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généralement exécutés par des bœufs. Les chevaux sont affectés aux transports sur les grandes routes et dans les mines. On n'a guère de vaches laitières que pour les besoins du ménage. Les bœufs sont engraissés h l'âge de six à sept ans. L'engraissement des moutons n'est pratiqué que dans le Charolais. Les voies de communication et les débouchés sont nombreux. Une foule de rivières navigables ou flottables, plusieurs canaux très-importants placent le département en première ligne parmi les plus favorisés. Les rivières et les fleuves donnent ensemble 290 kilomètres de voies navigables, les canaux en offrent 144 kilomètres. Les voies de communication terrestres, ordinaires ou ferrées, constituent un réseau qui laisse peu à désirer. Le Morvan lui-même a vu sillonner ses montagnes de routes nombreuses et commodes. Les chemins vicinaux et ruraux sont encore peu avancés; c'esUune lacune qu'il sera facile de combler le jour où les cultivateurs intéressés voudront réunir leurs efforts pour atteindre ce but. On sait que le gouvernement lui-même s'empresse d'aider de ses ressources les communes qui ont plus de volonté que de revenus.
SAORGE, en italien Soor^io.bourg de France (Alpes-Maritimes), arrond. et k 74 kilom. N-E. de Nice, sur un rocher élevé, près de la rive gauche de la lïoya; pop. aggl., 1,886 hab. — pop. tôt., 3,180 hab. Château fort qui commande le col de Tende. Saorge est situé à 150 mètres de hauteur au-dessus d'un torrent que ses maisons surplombent des deux côtés du roc. L'église du bourg se dresse sur une arête que couronnait jadis un temple païen dédié à Marn ou k Cybèle. Au-dessous s étend, comme ur.e sorte de cascade d'arbres, une forêt d'amandiers et d'oliviers.
Ancienne ville des Ligures, puis colonie romaine, Saorge a subi au moyen âge un certain nombre de vicissitudes. Les troupes allemandes de passage au col de Tende en 1177 y portèrent l'incendie. Plus tard , en 1284 , elle passa, par le sort des armes, de la maison d'Anjou dans celle de Lascaris. Les comtes d'Anjou ne tardèrent pas néanmoins à la recouvrer. Charles-Emmanuel 1er, alors qu'il fit ouvrir la grande route de la vallée qui est aujourd'hui I unique chemin de communication, prit soin de convertir Saorge en place forte, et depuis cette époque plus d'une lutte sanglante a été livrée au pied des remparts, afin de disputer la possession de cette véritable sentinelle avancée de la vallée de la Koya. En 1793 et 1794, les efforts des Français pour s'emparer de.s gorges et de la forteresse furent infructueux. Les Austro-Sardes durent néanmoins évacuer cette forte position, après avoir été tournés à l'est par la vallée de la Taggia et du Tanarello, et Masséna en fit aussitôt sauter les remparts. A l'issue du défilé, sur la paroi verticale du rocher, on lisait une inscription commémorative de l'avantage remporté par les Piéinontais en 1793 et deux autres inscriptions célébrant, dansunts langue aussi ampoulée que s'il se fût agi de Louis XIV, les travaux entrepris à travers les montagnes par le roi Charles-Emmanuel 1er ■ pour la commodité non-seulement de l'Italie, mais du inonde entier. •
SAOSNOIS (le), en latin Sagonensis Pagus, petit pays de l'ancienne France, dans la cidevant province du Maine. Les localités principales étaient Saint-Calais et Saosnes. Ce pays fait actuellement partie du département de la Sarthe.
