‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 953 sur 1059 · TAUT · texte numérisé non relu

TAUT

que à laquelle elle entra aux Bouffes-Parisiens des Champs-Elysées. Son succès fut très-vif dans la Demoiselle en loterie de Jaime fils et Offenbaeh, et la presse signala, dès son premier début, le mérite de la future diva de 1 opérette. Elle joua avec non moins de I réussite Bataclan, Tromb-al-Casar, les Pantins de Violette, le Pont des soupirs, etc., et créa en 1858 les Petits prodiges, le Mariage aux lanternes. Mesdames de la halle et Orphée aux enfers (21 octobre), dont la vogue se prolongea jusqu'au mois de juillet 185». Elle mérita les mêmes applaudissements dans le Mari à la porte et dans Geneviève de Bratant (novembre 1859). Elle fit sa rentrée aux Bouffes-Parisiens par deux créations moins importantes : le Carnaval des revues et le Sou de Lise (1860), et passa aux Variétés, où elle débuta, en 1862, dans la Boîte au lait de ' Jules Noriac et Eugène Grange, puis se montra dans une revue de fin d'année. Engagée an Châtelet, elle créa, au mois d'octobre 1863, Badroubbour, à'Aladin ou la Lampe merveilleuse, et reprit, en 1864, le rôle de Regaillette, des Sept châteaux du diable. Elle retourna ensuite aux Variétés et interpréta les Bibelots du diable, la Belle Hélène, la Grandeduchesse de Gérolstein, etc. En juin 1869, elle jouait encore à ce théâtre Césarine, de Fleur de thé, et répétait le rôle principal du Temple du célibat de Charles Narrey, quand elle paya un dédit et partit pour la Russie, où l'appelait un brillant engagement. Après une tournée triomphale à Saint-Pétersbourg, à Moscou, puis jusqu'à Odessa et à Buenos-Ayres, elle revint en France en avril 1873. Elle quitta de nouveau Paris pour aller donner une série de représentations au Théâtre-Français de Constantinople. C'est dans cette dernière ville qu'atteinte d'une maladie contagieuse, elle se hâta, mais trop tard, de changer de climat. Elle s'éteignit sous un beau ciel, aux premières émanations du printemps, loin de son pays natal et des siens. De son temps, Lise Tautin n'eut de rivale que MUe Schneider. Si elle ne précéda pas cette dernière dans la carrière du théâtre, elle la devança du moins dans l'opérette-bouffe. Elle avait un talent original, et son nom restera attaché à un genre.

TAUTOCHRONE adj. (tô-to-kro-ne — du gr. tautos, le même, et de chronos, temps.) Physiq. Qui a lieu dans des temps égaux : Mouvements tautochrones. Oscillations tautochrones. Il On dit plus ordinairement isochrone.

— Qéom. Courbe tautochrone, Nom d'une courbe telle qu'un solide en parcourt, dans un temps invariable, la' concavité, de quelque point de la courbe qu'on le fasse tomber.

— Encycl. On a donné à la cycloïde le nom de tautochrone parce que, en quelque point que l'on abandonne un point matériel sur cette courbe, disposée dans un plan vertical de manière que sa base soit horizontale, son sommet en bas, ce point matériel mettra toujours le même temps à desceudre ou que ses oscillations auron t toujours la même durée. V. pendule cycloïdal.

TAUTOCHRON1SME s. m. (tô-to-kro-nisme — rud. tautochrone). Physiq. Egalité de la durée, il On dit plus ordinairement iso-

CHRONISME.

— Geom.' Propriété d'une courbe tauto- . chrone : Oh cannait depuis Huyyhens le tautochronisme rigoureux de la cycloïde pour un point pesant, (Haton.)

TAUTOGRAMMATIQUE adj. (lô-to-grammma-ti-ke — rad. tautogramme). Se dit de vers ou de poèmes formés de mots commençant par uue même lettre : Le Pugna poreorum est un poème tautogrammatkjue.

TAUTOGRAMME s. m. (tô-to-gra-ine — du gr. tautos, le même; gramma, lettre). Vers ou poème tautograinmatique, dont tous les r.ots commencent par la même lettre : Christianus Picrus a écrit un tautogramme.

— Adjectiv. : Vers tautogramme. Poème

TAUTOGRAMME.

— Encycl. Le vers suivant d'Ennius forme un tautogramme :

O Tile, tute, Tali, tibi lanta tyranne tulisti. On moine qui eut une grande réputation do savoir à la fin du ix« et au commencement du xe siècle, Hucbald de Saint-Amand, dont les écrits sur la musique sont célèbres, composa un poème de cent trente-six vers latins " qui ne renferme que des mots commençant par la lettre C. Ce poème, à la louange des chauves, De laude caluorum, était dédié à Charles le Chauve. 11 fut imprimé à Bâle (1516-1519, in-4<>; 1547, in-80). Dornan l'inséra dans son Amphitheatrum sapientis socratiess et Gaspard Barthius dans ses Aduersaria. En voici le premier vers :

Carmina clarisonx calvis cantate camœns.

Le chef-d'œuvre des tautogrammes a été composé au xvi« siècle par un professeur de théologie de Louvaiu, nommé Le Plaisant et plus connu sous le nom de Léo Placentius. Son poème a pour titre : Pugna poreorum {là Combat des porcs), per Plùcentium porciun poetam (Bàle, 154C, in-12). Tous les mots commencent par la lettre P : Plaudite, poreelli; poreorum pigra propaijo Pruijrrditur, phires porei yinyncdin<: pUni VuijiuiHte» pvryunt. Pet-udum pars prudi.jiufa Perturbât pale petrusus pUrutuque ptiUCiu' Pars j/oi'i««tase populcrum prata profanui...

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