V. SAAMOUNA
SAONAHA, bourg d'Italie, province , district et mandement de Padoue ; 2,149 hub.
SAÔNE, en latin Arar, Segona ou Saucona nu moyen âge, rivière de France. Fille prend sa source dans la partie S.-O. du département des Vo>ges, h Vioménil, cant. de Bains, arrond. il'lipinal, coule d abord a VO., baigne Darney, se dirige au S., en passant par Mon-
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thureux et Châtillon-sur-Saône, entre dans le département de la Haute-Saône, où elle arrose les arrondissements de Vesoul et de Gray, en baignant Jouvelle, Port-sur-Saône et Gray, où elle devient navigable; elle arrose ensuite l'extrémité S.-E. du département de la Côte-d'Or, coule sous les murs de Pontaillier, Auxonne, Saint-Jean-de-Losne et Seurre, entre dans le département de Saôneet-Loire, qu'elle sépare en partie de celui de l'Ain, baigne Verdun-sur-Saône, Chalon-sur- Saône, d'où elle se dirige sur Tournus et Mûcon, forma la limite entre le département de l'Ain et celui du Rhône, dans lequel elle coule ensuite ; traverse Lyon et, à l'extrémité de la presqu'île de Perrache, près de La Mulatière, se jette dans le Rhône, après un cours de 450 kilom., navigable sur 365. Ses principaux affluents sont : à droite, l'Amunce, le Salon, la Tille et l'Ouche; à gauche, l'Oignon, le Doubs, la Seille, la Reyssouse et la Veyle. Les canaux de Bourgogne, du Centre et du Rhône au Rhin y aboutissent. La Saône débite à Lyon co mètres cubes d'eau par seconde à l'étiage; 250 dans les eaux moyennes et 4,000 dans les très- fortes inondations, dont les plus désastreuses ont été celles de 1602, 1709 et 1840. Cette belle rivière coule au milieu d'un riche bassin bordé des plus riants paysages; ses bords environnés d'immenses prairies sont droits et unis; les berges en sont peu élevées. A mesure qu'elle s'éloigne desa source, sa largeur augmente et sa pente diminue, ce qui en rend la navigation douce et facile.
SAÔNE (département de la HAUTE-), division administrative de la région E. de la France, formée en 1790 de la partie septentrionale de l'ancienne Franche-Comté, et tirant son nom de sa situation près de la source de la Saône, qui l'arrose du N. au S. Oe département confine au N. à celui des Vosges, a l'E. à l'ancien département du Haut-Rhin, au S. à ceux du Doubs et du Jura, et à 10. a ceux de la Côte-d'Or et de la Haute-Marne. Sa plus grande longueur du N.-E. au S.-O. est de 110 kilom., et sa plus grande largeur de 60 kilom. Superficie, 533,991 hectares. Au point de vue administratif, il est divisé en trois arrondissements : Vesoul, chef-lieu; Gray et Lure,comprenant2S cantons, 583 communes et 303,083 hab. Il forme avec le Doubs le diocèse de Besançon ; il fait partie de la 7° division militaire; il ressortit à la cour d'appel de Besançon , à l'académie de Besançon, à la 320 conservation forestière. Ce département, assez montagneux, peut se diviser en deux zones distinctes : celle du S.-O. au N.-O., comprenant les arrondissements de Vesoul et de Gray ; celle du S.-E. au N.-E., renfermant l'arrondissement de Lure. Les seules montagnes remarquables sont : le ballon de Lure, appelé aussi Plarlche-des-Belles- Filles (1,300 met.), couvert de pâturages qui nourrissent un nombreux bétail pendant la belle saison; celui de Servance (1,250 met.), détaché, comme le premier, du ballon d'Alsace et formant le prolongement de la chaîne des Vosges; le mont de Vannes (600 met.), qui tient au ballon de Servance par une côte étroite séparant la vallée de Presse de celle de Plancher-les-Mines. On ne trouve dans ce département ni l'aridité des pays montueux, ni l'humidité insalubre que répandent les eaux stagnantes. Le sol, généralement incliné du N.-E. au S.-O., permet un écoulement facile aux eaux, dont les cours principaux sont : la Saône, l'Oignon, la Lanterne, la Superbe, le Cotiey, la Semouse, l'Amanco, le Vallon, le Drugeon, la Romaine, ta Résie, etc. Le cours supérieur de la Saône y donne naissance à un canal qui relie Cette rivière à la Meuse; dans ta partie méridionale du département se trouvent quelques étangs susceptibles d'être desséchés. Les vents dominants sont : celui du S.-O., doux et humide ; celui du N.-E., sec et vif, et celui du N.-O., souvent très-froid.
