‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 949 sur 1059 · TAU · texte numérisé non relu

TAU

Hongrie, dans lescomitats de Zips, de Liptau et d'Arwa, par 49° 12' de latit. N., et qui constitue la partie la plus élevée de la chaîne. Ses plus hauts sommets sont l'Eisthaler- Spitz (2,666 met.), le Lomnitz (2,648 met.) et le K riva» (2,512 met.) Le versant occidental est le seul qui appartienne au bassin du Danube, auquel il envoie le Vag ; le Poprad, à l'E., et le Dunajac, au N., se rendent dans la Vistule. Les flancs méridionaux de ce massif de montagnes sont entrecoupés d'un grand nombre de vallées, qu'une trombe d'enu, survenue en 1813, a déchirées en ravins profonds et escarpés. La cime des monts Tattra est couverte d'épaisses forêts; la neige ne s'y conserve toute l'année que dans les vallées à la fois abritées des rayons du soleil .et des vents autres que ceux du nord.

TATTY s. m. (tatt-ti). Sorte de paillasson dont on se sert dans l'Inde en guise de store. Il PI. TATTIES.

— Encycl. Les tatties sont des espèces de paillassons faits avec la racine du vétiver. On s'en sert dans l'Inde pour garantir les intérieurs des appartements des rayons trop ardents du soleil. Ces tatties, d'un tissu grossier, très-peu serré, sont tendus devant les fenêtres exposées au vent, devant chaque porte où l'on peut craindre un courant d'air ; ils sont montés sur de légers cadres de bambou qui s'adaptent exactement à la largeur de l'ouverture. De chaque côté sont placés de grands vaisseaux de terre dans lesquels le porteur d'eau vient incessamment vider son outre remplie au puits voisin; des serviteurs se tiennent au dehors et aspergent les tatties à chaque instant. L'air qui passe à travers ces tissus pour entrer dans les appartements, vaporisant incessamment l'eau qui s'égoutte le long des racines, se refroidit beaucoup et apporte avec la fraîcheur l'agréable parfum du vétiver. L'inconvénient, c'est que ces tatties produisent une obscurité complète dans l'appartement; il est vrai que dans l'Inde l'obscurité est une chose presque nécessaire tant que dure le jour, pendant les grandes chaleurs ; on n'ouvre les maisons, en effet, que la nuit.

TATU-APARA s. m. Mamm. (ta-tou-a-para). Mamm. Espèce de tatou, dit aussi apara.

TATUETE s. m. (ta-tou-é-té — dimin. de tatu, nom brésilien du tatou). Mamm. Nom brésilien du tatou à huit bandes.

TATOPEBA s. f. (ta-tou-pé-ba — mot brésilien). Mamm. Un des noms du tatou eucoubert.

TATUSIE s. m. (ta-tu-zl — de tatu, nom brésilien du tatou). Mamm. Genre de mammifères édentés, formé aux dépens des tatous.

— Encycl. Les tatusies, confondus autrefois avec les tatous, s'en distinguent surtout par leur système dentaire ; ils n'ont pas d'incisives, comme ces derniers, mais ils possèdent une molaire de plus, de chaque côté, à la mâchoire supérieure. On les subdivise, suivant qu'ils ont deux ou quatre mamelles et quatre ou cinq doigts aux pieds de devant. Le tatusie apar a 0m,40 de longueur totale; son pelage est d'un brun plombé très-lustré ; il se roule en boule beaucoup mieux que ses congénères; mais ses pieds sont faibles et il ne fouit qu'avec difficulté ; il habite la république Argentine et les environs de Buenos- Ayres. Le tatusie velu est un peu plus grand que le précédent; toutes les parties de son corps sont très-velues ; il habite les pampas de la Plata, recherche les cadavres des animaux morts et mange les parties molles et putréfiées. On peut citer encore les tatusies peba, mulet, tatouay, pichiy, etc.

TATY s. m. (ta-ti — mot malabare). Ichthyol. Nom vulgaire d'une espèce d'anchois.

TATZÉ s. m. (ta-tzé). Fruit d'une myrsine qui croit sur les roches humides de la plus grande partie de l'Afrique, et surtout en Abyssinie : On administre le tatzé contre le ténia, à la dose de 15 à 25 grammes.

TAU s. m. (to). Gramm. Nom d'une lettre grecque correspondant à notre t. u Nom de la lettre hébraïque correspondante;

— Antiq. Instrument sacré que certaines divinités égyptiennes portent à la main, et qui a la forme d'un tau grec.

— Ecrit, sainte. Signe dont, d'après certains écrivains, l'ange de l'Apocalypse aurait marqué le front des prédestinés.

— Ane. loc. Mettre le tau à une chose, La confirmer, l'approuver, y mettre son sceau.

— Blas. Sorte de croix potencée : Langlade du Chayla : D'argent, à trois tau de gueules.

— Eortif. Ancien nom des tranchées ou places d'armes construites' par des assiégeants.

— Ichthyol. Nom vulgaire d'un poisson, de la famille des batraehoïdes, qui vit sur les côtes orientales de l'Amérique : Le tau habite l'océan Atlantique. (Laeép.)

— Encycl. Blas. Le tau se nomme aussi croix de Saint- Antoine, à cause que les commandeurs de l'ordre de Saint-Antoine en mettaient ordinairement sur leurs armoiries comme marque de leur dignité. Le PèreMénestiiar, dans l Usage des armoiries, dit en avoir vu de nombreux exemples. Certains auteurs le nomment quelquefois tuf.

L'origine du tau, dit Gasielier de La Tour, selon quelques-uns, est tirée de l'Apocalypse, où il est une marque que l'ange mit sur le

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front des prédestinés. Selon d'autres, c'était une béquille d'estropié, convenable à l'ordre de Saint-Antoine, qui était hospitalier. Enfin d'autres auteurs disent que c'est le dessus d'une crosse grecque; ils fondent leur opinion sur ce que les évêques et abbés du rit grec la portaient ainsi ; ils ajoutent que les chanoines réguliers de Saint-Antoine ia portaient de cette façon, en mémoire de ce que leur fondateur était abbé. Nous citerons quelques-unes des familles dans les armoiries desquelles figure le tau ;

La Poterie de Poinmcroui, en Normandie :

d'argent, au tau de sable. — Quelo de C«douaun, en Bretagne : d'azur, à trois tau d'argent. — Langlade du Cknjla, en Languedoc : d'argent, à trois tau de gueules. — Jourdain de Grammoud, en Bresse : écartelé, aux 1 et 4 d'azur, au tau d'argent, accompagné en chef de trois basants d'or; au chef cousu de gueules ; aux 2 et 3 d'argent, à deux fascos ondées d'azur. — Longjumeau : d'argent, semé do trèfles da gueules, à deux tau du même, en chef et en pointe, deux perroquets affrontés de sinople. — Vieux-Bourg : d'azur, à la fasce d'argent, ehargé d'un tau de sable, sénestré d'une molette du même. — Mollnier, en Guyenne et Gascogne : d'azur, au tau d'argent. — Momjoie : d'azur, à dix feuilles de lierre d'argent, posées 3, 3 et 1, au chef d'or, chargé d'un tau de sable. — Orly : d'or, à l'ours de sable, au tau d'azur, au canton sénestré de l'écu. — RUolro : fascé d'argent et de gueules, à la bande d'azur, chargée de trois fleurs de lis d'or, le tau d'azur sur les deux premières fasces, au canton sénestré du chef. — Seyaaoi : parti, coupé, tranché, taillé d'or et d'azur, le tau du dernier émail au canton dextre du chef.

TAUBE (Frédéric-Guillaume dk), administrateur et écrivain allemand, né à Londres en 1724, mort à Vienne en 1778. Après avoir fait des voyages en Europe, en Afrique, en Amérique, il exerça la profession d'avocat à Hanovre de 1749 h 1754, puis se rendit à Vienne, embrassa le catholicisme, entra dans l'administration, devint conseiller de régence et contribua beaucoup à améliorer les manufactures, à perfectionner la statistique en Autriche. Indépendamment d'articles insérés dans divers recueils, on lui doit : Description historique et géographique du royaume de t'Esclavonie (Vienne, 1777, in-8"); Description historique et politique des manufactures, du commerce, de la navigation et des. colonies des Anglais (Vienne, 1774, in-8») ; Défense des droits de souveraineté attachés au château de Wulflen,en Westphalie (Vienne, 1767,in-fol.), ouvrage important.

TAUBE (Daniel-Jean), médecin allemand, né à Zelle en 1727, mort en 1791. Il fit ses études médicales à Gœttingue, sous Haller, et fut reçu docteur en 1747, après avoir soutenu sa thèse sous la présidence de ce grand anatomiste. Il se fixa dans sa ville natale, où il devint médecin pensionné de la ville. Il eut aussi le titre de médecin de la cour de la Grande-Bretagne et de celle de Bruns-wick-Lunebourg. On doit àTaube une fort bonne histoire d'une épidémie d'acrodynie qui régna, en 1770, à Zelle et dans les environs. On lui doit, en outre ; Dissertatio de sanguiuis ad cerebrum tendentis indole (Gœttingue , 1747, in-4°) ; Commentatio epistolaris (Zelle, 17G5, in-4o).

