V. POMPIER
— Sapeurs du génie ou sapeurs mineurs.
Militaires pourvus d'outils , tels que haches, pelles, pioches, serpes, scies, à l'aide desquels ils préparent des abatis, rompent les palissades ou les ponts, enfoncent les portes d'une ville ou creusent des tranchées. De temps immémorial, ces travaux ont été de nécessité dans tous les genres de guerres ; ainsi les Romains avaient des cunicularii, qui étaient des espèces de sapeurs. Avant le perfectionnement de l'art de la sape, les soldats chargés des travaux de ce genre étaient désignés sous les noms de tranchéors (faiseurs de tranchées), gastadours, pionniers, charpentiers, ouvriers. Mais la fortification moderne, ses défenses rasantes, son artillerie perfectionnée, qui ne permettent plus d'aller sans coup férir assaillir les portes des lieux tléfendus, nécessitèrent la pratique des blindages, des sapes et des demi-sapes et donnèrent naissance à un art compliqué, Soumis à des règles bien établies, joignant la ruse et l'industrie au travail propre du sapeur. On tirait d'abord les sapeurs volontaires des différents corps"d'infanterie présents h un siège offensif. Ces soldats, inexpérimentés, comme on peut le croire, creusaient tant bien que mal les tranchées qui avoisinaient le chemin couvert. Ils s'avançaient à l'aide de mantelets et de chandelles de tranchée; mais bien peu revenaient de ces travaux, qui les exposaient à de grands dangers. Leur inexpérience, l'insuffisance de leurs outils apportaient au travail de fâcheuses lenteurs ou causaient même de déplorables désastres en exposant les travailleurs à une mort presque certaine. Aussi les payait-on fort cher. Henri IV est, suivant quelques auteurs, le premier qui les paya à la toise, au siège d'Amiens en 1597. Il donnait à ceux « qui n'avaient pas été tués en travaillant » toute la somme promise à toute la troupe. Louis XIII, au siège de Saint-Jean-d'Angely (1621), renouvela le même règlement, qui fut exécuté pendant longtemps. Mais malgré le payement à la toise, on trouvait très-peu de soldats disposés à travailler aux tranchées, car, outre le danger, il y avait une sorte de honte à remuer la terre. Montluc, ayant employé ceux qu'il commandait à travailler à un fort prés de Bologne pour bloquer cette place, dit que les autres, les voyant revenir du travail, les appelaient par moquerie pionniers et gastadours. Vauban, qui fit une révolution dans l'ait d'assiéger et de défendre les places fortes, mit fin à cet état de choses. En 1668, il réclama de la cour la formation d'un corps spécialement affecté à ce genre de travail et l'on créa, en 1671, une compagnie
-de sapeurs, qui servit de modèle à quatre autres compagnies , mises sur pied avec beaucoup de difficulté en 1673, 1693, 1697 et 1701. Un peu plus tard, ces compagnies, qui avaient d'abord été indépendantes de tout autre corps, furent placées dans les cadres de l'artillerie, mais sous les ordres du commissaire général des fortifications. Ces compagnies, qui reçurent des officiers instruits, commencèrent à opérer avec plus d'habileté. La vie des hommes fut ménagée par la construction des galeries d'approche et par le perfectionnement de la sape volante, par l'invention des gabions farcis. Ils commencèrent à se relever régulièrement, soit comme chefs de sape, soit comme aides. Us ne marchèrent que sous la protection des grenades à maiu et des pierriers. En vertu de l'ordonnance du 5 février 1720, qui réunissait sapeurs, mineurs et ouvriers, ils firent partie de l'artillerie. Une autre ordonnance en date du 10 décembre 1759 les enleva à l'artillerie pour les réunir au génie; mais les plaintes auxquelles donna lieu cette ordonnance furent cause qu'on rendit les compagnies de sapeurs au corps de l'artillerie (1761). Mais il fut spécifié que ces soldats seraient au besoin détachés pour seconder le corps du génie. La Révolution vint leur donner une existence a, part. Le décret du 25 frimaire an II forma les sapeurs en douze bataillons, en y amalgamant les pionniers, et les subordonna au génie en réglant la nature de leur service. En l'an VI, leur nombre fut réduit à quatre bataillons; un cinquième fut créé en l'an XI. Enfin l'ordonnance de 1824 lesaréorganisés et les a encadrés dans les régiments du génie.
— Sapeurs à cheval. Les guerres de la Révolution avaient mis à la mode une institution maintenant abandonnée. C'était celle des sapeurs de cavalerie, imités des pionniers à cheval que l'on emploie encore en Russie.
SAPE
— Sapeurs conducteurs. On a pendant quelque temps donné ce nom aux soldats du train du génie. Cette désignation, établie par ordonnance du 19 décembre 1835, est aujourd'hui absolument abandonnée.
— Sapeurs d'artillerie, crés en 1671. Ils composaient la quatrième compagnie du régiment Royal-artillerie. En 1791, ils perdirent la qualification de sapeurs et devinrent canonniers.
— Sapeurs d'infanterie. Soldats des régiments d'infanterie dont la spécialité est de débarrasser les chemins, d'abattre'les arbres, d'aider au besoin dans les attaques d'ouvrages où le ministère du génie est nécessaire. Leur première création ne date que de 1710. A cette époque, il fut ordonné qu'il y aurait dans chaque régiment six porte-outils. La guerre de la Succession, qui était près de finir, avait prouvé le besoin de cette espèce de soldats pourvus d'outils de campagne, nécessité toujours oubliée en temps de paix. L'ordonnance du 19 janvier 1747 établissait dix soldats porte-hache par chaque compagnie de grenadiers, la guerre de 1741 en ayant fait sentir le besoin. L'ordonnance du 19 avril 1766 créait deux soldats charpentiers par compagnie. On leur donnait une forte hache, un sabre à scie, un tablier en peau noire, un petit bonnet a poil. Jusque-là, cette organisation n'avait existé qu'en temps de guerre; mais en 17S0 il fut ordonné que les sapeurs seraient maintenus en temps de paix, ce qui exista jusqu'à la Révolution , pendant laquelle ils disparurent. Le Consulat les rétablit. Les porte-hache français étaient une imitation de ceux de Prusse. L'espingole ou tromblon devint leur arme, qu'ils portaient sur le dos, au moyen d'une bretelle qui croisait la banderole de l'étui de la hache. Rien ne réglait leur genre de service. Il était d'usage, sans qu'aucune ordonnance le prescrivît, que, en ordre de bataille, ils se tinssent au milieu des intervalles des bataillons, à la hauteur du second rang pour ne point masquer les points d'alignement. Le décret du 1S février 1808 confirmait l'institution des sapeurs et en fixait le nombre. C'était une imitation de ceux de la garde consulaire. La circulaire de l'an XII (11 fructidor) donnait aux sapeurs le mousqueton et la giberne à la corse, qu'ils ont portée jusqu'en 1812. Par décision de 1825, le ministre ne tirait les sapeurs que des compagnies d'élite et leur accordait les insignes particuliers aux grenadiers et aux carabiniers st pied. En 1827, on allouait au sapeur l'indemnité appelée sou de barbe, bien qu'aucuir" règlement n'ait jamais parlé de leur barbe. Nous ne saurions dire de quelle époque date pour eux la mode de s'ombrager le menton de ces poils héroïques. Nous savons seulement que, pendant la Révolution, la tolérance des ministres ou la volonté des colonels ont tour à tour permis ou interdit le port de la barbe. La garde consulaire principalement possédait des sapeurs dont les barbes homériques obtinrent un succès colossal. Mais dans la garde impériale on porta des postiches, à l'imitation de la garde de Paris. On achetait ces parures aux fournisseurs de l'Opéra. La Restauration ne vit jamais d'un bon œil le port de ces poils républicains et révolutionnaires-, elle les interdit vers 1828. En 1831, le corps des sapeurs fut réorganisé. On ordonna qu'41 y en aurait dix-sept dans les régiments a quatre bataillons et treize dans les régiments à trois bataillons, et qu'ils serviraient de jalonneurs sur les champs de manœuvre. Faire un service de valet comme ordonnances, dormir comme plantons, servir de joujoux aux parades de garnison, être employés aux exercices comme huissiers d'armes ou gardiens de faisceaux, y figurer l'entrée des ponts, le rétrécissement d'un passage, d'un défilé, la présence d'un obstacle , voilà en quoi consiste, ou à peu près, l'utilité des sapeurs, utilité qui a du reste été souvent contestée. Exempts de garde et de piquet au camp, on les tire cependant des hommes les plus robustes et les plus éprouvés des compagnies d'élite. Qui n'a admiré, dans les jours de parade, ces hommes à la figure martiale , ornée d'une barba qui leur descend jusqu'au bas de la poitrine? tjui a pu retenir un mouvement de curiosité lorsque, à la tête de leur régiment ils défilent la tête couverte de leur grand bonnet à poil noir, la poitrine et le haut des jambes garantis par leur tablier de peau blanche, portant en bandoulière sur l'épaule gauche le mousqueton et sur l'épaule droite la hache traditionnelle? Les sapeurs doivent à leur costuma et à leurs armes un caractère d'originalité qui attire forcément les regards et qui les a rendus populaires. Aussi, comme la popularité se traduit presque toujours en France par des couplets, a-t-on souvent mis le sapeur en chansons. Il serait peut-être curieux de rechercher toutes les rimes faciles dont il a été le héros, mais ce n'est pas notre objet; qu'il nous suffise de rappeler le célèbre refrain que nous avons tous plus ou moins chantonné après Thérésa :
Rien n'est sacré pour un sapeurl
SAPEUR-POMPIER s. m. V. pompieb,
SAPEY (Jean -Baptiste -Charles), homme politique fiançais, né à Grenoble en 1775, mort en 1857. 11 fut sous la Révolution maire, commissaire du Directoire près le département de l'Isère , président du canton de
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Lemps, enfin sous-préfet à La Tour-du-Pin. De 1802 à 1808, il siégea au Corps législatif et, de 1817 à 1824, à la Chambre des députés. Il se montra dans ces assemblées favorable aux idées libérales. Réélu en 1828, Sapey vota l'adresse des deux cent vingt et un. En 1832, il fut nommé conseiller maître à la cour des comptes et abandonna son ancien libéralisme pour se rallier au gouvernement de Louis-Philippe. Il siégea à la Chambre des députés jusqu'en 1848. En 1852, il accepta une place au Sénat.
SAPHAN s, m. (sa-fan — nom hébreu du daman). Mamm. Ancien nom du daman.
— Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des longicornes, tribu des cérambycins, dont l'espèce type habita l'Autriche.
SAPHAR s. m. (sa-far). Chronol. Second mois des Arabes et des Turcs.
saphène adj, (sa-fè-ne. — Ce nom est venu de l'arabe safin ; imiis ce mot arabe semble lui-même venu du grec sapliéitês, qui a la même signification que saphés, clair, manifeste ; cette veine aurait été ainsi nommée parce qu'elle paraît sur la malléole). Anat. Se dit de certaines veines et de certains nerfs voisins de ces veines.
— s. m. Nerf saphène.
— s. f. Veine saphène.
— Eucycl. Anat. On a donné le nom de saphènes à deux veines de la jambe, qui sont sous-cutanées et manifestes à la vue comme au toucher. On a désigné encore sous le même nom trois branches nerveuses qui se distribuent au membre pelvien,
— Nerfs saphènes. Le plus important de ces nerfs est le saphène interne, branche volumineuse fournie par le faisceau profond du nerf crural. Le nerf saphène interne longe d'abord le côté externe de la gaîne des vaisseaux fémoraux, puis se porte au devant do l'artère pour traverser avec elle l'anneau du troisième adducteur. A la partie inférieure de ce canal, le nerf s'éloigne de l'artère, sort par -une ouverture spéciale , s'accole à la veine saphène interne et, après avoir fourni deux ou trois rameaux dans son trajet, vient se diviser, au niveau de l'articulation du genou, en deux branches, l'une antérieure et l'autre postérieure. La branche antérieure se distribue à la rotule et à la partie antérieure et externe du genou; la branche postérieure, beaucoup plus volumineuse que la précédente, se divise en deux rameaux qui se distribuent à la région postérieure de la jambe.
— Nerfs saphènes péranier et tibial. Ces deux nerfs sont formés, l'un par le sciatique poplité externe, l'autre par le sciatique poplité interne. Le premier naît dans le creux du jarret, traverse obliquement l'aponévrose jambière, fournit un rameau volumineux qui va s'anastomoser avec le saphène tibial pour former le nerf saphène externe, descend ensuite verticalement le long du tendon d'Achille et va s'épanouir sur le côté externe du calcanéum.
Le saphène tibial se porte en arrière et en bas sur la face postérieure des muscles jumeaux, et, arrivé à la partie moyenne de la jambe, il reçoit le rameau externe du saphène péronier. La réunion de ces deux rameaux constitue le saphène externe. Ce dernier traverse l'aponévrose jambière, accompagne la veine saphène externe, longe ie bord interne du tendon d'Achille, fournit quelques ra-
I meaux à la peau de la partie postérieure de la jambe, se réfléchit derrière la malléole ex-
| terne et se termine en formant les branches collatérales du petit et du quatrième orteil.
— Veines saphènes. La veine saphène interne naît de la veine dorsale interne du pied, longe la face dorsale du premier métatarsien, reçoit un rameau volumineux profond de la plantaire interne et les veines superficielles 3e la même région, se dirige de bas en haut en avant de la malléole interne, longe le bord postérieur du tibia, accompagnée par lo nerf saphène interne, et, au niveau de l'articulation du genou, se porte en haut et en avant dans la direction du muscle couturier. Arrivée au pli de l'aine, elle se jette dans la veine fémorale en traversant le fascia cribriformis et décrivant une anse à concavité inférieure. Dans son trajet, la veine saphène interne reçoit toutes les veines des parties postérieure et interne de la jambe et de la cuisse; souvent ces veines se réunissent en deux ou trois troncs volumineux qui marchent parallèlement à la veine saphène interne et se jettent dans ce vaisseau à une distance plus ou moins grande ; on les désigne par les noms de seconde , troisième saphène interne. Elle reçoit encore les veines sous-cutanées abdominales et les veines honteuses externes. Enfin elle communique largement avec les veines profondes du membre inférieur. La saphène interne présente dans son trajet des valvules dont le nombre varie de quatre h, six.
— Veine saphène externe. Ce vaisseau est plus petit et plus court que le précédent ; il fait suite à la veine dorsale externe du pied, se porte derrière l'articulation péronéo-tibiale, reçoit les veines de la région plantaire externe, monte le long du bord externe du tendon d'Achille, qu'elle croise bientôt à angle aigu, et se porte vers la partie médiane et postérieure de la jambe pour aller
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se jeter dans la veine poplitée entre les nerfs seiaticjues poplités interne et externe et les insertions supérieures dos muscles jumeaux. C'est sur l'une ou l'autre des deux saphènes que se pratique la saignée du pied. V. saignée et VARICE.
SAPHÉNIE s. f. (sa-fé-nl — du gr. saphênés, apparent). Acal. Genre d'acalèphes raédusaires, du groupe des discophores, comprenant trois espèces, qui habitent les mers d'Europe : Les saphénieS sont caractérisées par deux cirres opposés. (Dujardin.)
SAPHÉOSAURE s. m. (sa-fé-o-sô-re — du gr. sap/iês, évident; sauros, lézard). Erpét. Genre de sauriens fossiles.
— Encycl, Les saphéosattres sont connus par un squelette complet, sauf la tête. Les vertèbres sont au nombre de quatre cervicales, rappelant le type des lézards; vingttrois dorsales a apophyses articulaires développées et a apophyses épineuses en cordon mince et peu élevé; pas de lombaires; deux sacrées et environ quarante caudales. Les vraies côtes, un peu renflées à leur extrémité, se rattachent aux côtes ventrales au moyen de côtes intermédiaires probablement cartilagineuses. Les os en V s'attachent entre deux'vertèbres consécutives. L'omoplate est quadrangulaire, longue de 0>>> ,0015 et largo de 0m,008 ; le coracoïdien est à peu près aussi long qu'elle. La clavicule ressemble à l'or-
fane analogue des lézards, ainsi que le reste u membre antérieur, sauf que les doigts , au nombre de cinq, ont des phalanges d'une longueur plus uniforme. Le saphéosaure Thiollieri a été trouvé dans les schistes lithograhiques (coral-rag) de Cirin (département de 'Ain) ; il avait, sans la tête, une longueur totale de 0^,54.
SAPHI s. m. (sa-fi). Amulette que portent certains nègres mahométans.
SAPHIQUE adj. (sa-fi-ke). Antiq. gr. Qui appartient ù Sapho, à ses ouvrages ou à ses mœurs.
— Métriq. Se dit d'un vers grec ou latin , composé de onze syllabes, qu'on prétend avoir été inventé par Sapho : Il y a dans la poésie latine un vers très-harmonieux, connu sous le nom de saphique. (Littré.) Locke est en disgrâce dans les universités de Cambridge et d'Oxford, maison y enseigne la mesure du vers grec nommé saphique. (H. Beyle.) Il Strophe saphique, Strophe composée de trois vers snphiques et d un vers adonique : Cette ode délirante est écrite en strophes saphiques.
(Denne-Baron.)
— s. in. "Vers saphique i La strophe saphique est de trois saphiques et d'un adonique.
— Encycl. Métriq. Le vers saphique est hendécasyllabe, c'est-à-dire composé de onze syllabes, ou, dans la langue des grammairiens de l'antiquité, c'est un trimètre catalectique (vers de six pieds moins une syllabe). La strophe saphique, suivant la manière presque générale de l'écrire, se compose de quatre vers : d'abord trois saphiques, puis un adonique (un dactyle et un spondée). Il parait probable qu'elle était réellement composée seulement de trois vers : les deux premiers saphiques; le troisième unissant à un saphique l'adonique, qui en a été depuis séparé par les grammairiens. Dans ce dernier mode d'écrire la strophe saphique, regardé par la plupart des érudits modernes comme le véritable, on peut voir que le troisième vers est un saphique allongé d'un choriambe, lequel est suivi d'une syllabe non accentuée.
On attribue l'invention de ce vers et do cette strophe à Sapho. Cependant les grammairiens de l'antiquité ne sont pas, sur ce point, tous du même avis. Diomède n'hésite pas à se prononcer pour Sapho ; Héphestion se partage entre Sapho et Alcée ; suivant Marius Victorinus, Alcée en serait l'inventeur, mais Sapho en aurait fait un plus fréquent usage ; Atilius Fortunatianus dit qu'on donnait inditféremment à ce mètre le nom de saphique et celui d'alcaïque. Quoi qu'il en soit, les fragments d'odes qui nous restent de Sapho sont en strophes saphiques.
Ce mètre charmant a été transporté dans la poésie latine. Horace s'est vanté d'avoir, le premier, fait passer le chant éolien dans la versification italique ; mais le vers saphique fut employé par Catulle avant de l'être par Horace. Celui-ci, du reste, s'en est servi très-souvent, et la strophe saphique parait être celle qu'avec la strophe alcaïquo il a le plus affectionnée. Il y a introduit des règles que n'avaient pas connues les Grecs. Ces derniers composaient le vers saphique de trois trochées, suivis de deux ïambes, plus une syllabe brève ou longue. Chez Horace, le premier, le quatrième et le cinquième pied sont des trochées ; le deuxième est un spondée, le troisième un dactylo. Kn outre, il place presque toujours une césure après le deuxième pied ; et l'oreille de ceux qui ont pratiqué la versification des anciens s'est si tien habituée à cette coupe que, là où ne se trouve pas la césure intruduite par Horace, le vers semble mal cadencé. Citons une strophe de ce poète, en indiquant les césures : Vidimus /favum Tibcrim, relortis Liltorc Etrusix violenter undis.
Ire dejeetum vwnumenta régis, Templaque Vestx.
En écrivant la strophe saphique en quatre vers, comme nous venons de le faire et
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comme on le fait ordinairement, il se présente une singularité remarquable : c'est que quelquefois un mot coupé à la lin du troisième vers se termine au commencement du quatrième. Ainsi dans Horace :
Lahitur ripa, Jove non probante, uzorius amnis...
Thracio bacchante magis sub inlcrlunia venlo...
Crosphe, non gemmis, ncque jmrj.ura vénale nec auro...
Dans les onze strophes qui nous restent de Sapho, trois fois le mot se trouve coupé de cette manière. Chez Catulle, le même fait se produit deux fois, et quatre fois chez Horace. Cela est sans doute fort singulier, et l'on comprend que cela ait excité les plaisanteries des modernes, entre autres de Voltaire ; mais cette bizarrerie disparaît si on lit la strophe saphique en trois vers et non en quatre; c'est même une des raisons principales qui font qu'on préfère ne donner que trois vers à la strophe saphique (v. rejkt en poésie). Il faut cependant reconnaître que, dans cette strophe, tous les vers pouvaient se lier entre eux avec une remarquable facilité. Ainsi, l'on trouvera des vers terminés par un monosyllabe qui, au point de vue du sens, appartient au vers suivant :
Seplimi, Gades aditure mecum, et
Canlabrum indoctum juga ferre nostra, et
Barbaras Syrtes...
