‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 950 sur 1059 · LONS · texte numérisé non relu

LONS

TAUPE-MARINE s. f. Annél. Nom vulgaire d'une espèce de néréide. Il PI. taupesmarines.

TAUPETTE s. f. (to-pè-te ; — dimin. de taupe). Entom. Nom vulgaire de la courtilière.

TAUPIER s. in. (tô-pié — rad. taupe). Homme qui fait son métier de détruire les taupes, dans les jardins et dans les prés : Ne marchons pas sur les brisées Uu taUPJER. (A. d'Houdetot.j -

TAUPIÈRE s. f. (tô-piè-re). Syn. de taupinière.

— Piège à taupes, formé d'un morceau de bois creux muni d'une soupape.

— Bot. Espèce de champignon.

TAUPIN s. m. (tô-pain — rad. taupe). Nom donné anciennement à des mineurs qui sapaient les remparts des villes assiégées.

TAUP

— Sobriquet donné dans les lycées aux élèves des classes de mathématiques spéciales.

— Hist. Francs-taupins, Insurgés du temps de Charles VIII. Il Nom donné aux francs-archers créés par le même prince.

— Mamm. Nom vulgaire d'une espèce de campagnol.

— Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricornes, type de la tribu des élatérides : Les larves du taupin strié rongent les racines des blés. (H. Lucas.) Le corps du taupin est allongé et pointu au bout. (V. de Bomare.)

— Moll, Nom vulgaire d'une coquille du genre cône, qui sa trouve dans les mers d'Amérique.

— Encycl, Hist. Franc- taupin. V. ce mot à son ordre alphabétique (t. VIII, p. 780).

— Entom. Les taupins ont un corps ovale ou elliptique , déprimé , couvert de téguments solides; la tète enfoncée jusqu'aux yeux dans le corselet; les antennes ordinairement filiformes et en scie ou pectinées; la bouche plus ou moins enfoncée dans une sorte de mentonnière ; les mandibules échancrées ou bidentées a leur pointe; le corselet trapézoïdal, plus ou moins allongé; l'écusson généralement petit; le sternum terminé en arrière par une pointe ou un stylet; l'abdomen terminé, chez les femelles, par une sorte de queue servant d'oviducte; les élytres allongés, étroits et presque toujours striés; les pattes courtes, comprimées, en partie contractiles, a tarses filiformes. Les larves sont allongées, presque cylindriques, un peu aplaties , de consistance coriace, à corps formé de douze segments et muni do six pattes écailleuses; leur couleur est blanc jaunâtre ou roussâtre, avec la tête brune.

Les taupins présentent dans leurs mœurs une particularité remarquable ; la brièveté de leurs pattes ne leur permettant pas de se relever quand ils sont couchés sur le dos, ils y suppléent par la faculté qu'ils possèdent de sauter. • Pour cela, dit M. H. Lucas, ils contractent leurs pattes, et les serrant contre le dessous du corps, baissant intérieurement la tête et le corselet qui est très-mobile de haut en bas et rapprochant ensuite cette dernière partie de 1 arrièrepoitrine, ils poussent avec force la pointe du prosternum contre le bord du trou situé en avant du mésosternum où elle s'enfonce brusquement et comme par ressort. Le corselet, la tête, le dessus des élytres, heurtant avec force contre le plan de position, surtout s'il est ferme et uni, aident, par leur élasticité, à faire élever perpendiculairement le corps en l'air de manière qu'il puisse retomber sur ses pattes. >

Telle est la manœuvre que l'insecte réitère jusqu'à ce qu'il ait réussi; il parvient souvent ainsi à se soustraire à ses ennemis. D'autres fois, il se laisse tomber à terre et fait le mort. Quelques espèces sont phosphorescentes, et l'une d'elles, trouvée dans des bois apportés d'Amérique à Paris, au faubourg Saint-Antoine , a excité l'admiration des curieux. Leur saut est accompagné d'un petit bruit sec, qu'on a comparé a un coup de marteau, dou les noms vulgaires de taupin et de maréchal donnés à ces insectes, qu'on appelle aussi scarabées à ressort. Quelques-uns, au moment même de la détente, laissent échapper par la bouche uue sorte dy salive verdâtre, ce qui leur a valu le nom de scarabées cracheurs ou sputaleurs. A l'état parfait, les taupins vivent à terre, sur les feuilles et les fleurs, ou sur les épis de graminées et' sont alors peu ou point nuisibles.

Les larves vivent dans la terre, dans les bouses ou dans le bois pourri. Elles croissent lentement et restent plusieurs années avant d'arriver au terme de leur développement. On les a comparées à celles des ténébrions ou vers de farine ; les jardiniers les désignent sous le nom de cordes à boyau. Ces larves attaquent les racines des végétaux et sont souvent très-nuisibles à l'agriculture. Elles font de grands ravages dans les jardins, les pépinières et les champs de blé. Dès que les froids commencent à se faire sentir, elles s'enfoncent assez profondément dans la terre. Dans certaines années où elles sont abondantes, elles dévorent les jeunes racines des arbres fruitiers et deviennent un fléau pour les arboriculteurs.

Ce genre renferme un nombre considérable d'espèces, dont quelques-unes sont malheureusement trop communes chez nous. Le taupin nébuleux est d'un brun noirâtre, varié de gris roussâtre ; il vit sur les rosiers et ronge, dit-on, les pédoncules, au point do nuire à la floraison; sa larve dévore les racines des jeunes arbres dans les pépinières et les fuit périr. Le taupin obscur est velu, avec le corselet noir et les élytres brun roussâtre ; il est commun dans les parcs et les jardins, durant toute la belle saison, et vie sur les fleurs et sur les pelouses. On trouve sa larve dans le sol et fréquemment aussi dans les mottes de terre de bruyère. Le taupin cracheur est d'un noir brunâtre , avec un duvet jaunâtre ; aussi commun que le précédent, il mange les racines de beaucoup de plantes et nuit particulièrement aux céréales et aux laitues.

Le taupin rayé est brun ou un peu roux ; on le trouve en été sur les fleurs de beaucoup de plantes et sur les épis des céréale'-',

TAUR

« La larve de cette espèce, dit M. Boisduvaî, est extrêmement commune dans les lieux cultivés-, elle dévore dans les champs les racines du blé, du seigle et de l'avoine, et, dans nos jardins, celles des œillets, des iridées, des giroflées, des juliennes, des carottes, des salsifis, des choux, de la laitue, de la chicorée, etc. ; en un mot, elle est polypbnge et s'accommode de toutes les plantes herbacées ou ligneuses. M. Hogg a proposé, pour détruire les larves de ce taupin, cle répandre sur le sol des morceaux de tige de laitue. Comme elles aiment beaucoup cette plante , elles s'y rendent pendant la nuit; en les secouant le matin sur une toile, on en prend un grand nombre; cette opération doit être faite pendant la belle saison. «

TACP1N (Eloi-Charlemagne, baron), général, né à Barbery (Oise) en 17G7, mort en 1814. Il s'enrôla en 1791 dans un bataillon de volontaires, fit avec distinction les principales guerres de la République et se conduisit, comme colonel, de la façon la plus brillante ^k l'affaire de Diernstein contre les Russes (1805) et à Austerlitz. Pendant la guerre de Prusse (1807), Taupin obtint le grade de général de brigade , passa ensuite en Espagne, fit les campagnes de Portugal et d'Andalousie et fut promu général de division. Pendant la retraite que l'armée française opéra d'Espagne en 1814, Taupin donna de nouvelles preuves de ses talents et de sa bravoure à Vittoria, à Ortbez et à Toulouse, où, emporté par son impétuosité, il sortit des lignes qu'il devait défendre, fondit sur les Anglais de beaucoup supérieurs en nombre, Tes repoussa, mais fut bientôt enveloppé par eux et tomba mortellement frappé d'une bulle.

TAUPINAMBOUR s. m. Autre orthographe

du mot TOPINAMBOUR.

TAUPINÉE s. f. (tô-pi-né — rad. taupe). Syn. de taupinière.

La moindre taupinêe était mont à ses yeai. La Fontaihe.

TAUPINIÈRE s. f. (tô-pi-niè-re — rad.

taupe). Sorte de soupirail, entouré d'une petite éminence de terre , par lequel les galeries de la taupe communiquent avec l'air extérieur; l'eminence elle-même : Da7is une prairie, il faut étendre avec soin les taupinières gui s'y trouvent. (M. de Dombasle.)

— Elévation, édifice, construction, territoire de peu d'étendue : Jls logent dans une taupinière qu'ils appellent leur château. (Acad.) Charles Fourier a bâti des villes auprès des.quelles Borne, Babylone et Tyr ne sont que des taupinières. (Th. Gaut.)

— Encycl. Les taupinières sont ces monticules que les taupes font avec la terre qu'elles ont fouillée pour former la cavité où elles se retirent et les nombreuses galeries ou boyaux qui y aboutissent. Elles nuisent souvent à l'agriculture } en empêchant de faucher rez terre les prairies et les gazons. Un cultivateur soigneux cherchera donc à les détruire; pour cela, il fera tous les ans, au printemps, étendre les taupinières de ses prés, soit à la bêche ou à la pioche, soit avec la ratissoire ou la herse, si elles sont nombreuses et qu'on veuille aller plus vite. On a prétendu que la terre des. taupinières est meilleure que le sol environnant pour faire dans les jardins les terres composées, comme celles qu on destine aux œillets, aux orangers ou à d'autres végétaux. Mais c'est là un préjugé ; cette terre ne doit ses qualités qu'à son état de division extrême, résultat qu'on peut obtenir par d'autres moyens.

