C. DEtAVIQNE
— Tôt ou tard, Un jour inévitablement : Cela se fera tôt ou tard.
— Plus tôt que plus tard, Plutôt tôt que tard : Assurément, j'irai vous voir plus tôt que plus tard. (P.-L. Courier.)
Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard. Attacher ua grelot au cou de Hodilard.
La Fontaine.
— Le glus tard que, A une époque aussi tardive, k un moment aussi reculé que : Je partirai LE flus tard QUE je pourrai. On renonce à ses erreurs le plus tard quk l'on peut. (Montesq.)
— Prov. Il vaut mieux tard que jamais, Il vaut mieux faire les choses trop longtemps différées que de les omettre complètement.
— s. m. Sur te tard, A la nuit, k une heure avancée de la soirée : Sur lk tard, que tout était muet et coi partout, à l'heure du meilleur somme, un bruit s'entend. (P.-L. Courier.) On s'égaya SUR le TARD. (E. About.) La bécassine donne sur le tard; les belles pécheresses aussi. (Tousseiiel.)
— Au plus tard, Dans l'hypothèse où la chose se ferait aussi tardivement que possible : Soyez ici à deux heures, au plus tard.
— Adjectivem. Tardif, qui se produit après le tempsj le moment convenable : Il es/ tard. Il se fait tard. Si vous avez du mal à dire de votre mari, dépêchez-vous, car il est tard. (Mol.) Il est trop tard pour me coucher entre deux draps. (Le Sage.) Je ne vous cacherai point qu'il est très-T&RD..,. Or donc, adieu. (J.-J. Rouss.) Il n'est jamais trop tard pour apprendre. (Oomergue.)
— Allus.bist. Il eai trop tard, Réponse célèbre faite k la royauté en 1830.
Ce mot date de la révolution de juillet 1830, et voici dans quelle circonstance il fut prononcé. Un dernier orage avait renversé pour toujours le trône de la branche aînée des Bourbons; on était au vendredi 30 juillet, le peuple était entièrement maître de Paris et une commission, que présidait La Fayette, siégeait k l'Hôtel de ville. Charles X, k Saiut-Cloud, en proie au funeste aveugle;- , ment qui lui avait fait jouer sa couronne, conservait encore des illusions et espérait que quelques concessions le ramèneraient sur le trône. M. de Sussy, porteur de dépêches qui révoquaient les fatales ordonnances du 25, se présente k l'Hôtel de ville et remet ces nouvelles ordonnances k La Fayette. Celui-ci lui lit alors cette réponse fameuse : // est trop tard! Quelques jours après, le duc d'Orléans, chef de la branche cadette, montait sur le trône. Mais, étrange retour des choses d'ici-bas, k dix-huit ans de lk et dans des circonstances k peu près analogues, la même réponse était faite k Louis-Philippe. Lui aussi devait entendre M. de Lamariine
TARÏ)
répondre k ses concessions tardives : Il est trop tard!
« Voltaire était dans la loge de la marée li;i'e de Villars, assis entre elle et sa belle-fille, la duchesse de Villars. Le parterre, enthousiaste, sel tourna vers lui pour l'acclamer. Tous les spectateurs auraient voulu l'embrasser. « Eh bien, dit un enthousiaste, que » madame la duchesse de Villars l'embrasse » pour tout le monde. » La maréchale de Villars , celle-là que Voltaire avait adorée, se leva pour embrasser le poëte. « Non, » nonl la plus jeune! » s'écria-t- on de toutes parts. Voltaire aurait pu lui dire, à cette amoureuse rebelle : Il est trop tard! »
Arsène Houssaye.
TARDAVEL s. m. (tar-da-vèl). Bot. Syn.
de spermacoce, genre de rubiacées.
TARDEBIGG, bourg d'Angleterre, comté de Worcester, sur le canal de Worcester à Birmingham et sur un chemin de fer; 5,000 hab.
TARDENOIS, en latin Tardenensis Ager, petit pays de l'ancienne France, dans le Soissonnais (Ile-de-France). Il faisait partie de la Brie pouilleuse et son chef-lieu était La Fère-en-Tunlenois. Il est compris aujourd'hui dans le département de l'Aisne.
TARDER v. n. ou intr. (tar-dé — lat. tardare; de tarde, tard). Différer, attendre longtemps, mettre du retard : Il tarde à m'ècrire ou de m'ècrire. Ne tardez pas un moment. La Itévotulion, qui était la nourrice de Napoléon, ne tarda pas à lui apparaître comme une ennemie; il ne cessa de la battre. (Clmteaub.) Que ton retour tardait & mon impatience !
Racine.
Qu'il tarde k revenir! Quel tourment que l'attente t
Racine.
Si le sens dé vos vers tarde à se faire entendre, Mon esprit aussitôt commence à se détendre.
Boileau.
— Mettre de la lenteur dans une action : Ne tardez pas en chemin.
Allons, c'est le trahir que tarder un moment.
Voltaire.
— Impersonnelle!!!. 77 lui tarde de, Il est impatient de, il attend impatiemment que : Il me tarde de le voir, A entendre les discours, à voir la conduite de beaucoup de gens, il semblerait qu'il, leur tarde D'être malheureux. (Boiste.)
Se tarder v. pr. Véner. Faire des pas moins grands : Quelquefois les cerfs sont si gras qu'ils SB tardent de cinq ou six pouces. (E. Chapus.)
— Gramm. L'infinitif placé après le verbe neutre tarder est quelquefois précédé de la préposition de, mais beaucoup plus souvent de la préposition à ; On a trop tardé à envoyer ce secours. Au contraire, c'est toujours de qu'on met devant l'infinitif qui suit le verbe impersonnel il tarde exprimant l'idée d'un désir pressant: Il me tarde de le voir.
Les temps composés prennent l'auxiliaire avoir, et le participe passé est invariable.
— Syn. Tarder, différer, reculer. V. DIF- FÉRER.
TARDES, rivière de France. Elle prend sa source dans un petit étang situé à 4 kilom. N.-O. de Croc, dans l'urrond. d'Aubusson (Creuse); se dirige au S.-O., puis au N.-E., se grossit de la Vouize et, après un cours de G7 kilom., Se jette dans le Cher, près de la limite du département de l'Allier.
TARDETS, bourg et commune de France (Busses- Pyrénées), chef-lieu de canton, arrond. et k 13 kilom. S. de Mauléon ; pop. aggl., 714 hab. — pop. tôt., 1,004 hab. Foires.
