‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 954 sur 1059 · TAUT · texte numérisé non relu

TAUT

Le combat des chiens avec les chats, Canum cum cattis certamen, de H. Harder, est aussi du xvi« siècle, de même que le poème sur la chasse, De venatione, de N. Mameranus, et e Christus crucifixus de Chr. Pierius. La lettre initiale de ces trois tautogrammes est le C. La même lettre commence tous les mots du poème de Martin Hameonius, intitulé : Certamen catholicorum cum calvinistis, continua charactere conscriptum (Munich, l607,in-4<>). Le carme belge Guillaume Héris, en religion Herman de Sainte- Barbe, publia les panégyriques de l'ordre du Carrnel, Sous ce titre : Carmelus triumphans, seu sacrse panegyrices sançtorum carmelitarum ordine alphtibetico,et cum extraordinaria methodo composite (Loltvain, 1688, in-8°). Cette méthode extraordinaire de composition, dont parle le titre, consiste en ce que tous les mots de chaque éloge commencent. ]iar la lettre initiale du nom du saint auquel il est consacré.

Dans les langues modernes, où les articles et les pronoms sont presque toujours d'un usage nécessaire, le tautoyramme complet devient de la plus grande difficulté. C'est une des raisons qui ont mis fin a la vogue de ce puéril jeu d'esprit. Toutefois, on trouve chez Tabourot, seigneur des Accords, poète du xvio siècle, quelques vers français en autogramme. La petite pièce que nous allons citer se complique des difficultés de l'acrostiche :

rçrançois, faisant florir France,

çdoyalement régnera.

j>mour amiable aura

Zi n'aura nulle nuisance.

conseil constant conduira,

Ordonnant obéissance.

N-ustice il illustrera

leur ces sujets sans souffrance

TAUTOGUE s, m. (tô-to-ghe — de taulog, moi indigène). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des lubroïdes, comprenant six espèces, dont le type vit sur les côtes orientales des Etats-Unis : ZeTAUTOOUB noir fournit une pèche abondante. (E. Baudement.)

TAUTOLOGIE S. f. (tô-to-lo-jî ~ du gr.

tautos, le mémo; logos, discours). Répétition oiseuse d'une même idée en termes différents : Toutes les définitions de Locke ne sont qu'une tautologie délayée. (J. de Maistre.) Il faut rendre raison de la misère, non plus comme Mullhns, gui n'aboutit qu'à une tautologie inintelligible. (Proudh.)

— Jurispr. Mots ayant le même sens, mais dont l'usage a consacré l'emploi dans certaines formules, par exemple : Mandons et ordonnons que...

— Syn. Tautologie, batlologle. V. BATTO- LOGIB.

— Encycl. On.appelle proposition tautologique toute proposition dans laquelle l'attribut répète le sujet; ainsi: «Tout effet sup-

fiose une cause, • est une proposition tautoogique, la définition de l'effet étant : « co qui est produit par une cause.»

Ou a voulu voir des propositions nécessaires dans certaines propositions qui nous semblent de pures tautologies; telles sont, par exemple, ces propositions : Une chose est une chose et non pas une autre; Ce qui est est; Il est impossible que la même chose soit et ne soit pas. Dans ces propositions, en effet, l'attribut ne fait que répéter le sujet. • Tuut le monde, dit la Logique de Port-Royal, demeure d'accord qu'il est important d'avoir dans l'esprit plusieurs axiomes et principes qui, étant clairs et indubitables, puissent nous servir de fondement pour connaître les choses les plus cachées; mais ceux que l'on donne ordinairement sont de si peu d'usage, qu'il est assez inutile de les savoir; car ce qu'ils appellent le premier principe de la connaissance:» Il est impossible que la même chose i soit et ne soit pas en même temps, » est trèsclair et très-certain; mais je ne vois poir* de rencontre où il puisse jamais servir k nous donner aucune connaissance. ■

Mais il ne faudrait pas exagérer ce que nous venons de dire ; il est certaines propositions dans lesquelles l'attribut n'ajoute aucune idée nouvelle au sujet, et qui, pourtant, ne sont pas tautologiques ; ce sont celles que liant appelle jugements analytiques. Ces propositions développent l'idée renfermée clans le sujet; telles sont les définitions, telles sont les propositions mathématiques. Lorsque je dis : Le triangle est une surface terminée par trois lignes droites, l'attribut, surface terminée par trois ligues droites, n'ajoute rien au sujet triangle; mais cette proposition n'est pas une tautologie; je dis, si vous voulez, la même chose, mais je la dis en termes différents ; j'explique, je développe ce qui était implicitement contenu dans le sujet; je décompose, j'analyse l'idée complexe de triangle; je fais une équation et non pas une tautologie; je substitue une somme d'idées particulières égale à la compréhension de l'idée complexe triangle. En ce sens, la proposition analytique augmente ma connaissance, ce que ne faisait pas la proposition tautologique ; c'est réellement avoir gagju quelque chose que d'avoir substitué plusieurs idées à une seule, que d'avoir les éléments d'un tout.