SAOU , village et commune de France (Drôme), cant. de Crest, arrond. et k 42 ki-' loin. S.-O. de Die , dans une plaine à l'entrée d'une gorge sauvage; 1,007 hab. Fabrication de porcelaine, étoffes de laine ; filatures de soie. Ruines d'une abbaye du xne siècle; c'est une vaste construction flanquée aux angles de tours carrées ; à l'intérieur, on remarque des salles immenses et des cheminées colossales. On rencontre près de ce village la Forêt-de-Saou, une des principales curiosités du Dauphiné. C'est un vaste bassin présentant la forme d'un vaisseau dont les parois latérales sont formées par deux chaînes de montagnes taillées à pic à l'extérieur, tandis qu'à 1 intérieur elles s'inclinent en pentes douces , autrefois boisées, mais aujourd'hui en grande partie cultivées. On ne pénètre dans l'intérieur de ce bassin, qui a 12 kilom. du N. au S., sur 5 kilom. de l'E. k l'O., que par deux grands portails naturels, l'un au N., l'autre au S. Ce dernier, nommé pertuis, est dominé, d'un côté, par des roches basaltiques, et de l'autre par des rochers dentelés et de formes fantastiques. De tou3 les rochers dont la Forêt-de-Saou est dominée, le plus élevé , le plus abrupt est la Roche- Courbe (1622), du sommet de laquelle on jouit d'un point de vue très-élendu.
SAOUARY s. m. (sa-oua-ri). Bot. Arbre qui croît k la Guyane : Le fruit du saouary ressemble à la châtaigne dans sa coque. (V. da Liomare.)
— Encycl. Le saouary ou schaouarouy est un arbre assez peu connu, qui croît à la Guyane; son fruit rappelle une châtaigne dans sa coque; son enveloppe osseuse, réniforme, est hérissée de piquants. Son bois atteint d'assez grandes dimensions; mais il est sujet aux vers et demande beaucoup d'entretien ; les naturels le font servir k la confection des canots pour la pêche; on en tire
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cependant un assez bon parti, si l'on a soin de le mettre à couvert; on en emploie beaucoup dans les constructions d'usines, notamment les fabriques de sucre, de rocou et d'indigo. Le fruit, ou plutôt l'amande qu'il renferme, est comestible, malgré sa saveur douceâtre ; on la regarde comme plus délicate que le cerneau, et on la mange de la même manière. .
SAOUL, saoule adj. (sou, sou-le). Ancienne orthographe du mot soûl.
SAOULE-BOUVIER s. m. (soû-le-bou-vié — de soâler, et de bouvier). Vitic. Variété de raisin.
SAOULER v. a. ou tr. (soû-lé). Ancienne orthographe du mot soûler.
SAOUNAEA ou ÇAOUNAKÀ, littérateur indou, qui vivait au moins cinq siècles avant l'ère chrétienne. ^11 n'est connu que par son ouvrage le Prâhçâkhya du Mg - Véda, sorte de grammaire védique enseignant la méthode employée par le brahmanisme de cette époque pour l'étude des légendes sacrées:
SAP s. m. (sap — abréviat. du mot sapin). Mar. Nom donné, dans les chantiers de la marine, au sapin et aux. autres conifères.
SAPA s. m. (sa-pa). Pharm. Suc de raisin évaporé jusqu'à consistance de miel.
SAPAJOU s. m. (sa-pa-jou— altér. de çayouvassou, mot brésilien). Mamm. Nom vulgaire des sajous : On a donné au saïmiri les noms de Sapajou aurore, sapajou orangé. (V. de Bomare.) Les sapajous sont adroits et intelligents. (E. Desmarest.)
— Fam. Petit homme laid et ridicule : Un vilain sapajou. Un vrai sapajou.
— Encycl. Les sapajous forment une tribu caractérisée par des narines latérales et à ' larges cloisons-; uu système dentaire composé de quatre incisives, deux canines et six molaires a chaque mâchoire ; les ongles aplatis ; la queue longue, fortement musclée et prenante ; ils n'ont ni abajoues ni callosités. Ils se distinguent très-bien aussi, par leur manière de -vivre, des autres singes du nouveau continent. A l'aide de leur queue prenante, dont ils se servent comme d'une main, ils peuvent s'accrocher aux branches des arbres et sauter de l'une à l'autre. On les divise en deux sections, suivant qu'ils ont la queue nue, calleuse et très-développée, ou entièrement velue, mais beaucoup moins forte. La première section comprend les genres alouate ou hurleur, atèle, ériode et lagotriche ; la seconde ne renferme que le genre sajou. V. ces mots.
