‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 987 sur 1059 · HEDWIGE · texte numérisé non relu

HEDWIGE

Leuthold, quel pouvoir te menace?

LEUTHOLD.

Le seul qui n'ait jamais fait grâce.

Le plus cruel, le plus affreux de tous. O mes amis, sauvez-moi de ses coups'!

MELCUTUAL.

Qu'as-tu fait?

LEUTHOLD.

Mon devoir : de toute ma famille, Le ciel ne me laissa qu'un enfant, qu'une fllie;

Du gouverneur un indigne soutien, Un soldat l'enlevait, elle, mon dernier bien. Hedwige, je suis père, et j'ai su la défendre; Ma hache sur son front ne s'est pas fait attendre; Voyez-vous ce sang ? c'est le sien.

Toute cette scène est bien terminée par l'exclamation de Guillaume :

Ah! ne crains rien, Hedwige, Les périls sont bien grands, mais le pilote est là!

Le finale du premier acte, dans lequel les soldats oppresseurs forment un contraste si i

vigoureux avec la population suisse suppliante et terrifiée, est une conception mafnifique, dont la première partie surtout est 'une incomparable beauté.

Le deuxième acte nous transporte dans les solitudes alpestres. La cloche du soir sert d'accompagnement k un chœur dans lequel l'emploi des quintes consécutives, qui Faisaient tant rire Berton, produit l'effet le plus doux, le plus original et le plus heureux.

Mais du sein de la nuit, k la clarté de la lune, s'élève une voix pure, celle de Mathilde ; c'est dans ce récitatif, et dans la romance aussi distinguée qu'harmonieuse de Sombres forêts, que toutes les nuances les plus exquises d'un premier amour chaste et pur, qui ose k peine s'avouer, sont rendues avec une délicatesse racinienne. C'est la grâce émue jusque dans les détails de l'orchestration,

A partir de ce moment, on remarque dans les morceaux qui suivent un crescendo d'effet qui laisse k peine au spectateur le temps de respirer. C'est le duo d'amour de Mathikle et d'Arnold :

Oui, vous l'arrachez a mon àme Ce secret qu'ont trahi mes yeux,

i accompagné de triolets et suivi d'un andante ;

Doux aveu, ce tendre langage,

dans lequel toute la grâce du chant italien, avec ses broderies légères, n'atténue en rien la force de l'expression. L'amour, dans la partition de Guillaume Tell, n'a rien de morbide ni de voluptueux; c'est une passion généreuse et toujours accompagnée d'estime.

Aussi l'accent héroïque se fait entendre avec éclat dans l'allegrôdu duo. Aussitôt après les dernières mesures de cette strette brillante, le trio commence ; ce célèbre trio, qui k lui seulvaut un opéra:

GUILLAUME

Quand l'Helvétie est un chnmp de supplices Où l'on moissonne ses enfants.

Que de Gessler tes armes soient complices Combats et meurs pour nos tyrans I

WALTER

Pour nous, Gessler, préludant aux batailles, D'un vieillard a tranché les jours ;

Cette victime attend des funérailles.

Elle a des droits à tes secours.

ARNOLD

Ah ! quel affreux mystère! ■ Un vieillard, dites-vous?

WALTEH.

Que la Suisse révère.

ARNOLD

Son nom ?

WALTER

Je dois le taire*

GUILLAUME

Parler, c'est le frapper au cceur.

ARNOLD

Mon pèreî

WA1.TKH..

Oui, ton père! Melchthal, l'honneur de nos hameaux ; Ton "père assassiné par la main des bourreaux !

ARNOLD

Qu'enlends-je ! o crime ! hélas, j'expire I Ces jours, qu'ils ont osé proscrire, Je ne les ai pas défendus 1...

Mon père, tu m'as dû maudire ; De remords mon cœur se déchire, O ciel, je ne te verrai plus!

C'est une des situations les plus fortes et aussi une des plus belles qu'un compositeur ait eu a traiter, Rossini y a déployé tout sou génie.

Toute la sonorité de l'orchestre a fait place k un profond silence, bientôt discrètement troublé par l'arrivée des Suisses conjurés; ils débouchent des forêts, ou bien ils abordent sur la rive.

