Partie do la trémie d'un moulin
TAKT1ER (Adrien Lb), médecin français, né à Trbyes (Champagne) vers la flu du xvie siècle. (I se livra a la pratique de son art à Chaumont-en-Bassigny. On a de lui, sous le titre de Promenades prinianières (Paris, 1580, in-16), un ouvrage curieux et recherché, dans lequel on trouve soixantodix discussions sur des sujets de médecine.
TART1FLE S. f. (tar-ti-ïle). Bot. .Nom vulgaire de la truffe.
TARTIGNY, village de l'Oise, cant. de Breteuil, arrond, et à 32 kilom. de Clermout, à 28 kilom. deBeauvais; 270 hab. Antiquités. Beau château. Eglise en partie du xvie siècle.
TARTINE s. f. (tar-ti-ne — dimin. de tarte). Tranche de pain recouverte d'une substance fondante : Tartine de beurre, de miel, de confiture.
Toujours la courtisane, & travers un mirage. Dans le chalet classique où l'on bat le laitage. Se voit, distribuant, chaUe, simple, en sabots, Des tartines de beurre il du petits marmots.
Rolland et Du Bora.
— Fam. Long discours : Quelles belles tartines elle débita! (Balz.) Le critique fait de grandes tartines d'érudition. (Th. Gaut.) Dans la tabtink politique, il est plus beau encore. (C. Lorédan.)
— Théâtre. Tirade da longue haleine.
— Art vétér. Tranche de pain sur laquelle on étend des substances médicamenteuses, pour les faire lécher aux animaux malades.
— Ehcyol. Art vétér. La tartine est connue dans quelques contrées sous le nom vulgaire de léchoa, parce que les animaux la lèchent avec plaisir; les substances que l'on étend sur le pain sont généralement associées au miel, à la mélasse et au sel marin, que Jes bêtes bovines et ovines appètent beaucoup. Voici l'énuméralion des diverses tartines que l'on donne aux. animaux domestiques en médicaments.
1" La tartine restaurante et adoucissante est composée de 500 grammes de pain et d'une quantité égala de betteraves, carottes cuites, navets ou potirons cuits et écrasés, et légèrement salés. On étale Jes matières végétales cuites sur la tranche de pain qua l'on donne à la bête bovine ou ovine. L'emploi de ces tartines est indiqué dans la clavelée confluente du mouton, les inflammations dos organes de la poitrine, les abcès salivaires, la convalescence du glo'ssauthrux.
S" La tartine émolliente est ainsi composée : 500 grammes do pain, 32 grammes de poudre de réglisse et 250 grammes de miel ou de mélasse. On mélange la poudre de réglisse au miel, on étend le tout sur la tranche de pain et on la donne au cheval, au bœuf ou au mouton. Les bêtes bovines et les jeunes chevaux sout friands de cette tartine. Ou les donne dans les inflammations du poumon, de lit bouche, dans la fièvre apnîheuse, la pharyngite et la laryngite.
3° La tartine émutliente et diurétique est composée de 500 grammes de pain ordinaire, 32 grammes d'aaotate de potasse et 250 grammes de miel ou mélasse. On mélange le miel et l'azotate de potasse et on étale le tout sur la tranche de pain. L'usage de cette tartine est indiqué dans la straiigurie due à l'action des bourgeons de chêne et des plantas acres et astringentes, et, en général, dans le pissement de sang déterminé par ics premières pousses des herbes dans les pâturages.
40 La tartine purgaliue pour le veau est composée de 60 grammes de pain ordinaire coupé en tartine, de 1 gramme de calotnel préparé à lu vapeur et d'une quantité suffisante de crème fraîche. On saupoudre la tartine avec le calotnel, on étale la crème fraîche sur le pain et on fait manger au
jeune animal. Cette tartine est donnée aux veaux atteints de constipation a l'époque où ils mangent des fourrages secs»
50 La tartine restaurante et excitante est composée de 500 grammes de pain coupé en tartine, 150 grammes de viande de bœuf, de veau ou de mouton cuite, desséchée au four et pulvérisée, 90 grammes de mélasse ou de miel et 30 grammes de sel marin. Mélangez la viande, desséchée au four et pulvérisée, nu miel ou a la mélasse et au sel ; étendez lu tout sur la tartine, recouvrez d'un peu de farine d'orge et donnez à manger plusieurs fois par jour à la bête k cornes. Les animaux qui ont beaucoup travaillé, qui ont fait usage de mauvais aliments, ou qui sont convalescents de maladies graves et notamment de maladies putrides et charbonneuses, sont promptement restaurés par l'usage de ces tartines, qu'ils dédaignent d'abord et qu'ils mangent ensuite avec avidité.
60 La tartine ferrugineuse est composée de 500 grammes de pain coupé en tartine, 10 grammes dedeutoxydede foret 150 grammes de mélasse. On mélange la mélasse et le detitoxyde de fer, ou étale le mélange sur la tranche de pain et on donne à l'animal le matin à jeun. Elle est usitée dans l'amaigrissement causé par les maladies pédiculaires, l'anémie, les maladies qui ont nécessité do grandes déperditions sanguines, et aussi à la suite des parturitions laborieuses suivies d'hémorragies utérines.
70 La tartine excitante de Mathieu est composée de 250 grammes de pain ordinaire coupé en tartine, de 15 grammes de racine de moutarde noire pulvérisée, de 30 grammes de fleur de soufre et d'une quantité égale de poudre cordiale, de 120 grammes de fenugrec et de 150 grammes de sel de cuisine. Mettez une forte pincée de cette poudre sur le pain coupé en tartine et donnez a manger au gros bétail, qui est friand de celte préparation. On donne cette tartine au bétail atteint de péripneumonie contagieuse. Sous son influence, les fonctions digestives semblent se relever et la bête est incontinent plus gaie. Lorsque le mufle est desséché, il ne tarde pas à se couvrir des gouttelettes que ruminai porte toujours lorsqu'il est en bonne santé, et qui le maintiennent humide et frais.
8° La turline restaurante et stimulante de Lafosse est composée de 500 grammes do pain coupé en tartine, de O1''," de vin et do 32 à G4 grammes de sel, pour vingt-quatre heures. Après avoir coupé le pain en turtines, il faut le tremper dans le vin et l'arroser do sel. On prescrit ces tartines pondaul la convalescence des bêtes à cornes qui ont été guéries, de la péripneumonie contagieuse épizootique.
KdJjd, la tartine tonique et antiputride est composée de 250 grammes de pain, de o"l,2 de vin de quinquina, de 150 grammes do miel ou de mélasse et de 32 grammes de sel marin. On mélange le miel, le vin et le sol; on étale sur une tartine que l'on saupoudre d'un peu de farine d'orge, et l'on fait manger ii la bêteà cornes. Ces tartines se donnent au bétail atteint d'anémie, do charbon, et dans toutes les convalescences des maladies septiques.
