‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 93 sur 1059 · NINE · texte numérisé non relu

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— Encycl. Les santolines sont des plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles petites, cotonneuses, blanches, tétragones ou présentant quatre rangées de dents tuberculeuses, et rappelant un peu par leur aspect les feuilles du cyprès. Les rameaux, qui sont très-nombreux, se terminent par des capitules d'un beau jaune, hémisphériques, longuement pédoncules. Les espèces assez nombreuses de ce genre exhalent une odeur vivo et pénétrante, mais agréable, due k la présence d'une huile essentielle. Elles croissent dans les régions chaudes et tempérées des deux continents, et plusieurs sont cultivées dans nos jardins.

La.sanloline blanchâtre, vulgairement nommée petit cyprès, aurone femelle, garde-robe,

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citronnelle, etc., est un sous-arbrisseau à racines ligneuses ; les tiges, qui atteignent jusqu'à un demi-mètre de hauteur, sont épaisses et ligneuses à la base, très-rameuses, buissonnantes-j elles portent des feuilles linéaires, très-étroites, presque cylindriques, dentées, un peu épaisses et charnues, cotonneuses et blanchâtres; les fleurs forment des capitules jaunes et globuleux. Cette plante habite le midi de l'Europe; elle croit dans les sols pierreux, sur les coteaux calcaires, dans les lieux exposés au soleil.

La santoline est cultivée assez fréquemment dans les grands parterres ; on en fait des bordures qui se taillent aussi facilement que celles de buis, ou des buissons pour orner le milieu des plates-bandes; on pourrait encore l'utiliser, à cause de la couleur de son feuillage, pour encadrer les massifs ou les corbeilles de plantes fleuries. On la met encore dans les jardins paysagers, surtout aux endroits secs, accidentés et pittoresques; si on la laisse croître librement, elle forme des touffes arrondies, très-élégantes et qui, par leur couleur, font un charmant contraste avec le feuillage des autres arbustes. Cette plante supporte très-bien en plein air le climat de Paris ; mais il lui faut un terrain sec et léger et une exposition chaude; dans les sols frais et argileux, elle pousse plus vigoureusement, mais elle est beaucoup plus sensible aux gelées.

Bien qu on puisse la propager facilement de graines, on emploie peu ce procédé, dont les résultats se font atteindre longtemps. On préfère la multiplier d'éclats de pied, pratiqués au commencement du printemps, à l'époque où l'on refait les bordures. Les marcottes se font avant l'hiver, en couchant en terre les rameaux latéraux; elles s'enracinent dans le cours de l'été suivant et se mettent en place au printemps de la seconde année. Les boutures peuvent se faire presque toute l'année, surtout si l'on opère sur couche et sous châssis; on les met en place à la troisième année. La santoline se dégarnit à la longue de ses branches inférieures, ce qui altère sa beauté ; dans ce cas, il faut la couper rez terre et, si elle ne repousse pas, ce qui arrive souvent, la remplacer par un jeune pied. Il est toujours prudent d'en conserver quelques pieds en pot, qu'on rentre dans l'orangerie, pour parer aux accidents des hivers rigoureux.

La santoline a une odeur forte et aromatique, une saveur acre et amère; elle perd en partie ces propriétés par la dessiccation ; outre l'huile essentielle, elle renferme un principe amer fixe, qui abonde surtout dans les feuilles. Toutes les parties de la plante sont usitées en médecine. On l'a regardée comme antispasmodique, antihystérique, emménagogue et vermifuge. Ses semences, et l'huile essentielle qu'on en extrait ont souvent été substituées avec avantage au semen-contra ; la poudre de ses feuilles a été préconisée contre les engorgements du foie et les flueurs blanches. Enfin, cette plante est araère, tonique, stimulante et stomachique. On l'emploie aussi, en médecine vétérinaire, comme vermifuge. On en met quelquefois dans le linge et les étoffes, parce qu on lui attribue la propriété de chasser les insectes; d'où le nom de garde-robe.

Les autres espèces possèdent des propriétés plus ou moins analogues ; nous citerons particulièrement la santoline à feuilles d'an~ thèmis, qu'on emploie dans plusieurs pays comme succédané de la camomille ; la santoline odorante, fort usitée en Egypte comme résolutif, anthelminthique et anttophthalmique; la santoline tinctoriale, qui croît au Chili, où l'on en retire une belle couleur jaune ; la santoline verte, espèce ornementale, trèsremarquable par ses feuilles d'un vert sombre et ses fleurs d'un blanc jaunâtre.

SAN TOMMASSO (Félix, marquis Carone de), écrivain italien, né à Turin vers 1805, mort en 1842. Il faisait partie de la junte de statistique et de la commission établie par le roi Charles-Albert pour la recherche des monuments historiques. On lui doit, entre autres écrits : Essai sur les révolutions de la philosophie depuis l'halès jusqu'à nos jours (Turin, 1837, in-8°); Sur quelques établissements de bienfaisance (Turin, in-16); Généalogie de la maison royale de Savoie (Turin, in-4»).

SANTON s. m. (san-ton). Sorte de moine mahométan : Nous avons vu à Athènes ta hutte d'un santon sur le haut d'une corniche du temple de Jupiter Olympien. (Chateaub.) il Sorte de petite chapelle servant de sépulture à l'un de ces moines ; Les colonnes de Beyrouth portent toutes des mosquées ou des santons. (Lamart.)

— Encycl. Uist. relig. Bien des personnes pensent que la religion chrétienne a été la première et est encore lu seule qui possède des communautés religieuses. Cette erreur a été propagée par quelques théologiens, même des plus érudits. Sans doute, ils ont été forcés de reconnaître que, dans diverses religions do l'antiquité et des temps modernes, bon nombre de prêtres vivaient et vivent encore ensemble; mais ils prétendent que ce genre d'existence n'a aucun rapport avec celui des monastères chrétiens. Pour les prêtres de ces divers cultes, unis par des besoins communs, des fonctions communes, la vie commune est en quelque sorte obligée. Au lieu que, dans le

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christianisme, la plupart des communautés religieuses n'exercent aucune fonction du culte, n'officient pas, ne vivent pour ainsi dire que pour elles et pour Dieu, séparées absolument du monde. Ces théologiens ajoutent que ce genre de vie a été imaginé par Jésus-Christ, qui a dit a ses disciples : « N'aimez pas le monde et les choses qui sont dans le monde, car, si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui. » D'après eux, à l'idée de solitude, donnée pur Jésus- Christ, sont venues se joindre l'idée de pauvreté donnée par lui encore, et enfin l'idée de communauté, donnée par la communauté de Jésus et des apôtres, qui avaient une bourse commune. Depuis, s'il faut en croire ces théologiens, les imperfections et la cupidité des hommes ont empêché la communauté de se maintenir, et il n'a été réservé qu'à quelques hommes pieux de la réaliser encore.