SAPAN s. m. (sa-pan). Mamm. Nom vulgaire d'une espèce de polatouche.
— Bot. Nom spécitique d'une césalpinie appelée vulgairement brbsillet. ij On écrit aussi sappan.
SAPANTIN S. m. (sa-pan-tain). Barque légère à raines, dont on se sert sur la Gironde.
SAPATE s. m. (sa-pa-te — de l'espagn.
zapato, soulier, par allusion à l'ancienne habitude, conservée en France, d'offrir les cadeaux de la Noël dans un soulier placé dans la cheminée). Présent que, dans certaines circonstances, les Espagnols s'offrent entre eux, en le cachant dans quelque objet de moindre prix, comme un citron, une orange. Il Vieux" mot.
— Chorégr. Ancienne danse qui était usitée en Espagne.
SÂPAUD1A, nom latin 4e la Savoie.
SAPE s. f. (sa-pe — de l'italien zappa, espagnol zapa, houe, pioche, que Diez rapporte au grec skaptein, creuser, fouir, d'où skapaiié, fossoir, dont le s initial disparaît dans kapetos, fossé, et kûpos, jardin. C'est l'ancien slave kopaii, russe kopati, kopunti, polonais kopac, creuser, fouir, bêcher, en lithuanien kapoti et skapoti, tailler, hacher, d'où dérivent également, comme noms de la bêche, le russe koparitsa, l'illyrien kopaeja, le bohémien kopac, etc., et, comme noms du hoyau ou du sarcloir, le lithuanien kapone et kapokas. Comparez l'ancien slave kopiir.,kopislite, lance, kopyto, ongle, etc. Quant au changement du sk grec en z dans lu. dérivation du grec skaptein à l'italien zappa, Diez cite à l'appui l'italien zolla, motte de terre , du vieux haut allemand scolla. Chevallet voit dans l'italien zappa une transposition de l'ancien haut allemand spato , pioche, houe, unglo-saxon spad, spuda, allemand spateit. Dans l'ancienne langue, saper s'employait dans l'acception, de fouir la terre avec la pioche, piocher). Fosse creusée au pied d'un mur pour le renverser : L'imprimerie a bien mérité de la civilisation, en mettant désormais ta pensée humaine hors d'atteinte de la sape ou de l'incendie. (E. Pelletan.)
— Fig. Travail de destruction progressive : Le Natiunal fut fondé exprès pour reprendre et continuer cette opération de sape, et pour préparer la substitution. (Ste-Beuve.)
— Artmilit. Tranchée soutenue par des gabions : Ùemi-siPK. Sape pleine. Sape entière. SaPB double. Il Sape volante, Travail de siège consistant à disposer des gabions vides qui Servent do rempart aux travailleurs et qu'ils remplissent avec les terres qu'ils remuent.
Il 'fête de sape, Point le plus avancé de la tranchéo qu'on creuse, il lietour de sape f Changement de direction de la tranchée qm
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oblige à changer le côté du parapet. 1! Fagot de sape, Fascine plantée verticalement pour couvrir le joint de deux gabions.
— Agric. Petite faux employée pour couper les moissons.
— Encycl. Art milit. La sape est une tranchée dans laquelle le talus intérieur est soutenu par une gabionnade, une rangée de gabions qui sont debout sur le sol, leurs piquets en l'air, et remplis par une partie des terres provenant de l'excavation du fossé. On dis*
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tingue plusieurs espèces de sapes, suivant la distance à laquelle on sa trouve de la place, suivant le danger à courir et le moyen d'exécution : la sape volante, la sape pleine , la sape demi-pleine, la sape double et la sape demi-double.