Tar<iue, titre sous lequel un journal de Paris, le Gaulois, a publié (janvier 1809) un petit conte inédit, attribué à Voltaire par M. A. Guittard, qui dit l'avoir trouvé dans la bibliothèque de Toulouse. Dénicheur ou pasticheur, M. Guittard a eu la main heureuse. Voici cette pièce :
TAKTINIi
ou Le Carême aux truffes.
Ah! se sauver n'est pas chose ordinaire. Le ciel est cher dans ce siècle d'écus, Et pour compter au nombre des élus Tout bon chrétien doit être millionnaire! L'abbé Tartine, un homme saint et grus, Se jetant hier, chez la belle ldaliso, Dans un fauteuil qui lui tendait Les bras; • Tout est perdu I le peuple ne croit plus. Et je craindrais que la religion sainte Dans tous les cœurs ne fût bientôt éteint* S'il n'était là quelques nobles élus, Si nous n'avions mainte et mainte marquise Qui, comme vous, soutient encor l'Eglise. » Mais ld&lise : ■ Eh! l'abbé, qu'avea-vous, Répondit-elle, et pourquoi ce courroux ?
— Pourquoi, madame ? Ah ! grande est macoltro , Jû vferis.de voir un spectacle odieux.
— Racontez, c'est peut-être curieux, Dit Idalise.
— Au faubourg, d'ordinaire, Reprit Tartine, on me voit visiter Tous les jeudis, quelque pauvre demeure. Hier, de ce soin je n'ai pu m'acquttt6r, Chez monseigneur dînant (cause majeure, Que je ne puis ni ne dois éviter).
Ce matin donc, ce matin au plus vite, Je suis allé pour faire mu visite, Ne voulant pas, marquise, vous gêner En retardant pour moi le déjeuner.
Or, savez-vous, la, ce qu'en plein carême, Chez des pauvres entrant a l'imprévu, De mes deux yeuï j'ai parfaitement vu?
Ëxcusez~moi, j'en deviens encor blémel Sur une table, aujourd'hui vendredi, J'ai vu servir un morceau de bouilli!
— C'eBt incroyable 1
— «Oui, madame, incroyable. Et, cependant, ce morceau de bouilli
TART
Moi je l'ai vu, palpé, touché, senti; Ahl tous ce» gens Beront voués an diable, Qui partageaient ce repas détestable. »
Ainsi parla Tartine, et sa fureur Le fit, dit-on, maigrir de plus d'une once. Heureusement un valet bienfaiteur Vint le calmer par cette belle annonce : * Le déjeuner de madame est servi ! > Tartine alors, de la belle suivi, S'en va s'asseoir dans une belle salle, Où, sous leurs yeux trente plats l'on étale. C'était d'abord un mets commode et beau Nommé poisson par tous les casuistes.
Quoique toujours d'affreux naturalistes L'aient appelé seulement poule d'eau; C'était ensuite une sole normande Aux gras filets de moules entourés, Puis d'autres mets savamment préparés Et qui rendraient une nonne gourmande S'il se pouvait; mais las! toutes le sont, Vous l'attestez, carpe bénédictine, Dont longuement s'est empiffré Tartine; Puis il mangea d'un énorme poisson,
Des petits pois nouveaux, venus d'Espagne;
On lui servit un bon macaroni ;
Et pour les vins : bordeaux, beaune, Champagne ;
Puis du dessert et pui3... ce fut fini.
Comme on le voit, pas un brin de bouilli.
Le déjeuner fut orthodoxe et maigre,
Tartine aussi se trouva tout allègre.
Comme on doit l'être après devoir rempli ;
Loin d'être triste^ ainsi qu'un vieu^ tartufe.
Le repas fait, il fut vif et joyeux
Et son regard, enflammé par la truffe,
Pour Idalise eut, dit-on, mille feux.
Je n'en crois rien : c'était jour d'abstinence !
La. mort, qui vient souvent sans qu'on y pense,
Ravit Tartine à la religion
Ce môme jour. D'une indigestion
L'on vit mourir l'orthodoxe Tartine,
Victime, hélas! d'une maigre cuisine.
Son âme au ciel remonta promptement,
Par Dieu trouvée en bel état de grâce:
Mais ils vivront sans doute longuement,
Puis ils iront en enfer prendre place,
Ces gueux sans foi qui, par un vendredi.
Osaient manger un morceau de bouilli 1
TARTINI (Giuseppe), célèbre violoniste et compositeur italien, le Paganinidu xvme siècle, né à Pirano, en Istrie, en 1692, mort à Padoue le 2fl février 1770. La vie de cet artiste est un véritable roman. Destiné par sa famille à la vie monastique, il fut élevé chez les oratoriens de Pirano, puis envoyé à Capod'Istria, au collège des Pères des écoles; la musique était alors très-cultivée dans les collèges, et Tartini en apprit les éléments dans cette institution; mais, chose bizarre, il s'adonna surtout à l'escrime. 11 décida sa famille, qui voulait faire de lui un franciscain, à l'envoyer étudier !e droit à Padoue-, il avait alors dix-huit ans. Après de brillants examens, il se dégoûta de la jurisprudence et, dominé par son amour pour l'escrime, il avait résolu d aller s'établir maître d'armes à Naples ou à Paris, lorsque l'amour passionné qu'il ressentit pour une jeune lille, parente de l'èvêque de Padoue, le cardinal. Georges Gornaro, leflança dans toutes sortes d'aventures. Déjà, son humeur querelleuse, doublée de son extrême adresse à l'épée, lui avait valu nombre de duels, qui avaient fait esclandre dans la ville. La séduetion d'une parente da l'èvêque décida celui-ci à sévir. Marié clandestinement à cette jeune tille, et sous le coup d'une arrestation provoquée par l'èvêque, Tartini s'enfuit de Padoue, déguisé en pèlerin. Il trouva un asile a. Assise, chez un ami, qui n'imagina rien de mieux que de le cacher dans un couvent de minorités, dont il était le sacristain. Le calme du monastère développa favorablemeet les dispositions studieuses du jeune homme; il passait des journées entières à s'exercer sur son violon, et prenait en même temps des leçons de composition et d'accompagnement d'un maître habile, le Père Boemo, organiste de la communauté. Il passa ainsi deux années dans l'étude et le recueillement, acquérant chaque jour sur le violon des qualités plus sérieuses. Aux heures des offices, un rideau le cachait aux assistants, de peur qu'il ne fût reconnu; le rideau ayant été une fois soulevé par le vent, un Padouan qui se trouvait dans l'assistance aperçut le virtuose et donna l'éveil. L'èvêque fut averti du lieu de sa retraite; mais comme l'affaire était déjà lointaine, presque oubliée, et que la séduction de la jeune fille était ii réparable, il pardonna. Les deux époux furent réunis et leur union fut régularisée; mais leur bonheur n'eut pas une longue durée. Celte femme, si ardemment aimée et cause de tant d'aventures, se trouvait être la plus revêche et la plus acariâire du monde. Il ne leur fut pus plus tôt- permis de vivre ensemble, qu'ils n'eurent plus qu'une idée fixe, se quitter pour ne jamais se revoir. Tartini envoya sa femme à Pirano, se rendit lui-même à Ancône (1714) et y demeura sept années. Ce laps de temps fut mis à profit par lui; de nouvelles études et des découvertes harmoniques importantes mirent le sceau à sa réputation. Il était, dès cette époque, considéré comme le plus fort violoniste de l'Europe, au point qu'on l'appelait le Matire de» nation» (il Maestro dette nasione).
