V. Hooo
Tarissez, s'il se peut, sur vos bonnes fortunes. A. de Musset.
Se tarir v. pr. Devenir tari : Cette source
TARL
s'est tarils. Elle a un enfant et ne peut pas le noitn-ir; son lait s'est tari. (Balz.)
— Avec suppression du pronom réfléchi : Plante aux reins tortueux, à la feuillu angulaire,
Que le soleil caresse avec amour, Ne laisse point tarir ta sève salutaire, 0 vigue...
A. Barbier.
TARIR! s. m. (ta-ri-ri). Bot. Arbre importé de Para k lu Guyane et dont les feuilles servent à la teinture. Il On l'appelle aussi
FAUX BRÉSILLET.
TAR1SE s. f. (ta-ri-ze). Entom. Genre d'insectes hémiptères, de lu famille des sculellériens, tribu, des scutellérites, dont l'espèce type habite l'Espagne.
TARISSA, rivière de Hongrie. Elle descend du versant B. du mont Bringh, dans les Kurpathes, coule d'abord au S.-K., puis au N., tourne ù l'E.-N.-E., arrose Berzevicze, se dirige ensuite au S.-E., puis vers le S. et va se jeter dans l'Herjnatb, à 8 kilom. S.-S.-E. de Kaschau, après un cours de 110 kilom. Son principal affluent est le Szekcso.
TARISSABLE adj. (ta-ri-sa-ble — rad. tarir). Qui peut tarir, qui peut être tari : Cette source n'est pas tarissablk.
TARISSANT, ANTE adj. (ta-ri-san, an-te rad. tarir). Qui tarit, qui est en voie de tarir, de se dessécher ; Source tarissante.
— Qui est en voie, qui est pi es de s'épuiser : Imagination tarissante. Notre bourse TAPISSANTE nous faisait une nécessité d'arriver. (J.-J. Rouss.)
TARISSEMENT s. m. (ta-ri-se-man — rad.
tarir). Dessèchement, transformation, état de ce qui est tari : Le tarissement des sources.
— Fit;. Epuisement : C'étail le tarissement de ses ressources gui rendait tante Angélique plus acariâtre que jamais. ( Alex. Dutn.)
TAItJOR, ville de la Russie d'Europe (Tver), sur les bordsdelaTvertza; M, 000 hab. Cette ville couvre une étendue immense. Fabriques de maroquins, bottes, pantoufles et coussins eu cuir.
TARKA, rivière de l'Afrique méridionale.
Elle prend sa source dans le district de Graaf- Rey net (colonie du Cap de Bonne-Espérance), se dirige auS.-O., et, après un cours d'environ 110 kilom. , se jette dans la Grando- Brakkle.
TARKHAN, cap de la Russie d'Europe, sur la côte occidentale de Crimée, gouvernement de Tauride, par 45" 21' de latit. N. et 300 II' de lougit. E. Ce cap est surmonté d'un fanul.
TAU Kl ou TARKOU, appelée autrefois Semender, ville de la Russie, région caucasienne, dans le Daghestan, bâtie en amphithéâtre au fond d'une vallée entourée de hautes montagnes, à 2 kilom. de la mer Caspienne ; 12,000 hab., Mameluks, Géorgiens et Arméniens', résidence du kan des Kalmouks. On y remsirque les aqueducs qui amènent dans toutes les habitations des eaux abondantes et le château du kan. Commerce actif avec la Perse et l'intérieur de l'empire ; éducation de vers à soie. Les environs sont bien cultivés et fournissent du blé, de l'orge, du chanvre, de la garance, des fruits de toute sorte. D'excellents pâturages y nourrissent de nombreux troupeaux. A quelque distance, vers leN.-0.,se trouve le grand lac salé de Torkali, où les Kalmouks font leur provision de sel. On trouve aussi dans les environs beaucoup de tombeaux d'anciens princes tartares.
TARLAC, ville de l'Ile de Luçon (archipel des Philippines), par 15« 35' de latit. N. et 118" 14' de longit. E. ; 6,000 hab. Importante culture de sucre dans les environs.
TARLATANE s. f. (tar-la-ta-ne. — Ce mot est probablement d'origine indoue, mais on pourrait peut-être le rattacher à l'italien tarlatu, piqué des vers, de tarlo, ver rongeur, qui est de la même famille que (arma, ver rongeur. Ce dernier représente le latin tortues, ver qui ronge le bois, du même radical que lerere, percer, trouer, grec teirô, savoir la racine sanscrite tar, traverser, pénétrer). Cumin. Etoffe de coton très-légère et tresclaire, qui est surtout employée pour faire des robes de bal : Tarlatane rose, bleue, liobe, écltarpe de tarlatane. La tarlatane i ta défaut de s'érailler facilement. Les fabricants de Tarare exportent leurs tarlatanes un peu partout.
TAULATI (Guido), souverain d'Arezzo, mort en 1327. 11 était le chef d'une noble famille toscane attachée au parti gibelin. Tarlati, tout en restant homme de guerre, était entré dans les ordres et était devenu evèque d'Arezzo, lorsqu'il s'empara de la souveraineté de 'cette ville en 1323. Peu après, il se rendit à Cittk-di-Castello, dont il donna le gouvernement à des gibelins, et fut excommunié par le pape Jean XXII. Tariuti se remut ensuite k Trente, où se trouvaient réunis les chefs du parti gibelin d'Italie (1327), fut du nombre des évéquos excommuniés qui couronnèrent Louis i V k Milan, perdit bientôt après son crédit à la cour et mourut de chagrin à Montenero, près de Livourne.
TARLATI (Pierre), dit Saccoue, souverain d'Arezzo, froio du précèdent, mort en 135t>.
TARN
Il était maître d'un petit Etat que ses ancêtres lui avaient laissé dans la région la plus Sauvage de l'Apennin, lorsqu'il fut appelé à succéder à son frère comme souverain d'Arezzo et de Cittk-di-Castello. Habitué dès son enfance k braver tous les dangers, toutes les fatigues, k mépriser le luxe et la mollesse, joignant à une rare intrépidité une grande habileté pour faire la petite guerre, il résolut d'étendre sa domination sur les Apennins et paTvint à soumettre à son pouvoir les parties montagneuses de la Toscane, de la Romagne et de la Marche d'Ancône. Tarlati songeait à s'emparer de Pérouse lorsqu'il s'allia à Mastino de La Scala contre les Florentins, qui, de beaucoup supérieurs en nombre, lui enlevèrent de nombreux châteaux et Arezzo (1342). Il n'en continua pas moins à faire la guerre de partisan dans ses montagnes, lit éprouver plusieurs fois des échecs par ses attaques imprévues aux Florentins et aux guelfes, et mourut âgé d'environ quatre-vingt-seize ans.