— Sape volante. Exécutée, comme une tranchée simple, dans toute sa longueur à la fois. Chaque travailleur porte un gabion que l'officier ou le sous-officier met en place; ces gabions, jointifs, forment une ligne con-
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tinue. On commence à creuser le fossé à um,30 en arrière du gabion, que l'on remplit au plus vite pour se couvrir. Pendant la première nuit, chaque homme exécute son travail, qui a ici, 30 de longueur, 0™,65 de largeur et l mètre de profondeur. Le lendemain , on couronne chaque gabion de trois fascines, on porte le fossé à la grandeur voulue ; on achève la sape en établissant , là où c'est nécessaire, des gradins créés pour le franchissement ou pour la fusillade.
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— Sape pleine. Le travail est successif au lieu d'être simultané. La sape pleine s'avance dans une direction déterminée , comme un Sillon creusé par une charrue.- Chaque sape pleine, commandée par un officier et un sousofficier, est exécutée par une brigade de 8 hommes, dont 4 servants. L'officier, le sous-offleier, et tour à tour deux des hommes de la brigade , sont coiffés du pot en
Fig. 1.
tète et vêtus d'une cuirasse. Les travailleurs sont couverts, du côté de la place, par la gabionnade, et, en avant, par un gabion qu'ils font rouler devant eux. Les 4 travailleurs, numérotés 1, 2, 3, 4, font, lô n» l, une excavation, ou, comme on dit, une forme de a mètres de longueur, 0m,50 de largeur et om^o de profondeur; le n° 2 élargit la forme de om,l7 et l'approfondit d'autant; le n° 3
I l'élargit et l'approfondit de la même quantité; le n° 4 termine l'ouvrage et donne nu i fossé 1 mètre de profondeur, l mètre delar- ■ geur au niveau du sol et 0™,75 de largeur au \ fond. Les travailleurs d'infanterie, qui viennent ensuite, portent à 3 mètres la largeur du fossé au fond. Alors la sape pleine ne diffère en rien de la sape volante.
— Sape demi-pleine. C'est la sape pleine dans laquelle le gabion farci a été supprimé, parce que l'on n a pas à craindre des feux de flanc , cette sape est conduite absolument comme la précédente.
— Sape double. Employée quand on marclie directement sur la place, et quand on redoute et des feux d'enfilade et des feux de chaque côté. Cette sape est la réunion de deux sapes pleines égales, marchant parallèlement et symétriquement, l'une avec son parapet à gauche et l'autre avec son parapet h droite. Elles sont couvertes contre les feux d'enfilade par deux gabions farcis placés bout à bout.
— Sape demi-double. Sape pleine simple, à laquelle on ajoute un parapet provisoire , élevé sur le rever3 de \nisape et à îm^O du parapet principal. Ce parapet, qui ne sert qu'à protéger le travail des sapeurs , est démoli ensuite. Il est formé d'une gabionnade, que l'on construit en même temps que la gabionnade principale, en remplissant la rangée de gabions avec des sacs à terre.
— Sape en sacs à terre. Outre les sapes dont nous venons de parler, on emploie quelquefois, quand on chemine sur le roc, des sapes dont le parapet est entièrement en sacs à terre, et appelées, pour cela, sapes en sacs à terre. Les sacs sont placés pleins sur joints ; leur longueur est perpendiculaire à la direction du parapet, et leur ouverture, alternativement, a l'intérieur et à l'extérieur. On fait des sapes volantes en sacs à terre, des sapes volantes en gabions et en sacs à terre, et des sapes pleines en sacs à terre.
— Sape forée. Sape faite au moyen d'un fourneau de mine oblong foré à la cuiller. On ne se sert de ce genre de sape que dans des cas tout particuliers.
— Agric. Pour la moisson, la sape est l'instrument des peuples du Nord ; en Flandre , on l'appelle piquet; elle offre beaucoup moins d'inconvénients que la faucille, est moins fatigante et permet de travailler plus vite ; elle est très-légère, si bien que les femmes ellesmêmes peuvent la manier, avantage que n'offre pas la faux ordinaire.
