‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 918 sur 1059 · V. Takaisk · texte numérisé non relu

V. Takaisk

TARASP, village us Suisse, cant. des Grisons, sur la rive droite de l'Inn, dans la Basse Kngadine ; 357 hab. Célèbre par ses sources thermales, qui jaillisseut d'un terrain serpentineux et calcaire. Vingt sources au moins surgissent dans un rayon de A à 5 kilom. M. le docteur Le Pileur donne les renseignements suivants sur les effets physiologiques des eaux de Tarasp : L'eau de la grande et de la petite source est excitante, tonique et reconstituante ; à faible dose, elle détermine la constipation, comme la plupart de ses congénères; à dose plus forte, elle est purgative. La petite et la grande source répondent l'une et 1 autre à des indications spécifiques, et elles produisent d'excellents effets dans une foule de cas importants.

Voici la composition chimique des eaux de ces sources. 1,000 grammes de l'eau de Tarasp contiennent :

Chlorure de sodium. . . . 36^953

Sulfate de soude 2 263

Bicarbonate de soude. . . i 701 Carbonate de chaux. ... 1 602 soit 12 grammes et une fraction de matières salines, en y joignant des traces de sels à bases de baryte, de potasse, de magnésie, d'alumine, etc. On y trouve encore de l'iode, du brome et de l'acide carbonique. Au-dessus de Tarasp se dresse, près d'un petit lac, un château tort qui offre un aspect très-pittoresque, avec ses hautes murailles, ses tours et sa chapelle. On peut visiter, aux environs : le château d'Ardetz, celui de Steinberg, le

. village de Schuls, qui possède une belle église, ! une vieille tour et des sources minérales, les ' ruines du château de Tschanerff, etc.

TARASPIC s. m. (ta-ra-spik — altér. de { thlaspi). Bot. Nom vulgaire des thlaspis et des

ibérides.

| TARASQUE s. m. (ta-ra-ske). Linguist. 1 Idiome des Tarasques, peuple de l'Amérique ; du Nord.

] — Encycl. Cet idiome appartient à la faj mille mexicaine (Amérique du Nord). Il est parlé par les Tarasques qui habitent dans la ci-devant intendance de Valladolid, Etat do Meohoacan. Lors de la conquête du Mexique par les Espagnols, les Tarasques étaient la nation dominante du puissant royaume de Mechoacan, à l'ouest de Mexico. Le tarasque est une des langues les plus harmonieuses et les plus sonores de l'Amérique. Il offre le fréquent retour de la liquide r, prononcée avec mie douceur particulière. Il manque des articulations /'et l; il distingue le c dur du k; ne commence jamais un niot par aucune des lettres b, d, g, i, r, et fait, dans le corps même des mots, fréquemment usage d'un s euphonique. Les noms y sont susceptibles d'être déclinés, si l'on considère comme désinence, ainsi que le font les auteurs des grammaires de cette langue, les suffixes ou postpositious qui y expriment les rapports des mots. Au moyen de changements de voyelles, de certaines intercalations de particules dans le radical des verbes, la conjugaison prend les voix réfléchie, causative, fréquentative, etc. Par exemple : de pireni, chanter, on fait pareponi, aller chanter; pireponi, venir chanter; de tirehaca, manger, tirehacaca, donner k manger; de larohacu, cultiver, tareralahaca, faire cultiver; de hoponi, laver, hopocuni, laver les mains, hoponduni, laver les pieds, hopomuni, laver la bouche, etc. Quelques auteurs se refusent k reconnaître au tarasque, de même qu'au cora, aucune affinité avec les autres langues américaiaes. Selon nous, la grammaire tarasque diffère peu des grammaires des idiomes de la région mexicaine, et ce qui le distingue le plus, c'est l'emploi de certains sons que ceux-ci ne possèdent pas. Mathurin Gilbert a publié en 1555 un dialogue sur la doctrine chrétienne en langue tarasque, et en 1559 un dictionnaire de la même langue. Angelo Sierra, J.-B. de Laguuas et Diego Bitsalenque ont composé des grammaires tarasques. Celle de ce dernier a été publiée par Nie. de Quixas, en 1714, à Mexico.

TARASQUE s. f. (ta-ra-ske). Représentation d'un animal monstrueux, qu'on promène dans quelques villes de France, et particulièrement à Tarascon.

— Encycl. La tradition populaire rapporte que jadis un animal amphibie se tenait sur le Rhône et sur ses bords, alors couverts d'épaisses forêts, obstruant la navigation, se plaisant à faire chavirer les bâtiments et causant des ravages sans nombre ; parfois le monstre faisait des excursions sur la terre ferme et dévorait les habitants aussi bien que les troupeaux qu'il rencontrait ; cet animal terribles appelait la Tarasque. Seize habitants des plus déterminés de la contrée entreprirent de le combattre; huit d'entre eux y périrent. Les huit autres furent les fondateurs de Beaucaire et de Tarascon.

Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée, raconte autrement les faits et rapporte k sainte Marthe, patronne de Tarascon, l'honneur d'avoir dompté le monstre en lui jetant de l'eau bénite. « Après l'ascension du Seigneur, dit-il, lorsque les disciples se dispersèrent, Marthe, son frère Lazare , sa sœur Madeleine et le bienheureux Marcelin, qui les avait baptisés, s'embarquèrent sur un navire qui n'avait ni voiles, ni rames, ni gouvernail, car les infidèles eu avaient tout enlevé; et, guidé par le Seigneur, ce bâtiment vint aborder à Marseille. Ils se rendirent ensuite dans la province d'Aix et ils convertirent beaucoup de monde... Or, il y avait alors le long du Khône, dans un bois, entre Arles et Avignon, un dragftn qui était comme un poisson à partir de la moitié du corps, plus gros qu'un bœuf, plus long qu'un cheval, qui avait la gueule garnie de dents énormes, et il attaquait tous les voyageurs qui passaient sur le fleuve, et il submergeait les embarcations. 11 était venu par mer de la Galatie, en Asie, où il avait été engendré d'un serpent marin, et tout ce qu'il touchait était frappé de mort. Marthe, émue des prières du peuple, entra dans le bois, où elle trouva le monstre qui était à manger, et elle jeta sur lui de l'eau bénite, et elle lui présenta une croix. Alors le monstre, devenu doux comme un agneau, se laissa attacher; car Marthe lui passa sa ceinture au cou, et le peuple vint le tuer à coups de lance et de pierres. Et ce dragon s'appelait la Tarasque, et, en mémoire de cet événement, cet endroit a été appelé Tarascon. •