Les productions du département de la Haute -Saône sont nombreuses et variées dans les trois règnes. On y trouve di\ granit rouge, du porphyre vert, du porphyre violet, des schistes argileux et anthraciteux, du fer oligiste, du manganèse, des minerais de plomb, cuivre, argent, des grès rouges et bigarrés, pierres lithographiques, pierres à chaux et pierre de taille, tuf calcaire, tourbe, etc.
L'industrie manufacturière ne le cède en rien à l'industrie agricole ; elle consiste principalement dans les usines à fer répandues sur toute la surface du département, au nombre de plus de cinquante. Le nombre des mines de fer exploitées en 1868 a été de 221, ayant occupé 1,550 ouvriers et produit 3,675,300 quintaux métriques de minerai. Au second rang se place l'exploitation des houillères, des tourbières, des mines de sel gemme. La département possède, en outre, des verreries, faïenceries, poteries, plusieurs filatures de cotou, des fabriques de chapeaux de paille, des distilleries, tanneries, teintureries, chapelleries, des fabriques de bonneterie, droguets, etc. Le commerce de la Haute- Saône, favorisé par la navigation de la Saône et deux canaux, par des voies ferrées, est très-important; il consiste surtout en grains, farines, fer, fonte, fourrages, bois de con-. sU'uetion,marrain, planches de sapin, beurre, fromages, chevaux, bestiaux, cuirs, papiers, plâtre, etc.
— Agriculture. L'aspect général de ce département et>t montueux.. Au S.-O. et au
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N.-O., dans les arrondissements de Vesoul et de Gray, ce sont des coteaux peu élevés couverts de vignes et de bois, entremêlés de vastes prairies et de champs fertiles. Au S.-E. et au N.-E., dans l'arrondissement de Lure, le sol est notablement plus montueux. On y trouve des hauteurs de 800 k 1,100 mètres au-dessus du niveau de la mer. La culture des céréales y est moins facile. Presque jamais pourtant on n'y trouve ces sommets arides des pays voisins. D'un autre côté, les accidents du sol permettent aux eaux de s'écouler sans qu'il en résulte d'inconvénients sensibles. Aussi le climat est-il généralement sain et salubre. Il est en outre assez tempéré. Les grands froids comme les fortes chaleurs y sont rares. L'automne est d'une beauté remarquable. Au printemps seulement, le voisinage des montagnes, la fonte des neiges occasionnent de brusques changements de température qui ont sur la santé des habitants une influence fâcheuse. Des précautions hygiéniques faciles à prendre pourraient obvier à cet inconvénient ; mais, comme il arrive souvent en pareil cas, elles ne sont jamais employées. Cette négligence amène chaque année dans les pays les plus mal situés des fièvres intermittentes très-tenaces, des épidémies et des épizooties. Le département de la Haute-Saône comprend une grande variété de sols, d'où résulte une variété égale de cultures. Les montagnes incultes ou boisées occupent une étendue d'environ 75,000 hectares. L'ensemble des forets présente une surface d'au moins 160,000 hectares. Les arrondissements de Gray et de Lure offrent en particulier des taillis et des futaies très-remarquables. Les essences dominantes sont le chêne, le hêtre et le charma; mais on trouve aussi le sapin, le tremble, le frêne, l'orme, l'érable, etc. Les grandes futaies sont peu nombreuses ; la plus grande partie des bois est aménagée en taillis de quinze à vingt ans. Le cerisier mérite d'être mentionné à côté des essences forestières; il occupe de vastes espaces et donne lieu à une fabrication importante. Le kirsch que l'on obtient par la distillation de ses fruits jouit d'une grande renommée. Ce produit s'élève annuellement k plus de 10,000 hectolitres. Le sol occupé par les bruyères et les landes a une étendue d'environ 26,000 hectares. Les terrains tourbeux et marécageux se présentent sur un espace de 8,000 hectares. Les alluvions modernes occupent 115,000 hectares; les sols calcaires, 75,000-, les sols siliceux, 15,000; les sols argileux, 90,000; les sols graveleux ou pierreux, 120,000.