TAUPONT, village du Morbihan, cant., arrond. et à 2 kiloni. de PloËrmel, près du déversoir de l'étang du Duc ; pop. aggl., 174 hab. — pop. tôt., 2,178 hab. L'église, en partie romane, renferme des chapiteaux curieusement sculptés. Dans le cimetière se trouve un calvaire à personnages. Sur le territoire de cette commune, une croix de pierre et une pyramide de granit s'élèvent en remplacement du chêne de Mi- Voie, près duquel eut lieu, le £7 mars 1351, le célèbre combat des Trente, un des plus brillants exploits chevaleresques du moyen âge, combat digne des héros de {'Iliade. V. trente.

TAURE s. f. (tô-re — lat. taura, fém. de taurus, taureau), Mamm, Nom vulgaire de la vache qui n'a pas encore vêlé.

— Bot. Nom vulgaire de la lunaire, genre de crucifères.

TAURÉADOR S. m. V. TORÉADOR.

TAUREAU s. m. (to-ro — latin taurus, grec tauros, qui se rapporte au sanscrit sthira, même sens. Sthira signifie, comme adjectif, ferme, solide, immobile. La racine, qui est st/iâ, rester debout, stationner, se retrouve dans toutes les langues aryennes. Un autre dérivé, stltûra, désigne un homme fort, et Sthâw'a, la force, et, par extension, la charge que peut porter un animal. C'est à la forme ' sthû*» que correspond le gothique situr, l'anglo-saxon sleor , slyre , l'ancien allemand stior, taureau, lesquels se rattachent directement à l'ancien allemand siiuri , stûri, grand, fort, au gothique stiurjan, affermir, lixer, et aux termes nombreux qui s'y lient dans les dialectes germaniques. 11 faut ajouter l'anglo-saxon stiorc, styric, anglais sturk, allemand sterke, néerlandais star/ce, jeune taureau, ou la voyelle varie). Mâle entier de l'espèce bœuf: £/« taureau sauvage. Un corn-

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bat de taureaux. Le taureau sert principalement à la propagation de l'espèce. (Buff.) Le nom taureau indique l'animal mâle qui n'a pas été privé de ses organes génitaux. (Raspail.)

De cent taureaux choisis on forme l'hécatombe.

Lamartine.

Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute Ont l'esprit mieux tourné que n'a l'homme. — Oui,

[Rans doute.

BoiLEAU.

— Fig. Homme vigoureux : Cet homme est un taureau, un vrai taureau.

— De taureau, Fort, puissant, vigoureux : Epaules de taureau. Cou de taureau. Voix de taureau. Force db taureau.

— Taureau banal, Taureau appartenant au . seigneur et destiné à saillir les vaches de ses vassaux. Il Fig. Homme à qui toutes les femmes sont bonnes.

— Hist. Taureau de Phalaris. V. Phalaris.

— Blas. Bœuf dont la queue est retroussée sur le dos, le bout tourné à sénestre.

— Ane. théâtre. Rôle très-violent, qui réclame de robustes poumons : Jouer les taureaux.

^ — Mar. Navire à deux mâts, très-renflé par l'avant, qui est particulièrement en usage dans la Manche.

— Astron. Nom de l'une des douze constellations et du deuxième signe du zodiaque. Il Taureau royal de Ponialowsky , Nom proposé pour une constellation qu'on aurait formée avec quelques étoiles d'Ophiucus.

— Mamm. Nom vulgaire des animaux du genre bœuf. Il Taureau à bosse, Taureau du Mexique, Taureau du Canada, Taureau des Illinois, Noms vulgaires du bison. H Taureau des Indes, Nom vulgaire du zèbre. Il Taureau bleu, Nom vulgaire de l'antilope nylghaut. n Taureau cerf, Nom vulgaire du gnou. Il Taureau éléphant, Nom vulgaire du buffle et du bubale, il Taureau de mer, Nom donné par quelques voyageurs à l'hippopotame, au lamantin et au narval.

— Ornith. Taureau d'étang, Nom vulgaire du butor.

— Entom. Taureau volant, Nom donné par quelques voyageurs à de très-grosses espèces de scarabéides.

— Encycl. Zool. et écon, rur. Nous avons donné au mot bœuf les détails généraux concernant le bœuf, le taureau et la vache. Nous ajouterons ici ceux qui sont particuliers au taureau, au double point de vue de l'histoire naturelle et de l'économie rurale.

Chez le taureau, le mugissement est plus sonore que chez la vache et le bœuf. « Le taureau, dit Buffon, ne mugit que d'amour; la vache mugit plus souvent de peur et d'horreur que d'amour ; le veau mugit de douleur, de besoin ou du désir de sa mère. » La verge du taureau est aplatie sur sa longueur; les testicules sont pendants et ovoïdes. Les taureaux ne peuvent guère engendrer qu'à deux ans. La violence de leurs désirs est extrême au temps de la chaleur et s'annonce par leurs mugissements répétés. Ils se battent avec fureur pour la possession de la vache, et le vainqueur devient l'amant favorisé. D'ailleurs, dès que la vache est pleine, le taureau refuse de la couvrir. La plus grande force des taureaux est entre cinq et neuf ans ; ils vivent en moyenne quinze ans. On.j'econKaît l'âge de ces animaux par la disposition des cornes et des dents. Les premières dents de devant tombent & dix mois et sont remplacées par d'autres qui sont moins blanches et plus larges. A seize mois, les dents voisines 3e celles du milieu tombent à leur tour et sont également remplacées; enfin, à trois ans, toutes les incisives sont renouvelées et se présentent alors égales, longues et assez blanches; mais à mesure que le taureau avance eu âge, elles s'usent, deviennent inégales et noircissent. Les cornes croissent tant que l'animal vit; on y distingue facilement des bourrelets ou nœuds annulaires qui indiquent les années de croissance et par lesquels l'âge peut se compter, en prenant pour trois ans la pointe de la corne jusqu'au premier nœud et pour un an de plus chacun des intervalles compris entre les autres noeuds. Les cornes du taureau sont permanentes ; elles ne tombent jamais, et si elles se cassent par accident ou si elles tombent à la suite d'une tumeur survenue a leur racine, elles ne croissent plus. Les cornes des taureaux sont, pour ces animaux, des armes puissantes et redoutables. Lorsqu'ils veulent en faire usage, ils baissent la tête, présentent à leur adversaire la pointe de leurs cornes, le déchirent et, s'il n'est pas de trop grande taille, le lanceDt en l'air après l'avoir percé de part en part. Ces animaux donnent aussi de violents coups de pied. Ils ont une grande force dans la tête et dans les épaules; ils sont courageux et leur colère est furieuse. Parmi les taureaux domestiques, il y en a même beaucoup qui ne laissent pas d'être à craindre.

Le choix du taureau pour la propagation de l'espèce doit être fait avec discernement; rien n'est plu3 rare dans quelques cantons de France qu'un beau taureau. Jl n'y en a pas même dans tous les villages, et les propriétaires sont parfois forcés de faire conduire leurs vaches au loin pour les faire saillir par un taureau chétif, tantôt trop jeune , tantôt

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épuisé et souvent affaibli par Je travail et la faim. I! ne peut résulter de semblables unions que des produits misérables et le dépérissement de l'espèce. Le taureau doit être choisi parmi les plus beaux de son espèce. Il doit avoir de trois à neuf ans, être gros, fort, bien fait et en chair, avoir l'œil noir, le regard fier, le front ouvert, la tête courte, les cornes grosses et courtes, les oreilles longues, velues, le mufle grand, le nez court et droit, le cou charnu et gros, les épaules et la poitrine larges, la queue longue et couverte de poil, l'allure ferme et sûre, le poil luisant, épais et doux au toucher. Il ne pourra servir que trente à quarante vaches et devra être nourri largement.

Quoique l'on puisse soumettre le taureau au travail, on n est pas toujours sûr de sa docilité, et il faut être en garde contre l'usage qu'il peut faire de sa force. Il est souvent fougueux, et au temps du rut il devient indomptable. Par la castration, on détruit la source de ses mouvements impétueux, et il devient, à l'état de bœuf, plus traitable, plus patient, sans rien perdre de sa force; il acquiert aussi plus de grosseur et de facilité a engraisser. C'est ordinairement vers dix-huit mois ou deux ans, au printemps ou à l'automne, que l'on soumet le jeune taureau à cette opération, qui se fait, au reste, sans difficulté et de différentes manières, selon les usages des pays. La meilleure méthode est celle qui consiste à enlever les testicules; elle est généralement suivie dans le Maine et le Cotentin. On saisit les testicules; après avoir fait une incision à la peau, on les fait sortir et on les détache l'un après l'autre avec un bistouri; on lave ensuite la plaie avec de l'eau fraîche et l'on y verse un peu d'huile. L'opération terminée, on lâche l'animal que l'on avait d'abord jeté par terre, du côté gauche , la jambe droite de derrière attachée avec une corde passée sous le cou de l'animal. Il faut ensuite le laisser au moins trois jours à l'étable, en ne lui donnant pour toute nourriture que de la paille et du son. Dans beaucoup de pays, on se contente de bistourner les taureaux, c'est-à-dire que l'on serre fortement avec une ficelle ou que l'on tord les vaisseaux spermatiques afin de les atrophier. Mais cette méthode peut être considérée comme mauvaise, car il arrive quelquefois que les taureaux bistournés conservent quelques qualités du sexe masculin, sont impétueux, indociles et cherchent à s'approcher des vaches dans le temps de la chaleur.

