C. D'UilU.EVILLE
— Etat, fonctionnement des organes, au point de vue des maladies qui peuvent le troubler : Donne santé. Santé faible, chancelante. Mauvaise SANTÉ. S'il y a un bonheur que la raison produise, il ressemble à ces santés qui ne se soutiennent qu'à force de remèdes. (Fontenelle.) La mauvaise santé des femmes est due en grande partie à la mauvaise éducation. (Mme Romieu.) L'influence des passions sur la santé est énorme. (A. Rion.) L'hygiène maintient la santé dans ses conditions normales. (Ruspail.) L'homme qui jouit d'une bonne santé est heureux, gai, content; il se console avec facilité, n'est contrarié de rien, n'a que des passions douces; il est aimant, bon mari, bon père, bienfaisant, généreux. (Mérat.) Négliger de s'occuper de sa santé, c'est mal fait; s'en occuper trop, c'est bien pis. (Beauchêne.)
— Vœu que l'on fait, en buvant, pour la santé de quelqu'un : Porter une santé, plusieurs santés. Je bois à votre santé. A votre santé, madame. — A la vôtre, monsieur.
Cependant mon hâbleur, avec une voix haute, Porte & mes campagnards la santé de notre hôte.
Boileau.
— Fig. Etat normal, sain, régulier : La santé de l'esprit. La santé de l'âme nous occupe moins que celle du corps. (Acad.) La santé de l'âme n'est pas plus assurée que celle du corps. (La Rochef.) La modération 'est la santé de l'âme. (J. Droz.) La corruption est la maladie des Etats libres, mais elle est ta santé des monarchies absolues. (Ch. de Rémusat.)
La liberté dans l'homme est la santé de l'ûrne.
Voltaire.
— Petite santé, Santé faible, délicate : Je tremble toujours pour ma petite santé.
(Volt.) On ne saurait croire combien une petite santé bien conduite peut aller loin. (Réveillé- Pariae.)
— Santé de crocheteur, Santé robuste que rien ne peut altérer.
— Crever de santé, Etre plein de santé ; être fort, vigoureux.
— Officier de santé, Médecin autorisé à exercer sans avoir le titre de docteur. I! Nom qu'on donnait autrefois aux médecins, chirurgiens et apothicaires de la maison du roi et de celle de Monsieur.
— Capitaine- de la santé, Agont chargé de constater l'état sanitaire d'un navire arrivant dans un port.
— Maison de santé, Maison où l'on reçoit les malades pour un prix convenu : Ou peut prévoir que Henri, devenu roi, enverra son vieil ami faire pénitence dans quelque maison de santé. (Ph. Chasles.)
— Bureau de santé, Etablissement qui, dans les villes maritimes, est préposé à la surveillance des navires venant de pays infectés ou soupçonnés de l'être, et est chargé de faire exécuter les règlements sanitaires prescrits à leur égard.
— Bateau, canot de santé, Bateau que l'on envoie auprès des navires qui arrivent d'un pays où régnent des maladies contagieuses, pour s'assurer de leur état sanitaire.
— Service de santé, Corps de chirurgiens attachés au service de la santé dans l'armée.
!! Corps de médecins et de chirurgiens attachés au service de la santé d'un souverain.
— Garde de santé, Surveillant employé au service sanitaire d'un port.
— Billet de santé, Attestation donnée par des officiers ou des magistrats, en temps de peste, dans le but de certifier que le porteur ne vient pas d'un lieu infecté.
— Chocolat de santé, Chocolat de qualité commune, non vanillé.
— Flanelle de santé, Flanelle que l'on place sur la peau, dans un but de santé.
— Prov. Qui n'a santé, il n'a rien; qui a santé, il a tout, La santé est le plus nécessaire de tous les biens et supplée à tous les autres. Il Point ne faut demander à malade s'il veut santé, Tout malade aspire à guérir. Il Netteté nourrit santé, La propreté entretient la santé, il Santé passe richesse, La santé est un bien plus précieux que la richesse.
— Gramm. Ce n'est que dans le langage très-familier qu'on emploie quelquefois santés au pluriel dans le sens propre : Vos santés sont-elles bonnes ? en parlant à plusieurs personnes. Mieux vaudrait, en ce cas, dire votre santé.