TARDE VEN1ENTIBBS OSSA (A ceux qui viennent tard les os). Ces mots s'emploient au propre et au figuré. Dans ce dernier cas, ils s'appliquent k tous ceux qui, par négligence ou par oubli, manquent une bonne affaire.
< Boisrobert, qui arrivait au milieu du souper, s'annonça de loin par de grands éclats de voix et prit en entrant un air tellement rébarbatif, que Bautru, s'imaginant que ce convive retardataire s'indignait de n'avoir pas été attendu, s'arma de plusieurs gros os qu'il venait de ronger et les montra ironiquement k l'abbé, en lui disant : Tarde venientibus ossa! »
Le bibliophile Jacob.
■ a On peut être franc avec M. de Rémusat. Si on lui reproche tout bas son demi-acquiescement k une mauvaise littérature, on peut le lui dire tout haut; car il pense que la postérité n'est pas faite pour* nous, qui venons trop tard : Tarde venientibus ossa. »
Paulin Limayrac.
« La foule enflait toujours.
« On étouffe 1 < criaient les femmes. « Çk, » vous allez me trouer mon habit neuf avec » vos os pointus, » disait un garçon tailleur k une maigre et sèche fille de trente ans, qui menaçait son mari futur du vieux proverbe, si généralement vrai, de toutes les tables et de toutes les filles : Tarde venientibus ossa. ■ Alpuomse Esquiros.
TARD
TARDIED, famille de graveurs français distingués, dont les principaux membres furent les suivants :
TARDIEU (Nicolas-Henri), graveur, né à Paris en 1674, mort dans la même ville en 1749. Il fut un des meilleurs élèves de Gérard Audian, Il se fit remarquer par son talent k rendre le sentiment et la couleur des tableaux qu'il gravait et devint membre de l'Académie en 1720. Parmi ses meilleures estampes, on cite : les Batailles d' Alexandre, d'après Le Brun;l'Appart(Km de Jésus à la Madeleine, d'après Bertin ; Y Embarquement pour Cythère, d'après Watteau; un Plafond du Palais-Royal, d'après Coypel; le Recueil des tombeaux historiés des hommes illustres, etc. — Sa femme, Marie-Anne Hortemels, née à Paris en 1682, morte en 1727, a exécuté également de bonnes gravures, notamment les portraits du Régent et du cardinal de Rohan.
TARDIEU (Jacques-Nicolas), graveur, fils des précédents, né k Paris en 1716, mort en 1791. Il entra k l'Académie en 1749 et donna des preuves de son mérite. Ses portraits surtout sont très-estimés. On cite de lui ; le Déjeuner flamand et les Misères de la guerre, d'après Teniers; Y Apparition de Jésus à la Vierge, d'après le Guide; les portraits de Marie-Antoinette, de Claude Lorrain, de Don Boullongne, etc. — Sa femme, Elisabeth- Claire TouRNAY, née en 1731, morte en 1773, cultiva le même art et laissa, entre autres gravures : la Vieille coquette, le Joli dormeur, le Concert, la Marchande de moutarde.
TARDIEU (Charles-Jean), dit Tardieu-Cocliin, graveur, fils des précédents, né k Paris en 1765, mort en 1830. Il s'adonna k la peinture et reçut les leçons de Reguault. Ses principaux tableaux sont : la Conversation du duc de Joyeuse; la Halte en Egypte; Jean Barl à la cour; l'Aveugle au marclié des Innocents, etc.
TARDIEU (Pierre-François), graveur, neveu et élève de Nicolas-Henri, né vers 1714, mort vers 1774. Il a gravé une partie des dessins exécutés par Oudry pour les fables de La Fontaine, et laissé des estampes, dont les plus estimées sont: Persée et Andromède et le Jugement de Paris, d'après Rubens.
TARDIEU (Pierre-Alexandre), graveur, parentdu précédent, ué k Paris en 1756, mort en 18J i . II pri t des leçons de Jacques-Nicolas Tardieu et de Wille, devint un artiste des plus distingués et entra à l'Académie en 1822. Cet artiste excellait k rendre le style propre k chaque peintre et k donner l'effet général, en quelque sorte la couleur de l'œuvre qu'il gravait. Ses petites estampes surtout sont jort belles. On cite particulièrement dans son œuvre : Saint Michel, d'après Raphaël ; Judith, d'après Allori ; Saint Jérôme, d'après le Dominiquin; Jluth et Booz, d'après Hersent, et ses portraits de Montesquieu, de Voltaire, de Charles XII, de Henri IV, de Marie-Antoinette.
TARDIEU (Antoine-François), dit l'E.irupode, graveur, frère du précédent, né à Paris en 1757, mort en 1822. Il fut un graveur géographe de beaucoup de talent. Ses cartes se distinguent par un Uni précieux. On cite notamment de lui : YAtlas des guerres des Français en Italie, YAtlas du voyage de Pérou aux terres australes, celui du Voyage d'Anacharsis, une partie de l'Atlas du commerce et de YAtlas de Mendelle, ses cartes des palatinats da Cracovie, de Sandomir, etc.
TARDIED (Ambroise), graveur, fils du précédent, né k Paris en 1788, mort eu 1841. 11 devint graveur du dépôt de la marine et du dépôt des fortifications et lit en même temps un commerce d'estampes et de livres. Il travaillait avec beaucoup de facilité, mais n'apportait pas k ses œuvres tout le fini désirable. On lui doit : Iconographie universelle ou Collection des portraits de tous les personnages célèbres (Paris, 1820-1828, in-8»), contenant environ 800 portraits; la Colonne de la grande armée d'Austerlitz (Paris, 1822-1823, in-4o); V Atlas de la géographie ancienne, par Rollin (Paris, 1818, in-fol.), celui de l'Hittoire universelle de Ségur (Paris, 1836, in-8°). Il a publié un Manuel législatif de la garde nationale (1831, in-12).