Les taureaux, comme aussi les bœufs et les vaches, sont très-sujets à se lécher; ils enlèvent leur poil avec la langue et l'avalent en assez grande quantité. Ce poil forme dans leur panse des pelotes rondes, que l'on appelle égagropiles ou bézoards ; elles se revêtent avec le temps d'une croûte brune assez solide, qui n'est cependant qu'un mucilage épaissi, mais qui, par Je frottement, devient dur et brillant. Comme on croit que ces égagropiles empêchent les bœufs d'engraisser, on laisse, aux endroits de leur corps où ils peuvent atteindre, la fiente qui s'y attache quand ils sont couchés; mais ce remède est certainement plus nuisible que le mal. La couche de fiente desséchée arrête la transpiration et peut devenir très-préjudiciable h l'animal. Le vrai moyen de les empêcher de se lécher est, au contraire, de les entretenir toujours très-propres, car alors ils n'éprouvent plus de démangeaison.

I! existe un grand nombre de races de taureaux, qui sont le résultat de tous les croisements et de tous les soins dont le genve bœuf a été l'objet dans l'état de domesticité. N'ayant donné à l'article bœuf que des indications sommaires concernant les principales variétés, nous compléterons ici ces indications en commençant par les races françaises.

On signale en France : 1» la race limousine : taille moyenne, forme allongée, tète grosse, cornes longues et pointues, épaules épaisses ; c'est a cette race que l'on doit rapporter les angoumois et les saintongeois, qui n'en diffèrent que par la taille ; 2» la race gasconne : taille considérable, ventre peu volumineux, poil du front très-gros, très-long et très-dur; 3» la race charolaise : taille moyenne, conformation courte, large, massive; cornes courtes, fines et verdâties; dos et reins droits, ventre volumineux, pelage d'un beau blanc avec des taches rousses ; 4° la race nivernaise : taille petite ou moyenne ; généralement très-estimée ; 5» la race bretonne : petite taille, membres et tête menus, cornes très-longues, noires par le bout ; G° la race du Maine : taille moyenne, cornes courtes, fines et blanches; le fanon manque dans la généralité des individus ; 7<> la race du pays d'Auge : taille très-grande, belles proportions, cornes blanches, grosses, courtes et rondes par le bout. Cette race, originaire de la Hollande, a été introduite en France, où elle a bien réussi, surtout dans la vallée d'Auge; 8» la race du Cotentin : taille forte, tête longue et peu grosse, cornes longues, menues et pointues, fesses minces, ventre volumineux, cou énorme; de toutes tes races de bœufs, c'est la race cotentine qui donne les plus beaux taureaux et, dans l'industrie de l'engraissement, au moins en France, les individus les plus lourds; 9» la race de la Camargue : taille moyenne, corps épais, ventre descendant très-bas, cornes courtes, for-

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mant un croissant parfait, dont les pointes se rapprochent; poil noir. Cette race, qui est à demi sauvage, n'habite que les îles de la Camargue, formées par l'embouchure du Rhône au-dessous d'Arles. On la dit originaire d'Italie. Ses mœurs sont farouches; la couleur noire de son poil, la grosseur et l'abaissement de son ventre lui donnent beaucoup de ressemblance avec le buffle. C'est elle qui fournissait les taureaux qui servaient dans les combats qui avaient lieu quelquefois à Nîmes et à Tarascon, à l'instar de ceux de l'Espagne.

Parmi les races étrangèresàlaFrance, nous citerons : 1<> la race suisse : taille moyenne ou assez grande, fanon grand, belle race; le cuir qu'elle fournit est très-épais ; 2° la race hollandaise : taille moyenne, corps très-long et haut sur jambes, mince, peu pourvu de ventre ; tête longue, année de cornes noires et très-grandes ; 3<> la race anglaise, dans laquelle on remarque, pour la taille, les taureaux du Suffolk et du Herefordshire, dont le caractère commun le plus apparent consiste dans la petitesse de la tête, la brièveté du cou et l'horizontalité parfaite du dos ; ce sont peut-être, de tous les taureaux, sinon les plus grands! au moins ceux dont le poids est le plus considérable ; 4° la race écossaise : le taureau sans cornes d'Ecosse, très-multiplié aussi dans le comté de Suffolk, où il prend une forte taille et la couleur blanche, est encore à moitié sauvage ; dans les parcs d'Ecosse, il est de petite taille ; 5° la race irlandaise : ces taureaux manquent de cornes, comme ceux d'Irlande et d'Ecosse. Nommons encore les races italiennes et espagnoles, si renommées par les taureaux qu'elles fournissent pour les courses et les combats des cirques. L'Asie, l'Afrique et l'Amériqueont aussi leurs races particulières.

— Féod. Taureau banal. En certains lieux, les seigneurs féodaux entretenaient un taureau banal pour les vaches de leurs vassaux, avec défense de faire couvrir celles-ci par d'autres taureaux; et, pour chaque vache qui était amenée au taureau banal, ils exigeaient un droit plus ou moins élevé.

D'après M. Championnière (Coutumes et institutions féodales), le droit de taureau banal, comme tous les autres droits de banalité, n'appartenait qu'aux seigneurs hauts justiciers. C'était une dérivation exorbitante et abusive du droit de ban ou de commandement, que le justicier exerçait originairement sur l'étendue du territoire soumis à sa juridiction. Ce droit de ban permettait aux seigneurs hauts justiciers de publier et de rendre exécutoires des règlements de police ou autres concernant l'intérêt général. Lorsque la révolution féodale du xo siècle eut rendu les justiciers indépendants du pouvoir royal et patrimonialement propriétaires de leurs droits de justice, ils usèrent du ban dans un intérêt purement privé. Ils publièrent notamment des règlements interdisant aux habitants dans le ressort de leur justice l'usage libre de leur propriété) en vue de se ménager à eux-mêmes des monopoles lucratifs. Telle fut l'origine des différentes banalités de four, de moulin, de pressoir, de taureau, etc. ; ce nom de banalité en détermine pxpressivement la nature originelle. Le seigneur haut justicier publiait un ban par lequel il obligeait, sous peine d'amende, les manants de sa justice à venir cuire leur pain ou moudre leur grain au four et au moulin seigneurial. Quelquefois, ces injurieuses atteintes à la propriété privée des habitants allaient jusqu'à leur faire défense d'avoir euxmêmes dans leurs métairies des animaux reproducteurs, et à les contraindre de recourir à l'étalon banal ou seigneurial. De là les banalités de vérat, de taureau, etc.

— Archéol. Taureaux à face humaine. Ces figures symboliques de proportions colossales étaient très-usitées dans les constructions assyriennes. Le musée du Louvre possède deux admirables taureaux qui servaient à orner une des portes du palais de Khorsabad. C'était, croit-on, l'usage ordinaire qu'on faisait de ces colosses d'en orner l'entrée des grands édifices. Cens de Khorsabad mesurent 4m, 20 de hauteur. Ils sont en albâtre et engagés, l'un par le flanc droit, l'autre par le flanc gauche, dans le bloe.Les cheveux et la barbe sont bouclés ; les oreilles ornées de pendants; la tête surmontée d'une tiare étoilée, couronnée par une rangée de plumes droites; entre les jambes se lisent des inscriptions. Ces inscriptions contiennent les titres de Sargon, roi du pays d'Assour, et un récit des victoires de ce prince. On a donné de ce symbole, si souvent répété par l'art assyrien, un grand nombre d'explications inadmissibles; les renseignements les plus justes, et en même temps les plus ingénieux, nous semblent fournis par M. Longpériei dans les quelques lignes qu'on va lire. «Quoi, que l'archéologie assyrienne soit encore bien incomplète et qu'il soit, par conséquent, difficile d'établir une théorie positive de la valeur symbolique des monuments retrouvés jusqu'à présent, cependant on peut conjecturer que les rois d/Assyrie avaient choisi le corps du taureau pour en composer, avec leur portrait, une sorte de sphinx analogue à celui qu'avaient adopté les rois d'Egypte. Il est bien prouvé que les sphinx égyptiens sont des images royales. Les rois d'Assyrie ont pu aussi faire allusion au nom de leurs pouplus,

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car le taureau se nomme suhour et tour, suivant lea dialectes de l'idiome sémitique, comme l'Assyrie Aschovr et Atouria. Or, il rufritde l'addition de l'article devant ces mots pour produire Hnschour et Hatour. C'est ainsi que la déesse Hathor, empruntée par l'Egypte à l'Assyrie, est représentée sous la tonne d'une vache. Cette Hathor est assimilée à Vénus, et la colombe, oiseau consacré à cette déeSNe en Syrie, à Chypre, se nomma du même nom que le taureau ou la vache ; les ailes et laqueue de colombe, données à la figure divine qui plane au-dessus du roi d'Assyrie dans les bas-reliefs de Niinroud, peuvent avoir été choisies dans l'intention d'exprimer un caractère éponymique. Ce qui est certain, c'est que le prophète Daniel représente les quatre grandes monarchies sous la forme de quatre animaux symboliques. »

— Blas. En armoiries, cet animal paraît dans Vécu de profil et passant, ayant la queue retroussée sur le dos, le bout tourné à séjiestre, ce qui le distingue du bœuf qui a la queue pendante. On appelle furieux le taureau qui parait levé sur ses pieds de derrière. • Quelques modernes, dit Viton de Saint-AIlais, ont cru que cetth attitude était la plus ordinaire du taureau, sans faire attention que le mot furieux deviendrait inutile dans ce cas aussi bien que le mot rampant h l'égard du lion, puisqu'on n'exprime pas les positions ordinaires.... Ce qui prouve, d'ailleurs, que cette attitude n'est pas la plus ordinaire de cet animal, c'est qu'on trouve beaucoup plus d'exemples de taureaux passants que de taureaux furieux. »

Tnuriae, en Guyenne et Gascogne ; d'azur, au taureau d'or. — Cadenet, en Bresse et Bug-ey: d'azur, à un taureau ailé d'or, effrayé. — Bonei, en Dauphiné: d'azur, au Ifiureflîipassantd'or. — D« l>inuec,en Bresse : d'azur, à un taureau d'or, passant. — Turin, dans le Maine: d'azur, au taureau passant d'or, sommé d'une étoile du même, à trois fleurs de lis d'or, en chef. — Taureau de Molliarâ, en Orléanais : de gueules, au taureau d'or. — Taurine, en Languedoc : d'azur, au taureau d'or. — Dea Guiilnumanche», en Auvergne : d'argent, au taureau de gueules, au lambel d'azur. — Disdirr, en Dauphiné : d'or, au taureau effrayé de gueules, accorné et ongle de sable, la queue sur le dos, guidé d'une étoile d'argent.' — Denier, en Languedoc : d'or, au taureau rampant de gueules, corné et ongle d'azur, chargé de cinq éto.les d'or. — Jtlomnffiu, en Languedoc : d'or, au taureau de gueules, au chef endeirté de trois pointas d'azur. — Bo«»ugt«, en Languedoc , de gueules, au tauieau d'or passant au pied d'un chêne, à deux branches nrses en sautoir d'argent. — Bouvard, dans le Comtat-Venuissin : de gueules, à trois rencontres de taureaux d'or,

— Astron. Nom commun à une constellation et au deuxième signe du zodiaque. La soleil parcourt ce signe du 20 avril au 20 mai. On le représenta par la ligure "^J*, qui ressemble grossièrement à une tête de bœuf.