Imbus de ces arguments spécieux, ces théologiens n'hésitent pas à déclarer que les santons ont emprunté au christianisme l'idée des monastères et l'ont importée dans l'islamisme. C'est une erreur profonde : bien avant Jésus-Christ, l'idée de congrégations religieuses était professée et réalisée; disons même sans hésiter que le christianisme l'a empruntée aux divers cultes des pays dans lesquels il s'est développé. Plusieurs sectes, avant Jésus-Christ, avaient professé la pauvreté volontaire ; plusieurs aussi avaient posé en principe l'excellence religieuse de la solitude et de l'éloignement du monde ; plusieurs avaient enfin prêché la communauté.

Tous les peuples religieux de l'Orient, et surtout les peuples issus d-es Aryas, vantaient le renoncement; Zuroastre et Manou le célébrèrent ; Çakya-Mouni le prêcha, et ce fut sous l'influence inconsciente des idées aryennes que la race juive fut contrainte de l'admirer. « Jette ton pain à la surface des eaux, et tu le retrouveras plus tard, » dit l'Ancien Testament; et Jean-Baptiste, le précurseur de Jésus, ne fait qu'imiter bien des prophètes, Elie entre autres, en se retirant au désert, en s'y vêtant d'un sarrau de poil de chameau et en s'y nourrissant d'aliments grossiers, tels que les sauterelles et le miel sauvage.

Reste l'idée de communauté. Nous ne la chercherons pas dans les congrégations do prêtres. Mais il y avait en Palestine, à côté des Israélites pratiquant leur culte suivant les lois de Moïse, des dissidents qui s'appelaient esséniens et que Jésus connaissait certainement. Or, les esséniens, dont la rigide morale semble avoir fourni quelques - uns de ses plus beaux traits au système chrétien, vivaient complètement en communauté de biens mobiliers et immobiliers.

Toutefois, les esséniens n'étaient point, eux non plus, les inventeurs de cette doctrine. Elle était innée, en quelque sorte, dans lu race aryenne, si impersonnelle, si extérieure, si absorbée par la nature ambiante, où le moi n'était presque rien , où le non-moi était tout. La captivité et les voyages avaient inculqué ces principes à quelques Juifs moins réfractaires que la généralité de leur race, et avaient ainsi introduit de Perse en Judée l'idée de la communauté, idée qui y fut adoptée par une secte ; mais l'individualisme absolu du Juif monothéiste et mercantile empêcha cette secte de devenir jamais puissante dans la nation. Ces idées avaient mûri, au contraire , dans la Grèce , issue de la race aryenne, et y avaient fait un grand peuple et un grand philosophe, Sparte et Platon.

Lorsque Jésus apparut, ces idées collectivistes envahissaient le monde sémitique de toutes parts; aussi n'est-il pas étonnant que, lorsque la religion de Mahomet (622) vint à éclore et à se propager , elle rencontra l'idée de communauté et eut, elle aussi, ses monastères. Il est inutile et même absurde de faire intervenir ici l'idée chrétienne pour l'expliquer. Par les mêmes motifs, pour les mêmes causes que le christianisme avait eu ses moines, l'islamisme eut ses santons. L'idée de communauté s'est même développée chez les laïques autant que chez les religieux, et le territoire commun et indivis des tribus arabes d'Algérie l'atteste éloquemment.

Les santons se mêlent rarement à la population profane; ils passent leur temps à prier et à étudier le Coran ; leur nourriture est des plus frugales. Elle se compose presque exclusivement de riz. Inutile de dire qu'ils s'abstiennent strictement de la douce liqueur proscrite par le Prophète. Après tout, peutêtre en usent-ils comme nos moines dans le mystère de leur retraite.

SANTONA, ville d'Espagne, province et à 26 kilom. E. de Santander, sur une baie du golfe de Gascogne, où elle a un port de commerce ; 1,200 hab. Pèche active ; exportation des productions agricoles de la province ; importation de cacao, papier, tissus de coton, quincaillerie. Commerce de cabotage trèsimportant. Prise par les Français en 1809 et 1823. Patrie du poëte latin Claudien.

SANTONES, peuple de la Gaule Celtique. Il s'étendait, à l'époque de la conquête de Jules César, depuis la Sèvre Niortaise au N. jusqu'à la Garonne au S. ; il comprenait les Nitiobriges et les Petrocorii. Dans la division d'Auguste, les Santones firent partie de l'Aquitaine et occupèrent les pays qui portèrent depuis les noms d'Aunis, deSaintongeetd'Angoumois, compris aujourd'hui dans les dé-

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partements de la Charente et de la Charente- Inférieure. Leurs villes principales étaient Mediolanum (Saintes), Iculisma (Angoulème) et Santonum Portus (La Rochelle). L'Ile d'Oleron, qui dépend aujourd'hui du département de la Charente-Inférieure, faisait partie du territoire des Santones.

SANTONINE s. f. (san-to-ni-ne — du lat. santonicus, de la Saintonge). Chim. Matière cristallisable trouvée dans le semen-contra.

— Bot. Espèce d'artémise qui produit le semen-contra.

— Encycl. V. santonique.

SANTONIQUE adj. (san-to-ni-ke — rad.

santonine). Chim. Se dit d'un acide qui résulte de l'hydratation de la santonine, d'un bromure que l'on peut considérer comme un produit brome d'addition de la santonine et d'un hydrure encore mal étudié, qui résulte de l'hydrogénation de la santonine.