TAUTOLOGIQUE adj. (tô-to-lo-ji-ke — rad.

tautologie). Qui a rapport à la tautologie, qui a le caractère d'une tautologie : It>'pétitiui>

TAUTOLOG1QUB.

TAVA

— Echo tautologique, Echo qui répète exactement les sons.

TAUTOPHONIE s. f. (tô-to-fo-nî — du gr. tautê, la même; phdné, voix). Gramm. Répétition désagréable des mêmes sons ou des mêmes articulations, comme dans cette phrase : Qu'attend-on donc tant? Que ne ta tend-on?

TAUVES, ch.-l. de cant. du Puy-de-Dôme, arrond. et à 74 kilom. d'Issoire, à 54 kilom. de Clermond-Ferrand ; pop. aggL, 730 hab. — pop. tôt., 2,549 hab. Belle église romane. Ce que les habitants désignent sous le nom de Cimetière des enragés est une colline volcanique, dont les gros blocs erratiques sont rangés comme par la main des hommes.

TAUVRY (Daniel), anatomiste français, né h Laval en 16G9, mort à Paris en 1701. Il reçut les premières leçons de médecine de son père, médecin de 1 hôpital de Laval, puis alla à Angers, où il se fit recevoir docteur, et vint se fixer h Paris. La publication de deux ouvrages, l'un d'anatomie, l'autre de matière médicale, qui eurent tous deux beaucoup de succès, le mit en évidence et il devint associé de l'Académie royale des sciences (1697). Pour exercer l'art de guérir k Paris, il dut prendre ses grades à la Faculté de cette ville et fut reçu docteur régent en 1697. L'excès de travail ruina sa santé déjà délicate, et il succomba, à peine âgé de trentedeux ans, à une phthisie pulmonaire, laissant les ouvrages suivants : Nouvelle anatomie raisonnes ou les Usages de la structure du corps de l'homme et des autres animaux, suivant les principes des méchaniques ( Paris , 1G90, in-12); Traité des médicaments et de la manière de s'en servir (Paris, 1690, in-12); Nouvelle génération des maladies aiguës et de toutes cetles qui dépendent de la fermentation des liqueurs (Paris, 1698, in-8°); Traité de la génération et de la nourriture du fœtus (Paris, 1700, in-12).

TAUX s. m. (tô — substantif verbn! masculin de taxare. La forme féminine du même mot est taxe). Prix fixé, réglé par une convention ou par l'usage : Le taux du salaire se règle invinciblement sur la rareté ou sur l'abondance du travail. (L. Faucher.)

— Chiffre, prix en général : Vous vendes^ à un taux trop élevé. Fixez le budget de vos dépenses à un taux convenable. Le taux d'émission de ces obligations est fixé à quatre cent cinquante francs. Il parlait de jouer six francs la fiche, ce qui excédait de beaucoup le taux de notre jeu le plus cher. (Brill.-Sav.)

— Kig. Evaluation, estimation : Mettre sa conscience à un taux trop élevé.

Leur sotte vanitë ne croit pouvoir trop haut A des faveurs de cour mettre un injuste taux.

K.LCMER.

— Fin. Taxe imposée à un contribuable : Son taux est trop élevé. Vieux en ce sens. Il Intérêt produit par an par un capital qui sert de terme de comparaison : Le taux légal de l'intérêt de l'argent est cinq pour cent. Les Humains n'eurent point de loisjpour régler le taux de l'usure. (Montesq.) il Taux légal, Intel et maximum de l'argent, fixé par la loi. Il Taux usuraire, Intérêt de l'argent supérieur au taux légal, et que ta loi condamne comme usuraire.

— Encycl. Taux légal. V. intérêt.

TAUZë s. m. (tô-ze). Bot. Syn. de tauzy. TAUZIN s. m. (tô-zain). Bot. Syn. de

tauzy.

