
— Homme qui joue du tambourin.
— Air de danse dont on marque la mesure sur le tambourin.
— Etre bon cheval de tambourin, Ne pas s'effrayer du bruit, u On dit dans le même sens :
ÊTRE BON CHEVAL DE TROMI'tiTTE. Ces deUX
locutions viennent sans doute de ce que les chevaux montés par des trompettes ou par des joueurs de tambourin sont hubitués au bruit. On a fait cependant remonter leur origine à l'usage où étaient, dit-on, les anciens de corriger les chevaux ombrageux en les habituant progressivement au son des instruments et au cliquetis des armes.
— Arriver comme tambourin à noce, Arriver fort à propos, comme un tambourin qui arriverait k point pour faire danser les gens de la noce.
— Etre battu comme tambourin à noce , Etre violemment battu.
— Louer son tambourin, Accepter une in» vitation à dîner, le tambourin étant ici pour le ventre, u On dit aussi louer son ventre dans te même sens.
— Prov. Qui vit en espérance danse sans tambourin, Celui qui ne possède qu'eu espérance ne jouit pas d'un bonheur bien complet, n'a pas une satisfaction bien franche.
— Copra. Perle ronde d'un coté et plate de l'autre.
— Techn. Machine sur laquelle on porte les chaînes des étoffes de soie pour les plier.
— Encycl. Il y a plusieurs sortes de tambourins, le tambourin de Provence et le tambourin basque. Les anciens tambourins du moyen âge affectaient la forme orbioulaire et plate, ainsi qu'on peut le voir dans toutes les représentations de la Danse des morts, dans les vignettes du roman de Fauvei.
Au moyen âge, la flûte fut presque toujours mariée au tambourin, ainsi que le fait remarquer G. Kasiner [Manuel général de la musique 7Hililai"-e), si bien que le mot tabourin ou tambourin a. exprimé l'union des deux instruments, et que le musicien, qui jouait k la fois de la flûte et du tambourin s'est appelé successivement tabouor, laboureur, tabourneur, tabourineur et tambourineur.
Le tambourin basque est composé de deux instruments ; un bedon, espèce de tambour long de 2 pieds, muni d'une ouïe ou rosette k cliaque bord, et surmonté de six cordes accordées en quinte et fixées à des chevilles aux extrémités du corps sonore ; un flûtet, ilùta k trois trous, un peu plus long que le galoubet. Le musicien frappe sur le bedon pendu à son cou avec un bâton recouvert de velours. Ca double instrument a été en usage en Krance jusqu'au xvme siècle. On le retrouve encore <ie nos jours en Italie. Il est originaire de Provence.
Le tambourin de Provence comprend un long tambour, dont une d«s peaux est garnie d'un timbre, et une petite flûte à bec percée de deux trous, ce que les Provençaux nomment galoubet. A l'encontre du tambourin basque, qui pend le long du corps, il est porté en biais devant, à l'aide d'une courroie passée aux deux extrémités.
TAMBOURINAGE s.m.(tan-bou-ri-na-je — rad. tambouriner). Action de tambouriner : Un tambourinage insupportable.
— Fig. Compliments, attentions, petits soins : 4/>ae de Cftulanges a des soins de moi admirables; elle me rend le tambourinage qu'elle reçoit de beaucoup d'autres.
TAMBOURINER v. n. ou intr. (tan-bouri-ué — rad. tambourin). Battre le tambour
TAMB
ou le tambourin : Ces malheureux tapins auront-ils bientôt fini de tambouriner?
— Imiter le bruit du tambour ou du tambourin : Vous tambourinez de première force sur les carreaux. (E. Sue.)
— v. a. ou tr. Battre comme sur un tambour : Il s'avança vers la fenêtre et se mit 4 tambouriner une marche avec ses ongles.
(A. de Vigny.) Cinelli se leva; puis il alla à la fenêtre, où il tambourina une marche sur les carreaux. (Ad. Paul.)
— Frapper k coups redoublés sur : Quand aures-vous fini de lui tambouriner les épaules?
— Réclamer par les rues au son du tambour, en parlant d'un objet perdu : Il a fait tambouriner son chien.
— Annoncer au son du tambour : Tambouriner un arrêté du maire, du préfet.