On trouvera aussi l'élision existant d'un vers à l'autre :
Mugiunt vaccœ, tibi tollil hinniium Apta quadrigis equa...
Plorai, el vires animumque moresque Aureos educit in astra...
Quand la strophe saphique était chantée, comme il arrivait pour les odes de Sapho, elle devait enfermer un sens complet et se terminait nécessairement par un repos. Horace, en général, ne s'astreignit pas au repos après le dernier vers des strophes saphiques; mais il l'observa quand il fit dans ce rhythine des pièces destinées k être chantées, comme le Carmen ssculare.
Les poëtes latins qui, après Horace et Catulle, ont usé le plus fréquemment du vers et de la strophe saphiques sont Sénèque , Ausone , Prudence, Paulin de Noie, Sidoine, Boëce. On trouve le vers saphique employé seul chez Sénèque et BoBce, qui , à la lin d'une tirade , placent quelquefois uû vers adonique comme clausule.
Il y a beaucoup de rapport entre le vers saphique et le vers alcaïque. L'un et l'autre comprennent onze syllabes. Chez l'un et l'autre, dix syllabes seulement comptent dans la mesure des pieds, qui sont au nombre de cinq dans le saphique et de quatre dans l'alcaïque. Mais la syllabe qui n'entre pas dans la mesure des pieds, et qui peut être longue ou brève, se trouve la dernière dans le saphique, tandis qu'elle se place en premier lieu dans l'alcaïque. Il est possible de changer un vers saphique en alcaïque par le simple déplacement de cette syllabe. Ainsi, le saphique suivant d'Horace :
Cardines audis minus et minus jam, deviendra un alcaïque en prenant pour commencer le vers la syllabe jam qui le termine :
Jam cardines audis minus et minus.
SAPHIR s. m. (sa-fir — lat. sapphirus, grec sappheiros, hébreu sappii; proprement la plus belle chose). Miner. Pierre précieuse de couleur bleue, qui est de l'alumine cristallisée, H Saphir mâle, Saphir oriental d'un bleu indigo.
il Saphir femelle, Fluorine bleue transparente.
Il Faux saphir, Variété de fluorine, il Saphir du Brésil, Tourmaline bleue. Il Saphir d'eau,' Espèce de dichroïte bleue, il Saphir électrique, Variété de topaze et de tourmaline. Il Saphir occidental , Quartz hyalin bleu, il Saphir spath, Disthène bleu transparent.
— Poétiq. Belle couleur bleue : L'or, le saphir et le rubis ont été prodigués à des insectes invisibles. (A. Martin.)
— Patho!. Nom vulgaire de certains boutons livides du visage.
— Ornith. Espèce d'oiseau-mouche.
— Ichthyol. Nom vulgaire du sparaillon, dans quelques pays.
— Encycl. Mirer. Le vrai saphir est une variété de cormrfonoude télésie, c'est-à-dire d'alumine cristallisée et dans un état de pureté parfaite. Mais les lapidaires ont donne le même nom à des pierres fort diverses, qui n'ont comme caractère commun qu'une belle coloration bleue. Ainsi, le saphir d'eau est un qitartzj le saphir du Brésil, une tourmaline ; lé saphir faux, une fluorine ou chaux fluatée ; ou donne encore le nom de saphir d'eau à une variété de cordiérile ou dichroïte. On distingue le saphir oriental ou mâlet qui est d'un beau bleu velouté, barbeau ou indigo ; le saphir femelle, dont la couleur est moins vive ; le saphir chatoyant, à reflets nacrés ; le saphir astérie, qui présente des étoiles lumineuses ; le saphir blanc, variété incolore et qui ressemble au diamant ; le saphir occidental ou blanchâtre, d'un blanc clair mêlé de bleu de ciel.
Supbir (le), opéra-comique en trois actes, paroles de MM. de Leuven, Michel Carré et Hadot, musique de M. Félicien David ; représenté à l'Opera-Ooinique le 8 mars 1865. Les librettistes ont dépecé la comédie du vieux
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Shakspeare : Tout est bien qui finit bien, et en ont assez facilement tiré une pièce amusante. Hermine, fille du médecin de la reino de Navarre, a sauvé l'enfant royal de Béarn. Pour lui prouver sa reconnaissance, la reine lui promet de lui accorder ce qu'elle demande, c'est-à-dire d'épouser le comte Gaston de Lusignan, son frère de lait, son ami d'enfance. Gaston, n'osant désobéir à son souverain, se résigne, mais abandonne aussitôt sa nouvelle épouse et part pour la guerre, lui jurant qu'elle ne deviendra sa femme que le jour où il lui mettra au doigt une bague ornée d'un saphir, que les comtes de Lusignan ont la coutume de donner à leur fiancée* Le deuxième acte nous transporte à Naples. Gaston fait la cour à une certaine Fiammetta, et, en compagnie de son page Olivier et du capitaine Parole, se livre à une existence assez désordonnée. Mais la pauvre Hermine arrive, conte son aventure k une duègne expérimentée, qui organise un rendez-vous nocturne dans lequel Gaston trouve, au lieu de Fiammetta, sa propre femme, qui obtient de lui par surprise le précieux saphir et retourne en France. Au troisième acte, tous les personnages se retrouvent au château du comte. Celui-ci, surpris de voir Hermine consolée de son veuvage et recevant d'assez bonne grâce d'ailleurs les hommages de jeunes seigneurs, sent naître en lui la jalousie. Il réclame ses droits ; mais il n'a plus en sa possession le saphir qu'à son tour la comtesse lui demande. Fiammetta et la duègne ne peuvent le lui rendre, et enfin c'est Hermine elle-même qui le lui montre à son doigt. La musique de cet ouvrage offre des morceaux charmants, mais aussi des parties auxquelles l'inspiration fait défaut. Nous signalerons un très-beau chœur au commencement du premier acte ; un joli duo: Le temps emporte sur son aile; une chanson pleine d'entrain de Fiammetta ; un bon quatuor soénique ; un chœur de matelots et la sérénade du ténor, dans le second acte; enfin ai: troisième, l'air de danse béarnaiç,et l'air du comte : C'est pour vous seule, Hermine. L'ouvrage a été fort bien chanté par Montaubry, Gourdin, Mlle* Cleo, Girard et Baretti.
SAPHI H (Moïse, puis Maurice-Gottlieb ), écrivain humoristique allemand, né à Pesth le 8 février 1795, mort à Bade le 5 septembre 1858. Issu d'une famille israélite, il fut d'abord destiné au commerce par ses parents et entra fort jeune dans une maison de commission de Vienne. Au bout de quelques années, son curactère railleur et sarcastique lui avait attiré tant d'ennemis, qu'il fut obligé, nonseulement de renoncer à sa position, mais de quitter la capitale de l'Autriche, dont le séjour lui devenait impossible. Il alla habiter Berlin, puis Munich, et fonda dans ces deux villes des journaux satiriques qui eurent une grande vogue : à Berlin, la Diligence de lierlin et le Courrier de Berlin; à Munich, le Bazar de Munich et l'Aurore allemande. En 1832, Saphir quitta la religion juive pour le protestantisme, suivant l'exemple do son confrère Henri Heine. 11 Unit par recevoir l'autorisation de revenir en Autriche et s'étabijt k Vienne, où, à partir de 1837, il rédigea YHumoriste. On a de cet inépuisable persifleur : Recueil d'écrits divers (Stuttgard, 1S32); Nouveau recueil d'écrits divers (Munich, 1832); Bêtises, portraits el charges (Munich, 1837); Bibliothèque humoristique des dames (Vienne, 1838-1841); Album de. choses sérieuses el plaisantes (Leipzig, 1846); Soirées humoristiques (Leipzig, 1854) ; Dictionnaire de l'esprit, du bon mot et de la bonne humeur (Dresde, 1852- 1854), etc.
Saphira, roman, par M. de Kératry (1835, in-8«J. La pensée fondamentale de ce livre, qui eut un grand retentissement, est qu'on ne se met jamais impunément au-dessus des lois du pays dans lequel on vit, et que l'aine s'ennoblit ou se dégrade suivant la nature et l'objet de son amour. Salvini, jeune peintre plein d'espérance, est le compagnon d'enfance du prince de Clara-Monte, patricien de Venise, inscrit au livre d'or de la noblesse. Malgré la disproportion de leur rang, le prince et l'artiste, unis d'une étroite amitié, vivent ensemble comme deux frères. Cette communauté de vie n'est pourtant pas fondée sur une grande conformité de caractère : Clara- Monte a un esprit froid et sérieux, une raison sévère ; Salvini, au contraire, esf ardent et enthousiaste et se laisse aller à tomes les séductions; s'il a en lui le principe du bien, celui du mal peut s'y développer aussi facilement. L'auteur a personnifie dans Salvini la jeunesse de son temps, remarquable à la fois par ses qualités et ses défauts; il a voulu montrer une de ces individualités comme il y en avait tant à cette époque et qui, presque toutes, avortaient par leur ambition démesurée. Tout le début de ce roman se passe à Paris, où la présence de Clara- Monte est nécessaire aux intérêts du pape Pie VII, son oncle. Salvini a vu une jeune fille, pour laquelle il s'est passionné aussitôt, et il n'a pas eu de repos qu'il n'eût fixé sur la toile les formes divines qui l'avaient séduit. Le portrait est bientôt achevé; la ressemblance est nécessairement frappante, et, à première vue, le prince a nommé Saphira, la tille du comte de Saint-Maur. Grâce k son ami qui l'introduit dans la plus haute société, Salvini revoit Saphira et ne tarde pas à faire partager sou amour. Cependant, U ne néglige pas son art; au contraire, il travaille avec plus d'ur-
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deur, car il sent plus que jamais le besoin d'illustrer soti nom pour le pouvoir offrir à l'héritière des comtes de Saint-Mnur. Le portrait de Saphira est une œuvre intime qu'il ne veut pas laisser profaner par la curiosité publique. Il fera donc: un nouveau tableau, mais sur quel sujet? Le hasard le sert mieux que son talent; il surprend un jour Saphira dans ses fonctions de dame de charité, et dès le lendemain il se met à l'œuvre et représente la scène émouvante k laquelle il a eu le bonheur d'assister. Le succès couronne ses efforts, et Saphira, enivrée des éloges qu'elle entend prodiguer à l'artiste, finit par lui avouer son amour. Salvini n'hésite plus à la demander en mariage; mais le noble comte de Saint- Maur ne consentira jamais à cette mésalliance. Accablé de douleur, Salvini tombe malade; sa vie est en danger; par bonheur, l'amitié veille sur lui. Le prince de Clara- Monte imagine un stratagème pour sauver son ami d'enfance. Jamais la fille du comte de Saint-Maur n'eût consenti k un enlèvement; mais Saphira ne reculera pas devant un subterfuge pour rendre la vie à son amant. Il est vrai que le subterfuge pourrait, sans inconvénient, s'appeler d'un autre nom, car il ne s'agit de rien moins que de faire croire au comte de Saint-Maur que sa fille va épouser le prince de Clara-Monte. Ce dernier proprose k Saphira de l'épouser devant l'ofliuier civil : elle sera, pour son père et pour le monde, la princesse de Clara-Monte; mais il n'y aura devant Dieu que l'épouse de Salvini ; la cérémonie officielle aura été précédée d'un mariage secret, consacré par l'Eglise, entre Saphira et l'artiste. La jeune comtesse hésite d'abord; ce mensonge lui parait, avec raison, odieux; mais Salvini se meurt, et il faut k tout prix le sauver. Elle donne donc son consentement k ce singulier traité, car elle a su apprécier la noblesse de caractère de Clara-Monte, et elle se fie k sa loyauté. Le peintre renaît à la vie; il épouse Saphira, qui devient bientôt après princesse de Clara- Monte; puis ils partent tous trois pour l'Italie, où Salvini passera pour le sigisbé de sa femme. Tel est le nœud de ce roman qui, on le voit, ne manque ni de hardiesse ni d'originalité. L'auteur a fort bien su tirer parti de son étrange conception et u parfaitement fait ressortir tout l'intérêt de la situation de ces trois personnages placés vis-k-vis l'un de l'autre dans des intérêts si divers et si délicats. Le prince, par suite de ses relations inévitables avec celle qui n'est sa femme que de nom, finit par l'aimer, tandis que le caractère fougueux de l'artiste, une fois sa passion satisfaite, le livre aux séductions habiies d'une duchesse de B'ellamente, pour laquelle il oublie Saphira. Il est très-curieux de suivre pas k pas les secrets mouvements qui agitent l'âme de Clara-Monte, condamné k une intimité dangereuse, mais nécessaire, avec cello qui lui dévoile involontairement chaque jour les trésors d'esprit et de grâce auxquels il a volontairement renoncé pour en faire jouir son ami. Salvini, de son côté, s'enfonce de plus eu plus dans son indigne passion ; il délaisse complètement Saphira et finit même par l'abandonner tout k fait pour aller vivre publiquement avec la duchesse de Fellamente, Pendant ce temps, Clara-Monte, resté forcément auprès de Saphira, la console de son mieux, mais sans faire aucune tentative qui puisse l'ame..er à trahir la parole donnée k son ami. Mais un jour Salvini rencontre un rival chez la duchesse ; il le provoque, et k peine a-t-il croisé le fer avec son adversaire que deux bravi se jettent sur lui et l'assassinent. Lo prince, il n'est pas besoin de le dire, recueille la succession de Salvini, et personne ne se doute que lu princesse a dû être veuve pour devenir en réalité l'épouse de Clara-Monte. Ce roman est le chef-d'œuvre de l'auteur.
SAPHIRE, femme d'Ananie. V. Ananie.
SAPHIR1N, INE adj. (sa-fi-rain, i-ne — rad. saphir). Miner. Qui ressemble au saphir : Calcédoine saphirink.
— s. m. Un des noms de la hauyne et de la dichroïte.
— s. f. Variété de calcédoine, qui a la couleur du saphir.
— Crust. Genre de crustacés copépodes, do la famille des pontiens, comprenant deux es-
Eèces, très-petites et phosphoresi;eutL's, qui abitent l'océan Atlantique ut les environs du Cap de Bonne-Espérance.
SAPHISME s. in. (sa-fi-sme). Pathol. Dépravation semblable à celle qu'on a imputés a Sapho et aux Lesbiennes en général.
SAPHISTRIN s. in. (sa-fi-strain — rad, saphir), Miner. Ancien nom de la topaze.
SAPHO s. f. (su-fo). Femme dont le génie ou les mœurs rappellent la célèbre Lesbienne de ce nom : Delphine Oirardin, Desburdes- Valmore, Amable Tastu, Mélanie Waldor, L'/uise Cotet sont les Saphos du xix« siècle. (Degranges.) Eh bien ! avant Mercosur, la Sapho de la Loire, l.a poule a servi de pâture à la gloire, Sphinx dévoraut qui veille aux portos de Paris Hlu. Mokeau.
— Astron, Planète telescopique découverte eu 1854.
SAPUO ou SAPPltO, célèbre poétesse grecque, née k Eresus ou à Mitylène, dans l'Ile de Lesbos, vers 620 av. J.-C, morte vers 565.
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Elle jouit chez les anciens d'ane immense réputation , et cependant peu de faits de sa biographie sont certains; en revanche, les légendes groupées autour de son nom sont innombrables. Elle était contemporaine d'Alcée et un pi*u plus jeune que lui; Alcée même la rechercha pour femme. Aristote, dans sa Rhétorique, dit que le poëte en était passionnément épris et cite les vers qu'il lui adressa : « Je voudrais parler, lui écrivait-il, mais la honte me retient. — Si c'était la passion du bien et du beau qui t'eût pénétré, lui répondit Supho, et si ta langue ne s'apprêtait à aire quelque chose de mauvais, la honte ne te retiendrait pas et tu oserais faire ta requête. > Ainsi Sapho dédaigna Alcée, voilà un fait acquis. Cela ne l'empêcha pas de s'unir au poëte dans la lutte patriotique qu'il avait entreprise contre le tyran de Lesbos, Pittacus , et soit qu'elle ait pris part avec Alcée à lu conspiration qui éclata vers l'an 596 av. J.-C, soit qu'elle eut été seulement coupable d'avoir composé quelques vers malsonnants, elle fut bannie de Lesbos, en même temps que les principaux chefs du mouvement, et se retira en Sicile. Les marbres de Paros relatent le fait; la date, il est vrai, est effacée, mais elle ne peut tomber qu'entre G04 et 592 av. J.-C, la conspiration à laquelle prit part Alcie étant positivement fixée à 596 . Sapho revint à Lesbos vers 570, ainsi qu'en témoignent quelques-unes de ses poésies, et y pas^a le reste de ses jours. Hérodote nous apprend, d'un autre coté, qu'elle avait un frère, fils comme elle de Scamandronyme, citoyen de Mitylène, et nommé Charaxus; que Charaxus affranchit, moyennant une grosse somme, !a courtisane Rbodope, et que Sapho, dans un>3 de ses pièces de vers, blâma fortement soi frère de cette action déraisonnable. Ce fait se passait en 570. En supposant que Sapho eût vingt -cinq ans lorsqu'elle fut bannie ce Lesbos, elle aurait eu à peu près la cinquantaine à l'époque où elle reprenait si vivement les travers de son frère, et ce simple rapprochement de dates fait tomber l'argument des critiques qui s'appuient sur ces remontrances à Charaxus pour prouver que Sapho n'eut jamais les mœurs décriées que lui prête la légende. 11 n'est pas certain que Sapho ait été une courtisane, mais l'eûtelle été dans sa jeunesse, cela ne l'eût pas empêchée de pouvoir donner de bons conseils dans sou âge mûr.
La mention faite par Hérodote nous fournit le nom du père de Sapho, Scamandronj'niL-, citoyen de Mitylène, et celui d'un de ses frères, Charaxus; elle en eut deux autres : Liuïctius, à qui elle adressa des vers, et Erigius, dont le nom se trouve dans les scoliasies des comiques grecs. Le nom de sa mère, d'après les mêmes scoliastes, était Cléis. fin a conjecturé que Sapho avait eu une till :, appelée aussi Cléis, à cause de ces vers qui lui sont attribués : « J'ai une belle enfant, dont la beauté ressemble aux chrysnnthènes, mon aimable Cléis, que je n'échangerais pas contre toute la Lydie. ■ Le graimmirien Héphestion, qui cite ces vers, n'en ne m me pas l'auteur, et, quand même ils seraient de Sapho, rien ne prouverait qu'elle y parlait d'un enfant à elle plutôt que d'une des nombreuses jeunes filles au milieu desquelles elle vécut" et qu'elle louait presque dans les mêmes termes. Il est vrai qu'on lui donne aussi un mari, appelé Cercolas et natif d'Andros ; mais l'équivoque obscène qui se cache sous ce nom bizarre de Cercolas fait assez ■*oir que c'est là une invention bouffonne 3e quelque comique grec.