Les bollandistes donnent une interprétation assez rationnelle des traditions populaires sur la Tarasque et sur d'autres monstres légendaires non moins célèbres du moyen âge ; ils prétendent que tous ces dragons représentent le malin esprit, le génie du mal, comme le serpent dans les traditions antiques. Dupuis a cru y reconnaître l'expression figurée de la victoire du printemps sur l'hiver, de la lumière sur les ténèbres. Le même avis est partagé par M. Lenoir dans les Mémoires de

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l'Académie celtique, t. 1er, p, i-jo. M. Fréminville (Mémoires de l'Académie des antiquaires de France, t. XI, p. 8) pense que les crocodiles ont dû infester tous les fleuves de France. Selon d'autres savants, ces monstres fabuleux sont l'emblème des ravages de la mer ou des débordements de rivières et de fleuves (Eusèbe Salverte, Des scienres occultas, note A). Quoi qu'il en soit, la fête de la Tarasque estencore très-populaire. Elle se célèbre annuellement à Beaucaire et à Tarascon, le jour de la Pentecôte et le jour de la fête de sainte Marthe.

Seize chevaliers, dits chevaliers de la Tarasque, sont chargés de solenniser le triomphe sur le monstre. Huit d'entre eux, figurant ceux qui ont été dévorés, sont cachés dans la carcasse et font marcher l'animal, en dirigeant sa grande queue ; les huit autres l'escortent triomphalement dans toutes les rues de Tarascon, au bruit des tambours et des fifres, des galoubets, des pétards tirés par intervalles et des décharges de mousqueterie, le tout précédé de farandoles provençales. Mais le plus curieux est la Tarasque ellemême, ou du moins la figure chargée déjouer le rôle de ce monstre légendaire; en voici la description authentique : Qu'on s'imagine une carcasse en bois, recouverte de toile peinte, haute de 3 pieds, large de 4 au milieu du corps et longue de S pieds jusqu'à la naissance de la queue. La tète, petite à proportion du corps, est assez semblable à celle d'un chat auquel on aurait coupé les oreilles; le monstre n'a presque pas de cou. Le corps proprement dit a à peu près la forme d'un œuf énorme; il est couvert d'écaillés longues et jaunâtres sur les bords, entre lesquelles sortent des pointes de fer semblables à des piques; quatre pattes portent l'animal, mais sont si courtes qu'il semble toucher terre et ramper ; la queue, immense et très-grosse, rappelle d'ailleurs celle d'un gros serpent. Une particularité comique de la fête, c'est que les chevaliers enfermés dans le ventre de l'image manœuvrent cette queue dans la foule, de façon à renverser les personnes qui ne s'y attendent pas; ce qui amuse beaucoup ceux qui parviennent k se préserver. Les chevaliers de la Tarasque portent un costume de fantaisie des plus galants : souliers de couleur fauve attachés par des nœuds de ruban cramoisi, bas de soie blancs, culotte de soie cramoisie, veste ronde fermée, à manches et collet renversé, garnie de franges cramoisies par la bas, sans basçmes et sans poches ; épaulettes en soie de même couleur, ceintura tricolore terminée par un flot de rubans, pique de trois pieds à la main et chapeau à la Henri IV avec rubans et panache.

TARATANTARA s. m. (ta-ru-tan-ta-ra — mot barbare, sorte de mimologisme du son de la trompette, qui se trouve dans un vers célèbre d'Ennius :

At tuba terribili sonitu taratantara dixit. Les vers qui portaient ce nom étaient ainsi appelés parce que tous les hémistiches y étaient de cinq syllabes, comme le mot taratantara). Ane. métriq. Vers de dix syllabes, avec repos aprè3 la cinquième : Mégnier-Desmarets a composé une épitre morale en taratantara. (Noël.)

TARATOUFLE s. m. (ta-ra-tou-fle — de l'ital. tarloffio, ou de l'allem, kartoffet, pomme de terre). Bot. Nom vulgaire du topinambour, dans quelques localités.

TARAUD s. m. (ta-rô — du lat. terebra, tarière. V. ce dernier mot). Techn. Pièce de fer ou d'acier en forme de vis, dont on se sert pour tarauder. Il Instrument servant à fileter les vis. Il Tarière de charron, il Morceau de bois pour tendre les cordes autour de la percha des arçonueurs.

— Encycl. Un taraud est une vis en acier trempé sur laquelle on a abattu des pans ou creusé des rainures qui rendent coupants les angles des filets. On distingue : les tarauds coniques, les tarauds cylindriques et les tarauda mères. Les premiers servent à commencer le travail; on en passe deux ou trois dans les écrous pourapprofoudirpeu à peu le filet. Les seconds terminent complètement le filet. Pour les tourner, on fait usage d'un tourne-à-gauche qui porte à son centre un trou rectangulaire dans lequel entre le taraud. Le taraud mère est celui qui sert à faire les autres taruuds; il est cylindrique et n'est employéque pour la fabrication des outils. Ce taraud s'exécute à la main avec un instrument qu'on appelle peigne, lequel n'est autre chose qu'une lame à l'un des bords de laquelle on a fait des dents exactement égales au pas de vis qu'on veut obtenir.