— Publier, répandre ; Elle alla chez plusieurs personnes de la ville y Tambouriner l'arrivée de leur cousine Pierrette. (Bulz.) Je ne veux pas faire tambouriner mon accident, ça ferait du scandale. (G. Sand.)
Se tambouriner v. pr. Etre tambouriné : Un arrêté gui se tambourine partout.
— Se vanter bruyamment :
Tout charlatan se tambourine,
Bkranger.
TAMBOURINEUR s. m. (tau-bou-ri-neur — rad. tambouriner). Joueur de tambourin : Le grand jour arrivé, vingt-quatre coureurs à cheval, précédés chacun d'un tambourineur et d'un timbalier, parcourront la ville. (Th. Gaut.)
— Ménager jusqu'au valet du tambourineur, Montrer, par politique, de la considération pour les personnes même les moins importantes.
TAMBOORISSE s. f. (tan-bou-ri-se). Bot.
Syn. u'ambore, genre de monimiaeées.
TAMBOUR-MAÎTRE s. ni. Sous-chef des tambours, ayant le grade de caporal, et qui est chargé de dresser les élèves tambours,
TAMBOUR-MAJOR s. m. Chef des tambours, ayant un ^rade équivalent k celui du sergent-major : C'était un garçon d'une taille de tambour-major. (E. Sue.)
— Encycl, Il n'est pas démontré historiquement que, au temps des tabourins employés dans les bandes de François 1er et de Henri H, il ait été reconnu un chef des tara- • bours; mais le fait a paru supposable k quelques auteurs. Dubellay parle, dans le projet d'organisation qu'il mettait au jour, du tabourin-maiour ; c'était uns expression descriptive, «on une qualification légale. Voici comment s'exprime Dubellay. i Ce (.abourinmaiour devoit être près du collonnei, pour crier soudainement sa volonté. »Au xviiasiècle, le chef des tambours portait le nom de tambour colonel ou de tambour général. L'ordonnance de Poitiers du 4 novembre 1651 lui donna le nom de tambour-major. Son costume était alors en tout semblable à celui des autres soldats. L© bâton qu'il portait « pour châtier ses subordonnés • n'avait que cette seule destination. Il s'est changé, depuis le milieu du dernier siècle, en une longue canne k chaîne, à grosse pomme , k bout d'argent ; devenue impropre à fustiger. les coupables, elle s'est changée en un instrument de signaux. En 1786, les tambours-majors s'attifèrent de cordelières, d'écussons, de nids d'hirondelle, de gulons; mais le luxe fut poussé jusqu'à ses dernières limites sous le Directoire, sous le Consulat et sous l'Empire. Les corps privilégiés rivalisèrent en cela de somptuosité. La Restauration, qui craignait de mécontenter l'armée, outra le rtuicule. Le tambour-major devint un oripeau vivant, un prototype accoutré en charlatan ; jamais on n'avait encore vu un costume aussi compliqué. Il portait des grenades de retroussis en or, un colback orné d'une chausse distinctive, garnie de cordonnet, un sabre de 160 francs, des épaulettesde colonel. De vives plaintes furent formulées contre un abus aussi criant. Le tambour-major fut longtemps chargé en personne de l'instruction de ses tambours- mais depuis qu'on a pris les tambours- majors à la taille, ce préceptorat est devenu la fonction du caporal tambour, et le tambour-major n'a plus été qu'un télégraphe d'apparat et de cérémonie. Il y a de nos jours un tambour-major par régiment. U porte un habit richement galonné d'or et d'argent avec deux épaulettes à graine d'épinards, mélangées d'or ou d'argent et de soie de couleur. La coiffure est un colback avec un plumet. Il a rang de sergent - major, reçoit les ordres des adjudants et doit leur rendre compte de Ses actions. A huit heures et demie du matin, il passe, chaque jour, l'inspection des tambours et fait battre, aux heures ordonnées, l'assemblée, la garde, les rappels. 11 se trouva à toutes les parades et aux détilés du corps. Lorsque plusieurs corps sont réunis , le plus ancien tambour-major donne le signal de la diane et de la retraite.
