‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 988 sur 1059 · V. ce mot · texte numérisé non relu

V. ce mot

TELL1N1DE adj. (tèl-li-ni-de — de ieliine, et du gr. eidos, aspect). Moll. Qui ressemble à une ieliine.

— s. f. Genre de mollusques acéphales k coquille bivalve, voisin des tellines, et dont l'espèce type vit à Timor.

— s. f. pi. Famille de mollusques acéphales, de l'ordre des eardiucès, ayant pour type le genre teiiine,

TELLINITE s. f. (tèl-li-ni-te — rad. Ieliine). Moli. Nom donné par les anciens auteurs aux tellines fossiles,

TELLIS s. m. (tèl-lis). Sac dont les Algériens nomades se servent pour transporter leurs effets d'habillement, des céréales ou des provisions, et dont" ils se servent aussi comme de traversin.

TELL1TCHÉRY, ville de l'Indoustan anglais (Madras), sur la côte de Malabar, à &0 kilom. N.-N.-O. ue Calicut, à 8 kiloui. N. du comptoir français de Mahé, par 11" 45' de lalit. N. et 74" lu' de longit. E. ; 6,000 hab. Elle a été pendant longtemps le principal établissement des Anglais sur la côte de Malabar. C'est encore aujourd'hui le principal entrepôt du bois de saudal.

TELLO, ville de l'Ile Célèbes, autrefois la capitale d'un Etat indépendant, mais qui est aujourd'hui sous la domination des Hollandais, a 60 kilom. N.-E. de Maeassar et par 5» 5' de latit. S. et 1170 10' de longit. E.

TELLO, petite ville, sur la côte O. de l'Ile de Lombock, par 8° 24' de latit. S. et 113" 25' île longit. E.

TELLO-LÀNGOUÉ, ville sur la côte S.-O.

de l'î.e de Sumatra, par 0« 51' de latit. N. et 9go i' de longit. E.

TELLO DE PORTUGAL (José Espinosa y), marin, voyageur et hydrographe espagnol, né à Sèville en 1763, mort en 1815. 11 entra en 1778 dans la marine, assista à diverses campagnes contre l'Angleterre, fut attaché en 1783 à l'observatoire de Cadix et travailla à la levée de cartes hydrographiques de Kontarabie jusqu'au Ferrol. S'etunt rendu en Amérique eu 1790, il y détermina la position géographique de Mexico, de La Vera-Cruz et ne uirïereiites autres villes, puis se livra à des observations astronomiques dans la Cordillère des Andes, dans l'océan Pacifique, les mers de l'Inde et dans i'Ooeauie. De retour en Espagne, Tello devint premier adjudant du général lijazarredo (1794), secrétaire de la direction hydrographique gêné-

TELL

raie (1796), puis capitaine de frégate. En 1797, il fut chargé, avec quelques autres officiers de marine, de corriger les planches de l'Atlas maritime de l'Espagne, d'après les observations des derniers voyageurs. Il se mit avec une telle ardeur à ce travail qu'il était terminé en 1799. L'année suivante, Tello fut promu capitaine de vaisseau et nommé directeur de l'établissement hydrographique.

Dans ces fonctions, il donna de nouvelles preuves de ses talents, de sa science, de son habileté administrative et devint, en 1807, ministre secrétaire de l'amirauté. Sur les entrefaites, les Français ayant envahi la péninsule, il refusa de reconnaître pour roi Joseph Bonaparte et se mit à la disposition de j la junte de Séville, qui l'envoya, par la suite, continuer à Londres ses travaux hydrographiques. Lorsque Ferdinand VII eut pris possession du trône d'Espagne, Tello revint dans son pays et fut réintégré dans ses fonctions. On lui doit, indépendamment de Mémoires sur divers sujets : Çarta esferica que comprehende las costas del seno mexicano (1793); Alemorias sobre las obseroaciones astronomicas hechas por los nuvegantes espiifioles (Madrid, 1809, in-4°);une carte en six feuilles de la Mer du Sud ; une Carte des Antilles, etc.

TELLURATE s. m. (tèl-lu-ra-te — rad.

tellure), Ch.m. Nom générique des sels qui dérivent de l'acide tellurique.

■ — Encycl. V. tellure.

TELLURE s. m. (tèl-lu-re —du lat. tellus, terre). Chim. Corps simple découvert à la fln du xvme siècle : Le tellure se présente fréquemment dans la nature à l'état natif. (A. Maury.)