TARAUDAGE s. m. (ta-rô-da-je — rad. tarauder). Action ou manière de tarauder,

— Encycl. Le taraudage a pour but d'imprimer un filet ou pas de vis dans un trou cylindrique ou conique; pour cala, on commence par percer le trou d'un diamètre égal k celui du boulon qu'il doit recevoir, moins une demiprofondeur du filet; puis, à l'aide de tarauds auxquels on donne un mouvement de rotation à rlroite et à gauche a-vec un instrument appelé tourue-à-gauche, on imprime dans le trou le filet correspondant au taraud employé. Le travail du taraudage se fait a la mécanique à peu près comme k la main ; la pièce à tarauder est fixe, et l'outil, animé d'un mouvement de rotation dans les deux sens, pé-

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nôtre successivement en imprimant le filet, à mesure qu'il avance.

TARAUDER v. a. ou tr. (ta-rô-dé — rad. taraud). Creuser en spirale pour servir d'écrou. Il Creuser en spirale, en parlant d'une vis. On dit mieux fileter dans ce dernier sens.

— Par ext. Percer : Certains insectes taraudent les bois les plus durs.

TARAUDET, dit Fin..n..., troubadour du XIVe siècle, né à Flassans, près de Fréjus. Il avait composé un poëme intitulé : Enseignements pour éviter les trahisons de l'amour, dont Foulques de Pontevès fut si enchanté qu'il donna au poète la petite terre de Flassans, sur laquelle il était né. Taraudet fut aussi chargé par Jeanne de Naples de composer des Remontrances pour l'empereur Charles IV, lors du passage de ce prince en Provence. Nostradamus dit qu'il s'en acquitta très-bien.

TARAVAL (Hugues), peintre et graveur, né k Paris en 1728, mort dans la même ville en 17S5. Il était fils d'un peintre de portrait, Thomas-Raphaël, mort à Stockholm en 1750. En 1756, le jeune Hugues remporta le grand prix de peinture. Il se rendit alors à Rome, visita par la suite le Danemark et la Suède, et, de retour à Paris, fut successivement nommé agrégé (1765), puis membre de l'Académie de peinture (1769), professeur adjoint (1778), professeur en titre k l'Académie (1785), enfin sous-inspecteur de la manufacture des Gobelins. Taraval manquait d'originalité et d'imagination; mais il n'en a pas moins produit des œuvres estimables, bien qu'un peu froides, bien dessinées et correctes. Nous citerons, parmi ses peintures : le Triomphe de liacchus (1769), plafond qui se trouve au Louvre; le Triomphe a" Amphitrîte, également au Louvre; Vénus et Adonis (1765); le Repas de Tantale (17 67); le Mariage du roi saint Louis avec Marguerite (1773); Assomption de la Vierge (1775) ; la Sibylle de Cumes, la Nativité (1781); Sacrifice de Noé au sortir de l'arche (1783) ; Hercule étouffant deux serpents dans son berceau, etc. Comme graveur, on cite de lui une Scène de bal à Venise, d'après le Tintoret.

TARAXACÉ, ÉE adj. (ta-ra-ksa-sé — rad.

taraxacum, pissenlit). Bot. Qui ressemble au pissenlit ou taraxacum.

— s. f. pi. Bot. Tribu de composées, ayant pour type le genre pissenlit.

TARAXACINE s. f. (ta-ra-kaa-si-ne — rad. taraxacum). Chiin. Substance amère extraite de la racine du taraxacum ou pissenlit.

TARAXACUM s. m. (ta-ra-ksa-komm — du gr. iaraxis, trouble; akeomai, je guéris). Bot. Nom scientifique du pissenlit.

TARAXIPPUS (de tarassein, épouvanter, ippos, cheval), génie ou dieu qui était l'effroi des chevaux. Il y avait à Olympie, au bout de l'un des côtés du stade, un autel da forme ronde, consacré k Taraxippus.» Quand les chevaux, dit Pausanias(liv. VI, ch. xx), viennent à passer devant cet autel, ils prennent l'épouvante sans qu'on sache pourquoi, et la peur les saisit tellement que, n'obéis- Sïint plus ni à la voix ni k la main de celui qui les guide, souvent ils renversent et le char et l'écuyer. Aussi fait-on des vœux et des sacrifices à Taraxippus pour l'avoir favorable. • Le voyageur grec a rapporté sur ce mythe bizarre diverses conjectures, sans être satisfait d'aucune. Une tradition fixait en ce lieu • le tombeau de Daméon, fils de Philius, qui, accompagnant Hercule dans son expédition contre Augias, aurait été tué avec son cheval en cet endroit par Créatus, fils d'Actor. Une autre y voyait le monument érigé par Pélops k Myrtil, qui avait trouvé le secret d'effaroucher les cavales d'Œnomaùs. « Pour moi, ajoute Pausanias, j'estime que Taraxippus est un surnom de Neptune. Dans l'isthme, il y a aussi un Taraxippus que l'on croit être ce Glaucus, fils de Sisyphe, foulé aux pieds de ses chevaux dans les jeux funèbres qu'Acaste lit célébrer en l'honneur de son père. A Némée, on ne parle d'aucun génie qui fasse peur aux chevaux; mais au tournant de la lice il y a une grosse roche rouge comme du feu, dont l'éclat les éblouit et les étonne, A Olympie, Taraxippus leur cause néanmoins une bien plus grande frayeur..» Il y a grande apparence que ces sortes d'épouvantails, puisquon les trouve également à Olympie, k Némée et à Corinthe, avaient pour but de rendre le succès à la course des chars plus difficile et plus glorieux; les magistrats couvraient d'une superstition populaire ce qui n'était qu'un artifice sans doute assez grossier.

TARAXIS s. va. (ta-ra-ksiss — mot gr. qui signif. trouble). Bathol. Trouble de la vision.