— Encycl. Acide santonique. L'acide santonique C15H20O* a été découvert par MM. Cannizzaro et Sestini. Il se forme par l'action prolongée des solutions alcalines bouillantes sur la santonine (<Jl3H18Oa), dont il diffère par une molécule d'eau en plus et qui peut être considérée par conséquent comme son anhydride. Pour le préparer, on ajoute 50 grammes de santonine cristallisée à 500 grammes d'une solution bouillante d'hydrate de baryum. Cette solution doit être saturée; on en prend 500 grammes. Le mélange doit être fortement agité. Il se dépose une masse blanche amorphe, qui consiste dans le sel de baryum de la santonine (santonite de baryum de Cannizzaro). On fait bouillir le liquide et le précipité qu'il renferme, pendant environ douze heures, dans un ballon muni d'un appareil à reflux. Le santonite de baryum se convertit alors peu à peu en santonate, et ce dernier se dissout en communiquant une couleur jaune. Quand cette solution jaune est refroidie, et après l'avoir étendue d'eau pour redissoudre les cristaux d'hydrate de baryum s'il s'en était formé, on y dirige un courant de gaz anhydride carbonique aussi longtemps qu il s'y produit un précipité. On chauffe ensuite le liquide pour éliminer le carbonate barytique dissous à la faveur de l'anhydride carbonique, on le filtre et l'on y ajoute de l'acide sulfurique, qui précipite à la fois la baryte à l'état de sulfate et la plus grande quantité de l'acide santonique. On recueille le précipité sur un filtre, on le lave, on le dessèche et on l'épuisé par l'alcool, qui dissout l'acide santonique ainsi qu'une petite quantité d'une matière résineuse jaune. La solution alcoolique est évaporée et le résidu est traité par l'éther. La solution éthérée, filtrée et abandonnée à l'évaporation laisse déposer l'acide santonique en cristaux larges et minces, qui possèdent une légère couleur jaunâtre, mais qu'on peut obtenir entièrement incolores par une ou deux cristallisations dans l'éther. Pour achever de purifier le produit, il est nécessaire de le faire ensuite cristalliser une dernière fois dans l'alcool étendu de son volume d'eau.

L'acide santonique est incolore et n'est pas affecté par les rayons solaires, qui, on le sait, communiquent rapidement une teinte jaune à la santonine. Il est peu soluble dans l'eau froide (100 parties d'eau en dissolvent seulement 0,559 partie k 11°), plus soluble dans l'eau chaude, d'où il se sépare en cristaux prismatiques par le refroidissement, très-soluble dans l'éther, encore plus dans l'alcool, modérément dans le chloroforme et l'acide acétique cristallisable, très -peu dans le sulfure de carbone.

Les cristaux d'acide santonique appartiennent au système orthorrhombique.

L'acide santonique fond entre 161° et 163° (la santonine fond à 170°) en un liquide incolore, qui se prend par le refroidissement en une masse blanche cristalline, mais qui présente souvent le phénomène de la surfusion. L'acide santonique fondu commence à s'altérer à une température qui ne dépasse pas 170O; il brunit alors et répand une odeur qui rappelle celle des produits pyrogénés de la santonine. Avec la solution alcoolique de potasse, il ne donne pas la couleur rouge violet qui est caractéristique pour la santonine.

— Santonates. L'acide santonique possède une réaction acide très-marquée. A chaud, il décompose les carbonates en déterminant une violente elïervescence. Dans les combinaisons qui ont été observées jusqu'à ce jour, il se comporte comme monobasique. Il doit être cependant tribasique ou au inoins triatomique, puisque la santonine, qui renferme H20 de moins, possède encore 1 atome d'hydrogène remplaçable par les métaux, et que tout hydrate qui perd H20 perd par cela même 2 atomes d hydrogène typique. Il est donc probable qu'on pourra obtenir soit des sels à 3 atomes de métal, soit au moins des dérivés éthyliques ou acétyliques dans lesquels 3 atomes d'hydrogène de l'acide santonique seront remplaces par les radicaux éthyle et acétyle. jusqu'à ce jour, les seuls composés connus sont les sels de sodium, d'argent et de baryum.

— Santonate de sodium CiBll«NaO*. Il se sépare sous la forme d'un sirop de ses solu-

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tions concentrées; ce sirop, abandonné sous une cloche au-dessus d'un vase rempli d'acide sulfurique, se prend en une masse amorphe, transparente, d'aspect vitreux et d'une faible teinte jaune paille; mais si on l'éva-

Fore au bain-marie, dans un vase ouvert, on obtient en groupes d'aiguilles disposées en rayon de manière à constituer des étoiles. Il est déliquescent, très-soluble dans l'eau et dans l'alcool et soluble aussi dans l'éther lorsque ce liquide renferme de l'alcool.

— Santonate d'argent C"HMAgO*. Il s'obtiont en précipitant le sel de bar3'um par l'azotate d argent ; il est blanc, mais s'altère lorsqu'on l'expose à la lumière même diffuse. On peut le laver sur un filtre avec de l'eau froide, dans laquelle toutefois il se dissout assez.

— Santonate de baryum (C^Il^O^Ba".

Nous avons fait connaître plus haut sa préparation , point de départ de celle de l'acide santonique lui-même. Il est très-soluble dans l'eau, mais peut être obtenu en cristaux par l'évaporation de sa solution aqueuse concentrée sous une cloche au-dessus d'un vase rempli d'acide sulfurique. L'alcool ne le précipite pas de ses solutions aqueuses; mais si l'on ajoute à sa solution concentrée un mélange d'alcool et d'éther, même ne contenant que peu d'éther, le sel se dépose en délicats cristaux qui ont la forme d'aiguilles et qui demeurent pendant longtemps en suspension dans le liquide.