Ces renseignements et quelques indications qu'on peut encore tirer des Fragments de Sapho sont tout ce que l'on sait de positif sur la célèbre poétesse, et les Grecs, admirateurs fervents de ses vers, qu'ils classaient parmi les chf fs-d'œuvre de leur langue, ne paraissent pus en avoir su plus que nous, puisqu'ils ont éti obligés de remplacer sa biographie réelle par des légendes. C'est cette partie fabule Jse de la vie de Supho qui est restée la plus populaire. D'après des récits empruntés surtout aux comiques grecs du ve et du ive siècle av. J.-C, Sapho était tombée éperdumer.t amoureuse d'un batelier de Mitylène, le beau Phaon, qui resta insensible à ses ardeurs; elle courut après lui par terre et par mer, b suivit en Sicile et, désespérée de se voir préférer une rivale, revint à Lesbos et se précipita dans la mer du haut du promontoire c e Leucade. Il est à remarquer que cette aventure fournissait un excellent sujet de tragédie et que, pourtant, elle n'a jamais été mise i- la scène que par les poete's comiques ; Ameipsias , Amphis , Antiphane , Diphile , Ephippus, Timoclès avaient fait des comédies de Sapho, et le poëte comique Platon une comédie de Phaon; toutes sont perdues, mais ce que l'on en sait, c'est que les aventures prêtées à Sapho y élaieut parodiées et tournées en bouffonneries. Hérodote, qui mentionna les moindres circonstances avec tant de scrupule, n'eût pas manqué de faire allusion i. la fin tragique de Sapho si cette légende avait été en circulation de son temps; elle est donc postérieure de cent cinquante ou deux cents ans à celle qui en fait l'objet. Ottfiied Millier lui reconnaît tous les caractères d'un mythe : « Il est certain, dit 1 historien de la littérature grecque, que Sapho parlait souvent dans ses poésies d'un jeune humme auquel elle était attachée de tout son cœui, tandis qu'il la traitait avec une indif-
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férence marquée, mais on ne trouve nulle part, dans ce qui nous reste de ses poésies, qu'elle ait jamais nommé ce jeune homme Phaon et qu'elle ait publiquement recherché ses faveurs-. Ajoutez queles récits de la beauté merveilleuse du jeune Phaon et de l'amour que conçut pour lui la déesse Aphrodite sont évidemment empruntés à l'histoire d'Adonis et reproduisent exactement les traits de ce mythe. Hésiode p'aile d'un Phaéton, fils d'Aurore et de Céphale, qu'Aphrodite aurait enlevé tout enfant et dont elle aurait, fait le gardien et le prêtre du sanctuaire de ses temples. C'est sans contredit la fable d'Adonis apportée de Chypre en Grèce qui forme le fond de ces traditions et on peut en conclure que les Grecs donnèrent à ce favori d'Aphrodite le nom de Phaé- -ton ou de Phaon et qu'ils finirent, grâce à de fausses interprétations, par faire de ce Phaon l'amant de Sapho. Peut-être aussi Sapho, dans quelque pièce sur Adonis comme elle en composait beaucoup, chanta-t-elle le beau Phaon av,ec une ardeur qui permettait d'interpréter ces vers comme s'ils étaient adressés à son propre amant. » Quant au saut de Leucade, c'était une légende antérieure à Sapho elle-même et qui, outre la fable de Leucatée (v. Leucade), eut encore pour héroïne une certaine Calycé, chantée par Stésichore. Calycé était une belle jeune tille, amoureuse d'un autre Phaon, qui ne voulut point d'elle, et elle termina ses peines en se jetant dans la mer ; une cérémonie expiatoire fut instituée au promontoire de Leucade, soit en l'honneur de Leucatée, soit en l'honneur de Calycé, et, par une confusion fréquente dans les fables grecques, tout cela se groupa dans les siècles suivants autour du nom de Sapho.
Il est plus difficile de savoir ce qu'il y a de fondé dans les allégations des anciens touchant les mauvaises mœurs de Sapho et surtout relativement à la dépravation particulière1 aux Lesbiennes, dont elle est véhémentement accusée. Ces allégations reposent sur les poésies mêmes de Sapho. Des courts fragments qui nous en restent, les plus considérables, l'Ode à Aphrodite et le morceau si parfaitement imité par Catulle dans le rhyihine même des vers grecs :
Me mi par esse diis videlur...,
et que Boileau a traduit en vers d'une façon si heureuse, ces deux poésies brûlantes sont adressées à des femmes. Dans d'autres pièces, doiit quelques vers seulement, cités par les grammairiens grecs, nous sont parvenus, il s'agit presque toujours de femmes et Sapho leur parle sur un ton passionné qui semble étrange : « Il vient de nouveau m'assaillir, l'amour qui brise les membres, le monstre doux et amer, le monstre invincible, dit-elle dans un de ces fragments; Atthis, ton souvenir me pèse et tu voles vers Andromède ! > Atthis est une femme, et Sapho a pour rivale une autre femme, Andromède; elle rnijle celle-ci sur sa façon de porter ses vêtements : « Voilà la femme qui t'a charmée , dit-elle à Atthis; une petite paysanne qui ne sait pas même relever sa robe sur ses chevilles I » On connaît les noms de toutes ses jeunes amies et leur grâce particulière , qu'elle aime à peindre d'un trait. C'est la Milésienne Anactoria, Gongyla de Colophon, Eunice de Salamine, Gyrinna, Atthis, Mnasidice; elle blâme celle-ci d'être d'une humeur si sombre, étant si jolie et plus gracieuse que la délicate Gyrinna elle-même. Ottfried Mùller explique tous ces passages par la tendre amitié qui unissait les femmes et les jeunes filles affiliées en confréries ou hétairies, non-seulement à Lesbos, mais dans toute l'Eolie ; ces hétairies où l'on cultivait la poésie et lu musique se groupaient d'ordinaire autour d'une femme plus âgée, d'un talent reconnu, et ce serait là le seul rôle qu'aurait joué Sapho vis-à-vis de ses jeunes compagnes; il reconnaît toutefois que la plupart de ses vers trahissent la passion amoureuse beaucoup plus que la sollicitude maternelle. Du reste on peut voir, par d'autres fragments, qu'en tout cas le goût de Sapho pour les femmes n'était pas exclusif; elle a aussi un grand nombre de vers passionnés à l'adresse des jeunes gens.
La critique moderne, embarrassée de trouver réunis dans la même personne tant de talent poétique et une liberté de mœurs qui ne cadre plus avec nos usages, avait pris au siècle dernier un excellent parti: c'était de dédoubler le personnage et d'en faire deux Sapho, l'une poétesse et l'autre courtisane. Athénée et Elien avaient déjà usé du même subterfuge en attribuant à Sapho, célèbre hétaïre u'Eresus, l'amour pour le beau Phaon, le saut de Leucade et le goût dépravé qui a fait la réputation des Lesbiennes. Yisconti renouvela cette thèse en l'appuyant de la découverte d'une médaille de Sapho, frappée à Eresus. Mais les vers mêmes de la poétCL-so ont très-bien pu donner lieu, cotnmo ou l'a vu, à la calomnie ou à la médisance, et il resterait à expliquer comment toute l'antiquité, les poètes comiques grecs et les poC'tes latins, Catulle, Horace, Ovide qui a fait une Uéroïde avec les aventures de Sapho, Cicérou qui parle de sa statue, un chef-d'œuvre de Siluuion, volé par Verres, comment tous ces auteurs n'ont connu qu'une seule Supho. La médaille d'Eresus prouve seulement que
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deux villes se disputaient l'honneur de lui avoir donné naissance.
Les Fragments de Sapho nous ont été con^ serves par Aristote, Plutarque, Athénée, Stobée, Héphestion, Mac'robe, Eustathe, Démétrius de Phalère, Longin et Denys d'Halicarnasse. Des deux morceaux qui paraissent entiers, l'Ode à une femme aimée, imitée par Catulle et traduite par Boileau, et l'Ode à Aphrodite, le premier nous a été conservé par Longin, qui l'a cité dans son Traité du sublime, le second par Denys d'Halicarnasse. Tous deux sont écrits en strophes et en vers appelés saphiques ; car Sapho enrichit la poésie grecque d'un des mètres lyriques les plus harmonieux, mètre qu'Horace a fait passer avec tant de succès dans la poésie latine. Elle a%-ait inventé encore le vers éolique, ainsi qu'une espèce d'harmonie pour le chant, enfin un instrument de musique nommé pectis, dont la forme et l'usage nous sont restés inconnus.
« Si la poétesse lesbienne, dit M. Pierron, n>vait chanté que ses amours, la Grèce n'eût pas laissé de lui assigner, parmi les noms les plus glorieux de sa littérature, une place éminente et glorieuse. Mais c'est dans presque tous les genres et sur tous les tons propres à la poésie lyrique que Sapho avait fait admirer à l'antiquité cette grâce et cette douceur que nul n'a jamais unies à plus de véhémence et de passion. Ceux qui avaient recueilli ses œuvres les avaient distribuées en divers livres, mais en ayant égard uniquement au mètre et sans tenir compte de la nature même des sujets. Le premier livre contenait, par exemple, tout ce que Sapho avait écrit dans le métré auquel est resté attaché le nom de saphique. Il y avait dans chacun de ces livres des morceaux du caractère le plus différent, comme on en peut juger à la diversité des idées et des sentiments qu'on trouve dans les fragments dont la forme métrique est la même. Muis le genre où la poétesse avait particulièrement excellé, ce sont les épithalames ou chants d'hymenée.
. 11 y a dans les œuvres de Catulle, outre l'Epithalame de Pelée et de l'hétis, deux autres épithalames qui paraissent n'être autre chose que des traductions ou des imitations de Sapho, et qui sont dignes non-seulement du talent de Catulle, mais du génie de la poétesse lesbienne. Nous possédons encore un certain nombre de vers incontestés des épithalames de Sapho, et ces vers comptent parmi les plus beaux qui nous restent d'elle. C'est là
' qu'on trouve les plus aimables images, les plus gracieuses comparaisons que la contemplation de la nature ait inspirées k la muse antique. Voici comment Sapho caractérise la fraîcheur de la jeunesse et de la beauté ; « Comme la douce pomme rougit sur la haute » branche, au sommet de la branche la plus » haute : les cueilleurs l'ont oubliée ; non, ils » ne l'ont pas oubliée, mais ils n'ont pu y at-
• teindre. » lia femme qui a un époux pour la protéger, c'est, selon Sapho, la Heur qui s'épanouit dans un jardin et qui n'a rien à craindre des outrages du passant. Celle qui est abandonnée à elle-même, Sapho la compare à ces Heurs des champs dont nul ne prend souci : « Telle l'hyacinthe, que les bergers
• foulent aux pieds dans les montagnes : la » fleur' empourprée est gisante sur la terre. » Je pourrais multiplier les exemples. L'étude seule des faibles reliques du génie de Sapho, et indépendamment de tous les témoignages, suffirait donc pour justifier l'enthousiasme qu'inspira aux Grecs, 'dès le premier jour, cette femme extraordinaire. Aussi, n'avonsnous pas de peine à comprendre le mot de Solon, cité par Stobée. Solon, entendant un de ses neveux qui récitait un poëme de Supho, s'écria : « Je ne serais pas content si je » mourais avant de savoir ce morceau pur » cœur. »
L'édition la plus complète des Fragments de Sapho est celle de Nerre : Sapphonis Mytilensx fragmenta (Berlin, 1827, in-4°).
Sa|iiio, tragédie lyrique en trois actes, paroles d'Empis et Cournol, musique de Reieha ; représentée au Grand-Opéra le 16 décembre 1822. Voici l'analyse de cette pièce. Fatigué deslangueurs de Sapho, Phaon, épris des charmes de la jeune Néris, a fui de Mitylène, et, réfugié en Sicile, il est sur le point d'épouser sa nouvelle conquête. Quelques remords le poursuivent cependant. Néris veut connaître la cause de sou trouble, Phaon révèle ses anciennes amours et ne laisse pas ignorer qu'il redoute la jalousie de Sapho. Les caresses de Néris dissipent ses inquiétudes, et tous deux se rendent au temple où doit se consacrer leur hymen. Sapho, qui touche en ce moment le rivage de Sicile, aperçoit Phaon qu'elle a vainement cherché dans toute la Grèce. Elle veut se précipiter sur ses traces; mais elle en est empêchée par une troupe de pirates cachés dans les rochers qui bordent la mer, pour attendre les débris des bâtiments qui ont dû périr pendant l'orage qui a éclaté au lever du rideau. Sapho essaye vainement de iléchir ces brigands qui exigent d'elle des trésors qu'elle n'a pas. Ils s'emparent de la lyre de Sapho qui , pour ravoir cet instrument divin , adresse une invocation à Vénus. Les pirates , émus do la beauté de ses chants, tombent aux pieds de Sapho, lui rendent sa lyre et s'éloignent. Sapho, libre enfin, accablée par la fatigue et 1 émotion, se retire sous les débris d'uu tem-
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pie pour y trouver quelque repos. Ici finit le premier acte. L'analyse du second et du troisième sera moins longue. Supho s'endortaprès avoir laissé éclater toutes les fureurs de son amour et de sa jalousie. Les Grâces, les Plaisirs charment son sommeil, que vient troubler bientôt la plus affreuse nouvelle î Phaon et Néris marchent à l'autel. Sapho court s'opposer à cet hymen, et, en effet, elle arrive au moment où, après une fête brillante, les deux amants allaient être unis. Désespoir général; chacun se sauve, Sapho suit les pas de Phaon. Ils arrivent sur le bord de la mer. Sapho demande une explication fort embarrassante pour l'infidèle. Qui sait comment l'amour commence? qui sait pourquoi il finit? Mais bientôt Sapho chante, et Phaon, enivré, denjande un pardon qu'on lui accorde à la condition de quitter sur-le-champ la Sicile. Il va partir; Néris, suivie de son père, vient à son tour l'accabler dé reproches. Phaon, qui a déjà quitté Sapho pour Néris, qui ensuite a délaissé Néris pour Sapho, est encore sur le point d'abandonner Sapho pour Néris. Sapho le presse de se prononcer; Phaon hésite et la muse de Mitylène, irritée de cette incertitude, : se sauve à travers les rochers et se précipite dans la mer. L'onde bouillonne, le tonnerre gronde, le fond du théâtre se couvre de nuages, lesquels, se dissipant bientôt, laissent voir le Parnasse, où Sapho prend place et augmente ainsi le nombre des filles de Mémoire. Le grand prêtre de-Junon annonce que les -dieux ont pardonné l'infidélité de Phaon; il est uni à Néris. Telle est la marche de cet opéra qui, par le vice même du sujet, n'e3t pus susceptible d'un grand intérêt, mais qui, en revanche, est écrit en général avec un soin et quelquefois même avec une élégance qu'on trouve rarement dans les poèmes lyriques. On pouvait craindre que la partition de M, Reieha ne fût pas parfaitement bien disposée pour la scène. 11 passait pour le plus savant harmoniste de l'Europe ; mais on craignait que sa musique ne fût pas dramatique. L'audition de Sapho a dissipé cette crainte. Elle est, presque toujours, gracieuse et expressive. Nous citerons surtout, au premier acte, l'air de Phaon : Quelle était mon erreur extrême t et son duo avec Néris : Objet de ma tendresse/ le finale du second acte et l'air : Heureux gui, près de toi, pour toi seule soupire. Cet opéra obtint le plus honorable succès.
Sapiio (Sa/fo), opéra italien en trois actes, musique de J. Pacini, représenté au Théâtre- Italien lu 15 mars 1842. Cet ouvrage avait été chanté quelques mois auparavant avec succès en Italie. L'accueil qu'on lui fit à Paris fut médiocre. Alcandre, grand prêtre d'Apollon, jaloux de Phaon, qui est aimé de Sapho, parvient à les désunir. Pendant que Phaon célèbre son hymen avec une rivale, Sapho survient et, dans sa fureur, renverse l'autel sacré. Elle est condamnée à mort en raison de ce sacrilège. Alcandre veut alors la sauver. Une circonstance lui révéla que celle qu'il aimait d'un amour criminel est sa propre fille. La vengeance du peuple doit s'accomplir. La muse de Lesbos reçoit les honneurs du triomphe pour prix de ses chants et se précipite dans les flots du haut du rocher de Leucade. On voit que l'auteur du livret a imaginé une nouvelle version de l'histoire restée assez mystérieuse de Sapho. La musique est bien faite, mais elle manque d'originalité. Le deuxième acte renferme toutefois d'assez beaux morceaux ; nous signalerons particulièrement un chœur de femmes : Al crin le cingete, dont l'effet est plein de charme. En somme, les trois morceaux saillants de cet ouvrage sont l'adagio des deux femmes, le trio et le rondo final. Mario, Tamburini et Mme Grisi n'avaient pu préserver Saffo de l'indifférence publique ; voilà qu'en novembre 18G3 Mlle Lagrua et Mma Grossi, secondées par le ténor Pabbris et par Cresci, chantent cet opéra avec succès à Barcelone et ailleurs. C'est probablement ce qui a décidé M. Bugier à exhumer cette partition en 1866, afin de faire valoir le beau talent dramatique de M'ie Lagrua.
Sapbo, opéra en trois actes, paroles de M. Emile Augier, musique de M. Gounod, représenté sur le théâtre de l'Académie nationale de musique le 16 avril 1851 et réduit à deux actes le 26 juillet 1858; La scène se passe à Mitylène, où Sapho règne par l'éloquence et la poésie, tandis que son cœur est dominé par sa passion pour Phaon l'indifférent. Sapho a pour rivale Glycère. Une conspiration ourdie par Pythéas et le poëte Alcée est découverte par la courtisane, et le sort de Phaon, l'un des conjurés, est dans ses mains. Armée de ce redoutable secret, elle obtient de Sapho de renoncer à Phaon, de le laisser fuir seul sa patrie, et de lui faire croire à sa propre inconstance. Au troisième acte, qui se passe sur le promontoire de Leucade, les proscrits, au nombre desquels se trouve Phaon, maudissent Sapho, qu'ils supposent être l'auteur do leur infortune; mais Sapho est venue chercher en ce lieu le remède au mal qui la dèvocfi. Elle a entendu les imprécations de son amant et elle se précipite dans les flots. Cet ouvrage fut le début de M. Gounod sur notre première scène lyrique. Il fut accueilli froidement par le public. La partition de Sapho est l'œuvre d'un excellent musicien, dont le goût est toujours fin et juste, les tendances élevées, et qui aspire è
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se faire dans l'histoire de l'art une place h part. C'est une noble ambition que justifient suffisamment plusieurs ouvrages distingués. On a remarqué au premier acte la romance : Puis- je oublier, 6 ma Glycère; le chant d'amour de Sapho : Béro sur la tour solitaire, suivi d'un beau finale qui a obtenu un grand succès. Le trio du second acte : Je viens sauver ta tête, est d'un bon sentiment dramatique. Le troisième acte offre quatre morceaux fort expressifs ; une romance de Phaon, 0 jours heureux; une élégie do Sapho; la chanson du pâtre, Broutez le thym, qui a un caractère fort pittoresque, et enfin les stances finales, O ma lyre immortelle! Cet opéra passe pour avoir été inspiré aux auteurs par M™e Pauline Viardot. Cette artiste a- interprété avec beaucoup de talent le rôle de Sapbo. Celui de Glycère a été traduit par Mlle Poinsot; Gueymard, Brémond, Marié et Aymès ont chanté les rôles de Phaon, Pythéas, Alcée et du jeune pâtre.
Sapbo. Iconogr. Au musée des Etudes, à Naples, est une peinture antique qui a été trouvée à Herculanum et dans laquelle on a cru voir le portrait de Sapho. La « poétesse » de Mitylène parait méditer et tient des tablettes destinées a recevoir les confidences de son imagination amoureuse. On voit dans la même galerie un buste en bronze provenant également des fouilles faites a Herculanum et qui passe pour représenter Sapho ; l'exécution en est très-soignée.' Le musée du Vatican possède une statue de marbre antique de Sapho : elle est assise sur un rocher et tient de la main gauche un volumen.
Sapho a inspiré une foule d'artistes modernes. Nous consacrons ci-après des articles spéciaux aux statues de Pradier et de Clésinger. Une charmante statuette de marbre a été exécutée en 1796 par l'Allemand Danneker. Claude Raniey a exposé au Salon de 1801 une statue de Sapho assise. Duret a scul|)té une Sapho écrivant à Phaon sous l'inspiration de l'Amour -(Salon de 1806). Un buste de Sapho a été exposé par P.-N. Beauvallet en 1817. Sapho délaissée, Sapho sur le roc/irr de Leucade, les Derniers moments de Sapho ont été représentés par plusieurs sculpteurs, notamment par G. Dkbolt (statue de marbre, Sulon de 1848), G. Grootuers (statue de marbre, Salon de 1852, et Expos, univ. de 1855), Pierre Travaux (plâtre, Salon de 1852, et marbre, Salon de 1859), Ernest Laurent (plâtre, Salon de 1849), P. Loison (marbre, Salon de 1859), Grabowski (marbre, Salon de 1859), P. Robinet (marbre, Salon de 1861), E. Aizelin (bronze, Salon de 1853), A. Doriot (Sapho se précipitant, marbre, Salon de 1872), etc. La Sapho de Diebolt a un caractère noble et poétique; celle de P. Robinet ne manque pas d'élégance. La Sapho de P. Travaux mérite mieux qu'une simple mention : debout, le torse presque nu, la chevelure tressée avec coquetterie et retombant sur les épaules, le cou orné d'un collier de corail, la célèbre Lesbienne ne pense pas encore à se précipiter dans la mer, mais elle laisse voir son découragement; son bras droit tombe, comme abandonné, le long du corps; sa main gauche tient négligemment la lyre, d'où elle n'a pu tirer des sons capables d'attendrir le beau Phaon; le visage exprime sans fadeur la mélancolie de la dédaignée. Cette statue est placée dans la cour du Louvre. La Sapho de M. Loison est debout aussi, dans l'attitude de la tristesse ; de sa tète inclinée, un long voile tombe et couvre les épaules, les deux bras ramenés et croisés par devant soutiennent la lyre. M. Grabowski a représenté Sapho assise sur le rocher de Leucade, la tête penchée, les jambes pendantes, la main gauche appuyée au sol, la droite placée sur les genoux et tenant un volumen; c'est une gracieuse figure. La Sapho de M. Doriot tient sa lyre de la main droite et lance un baiser au public avec la main gauche ; elle parait tout entière en dehors du rocher d'où elle se précipite et n'y est rattachée que par son manteau ; cet artifice, d'un goût très-douteux, a eu beaucoup de succès près de la foule qui apprécie mieux l'habileté du métier que l'élévation du sentiment.