WALTER

Du seul canton d'Uri nous regrettons l'absence.

GUILLAUME

Pour dérober la trace de leurs pas, Pour mieux cacher nos saintes trames.

Nos frères sur les eaux s'ouvrent avec leurs rames Un chemin qui ne trahit pas.

LE CIKEUR.

Amis delà patrie!

Une fuguette pleine d'énergie atteste les dispositions de ces montagnards vigoureux ; des mélodies craintives témoignent, au contraire, du découragement d'autres bandes ; Guillaume s'efforce d'échauffer leur courage :

Amis, contre ce joug infime

En vain l'humanité réclame :

Nos oppresseurs sont triomphants.

Un esclave n'a point de femme,

Un esclave n'a point d'enfants!

Puis on entend ce finale merveilleux : Jurons par nos dangers, formé d'un échafaudage de quatre chœurs, qui se réunissent dans un formidable unisson sur ce vers: Si parmi nous il est des traîtres, pour s'épanouir de nouveau et se disperser sur le cri : Aux armes I

Aucun ouvrage n'a joui assurément d'une réputation plus universelle et plus méritée ; aucun, non plus, n'a été mutilé plus outrageusement. On \ supprimé k la représentation un grand nombre de morceaux et, pendant de longues années, un acte tout entier.

TELL

N'insistons pas sur ces honteuses concessions faites à la frivolité d'un certain public, et poursuivons cette analyse.

Gessler entre en scène, accompagné par des fanfares chorales, et chante quelques phrases courtes et bien caractérisées. C'est dans la fête qu'il ordonne que l'on entend ces délicieux airs de ballet dont on ne se lasse pas d'admirer les mélodies gracieuses, la variété des rhythmea et la finesse de l'instrumentation, il est inutile de rappeler la tyrolienne chantée et dansée : Toi que l'oiseau, ne suivrait pas. L'air de ballet suivant se distingue par l'emploi ingénieux des deux flûtes, puis vient le pas de soldats mouvementé et rapide. La scène du chapeau est suivie d'un quatuor admirable, où la voix pathétique du père s'unit aux plus touchants accents de Jemmy. La tendresse de Guillaume pour son enfant éclaire la vengeance de Gessler :

GESBLER.

Pour un habile archer partout on te renommé ; Sur la tête du fils qu'on place cette pomme. [

Tu rai d'un trait certain l 'enlever a aies yeux. Ou vous périrez tous les deux.

Ce qui a contribué à la prédominance de l'opéra de Guillaume Tell sur tous les opéras modernes, c'est qu'oïl y trouve, exprimés avec le même bonheur, les sentiments les plus torts de la nature, nous voulons dire l'autour paternel, l'amour filial, la tendresse conjugale, la sainte amitié, la haine de l'injustice et enfin l'amour de la patrie.

Le cantabile de Guillaume, accompagné par le violoncelle, résume ce que l'imagination peut concevoir pour exprimer de tpiles angoisses :

Sois immobile, et vers la terre IncIiHK un genou suppliant.

Invoque Dieu, c'est lui seul, mon enfant, Qui dans le fils peut épargner le père. Demeure ainsi, mais regarde les cieux.

En menaçant cette tête si chère, :

Cette pointe d'acier peut effrayer tes yeux. Le moindre mouvement.... Jemmy, songea ta mère! Elle nous attend tous les deux.

S'il est vrai qu'une œuvre humaine doit toujours se trahir par quelque imperfection, c'est, croyons-nous, dans Je finale du troisième acte qu'on peut en trouver la marque. Dans la scène de confusion qui suit l'arrestation inique et impitoyable de Guillaume, lorsque Gessler et ses soldats étrangers menacent ce peuple, qui crie Anathème à Gessler, la mélodie absolue (nouveau style à, l'usage des musico-prophètes de l'avenir), la

Allegretto.

TELL

mélodie, disons-nous, abonde au détriment de l'effet. Mai3 le quatrième acte noua tient en réserve de nouvelles beautés.