Le 1er janvier de chaque année, le Taureau passe nu méridien v^srs 9 heures du soir. Le groupe des Pléiades scintille sur son épaule et celui des Hyudes sur son front. Son œil droit est marqué parla magnifique étoile Aldébaran. La ligne de l'éelipiique passe entre les deux étoiles ^ et Ç du Taureau, qui forment les deux extrémités de ses cornes. C'est ce qu'Ovide savait très-bien lorsqu'il faisait donner à Phaéthon le conseil suivant:

Per tamen adversi gradient corrcua Tauri.

Le catalogue de Flamstead attribue 141 étoiles a la constellation du Taureau, Le nom de cette constellation a plusieurs origines, entre lesquelles on peut indistinctement choisir; c'est le taureau, dont Jupiter emprunta la forme pour séduire Europe, fille d'Agénor; ou bien c'est le Taureau blanc qui eut la rare bonne fortuDe de plaire à Pasiphaé, femme de Minos, et de la rendre mère du Minotaure ; c'est encore la vache Io. Chez les Egyptiens, c'était le bœuf Apis; chez tes Hébreux, le veau d'or, etc.

— Taureau royal de Pouialowski. C'est une constellation boréale que l'abbé Poczobut, astronome du roi de Pologne en 1776, u proposé de former, sur la gauche d'Ophiucus, au moyen de quelques étoiles qui, selon lui, n'avaient pas été classées et auxquelles il adjoignit un lambeau de la constellation d'Ophiucus. Cette constellation, due à la complaisance d'un courtisan, figure sur quelques anciennes cartes.

— Al! us. fcist. Taureau de PbalsrJc, Taureau d'airain dans lequel ce tyran faisait brûler ses victimes, V. Phai.aris.

Taureau. Iconogr. Outre le célèbre Taureau Furuèse, auquel nous consacrons ci-après un article -tpécial, l'art antique nous offre plusieurs figures do taureau dignes d'intéiêt, entre autres un Taureau en-marche et un Taureau attaqué par un ours que l'on voit dans la salle des Animaux, au musée du Vatican ; le premier de ces ouvrage* a été trouve dans les fouilles faites à Ostie. Un bronze antique représentant un Taureau eumarche a. été payé 1,001 francs à la vente Ùubreuil Le Noir en 1821. La sculpture moderne a produit en ce genre plusieurs œuvres remarquables. On doit a Barye un Taureau saisi par un tigre, un Taureau terrassé par un ours et une Chasse

TAUR

au taureau, sculptures en bronze d'une vérité saisissante. La Chasse au taureau est une des œuvres capitales du maître : l'animal furieux a renversé un des cavaliers qui le poursuivent ; mais, affolé lui-même et comme lassé de sa course furieuse, il a butté contre le cheval qu'il a terrassé, et, la tête haute, la langue pendante, il ploie sur ses jarrets de derrière; deux autres cavaliers se précipitent sur lui, l'épée à la main ; un dogue de forte race le mord à belles dents. Le cavalier dont la monture est abattue cherche à se dégager. Ce groupe forme un pêle-mêle dont le caractère dramatique et pittoresque est supérieurement rendu. Les chasseurs sont vêtus de costumes espagnols du xve siècle. Ce bronze faisait partie d'un surtout de table exécuté par Barye pour le duc d'Orléans; il a été acquis par M. Lutteroth pour le prix très-minime de 4,500 francs, à la vente de la galerie d'Orléans en 1850. M. Clesinger a exposé au Salon de 1859 un Taureau romain, marbre d'un style très-énergique et très-puissant, • digne d'entrer dans la grandiose ménagerie du Vatican, « suivant le mot de M. Paul de Saint- Victor, et, au Salon de 1864, un Combat de taureaux romains, d'un mouvement et d'une sauvagerie terribles : un des combattants s'affaisse, le poitrail peFcé par la corne aiguë de son adversaire ( v. combat). M. Rouillard a sculpté en bas-relief un Combat de taureaux bulgares (Salon de 1865) pour la frise du Ealais du sultan, à Belerbey. M1'" RosaBoneur a exposé au Salon de 1848 un Taureau en bronze, et son frère, M. Isidore Bonheur, un Groupe de taureaux au Salon de 1850. Citons encore un Taureau en bronze, exposé en 1863 par M. L. Navatel, dit Vidal, artiste sourd-muet.

La peinture nous offre, en première ligne, le fameux Taureau de Paul Potter, que nous décrivons ci-après. A l'imitation du grand maître hollandais, un artiste anglais, James Ward, a peint un Taureau de grandeur naturelle qui a été exposé pour la première fois en 1822 et qui a reparu à l'exhibition internationale de Londres en 1862. J.-B. Berré a peint un Taureau se frottant contre un arbre (Salon de 1831); M. Joseph Stevens , un Taureau flamand poursuivi par un chien (Salon de 1858); M. Charles Verlat, un Taureau se défendant contre des loups (Salon de 1864) ; M. de La Rochenoire, un Jeune taureau normand dans lavallée d'Auge (Salon do 1875), etc. Des Taureaux ont été peints encore par J.-ll, Roos, Rosa Bonheur, E. Van Maroke, etc. On doit à Rubens des Chasses au taureau, et a l'Espagnol Goya plusieurs Combats de taureaux.

Tnuroau (le), célèbre tableau de Paul Potter; au musée de La Haye. Un jeune taureau brun rouge et tacheté de blanc sur les reins et au front est debout, au milieu et en travers du tableau, près d'un groupe formé de deux firbres entre-croisés; il tourne la tête vers le spectateur et commence un beuglement. Près de lui, à gauche, une vaeh<t jaunâtre à tête blanche est couchée de face, en raccourci; une brebis blanche et son agneau sont également couchés, et un bélier est debout, à côté d'une palissade, au-dessus de laquelle se montre un berger qui appuie la main gauche à l'un des arbres et regarde le taureau. L'homme et les cinq animaux sont de grandeur naturelle. A droite, s'étendent de vastes pâturages où paissent au loin de nombreux bestiaux; des bois et des villages se dessinent vaguement à l'horizon.

Cette grande toile, de îîpieds^de largeursur 8 de hauieur, est signée : Paulus Potter f. 1G47. Le maître n'avait alors que vingt-deux ans. On a fort diversement apprécié le Taureau; plusieurs connaisseurs le considèrent comme le chef-d'œuvre de Potter et quelques-uns n'ont pas hésité à le qualifier de ■ sublime. > Voici le jugement du docteur Waagen : • Le bétail est d'une vérité telle que, même (le près, on croirait voir des animaux vivants; il semble qu'on va toucher du doigt les poils de la tête de la vache. Sur cette grande échelle, l'élément plastique et l'énergie da l'exécution produisent un effet vraiment imposant. Je ne signalerai qu'un défaut: les jambes du taureau et la jambe de devant repliée de la vache ont un peu de roideur. Mais, abstraction faite de ces légères taches, en dépit de sa perfection, ce chef-d'œuvre prouve combien était juste le sentiment qui porta les peintres hollandais en général à traiter leurs sujets dans de petites dimensions. ■ Après avoir constaté que le taureau, la vache et les moutons sont peints avec la plus étonnante habileté et font l'effet d'animaux vivants dans une campagne ouverte, M. Viardnt a exprimé aussi l'idée que le sujet ne comportait pas un cadre aussi vaste. Ecoutons maintenant W. Burger, le critique de notre temps qui aie mieux étudié l'école hol- • landaise : « J'ai entendu des Hollandais prétendre très-sérieusement que le fameux Taureau de Paul Potter surpasse tout ce que Raphaël a pu faire. Il est vrai qu'on ne connaît pas beaucoup en Hollande tout ce que Raphaël a fait... Ce grand tableau, si célèbre, est pourtant, selon moi, bien loin de valoir les petites peintures de Potter lui-même... Le vice principal de cette peinture est que les grands animaux du premier plan sont exécutés et en quelque sorte modelés en relief, au moyen d'empâtements superposés et palpables, coiame serait un trompe-l'œil en terre

TAUR

cuite ou en carton recouvert de cire, avec les touffes de poil et les moindres particularités du pelage. Tout y est, et on en pourrait, à pleine main, toucher la réalité. Mais on n'aurait pas penr de prendre par les cornes ce taureau fanfaron, car on voit bien qu'il est en pâte et qu'il ne bougerait point. Au contraire, l'Angleterre possède de Paul Potter quelques petits taureaux, de la grosseur d'un lapin, qui sont terribles et sa défendraient contre des lions... Le malheur est, de plus, que l'effet adopté trop naïvement par le peintre ne comporte point d'ombres. La lumière est égale partout, monotone et sans demiteintes. Car le temps est un peu sombre; le ciel n'a pas un nuage, mais une sorte de voile opaque tendu entre la terre et le soleil et qui intercepte tout rayonnement. La Hollande offre souvent cet effet-là... L'effet du tableau de Paul Potter est donc vrai, d'une vérité relative ; mais il ne s'accommode point au sujet, où précisément il eût fallu un ciel fantasque qui permît des contrastes d'ombre et de clair-obscur pour y dissimuler certaines parties de ces grandes machines animales. > Th. Gautier a écrit : « Le Taureau de Paul Potter est une toile d'un prix inestimable dont, à notre grand regret, nous n'apprécions pas tout le mérite... Le taureau nous a paru copié sur une bête empaillée... • Et M. Maxime Du Camp : " Ce tableau, qui n'a de beauté que par le paysage et qui n'a de vérité que dans l'œil a demi endormi et tout à fait hébété de la brebis, m'a ennuyé, en somme. » Tous les amateurs n'ont pas été de cet avis. Le Taureau fut vendu 630 florins à la vente de Willem Fabricius en 1749; Smith l'estimnit, en 1834, 5,000 guinées. Il a été gravé par Le Bas dans la galerie Le Brun; par C'ouchi, par Baltard, par V. Denon (eaufor le), par Réveil (au trait), etc. Il a fait partie des collections du Louvre sous le premier Empire.