TARLO (Jean), patriote polonais, mort en L6S9. Il appartenait à une famille noble du palatinat de Posen. En 1655, le roi de Suède Gustave-Adolphe ayant fait envahir la Pologne par un corps d'armée, un Polonais traître à son pays, Radzielowski, s'attacha à paralyser la résistance dans une réunion de nobles qui eut lieu à Uyscie. Tarlo, se levant, lit un appel chaleureux au patriotisme de ses compatriotes et déclara que celui qui préfère sou intérêt au bien de sa patrie est Un lâche et un homme injuste. Radzielowaki fit arrêter Tarlo, qu'on enferma k la forteresse de Gruudeuz. Quatre uns plus tard, le parti patriote ayant repris le dessus, une armée polonaise marcha contre Graudenz, où se trouvait une garnison suédoise. Tarlo étant parvenu k s'échapper de sa prison et k gagner le camp polonais, conduisit ses compatriotes h l'assaut et fut tué en s'élançant sur les remparts. Après la prise de la ville, on déposa le corps de Tarlo dans un tombeau en luurbre érigé dans la chapelle de Saint-Jean.
TAKLTON (Richard), acteur anglais, mort en 1588. Il jouit d'une grande célébrité comme comique, sous le règne d'Elisabeth, dont il fut l'un des favoris et qui se complaisait fort dans sa conversation. "Voici ce que Fuller rapporte à ce sujet : « Lorsque la reine Elisabeth était sérieuse (je n'ose dire en colère) et de mauvaise humeur, il pouvait lu rendre gaie à volonté. Ses favoris les plus haut placés allaient, dans certains eus, trouver Tariton avant de se présenter devant là reine, et il leur servait d'huissier pour leur préparer une réception favorable. • Le docteur Cave dit d'un autre côté dans son ouvrage intitulé De politica {Oxford, 1588, in-4") : « Nous autres Anglais, nous avons Tarlton, dans la voix et dans l'air duquel se trouvent tous les genres d'expression comique et dont la cervelle excentrique est remplie d'idées humoristiques et spirituelles. > Tarlton avait écrit une comédie intitulée : les Sept péchés capitaux, qui fut beaucoup admirée à sou époque. Elle n'a jamais été imprimée et est aujourd'hui perdue.
TARMA, ville du Pérou, à 200 kilom. N.-E. de Lima, dans une vallée profonde, sur la gauche du Chanchamayo, par 11° 30' de latit. S. et 770 43' de lougit. 0.; 11,000 hab., presque tous métis et Indiens. Le climat y est malsain. Mines de mercure et d'argent. Cheflieu du département du même nom.
TAUMA (département de), division administrative du Pérou, borné au N. par le département de Truxillo, à l'O. par l'Océan, au S. parles départements de Lima, de Guuncabelica et de Cuumangu, et à l'E. par la région habitée par les Indiens indépendants. La chaîne des Andes, qui traverse le département, le couvre de ses ramifications. 1! est arrosé par le Maranon, le Perene, la Jauja, lu Guallaga. On y cultive principalement du maïs et on y élève des troupeaux. Sa population est d'environ 220,000 hab.
TARMAGO, lie de l'archipel Santa-Cruz (Melauésie), par 10" de latit. S. et 167" 5' de lougit. B. Cette lie, que Quiros découvrit en 1G06, a environ 40 kilom. de circonférence. On y trouve en abondance des palmiers, des cocotiers, des bananiers, des cannes ù sucre, etc.
TAUN, rivière de France. Elle prend sa source dans les monts de la Lozère, au pied du pic de Malpertus, arrond. de Mcnde, pusse près de Florati, coule dans des gorges profondes et très-pittoresques, baigne Suinte- Entmie, Saint- Chély, Saint-Projet-de-Rollcrs, où ses eaux se biisem avec fracas dans les gorges effrayantes du Pas-de- Souci, entre dans le département de l'Aveyron et y coule entre des montagnes couronnées d'immenses rochers, arrose Millau, Creyssels, Comprégnac, Saint-Rome, Broquiès, pénètre dans le département du Tarn, ou elle coule dans un lit encaissé, entoure la presqu'île d'Ambialet, forme la magnifique cascade du sauldeSabo, passe à Albi, a Marsae, k Grave, à (jaillac, k Kabastens, pénètre dans le département de Tarn-et-Garonne, baigne Buzet, Montaubun, Moissac et se jette dans la Garonne, après un cours de 375 kilom. Ses principaux affluents sont : l'Aligiiuu, le Tarnon, la Dourbie, le Cernon, le Dourdou, le Gos, l'Atrance, le Rancé, la Saudrunne, l'Agout, le Tescou, l'Aveyron et l'Einbuuias.
TARN
Le Tarn débite à son embouenure, à l'étiage, de 20 k 25 mètres cubes d'eau, remarquable par sa limpidité. Le Tarn est navigable du saut de Sabo à la Garonne, sur Un parcours do 148 kilom. Charge moyenne des bateaux, 30 k 40 tonnes; charge maxima, 150 tonnes.