On accordera qu'il soit difficile que la musique exprime le silence. Ce problème cependant est ici résolu. Quelques phrases entrecoupées du quatuor donnent une idée du silence qui règne dans la chaumière de Melohthal, restée déserte depuis le meurtre du vieillard. Arnold chante alors cet air merveilleux de grâce et de douleur profonde: Asile héréditaire, Où mes yeux s'ouvrirent au jour,

lequel, supprimé par Nourrit comme trop fatigant sans doute pour l'état de su voix, fut rétabli par Duprez avec un succès éclatant.

Les stances guerrières avec chœur, qu'Arnold adresse à ses compatriotes qu'il vient d'armer, ont le caractère qui convient à cette situation. C'est dans cette scène que Duprez a fait entendre pour la première fois ce fameux ut de poitrine qui depuis a été le point de mire de tous les ténors et aussi une pierre d'achoppement pour beaucoup d'entre eux.

Il nous reste à signaler le trio de femmes en canon a l'unisson, petit, joyau presque oublié au milieu d'une rivière de diamants: Je rends à votre amour un fils digne de vous, et la scé-ne de la tempête, traitée avec une telle maestria dans l'orchestration, qu'elle n'a pas été surpassée, quoi qu'on dise. Les detix voix d'Hedwige, la femme de Guillaume, et de Matlulde, la protectrice de son fils, scintillent, au milieu de l'orage, comme deux étoiles tutèlaires dans cette prière : Toi qui du faible es l'espérance.

Sauve Guillaume, 6 Providence!

Enfin, pour clore cette analyse incomplète d'une œuvre qui, à nos yeux, est l'opéra des opéras modernes, comme Don Juan est l'opéra des opéras anciens, nous appelons l'attention des amateurs sur l'effet de sonorité du dernier tableau, où les harpes et les triolets des violons à l'aigu donnent à l'hymne de délivrance des Suisses les teintes d'une aurore qui se lève radieuse et triomphante.

Nous ne pouvons nous dispenser d'oflïir aux lecteurs du Grand Dictionnaire un spécimen de la musique de Guillaume Tell; mais faire un choix dans une pareille œuvre est chose difficile. Quel est le morceau de Guillaume Tell qui ne soit en possession de l'entière popularité ? Nous avons dû chercher les airs les plus simples et les moins modulants. C'est ce qui nous a fait transcrire la Tyrolienne, de préférence aux morceaux d'un style plus élevé.

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TELL

T«n (Guillaume). Iconogr. Deux statues de Guillaume Tell décorent des fontaines érigées il Altdorf, dans les lieux mêmes où se sont passés quelques-uns des événements qui ont rendu si célèbre le héros do l'Helvétie : l'une le représente portant un étendard; l'autre le montre, l'arbalète sous le bras, pressant son fils contre son cœur et regardant fièrement devant lui. L'Histoire de Tell est peinte sur les murs d'une vieille tour, dans la même ville. D'autres épisodes de la même histoire sont retracés sur les murailles de la chapelle élevée au bord du lac des Quatre-Cantons, à l'endroit où Tell s'élança hors de la barque dans laquelle Gessler le conduisait à son château de Kùssitacht. Des planches pour urfe Histoire de Guillaume Tell ont été gravées, au xvme siècle, par Jean- Charles Schwab, d'après Schenau et d'après Zucchi. La scène de la barque a été peinte par Charles Steuben, dans un tableau qui a paru au Salon de 1822 et qui a été gravé au trait par Réveil, dans la Galerie de l'histoire et des arts (V, pi. 3G8): le héros, tenant d'une main son arbalète et de l'autre des flèches, a posé un pied sur le rocher et repousse, de l'autre pied, la barque où lo tyran Gessler, éperdu, furieux, est ballotté nu milieu de ses gardes. Un peintre suisse, Lugardon, a représenté Guillaume Tell sauvant Gartner; cette composition, exposée au Salon de 1S35, a été lithographiée par Léon Noël. Un groupe de marbre, sculpte par M. C.-E. Elmeiiuh et représentant Guillaume Tell et son fils, a figuré a l'Exposition universelle de 1853. A la tin du siècle dernier, P.-N. Beauvallet a sculpté un buste de Guillaume Tell, dont il fit présent au club des Jacobins. Un portrait de Tell a été gravé par P. -M. Alix.