Bn 1721, il fut appelé à Padoue comme maître de chapelle de la cathédrale Saint- Antoine de Padoue, la plus renommée en Italie pour l'excellence de sa musique et de
TART
ses artistes. Tartini occupa ce poste pendant cinquante ans, sauf un séjour de trois années qu'il rit chez le comte Kinski, en Bohême. Les instances et les offres brillantes de la plupart des cours européennes ne purent le décider à quitter, même momentanément, Padoue; il y fonda une école de violon restée célèbre, où se rendirent un grand nombre d'élèves et même de professeurs, désireux de profiter de son enseignement. C'est dans cette ville qu'il composa et publia ses Concertos, ses Sonates pour violon et basse, ses Leçons pour le uioion, toutes productions encore estimées des connaisseurs. L'école de Tartini fut illustrée par des artistes de premier ordre : Nardini, Pasqualino Bini, Alberghi, Domenico Ferrari, Carminati, Capuzzi, Pugnani, Mm» de Sirmen (Maddalena Lombardini), les Français Pagin et La Houssaye. Pugnani fut, à son tour, le maître de Viotti et de Bruni ; ainsi s'est perpétuée jusqu'à nous la tradition classique italienne. C'est de la péninsule que sont sortis à la fois les grands violonistes et les excellents violons ; honneur donc a Crémone et h Padoue, mères des uns et des autres I
Tartini resta jusqu'au bout maître de chapelle et directeur de l'école instituée par lui. Les émoluments qu'il recevait et quelque bien provenant de sa famille lui assuraient une honnête aisance. 11 vécut ainsi jusqu'à l'âge de soixante-dix-huit ans et enfin fut emporté par le scorbut. L'artiste fut inhumé dans l'égîise de Sainte-Catherine. Son éloge a été écrit par l'abbé Fanzsigo, et Valloti a composé et fait exécuter par la chapelle de Saint-Antoine un Requiem en son honneur.
On a de lui, comme compositeur; un grand nombre de concertos, tant publiés que manuscrits; leur style est généralement élevé, les idées ont de la variété, l'harmonie est pure sans sécheresse. Le morceau lé plus Connu est la fameuse Sonate du diable, dont voici l'origine : « Une nuit de l'année 1713, Tartini, pendant son sommeil, rêva qu'ayant le diable à son service, il lui donna son violon, sur lequel celui-ci se mit a exécuter la plus admirable des sonates. Réveillé en sursaut, Tartini saisit son instrument, espérant retrouver une partie de ce qu'il venait d'entendre, mais ce fut en vain. 11 n'en conserva pas moins à la pièce qu'il écrivit alors le nom de Sonate du diable, » Cette anecdote a été mise en circulation par Lalande ( Voyage en Italie). Le grand astronome disait la tenir de Tartini lui-même.
On a réimprimé dans les temps modernes ce morceau vraiment diabolique et à peu près injouable. On n'y voit guère qu'une accumulation de difficultés d'où ne ressort aucune mélodie bien saisissante. La vignette représente le cauchemar musical de Tartini. Cet artiste est étendu dans son lit, et on voit le diable accroupi sur sa poitrine haletante et raclant du violon avec un rire satanique qui. semble dire : Imite-moi si tu peux; exécute des trilles, des cadences, des triples notes et des tours de force pareils !.. Nous ne savons si Paganini eût fait mieux, mais il était bien capable d'exécuter cette diablerie musicale, que nous prisons peu aujourd'hui et qu'on dit être le chef-d'œuvre du virtuose padouan,
Tartini eut a soutenir une polémique assez vive k propos d'une de ses découvertes harmoniques. II constata, tout jeune encore, le phénomène du troisième son , ainsi appelé parce que des tierces parfaitement justes exécutées sur le violon font entendre un son grave à la tierce inférieure de la note la plus basse des deux, qui forme avec elles un accord parfait. Il attacha la plus grande importance à la découverte de ce phénomène et voulut en faire la base de tout un système musical; Prony et Serre, en donnant du phénomène une idée plus juste, ont réfuté les idées, d'ailleurs obscures, du compositeur; mais son observation, en tant que constatalion d'un fait d'acoustique fort singulier jusqu'alors inaperçu, n'en est pas moins remarquable.
Les ouvrages dans lesquels Tartini a exposé sa théorie musicale sont : Trattata di musica, secondo la vera sciensa dell' armonia (Padoue, 1754, in-4°). Il existe un extrait détaillé de ce travail dans le Dictionnaire de musique de J.-J. Rousseau, au mot système. Serre, de Genève, ayant vivement attaqué la théorie de Tartini, celui-ci répondit par un nouvel ouvrage intitulé : Risposta di Giuseppe Tartini alla critica det di lui Trattato di musica, di M. Serre, di Ginevra (Venise, 1767, in-8û). Cependant, l'artiste ne manqua pas de profiter de cette critique dans un troisième traité : Dissertazione dei principij dell' armonia musicale, contenuta net diatonico génère (Padoue, 1767, in-4°). Le portrait de Tartini a été gravé en France d'après le dessin de M, P. Guécin.
On a encore du violoniste le recueil de YArte dell' arco (l'Art de l'archet) [Amsterdam, in-4«] et un Miserere à quatre etk cinq voix, avec le dernier verset a huit, qui fut exécuté en 1768, dans la chapelle pontificale de Rome. Tartini s'est beaucoup occupé d'acoustique.
TARTLAN, TARTLEN, TARTLAU, en hongrois Prasmar, bourg de Transylvanie, à 15 kilom. N.-E. de Kronstadt; 4,000 hab. Fabriques de toile. Industrie agricole.
TART
TARTONAIRE s. m. (tar-to-nè-re). Bot.
Syn. de tartonrairb.
TARTONRAIRE s. m. (tar-ton-rè-re). Bot.
Nom vulgaire d'un arbrisseau du genre daphné. Il On dit aussi tartonaiRE.
TARTOOILLADE s. f. (tar-tou-lla-de; Il mil.). Peint. Dans l'argot des ateliers, Tableau confusément et lâchement dessiné, où l'on a tout sacrifié à l'éclat des couleurs.