TABAYRE (Jean-Joseph), général et agronome français, né à Solsac (Aveyron) en 1770, mort à Rodez en 1S55. Enrôlé volontaire en 1792, il fut peu après élu capitaine et prit part au siège de Toulon et aux guerres d'Italie. Pendant la campagne d'Egypte il reçut le grade de chef de bataillon pour sa' belle conduite à Saint-Jean-d'Acre et contribua an gain de la bataille d'Héliopolïs. Tarayre devint, en 1801, adjudant général et obtint le commandement de la ville de Suez. En 1806, Louis Bonaparte, roi de Hollande' chargea Tarayre d'organiser sa garde, lé

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nomma colonel général (1806), lieutenant général (1808) et 1 envoya, en 1809, contre les Anglais débarqués dans l'Ile de Walcheren. L'annéo suivante, il rentra dans l'armée française, en qualité de général de brigade, fit la campagne de Russie, reçut le titre de baron de l'Empire et assista, en 1813, aux. batailles de Lutzen, Bautzen, Leipzig. Nommé, pendantla première Restauration, général de division, il fut chargé, pendant, les Cent-Jours, pur Bonaparte d'organiser les gardes nationales de la 13e division militaire et fut mis en nonactivité après Waterloo. De 1820 à 1822, il siégea à, la Chambre des députés dans les rangs de l'opposition libérale et devint, en 1830, commandant des gardes nationales de cinq départements du Midi. Tarayre se fixa dans l'Aveyron, où il s'occupa d'une façon toute particulière de perfectionner l'agriculture, d'établir des voies de communication, des comices agricoles, de fonder des industries importantes, etc., et publia, entre autres écrits : De la force des gouvernements ou Du rapport que la force des gouvernements doit avoir avec leur nature et leur constitution (Paris, 1819, in-8°); De la nature et de l'organisation de la force armée qui convient à un gouvernement représentatif (Paris, 1817, in-80); Importance de l'Egypte et de l'isthme de Suez (Paris, 1844, in-8°), etc.

TARAZONA (Turiasso), ville d'Espagne (Aragon) , sur le penchant de la montagne de Montcago et sur le Quelles, qui la divise en deu-x. parties, province et à 94 kilom. N.-O. de Saragosse; 10,000 hab. Evêché suffragunt de Saragosse. Belle cathédrale gothique. Fabriques de grosse draperie. Commerce en vin, huile. C'est une des plus anciennes villes de l'Espagne j elle eut le titre de municipe sous les Romains. Elle fut prise par les Arabes en 713 et reprise par les chrétiens en 1118; il s'y tint un concile en 1229.

TARAZONA-DE-LA-MANCHA, ville d'Espagne (Nouvelle-C'astille), dwns une plaine fertile, près de la gauche du Xucar, dans la province de Cuença, a 58 kilom. E. de San-Clemente; 7,000 hab. Fabriques d'indiennes et de mouchoirs. Les environs produisent beaucoup de safran, dont il se fait un grand commerce.

TARBAGATAÏ', appelée autrefois Tchoucou- Tckou, at en chinois Soun-Tsing-Tching, ville de l'empire chinois (Dzoungarie) , clieflieu de la division militaire de son nom, au

fiied oriental du mont Takta, par 46° 8' de atit. N. et 80" 18' de longit. E., à 16 kilom. de la rivière Sinilg; environ 10,000 hab. Cette ville, fondée en 1767, est entourée d'une muraille en pierre, et un canal qui reçoit les eaux de deux "petites rivières fait le tour des murs. Elle sert à la Chipe d'entrepôt pour le commerce qu'elle fait avec les Kirghiz, auxquels elle fournit des tissus de soie et de coton, en échange de bétail de toute espèce. Ses habitants entretiennent des relations commerciales avec les villes de l'intérieur de la Dzoungarie, telles que Khobdo et Ouroumtsi. La plupart des habitants de cette cité n'y fonc qu'un séjour temporaire et n'y viennent de l'intérieur de la Chine que pour affaires de commerce; on y trouve des marchands, des artisans et des cultivateurs. La population fixe ne se compose guère que de criminels chinois exilés, qui sont obligés de cultiver des terres du gouvernement. Les commerçants sont principalement des lialmouks, des Torgooutes et des Eleuthes ; ceuxci sont les anciens habitants du pays. On cultive aux environs du froment, du millet, de l'orge, des plantes potagères et du tabac. Des castors, des loutres, des ours noirs et jaunes s'y rencontrent souvent.

TARBABATAÏ-OOLA, appelée par les Kirghiz Tach-Ùara (rochers), chaîne de montagnes de l'empire chinois, dans la Dzoungarie. Elle s'élève entre les lacs Dzaissang et Balhache, et se dirige du N.-E. au S.-O., de l'Altaï au Thian-Chan. Ces montagnes sont trèshautes.

TARBARCA, île de la Méditerranée, sur la côte du l'Algérie, à 55 kdom. de La Calle. Avant la conquête de l'Algérie, la France y avait un comptoir de commerce et des établissements pour la pêche du corail.

TARBÉ (Pierre-Hnrdouin), imprimeur français, ne à Sens en 1728, mort en 1784. Il acheta l'imprimerie qui se trouvait à Sens, se livra à des recherches historiques sur la ville et le uioocse de Sens et rédigea , de a763 à 1781, l' Almanach historique de ce diocèse. Cette publication, qui eut beaucoup de vogue, contient de nombreuses anecdotes sur l'histoire civile, ecclésiastique et militaire, sur la description des lieux, etc. Pierre Tavbé eut plusieurs fils, dont les plus remarquables sont les suivants.

TARDÉ (Louis-Hardouin) , administrateur français, fils du précédent, né à Sens en 1753, mort en 1800. Il s'était fait recevoir avocat à Paris, lorsqu'il entra dans les bureaux du contrôleur général d'Ormesson. Grâce à sa vive intelligence et à son zèle, il devint premier commis des finances sous Necker et Calonne, directeur des contributions sous Lessart et fut nommé par Louis XVI, en 1791, ministre des contributions. Tarbé se signala dans ce poste élevé en réorganisant complètement l'administration des finances et en établissant la contribution foncière. Lorsqu'il

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vit que rien ne pouvait arrêter la marche de la Révolution, il donna sa démission (1792), Se cacha pendant la Terreur, puis retourna dans su ville natale, où il vécut dans la retraite, n'ayant pour toute ressource qu'une pension de 6,000 francs que lui fit donner le duc de Gaete. IL refusa, sous le Consulat, les fonctions de conseiller d'Etat et celles de préfet de la Seine. Dans ses loisirs, il cultivait les lettres et la poésie. I! a laissé en manuscrit des Poésies fugitives, dont l'une est la célèbre romance de la Folle par amour, qui commence ainsi :

C'est dans les champs de la Neustrie, et que Darondeau père a mise en musique.