Les peintres et les graveurs ont souvent représenté Sapho. On a d'Augelica Kauffmann deux gracieuses compositions, Sapho inspirée par l'Amour (gravée par Facius^ et Sapho s'entrelenant avec Homère (gravée par Angelica elle-même avec la collaboration de Zucchi). Henri Treshain a fait paraître à Rome, en 1683, une suite de dix-huit planches gravées dans la manière du lavis et représentant les Aventures de Sapho. Le même sujet u été traité par Girodet uans une suite de compositions qui ont été gravées par Chatillon et publiées avec une notice sur la vie et les oeuvres de Sapho par P,-A. Coupin. Girodet a représenté Sapho dans toutes les phases de sa vie, depuis le moment où l'amour commence à s'emparer d'elle, jusqu'à celui où elle se précipite dans les flots. « Pour mieux se pénétrer île son sujet, dit le Journal des artistes (octobre 1828), Girodet avait lui-même traduit plusieurs des fragments, seuls témoignages que les siècles nous aient transmis du génie de Sapho; et ces traductions, reproduites dans la notice de M. Coupin, feraient honneur à un versificateur de profession. Toutefois, elles n'approchent pas de la poésie de ses crayons; les images les plus voluptueuses les plus scabreuses s'épurent, s'ennoblissent
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sous ses traits en même temps gracieux et sévères, et ces images se trouvent mises audessus des atteintes de la censure par cette élévationdestyle etcettegravitédela beauté, dont nul n'a si bien que Girodet compris et su mettre en œuvre la puissance. » Copia a gravé, d'après Devosge, Sapho inspirée par l'Amour;V. Bartolozzi a gravé, d'après G.-B. Cipriani, Sapho embrassant l'Amour; Joseph Vien a peint Sapho s' accompagnant de la lyre, Sapho récitant à Phaon l'ode qu'elle vient de composer (Salon de 1833) ; Lafond, Sapho chantant ses derniers vers (Salon de 1831); J.-B.-Aug. Loir, Sapho au cap Leucade (Salon de 1864) ; Gros, la Mort de Sapho (gravée par Laugier) ; James Bertrand, le même sujet (Salon de 1867) ; Vafflard, Sapho retirée de l'eau par un étranger (Salon de 1819) ; Eugène Agneni, Sapho retirée de la mer par les Néréides (Salon de 1857). D'autres compositions relatives à Sapho ont été peintes par Barrias (lilhogr. parE. Lassalle), Louis Ducis (Salon de 1812, gravé par Bossehuann), Ansiaux (Salon de 1801), H. Fragonard (gravé par Angélique Papavoine), Th. Chasseriau (Salon de 1850), L.-E. Cœdès (pastel, Salon de 1859), Joseph Chautard (Expos, univ. de 1855), H.-P. Picou (Salon de 1863), François ChifHart (Salon de 1865), etc.
Sapbo, statue de marbre, chef-d'œuvre de Pradier. M. Jules Canonge, qui fut l'ami de Pradier, a raconté, dans ses Notes, souvenirs, et documents d'art contemporain (1858), comment le grand artiste conçut l'idée de sa Sapho. Une jeune juive, qui se nommait Rachel, servait de modèle à Pradier; elle était fort belle et ne s'était condamnée au métier qu'elle faisait qu'avec les plus grandes répugnances. « Un matin, elle se rendit de trèsbonne heure à l'atelier de Pradier, qui était alors à l'Abbaye. Arrivée avant le maître, elle s'assit devant le feu et se prit à rêver en l'attendant: Sa tète sa pencha comme écrasée par un fardeau sinistre ; son regard se perdit dans une contemplation vague et douloureuse. Ses cheveux dénoués ondulaient en noires torsades ; l'ample vêtement de sa profession glissa sur ses épaules et, s'arrètant au milieu de ses bras dont les mains jointes prenaient convulsivement son genou, l'entoura de ces larges plis que nous admirons sur les créations du ciseau grec de la grande époque. C'était une apparition digne de Phidias ou de Praxitèle. Pradier arriva. l)'un geste il commanda l'immobilité ; il ouvrit son ulbum de poche, et l'attitude, le caractère furent saisis, fixés en quelques traits. Reprise, élaborée k loisir, complétée par les attributs et le costume, avec le goût parfait et la haute science que Pradier portait dans toutes les parties de son art, cette rapide esquisse se transforma en Sapho rêvant sur le rocher de Leucade, absorbée dans son amour sans espoir et fléchissant sous le poids de ses incurables douleurs. » La première idée de cette statue fut réalisée en un bronze, demi-nature, qui parut au Salon de 1848 et qui devint bientôt populaire , grâce aux innombrables réductions que la maison Susse, propriétaire du modèle, livra au commerce.
La figure, reprise et modifiée par Pradier, reparut en marbre au Salon de 1852, où elle excita la plus vive admiration, o Cette statue, a dit Mm» Claude Vignou, est une des créations les plus remarquables que nous devions au ciseau de l'illustre maître. Nous lui trouvons même un cachet de noblesse et de grandeur qui en fait une œuvre à part. Ce n'est plus là, en effet, de la plastique pure, ce n'est plus là le culte de la forme seule. Il y a une pensée, et une pensée dévorante, sous le modèle si fin et si vrai de ce front de marbre. Toutes les passions humaines frémissent et se combattent sous ces amples et chastes draperies. On sent une âme dans cette statue. A quoi bon répéter ici que les bras, les mains, les pieds sont de chair et semblent avoir la puissance de frémir au toucher? A quoi bon même parler des draperies? Elles ont une vérité, une souplesse, un flou qui, à eux seuls, valent un triomphe. La tunique surtout, la tunique plissée suivant la mode antique, est un chef-d'œuvre de finesse et de vérité. Mais ce qui, pour nous, fait delà Sapho une œuvre qui pourrait soutenir la comparaison avec la Polymnie antique, c'est cette alliance sublime de la forme et de la pensée qui est le véritable idéal de l'art. Que de passion dans les yeux sombres de l'ardente amante de Phaon 1 On sent les muscles se tendre sourdement sous la peau. Le sang semble couler brûlant dans les veines. Et cependant, quel calme divin 1 quelle sérénité sublime I » Les critiques n'ont pas fait défaut à cette statue; il nous suffira de citer, parmi les plus acerbes, celles qu'a formulées le terrible Gustave Planche : • La statue de Sapho sera, pour les amis mêmes de M. Pradier, une véritable énigme. Si le livret ne prenait la peine de baptiser cette figure, il serait impossible de deviner son nom. Une femme assise, qui joint les mains sur son genou, ne sera jamais pour personne un cœur exalté par l'enthousiasme ou égaré par l'amour. J'ajouterai que la tête, dépourvue do caractère, ne rappelle ni les fragments précieux que nous possédons, et que Boileau a si infidèlement traduits, ni l'élégie passionnée qu'Ovide a signée du nom de Sapho. Il y a certainement beaucoup de savoir dans l'exécution de cet ouvrage; mais le savoir nesuf-
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I fit pas à dissimuler l'absence de la pensée. M. Pradier fera bien de revenir au plus tôt à ses sujets de prédilection ; il comprend la grâce, la volupté, il ne comprend pas la méditation. ■ Ou sait que Pradier mourut dans le temps même où sa statue était exposée au Salon.
Sapho terminant ion dernier chant, Statue de marbre, par Clésinger; Salon de 1859. Assise sur le rocher de Leucade, la tète et tout le haut du corps penchés eu avant, l'amante dédaignée laisse errer ses regards sur les flots, dans lesquels elle semble prête à se laisser tomber ; on croit l'entendre murmurer les vers fameux dans lesquels elle a exprimé la passion dévurante et l'immense désespoir dont elle fut saisie -. « Ma langue se brise, un feu subtil court rapidement sous ma chair; mes yeux ne voient plus rien, mes oreilles ! bourdonnent , une sueur glacée m'inonde , un tremblement m'agite tout entière; je deviens plus verte que l'herbe, il semble que ■ je vais mourir I » Cette statue a été fort di- ; versement appréciée par la critique. Dans la ! Bévue contemporaine, M. Charles Perrier, tout en réconnaissant que le visage ne se rapproche pas assez de l'antique, a cru y voir l'empreinte d'une ineffable mélancolie ; il a ajouté : « M. Clésinger a caressé, avec un amour de poète, les flancs voluptueux, le torse lumineux, de la Lesbienne « qui se sent i mourir. » Il a répandu une grâce virginale sur toutes les beautés qu'il a accumulées sur son corps et versé sur cette merveilleuse figure des trésors d'harmonie. Elle est belle de tous les côtés, malgré la saillie un peu forte du bras qui retient sur son épaule un pan de sa chlamyde ; mais c'est de face qu'il faut la voir pour bien comprendre l'exacte euphonie et l'ensemble musical de toutes les parties. Je ne parle pas des suaves ondulations des lignes du dos, du modelé des extrémités et de ta légèreté aérienne du tissu qui fait si bien valoir les genoux. Il y a longtemps que, pour M. Clésinger, ces difficultés désespérantes de son art ne sont plus qu'un jeu. s Aux yeux de M. Paul de Saint- Victor, la tête de cette Sapho « est grimée par un délire théâtral ; » la draperie, « mal ajustée, retombe entre les jambes en maigre lambeau. »
Outre cette figure assise, M. Clésinger a exposé au Salon de 1859 une statuette intitulée la Jeunesse de Sapho et une statue de marbre polychrome représentant Supho debout, tenant sa lyre de la main droite et laissant pendre ses beaux bras le long de son corps. Cette dernière statue n'a pas plus obtenu grâce devant M. de Saint-Victor que la Sapho assise ; ce critique n'a guère trouvé d'ailleurs à lui reprocher que les teintes variées dont l'artiste a cru pouvoir la revêtir, à l'imitation des statuaires grecs. En revanche, beaucoup d'autres juges ont loué cet essai de sculpture polychrome; suivant M. Zacharie Astruc, « c'est l'oeuvre d'un délicat, d'un coloriste; l'ensemble se détaille avec finesse, élégance, sans caractère bien décidé pourtant; quelques parties sont d'une belle exécution, le bras notamment, la lyre, la coupe et la disposition des étoffes, la tête, et la nuque qui semble s'agiter et tressaillir. •
SAPHON, général carthaginois, fils d'Asdrubal. Il fut envoyé en Espagne vers l'an 450 av. J.-C. pour y maintenir l'autorité de (Jarthage et réussie dans cette mission ; puis il passa en Afrique avec des contingents espagnols et soumit les rebelles de cette province. 11 revint ensuite en Espagne, où il consolida la domination carthaginoise; au bout de sept ans, il fut rappelé par le sénat de (Jarthage pour être élevé au grade de suifète, ou peutêtre parce que la réputation acquise par le général eu Espagne et en Afrique lui avait créé des jalousies à Carthage et avait porté ombrage au sénat de la république.
SAPIDE adj. (sa-pi-de — latin sapidus; de sapor, saveur. Du latin sapidus, l'ancien français avait aussi fait sade, signifiant qui a une saveur agréable, suave, et par extension agréable en général, doux, aimable, gracieux). Qui a de la saveur : Corps, substance sapidb. Le sens du toucher réunit les idées séparées des différentes qualités des corps dans un sujet qui peut être à la fois coloré, odorant, sonore et sapide. (St-Lambert.) Le goût est celui de nos sens qui nous met en relation avec les corps sapides, au moyen de la sensation qu'ils causent dans l'organe destiné à les apprécier. (Brill.-Sav.)
SAPIDITÉ s. f. (sa-pi-di-té — rad. sapide). Qualité de ce qui est sapide : La solubilité est la première condition de la sapidité.
— Syn. Sapidité, «aveur. La sapidité est la propriété des corps , des substances qui font impression sur le sens du goût. La saveur est cette impression même. Cependant on dit souvent que telle substance a ou n'a pas de saveur, mais alors ce mot, tout eu exprimant la propriété, appelle aussi l'attention sur l'impression produite.
SAPIDUS (Jean, plus connu sous le nom de Wrrz), humaniste et poète latin, né à Schlestadt (Alsace) en 1490, mort à Strasbourg eu 1560. Il dirigea le collège do Sclilestadt, puis celuï de Strasbourg. On a de lui, outre des éditions classiques, des épigrammes et des épitaphes en latin, des comédies sacrées, entre autres : Anabion seu Lazarus rediviuus; Consolalio de morte A Iberti, marchionis Badensis.
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SAPIEHA, nom d'une ancienne famille princière polonaise, qui fut jadis fort puissante et dont il existe encore aujourd'hui des représentants en Lithuanie et en Gallicie. Elle descendait de Gedymin, grand-duc de Lithuanie, et était alliée aux rois polonais de la famille de Jagellon. Le premier de ses membres connus dans l'histoire fut le prince Punigaylo, dont le fils, Sunigal, mort en 1420, se convertit au christianisme en même temps que Jagellon. Avec les deux petits-fils de Sunigal, Bogdan et Jean, !a famille se partagea en deux lignes, celles de Sewier et de Kodnia. Mais l'illustration des Sapieha ne date réellement que d'Iwaszko Sapieha, chancelier de la reine Hélène, femme d'Alexandre 1"; ce fut lui qui révéla plus tard au roi Sigismond 1er la trahison de Michel Glinski, et qui, ayant ainsi détourné à son profit la faveur royale, ouvrit la voie des honneurs et de la richesse à lui et à ses descendants. Ceux d'entre eux qui ont le plus marqué dans l'histoire de leur patrie sont les suivants.
SAPIEHA (Lew ou Léon), homme d'Etat polonais, né en 1557, mort en 1633. Il lit la plus grande partie de ses études à l'université de Leipzig, visita ensuite l'Europe occidentale et, à son retour dans sa patrie, s'acquit une grande réputation par l'éloquence dont il fit preuve dans les diétines. Sous Etienne Buthori, il prit part à la guerre contre la Russie, se distingua notamment à la prise d'Ostrow et de Ple^kow et, à la fin de la guerre, fut envoyé en ambassade à Moscou, où il conclut, en 1584, une paix de dix ans avec le czar Ivan le Terrible. A la mort d'Etienne Bathori (1586), il se rît, avec Jean Zamoyski, le chef du parti qui porta au trône de Pologne Sigismond III \Vasa, fut nommé • par ce prince sous-chancelier, puis chancelier (1589) du grand-duché de Lithuanie et établit dans cette province le premier tribunal régulier qui y ait existé; il réunit aussi et publia les Statuts lithuaniens et détermina en 1591 les frontières respectives de la Lithuanie et de la Podlachie. Il avait appartenu primitivement à la religion réformée, mais, en 1598, il fut converti au catholicisme par l'éloquence du jésuite Skarga. La paix ayant été rompue avec la Russie, il revint en 1S00 à Moscou, où, après un séjour de seize mois au milieu de dangers de toute nature, il parvint à amener Borys Godunow k signer un nouveau traité. Plus tard, il s'efforça de détourner Sigismond III de soutenir le faux Démétrius, et, quoique ses efforts eussent échoué, il n'en prêta pas moins, pendant cette guerre, son concours au roi et contribua pour la plus grande part à la prise de Smolensk. Lorsque, en 1625, les Suédois, sous les ordres de Gusta.e-Adolphe, envahirent la Lithuanie, il fut appelé au commandement des troupes envoyées pour les repousser; mais, malgré tous ses efforts, il ne put arrêter complètement le héros du Nord et conseilla vainement à Sigismond III de renoncer à l'alliance avec l'Autriche et de conclure la paix avec les Suédois. Ce fut le dernier acte d'une longue vie toui entière consacrée au service de sa patrie.
SAPIEHA (Jean-Stanislas), diplomate polonais, fils du précédent, né en 1585, mort en 1635. Digne imitateur de son père, il s'acquit de bonne heure une éclatante réputation par ses talents oratoires, fut, en 1612 et en 1621, maréchal du tribunal de Lithuanie et devint dans l'intervalle, en 1619, maréchal du grand-duché de Lithuanie. Wladislas IV l'envoya à deux reprises en ambassade auprès de l'empereur d'Allemagne, qui lui offrit vainement le titre de prince. Ce fut à la cour de ce prince que son éloquence lui valut le surnom de Cbrjraoatome aurmale.
SAPIEHA (Christophe-Nicolas), littérateur polonais, frère dû précédent, né en 1607, mort en 1631. 11 se signala dès l'enfance par sa vive intelligence et entreprit à l'âge de onze ans une traduction de Tite-Live. En 1027, il écrivit une Béponse aux prétentions du. czar JJmitry, dont le savant Puteasz fait'un grand éloge. Une mort prématurée ne lui permit pas de justifier les espérances que promettaient ses débuts.
SAPIEHA (Casimir-Léon), diplomate et savant polonais, frère des précédents, né en 1609, mort en 1656. Il fit ses études aux universités de Munich, dTngolstadt et de Louvain, servit ensuite en Hollande sous Spinola et, après avoir visité la France, l'Italie et l'Autriche, revint dans sa patrie, où le roi Sigismond III lui confia la garde des archives de la république de Pologne. Il devint plus tard maréchal de la cour, puis sous-chancelier de Lithuanie (1643), fut chargé, en 1645, d'aller chercher jusqu'aux frontières de Poméranie la nouvelle reine, Marie-Louise de Gonzague, et fut en telle estime auprès du roi Vladislas IV, qu'en mourant ce prince le choisit pour exécuteur testamentaire. Il se signala, en outre, contre les Cosaques en 1G49 et, plus tard, contre les Suédois, lors de leur invasion. Il avait fondé à l'Académie de Wilna deux chaires : de droit civil et de droit canon, et fit don à cette ville de sa bibliothèque, composée des ouvrages les plus rares. L'un des hommes les plus érudits de son époque, il parlait avec la même facilité sept langues différentes.
SAPIEHA (Jean-Pierre), général polonais, né en 1569, mort en 1611. Il s'était déjà dis-
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tingué en Vala;hie, sous les ordres de Z&moyski, et pencant la guerre contre les Suédois, sous Chcdkiewiez, avait efficacement contribué à la victoire de Kirchholm (1605), lorsqu'il prit part à la campagne entreprise par Sigismond III pour faire triompher le faux Démétrius. Après la mort de ce dernier, il fut reconnu ;jour chef par ses soldats, remporta une série de victoires, s'empara de plusieurs villes et forteresses et , après s'être acquis par ses. exploits une renommée qui se répandit jusqu'en Asie, entra dans Moscou. Là, les boyards lui offrirent le trône, et il est probable qu'il se fût fait proclamer czar s'il n'était mor, subitement. Il laissait en manuscrit des Mémoires, dont la traduction russe a été publiée en 1858 dans le journal le Fils de la patrie.
SAPIEHA (Paul-Jean), général polonais, fils du précédent, mort en 1667. Il fit ses premières armes en 1633 au siège de Smolensk, se distingua plus tard aux batailles de Zborow (1649), de Beresteozki (1651) et de Zwaniec et, lorsque les Suédois se furent réunis aux Russes, vainquit le général Borusov, qui marchait sur Pinsk à la tête de 18,000 hommes. Il chassa ensuite les Suédois de Lublin et les tint assiégés dans Varsovie jusqu'à l'arrivée du roi Jean-Casimir. Il prit part à l'assaut de cette ville, y fut blessé à la jambe et, à peine remis de sa blessure, remporta sur les Suédois une nouvelle victoire, à la suite de laquelle ils se renfermèrent dans le château de Tykocin, qu'il prit ensuite d'assaut. En 1660 il vainquit à Polonno l'armée d'André Chowanski,qui comptait 24,000 hommes, et reprit aux ennemis les forteresses dont ils s'étaient emparés. Ce fut à lui surtout que la Lithuanie dut sa libération de l'invasion suédoise.
SAPIEHA (Casimir-Paul- Jean), général polonais, fils du précédent, né vers 1610, mort en 1720. Il fut successivement trésorier de Lithuanie (1663) , voïvode de Polock (1671), staroste de Samogitie (1676) et enfin (1682) voïvode de Wilna et grand hetman de Lithuanie. Sous le règne de Jean Sobieski, il commanda le corps d'armée lithuanien en Hongrie, en Valacliie, contre tes Tartares et à la bataille de Kamieniec-Podolski ; sous Auguste II, il fut envoyé en ambassade à Moscou. D'un caractère fier et orgueilleux, il ne voulut jamais se soumettre aux prétentions des prêtres et fit occuper par ses soldats les biens allodiaux du clergé. L'évêque de Wilna lança alors contre lui une excommunication (ui amena la guerre civile en Lithuanie et à l'occasion de laquelle Sapieha publia : Enudeatio nullitalis excommunicationis ratione prsstensm deuastationis ecclesiarum, etc. (1635), et Manifeste à Dieu et au monde, livré à la counaissance de tous (1699).