Cet instrument se compose d'une petite faux à manche court et coudé à l'extrémité. L'ouvrier tranche les plantes de la main droite, tandis que sa main gauche, munie d'un long crochet, rassemble et maintient les tîges. -De cette façon, la javelle se trouve toute formée. La sape a surtout l'avantage de couper le blé versé mieux et plus rapidement qu'aucun autre instrument.
SAPEMENT s. m. (sa-pe-man — rad. saper). Action de saper.
SAPÈQUE s. f. (sa-pè-ke). Métrol. Petite monnaie de la Chine et de l'Inde , valant Ocentira.,183.
SAPER v. a. ou tr. (sa-pé — rad. sape). Détruire par la sape : Saper une muraille, la saper par le pied, par le fondement.
— Creuser, fouiller, miner les fondements de : Bivière gui sape les maisons qui la bordent.
— Agric. Couper les céréales avec la sape.
— Fig. Travailler à détruire, préparer la ruine de : Saper les fondements d'un Etat, le saper par les fondements. Saper les fondements de la religion. Saper les fondements d'une doctrine. Saper les bases de la morale. Si les médecins ne font autre bien, ils font au moins ceci, qu'ils préparent de bonne heure leurs patients à la mort, leur sapant peu à peu et leur retranchant l'usage de la vie. (Montaigne.) Une famille intrigante et rusée, s'étayant d'un grand crédit au dehors, sapb à grands coups les fondements de la république. (J.-J. Rouss.) L'arbitraire sape dans sa base toute institution politique. (B. Const.) Par le renversement de la liberté, vous croyez rétablir l'ordre, et vous le sapez. (E. de Gir.)
— Agric. Moissonner avec la sape : Saper des blés.
SAPERDE s. f. (sa-pèr-de). Entom. Genre d'insectes coléoptères têtramères de la famille des longicornes, tribu des lamiaires, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe et l'Amérique du Nord : Les greffes qui sont attaquées par des lurves de saperues se cassent fort aisément par l'effort des venis. {Bosc.)
— Encycl. Les saperdes ont pour caractères principaux : la tète courte, assez étroite, verticale ; les yeux fortement échancrés au côté interne; les antennes filiformes, insérées dans cette échancrure; le labre petit, aplati, coriace ; les mandibules cornées, tranchantes au côté interne et terminées en pointu un peu arquée; les mâchoires cornées; les palpes filiformes; la lèvre inférieure échancrée à l'extrémité ; le corselet mutique, cylindrique, aussi large que long; l'écusson petit, presque triangulaire ; les élytres allongés , rebordés , presque de même largeur dans toute leur étendue, recouvrant les ades et l'abdomen ; les pattes assez -fortes, de longueur moyenne; les tarses courts, assez larges, à dernier article muni de deux forts crochets.
Les larves de ces insectes, à en juger par celles que l'on connaît, ont le corps aplati, un peu renflé au milieu, pointu à l'extrémité, avec la tête munie de deux mandibules trèsfortes, écailleuse, ainsi que le premier segment du corps. On pense que beaucoup d'entre elles, sinon toutes, vivent plusieurs années dans cet état. Elles vivent dans l'intérieur des végétaux , dont elles rongent la moelle ; elles se creusent ainsi des cavités où elles se changent en nymphes. L'insecte parfait Se trouve sur les tiges et l*>s feuilles des plantes, plus rarement sur les fleurs.
Les auteurs ne sont pas d'accord sur les limites de ce genre, et, par conséquent, sur le nombre des espèces qu'il renferme. Celles-ci sont répandues dans tes deux continents. La France en possède plusieurs, qui se font trop souvent remarquer par les dommages qu'elles causent dans nos cultures; bien qu elles soient sous ce rapport moins redoutables que les bostriches, elles peuvent quelquefois causer la mort des branches, et même de l'arbre. Les greffes qui sont attaquées par ces insectes continuent à végéter assez bien la première année, quand elles ne sont pus cassées pur les vents, ce qui arrive très-souvent ; mais elles languissent et meurent ordinairement la seconde année.