TARRÉ (Charles), homme politique français, frère du précédent, né à Sens en 1756, mort à Cadix en 1804. Il alla s'établir à. Rouen, où il acquit comme commerçant une assez belle position. Nommé, en 1791, membre de l'Assemblée législative, il s'y rangea parmi les défenseurs de la royauté, attaqua les girondins et la Montagne, combattit avec chaleur les mesures philanthropiques prises en faveur des nègres esclaves , fut arrêté à Rouen et recouvra la liberté après le 9 thermidor. 11 retourna alors à Sens, ou on le nomma, en 1797, membre du conseil des Cinq- Cents. Ses opinions royalistes, son opposition au Directoire le firent comprendre sur les listes de déportation ; mais, grâce à ses amis, il put rester en France. Etant allé de nouveau habiter Rouen, il devint membre du conseil général et mourut en remplissant une mission donc il avait été chargé par les chambres d'assurance de Rouen et du Havre. C'était un homme instruit, qui se fit remarquer à la tribune par ses connaissances étendues et par la clarté et l'énergie de son langage.

TARBÉ DES SABLONS (Sébastien-André), administrateur et.écrivain français, frère des deux précédents, né à Sens en 1702, mort a Paris en 1837. Il se fit recevoir avocat au parlement de Paris, rédigea, de 1782 à 1790, 1 Almanach historique du diocèse de Sens, puis alla fonder une imprimerie à Melun, dont il fut élu maire en 1792. Arrêté pour avoir caché Adrien Duport.il recouvra la liberté après la chute de Robespierre. En 1804, il entra dans la carrière administrative et remplit de hautes fonctions dans les finances. Louis XVIII lui donna, en 1814, des lettres da noblesse. On lui doit : Détails historiques sur le bailliage de Sens (1787), publiés à la suite d'une édition de la Coutume de Sens, et un Manuel pratique élémentaire des poids et mesures (1796), qui a beaucoup contribué à populariser en France le système décimal et a eu de nombreuses éditions.

TARBÉ DES SABLONS (Adolphe-Henri) , magistrat français, fils du précédent, né à Melun en 1796, mort en 1844. Après avoir fait Ses études de droit, il entra dans ia magistrature, devint substitut du procureur du roi près divers tribunaux de province et a Paris, puis substitut près la cour royale (1826), avocat général (1830), avocat général près la cour de cassation (1832) et conseiller à la cour (1841). C'était un magistrat d'une sagacité et d'une sûreté d'appréciation remarquables. On lui doit : Deeueit des lois et règlements à l'usage de la cour de cassation (1846), ouvrage important sur les attributions et la procédure de la cour da cassation.

TARBE DES SABLONS ( Edmond- Joseph- Louis), littérateur, né à Paris en 1838. Petitfils de Sébastien Tarbé des Sablons, il est fils d'un ancien officier d'artillerie, et sa mère appartient à la famille Andryane. Fort jeune, il débuta dans le journalisme, donna, sous le pseudonyme de Znnoni , des articles de critique musicale au journal l'Epoque, puis entra nu Figaro, auquel il collabora soit sous son nom, soit sous des pseudonymes. Ayant quitté le Figaro, en 1868, il fonda avec M. H. de Pêne un journal du même genre, le Gaulois, dont il prit la direction l'année suivante, et auquel il a donné de nombreux articles. Depuis la chute de l'Empire, M. Edmond Tarbé a fait de cette feuille un des organes les plus ardents du parti bonapartiste. — Son frère, Eugène Tarbé des Sablons, né en 1846, s'est principalement occupé de musique. Il a publié quelques morceaux de chant et de danse et a collaboré, avec Edmond Tarbé, k la critique musicale du Figaro. Le 28 août 1874, il a obtenu l'autorisation d'établir une voie ferrée à traction de locomotives entre Rueil et Marly-le-Roi.

TARni'î (Prospor), archéologue français, né ii Paris en 1309. Il fit ses études de droit ii Paris, entra dans la magistrature et devint substitut près le tribunal civil de Reims. En

1843, il se démit de ces fonctions, et, depuis lors , il s'est entièrement livré à son }iout pour les travaux archéologiques. La Société des bibliophiles de Reims le compte au nombre de ses memhros. Indépendamment d'opuscules relatifs à des usages ou à des événements locaux, on lui doit : Travail et salaire (Reims, 1841, in-8°); les Sépultures de l'église de Saint-Demi (Reims, 1842, in-12); Trésor des églises de Heims (Reims, 1843, m-*o);I{eims,ses rues et ses monuments (Reims,

1844, in-40); Notre-Dame de Heims (1845, in- 8°); Heçherches sur l'histoire du langage et des patois de ia Champagne {is52,-î\o\.iii-&'>); la Vie et les œuvres de J.-B. Pigalle (1859) ; la Champenoise, chant patriotique ( 1870 ,

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in-80), etc. M. Tarbé a édité, de 1850 à 185É, une Collection de poètes de la Champagne antérieurs au xvi<s siècle (Reims, 15 vol. in-8u), dans laquelle on trouve les œuvres de Coquillart, deMachault, d'Eustache Deschamps, de Thibault de Champagne, de Chrestien de Troyes, etc.

TARBÉEN, ÉENNE s. et adj. (tar-bé-ain, é-è-ne). Habitant de Tavbes ; qui appartient à cette ville ou à ses habitants : Les Tarbéens. La population tàrbkennk.

TARBELL (John-Adams), médecin amérieain^ né à Boston en 1811, mort en 1864. Il étudia au collège Harvard et se rendit, en 1833, à Paris, ou il s'adonna k l'étude de la médecine. De retour à Boston, il prit le grade de docteur et pratiqua l'homœopathie, Jl a publié: The pocket homeeopatist (1849), et Sources of health (1850).