Nota. Jusqu'à ce jour, par suite de ce fait que la santonine est susceptible d'échanger 1 atonie d'hydrogène contre 1 atome de métal, on a considéré ce corps comme un acide, et on lui a donné le nom de santonine ou d'acide santonique indistinctement. M. Cannizzaro aurait donc mieux fait, pour éviter toute confusion, de ne pas appliquer ce nom d'acide santonique à un corps nouveau et d'appeler le composé qu'il a découvert acide hydrosantonique. Il a préféré lui donner le nom d'acide santonique, probablement pour mieux faire ressortir les analogies qui existent entre la santonine et l'acide santonique d'une part, la coumarine et l'acide coumarique d'autre part, et aussi pour* réserver le nom d'acide hydrosantonique à l'ucide C15HHOS

s'il vient à être découvert, comme cela est probable. Dès lors, il était nécessaire de trouver une nomenclature qui fit cesser la confusion. Pour la santonine, ta chose était facile; mais où la difficulté commençait, c'était avec les dérivés métalliques de ce corps, connus jusque-là sous le nom de santonates. M. Cannizzaro l'a tranchée en réservant le nom de santonates aux seuls sels de l'acide santonique et en désignant les dérivés métalliques de la santonine sous le nom de santonites.

— Bromure santonique C18Hl8Br203. Ce corps prend naissance lorsqu'on ajoute du brome à une solution de santonine dans le chloroforme ou l'acide acétique cristallisable. Le meilleur moyen de le préparer consiste à employer le dernier de ces dissolvants, le brome étant ajouté en proportion moléculaire (Br«=160 : C15H'803 = 246). Après deux ou trois heures, le composé brome se sépare en fines aiguilles cristallines rouges, que l'on peut recueillir sur un double filtre bien sec, laver deux ou trois fois avec de l'acide acétique cristallisable, presser dans du papier-filtre entre deux plaques de verre, puis entre plusieurs doubles du même papier, entre deux briques, à la presse, et dessécher enfin sous une cloche au-dessus d'un vuse renfermant de l'acide sulfurique ou des morceaux de potasse caustique.

Le bromure santonique se dissout avec une couleur rouge dans l'acide acétique cristallisable et l'éther; il émet une faible odeur de brome, absorbe l'eau de l'atmosphère et s'altère rapidement en répandant de l'acide bromhydrique et en donnant naissance à une substance amorphe d'un rouge brun. Chauffé sur un bain-marie, il dégage du brome au bout de quelques secondes, puis brunit tout à coup et dégage une grande quantité d'acide bromhydrique. Au contact de l'eau, il dégage du brome au bout de quelques secondes et colore l'eau en rouge jaunâtre. La potasse décolore la liqueur avec formation de bromure potassique, et il reste un résidu blanc qui possède tous les caractères de la santonine. 11 résulte de ces réactions que le produit rouge est un produit d'addition brome de la santonine, bien que, par suite des difficultés que l'on éprouve en cherchant U le purifier, les nombres qu'il donne à l'analyse ne concordent pas exactement avec ceux qu'indique la théorie.

— Hydrure santonique. La santonine traitée par l'eau et l'amalgame de sodium à 3 centièmes de métal alcalin se dissout peu à peu en formant un liquide fortement alcalin. Celui-ci, traité après refroidissement par l'acide sulfurique très-étendu, donne un précipité floconneux blanc, que l'on peut laver à l'eau froide et dessécher d'abord entre du papier Joseph, puis sous une cloche sur l'acide sulfurique.

La substance blanche ainsi formée est soluble uans l'éther, très-soluble dans l'alcool, peu soluble dans l'eau, et se sépare a l'état amorphe de ses dissolvants. Son aspect est alors résineux et sa couleur jaune. Entre 80°

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et 90°, elle devient un peu visqueuse ; à 100°, elle jaunit et psut être tirée en fils qui de-, viennent durs et friables par !e refroidissement. Entre 1C7« et 109°, elle manifeste les signes de la fusion actuelle. Vers 120°, elle dégage de l'eau acide qui a l'odeur de l'acide formique. Vers 160° elle dégage quelques gouttes d'un liquide acide qui réduit les sels d'argent. Enfin, au-dessus de 180°, elle donne une matière huileuse qui se prend en une niasse blanche par le refroidissement et dont la quantité est toujours, fort petite. Dissoute dans l'acide acétique cristallisable et traitée parle brome, elle donne de l'acide bromhydrique, même si l'on prjnd soin de refroidir le liquide ; mais il ne se ferme aucun composé cristallin. Cette dernière réaction démontre que le produit dont nous parlons renferme plus d'hydrogène que la suntonine, puisque le brome y entre par substitution au lieu d y entrer par addition. C'est donc, selon toutes les probabilités, de l'hydrure santonigue oubydrosnntonine Cl5H18Br203, composition facile à concevoir d'après son mode de formation. Nous disons selon toutes les probabilités, parce que ce corps n'a pas été obtenu dans un état de pureté suffisant pour l'analyse.

L'hydrure santonigue forme des composés incristallisables avec les alcalis et les terres alcalines.

L'existence d'une hydrosantonine jouissant de propriétés t.cides comme la santonine fait prévoir l'existence d'un acide hydrosantonique C15H220*. Voilà pourquoi nous disions plus haut que la découverte d'un tel acide étant probable et le nom d'acide hydrosantoniqne devant lui être réservé, eétait sans doute là la raison qui avait déterminé M. Cannizzaro à ne point donner cette appellation à l'acide décrit plus haut et à appeler ce dernier acide santonigue, bien qu'antérieurement ce nom d'acide santonigue eût été donné à la santonine.

SANTORELLÏ (Antonio), médecin italien, né à Nola en :5S1, mort a Naples en 1653. Après avoir professé successivement à Pise, k Padoue et à Bologne, il vint à Naples et fut nommé premier médecin du vice-roi. Ses ouvrages sont : Antepraxis medica, libri XXI (Nulles, 1622, in-4°); Postpraxis medica, liber I (Naples, 1629, in-4°) ; De sanitatis natura libri XXIV (Naples, 1643, in -fol.).

SANTORIN, la Thera des anciens, île de l'archipel grec, la plus méridionale des Cycludea, au S. de l'île los, à l'O. d'Anaphi, par 3G° 23' de latit. N. et 23» 8' de longit. E. Elle mesure 15 kilom. de longueur du N. au S., sur 7 kilom. de largeur; 58 kilom. de circonférence et 14- kilom. carrés de superficie ; 25,000 hab. Ch.-l., Thira ou Santorin, au centre intérieur lu croissant que forme l'île. Peuplée originairement par des Phéniciens, elle fut appelée Callisto (la Belle) et Slrongylé (la Rondî) ; Santorin avait en effet la forme d'une circonférence avant la catastrophe qui lui donna l'aspect d'un croissant, en creusant dans son centre un vaste bassin qui la sépare des deux Ilots Thêrësia, au N.-O., et Aspronisi, eu S.-O. Plus tard, elle reçut une colonie dorienne, sous la conduite de Théras, qui lui donna son nom. Enfin, au iiio siècle de l'ère chrétienne, elle reçut le nom de Sainte-Irène, d'où, par Corruption, lui est venu son nom moderne de Santorin.