SAPIEHA i^Jean- Frédéric), homme d'Etat et archéologue polonais, né en 1680, mort en 1751. 11 fit ses études à Lublin et à Varsovie, parcourut ei suite l'Allemagne, la Hollande, l'Angleterre et la France et, à son retour dans sa patr.e, se signala par son éloquence au sein des diétines. En 1706, il fut l'un des signataires de la confédération de Sandomir, qui reconnaissait les droits du roi Auguste II, et resta fidèle k ce prince jusqu'à sa première renonciation à la couronne. Lorsqu'il eut été rétabli sur lo trône en 1709, Sapieha, nommé référendaire de Lithuanie, puis castellan de Trocki (1716), fut député, la même année, à la diète de Virsovie par la noblesse lithuanienne. En 1728, il devint maréchal du tribunal de Lithuanie et, en 1735, fut élevé par Auguste III aux fonctions de grand chancelier de cette province. Il déploya, k partir de cette époqus, une activité remarquable et encouragea surtout les lettres, qu'il cultivait, du reste, avac succès. En 1741, il rétablit les droits et le.s prérogatives de l'université de Wilna, On a de lui les ouvrages suivants : Monumenta antiouitalum Marianarum in imagine vetustitsima ( 1721 ) ; Adnotationes historiés de origine, antiquitate ordinis Alix Aquil& (1735)-, Histoire des révolutions de la république romaine, traduite de Verlot [yii(>); Tabula qenealogica domus Sapie/iarum (1732); Observation:: sur les élections des rois polonais' (1743); Swada Polska (1745); Swada Lacins/ca (1747); Doiiino palatii regin& libertas seu familiare amicorum colloquium de statu, libertatibus et juribus regni et reipublicm Poloniorum, etc.
SAPIEHA (Casimir-Nestor), homme d'Etat 'polonais, no en 1750, mort en 1797. Il fit ses études k l'université de Strasbourg, visita ensuite l'IU.lie et la France, et, k son retour en Pologne, il embrassa la carrière militaire. Il mena d'abord une vie assez légère ; mais, dès qu'il eut été appelé à faire partie des diètes, il y fît preuve d'un rare talent oratoire et du patriotisme le plus pur. Elu maréchal de la diète de 1788, il y combattit avec énergie les prétentions des partisans de la Russie et, lorsque Stanislas-Auguste eut adhéré à .a confédération de Targowice, lança, en juillet 1792, un manifeste daus lequel il dévoilait avec une vigoureuse éloquence les coupables desseins du roi. En 1794, il servit comme capitaine d'artillerie dans Varmée de Kosciuszko et, après le dernier partage de la Pologne, se retira k Vienne, où il résida jusqu'à sa mort. Outre des discours et des piècss de vers, on a de lui des Lettres écrites à ta mère pendant les années 1773, 1774, 1775 et 1770 (Wilna, 1851), qui renfer-
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ment des détails très-curieux sur les événements de cette époque-.
SAPIEHA (Alexandre), littérateur polonais, né en 1773 à Strasbourg, où ses parents s'étaient réfugié? par suite des événements politiques, mort en 1812. Il fit ses premières études en France, les termina ensuite eu Pologne, et, dans le but de connaître les rapports qui réunissaient entre elles les différentes nations slaves, il parcourut de 1802 à 1804 la Styrie , la Carinthie, l'Istrie, la Croatie, la Dalmatie, la Bosnie, l'Albanie et les îles situées sur la côte de Dalmatie, 11 consigna les résultats de ses observations dans un ouvrage estimé, qui a pour titre : Voyages à travers les pays slaves (Breslau,
1811, in-8<>). A son retour, il s'adonna à l'étude des sciences naturelles et 3'occupa surtout de vulgariser dans sa patrie les nouvelles découvertes faites en chimie par les savants des autres contrées de l'Europe. En
1812, il devint chambellan de l'empereur Napoléon et mourut des suites des fatigues qu'il avait éprouvées pendant l'expédition de Russie. On a encore de lui : Tableau comparatif des nouveaux poids et mesures français avec ceux de la Pologne et de la Lithuanie (Varsovie, 1801, in-fol.); Lettres sur les bords de l'Adriatique (Paris, 1808, in-8°); Des mœurs et de la littérature des Slaves, ouvrage resté manuscrit.
SAPIEHA (Léon, prince), chef actuel de la branche gallicienne de ia famille Sapieha, conseiilei héréditaire de l'empire d'Autriche et maréchal de la province de Gallicie. Il s'est surtout adonné à l'économie agricole et a grandement contribué aux progrès de l'agriculture en introduisant dans ses vastes propriétés l'usage des machines et des méthodes agricoles les plus récentes.
SAPIENCE s, f. (sa-pi-an-se — lat. sapientia; de sapere, savoir). Sagesse : Moi qui ne manie que terre à terre, je liais cette inhumaine sapience qui veut nous rendre dédaigneux et ennemis de la culture du corps. (Montaigne.)
... Un philosophe, étayé D'un peu de richesse et d'aisance, Dans le chemin de sapience Marche plus ferme de moitié.
J.-B. Rousseau.
Il Vieux mot usité encore dans le style archaïque.
— - Hist. Pays de Sapience, Normandie, ainsi dite à cause de la sagesse des lois que Rollon donna à ce pays.
— Théol. Nom donné au Verbe dans les anciens livres de théologie.
— Ane. chim. Lut de sapience, Celui que l'on employait pour fermer hermétiquement les vaisseaux.
SAPIENCE ou SAP1ENZA, île de Grèce, sur la côte S.-O. de la Morée , devant le port de Modou, longue de 8 kilora., large de 3 kilom. Le sol, couvert de montagnes, est argileux et présente quelques pâturages, sur lesquels des bergers grecs conduisent de temps en temps leurs troupeaux. Cette ile portait dans l'antiquité le nom d'^Enusse.
SAPIENS NIHIL AFFIRMAT QUOD NON PROBET (Le sage n'affirme rien qu'il ne prouve) , C'est-à-dire quil ne faut pas légèment avancer une chose sans être en mesure de la prouver.
SAPIENTIAUX adj. m. pi. (sa-pi-an-si-ô — rad. sapience). Hist. sainte. Se dit des livres de la Bible qui contiennent surtout des sentences morales : Les Proverbes, Z'Eeelésiate, l'Ecclésiastique sont du nombre des livres sapientiaux. (Acad.)
SAP1ENZA (Antoine), compositeur russe, né à Saint-Pétersbourg en 1794. Son père, d'origine italienne, était maître de chapelle du czar. A vingt-huit ans, M. Sapienzaalla perfectionner son éducation musicale en Italie et reçut à Naples des leçons de Zingarelli et de Gênerais. .11 débuta, comme compositeur,
fiar des Messes et des morceaux de musique reigieuse, puis fit représenter au théâtre San- Carlo son premier opéra, intitulé Rodrigo (1823). Quelques autres opéras, représentés soit à Naples, soit à Milan, tels que VA udacia fortunata, opéra-bouffe (1824); Il Tamerlano, grand opéra ; Il Gonzalvo, etc., eurent du succès et montrèrent en M. Sapienza un compositeur gracieux et facile. 'De retour à Saint- Pétersbourg en 1831, il devint chef d'orchestre et s'adonna à l'enseignement.
SAPIN s. m. (sa-p,ain — latin sapmus; du sanscrit sapa, résine). Bot. Genre d'arbres, de la famille des conifères, tribu des abiétinées, Comprenant un assez grand nombre d'espèces, répandues dans l'hémisphère nord : Le sapin entre dans les plantations des parcs et des jardins paysagers. (P. Duchartre.) Les sapins se plaisent sur les montagnes et dans les puys froids. (V. de Boniare.) C'est principalement dans les pentes exposées au nord et dans les sols schisteux que se trouvent les forêts de sapins. (Bosc.) A cent ans, le sapin est un arbre parfait. (T. de Berneaud.) Le sapin brave et l'hiver et l'orage.
P. Dupont.
Il Nom vulgaire du pin maritime, dans le Maine et quelques autres provinces.
— Bois de sapin employé dans les arts : Le sapin sert à faire des mâts de navires, des
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bières pour enterrer les morts, des armoires, des cloisons légères, etc. (Acad.)
Depuis que mon mari, par grâce singulière , D'ua surtout de sapin que l'on appelle bière, Dont on sort rarement, a voulu se munir, J'ai fait vœu d'être veuve et je le veux tenir.
. Regnard.
— -Pop. Fiacre, voiture de place : Prendre un sapin. Monter dans un sapin.
— Loc. fam. Sentir le sapin ,- Avoir trèsmauvaise santé et paraître menacé d'une mort prochaine. Se dit à cause du bois de sapin dont on fait la .plupart des cercueils.
— Hist. littér. Société franche du Sapin, Académie fondée à Strasbourg en 1633, pour encourager l'étude de la langue allemande.
— Agric. Ustensile dont on se sert, en Lorraine^ pour transporter le raisin de la vigne à la cuve.
— Encycl. Bot. Les sapins, si nous envisageons ce genre dans son acception la plus large, sont généralement de grands arbres, à branches étalées, verticillées, divisées en rameaux opposés, qui portent des feuilles solitaires, sessiles ou brièvement pétiolées, planes ou linéaires, aciculées, alternes, éparses ou comme distiques. Les fleurs sont disposées en chatons monoïques, axillaires ou terminaux; les mâles oblongs cylindriques, solitaires; les chatons femelles oblongs, latéraux, épars, solitaires sur de très-courtes ramilles, plus rarement terminaux. Le fruit est un cône oblong ou cylindrique, dressé ou pendant, à écailles ligneuses, larges, obtuses, amincies au sommet, étroitement imbriquées, caduques ou persistantes, portant chacune à leur aisselle deux graines, qui sont munies d'une aile persistante. On connaît au moins cinquante espèces de sapins, qui habitent surtout les régions tempérées de l'hémisphère nord et dont la majeure partie peut croître en plein air sous nos climats. On les divise en trois groupes principaux ; les sapins proprement dits (abies), les tsugas et les épicéas ou picéas, que la plupart des auteurs regardent aujourd'hui comme autant de types génériques distincts.
Les sapins proprement dits sont caractérisés par des feuilles planes, relativement larges, distiques ou à peu près; des cônes dressés, à écailles caduques, se détachant avec la graine, dont l'aile est adhérente, de telle sorte que l'axe du cône persiste seul sur le rameau. Cette section renferme une trentaine d'espèces.
Le sapin pectine, appelé aussi sapin des Vosges ou de Normandie, sapin argenté ou à feuilles d'if, et vulgairement avet (corruption du latin abies), est un arbre qui atteint et dépasse même la hauteur de 30 mètres ; sa tige, nue à sa partie inférieure, se termine par une cime pyramidale élancée; ses rameaux étalés portent des feuilles distiques, d'un beau vert et luisantes en dessus , glauques ou comme argentées en dessous; les cônes sont longs de 0m,08 environ. Ce arbre présente de nombreuses variétés, à rameaux fastigiés ou très-courts, tortueux ou pendants ; à feuilles de longueur et de largeur variables, parfois striées de blanc jaunâtre, ou entièrement d'un beau jaune; il y a aussi des variétés naines et buissohnantes. ,
Ce sapin habite surtout les montagnes de l'Europe centrale, où il ne dépasse guère l'altitude de 1,000 mètres. Très-commun dans les Vosges et la forêt Noire, où il forme de hautes et vastes futaies, il s'étend jusqu'en Transylvanie. C'est, d'après M. Carrière, une espèce précieuse à cause de la facilité avec laquelle elle croit sur certaines montagnes où presque nul autre arbre ne viendrait; on le voit, dans les Pyrénées, pousser entre les pierres, là où la terre végétale manque presque complètement. Comme il végète de trèsbonne heure au printemps, il arrive assez fréquemment que ses jeunes pousses sont détruites par les gelées tardives. Néanmoins, Nordlinger le regarde comme 1 arbre résineux particulièrement approprié au climat de la France. Il préfère, en général, les expositions du nord et de l'est; celle du midi lui est contraire. Une terre profonde, fraîche, aisément pénétrable, est celle qui lui convient le mieux; il s'accommode néanmoins de presque tous les sols, k l'exception des sables trop légers et des fonds marécageux.
Le sapin ne se propage guère que par semis. On récolte les cônes à la main, au commencement de l'automne, sans attendre l'époque de la dissémination naturelle ; on les étend en couches minces et on les remue au râteau, pour en détacher les graines, que l'on sépare ensuite k l'aide du crible. On conserve celles-ci dans un endroit sec, à l'abri du froid, et on les remue de temps en temps; malgré tous les soins qu'on leur donne, elles ne peuvent guère se conserver plus de dix-huit mois. Le semis est avantageux pour les parties de forêt dévastées, couvertes de bois blanc, de broussailles ou de mort-bois; on opère par places et mieux par repiquage, surtout si la graine est rare, et de préférence au printemps ; la graine doit être recouverte, au râteau, de 0m,0l au plus de terre. Le semis du sapin présente beaucoup de difficultés, surtout dans les terrains découverts ; voici les conseils que Nordlinger donne à ce sujet :
« Lorsque le sol ne présente aucune couverture, on peut lui procurer l'ombrage nécessaire en le semant au fond de sillons pro-
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fonds, tracés dans une direction perpendicuculaire aux vents dominants. Mais, dans les terres argileuses et imperméables, il sera peut-être plus rationnel de placer la graine assez bas sur un des flancs des sillons. Du genêt semé , un ou deux ans à l'avance , sur le dos des sillons contribuera puissamment au succès du semis et le rendra presque positif, si le sol n'est pas sujet à un excès d'humidité ; mais il ne devra pas dérober entièrement la lumière au jeune sapin. Un sol chargé de gazon, mais non de chiendent ou d'autres herbes trop chevelues, vaudra bien mieux qu'un terrain nu. Nous en dirons autant des bruyères et de l'ajonc pas trop épais, mais surtout des fougères. Le sapin ne vient nulle part aussi bien que sous le touffu léger des ronces et des framboisiers. ■
Comme le sapin est l'essence dont les jeunes plants ont le tempérament le plus délicat, on se trouvera bien de le semer dans l'intervalle déjeunes pins maritimes ou d'autres arbres éclaircis. Souvent aussi on associe cette essence à d'autres, notamment au hêtre ou au bouleau; on dirige ensuite les nettoiements et les éclaircies de manière à faire prédominer l'essence la plus avantageuse. « En effet, dit Nordlinger, le sapin souffre beaucoup de couvert la première année ; mais dès ia deuxième il veut absolument du jour, sans quoi il périt. A partir de la cinquième année, il peut supporter uu couvert aussi épais qu'on voudra. » La transplantation substituée au semis offre -peu de chance de succès ; la reprise des jeunes plants est trèsdifficile, surtout dans un terrain découvert.
Le sapin croît lentement dans ses premières années ; mais ensuite cette croissance devient plus rapide. Elle s'accélère ainsi jusqu'à un âge de cent à cent quarante ans; c'est aussi l'âge qui convient le mieux pour l'exploitation. Dans les conditions ordinaires, on coupe à cent vingt ans; en plaine et dans les sols fertiles, on adoptera une révolution de cent ans, l'arbre étant exposé, passé ce terme, à se carier à l'intérieur; mais sur les hauteurs, où la croissance est plus lente, on portera l'exploitation à cent quarante ans. Les coupes doivent, autant que possible, être assises dans la direction de l'est à l'ouest; elles se feront en plusieurs fois, de manière à ne découvrir que peu à peu les jeunes plants, qui, ainsi que nous l'avons dit, sont très-délicats. On aura soin, dans les éclaircies, de conserver un massif assez serré; si les arbres étaient trop isolés, les rameaux pourraient, surtout dans leur jeune âge, être rompus par le givre ou les neiges.
Le bois de sapin ressemble beaucoup à celui du pin, tout en étant de qualité inférieure ; comme il est moins résineux, il dure moins longtemps. Cependant on l'emploie beaucoup en charpente, surtout pour les pièces posées en travers. On s'en sert peu pour les constructions navales, notamment pour la mâture, si ce n'est dans certains pays, comme la Bretagne, la Hollande, etc., où il est plus facile de s'en procurer. Débité en planches, il sert, dans la menuiserie et l'ébénisterie , pour faire la carcasse des meubles plaqués. On en fait encore du merrain , et on l'utilise dans le chârronuage. Peu estimé comme bois de chauffage, il donne un charbon de qualité inférieure, mais dont on tire parti pour la fprge. Découpé en copeaux minces, il sort pour l'éclairage. Ses cendres fournissent de ta potasse.
On retire de cet arbre la térébenthine dite de Strasbourg; on l'obtient au moyen de cornets de fer-blanc fixés contre le tronc à l'aide d'une pointe ; les résidus de la distillation donnent la colophane et la poix noire. Cette térébenthine se distingue de celle de Bordeaux (provenant du pin maritime) en ce qu'elle est plus fluide et d'une teinte plus pâle. Sa saveur est acre et amère; son odeur aromatique rappelle celle du citron. Un peu trouble et blanchâtre lorsqu'elle vient d'être récoltée, elle ne tarde pas à s'éolaircir et à devenir transparente ; avec le temps et au contact de l'air, elle s'épaissit et se solidifie. On en retire une essence très-fluide, incolore, de saveur assez agréable, ainsi que divers produits pharmaceutiques. Les bourgeons du sapin sont aussi employés en médecine , comme antiscorbutiques, diurétiques, et surtout contre les affections et les catarrhes du poumon et de la vessie ; on les donne sous forme de bière, d'infusion ou de sirop. Sous l'influence de ce médicament, les urines contractent une odeur de violette caractéristique.
Le sapin baumier, vulgairement baumier de Giléad, ressemble au précédent par son port et son feuillage, mais il est beaucoup plus petit; sa tige ne dépasse pas la hauteur de 15 mètres; il porte des feuilles plus nombreuses, plus petites, distiques, ascendantes, : d'un vert foncé en dessus, glauques en dessous, exhalant une odeur balsamique lorsqu'on les frotte ; les cônes sont assez courts, ovoïdes, cylindriques et violacés. Il existe des variétés à tige nue, peu ou point rameuse, à feuilles plus ou moins longues et larges, bleuâtres ou argentées en dessous, panachées de jaune, etc. ; il y a aussi des variétés naines et buissonnantes. Cet arbre croit dans les régions septentrionales tempérées de l'Amérique. On le cultive fréquemment daus nos jardins paysagers; il réussit mieux dans un sol léger et une atmosphère un peu humide. On retire de cet arbre (par le même procédé
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que pour la térébenthine de Strasbourg) le baume du Canada, liquide opalin quand il est récent, mais qui devient transparent après un peu de repos; son odeur est suave, sa saveur acre et un peu amére ; il jaunit et se dessèche rapidement en vieillissant; il est un peu soluble dans l'alcool. On l'emploie fréquemment, dans le nord de l'Amérique, cour le traitement des plaies et des ulcères, et aussi, dit-on, des abcès internes.
Le sapin pinsapo est un arbre de 20 à 25 mètres, très-rameux, à feuilles coriaces, roides, très-rapprochées, d'un beau vert foncé; sus cônes atteignent quelquefois la longueur de Om,15. Il habite les hautes régions montagneuses de l'Espagne, particulièrement de la province de Grenade, où il forme do vastes forêts, et se trouve jusqu'à 2,000 mètres d'altitude. On le rencontre aussi en Algérie, et il est aujourd'hui naturalisé dans quelques cantons du centre de la France. Il présente des variétés pyramidales, à feuilles plus courtes et plus lurges, glauques ou panachées de blanc jaunâtre, etc. C'est un très-bel arbre d'ornement, dont la croissance est rapide lorsqu'il se trouve placé dans de bonnes conditions, et qui pourra sans doute un jour entrer avec avantage dans les cultures forestières.
Nous citerons encore, dans ce groupe, le sapin à bractées, grand et bel arbre qui croît en Californie et dans les Cordillères; le sapin noble, qui croit dans les mêmes localités et dont la taille dépasse quelquefois 60 mètres; \c sapin religieux, du Mexique; le sapin de Nordmann, qui habite la Géorgie, et dont le bois passe pour être d'excellente qualité; le sapin de Céphalonie, originaire de divers cantons de la Grèce et qui est très-rustique; le sapin de Sibérie, qui croît sur les montagnes de l'Altaï et que la lenteur de sa croissance empêche seule de se répandre dans nos cultures; le sapin de Numidie, récemment découvert en Algérie; le sapin de Fortune, qui se distingue de tous les précédents par les écailles persistantes de ses cônes, ce qui a engagé M. Carrière a en faire un genre nouveau, sous le nom de kateleerin, etc.