TACBEL ou TAUEBEL (Chrétien), écrivain et typographe allemand. Il vivait dans la seconde moitié du xvme siècle, exerça la profession d'imprimeur à Halle , puis fut chargé de diriger l'imprimerie impériale de Vienne. Taubel a laissé sur son art les trois ouvrages suivants .* Manuel orthotypographique ou Introduction à l'art typographique, avec figures et tableaux (Halle, 1785, in-8»), dans lequel il prétend qua le plus ancien traité composé sur cette matière est l'/nstruclio opéras typographicas correcluris necessaria (Leipzig, 1608, in-8»); Manuel pratique pour les commençants dans l'art typographique (Leipzig, 1791, in-8<>); Dictionnaire théorique et pratique de l'imprimerie et de la fonderie en caractè&s (Vienne, 1805, 2 vol. in-4°).

TAUBER, rivière d'Allemagne. Elle prend sa source dans le Wurtemberg, coule d'abord au S.-E., en passant par Hausen, puis au N. par la Bavière, arrose le grand-duché de Bade et se jette dans le Mein à Wertbeiin, après un cours de 130 kilom. Elle est navigable pendant une partie de son cours et alimente un grand nombre d'usines.

TAUBER (Joseph-Sami), poëte allemand, né à Vienne en 1822. Il a publié des Poésies (Leipzig, 1847), un recueil de chants : Fur Musikjix mettre en musique); un roman intitulé : les Derniers Juifs (Leipzig, 1S53, 2 vol.; 2e édit., 1E59) ; un recueil d'épigrammes intitulé : Quinten (Leipzig, 18G4) et des traductions allemandes da chants religieux israélites.

TAUBERRE s. m. (tô-bè-re). Agric. Nom donné, dans le sud-ouest, aux petits fossés creusés à travers les sillons, dans les champs, pour faire écouler les eaux.

TAUBERT (Charles-Godefroy-Guillaume), compositeur allemand, né à Berlin en 1811. Il montra de bonne heure de rares dispositions pour l'art musical, reçut de Neithardt les premières leçons de piano et compléta, |

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aux frais du roi de Prusse, son éducation musicale, sous la direction de L. Berger. Il suivit, à partir de 1827, les cours de philosophide l'université de sa ville natale, travailla en même temps à la composition musicale avec B. Klein et s'acquit rapidement une grande réputation comme maître de musique, comme compositeur et comme pianiste, non-seulement à Berlin, mais encore dans différentes villes d'Allemagne, notamment à Dresde et à Leipzig, où il fit en 1833 une excursion artistique. Depuis 1831, il était directeur des concerts de la cour et, trois ans plus tard, il fut élu membre de l'Académie des beaux-arts. En 1836, il fit un nouveau voyage artistique en Angleterre, en Ecosse, en Hollande et sur les bords du Rhin, séjourna assez longtemps à Munich, puis à Augsbourg et dans d'autres villes de l'Allemagne méridionale, et recueillit partout les applaudissements les plus chaleureux. En 1841, il fut nommé directeur par intérim de l'Opéra royal de Berlin et en devint directeur titulaire, dès l'année suivante, k la mort de Mceser. Ce fut dans l'hiver de 1842 k 1843 qu'il inaugura les concerts symphoniques de la chapelle royale, qui sont devenus si célèbres depuis et qu'il dirigea au début avec Mendelssohn et Henning, puis seul, à partir de 1845, avec un succès toujours croissant. Au milieu de ces occupations multiples, il a cependant trouvé lo temps d'écrire de remarquables compositions où éclatent surtout la délicatesse et la naïveté, et dont quelques-unes sont d'un comique de bon aloi; mais celles qu'on estime la plus sont ses morceaux de chant et ses petits morceaux de caractère pour piano. Au commencement de l'année 1868, il n'avaitpas publié moins de 170 ouvrages, qui renferment notamment 450 morceaux de chant. Parmi celles de ces publications qui ont obtenu lo plus de succès, il faut mentionner les Chansons enfantines (Berlin, 1840-1S67), recueils

I à XI, renfermant 140 chansons. M, Taubert a moins bien réussi dans ses opéras, parmi lesquels la Kermesse (1832); les Bohémiens (1834); Marquis et voleur (1842); Joggeli (1S53); Macbeth (1857), etc., ont été représentés à Berlin. Citons encore du même compositeur la musique de la Médée d'Euripide (1843), du Chat botté (1844), de Barbe- Bleue (1845), de Tieck, et de la Tempête, de Shakspeare (1855), puis une foule de symphonies, de cantates, d'ouvertures, entre autres celle des Mille et une nuits (1861), de marches, etc.

TADBMANN (Frédéric), poste et philologue allemand, né à Wonsees (Franconie) en 1565, mort à Wittemberg en 1613. Son pore le laissa orphelin et sans fortune lorsqu'il était encore enfant. Il put néanmoins faire ses études, mais se vit souvent obligé d'aller chanter dans les rues pour subvenir à ses besoins, parvint à se faire admettre, en 1582, au collège d'Heilbroon, compléta ensuite son instruction à l'université de Wittemberg et occupa, de 1595 jusqu'à sa mort, la chaire de poésie e„ de belles-lettres k cette université. C'était un homme d'une profonde érudition, que l'enjouement de sa conversation et ses spirituelles saillies faisaient extrêmement rechercher dans le monde. Il écrivait en vers avec beaucoup de facilité et d'élgéance. On lui doit : Melodmsia sioe Epuium Mussum (Leipzig, 1597, in-S<>), recueil de poésies ; De lingua latina (Wittemberg, 1602, in-8<>); Schediasmata poetica (Wittemberg, 1604, in-8°); Posthuma schediasmata (Wittemberg, 1616, in-8"), des éditions avec notes de Plante et de Virgile, etc. Un recueil de ses bous mots a été publié sous le titre de Taubmanniana (Francfort, 1702, in-12).

TAUBOUR s. m. (tô-bour). Ane. mar. Partie de l'aviron qui se trouve entre la poignée et le support, et qui est ordinairement taillée en prisme rectangulaire.

tauchie s. f. (tô-chî). Damasquinure.

II Vieux mot.

TAUCHNITZ (Charles-Christophe), libraire et imprimeur allemand, né en Saxe en 1761, mort en 1836. Il apprit l'art typographique à Leipzig et k Berlin, établit, eu 1796, une imprimerie dans la première de ces villes, y joignit une librairie en 1798, une fonderie de caractères en 1800, et voyant prospérer ses affaires, il résolut de substituer aux éditions classiques disgracieuses et imprimées sur mauvais papier qu'on faisait alors en Allemagne, des éditions portatives élégantes, correctes et d'un prix modique. En 1809, il commença à publier sa collection d'auteurs classiques, qui obtint un grand succès, puis il fit paraître des éditions de luxe de Tryphiodore (1809, in-fol.), de Théocrite (181 1, infol.), à'Homère (1828, 4 vol. in-16), regardés comme des chefs-d'œuvre typographiques.

Ce fut lui qui, le premier en Allemagne, établit un atelier da stéréotypie ( 1SI6 ), qui appliqua ce procédé aux langues orientales et à l'impression de la musique. Tauchnita jouissait à sa mort d'une grande réputation. — Son fils, Charles-Chrétien -Philippe Tauchnitz, prit alors la direction de la maison paternelle, qu'il garda jusqu'en 1865. Il a édité un certain nombre de publications philologiques, notamment des concordances hébraïques de la Bible de Buxtorf (1840). Son cousin, Chrétien-Bernard Tautchnitz, a fondé également à Leipzig, en 1837, une importante librairie et a édité notamment, sous la

lôo a

TAU il

titre de Collection of british au/hors, une collection d'ouvrages anglais, laquelle comprend environ 600 volumes et est répandue dans toute l'Europe. Le duc de Saxe-Cobourg a donné à M. Bernard Tauchniiz le titre de baron.

Taud s. m. (tô. — V. taudis). Mar. Toile goudronnée qui sert de tente à bord des embarcations et qu'on emploie aussi à couvrir les marchandises. Il On dit aussi taude s. f.

TAUDE s. f. (to-de). V. TAUD.

TAUDER v. a. ou tr. (to-dé — rad. taud). Mar. Couvrir aveo un taud : Tauder des marchandises. Tauder la chaloupe.

TAUDION s. m. (tô-di-oii — dimin. de taudis). Petit taudis.

TAUDIS s. ni. (tô-di. — Ce mot, qui signifiait autrefois une petite hutte que faisaient les assiégeants dans les approches d'une place pour s'y mettre à l'abri des projectiles lancés par les assiégés, vient de l'ancien verbe taudir, couvrir, abriter. Taudir venait lui-même de taude, toile étendue par-dessus des marchandises, abri ménagé sur un navire, mot qu'on tire du germanique : ancien Scandinave tialld , tente; ancien flamand tetde, ancien haut allemand et allemand moderne zell. Jal voit dans taude une corruption du mot allemand thaw, rosée. » Les malins français du Nord, voulant dire qu'ils se garantissent de la thaw, ont dit: nous nous taudous). Petit logement misérable^ délabré : A quarante-deux ans, je n'avais pas de feu dans mon taudis, même au plus fort de l hiver. (Bélanger.) La femme du peuple est presque toujours la reine de son taudis, (Balz.) Un cuistre en son taudis compose une satire.

Voltaire.

De Philémon vous connaissez l'histoire.

Amant aimé dans le coin d'un taudis,

Jusqu'il cent ans il caresse Bauois.

Voltaire.

il Appartement mal tenu : Sa chambre est un véritable taudis,

— Ane. fortif. Ouvrage, abri transitoire.