TAUZY s. m. (tô-zi). Bot. Nom vulgaire du chêne noir ou toza ■ Lé t:\VZH, qui n'est décrit ui dans Linné ni dans Toumeforl, réussit parfaitement dans les terres sablonneuses ; son écorce fournit le meilleur tan; son gland, quoique petit, est excellent pour les porcs, et son buis, plus dur, est préférable au rouvre; il produit des noix de galle. (Serviez.) il On dit aussi tauze et Tauzin.

TAVAI ou TI1AVA1 , province de l'Indo- Chine anglaise, bornée au N. par la province d'Yé, à l'E. par les montagnes qui la séparent du royaume de Siam, au S. par la province de Tenasseriin et à l'O. par le golfe du Bengale. Elle est généralement montagneuse et arrosée par plusieurs cours d'eau, notamment par le Tavai ; son territoire possède de nombreuses forêts. Les parties cultivées sont très-productrices. On y cultive le riz, le tabac, le poivre, l'indigo, la canne à sucre; on y trouve l'ananas, la banane, le mangoustan, le melon, etc. Parmi les animaux, nous citerons l'éléphant, le rhinocéros, le singe, le loup, l'ours, le sanglier, le cerf, etc. L étain est le produit minéral le plus important de cette province, qui compte environ 20,000 hab. Les Anglais en sont maîtres depuis 1826, époque ou les Birmans la leur ont cédée.

TAVAI ou TRAVAI, rivière de l'Indo-Chine. Elle prend sa source dans les montagnes qui bornent le royaume de Siam à l'O. Après un cours d'environ 270 kilom., elle se jette dans le'golfe du Bengale, au S.-O.

TAVAÏ-POUNAMOU, lie de la Nouvelle-Zélande. V. Zélande (Nouvelle-),

TAVA1LLON s. m. (ta-va-llon; Il mil.).

Tecbn. Latte qu'on emploie pour couvrir les maisons : Georges fendait des blocs de sapiu pour en faire des tavaillons, destinés à recouvrir le toit de l'habitation. (X. Marinier.) Il Quelques auteurs ont écrit tavillôn.

TAVA

TAVAÏOLLE s. f. (ta-va-io-le). Linge fin, garni de dentelle, qui sert pour les baptêmes et la distribution du pain bénit : Deux valets lui couvrent la tête d'une tavaïoli.e, afin que la fumée du parfum ne s'échappe pas. (F. Michel.)

TAVALY ou TAWALLY, île de l'archipel des Moluques (Malaisie), au S.-O. de Gilolo, par 0U 20' de latit. S. et par 124» 40' de longit. E. Elle a environ 50 kilom. de longueur sur 16 de largeur.

TAVANNES (Gaspard ou SaulX, seigneur de), maréchal de France, né à Dijon en 1509, d'une des plus anciennes familles de Bourgogne, mort en 1573. Page de François I<*r, en 1522 il accompagna ce prince en Italie, fut fait prisonnier à Pavie (1525) et recouvra la liberté sans rançon. Charles, duc d'Orléans, le dernier des fils de François I", ayant remarqué sa bravoure, le nomma lieutenant de sa compagnie des ordonnances (1537). Tavannes devint alors le compagnon des folies périlleuses du jeune prince, courut avec lui les aventures et se livra aux entreprises les plus téméraires. La guerre s'étant rallumée, il suivit le duc d'Orléans dans le Luxembourg (1542), décida de la prise d'Yvoi, passa en Italie en 1544, se conduisit de la façon.la plus brillante à Cérisoles, puis retourna auprès du duc d'Orléans, qu'il accompagna à Crespy pour traiter de la paix avec Charles-Quint, et se montra dans cette circonstance plus attaché aux intérêts du prince qu'il servait qu'à ceux du pays et du roi ; mais il reconnut bien vite son erreur, et le roi, après la mort du duc d'Orléans (1545), se l'attacha en le nommant chambellan. Devenu maréchal de camp (1552), il suivit Henri II en Lorraine, contribua à la reddition de Metz lors de l'envahissement des Trois-Evêchés (1553), détermina le gain de la bataille de Renti (1554), servit en Italie sous le duc de Guise (1556), fut chargé de ramener l'armée en France, parvint Bans sa retraite k faire lever le siège de Bourg en-Bresse, se signala dans son gouvernement de Bourgogne par un zèle violent con Ire les protestants et ruina toutes leurs entreprises. Attaché au duc d'Anjou, depuis Henri III, en qualité de guide et de conseil, il eut la plus grande part à la victoire de Jarnac (1569), sauva l'armée royale à La Roche-Abeille, contribua au gain de la bataille de Moncontour et fut nommé maréchal en 1570. Il prit la part la plus odieuse au massacre de la Saint-Barthélémy, et Brantôme rapporte qu'il parcourut les rues, l'épée à la main, en criant : « Saignez, saignez! les médecins disent que la saignée est aussi bonne en tout ce mois d'aoûtqu'en mai. » Néanmoins, il contribua à sauver le roi de Navarre et le prince de Coudé. Peu après, il reçut le gouvernement de Provence, la charge d'amiral des mers du Levant et mourut en se rendant, à la suite du duc d'Anjou, au siège do La Rochelle. On a de lui quatre Avis au roi, qu'on joint ordinairement aux Mémoires publiés par son fils, Jean de Saulx, vicomte île Tavannes.