TAREES (en latin Tarba, Turba, nom que plusieurs étymologistes font venir du celtique torr, coupé, et Ai, rivière ; cette ville serait ainsi appelée parce que l'Adour s'y partage en quatre ou cinq canaux), ville da France (Hautes-Pyrénées), chef-lieu de départ, et de cant., & 849 kilom. de Paris par le chemin de fer, agréablement située au milieu d'une des plus belles plaines de France, sur la rive gauche de l'Adour, dont les eaux sont distribuées par deux larges canaux dans tous les quartiers; pop. aggl., 14,060 hab. — pop. tôt., 16,565 hab.; éveché, tribunaux de ire instance et de commerce, lycée, école d'artillerie, haras, école gratuite de dessin, etc. L'arrondissement comprend 11 cantons, 195 communes et 106,277 hab. C'est une des villes de France les mieux bâties et tes plus propres; les rues sont larges et bien percées; plusieurs sont arrosées par des eaux limpides, qui entretiennent la propreté et la fraîcheur. Les maisons, construites en marbre et en briques, couvertes en ardoise, ont un aspect agréable et possèdent presque toutes de beaux et grands jardins. Tarbes est formée en quelque sorte de deux villes aux rues irrégulières, qui se réunissent et se soudent ensemble à la place Maubourguet, située au centre de la ville, et qui sont traversées dans toute leur largeur par une rue unique, allant du pont de l'Adour à la route de Pau.

— Monuments. Le principal édifice de Tarbes est sa cathédrale, classée avec raison au nombre des monuments historiques. Elle appartient a la dernière période romane et on y vojt déjà poindre timidement le gothique du xue et du wii* siècle. Elle s'élève sur remplacement du premier château des comtes de Bigorrô : « Son chevet k trois absides inégales, dit M. Cénac-Moncaut, s'ouvre sur le trunssept par trois arcades ogivales très-uecusées, celle du centre ayant une hauteur double de celle des bas-côtés. La grande nef est formée de quatre travées sans nefs latérales ; elle se distingue par l'absence complète de toute sculpture : point de chapiteaux historiés, point d'archivoltes, point de voussures à chevrons ou à palmettes ; les clefs de voûte elles-mêmes ne se composent que d'un simple tourteau évidé portant l'écu de Bigorre. La charmante coupole du transsept rappelle le style le plus pur de la première époque ogivale : elle est de forme octogone et reçoit la lumière par quatre ogives élégantes, situées aux quatre points cardinaux. Le maître-autel est soutenu par six belles colonnes de marbre d'Italie, œuvre du sculpteur Ferrère, de Tarbes. » — Deux autres églises de Tarbes méritent également une mention. L'église Saint-Jean est un édifice du Xivo siècle, sauf la tour carrée du N.-E., percée de meurtrières à ses cinq étages et qui appartient à une époque antérieure. Il en est de même des grossiers chapiteaux des pilastres intérieurs, qui ont fait très-probablement partie d'un édifice primitif aujourd'hui détruit. L'église des Carmes, dite aussi église de Sainte-Thérèse, fondée en 1285 par le baron Vital de Bazillac et brûlée en 1559, est presque entièrement moderne, par suite des nombreuses restaurations qu'elle a subies. Il ne reste guère dp l'édifice primitif que le clocher, massif, carré jusqu'à la hauteur du toit de l'église et octogone dans la fiartie supérieure. Ce clocher est classé parmi es monuments historiques. Il est surmonté d'une aiguille avec huit arêtes ornées de fleurs volutées et est flanqué, jusqu'à la hauteur de sa galerie, par une tourelle carrée, 'à usage d'escalier et terminée en pyramide. A l'intérieur de la nouvelle église, on remarque plusieurs tableaux peints par M. Lagarrigue. La préfecture occupe l'ancien palais épiscopal. On retrouve encore dans le jardin les ruines d'une chapelle et d'un cloître, plusieurs inscriptions et deux statues romaines. Le nouveau palais de justice est orné d'une façade présentant plusieurs statues allégoriques en marbre. Mentionnons enfin le grand dépôt d'étalons, reconstruit en 1852, la. caserne de cavalerie, le lycée et l'hospice civil. Il ne reste plus de l'antique château de Marguerite de Béarn qu'une grosse tour, aujourd'hui enclavée dans la prison et classée parmi les monuments historiques. La principale promenade de Tarbes est le jardin Massey, qui doit son nom à l'ancien directeur des parterres de Versailles; des massifs d'arbres exotiques, des ruisseaux dérivés de l'Adour, des ponts rustiques, des tapis de gazon, font de ce jardin un des plus agréables du midi de la France. Au centre s'éleva le musée de

TARB

la ville, élégante construction en briques que surmonte une tourelle dans le style mauresque. Le rez-de-chaussée, non encore terminé, est destiné à la sculpture; le premior étage est consacré aux tableaux. Nous citerons, parmi les principaux, un beau portrait de Sebastiano del Piombo, deux autres de Cuyp, une ébauche de Carrache, puis un certain nombre de toiles modernes : des Dauzats, des Gérard, des Poitevin. Tous ces tableaux sont surmontés d'oiseaux des Pyrénées artistement empaillés. Du balcon du musée, l'œil embrasse, dans un panorama merveilleux, la vaste plaine de Tarbes et au loin la chaîne bleuâtre des Pyrénées. Parmi les antres promenades de la ville, citons encore le Prado.

Tarbes possède des marchés très-fréquentéa et des établissements industriels : une fabrique de papier, une fonderie de métaux, un atelier de construction mécanique et une filature avec carderie pour les laines et pour les lins. Les courses de Tarbes, les plus célèbres et les plus fréquentées du midi de la France, attirent tous les ans, au mois d'août, une grande affluence d'étrangers qui descendent des villes thermales de la montagne. L'hippodrome est situé au S. de Tarbes, à peu de distance delà ville. Dit reste, l'élevé des chevaux est une des principales industries du département. Signalons : la place Maubourguet, bordée des principaux hôtels et cafés de la ville ; le Prado, qui s'étend le long du canal, et un magnifique jardin an centre duquel s'élève une tour d'architecture mauresque, d'où l'on jouit d'une vue admirable.