L 'antique Théra est une des îles les plus remarquables et les plus intéressantes qu'on puisse rencontrer sur la surface du globe, par les évolutions géologiques dont elle a été le théâtre. Il est impossible de ne pas y reconnaître un inmense cratère dont la mer a envalii le cent e. Cette île figure une vaste demi -lune, dort la concavité est tournée vers l'occident ; de ce côté, elle est bordée de falaises abrupte., et sombres, qui s'élèvent à 100 mètres au-dessus de la mer et qui rappellent l'aspect de la Somma du Vésuve. Au S., l'Ile s'élève encore et le mont Saint-Elie atteint une hauteur de 700 mètres. En face de la grande échancrure occidentale, les îlots de Thérésia, au N., etd'Aspronisi,au S., forment avec Santorin un tout géologique, comme le démontre clairîment la concordance des couches horizontales de diverses couleurs, qui se correspondent à une même hauteur et dans un ordre semblable; ces îlots se trouvaient autrefois unis à l'île principale et en complétaient le circuit. D'après Pline, c'est en l'an 237 av. J.-C. qu'eut lieu la séparation volcanique de Thérésia et de Théra. Ce fut sans doute alors que s'abîma la partie centrale de l'Ile. Dans la suite et à des époques successives apparurent au milieu du golfe les îlots volcaniqies qu'on y voit de nos jours. Strabon rapporte que ce fut en 197 av. J.-C. que se montra l'îlot de Hiera appelé aussi Palso-Kaïmeni (la Vieille brûlée ou incendiée); l'an 46 iprès J.-C. apparut la Micra- Kaimeni (Petile brûlée), qui fut agrandie en 1573, époque à. laquelle un abaissement subit du sud de l'île submergea les ruines de l'ancienne Eleusis. Enfin les évolutions volcaniques de 1737 et 1709 donnèrent naissance à l'îlot de Neo-Kaïmeni (la Nouvelle brûlée), qui de nos jours encore projette constamment des vapeurssulfureuses.Ce mouvement ascensionnel de roches trachytiques ne parait point terminé; on voit actuellement dans le golfe de Santorin un plateau qui monte d'année en année et qui t'est plus qu'à 4 mètres de profondeur.

Les côtes de Santorin sont en grande par-

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tîe presque inabordables, surtout à l'O. où s'élèvent les hautes falaises dont nous avons parlé et au-dessus desquelles est bâtie la capitale de l'Ile. « Les bâtiments, dit M. Benoît (Mémoire sur Santorin), ne peuvent mouiller auprès de cette falaise, car au pied du roc où l'on débarque commence une mer sans fond. On n'y arrive qu'en canot. Au bas de ce mur de rocher, on ne trouve qu'un quai étroit de béton et quelques huttes voûtées qui s'enfoncent sous les excavations de la montagne. Une rampe étroite monte en zigzag jusqu'à la ville. » On ne trouve nulle part d eau courante dans l'Ile, mais seulement des citernes. Les principales montagnes, outre le mont Saint-Elie, sont le Messarouno à l'E., l'Aeroteris à l'O. , le Merovigli et le Kokhino- Vouno au N. ; ces montagnes dominent toute la surface de l'Ile, qui présente les quatre plaines fertiles de JUessa, de Megalochorion, a'Emporion et A'Epanomérie. L'aspect riant de ces plaines présente un contraste frappant avec le sombre tableau des côtes et du golfe. Des champs de vignes s'étendent en pente douce sur un espace de plusieurs kilomètres. Le sol et le climat de l'île sont très-favorables à cette culture, qui constitue la principale industrie de la population. La récolte donne 50,000 hectolitres devin dans les bonnes années, 30,000 à 40,000 dans' les années ordinaires. Le cru le plus estimé est celui de Pyrgos. Les vins de Santorin sont spiritueux et ont un goût de terroir qui déplaît en France; ils ont quelque rapport avec le vin de Madère, et l'on ne fait qu'en très-petite quantité un vin de liqueur qui est connu sous le nom de vino santo. Ces vins s'expédient en Russie, en Italie et en Turquie. Le vin est la principale et presque la seule production de l'île, qui tire des îles voisines tous les autres objets de consommation. Le sol de Santorin est de la pouzzolane, dont on fait des ciments hydrauliques excellents ; on en expédie chaque année de 12,000 à 15,000 tonnes pour différents ports de Grèce, d'Autriche et de Turquie. Le commerce de l'île, où l'on voit quelques chantiers de construction de petits navires, représente une valeur d'un peu plus de 8 millions et demi : 1,200,000 francs à l'importation ; 1,400,000 francs à l'exportation. On. importe des étoffes de laine, de coton, de soie, delà quincaillerie, des denrées coloniales, de la parfumerie et quelques objets de luxe; on exporte des vins, des douves, des bas de coton, de la pouzzolane. La population est agglomérée dans cinq bourgs et une cinquantaine do villages, bâtis sur les rochers comme des nids d'hirondelles, et dont les maisons forment terrasse les unes au-dessus des autres. Partout on rencontre des débris de l'antiquité ; les plus importants sont ceux d'OEa, où, malgré la catastrophe de 1570, on voit des restes de colonnes, des tombeaux, des inscriptions, etc. Au point de vue administratif, Santorin, qui fait aujourd'hui partie du royaume de Grèce, est comprise dans le nome des Cyclades; elle forme avec los, Aroorgos et Anaphi une éparchie ou diocèse, dont Thira, la principale ville de l'île, est le chef-lieu. Elle est divisée en 4 démarchies ou communes. Les habitants, catholiques grecs et catholiques romains, ont un évêque pour chacune ae ces confessions et possèdent de nombreux privilèges.