TARN (département du), division administrative de la région méridionale de la France, entre 42<> 23' et 44» 12' 12" de latit. N., et entre 0° 48' de longit. U. et 0? 35' 40" de longit. E. Il est formé des anciens évêchés d'Albi et de Castres et de celui de Lavaur; il doit son nom k la rivière du Tarn qui le traverse de l'E. à l'O., sur une longueur de 109 kilom. Ses limites sont : au N. et au N.-E. le département de l'Aveyron au S,-E. celui de 1 Hérault, au S. celui de l'Aude, à l'O. celui de la Haute-Garonne, et au N.-O. celui de Tarn-et-Garonne. Sa superficie, de 574,216 hectares, est divisée en quatre arrondissements : ch.-l., Albi, Castres, Gaillac et Lavaur, 35 cantons, 317 communes, renfermant une population de 352,718 âmes. Archevêché k Albi; cour d'appel et académie de Toulouse. Voici, d'après M. Adolphe . Jeanne, la constitution géologique du département du Tarn : terrain granitique dans les monts de Lacaune et la montagne Noire, entre Castres et Brassac, sur le plateau de Sidobre, auS.de Sorèze, à Labessonnié, près de Montredon ; k Lafenasse-sur-Dadou, canton de Réalmont. Terrain schisteux s'appuyant, k l'E. du département, sur les montagnes granitiques. Les terrains primitifs et de transition, généralement infertiles, occupent donc toute la région moutueuse, taudis que les plaines et les collines sont occupées par des terrains tertiaires très-féconds. Le terrain houiller (bassin de C'armaux), le grés bigarré, le calcaire jurassique n'apparaissent que par intervalles entre les terrains principaux. Les plus considérable^ dépôts d'alluvions recouvrent la côte de Puyhturetis, les plateaux au-dessus de Saix et de Vielmur, ceux de La Capelle, près de Saint-Paul, les abords du Sidobre, toute la plaine de Sorèze, k Dourgne, plusieurs parties des valiées du Thoré, de l'Agout, du Tarn, du Viaur, etc.
Le département du Tarn, où les montagnes recouvrent environ 210,000 hectares et les collines 285,000, se rattache, par les monts de Lacaune et la montagne Noire, aux Cévennes et aux chaînes du département de l'Aveyron. Les montagnes de Lacaune, qui se rattachent aux monts de i'Espinoiise, exposées au froid en hiver et au vent en été, renferment quelques forêts et n'offrent guère que des champs inféconds, où l'on ne récolte qu'un peu de seigle, d'orge, d'avoine, de blé noir et des pommes de terre. Ces montagnes sont entrecoupées de vallées et de gorges d'une profondeur considérable, tour k tour sévères et grandioses, ou coquettes, gaies et verdoyantes. La montagne de Lacaune renferme les points culminants du département ; ce sont : le bois de Lausse, 1,022 mètres; le pic de la forêt de Concord, 1,186 mètres; le' roc de Montalet, 1,266 mètres; le bois de Peyreblanque, 1,177 mètres; le pic de l'Ecu, 1,337 mètres, etc. Le plateau de Sidobre, qui termine la montagne de Lacaune au-dessus de Castres, « est parsemé, dit M. Compayré, de blocs de granit gris, k mica noir et k grands cristaux de feldspath, d'une grande ténacité et très-propre aux constructions monumentales. Ces blocs différent par les formes et pur les dimensions. On en voit d'isolés, de posés les uns sur les autres ou d'amoncelés, en tas extraordinaires, dans des ravins profonds et sur les pentes de la vallée de l'Agout. Ces entassements gigantesques offrent le coup d'œil Je plus grandiose elle plus surprenant. •
« La chaîne de Lacaune, dit encore M. Adolphe Joanne, est séparée de la montagne Noire par trois vallées, ceile de l'Agout, celle du Larnou Arn. creusée très-prol'ondénientdaiis des monts granitiques de 750 à 1,000 mètres, très-sinueuse, sauvage, solitaire, et celle du Thoré, plus large, fertile et peuplée. La montagne Noire fait partie de L'arête mère des Cevennes et, en même temps, de la grande ligne de faite européenne entre l'Océan et la Méditerranée; elle sépare les eaux qui se jettent par le Thoré et le Sor dans l'Agout et, de la, dans le Tarn qui les mène à la Garonne, des ruisseaux qui vont se verser, par l'Aude, dans ià Méditerranée. Comme la forêt Noire a ses sapins, la montagne Noire doit, ou plutôt dut son nom aux forêts qui la recouvrent encore en partie, la forêt do Nore, celles de Montaud, deCayroutet, d'ilautaniboul, de Ramondens. Elle l'emporte sur les autres Cevennes, non-seulement par ses bois, mais encore par l'abondance de ses petits torrents, par ses cascades (cascade de Ninour, sur le ruisseau de la Mole, au S. du Mazamet; cascade du Sor) et par la beauté de ses prairies admirablement irriguées ; les sites agrestes et les fraîches solitudes s'y rencontrent k chaque pas sur le bord des ruisseaux qui se réunissent pour alimenter les grands réservoirs du canal du Midi, grossir le Sor et le Thoré ou former l'Arnette, petite rivière qui a fait la fortune de Mazamet. Cette description ne s'applique qu'au versant du N. ; celui du S., qui appartient nu département ue l'Aude et fait face aux Pyrénées, dont le sépare la large plaine de l'Aude, a surtout des pentes nues, déchirées, brûlées du soleil, et des ravins étroits, protonds connue des abîmes. Les points culmi- '
TARN
nants de cette belle chaîne dans le département sont : le roc de Peyremaux (1,007 mètres), divers pics de la forêt de Nore (1,000, 1,177, 1,172, 1,111 mètres), la forêt de Montand (1,021 mètres), celle de Ramondens (886 mètres), etc.
Les principales rivières du département sont : le Tarn, qui forme de magnifiques cascades et arrose une vallée très-fertile; l'Agout, qui met en mouvement les nombreuses usines de Castre?; le Dadou, qui alimente plus de 40 usines; la Vere, qui tait mouvoir une trentaine d'usines dans des gorges de 200 mètres de profondeur; le Cérou, qui urrose le bassin houiller de Carmaux ; le Viaur, rivière sinueuse et tranquille, qui coule dans des gorges semblables k des précipices, etc. De tons ces cours d'eau, le Tarn seul est navigable. Deux grands canaux d'irrigation sont en projet, l'un dans la montagne Noire, l'autre sur ta rive gauche du Tarn. Ce dernier aurait 60 kilom. de longueur et desservirait 12,000 hectares.
Le département du Tarn est assez riche en produits minéraux. On y trouve, en effet, du granit, dans les monts de Lacaune et la montagne Noire ; du gneiss, sur le plateau de Nore et dans la vallée du Viaur; du porphyre, dans les vallées du Cérou, du Viaur, du Dadou; du schiste argileux, des carrières de marbre gris, noir, blanc ou veiné de rose et de jaune, du grès rouge, dans la forêt de Grésigne; du grès bigarré, dans la vallée du Cérou; du grès calcaire jurassique, avec lias et marnes k fossiles; du grès calcaire mêlé d'argile; du grès marneux k ciment calcaire; ue la pierre k chaux hydraulique; des couches de gros galets sur les plateaux élevés; des mines de ^lomb, de fer, de cuivre, de manganèse, d alun, de houille, de lignite; des sources minérales.