L'industrie agricole est aussi variée que la nature du sol. Les terres labourables occupent 256,000 hectares; les prairies, 60,000; les vignes, 12,000; les vergers et les jardins, 4,000; les étangs ou marais, 1,500. La superficie des terres labourables se subdivise do la manière suivante : le froment occupe annuellement 64,000 à 65,000 hectares ; le seigle, 12,000 à 13,000; l'orge, 25,000; l'avoine, 40,000 ; le méteil, 10,000 ; le maïs, 2,000 à 3,000 ; le sarrasin, 2,000 ; les pommes de terre, 10,000; les légumes racines, 5,000 à 6,000; les légumes secs, 2,500; les plantes oléagineuses, colza, navette, chanvre, 5,000; les prairies artificielles, 15,000. La jachère occupe encore dans les assolements plus de 60,000 hectares; mais heureusement son emploi tend à se restreindre. Les prairies artificielles lui ont déjà fait perdre du terrain; leur généralisation ne tardera pas, il faut l'espérer, à la faire supprimer dans la plupart des cas. Depuis un certain nombre d'années , l'introduction de quelques cultures nouvelles a diminué la part consacrée anx céréales. Néanmoins la production, évaluée à 1,860,000 hectolitres de tous grains, est restée à peu près la même , parce que le rendement s'est accru. C'est là un bon signe et un indice certain que les méthodes de culture ont progressé. Aujourd'hui la récolte des céréales est plus que suffisante aux besoins de la consommation, et la Haute- Saône déverse chaque année sur les départements voisins 300,000 à 400,000 hectolitres de grains. La culture dos légumes racines, encore récente, ast en bonne voie d'accroissement. Les betteraves surtout ont vu la surface qui leur était alfectêe s'accroître rapidement, grâce k la multiplication des sucreries et des distilleries. La production de la pomme de terre a , au contraire , diminué do plus d'un tiers. Ce résultat est dû en grande partie à la maladie qui a atteint ce tubercule et en a, dans certaines années, presque anéanti la récolte. La culture des plantes industrielles n'a pas encore acquis toute l'extension dont elle serait susceptible dans ce département. Le sol et le climat lui sont très-favorables ; mais la main-d'œuvre fait défaut. L'étendue du sol affecté à la vigne a diminué notablement depuis une vingtaine d'années. Ce résultat n'a rien de regrettable, car partout où cette culture a été supprimée les conditions cltinatériques commandaient depuis longtemps sa disparition. Parla, on a pu utiliser d'une façon plus profitable des terrains où la vigne né donnait et ne pouvait donner que de maigres produits. D'un autre côté, la production du vin n'en a pas été sensiblement diminuée, parce que la taille et la culture de la vigne, ainsi que la fabrication du vin, a fait des progrès marquants. Le département de la llaute-Saôno produit aujourd'hui annuellement 344,000 à 345,000 hec-
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tolitres de vin, d'une valeur moyenne da 8 millions de francs. Ces vins appartiennent tous à la catégorie des vins ordinaires de table, mais quelques-uns sont, dans ce genre, de qualité supérieure. Les marcs sont soumis à la distillation, mais ils ne donnent qu'une eau-de-vie assez mauvaise. Les prairies sont, en général, bien entretenues et d'un bon rapport. Cellesdesbordsdela Saône, de l'Oignon, de la Superbe, de l'Amance sont d'une fertilité remarquable. Dans plusieurs autres vallées, on pourrait obtenir d'aussi bons produits que dans ces localités privilégiées si quelques travaux préalables de drainage ou d'irrigation étaient pratiqués. Malheureusement, on ne peut guère y songer, les dépenses qu'entraîneraient ces travaux étant tout à fuit hors de proportion avec les ressources des détenteurs actuels du sol. Les prairies