‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 921 sur 1059 · C. Délavions · texte numérisé non relu

C. Délavions

De leurs progrès sans cesse on les voit se targuer, Ils n'ont point de faveurs qu'ils n'aillent divulguer.

— Syn. Targuer (■«), «6 glorifier, me prévaloir. V. SE GLORIFIER,

TARGCET s. m. (tar-ghè). Ichthyol. Syn.

de TARGEUR.

TARGUM s. m. (tar-gomm — d'un mot hébr., qu'on retrouve dans l'ar. lerdjouman, interprète, d'où est dérivé le mot drogman). Paraphrase ou traduction chaldaïque de l'Ancien Testament : Les targums sent des traductions chatdéennes de la Bible, faites vers l'époque de l'ère chrétienne. (Renan.)

— Encycl. Pendant la captivité de Babylone, le dmlecte chaldéen s'était tellement mélangé au dialecte hébreu, que, lorsque les Juifs revinrent chez eux, ils avaient presque entièrement oublié leur langue sacrée et qu'il leur était impossible de comprendre le texte des livres saints. Aussi les prêtres étaient-ils obligés, pour expliquer la Joi au peuple, de se servir de la langue vulgaire, qui devait se rapprocher considérablement du chaldéen.

Au bout de quelque temps, ces commentaires de vive voix, ces gloses orales furent rédigées d'une manière définitive et confiées à l'écriture ; ce furent les targums, qui non-seulement traduisaient littéralement le texte original, mais y ajoutaient encore quelques explications indispensables. On compte dix targums principaux :

l°Le Targum d'Onkelos. La version d'Onkelos est la plus ancienne, celle qui se rapproche le plus de l'original et qui doit être écrite dans le chaldéen le plus pur; elle comprend le Pentateuque. OnSelos a du habiter Babylone ; le Talmud le fait contemporain de Uamaliel.

2" Le Targum de Jonathan ben Uzziel. On n'est pas d'accord sur l'époque à laquelle aurait vécu Jonathan ben Uzziel. Jahn prétendaitque ce targum n'était qu'une compilation d'autres versions plus anciennes, faites environ vers le lire siècle avant Jésus-Christ. Les juifs font de Jonathan le contemporain de Zueharie et Aggée et racontent de lui des

TARI

choses merveilleuses. LaTargum de Jonathan est bien moins littéral que celui d'Onkelos ; il comprend les livres de Josué, des Juges, de Samuel, des Bois, à'/saîe, de Jérémie, d'Ezéchiel et des petits prophètes.

3o Li&.Targum faussement attribué à Jonathan, Ce targum s'éloigne beaucoup du précédent, pour la pureté du style, la fidélité de la traduction, le mode d'exposition, etc., et renferme une foule de légendes ridicules et marne de contre-sens, dénotant de la part de l'auteur une profonde ignorance de la langue hébraïque. Comme il fait mention des Lombards et des Turcs, il est évident qu'il est antérieur au moins au vue 0u même au viiib siècle.

40 Le Targum de Jérusalem. Il comprend le Pentateuque, ou les cinq livres de Moïse, qu'il a du reste passablement écourtés. La langue dans laquelle il est rédigé est très-corrompue; elle contient une forte proportion d'éléments grecs, latins, persans, et rappelle, par son hétérogénéité, celle du Talmud.

Les six autres targums ne méritent réellement pas d'être analysés.

TARGUMIQUE adj. (tar-gu-mi-ke — rad.

targum). Qui appartient aux targums.

TARGUMISTE s. m. (tar-gu-mi-ste — rad. targum). Traducteur de la Bible en langue elmldéenue ; écrivain hébraïque d'une certaine catégorie.

TARHAH s. m. (ta-râ). Pièce d'étoffe dont les dames égyptiennes s'enveloppent la tête et le cou.

TARHANOF ou TARCIIANOW, astronome russe, né itOugtcha (gouvernement d'Iaroslaf) en 1787, mort à Saint-Pétersbourg en 1839. Il fit partie du voyage de Vussilief-BeiJinghausen dans la merdes Indes (1819-1822). De retour en Russie, il fut, en 1826, nommé professeur du corps des officiers de marine. Il était membre de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg et publia des ouvrages scientifiques, parmi lesquels on cite : Calcul des oppositions de Jupiter et Saturne, observées à Saint-Pétersbourg en 1818, en français, inséré dans les Comptes rendus de l' Académie (1831) ; Longitude de Ilio-Janeiro, etc. (1832).

TARI ou TARY s. m. (la-ri). Boisson enivrante dont on fait usage dans l'Inde.