Le climat varie naturellement suivant l'altitude des points d'habitation. Dans les parties montagneuses, le climat est k peu prè3 celui du nord" de la France; le froid y descend k 8° au-dessous de zéro et la neige y reste deux à trois semaines ; on y rencontre, pendant une grande partie de l'année, des vents froids et impétueux, de la pluie ou des brouillards. Les gelées sont k la fois précoces et tardives; souvent, ou n'a que trois mois de beau temps. Dans les vallées et- les parties basses du département, la neige tombe rarement, mais les pluies sont fréquentes tant au printemps qu'en hiver. Le vent du midi est très-redouté, parce que son soufflo brûlant et impétueux détruit souvent en été les plus belles récoltes. Le vent du sud-ouest amène les orages et celui d'ouest la pluie. « La plus belle saison, dit M. Joanne, est peut-être l'automne; les étés sont longs et chauds et usurpent tantôt sur le commencement de l'automne, tantôt sur la fin du printemps. La température d'Albi est de 13°, soit 2° 4/10 de plus qu'à Paris. La hauteur des pluies y est de o™,740 ; elle atteint et dépasse 1 mètre aux sources du Dadou et dans la montagne Noire. »
Le Tarn est le cinquante-huitième département de France comme superficie; elle se divise ainsi : terres labourables, 324,882 hectares; prairies, 42,432; vignes, 37,580; bois, 82,083; landes, friches et bruyères, 52,022; vergers, jardins, étangs, propriétés bâties, 12,108; routes, chemins, cours d'eau, etc., 22,209. La sol a une composition assez variée. Du côté de Castres, de Lavaur et de Gaillac, on trouve des terres fortes, argilocalcaires. Les terres silico-argileuses se montrent surtout dans les arrondissements d'j Lavaur et d'Albi ; les terres calcaires, dans certains cantons de l'arrondissement de Castres. Une des vallées les plus pittoresques et les plus fertiles du département du Tarn est celle de l'Agout; viennent ensuite celles du Tarn, du Dadou, de la Vère, de l'Aveyron, du Viaur, etc. Le froment cultivé dans les parties basses présenta plusieurs variétés : blé castrais, bladette, blé de Roussillon. On le sème à la volée après le maïs, sur jachère, sur trèfle, sainfoin, haricots, pommes de terre, anis, pastel. Ordinairement, le terrain est divisé en planches de 1 k 2 mètres de largeur, sans rigoles d'écoulement pour les eaux. On couvre la semence k l'araire depuis le commencement d'octobre jusqu'à la mi-novembre; puis on brise les mottes, s'il y eu a, au moyen d'un petit maillet de bois. Lu herse et le rouleau, qui feraient le travail tout aussi bien et k meilleur marché, ne sont point employés. Au printemps, on fuit généralement passer tes moutons sur les guéreis, dans le but de fournir un aliment à ces animaux. La moisson a lieu depuis le 20 juin jusqu'à la tin de juillet; elle se fait k la faucille et quelquefois à la faux. Quelques jours après la récolte, on dépique les gerbes sur l'aire k battre, k l'aide d'un rouleau tronconique en pierre. Le seigle remplace le froment sur les hauteurs, surtout dans la partie connue sous le nom de montagne Noire.
L'époque des semailles varie de la fin d'août à la lin de septembre et k la fin d'octobre, suivant le plus ou moins d'altitude. La récolte s'effectue de la fin de juin k la tin do juillet et est toujours battue au fléau. L'avoine est surtout cultivée en montagne. On sème avant l'hiver, les variétés de printemps réussissant médiocrement; l'orge n'est cultivée que comme plante fourragère; le sarrasin n'est cultivé que dans la région montagneuse ; le mais est une des principales
TARN
cultures du département. On sème a la fin d'avril ou au commencement de mai. L'espacement qu'on donne aux lignes varie de 0m,50 a 1 mètre. Sur Ja même ligne, l'espacement des grains varie de 0m,25 à 0m,50. Lorsque les fleurs femelles ont été fécondées, on coupe les panicules à quelques centimètres au-dessus de l'épi supérieur. Ces panicules sont un excellent fourrage qui peut se conserver, soit à l'état vert, soit à l'état sec. La maturité des grains a lieu de septembre à octobre. On égrène pendant l'hiver, soit au moyen d'une machine spéciale, soit à l'aide d'une barre de fer contre laquelle on frotte fortement l'épi. La culture de la pomme de terre n'acquiert une certaine importance que dans la montagne. La betterave, peu cultivée, n'est nulle part employée à ia fabrication du sucre. Elle sert exclusivement, ainsi que la carotte, les raves et les topinambours, pour la nourriture du bétail. L'anis est cultivé dans quelques communes a sol calcaire de l'arrondissemeut de Gaillac. L'arrachage se fait à mesure de la maturité, qui est fort irrégulière. Les principales plantes fourragères sont : le trèfle incarnat, le trèfle rouge, la luzerne, le sainfoin et les vesces. On les rencontre dans la plupart des exploitations. Les prairies naturelles bien aménagées sont irriguées toutes les fois que cela est possible.
La vigne n'est cultivée que dans l'arrondissement de Gaillac et dans un petit nombre de localités de celui d'Albi, où elle donne un produit rémunérateur. Le département du Tarn produit, en moyenne, 450,000 hectolitres de vin, dont les deux tiers sont exportés. Les vignes sont, en général, sur des coteaux. Celles que l'on plante dans les plaines sont espacées de manière a pouvoir y passer la charrue.
