V. Tkxeira
TE1XE1RA (Pierre), orientaliste et voyageur portugais. V. Texeira.
TÉJUS s. m. (té-juss). Erpét. Genre non adopté de reptiles sauriens, de la famille des lacertiens, formé aux dépens des aérantes.
TEK s. m. (tèk). Bot. V. teck.
TÉKÉDEMPT ou TAGDEMPT, ville d'Algérie, province et à HO kiloin. E.-S.-E. d'Oian, à 260 kilom. S.-O. d'Alger, près des sources du Chélif. Le nom de Taktlempt rappelle un des établissements d'Abd-el-Ivader, incendié
ftar les Arabes et ruiné complètement par es colonnes françaises en 1841. Nous empruntons la description suivante à l'excellent Guide en Algérie de M. Louis Pierre : « Bâtie sur un versant qui fait face au N., Tékédempt se présentait en un amphithéâtre encadré dans d'affreux escarpements de granit, dont le pied et les lianes, largement déchaussés, forment un profond ravin, surtout du côté de l'O. Cette petite ville, relevée en 1836 par Abd-el-Kader , est la Tihert-la- Neuve d'El-Bekri. La ville de Tihert est environnée d'un mur percé de trois portes. Elle est située sur le liane d'une nioinagno nommée Guezzoul. La citadelle domine le marché de la ville et porte le nom d'El-Masouma, l'Inviolable. Une rivière venant du côté du midi, et appelée la Mina, passe au S. de la ville. Dans le mois de safer 144 (maijuin 761), Abd-er-Rahman (le Rostémide), s'étant enfui de Kaïrouan avec les gens de sa maison et la partie de ses trésors la plus facile à emporter, les Ibadites, qui s'étaient ralliés autour de lui, le reconnurent pour leur chef et se décidèrent à bâtir une ville qui pourrait leur servir de point de réunion. Ils s'arrêtèrent à l'endroit qu'occupe Tihert de nos jours, et qui, à cette époque, était couvert d'une épaisse forêt. Abd-er-Rahman s'étant installé sur un terrain carré et dépourvu d'arbres, les Berbères se dirent : Il vient de se loger sur un takdimet, c'est-àdire sur un tambour de basque. La ligure carrée du terrain leur avait suggéré cette comparaison. M. le docteur Bauuens, qui a raconté longuement la prise de Tékédempt (Musée des familles), dit : Mes recherches archéologiques m'ont fait découvrir dans le haut de la ville des assises de pierre parfaitement taillées, que je fais remonter à l'époque de la domination romaine; ce qui m'a confirmé dans cette pensée, c'est la découverte d'une partie de maison qui, évidemment, est l'œuvre des Romains. Un fût de colonne brisée, qu'à son chapiteau orné de feuilles d'acanthe on reconnaissait pour être de l'ordre corinthien, annonçait que cette maison avait dû être celle de quelque patricien de Rome. Ces débris viennent peut-être de Tiugartia. »
TÉKÉ-DÉRÉ, rivière de la Turquie d'Europe. SiUe prend sa source à l'E. du sangiac de Kirk-Kilissia, dans les monts Stantchea et, après un cours de 110 kilom., se jette dans l'iirkené, à 13 kilom. S.-O. d'Eski-Baba.
TÉliÉLl (Emeric), célèbre maguat bon-
TEKE
grois, chef de l'insurrection de 1676 contre l'Autriche, né en 1658, mort en 1705. A la tète d'une armée de volontaires qui portait sur ses drapeaux : Pro atis et focis, il tint la campagne trois ans contre les armées impériales, les battit six fois, pénétra dans la Moravie et menaça l'Autriche. A la fin, cependant, Tékéli et les Hongrois appelèrent les Turcs à leur secours, et Kara-Mustapha accourut avec 200,000 hommes. On connaît le résultat de cette invasion. Le chef madgy&t, qui s'était en vain opposé au siège de "Vienne, mais qui perdit un temps précieux en cruautés inutiles contre les sujets autrichiens, fut accusé par Kiira-Mustapha d'être l'auteur des désastres de cette campagne. Il courut se justifier à Constantinople; mais il n'en fut pas inoins emprisonné deux ans après aux Sept-Tours. La politique ottomane lui rendit la liberté et un commandement. Nommé vayvode de Transylvanie, il put à peine réunir 10,000 hommes, et se vit réduit au rôle d'auxiliaire et de stipendié des musulmans. Il fit la guerre en Esclavonie et en Servie, moins en chef de parti qu'en brigand, suivit Mustapha ( 1696) dans sa tentative pour dégager Temeswar, et ne put empêcher ses alliés d'être vaincus à Olaeh. Lors de la reprise des hostilités, le sultan lui donna, avec l'ordre de combattre de nouveau, le vain titre de roi de Hongrie. Il n'arriva que pour être témoin de la défaite des Ottomans à Zentha par le prince Eugène. La paix de Carlowitz (1699) termina sa carrière militaire et politique. Il se retira à Nicomédie, dans une propriété que lui donna le sultan, et termina dans l'obscurité, en 1705, une vie commencée avec éclat et non sans gloire.