— Encycl. Cette boisson spiritueuse est assez répandue dans certaines contrées de l'Inde anglaise. Son abus détermine une ivresse furieuse. Le tari est fait avec le suc que l'on extrait du tar, palmier indigène de ce pays. Quand ce suc a fermenté, il acquiert un tel montant qu'il ne faut pas en absorber une grande quantité pour devenir en proie à une ivresse toujours dangereuse et souvent mortelle sous ce climat torride. Il n'y a, du reste, que les indigènes de basse caste qui s'adonnent à cette boisson, ainsi qu'à quelques autres analogues, dont l'usage n'entraîne pas toutefois des effets aussi extraordinaires et aussi effrayants que celui du tari. Il n'est pas rare de voir les indigènes qui s'enivrent habituellement par l'usage du tari tomber dans un tel état d'affaissement et de décrépitude, qu'ils s'éteignent bientôt, quand ils ne sont pas emportés par un accès de folie furieuse.

TARI, IE (ta-ri, 1) part, passé du v. Tarir. Mis à sec: Une source tarie. Le nourrisson pétrissait de sa petite main déjà brune une gorge tarie. (Th. Gaut.)

— Fig. Epuisé, détruit par l'usage : Le gibier détruit, une source féconde de plaisir et d'alimentation a été tarie pour le peuple. (Toussenel.) Il y a longtemps que toutes les aristocraties seraient taries, si elles n'avaient su raviver leur cours en allant à point puiser à la source de la démocratie. (E. de Gir.)

Tariel, poème géorgien, un des rares ouvrages de cette littérature qui nous soient connus, il semble dater du xive ou du xve siècle. Tariel e^t un prince indien qui, élevé à la cour du roi Pharsdan, s'enflamme d'un vif amour pour sa fille Neslan, dont dix mille bouches ne pourraient célébrer la beauté. Mais le père s'oppose a leur union. Liée à Tariel par des serments secrets, Nestan veut qu'il s'éloigne pour un temps et qu'il aille par de glorieux exploits mériter l'honneur de sa m;iin. Par ses ordres, Tarie! lève une puissante armée, subjugue le Cathai et se rend maître de la personne du roi Ramar, antique ennemi de la maison de Pharsdan. Il a triomphé; mais Pharsdan, tout en applaudissant à sa valeur, refuse de l'unir à sa fille et reclierchrj pour elle le fils du roi de Khoraçan. 1 vre d'amour et de désespoir, Tariel massacre cet indigne prétendant sous la lente d'honneur où il a été reçu et se dérobe par une prompte fuite. Chemin faisant, il aide un prince détrôné par la perfidie à rentrer dans ses Etats, et bientôt il apprend par une suivante de Nestan, Dardjan, que sa belle a disparu. Dès lors, Tariel s'enfonce dans les déserts de l'Arabie et y passe dix ans, ne vivant que de sa chasse, vêtu de la peau d'un tigre qu'il a percé de son kandjar. D'une autre part, Avontandil, premier ministre d'un roi d'Arabie, est amoureux de la fille unique de son maître. Un jour que Rostan, c'est le nom du roi, célébrait par une grande chasse l'élévation de sa fille au trône d'Arabie , Tariel, aperçu par ses gens, avait vivement piqué sa curiosité. Avontandil est par lui dépêché à la recherche de l'homme à la

TARI

peau do tigre, qui avait disparu sans laisser trace de son passage. Le vizir, après avoir longtemps erré dans d'affreuses solitudes, arrive enfin à la caverne, triste asile des douleurs de Tariel, et apprend de sa bouche même le récit que l'on a lu plus haut. Rentré dans ses foyers, il demande pour prix de son dévouement la main de la belle Thinathin au visage resplendissant, qui lui est également refusée. De douleur, Avontandil quitte la cour pour aller rejoindre son compagnon d'infortune. Tous deux se jurent une amitié éternelle, parcourent ensemble un long cercle d'aventures glorieuses et finissent par retrouver leurs amantes et par désarmer leurs pères si longtemps inflexibles. Il y a dans ce poème, qui n'a pas moins de huit mille vers, d'insupportables longueurs; mais, malgré ses défauts, le roman de Tariel n'en est pas moins une œuvre remarquable, surtout par le style, où se déploie toute la richesse d'images et la variété de figures dont les poètes orientaux sont si prodigues.

TARIER s. m. (ta-rié). Ornith. Passereau du genre traquet, qui habite la France.

— Encycl. Le tarier est un petit oiseau qui ne dépasse guère 0^,1 de longueur totale; son plumage est varié de roux et de noir en dessus, roux clair en dessous, avec les sourcils et une sorte de moustache d'un blanc pur, une tache de cette couleur sur l'aile, la queue mi-partie de blanc et de noir. La femelle a des couleurs plus ternes. Ce passereau est assez répandu dans toute la France; il habite les bois, les taillis, les lieux incultes et en pente. Toujours en mouvement, il change de place à chaque instant, en jetant un petit cri, et va se percher au sommet d'un buisson ou sur une taupinière. Moins farouche que ses congénères, il se laisse approcher de très-près. Il se nourriU d'insectes et niche comme les traquets ; la femelle pond des œufs d'un blanc suie, tiquetés de noir. Son chant est court, mais agréable. Il est de passage au printemps et à l'automne ; dans cette dernière saison, il est très-gras et presque aussi estimé que l'ortolan.