Les principaux crus sont ceux de Gaillac, Cunao, Caysagtiet, Saint-Juéry. [.es vins du Tarn voyagent peu sur mer; on assure cependant que le célèbre La Pérouse, pendant la guerre d'Amérique, avait embarqué du vin de Cunac, auquel il fit faire le voyage des grandes Indes, et qu'une partie ayant été rapportée en France, on le trouva très-bon. Cunac ne compte que 321 hectares de vignes ; Caysaguet en possède 642 hectares. L'un et l'autre de ces vignobles occupent des coteaux siliceux formés de cailloux roulés et mêlés de schistes sur plusieurs points. Le mauzac, le picpouille, l'œillade, le terret et la blanquette constituent leurs principaux cépages. A part quelques nuances peu importâmes, la culture de la vigne et la fabrication du vin sont les mêmes qu'à Gaillac. Les vins de ces deux vignobles mériteraient d'être plus connus; i's sont d'une bonne conservation, fins, légers, moelleux, généreux, pleins de délicatesse et bouquetés, dignes, en un mot, d'être tirés de leur obscurité; on les compare, avec raison, aux meilleures provenances du Beaujolais; ils en ont, en effet, tout l'agrément, avec plus de feu et de montant. L« Midi a peu d'ordinaires qui leur soient comparables, et pourtant leur réputation ne dépasse pas l'Albigeois, et ils ne sa vendent pas au delà de 20 francs l'hectolitre en moyenne.
Les principales essences d'arbres sont : le chêne rouvre et l'yeuse, les châtaigniers, robiniers, ormes, érables, frênes, aunes, saules et peupliers ; en montagne, ce sont les sapins, les pins, les hêtres, les bouleaux et le eliène vert. Ou cultive le mûrier dans l'arrondissement de Lavaur et le châtaignier dans les régions élevées, notamment dans la montagne Noire. De beaux pâturages couvrent les vallées et les plateaux des montagnes.
Les instruments aratoires sont encore trèsimparfaits; cependant un progrès a eu Heu: à l'ancien araire, on a d'abord substitué la mousse, charrue à versoir, en bois, avec soc et coutre eu fer, puis une charrue meilleure, entièrement en fer. La herse à dents de fer, le rouleau, le pelleversoir, la houe à main sont d'un usage général; il n'en est pas de même de la houe à cheval, du buttoir, qui sont à peine connus. En plaine, les grandes exploitations sont de S0 à 70 hectares; en montagne, leur étendue est un peu plus considérable; mais la moyenne des propriétés est «le 20 à 30 hectares. L'exploitation se fait par métayers, maltres-valets, fermiers. Les petits propriétaires sont les seuls qui fassent valoir par eux-mêmes. La confection des fumiers laisse énormément à désirer. Parmi les amendements, les plus usités sont : le marimge, le chaulage, l'écobuage. L'assolement triennal, blé, maïs, jachère, est trèsemployé. Les terres peu fertiles sont soumises à l'assolement biennal, blé, jachère.
a Le sol, dit le Dictionnaire générât de géographie unioerseile, produit plus de céréales qu'il n'en consomme; on en exporte une assez grande quantité par les ports de la Méditerranée. Une partie du froment est convertie en minot et expédiée aux colonies. Les fruits, surtout les prunes sèches, et les vins donnent lieu à un commerce d'exportation assez considérable. Les espèces d animaux domestiques sont généralement d'un bon choix. Les chevaux du pays, sans être de belle apparence, sont vigoureux et durs à la fatigue. La race bovine est nombreuse : ou compte dans le département plus de 100,000 bêtes à cornes, mais elles sont de petite taille; on s'en sert pour le labourage. Les bêtes à Jaine, dont le nombre est évalué â 614,483 têtes, fournissent annuellement
TARN
plus de 650,000 kilogrammes de laine. ■ L'espèce ovine est entretenue partie pour l'élevage , partie pour l'engraissement , partie pour son lait, qui est employé à la fabrication de fromages façon Roquefort. Cette dernière spéculation est surtout active dans le canton de Lacaune, près de Castres.
L'industrie sôricicole a pris un développement très-actif dans le Tarn ; la muscardine en a arrêté les progrès dans ces dernières années; toutefois, elle paraît maintenant reprendre sa marche ascendante. L'engraissement des porcs et de la volaille donne lieu à une industrie assez importante.
Le gibier est assez abondant. On trouve dans le département des blaireaux, des sangliers, beaucoup de lièvres et de lapins. Le gibier k plume y est également fort commun. Parmi les animaux nuisibles, la fouine et la belette y sont les plus multipliés ; les renards ne sont pas rares, mais les loups s'y montrent rarement. Les rivières du département fournissent des poissons de diverses espèces, entre autres des truites et des brochets. Le saumon, l'alose et la lamproie remontent quelquefois jusque dans le Tarn.
L'industrie du département du Tarn a pour objet l'exploitation des carrières, des mines de houille, de manganèse oxydé ; la fonte du fer, la fabrication des draps, des toiles de chanvre ; la filature de la laine, le tissage des flanelles et des molletons, les filatures de coton, les magnaneries, les bonneteries, les tanneries, les mégisseries, les parchemineries, les papeteries, les minoteries, les verreries, les tuileries, les poteries, les faïenceries , les chaudronneries, etc. On compte dans le département 3 collèges communaux, 8 institutions secondaires libres et 699 écoles primaires. Sar 923 jeunes gens qui ont tiré au sort en 1866, 602 savaient lire et écrire, 30 savaient lire seulement, 291 ne savaient ni lire ni écrire,
TARN-ET-GARONNE (département de) , division administrative de la région S.-O. de la France. 11 doit son nom aux rivières du Tarn et de la Garonne, qui s'y réunissent , est formé d'une partie du Querey , du Rouergue, de l'Agenais, de l'Armagnac et du diocèse de Montauban, et est situé entre 43° 47' 30"-44° 23' de latit. et 0° 22'-l° 35' 30" de longit. O. Il a pour limites : au N., le département du Lot ; à l'E., celui de l'Aveyron ; au S. -F., celui du Tarn; au S., celui de la Haute-Garonne; au S.-O. et à l'O., ceux du Gers et du Lot-et-Garonne. Sa superficie, de 372,016 hectares, est divisée en 3 arrondissements : Montauban, ch.-l.; Castelsarrasin et Moissac; 24 cantons, 194 communes, renfermant une population de 221,610 hab. Evêché à Montauban (suiïragant de Toulouse). Le département ressortit à la cour d'appel et à l'académie de Toulouse, à la 13« légion de gendarmerie, a la 9« inspection des ponts et chaussées, à la 19° conservation des eaux et forêts, à l'arrondissement minéialogiquc de Rodez, à la 2« région agricole (sud). Le sol appartient aux terrains tertiaires. Le sol arable est généralement composé de couches argileuses, de marne et de sable siliceux. Les vallées et la plaine centrale sont couvertes de riches dépôts d'alltwion. ■ Le Tarn-et- Garonne, dit M. Adolphe Joanne, est parcouru, au S. de la Garonne, par les collines de l'ancienne Lomagne, qui, se prolongeant dans le Gers et les Hautes-Pyrénées, vont se rattacher au plateau de Lannemezan. Ces collines ont leur point culminant près d'Escabeaux, au S. de Beaumont-de-Lomagne (289 mètres). Elles dominent de gracieux vallons et deux vallées de prairies, où serpentent deux rivières très-pauvres en été, comme toutes celtes qui viennent du département du Gers, la Gimone et l'Arratz.