Cette île, qui fut assez puissante dans l'antiquité pour fonder des colonies, entre autres Cyrène, en Libye, resta fidèle à la fortune de Sparte pendant la guerre du Péloponèse ; elle lit plus tard partie de l'empire romain et appartint aux (jrecs jusqu'à la quatrième croisade, puis &u duché de Naxos. Ce fut seulement en 1537 que Barberousse enleva Santorin aux Vénitiens; les Turcs donnèrent à cette île le nom de Dégirmenlik.

SANTORINI (Jean-Dominique), médecin et anatomiste italien, né à Venise en 1681, mort dans cette ville en 1737. Il fat élevé chez les jésuites, qui conçurent l'espoir de le faire entrer dans leur société. Heureusement Santorini leur échappa et se livra tout entier à l'étude de la méuecine sous la direction de Malpighi et Bellini. Il fut reçu successivement docteur, agrégé au collège physico-médical de Venise et nommé professeur public d'anatomie. Les travaux de Santorini ne furent publiés qu'après sa mort par les soins de Girard i, qui les recueillit. Ils ont pour titres : Opuscuta medica de structura et motu fibrx, de nutritions animait, de hemorrhoidibus, de catameniis (Venise, 1705, in-8°) ; Observations unatomicss (Leyde, 1739, in-4°); Istruzione intorno aile febbri (Venise, 1751, in-4<>); Joannis dominiciSantorini septemdecim tabula, çuas nunc primum edit aiguë explicat Michael Girardi, iisoue alias addit de structura mammarum et de lunica testis vaqinali (Panne. 1775, in-fol.).

SANTORINOIS, OISE s. et adj. (san-to-rinoi, oi-ze). Géogr. Habitant de Santorin ; qui appartient à cette île ou à ses habitants : Les Santorinois. La population santorinoisb.

SANTORIO, médecin italien. V. Sanctokius.

SANTOS, ville et port de l'empire du Brésil, dans la province et à 53 kilom. S.-E. de Saint-Paul, sur la côte septentrionale de l'île Saint-Vincent, par 24» l' de latit. S. et 48° 37' de longit O. ; 7,000 hab. Place de commerce ; exportation de riz et de café récoltés dans les environs. Fabrication de dentelles. Cette ville,

SANT

fondée en 1545, est le rendez-vous des navires qui vont à Buenos-Ayres. C'est de Santos que sont partis les fameux pionniers qui ont découvert les mines d'or et les terres de l'intérieur du Brésil ; c'est là que fut poussé le premier cri d'indépendance en 1822.

SANTOS (los), ville de l'Amérique du Sud, république de la Nouvelle-Grenade, dans l'Etat fédéral de Panama, sur le bord occidental du golfe de ce nom ; 4,000 hab. Elève de bestiaux et de porcs.

SANTOS-DE-MA1MONA (los), ville d'Espagne, province de Badajoz, juridiction et à 12 kilom. N. de Zafra ; 6,000 bab.

SANTOS (Jean dos), dominicain portugais, né à Evora, mort en Afrique en 1622. Il s embarqua comme missionnaire pour l'Afrique en 1586, débarqua au Mozambique et parcourut les divers établissements portugais. Il revint en Europe en 1597 et rit, en 1617, un second voyage en Afrique, où il mourut. On a de lui : l'Ethiopie orientale ou Histoire véritable des choses remarquables arrivées en Orient (1609, in-fol.), en portugais. Gaétan Charpy a publié en français un abrégé de cet ouvrage, Histoire de l'Ethiopie orientale (Paris, 1864, in-12).

SANTOS (Manuel dos), né à Orentào en 1672, mort en 1740. Il fut membre surnuméraire de l'Académie royale d'histoire de Portugal et historiographe du royaume. On a de lui : la Huitième partie de ta monarchie portugaise (Lisbonne, 1729, in-fol.), en portugais. Il y traite de l'histoire de dom Ferdinand et de celle de dom Jean 1er jusqu'en 1335. Manuel dos Santos a écrit aussi une Septième, une Neuvième et une Dixième partie de la monarchie portugaise, parties restées manuscrites.

SANTOS E S1LVA (Joas-AntonioDOs),homme politique portugais, né à Sardoal en 1826, mort en 1874. Il lit ses études médicales à l'université de Coïinbre. Il combattit, en 1846, sous la junte de Porto et se fit remarquer par son courage, puis reprit l'exercice de la médecine à Portalyre et à Castello-de-Vidi. I! fut élu député aux cortès en 1862, par la ville d'Abrantès, et fut constamment réélu par ses premiers mandants. Il fut nommé chef de la douane municipale de Lisbonne. Comme député, il fut un brillant orateur; comme journaliste, il se fit remarquer par la solidité de ses convictions libérales. Santos e Silva est mort pauvre, et ses amis ou collègues se sont cotisés pour faire élever ses enfants.

SANTPONS (François) , médecin et chirurgien espagnol, né à Balbastro en 1723, mort à Barcelone en 1797. Il contribua à l'établissement de l'Ecole de médecine et surtout de celle de chirurgie à Barcelone. A la suite d'un mémoire sur les causes des maladies appelées muguet, millet et manchet, mémoire qui obtint le premier prix à l'Ecole de médecine de Paris, Santpons, déjà membre de plusieurs Académies, fut nommé membre de la Faculté de médecine de Paris. Il a laissé plusieurs ouvrages sur la médecine et la chirurgie, en particulier sur les accouchements. Il a travaillé avec le docteur Salva à l'ouvrage intitulé : Description d'une machine pour filer le chanvre et le lin (Madrid, 1784).

SANTUR s. m. (san-tur). Mus. Instrument à cordes en usage chez les Turcs.

— Encycl. Le santur est, pour ainsi dire, le psaltérion turc. Le psaltérion est un instrument à cordes fixes, ayant la forme d'un triangle. Chaque note est représentée par deux cordes de laiton ou d'acier. Le psaltérion se joue des deux mains, en mettant au doigt des anneaux larges et pointus garnis de tuyaux de plume qui servent à faire vibrer les cordes. Le santur est monté aussi de cordes métalliques, mais on frappe ces cordes au moyen de petites baguettes de bois dur, au lieu d'employer les becs de plumes en usage pour le psaltérion allemand.

SANTY-YOGA s. in. (san-ti-io-ga). Pratique quotidienne en usage chez les brahmes indous.