TARIÈRE s. f. (ta-riè-re. — Le latin terebra, tout à fait analogue comme forme et comme signification au gr. teretron, et qui a donné naissnnee à notre mot français tarière, doit être rattaché à une racine aryenne tri ou tar, qui veut dire proprement traverse^. Elle a donné comme dérivés, dans le sens de tarière: en irlandais tarar, en kymrique taradr, en armoricain tarar; peut-être mémo que notre mot tarière vient directement d'un idiome celtique, mais ce n'est là qu'une question de généalogie secondaire. La forme grecque teretron et la forme kymrique taradr, outre la grande ressemblance qu'elles offrent entre elles, peuvent être rapprochées de la forme sanscrite taritra, qui ne désigne pas, il est vrai, un instrument analogue à la tarière ou au foret, mais qui veut dire le bateau qui traverse les eaux). Techn. Sorte de grosse mèche fixée à angle droit dans un morceau de bois arrondi et servant à percer des trous ronds dans le bois.

— Sonde qui sert à creuser la terre pour en extraire des spécimens des terrains dont on veut connaître la nature, à forer des puits artésiens ou à tout autre usage analogue : Lorsqu'aux environs de Modène on a percé la terre à la profondeur de 68 pieds avec une tarière, l'eau jaillit avec une très-grande force. (Buff.)

— Chir. Sorte de tire-balle ou de tire-fond.

— Art milit. Ancienne machine dont on se servait dans les sièges, pour percer les remparts et les portes.

— Nom donné par les anciens aux larves et même aux mollusques qui percent et rongent le bois.

— Entom. Prolongement postérieur de l'abdomen des femelles de certains insectes, qui leur sert à perforer diverses substances pour y introduire leurs œufs : Les entomologistes reconnaissent C analogie de la tarière avec l'aiguillon. (Laurent.)

— Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, de la famille des enroulés, comprenant une espèce qui vit dans l'océan Indien, et deux autres, fossiles des terrains tertiaires : Les tarières ont un aspect particulier. (H. Hupé.)

— Encycl. P. et ch. Les outils nommés tarières servent dans les sondages à égaliser les trous, dans les terrains tendres, et même à les approfondir, en agissant par rodage. Elles servent aussi, lorsque le trou de sonde est d'un suffisant diamètre, à retirer les sables et les détritus broyés. Leurs formes varient suivant leur emploi. Celles qui doivent servir pour forer sont assez semblables aux tarières employées pour percer le bois. Elles se composent d'une mèche qui entame par le rodage, d'un mentonnet qui soutient les matières entamées, et du corps de tarière qui les emmagasine en même temps qu'il alèse le trou foré. Comme il a déjà été dit, l'emploi des tarières, comme instruments de forage, doit être borné à l'extraction des matières tendres ou déjà désagrégées par l'action des trépans. Leur emploi direct ne produirait aucun effet dans un terrain dur.

Dans les terrains argileux ou calcaires, dont les éléments broyés présentent encore une certaine cohésion, le Corps de tarière est

TARI

ouvert et cylindrique. Il est fermé et quelquefois conique pour les terrains sablonneux mouvants et les argiles coulantes. On peut alors employer des /aritfVesàsoupape, de telle sorte que les matières désagrégées accumulées dans la tarière ne puissent retomber lorsqu'on vient à relever la sonde.

Quelques outils tiennent à la fois du trépan et des tarières. Tels sont le trépan rubané et divers tire-bourres dont l'usage est abandonné. En général, les tarières portent des emmanchements et sont descendues avec la sonde. On ne peut qu'à cette condition les employer pour égaliser le trou, ou pour agir sur le fond par rodage.

Mais lorsqu'il s'agit seulement de retirer les sables ou les détritus broyés, on a souvent plus d'avantage à employer des tarières à la corde. Ces tarières sont de simples tuyaux pourvus d'une soupape à boulet à leur partie inférieure. Une anse de suspension sert à attacher une corde à l'aide de laquelle on les descend au fond du trou. Alors, on la soulève et on la laisse retomber alternativement. Ce mouvement, compnrable à celui du piston d'une pompe, a bientôt fait passer les sables ou détritus dans le corps de la tarière. Lorsqu'il est plein, on remonte la tarière pour la vider, puis on recommence s'il y a lieu.

— Art milit. La tarière employée dans les sièges était une grosse poutre que l'on poussait on avant et qui coulait dans une espèce de canal garni de rouleaux ; lorsqu'elle avait heurté le but, on la ramenait en arriére par le moyen d'un moulinet, La milice chinoise s'est servie de cet appareil de toute antiquité. Héron décrit des tarières perfectionnées par Diades. Elles étaient faites de telle sorts qu'elles vidaient à mesure le trou qu'elles pratiquaient. En lisant Vitruve, il est permis de croire que l'on usait de cette machine pour commencer la brèche, après quoi l'on se servait du bélier, qui aurait été trop longtemps à rompre une pierre avec sa tète grosse et ronde, ce que la tarière, qui était pointue, faisait aisément. Pour approcher cette machine des murailles qu'il s'agissait de détruire, on la mettait à couvert sous une tortue ou sous un muscule. Il est probable que les tortues offensives étaient disposées de manière que d'abord la tarière, et ensuite le bélier pussent s'y ajuster.