TARTOUIIXER v. a. OU tr. (tar-tou-llé ; Il mil.). Peint. Dans l'argot des ateliers, peindre lâchement, confusément, en tout sacrifiant à l'éclat des couleurs ; Ta.rtouili.br des scènes de genre.
TARTOUILLËUR s. m. (tar-tou-lleur; Il mil. — rad. tariouiller). Peint. Celui qui fait des tartouillades
TARTRAD1PIQUE adj. (tar-tra-di-pi-ke — de tarîrt'gue, et de adipique). Chim. Se dit d'un acide homologue de l'acide tartrique, et appartenant à la série adipique.
— Encycl. V. HOMOTARTR1QUË.
TARTRALATE s. m. (tar-tra-la-te — rad.
tartre). Chim. Nom donné par Frémy aux ditartrates, parce qu'il appelait tartralique l'acide quon appelle aujourd'hui ditartrique.
— Encycl. V. TARTRIQDB.
TARTRALIQUE adj. (tar-tra-li-ke — rad, tarire). Chim. Qualification donnée par Frémy à l'acide que l'on désigne aujourd'hui par le nom d'acide dilartrique.
— Encycl. V. TARTRIQUB.
TARTRAMATE s. m. (tar-tra-ma»te). Sel de l'acide tartramique.
— EUCyCl. V. TARTRIQUE.
TARTRAMÉTHANE s. f. (tar-tra-mé-ta-ne
— de tartre, et de méthyle). Chim. Nom que l'on donne souvent au tartramate d ethyle ou éther éthylique de l'acide tartramique,
— Encycl. V. TARTRIQUE.
TARTRAM1DE s. f. (tar-tra-mi-de — de
tartre, et de amide). Chim. Amide neutre, qui dérive de l'acide tartrique par la substitution de deux molécules d'amiriogène à deux oxhydryles acides, et qui présente la composition du tartrate neutre u'ammouiurn, moins deux molécules d'eau.
— EncyCl. V. TARTRIQUB.
TARTRAMIQUE adj. (tar-tra-mi-ke — de tartrique, et de amiçue). Chim. Se dit d'un acide qui dérive de l'acide tartrique, par la substitution d'un groupe amidogène a un oxhydryle acide.
— Encycl. V. TARTRIQUB.
TARTRAMYLATE s. m. (tar-tra-mi-ta-te
— de tartre, et de amylate). Chim. Nom par lequel on désigne quelquefois les aniyl-tartrates.
— Encycl. V. tartrique. - TARTRAMYL1QUE adj. ( tar-tra-mi-li-ke
— de (oî'[i'Ï7»e, et de amylique). Chim. Se dit d'un acide plus connu sous le nom d'acide amyl-tai'trique, qui dérive de l'acide tartrique par la substitution d'un atome du radical amyle a un atome d'hydrogène basique.
— Encycl. V. tartrique.
TARTRANILATË s. m. (tar-tra-ni-la-te — de tartrat-i, et de anilate). Chim. Sel de l'acide tartranilique.
— Encycl. V. tartrique.
TARTRANILE s. m. (tar-tra-ni-Ie — de
tartre, et de anile). Chim. Nom qu'on donne souvent à la phényl-tartrimide, parce que ce corps représente une molécule de tartrate acide d'aniline moins deux molécules d'eau. Il On l'appelle aussi tartrimide.
— Encycl. V. tartrique.
TARTRAN1LIDE s. f. (tar-tra-nt-li-de —
de tartre, et de anilide). Chim. iNom qu'on donne souvent à la diphényl-tartramide, parce que ce corps renferme les éléments d'une molécule de tartrate neutre d'aniline, moins les éléments de doux molécules d'eau.
— Encycl. V. tartrique.
TARTRANILIQUE adj. (tar-tra-ni-li-ke —
de tartrique, et de anilîque). Chim. Se dit d'un acide appelé aussi acide phènyl-tartramique, qui représente, par sa composition, du tartrate acide d'aniline moins une molécule d'eau.
— Encycl. V. tartrique.
TARTRATE s. m. (tar-tra-te — rad. tartre). Chim. Sel produit par la combinaison de l'acide tartrique avec une base.
— Encycl. Ces sels seront étudiés au mot tartrique, au point de vue purement chimique. Nous ne les considérerons ici que sous le rapport de leurs applications médicales et pharmaceutiques.
Les tarifâtes les plus usités en thérapeutique sont les suivants :
— Tartrate acide de potasse. Ce sel existe tout formé dans le raisin. Lors de la fermentation, le sucre, se changeant en alcool, empêche le liquide de dissoudre le tartrate, et celui-ci se précipite. Très-peu soluble dans l'eau froide , il l'est davantage dans l'eau bouillante. On le rend plus soluble par l'addition de l partie d'acide basique sur i parties de crème de tartre. C'est ce qui consti-
TART
tuo la crème de tartre soluble, usitée en médecine comme purgatif. On l'administre à la dose de 15 à 16 'grammes dans un véhicule aqueux. Comme laxatif, on fait très-souvent prendre 4 à 8 grammes de crème de tartre dans du petit-lait ou une tisane rafraîchissante.
— Tartrate de potasse neutre. Il a une saveur amère, un peu désagréable; il est soluble dans l'eau froide, plus solnble dans l'eau chaude. Ce sel est purgatif à la dose de 8 a 30 grammes. Son action est très-douce e% sans coliques. Très-usité autrefois, il est aujourd'hui à peu près abandonné.
— Tartrate de potasse et de soude. Ce sel, découvert en 1672 par un pharmacien de La Rochelle, nommé Seignette, est incolore, inodore, d'une saveur légèrement amère; efflorescent h l'air, soluble dans l'eau plus il chaud qu'a, froid. Il est sous forme de cristaux prismatiques à huit ou dixpans inégaux, transparents, inaltérables à l'air, d'une saveur légèrement amère. On l'obtient en saturant Pexeès d'acide de la crème de tartre avec du carbonate de soude; il agit comme le tartrate de potasse et se donne aux mêmes doses. On en fait encore aujourd'hui souvent usage, surtout dans la médecine des enfants.
— Tartrate de potasse et de fer. Ce sel est sons forme de petites aiguilles verdàtres ou d'une poudre d'un brun tirant sur le vert; inodore, d'une saveur styptiqne, très-déliquescent et, par conséquent, très-soluble. On l'obtient en faisant bouillir dans 7 parties d'eau 2 parties de limaille de fer et 5 parties de tartrate acide de potasse, jusqu'à ce que la liqueur ne soit plus acide. Le tartrate de potasse et de fer agit comme les autres préparations martiales, c'est-à-dire comme tonique et emménagogue. On le donne à la dose de 5 à 6 décigramuies k 1 gramme et même 8 grammes, en dissolution ou en pilules. On en fait une teinture peu usitée et un vin appelé vin chalyhê, qui se prépare ainsi : on triture 1 gramme de tartrate de protoxyde de fer et 1 gramme d'acide tartrique dans un mortier de porcelaine ou de verre, et on ajoute le vin blanc. On prépare aussi l'eau martiale composée de 50 centigrammes de tartrate de fer et de potasse dissoute dans 650 grammes d'eau, que l'on charge ensuite d'acide carbonique. Trousseau ordonnait cette eau, à la dose de 250 à 500 grammes par repas, dans certains cas de gastralgie et de chlorose.