> Le dos de terrain qui sépare les deux grandes vallées de la Garonne et du Tarn est à peine accentué ; il ne mérite guère le nom de chaîne de collines qu'à l'E. et au S. de Dieupentale, où l'on signale des hauteurs de 130 » 154 mètres (60 mètres au-dessus de la plaine de la Garonne). Le chemin de fer de Bordeaux à Cette y traverse la forêt de Monteeh. Les chaînes comprises entre le Tarn et l'Aveyron sont plus élevées; elles abritent les jolis vallons du Tescou et du Tescounet et ont, en général, de 200 à*225 mètres ; mais au-dessus de Brunique, les collines coupées à pic qui resserrent les gorges de la Vère ont 220 à 280 mètres de hauteur au-dessus du torrent, soit 320 et 380 mètres au-dessus de la mer. Le plateau que portent les rochers d'Anglars, au S. de Saint-Antonin, a 370 mètres d'élévation.
1 Au N. du cours de l'Aveyron, sur les frontières des départements de l'Aveyron et du Lot, se dressent les collines les plus hau tes du Tarn-et-Garonne; leur altitude varie entre 350 et 500 mètres environ. La plus élevée (493 mètres) domine au S. le village de Castanet. Quant aux coteaux qui forment le relief du N. et du N.-O. du département, ils oscillent entre 150 et 275 mètres .de hauteur. Généralement fertiles, riches en vignes et en arbres fruitiers, ils renferment de profonds et jolis vallons.
■ La grande vallée que la Garonne inonde souvent ne le cède en fécondité à aucune autre en Franco; mais elle est trop largo pour être pittoresque, excepté lorsque les collines de la Lomagne viennent se dresser, sous forme do promontoires de 60 à 75 mètres
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de hauteur au-dessus de la rive gauche de ce fleuve, de plus de 200 mètres de largeur moyenne, remarquable d'ailleurs, en hiver et au printemps, par l'abondance et, en été, par la beauté de ses eaux. La vallée du Tarn, aussi féconde que celle de la Garonne, est plus accidentée, et sa rivière, qui entraîne avec elle les eaux d'une partie des Cévonnes, roule, large en moyenne de 130 mètres, entre des berges de 10 à 20 mètres de hauteur. Au pied des collines de la Française, dominant son cours de plus de 100 mètres, on jouit d'un splendide panorama sur la double plaine du Tarn et de la Garonne et les collines du pays de Lomagne. Le Tarn reçoit l'Aveyron, rivière aux eaux rares en été, en dépit d'un cours de 240 kilom. L'Aveyron serpente, de VUlefranche à Montricoux,dans une des gorges les plus sauvages du Midi. Ces gorges, que le chemin de fer de Montauban a Capdenac remonte à force de travaux d'art, tranchées, remblais, ponts, galeries et tunnels, se partagent entre le département de l'Aveyron, le département du Tarn et celui de Tarn-et-Garonne, où l'on admire surtout : Saint-Antonin et les rochers à pic d'Anglars, hauts de 250 mètres au-dessus de l'Aveyron ; Bruniquel et les roches perpendiculaires que couronnent des débris du château de Brunehaut. A Saint-Antonin débouche la vallée pittoresque de la Bonnette; à, Bruniquel, celle de la Vère, semblable en petit à celle de l'Aveyron.
■ Au-dessous de Montauban, les vallées de la Garonne, du Tarn et de l'Aveyron, séparées par des lignes de faite inappréciables, forment une plaine immense et verdoyante d'une très-grande fertilité. Après avoir coulé au pied des collines de Moissac, remarquables par leur hauteur de 80 mètres au-dessus de la rivière, leurs versants rapides, leurs vignes et leurs vergers, le Tarn se verse dans la Garonne, à laquelle il porte 20 mètres cubes d'eau par seconde a l'étiage. C'est à peu près à partir de ce point que la vallée se rétrécit; les collines de la rive droite et celles de la rive gauche commencent à se rapprocher tour à tour, hautes et bien découpées, du fleuve de la Gascogne , qui va former bientôt le plus bel ornement des campagnes de l'Agenais. 1
La Garonne, qui traverse une partie du département, y reçoit le Margartaud, la Nadesse, le Sambon, la Tersonne, la Gimone, la Sère, le Tarn, où tombent la Verdure, le Rieutor, le Tescou (grossi du Tescounet), l'Aveyron (grossi de la Baye, de la Seye, de la Bonnette, de la Vère, de la Cande et de la Tauge) et l'Emboulas (grossi de la Petite- Lembous, de Lupte et de la Lembous), l'Ayroux, le Camesou, l'Arratz, la Barguelonne (grossie de la Petite-Barguelonne). La Garonne et le Tarn sont seuls navigables. Le canal latéral à la Garonne traverse une partie du département. Ce canal communique avec Montauban par un embranchement de 12 kilom. Le climat, quoique très-variable, est doux et tempéré. La neige et la glace ne sont guère connues que dans les régions les plus élevées. Température moyenne, 13° environ.
Les produits minéraux consistent en pierres granito-schisteuses, grès; pierres calcaires, à chaux, à plâtre; marbre, argile, fer, cuivre et houille. On trouve des sources minérales sulfureuses et ferrugineuses à Fenayrols, Saint-Antonin et Parizot.
La surface productive du département se trouve ainsi subdivisée : terres labourables, 229,263 hectares; prairies, 18,753 hectares; vignes, 37,967 hectares; bois, 51,216 hectares ; landes , terres incultes et bruyères, 17,846 hectares; vergers, jardins, étangs, propriétés bâties, 1,490 hectares.