TARDIEU (Auguste-Ambroise),' médecin, fils du précédent, né à Paris en 181S. Après de brillantes études au collège Charlemagne, il se fit inscrire k l'Ecole de médecine. Interne des hôpitaux de Paris k vingt-deux ans, il fut reçu docteur en 1843, et agrégé l'année suivante. Nommé médecin de Lariboisière après un brillant concours, en 1850, il devint suppléant, puis, en 1861, professeur de médecine légale, en remplacement d'Adelon. La même année aussi, ii remplaçait Fleury comme médecin consultant du chef de l'Etat. Sa remarquable facilité d'élocution et la solidité de son enseignement ramenèrent en foule les élèves dans l'amphithéâtre, presque désert sous son prédécesseur, et M. Tardieu devint en peu de temps un des maîtres les plus goûtés des élèves, qui lui firent aussitôt une réputation méritée.
Cette réputation qu'il avait dans le monde des écoles, il l'eut bientôt dans le public, grâc-> aux nombreux procès dans lesquels il fut appelé en qualité de médecin légiste, notamment dans le procès du docteur Laporameraye et dans l'affaire Armand. Dans cette
TARD
dernière affaire surtout, M. Tardieu attira vivement l'attention publique. Contrairement a ce qu'avaient déclaré les médecins de Montpellier, M. Tardieu, en arrivant devant te tribunal, démontra , en s'attnchant lui-même avec des cordes, que le domestique avait très-bien pu s'attacher lui-même dans la cave de son maître. Tout cela mit le docteur Tardieu au premier rang des médecins légistes. Il s'y révéla orateur abondant, facile, disert, et montra que son talent est aussi propre à la démonstration et k l'exposition dogmatique qu'à la discussion et à la polémique. En 1864, le docteur Rayer ayant donné sa démission de doyen, ce fut M. Tardieu qu'on appela à le remplacer. Cette nomination fut chaleureusement accueillie par les élèves. Comme k côté des gens sérieux se trouvent toujours quelques farceurs, l'un d'eux afficha sur les murs de l'Ecole le quatrain suivant :
Duruy trouva le seul remède
Qui put sauver ce docte lieu :
C'est d'appeler Je ciel en aide
Et d'invoquer un peu tard Dieu.
Vers la lin de décembre 1866, à la suite des troubles survenus k l'Ecole, troubles amenés par la trop grande sévérité de M. Duruy envers les étudiants qui s'étaient rendus au congrès de Liège, le docteur Tardieu qui, un lieu de défendre ses élèves, avait, approuvé leur condamnation, fut forcé de donner sa démission. A partir de cette époque, il perdit beaucoup de sa popularité k l'Ecole, et cette popularité disparut complètement lorsqu'il fut appelé à exposer son opinion devant la haute cour de justice, lors du procès intenté au prince Pierre Bonaparte, accusé de meurtre sur la personne du journaliste Victor Noir (1870). Les étudiants en médecine protestèrent contre le langage qu'il avait tenu en cette circonstance, en l'empêchant par leurs vives clameurs, et k plusieurs reprises, de reprendre son cours. Le ministre de l'instruction publique, M. Segris, pour mettre un terme à ces manifestations, suspendit pendant un mois les cours de la Faculté de médecine (avril 1870). Elu membre de l'Académie de médecine en 1858, officier de la Légion d'honneur en 1860, il est devenu président du comité consultatif d'hygiène publique en 1867 et président de l'Association générale de prévoyance et de secours mutuels des médecins de Erance à Paris. Il a, en outre, fait partie de la commission municipale de Paris, de 1864 jusqu'à la fin de l'Empire.
Outre dos articles publiés dans le supplément au Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, dans les Annales d'hygiène publique, etc., on lui doit : Observations et recherches nouvelles sur lamorve chronique (1841, in-8°); De ta morve et du farcin chroniques chez l'homme et chez les solipèdes (1843, in-8°) ; Manuel de pathologie et de clinique médicale (1848, in-12; 3« «dit., 1805); Du choléra épidémique (1849, in-8°) ; iielation medico - légale de l'assassinat de ta comtesse de Gcerlitz (1850, in-S°) ; Voiries et cimetières (1852, in-8°); Dictionnaire d'hygiène publique et de salubrité ou Répertoire de toutes les questions relatives à la santé publique, considérées dans leurs rapports avec les subsistances, les épidémies, les professions, les établissements et institutions d'hygiène et de salubrité (1852-1854, 3 vol. in-8°), ouvrage couronné par l'Institut et réédité en 1862 (4 vol. in-8°) ; Etude hygiénique sur la profession de mouleur en cuivre (1855, in-l2)j Etude historique et médico-légale sur la fabrication et l'emploi des allumettes chimiques (1856, in-8°); Mémoire sur l'empoisonnement par la strychnine, contenant la relation médicolégale de l'affaire Palmer (1857, in-8°); Etude médico-légale sur l'attentat aux moeurs (1858, in-8»; 5« édit., 1867); Etude médico-légale sur la strangulation (1859, in-8°> ; liapport sur le service médical des eaux minérales de la France pendant l'année 185S (1861, in-4°); Elude médico-légale sur l'avortement, suivie d'observations et de recherches pour servir à l'histoire médico-légale des grossesses fausses cl simulées (1863, in-8°); Délation médiat-légale de l'affaire Courty de Lapommeraye (1864, in-8<>); Relation médico-légale de l'affaire Armand de Montpellier (1864, in-80) ; Projet de construction du nouvel Haïti- Dieu de Paris, rapport fait à la commission municipale de Paris (1865, in-8°) ; Question médico-légale de la pendaison (1865, in-8°); Empoisonnement par la strychnine, l'arsenic et les sels de cuivre, avec Lorain et Roussin (1803, in-8°); Etude sur les maladies provoquées ou communiquées (1864, in-8°) ; Etude médico-légale et clinique sur l'empoisonnement, avec M. Roussin (1858, in-8<>) ; Etude sur l'infanticide (1868, in-8°), avec planches; Etude médico-légale sur la pendaison , la strangulation et ta suffocation (1870, in-8°) ; Question médico-légale dons ses rapports avec les vices de conformation des organes sexuels (1S74, in-18). etc.
TARDIEU (Engène-Amédée), géographe, frère du précédent (Auguste-Ambroise), né k Paris en 1822. Il a suivi les cours de l'Ecole des chartes de 1839 .a 1842, s'est fait recevoir licencié es lettres et a été attaché, en qualité de géographe, au ministère des affaires étrangères. Nommé sous-bibliothécaire de l'Institut en 1857, il est devenu bibliothécaire de cet établissement en 1874. M. Tardieu a collaboré à diverses publications ofli-
TARD
cielles, à l'Encyclopédie moderne, à l'Univers pittoresque, où il a donné Sénégambie et Guinée (1847); à l'Atlas universel de géographie ancienne et moderne (1842), etc. — Sa femme, Mme Tardieu, née Charlotte de Malleville, s'est fait connaître comme pianiste et comme compositeur.