— Encycl. Fortif. Ce mot était employé fréquemment au mv« et au xvo siècle. Il a probablement été importé en France par les troupes anglaises ou brabançonnes. On nommait taudis les tranchées, les places d'armes construites dans les sièges offensifs. Ces travaux grossiers permettaient de se mettre à couvert pour f.iire les approches. De là le verbe, maintenant oublié, tuudisser, signi-

" fiant élever une fortification sans régularité, construire des baraques. Un taudis était un assemblage de inantelets ou une tortue. Dés le xive siècle, la milice anglaise se servait de cette construction. Il y avait des taudis défendus par des bastilles lixes, des cavaliers de tranchée, des boulevards, etc.

TAUENTpEN-WlTTEMBERG(FrédéricBo-

lesfas-Cunnarinel, comte de), général prussien, né à Potsdam en 1756, mort en 1824. Il débuta dans la carrière des armes en 1775, suivit en 1778, en qualité d'aide de camp, le prince Henri dans la guerre de la succession bavaroise, remplit le poste d'ambassadeur à Saint- Pétersbourg de 1791 k 1796, et fut nomme, à son retour à Berlin , major général. Lorsqu'eu 1806 la guerre éclata entre la France et la Prusse, Tauentzien reçut le commandement de l'avant-garde sous les ordres de Hohenlohe , fut blessé grièvement à la bataille d'Iéna, où il se conduisit brillamment, devint lieutenant général en 1807, fut mis à la tête du 4e corps de l'armée prussienne en 1813, battit le général Bertrand à Gros-Bceren (3 septembre), fut battu lui-même par Ney après une lutte acharnée à Dessau (20 octobre), s'empara de Torgau, de Wittemborg, força le général Lemarrois à. évacuer Magdebourg et reçut en récompense de ses succès le titre de comte avec le nom de Wliiemberg qu'il ajouta au sien (1814). En 1815, il commanda la réserve prussienne, resta quelque temps en France avec ses troupes, puis remplit des missions politiques à Londres, k Pans, k Hanovre, et fut nommé général en chef du 3* corps de l'armée prussienne.

TAUGI ou TAWGHI s, m. (tô-ghi). Linguist. Langue samoyede.

TAUGOUR s. m. (to-gour). Techn. Petit levier qui tient une essieu de charrette bandé sur le brancard.

TAUK s. m. (lôk). Grand réservoir d'eau, k Bombay.

— Encycl. On descend à ces tauks par de beaux escaliers de pierre; quelques-uns, celui, par exemple, appelé le taule de Baboula, ressemblent à un lac par l'étendue. Ces vastes réservoirs rendent des services immenses dans ces contrées où la chaleur vraiment tropicale fait de l'eau une nécessité de vie ou de mort. Quand la moisson arrive, les pluies diluviennes qui tombent alors sans s'arrêter pendant des mois entiers remplissent les tauks qui demeurent ouverts jusqu'à ce qu'Usaient reçu assez d'eau pour les provisions de l'année. Si l'on conçoit des craintes, si l'année semble devoir être exceptionnellement brûlante, on voit de riches habitants faire creuser la terre et construire, à leurs frais, pour le public, un grand réservoir de plus. C'est à des actes pieux de ce genre que Bombay doit la plupart des tauks qu'il possède. Vers 1838, un Parsi, nommé Fraingi Covagi, en construisit, k la porte du bazar, un qui dut

TAUL

lui coûter des sommes énormes, tant à cause du nombre des ouvriers que de la maçonnerie. Lorsque, dans la saison des chaleurs, les citernes privées sont épuisées et que la population tout entière doit s'approvisionner aux tauks, la foule s'y presse tellement parfois que des batailles et des accidents s'ensuivent. Les femmes qui, comme chez les Arabes, sont spécialement chargées d'apporter l'eau dont elles remplissent leurs vases de cuivre, sont alors reponssées, et la police n'a pas peu de peine à maintenir l'ordre.

TAULE s. f. (lô-le — provenç. iaula, ital. taeola, lat, tabula, table). Techn. Table de l'enclume.

TAULE, bourg de Fronce (Finistère), eh.-l. de canton, arrond. et à 7 kilom. de Morlaix, k 98 kilom. de Quimper; pop. aggl.,374 hab. — pop. tôt., 2,808 hab. ; foires très-fréquentées. De la couim. de Taulé dépend le hameau de Penzé, qui a une certaine importance, grâce k son port. « Il se tient à Penzé des foires importantes, dont la plus curieuse est la foire des mariages, qui a lieu le jour de la Saint-Michel. (Je jour-là, les premières (lilles à marier ayant une dot) des paroisses voisines viennent, dans leurs plus beaux habits, s'asseoir sur les parapets du pont. Lesjeuues gens arrivent ensuite et passent gravement au milieu de cette double haie de jeunes lilles riantes et parées. S'il en est une qui ait touché le cœur d'un galant, il lui tend la main pour l'aider à descendre du parapet et entre eu pourparlers avec elle. Les parents s'approchent alors et, lorsque les parties sont d'accord, on se frappe dans la main pour cimenter des fiançailles qui sont rarement rompues. >

TAULER ou TAULERE (Jean), célèbre théologien allemand, né à Strasbourg (tin 1290, mort dans la même ville en 1361. 11 lit ses études dans sa ville natale et à Cologne, entra, en 130S, dans l'ordre des dominicains, puis partit pour Paris, avec un religieux de son ordre, Jean de Daubaoh, afin d'y compléter son instruction. Tauier suivit les cours des professeurs eu renom, sans se faire recevoir docteur en théologie, comme on l'a dit k tort. N'ayant nul goût pour l'enseignement scolaslique, il se livra de préférence à l'étude de Proclus, de Denis lAréopagite, de saint Augustin et de saint Bernard, dont les tendances mystiques convenaient à la tournure de son esprit. De retour à Strasbourg, Tauier, vivement frappé de la profonde corruption du clergé, s'affilia à la confrérie des Amis de Dieu, qui s'efforçait de chercher des remèdes k cet état de choses. Pans le but de contribuer à la réforme des mœurs, il s'adonna à la prédication. Son éloquence simple, vigoureuse, aux images saisissantes, le plaça bientôt au rang des plus grands prédicateurs de sou temps. A diverses reprises il se fit entendre k Baie, k Nuremberg, k Cologne, etc., et sa réputation s'étendit bientôt dans toute l'Allemagne. Pendant un voyage qu'il fit en Hollande, il visita Jean Ruysbroek, qui ne fut point, comme on l'a dit, son premier maître dans la vie spirituelle. Ruysliroek parait n'avoir exercé que peu d'influence sur son esprit; mais il n'en fut point de même de Nicolas, chef des Vaudois de Bâle, avec qui il se lia pendant un voyage fait à Strasbourg, par ce dernier, en 1340. Pour se recueillir, Tauier vécut pendant deux ans dans une retraite profonde, puis il reprit avec une ardeur nouvelle le cours de ses prédications. Les sermons qu'il prononça k partir de celte époque ont une couleur mystique encore plus accusée. Il redoubla d'ardeur dans ses attaques contre le scandaleux relâchement du clergé, ce qui l'a fait considérer comme un des précurseurs de la Réforme, et lui a valu les éloges de Luther et de Mélanchthon. Son ardente croisade contre les mœurs des prêtres lui attira naturellement la haine de ces derniers, qui essayèrent de le perdre en le taisant passer pour hérétique. Longtemps soutenu par l'évèque de Strasbourg, Berthold, il se vit abandonné par lui, et reçut l'ordre de quitter Strasbourg, en même temps qu'on jetait au feu ses écrits. Après s'être retiré dans un couvent de chartreux, Tauier alla passer plusieurs années à Cologne. Etant revenu k Strasbourg, il exposa ses idées devant l'empereur Charles IV, qui traversait cette ville, prêcha contre la secte des bégards et passa, sans faire parler de lui, les dernières années de sa vie. Nous avons parlé ailleurs (v. Institutions divines) des doctrines de J. Tauier, que Bossuet regarde comme « un des plus solides et des plus corrects des mystiques. ■ Ces doctrines sont aujourd'hui absolument dépourvues d'intérêt. C'est à un autre point de vue que Tauier est digne encore de sa réputation. • Ce fut lui, dit M. J. Buchow, qui donna à la prose allemande un rhythute plus doux, une marche plus assurée. Le premier des prosateurs de sa nation, il sut composer ses sermons avec méthode et les animer d'un pur sentiment de morale. Son style est serré , simple, grave, facile, harmonieux et orné de belles pensées, bien que les allégories mystiques lui donnent parfois un peu d'obscurité, d On a attribue à Tauier un grand nombre d'ouvrages qui, pour la plupart, ne sont pas de lui. Les seuls écrits qui lui appartiennent d'une façon certaine sont ses Sermons, publiés pour la première fois k Leipzig (1478, in-4°), souvent réédités, notamment à Franc-

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fort (1826, 3 vol. in-8°), et traduits en français par Saiute-Foix (Tours, 1855, 2 voi. in-8°) ; De l'imitation de la vie de pauvreté du Christ (1821, in-8°), livre plusieurs fois réédité et traduit en français par J. Balou (1569, in-12), et par Loméniede Brienne(l6G5, in-4°) ; les institutions divines, qui comptent un grand nombre d'éditions ; Prophéties sur les nombreux fléaux et hérésies; trois petits traités et quelques lettres spirituelles. Les Œuvres de Tauier ont été réunies pour la première fois et traduites en latin parS'irius (Cologne, 1548, in-fol.) ; elles ont été rééditées depuis a Paris (1623), à Anvers (1685), k Francfort (1720), à Berlin (1841), etc. Sa meilleure édition est celle de Kasseder (Francfort, 1822-1824, 2 vol. in-8°).