— Encycl. Le santy-yoga est un yogam ou contemplation, qui sert de préparation au sacrifice journalier des brahmes; aucune autre pratique ne permet mieux que celle-là d'apprécier les puéiiles rnomeries des contemplatifs indous. Voici en quoi consiste le santyyoga. Tout étant préparé pour l'importante cérémonie du sacrifice journalier ou poudja, que le brahme doit faire à ses dieux domestiques, il- se tourne alors vers l'orient ou vers le nord et il se tient quelque temps dans le recueillement. Toujours placé un peu plus bas que la divinité k laquelle il va offrir le poudja, il dépose à sa droite les fleurs qu'il doit offrir, et devant lui un vase plein d'eau, l'encens, la lampe, le santal, le riz bouilli et les autres objets qui font la matière du sacrifice. Il commence alors par claquer dix fois ses doigts en tournant sur lui-même pour chasser les géants et les démons. Puis il se forme un nouveau corps, en unissant l'âme vitale qui réside au nombril à l'âme suprême qui réside dans la poitrine, et cela par la vertu des paroles que voici : « Je suis moimême la divinité à qui je vais sacrifier 1 > Puis, il se comprime la narine droite avec le pouce, prononce seize fois le monosyllabe djon et aspirant fortement l'air par la narine gaucho! il dessèche par ce moyen le corps dont il est. revêtu. Puis, avec le pouce et l'index, il se

SANU

presse les deux narines, prononce six fois le mot ron, retient sa respiration, pense au feu et par là brûle son corps. Puis il prononce trente-deux fois le mot lom et souffle en même temps avec force par la narine droite ; il chasse de la sorte le corps qui vient d'être brûlé ; il pense à de nouveaux sens et cette pensée suffit pour lui en procurer. Puis, pensant à l'eau, il fait descendre Vamourta du disque de la lune, et, prononçant le mot sacré otim, il répand cet amourta sur son corps, au moyen de quoi il le ressuscite. Prononçant ensuite le mot djour, il pense aux éléments dont il est composé, et il les range par ordre à la place de ceux qu'il a mis dehors auparavant. Enfin, il dit de nouveau : t Je suis moi-même la divinité à laquelle je vais' sacrifier I » Ensuite il ramène au nombril l'âme vitale qui s'était mêlée à l'âme suprême ; après quoi, portant la main droite sur sa tête, il dit : « Adoration au pénitent Narada 1 » et il s'imagine que ce pénitent est logé dans sa tète. Posant les mains sur le vase plein d'eau qui est auprès de lui, il évoque dessus le mantram gaïatry. Enfin, il porte la main sur sa poitrine et y fixe Viehnou. Il termine en prononçant les lettres de l'alphabet sur le nouveau corps parfaitement pur qu'il vient de se former. Tel est, suivant les livres indous, le santy-yoga. Cette préparation indispensable terminée, le brahme offre le poudja a ses dieux domestiques.

SANODO (Marc), général vénitien, né en 1153, mort en 1220. 11 se distingua dans l'armée des croisés qui renversa l'empire grec, conquit pour Venise les Sporades et les Cyclades, reçut de l'empereur Henri l'investiture de Naxos et le titre de duc de l'Archipel. Enflé par ses succès, il essaya de se rendre indépendant des Vénitiens, leur enleva Candie et s'en fit proclamer roi. Il fut bientôt chassé de cette île, mais conserva Naxos, qu'il transmit même à ses descendants, avec son titre de duc de l'Archipel.

SANUDO (Ange), fils du précédent, né vers 1194, mort à Naxos en 1 254. Il succéda à son père en 1220, n'intervint pas dès le commencement de son règne dans les luttes de Robert de Courtenay contre Vatace, et pour ce motif ne fut point invité à se réunir aux princes coalisés pour la défense de l'empire latin. Sanudo fut l'allié de Jean de Brienne, successeur de Robert, contre Vatace, dont il détermina la défaite. Il fît consentir son allié à une trêve de deux ans avec Vatace ; à l'expiration de cette trêve, Sanudo retourna à C'onstantinople, où il se signala par de nouveaux succès. — Son fils, Marc Sanudo, fut l'allié des Vénitiens contre Vatace et les Can diotes révoltés; il ramena sa flotte à Naxos, ce qui le fit accuser de trahison par ses alliés. Pour faire respecter son autorité à Naxos, Sanudo fit construire sur cette île le fort Apano-Castro, dont il reste encore des vestiges. Il fut l'un des alliés de Baudouin contre les Grecs, auxquels il reprit Milo peu de temps avant sa mort. — Sanudo (Guillaume), son fils aîné, mort vers 1284, monté sur l* trône à l'âge de vingt-cinq ans, soutint les Latins contre les Grecs et fut forcé de traiter avec ces derniers. — Sanudo (Nicolas), fils aîné du précédent, fut forcé de souscrire à l'alliance de son père avec les Grecs, s'opposa à la propagande de la religion grecque et fit !a guerre aux Génois, de concert avec les Vénitiens. Fait prisonnier, il dut, pour recou-vrer la liberté, s'engager à ne plus porter les armes contre Gènes. Il fit ensuite le métier de corsaire contre les Turcs et aida Benoît Zacharie, capitaine génois, à s'emparer de l'Ile de Scio. Il mourut à quarante-six ans' sans postérité. — Sanudo (Jean), son frère et son successeur, ne signala son règne que par la cession qu'il fit de l'île de Milo à Marc, son frère cadet.

SAN CTO (Marino), dit Torsello ou l'Ancien, noble vénitien du xivo siècle, voyageur et géographe. Il fit cinq voyages dans la Palestine, l'Arménie, les côtes de l'Asie Mineure et l'Kgypte, et s'efforça, mais en vaiu, de décider les princes de l'Occident à une nouvelle croisade. Au reste, le conseil qu'il donna à ses compatriotes de s'emparer de l'Egypte, dont la possession leur assurerait le commerce de tout l'Orient, a fait présumer avec raison qu'il n'était pas uniquement guidé par l'enthousiasme religieux. Au retour de ses voyages, il avait composé : Liber secretorumfidelium crucis, ouvrage auquel il joignit des cartes et dans lequel il donne une description des contrées de l'Orient, avec un précis de leur histoire. Cet ouvrage a été publié en 1611 parBongars, dans les Gesta Deiper Francos (Hunau, t. II, in-fol.).