Tékéli ou le Siège de Monignti, mélodrame en trois actes, de Guilbert de Pixérécourtj représenté a, Paris en 1803 sur le théâtre de l'Ambigu-Comique. L'annonce seule de Tékéli fut un événement, a dit ironiquement un critique bien connu, et il ajoute : « Il y avait surtout une scène, entre le premier dragon et le deuxième dragon, qui me donne encore la chair de poule, rien que d'en parler. • La vérité est que ce mélodrame du Corneille du boulevard, comme on appelait Pîxérécourt, eut une vogue inouïe, qu'il dut moins sans doute à son mérite littéraire qu'aux circonstances politiques au milieu desquelles on le vit se produire. C'était au commencement de l'année 1804 : la conspiration de Georges Cadoudal venait d'être découverte; Pichegru venait d'êfre livré à la police par l'infâme Leblanc, décidé à trahir un ami pour quelques billets de Banque qu'il ne toucha pas. Mais le chef du complot, Georges Cadoudal, que l'on savait être caché dans Paris, restait encore insaisissable, et son audace bien connue suffisait pour tenir en émoi un pouvoir si fortement armé. Des placards contenant le signalement du redoutable conspirateur couvraient tous les murs et promettaient une prime alléchante à la dénonciation. • L'appareil de ces précautions, lisons-nous dans l'Histoire par le théâtre de M. Théodore Muret, le bruit de ces appels, la violence de leur expression, tant de moyens déployés pour s'emparer d'un seul homme, ce duel à outrance d'un gouvernement contre un individu, c'était de quoi frapper les esprits ; mais cette impression s'était tournée involontairement, chez beaucoup, en une sorte d'intérêt. Le hardi conspirateur breton, avec le mystère qui l'enveloppait, devenait un personnage de drame ou de roman. La police, d'ailleurs, a rarement le rôle populaire; la mise à prix d'une tête blesse toujours les instincts généreux, et la trahison qui livre un proscrit est méprisable pour tout le monde, même pour ceux qui la provoquent et la récompensent. » Or, quel était le personnage mis en scène par le théâtre de l'Ambigu? C'était ce magnat hongrois, qui, malgré sa grande jeunesse, fut un des chefs de l'insurrection hongroise contre l'Autriche en 1676. Tékéli résista pendant trois ans avec une armée de simples volontaires aux armées impériales. Défait, malgré le secours des Turcs, il est réduit à se cacher de chaumière en chaumière. Dans le draine, le héros a trouvé un asile chez un meunier. Un paysan possède ce secret; il propose au meunier de livrer le proscrit et de partager les cent ducats offerts comme prime. Le brave homme repousse avec indignation l'idée d'une telle lâcheté : « Qu'oses-tu dire, malheureux? tu vas, pour quelques misérables pièces d'or, livrer au supplice un homme que tu ne connais pas, qui ne t'a jamais fait de mail Tu ignores donc qu'il n est pas de métier plus vil, plus infâme que celui de délateur; que le mépris universel est la juste récompense des lâches qui se jouent à ce point de la vie de leurs semblables? » On conçoit aisément que l'imagination des spectateurs du boulevard n'eut point à faire de grands efforts pour se reporter sur cet autre proscrit, Georges Cadoudal, que la police traquait de toutes parts, l'or à la main, et des applaudissements, éclatèrent avec une telle violence, que le gouvernement jugea à propos de faire suspendre la pièce pendant plusieurs jours. Après l'arrestation de Cadoudal, elle reparut sur l'affiche et eut une centaine de représentations successives. Tékéli ferait lever les épaules à nos dramaturges d'aujourd'hui; le faux, l'absurde, le puéril s'y donnent la main ; mais nos pères s'en contentèrent ; ils répan-