Taureau Farnèse (le) OU Dircé liée ai"

corn» d'un taureau, célèbre groupe de marbre, sculpté par Apollonius et Tauriscus de Rhodes; au musée des Etudes, à Naples. Ce groupe est l'ouvrage le plus considérable qui nous soit resté de la statuaire antique. Pline nous apprend qu'il fut taillé dans un bloc de marbre de 12 palmes sur 12 et qu'on le transporta de Rhodes à Rome sous l'empereur Auguste. Découvert dans les thermes de Caracalla, sous le pontificat de Paul III, il fut placé, par les soins de Michel-Ange, dans la cour du palais Farnèse. Apporté a Naples en 1786, il orna le jardin de la villa Reale et fut enfin installé au musée des Etudes avec plusieurs autres chefs-d'œuvre de sculpture autique, tels que \' Hercule, le Gladiateur et la Minerve, provenant comme lui de la collection Farnèse et qui en ont également gardé le nom. Suivant l'opinion la plus répandue, voici quel serait le sujet, de ce groupe: Zethus et Amphion, fils d'Antiope et de Lyeus, roi de Thèbes, après avoir attaché aux cornes d'un taureau sauvage Dircé, qui a excité la jalousie de leur mère, reçoivent de celle-ci l'ordre d'arrêter l'animal furieux. D'autres archéologues prétendent que le sculpteur aurait représenté Antiope elle-même attachée aux cornas du taureau et délivrée par ses fils. Voici quelle est la composition: sur un' rocher ti es-pittoresque, le taureau s'arrête frémissant, retenu par les deux jeunes gens dont l'un l'a saisi à la tête, tandis que l'autre ramène vigoureusement en arrière une corde attachée aux cornes. Dircé, renversée et pâmée, se présente en avant et de face. Antiope est debout derrière le taureau. Dans la partie basse du rocher, un jeune berger ("d'autres disent Bacchus) est assis, à droite, le corps adossé à cette roche; sa tête est couronnée de lierre; une légère draperie le couvre jusqu'à mi-cuisse; une peau de bête lui sert de manteau; son chien, levé sur ses pattes de derrière, regarde le taureau en aboyant. D'autres animaux, lion, tigre, cerf, etc., de peiite dimension, sont sculpiés dans le creux de la plinthe. Ces parties secondaires sont à peu près intactes; mais, bien que Winokelniann ait cru y voir le caractère de perfection que l'on attribue aux ouvrages de l'école de Lysippe, on peut dire qu'elles sont moins soignées que les grandes figures. Celles-ci ont malheureusement subi de nombreuses et maladroites restaurations, dont les principales doivent être imputées au sculpteur milanais Blanchi, qui n'avait en aucune façon le s-entiineiit de l'art antique; mais on peut juger, d'après les morceaux qui ont été épargnés, de l'habileté et de la science des sculpteurs qui ont- exécuté ce vaste ouvrage.

On retrouve le même groupe sur une médaille de Thyatire, dans une peinture antique du musée des Etudes et sur des morceaux d'ivoire trouvés à Pompéi.

Taureau (CHÂTEAU DU), château du Finistère, aux environs de Morlaix, sur un rocher isolé au milieu de la mer. Ce château, de forme oblongue, comme le rocher qui lui sert d'assiette, est armé d'une batterie basse de canons de gros calibre, placés dans des casemates voûtées par Vauban en 1680. * Des pièces plus légères, dit M. Pol de Courcy, parmi lesquelles on remarque deux anciennes coulevrines à huit pans, dont l'une porte les armes de Bretagne, entourées de la cordelière , défendent la plate-forme, qui est dominée par une tour ronde en forme de donjon, écroulée en 1609 et rétablie en I6U.

TAUR

La rbrt contient des logements et une vaste citerne pour l'usage de la garnison ; l'entrée, au midi, donne du côté de la rade et se ferme au moyen d'un pont-levis. Les bourgeois de Morlaix, pour se mettre à l'abri des incursions des Anglais, construisirent à leurs frais cette forteresse en 1542; ils en entretenaient la garnison et nommaient le capitaine, élu pour un an et qui était généralement le procureur syndic ou maire, quittantl'exercire de sa charge, aussi annuelle. En 1660, Louis XIV dépouilla la ville du glorieux privilège, unique à cette époque en France, d'exercer sa souveraineté sur une place forte frontière. Après cette confiscation, le château ne fut plus qu'une prison d'Etat, où lurent renfermés, en 1765, La Chalotais, transféré ensuite a Saint- Malo, et en 1795 les conventionnels Romme, Soubrany et Bourbotte, qui se poignardèrent dans leur prison pour échapper a la honte de l'éohafaud. ■

TAUREAU (mont du), montagne de Franco (Doubs), arrond. et à 4 kilom. N.-E. de Pontarlier, dans les monts Jura; 1,352 mètres d'altitude.

TADREL (Jacques), peintre français, né a Toulon en 1760, mort en 1830. Après avoir terminé ses études à Paris, il alla en Italie, où il fit un grand nombre de dessins d'après nature, qu'il transporta plus tard sur la tuile. Parmi ces tableau^ dont un grand nombre ont été gravés, on cite : la Vue du port et de ta rade de Toulon; la Bataille naoale de Boulogne; le Cotisée, à Rome, etc.

TAUR EL (André-Benoît-Barreau), graveur, né à Paris en 1794, mort en 1859. Elève du célèbre Berwic, il remporta en ISIS le grand prix et alla continuer ses études à Rome. Appelé en 1828 par le roi Guillaume en Hollande, il fut nommé directeur de l'Ecole de gravure à l'Académie des beaux-arts d'Amsterdam et il exerça ces fonctions jusqu'à sa mort. Ses principales productions sont : les portraits du roi Guillaume !«', d'après Pieneman; de Guillaume 1 1 , d'après Kruseiuan; du czar Nicolas, d'après Krùger. — Son fils a aussi cultivé la gravure avec succès.

TAURÉLÉPHANT s. m. (to-ré-lé-fan — contr. de taureau et de éléphant)^ Mamtn. Syn. de taureau éléphant ou bubale : Le TAURÉLÉPHANT a la figure du taureau. (V. de Bomare.)

TAURELIÈRE s. f . (tô-re-liè-re — du vieux français taurel, qui se disait pour taureau). Vache qui est fréquemment en rut, qui demande souvent le taureau : Les taureliérks sont sujettes à avorter.

— Adjectiv. -.Vache taurkliere.

TAURELL (Nicolas), médecin et philosophe

allemand, né k iMontbéliard en 1547, mort a Altdorf en 1606. Il fut élevé aux frais du duc de Wittembeig, lit ses études à Gœttmgue et fut reçu docteur à Bile en 1570. Taurell enseigna la médecine, dans cette ville d'abord, puis à Strasbourg, et fut enfin nommé professeur à l'université d'Altilorr. Voici la liste de ses principaux écrits : Philosophie triumphus, hoc est metaphyaica philosuphandi methodus (Bàle, 1593, in-8») ; Medicx prsdictionis methotlus, hoc est recla brevisque ratin coram xgris prxterita , prxseutia futuraque prxdicendi (1581, in-4°); Thèses medicx de partibus corporis humani (A\lûoi(, 1583,iti-4°); Annotrttiones in quosdam libros Arnoldi de Villanooa (Altdorf, 1585, in-fol.); De mutatione rerum naturalium thèses physicx (Altdorf, 1585, in-4'>); De venlriculi nattera et oiribus (Altdorf, 1587, in-4«); De putrefactione (Altdorf, 1591, in-4°); De naturalibus facultutibus corporis humani (Altdorf, 1594, in-4u); De orlu manix (Altdorf, 1596, in-4°); Theoremata de causis rei naturalis (Altdorf, 1598, in-4°) ; 2'heses philosophiez de ortu ralionis anime (Altdorf, 1604, in -8*).

TAUEHINE s. m. (to-ii-ne — de tau, et du gr. rhin, nez). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentainères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées inélitophiles, dont l'espèce type habite l'Afrique occidentale.

TAURICHTHE s. m. (to-ri-kte — du gr.

lauros, taureau; ichthus, poisson). Ichthyol. Genre de poissons sqiiainipeiities, comprenant deux espèces, qui vivent dans la mer des Indes.

TAUBIC1DER v. n. ou intr. (to-ri-si-dé — du lat. taurus, taureau; c&dere, tuer). Combattre et tuer des taureaux : Des grands, des fils de grands tauricidkrokt. (M™« de Villais.)