Le Tarn-et-Garonne est essentiellement agricole. La culture est faite avec soin, mais avec des instruments encore imparfaits; cependant la charrue à versoir, en fer, commence à remplacer l'antique araire romain. L'exploitation se fait par régisseurs , fermiers, maîtres-valets. Les petits cultivateurs cultivent seuls le sol qui leur appartient. Cette classe tend aujourd'hui à se multiplier. L'étendue ordinaire des fermes varie de 20 à 100 hectares. Les engrais de ferme, les seuls que l'on emploie, laissent beaucoup à désirer. La marne est fréquemment employée comme amendement; la chaux l'est beaucoup moins. Le plâtre est assez souvent employé pour amender les prairies artificielles. L assolement biennal, blé et jachère, est suivi dans les terres légères; ailleurs, le blé et le maïs se succèdent tantôt sans interruption , tantôt avec une année de jachère. Parmi les cultures, celle du blé est la principale. On le sème toujours en automne; au printemps, on fait passer rapidement les moutons à travers les guérets ; la récolte se fait à la fin de juin et au commencement de juillet, tantôt à la faux, tantôt à la faucille; on dépique au rouleau, en plein air, quelques jours après la récolte. On trouve aujourd'hui quelques machines a battre chez de riches propriétaires. La culture du seigle diminue journellement, à cause de l'amélioration des terres légères, et est remplacée par le froment. Lorge est généralement cultivée comme fourrage, pour être consommée en voit dès les premiers jours du printemps. On ne sème que l'avoine d'hiver; celle de printemps ne réussit pas, a cause de la sécheresse. Le maïs est une récolte très-irapor-
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tante ; on sème' dans les premiers jours de mars et on récoice au commencement d'octobre. Le maïs est souvent employé comme fourrage vert dans l'alimentation du bétail ; ses grains servent à la nourriture des habitants de la campagne. La culture du topinambour paratt s'implanter dans quelques localités. La betterave, la carotte, la pomme de terre, le haricot, la fève, la lentille, lo pois, le lin, le chanvre, le colza, la navette se trouvent dans presque toutes les fermes, mais en petite quantité et seulement pour les besoins de l'exploitation. Les prairies naturelles diminuent; on leur préfère les prairies artificielles plantées en luzerne, trèfle rouge, trèfle incarnat, sainfoin et vesce. La culture de la vigne est une des plus importantes; malheureusement, elle est encore fort arriérée ; le rendement n'est guère que de 15 hectolitres par hectare dans la majeure partie des exploitations; il pourrait être notablement augmenté, comme on le voit par l'exemple de quelques cultivateurs, qui obtiennent jusqu à 40 hectolitres à l'hectare par de meilleurs procédés de culture. En beaucoup d'endroits, la vigne ne reçoit qu'un labour. Les vins les plus estimés sont ceux de Tau, de Pech-Langlade, d'Aussac, d'Auveliar, de Saint-Loup, de Campsas et de La Ville-Dieu. Dans quelques localités, on cultive le safran.
Les prairies qui bordent les rives de la Garonne, du Tarn et de l'Aveyron produisent d'excellent foin; mais, comme les irrigations sont peu pratiquées dans le département, on n'y fait qu'une seule coupe et le fourrage est rare et cher. Les bois ne constituent nulle part des forêts proprement dites, niais seulement des bouquets de quelques hectares, disséminés ça et là au milieu des exploitations; on les exploite en taillis tous les dix à douze ans. Les principales essences sont : le chêne pédoncule, l'yeuse, l'orme, l'érable, lo frêne, le châtaignier, le robinier et l'aune.
Les animaux domestiques sont de la même espèce que ceux des autres départements méridionaux. La race chevaline y a quelquesunes des qualités des chevaux de Limousin et de Navarre; elle donne des produits propres à la remonte de la cavalerie légère. On élève dans le département des baudets destinés à la production des mulets et qui sont fort recherchés. Les bêtes à cornes (race bovine), dont le nombre était, en 1862, de 86,975 tètes, sont en général de taille et de qualité moyennes et appartiennent surtout a la race garonnaise; on les emploie au labourage. L'espèce ovine n'est pas belle ; cependant la laine est d'assez bonne qualité. En 1862 , le nombre de moutons était de 162,762, qui fournissaient par an 300,000 kilogrammes de laine. On engraisse aussi une grande quantité de porcs, qui sont vendus dans les départements voisins ou exportés en Espagne. On élèvo également beaucoup de volailles, surtout des dindes, dont on fait des exportations assez considérables; des canards et des oies de belle espèce, dont on fait des salaisons et dont les foies servent à confectionner les excellents pâtés de Toulouse , qui rivalisent avec ceux de Strasbourg. Il est a regretter que l'élève des vers a soie ne soit pas assez répandue dans le département et que l'éducation des abeilles y soit trop négligée.
Le gibier à poil et à plume est abondant. On y trouve le sanglier, le blaireau, des lièvres, des lapins, des perdrix, des cailles, des bécasses, beaucoup d alouettes et, dans certaines saisons, des ortolans. Parmi les animaux nuisibles, nous nommerons la fouine et la belette, qui y sont communes; on y trouve aussi des renards , mais les loups sont très-rares.
Les rivières du département sont trèspoissonneuses. On y pêche, dans la Garonne et le Tarn, des saumons, des esturgeons, des aloses et des lamproies.
Le département, assez avancé sous le rapport industriel, possède de nombreuses minoteries, des filatures et des fabriques d'étoffes de soie, de nombreuses fabriques de toiles, d'étoffes communes, de serges, de laines, de chapeaux en soie et en feutre, des bonneteries en soie et en filoselle, des fabri-
?ues de papier et de cartons à apprêter, des abriques de chaudrons et de tamis, des faïenceries, des poteries, des briqueteries, des amidonneries, des teintureries, des distilleries d'eau-de-vie, des fabriques de chandelles et de cierges, etc.
Le Tarn-et-Garonne possède 3 collèges communaux , 2 institutions secondaires libres, 429 écoles primaires et 13 salles d'asile. Sur 498 jeunes gens qui ont tiré au sort en 1866, 352 savaient lire et écrire.
TARN A, rivière de Hongrie. Elle descend du versant N. des monts Matra, coule d'abord à l'E., puis au S., ensuite au S.-S.-O., et se jette dans le iîagyra, après un cours de 90 kilom.