— Encycl. Méd. On donne habituellement de la santé la définition suivante : la santé est l'état dans lequel il y a exercice libre et régulier de toutes les fonctions de l'homme. Cette définition est manifestement insuffisante; aussi beaucoup d'autres ont-elles été proposées depuis Galien jusqu'à nos jours. La santé, de même que la maladie, étant in-
SANT
connue dans son essence même, dans sa nature, c'est se livrer à un travail stérile que de chercher à donner une définition positive de cet état de l'organisme. Aussi aimons-nous mieux substituer à cette définition de la santé un exposé concis de ses caractères principaux. Avant de retracer ces caractères, il n'est peutrêtre pas inutile de rappeler la manière dont Royer-Collard a envisagé (a santé. C'est une espèce de définition, un peu prolixe peut-être, mais exacte. Suivant cet auteur, la santé est • une proportion définie dans la substance de notre corps; un certain mode de relation entre cette substance ainsi organisée et les agents extérieurs qui sont nécessaires pour que la vie se produise et se conserve, pour que les fonctions s'exécutent de manière à l'entretenir. En dehors de cette limite, en deçà et au delà, leur excès ou leur défaut amèneront bientôt un changement dans l'acte vital et tendron ta produire la dissolution et la mort. » Les caractères principaux de la sauté, d'après Il.-L. Royer-Collard, sont au nombre de quatre : « 1° la santé est un état général de l'économie; 2° dans l'état de santé, toutes les fonctions s'exécutent librement; 3» les fonctions s'exécutent, la vie s'exerce avec un sentiment général de bien-être; 1° il ne faut pas qu'un danger prochain menace d'interrompre le cours de la santé. » Ce danger étant la plupart du temps inconnu, ne peut, selon nous, être présenté comme un des caractères de la santé. Les trois premiers caractères nous semblent donc seuls bons et vrais. Pour admettre qu'un homme est en état de santé, il est nécessaire de l'examiner dans toutes ses parties; il faut analyser les appareils divers qui entrent dans son organisation, le jeu de ces appareils et les effets qu'ils produisent. Les signes de la santé se tirent donc : l« de l'intégrité anatomique des divers organes en tant qu'ils peuvent être appréciés p;ir la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût de l'observateur, ainsi que par les réponses de l'individu que l'on examine ; 2° de l'intégrité des produits matériels de ces mêmes organes. Tels sont les produits des sécrétions et des excrétions qui peuvent être appréciés par l'observateur; 3° de la manière régulière dont s'accomplit le jeu des organes; de l'intégrité, en urr mot, des fonctions organiques; 4° de l'intégrité des manifestations intellectuelles et morales. En somme, ces divers signes sont sous la dépendance de la disposition analomique et physiologique de l'individu. C'est donc l'anatomie et la physiologie qui fournissent les éléments nécessaires pour apprécier la santé. Les formes de la santé embrassent l'étude des variétés individuelles ou collectives qui se rapportent aux neuf grandes coupes suivantes : l'âge, le sexe, le tempérament, la constitution, i'idiosyncrasie, l'hérédité, les habitudes, les races et les professions.
— Administr. Capitaine de la santé. Nommé par le ministre des travaux publics, de l'agriculture et du commerce, le capitaine de Ja santé remplit, dans les ports secondaires qui n'ont pas de lazaret, les fonctions de directeur de la santé.
Dès qu'un navire est en rade, le commandant est tenu de prévenir le service de la santé avant que personne soit sorti du bord. Le capitaine de la santé se rend alors sur le navire, prend des renseignements sur la nature de la cargaison et l'état sanitaire du pays d'où elle vient. Ces deux circonstances sont constatées par une patente délivrée au Commandant lors de l'embarquement, par le consul de sa nation, patente que le commandant est obligé do présenter aux autorités sanitaires du pays où il arrive, Lorsquo l'état sanitaire du pays d'où vient le navire est bon, la patente est dite patente nette; si le pays est infecté, la patente est appelée patente brute. Ou nomme patente suspecte celle que prosente le commandant d'un navire provenant d'un pays où règne une maladie soupçonnée d'être contagieuse.
Le capitaine de la Santé, après avoir pris connaissance de la patente, eu donne acte, et cet acte s'appelle reconnaissance. II procède ensuite, s'il y a lieu, à une vérification complète de l'état sanitaire du navire, vérification que l'on appelle arraisonnement. Ces formalités remplies, le capitaine de la santé ordonne lu quarantaine ou donne la libre pratique, c'est-a-dUe le droit de débarquement.