— Tarière de mine. Instrument que les mineurs du génie emploient comme une sorte de trépan dans les mines, ou pour percer dans la terre des trous à travers lesquels ils puissent donner des camouflets à l'ennemi qui contre-mine.

— Entom. Chez beaucoup d'insectes, l'abdomen des femelles se prolonge en un appendice caudiforme appelé tarière, et qui sert, tantôt à introduire simplement les œufs dans les cavités toutes formées où ils doivent éclore, tantôt et plus souvent à perforer les membranes animales ou végétales qui doivent les abriter. Elle consiste en un prolongement de l'oviducte, enveloppé par des appendices de la peau, qui sont cornés et so terminent en pointe très-aiguë. Elle constitue souvent un instrument offensif. On a comparé la tarière à l'aiguillon ; mais celui-ci sert à inoculer un venin, taudis que le rôle de la tarière est purement mécanique et se réduit à perforer. La forme et la structure de cet organe sont très-variées. On l'observe surtout chez un certain nombre d'hyménoptères, appelés pour cette raison hyménoptères térébrants.

Moll. Ce genre, établi d'abord par Klein, puis oublié, fut reproduit comme nouveau par Lamarck, qui lui assigne les caractères suivants : la coquille est enroulée, subcylindrique, pointue au sommet; l'ouverture est longitudinale, étroite supérieurement, échancrée à sa base ; la cochenille est lisse, tronquée inférieurement. A ce genre appartiennent deux espèces fossiles des terrains tertiaires longues de om, 05 à om, 06, et dont l'une, la tarière-oublie, est ainsi nommée pour exprimer la forme et la fragilité de son test mince et roulé en corne ou en oublie. Une seule espèce vivante appartient aussi à ce genre dont elle est le type, c'est la tarière subulée de i'océun Indien ; elle est mince, luisante, à spire distincte, longue de 0m,04 à 0">,05, diversement nuancée et tachetée de jaune ou de gris jaunâtre. Linné en faisait un cône, mais plus tard il la rangea dans son genre bulla. Lamarck la rapproche des olives, des porcelaines et des aneilluires. De Blainville reunit dans sa famille des angystomes les strombes et les tarières avec les autres enroulés de Lamarck.

TARIF s. m. (ta-rif — mot ar. qui signifie annonce, publication). Tableau indiquant des prix ou des droits proportionnels à acquitter : Tarif des transports de marchandises par les chemins de fer. Tarif des droits de douanes. Walpole ne disait-il pas qu'il avait dans son portefeuille le tarif de toutes les probités d'Angleterre? (Fouri^r.) C'est l'intérêt privé qui grève nos tarifs. (F. Bastiat.) Les questions de frontières ont fait place aux questions de tarifs et avec raison. (E. de Gir.)

— Jurispr. Etat des émoluments alloués à quelqu'un pour quelque acte ordonné par la justice ou pour l'accomplissement d'une fonction ayant un caractère juridique J Ze taki*" des huissiers, des notaires, des experts, il Tarif des frais et dépens, Tableau du coût des divers actes et des droits de vacations.

TARI

— Ane. fin. Mettre en tarif, Autoriser 6. percevoir la taille sous la forme d'imposition qui paraît la plus convenable : Mettre une commune EN TARIF.

— Coram. Tarif des glaces, Tableau qui donne leur prix par décimètre carré, variable suivant les dimensions. Il Tarif des monnaies, Tableau de leur valeur courante.

— Eneycl. I! n'existe pas sur les tarifs de procédure de loi proprement dite, c'est-à-dire directement émanée du pouvoir législatif. La matière de ces tarifs de procédure rentre, par sa nature dans les détails d'exécution de la loi; la réglementation en appartient en conséquence au pouvoir exécutif, et c'est, en effet, par une série de décrets et d'ordonnances que se trouvent déterminés les émoluments auxquels ont droit les officiers ministériels pour les actes multiples de leur ministère.

Le tarif des actes de procédure en matière civile est réglé par le décret du 16 février 1807 et ks décrets additionnels du même jour. Le tarif des copies à signifier par les huissiers est réglé par le décret du 29 août 1813 j les droits de greffe, par le décret du 12 juillet 1808; les droits des greffiers des tribunaux de commerce, par la loi du 11 mars 1799, le décret du 12 juillet 1808 et l'ordonnance du 9 octobre 1825 ; ceux des greffiers de justice de paix, par l'ordonnance du 17 juillet 1825; les indemnités auxquelles ont droit les juges, les officiers du ministère public et les greffiers en cas de transport d'un lieu à un autre, par les ordonnances du 4 août 1824 ; le tarif en matièie de vérification des registres et actes judiciaires des coûts et tribunaux, des registres de l'état civil, par l'ordonnance du 10 mars 1825 ; les salaires du conservateur des hypothèques, par le décret du 21 septembre 1810; les dépens en matière d'expro- >riation pour cause d'utilité publique, par 'ordonnance du 1S septembre 1833; les dépens des procédures qui s'instruisent aujeonseil d'Etat, par l'ordonnance du 18 janvier