TARDIEU (Alexandre), littérateur français, de la famille des précédents, né k Rouen en 1803, mort à Paris en 1868, Il vint faire ses études de droit à Paris, où il prit le diplôme de licencié, puis se tourna vers la littérature et le journalisme. Devenu secrétaire rédacteur au Corps législatif en 1852, il fut chargé, en 1863, de la direction de ce service, qu'il garda jusqu'à sa mort. Alexandre Tardieu a publié un grand nombre d'articles de littérature, d'art, d'archéologie dans le Courrier français, le Constitutionnel, etc., et fait, k plusieurs reprises, le compte rendu de nos Salons de peinture.
TARDIEU (Jules-Romain), littérateur et libraire français, frère du précédent (Alexandre), né k Rouen en 1805, mort en 1868. S'étiini rendu k Paris, il entra comme employé dans la librairie de Renouard, devint, en 1837, associé de cette maison, qu'il dirigea pendant quelque temps après la mort de Jules Renouard (1854), et fonda lui-même, en 1856, une maison de librairie qu'il dirigea jusqu'à sa mort. Jules Tardieu s'est avantageusement fuit connaître, comme littérateur, par des ouvrages gracieux et bien écrits, publiés SOUS le nom de J.-T. de Saint-Germuin. Nous citerons de lui, outre des notices, des catalogues, des épltres en vers : Lettre aux éditeurs de Paris (1848) ; Pour une épingle (1856, in-18), petit livre qui a eu de nombreuses éditions; l'Art d'être malheureux , légende (1856, in-18); Mignon (1857, in-18); Lady Clure (1858, in-18); la Feuille de coudrier (1859, iu-32); la Veilleuse (1859, in-18); l'Art de lire les fables (1859, in-18); les Boses de Noël (1860, in-18); Pour parvenir (1861, in-32); le Chalet d'Auteuil (1862, in-18); la Miracle des roses, opérette de salon, musique de Luigi Bordèse (1862, in-12); la Trêve de Dieu, so'uvenirs d'un dimanche d'été (1862, in-18) ; le Livre des enfants qui ne savent pas lire (1863, in-8°); Quand Débé saura lire (1804, in-8°); Dolorès (1864, in-18); la Turbolière (1865, in-32); les Trente-six volontés de Mademoiselle (1866, in-18); les Extrêmes (1866, in- 18), etc. Citons encore de lui : De la perpétuité en matière de littérature et d'art (1858, in-8u).
TARDIEU (Armand-Louis), frère des précédents, né k Rouen en 1807. Il se fit recevoir avocat, puis alla se fixer à Bruxelles (1834), où il a demandé et obtenu, en 1841, des lettres do naturalisation. Il a fait une étude toute particulière des questions relatives k la propriété intellectuelle et a assisté aux congrès tenus pour débattre ces questions à Bruxelles en 1858 et a Anvers en 1861. On lui doit de nombreux articles d'économie politique et de bibliographie, insérés dans l'Indépendance belge, et des études sur la jurisprudence publiées dans les Archives de droit et de législation. Plusieurs de ces études ont été; réunies en volume (Bruxelles, 1841, in-18).
TARDIF, 1VB adj. (tar-diff, i-ve — rad. tard). Qui vient tard, qui arrive tard : Regrets tardifs. Récompense tardive. Fruits tardifs. Dans notre Occident, nous devons tout à une industrie tardive. (Volt.) L'art d'imprimer n'est que le développement tardif de l art d'écrire. (De Bonald.) Les instructions de la nature sont tardives et lentes; celtes des hommes sont presque toujours prématurées. (J.-J. Rouss.) En général, les semailles hâtives réussissent plus sûrement que tes tardives. (M. de DomWsle.) La vérité est la fille brillante et tardive du temps. (Lamenn.)
Employez bien cette saison si belle, Qu'un tardif repentir trop vainement rappelle.
M™0 DEEHOUUÉR.E8.
— Lent; qui va, qui agit tard ou lentement : Des pas tardifs. Baht disais-je en moi-même, les arbres tardifs sont ceux qui portent les meilleurs fruits. (Mol.) Nestor te reconnaît et se hâte, mais d'un pas pesant et tardif. (Fén.) Les hommes lâches sont tardifs. (V. Hugo.)
Le blé, pour se donner sans peine ouvrant la terre, N'attendait pas qu'un bceuf, pressé par l'aiguillon, Traçât & paa tardifs un pénible sillon.
Eoileau.
— Poétiq. Qui rend lent :
Les vieilles même, au marcher symétrique, Des ans tardifs ont oublié le poids.
Gaesset.
TARDIF (Guillaume), écrivain français, né au Puy-en-Velay vers 1440, mort vers la lin du xv« siècle. Il enseigna avec beaucoup de succès les belles-lettres et l'éloquence au collège do Navarre, k Paris, où il eompt;i au nombre de ses élèves le célèbre Reuchlin, Charles VIII, qui estimait son talent, le nomma son lecteur ordinaire. Tardif elait fort instruit, mais vaniteux k l'excès, ce qui fit qu'un de ses collègues écrivit coDtre lui une satire intitulée llhetor gloriosus. Flavio lui dédia, en 1467, son roman De amore Catiiilli et Emilix. Tardif a laissé les ouvrages suivants : Rheloricm arlis ac oratorio fucultalis coiupeitdium (Paris, vers 1475, in-4"),
TARD
recueil de préceptes, devenu rare; Grammatica et rhetorica (vers 1480, in-4<>)-, le Livre de l'art de faulconnerie et des chiens de chasse (Paris, 1492, petit in-fol. gothique), traité composé par ordre du roi d après d'anciens traités manuscrits, réimprimé à Paris (1506, petit in-4°), puis à Lyon, même format, k la suite des traités de Fouilloux et de Foncières; Anti-Balbica, vel recriminatio Tardiviana in Balbum (Paris, 1495, in-40 gothique). On a de lui, comme éditeur, le Poiyhistor de Solinus (Paris, vers 1472, in-4°), et il a traduit du latin, de Valla, les Apologues d'Esope (Paris, 1490, in-fol.).
