TEL
dirent des larmes de pitié, de bonnes larmes, bien sincères, en écoutant, attentifs fit haletants, ces scènes naïvement terribles, où l'on parlait tout haut d'humanité, de pardon, de vertu. Certes, Pixérécourt ne se montra jamais homme de style ; mais sa puissante imagination trouvait des ressources qui le faisaient maître absolu de ce parterre dont il sut s'emparer par les yeux et souvent par le cœur. Les chemins qu'il prenait pour arriver à l'émotion étaient durs et raboteux; mais enfin ils menaient à destination, et jamais il n'a manqué son effet, déchaînant tous les éléments au secours de sa prose, ayant toujours un coup de tonnerre en réserve pour le vice et un soleil bienfaisant pour la vertu.
TEKEÉ s. f. (tè-ké). Habitation d'un derviche : Les derviches laissent pénétrer les Européens dans leurs tekkés, à la condition de déposer leur chaussure à la porte. (Th. Gaut.)
TBK.KE-1LI, sangiacat de la Turquie d'Asie (Caramanie), entre ceux d'Hamid-Ili au N., de Mentesche à l'O., de Beischeche à l'E. et la mer Méditerranée au S.; 150 kilom. sur 130. Ch.-L, Adalia. Ce sangiacat est environné de.montngnes élevées, parmi lesquelles on remarque le Taktalu-Dagh, au S.-O. Le Douden-sou, qui reçoit l'Estënas, l'Ac-tchai et le Kapri sont les principaux cours d'eau du pays. Les montagnes sont couvertes de belles forêts; on récolte dans les plaines du vin, du coton, des limons, des citrons et autres bons fruits. Il occupe une grande partie de la Pisidie et de la Pamphylie des anciens et tire son nom de l'émirtTekké, qui y fonda un petit Etat seldjoucide, lors du démembrement de l'empire de Roum, en 1294. •
TEL, TELLE adj. (tel, tè-le — latin talis. Ce mot latin dérive du thème pronominal sanscrit ta, féminin iâ, celui-ci, celle-ci, qui se retrouve sous diverses formes dans toutes les langues indo-européennes. En gothique, il a pris le rôle d'article, tha; en grec, article également sous la forme to, il est la racine des pronoms outos, autos; en latin, il est resté pronom démonstratif, et on le retrouve dans talis, tanins, iste, et dans les adverbes tum, tune (v. donc), tôt, totidem, tamen, etc.; en lithuanien et en slave, il garde sa forme sanscrite, ta, thâ). Pareil, sembable, comme cela : On ne verra plus de tels hommes. On ne peut approuver une tellb conduite. De tels sentiments nous font honneur. On ne vit jamais rien de tel. Ah! monsieur, voudries-vous que je commisse un tel péché? (Mol.) Je savais bien que vous étiez trop délicat pour un tel voyage. (Lamart.)
Telle, à l'aspect du loup, terreur des champs voi- Fuit d'agneaux effrayés une troupe bêlante, [sins,
Ma maltresse est encor, sachez-le, jeune et belle, Et tous les amateurs vous la soutiendront telle.
Eeonard.
■.. Ferme dans ma route et vrai dans mes discours, Tel je fus, tel je suis, tel je serai toujours.
A. Chénier.
Tel est du préjugé le pouvoir ordinaire ; Il soumet aisément le crédule vulgaire.
Lefrano de Pomfeonan.
De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome, Et qui, caquetant au plus dru, Parlent de tout et n'ont rien vu.
La Fontaine.
— Ce : Instruire en amusant, tel est le but que je me suis proposé. (A. Martin.)
Hélas! tout est fatal. Tel est notre destin.
De Banville.
— Ce, cette, certain, certaine , avec un sens indéterminé : Jl fit telle et telle proposition. Tel homme paraît empressé et n'est que curieux et méchant. Il y aTEmz folie qui vaut mieux que telle sagesse. (La Beaumelle.) H y a tels électeurs que l'on ne ferait pas renoncer à une foire pour aller voter. (Dupin.) Discerner, c'est distinguer, séparer, puis approuver ou admettre telle chose de préférence à TELLE autre. (L'abbé Bautain.) Jl y a tel long jour gui renferme moins d'événement que telle rapide minute. (A. Karr.) Le mensonge naît souvent du besoin de cacher les conséquences de tel ou tel autre défaut. (Théry.)
— Si bon, si efficace : Il n'y a rien de tel pour la guérison des cors.
— Comme tel, En cette qualité : Tous les peuples sont frères, et doivent s'aimer comme tels. (Fén.) Comment votre fils est-il devenu brun? Je le croyais blondin, et vous me l'aviez vanté comme tel. (Mme de Sév.)
— Tel... tel, Comme... ainsi : Tel est le père, tel est te fils, il On sous-entend fréquemment le verbe être avec tel répété : Telle vie, telle mort. Tel père, tel fils. Telles les mœurs et telle la cité. (Michelet.)
— Tel quel, Comme il est, sans changement : Jl faut que vous l'acceptiez tel quel. La voilà telle que la mort nous l'a faite, et encore ce reste tel quel va-t-il disparaître. (Boss.) Il Médiocre, de peu de valeur : On ne doit pas terminer une guei're heureuse par une paix telle qokllk. (Volt.) Pourrais-je opposer mes qualités telles quelles à des vertus qui nourrissent les pauvres? (Chateaub.)