TARNAC, commune de la Corrèze, sur une colline dominant la Vienne, cant. de Bugoat, arrond. et à 50 kilom, d'Ussel, à 70 kilom. de Tulle ; 7,221 hectares de superficie ; 1,863 hab. Château moderne et ruines très-anciennes.
TARNAGROD, ville de Pologne (Lublin), dans le cercle de Zamosc, à 22 kilom. S. de BUgarey, sur la rive gauche de la Wieprz, qui la sépare d'Izbyca; 4,000 hab., parmi lesquels un grand nombre de juifs marchands.
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Un incendie a dévasté cette petite ville en
Tiirnnway , château d'Ecosse, aux environs de Ferres, dans la forêt de son nom, bâti parRandolphe, premier comte de Moray, l'ami et le compagnon de Robert Bruce. • La grande salle, dit M. Joanne, a 87 mètres de longueur et 1 1 mètres de largeur. Son plafond de bois sculpté ressemble à celui de Parluiineiit House, à Edimbourg. La cheminée est assez grande pour qu'on y fasse rôtir un bœuf tout entier. «
TARNIER (Etienne- Auguste), mathématicien français, né à Paris en 1808. Lorsqu'il eut terminé ses études à Paris, il entra dans renseignement, devint maître de conférences au collège Louis-le-Giand, fit des cours au collège Saint-Louis et prit le grade de docteur es sciences. M. Tarnier fut nommé peu après examinateur pour les admissions à i*Ecole de Saint-Cvr (£84C). 11 a été appelé en 1856 au poste d'inspecteur de l'instruction primaire de Ja Seine. Ce savant a publié uji certain nombre d'ouvrages pour l'enseignement, lesquels ont été pour la plupart fréquemment réédités. Nous citerons de lui : Éléments d'arithmétique (1850, in-8°); Eléments d'algèbre (1850, in-8»]; Traité d'algèbre élémentaire (185!, in-8<>); /Cléments de trigonométrie, (IS52, in- 80); Théorie de logarithmes (1S33, in-8»); Nouvelle arithmétique théorique el pratique à l'usage des commençants (1850, in-12); Petit traité d'algèbre (1863, in-12); Problèmes d'arithmétique (1863, in-12); lJroOlèmis de physique mathématique proposés au baccalauréat es sciences (1864, in-8<>); Applications de l'arithmétique aux opérations pratiques (18G4, in-12); Petite arithmétique des écoles primoires (1870, in- 18); le Langage des nombres appliqué à la récapitulation du catéchisme (1874, in-12); Essai sur le Plutarque de l'armée française (1874, in-8°), etc.
TARNIEH (Stéphane), médecin-accoucheur français, né a Ayserey (Côte-d'Or) en 1S28. A seize ans, il prenait la première inscription a l'Ecole secondaire de médecine de Dijon, et, en 1848, il arrivait à Paris. Reçu externe des hôpitaux eu 1850, interne en 1853, docteur en 1857, il fut nommé agrégé deux ans après, à la suite d'un brillant concours, et devint en 1865 chirurgien des hôpitaux. Professeur à la Maternité, où il fait un cours aux élèves sages-femmes de première classe, te docteur Tarnier est encore chargé du cours d'accouchement institué a l'Hôpital des cliniques pour les sages-femmes de seconde classe. Les publications de M. Tarnier ne sont pas très-nombreuses, mais elles sont tontes frappées au bon coin. On lui doit une nouvelle édition du Traité d'accouchement de Cazeaux; le complément du bel ouvrage de Lenoir, trop peu connu des médecins ; un travail important, De ia fièvre puerpérale (1858, in-8°), ouvrage qui renferme plusieurs chapitres neufs et originaux, parmi lesquels on remarque celui dans lequel l'auteur démontre la contagion de la fièvre puerpérale et la mortalité beaucoup plus grande parmi les femmes accouchées à l'hôpital j Des cas dans lesquels l'extraction du fœtus est nécessaire et des procédés opératoires relatifs à cette extraction (1860, UI-8U) ; Mémoire sur l'hygiène des hôpitaux de femmes en couche (1865, in-8°), etc. Le docteur Tarnier a collaboré au Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, publié par J.-B. Baillière.
TARNON, rivière de la Lozère. Elle prend sa source dans l'Aigoual, arrose Florac, où elle reçoit le Alimente et les eaux de la magnifique fontaine du Vivier, et se jette dans le Tarn, au pont du Tarn, après un cours de 35 kilom.
TARNOPOL, ville des Etats autrichiens (Galicie), sur le Sereth, à 136 kilom. E.-S.-E. de Lemberg, par 49°36' de latit. N. et 23<>3' de longit. E.; 15,000 hab.,dont7,000juifs. Ch.-l. de cercle. Fabrique de draps et de toiles. Commerce de céréales, miel, cire, chanvre, cuirs, potasse, eau-de-vie.
TARNOPOL (cercle de), situé entre ceux de Brzezanv et de Zloczov à l'O, de Czorthov au S., et les provinces russes de Wolhynie et de Podolie au N. et à l'E.; 3,078 kilom. carrés. 246,U5hab. Sa surface est plate et bien boisée. Il est arrosé par la Podharce, qui le sépare de la Russie, le Sereth et leurs affluents. On y trouve plusieurs lacs. On y recueille du blé, du sarrasin, des légumes, des fruits, du jlin, du chanvre, et on y éteve du gros bétail, des chevaux, des porcs, etc. Les forêts y sont assez considérables.
TARNOW, ville des Etats autrichiens (Galicie), ch.-l. du cercle du même nom, sur un affluent de la Biala, a 246 kilom. de Lemberg; 4,700 hab. Evêché, tribunaux, gymnase, fabriques de toiles et cuirs ; commerce actif. La cathédrale, beau spécimen de l'architecture gothique, renferme plusieurs monuments remarquables , Dotamment ceux du comte Tarnow-Tarnowsky et du prince Ostrog.
TAKNOW (okrcls dk), entre ceux de Rzeszov à l'E., Sauok et Sandek au S., Cracovie ù l'O., et la Pologne russe au N. ; 3, 780 kilom. carrés ; 253,000 hab, La partie S.-O. et S.-E. est hérissée de quelques montagnes. Le sol, généralement sablonneux, est peu fertile' et assez mal cultivé. L'éducation du bétail est également négligée. La fabrication des