Je veux tauricider avec mon seul laquais.

— Tauricides tout neul.

Scarkoh.

Il Vieux mot.

TAL'KIDE, gouvernement de la Russ'io d'Europe, au S., formé : l« de la presqu'île de Crimée ; 2° de la conirée qui s'étend au N. de cette presqu'île, entre la mer Noire et le Dniester, et 3° du territoire des Cosaques de la mer Noire, situé sur les bords opposés de la mer d'Azov. Les deux premiers territoires sont bornés au N. et >'U N.-E. par le gouvernement d'Iékutéiinoslaw, à l'E. par la mer d'Azov , au S.-E. et au S.-O. par cettu même mer et la mer Noire, et au N.-O. par le gouvernement de liberson. Le troisièinu territoire est enclavé entre le gouvernement des Cosaques du Don au N., celui du Cau

TAUR

case à l'E., la Circassie au S. et la mer d'Azov a l'O.j entre 44» 28' et 47» 43' dû latit. N. et entre 20<> 5' et 340 30' de longit. E.; 61,505 .kitoin. carrés.; 716,414 hab. Ch.-!., Sinferopol. Excepté la [mrtie S.-E. de la Crimée, où s'élève une chaîne de montagnes qui en couvre une partie, le reste du pays est entièrement plat, entrecoupé de nombreuses rivière-* et parsemé d'un grand nombre de lacs salants. Les principales rivières qui t'arrosent sont le Salgouir, la Molotnia ou Tomak, le Kourgoïe.la Tehelbasie, la Beisou, la Kispili, la Kounour, etc. Le Kouban et le Dnieper ne font que côtoyer ses frontières. Le lac le plus important qui s'y trouve est celui de Malotnoé. Dans la partie N.-E. de .la presqu'île s'étend le Si vache, immense marais appelé aussi mer Putride, et dont les exhalaisons sont aussi funestes aux indigènes qu'aux étrangers. Le climat des vallées du S.-E. qui sont abritées des vents du N. est très -agréable; partout ailleurs, il est froid en hiver, et l'on y éprouve une chaleur presque insupportable en été.

Ce n'est qu'en Tauride que l'agriculture a pris un peu d'extension. Dans les autres parties de la province, l'éducation du bétail et l'exploitation des salines constituent la principale ressource des habitants. Les principaux produits du sol sont le blé, les fruits, le lin, le chanvre, le tabac, etc. On y trouve de magnifiques forêts, d'où l'on tire un excellent bois de construction. Nous empruntons les renseignements suivants au Dictionnaire géographique universel :

Le sel que l'on extrait des lacs salants forme l'une des richesses de cette contrée. L'industrie manufacturière y est à peu près nulle. On y fabrique pourtant des maroquins rouges et jaunes très-estimés, de la coutellerie, des armes blanches rrcherchées, du feutre, de la toile et des étoffes en poil de chèvre. On en exporte du sel, du blé, du vin, du miel, de la cire, de la laine, du poil rie chèvre et de chameau, des peaux d'agneau, des maroquins, des étoffes de poil de chèvre, etc. Les importations consistent en étoffes de coton et de soie, tabac, vin, fruits secs de la Turquie, épicerie, droguerie et quincaillerie. Les ports les plus fréquentés sont ceux de Théodosie ou liaffa, Sébastopol, lénikalé et Kerstrieh. La population se compose pour la plus grande partie de Nogaïs mahométûns et d'autres Tartares, auxquels viennent s'ajouter un grand nombre d'Arméniens, de Juifs, de Bohémiens, de Russes, de Grecs et d'autres Européens, surtout des Allemands. Ces divers peuples ont conservé la langue de leurs pères, dont ils suivent aussi la religion. Depuis 1842 , le gouvernement de la Tauride est divisé en huit cercles : Mélitopol, Berdiansk, Alesehki, Pérékop, Simféropol , Eupatoria, Iatta et Theodosia. Les contrées formant le gouvernement de la Tauride obéirent jadis aux Scythes, aux républiques de la Grèce, aux rois du Bosphore, aux Romains, aux Sarmates, puis aux Grecs, et, vers la lin du xuo siècle, partie aux Génois, partie aux Vénitiens. Au xme siècle, elles furent conquises par les Tartares ; à la fin du XV siècle, par les Turcs, qui laissèrent à la vérité subsister un kan particulier en Crimée, mais à titre de vassal de l'empire ottoman. En 1774, les Russes, par la paix de Kout&chouk- Kainardjê, forcèrent la Porte k reconnaître la Crimée comme un pays tout à fait indépendant, qui dt-vait être placé sous l'autorité d'un Kan élu par la nation elle-même. Quelques années après, le kan Schahin- Geraï, en butte aux haines du parti turc, se retira à Saint-Pétersbourg et céda son pays à la Russie, qui en conséquence, le 19 avril 1783, déclara que la Crimée était désormais sa propriété et l'incorpora à l'empire en 1784, avec les provinces qui en dépendaient, comme un gouvernement particulier, sousie nom de Tauride.

TAURIEN, IENNE adj. (tô-ri-ain, i-è-ne — rad. taureau). Qui a rapport au taureau.

— Antiq. rom. Jeux Tauriens, Fête qu'on célébrait à Rome.

— Ency cl. Jeux Tauriens. L'origine de cette fête est très-obscure. Suivant Valere-Maxime, les jeux 'Tauriens furent institués par un certain Vaierius, vers les premiers temps de la république. Une muladie contagieuse, qui- sévissait à Rome, ayant atteint les trois enfants de Vaierius; ils avaient été miraculeusement guéris en buvant d'une eau chaude, dont ta source était en un endroit du champ de Mars nommé Tarentum. Vaierius, attribuant la guérison de ses enfants à Plulon et k Proserpine, sacrifia des victimes à ces divinités, leur offrit un leetisterne et établit des jeux qui furent célébrés pendant trois nuits successives, en souvenir de ses trois enfants rendus à la santé. Le récit de Vaière-iMaxime s'accorde avec celui de Censorinus et celui de Zosiine. Ces trois auteurs paraissent avoir puisé leurs renseignements dans un ancien annaliste, nommé Vaierius Antias. Ils ne donnent pas aux jeux dont il s'agit le nom de Tauriens, mais celui de Tarentins, qui leur viendrait de la source située au Tarentum. Une autre légende en relie l'institution avec le combat des Horaces et des Curiaces. Servius, dont l'opinion parait avoir été plus généralement suivie, dit qu'ils furent établis sous le règno deTarquin leSuperbe. A cette époque, d'après ce qu'il rapporte, une épi-

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demie sévissait sur les femmes enceintes. Des jeux furent institués pour apaiser les divinités infernales, et on leur offrit des sacrifices de vaches stériles (taurex) ; de là vint le nom de tauriens. Sur ce dernier point, les partisans de la légende racontée par Servius ne sont pas d'accord ; plusieurs disent que les femmes étaient malades pour avoir mangé la chair des taureaux des sacrifices, et rapportent le mot iaurien à cette origine. Les jeux furent célébrés dans une partie du champ de Mars qui avait appartenu a Tarquin le Superbe, et que le nom même de ce roi fit appeler Tarentum; c'est là aussi que les sacrifices furent offerts. La première célébration régulière des jeux n'aurait eu lieu, selon Festus, que sous le consulat de Vaierius Publicola. Cette célébration des jeux Tauriens, sous Vaierius Publicola, n'est pas niée par Valère-Maxime etZosime; mais ils la donnent comme ayant été la seconde.

Ce qui résulte de toutes ces traditions, c'est que les jeux Tauriens avaient pour objet de rappeler un grand fléau dont la ville de Rome avait souffert; qu'ils étaient célébrés eu l'honneur de Pluton et de ProSerpiue ; qu'ils se tenaient hors de la ville, dans le cirque Flumiuius, parce qu'il n'était pas permis d'introduire les dieux infernaux dans l'enceinte de Rome. Transformés plus tard, les jeux Tauriens devinrent , sous Auguste, les jeux séculaires, célébrés l'an 17 avaut notre ère.

TAURILLON s. m. (tô-ri-llon; il mil — dimin. de taureau). Jeuue taureau qui ne s'eit pas encore accouplé,

TAURINE s. f. (tô-ri-ne — du lat. taurus, taureau, par allusion au fiel de bœuf). Chim. Substance azotée, qui se produit dans le dédoublement d'un acide de la bile, l'acide tuurocholique, et qui n'est autre chose que l'amide de l'acide iséthionique.

— Encycl. La taurine C*H*fS03H)AzH* est la monamide de l'acide iséthionique, lequel a pour formule C*H*(S03H)OH et est isomère de l'acide sulfovinique. Elle se produit dans le dédoublement de l'acide taurocholique ou choléique, exactement comme le glycoeolle dans le dédoublement de l'acide glyeoeholique ou cholique. La transformation, de l'acide taurocholique en taurine est exprimée par l'équation suivante :

C26HWA2S07 + H20 Acide taurocholique. Eau.

= C2H7AzS03 + C2W0OS

Taurine. Acide chololique.

Découverte en 1826 par Gmetin, qui l'avait extraite de la bile de bœuf, elle a été retirée depuis de la bile 'de tous les animaux qui sécrètent de l'acide taurocholique. A l'état de santé, ni la bile ni les autres sécrétions ne renferment de la taurine libre, du moins chez les animaux supérieurs; mais on rencontre souvent ce corps dans la bile que l'on prend sur des cadavres, surtout si elle a une réaction acide. On la trouve aussi dans certains mollusques. Ainsi, les tendons qui servent à fermer les coquilles chez les huîtres en renferment (Valeneiennes et Fréiny), 11 en est de même du sang de requin, du foie, de la rate et des reins de raie. La taurine a été successivement étudiée par Demarçay, par Dumas et Pelouze et par Redtenbacher, qui, le premier, y a signalé la présence du soufre.