TELLEMENT adv. (tè-le-man — rad. tel).

De telle sorte, a tel point : La méchanceté dessèche tellement l'âme, qu'elle finit par inspirer une indifférence profonde pour tes vertus, (Mme de Stuel.) Nous sommes des créatures tellement mobiles, que les sentimenti que nous feignons, nous finissons par tes éprouver. (B. Const.)

Un loup donc, étant de frairie,

Se pressa, dit-on, tellement

Qu'il en pensa perdre la vie.

La Fontaine.

— Fam. Si bien, de façon : Tellement donc que vous ne voulez point vous mêler de cette affaire. (Acad.)

— Loc. adv. Tellement quellement, Ni bien, ni mal ; plutôt mal que bien : Laisser aller le monde comme il va, faire son devoir tellement quellement et dire toujours du bien de if. le prieur est une ancienne muxime de moine. (Volt.) Ce nuage de fumée nous gnrantissait tellement quellement de la piqûre des marinyouins. (Chuteaub.) Le silence s'était bien, en effet, rétabli tellement quellement dans l'auditoire. (V, Hugo.)

TELLENE s. f. (tèl-lè-ne). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétrumères, de la l'amille des phytophages, tribu des clylhndes, dont l'espèce type vil au Brésil.

TEI.I.EU (Guillaume-Abraham), théologien protestant allemand, né à Leipzig en 1734, mort à Berlin en 1804. Nommé pasteur et ■professeur de théologie à Helmstsedt, ii dut quitter cette ville a la suite d'une accusation d'hérésie. Il se rendit à Berlin, espérant y trouver plus de liberté; mais il sa trompait; il fut suspendu de ses fonctions pendant trois mots. Cependant, les colères s'ètant apaisées et les préventions tombant peu à peu, tl put se faire nommer membre de l'Académie de Berlin en 1802. A sa réception, il fit l'éloge de son plus ardent persécuteur, le ministre WÛlner. Teller était tres-verse dans la connaissance de l'histoire en génei'a.1, et surtout dans celle de l'Eglise réformée; il possédait parfaitement les langues orientales. Parmi ses ouvrages, il en est mi qui fit beaucoup de bruit ; c'est la Doctrine de la foi chrétienne, publiée en allemand, condamnée par les magistrats. On a encore de lui : un Dictionnaire du Nouveau Testament (Berlin, 1772, in-8°); Religion du parfait chrétien (Berlin, 1792, in-8°); Introduction à la religion en général et au christianisme en particulier (Berlin, 1792); Sermons pour tes dimanches et jours de fête (Berlin, 1785, 2 vol. in-8°); Morale pour tous les étals, par C. -Frédéric Dahrdt, 4° édition, corrigée et augmentée par C.-A. Teller (Berlin, 1797, 2 vol. in-8°, en allemand). « On trouve dans la préface, dit un biographe, cette hardiesse qui inspirait Teller dans toutes ses productions. La morale qu'il développe n'est certainement point celle de Jésus-Christ; souvent il oublie la mesure et les convenances, à ce point que 1 on ne su sent point tenté de traduire certains ciiapitres de celte prétendue morale. » Citons encore : la Plus ancienne théodicée ou {'Explication des trois premiers chapitres du premier livre de l'histoire des temps antérieurs à Moïse (Berlin, 1SÛ2).

TELLES (Jose-Correa), jurisconsulte portugais, né à Santiago, près de Vizeu, en 17S0, mort en 1849. A vingt ans, il prit à Coïnibre ie diplôme de docteur, entra dans la magistrature, puis exerça avec un grand succès la profession d'avocat. Elu député en 1821, il siégea pendant plusieurs législatures aux cortès, où il se lit remarquer par la modération et le libéralisme de ses idées. On a de lui plusieurs ouvrages de : risprudenco

TELL

qui sont très-estimés en Portugal. Nous citerons, entre autres : Théorie de l'interprétation des lois; Manuel du notaire; Digestt portugais; Doctrine des actions; Addition à la Doctrine des actions; Formulaire des requêtes ; Faits remarquables d'hommes illustres, etc.