TAULES (Jean su), officier et littérateur français, né en 1725, mort à Paris en 1800. Il quitta les gendarmes du roi pour suivre, comme secrétaire, Beauteville, envoyé de France k Genève en 1766. Taules fut nommé, en 1708, capitaine de dragons. 11 passa, en 1771, en Pologne, pour y Soutenir la cause de l'indépendance, y fut remplacé par Dumouriez, et devint par la suite consul général de France en Syrie, où il se trouvait en 1779. Rappelé en France, il y vécut à partir de ce moment sans emploi. Jean de Taules avait eu une correspondance avec Voltaire, et comptait au nombre de ses amis Marmoutel et Thomas. On a de lui ; Anecdotes sur le roi de Prusse (1796), imprimées k tort sous le nom de Thomas; V Homme au masque de fer, suivi d'une Correspondance inédite de Al. de Taules avec Voltaire (1825, in-S°), ouvrage dans lequel il prétend que le masque de fer n'est autre qu'un patriarche des arméniens schisniatiques enlevé par les jésuites; Du masque de fer ou Réfutation de l'ouvrage de Rûux-Fasillac (1825, in-8»).

TAULIER s. m. (tô-lié — V. taule). Tablette sur laquelle, dans certains monastères, on présente les portions aux religieux.

TAULIER (Marc-Joseph-Frédéric) , jurisconsulte français, né k Grenoble en 180S, mort en 18G0. Lorsqu'il eut terminé ses études de droit, il se lit inscrire au tableau des avocats de sa ville natale, puis se tourna vers renseignement et devint successivement professeur suppléant (1832), professeur de code civil (1839), et doyen de la Faculté de droit de Grenoble (1856). M. Taulier a été maire de sa ville natale et membre du conseil général de son département. Un lui doit un ouvrage important et estimé : Théorie raisonnée du code civil (1840-1S48, 7 vol. in 8»), et le Vrai ii'ure du peuple ou le Riche et le pauvre (1860, in-8°). — Son frère, Henri-Joseph-Jules Taulier, né en 1808, a professé la rhétorique dans divers collèges de 1830 k 1837, puis a fondé dans l'Isère un établissement d'instruction. On lui doit des contes, des nouvelles, des livres d'éducation et une Histoire du Dauphiné (1855, in-S°); Guide du voyageur à la Grande-Chartreuse (1860, iu-16) ; les Deux petits Robiusons de la Grande ■ Chartreuse (1860,'in-12) ; Notice historique sur Bertrand* Raimbaud Simiane (1859, iu-8»), etc.

TACLIGNAN, bourg et comm. de France (Drôine), cant. de Grignan, arrond. et k 27 kilom. de Montélimar, k 71 kilom. de Valence, sur un plateau de la rive droite du Lez; pop. aggl., 1,343 hab. — pop. tôt., 2,167 hab.; truffes, carrières de pierres de laille; garance, bon vin ordinaire ; fabriques de serges, de ratines, de soies; tanneries, faïenceries, poteries. La place publique est ornée d'une jolie fontaine.

TAUMAGO, lie de l'Australie, dans l'archipel de Santa-Cruz, par 10° de latit. S. et 1670 5' de longit. O. Elle a environ 50 kilom. de circonférence, et abonde en cocotiers, bananiers, palmiers, cannes k sucre, etc. Découverte par (Juiros, en 1606.

TAU/MALIN s. in. (tô-ma-lain). Art culin. Sauce en usage dans les lies, et qu'on fait avec l'intérieur des crabes.

— Crust. Nom vulgaire du crabe pagure.

TAUNAY (Nicolas-Antoine), peintre français,, ne à Paris en 1755, mort dans la même ville en 1830. Son pero, Pierre-Henri Taunay, peintre émailleur k la manufacture de Sevrés, lui fit donner des leçons par Brenet, Casanova, Lépicié. Grâce k la protection de M. d'Angiviller, le jeune artiste se rendit k Rome eu qualité de pensionnaire du roi, puis, de retour en France, il fut agrégé à l'Académie de peinture en 1784, Pendant la Terreur, il alla se retirer k Montmorency, dans une maison habitée jadis par Jean-Jacques Rousseau. L'Institut ayant été créé en 1795, Taunay fut appelé k en faire partie. En 1816, il se rendit au Brésil avec Lebreton et Motitigny pour y organiser une Académie des beaùx-ails que Jean VI voulait fonder k Rio-Janeiro. Taunay resta dans cette ville jusqu'en 1819, époque où il revint en France. Ou doit k cet artiste de nombreux tableaux remarquables par l'habileté de la composition, la beauté de l'architecture, la fermeté de la touche. Nous citerons de lui : au musée du Louvre, Prédication de saint Jean, Hôpital militaire en Italie, Pierre V Ermite prêchant ta première croisade, Prise d'une ville; au inusée de Versailles, Bataille de Nusareth, Passage du mont Saint-Bernard, Entrée de Napoléon 1" dans la ville de Munich, Bataille d'Ebersbery , Halte sur le versant

TAUN

des Alpes, Visite du champ de bataille de Lodi par Bonaparl» ; dans les résidences royales du Portugal et du Brésil, Une joule de bergers se disputant le prix de ta flûte de Pan en Arcadie, Clorinde chez les pasteurs, le Lion d'Androclès, les Oies du frère Philippe, l'Acclamation de don Henri de Bourgogne pour premier roi de Portugal. Ces compositions ont été pour la plupart reproduites par la gravure. Cet artiste eut cinq fils, dont les plus remarquables sont les deux suivants : Thomns-Marie-Hippolyte Taunay, littérateur, né k Paris en 1793, mort en 1864. Il fut répétiteur de belles-lettres et d'histoire k l'Ecole polytechnique , puis bibliothécaire k Sainte-Geneviève. On lui doit : Histoire morale, politique et pittoresque du Brésil, en collaboration avec K. Denis (Paris, 1821- 1822, 6 vol. in-18); la traduction de la Jérusalem délivrée, en vers (Paris, 1845-1846, 2 vol. in-8°); Héeube et Polyxène, tragédie. — Nicolas-Antoine Taunay, né en U95, s'adonna k la peinture de genre et de paysage, passa au Brésil et devint directeur de l'Académie des beaux-arts de Rio-Janeiro.

TAUNAY (Auguste), sculpteur français, frère de Nicolas-Antoine, né k Paris en 1769, mort au Brésil en 1824. Il étudia son art sous la direction de Moitte et obtint le grand prix de Rome en 1792. De retour en France, il exécuta plusieurs œuvres de mérite. Ku 1816, il suivit son frère au Brésil et dev.nt membre de l'Académie des beaux-arts de Rio- Janeiro. Nous citerons, parmi ses travaux : ia Statue du général Lassalle, au musée de Versailles; deux Renommées et, un Cuirassier, k l'arc de triomphe du Carrousel; plusieurs bas-reliefs au vieux Louvre; le buste de Duels, au Théâtre-Français; la statue de la Nymphe éplorée, au tombeau de la fille du maréchal Duioc; la fameuse statuette de Napoléon, représenté les bras croisés; le Camoêits, statue qu'il exécuta au Brésil.

TAUNAY (Alfred d'Escragnolle), écrivain et homme politique brésilien, né k Rio-Janeiro en 1843. Il appartient k une famille d'origine française, qui s'est depuis longtemps établie au Brésil. Après s'être fait recevoir bachelier es lettres et es sciences, M. Taunay entra dans l'armée, fit, de 1865 k 1867, la-campagne de Mato-Grosso, puis il prit part k la guerre contre le Paraguay, sous les ordres du comte d'Eu, et revint capitaine du génie k Rio-Janeiro (1870). Attaché peu après au ministre de la guerre en qualité de secrétaire, il a été élu député k l'assemblée législative par la province de Gayaz. M. Taunay fait partie de diverses sociétés, littéraires et savantes du Brésil. Il a publié, en français, la Retraite de Laguna, récit de la campagne de Alutu-Grosso (1868), et, en portugais, plusieurs romans : Scenas de viagen (1868); Viagen (1869), etc.