TARDIF (Alexandre), littérateur français, né en 1801. 11 a fait ses études k Paris, puis s'est adonné k la poésie, a collaboré k diverses pièces de théâtre et a publié plusieurs recueils de vers. M. Tardif s'est ensuite tourné vers le droit et s'est fait inscrire en 1846 sur le tableau des avocats de la cour de Paris. Nous citerons do lui : Essais dramatiques (1835, in-8<>) ; Derniers essais dramatiques (1837, in-18); Distiques et quatrains (1837), sur les tableaux du musée de Versailles; les Pas de clerc (1838, in-18), recueil de chansons, réédité et augmenté sous le titre de Momus l'ancien (1847); les Voyages d'un Parisien (1838), en vers; Variétés poétiques (1841, in-12); Nouvelles variétés poétiques (1844, in-12); les Lions et les lionnes de la Fable, poëme mythologique (1840, in-12); les Lauriers et les myrtes (1847, in-12); enfin, il a traduit en vers diverses pièces de Schiller, Goethe, Klopstock sous le titre de l'Allemagne P'iétique (1840, in-8<>) ; Y Art d'aimer (1839), ainsi que le Remède d'amour, d'Ovide (l846).
TARDIFÊRE s. m. (tar-di-fè-re — du Lit. tardus, lenc; fera, je porte). Infus. Syn. de tardigradb : Le taruikére se trouve dans le sable des toits. (V. de Bomare.)
TARDIFLORE adj. (tar-di-flo-re — du lot. tardus, tardif; flos, fleur). Bot. Qui fleurit tard.
TARDIGRADE adj. (tar-di-gra-de — du lat. tardus, tardif; gradior, je marche). Zool. Qui a la démarche lente.
— s. m. Infus. Genre de vers, comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans les mousses humides ou dans l'eau des marais : Le tardiGradk ne peut vivre que dans l'eau ou da/is la mousse humide. (Dujardin.)
— s. m. pi. Mamm. Famille de mammifères, intermédiaire entre les quadrumanes et les édentés, et comprenant le genre connu sous le nom vulgaire de paresseux.
— Encycl. Mamm. V. aï, bradype, unau.
— Infus. Les tardigrades sont de petits vers longs de om,ooi au plus, sur une largeur deux fois moindre; ils ont une bouche très-étroite, munie intérieurement d'un appareil maxillaire qui se compose de deux branches latérales mobiles. Ces animalcules microscopiques se trouvent, avec les rotifères, dan3 le sable des gouttières; comme ces derniers, ils ne peuvent vivre que dans l'eau ou tout au moins dans la mousse ou le sable humide. Ils se contractent en boule en se desséchant. Toutefois, ils peuvent vivre pendant longtemps sous cet état ; le3 fonctions physiologiques sont simplement suspendues et reprennent leur activité lorsque ces animaux sont soumis de nouveau a une humidité naturelle ou artificielle. Les tardigrades forment aujourd'hui les trois genres étuydie, macrouiote et milnésie.
TARDILLON s. m. (tar-di-llon ; Il mil.). V. tardon.
TARDINEAU s. m. (tar-di-no). Ichihyol.
Nom vulgaire de la plie, dans certains pays.
TARDIVEMENT adv. (tar-di-ve-man — rad. tardif). D'une façon tardive : Il s'en est occupé bien tardivement.
TARDIVETÉ s. f. (tar-di-ve-té — rad- tardif). Néol. Etat de ce qui est tardif : La tardivkté de l'ouverture de la chasse a mécontenté beaucoup de chasseurs. (L.-J, Larcher.)(
— Hortic. Croissance tardive, développement tardif : La tardiveté des fruits a été causée par les dernières gelées.
TARDIVOLE s. in. (tar-di-vo-le — de tard, et de voler). Ornith. Syn. de sphénurk ou kmbérizoïde : Les tardivolks ont un vol lourd, peu étendu. (Z. Gerbe.)
TaRDOIRE (la), rivière de France. Elle prend sa source dans le département de la Haute-Vienne, près de Chalus, coule vers l'O., entre dans le département de la Charente, baigne Montbron, La Rochefoucauld, Agris et disparaît sous terre k peu de distance de ce dernier village, après un cours d'environ 90 kilom. La vallée de la Taidoire abonde en sites pittoresques.
TARDON s. m. (tar-don — rad. tard). Econ. rur. Agneau ou autre animal né tardivement : Les tardons ou tardilluns sont les agneaux qui naissent en avril ou eu mai. (Tessier.) l| On dit aussi tardillon.
TARDONE s. f. (tar-do-ne). Ornith. V. tadorne.
TARD-VENUS s. m. Hist. Nom donné k des aventuriers du xive siècle.