TELLES Û'ACOSTA (Dominique-Antoine), écrivain spécialiste français, qui vivait au xvme siècle. Il fut successivement intendant de Mme la Dauphine, conseiller du roi, grand maître enquêteur, général réformateur des eaux et forêts de France au département de Champagne. Telles était depuis vingt-sept ans grand maître des eaux et forêts, lorsqu'il publia une Instruction sur tes bois de marine, contenant des détails relatifs à la physique et à l'analyse du chêne et en ce qui concerne l'économie et l'amélioration des hois en général (Paris, 1780, in-12). Pour cet ouvrage , qui a été pendant longtemps le meilleur guide dans cette branche de l'économie rurale, Telles a beaucoup puisé dans Butfon fit dans Duhamel; mais il a ajouté aussi beaucoup d'observations qui lui appartiennent en propre. Ce traité, du reste, est fait avec beaucoup de soin.

TELLETTE s. f. (tè-lè-te — du lat. tela, toile). Techn. Toile de crin ou de fils métalliques dont on garnit le châssis du sas.

TELLEZ (Balthasar), historien portugais, né a Lisbonne en 1595, mort dans la même ville en 1675. Entré en 1610 dans l'ordre des jésuites, il enseigna pendant une dizaine d'années la littérature dans les principaux collèges de sa congrégation, puis professa la philosophie et la théologie au collège de Saint-Antoine, à Lisbonne, et fut enfin provincial et principal de la maison de Saint- Roeh. On lui doit : Summa uniuersas p/tilosophis (Lisbonne, 1642, in-fol.); Chrouica da companhia de Jésus na provincia de Portugal e nus conquislas deste reyno (Lisbonne, 1645- 1647, 2 part, in-fol.), uuvrage bien écrit, exact et devenu très-rare ; Htstoria gênerai da Ethiopia Alla ou Preste Joào (Coïnibre, 1660, in-fol,). Ce livre, bien qu'écrit depuis plus de deux siècles, est encore aujourd'hui indispensable à ceux qui veulent étudier la géographie comparée et l'histoire encore si peu connue de l'Ethiopie. Telles ['a écrit d'après les autorités les plus dignes de foi, telles que les ouvrages de Manoel d'Almeyda, d'Alfonso Mendez, de Jeronimo Lobo et de Pero Pays.

TELLEZ (Eléonore), reine de Portugal. V. Eléonore.

TELLEZ DE SYLVA (dom Manuel), marquis d'Alegrkte, poète portugais, né a Lisbonne en 1682, mort dans la même ville en 1736. Son père, Ferdinand Tellez, mort en 1734, avait été directeur de l'Académie royale du Portugal, et son aïeul, dom Manuel, mort en 1703, avait écrit une iiistoire estimée du roi Jean II sous le titre de De rébus Joannis II (Lisbonne, 1589, iu-4"). Le Tellez qui fait l'objet de cet article cultiva avec succès la poésie latine et devint premier secrétaire

fterpetuel de l'Académie d histoire fondée par e roi Jean V en 1720. On lui doit : Poematum liber primas et epiyrammatum centurin prima (Lisbonne, 1722, iti-8°), recueil trèsestimô ; Cottecao dos documentas, stalutos et memorias de Academ. real da hisloria portugueza (Lisbonne, 1721-1727, 7 vol. in-ful.); Hisloria de Academia real da hisloria portugueza (Lisbonne, 1727, in-4°) et divers ouvrages manuscrits. Tellez de Sylva uvait pris part h la campagne de Beira en 1704 et s'était signalé par sa bravoure, notamment aux sièges de Valença et d'Albuquerque. Il passait pour un des meilleurs écuyers de son temps et avait traduit du français, en l'accompagnant d'excellentes notes, un Art du cavalier, qui n'a pas été publié. — Son petitfils, Manuel TelLbZ, né en 1727, mort en 1789, se rit connaître cumtne érudit et comme poëtu et devint secrétaire de l'Académie de» Ocultos, qu'il avait fondée. Nous citerons de lui : Elogio funèbre do P. José Barbosa (Lisbonne, 1731, in-4'>).