TilTAlinci (MÉMOIRES DU MARÉCHAL GAS- PARD nu), par son lils, le vicomte Jean de Saulx-Tuvannes. Ces mémoires, publiés à Lyon en 1657 et attribués à tort par quelques biographes à un autre tils du maréchal, Guillaume de Saulx-Tavannes, n'offriraient pas inoins d'iuttrét que ceux de Joinville et de Comines, si le rédacteur n'avait suivi une marche vicieuse. Le vicomte mêle le récit de ses aventures personnelles k la vie du maréchal son père ; ensuite il y a dans son ouvrage manque absolu de transitions et trop grande abondance de digressions incohérentes. Ces narrations diffuses et ces détails étrangers rendent fatigante la lecture de ces mémoires. Pour les comprendre, il faut considérer les diverses parties de la vie du maréchal comme un texte présenté par son fils, dans un style vif et animé, et tout ce qui s'éloigne des faits comme une sorte de commentaire ou de glose. Dans cette singulière production, a on chercherait en vain, dit Petitot l'éditeur, cet ordre et cette méthode qui, en jetant une grande lumière sur la suite des événements, guident sûrement les lecteurs au milieu des intrigues les plus compliquées, soulagent leur mémoire et fixent leur attention. L auteur laisse trop souvent courir sa plume au hasard ; guidé par une sorte de caprice, il rapproche, mêle et confond les règnes de François 1er, de Henri II, de François II, de Charles IX, de Henri III, de Henri IV et de Louis XI H. D'énormes digressions sur la religion, la politique, l'administration, la morale et l'art de la guerre augmentent encore le' désordre de ses récits; et une connaissance approfondie de l'histoire de cette époque est nécessaire pour le suivre utilement dans le labyrinthe où il s'engage. Mais si l'on veut Surmonter les premières difficultés qu'offre cette lecture, on se trouvera bien dédommagé de la peine qu'on aura prise par les peintures de mœurs les plus originales et les plus fidèles, par les particularités les plus précieuses et par les détails les plus piquants.» Ces mémoires respirent partout le ressentiment d'un ligueur dont l'ambition a été tromfiée. Mécontent des hommes et des choses, e vicomte de Tavannes expose ses idées avec la plus entière liberté ; il cherche à justifier le massacre de la Saint-Barthelemy et à le faire regarder comme la suite des imprudences do l'amiral de Coliguy. Partisan