SANUTO (Marino), dit le Jeune, parent du précèdent, historiographe de la république de Venise, né en 1466, mort en 1531. On a de lui : Histoire de la conquête de Naples par le roi Chartes VIII, ouvrage très-important, dont la Bibliothèque nationale possède une copie manuscrite; Vit» ducum Venetorum (de 421 à 1493), publiée seulementen l733,parMuratori, dans les Herum italicarum scriptores.

SANDTO (Livio), géographe italien, né à Venise vers 1532, mort vers 1587. Il était fils d'un sénateur qui lui fit donner une excellente éducation. Livio s'adonna d'abord aux lettres et à la poésie, composa des pièces de vers, traduisit l'Enlèvement de Proserpine de Claudien (1551), puis fit un voyage en Allemagne et s'occupa d'une façon toute spéciale de mu-

SAON

thématiques et de cosmographie. Il réunit un nombre considérable dedo'cuinentsnouveaux, lut les journaux des voyageurs, inventa des instruments donnant plus de précision aux observations astronomiques et entreprit de faire une description complète du monde, en l'accompugnant de cartes plus exactes que celles qu'on avait publiées jusqu'alors. Il n'avait pas encore mis la dernière main à son ouvrage lorsqu'il mourut. Son ami Saraceni le fit paraître peu après, sous le titre de Géographie de Livio Sanulo, partagée en doute livres (Venise, 1588, in-fol.). Cet ouvrage très - estimé contient des descriptions fort exactes pour le temps où il parut.

SANVE s. f. (san-ve — du lat. sinapi, moutarde). Bot. Nom vulgaire de la moutarde des champs : L'huile qu'on relire de la sanve a beaucoup de rapport avec celle du chanvre. (T. de Berneaud.)

SANV1C, village et commune de France (Seine-Inférieure), oant., arrond. et à 3 kilom. N. du Havre, sur la Manche; pop aggl., 3,343 hab. — pop. tôt., 3,746 hab. Fabrication de faïence, noir animal, vitriol. Eglise paroissiale, surmontée d'un clocher du x:c siècle et renfermant plusieurs pierres tombales mutilées.

SANV1TALE (Jacopo), historien italien, né à Parme en 166S, mort à Bologne en 1753. Entré dans la compagnie de Jésus, il enseigna les humanités dans plusieurs villes, notamment à Vicenca ; puis il occupa successivement à Vérone les chaires de philosophie, de mathématiques et de théologie, et enfin fut appelé à l-'errare pour y professer la théologie. Ses principaux écrits sont : Guerre entre Chartes l V, empereur d'Autriche, et Achmel III (Venise, 1724, in— S°) ; Mémoires historiques (Venise, 1732, in-4°); Notices sur les faits d'armes pendant les six premières années de la guerre de Succession, après la mort de l'empereur Charles VI (Utrecht, 1752, hw°).

SANV1TALE (Jacopo-Antonio, comte), diplomate et littérateur italien, né à Parme en 1699, mort dans la même ville en 1780. Honoré de la sympathie du due Antoine Farnèse, de don Carlos, de l'empereur Charles VI, de Marie-Thérèse et de l'infant don Philippe de Bourbon, il remplit avec éclat diverses missions diplomatiques ; puis, en 1789, il renonça entièrement à la politique pour se vouer aux lettres et pour se faire le Mécène des savants et des artistes. Ses principaux ouvrages sont : Chant en l'honneur de saint François liégis (Parme, 1738, in-4°); traduction 'des Sept psaumes de lapénitence (Venise, I745,in-Su); Poème parabolique (Venise, 1746, in-fol.); Capitolo (Parme, 1764, in-fol.) ; le Tribunal de Jupiter (Parme, 17G5, in -4°); Euranio e Eurasitea (Panne, 1773, in-4"); enfin des traductions A'Enêe et Lavinie, opéra ; de Castor et Potlux, d' Andromaque et Polyeucte, tragédies.

SANVITALIE s. f. (san-vi-ta-l! — de Sanvitul, botan. espagn.). Bot, Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croit au Mexique.

SANZ (Augustin), architecte espagnol, né à Saragosse en 1724, mort en 1801. Il fut élu en 1775 membre do l'Académie de Saiu (-Ferdinand et, après avoir donné des leçons gratuites à l'Ecole des beaux-arts fondée par Guicoechea, il fut, en 1792, nommé professeur d'architecture k cette école, élevée au rang d'Académie de Saint - Louis. 11' fournit les plans de plusieurs églises, entre autres de celle de Sainte-Croix , à Saragosse, et de celles d'Urrea et de Binaces. Il a dirigé la construction du théâtre de Saragosse et d'un grand nombre de maisons particulières de cette ville.

SANZ PEREZ (José), romancier et auteur dramatique espagnol, né k Cadix en 1818. Kcrivain três-técond et très-goûtédu public, il a donné au théâtre un grand nombre de pièces, parmi lesquelles nous citerons : Chaquelas y Fraques, pièce de mœurs andaiouses ; la Jalousie de l'oncle Macaco;\\x Fleur de la cannelle; Juger par les apparences; Ne vous fiez pas aux compères; 1 Accouchement des montagnes ;\'Oucle Canigitus; l'Oncle Pilili en enfer; Amours soudaines; El Polio; Illusions perdues; \a.Vengeance laplus noble; le Cardinal de Naples, etc. Plusieurs de ces pièces sont écrites en dialecte andalou. On a encore de Sanz Perez : Dona Lus et le fontainier, conte fantastique; les Contes du pèlerin, fantaisies en trois volumes; le Fils cajolé, nouvelle; deux autres volumes de nouvelles et d'études de mœurs, etc.

SANZAC (Louis Prévôt de), capitaine français. V. Sa.nsac.

SANZIO (Giovanni Santi ou) , peintre et poète italien, père de Raphaël. V. Santi.

SANZIO (Raflaelle), surnommé te Diri», peintre, urchitecte et sculpteur, un des plus grands génies de la Renaissance. V. Raphaël.

SAOMOUNA. s. m. (sa-o-mou-na). Bot.

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