TELLEZ (Frère Gabriel), célèbre auteur dramatique français. V. Tibso du Molina.

TELL1ER (le Père Michel Le), jésuite français. V. Letellieb.

TELL1ÈRE s. m. (tè-liè-re). Techn. Papier à écrire de qualité supérieure, qu'on appelle plus ordinairement papier ministre.

— Adjectiv. : Papier tellieke.

TELLIME s. f. (tël-li-ine). Bot. Genre de plantes, de la famille des saxitragées, voisin des mitelles, et comprenant dts espèces qui croissent dans l'Amérique du Nord.

TELLIMYE s. f. (tei-li-nit — contract. de telline et de mye). Moll. Genre de mollusques acéphales à coquille bivalve, intermédiaire entre les tellines et les nryes.

TELLINE s. f. (tèl-li-ne — gr. teltinê, même sens). Moll. Genre de mollusques acéphales à coquille bivalve, type de la famille îles telliuiues, voisin des donaces : La telline tangue de chat est une fort jolie coquille de l'océan Indien. (H. Hupe.) En général, les tel- Lines ont une forme obtongue. (V. de Bomare.)

— Encycl. Les tellines sont caractérisées par une coquille de forme un peu variable, en général mince, striée transversalement,

TELL

très-comprimée, a deux valves égales, mais plus ou moins irrégulières, le côte antérieur presque toujours plus long et plus arrondi que l'autre ; les crochets peu marqués ; la charnière généralement peu prononcée, offrant une ou deux dents cardinales et deux dents latérales écartées, avec une fossette a la base. L'animal, qui a beaucoup d'analogie avec celui des donaces, est très-comprimé, à manteau ouvert dans une grande partie de son étendue et pourvu, sur ses bords, d'une rangée de cirrhes tentaculaires, plus longs en arrière ; de l'extrémité postérieure sortent deux tubes distincts et assez longs; le pied est en forme de langue ou de soc de charrue.

Ces mollusques vivent enfoncés dans le saVjle sur les bords de la mer, mais toujours à une faible profondeur; ils peuvent changer de place au moyen de leur pied. Ce mouvement, quelquefois assez vif pour des animaux de cette classe, s'exécute d'une manière assez curieuse, que M. Fizzetta décrit comme il suit : « C'est un curieux spectacle, on effet, que de voir sauter un coquillage ; c'est pourtant là ce qu'exécute la ieliine, et voici comment : elle commence d'abord par dresser sa coquille sur le tranchant, puis, allongeant son pied le plus qu'il lui est possible, elle lui fait embrasser une portion considérable du contour de la coquille et, par un mouvement brusque, analogue à celui d'un ressort qui se débande, elle frappe de son pied le sol et bondit a une certaine hauteur. Lorsqu'on dégage les tellines du sable à marée basse, il est fort divertissant de les voir sautiller pour regagner l'eau. »

On trouve fréquemment sur nos côtes sablonneuses une jolie espèce , vulgairement nommée frion, et sur laquelle on peut trèsbien observer comment vivent et respirent ces mollusques. Comme ils ont les tubes longs et constamment séparés, ils peuvent aussi aller chercher l'eau nécessaire a leur nutrition et à leur respiration au-dessus de la couche de sable qui les recouvre. Les coquilles sont très- remarquables par l'élégance de leurs formes et par la beauté de leurs couleurs, parmi lesquelles dominent les teintes roses, rouges ou pourpres; aussi sout-elle3 fort recherchées par les amateurs. Les espèces trèa-nombreuses de ce genre sont répandues dans toutes les mers. Les espèces qui vivent dans nos eaux sont presque toutes petites; les plus grosses et les plus colorées viennent des pays chauds On remarque surtout, parmi ces dernières, la teiiine radiée, vulgairement nommée soleil levant, k cause de la disposition rayonnante de ses" couleurs; elle vient des mers d'Amérique, On a trouvé aussi plusieurs tellines fossiles dans les terrains tertiaires.

TËLLINE, un des noms de la Valteline.

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