— Tartrate de potasse et de fer solide. Ce sel sert à préparer un médicament fort usité dans la médecine populaire, qui a reçu le nom de boule de Mars ou de boule de Nancy. , Divers modes ont été employés pour sa préparation. Le meilleur de tous est celui donné par MM. Henry et Guibourt, comme employé à Nancy, ville où ces boules paraissent avoir été préparées pour la première fois, et d'où les tirent encore les personnes qui tiennentà la forme et au nom primitifs. La préparation consiste à traiter à trois reprises la limaille de fer par une forte décoction de plantes vulnéraires et une certaine quantité de tartre rouge. La première fois, on dessèche immédiatement le mélange et on le pulvérise. La seconde fois, on évapore en consistance de pâte ; on laisse la réaction s'opérer pendant un mois; la masse se dessèche et se solidifie, alors on la pulvérise encore. Enfin, la troisième fois, lorsqu'elle est parvenue h. une consistance convenable, on la divise par parties du poids d'environ 60 grammes, qu'on arrondit en forme de boules, auxquelles on fixe un petit cordon. Celles qui sont fabriquées a Nancy même sont aplaties et paraissent avoir été pressées dans un moule qui leur a laissé l'empreinte d'une croix et de quelques lettres ou signes particuliers. Dans cette préparation, le fer s'est combiné à l'acide du tartre en s'oxydant aux dépens de l'eau, dont l'hydrogène se dégage eu grande quantité. L'extrait de plantes vulnéraires, privé de la plupart de ses propriétés par une longue ébullition, qui en dissipe toutes les parties aromatiques, sert ici à donner à la masse un liant qui permet de la mouler et de la conserver plus facilement; d'ailleurs, j>es principes astringents réagissent sur le ter et communiquent ainsi à la préparation une belle couleur noire. La manière ordinaire de faire usage de ces boules consiste à les suspendre daus l'eau au moyen du cordon qui y a été fixé à cet effet; on les y laisse jusqu'à ce que la liqueur soit suffisamment colorée. lille prend alors le nom d'eau de boule, et s'emploie en applications extérieures sur les contusions et les foulures, soit seule, soit mêlée avec partie égale d'eau-de-vie. A l'intérieur, elle est donuée contre l'aménorrhée, la chlorose et les autres affections qui nécessitent ordinairement l'emploi des préparations ferrugineuses; mais, nous J'avons dit en commençant, c'est surtout un remède populaire, et presque toujours appliqué d'une maniera absolument empirique. On sait, d'ailleurs, tout ce que l'eau de boule , telle qu'on la prépare le plus souvent, offre d'irrégulier et d'incertain relativement aux proportions des matières actives en dissolution ; il arrive même que, lorsque la boule s été plongée plusieurs fois dans l'eau, elle ne lui fournit plus rien; il faut alors, pour en faire usage de nouveau, gratter les parties insolubles qui forment croûte à la surface et protègent l'intérieur contre le liquide. Le mode le
TÀRT
plus rationnel à suivre serait de pulvériser les boules et d'en dissoudre chaque fois dans l'eau un poids déterminé; mais, quoique ce médicament jouisse de propriétés actives, les médecins lut préfèrent généralement les autres préparations de fer, dont les proportions et le dosage sont plus connus et plus certains.
— Tartrate de potasse et d'antimoine. Ce sel, appelé vulgairement émétique ou tartre itibié, est incolore, inodore, d'une saveur acre et désagréable ; cristallisé en tétraèdres ou en octaèdres transparents, il est effloreseent, soluble dans l'eau. L'eau des puits et, en général, toutes les eaux qui contiennent des carbonates de chaux, de magnésie en précipitent lentement l'oxyde d'antimoine, et instantanément par l'ébuiliiion. Toutes les substances végétales astringentes qui contiennent du tanin, telles que le quinquina, la noix de galle, donnent un précipité insoluble, ce qui doit guider le praticien sur la nature des mélanges où le tartre siibié peut être décomposé. Le tartrate de potasse et d'antimoine s'obtient de la manière suivante. Un prend 4 partie» d'ox.)doolilorure d'antimoine, 1 partie et demie de crème de tartre pulvérisée et 10 parties d'eau' un fait bouillir, on évapore jusqu'à 25° de 1 aréomètre, et on laisse cristalliser.