— Encycl. On donna ce nom, au xive siècle, k des brigands de toutes mitions recrutés par l'Angleterre et qui restèrent en arme» apres la paix du Dt'uUgiiy, à la suite de
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laquelle les Anglais évacuèrent les forts et les châteaux dont ils étaient maîtres. Un grand nombre de soldats, accoutumés au pillage, se rassemblèrent et formèrent des compagnies qui furent qualifiées de la sorte • parce que, dit M*zeray, ceux qui les avaient précédés avaient moissonné la Fiance, et que ces derniers ne pouvaient que glaner. » Voici comment le chroniqueur Froissart raconte l'origine de ces bandes. « Là «voit aucuns chevaliers et éeuyers du ressort d'Angleterre, qui obéissoyent, rendoyent ou faisoyent rendre par leurs compaignons lesdits forts qu'ils tenoyent, au roi de France. Et s'y en avoit aussi qui ne vouloyent obéir, et disoyent qu'ils faisoyent guerre en l'ombre du roy de Navarre. Et encores y en avoit assez d'estrangers (qui en estoient grans capitaines et grans pillars) qui ne s'en voulurent mie partir, comme Allemans, Brabançons, Flamans, Hainuyers, Gascons et mauvais François. Si s'en vouloyent recouvrer et guerroyer le royaume de France. Par quoy tels gens persévérèrent en leur mauvaistié, et firent depuis moult de mal nu royaume contre tous ceux qui grever les vouloyent. Et, quand les capitaines des forts estoyent partis courtoisement, et avoyent rendu tout ce qu'ils tenoyent, et ils se trouvoyent sur les champs, et donnoyent congé k leurs gens, ceux qui avoient apprins k piller et k ravager, et qui bien savoyent que le retour en leur pays ne leurestoit pas profitable, ou n'y osoyent retourner pour les vilains faicts dont ils estoyent accusés, se recueilloyent ensemble : et faisoyent nouveaux capitaines et prenoyent par eslection tout le pire d'entre eux , et puis chevauchoyent outre, en suivant l'un l'autre. Si se recueillirent premièrement en Chainpaigne et en Bourgongne. Et firent là de grans routes et grans compaignies, qui s'appeloyent les tardvenus, pour ce qu'ils avoyent encors peu pillé au royaume de France. »
Des épidémies violentes ravageaient alors la France, et ces compagnies d aventuriers, non moins redoutables que la peste, loin d'être dispersées par la contagion, semblèrent, au contraire, redoubler d activité pendant sa durée. Les soldats voulaient jouir rapidement d'une vie qui paraissait leur échapper, tandis que les commandants des provinces ne trouvaient plus personne pour exécuter leurs ordres et étaient réduits à l'impuissance. Les tard-venus commirent do grands ravages en Champagne et en Bourgogne, sous la conduite de plusieurs capitaines, dont le principal était Seguin de Batesol, chevalier gascon originaire des environs de Sarlat. Leur nombre s'accrut jusqu'à 16,000. Comme ils prétendaient dépendre du roi d'Angleterre, le roi de France n'osait les attaquer; il préféra recourir à son « cousin d'outre-Manche, » qui donna, le 18 noi'embre
1361, des lettres adressées à ses anciens lieutenants, pour les menacer de punitions exemplaires s'ils continuaient leurs brigandages. Presque aussitôt, cette troupe du brigands, ayant résolu d'arracher en même temps au pape, qui résidait ù Avignon, des indulgences et de 1 argent, se mit en marche sur Lyon par Mâcon et le Forez. Une croisade se forma contre eux, et Jacques de Bourbon, comte de la Marche, qui se trouvait alors dans le Midi, résolut de les arrêter. Il venait d? consigner au gouverneur anglais, Jean Chandos, les provinces du Languedoc cédées par le traité de Biétigny et il avait obtenu l'assurance que les tard-venus n'étaient point sous la protection de l'Angleterre. Le 2 avril
1362, il fut averti que la bande s'était lojéo sur un monticule près de Briguais, château qu'elle avait pris d'assaut et qu'elle avait pillé la veille. Il chargea l'arohiprétre Arïiault de Cervelles d'aller reconnaître l'ennemi. L'archiprêtro revint lui annoncer que, quoiqu'il n'eût vu que 6,000 ou 8,000 combattants, il na doutait pas qu'ils ne fussent 15,000 ou 16,000 et que les autres ne fussent couchés dans une vallée tout auprès. Il lui recommanda de chercher, avant de les attaquer, k leur faire abandonner leur monticule, dont la position était très-forte. « En nom de Dieu nous les irons combattre, » répondit le comte de la Marche, et il donna k î'archiprêtre lui-même l'ordre de commencer l'attaque k la tète de l'avant-garde. Ce dernier s avança avec beaucoup de bravoure; mais, comme il l'avait annoncé, tandis que le corps qu'il attaquait, bien posté sur les hauteurs, l'accablait de pierres, il fut pris en
■ flanc par un autre corps de même force qui débouchait de la vallée; blessé et fait prisonnier, ses soldats prirent la fuite. Jacques ' de Bourbon, qui le suivait de près avec lo '■ reste de la troupe, ne fut pas moins malmené; il fut blessé dangereusement, ainsi que son fils; le jeune comte de Forez, son neveu, armé chevalier pour cette bataille, fut tué, et son tuteur, Regnault de Forez, 1 fut fait prisonnier avec le comte d'ilzès, j Robert de Beaujeu, Louis de Châlons et plus ! de'100 chevaliers. Le comte de la Marche et son fils moururent de leurs blessures k Lyon, où iis s'étaient fait transporter. Le nombre des aventuriers se groasit en proportion do leur succès ; restés maîtres du pays et n'ayant plus personne à redouter, ils se divisèrent : nne moitié de la troupe, sous les ordres de Seguin de Batesol, demeura sur la droite da la Saône, pillaut et mettant k contribution te Maçonnais, le Lyonnais, le Forez et la Beau-
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jolais; l'autre descendit le Rhône, surprit Pont-Saint-Esprit, s'y fortifia et de la courut tour a tour sur les deux rives du fleuve jusqu'aux portes d'Avignon et de Villeneuve. Innocent VI, effrayé, se mit à prêcher la croisade contre ces brigands et donna au cardinal d'Ostie le commandement d'une armée dans laquelle un grand nombre de capitaines vinrent s'emôler; mais, dès qu'ils eurent appris que leur solde consisterait en indulgences, ils préférèrent se joindre aux tara-venus. Heureusement pour le pape, le marquis de Montferrat, alors en guerre avec les Visconti, ayant besoin de soldats, traita avec les brigands et les prit à sa solde au nom de la ligue de Toscane, dont il était membre. Pour en être débarrassé, le pape leur donna 30,000 florins et son absolution. Cette négociation, qui sauva la France méridionale, fut fatale à l'Italie, où la compagnie introduisit la peste.
TARDY (Jean), médecin français, né à Tournon dans la seconde moitié du xvi« siècle; on ignore la date de sa naissance et celle de sa mort. Tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il exerça son art dans sa ville natale. On lui doit, entre autres écrits : Disqvisitio physiologica de pilis (1609, in-8°) ; Histoire naturelle de la fontaine qui brûle près dé Grenoble (1618, in-8°); Dissertations physiologiques, etc.
TARDY (Claude), médecin français, né à Langres en 1607, mort vers 1670. Il s'établit à Taris vers 1642, professa avec beaucoup de succès l'anatomie et la chirurgie, contribua à faire adopter la doctrine d'Harvey sur ia circulation et acquit une réputation méritée. Ses principaux ouvrages sont : Qu&slio tnedica disculicnda inscholis medicorum (1643, in-4°);///«s/ra/io Iheseon defensarum in scholis; Hippocratica purgaudi methodus (1646); Jn librum Hippocralis de virginum morbis commenlntio (1648); Cours de médecine, contenant toutes les classes ( 1667 , 2 vol. in-4°), etc.