TAUNTON, ville et paroisse d'Angleterre (Somerset), dans la vallée du même nom, sur la Tone, k 60 kilom. S.-O. de Bristol ; 15,000 hab. C'est une ville bien bâtie et bien percée. Elle a été pendant longtemps le centre d'une fabrication fort étendue de lainages communs, mais celte branche d'industrie a été depuis quelques années transplantée dans les villes environnantes, telles que "Wellington, Tiverton, Milverton, etc. Il s'y fait néanmoins un assez important commerce avec Bridgewater, principalement en soie. L'église paroissiale est surmontée d'une tour de 51 met. de hauteur, couverte de têtes de lion, de sculptures et d'ornements du goût le plus fleuri. • La cour des assises, dit M. Esquiros, est un ancien édifice élevée en 1577, près de l'entrée du château, qui avait été fondé par Ina, roi de Wessex, et rebâti, après la conquête, par les évêques de Winchester. Tauntou a été, ainsi que Bridgewater, le théâtre des cruautés du roi Jacques et de son justicier, Jefferies. C'est 1k que ce dernier tint sa sanglante cour de justice, et que des centaines de victimes furent immolées, après avoir reçu une promesse de pardon si elles se recommandaient elles-mêmes k la clémence du roi. Son exécuteur des hautes œuvres, Kirke, pendit un homme trois fois sur le poteau qui soutenait l'enseigne du Cerf- Blanc ( While Hart). Le crime de ces malheureux était d'avoir embrassé la cause de Monmouth. En dehors de la ville se voit un pont très-ancien, dune seule arche, ei dont les antiquaires attribuent la fondation aux Romains. Tauuton est d'une grande antiquité. Il était déjà de quelque importance sous les Saxons, qui y avaient bâti un château, dont on voit encore les restes. Le 22 mai 1641, le comte de La Marche, fils du duc d'York , qui s'était fait déclarer roi d'Angleterre sous le nom d'EdouarO IV, battit dans les environs l'armée de son compétiteur, Henri VI, de la maison de Lancastre.

TAUlNTON, ville des Etats-Unis (Massachusetts), un des chefs-lieux de comté de Bristol, k 66 kilom. S. de Boston, sur la droits dû Tauuton; 8,000 hab. Cour de justice, maison de ville, banque. Fabriques de soieries et de lainages, papeteries, clouteries, briqueteries.

TAUNTON, rivière des Etats-Unis (Massachusetts), formée par plusieurs torrents. Elle se jette dans la baie Narraganset, k Tiverton, après un cours d'environ 105 kilom.

TAUNTON (Henri Labouchere, lord), homme d'Etat anglais, né eu 1793, mort en

TAUP

1869. Il était le fils d'un riche banquier, et descendait d'une famille de huguenots français, qui s'était réfugiée en Angleterre, après la révocation de l'édit de Nantes. Après avoir fait ses études à l'université d'Oxford, ii fut élu, en 1826, membre de la chambre des communes par le bourg de Saint-Michel, puis fut, de 1830 à 1858, député de Taunton. Il défendit vaillamment la réforme électorale, devint lord de l'amirauté en 1838, directeur de la monnaie et membre du conseil privé en l$35, fut nommé, en 1839, sous-secrétaire d'Etat pour les colonies, et président du bureau du commerce jusqu'à la chute du cabi- 'net whig (1841). Quand ce cabinet revint au pouvoir (1846). il devint secrétaire pour l'Irlande et fut, de 1847 à 1852, président du bureau de commerce. M. Labouchère était partisan de la liberté de commerce, qu'il défendit en 1846. Il fut membre du jury international des beaux-arts à l'Exposition universelle de Paris en 1855; puis il remplit les fonctions de secrétaire des colonies, jusqu'à la chute du cabinet Pulmerston (1858). 11 fut, à cette époque, élevé à la pairie avec le titre de lord Taunton. Comme le nom sous lequel il avait été connu jusqu'alors cessa de figurer dans la liste des membres du cabinet, ainsi que dans celle des députés' du Parlement, et que, du reste, il ne prit qu'une part très-effacée aux débats de la Chambre haute, quelques biographes l'ont fait mourir eff 1859.

TAUNUS (le) ou la HOMBURGER-1I0E11E

chaîne de montagnes d'Allemagne (Hesse- Dannstadt et Nassau). Elle s'étend à l'E. entre le Mein, le Rhin et la Lahn, de Friedbeig à Wiesbaden et du Rheingnu à Ober- 1 : 1 1 1 1 1 -. t . - i 1 1 . Elle offre de belles forêts, des sites très-pittoresques, de nombreux villages et une foule de ruines romaines et germaines; elle est surtout célèbre par ses bains et les sources minérales d'Euis, Wiesbaden, Setters, et par les excellents vignobles qui couvrent ses versants N. et O. Sa plus haute sommité est le Grand Felberg (868 met.), d'où l'on jouit d'un des plus beaux panoramas que l'on puisse admirer en Allemagne. Viennent ensuite le Petit Felberg, qui aune vingtaine de mètres de moins que le Grand Felberg et l'Altkœnig (800 inèt.), dont le sommet est couronné d'une triple rangée de pierres sèches, colossale 'enceinte que les uns attribuent aux Romains, les autres aux Celtes. J,a Wiesbaden, laSchwalbach.l'Eins, lu|Geilnau, la Kaohingen et plusieurs autres rivières y prennent leurs sources. Le Taunus recèle des mines de fer et de cuivre.

TAUPE s. f. (tô-pe — latin talpa, mot dont on a beaucoup cherché l'origine et qui, selon Pictet, est très-probablement celtique. O'Reilly, dans son dictionnaire, donne talpa comme un mot irlandais, peut-être par suite de quelque erreur; mais il est certain que l'étymologie la plus probable de ce nom -se trouve dans le kymrique talp, talpen, monceau, talpiaw, faire des monceaux. Pictet ne connaît aucun nom sanscrit de la laupe). Maimn. Genre de mammifères insectivores, type de la famille des talpidés et de la tribu des talpiens, comprenant deux espèces, qui habitent l'Europe : L'œil de la taupe est si petit et si bien caché par les poils qu'où en a nié l'existence. (E. Baudement.) Le travail de ta taupe n'est pas continuel. (Buse.) Les taupes vitieiit isolément. (E. Desmarest.) Les taupes sont fort nuisibles à la culture de nus jardins. (M. de Dombasle.) Les TAUPliS font aux racines la, guerre Que les bestiaux font aux tiges. (Raspail.) La taupu, te mulot, le lézard, labourent, grimpent, font la chasse et la guerre. (11. Berthoud.) Il Taupe dorée, Nom vulgaire des ehrysoehlores. I! Taupe-rat, Syn. de rat-taupe. Ii Taupe éloilée, Nom vulgaire de la coiidylure crétée.

— Fig. Personne très-peu clairvoyante, à cause du préjugé qui a fait regarder les taupes comme aveugles :

. . . C'est l'esprit qui surtout ensorcelle Nos raisonneurs à petite cervelle, Lynx dans le rien, taupes dans le r<iel.

Il Personne sournoise, qui cherche à nuire en secret, par allusion au travail souterrain des taupes : C'est une vraie taupe, qui travaille en dessous pour vous nuire. M. Tliiers travaillait des pieds et des mains sous l'édifice de leur grandeur ; c'était la taupe du ministère. (Cormeu.)

— Noir comme une taupe, Très-noir : Elle

est NOIRE COMMK UNE TAUPK. -

— Ne voir clair non plus qu'une taupe, Ne voir pas clair du tout.

— Aller au royaume des taupes, Mourir, la terre étant l'habitation, le royaume des taupes.

— Il va comme un preneur de taupes, Il marche lentement, à petits pas, comme s'il voulait prendre des taupes et qu'il eût peur d'eu être entendu.

— Art vétér. Phlegmon qui vient à la nuque des chevaux et des boeufs.

— Ichthyol. 'Taupe de mer, Nom vulgaire du requin.

— Entom. Taupe volante, Nom vulgaire de la courtilière, appelée aussi taupe -grillon.

— Mol). Nom vulgaire d'une coquille du genre porcelaiue.

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— Agric. Taupe à rigoles, Charrue employée dans les irrigations et les dessèchements.

— Encycl. Zool. Les taupes sont des ani- -maux essentiellement souterrains et fouisseurs. Chez elles la structure ordinaire des insectivores est profondément modifiée. Ces modifications portent principalement sur la tête et les organes des sens, sur les membres antérieurs et sur les organes de la génération.

La tête de la taupe, très-longue, comme celle de la plupart des autres insectivores, est terminée par un boutoir, sorte de trompe, que l'animal emploie ordinairement en guise de tarière pour percer et soulever la terre, et qui est en même temps pour lui un organe du toucher. Cet organe est très-délicat. On remarque dans les muscles cervicaux, destinés à opérer les mouvements de ce boutoir, une force extraordinaire, et à l'extrémité du boutoir lui-même un os tout particulier qui sert de soutien et de garniture. Il y en a un aussi qui sert de point d'appui dans le ligament cervical. Les mâchoires et les dents, dont elles sont armées, n'ayant pas besoin de grands efforts pour saisir et broyer les larves d'insectes et quelquefois les racines tendres que la taupe ajoute à son régime, sont assez faibles ; elles portent chacune onze dents de chaque côté, dont les trois dernières hérissées. L'animal, qui vit dans une obscurité profonde et constamment enfoui sous la terre, a les yeux réduits à une petitesse extrême et si bien cachés pur les poils qui les recouvrent, qu'on en a longtemps nié l'existence et qu on a encore soutenu dans notre siècle que l'espèce dite la taupe aveugle, et décrite par M. Savi, était réellement et complètement privée de la vue. Ces assertions n'ont pourtant rien de fondé. M. Krohn a fait des observations minutieuses sur ce point, et il est avéré, depuis ces observations, que la taupe aoeugle a, comme tous les mammifères, le nerf optique et l'œil, mais très-peu développés l'un et l'autre. On pe it soutenir aussi que le nerf optique n'est qu'une branche du tri facial. Au reste, si la vision est très-rudimen taire dans la taupe, l'olfaction et l'ouïe sont très-développées. Il suffît d'observer l'appareil olfactif pour se convaincre de la perfection de l'odorat; quant à l'oreille, il en est autrement, la conque auditive manque, et l'oreille externe ne consiste qu'en un conduit sous-cutané qu'a décrit G. Saiut-Hilaire ; mais, en revanche, le tj'inpan est très-large, et l'observation de l'aninial suffit pour constater jusqu'à quel point s'élève chez lui la linesse de l'ouïe.