— Histoire. A l'époque de la conquête romaine, Tarbes, déjà importante, portait le nom de Êigorra, qu'elle devait, suivuet les étymologistes, au dieu Bigorry. CrasMis en fit la conquête au profit de l'Empire et elle changea dès lors son nom primitit contre celui de Tarvia, Turba, Tarba. Après la clxite de l'empire romain, Tarbes eut k subir de fréquentes invasions des Goths, des Vandales, des Alains, des Vascons et des Sarrasins. Les Normands achevèrent son désastre en la ruinant de fond en comble au ixo siècle. Les habitants furent réduits à émigrer dans les forêts et dans les landes voisines, où ils menèrent pendant longtemps une vie errante et quasi sauvage. Ce ne fut qu'au milieu du x<3 siècle que Ta ville fut rebâtie par Raymond 1er, lequel en fit la capitale du comté do Bigorre. La proclamation des fors, en 1097 , sorte de charte constitutionnelle consentie d'un commun accord entre la noblesse, le clergé et le peuple, garantit au Bigorre et à sa capitule une paix qui permit à cette dernière de se reconstituer définitivement. Les malheurs de la guerre de Cent ans firent, au xive siècle, tomber Tarbes au pouvoir des Anglais, auxquels la possession en fut garantie par le traité de Biétigny. Le prince Noir y fit son entrée en 1360, accompagné de la princesse de Galles, sa femme, et du comte de Foix, Gaston Phœbus. qui, en sa qualité d'héritier de la maison de Béarn, devait recommencer bientôt la guerre contre les Anglais. Le Bigorre retourna en effet au Béarn, après l'expuls'mn de ces derniers. Les doctrines protestantes firent, au xvi" siècle, nonseulement à Tarbes, mais dans toute la province, de rapides progrès, mais la paix n'en fut pas tout d'abord troublée ; l'arrivée des troupes catholiques, commandées par Biaise de Montluc, fit éclater bientôt le fanatisme religieux et le pays ne tarda pas à être couvert de ruines. Montgomery , alors chef des protestants du Midi, accourut, occupa Tarbes, en chassa par représailles lc3 habitants catholiques et livra à l'incendie les couvents et les églises. Les malheureux Tarbéens étaient à peina rentrés dans leurs murs, après le départ de Montgomery, qu'un autre chef huguenot, le vicomte de Montamat, les obligea ■*>> nouveau à la fuite. Huit cents d'entre eux ayant voulu résister élevèrent des barricades et tentèrent la Iwttemais, écrasés par des forces supérieures, ils furent massacrés jusqu'au dernier. Après cette horrible boucherie, Tarbes resta complètement inhabitée pendant trois ans et, dit un chroniqueur contemporain, l'herbe poussa entre les pavés. La paix de Saint-Germain (1570) permit enfin aux habitants de rentrer dans leurs demeures, mais la lutte entre les deux partis religieux se ranima bientôt pins acharnée que jamais; Tarbes fut prise et reprise successivement quatre fois par les parties belligérantes. Les ravages de la campagne environnante furent tel3 qu'un grand nombre de paysans, abandonnant la France, allèrent chercher un refuge en Espagne et n'en revinrent jamais. L'avènement de Henri IV au trône rendit enfin à la malheureuse contrée et à sa capitale en ruines un repos dont elles avaient grand besoin : en 1607, lors de la réunion prononcée des anciens états du Béarn à la couronne de France le monarque confirma les fors et privilèges particuliers du Bigorre. On sait que la Révolution transforma l'ancienne province en un département, et Tarbes en fut choisi pour le chet-lieu. Aucun souvenir historique ne vint, signaler la ville à cette époque. En 1814, un combat très-vif fut livré bous ses murs, entre les Français ec les Anglais, et ces derniers gardèrent l'avantage. Tarbes estla patrie du conventionnel Barrère.

TARBOLTON, bourg d'Ecosse (comté d'Ayi ■),

TARC

dans le di-triet de Kyle, sur l'Ayr; pop. 3,000 hab. On s'y livre au tissage du coton, de la liiine, du fil et de la soie.

TARBOPHIS s. m. (tar-bo-fiss — du gr.

tarbos, craint?; ophis, serpent). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, formé aux dépens des couleuvres, et dont l'espèce type habite la Dalmatie.

TARBOROUG on TARBURG, ville des Etats- Unis (Caroline du Nord), ch.-l. du comté d'Edgeeombe, k 50 kilom. d'Halifax et à 100 Kilom. E. de Raleigh, sur la droite dti Tor; 4,000 hab. Commerce de bœufs, porcs, mais, tabac, etc.

TARBOUCH ou TARBOUCHE s. m. (tarbouch — turc lharbouck, même sens). Coiffure des Turcs et des Grecs, consistant en une espèce de bonnet rouge qui porte un gland de soie bleue : Un simple tarbouch de feutre rouge lui seruait de coiffure. (G. de Nerval.) De jeûnes gaillards, coiffés de tarbouchs, dont les longues houppes de soie bleue descendaient jusqu'au milieu du dos comme des gueues chinoises.... (Th. Gaut.)

TARC s. m. (tark). Nom du goudron de pin dans certains pays.

TARCAGNOTA (Jean), historien italien, né k Gaete vers la fin du xve siècle, mort à Ancône en 1566. Il était parent, de Michel Manille. Sans fortune, il chercha des ressources dans les lettres, visita les principales villes de l'Italie et de la Sicile et habita un certain temps Florence, où il obtint un emploi à la cour de Cosme Ier. Tarcagnota était trèsversé dans la connaissance du grec et du latin. On lui doit des poésies, des ouvrages historiques et des traductions. Nous citerons de lui : Délie cose morali de Plutarco (Venise, 1543, 2 vol. in-8°), trad. du grec; A che guisa si possono e conoscere e curare la infermita dell' animo (1549, in-8°), trad. de Galien ; YAdone, poSrae (1550, in-8°); Del silo e lodi délia ciltà di Nttpoli (Naples, 1566, iti-8"), description en forme de dialogue: Dell' istorie del mondo (Venise, 1562, 2 vol. in-4°), le premier essai d'histoire universelle tenté k cette époque. Dans cet ouvrage, écrit d'un Style obscur et défectueux, on ne trouve aucun esprit critique. Les faits y sont accumulés sans méthode et, au vide d'idées, au désordre de la narration, Tareagnota a joint la faute d'admettre les bruits les plus vagues pour expliquer d'une manière extraordinaire les événements les plus simples.