TAVA

des Guises, il attaque la loi salique, discute l'accession de Hugues-Capet à la couronne, rappelle les droits de !a maison de Lorraine, comme descendant de Charlemagne, et reconnaît au pape le pouvoir de donner l'investiture des trônes. Il justifie les jésuites de l'accusation d'avoir enseigné le régicide ; mais il commente dans un esprit odieux l'assassinat de Henri IV, dont il cherche à rabaisser la gloire, et, par une singularité assez commune, il s'éto me qu'on le tienne à l'écart rie l'autorité et des honneurs. Il ne cesse d'exalter son père, qu'il justifie sur tous les points, et de vanter la noblesse de sa famille, qu'il fait remonter jusqu'au m« siècle et même à une époque beaucoup plus reculée. Où réside donc l'utilité de ces mémoires? Ils sont utiles pour la partie politique; on y voit k découvert le ressort de plusieurs intrigues ; on y trouve, outre des anecdotes instructives, des particularités et des réflexions du plus grand intérêt sur les événements qui ont eu lieu depuis le règne de François L'r jusqu'au commencement de celui de Louis XIU; une foule d'idées sur presque tous les points de l'administration et du gouvernement, sur la politique, et spécialement sur l'art de la guerre, des remarques profondes qui montrent un esprit indépendant des préventions du siècle et des préjugés de caste. Ayant vu les états généraux quatre fois assemblés, l'auteur en connaît très-bien la tendance et les prétentions, et il semble prévoir que la jalousie qui règne entre les trois ordres entraînera par la suite une catastrophe où la noblesse et le clergé seront sacrifiés. 11 reproche a la noblesse de dédaigner les charges de la magistrature qui donnent aux corps de judicature une partie du pouvoir et de la souveraineté. Il s'élève contre la question préparatoire, « cruelle et incertaine, » et la question définitive no lui semble pas moins barbare. C'est pur cet ordre de réflexions que les Mémoires de Tavannes intéressent les hommes de notre temps. Il ne faut pas les confondre avec ceux de Guillaume, frère aîné de Jean, lesquels vont de 1560 k 1596, et encore moins avec ceux d'un descendant de cette famille, qui vivait dans la première moitié du siècle suivant.

TAVANNES (Guillaume dk Saulx, seigneur de), fils aîné du précédent, né en 1533, mort en 1633. Il fut enfant d'honneur de Charles IX, combattit sous les ordres de son père et se distingua à Jarnac. Devenu en 1574 lieutenant du roi en Bourgogne, il maintint la tranquillité dans cette province, fit tous ses efforts pour la conserver a Henri III, résista k la Ligue , fut un des premiers k reconnaître Henri IV, combattit vaillamment à la journée de Fontaine-Française (1595) et acheva ses jouis dans la retraite. Il a laissé des Mémoires des choses advenues en France et guerres civiles depuis l'année 1560 jusqu'en 1596. La meilleure édition est celle de Paris, 1625, reproduite dans les Mémoires relatifsà l'histoire de France.

TAVANNES (Jean de Saulx, vicomte de), frère du précèdent, né en 1555, mort vers 1630. Il suivit le duc d'Anjou au siège de La Rochelle (1573), l'accompagna en Pologne; mais au lieu de revenir avec lui en France, il alla se battre en Moldavie contre les Turcs, tomba entre leurs mains et subit une courte Captivité à Constantinople. Rendu à la liberté (1575) et de retour dans sa patrie, il prit part au combat de Dormans, où il dégagea de la mêlée le duc de Guise grièvement blessé. Henri III lui donna de nombreuses marques de sa faveur et le nomma gouverneur d'Auxonne. Ennemi acharné des protestants, il les exaspéra par ses rigueurs, fut enfermé par eux dans le château de Pagny, parvint k s'échapper, devint un des ligueurs les plus fanatiques, porta les armes contre Henri III, puis contra Henri IV, qu'il combattit à Arques, et fut créé par le duc de Mayenne maréchal de France et gouverneur de la Bourgogne (1592), où il lutta pendant trois ans contre son frère, resté fidèle au roi. Il fit néanmoins sa soumission eu 1595, à la condition d'être confirme dans sa dignité de maréchal. Les retards qu'on mit dans l'exécution de cette condition ie rejetèrent dans le parti des mécouteuts ; il refusa de se rendre au siège d'Amiens (1597), fut enfermé k la Bastille, s'échappa et acheva ses jouis dans l'obscurité. H a laissé, sous le titre de Mémoires (v. plus haut), une Vie C-z son père, remplie d'idées extravagantes, telles que l'apologie du massacre de la Saint-Barthélémy, la justification des prétendus droits de la maison de Lorraine au trône, etc., mais qui renferme des particularités curieuses sur l'histoire du temps. Ces mémoires ont été publiés à Lyon en 1657.

TAVANNES (Jacques ds Saulx, comte de), petit-tils du précédent, né en 1620, mort en 1683; s'attacha au grand Coudé, qu'il suivit dans ses campagnes, devint lieutenant général et grand bailli de Dijon. On a de lui des Mémoires sur ta guerre de Paris, depuis la prison des princes (1650) jusqu'en 1653 (Paris et Cologne, 1691).

TAVAU1A, rivière de Corse. Elle descend des montagnes qui divisent la Corse en deux versants, traverse l'arrondissement de Sartène et se jette dans le golfe de Valiuco, après un cours de 50 kilom.

TAVASTEIIUS ou KBONEDUKG, ville do

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