Le tartrate de potasse et d'antimoine est le vomitif le plus énergique que possède la thérapeutique. A la dose de 1 centigramme, de S centigrammes 1/2, de 5, de 10, de 15 centigrammes au p. us, il détermine des vomissements plus ou moins abondants, suivant la nature du sujet et suivant la maladie pour laquelle on l'administre. L'etfet vomitif s'obtient rapidement. Il ne s'écoule ordinairement pas plus de dix minutes entre le premier vomissement et le moment où le médicament a été administré. Les vomissements se répètent à des intervalles plus ou moins éloignés, selon la dose du médicament et suivant la susceptibilité du malade, bientôt surviennent quelques coliques, et des garderobes séreuses, ordinairement peu abondantes, attestent que Je sel antimouial a également agi sur les entrailles. Toutefois, ou remarque que l'effet purgatif est d'amant moins prononce que le vomissement a été plus répété et plus rapidement obtenu, et vice versa, ce qui, d'ailleurs, se conçoit très-bien. Suivant Mialhe, l'effet local ou émétique du tartrate de potasse et d'antimoine doit être rapporté au chlorhydrate de chlorure d'antimoine qui prend naissance dans l'estomac aux dépens de l'acide chlorhydnque que renferme l'humeur sécrétée par ce viscère. Le tartrate de potasse et d'antimoine, disent Trousseau et Pidoux dans leur Traité de thérapeutique, est un irritant topique des plus éuergiques. Lorsqu on met en contact avec la membrane muqueuse de l'œil 5 centigrammes de tartre siiote, on détermine immédiatement de la routeur et bientôt une inflammation tellement vive, que l'on a vu souvent des chiens perdre la vue à la suite d'une seule application de ce sel. Des accidents inflammatoires tout aussi violents sont produits lorsque le tartre stibié est mis en contact avec la membrane muqueuse des organes de la génération, de l'oreille, du nez, de la bouche, ou lorsqu'il est dépose sur une plaie. Injecté dans les poumons, ainsi qu'on l'a expérimenté sur des chevaux., il détermine toujours une violente phleginuaie delà membrane muqueuse et du parenchyme pulmonaire. Les lotions d'eau tenant en dissolution de l'éniétique, tes frictions avec une pommade contenant ce sel provoquent promptement sur la peau une inflammation pustuleuse dont les thèiapeutisles ont tire un grand parti. Quand on veut irriter la peau, on se sert de preférenced'uuepommadecomposeede 4 a 8 grammes de tartre stibié et de 30 grammes d'axonge, L'éruption déterminée par les frictions stibiées a des caractères tout à fait spéciaux; on aperçoit d'abord ue petites pustules éparses et acuminées, sans que la peau intermédiaire participe à l'inflammation ; si l'un cesse la médication, l'iutlainmatiou cesse, et il ne se uèveloppe pas de pustules de plus; celles mêmes qui ont commence à paraître ne prennent de développement que pendant le jour qui suit la cessation des frictions; mais si 1 on persévère, bientôt survient une éruption confluents de grosses pustules aplaties, extrêmement douloureuses et qui se recouvrent promptement de croûtes brunes, qui tombent peu à peu, dès qu'on a cessé les triclions, et qui laissent sur la peau des traces aussi indélébiles que celles de la petite vérole la plus érodante. L'apparition des pustules est plus ou moins tardive; assez ordinairement, elle a lieu au bout de deux ou trois jours. Ces pustules se développent soit sur le lieu des frictions, soit à l'entour; elles peuvent même quelquefois apparaître loin des parties frictionnées. Bretonueau a signalé, a la suite des frictions emétisees, l'apparition de pustules secondaires sur quelques parties de ia peau ou des membranes muqueuses, notamment aux parties génitales ; ces pustules fugaces se manifestent ordinairement après la dessiccation des pustules locales ; rarement elles les précèdent. Si la peau est dépouillée de son épidémie, ou si les applications stibiées sont fuites sur des piqûres de sangsues, en peu d'heures il s'allume une inflammation locale des plus intenses, et il se forme de petites
TART
escarres assez profondes. La rapidité avec laquelle se développe cette inflammation, la véhémence des phénomènes locaux ont fait employer cet énergique moyen dans le cas où l'on veut déplacer une maladie viscérale et porter vers la peau la fluxion que l'on craint de laisser fixée sur un organe important. C'est surtout dans les maladies chroniques des organes thoraciques, telles que le catarrhe-chronique, la coqueluche, la pleurésie, qu'il est utile de développer sur la peau une éruption stibiée considérable. Trousseau s'est aussi servi du tartre stibié, à titre d'irritant, pour rappeler les hémorroïdes supprimées ou pour en faire naître quand il n'en existe pas, A cet effet, le savant thérapeutiste faisait placer un, deux ou trois jours de suite, dans le rectum des malades, un suppositoire composé de 4 grammes de beurre de cacao, auquel on incorporait 15, S0 et même 30 centigrammes de tartre stibié. Ce suppositoire fond rapidement; l'action du tartre stibié détermine une fluxion, a la suite de laquelle les tumeurs hémorroïdales reparaissent souvent.
Le tartraiedepotasseetd'antimoine, donné a la dose de 1 a i grammes, détermine un véritable empoisonnement, caractérisé par des vomissements violents, le resserrement spasmodique de l'œsophage et du pharynx; une soit' ardente, de vives douleurs de l'estomac et de tout le ventre; une diarrhée bilieuse, spumeuse, ensanglantée ; du ténesme ; la suppression des urines; une tendance à la syncope; la syncope, l'intermittence et l'irrégularité du pouls, le refroidissement de la peau, des crampes dans les muscles des membres. Lorsqu'on est appelé auprès d'un individu empoisonné par le tartrate de potasse et d'antimoine, la première chose à faire est de favoriser les vomissements en administrant une grande quantité d'eau tiède, qui a, en outre, la propriété de dissoudre le tartre stibié, s'il a été donné en poudre, et de faciliter ainsi son expulsion. On pourra encore favoriser le vomissement par la titillation de la luette ou en donnant de l'huile d'olive, dont on fait boire un ou deux verres. Si, malgré ces moyens, les vomissements n'ont pas lieu promptement, il faut avoir recours à l'emploi d'une forte décoction de quinquina; mais si des vomissements fréquents ont lieu, il faut cesser l'emploi de celte décoction, qui augmenterait l'inflammation que le poison a pu produire. Les uécoctions d'écorces et de racines astringentes, de thé, de noix de g.dle, coupées avec du lait, doivent être considérées également comme contre-poison du tartre stibié. Souvent cet empoisonnement est suivi d'inflammation plus ou moins vive de l'œsophage, de l'estomac et des poumons. Dans ce cas, on doit employer lés antiphlogistiques, les saignées du bras, Jes applications de sangsues.
TARTRE s. m. (tar-tre — lat. tartarum), nom donne à ia pierre de vin par Paracelse, pour nés raisons qui nous sont restées inconnues). Dépôt qui se forme dans le vin et s'attache aux parois des tonneaux : Le tartre concourt à la formation de l'alcool en facilitant ta fermentation. (Chaplal.)j
— SédimeDt qui s'attache aux dents et leur donne une couleur terne.
— Cliiui. Ancien nom générique de tous les tartrates, réservé plus tard au bitartrate de potasse, abandonné aujourd'hui, mais conservé dans ceitaius mots dérivés. Il Tartre régénéré, Terre foliotée de tartre, Anciens noms de l'acétate de potasse. Il Tartre vitriolé, Ancien nom du sulfate de potasse. Il Tartre ammoniacal, Tartrate d'antimoine. Il Tartre émétique, Tartre stibié, Tartrate de potasse et d'antimoine. Il Crème de tartre ou simplement Tartre, Bitartrate de potasse. Il Crème de tartre soluble, Tartrate borico-potassique ou émétique de bore.
TARTRÉLATE s. m. (tar-tré-la-te — rad tartre). Chiin. Sel de l'acide tartrélique.
— Encycl. V. TARTRIQUE.
TARTRÉLIQUE adj. (tar-tré--li-ke — rad.
tartre). Chnu. Se dit d'un premier anhydride tartrique soluble, qui jouit de propriétés acides.
— Encycl. V. TARTRIQUE.
TARTRÉTHYLATE s m. (tar-tré-ti-la-te
— de tartrate, et de éthylate). Chim. Sel de l'acide taruéthylique, qu'on désigne plus
SOUVent SOUS les nolUS d'ÉTHYL-TARTRATE ou de TARTROVINATE.
— Encycl. V. TARTRIQUE.
TARTRÉTHYLIQUE adj. (tar-tré-ti-Ii-ke
— de tartrique, et de éthytique), Chim. Se dit quelquefois d'un éther éthylique acide de l'acide tartrique, qu'on désigne plus souvent par le nom d'acide éthyltartrique.