■ Il n'y a, dit Bosc, aucun autre moyen de s'opposer à la multiplication des saperdes que de faire la chasse aux insectes parfaits dans le court intervalle qui s'écoule entre leur sortie de la branche où a vécu leur larve et leur accouplement; mais ce moyen donna des résultats si peu considérables qu'on ne peut réellement le mettre en usage que pour des arbres précieux; car comment atteindre tous ces insectes dans les forêts, sur le sommet des arbres plantés en avenue, etc.? J'ai voulu les faire chercher dans les pépinières, où tous les ans ils font périr beaucoup ùa greffes de peupliers d'Athènes, de peupliers à grande dent, etc., mais cela a été sans succès. Les espèces qui font naître des nodosités sur les branches peuvent être attaquées dans leur larve même ; mais pour cela il faut sacrifier les branches ; car faire un trou daDS la nodosité pour la tuera, en définitive, pour résultat la mort de la branche, ce qui équivaut par conséquent à son amputation.» Il faut ajouter toutefois que ces insectes ont des ennemis redoutables dans les oiseaux, qui les recherchent et Jes mangent avec beaucoup d'avidité. On peut d'ailleurs, au moins dans certains cas, employer les mêmes moyens de destruction que pour les bostriches.
La saperde chagrinée ou carcharias a près
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de om,03 de longueur; le corps noir, entière-' ment couvert d'un duvet très-court, fauve grisâtre, avec les antennes gris cendré et les élytres d'un fauve clair finement ponctué de noir. Eli; est très-répandue en France, et se trouvé a«ez communément aux environs de Paris. S:i larve vit dans l'intérieur de différents arbres, notamment des peupliers. A l'automne, elle se change en nymphe; la métamorphose en insecte parfait a lieu vers la lin de l'hiver. Ces insectes se trouvent sur les plantes et sur les fleurs, où ils se tiennent le plus souvent immobiles, ne s'envolant jamais qu'à la grande chaleur du jour et pour s'accoupler. On a recommandé, pour prévenir les ravages de cette saperde, d'enduire, dans le courant de juin, le tronc des jeunes peupliers avec une bonne couche d'onguent de Saint-Fiacre (mélange de bouse de vache et de terre argileuse) , jusqu'à la hauteur d'environ 2 mètres ; les femelles, d'après Rat-. zeburg, ne pondent jamais sur les arbres recouvert:! de cette préparation, ni sur ceux qui sont âgés de sept à huit ans. Ces observations peuvent d'ailleurs s'appliquer, jusqu'à un certain point, à la plupart des autres espèces.
La saperde cylindrique, moitié plus petite que la précédente, est d'un noir cendré, avec une ligne longitudinale blanchâtre sur le corsele'. et les pattes antérieures d'un roux jaunâtra. Elle est assez commune dans le nord d< la France et se trouve quelquefois sur les chênes. Mais sa larve infeste surtout les pommiers, les poiriers et les pruniers, dont elle dévore la moelle; toutes les branches qu'elle attaque finissent par périr. Elle vit deux avis dans cet état et ménage dans i'écorce in trou par lequel l'insecte parfait sort au commencement de l'été. La saperde scalaire, longue d'environ 0m,02, est noire, velue, avec la suture et des taches jaunes et le dessou s du corps jaunâtre ; sa larve vit dans les peupliers, les érables, etc. La saperde linéaire, de même longueur, est noirâtre, avec les pattes d'un jaune roussâtre; sa larve vit dans lo noisetier.