artificielles sont en voie de progrès. Elles sont formées d'ordinaire par le sainfoin, la. luzerne et le trèfle. Dans 1 arrondissement do Lure, on trouve d'excellents pâturages pour les moutons. En résumé, dans la Haute-Saône, les fourrages abondent ; ils excèdent même notablement les besoins de la consommation, et ce département en exporte des quantités considérables jusque sur Lyon et Paris. Cet excès de la production des fourrages sur la consommation est un fait assez singulier, dans l'état actuel de notre agriculture, pour qu'il soit nécessaire d'y insister un peu. Il nous montre à la fois le côté faible de l'industrie agricole du département et le parti qu'il serait possible do tirer d'un produit qui fait aujourd'hui défaut dans tant de pays. Nous ne comprenons, en effet, la vente des foins que pour les localités placées dans le voisinage immédiat des grandes villes; car la on peut so procurer facilement et à peu de frais les engrais dont on a besoin. Partout ailleurs nous estimons que las cultivateurs qui ont l'habitude de vendre leurs foins font un véritable métier de dupe. La consommation de leurs foins à l'étable par des létes à l'engrais leur produirait au moins autant de bénéfice que la vente du foin, et, d'un autre côté, ils auraient pour rien un engrais précieux que rien ne peut remplacer et qui est indispensable à l'amélioration de leurs terres. Ces engrais, dont tout le monde se préoccupe et qui sont la condition première de la culture intensive, les cultivateurs do la Haute-Saône les ont chez eux et se hâtent de s'en débarrasser. Nous savons bien que la vente des foins a pour beaucoup un avantage dont il faut savoir tenir compte, la réalisation immédiate et sans frais d une matière première en argent sonnant; mais c'est pour cela mémo qu'il importe de les mettre en garde contre, une tentation dungereuse-et contre une spéculation qui est la ruine de leur agriculture. 11 est vrai qu'ici, comme ailleurs, les capitaux font le plus souvent défaut et que c'est k leur insuffisance autant qu'il l'inhabileté du paysan qu'il faut s'en prendre d'un état da choses contraire aux plus élémentaires principes de l'économie rurale. Mais, il faut aussi l'avouer, beaucoup suivent la routine et n'ont pas d'excuse; quant aux plus pauvres, c'est à eux k voir si, d'une manière ou de l'autre, il ne leur serait pas possible de sortir de l'ornière. Il est bien rare, quand on se livre à une semblable investigation, de ne pas trouver un moyen de se tirer d'affaire.
Le bétail est peu nombreux dans la Haute- Saône, relativement à la superficie des terres arables et des prairies. L'espèce bovine compte environ 156,000 têtes; l'espèce chevaline, 26,000; l'espèce ovine, 114,000; l'espèce caprine, 8,000; l'espèce porcine, 80,000. L'espèce bovine appartient principalement à la race fémeline, aussi remarquable par ses qualités laitières que par son aptitude a. Vanigraissement. Cette race convient parfaitement au pays, puisque la fabrication des fromages y constitue une des industries principales. On y a organisé, dans ce but, des associations modelées sur les fruitières du Jura, du Doubs, des Vosges et de la Suisse. On élève, en outre, un grand nombre de bœufs qui sont vendus pour le Nord, vers l'âge da quatre à six ans. L'espèce chevaline est très-mélangée. Il y a des chevaux du Morvan, de la Suisse, du Perche, do la Franche- Comté. On ne trouve nulle part des éleveurs riches et installés dans d'excellentes conditions; cependant, on élève depuis quelque temps des chevaux de trait assez estimés. La culture emploie des animaux de petite taille, mais très-vifs et très-vigoureux. Presque tous les animaux de l'espèce ovine appartiennent au croisement métis mérinos.