" — Encycl. V. tartrique,
TARTREUX, EUSE adj. (tar-treu, eu-ze — rad. tartre). Chim. Qui est de la nature du tartre : Sédiment TARTREUX.
TARTRIER s. in. (tar-tri-ô — rad. tartre). Fabricant de tartre.
TARTRIFUGE s. m. (tar-tri-fu-je — de tartre, et du lat. fugo, je chasse). Préparation destinée à détruire les incrustations qui se produisent dans les générateurs à vapeur.
TARTR1MÈTRE s. m. (tar-tri-mè-tre — de tartre, et du gr. meiron, mesure). Chiin.
TART
Instrument au moyen duquel on détermine la richesse de la crème de tartre.
TARTRIMIDE s. f. (Jar-tri-mi-de —de tartre, et de imidet. Chim. Imide de l'acide tartrique, qu'on peut considérer comme dérivant de cet acide par la substitution d'un radical cyanogène à un carboxyle, et qui représente du tartrate acide d'ammoniaque moins deux molécules d'eau.
— Encycl. V. tartrique.
TARTRIQUE adj. (tar-tri-ke — rad. tartre). Chim. Se dit d'un acide qui existe à l'état de sel potassique acide dans le jus de raisin, et dont, depuis quelques années, on a réalisé la synthèse totale au moyen des éléments.
— Encycl. Il existe plusieurs modifications isomériques, ou plus exactement allotropiques, de cet acide, puisqu'elles passent de 1 une à l'autre.
L'acide tartrique
est un acide bibasique et tétratomique que l'on peut dériver de l'acide succiuique
CH-I*(CO*H)î
ou éthytène dicarboxyliquo par la Substitution de deux OH a deux H. On a fait, dans ces derniers temps, la synthèse totale de l'acide tartrique qui, jusque-là, avait été extrait de la crème de tartre qui se dépose dans les tonneaux de vin. C'est, toutefois encore, la crème de tartre qui est la source la plus abondante de ce corps.
Il existe" cinq modifications allotropiques de l'acide tartrique. Nous disons allotropiques et non isomériques, parce que ces mo lirteations peuvent se convertir les unes dans les autres, et nous ne disons pas non plus po- Ivmorphiques, parce qu'elles se conservent dans leurs dérivés salins. Ces cinq modiiications sont :
lo L'acide dextrotartique, encore connu sous les noms d'acide dextroracémique et d'acide tartrique droit. C'est l'acide ordinaire que l'on extrait du jus de raisin. I! tourne à droite le plan de polarisation de la lumièra et, dans les conditions ordinaires, il donne des cristaux anhydres rhombiques hémièdres à droite.
2o L'acide lévotartrique, ou lévorncémique, ou antitartrique, qui forme, dans les conditions ordinaires, des cristaux anhydres rhombiques hémièilres à gauche, et qui dévie h gauche le plan de la lumière polarisée.
30 L'acide paratartrique ou rucémique, qui forme des cristaux hydratés tricliiiiques et hoioédriques, qui n'exerce aucune action sur le plan de la lumière polarisée et qui peut être dédoublé en acides lévo et dextrotartique.
40 L'acide mésotartrique, ou acide tartrique inactif, qui est également inuctif sur la lumière polarisée, mais qui se différencie du précédent en ce qu'il n est pas suscepiible d'être dédoublé en acide dextroracémique et lévoracémique.
6» L'acide métatartrique, modification déliquescente et ineristallisable qui résulte de l'action de la rhaleur sur l'acide tartrique ordinaire. Ses sels diffèrent des tartrates par leur forme cristalline et leur solubilité beaucoup plus grande.
Les acides dextro et lévoracémique Sont exactement semblables par leur densité, leur solubilité et tous leurs caractères physiques, excepté la forme cristalline, l'action sur la lumière polarisée et les relations pyroélectriques. Leurs cristaux sont formés d'un même nombre de bases, présentant les unes vis-àvis des autres la même incl.naison ; mais ils offrent des facettes hémièdriques qui, le cristal étant toujours placé dans la même position, sont situées à droite dans le c«s de l'acide tartrique droit ; h gauche, dans celui de l'acide tartrique gauche, de telle façon que les cristaux d'acide dextro et lévoracémique, quoique semblables, ne sont pas superposantes et présentent les uns vis-à-vis des autres les mêmes relations que la main droite avec la main gauche, ou qu'un objet qui se réfléchit dans un miroir avec son image. Cette différence de forme cristalline, vraie le plus ordinairement, n'u cependant pas le caractère de généralité absolue que M. Pasteur lui avait attribuée; car, en plaçant un cristal d'acide lévoracémique dans une dissolution saturée d'acide tartrique droit, on obtient de l'acide dextrotartrique hémièdre à gauche et vice versa.
L'action de leur solution sur la lumière polarisée distingue ces deux acides d'une manièri complète. Lorsqu'ils sont l'un et l'autre au môme état de concentration, ils dévient le plan de polarisation de la lumière d'un même nombre de degrés, avec cette différence, toutefois, que 1 un le dévie à droite et l'autre à gauche ; leur pouvoir rotatoire moléculaire est : [o] = dzû.6. Les deux acides sont pyroélectriques, mais dans des directions opposées : les cristaux, chauffés et refroidis, sont électrisés positivement dans les points où sont situées les facettes hémièdriques. Les mêmes relations de forme cristalline, de pouvoir rotatoire et de pyroèlectricité se retrouvent dans les sels qui dérivent de l'un et de l'autre acide.
Lorsqu'on mélange des solutions renfermant des poids égaux d'acide dextrotartrique et d'acide lévotartrique, et qu'on aban-
TART
donne la liqueur à l'évaporation spontanée, il se forme des cristaux holoèdres d'acide rai.'éinique. Kn mélangeant, non plus les acides libres, mais leurs sels à poids é^-aus, on obtient aussi des raoèmates, excepté dans le cas où ce sont les sels nminoniques que l'on mélange ainsi.
L'acide dextroracémique et l'acide lévoracémique sont entièrement semblables par leurs réactions sur tous les corps dénués de pouvoir rotatoire ; mais dès que les corps sur lesquels on les fuit agir sont optiquement actifs, l'identité chimique cesse d'exister. Dans quelques cas, l'un des deux acides forme aisément des composés qui ne peuvent pas être obtenus avec l'autre ; d'autres fois, ils donnent des composés identiques par leur composition, mais très-différents par leurs propriétés. Ainsi , l'acide tartrique droit se combine facilement avec l'asparagine et forme avec cette amide un composé cristallisable, tfndis que l'acide lévotartrique ne forme, dans ces conditions, qu'un sirop ineristallisable. Le dextrotartrate acide d'ammonium forme un sel double cristallin avec le biiiialile ummonique actif; le lévoracémate ammonique ne donne aucun composé semblable. Le tartrate droit de cinchonine renferme deux molécules d'eau de cristallisation, se dissout facilement dans l'alcool absolu, perd son eau à ÎOOO et commence a brunir à cette même température; le tartrate gauche de cinchonine ne renferme qu'une demi-molécule d'eau ; mais il la conserve encore à 140°, température à laquelle il ne s'altère pas du tout. Les mêiffc* différences s'observent entre les tartrates droits et gauches de quinine, de strychnine et de brucine.