Les tsugas forment la transition naturelle entre les sapins proprement dits et les épicéas; ils ressemblent aux premiers pur leurs feuilles planes et distiques, aux seconds par leurs cônes pendants, et à écailles persistantes. L'espèce la plus remarquable de ce groupe est le sapin du Canada, vulgairement fiemloc/c spruce, arbre de 30 mètres, à feuillage d'un vert gai, à cônes très-petits, d'un gris brunâtre, et dont on connaît des variétés naines et à feuilles plus courtes. Cet arbre croît dans les contrées froides de l'Amérique du Nord. Il est très-rustique et a une croissance assez rapide. On le recherche, dans son pays natal, pour son bois et aussi pour son écorce, employée dans la tannerie. Ses jeunes pousses servent à fabriquer une sorte de bière, dont la saveur résineuse ne plaît pas tout d'abord aux étrangers; mais on s'y habitue bientôt; elle passe pour une boisson très-saine et a des propriétés antiscorbutiques. Nous citerons encore le sapin de Sieboldt, originaire du Japon; la sapin de Drunon, du Képaul, remarquable en ce que ses .feuilles sont presque caduques; le sapin de Mertens, grand arbre de l'Orégon et de la Californie ; le sapin de Hooker, plus grand que le précédent et du même pays; les sapins de Lindley et de Douglas, etc.
Les épicéas sont caractérisés par des feuilles aciculaires, tétragones , éparses et des cônes pendants, à écailles persistantes. Ce groupe renferme environ quinze espèces.
Nous avons déjà décrit celle qui lui sert de type et qui est plus spécialement connue sous le nom d'épicéa (v. ce mot). Il nous reste à décrire sommairement les autres.
Le sapin blanc, vulgairement nommé sapin du Canada ou sapinette blanche, est un arbre qui peut atteindre la hauteur de 25 mètres, mais qui souvent, dans nos cultures, resta h l'état d'arbrisseau ; son feuillage est d'un vert glauque, et ses cônes, longs de 0|n,05 au plus, d'un roux pâle, sont souvent réunis en une sorte de grappe. Il présente d'assez nombreuses variétés, à rameaux dressés ou pendants, à écorce blanchâtre, orangée ou rougeatre, à tige naine ou rameuse, à feuilles panachées de blanc jaunâtre ; la plus remarquable de ces variétés est connue sous le nom de sapinette bleue, qu'elle doit à la teinte de son feuillage. Cette espèce croit au Canada, dans la Caroline et dans quelques régions voisines. Elle végète parfaitement en plein air sous nos climats.
Le sapin rouge , vulgairement sapinette rouge, rappelle par son port notre épicéa, mais il est plus petit ; ses rameaux nombreux, h écorce rousse ou rougeiltre, portent des feuilles recourbées et à pétiole rouge ; il existe une variété à rameaux pendants ; cette espèce habite la Nouvelle-Ecosse et lus contrées limitrophes; inoins rustique que la prér cédente, elle végète bien néanmoins dans nos cultures, mais produit rarement de beaux sujets. Le sapin noir, vulgairement sapinette noire, est un arbre de 25 mètres, à feuilles minces, glauques et à cônes petits, prenant une teinte brune, quelquefois noirâtre ; on en connaît une variété à rameaux fastigiés; il croît dans le nord de l'Amérique. Ces trois espèces, d'après quelques autours, serviraient, concurremment uvec le sapin du Ca-
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nadîi, a fabriquer l'épinette, sorte de bière dont nous avons déjà parlé.
Nous citerons encore le sapin de Menzics, petit arbre du nord de la Californie, très-rustique, mais rarement beau dans nos cultures; le sapin d'Orient, qui croît dans la région du Caucase et auquel on peut appliquer lu même observation; le sapin Morinda ou Kliutrow, grand et bel arbre, originaire de l'Himalaya, assez rustique, mais gelant quelquefois sous le climat de Paris; le sapin de Sibérie, trèsdélicat dans nos cultures et qui souffre surtout des gelées printanières, etc.
SAPI NAGE s. m. (sa-pi-na-je — rad. sapiner). Techn. Opération du travail des fourrures, qui consiste à humecter les peaux avec dû l'huile, du côté de la fleur, soit pour les débarrasser d'une matière visqueuse qui en imprègne quelquefois les poils, soit simplement pour rendre ces derniers plus doux et plus lustrés.
SAPINAUD DU BO1S-HU0UET (le chevalier de), plus connu sous le nom de Snpiiiaud île La llairie, chef vendéen, né près de Mortygne en 173G, mort en 1793. (1 servit pendant vingt-cinq ans dans les gardes du corps, quitta le service lors de la Révolution et fut choisi pour chef en 1793, par les paysans révoltés de la Vendée. Sapinaud prit la ville des Herbiers, remporta un succès aux Guérinicres ot, avec Royrand, livra aux républicains la bataille connue sous le nom de déroute de Marcé (10 mars). Il fut tué trois mois après dans une escarmouche.
SAPINAUD DE LA RA1U1E (Charles-Henri), neveu du précédent, chef vendéen, né au château de Sourdy, près de La Gaubresière, en 1760, mort en 1829. Il embrassa en 177S la carrière des armes; arrivé au grade de lieutenant, il se retira du service en 1789. 11 s'engagea dans les rangs des insurgés vendéens pendant la Révolution et prit part aux principales batailles livrées aux républicains. Le corps qu'il commandait coopéra à l'attaque de Àlortagne (24 mars 1794), à celle de Ghallans (0 juin 1794). Lors des dilférends qui surgirent entre Charette et Stofflet, Sapinaud prit parti pour Charette. En juin 1795, Sapinaud fut forcé de faire sa soumission au général républicain Dulhil. Sapinaud participa au mouvement de la Vendée en 1814. Sous la Restauration, Sapinaud fut nommé par Louis XVIII lieutenant général et inspecteur général des gardes nationales du département de la Vendée ot reçut le titre de pair de France. — Le chevalier Sapinaud de Bois- Hugubt (Jules de), cousin du précédent, né il Mortagne en 1771, mort en 1817, servit dans l'armée française jusqu'à la Révolution, puis combattit contre la France dans les rangs des émigrés, de 1792 à 1795, puis dans ceux des Vendéens depuis 1795 jusqu'à la lin de la guerre de Vendée. — Mme Louise de Charette, veuve de Charles-Henri Sapinaud de la Raibik, morte à La Roohe-sur-Yon en 1832, a publié de3 Mémoires sur la Vendée, suivis de notices sur les généraux vendéens, et un Voyage dans la Vendée (1823; 2e édit., 1834).
SAPINDACÉ, ÉE adj. (sa-pain-da-sé — du lat. sapindus, savonnier). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au savonnier.
— s. f. [il. Famille de plantés dicotylédones, ayant pour type le genre savonnier : Les sapindacbks portent des feuilles alternes, pennées ou trifoliées. (T. de Berneaud.)
— Encycl. La famille des sapindacées renferme des arbres, des arbrisseaux et des plantes herbacées et volubiles, à feuilles alternes, le plus souvent imparipennées, quel-
âuefois munies de vrilles préhensiles. Les eurs, souvent incomplètes, disposées en grappes simples ou ramiliées en panicules, présentent un calice à. quatre ou cinq sépales libres ou légèrement soudés à la base; une corolle de quatre ou cinq pétales, portant souvent vers leur milieu une glande ou une lame pétaloîde, quelquefois nulle; des étamines, en nombre double de celui des pétales, libres et insérées sur un disque hypogyne, plan, lobé, qui occupe tout le fond delà ileur ; un ovaire à trois loges, généralement biovulées, surmonté d'un style simple à la buse, trifide au sommet et terminé par trois stigmates. Le fruit se compose d'une ou deux capsules, quelquefois charnues, d'autres fois vésiculeuses, offrant une, deux, trois loges, dont chacune renferme une graine à embryon volumineux et dépourvu d'albumen.
Cette famille, qui a des affinités avec les acérinées, les hippoeastanées et les malpighiaeées, renferme les genres suivants, groupés en trois tribus. I. Pàulliniées : genres corinde ou cardiosperme, uivillée, serjanie, tonlicie, bridgésie, paullinie, énourée. — II, SapindéeS : genres schmidélie, valenzuélie, irine, prostée, lépisanthe, savonnier [sapindus), érioglosse, matayba, mouliiisie, cupanie, aphanie, talisie, néphêlion, euphorie, thouinie, hypélute, mélicocca, schleichère. — 111. Dodonèées : genres kœbreutérie, cossignie, diplopeltis, dodonèe, aleotryon, etc. Les sapindacées se trouvent dans les régions tropicales, particulièrement en Amérique. Elles ont des propriétés très-diverses, dues à des principes amers ou astringents, à des huiles essentielles, à des résines, etc. Les fruits, comestibles dans certains genres, sont trèsvénéneux dans les autres.
SAPINDÉ, ÉE adj. (sa-paiu-dô — du lat.
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sapindus, savonnier). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au savonnier.
— s. f. pi. Tribu de la famille des sapindacées, ayant pour type le genre savonnier.
SAPINDUS s. m. {sa-piiin-duss — du lat. sapo, savon; indus, indien). Bot. Nom scientifique du genre savonnier.
SAPINE s. f. (sa-pt-ne — rac. sapin). Grand bateau de rivière construit en sapin, dont la proue est demi-pointue et la poupe carrée. On l'appelle aussi toob : C'est avec des sapines gîte l'on transporte à Paris une grande partie des houilles de la Loire.
SAPINE s. f. (sa-pi-ne — rad. sapin). Solive ou planche de bois de sapin, qu'on scelle bien de niveau sur des tasseaux quand on veut tendre des cordeaux servant à diriger un travail de terrassement ou de bâtisse, it Planches de sapin qu'on dispose aux angles d'un mur à construire, pour en régler l'aplomb.
— Méean. Espèce de grue an moyen de laquelle on élève les matériaux de construction.
-j- Encycl. Mécan. La sapine est formée de quatre grandes pièces de bois de sapin placées aux quatre angles d'un rectangle, s'éfevant à 2 mètres environ au-dessus de l'édifice à construire, et dont l'équarrissnge au gros bout est nu moins de 0m,35 sur bm,35 pour une longueur de 20 mètres. Ces pièces sont scellées fortement dans le sol suivant un rectangle ayant en moyenne 3 mètres parallèlement à l'édifice et 2 mètres perpendiculairement à ce dernier. De plus, ces poteaux sont .reliés entre eux, sur toute la hauteur, par des croix de Saint-André et par des moises, de manière à former une charpente rigide. Enfin, sur le cadre du sommet, ou place deux poutrelles entre lesquelles on établit une poulie sur laquelle passe un câble ou une chaîne manœuvres par un treuil fixé au pied de l'appareil. Les poteaux verticaux sont garnis, de bas en haut, d'échantignolles en bois ou de tiges en fer faisant oftice d'échelons et permettant de monter au sommet de la sapine et d'en descendre. Les treuils dont on fait le plus fréquemment usage pour les sapines sont manœuvres au moyen de deux leviers en fer de 101,70 de longueur. La partie sur laquelle s'enroule la chaîne a environ 0m,88 de longueur et 0™,22 de diamètre ; elle est en bois et traversée par un arbre en fer portant les tourillons. A chacune des extrémités de cet arbre sont fixées deux roues a rochet, dont l'une est munie d'un cliquet permettant le mouvement dans un sens et le rendant impossible dans l'autre. Un second cliquet articulé sur le levier court sur le second rochet quand on lève ca dernier, et il l'entraîne ainsi que l'arbre du treuil quand on l'abaisse. On conçoit qu'à chaque oscillation du levier on fait tourner le treuil et, par suite, monter la charge d'une certaine quantité. Si cette dernière est considérable, les deux leviers montent et s'abaissent ensemble ; dans le cas contraire, ils agissent simultanément et la vitesse de l'appareil est alors doublée.
On nomme encore saptne une espèce de grue que l'on employait fréquemment autrefois pour le même usage que la précédante ; on en rencontre encore aujourd'hui quelques applications. Cette machine est composée d'une grande pièce de sapin qui atteint le sommet des murs à élever ; son pied est armé d'un pivot mobile dans une crapaudine fixée sur une pièce de bois posée sur le sol, et son sommet porte un fort tourillon qui peut tourner dans un collier en fer maintenu par des haubans. Cette pièce peut ainsi tourner horizontalement, tout en restant dans une position verticale, ce qui permet d'élever les matériaux en les faisant passer à côté des obstacles, et de les déposer directement sur les échafaudages ou sur les murs ; elle porte, à lm,60 ou im,sodo son sommet, deux pièces de bois transversales qui se relèvent un peu du côté où l'on doit élever les matériaux et qui sont reliées à leurs extrémités par de forts boulons servant d'axe à des poulies. Une troisième poulie est fixée à la partie supérieure de la sapine qui, en cet endroit, est percée d'un trou pour la recevoir. Un câble ou une chaîne do fer passe dans ces trais poulies et vient ordinairement se fixer par une extrémité à la traverse, derrière la poulie d'avant, de manière à recevoir une poulie mobile, à la chape de laquelle on accroche les charges à élever. Le câble ou la chaîne s'enroule par son autre extrémité sur un treuil solidement fixê>au sol ou contre le pied de la sapine, et que l'on manœuvre au moyen de manivelles ou de leviers. Sur les deux côtés opposés de la sapine sont implantées des tiges rondes de fer formant une espèce d'échelle de perroquet dont les échelons sont espacés de 0m,65 ; ou a soin de les placer en quinconce, c'est-à-dire de manière que ceux d'un côté correspondent au milieu des espaces verticaux qui séparent les échelons de l'autre côté. Les haubans, qui sont le plus souvent au nombre de quatre ou cinq, s'amarrent à des objets offrant une garantie convenable de résistance, tels que des trumeaux de bâtiment, des balcons, des barres d'appui de croisées, etc., ou à des pieux de 1 mètre à l">,20 de longueur que l'on a bien enfoncés dans le sol ou scellés dans de forts patins en plâtre, en ayant soin d'incliner ces
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forts piquets de manière que la partie libre fasse au moins un angle droit avec la direction du hauban, afin d'éviter toute tendance au soulèvement de la part de celui-ci.
SAPINEAU s. m. (sa-pi-no — dimin. de sapin). Petit sapin dont, dans certains pays, on orne le dernier char du foin que Ion rentre.
SAPINÉE s. f. (sa-pi-né — rad. Sapin).
Agric. Quantité de raisin que contient l'ustensile appelé sapin.
SAPINER v. a. ou tr. (sa-pi-né). Opérer le sapinage do : Certains pelletiers sapinent seulement les peaux dont tes poils sont imprégnés d'une manière visqueuse, gui les colle les uns contre les autres, tandis que d'autres croient devoir sapinek toutes les peaux indistinctement, parce que cette opération rend le poil plus doux et plus lustré. (Maigne.)
SAPINETTE s. f. (sa-pi-nc-te — dimin. do sapine). Navig^ftuv. Petite toue en sapin.de 8 à 10 mètres de longueur, qui accompagne les trains des grands bateaux et est destinée à leur service. 11 On dit aussi sapinière.
— Econ. dom. Espèce de boisson faite avec des bourgeons du sapin du Canada.
— Pharm. Sorte de boisson antiscorbutique, Qu'on prépare en faisant macérer dans de la bière des bourgeons de sapin, des racines de raifort sauvage et des feuilles de cocliléaria.
— Crust. Nom vulgaire des crustacés du genre anatife.
— Bot. Sous-genre d'épicéas d'Amérique ; La sapinette noire se plait dans les terres froides. (T. de Berneaud.)
— Encycl. Bot. Les sapinettes forment, parmi les sapins ou plutôt parmi les épicéas, un petit groupe assez naturel qui comprend trois espèces, originaires de l'Amérique du Nord. La sapinette blanche, ainsi nommée à cause de la couleur de son écorce, présente deux variétés auxquelles la couleur de leur feuillnge a fait donner les noms de sapinette argentée et sapinette bleue. Cette espèce dépasse communément la hauteur de 15 mètres. La sapinette noire ne monte guère qu'à la taille de 12 mètres; elle doit sou nom à la couleur de ses cônes ou strobiles. Il en est de même de la sapinette rouge, qui n'atteint pas 10 mètres do hauteur. Ces arbres, trèsestimés dans leur pays, où ils remplacent notre sapin, supportent parfaitement en plein air le climat de la France ; mais ils n'y arrivent qu'à de faibles dimensions et ne sont guère que des arbres d'ornement.
SAPINIÈRE s. f. (sa-pi-niè-re — rad. sapin). Endroit planté de sapins : Il est pru de pays où les sapinières soient mieux gouvernées que dans les Vosges. (T. de Berneaud.)
— Cercueil en planches de sapin :
Je ne me souviendrai plus guère De vos trahisons, ô ma chère.
Dans ma froide tapiniire!
BLLI.T.
— Nav. fluv. V. sapinette.
SAPI S, rivière de l'Italie ancienne, nommée aujourd'hui Savia. Elle descendait du versant oriental de l'Apennin et se jetait dans l'Adriatique, entre Ravenne et Arimiuium.
SAPITEUR s. m. (sa-pi-teur — du lat. sapere, savoir). Ane. coût. Personne connaissant les localités, et que les experts sont autorisés à consulter.
SAP1UM s. m. (sa-pi-omm — nom donné par Pline à une espèce de pin). Bot. Syn. de stillinoie, genre d'euphorbiaoées.
SAPOCOU (sa-po-kou). Métrol. Monnaie do compte de Java, équivalant à 0 fr. 25 de France.
SAPOGÉNINE s. f. (sa-po-jé-ni-ne — du gr. sapo'u, savon ; gennao, j'engendre). Syn. de saponine.
SAPOJOK, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et à 124 kilom. S.-E. de Riazan, ch.-l, du cercle de son nom, sur un petit affluent de la Para; 2,970 liub. Fabrication de draps et de cotonnades.
SAPONACÉ, ÉE adj. (sa-po-na-sé — du lat. sapo, savon). Qui u les caractères du savon ; qui peut être employé aux Hiéinus usages que le savon : Substituée saponacée.
SAPONAIRE s. f. (sa-po-nè-re — du lat, sapo, savon). Bot. Genre de plantes, do la famille des caryophyllées, tribu des diantliées, comprenant un certain nombre d'espèces, dont plusieurs croissent en Europe : Lit saponairh officinale est employée dans quelques parties de ta France pour le blanchies <ge. (P. Ductutrtre.) Les bestiaux ne mangent point la saponaire. (Bosc.) Le pharmacien récolte la saponaire comme sudorifique. (H. Berthoud.)
— Encycl. Les saponaires sont des plantes à tiges rameuses, diffuses, quelquefois gazonnantes, portant des feuilles opposées et entières et terminées par de nombreuses fleurs blanches ou roses, disposées en cymes corymbiformes terminales; le fruit est uns capsule ovoïde ou anguleuse, recouverte par le calice persistant et contenant un K>'aiiil nombre de petites graines. Ce genre doit son nom à la propriété que possèdent la plupart de ses espèces de renfermer une sorte de savon végétal, comme nous le dirons plus loin. Ces espèces sont assez nouibix'u-es et la ma-
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jeure partie se trouve au pourtour du bassin méditerranéen; elles croissent, en général, dans les 3ndroits pierreux et découverts, et furent f.ussi dans les jardins d'agrément; elles se recommandent d'ailleurs par leurs usages médicaux ou économiques,
La sapenaire officinale ou commune, vulgairemen : nommée aussi savonnière ou herbe à foulon, est une belle plante vivace, à rhizome lonç-, noueux, rougeâtre, traçant, rameux ; les tijjes, hautes de 0m,50 en moyenne, dressées, cylindriques, articulées, noueuses, portent des feuilles opposées, presque sessiles, ovales ou oblongues, entières, glabres, inarquées de trois nervures longitudinales très-appa*entes; les rieurs, grandes, roses ou iilacées, sont groupées en cymes axillaires dont l'ensjmble constitue une panicule terminale compacte; le fruit est une capsule ovoïde allongée ou cylindrique, renfermant un'grand nombre de petites graines arrondies et rotgeâtres.
Cette p ante est commune dans presque toute l'Europe; elle croît dans les champs, les friches, les pâturages, les fonds argileux et frais, le long des chemins et des haies, au bord des cours d'eau, etc. On la cultive quelquefois dans les jardins; elle vient dans tous les sols el à toute exposition, mais de préférence dans les terrains frais, découverts et bien exposés au soleil. On la multiplie trèsfacilement de graines semées en place et, mieux encore, de drageons ou d'éclats de pied, séparés et replantés à l'automne. Elle ne dematu.e ensuite aucun soin, et, une fois qu'elle a pris possession du terrain, elle s'y propage t :ès-facilement par ses drageons; elle est. même très-envahissante, si l'on n'a pas soin da la cerner. Elle peut servir à orner les plates-bandes, les bords des massifs et des piétés d'eau, les rochers, etc. Elle a produit plusieurs variétés à fleurs simples ou doubles, do nuances diverses. En agriculture, on cherche plutôt à la détruire; les bestiaux n'en veulent pas et on ne peut l'utiliser que comme litière ou engrais, ou pour en extrait- j de la potasse.