— Encycl. Le tellure est un métal assez rare, de la famille de l'oxygène et du soufre, découvert par Klaproth en 1798. Il a pour symbole Te; son poids atomique = 128. Sa densité de vapeur = 9,00 k 1390°; le calcul exigerait 8,86 pour la molécule Te2, correspondant aux molécules Oa, S2 et Se3 de l'oxygène, du soufre et du sélénium. C'est Klaproth qui, le premier, a reconnu au tellure les caractères d'un élément distinct et qui lui a donné son nom du nom mythologique de ta terre, tellus.

On ne trouve le tellure que dans un trèspetit-nombre de localités, particulièrement en Hongrie et en Transylvanie, dans la mine d'argent de Savodinskoi, dans l'Altaï, et dans l'Etat de la Viigmie. On le rencontre natif kl'èlatde pureté presque complète ; uu échantillon do Nagyag renfermait, d'après Petz, 94,22 pour 100 de tellure et 2,78 pour 100 d'or ; Klaproth a trouve dans un spécimen provenant de la mine de Maria-Loretto, près de Zalathna, eu Hongrie, 92,53 île tellure, 0,25 d'or et 7,20 de fer. Les principaux minerais de tellure sont les telluriures de bismuih, de plomb, d'or et d'argent.

— Préparation. On sépare le tellure de ses minerais par des méthodes analogues à celles qui servent à l'extraction du séienium. 10 On prend du lelluriure de bismuth natif aussi complètement débarrassé de sa gangue qu'il est possible, on le réduit en pâte avec du carbonate potassique et l'on porte le mélange, dans un creuset couvert, à une forte chaleui blanche. Apres refroidissement, on traite le. mélange par l'eau bouillante, qui eu extrait du telluriure de potassium. La liqueur filtrée, qui possède une couleur de vin de Porto, étant suumise à l'action d'un courant d'air ou seulement abandonnée k l'air libie, laisse déposer le tellure sous la forme d'écaillés d'aspect métallique. 2° Le tellure folié ou jiagyagite (telluriure natif d'or et de plomb), uebarrao.-é des sulfures de plomb et d'antimoine' qui l'accompagnent par une ébullition prolongée et plusieurs fois répétée avec de l'acide chlorhydriquô suivie de lavages à l'eau, est réduit en poudre fine et chauffé ensuite avec de l'acide azotique. Le tellure se transforme alors en acide lellureux qui entre en solution; on évapore celle-ci à siccilé; on redissout le résidu dans l'acide chlorhydrique et on réduit la solution par un courant de gaz anhydride sulfureux qui précipite le tellure.

— Propriétés. Le tellure est un métalloïde par .ses propriétés chimiques; mais ses propriétés physiques le rapprochent des métaux. Il est uassaut, brillant, d'un blanc d'étain, et il possède une grande tendance à cristalliser. Ses cristaux appartiennent au système hexagonal. Le tellure natif est en cristaux rhomboédriques isomorphes avec ceux de l'autimoiue, de l'arsenic et du bismuth. Ces cristaux offrent un clivage parfait. D'après Rose, le tellure, séparé d une solution de telluriure potassique par simple exposition à l'air, se présente en prismes à six côtés surmontés de sommets rhomboédriques. Le tellure conduit la chaleur et l'électricité , mais pas très- bien. Sa densité = 6,1-6,33. La dureté observée sur le corps natif varie entre 2 et 2,5 ; il fond aux environs de 500°, se volatilise à une température plus élevée et se condense en gouues ou en

I aiguilles cristallines. On peut le purifier en le distillant dans un courant d'hydrogène. Sa densité de vapeur a été déterminée par MM. Deville et Troost ; elle est de 9,00 à 1390« et de 9,08 k 1439»; sa vapeur présente une couleur jaune verdatre <jui rappelle celle du

: chlore.

TELL

Fortement chauffé à l'air, le tellure prend feu et brûle avec une flamme d'un bleu intense bordée de vert, en répandant des fumées blanches d'acide tellureux et en émettant une odeur particulière qui est due, le plus sauvent, à des traces de sélénium. Comme le soufre et le sélénium, ce métalloïde se dissout un peu dans l'acide sulfuriijue froid et concentré, d'où l'eau le précipite inaltéré; k chaud, il s'oxyde sous l'influence de cet acide et se dissout à l'état d'acide tellureux, en même temps qu'il se dégage de l'anhydride sulfureux gazeux. L'acide azotique concentré le convertit rapidement en acide tellureux. L'acide chlorhydrique est sans action sur lui ; mais l'eau régale le transforme en un mélange d'acide tellureux et d'acide tellurique. Fondu avec de l'azotate potassique, il se convertit en tellurate de potassium. La iessive concentrée de potasse le dissout à la température de l'ébullition en formant un liquide rouge qui renferme un mélange de tellurite et de telluriure de potassium; cette réaction est analogue à la transformation du soufre par les alcalis en un mélange de sulfure et d'hyposulfite. Cette solution rouge perd sa couleur lorsqu'on la laisse refroidir ou qu'on l'étend d'eau, et du tellure se sépare, par suite de l'action réductrice que le telluriure potassique exerce sur le tellurite de potassium.