TAMBOV ou TAMBOF, ville de la Russie d'Europe, ch.-l. uu gouvernement de son nom, suria gauche de la Tzna,à 1,557 kilom. S.-E. de Snint-Pétersbourg, 50S de Moscou, par 52« a' u" la.tit. N. et 390 25' longit. E.; 18,618 hab. Evêohé; cour d'appel; école de cadets et de filles nobles; gyimiase; sémi-
TAMB
naire. Fabriques de drap, verreries, corderies, manufacture d'alun et de vitriol. Commerce actif avec Moscou et Saint-Pétersbourg, en suif, cuir et laine. Cette ville, généralement bien construite , possède quelques édifices remarquables , notamment la ^maison de travail et de correction construite par Paul Icrf ]e collège, la maison des nobles et un couvent de moines. Sa fondation remonte à 1636.
TAMBOV (gouvernement de) , gouvernement de ta Russie d'Europe, entre 36° 16' et 410 5' (]e Jongit. E. et 58° &' et 55» 9' de latit. N. Il est situé entre ceux de Vladimir et de Nijni-Novgorod au N., de Riazàn k l'O., de Voronéje au S., de Saratov et de Penza à l'E. ; 66,081 kilom. carr. ; 2,157,159 hab. Il est divisé en onze districts. C'est une contrée uniforme et monotone; on n'y trouve ni montagnes élevées ni cours d'eau importants. Les rivières principales sont l'Oka, la Mokscha, le Voronéje, l'Usman, le Pulevai et le Khyper; on y trouve aussi quelques lacs , mais ils n'ont aucune importance. Le sol, sablonneux et marécageux au nord, argileux au sud, offre des districts très-fertiles et produit une grande quantité de blé d'hiver et d'étéj du seigle, de
1 avoine, du sarrasin, du millet, de l'épeautre, des fruits, des liqueurs, du chanvre, du lin, des pavots, etc. La partie septentrionale est couverte de bois et de beaux pâturages qui nourrissent des moutons et des chevaux. Les forêts fournissent d'excellent bois de construction et occupent un grand nombre de bras k la fabrication du charbon et d'ustensiles eu bois. Le pays fournit aussi beaucoup de tourbe, ainsi que du fer, de la chaux, de. l'argile, du salpêtre et du soufre. Les sources minérales y sont très-nombreuses. L'industrie y compte des manufactures de drap et de toile k voiles, un grand nombre de forges, des fabriques de suif, de colle, de verre, de vitriol, d'antimoine, des distilleries d'eaude-vie de grain, des brasseries, des tanneries, des briqueteries, des verreries, dont les produits alimentent un grand commerce, qui s'accroît, en outre, de planches et autres ouvrages en bois, résine, goudron, grain, bestiaux, laine, bois de construction, chanvre, etc.
TAMBRE (Tamaris), rivière d'Espagne (Galice). Elle prend sa source k 12 kilom. N.-N.O. do ilellid, coule k l'O.-S.-O. en passant par Sigueiro et se jette dans la baie de Noya, k
2 kilom. N. de cette ville après un cours de 100 kilom.
TAMBROM1 (Clotilde), femme savante italienne, née à Bologne en 1753, morte dans cette ville en 1817. Toute jeune, elle se fit remarquer par son goût pour les études sérieuses. Elle assistait de son plein gré aux leçons données k son frère, et, avec lui, comme en jouant, elle apprit le grec, le lutin, l'anglais, le français, l'espagnol. Le Père d'A« ponte, de la compagnie de Jéaus, s'attacha k faire éclore cette jeune intelligence, à en développer les heureux dons. Pour cela, il crut même devoir s'adjoindre un autre jésuite, le Père Colonies.
Clotilde lit des progrès rapides. A dix-huit ans, elle composa des vers grecs qui furent récités k la société des Inestricati et la rirent recevoir membre de cette société d'ôrudits. Pour se montrer digne de celte favcilr, comme remerclment et bienvenue, elle écrivit bientôt après, a l'occasion du mariage du président de cette assemblée, uu épithalaine en langue grecque Œpitalamio, gr.-itai.; Panne, in-8°) et une Ode pel parto délia contesta Spencer (Bologne, iu-4°).
