‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 893 sur 1059 · TAME · texte numérisé non relu

TAME

une belle fortune, Tamburini se retira à Sèvres, au milieu de sa famille. Peu de temps avant de quitter le théâtre, il chantait encore le Son Juan de Mozart de manière à faire dire que si l'homme avait vieilli, l'artiste était resté jeune par la sonorité de sa voix et la facilité de sa vocalisation (1854). Les principales créations de M. Tamburini sont : I Puritani, Lucia di Lammermoor , Don Giovanni, Parisina, Otello, VElisir d'amore, la Cenerentola, Il Turco in ltalia,\a. Vestale de Mereadante , Linda di Chamouni, etc. Il a chanté avec Giulia Grisi et Mario le Slabat mater de Rossini, en 1842, et a soulevé un enthousiasme indescriptible lorsqu'il a récité avec sa belle voix de basse, si pleine et si bien timbrée, la strophe Pro peccatis sub gentis. Impossible d'imaginer une mélodie plus grave et plus majestueuse; sa manière large, sabre et calme, impressionna vivement dans les quatuors. Un des triomphes de Tamburini était encore la scène de malédiction dans le deuxième acte àeZinda di Chamouni, rôle du pèref dans le rôle d'Azzo de Parisina, il exprimait avec «ne grande puissance les passions farouches et l'humeur jalouse du vindicatif mari ; on se rappelle avec quelle perfection il abordait la Lucia et comme il chantait superbement l'adagio '/oper l'amico dans Boberto Devereux; cependant, les rôles bouffes ou de mezzo carattere allaient mieux a son magnifique talent. Chanteur sans rival, il ne manquait à Tamburini que-d'être comédien et de savoir se costumer. Comme la plupart des artistes italiens, ses camarades, il a plus d'une fois paru oublier complètement qu'il assistait à une représentation théâtrale et non à un concert, et qu'il faut qu'une belle voix soit accompagnée du mouvement dramatique. Un fils de Tamburini, doué d'une voix qui ne manque pas d'agrément, mais qui ne semble pas faite pour la scène, a débuté sur un de nos théâtres lyriques et n'a fias réussi. A la suite de cet échec, il s'est ancé dans les affaires.

TAMB s. m. (ta-me). Bot. Syn. de tamieiî.

TAMIÎ, TEME ou TEAM, rivière d'Angleterre. Elle prend sa source dans le comté de Radnor, arrose la partie S. de celui de Salop et la partie O. de celui de Worcester, et se jette dans la Severn, à 2 kiloui. au-dessous de Worcester, après un cours d'environ 98 kiloin.

TAME, rivière d'Angleterre. Elle prend sa source dans le comté de Stalford, près de Dtidley, arrose celui de Warwick et se jette dans le Trent, à 12 kiloin. au-dessus de Boston, après un cours de 70 kilom.

TAMEIIAMEHA, nom de plusieurs rois des Iles Sandwich. V. Kamehameha au Supplément.

TAMEBLAN s. m. (ta-mèr-lan — nom historique). Fam. Homme qui afFecte des allures guerrières, conquérantes : Pour le tamerlan ministériel, le député de l'opposition était bousingot. (Fr. Wey.)

TAMERLAN, nom sous lequel on désigne vulgairement le héros tartare que les historiens orientaux nomment Timour long (Titnour le Boiteux), Timour Bejg (le Prince) et les Chinois Tlei-mou-eul. 11 descendait de Gengis-Iihan par les femmes et naquit à Kesch, près de Samarkand, dans le Mawaraï-Nahr ou Transoxiane, en 1336. Les légendes assurent qu'il vint au monde les mains fermées et pleines de sang. Son père, chef de la tribu de Berlas, portait le titre de howian, héréditaire parmi les rejetons des branches souveraines, et possédait à titre de fief la province de Kesch. Dressé dès son enfance à dompter les chevaux sauvages et à chasser les bêtes féroces avec les jeunes gens les plus hardis de sa tribu, emmené dans les combats à l'âge de douze ans, Tamerlan ne commença cependant à figurer dans l'histoire qu'après la mort de son père (1360), au milieu des guerres ciriles qui entraînaient l'empire de Djuggathuï à sa ruine. Déjà, tout le pouvoir était passé aux mains des émirs et les khans se succédaient en conservant à peine une autorité nominale. Devenu chef de la tribu de Berlas, Tamerlan s'unit à l'émir Hussein, qu'il avait d'abord combattu et dont il épousa la sœur, fit avec lui une invasion dans le Seïstan et reçut dans un combat deux blessures, l'une à la main, l'autre à la jambe, ce qui le rendit à la fois manchot et boiteux, puis finit par demeurer seul maître de l'empire, après avoir vaincu et mis à mort son associé devenu son rival. Néanmoins, il crut politique de ne pas prendre le titre de khan, réservé aux héritiers de Gengis, et se fit donner dans un kouriltaï (assemblée) de tous les chefs tartares celui de saheb-kéran (maître du monde), devenu héréditaire dans sa famille (1370). Ce ne fut que vers la fin de sa vie qu'il prit le titre de sultan. Après avoir dompté quelques révoltes, il commença la carrière vaste et non interrompue de ses victoires et de ses conquêtes, soumit la Khowaresmie, le Kacbgar, toute l'Asie à l'est de la mer Caspienne, le Khoraçan, la Perse, le sud de la Russie, l'indoustan, enleva la Syrie au sultan d'Egypte, détruisit Bagdad et dévasta plusieurs fois la Géorgie. En 1400, Bajazet 1er, sultan turc, ayant sommé un des vassaux de Tamerlan de lui payer un tribut, Tamerlan lui écrivit une lettre menaçante, et bientôt la

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