On trouve de beaux troupeaux dans l'arrondissement de Lure, où les pentes des montagnes offrent d'excellents pâturages. Sur quelques points, on a essayé l'importation d'animaux appartenant aux races dishley, south-down, de la Charmoise ; mais ces essais sont toujours demeurés concentrés dans des limites assez étroites. M. I.equin , directeur de la ferme-école de Lehayevaux, a tenté d'y introduire, en l'améliorant, la raco noire de la Suisse, déjà remarquable par sa fécondité. Le troupeau de Lehayevaux constitue aujourd'hui un type à part dans lequel l'élément suisse, quoique toujours dominant, est néanmoins affaibli par des croisements et une éducation savamment raisonnée. La fabrication on grand du fromage dans les fruitières a pour corollaire l'élève d'un nombre fort considérable de porcs qu'on nourrit
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avec le petit-lait. La plupart de ces animaux a maintiennent au type comtois ou vosgien. Cependant, depuis quelques années, des croisements assez nombreux ont été tentés avec les races anglaises New-Leicester, llampshire ou Middlesex. Tel est l'ensemble des p-oductions agricoles du département de la Haute-Saône. Pour tous ces produits de nombreux débouchés sont ouverts. Plus de quatre cents foires sont consacrées à la vente d.is bestiaux. La viabilité est en bon état; sous ce rapport, ce département est un des mieux partagés. Les chemins vicinaux seuls laissent encore à désirer, beaucoup moins, a pendant, que dans la plupart des autres centrées de la France. En outre, la Haute- S;one possède -69 kilom. de rivières flotta blss et 100 kilom. de rivières navigables. Le total des voies ferrées s'élève à plus de 200 kilo n. L'instruction est assez répandue; la plupart des enfants aujourd'hui savent lire et écrire. C'est là un symptôme de bon augure et qui fait présager un avenir prospère.
SAÔNE-ET-LOIRE (département de), divisien administrative de la région E. de la France, formée en entier d'une partie de la cidevant province de Bourgogne et tirant son nom des deux rivières, la Saône et la Loire, qui l'arrosent, l'une du N. au S., l'autre au S.--0. Il confine, au N., au département de la Côte-d'Or ; à l'E., à ceux du Jura et de l'Ain ; au S., à ceux du Rhône et de la Loire, et à Î'O. à ceux de l'Allier et de la Nièvre. Sa pli, s grande longueur, du N. au S., est de llii kilom., et sa plus grande largeur, de l'E. k l'O., de 118 kilom. Superficie, 855,174 hectares, dont 457,641 en terres labourables, 12î,737 en prairies naturelles, 36,627 en vignes, 151,076 en bois, 3,641 en vergers, pépinières, jardins, 28,000 en landes, pâtis, bnyères, 5,310 en étangs, mares, canaux d'irrigation, etc. Administrativement, le dépai tenient est divisé en cinq arrondissements : Maçon, chef-lieu; Autun, Chalon-sur-Saône, Charolles et Louhans. I! comprend 49 cantons, 588 communes et 598,344 hab. Il forme le dioeèss d'Autun, suft'ragant de Besançon, et fait partie de la 190 division militaire; il ressortit à la cour impériale de Dijon, k l'Académie de Lyon et à la 17e conservation des forêts.
Le département de Saône-et-Loire est traversé, du S. au N., par une chaîne de montag îes qui constitue le premier chaînon des Cêvennes et qui divise ce pays en deux versants : celui de la Loire a l'O. et celui de a Saône à l'E. La cime la plus élevée de cette chaîne est le mont Beuvray (809 met.) ; les îutres points culminants sont : Montjeu (G43 met.), Montcenis (475 met.), le signal d'Uchon (683 met.), le Dun (735 met.), le sommet de la Mëre-Boitier (760 met.). Les deux versants du département se composent de coteaux couverts de riches vignobles, de belles vallées, de plaines fertiles et de vastes forêts, de gras et abondants pâturages, qui nourrissent un grand nombre de bestiaux, et d'immenses prairies où l'on récolte uue quantité considérable de foin de première qualité. ■ La partie qui longe le cours de la Saône est surtout renommée pour l'abondance1 de ses produits et la beauté de ses sites. Cette rivière poursuit son cours tranquille dans un des plus riches bassins de la France, baigne un grand nombre de villes et de villages répantus sur ses bords et arrose de vastes praiiies, au delà desquelles de riants coteaux, peuplés de châteaux et de maisons de campagr.e, offrent une infinité de sites pittoresques et de délicieux paysages. » (Giraud de Sain :-Fai*geau.) Le climat de Saône-et-Loire est en général sain et tempéré, mais assez varitble. Les vents du sud, du nord et de l'ouent sont les plus fréquents; ces deux derniers soufflent quelquefois avec une grande violence.