La siperde oculée, un peu plus longue, est d'un roux jaunâtre, avec la tête et les antenues noires, deux points de cette couleur sur le corselet et les élytres d'un noir cendré; sa larve vit dans les saules et les peupliers. La saperde du peuplier- ne dépasse guère la longueur de 0m,01; elle est noirâtre, chagrinée, avec les antennes annelées de gris cendré, trois lignes jaunâtres sur le corselet et quatre ou cinq points de cette couleur sur chaque élytre ; sa larve vit dans les peupliers, notamment dans le peuplier noir, et y produit de fortes nodosités ; c'est surtout dans es terrains secs et arides qu'elle exerce ses ravages. La saperde du tremble est longue cl environ nn^OS, verte, puuescente,avec deux points noirs sur le corselet et quatre sur chaque élytre; elle vit aussi dans les peupliers; rare dans le nord de la France, elle est commune et cause parfois de grands dégâts cans les provinces du Midi. ■>
Pal mi les espèces exotiques, nous citerons la saperde coupeuse ; cet insecte a les élytres cendrés, marqués de noir et parsemés de nomb:euses taches testacées. Il est assez répandu dans les îles de l'Amérique équinoxiale et vit sur le mimosa lebbek, dont il coupe les branches avec ses mandibules comme avec une îicie ; il laisse reconnaître aisément sa présence par le bruit que produit le frottement de son thorax. La femelle pond des œufs oblongs, jaunâtres, revêtus d'une enveloppe mince. Les larves qui en sortent sont apodes, jaunâtres, avec la tôte épaisse et une ligne cendrée qu'elles peuvent contracter ou dilater à volonté suivant les positions qu'elles donnant à leur corps. Ces larves creusent avec leurs mandibules les branches des mimosas et subissent leurs métamorphoses dans les nombreuses galeries dont se compose leur habitation. Quelques espèces exotiques de saperdo.s se font remarquer par la richesse et l'éek.t de leurs couleurs métalliques et on les monte parfois en bijoux.
Plusieurs auteurs rapportent encore à ce genra un insecte auquel d'autres donnent le nom de calamobie, parce qu'il vit dans les chaumes. Quoi qu'il en soit, la saperde des blés ^c'est ainsi qu'on l'appelle communément dans nos campagnes) ne dépasse guère la longueur de 0m,01; elle a le corps grêle et la tête munie de deux antennes assez longues et filiformes. A l'époque de la floraison des blés, ordinairement vers le mois de juin, la femelle perce dans la tige, un peu au-dessous de l'épi, un petit trou clans lequel elle dépose un ojuf. La larve qui en sort, au bout d'une quinzaine de jours , ronge l'intérieur du chaume et descend à mesure qu'elle grossit; elle accumule, de distance en distance, les détritus, dont elle fait des sortes de petits bouchons assez durs, probablement destinés à la protéger en cas d'accident. Arrivée à la base, elle passe à l'état de nymphe, où elle reste jusqu'à l'année suivante. Les blés ainsi envahis sont dits aiguillonnés. Leurs épis restent stériles; mais le plus souvent les chaumes eux-mêmes sont brisés par le vent, auquel ils offrent peu de résistance. Comme on coupe, dans la moisson, à une certaine hauteur au-dessus du sol, l'insecte continue à vivre tranquillement dans les éteules et y subit ses métamorphoses. Si l'on veut le détru re, ou au moins en diminuer le nombre, il fiut arracher ces éteuleset les jeter au fu-
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mier, ou mieux les brûler sur place. Les dégâts causés par ces saperdes sont toujours assez considérables et on a vu souvent un quart des récoltes perdu par leur fait.
SAPEUR s. m. (sa-peur — rad. saper). Art milit. Soldat employé aux travaux de sape, il Nom donné particulièrement à. des soldats du génie qui, armés d'une hache, marchent en tête des régiments.
— Fam. Barbe de sapeur, Grande barbe, comme celle que portent les1 sapeurs.
— Encycl. Art milit. Il y a eu plusieurs sortes de sapeurs ; les sapeurs du génie, les sapeurs à cheval, les sapeurs conducteurs, les sapeurs d'artillerie, les sapeurs d'infanterie, etc. ; enfin, le corps qui dans les incendies est appelé à la manœuvre des pompes a reçu le nom de corps des snp«urs-pompiers.