Le tarif de la cour de Paris est applicable aux cours de Lyon, Bordeaux et Rouen (décret additionnel du 15 février 1807), Les sommes portées au tarifas la cour de Paris sont réduites d'uu dixième pour la taxe des frais et dépens dans les autres cours (même décret, art. 1er). Le tarif des frais et dépens décrété pour le tribunal de première instance et pour les justices de paix établis à Paris, est commun aux tribunaux de première instance etaux justices de paix établis à Lyon, Bordeaux et Rouen. Toutes les sommes portées en ce tarif sont réduites d'un dixième dans la taxe des frais et dépens pour les tribunaux de première instance et les justices de paix établis dans les villes où siège une cour d'appel, ou dans la ville où la population excède 30,000âmes(mêmedécret,art. 2).

Dans tes autres tribunaux de première instance et justices de paix du rovaume, le tarif uns frais et dépens est le même que celui décrété pour les tribunaux de première instance et les justices de paix du ressort de Paris autres que ceux établis dans cette capitale (même décret, art. 3).

Nos tarifs de procédure ont donné lieu aux plus vifs et, ajoutons, aux plus légitimes critiques. Les officiers ministériels trouvent tiniquement les éléments de leur rémunération dans l'émolument d'une multitude d'actes, actes dont le coût, fixé à priori, est indépendant de l'importance et de la difficulté des affaires, ou ne varient qu'au moyeu du développement souvent abusif des écritures. Ce système offre un inconvénient grave ; il fait obstacle aux réformes en matière de procédure. Ces petits actes sans nombre, ce formalisme, souvent inutile et parasite, sont devenus une sorte de patrimoine pour les avoués et les huissiers, et il est impossible de proposer des simplifications dans le mécanisme judiciaire sans rencontrer les résistances et soulever les plaintes unanimes des titulaires d'offices ministériels. Un autre système de rémunération basé sur une certaine proportionnalité avec l'importance des intérêts, avec les soins exigés par chaque affaire et la responsabilité qu'elle impose, serait plus juste, plus digne et n'opposerait point aux réformes un obstacle persistant.

En matière de procédure criminelle, le tarif das frais et dépens est réglementé par un décret du 18 juin 181 1. Ici, rien d'exorbitant, rien n'est moins dispendieux que les actes de l'instruction judiciaire a laquelle il faut procéder pour envoj'er un accusé au bagne ou à l'écnafaud. Nous citerons comme spécimen les honoraires alloués, en cas d'expertise médico-légale, aux médecins et chirurgiens appelés pour procéder à des vérifications et rédiger des rapports, dans les nombreuses circonstances où l'intervention des hommes de l'art est nécessaire. Pour chaque visite au blessé, pour le premier pansement et la rédaction du rapport, l'article 17 du décret de 1811 alloue à l'homme de l'art, à Paris, 6 francs ; dans les villes de 40,000 habitants et au-dessus, 5 francs ; dans les autres villes et communes, 3 francs; s'il y a lieu do procéder à une autopsie, le décret passe en sus une somme de 9 francs. Coinprend-on le docteur Nélaton ou le docteur Ambroise Tardieu, honorés de la somme de 9 francs pour pratiquer une autopsie et rédiger quelqu'un de ces rapports qui éclairent

TARI

les plus redoutables problèmes de la science médico-légale ! Le corpsmédical a, du reste, protesté dans plusieurs circonstances contre ce tarif de 1811, qui blesse sa dignité bien plus encore qu'il ne lèse ses intérêts matériels.

Les tarifs qui fixent les honoraires des notaires varient extrêmement. Ils sont dressés par les chambres des notaires et approuvés par le président du tribunal. Cette question de la tarification des actes notariés a été trèssouvent agitée dans le notariat et dans la magistrature; les gouvernements l'ont étudiée plusieurs fois depuis un demi-siècle, mais elle n'a point été résolue, tant elle soulève de difficultés d'application. Dans un ouvrage intitulé le Tarif général et raisonné des notaires, M, A. Amiaud a examiné cette question sous toutes ses faces et démontré à la fois la possibilité et l'utilité d'établir un tarif légal.

TARIFA, ville d'Espagne (Andalousie), province et à 42 kilom. S.-S.-E.de Cadix, sur le bord N. du détroit de Gibraltar, par 36° 0' 30" de latit. N., et 7« 55' 30" de longit. O. ; 8,500 hab. Place forte importante, qui est la résidence d'un gouverneur militaire; le port est petit, mais très-bon pour le cabotage. On y fabrique des cuirs et d'autres étoffes que l'on échange avec d'autres produits du Maroc et du Sénégal : poteries de terre, tuiles et carreaux, qui servent à l'ornement comme à la construction des maisons de toute l'ancienne province de ce nom. La pêche est très-active dans les environs de Tarifa. Le mouvement delà navigation pendant les dernières années aété en moyenne, à l"entrée, de 267 bâtiments de 4,500 tonneaux; à la sortie, de 260 bâtiments de 3,800 tonneaux.