Le.; produits de ce département, au triple
Ïioint de vue minéralogique, botanique et zooogiqie, répondent parfaitement à l'impression favorable que produit son aspect général. Si les mines de fer exploitées sont peu nombreuses (3 seulement en 1865), par compensation ce département est un des plus riches de France en mines de houille ; ceiles-ci sont i.u nombre de 23 et produisent annuellement 7,500,000 quintaux métriques de houille. Les p ?ineipaux bassins sont ceux du Creuzot, de Saint- Bérain et de Blanzy. On y exploite aussi 4 mines de manganèse, situées dans le cantoideRornanèehe et réputées les plus riches ce toutes celles qu'on exploite en France. Les eaux minérales de Bourbon-Lancy sont employées avec succès au traitement des rhumatismes. On trouve aussi des eaux minérales sur d autres points, notamment à Ciiuzoux, Farges, Leynes, Pierreclos, Sailly, mais elles ne dor nent lieu h aucune exploitation.
L'industrie manufacturière y est assez avancée ; on y trouve des fabriques de coton, d îs manufactures de linge de table damassé, des fabriques de couvertures, des papeteries, tanneries, moulins & farine, scieries, distilleries, brasseries, verreries, poteries, fabriques de tuyaux de drainage, tonnelleries importantes, usines k fer, carrières de marbre, carrières de pierre à plâtre exploitées et produisant, année moyenne, 45,000 mètres cubes de plâtre. Un bon système de routes et de chjmins vicinaux, des chemins de fer, de.1 voies de navigation commodes facilitent les transactions commerciales, qui sont actives
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et importantes. On exporte de ce département les vins du Maçonnais, les fourrages, le bois de construction, la houille, les verreries, des creusets réfractaires, du bétail, du cuir, de la laine, des toiles, etc. On y importe du bétail maigre, du sel, des huiles, de la quincaillerie, de la parfumerie, de ladroguerie,etc.
— Agriculture. Ce département est formé
f>ar le Morvan, le Chalonnais, le Maçonnais, a Bresse et le Charollais. Chacune de ces régions a des caractères particuliers dont l'étude n'est pas sans intérêt, même de nos jours. Le Morvan comprend un massif d'environ 150 lieues carrées, situé entre Château- Chinon, Autun, Saulieu, Avallon et Lorme. C'est un pays granitique, formé par une agglomération de montagnes presque toutes boisées, coupées çà et là par des vallées d'un aspect varié, arrosées par une multitude de sources et de petits ruisseaux. Au commencement de ce siècle on n'y trouvait ni routes ni ponts, mais seulement des chemins ressemblant à des fondrières et des arbres à peine équarris jetés sur les cours d'eau en guise de ponts. Le Morvan n'occupe que le nord-ouest du département de Saône-et-Loire ; il se prolonge sur une partie du département de la Nièvre. Le Chalonnais ou arrondissement de Chalon offre moins de particularités distinctives et se rapproche assez bien du Maçonnais. Cette dernière région a une étendue d'environ 50,000 hectares. Elle est formée par des coteaux calcaires riches en vins, en froment et en maïs. La Bresse forme l'arrondissement de Louhans et s'étend en outre dans une partie du département de l'Ain. Son étendue est d'environ 124,000 hectares. C'est un sol tout moderne, très-légèrement ondulé, coupé de ruisseaux et de canaux, dont les rives nourrissent de longues files de saules et d'osiers centenaires. La vigne n'y donne que de maigres produits; mais le froment, le maïs, le sarrasin, le chanvre y donnent les plus riches moissons. De nombreuses et belles prairies nourrissent de grands troupeaux de bétail. Il y avait autrefois un grand nombre d'étangs, mais ils ont disparu en partie aujourd'hui. Une des industries les plus lucratives de cette région est l'engraissement des volailles. Le climat du département de Saôneet-Loire est sain et tempéré; il est cependant assez variable, La plus haute température est d'environ 38° centigrades au-dessus de zéro en été, et la plus basse de 18° au-dessous de zéro en hiver. La température moyenne ordinaire est de 11<> au printemps, 20° en été, 11° à 12° en