Toutes bs parties de la saponaire renferment un pr ncipe, appelé saponine, qui possède les propriétés, comme le savon, de faire mousser l'eau e; d'enlever les taches. Il se dissout en toute proportion dans l'eau ; il est également solut le dans l'alcool étendu, et celte solution, mélangée au goudron de houille, constitue le coaltar saponifié, (Je principe abonde surtout dais les rhizomes (vulgairement racines), qu'on emploie, à cause de leur propriété, pot r savonner le linge. Pour cela, on les arrachu en automne et, après les avoir lavés, on les fait sécher sur des claies; ils ont une saveur douceâtre, mucilagineuse, qui devient plus tard nauséeuse, puis acre.
La médecine utilise aussi, mais bien moins qu'autrefois, toutes les parties de cette plante; la saponaire a été vantée comme amère, tonique, dia jhorétique, fondante, dépurative, détersive, sudoritique, antigoutteuse, etc. On l'emploie, sous forme de tisane, d'extrait ou de sirop, contre les affections de la peau, les maladies syphilitiques, les engorgements abdominaux , l'ictère, les rhumatismes chroniques, les douleurs articulaires , les dartres furfuracées et squammeuses, les cachexies qui suivent les fièvres intermittentes rebelles, etc. Les feuilles ont été employées en cataplasme contre les engorgements lymphatiques et œdémateux, en bains comme émollientes, en poudre comme sternutatoires; on les applique aussi sur les cautères en guise de lierre. Le coaltar saponine est employé sur l;s plaies comme désinfectant. Eutin les sommités fleuries ont été vantées contre les affections hystériques et hypocondriaques.
La saponaire des vaches est une plante annuelle, £ peu près de la taille de la précédente ; ses tiges, articulées, rameuses, portent des feiiltes opposées, un peu coniiées, ovales aiguës, lisses, glauques, et des Heurs rouges, en panicule terminale. Cette plante croît dans presque toute l'Europe; elle est commune cans les moissons. Tous les bestiaux, surtout tes vaches, la recherchent avidement ; aussi a-t-on proposé de la semer, pour cet ojjet, dans les champs en jachère. On assure néanmoins que, lorsqu'elle est très-abondante , ses graines, mélangées au blé, donnent, comme celles de la nielle, un mauvais goût au pain. Ces graines ont été vantées, tn médecine, comme anticalculeuses.
La sapoiaire faux basilic est une petite plante vivuie, gazonnante, à fleurs très-abondantes, d'un rose vif, disposées en cymes corymbiforines. On la recherche beaucoup dans les jardins pour faire des bordures et des massifs, garnir les talus, les rocailles, les grottes, le pourtour des arbrisseaux isolés, etc. On la propi ge facilement de graines et d'éclats. La saponaire de Calubre est encore une eharminte espèce, à tleurs d'un beau rose vif, blanches dans une variété.
SAPONAÏA - Dl - GRUMEISTO , bourg du royaume d'Italie, province de la Basilioate, district de Potenza , ch.-l. de mandement; 2,681 hab. Près de ce bourg on voit les ruines de l'ai cienne Grumentum, colonie romaine, sou: les murs de laquelle le consul Ulaudius remporta une victoire sur Annibal ; e.lo fut détruite par les Sarrasins duns le
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xio siècle. Restes d'un amphithéâtre et do quelques autres édifices.
SAPONARA - VILIAFRANC.V , bourg du royaume d'Italie, dans la Sicile, province et district de Messine, mandement de Rometta; 3,215 hab.
SAPONÀRINE s. f. (sa-po-na-ri-ne — rad.
saponaire). Chiin. Substance cristullisable extraite de la saponaire.
SAPÛNÉ s. m. (sa-po-né — du lat. sapo, savon). Pharin. Médicament dans lequel il entre du savon.
SAPONIFIABLE adj. (sa-po-ni-fi-a-ble — rad. suponifier). Qui peut être saponifié ; Corps
SAPON1FIABLU.
SAPONIFICATION s. f. (sa-po-ni-fi-ca-sion — rad. suponifier). Action par laquelle une substance grasse se convertit en savon : Saponification des huiles , des suifs.
— Action ou manière dé faire du savon : Procédés de saponification.
— Encycl. Tout corps gras, quels que soient sa provenance et son aspect extérieur, contient invariablement trois principes constitutifs, toujours les mêmes, que M. Chevreul, qui les a isolés, a appelés acides gras. Ce sont : l'acide stéarique, l'acide margarique et Tacide oiéique. Les deux premiers sont sol'des à la température ordinaire ; le troisième est liquide. On comprend après cela les différences d'aspect qui existent entre les divers corps gras, suivant que ce sont les principes solides ou liquides qui dominent dans leur constitution.
La saponification est la combinaison de ces acides gras avec une base alcaline, telle que la soude et la potasse, pour former des sels, des stéarates, des margarates , des oléates de soude ou de potasse, dont la réunion forme le savon. Les savons de soude sont durs, et d'autant plus durs que la matière grasse contient plus d'acide stéarique. Les Savons de potasse sont mous. Cela vient surtout à la facilité avec laquelle les sels de potasse absorbent l'humidité.
En définitive , la saponification est une réaction ehimique excessivement simple ; mais les moyens pratiques de la produire et de la mènera bonne fin diffèrent suivant l'espèce et la qualité des matières premières employées.
Comme le savon est un produit de première nécessité chez tous les peuples civilisés, on a nécessairement cherché, dans chaque pays , à en fabriquer avec les corps gras et les alcalis que l'on pouvait s'y procurer le plus facilement. C'est ainsi qu'en Allemagne on ne fait le savon qu'avec du suif ou des graisses animales et de la potasse. Il n'3' a qu'à Vienne que l'on emploie de la soude, qui provient du natron, ou sel de soude naturel.
En Hollande, où la pêche lointaine et la préparation des poissons salés est une des principales industries, on emploie les huiles de poisson à la fabrication des savons mous. Quoi qu'on fasse, ils ont toujours une odeur désagréable.
En Angleterre, on fabrique du savon jaune à la résine.
Enfin, dans ces derniers temps, la fabrication des bougies stéariques est venue livrer à la saponification une grande masse d'acide oiéique, dont on fait des savons communs à la soude.
La matière grasse qui forme, avec la soude, le savon le meilleur et le plus estimé, est, sans contredit, l'huile d'olive. Ce savon se fait en Provence, et particulièrement à Marseille et aux environs, d'où son nom de savon de Marseille.
Les moyens pratiques et les tours de main par lesquels on arrive à obtenir une saponification satisfaisante dans les différents cas, sont décrits à l'article savon ; il n'en sera donc pas question ici. V. savon.
■ SAPONIFIER v. ou tr. (sa-po-ni-fl-é — du lat. sapo, savon ; facere, faire. Prend deux t aux deux prem. pers. pi. de l'imp. de l'ind. et du prés, du subj. : JVous saponifiions ; que vous saponifiiez). Transformer un corps en savon : Saponifier des huiles.
Se saponifier v. pr. Etre saponifié : Toutes les Unités sont plus ou moins susceptibles de
SE SAPONIFIER.
SAPON1FORME adj. (sa-po-ni-for-me — du lat. sapo, savon, et de forme). Qui ressemble à du savon : Substance saponiforme.
Corps saponiforme. Argile saponiforme.
SAPONINE s. f. (sa-po-ni-ne — du lat.
sapo, savon). Chim, Substance contenue dans la saponaire, ainsi que dans un grand nombre d'autres plantes, et dont la solution est caractérisée par lu propriété de mousser comme l'eau de savon.
— Encycl. 1j& saponifie, d'abord découverte par Scherade dans la saponaire commune {saponaria officinalis) et quelque temps après par Bley et par Bussy dans la saponaire d'Orient, paraît être très-répandue dans le règne végétal. O. Henry et Boutron-Charland l'ont trouvée dans la racine, du quillaja smegmadermos et Prémydans le péricarpe des marrons d'Inde, surtout à l'époque de la floraison, immédiatement après la chute des pétales; ftlalapert, dans les racines de rosier, dans le fruit de l'agrostemma yilhugo, dans le lychnis diotca , dans celui de Chaleedoine et dans
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plusieurs autres plantes du genre lychnis, du genre silène et du genre anagallis.
La saponine paraît être également contenue dans Yarnica montana, dans l'arum maculatum, dans le capsella bursa pastoris, dans l'écorce du gymnoclodeis canadensis, dans la racine du polypodinm vulgare et dans les fruits du sapindus saponaria, sapindus lawifotia et sapindus rigida, ainsi que de plusieurs autres plantes de la famille des mimosées et des térébinthacées. Il est possible que la matière extractive irritante du piedde-vache soit identique à la saponine.
La sénégine ou polygalhne, que Gehlem a découverte dans la racine du polygala senega, paraît être également identique avec la saponine, d'après Bolley.
— I. Préparation. 10 Au moyen de la racine de saponaire ou de gypsopldla strnlhion. 1» On concasse la racine que l'on épuise ensuite par l'alcool bouillant de 0,824 de densité. Le liquide, filtré et refroidi, laisse déposer la saponine au bout de vingt-quatre heures. On recueille ce corps, on le lave à l'alcool et à l'éther, puis on le dessèche à 100O. 20 On épuise la racine finement pulvérisée par l'éther, pour la débarrasser de ses parties grasses et résineuses; on la traite ensuite par l'alcool bouillant et on laisse refroidir les liq«eurs alcooliques après les avoir filtrées et concentrées. On recueille et l'on dessèche les flocons qui se déposent.
La saponine préparée au moyen du gypsophila est souvent touillée par des substances étrangères. On la purifie en la dissolvant dans la plus petite quantité d'eau possible et en traitant la solution par l'eau de baryte; la saponine se précipite à l'état de combinaison barytique, tandis que les substances étrangères restent en dissolution. On recueille le précipité sur un filtre, on le lave à l'eau de baryte, on le dissout dans l'eau, on soumet sa solution bouillante à l'action d'un courant d'anhydride carbonique, on filtre pour séparer le carbonate de baryte qui se dépose et ■ l'on précipite la liqueur filtrée par un mélange d'alcool et d'éther.
2° Préparation au moyen de l'écorce de quillaja. Cette écorce est, d'après M. Lebeuf, la meilleure matière première que l'on puisse employer pour la préparation de la saponine, au point de vue industriel. On suit la même méthode que lorsqu'on extrait ce corps de la saponaire. On peut aussi épuiser l'extrait aqueux par l'alcool bouillant, filtrer la liqueur chaude, recueillir les flocons qui se déposent par le refroidissement et les purifier en les dissolvant de nouveau dans l'alcool et les décolorant par le noir animal.
3" Préparation au moyen des semences de 'l'agrostemma githago. On épuise par de l'éther ces semences finement pulvérisées, afin de les débarrasser de l'huile fixe qu'elles contiennent. On les traite ensuite par l'alcool froid, puis on les fait bouillir avec le même liquide. La solution filtrée bouillante abandonne des rlocon3 de saponine par le refroidissement; on obtient une nouvelle quantité de cette substance en ajoutant de l'alcool absolu. Le précipité est redissous dans l'eau ; la solution est séparée par le filtre de la gélatine végétale insoluble, puis précipitée par l'acétate neutre de plomb. On filtre de nouveau, on précipite le liquide filtré par le sousacétate de plomb, on recueille le précipité, on le lave, on le met en suspension dans l'eau et on le décompose par un courant d'acide sulfhydrique. Le liquide ainsi obtenu est ensuite évaporé a siccité ou précipité par l'alcool.
On peut encore précipiter l'extrait aqueux des semences par le sulfate de cuivre, filtrer, débarrasser le liquide de l'excès de cuivro par un courant d'acide sulfhydrique, filtrer de nouveau, faire digérer le liquide avec du carbonate de baryum, filtrer une troisième fois et précipiter les sels de baryum solub'.es par l'alcool. Ou sépare ces sels par fillration et l'on évapore à siccité. Enfin on fait bouillir le résidu avec de l'alcool ordinaire. La saponine ainsi préparée renferme toujours des traces de baryte.
Crawfurd fait digérer les graines pulvérisées dans de l'alcool tiède, concentre la solution jusqu'à consistance sirupeuse", pétrit le sirop avec du noir animal, puis évapore jusqu'à siccité et épuise le résidu sec par l'alcool bouillant.
to Préparation au moyen des marrons d'Inde. On pulvérise les graines, on les épuise par l'alcool froid et l'on distille les teintures ainsi obtenues pour en extraire l'alcool. 11 reste une gelée jaunâtre, qui consiste surtout en saponine mêlée avec un corps gras, avec une substance cristallisable araere et une matière colorante jaune. On en sépare facilement le corps gras au moyen de l'éther.
50 Préparation au moyen du polygala senega (sénégine, polygaline, acide polygalique). 10 On épuise la racine par l'eau froide, on concentre la liqueur, on la filtre pour en séparer des flocons qui renferment de la sénégine et des sels terreux et on la précipite par l'acétate neutre de plomb. Le liquide filtré, débarrassé de l'excès de plomb par un courant d'acide sulfhydrique, puis filtré de nouveau, est évaporé en consistance d'extrait. On épuise cet extrait par l'alcool à 36° et l'on évapore la teinture alcoolique. Le résidu est dissous dans l'eau, après avoir été au préalable débarrassé par un lavage à l'éther du corps gras et de
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la matière colorante. On précipite la solution par l'acétate de plomb, on recueille le précipité, on le lave et on le décompose par l'acide sulfhydrique. Une partie de la sénèfrine reste alors en dissolution et peut être extraite par évaporation à siccité de la liqueur et traitement du résidu par l'alcool bouillant, tandis qu'une autre portion de ce corps se précipite avec le sulfure da plomb, dont on peut la retirer en épuisant le précipité par l'alcool bouillant. Les teintures alcooliques bouillantes, convenablement évaporées, abandonnent des flocons de sénégine en se refroidissant. On peut au besoin purifier ce corps en le redissolvant dans l'alcool et en le décolorant par le charbon animal. La racine de senega déjà épuisée par l'eau fournit encore de la sénégine quand on la traite à nouveau par l'acool bouillant. La sénégine se dépose parle refroidissementdela teinture alcoolique convenablement concentrée. On la débarrasse do tout corps gras au moyen de l'éther et on la purifie ensuite par 1 acétate de plombcomme nous venons de le dire plus haut. 2" Bolley fait une solution aqueuse d'extrait officinal de senega, qu'il précipite par l'acétate neutre de plomb. Le précipité, recueilli et lavé, est décomposé par l'acide sulfhydrique ; on filtre, on évapore à siccité la 'iqueur, on épuise le résidu par l'alcool bouillant et l'on évapore la teinture. Le nouveau résidu est lavé à l'éther, puis dissous dans l'eau et précipité par le sous-acétate de plomb. On lave le précipité plombique, on le met en suspension dans l'eau, on le décompose par un courant d'acide sulfhydrique et l'on évapore la liqueur filtrée. La sénégine ainsi obtenue peut être aisément purifiée; il suffit pour cela de la dissoudre à plusieurs reprises dans l'alcool bouillant et de la laisser se déposer par refroidissement de la liqueur.
— IL Propriétés. La saponine est uno poudre blanche ou presque blanche, amorphe et friable. Humide, elle a une odeur aromatique particulière qui finit par devenir dèsagréable ; sèche, elle est inodore. Sa poussière agit Comme un puissant sternutatoire. Sa saveur, douceâtre d'abord, devient brûlante et amère et elle produit une sensation persistante de démangeaison sur le fond de la gorge. Une goutte de sa solution aqueuse introduite dans l'œil détermine une sensation de brûlure fort désagréable et dilate la pupille. On regarde généralement la sénégine comme neutre, cependant elle serait aoido suivant Quevenne. La saponine agit cominu un poison sur les petits animaux.
Les analyses de la saponine ont donné des résultats excessivement discordants, et, comme ce corps ne donne aucun composé défini d'où l'on puisse déduire sa composition, il est impossible de lui assigner une formule qui ait quelque probabilité. Il est difficile aussi de décider la question de l'identité de la saponine et de la sénégine. Toutefois, comme les produits de décomposition de ces deux corps sont essentiellement les mêmes, cette identité peut être considérée comme tris-probable.
La saponine se dissout dans l'eau et forme une solution qui mousse comme l'eau de savon. L'alcool étendu la dissout mieux que l'alcool concentré et elle est insoluble dans l'alcool absolu, l'éther et les essences ; sa solution alcoolique ne mousse pas. Les acides étendus ne l'altèrent pas à froid ni ne se combinent avec elle. Elle se dissout un peu dans l'ammoniaque froide et dans la pntasse, plus facilement dans les mêmes liquides légèrement chauffés. Une solution de saponine dans 4 parties d'eau forme avec la baryte un précipité blanc soluble dans un excès de l'un ou de l'autre précipitant, suivant Bussy, insoluble dans l'eau de baryte et soluble dans l'eau pure, suivant Rochleder et Schwarz. Avec l'acétate neutre de plomb, la saponine forme un précipité gélatineux; le liquide filtré donne, en bouillant, un précipité pulvérulent d'un tout autre caractère, qui se gonfle quand on le lave. La saponine précipite aussi le sousacétate de plomb.
— III. Décompositions. Soumise à la distillation sèche, la saponine noircit, se gonfla et donne une grande quantité d'huile etnpyreumatique. L acide azotique bouillant l'attrtque avec production d'une résine jaune, d'acide oxalique et d'acide mucique.
La saponine se décompose sous l'influence des acides minéraux étendus. Cette décomposition, lente à froid, est très-rapide à chaud. Il se produit dans ce cas un hydrate de carbone que lus uns considèrent comme analogue, par sa composition, à l'amidon, les autres comme analogue au sucre de canne, et les autres comme de la glucose, et il se piocipite un corps blanc que Bolley a nommé supogénine, que Frémy a nommé acide escnlique et que Rochleder et Schwarz regardent comme identique à la quinovine. La formula de cette substance n'a pas été nettement déterminée, par la raison que ses analyses donnent des nombres qui varient entre 56,0 et 63,2 pour 100 pour le carbone, et entre 8,5 et 8,9 pour 100 pour l'hydrogène. On a propos j plusieurs équations pour rendre compte du dédoublement de la saponine; mais comme, d'une part, la formule de la saponine it'eii pas établie et que, d'autre part, on n'est pis d'accord sur la nature des produits de la >:iponilication de ce corps, il est à peu pres .■ laque ces formules doivent être erronées; uuiai
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ne les donnerons-nous pas ici. Quoi qu'il en soit, il reste démontré pur les faits qui précèdent que la saponine est un saccharide. Nous disons saccharide pour ne pas préciser de quel sucre elle dérive.
D'après Rochleder et Payr, la saponine est capable, lorsqu'on la décompose par les acides, de fournir différents produits de décomposition. Suivant ces auteurs, elle contiendrait 6 molécules de sucre, et, suivant les circonstances, il s'éliminerait 2 molécules de ce sucre ou plus de 2 ou la totalité. Les acides aqueux donneraient des produits de saponification incomplète et l'action de l'acide chlothydrique alcoolique fournirait, au contraire, un produit de décomposition complète. Cela expliquerait les divergences des analyses. Les auteurs qui se sont occupés des produits de décomposition de la Saponine auraient presque toujours opéré sur des mélanges. D'après les auteurs que nous citons ici, le produit que nous décrirons plus bas sous la rulirique d constitue seul la sapogénine pure.
a. Le produit qui résulte de l'élimination de 2 molécules de glucose CeII12Oe constitue peut-être l'acide esculique de Frémy. Si l'on iidmet, en effet, pour la saponine la formule C64H106OS6, le produit obtenu par cette saponification incomplète a une composition qui s'accorde avec les nombres trouvés à l'analyse de l'acide esculique.
b. La saponine purifiée par l'eau de baryte donne, lorsqu'on la chauffe avec de l'acide chlorhydrique aqueux, 53,1 pour 100 de sucre et des flocons gélatineux qui, sèches à 100°, renferment en moyenne 65 pour 100 de carbone et 8,64 pour 100 d'hydrogène. Ces nombres s'accordent avec la formule CwH6âOJl, qui résulte de la iixation sur la saponine de 2 molécules d'eau et de la séparation de 4 molécules de glucose.
c. Par l'ebullition prolongée avec l'acide chlorhydrique aqueux, il s'élimine 62,66 pour 100 de sucre et l'on obtient une gelée que MM. Rochleder et Payr considèrent comme répondant à la formule C3*H3iO". Ce corps résulterait de la fixation de 311*0 et de l'élimination de 5 molécules de glucose.
et. Lorsqu'on dissout dans l'alcool anhydre les flocons qui se précipitent par l'ebullition de la saponine en solution chlorhydrique aqueuse, et qu'on dirige pendant plusieurs heures un courant de gaz chlorhydrique à travers le liquide alcoolique bouillant et maintenu dans un appareil à reflux, il se dépose des cristaux blancs qui résultent de la saponification complète de la saponine, c'est-à-dire de la séparation de 6 molécules de glucose, suivant l'équation :
C«Hl06O3G -K4H10 = CHH«0*+ 6CflH«0« Saponine, Eau. Sapogénine. Glucose.