Les membres antérieurs, très-rapprochés de la tête, sont remarquables sous le rapport de leur brièveté, par leur force, par le grand développement de la patte qui les termine, et surtout par la conformation de ce dernier organe. Le sternum présente en avant une crête saillante destinée à fournir aux muscles abaisseurs du bras de larges insertions ; la clavicule est grosse et courte; l'omoplate est longue, l'humérus, qui est très-court, semble avoir gagné en largeur ce qu'il a perdu en longueur, et présente ainsi les dispositions les plus favorables au développement de la puissance musculaire; l'avantbrtfs est également court et robuste, et la main, extrèmementlarge et solide, est dirigée en dehors; on y distiugue à peine les doigts, tellement ils sont courts et euveluppés par l'ongle énorme qui les recouvre, et dont le tranchant sert à déchirer la terre et à la lancer en arrière de chaque côté du corps. Ce sont deux pelles que porte l'animal à droite et à gauche, et qu'il fait jouer avec une vigueur et une rapidité telles qu'en forant sa galerie il paraît nager et que, lorsqu'il fuit sous terre, en un instant il est déjà fort loin. Quant au train de derrière, il est faible, il se traîne ainsi que le ventre, de sorte que l'animal est aussi maladroit et gène dans ses mouvements sur le sol , qu'il est agile dans ceux qu'il exicute à travers l'iiumus où il creuse ses galeries, cherche sa nourriture et passe sa vie entière. L'organisation de la taupe présente un grand nombre d'autres particularités d'un grand intérêt pour les" physiologistes ; telle est la disposition du bassin et des organes qui ordinairement traversent cette ceinture épaisse et passent en partie au-dessous. Chacun counuit, du reste, la forme trapue de ces animaux, dont le ventre traîne et dont la tète se confond presque avec le corps. Leur pelage est remarquable par son aspect velouté et noir. ■ Les organes de la génération, dit M. E. Baudement, présentent, chez la taupe, des particularités non moins curieuses. Chez la femelle, l'appareil génital et l'appareil urinaire débouchent à l'extrémité par deux orifices distincts:, le bassin est très-étroit, mais les pubis ne se joignent pas, de sorte que les organes géuito-urinaires et le rectum ne sont point complètement renfermés dans sa cavité, et que le fœtus, en naissant, ne traverse pas le bassin. Cette circonstance permet à la taupe de produire des petits qui, proportion gardée avec la mère, ont un volume plus considérable que dans aucune espèce. L'urètre de la femelle passe au travers de son clitoris. Le nombre des mamelles est de huit; deux pectorales, quatre dans la région ombilicale et deux dans la région inguinale; le nombre des petits n'est cependant pas con-

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sidérable à chaque portée ; souvent même il n'est que d'un seul, i

A l'aide des organes puissants que nous avons décrits, les taupes se creusent dans le sol, avec une rapidité extrême et un art admirable, de longues galeries ayant de nombreuses issues rangées autour du gîte principal. De distance en distance, elles forment un soupirail connu sous le nom de taupinière et servant à rejeter au dehors les déblais qui obstruaient le passage, et elles ont soin de pratiquer entre les galeries principales de nombreuses communications. C'est surtout en poursuivant les larves d'insectes, dont ces animaux font principalement leur nourriture, qu'ils creusent de la sorte de nouveaux souterrains, et suivant que la saison ou la nature du terrain porte leur proie à s'enfoncer profondément dans le sol ou à se rapprocher de la surface, on les voit se frayer des routes dans des Couches différentes. Leurs demeures ne communiquent jamais avec l'air extérieur, et s'ils sortent de leurs galeries, c'est pour choisir un point convenable pour recommencer leurs travaux. Ces travaux sont très-compliqués; plusieurs issues de sûreté sont ménagées dans les galeries qui partent de la demeure principale et habituelle, laquelle occupe ordinairement le centre des boyaux que l'animal parcourt sans cesse et dont il recule chaque jour les limites dans ses excursions. On a reconnu, en observant ces galeries souterraines, des quartiers et des compartimentsdivers, que l'on a qualifiés de noms qui rappellent les usages auxquels ils sont appropriés pour l'animal. Il y a les taupinières d'entrée, de repos, de gîte, de nid, enfin celles des mâles.

« Gardons-nous, dit G. Saint-IIilaire, gardons-nous de regrets sur le sort de la taupe; ne voyons point en elle seulement une tarière vivante, forant sans cesse un sol âpre et résistant; un animal condamné aux plus rudes travaux, périssant à la peine ou, du moins, vivant misérablement. Elle quitte son gîte après le repos, comme la chauve-souris ses cavernes, afin de reprendre les soins et les devoirs qui l'occupent eveiilée. Ses exercices sont de miner pour entrer dans le tuf, comme ceux de la chauve-souris consistent à fendre les airs pour se répandre dans l'atmosphère. Les bras robustes de la laupe ou l'aile de la chauve-souris entrent en jeu pour un même intérêt; un même instinct entraine ces animaux, une même ardeur les anime, et l'on peut ajouter que c'est toujours avec délices, car enfin tous dsux sont en chasse, ils sont également en voie de recherches; leurs sens sont éveillés par 1rs mêmes motifs de désir et d'espérance; tous les deux font événement, même du plus léger accident,, du moindre bruit, parce que les mêmes chances les tiennent en haleine et que tes mêmes succès récompenseront leurs efforts, »

L'appétit de la taupe est extraordinaire; j elle n'a pas faim, dit encore M. G. Saint- IIilaire, comme tous les autres animaux ; ce besoin est chez elle exalté, c'est un épuisement ressenti jusqu'à la frénésie. Elle se montre violemment agitée, elle est animée de rage quand elle s'élance sur sa proie; sa gloutonnerie désordonné toutes ses facultés ; rien ne lui coûte pour assouvir sa faim; elle s'abandonne à sa voracité, quoi qu'il arrive; ni la présence d'un homme, ni obstacles, ni menaces ne lui imposent ni ne l'arrêtent. Combien, en cela, elle diffère du lion, qu'un même besoin, mais que plus de prudence anime ! Un lion ne commet qu'à l'écart ses moyens d'action sur la proie qu'il a saisie, il s'assure d'abord qu'ils lui sont inutiles pour sa défense; il veille sur sa proie sans la dépecer; il reste posé sur elle, rugissant, mais n'y touchant point, quelle que soit sa faim, s'il est en vue ou en inquiétude d'un danger quelconque, la taupe attaque ses ennemis par le ventre ; elle entre la tête entière dans le corps de sa victime, elle s'y plonge. •

M. Déclémy ajoute a ces observations celles qui suivent sur le même sujet : «Telle est la violence des appétits de la taupe et l'extrême exigence de ses besoins sous ce rapport, qu'au bout d'un jeûne de quatre heures, elle paraît affamée ; une abstinence de six heures la fait tomber dans une débilité trèsgrande, et la privation de toute nourriture pendant un jour la fuit périr. Une grenouille de moyenne taille ou la moitié d'un moineau assouvit sa faim; mais cette faim se renouvelle incessamment, ou conçoit, dès lors, que l'animal doive toujours être en quête pour la satisfaire, et comme toutes ses explorations s'exécutent sous terre, on a, par là aussi, la triste raison des mille tranchées pratiquées eu tous sens et dans toute espèce de terrain, pour arriver à la satisfaction de ce besoin impérieux et de tous les instants, celui de vivre. »

La soif est, chez la taupe, aussi constante et aussi pressante que la faim; elle apporte, pour en satisfaire lu violence, la même impétuosité, «M. G. Saint-ililaire rapporte, dit encore M. Aug. Déclémy, que de deux taupes qu'on lui avait envoyées, renfermées dans une boîte, l'une, la plus faible sans doute, fut dévorée par sa camarade, et qu'il ne restait plus que la peau de celle qui avait été traitée comme provision alimentaire, les os eux -mêmes avaient disparu ; 'qu'ayant donné à la survivante de l'eau dans un vase aux bords duquel elle ne pouvait atteindre que difficilement, elle fut soulevée par la

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peau du cou, et que, dans cette position, elle but et se désaltéra longuement et tout a son aise. »

Il est très-aisé, d'après M. Flourens, de reconnaître si une taupe a taira. « C'est ce qu'on voit, dit-il, k son excessive activité; quand elle est repue, elle est tranquille. A. peine la taupe a-t-elle souffert quelques heures de la faim, que ses flancs se dépriment et qu'elle semble comme expirante; mais, dès qu'elle a mangé, sa force renaît. »

On distingue plusieurs espèces de taupes. Le type du genre est la taupe commune de nos campagnes, qui a le pelage doux, luisant et d'un noir cendré. Sa longueur, depuis le bout du nez jusqu'à l'anus, est de om,i5. La taupe est répandue dans tontes les contrées fertiles de l'Europe; maison n'en trouve pas, dit-onj en Irlande, 'et on en voit peu en Grèce. Il existe une autre espèce de taupe, que l'on appelle taupe aveugle à cause du manque presque total d'yeux ; cette espèce existe dans les Apennins et dans la Suisse; elle est plus petite que la taupe commune.