L'Aea<iéinie clémentine, l'Académie étrusque de Cortonc, peu après celle des Arcadi de Rome ouvrirent leurs portes à la jeune poétesse. En 1794, 1& sénat de Bologne, lier de sa jeune savante, et usant du privilège qu'il avait de nommer des femmes comme professeurs, confia lu chaire de langue grecque k Clotilde Tuiubrom. Elle tic la garda que jusqu'en 1798, parce qu'elle se refusa k prêter le serment de haine à la royauté, serment exigé k cette' époque par les lois de la république Cisalpine. Clotilde Tumbroili quitta l'Italie et se retira en Espagne, accompagnée de son maître, le Père d'Aponte, pour qui elle avait plu» que du respect.
Lorsque le premier consul eut changé le gouvernement cisalpin, M"« Ttutibroni revint k Bologne, toujours accompagnée de Son maître. Par ordre du Vainqueur, elle reprit ses fonctions de professeur et les garda jusqu'au jour où, par l'effet de nouveaux règlements universitaires du royaume d'Italie, fut supprimée la chaire de grec. Alors elle rentra dans la vie privée et vécut dans la retraite. Le célèbre ûansse de Villoison disait » qu'il n'y avait en Europe que trois hommes capables d'écrire comme elle et quinze au plus en état de la comprendre. » Elle ne quitta jamais le Père d'Aponte et consacra k sa mémoire un tombeau qu'elle lui fit élever dans la chartreuse de Bologne. Ses ouvrages imprimés sont : Versi greci per le noize Ghisilieri, con-ta traduzione (Panne, Bodoni, 1792, in-40) ; Ode saffica greca, con la traduzione taseana (C'risopoli, 1794, in-4°); Elegia greca in onoradi Bodoni, con la traduzione diPagnini (Panne, 1795, in-4°); Orazione inaugurale per dottoramento (in chirurgia); Delta signora Maria datte lionne (Bologne, 1806, in-S»).
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TAMBBONI (Joseph), érudit italien, frère de la ).rccédente, né à Bologne en 1773, mort à Rome en 1824. Les connaissances qu'il ac- ■ quit de bonne heure en archéologie lui valurent d'être nommé à vingt ans paléographe ou inspecteur des archives de sa ville natale. Lorsque les Français envahirent la Lornbardie, Tambroni, grand partisan des idées de la Révolution, se rendit à Milan (1796), puis accompagna, comme secrétaire d'ambassade, le comte Marescalchi au congrès de Rastadt et à Vienne , où il remplaça ce dernier comme représentant de la république Cisalpine. La guerre ayant de nouveau éclaté en 1799 entre la France et l'Autriche, Tambroni retourna à Milan, qu'il dut quitter lors de l'invasion de Souvarof en Lornbardie. Il se rendit alors à Chambéry,où il se maria, fut attaché à la légation italienne à Paris après la bataille de Marengo, retourna à Milan, où il devint chef de division au ministère des affaires étrangère, reçut, en 1807, du prince Eiigène la mission de fixer les limites de l'Autriche et de l'Italie , puis remplit les fc-nctions de consul à Livourne (1809) et à Rome (1811), et rentra dans la vie privée à la chute de Napoléon. Tambroni s'adonna entièrement, depuis lors, à la culture des lettres et à l'étude des antiquités, publia un grand nombre d'articles sur les beaux-arts dans le Giornale Arcarfico , fit un voyage à Vienne et s'occupa beaucoup de la typographie romaine. Il devint membre de l'Académie de Saint-Luc, de l'Arcadie,de la Tibérine de Rome , de l'Académie des beaux-arts de Vienne et fut reçu en 1804 associé étranger à l'Institut. Indépendamment de nouvelles, de comédies et de divers ouvrages restés inédits, on lui doit : Compendio délie storie di Polonia (Milan, 1807, 2 vol. in-8°); Ode (Milan, 1816); Descrizione de'dipinti a buon fresco, e&guiti in una galleria del palaszo di Brucciano a Borna (Rome, 1816, in-fol.); Lettere intorno aile urne cinerarie disotterate nel pascolare di Castel Gandolfo (Rome, 1817, in-8°); Di Cennino Ceimi Irattato di pittura messo in luce (Rome, 1822, in-8°), édition d'un traité estimable; Lettera al signor Poletti intorno ail' anlica citta di Bouille (Rome, 1823, in-S<>); Intorno alla vit» di Canova cornmentario (Venise, 1823, in-S»), etc.