Ces cristaux, recristallisés dans l'alcool et desséchés à 100», renferment, en moyenne, 75,7g pour 100 de carbone, 9,76 pour 100 d'hydrogène et H, 46 pour L00 d oxygène. La formule C28H"0 exige 76,02 de carbone, 9,50 d'hydrogène et 14,48 d'oxygène. Ils sont x insolubles dans l'eau, peu solubles dans l'alcool froid, facilement soluble.s dans l'alcool bouillant et presque insolubles dans les solutions aqueuses de potasse. La potasse alcoolique les dissout, au contraire, facilement, et la potasse aqueuse ajoutée k cette solution donne un précipité constitué par un composé de sapogénine et de potasse, qui perd complètement sa potasse par les lavages.
Le sucre produit en même temps que la sapogénine est insoluble dans l'alcool au mometit de sa formation, et il ne se convertit en dextro-glucose que par l'action prolongée des acides bouillants.
Lorsqu'on traite par une lessive de potasse la Saponine du marron d'Inde, il se forme d'abord un composé de potasse et d'une matière colorante jaune que cette saponine contient ; puis il se produit le composé potassique d'un produit de saponification incomplète, l'esculate de potassium, d'où les acides précipitent l'acide esculique. D'après Frémy, a qui est due cette expérience, la saponine de la saponuria officinalis ne fournit pas d'acide esculique dans ces conditions.
La saponine aqueuse , bouillie nvec une lessive de potasse, puis additionnée d'acide chlorhydrique, donne un précipité blunc assez abondant et non gélatineux de sapogénine (produit de saponification incomplète, et non sapogénine vraie). D'après Rochleder et Sehwatz, la saponine brunit lorsqu'on évaporé sa solution alcaline, et le résidu donne avec l'eau une solution d'où les acides ne précipitent pas l'acide esculique de M. Frémy. Par l'action prolongée de la potasse sur la saponine, il se produit un acide finement cristallisé et une substance amorphe. Cette dernière se résout en différents produits sous l'influence de l'acide chlorhydrique.
11 semble donc résulter des expériences de MM. Rochleder et Schwiirz que la saponine est l'élhersapogénique d'un hexuglucose et que cet éther peut subir une série de saponifications incomplètes avant de se transformer en sapo„'enine; qu'il commence par perdre 2 molécules de glucose, puis 2 autres, puis une cinquième, puis enfin la sixième et dernière.
11 reste cependant un point douteux dans l'interprétation luurnie par MM. Itochlederet Schwarz : la saponine n'absorberait que 41120 pour perdre 6L6Hli!o6. Or, tout ce que nous cuvons aujourd'hui de la théorie des alcools
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démontre que s'il est possible, dans une saponification, qu'il se fixe plus de H20 par molécule d'alcool éliminé, il est impossible qu'il s'en fixe moins. Il devrait donc se fixer ici 6 molécules d'eau au lieu de 4, et comme avec 6 molécules d'eau les formules de M. Rochleder ne seraient plus exactes , il reste là un doute que de nouvelles expériences peuvent seules faire disparaître.
SAPONIQUE adj. (sa-po-nî-ke — du !at.
sapo, savon). Chim. Acide saponique, Corps qui se précipite quand on fait agir des acides minéraux sur la saponine. il On l'appelle
aussi ACIDE ESCULIQUE et SAPOGÉNINE.
— Encycl. V. saponine.
SAPONITE s. f. (sa-po-ni-te — du lat. sapo, savon). Miner. Variété de stéatite.
SAPONULE s. m. (sa-po-nu-le — dimin. du lat. sapo, savon). Pharm. Savon de soude dissous dans l'alcool.
— Techn, Dépôt savonneux qui se produit lorsqu'on laisse refroidir une dissolution de savon de suif.
SAPONULE s. m. (sa-po-nu-Ié — du lat.
sapo, savon). Pharm. Saponule combiné à une substance médicamenteuse.
SAPONURE s. m. (sa-ponu-re — du lat.
sapo, savon). Pharm. Composé de savon en poudre et d'une substance médicamenteuse.
SAPOR ou CHAH POUR 1er, roi de Perse de la dynastie des Sassanides. Il régna de 238 à 271, envahit la Mésopotamie en 242, en fut chassé par Gordien, conquit l'Arménie, reprit les armes contre les Romains en pénétrant en Syrie, où il fit prisonnier Valéiien (260), qu'il traita avec la dernière barbarie. Apres avoir dévasté la Cappadoce et la Cilicie, il fut repoussé par Odénat et mourut au moment où, fort de son alliance avez Zénobie, il se préparait à combattre Aurélien.
SAPOR II, roi de Perse, qui régna de 311 à 380. Dès l'âge de seize ans, il combattit victorieusement les Arabes et les refoula au delà de l'Ëuphrate, et fut presque continuellement eu guerre contre les Romains, auxquels il enleva plusieurs places fortes et tout le pays à l'occident de l'Ëuphrate. Constance II parvint à l'arrêter quelque temps (300), mais fut ensuite repoussé. Julien, surnommé l'Apostat, ne fut pas plus heureux; vaincu sur les bords du Tigre, il fut blessé mortellement dans le combat (363). Son successeur, Jovien, fut contraint de céder au monarque barbare toutes les provinces au delà du Tigre, quinze places fortes et la suzeraineté de l'Arménie et de l'Ibérie. Sapor eut pour successeur son frère Artaxerce II.
SAPOR III, roi de Perse, qui régna de 3S5 à 390. Désireux de vivre en paix avec Théodose le Grand, il lui envoya à Constantinople une ambassade solennelle, à la suite de laquelle, les deux princes conclurent un traité de paix qui assura l'indépendance de l'Arménie et de l'Ibérie.
SAPOR, roi d'Arménie qui vivait au ve siècle de notre ère. Fils du roi de Perse Yezdegerd 1er, j| monta sur le trône d'Arménie en 415, après la mort de Chosroès III. Ce prince fit d'inutiles efforts pour décider les Arméniens à abandonner le christianisme et à rompre leur alliance avec les Grecs. Ayant appris que son père était sur le point de mourir à Utésiphon, il partit pour cette ville (420); mais, pendant son absence, les Arméniens se soulevèrent contre lui et, peu après, son frère Bahrain ou Varane V le fit mettre à mort.
SAPORATION s. f. (sa-po-ra-si-on — du lat. sapor, saveur). Action de goûter, d'éprouver une sensation de saveur. Il Peu usité.
SAPORIFIQUE adj. (sa-po-ri-fi-ke — du lat. sapor, saveur; facio, je fais). Qui produit lu saveur, il Peu usité.
SAPOTAGÉ, ÉE adj. (sa-po-ta-sé — du lat. supota, sapotillier). But. Qui ressemble ou qui se rapporte au sapotillier.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre sapotillier,
— Encycl. La famille des sapotacées renferme des arbres et des arbrisseaux, à feuilles alternes, entières, coriaces, souvent luisantes et striées transversalement, brièvement pétiolées et dépourvues de stipules. Les fleurs, hermaphrodites, axillaires, ordinairement réunies eu fascicules ou en ombelles simples, plus rarement solitaires, présentent un calice de quatre k huit divisions, alternant sur deux rangs ; une corolle ayant un nombre de divisions égal, quelquefois double ou triple; des étamines aussi en nombre égal ou double, quelquefois alternativement fertiles et stériles ; un ovaire libre, généralement velu, à loges uniovulées, en général en nombre égal à celui des divisions du calice, auxquelles elles sont opposées, surmonté d'un Style simple terminé par un stigmate à autant de lobes qu'il y a de loges à l'ovaire, Le fruit est une baie a plusieurs loges, dont chacune renferme une graine globuleuse, ovoïde ou, comprimée, à test osseux, à embryon tantôt dépourvu d'albumen, tantôt entoure d'un albumen mince et charnu.
Celte famille, qui a des affinités avec les ébénacees, renferme les genres suivants : chrysophylle ou caïmitier, poutérie, labatie, lucuina, Mapotillier, hurmogyue , sersalisie, sideroxyle, argan, isonandre, dipholis, bu-
SAPO
mélie, laboui'dounaisie , delastrée, asaola, payena, bassie, palaquion, imbrieaire ou bardotier, mimusops , synarrhène, omphalocarpe, rostellaire, etc. Ces végétaux croissent dans les régions chaudes du globe. Ils sécrètent un suc laiteux qui, dans quelques espèces, donne la gutta-percha ; plusieurs ont des écorces astringentes et fébrifuges, des fruits comestibles ou des graines oléagineuses.
SAPOTE s. fi (sa-po-te). Bot, Syn. de sapotille et de sapotillier.
SAPOTIER s. m. (sa-po-tié — de l'espagn. sapodilla, même sens). Bot. Syn. de sapotillier : Le sapotier est un grand arbre fort branehu, (V. de Bomare.)
SAPOTILLE s. f. (sa-po-ti-!le; II mil. — de l'espagn. sapodillas, même sens). Bot. Fruit du sapotillier : La peau extérieure de la SAPOTILLU est brune et plus ou moins crevassée. (Dutour.) On dit aussi sapote.
SAPOTILLIER s. m. (sa po-ti-llé ; Il mil. — rad. sapotille). Bot. Genre d'arbres, type de la famille des sapotacées, comprenant une dizaine d'espèces, dont le type croit dans l'Amérique centrale : On plante toujours le sapotillier loin des habitations. (P. Duchartre.) Dans son pays natal, le sapotillier est aisé à multiplier de semences. (Dutour.) Il Sapotillier marron, Nom vulgaire du balaïas rouge.
— Encycl. Les sapoiilliers sont des arbres lactescents, quelquefois épineux, à feuilles alternes, entières. Les fleurs, groupées en panicules terminales, présentent un calice à six divisions; une corolle campanulée, à six divisions accompagnées d'autant d'écaillés intérieures et alternant avec elles; six étamines; un ovaire libre, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate obtus. Le fruit est une nielonide ou pomme à dix loges, dont chacune renferme une graine à test ligneux et a amande blanchâtre. Les espèces assez nombreuses de ce genre sont répandues dans les régions tropicales, où plusieurs d'entre elles sont cultivées en grand pour leurs fruits. Chez nous, elles exigent la serre chaude et ne se rencontrent guère que dans les jardins botaniques.
Le sapotillier Commun est un arbre de moyenne grandeur, à racine pivotante; sa tige est couverte d'une écorce d'un brun sombre ; ses branches forment une cime presque pyramidale; elles portent de grandes feuilles lisses, entières, épaisses, d'un vert foncé et luisant en dessus, plus pale, en dessous, fortement veinées, groupées par bouquets au sommet des rameaux ; ses fleurs purpurines sont réunies en petites panicules au centre de ces bouquets; son fruit, appelé sapote ou sapotille, est d'un brun rougeàtre à la maturité et possède une chaire succulente, fondante et tres-sucrée.
Cet arbre croit dans l'Amérique centrale; on le cultive beaucoup aux Antilles; il préfère un terrain substantiel, ni trop sec ni trop humide. On le propage aisément de graines, qu'on doit semer le plus tôt possible après lu maturité, car elles ne conservent pas longtemps leur faculté germinative. La croissance du sapotillier est très-lente. On ne le taille pas ; on se contente d'enlever les branches mortes ou desséchées et de couper celles qui seraient rompues ou éclatées par les vents. Ce n'est guère qu'au bout d'une douzaine d'années qu'il commence à rapporter. Parvenu à tout son développement, il devient un bel arbre qui fait l'ornement des jardins, donne un ombrage frais et agréable et produit des fruits en abondance.
Il n'est guère possible de propager le sapotillier par semis sous nos climats ; les graines qu'on ferait venir de son pays natal arriveraient chez nous ayant perdu la faculté de germer. Il faut donc importer de jeunes plants, qu'on met dans une caisse à la Ward dès qu'ils ont atteint la hauteur de 0m,25 environ ; on leur donne les soins ordinuires pendant la traversée. A leur arrivée, on les repique en mottes dans des pots remplis d'une terre fraîche et que l'on plonge dans une couche de tannée modérément chaude ; il faut les abriter avec des nattes contre le soleil, les tenir à l'ombre jusqu'à ce qu'ils aient bien repris et les arroser très- peu dans les premiers temps, surtout si la terre où ils ont voyagé est humide. Plus tard, on les arrose souvent parles temps chauds et on leur donne beaucoup d'air; eu un mot, on les traite comme la généralité des plantes tropicales.
Le principal produit du sapotillier est son fruit appelé sapote ou sapotille. Ce fruit est globuleux et ovoïde, à peau plus ou moins crevassée; avant ta maturité, sa chair est verdàtre et d'une saveur très-acre et désagréable. Aussi fàut-il avoir soin de le laisser bien mûrir et même blettir, soit sur l'arbre, soit sur la paille en le cueillant quelques jours à l'avance. Alors sa chair est d'un brun rougeàtre, succulente, fondante, très-sucrée, rafraîchissante et d'un goût délicieux. Ce fruit est d'ailleurs très-sain, et on peut en manger beaucoup sans en être incommodé ; aussi, aux Antilles, est-ce, après l'orange, le fruit le plus recherché pour les desserts. Il donne pendant quatre mois environ, depuis septembre jusqu'en décembre. On en distingue plusieurs variétés qui diffèrent par la forme et par la saveur.
Les pépins, ou mieux les noyaux, sont
SAPP
oblongs, aplatis, à enveloppe ligneuse, dure, cassante et noirâtre. L'amando qu'ils renferment est blanche et très-amère ; elle est upéritive, et on en fait des émulsions rafraîchissantes; elle passe, en Amérique, pour un remède souverain contre la gravelle et les rétentions d'urine; on assure pourtant que, dans certaines variétés ou plutôt peut-être dans d'autres espèces, elle a des propriétés malfaisantes. Le suc laiteux et très-visqueux que sécrètent toutes les parties herbacées du sapotillier est employé comme fébrifuge ; il se condense à l'air et se convertit en une sorte de gomme-résine qui exhale, en brûlant, une odeur d'encens très-prononcée.
L'écorce est fortement astringente. Le bois est blanc, filandreux, dur, assez liant, facile à fendre; on l'emploie pour les ouvrages de menuiserie et les constructions hydrauliques.
Le sapotillier découpé, appelé aussi balatas ou bois de natte, est un petit arbre à écoue d'un vert noiiâtre, à rameaux longs et diffus, portant des feuilles ovales ou oblongues, coriaces, très-épaisses; les fleurs sont d'un blanc rosé, et le fruit a la forme, le volume et la couleur d'une olive verte. Cet arbre, probablement originaire de l'île Maurice, s'est propagé et naturalisé à Manille, à Java, en Chine et même à la Martinique et à la Guyane. On le cultive en grand au Malabar et dans quelques autres contrées de l'Inde; cheznous, il exige la serre chaude ; sa culture, du reste, ne diffère pas sensiblement de celle de l'espèce précédente.
Pour récolter le suc laiteux que sécrète cet arbre, on établit autour du tronc une sorte de cuvette annulaire en argile ; puis on entaille l'écorce jusqu'au liber. Le suc s'écoule dans le récipient; il a une odeur et une saveur acides et renferme une matière grasse, une substance albuininoïde analogue à la caséine et une sorte de gomme élastique qui se rapproche de la gutta-percha. Il filtre au papier sans résidu, se mèie facilement à l'eau, est coagulé par l'alcool, l'éther et l'acide sulfurique, mais non par l'acide acétique. Quand ou le chauffe, sa surface se couvre d'une pellicule ; on peut, avec des soins, le conserver liquide pendant assez longtemps; mais, dans les pays chauds, il sa concrète en quelques heures.
Ce suc a été proposé par quelques médecins, comme le caoutchouc, contre les maladies de poitrine; mais les essais n'ont pas donné de résultats satisfaisants, Coagulé par l'alcool, il donne une matière gommo-résineuse, appelée résine de balatas; cette matière, purifiée d'abord par les alcalis, ensuite par le sulfure de carbone, produit une sorte de gutta-percha très-extensible et très-estiniée, malheureusement très-rare- on en a fabriqué des bougies uréthrales' d un excellent usage dans les cas de rétrécissement.
Le sapotillier à fleurs sessiles est une trèsbelle espèce, qui croît à l'île Maurice et possède des propriétés analogues à celles des précédentes et de la plupart de ses congénères. Le sapotillier à gros fruits a un suc qui sert à préparer une encre sympathique, et des fruits comestibles auxquels leur aspect extérieur a valu le nom vulgaire d'œuf végétal. Le sapotillier tcliicomame ci oit k Manille; ses fruits, trois fois plus gros que ceux de l'espèce commune, sont recouverts d'une peau rude, écailleuse, d'un gris cendré, et leur aspect rappelle celui d'un cône de cèdre; leur chair est jaunâtre et d'un guùt exquis. Le sapotillier d feuilles de saute est facile à distinguer par ses fruits à noyau monosperme ; il croît dans l'Amérique du Sud. Les autres espèces, moins intéressantes et moins connues, possèdent k peu près les mêmes propriétés.
SAPl'A DE' M1LANESI IÏSV1ZIATI GOR- UETA (Alexandre), poëte italien, né à Alexandrie (Italie) en 1717, mort en 1783. Il fut membre de l'Académie de* Arcades de Rome sous le nom d'Eumaro Muruieo et de celle des Immobili d'Alexandrie. Il fut nommé réformateur dus études (inspecteur de 1 enseignement) des provinces d'Alexandrie et de lu Loinelline, et, après avoir exercé cette fonction pendant vingt-huit ans, fut nommé majordome. On trouve su biographie dans YA.itthuloyie de Rome. Sm Poésies (Rime, etc.) ont eu quatre éditions (Alexandrie, 1773, 2 vol. in-8°; Alexandrie, 1787, 2 vol. in-4", avec portrait de l'auteur; Gènes, 1788, 1 vol. in-8°; Paris, 17Bj, 1 vol. in-8°).
SAPPADILLE s. f. (sa-pa-di-lle: Il mil.). Bot. Nom vulgaire d'une espèce d aucce ou corossolier, qui croit aux Antilles,
— Encycl. Bot. V. corossol.
SAPPAN ou SAPAN s. m. (sa-pan). Bot
Nom spécifique d'une eésalpinie.
SAPPANINE s. f. (sa-pa-ni-ne — rad. sappan). Chim. Composé qui résulte de la fusion de l'extrait de bois de sappan avec la soude caustique.
— Encycl. L'extrait commercial de bois de sappan ou bréaillet (csssalpina sappan) donne, lorsqu'on le foud avec la soude caustique, de la resorcine, un peu de pyrocatéchine et une substance oristailisable dont i'anutyse conduit à la formule tjlïillOo* + 21120 et qui perd son eau de cristallisation à 100". C'est cette substance que M. J. Schreder, qui l'a découverte, appelle sappuvine. 1 a sappanine cristallise facilement dans l'eau chaude, quoiqu'elle soit -a peu près insoluble dar.s l'eua
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froide. Elle se colore légèrement en rouge lorsqu'on la fait recristalliser ou lorsqu'on l'abandonne à elle-même dans des vases bien fermés. Le jharbcm animal ne fait pas disparaître cette coloration, que fait uu contraire disparaître complètement le métange hydrogênant de aine et d'acide sulfurique. La sappanine n'a pas de propriétés vraiment caractéristiques. Elle est neutre, soluble dans l'alcool, l'éiher et l'eau bouillante, insoluble dans le chloroforme, le sulfure de carbone et la benzine. E i solution aqueuse, elle donne une couleur roige de chair foncé sous l'influence du chloruru de fer, une couleur vert d'herbe foncé virant rapidement au brun sous l'influence des hypoelïlorites alcalins, et uns coloration bmne sous l'influence de l'eau de brome. Dans ce dernier cas, si le réactif est ajouté en excès, il se sépare même des flocons résineux brun noir qui se précipitent. L'acétate de plomb fait naître dans les solutions de sappanine un précipité jaunâtre qui se colore en se décomposant pendant qu'on le dessèche. Les solutions ammoniacales d'argent et la solution cuivrique alcaline de Fehiing sont réduites à l'ébullition.
La sappanine, soumise à l'action de la chaleur, distilie en grande partie inaltérée; l'acide azotique la convertit en acide styphnique; la potasse caustique en fusion et l'hydrogène naissant n'exercent aucune action sur elle.
Le chlt>rure d'acétyle réagit énergiquement sur la sappanine, même à la température ordiraire. Le produit qui prend naissance cristallise dans l'alcool chaud et se dissout difficilement dans l'eau j il ne se colore ni sous l'action dos hypochlorites ni sous l'action du chlorure ferrique; il parait répondre ù la formule Ci2HS(C2r|30)40*, qui en fait de la tétracéiyl-sappaiiine.
La production de l'acide styphnique au
moyen de la sappanine montre que ce dernier
corps est un dérivé de la résorcine :
3C«H«02 — HS = C'2H'0O*.
Réso'cine. Hydro- Sappanine.
gène.
Il n'est nullement improbable que la sappanine so t à la résorcine ce que le diphényle est à la benzine :
C6H5 C6H5 C6H3{OH)2 C6H3(OHJ*