Les chrysochlores ressemblent beaucoup aux taupes par leur organisation et par leurs mœurs, mais s'en distinguent par la disposi- .tion des dents, l'existence de trois ongles seulement aux pieds de devant. Le chrysochlore du Cap, appelé v.-.lgnirement taupe dorée, est remarquable pur son pelage d'un vert changeant en couleur de bronze ou de cuivre; c'est le seul mammifère connu qui présente de ces beaux reflets métalliques, dont brillent tant d oiseaux, de poissons et d'insectes.

Les condylures ressemblent encore davantage aux taupes; ce qui les dislingue le plus, c'est que leurs narines sont entourées de petites pointes cartilagineuses et mobiles, qui, en s'ecartant, représentent une étoile. On les trouve en Amérique, où habitent aussi les scalopes,que l'on prendrait pourdestaitpes s'ils ne s'en distinguaient par leur appareil dentaire.

— Econ. rur. On considère généralement la taupe comme nuisible, et on lui fait une guerre active; cependant ce n'est que par exception qu'elle mange les racines des plantes, car sa nourriture consiste presque exclusivement en insectes et en vers de terre. Elle se nourrit principalement de larves de hannetons; niais elle détruit aussi un grand nombre de courtidères ; ce - n'est qu accidentellement qu'on la voit manger des fruits ou des graines. Le véritable tort qu'elle cause résulte de la destruction des plantes de prairie ou des céréales qu'elle trouve sur son chemin, et surtout des irrégularités que ses nombreuses taupinières établissent sur le sol, ce qui empêche de faucher aussi près de terre qu'on doit le faire. Mais, toutefois, elle rend de grands services en détruisant un très-grand nombre d'insectes qui nuiraient beaucoup plus qu'elle à l'agriculture. Citons, sur cette question, l'opinion de M. Jules Crevaux :

« On sait que, beaucoup de personnes ne veulent pas reconnaître l'utilité de la taupe, parce qu elles croient que cet animal ne détruit pas les larves du hanneton. M. Geoffroy Saint- Hilaire, qui fait loi dans les sciences naturelles, s'est lui-même mis au nombre des ennemis et destructeurs de la taupe; et ce qui l'a entraîné dans ce parti, c'est qu'un expérimentateur italien lui a persuade que cet insectivore ne se nourrit jamais de vers blancs. Mais, comme je le disais il y a un au k M. Gudron, doyen de la Faculté des sciences de Nancy, des cultivateurs intelligents (.M. Brice de Chainpigneulles entre autres) m'avaient assuré avoir vu ces animaux dévorer, sur les tiges de betteraves, de gros vers blancs à tète brune. Je reconnaissais dans cet insecte la larve du hanneton. Je ne voulais pas croire à une erreur complète d'un naturaliste aussi distingué, et pourtant je ne voulais pas refuser foi à un l'ait dont M. Brice est parfaitement convaincu, puisqu'il l'a observé plus de vingt fois en visitant ses plantations.

> Sachant alors que les larves de hanneton mettent trois ans pour éclore, je pensais qu'il pouvait se faire que les taupes, tout en dédaignant les grosses larves, dont l'aspect est duilleurs repoussant, se nourrissent des petites, inoins hideuses et d'une chair plus délicate. Les larves sur lesquelles on aurait expérimenté pouvaient être de troisième année, I d'autant plus qu'on Se les serait procurées | plus facilement, à cause de leur grosseur. Celles que M. Brice a vu dévorer auraient i été de première et de deuxième année. Cette hypothèse pouvait tout expliquer, et c'est ainsi que M. Godron l'admettait dans une con- I férence à la Faculté. Mais comme dans la science on ne peut rien accepter sans uerli tude entière, j'ai voulu faire des expériences, et c'est leur résultat que je demande la permission d'exposer.

■ Contrairement à ce que je supposais, les taupes sur lesquelles j'ai expérimenté n'ont pas fait de distinction entre les petites et les grosses larves ; j'ai vu qu'elles se nourrissent ces unes aussi bien que des autres. Ou pourrait objecter que ces aaimanx n'ont lua.ngé les vers blancs que parce qu'ils manquaient de tout autre aliment; mais j'ai eu bien soin de leur donner le choix, en mettant toujours j beaucoup plus de vers ordinaires que de vers ! blancs. Comme la taupe est excessivement

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vorace, si j'avais tardé à ouvrir la caisse pour voir ce qui s'y était passé, il 'aurait pu se faire que ces animaux, après n'avoir d'abord mangé que des vers ordinaires, eussent ensuite dévoré les vers blancs à défaut d'autre nourriture. N'aurait-il pas été contraire à la logique de conclure d'après cela que les taupes, en temps ordinaire, mangent aussi bien les vers blancs que les rouges? Mais, pour avoir plus de certitude, tout en mettant dans la terre la nourriture suffisante à une taupe pour une journée, au bout d'une heure environ je sortais la terre poignée par poignée, et il m'était facile de compter les vers restés intacts.

» Après avoir ainsi expérimenté sur quatre taupes, que je me suis procurées successivement, je suis obligé de croire que ces animaux mangent habituellement les larves du hanneton aussi bien que tes vers ordinaires. M. Brice, dont j'ai déjà parlé plus haut, m'assurait avoir vu les taupes, pour ainsi dire, à l'œuvre même, dans ses champs de betteraves; je les ai vues aussi quelquefois à la surface repousser même des vers rouges pour saisir des larves qui se trouvaient ensevelies sous des masses de ces premiers; ce fuit prouve évidemment une certaine préférence de io taupe pour les vers blancs. Ces expériences sont appuyées et par le témoignage de M. Brice, et par l'expérience du maréchal Vaillant, qui n'a rencontré aucun ver blanc dans les lieux habités par la taupe, tandis qu'on en trouvait des centaines dans un petit espace où l'on avait, par des dispositions particulières, empêché ces animaux de pénétrer.

» D'après ces faits, ne pourrait-on pas conclure que la taupe est plus utilo que nuisible, et qu'il ne faut pas la détruire, sinon dans les jardins, du moins dans les propriétés en rase campagne ? Les dommages causés par elle ne sont-ils pas compensés par les services qu'ollo rend uu cultivateur? La taupe soulève des monticules dans nos prairies ; mais ces aspérités, qui contrarient les faucheurs, peuvent être aplanies avec facilité, et on sait que le mal est réparé, parce que l'herbe croît avec plus de vigueur dans les endroits ainsi remués; une terre épuisée reprend, au contact de l'air, les éléments nécessaires à la nutrition des plantes. Des racines sont froissées, brisées par la taupe creusant ses galeries ; mais comment ne pas voir que les dommages sont compensés et au delà par la destruction des larves de hanneton?

• Dans les champs de pommes de terre, on verra mieux que partout ailleurs les services que la taupe est capable de nous rendre. Si ces plantes sont gênées parfois dans leur développement par les travaux de la taupe, on ne verra plus du moins, comme cette année, la plus grande partie de la récolte ravagée par la voracité des larves du hanneton. Le cultivateur n'aurait plus tant à déplorer la pourriture de ce tubercule, qui constitue son principal aliment, car on ne saurait nier que les larves, en perforant la pellicule qui recouvre les pommes de terre, contribuent extrêmement a les faire gâter. »

Il reste quelques mots à dire sur la destruction des taupes. « Cet art, ditM.A. Décléiny, est devenu une profession. Un taupier habile reconnaît facilement la galerie dite du passage, c'est-à-dire celle que l'animal traverse d'habitude pour se mettre en chaise deux fois le jour et se répandre dans les diverses dépendances de son habitation. 11 n'y a point, en effet, à s'y méprendre. Comme la taupe parcourt continuellement ce passage, la végétation des plantes en souffre ; elles s'otioleut sur tout le trajet qu'il occupe, et cet indice ne trompe point un œil exercé. Dès que l'on a reconnu le boyau de passage, on est assuré de prendre bieutôt la taupe. Deux pièges également connus et également usités servent à cet effet. L'un est dû à Lafaille, l'autre à Leeourt. Tous deux s'emploient de la même manière, eu pratiquant, dans la galerie de passage, une tranchée que l'on recouvre après que l'on y a placé 1 instrument. Soit que la taupe quitte son cantonnement pour se mettre en chasse ou qu'elle le regagne après une excursion lointaine, trouvant un obstacle sur son passage, elle fouille, pensant n'avoir à réparer qu un éboulenient accidentel; mais ses efforts fout agir un ressort ou baisser une trappe, selon le piège que l'on a tendu, et l'animal est pris infailliblement. >

Malgré la facilité avec laquelle on peut se servir de ces petits instruments, le nombre des taupes n'a guère diminué depuis leur découverte, et nos champs, nos prairies surtout, en sont infestés. Tout compensé, est-ce un mal? est-ce un bien? Il est naturel de penser qu'une observation plus suivie et plus complète Unira par démontrer que, si, dalis les jardins, la taupe ne peut être supportée, à cause des bouleversements qu'elle l'ait subir à la terre, elle doit l'être dans les champs et les prairies, à cause des vers blancs et dos insectes qu'elle détruit.

— Art vétér. Cette tumeur ne diffère de celle qui constitue le mal de garrot que par le nom qu'elle poste et le siège qu'elle occupe en arrière de la réyion de la nuque. Elle a reçu le nom de taupe parce qu'on a imaginé de la comparer à la butte de terre, à la taupinière que la taupe, en travaillant, élève à la surface du terrain, et aussi parce qu'on a

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cru que les fusées fistuleuses qui accompagnent quelquefois ce mal ressemblaient aux conduits que la taupe fait sous la terre ; le nom de testudo, qu'on lui donne aussi, est tiré de la ressemblance que l'on a cru ou voulu trouver entre la lésion appelée taupe et la carapace de la tortue.