TAMBURINI (Pierre), philosophe italien, né à Biescia en 1737, mort en 1827. Après avoir lait ses études dans, sa ville natale, il entra dans les ordres et devint professeur de philosophie, puis de théologie, au séminaire épiscopal de Bresoia, Tamburini occupait cette chaire depuis douze ans, lorsqu'il se rendit à Rome sur l'invitation de Clément XIV, qui ie nomma directeur des études du collège Irlandais. En 1778, l'impératrice Marie-Thérèse le rappela en Lornbardie et lui donna une chaire de théologie à l'université de Pavie, ainsi que la direction des études du collège allemand-hongrois de cette ville et la criisure de la presse. En 1795, il prit sa retraite ; mais, lorsque deux ans plus tard les Fiançais envahirent la Lornbardie, le nouveau gouvernement le rappela en activité et le nomma professeur de morale et de droit naturel à Pavie. C'était une tâche ' des plus difficiles dans la situation politique du pays. Tamburini s'en acquitta avec un grand tact et y fit preuve de beaucoup de talent, tia chaire ayant été supprimée, il devint recteur du lycée de Bresoia. Mais lorsque Bonaparte eut pris en main le gouvernement ue la France et de l'Italie septentrionale, il fut de nouveau envoyé à Pavie comme professeur de morale, de droit naturel et du droit des gens, et occupa de nouveau cette chaire pendunt dix-huit ans. Il était plus qu'octogénaire lorsque l'empereur d'Autriche François Ier le mit a la retiaite avec le titre de président de la Faculté de droit et de politique de l'université de Pavie. Celui de ses ouvrages qui a eu le plus de retentissement est son Idée du saint-siége, qui parut sous le voile de l'anonyme à Pavie en 1784 ; quelques lignes traduites de la préface de ce livre donneront , mieux que tout commentaire, une idée de l'esprit dans lequel il a été couçu. ■ Il arrive souvent, dit l'auteur, que l'on attache un sens vague et indéterminé aux. termes les plus vulgaires et les plus usités. A l'origine, il a été décidé que tel mot devrait signifier telle chose. L'idée qu'il représentait pouvait être claire et précise au début ; mais comme les idées des hommes changent avec les temps, le mot est demeuré le même bien qu'on lui donne aujourd'hui différentes signiti cations. De là naissent l'obscurité , la confusion et une foule de discussions interminables, et l'on a conservé invariable le son du mot, qui cependant ne donne plus une idée distincte de sa signification. On pourrait citer des exemples sans nombre d'une pareille anomalie. Ainsi, à notre époque, chacun parle du saint-siége, du siège apostoàque, de la chaire de saint Pierre, de l'Eglise romaine, termes qui signifient tous la même chose et qui dans les anciens temps exprimaient une idée claire et simple, mais qui aujourd'hui ne présentent plus à 1 esprit <îue les notions les plus vagues et les plus indéterminées. On identifie aujourd'hui les choses les plusopposées ; on confond un sujet avec l'autre, le siège avec celui oui l'occupe, la chaire avec la cour de Rome, la cour avec l'Eglise; et de ce mélange naît une confusion
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d'idées par suite de laquelle tout décret qui émane de Rome est revêtu de l'autorité la plus respectable de la chaire de saint Pierre, du siège apostolique et de l'Eglise de Rome, confusion qui a eu les conséquences les plus pernicieuses, non-seulement pour les églises particulières, mais pour l'Eglise universelle et pour le siège apostolique lui-même. Dans le but de soutenir certaines décrétâtes émanées de Rome, quelques théologiens à idées étroites ont attribué au siège de Rome certaines prérogatives inconnues aux premiers âges de l'Eglise et ont mis en avant une prétendue infaillibilité ; d'autres ont contesté ces prérogatives et, dans la chaleur de la controverse, les droits véritables du saint-siége ont été méprisés et oubliés. Ces deux extrêmes proviennent du manque de notions justes et exactes sur la nature, le caractère et les propriétés du saint-siége. Le présent ouvrage a pour but d'établir ces notions.... J'y ai expliqué les droits essentiels inhérents à la suprématie du siège romain et j'ai donné quelques règles générales-pour calculer la valeur et le mérite des décrétâtes romaines et pour faire que notre conduite soit pratiquement en harmonie avec l'obéissance que nous devons à l'autorité du siège de Rome. • Dès que l'ouvrage de Tamburini parut, son auteur fut accusé de jansénisme, bien qu'il ne soit pas allé aussi loin que quelques-uns des jansénistes français ou que l'abbé Ricci dans son Synode de Pistoia. L'argumentation en est très-serrée et appuyée sur de nombreuses preuves. On en publia plusieurs réfutations a Rome et dans d'autres villes d'Italie. Tamburini a publié en outre plusieurs ouvrages de philosophie et de jurisprudence écrits dans l'esprit de l'éclectisme pur. Tels sont, entre autres , les suivants : Introduction à l'élude de lu philosophie morale (Milan, 1797); Leçons de philosophie morale et naturelle et de droit social (Pavie, 1806-1812, 4 vol.); Elementa juris naturm (Milan 1815); Considérations sur la perfectibilité de la famille humaine (Milan, 1823), livre dans lequel l'auteur combat les notions exagérées de la perfectibilité infinie et du bonheur universel dans la société humaine.