D'après la formule qui précède, et qui a été donnée par Redtenbacher, la taurine est isoinérique avec le suliiie acide de vinylammoniutn

A*H»{C*HJ)|S08#

Elle tst h l'acide iséthionique ce que l'ala-

nine est à l'acide lactique :

C3H5(AzH*)03 — H^O = C3H7AzO* Lactate d'ammo- Eau. Alanine.

nium.

C2H5(AzH*)SO* — H20 = C2H7AzS03 Iséthionate ammo- Eau. Taurine.

nique.

Struker, partant de cette relation, a découvert que la taurine prend naissance dans la déshydratation de I'iséthionate d'ammonium, et, plus récemment, M. Iiolbeafait connaître une méthode plus parfaite pour préparer ce corps au moyen de l'acide iséthiotiique.

— I. Préparation. 10 Au moyen de la bile. La bile de bœuf (qui est celle qu'il est le plus facile d'obtenir en quantité considérable) est mêlée avec de l'acide chlorhydrique ;on filtre, pour séparer le précipité qui se forme, et l'on fait bouillir jusqu'à ce que la masse se divise en une substance visqueuse et en un liquide aqueux. On retire alors ce dernier, on lave à l'eau la résine qui reste, et l'on concentre les liquides mélangés. Par ie refroidissement, la liqueur suffisamment concentrée abandonne des cristaux de sel commun, mêlés avec des Cristaux de taurine, que l'on sépare à la main et que l'on purilie par une nouvelle cristallisation. On obtient aus&i très-facilement la taurine au moyen de la bile putréfiée; on la mêle à une quantité d'eau considérable, et on l'abandonne pendant plusieurs semaines à la température ordinaire de l'été; puis, quand elle a acquis une réaction franchement acide, on la précipite par l'acide acétique. On évapore le liquide filtré, et l'on traite le résidu

TAUR

par l'alcool concentré. La taurine ne se dissout pas, et on la purifie en la faisant cristalliser dai)3 l'eau chaude. Comme la taurine se détruit par la fermentation, il est important de ne pas pousser trop loin la putréfaction.

20 Préparation au moyen de l'acide iséthionique. On chauffe de I'iséthionate d'ammonium à 210° pendant assez longtemps pour que la masse fondue d'abord redevienne solide ; on dissout dans l'eau le résidu, et l'on ajoute au liquide une petite quantité .l'alcool, qui en précipite une substance brunâtre. On filtre et l'on ajoute ensuite une quantité d'alcool plus considérable. La taurine se précipite alors. La proportion de produit que l'on obtient ainsi est généralement faible, parce que la taurine qui se forme d'abord se décompose k son tour sous l'influence de la chaleur.

Une autre méthode consiste à mélanger dans une cornue de verre de I'iséthionate de potassium, sec et en poudre, avec 2 fois 1/2 son poids de perchlorure de phosphore. Le mélange s'échauffe de lui-même, répand des vapeurs d'acide chlorhydrique, et la chaleur est assez forte pour que l'oxychlorure de phosphore, formé en même temps, distille. Lorsque la réaction s'est calmée, on chauffe et l'on obtient un produit distillé qui est un mélange de dichlorure d'iséthionyle

C*H*S0îC18 et d'oxychlorure de phosphore. On sépare ces deux substances par distillation fractionnée, ce qui est assez facile, l'oxychlorure de phosphore bouillant à 210° et le dichlorure d'iséthionyle vers 200°. On chauffe ensuite ce dernier corps avec de l'eau dans des tubes scellés; il se dédouble ainsi en acide chlorhydrique et en chlorhydrine iséthionique C^HSSO'Cl, en absorbant une molécule d'eau, d'après l'équation

CW*(SO*Cl)CI + |J I O

Dichlorure d'iséthionyle. Eau.

= HCI + C2I14(S02,OII)C1

Acide chlorhydrique. Chlorhydrine iséthionique-

On neutralise la solution par l'ammoniaque, on l'évaporé au bain-marie, et l'on chauffe le résidu à 100°, dans des tubes clos, avec un grand excès d'ammoniaque aqueuse concentrée ; il se produit ainsi de ia taurine et du sel ammoniac, d'après l'équation

CSH*(S02,OH)Cl + 3AzH3 Chlorhydrine^ iséthionique. Ammoniaque.

= C2H4(S02,OAzH>)AzH2 + AzH«Cl Combinaison ammoniacale Chlorure

de la taurine. d'ammonium.

On ouvre ensuite les tubes, on évapore pour chasser l'excès d'ammoniaque, et l'on fait ensuite bouillir le liquide avec de l'hydrate de plomb, jusqu'à ce que tout dégagement d'ammoniaque ait cessé. De cette manière, le dérivé ammoniacal de la taurine se convertit en un dérivé plombique ; on filtre le liquide, ou décompose ce composé plombique par un courant d hydrogène sulfuré, on filtre de nouveau et l'on concentre par l'évaporation. Par le refroidissement, il se dépose des cristaux de taurine absolument pure.

— IL Propriétés, ha taurine forme de gros cristaux transparents mouoeliniques, qui possèdent un éclat vitreux. Ces cristaux craquent entre les dents et ont une saveur piquante. Ils sont sans action sur les couleurs végétales et permanents à 100° ; mais ils fondent et se charbonnent à une température plus élevée. A la distillation sèche, ils donnent une huile brune empyreuinatique, en même temps qu'un liquide jaune, d'une acidité faible, qui renferme un sel ammoniacal et qui rougit les persels de fer (renfermerait-il de l'acétate ou du sulfocyanate d'ammonium?).

La taurine est plus soluble dans l'eau chaude que dans l'eau froide. 15,5 parties d'eau en dissolvent une partie à 120. Elle est presque insoluble dans l'alcool absolu. L'acide sulfurique et l'acide azotique la dissolvent; mais ni l'acide acétique ni l'eau régale ne la décomposent, même à la température de l'ébullition. Le chlore sec ne l'attaque pas non plus. L'acide azoteux, agissant sur la taurine comme sur les acides en général, la convertit en acide iséthionique avec dégagement d'azote. Les solutions aqueuses de taurine ne sont point précipitées par les sels de cuivre, d'argent ou de mercure. Fondue avec rie l'hydrate de potassium, elle donne un résidu qui, soumis a l'influence de l'acide sulfurique étendu, dégage de l'acide sulfhydrlque et de l'anhydride sulfureux et laisse un résidu de soufre. Lorsqu'on la chauffa avec une solution aqueuse de potasse, il arrive un moment où elle perd la totalité de son azote à l'état d'ammoniaque, sans noircir. Le résidu, traité par t'acide sulfurique, après refroidissement, dégage de l'anhydride sulfureux, mais ne donne aucun dégagement d'acide sulfhydrique, ni aucun dépôt de soufre, et donne un mélange d'acide acétique et d'anhydride sulfureux lorsqu'on le distille.

TAUIUNYA, village des Pyrénées-Orientales, cant. de Prades, à 4 kilom. de Perpignan, sur le torrent de son nom, au pied du Canigou ; 453 hab. Mines de fer exploitées.

TAURION, rivière de France. Elle prend sa source à 1 kilom, S. de Paillier, arrond. d'Aubusson (Creuse). Elle passe près de Bourganeuf, à Chàtelus-le-Marcheix, entre

TAUR

dans la Haute-Vienne et se jette dans la Vienne à Suint-Priest, à 12 kilom. N.-E. de Limoges, après un cours de 81 kilom Elle reçoit, à gauche, la Vige; k droite, la Villeneuve et la Seyrenne. *

TAUR1S, appelée aussi Tubriz OU Tébris, vilie de Perse, ch.-l. de l'Aderbaïdjan, à 480 kilom. O.-N.-O.de Téhéran et à 40 kilom. N.-E. de la rive du lac d'Ourmiah. par 38° 5' de latit. N. et 44» 12' de longit. E.; 110,000 hab. Tauris, située dans une "vallée privée d'arbres, près des fleuves Ratscha et Atschi, renferme beaucoup de fabriques de soie ; elle est regardée comme une des principales villes de l'Asie. « Les rues, dit Mlne Pfeiffer, assez larges , sont d'ordinaire tenues proprement. Danschaque rue il y a des canauxsouterrains, où Von a pratiqué partout des ouvertures pour puiser de l'eau. Quant aux maisons, tout ce qu'on en voit, comme dans les autres villes de l'Orient, ce sont des murs élevés, sans fenêtres, et avec de basses entrées. La façade donne toujours sur la cour plantée de fleurs et de petits arbres, â laquelle se rattache d'ordinaire un joli jardin. Les salles de réception sont grandes et hautes, et munies de rangées de fenêtres qui forment de vraies cloisons vitrées. En t'ait de belles mosquées, do palais et de tombeaux anciens ou modernes, il n'y a que la mosquée du schah Ali, déjà a moitié dégradée. Le nouveau bazar est trèsbeau avec ses galeries, ses passages hauts et couverts. Tauris est devenue une des plus importantes places de l'Asie. Les marchandises françaises et anglaises y arrivent pat* les voies de Trébizonde, d'Erzeroum, de Bayazid et de Tiflis. Des caravanes de plusieurs pays y apportent aussi des produits de l'Europe et de l'Inde, et y prennent en échange diverses marchandises de la Perse. Ces communications sont, en général, lentes, difficiles et coûteuses. Les conditions de louage des bêtes de somme et la durée du trajet varient considérablement avec les saisons. En général, cependant, les frais de Tauris à Trébizonde sont beaucoup moins élevés que de Trébizonde à Tauris, parée que, la Perse exportant moins qu'elle n'importe, les bêtes de somme reviennent souvent sans charge de cette dernière place. Les articles ci-après sont exportés de Tauris : café, noix de galle, safran, safranum, indigo, tombeki, tuyaux de pipe de cerisier, raisins secs, sultanieh (raisin sans pépins), prunes sèches, dattes, pistaches, amandes amères, amandes douces, miel, cire, gomme pour teinture, coton en balle, sangsues du Ghilan, d'Ourmiah, du Mazauderan et d'Aderbaïdjan, soie grége, châles de Lahore, de Cachemire , du Khoraçau et de Kirman, tapis, curiosités, armes. D'après les historiens persans, Tauris aurait été fondée par Zobéide, une des femmes du calife Haroun-al-Raschid, en l'an 770 de l'ère vulgaire. Du temps de Chardin , on 3' comptait 500,000 hab. Sa situation sur les frontières de Perse fait qu'elle a été souvent ravagée par les Turcs. En 1721, un tremblement de terre la ruina et engloutit près de 100,000 personnes. Dans ie voisinage, gisent les ruines d'une ville nommée Rechid-Kalessi, que l'on croit être celles de l'ancienne Gaza ou Gazaca, cité de l'Atropatène.