automne, et 20 à 3° en hiver. On compte 128 jours de pluie et 18 de neige. Les plus fortes pluies tombent en été. La quantité moyenne pour toute l'année est de om,846. La grêle cause souvent des désastres considérables. Les orages sont assez fréquents, surtout dans les mois de' mai, juin, juillet, août, septembre. Dans le département de Saône-et-Loire les aspects sont-très variés, de même que le sol et les productions. Les monts du Charolais et les derniers rameaux de la côte d'Or le sillonnent d'un bout k l'autre. On y rencontre les terrains granitiques, schisteux, calcaires et d'alluvion. Les granits occupentkeux seuls près de 300,000 hectares, les sols calcaires 2SO,000 hectares ; les sols siliceux occupent beaucoup moins d'espace que les précédents, leur superficie ne dépasse pas 80,000 hectares ; les sols d'alluvion ont une étendue d'environ 195,000 hectares. Les céréales occupent 273,000 hect., les prairies naturelles 124,000, les forêts 153,000, les cultures industrielles 48,000, les vignes 35,000 à 36,000. Le froment couvre chaque année environ 132,000 hectares, le seigle 74,000, l'avoine 22,000 à 23,000, l'orge 5,000, le sarrasin 15,000, les pommes de terre 30,000, les plantes oléagineuses 12,000, le chanvre 2,500, les légumes secs 4,000.
La jachère absorbe encore plus de 120,000 hectares, malgré les progrès réels que la culture a faits depuis vingt ans. L'étendue des prairies artificielles est d'environ 18,000 hectares. Les landes, les bruyères et autres lieux affectés seulement au parcours des troupeaux occupent une superficie de 20,000 hectares au moins. Quant aux canaux, rivières, étangs, carrières, leur étendue ne peut pas être évaluée à moins de 53,000 hectares. Dans ces dernières années, la surface cultivée s'est notablement accrue à la suite de défrichements et de dessèchements de marais ou d'étangs. La statistique agricole donnait , comme moyenne des productions agricoles : 1,854,156 hectolitres de froment, 791,829 hectolitres de seigle, 83,166 hectolitres d'orge, 378,576 hectolitres d'avoine, 336,610 hectolitres de maïs, 212,107 hectolitres de sarrasin, 107,360 hectolitres de graines oléagineuses, 12,854 hectolitres de chanvre, 2,525,839 hectolitres de pommes de terre, 844,233 hectolitres de vin, 3,992,939 quintaux métriques de foin, 368,825 quintaux métriques de betteraves. La vigue est une des principales cultures du département. Plusieurs crus jouissent d'une réputation européenne ; il nous suffira , pour le prouver, de citorlesnomsde Romanêche,Mâcon,Thorins, Moulin -à- Vent, Mercurey, Givry, Pouilly, Fuisse. Les vins ordinaires de table des environs de Màcon sont aujourd'hui l'objet d'un commerce immense, dont le principal centra est Paris. L'arrondissement d'Autun, presque tout entier granitique et montueux, offre
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d'assez grands obstacles à la culture ; aussi les méthodes et les instruments perfectionnés ne s'y introduisent-ils que lentement. La culture forestière y est dominante. Les bois trouvent, au moyen des rivières et des . canaux, des débouchés sur plusieurs grandes villes, notamment sur Paris. L'arrondissement de-Charotles est voué particulièrement à l'élevage et à l'engraissement du bétail. Il fournit des reproducteurs de l'espèce bovine à une grande partie de la France et de l'Angleterre. Ses bœufs sont vendus gras dans toutes les grandes villes et particulièrement sur les marchés de Paris et de Lyon. L'arrondissement de Louhans , formé par la Bresse, pourrait rivaliser de richesse avec celui de Charolles; car son sol, naturellement fertile, est, en outre, d'une culture facile. Malheureusement, il manque de salubrité : beaucoup d'étangs et do marais ont été desséchés ; mais il en reste encore assez pour amener une humidité funeste à la santé des hommes et de» animaux. La. Bresse est surtout adonnée à la culture des céréales, qui forment une part notable du revenu territorial. On y trouve de bonnes prairies. On se livre aussi à l'engraissement du bétail, mais on le pratique à l'étable. Les mainages et les chaulages