TAMBURINI (Antonio), chanteur italien, né à Faenzu le 28 mars 1800. Il reçut tout enfant les leçons de musique de son père, habile instrumentiste et directeur de musi- . que militaire. Une maladie assez grave lui ayant fait abandonner l'étude du cor, on lui donna'a neuf ans des maîtres de chant; à douze ans, ses progrès le firent admettre comme choriste à l'Opéra de Faenza. La fréquentation d'artistes exercés développa ses éminentes qualités, son instinct suppléa à son peu d'instruction, il s'exerça de lui-même et bientôt une réputation , toute locale, il est vrai, mais pleine d'encouragements, récompensa son travail et son intelligence; sa magnifique voix, qui après la mue, en 1817, était devenue une basse sonore et légère, s'était jusque - là. presque exclusivement adonnée au x chants d'église, mais le jeune artiste rêvait les applaudissements du théâtre et voulait courir le monde. Placé par cela même en opposition avec sa famille, il rompit avec elle lorsqu'il eut dix-huit ans et s'enfuit un beau jour de la maison paternelle pour aller débuter à Bologne. Son apparition causa une véritable sensation; enhardi par le succès, il parcourut successivement Mirandola,~Coreggio, Plaisance. Les rôles de Dandini dans la Cenerentola et de Mustapha uans Yllaliana in Algieri, qu'il joua dans celte dernière ville durant le carnaval de 1819, accrurent beaucoup sa réputation. Il y plut tellement qu'il fut aussitôt engagé à Naples, dans la troupe du Théâtre- Neuf. Assez froidement accueilli d'abord, il sut ensuite conquérir la faveur publique et renouvela son engagement pour l'année suivante. Les événements de 1820 ayant fait fermer les théâtres de Naples , Tamburini alla à Florence, où une indisposition qui fatiguait sa voix l'empêcha d'obtenir le succès qu'il espérait. Une fois guéri, il alla faire la saison du carnaval a Livourne et prit cette fois une revanche complète. De là, il fut engagé à Turin pour le printemps, puis pour l'automne & la Scala de Milan. Engagé à Trieste pour le carnaval de 1823, il se rendait à cette dernière Ville, lorsqu'en passant à Venise, où les empereurs d'Autriche et de Russie se trouvaient momentanément, il fut arrêté par ordre souverain, avec beaucoup d'égards toutefois, et forcé de chanter devant les deux monarques, qui le comblèrent de marques de sympathie pour son admirable talent. Après s'être fait applaudir à Trieste, il alla séjourner deux ans à Rome, puis se rendit à Venise et à Palerme. Nous atteignons de cette façon l'année 1825, époque à laquelle un imprésario fameux, Barbaja, lui fit signer un engagement pour ses théâtres de Naples, de Vienne et de Milan. Après avoir visité en 1831 l'Angleterre, il vint enfin l'année suivante à Paris, et débuta à notre Théâtre-Italien par le rôle de Daudini de la Cenerentola. Depuis lors et pendant plus, de vingt ans, Tamburini a fait les délices dé Paris, de Londres et de Suint-Péterbourg; il a.partagé les triomphes de ces inimitables artistes qui avaient nom : Giulia Grisi, Rubini et Lablache, et a mérité par la perfection de son talent d'être surnommé le Rnbiai de* ba»es-Mi!le*. Après avoir acquis