• TAUH1SANO, bourg du royaume d'Italie (Terre d'Otranie), canton d'Ugento; 1,400 hab. C'est la patrie du célèbre Vanini.

TAUROBOLE s. m. (to-ro-bo-le — gr. taurobolion; de lauros, taureau, et de balià , je frappe). Antiq. Sacrifice expiatoire dans lequel Je prêtre se faisait arroser du sang d'un taureau immolé à Cybèle. Il Autel qui servait à cette cérémonie : On trouve dans la ville quelques taurobolbs bien conservés. (A. Hugo.)

— Encycl. Le taurobole était un sacrifice à Cybèle ; il avait la forme d'une cérémonie expiatoire ou purificatoire; c'était une sorte de baptême ou de régénération par le Sang. On creusait, pour le sacrifice, une fosse profonde, que l'on couvrait de planches trouées en plusieurs endroits ; sur ces planches était étendu le taureau destiné au sacrifice. Le prêtre, vêtu d'une robe de soie et la tête ceinte de bandelettes, se plaçait dans la fosse au-dessous de ces planches, et, pendant qu'on égorgeait la victime, il se tournait de tous côtés pour recevoir sur ses habits le sang qui en découlait. Il sortait de la fosse tout couvert de sang, et le peuple se prosternait devant lui comme devant la divinité ; ces habits ensanglantés, qui inspiraient la plus profonde vénération, étaient conservés comme un objet sacré.

Ces sortes de sacrifices, appelés régénérations, parce qu'on était persuadé que le sang de la victime purifiait de toute souillure, furent d'abord pratiqués en Grèce; ils ne furent adoptés à Rome que sous le règne d'Antonin le Pieux, vers le milieu du 110 siècle, et ils furent aussilôt introduits dans la Gaule.

On possède au musée de Lyon un autel antique consacré au sacrifice du taurobole. Cet autel fut trouvé en 1704, sur la montagne de Fourvières. Il est d'une seule pièce; sa forme est celle d'un piédestal carré, avec base et corniche; il a environ 4 pieds de hauteur et 1 pied 1/2 de largeur. Sur le devant, on lit une inscription latine, dont les caractères sont d'un beau style et très-bien conservés ; au milieu de l'inscription, on voit en demi-relief une tète de taureau courou-

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née d'une guirlande k grains. Voici la traduction de cette inscription :

« En mémoire du taurobole fait en l'honneur et par l'ordre exprès de la Mère de Dieu, pour la santé de l'empereur César Titus ifelius Antonin, auguste, pieux, père de la patrie, pour la conservation de ses enfants et pour la prospérité de la colonie de Lyon, Lucius jEmiiius Carpus, sextumvir angustal (un des six prêtres du temple consacré à Auguste) et dendrophore (prêtre qui portait un pin aux processions de Cybèle), a reçu les cornes du taureau et les a transportées au Vatican. Il a consacré à ses dépens cet autel et la tête du taureau, par le ministère de Quintus Sammius Secundus, prêtre, qui a été revêtu par les quindecimvirs (prêtres qui avaient la garde des livres des Sibylles à Rome) du bracelet et delà couronne, et k qui le très-saint ordre des Lyonnais (c'était l'ordre des déeurions) a conféré le sacerdoce à perpétuité, sous le consulat d'Appius Annins Auilius Bradna et de Titus CJodius Varus. Cette place il été donnée par un décret des dédirions. »

On sait, par les noms des consuls en fonction lors de la cérémonie, que ce monument a été érigé l'an 160 de notre ère.

Sur la face gauche se voit une tête de bélier en demi-relief, couronnée d'une guirlande a grains. Sur le côté droit est un couteau victimaire d'une forme particulière, avec une inscription qui exprime que la cérémonie de minuit a été faite le 9 décembre. Le quatrième côté, qui sans doute était appliqué contre un mur, n'est point poli. Le dessus de l'autel présente une excavation circulaire en forme de bassin, de la profondeur d'environ 2 pouces. C'est là qu'on allumait le feu qui servait à brûler 1 encens ou quelque partie de la victime.

On a trouvé plusieurs autels semblables en différents endroits de la France, notamment dans la ville de Die, située sur la route de Valence à Gap, On y voit cinq autels tauroboliques dans un état de conservation presque parfait. Ils présentent tous les mêmes caractères que le précédent. La ville de Tain, située entre Valence et Saint-Vallier, sur la rive gauche du Rhône , vis-à-vis de Tournon, dont elle n'est séparée que parle fleuve, possède également un autel taurobolique fort intéressant. Il est carré et d'une seule pierre calcaire , haut d'environ 4 pieds, de la base à la corniche, plus % pieds de horsd'œuvre, large de 2 pieds 3 pouces, et épais de 2 pieds 4 pouces. Du milieu de la plateforme partent deux canaux qui en embrassent une partie considérable en décrivant l'un et l'autre une espèce de ligne circulaire, et qui finissent par se réunir sur le dessus de l'autel, où ils sont ouverts et arrondis. A leur naissance, ils effleurent légèrement la surface; leur largeur et leur profondeur vont toujours en augmentant; leurs ouvertures sont larges de 9 pouces et profondes de 3. Dans le milieu de la face principale est une tête de taureau; au-dessus et au-dessous est gravée une inscription latine ; sur la face droite est sculptée une tête de bélier, et sur la face gauche le couteau victimaire. Cet autel conserve le souvenir d'un taurobole, oiïert à Cybèle, en l'année 184, pour la conservation de l'empereur Commode et de sa famille et pour la prospérité de la colonie de Lyon.

Le taurobole fut commencé, dit l'inscription, le 12 des calendes de mai (le 19 avril) et fut achevé le 9 des mêmes calendes (23 avril); il donna lieu à de grandes solennités et attira un nombreux concours. Le nom et les titres de Commode semblent avoir été effacés de l'inscription, peut-être k cause du décret du sénat qui prescrivit, k ia mort de cet empereur, de faire disparaître des monuments publics tout ce qui pouvait rappeler le souvenir de cet autre Néron. Cet autel fut trouvé au sommet de la montagne qui donne le vin de l'Ermitage, au xvie siècle. Il fut placé comme une simple borne à la porte de l'ermitage qui sa trouvait alors en ce lieu et qui donna même son nom à la montagne. En 1724, des voyageurs anglais voulurent acheter ce monument k l'ermite et le faire transporter en Angleterre. Mais le lieutenant du maire de Tain, prévenu, accourut avec quelques officiers de ville et le retira de la main de ces étrangers. Il est placé aujourd'hui au milieu de la petite place ou promenade qui longe la route.

TAUROBOLIQUE adj. (tô-ro-bo-li-ke — rad. taurobole). Antiq. Qui a rapport aux tauroboles : Autel taurobolique. Inscription

TAUROBOLIQUK.

TAUROCARBAMIQUE adj. (to-ro-kar-bami-ke — de taurigue , et de carbamique). Chim. Se dit d'un acide qui passe dans les urines lorsqu'on ingère de la taurine, et qui représente par sa composition une molécule de taurine et une molécule d'acide carbamique, moins une molécule d'eau.

— Encycl. D'après M. Sulkowski, lorsqu'on administre de la taurine à des sujets humains, une partie de ce corps passe inaltérée dans les urines, tandis que la plus grande partie se transforme en un acide auquel ce chimiste donne le nom d'acide taurocarbamigue, et qui renferme les éléments d'une molécule de taurine et d'une molécule d'acide carbamique, moins les éléments d'une molécule d'eau.

L'acide taurocarbamigue répond à la for-

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mule CsH8Az2SO*. On l'obtient en précipitant l'urine par l'acétate de plomb, décomposant la solution plombique filtrée par l'acide suifhydrique, filtrant, évaporant et ajoutant de l'alcool kla liqueur filtrée. Il se sépare ainsi un sel sodique brut, qu'on purifie par le charbon animal et qu'on décompose par l'acide sulfurique. On évapore ensuite à siccité et l'on reprend par l'alcool, qui dissout l'acide taurocarbamigue et l'abandonne à l'état sirupeux en s'évaporant. On le débarrasse ensuite de l'acide sulfurique libre au moyen de la proportion strictement exacte d'hydrate de baryum et du chlore au moyen de la proportion exacte de carbonate d'argent.

Pur, l'acide taurocarbamigue forme de petites feuilles carrées, anhydres qui, à 1 air humide, sont très-hygroscopiques. Il se dissout facilement dans l'eau, moins facilement dans l'alcool et pas du tout dans l'éther. Chauffé entre 130° et 140° avec de l'eau et de l'hydrate barytique, il se dédouble en anhydride carbonique, ammoniaque et taurine : CH2 — AzH

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