Les réactions différentes que les acides tartriques droit et gauche exercent sur les substances optiquement actives donnent le moyen de résoudre l'acide racéinique en ses deux principes constituants. Lorsqu'on fait cristalliser une solution de racémate double d'ammonium et de sodium, il se forme des cristaux de tartrate droit et de tartrate gauche, que l'on sépare mécaniquement en regardant de quel côté sont les facettes hémièdriques et dont an retire les deux acides allotropiques.
Lorsqu'on dissout la cinchonicine dans l'acide racéinique et que l'on concentre la liqueur, les premiers cristaux qui se déposent sont constitués pardulovoraoémute de ohinciioiiicine; c'est, au contraire, le dextroraeémate qui se déposa le premier lorsque, au lieu de cinchonicine, c'est de la quinine que l'on fait usage.
On peut encore décomposer l'acide racéinique au moyen de la fermentation. Lorsqu'on introduit dans sa solution aqueuse quelques sporulcs de pénicillium gluucum et une petite quantité d'un phosphate alcalin, il se manifeste une fermentation qui détruit d'abord l'acide tartrique droit. Si l'on interrompt celte fermentation au bout d'un certain temps, il ne reste plus dans le liquide que de l'acide (aririque gauche.
Lorsqu'on chauffe le tartrate droit de cinchonine à 170°, une partie de ce sel se convertit en tartrate gauche, qui s'unit au tartraie droit, encore inaneré, avec formation d'acide racéinique. La même production d'acide racéinique a lieu, lorsqu'au heu du tartrate droit, c'est le tartrate gauohe de cinchonine qu'on chauffe à 170°. On peut uusai produire l'acide racéinique par l'action de la chaleur sur le tartrate d'éthyle.
Il y a quelques années à peine, on établissait une distinction capitale entre l'acide tartrique droit, l'acide tartrique guuche et l'acide paratartrique ou racéinique, qu'on désignait sous le nom de variétés actives de l'acide tartrique (car l'acide racéinique n'est inactif que par compensation et renferme deux groupes actifs dans sa molécule) et l'acide tartrique inactif proprement dit. On admettait que la variété inactive pouvait être produite par synthèse totale; mais M. fasteur, toujours mû par. les théories spiiitualistes, professait que jamais on ne pourrait obtenir syiithétiqueiueiit les variétés actives, le pouvoir rotatoire étant dû à l'action des forces vitales et des forces vitales seules.
Cetteallinnation n'était pas fondée. L'acide tartrique inactif présente vis-à-vis des acides droit et gauche et de l'acide racéinique des relations analogues à celles que les diverses variétés présentent entre elles, et ne constitue pas une variété méritant une place distincte. M. Jungfleisch a trouvé, en effet, que, quand on ebautf..; l'acide tartrique droit avec de 1 eau, il se convertit en un mélange ■ d'acide paratartrique et d'acide tartrique inactif, et qu'il s'établit entre les corps un équilibre variant avec la température. Ainsi, à 175", c'est l'acide racéinique qui domine dans le mélange, tandis qu'a de plus basses températures, c'est l'acide inactif qui s'y trouve en plus grande quantité. Les acides paratartrique et tartrique inactif peuvent donc se convertir l'un dans l'autre, et l'on comprend que, toutes les fois qu'on produit l'acide inactif dans une réactiou, on obtienne en même temps, suivant la température plus ou moins élevée de l'expérience, une proportion plus ou moins grande d'acide paratartrique.
Comme d'ailleurs l'acide paratartrique peut être dédoublé en acide tartrique droit et gauche, on peut obtenir de toutes pièces un composé doué de pouvoirs rotatoires, et les
TARÏ
quatre principales modifications de l'acide tarlrique sont susceptiblesde se convertir les unes dans les autres. Il en est de même encore de la cinquième, l'acide mètatitrtrique, qui se produit lorsqu'on chauffe brusquement 1 acide tarlrique ordinaire a 180°, et qui régénère cet acide lorsque, après avoir desséché son sel de chaux k 120°, on le dissout dans l'acide chlorhydrique et l'on neutralise ensuite Ja liqueur par l'ammoniaque.
— Acide tartrique droit ou dkxtrotartriqub, ou tartriquk ordinaire oh^o6. cet acide est très-répandu dons le règne végétal, où on le trouve concurremment avec les acides citrique et maliqne. On le rencontre sur-
' toutdansle jus de raisin, où il se dépose pendant Ja fermentations l'état de tartrate acido de potasse (crème de tartre). On l'obtient artificiellement: a. dans l'oxydation de l'acide saccharique, de la glucose, du sucre de canne, de l'amidon, de la comme et de la.soibine par l'acide azotique, il est alors mêlé d'acide racémique; {1. par lèbullition du bromomalate acide de calcium avec l'eau de chaux et par le dédoublement de l'acide paratartrique naturel ou de l'acide paratartrique synthétique (v. plus bas) j y. on obtient des acides présentant la même composition que l'acide tartrique lorsqu'on abandonne pendant un an du jus de citron en bouteilles (il provient alors d'une décomposition de l'acide citrique) et lorsqu'on dissout la pyroxyline dans la potasse. Mais un ignore encore si ces corps se confondent avec une des cinq variétés connues de l'acide tartrique, ou constituent simplement des isomères de ces corps.
— /'réparation C'est toujours de la crème de tartre ou tartrate acide de pottfsse qu'on extrait l'acide tartrique. On dissout ce sel dans l'eau bouillante et Ion neutralise la solution par un léger excès de craie en poudre. Il se forme un précipité de tartrate de chaux qu'on recueille, tandis que lu liqueur renferme en dissolution du tartrate neutre potassique. Traitée pur le chiOrure de calcium, elle fournit un'nouveau dépôt de tartrate caîcique insoluble qu'on réunit au premier, et elle renferme en solution du chlorure potassique qu'on peut en extraire en la concentrant, après l'avoir filtrée. Le tartrate de chaux, convenablement lavé et traité par de l'acide sulfurique étendu en excès, donne du sulfate de chaux à peu prés inso.uble et une solution d'acide tartrique libre, qu'on filtre, qu'on concentre et qu'on fait cristalliser. Les cristaux sont redissous et purifies par une seconde cristullisatiun. Les équations ci-dessous expriment ces diverses réactions.