TARCAGNOTA (Michèle Marullo), poste latin. V. MaRULLE.

tarche s. f. (tar-che). Ichthyol. Nom vulgaire de la plie, dans certains pays.

TARCH1 (Angelo), compositeur italien, né à Naples en 1759, mort k Paris en 1814. 11 reçut des leçons de Sala et de Tarantino au Conservatoire de Naples, où il devint ensuite professeur. En 1781, il fit représenter son premier opéra, VArchitetto, puis en composa plusieurs autres, qui furent joués avec succès sur les principaux théâtres de l'Italie. En 1797, Tarchi partit pour la France. Arrivé k Paris, il écrivit pour la première fois de la musique sur des paroles françaises; mais, comme il connaissait fort mal notre langue, il éprouva une gêne, Un embarras qui se trahirent par un grand décousu d'idées dans sa musique. Toutefois, quelques-uns de ses opéras, tels que le Cabriolet jaune, le Trente et quarante (1799), D'auberge en auberge (1800), obtinrent un véritable succès; mais la chute d'Asioiji/ie et Allia (1S02) le détermina k renoncer k écrire désormais pour le théâtre. Il se borna, dans les dernières armées de sa vie, k donner des leçons de chant et à composer la musique des romances. Tarchi était doué d'une assez grande facilité pour trouver d'heureuses mélodies ; mais ses chants, quoique vifs et spirituels, ne coulent pas toujours de Source et manquent souvent d'originalité. Outre six opéras écrits sur des paroles françaises, ce compositeur a produit sur les scènes italiennes de nombreuses œuvres, parmi lesquelles nous nous bornerons k citer: La Caccia de Enrico IV, opéra-bouffe (1783); Adetnira, opéra séria (1785): Ihgenia in Tauride (1786); // Trionfo di Clelia; Paolo e Virginia (i"S7); Le Due rivali (1788) ; Mitridale (1788), dont le succès fut très-grand k Milan; Alessandro nell' Indie(\~t§); YApoteosed'Ercole; VEzio (1790); La Morte di Nerone (1792), etc. On lui doit aussi des oratorios, des messes, etc.

TARCHONANTHE s. m. (tar-ko-nan-te — du gr. jareftea, funérailles; anthos, fleur). Bot. Genre d'arbres et d'arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des astérées, comprenant cinq ou six espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance : On cultive dans les jardins de botanique le tarchonantiih camphré. (Th. de Berneaud.)

— Encycl. Les tarchonanth.es sont des arbustes k feuilles entières, duveteuses, blauchaires; les capitules k réceptacle velu, entourés d'un involucre turbiné, sont groupés en panicule terminale ; l'akène est surmonté d'une aigrette plumeuse. Les espèces peu nombreuses de ce genre croissent au Cap de Bonne-Espérance. Le tarchonanthe camphré atteint, dans nos cultures, la hauteur de 5 mètres; sa tige, rameuse au sommet, porte des feuilles persistantes, oblongues, entières,

TARD

coriaces, glabres en dessus, tomenteuses-argentées en dessous. Cet arbuste se cultive en orangerie, et demande un sol sablonneux, un peu substantiel, frais, mais bien drainé. Il est très-vigoureux et se multiplie de boutures et de marcoUf s faites au printemps et à l'automne. Ses feuilles, quand on les froisse, exhalent une odeur de camphre ou de romarin.

TARCHONANTHE, ÉE adj. (tar-ko-nan-tê — du rad. tarchonanthe). Bot. Qui ressemble ou se rapporte au tarchonanthe.

— s. f. pi. Section de la tribu des astérées, dans la famille des composées, ayant pour iype le genre tarchonanthe.

TARCZAL , bourg des Etats autrichiens (Hongrie) , dans le comitat de Zempltn, nu pied de la montagne de Tokay; pop. 3,500 hab. On y récolte des vins, fameux sous le nom de vins de Tokay.

TARD adv. (tar — lat. tarde, même sens). Après, etdansun tempv; relativement éloigné: Il est arrivé bienTMt.o. Lj fat ne va pas où on l'attend; il arrive tard où il n'est pas attendu. (Desmahis.) La Bruyère a écrit tard; il est mort jeune. (S. de Sacy.) L'amour, comme la petite vérole, est d'autant plus dangereux qu'il vient plus tard. (Bussy-Rab.) La raison vient tard aux gouvernements comme aux hommes. (Volt.) Malheur à gui se trompe tard ! il ne se détrompera pas. (J. Joubert.) Un amour qui vient tard est souvent plus violent. (Ste- Beuve.) La vieillesse arrive tard pour les hommes. (Mme de Rémusat.)

Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

La Fontaine.

— Aune heure très-avancée de la journée : Il n'est pas arrivé tard, puisqu'il faisait jour encore.

— Trop tard, Postérieurement à l'époque, au moment convenable : Partir, arriver trop tard. Il est moins dangereux de prendre un mauvais parti que de n'en prendre aucun ou d'en prendre un trop tard. {Fên.)Le meilleur conseil est l'expérience, mais ce conseil arriva toujours trop tard. (Mme Ancelot.) Trop tard I... e*7 un mot qui résume toute notre histoire depuis soixante ans. (E. de Gir.) On ne verse dans l'abîme que parce qu'on l'a vu trop tard pour l'éviter. (E. de Gir.)

On se couchait trop tôt, on se levait trop tard.

La Fontaine.

Pour corriger un fou, il n'est jamais trop tard.

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