TARE s. f. (ta-re — le même que le provençal, italien, espagnol tara, de l'arabe tarah, écarté, larali, ce qui eslrejeté, mis au rebut). Comm. Perte de valeur qu'éprouve une marchandise, par suite d'une diminution dans la quantité ou d'une avarie dans la qualité : Il mangue dix pièces de 5 francs et 100 grammes de poids sur les autres pièces .• ce sac a donc 70 francs de tare, il Poids des objets pesés avee la marchandise, et qui se trouve à défalquer pour obtenir le poids net : Poids brut, 250 kilogr.; tare, 25 kilogr. ;poids net, 225 kiloyr. u Poids non marqué avec lequel on fait équilibre à un poids qu'on ne veut pas compter dans le poids total : On emploie souvent la grenaille de plomb pour servir de tare. Il Diminution du prix, supportée par le vendeur, a cause de la tare ou défalcation du poids d'emballage et autre. Il Tare d'espèces, Droit de change. |( Tare de caisse, Déduction faite sur une somme, à cause des fausses espèces ou des erreurs de compte.
— Par eut. Défectuosité : Voilà de la belle et. bonne marchandise, sans tare. C'est un bon cheval, mais qui a quelques tares, ii Vice, défaut moral : Un homme sans tare. Croyezvous qu'à un moment donné il ne me pardonnerait pas plus malaisément mes tares, s'il avait à rougir d'une tache originelle ? (E. Augier.) Si vous n'avez pas de tare à couvrir, au risque d'une blessure, vengez-vous du misérable ou du malotru qui vous a injurié, en le forçant de redoubler d'injures. (E. de Gir.)
— Bépondre tare pour barre. Répondre de travers, faire un quiproquo. Il Vieille loc.
— Blas. Grille de la visière d'un casque.
TARÉ s. m. (ta-ré). Sorte de trompette, usitée dans l'Inde.
— Encycl. Le taré est une longue trompette, terminée en demi-cercle, qui diffère peu du combou. Il produit un bruit sonore et retentissant ; il exige un grand effort de poumons de la part de celui qui en sonne. Le son qu'il produit est si fort que, dans la nuit, par un temps calme, on peut l'entendre à une lieue de distance. Le taré est plus généralement employé dans les cérémonies de deuil, tandis que le combou s'emploie «urtout dans les cérémonies religieuses et aussi dans toutes les fêtes de famille, aux assemblées publiques, aux mariages, etc. On se sert beaucoup de tarés et d'autres instruments de musique dans les convois des soudras, ce qui n'a jamais lieu pour les castes élevées. C'est le troisième jour de deuil dans cette caste, appelé le jour" de la libation du lait, que le sonneur de taré fait retentir l'air des éclats sinistres de son instrument, de même qu'au, moment où le chef du deuil prend un des os du défunt qui ont résisté à l'action du feu durant la cérémonie du bûcher, il va le jeter dans l'étang voisin, au son de ce lugubre instrument. Ce sont toujours les parias qui sonnent du taré. Les autres instruments à vent, à l'exception du combou, sont l'apanage des barbiers, héritiers exclusifs de la musique indoue exécutée sur cette sorte d'instruments. Les brahmanes, il est vrai, cultivent aussi la musique, mais ils ne peuvent jouer que sur les instruments à cordes. Ils seraient souillés s'ils embouchaient un instrument à vent.
TARÉ, ÉE (ta-ré) part, passé du v. Tarer.
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Avarié : Des marchandises tarées. Il Qui a quelque défaut : Cheval taré.
— Kig. Corrompu, gâté par le vice ou perdu de réputation : C'est un homme taré- Le renom taré de Casanova nuit à son exploit; il est difficile de prendre au sérieux ce Sbrigani vénitien. (P. de St-Vict.)
— Sylvie. Se dit des arbres atteints de quelques défauts qui les rendent impropres aux grands usages industriels.
— Blas. Posé, en parlant du heaume ou du timbre : Heaume taré de front. Timbre taré de profil.
TAREFRANCHE s. f. ( ta-re-fran-che ).
K'hthyol. Nom vulgaire de l'aigle de mer, sur les côtes de Gascogne. || On dit aussi tarkpranqoe et tareronde.
TAREGPA ou TARREGUA (Gabriel de), médecin qu'on croit d'origine espagnole, né en 1468, mort à une époque inconnue. Il s'établit à Bordeaux, y devint professeur et médecin de la ville et acquit beaucoup de réputation. On a de lui un Commentaire sur Avicenne, une Somme d'environ douze cents questions médicales, des Observations sur Galien et Hippocrate, Ces divers ouvrages ont été réunis et publiés en un volume infolio vers 1520. C'est le premier produit connu de la typographie bordelaise.
TAREIRA s. m. (ta-rèï-ra). Ichthyol. Poisson du genre macrodon, qui vit au Brésil : La chair du tareira est bonne à manger. (V. de Bomare.)
TARE1VI, autrefois Caraluny, rivière du Brésil (rio Grande-do-Norte). Elle sort du lac Groahyvas, par l'extrémité N.-E. , et après 30 kilom. de cours se jette dans l'Atlantique, au village de son nom, à 25 kilom. S.-E. de Natal.
TARELLO (Camille), écrivain italien qui vivait au xvie siècle. Il s'adonna à l'agronomie et publia, sous le titre de Rieordo d'Agricoltura (Venise, 1567, in-S»), un ouvrage remarquable plusieurs fois réimprimé depuis. Le premier, il insiste sur la nécessité d'assolements bien ménagés et donne d'utiles conseils, qui ont été appréciés de nos jours en France et en Suisse. M. Yvart a fuit ressortir le mérite de Tarello dans son Traite sur les assolements (1822).
TARES!, TAROUN ou TAROUM, ville de Perse (Farsistan), dans ui.e plaine, sur une petite rivière, à 140 kilom. N.-E. de Lar; 3,000 hab. Elle est entourée du toutes parts, excepté à l'O., par des montagnes peu éloignées et est ceinte d'une très-haute muraille crénelée, flanquée de tours et entourée d'uu fossé profond. Commerce avec Bender- Abassy, où l'on envoie du blé et dont on reçoit en retour du sucre, du café et divers objets de l'Inde.
TARENA, rivière de la Nouvelle-Grenade (Panama). Elle descend du versant O, des Andes, par 8° de latit. N. et 79<> 30' de longit. O., se dirige à l'E.-N.-E. et, après s'être grossie de plusieurs courants, se jette dans le golfe de Darién par quatre branches qui forment trois grandes lies, après un cours peu étendu.