« La ville, dit M. Germond de La vigne, entourée d'une vieille enceinte fortifiée, flanquée de vingt-six tours et percée de quatre portes, compte 540 maisons, la plupart à deux ou trois étages", généralement étroites et incommodes ; les rues sont resserrées, irrégulièreSj mal pavées et sans aucun édifice intéressant, si ce n'est l'église paroissiale, d'architecture gothique, dont le portail est orné de quatre colonnes monolithes d'ordre ionique. Dans l'enceinte se trouve enclavée cette célèbre forteresse que le roi don.Sanclie IV avait prise aux Maures en 1292. Le grand maître de Calatrava, don Rodrigue, avait demandé au roi 2 millions d'écus et un certain nombre de galères armées pour défendre la place. Alonso Perez de Guzman offrit de le faire pour le tiers de cette somme. En 1294, vinrent les Maures, amenés par l'infant du Portugal. Les ennemis avaient enlevé un jeune enfant queGuzman faisait élever dans un village voisin ; ils menaçaient de le tuer si Guzman ne rendait le château ; mais le héros répondit, en leur jetant son poignard :

• Matad lo con esta

Si lo habeis determinado.

Que mas quiera honora sin hijo,

Que hijo con mi honor manchado!»

«Tuez-le donc avec cette arme si vous l'a- » vez déterminé; j'aime mieux l'honneur sans » mon fils que mon fils avec le déshonneur 1>

• La tradition rapporte aussi que la femme de Guzman ajouta à cette réponse par un geste d'une sublime impudeur et par une parole énergique, qu'il ne nous est pas possible de traduire ici. Le roi don Sauehe décerna à Guzman, par diplôme authentique, le surnom de Bueno, et ce précieux document, dit un historien, fait justement la gloire de l'illuste maison des ducs de Médina-Sidonia, descendants du héros. »

La forteresse de Tarifa, qui a conservé son caractère arabe., forme une enceinte composée de tours et de courtines crénelées. L'Ile de Tarifa, qui se trouve en avant de la pointe de ce nom, renferme une belle tour ancienne au sommet de laquelle est placé un phare. Plusieurs batteries défendent l'Ile du côté de la mer.

Tarifa, d'après les anciens géographes, serait la Julia Joza ou Traducta des Romains. Les Maures qui avaient envahi l'Espagne en avaient fait le point principal de communication avec l'Afrique ; on dit que c'est là que le général maure Tarif, d'où est venu le nom de Gibraltar, campa pour la première fois quand il fit la conquête des provinces ibériennes. Tarifa rappelle encore de célèbres batailles qui se livrèrent sous ses murs, à des époques historiques déjà bien éloignées de nous. On cite principalement les batailles qui eurent lieu sous Alphonse XI, roi de Castille, et sous Alphonse IV, roi de Portugal. En 1823, les Français s'emparèrent de Tarifa et en firent le centre de leur défense pendant les guerres d'Espagne et de Portugal. Aujourd'hui, l'Espagne considère avec raison Tarifa comme un des points les plus importants pour son commerce avec le Maroc.

TARIFER v. a. ou tr. (ta-ri-fé — rad. tarif). Déterminer, d'après un tarif, la valeur de, les droits à payer par : Tarifer des marchandises. Vous aurez de plus le logement et un bon casuel que nous tariferons selon l'idée avantageuse que nous avons conçue de votre talent. (*".)

— Fig. Evaluer à prix d'argent : Tarifer des consciences. C'est au débiteur de tarifer la reconnaissance, et non pas au créancier. (A. d'Houdetot.)

TARI

TARIFICATION s. f. (ta-ri-ft-ka-si-on — rad. tarifer). Action de tarifer : Tarification du transport des marchandises. Nous marchons à une tarification générale. (Proudhon.)

TARI JA, ville du Pérou (Bolivie), dans une belle vallée, sur le Tarija, à 400 kilom, S.-E. de Potosi, par 21» 44' de latit. S. et 67» 18' de longit. O., oh.-l. du départ, de son nom. Il Département du Pérou (Bolivie), limité par Chicas, Zinti, le département de Santa-Cruzde-la-Siene et la province de Jujui. Il est formé principalement par la charmante vallée de la Tarija , remarquable par ses beaux sites et sa fertilité, et entouré de hautes montagnes escarpées. De magnifiques forêts couvrent les hauteurs, tandis que les bas-fonds produisent en abondance des fruits et des céréales. On y élève de nombreux troupeaux de bêtes à cornes et de moutons dont on exporte plus de 10,000 têtes par an.