étaient jadis inconnus. Ce n'est que dans les premières années de ce siècle qu'un agriculteur du pays, M. Puvis, les a popularisés par son exemple et ses leçons. Aujourd'hui, tout le monde les pratique et ils produisent le meilleur effet sur le sol de la Bresse, qui ne demande pour produire que d'être échauffé et assaini. Les arrondissements d'Autun, de Charolles et de Louhans possèdent encore à peu près 1,200 étangs, dont la superficie est évaluée à 5,000 hectares. Les principaux sont ceux des Clayes, de Villeron, de Villeneuve, de Longpendu, de Baignant, de Montchanin, d'Arbois-de-Barres. On s'y livre k l'élevage du poisson. Dans l'arrondissement d'Autun, on emploie l'assolement triennal, jachère, seigle ou blé et avoine. Dans les terres riches de la Bresse, on suit un assolement de huit années, pendant lesquelles le maïs, le blé, les pommes de terre, le trèfle et le colza se succèdent à des intervalles plus ou moins rapprochés, suivant la fertilité du fonds. Dans les terres les plus riches, le blé revient jusqu'à quatre fois dans la période de huit ans. On ne fait guère que trois fumures et quelquefois moins. Partout où le propriétaire ne cultive pas par lui-même, les terres sont affermées à prix d argent. Le métayage n'est usité que daas la Bresse. Pour les vignes communes, le mode d'exploitation le plus généralement adopté est le colonage à partagede fruits. La grande propriété domine dans l'arrondissement d'Autun ; la moyenne dans ceux de Charolles et de Louhans; enfin la petite dans ceux de Mâeon, de Chalon et aux environs des villes. La population animale se répartit de la manière suivante : 21,000 à 22,000 chevaux, 2,500 ânes ou ânesses, 235,000 bêtes bovines, 310,000 bêtes ovines, 112,000 porcs. Les animaux de l'espèce chevaline appartiennent aux races bressane-, frane-coratoise, percheronne, morvandelle. Cette dernière est presque entièrement disparue aujourd'hui. Parmi la population bovine, on signale les races eharolaise, nivoruaise, morvandelle et Schwitz. Les trois premières sont indigènes; la dernière, d'origine suisse, a été importée et maintenue presque toujours dans son type primordial. Les bêtes k laine appartiennent en grande partie aux races communes a laine grossière. Cependant, on compte aujourd'hui un grand nombre de métis mérinos. La race porcine du Charolais s'est répandue dans tout le département. Nous avons déjà dit quelle source de richesse était pour le Charolais la race bovine qui porte son nom et qui y a pris naissance. La Bresse et l'Autunois se livrent avec quelque succès à l'élevage du cheval. Les chiffres qui précèdent indiquent que le département de Saône-et- Loire occupe un rang distingué, parmi les départements français, sous le rapport du nombre des animaux domestiquas. A un autre point de vue, il se distingue encore et d'une manière assez favorable à l'agriculture. En effet, tandis que partout ailleurs la population des villes s'accroît incessamment au détriment des campagnes, qui se dépeuplent chaque jour davantage, ici la population des villes diminue et celle des campagnes augmente. La moitié environ des habitants sont occupés aux travaux agricoles. Sous le rapport intellectuel, le département de Saôneet-Loire se trouve dans des conditions assez satisfaisantes, bien qu'il reste encore beaucoup à faire. Au point de vue de la criminalité, il n'en est malheureusement pas de même. Cette partie de la France est, en effet, une de celles où l'on rencontre le plus de crimes contre les personnes et contre les propriétés ; ces derniers surtout sont fréquents. Cet état de choses, déjà ancien, tient à diverses causes qu'il serait trop long d'énumérer ici. Espérons que les progrès de l'instruction diminueront le nombre des crimes en améliorant les mœurs publiques et en montrant que les bancs de la cour d'assises ne sont pas, en définitive, la voie la plus courte pour arriver au bonheur que tout homme poursuit en ce monde. La valeur vénale des terres est assez élevée. Le produit brut moyen des terres cultivées est de 150 i'r. par hectare. Les travaux de la culture sont