On considère le mal de taupe comme particulier aux monodactyles ; cependant il n'est pas tout à fait étranger à l'espèce bovine, chez laquelle il porte le nom vulgaire d'écrouelle ; mais ces animaux y sont peu sujets. L'affection étant la même et présentant les mêmes indications dans les deux espèces, nous ne nous occuperons que du cheval.

Il existe dans le mal de taupe deux variétés : l'une est le phlegmon de la nuque, l'autre est le mal de nuque par infiltration, mieux nommé hyyruma atloïdien; ces deux sortes d'altérations se trouvent quelquefois réunies ; souvent l'hygroma finit par se transformer en phlegmon.

Le mal de taupe peut être occasionné par des coups, des chocs, des contusions, des frottements répétés et plus ou moins forts contre des corps durs. Les coups de fourche, de manche de fouet, que des charretiers brutaux assènent sur le sommet de la tête des animaux qu'ils conduisent, peuvent déterminer l'inflammation des tissus et causer le mal de taupe. Le même effet peut être produit par des pressions considérables, par une longuo exposition à l'ardeur des rayons solaires, en un mot par l'action contondante ou vulnérante de tous les corps capables de déterminer dans la partie un point d'irritation susceptible ou de porter l'animal à se frotter, ou de faire naître, par lui-même, une inflammation phlegmoneuse. Quelquefois un tel effet résulte de ce que les chevaux, couchés dans les écuries la tête sous la mangeoire, se relèvent précipitamment et se frappent la nuque contre le bord de l'auge ou contre une barre. La circonstance de gale ou de rouvieux est encore favorable au développements de la lésion, en ce qu'elle porte les animaux qui en sont attaqués à se frotter rudement partout et à se dilacérer ainsi le tissu lamineux sous-cutané de la région. Le cheval peut aussi se meurtrir cette partie en tirant sur sa longe violemment ou pendant longtemps pour parvenir à s'acculer. Enfin, le mal de taupe peut quelquefois succéder aux maladies avec irritation des méninges, dans lesquelles les animaux se débattent, se frappent et se meurtrissent la tète, telles que le vertige, le tétanos; mais la cause accidentelle la plus commune est, comme nous l'avons dit, celle des coups de manche de fouet que d'imprudents charretiers appliquent avec force sur le sommet de la tète. Les gros chevaux entiers^uiont la crinière chargée, et les chevaux de trait de race commune sont les plus exposés au mal de taupe; il est rare de voir un cheval tin en être affecté, bien que les individus de cette classe soient organisés de même ; mais les chevaux grossiers sont maltraités, ne sont pas tenus aussi proprement et ont la crinière toujours sale et mêlée, ■ce qui les oblige à se frotter, surtout lorsque la partie est le siège de la gale ou du rouvieux. Le mal de taupe a quelquefois son siège entre la peau et les muscles ; d'autres fois, il e^t situé entre les muscles et l'occipital ou les premières vertèbres cervicales. La tumeur qui le constitue existe quelquefois sur le plan médian; quelquefois cependant il n'occupe qu'un des côtés de la surface. D'un volume variable , cette tumeur est ordinairement aplatie, évasée, à base large, rarement élevée au sommet.

Le phlegmon de la nuque se reconnaît aux caractères de l'inflammation. La réaction fébrile est parfois très-intense ; les animaux ont assez ordinairement la même physionomie que s'ils étaient affectés d'immobilité, ce qui peut tenir ou bien a la compression de la moelle, ou bien plus communément encore à la vive douleur qu'occasionnent les mouvements de la tête sur l'encolure. Fuis une tuméfaction, qui paraît d'abord légère et évasée, se montre, prend insensiblement de l'accroissement et augmente de plus en plus. Si l'on y porte la main et que l'on comprime un peu, l'animal se défend, secoue la tête, recule et se cabre. A mesure que la tumeur fait des progrès et qu'elle s'étend sur les côtés, en arrière ou en avant, elle est susceptible de présenter une série de phéno- ■ menes qui méritent quelque attention. Le plus Souvent, elle se termine par la suppuration; la carie du ligament cervical, celle des vertèbres l'entretiennent ordinairement; il est assez rare que l'inflammation suppurative ne s'étende pas à la bourse muqueuse ou au tissu cellulaire lamineux de la région qui, d'habitude, se transforme en une pseudomuqueuse et mette un obstacle insurmontable à la guérison. La formation de ce tissu e&t caractérisée par des fistules à une seule ou à deux ouvertures latérales, qui passent sous le ligament en traversant la cavité de la pseudo-muqueuse qui, d'habitude, sécrète abondamment. Le pus fuse parfois en arrière, le long de la corde du ligament cervical qu'il carie; on a même vu ce liquide s'engager dans le canal rachidien en traversant le ligament capsulaire de l'articulation axoïdoatloïdienne,. La paralysie annonce cette redoutable complication, qui est presque toujours mortelle.

Quant au mal de nuque par infiltration, hy-

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groma atloïdien, il consiste dans une hypersécrétion de la bourse muqueuse atloldienna ou du tissu cellulaire qui en tient lieu, transformé en séreuse. Il se caractérise ordinairement par deux tumeurs situées à droite et à, gauche du ligament cervical. Lorsqu'elles sont très-volumineuses, il se forme entre elles une espèce de sillon. Elles sont tantôt douloureuses et tantôt indolores, et occasionnent de la roideur dans l'encolure. Elles présentent ordinairement une fluctuation assez obscure. Ce qui prouve qu'elles communiquent entre elles, c'est qu'en pressant celle de gauche on sent le flot du liquide a droite ; c'est à gauche qu'il se sent lorsque l'on presse à droite. Ces tumeurs peuvent se résoudre. Le plus souvent, elles résistent aux résolutifs et peuvent persister indéfiniment sans que leur volume se modifie d'une manière notable. Parfois il survient une inflammation suppurative qui marche, se complique et se termine comme le mal de nuque primitivement phleginoneux.

Le traitement du mal de taupe consiste, dans les cas d'étranglement, à scarifier profondément et même à débrider l'aponévrose. Lorsque la suppuration se manifeste, il faut ouvrir, et si la cicatrisation ne se produit pas bientôt, s'il existe des caries, des névroses, on y remédie par les moyens signalés à propos du mal de garrot. Les injections irritantes, caustiques doiventêtre employées. Quand il y a des fistules qui passent d'un côté a. l'autre de la région, on y introduit des mèches en y injectant des caustiques, en même temps que Ion applique des fondants résolutifs dans le but de résoudre les tissus lurdacés qui enveloppent ce ligament. Dans la plupart des cas, la guérison est opérée en moins de trois semaines. Si des parties ligamenteuses, tendineuses ou musculaires sont cariées ou en état de suppuration, il est de toute nécessité d'enlever les portions ainsi désorganisées soit avec le cautère ou l'instrument tranchant, soit avec la rugine. Due suture à bourdonnets termine l'opération. Eusuite on facilite l'écoulement du pua et on nettoie la partie par des lotions et des injections d'eau tiède simple ou chargée de chlorhydrate d'ammoniaque ; on sèche les plaies et l'on procède au pansement, qui consiste dans des plumasseaux d'etoupe sèche. Dans l'été et au commencement de l'automne, on couvre la partie avec une toile, dont on forme une sorte de capuchon, alla de la préserver de l'abord des mouches.

Quant au traitement de l'hygroma atloïdien, il consiste à inciser largement la plus grosse des tumeurs, lorsqu'elles sont inégalement développées, ou à les ouvrir simultanément à droite et à gauche lorsqu'elles sont d'un volume égal. Des injections de teinture d'iode ou d'eau-de-vie camphrée étendues concourent, avec l'opération, à obtenir le résultat désiré. On peut aussi traiter l'hygroma par l'injection iodée, au moyen de la ponction sous-cutanée, et inciser seulement lorsqu'il serait démontré que l'injection est inefficace. Lorsque l'hygroma se transforme en phlegmon, le moment est venu de recourir au traitement du mal de taupe précédemment développé.

Comme traitement préservatif de ces affections, il est évident qu'il faut, avant tout, éloigner toutes les causes qui sont exclusfVenient dépendantes de la volonté de l'homme. Lorsque les animaux ont l'habitude vicieuse de tirer sur la longe, on doit les attacher très-solidement, rembourrer la têtière du licol, ou bien se servii' d'un collier comme moyen d'attache, ou mieux encore, lorsque cela est possible, laisser les animaux libres de tout lien dans leur écurie. Quant au traitement hygiénique, il consiste, si les animaux doiventêtre attachés, à se servir d'un collier que l'on maintient entre deux tresses de crimère, afin d'éviter tout frottement sur les plaies. "Vu la difficulté que les animaux éprouvent pour lever la tête, surtout après l'opération du mal de nuque, il convient de placer les aliments dans la crèche seulement, ou même à terre, si la crèche était assez élevee pour que ruminai ne pût aisément y porter la tête.

TAUPE-GRILLON s. m. (tô-pe-gri-llon ; Il mil. ; — de taupe, et de grillon). Eutom. Nom vulgaire de la courtilière. il PI. taupes-qril-

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