TARIJA, rivière du Pérou (Bolivie). Elle descend d'une ramification des Andes, court à l'E.-S.-E. en arrosant la ville de son nom, se dirige ensuite au S. et se jette dans le Vermejo après un cours d'environ 360 kilom.

TABIK ou TARIF (Ben-Zeyad), fameux capitaine arabe, le premier musulman qui ait pénétré en Espagne et qui l'ait gouvernée; il vivait au commencement du vine siècle. Ii commandait à Tanger un corps d'Arabes en qualité de lieutenant de Mouça, gouverneur de l'Afrique, et avait soumis tout le Maghreb (ancienne Mauritanie), lorsqu'il fut appelé, en 71 1, en Espagne par le comte Julien et l'archevêque Oppas, révoltés contre Roderic, roi des Wisigoths; Tarik vint débarquer avec 12,000 Berbères près du rocher qui depuis fut, de son nom , nommé Gibraltar (Vjebel-al- Tarik, montagne de Tarik). Après avoir vaincu et tué de sa main le roi Roderic à la mémorable bataille de Guadalete, près de Cadix (25 juillet 71l), il conquit la plus grande partie de l'Espagne et prit successivement Ecija, Malaga, Jaen, Cordoue , Tolède, la capitale du royaume des Gotbs, Guadalajara et Almeida. Depuis un an environ, Tarik gouvernait les provinces conquises, lorsque Mouça passa à son tour en Espagne; jaloux des succès de son lieutenant, il lui reprocha d'avoir poursuivi ses conquêtes malgré ses ordres, exigea la restitution de tout le butin , l'accusa d'avoir soustrait un des pieds d'une table précieuse trouvée k Almeida et qu'on disait avoir appartenu à Salomon , lui enleva son commandement et le jeta en prison après l'avoir fait frapper de verges. Toutefois , sur les ordres du calife Walid 1er, il recouvra son commandement et la liberté, et conquit une partie de l' Aragon, de la Catalogne et de la province de Valence. Mais à la suite de nouvelles dissensions avec l'émir Mouça, il fut avec ce dernier appelé à Damas par le calife pour y rendre compte de leur conduite (714). Tarik se justifia près de ce prince, imùs ne fut plus employé et termina obscurément ses jours. Quant à Mouça, il fut condamné à une forte amende et à l'exposition publique.

TARIN s. m. (ta-rain. — Les formes dialectales tairin, tirin, térin font supposer à Diez que le nom de cet oiseau vient du picard 1ère, tendre, qui représente le latin tener , tendre. L'équivalent allemand zeisig vient de même du moyen haut allemand zeiz, tendre). Ornith. Passereau du genre fringille, qui habite l'Europe : Le tarin, quoique pris au filet, s'apprivoise en peu de temps. (Mauduyt.) Les tauins arrivent dans nos cantons au mois d'octobre. (V. de bomare.)

— Eneycl. Le tarin a environ 0m,l2 de longueur totale; par sa forme générale, il ressemble beaucoup au chardonneret; mais il a le bec plus court, blanc, noirâtre à la pointe; son plumage est d'un vert olivâtre , avec quelques nuances cendrées, en dessus et sur les parties antérieures; la gorge est brune; les côtés de la tète et de la poitrine, jaune citron; le ventre, d'un jaune très-clair; les pennes, nuancées de noir et de vert olive. La femelle est généralement d'un vert cendré. Cette espèce présente du reste plusieurs variétés de plumage. Le tarin est répandu dans presque toute l'Europe; mais il est migrateur, et, vers l'automne, il arrive en troupes plus ou moins nombreuses, dans les régions méridionales; mais ses voyages paraissent dépendre beaucoup de la température, et il y a des années ou il est assez rare. Sou vol est très-élevé, et son chant, sans être très-mélodieux, est varié, très-doux et nullement dépourvu d'agrément. Ce passereau retourne, au printemps, vers les régions du nord, où il niche; sa ponte est de six à huit œufs; mais on assure que son nid est fort difficile à trouver. Le tarin est peu rusé, et, si l'on est pourvu d'un appelant, il donne dans toutes sortes de pièges; Crespon en prenait beaucoup, à chaque printemps, dans son jardin, avec un simple trébuchet. Cet oiseau se fait très-bien a la captivité, et semble se plaire dans la société de l'homme. Il s'apprivoise en peu de temps, au point de venir prendre dans la main la graine de chènevis, dont il est très-friand ; on peut encore le nourrir de millet et de graine de navette. En volière, il est fort gai et chante toute l'année; par sa vivacité, il semble animer les autres oiseaux et jouer le rôle d'un véritable boute-en-train ; il est fort doux, très-

TARI

sociable et nullement querelleur. Il peut s'accoupler avec le serin, le chardonneret et le cini, et donner des métis qui sont fort bons chanteurs, =■