TARENT ou TARRANT, rivière d'Angleterre (Dorset). Elle se jette dans la Stour, à 6 kilom. S.-E. de Blandford.
TARENT, lie d'Arabie (Lachsa), dans le golfe Persique, vis-a-vis d'Kl-Katif. Elle a environ il kilom. de longueur sur autant de largeur. Elle est bien arrosée et couverte de jardins qui produisent une grande quantité de fruits.
TARENTE s. f. (ta-ran-te). Erpét. Nom vulgaire du gecko des murailles.
TARENTE (golfe de), vaste golfe formé à l'extrémité S.-E. de l'Italie par la mer Ionienne, entre 39<> 21' et 40<> 30' de latit. N. et 140 2' de longit. E. Son entrée, déterminée par la pointe Alice au S.-O., etlecap Santa- Maria-de-Luca,au N.-E., aeuviron llûkilom. de largeur. Il baigne la Terre d'Otrante à l'O. et au 6., la Basilicate au S.-E. et la Calabre Citêrieure à l'E. Les principales rivières qu'il reçoit sont le Bardano, le Busento, l'Agri, le Sinuo, le Capri, la Salendrella, etc.
TARENTE (Tarento, Tarentum), ville forte du royaume d'Italie (Terre d'Otrante), au fond du golfe de son nom, dans une lie jointe au continent par deux ponts en pierre, entre les baies de Marie-Piccolo et de Marie- Grande, par 40» 28' de latit. N. et 15« 14' 45" de longit. E., à 106 kilom. N.-O. de Lecce ; 22,000 hab. Archevêché. Quoique bien déchue de son antique splendeur et n'occupant plus aujourd'hui qu'un quart de son ancienne superficie, Tarente offre encore à l'œil du voyageur un des plus beaux sites de l'univers. Ses rues étroites et sombres occupent l'emplacement de l'acropole. Elle possède des traces d'un théâtre, d'un cirque et de plusieurs temples, un château fort bâti par .Charles V, une cathédrale richement décorée et un aqueduc dont on attribue la construction à Néron. Fabriques de toiles, de cotonnades, de mousselines et de velours. La pêche y est très-active.
Cette ville fut fondée, dit-on, par Taras, que l'on fait rils de Neptune. Virgile insinue qu'Hercule en fut le fondateur. Quoi qu'il en soit, elle fut occupée par une colonie de Lacédémonieus, conduits par Phalante, qui eu
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chassèrent les anciens habitants. Sous ces nouveaux maîtres, Tarente devint la ville la plus puissante de l'Apulie et de la Lucanie par la fertilité de son territoire et par l'avantage d'un port, qui lui ouvrit la navigation de toutes les mers. Elle porta son commerce dans les contrées les plus éloignées. En même temps, elle soumit les peuples voisins et entretint, avec une flotte, une armée de plus de 30,000 hommes. Le luxe et le goût du plaisir entrèrent dans la ville avec les richesses. Les délices de Tarente passèrent en proverbe. Chaque jour était marqué par des fêtes publiques, dans lesquelles la licence ne connaissait pas de bornes. Les Tarentins, ainsi amollis, ne purent résister à leurs ennemis qu'avec le secours des généraux étrangers. Dans la guerre qu'ils eurent avec les Romains, ils invitèrent Pyrrhus, roi d'Epire, à venir prendre le commandement de leur armée ; mais ils ne purent s'accommoder de la discipline qu'il voulait établir parmi eux. La défaite de Pyrrhus par Curius et son départ pour l'Epire laissèrent les Tarentins exposés au ressentiment des Romains. La douceur du climat de Tarente et la fertilité de son territoire sont vantées par Horace, qui, après le séjour de Tibur, n'en désirait aucun autre dans sa vieillesse :
Regnata yetam LflConi Rura Phalanto. . .
Annibal, à son arrivée en Italie, s'empara de Tarente, que le consul Fabius Maximus reprit sur lui l'an 209 avant J.-C. Au moyen âge, quand les Normands se furent établis dans le sud de l'Italie, il y eut une principauté de Tarente, qui n'eut que deux souverains, du nom de Bohémond. Le titre reparut sous la maison d'Anjou, mais ne désigna plus qu'un fief. La ville est située entre deux baies profondes : la Grande mer à l'O. et la Petite mer (mare Piceolo) à l'E. « Le mare Piccolo, dit M. J.-A. du Pays, abonde en coquillages. Outre ses huîtres, ou signale l'élégante et curieuse coquille de l'argonaute, plusieurs variétés de murex, la modiola lithophaga, la pinne marine, dont les filets soyeux servent à faire des tissus. Outre ces curiosités zoologiq<ies de la mer sur laquelle elle est assise, Tarente est célèbre par l'araignée qui, suivant quelques auteurs , a reçu d'elle le nom de tarentule, et dont la piqûre, s'il fallait en croire les traditions, causait des accidents nerveux que la musique seule pouvait guérir. Ce n'est qu'au Xtve siècle, précisément à l'époque où la dansa de Saint-Guy se répandit en Europe, que )le tarentisme parait s'être communiqué k l'Italie. Bientôt, par la contagion de 1 imitation, le nombre des tarentati alla augmentant et ■ il devint tel qu'il y eut des concerts destinés à leur soulagement et qui devinrent l'origine de véritables fêtes. C'est alors que les danses appelées tarentelles prirent naissance. C'est au xvue siècle que le tarentisme atteignit son plus haut degré et prit un caractère effrayant. Aujourd'hui, ce préjugé et les terreurs qu'il avait enfantées ont en grande partie disparu. > En face de Tarente se trouvent les petites îles de San-Pietro et de San-Paulo. Dans la forteresse de cette dernière fut détenue Choderlos de Laclos, l'auteur du célèbre roman qui a pour titre : les Liaisons dangereuses. Le port de Tarente se comble de jour en jour; mais sa rade est magnifique, clans une situation admirable pour dominer la Méditerranée et faire le commerce du Levant.
TARENTE (princes de). V. Bohémond, Louis, La Trémoillb.
| TARENTE (duc de), maréchal de France. V. Macdonalu.
TARENTELLE s. f. (ta-ran-tè-le. — V. l'étym. à la partie encycl.). Chorégr. Danse usitée dans les environs de Tarente : La jeune fille, sollicitée par nous, se levait modestement pour danser la tarentelle. (Lamart.)
Son mérite !... A son âge une gloire si belle ! Et puis, comme if dansait, docteur, la tarentelle!