TARIN (Jean), humaniste français, né à Beaufort (Anjou) en 1586, mort à Paris en 1666. Ce ne fut qu'à dix-huit ans qu'il put commencer ses études chez les jésuites ; mais il fit de rapides progrès, se rendit à Paris (1615) et devint successivement professeur de rhétorique au collège d'Harcourt, professeur d'éloquence grecque et latine au collège Royal, recteur de l'Université (1625-1626), conseiller (1629) et lecteur royal en éloquence latine. Louis XIII lui écrivit une let tre de félicitation pour avoir fait condamner par le parlement le traité De It&resi du jésuite Santarelli, qui subordonnait le pouvoir des rois à celui du pape. Il refusa d'entrer dans les ordres et se maria en 1628. Outre des poésies latines, on lui doit : Laudatio funebris P. cardinalis de Gondiaco (Paris, 1616); des traductions de Philocalia, d'Ori^ène, du De mundi opificio, de Zaeharie, du De honiivis creatione, d'A. Sinaîte (Paris, 1618).

TARIN (Pierre), anatomiste français, né à Courtenay (Gâtinais) en 1725, mort à Paris en 1761. Il fit ses études médicales à Paris et prit le grade de bachelier en 1748. La publication rapide d'un assez grand nombre d'ouvrages, relatifs la plupart à l'anatomie, lui acquit une belle réputation. Il fut chargé dans l'Encyclopédie de toute la partie anatomique et physiologique, et s'acquitta de cette tâche avec bonheur. Il avait publié, outre plusieurs ouvrages en latin : Anthropolomie ou l'Art de disséquer (Paris, 1759,

2 vol. in-12); Dermographie on Description des ligaments du corps humain (1752, in-8°); Eléments de phxjsiologie (Paris, 1752, in- 12); Dictionnaire anatomique (1753, in-4"); Osléographie ou Description des os (1754, in-4») ; Observations d'anatomie et de chirurgie (Paris, 1753,

3 vol. in-12), etc. On doit à Turin des observations intéressantes sur la structure du cerveau. Ce fut lui qui aperçut le premier la bandelette transversale destinée à unir les deux couches optiques, et les deux prolongements supérieurs du cervelet qui le joignent aux deux tubercules quudrijumeaux.

TARIR v. a. ou tr. (ta-rir — du germanique : ancien haut allemand tharrjan, darrjan , sécher, dessécher, gothique tlmurian, thairsan, Scandinave thaerra, iàurra, allemand dôrren, même sens, darren, sécher au grand air ou sécher au four, anglais lo thirst, to dry, dessécher. Toutes ces formes se rattachent à la racine sanscrite tars, sécher, brûler, d'où aussi le grec tersô, le latin torreo et le lithuanien trokslu, même sens. A la même racine appartiennent le sanscrit tarsa, tarsas, soif, ardeur, latin torror, et le sanscrit tarsyat, tarsitns, altéré, latin iorridus, gothique thaursus, lithuanien trofesstas, mùn)u sens. Ménage faisait venir tarir d'un verbe latin arire, par métai'lasine, pour arere, avec prosthèse d'un t comme dans le mot tante pour ante. Nous donnons pour ce qu'elle vaut cette explication arbitraire). Epuiser le liquide de : Tarir une source. Tarir un tonneau. La sécheresse a tari tous les puits. C'est une source qu'on ne peut tarik.

L'excès des chaleurs

A brûlé nos plaines,

Desséché nos rieurs,

Tari nos fontaines.

Bernard.

— Fig. Epuiser : Vous aurez bientôt tari votre caisse à ce commerce- là. Les privilèges et le monopole tarissent la consommation. (Ledru-Rollin.) La république sociale puise son ambition et sa force a des sources que personne ne peut tarir. (Guizot.)

— Fig. Tarir des larmes, lu source des larmes, Ecarter la cause qui les faisait couler, consoler : Comment pourraije arrêter ce torrent de larmes que le temps n'a pas épuisé, quêtant de justes sujets «'ont pas tari ? (Boss.) Des larmes cTOctavie on peut tarir ta source.

Racine.

— v. n, ou intr. Etre tari, se dessécher . Toutes les sources ont tari cette année. Ses larmes ne sauraient tarir. Les fontaines tarissent tout à coup. (Butf.)

Son sang tarit; hélas! sa voix, mourante aurore, Sans le bois semble fuir, faible, mate douce encore.

H. CAHTEL.

— Fig. Etre épuisé : On vil tarir tout d'un coup les principales sources de la charité. (Fléch.) Tout l'Etat languit; tes campagnes sont en friche et presque désertes, le commerce tarit. (Fén.) || S'éteindre, être détruit, en parlant d'une série d'individus qui se reproduisaient : La suie noire contre un pan de briques autrefois crépi marquait encore la place du foyer où cette famille de montagnards avait vécu, aimé, tari. (Lamart.) Il Manquer de paroles, cesser de parler; s'emploie surtout avec la négation : Ma mère, mes enfants, tous nos amis ne tarissent point sur votre chapitre. (M"1* d'Epinay.) C'est sa faute si, lorsque je suis sur son chapitre, je ne taris jamais. (A. Duval.)

Hé! qui pourrait tarir à parler avec vous?

Page 1