2C2Te + K*Te03 = 3R20 + 3Te.

Tullu- Tellurita Oxyde Tellure TÎure po- do de po- libre,

tassiquc. potassium, tassium.

Le tellure fondu avec du carbonate de potassium donne également un mélange de tel- , lurite et de telluriure. Par ses réactions chimiques, le tellure, nous l'avons déjà dit, se rapproche beaucoup du sélénium et du soufre. Il forme deux oxydes : l'anhydride tellureux TeO* et l'anhydride tellurique TeOS, qui, en combinaison avec l'eau ou avec les bases, donnent des acides ou des sels analogues à ceux que forment les anhydrides sélénieux et sélenique, sulfureux et sulfurique. Il donne, avec l'hydrogène, un composé gazeux, l'acide tellurhydrique H^Te, analogue à l'acide suLfhydrUjue et k l'acide selênhydrique. Il se combine aussi aux radicaux alcooliques, méthyle, éthyle et amyle, en donnant des composés représentés par la formule générale R'*Te ; ces corps font fonction de radicaux diatoiniques. Le tellure y fonctionne comme tétratoinique absolument comme le soufre dans les dérivés de triéthyl-sultine et le sélénium dans les chlorures, bromures, etc., de ses dérivés méthylique, éthylique et amylique. Avec le chlore, le tellure forme un tétrachlorure TeCl\ analogue au tétrachlorure de soufre SCI*, et un dichlorure TeCJI* qui ne parait pas avoir d'analogue défini dans la série du sélénium et celle du soufre. Il donne des composés analogues avec le brome et l'iode. Les principaux composés inorganiques du tellure ont été surtout étudiés par Berzélius; ses composés organiques l'ont été par WÔhler.

— AC1DK TELLURHYDRIQUE et TELLURIURE

métallique. Acide tellurhydrique U2Te.

Syn, telluriure d'hydrogène, acide hydrotellurique. Ce composé se dégage k l'état gazeux, lorsqu'on soumet certains telluriures métalliques, le telluriure de zinc principalement, par l'acide chlorhydrique :

Zn"Te + 2Hcl = H^Te + Zn"Cl*

Telluriure Acide Acide tel- Chlorure

de zinc. chlorhy- lurhydri- de zinc,

drique. que.

Ce corps ressemble beaucoup à l'acide suif hydrique et à l'acide sélénhydrique; il sa rapproche beaucoup du premier surtout par son odeur. Il brûle avec une flamme bleue, présente une légère réaction acide et se dissout dans l'eau en formant un liquide incolore, qui laisse déposer du tellure lorsqu'on l'expose à l'air. L'acide tellurhydrique précipite uu grand nombre de métaux de leurs solutions k l'état de telluriuies.

— Telluriures et tellurhydrates. Ce sont des composés analogues aux sulfures et aux sull'hydrates, aux sèleniures et aux sélénhydrates. Les telluriures, par leur aspect physique, se rapprochent des alliages métalliques : ceux de bismuth, d'or, d'argent et de plomb se rencontrent k l'état natif; on obtient les autres en fondant les métaux respectifs avec du tellure ou, par voie humide, en précipitant les solutions de ces métaux par l'acide tellurhydrique ou par un teilurhydrate alcalin.

Les telluriures de potassium et de sodium peuvent être préparés par la calcination d'un j mélange de tellure, de carbonate alcalin et de charbon finement pulvérisé. 11 faut prévenir I l'accès de l'air jusqu'à ce que la masse soit tout ' à fait refroidie, parce que, chaude, elle est ex- I trêmement nyrophorique. On l'épuisé ensuite par l'eau qui dissout le telluriure alcalin. Ou i peut également obtenir ces corps en faisant passer Tacide tellurhydrique k travers une so- j lution de potasse ou de soude caustique. En employant un excès d'acide tellurhydrique, on obtient, au lieu d'un telluriure, un tellurbydrate. Les solutions des telluriures et des teilurhydrates présentent une couleur de vin de Porto et laissent déposer du tellure lorsqu'on les expose à l'air.

— Telluriure de bismuth. Ce minéral se

TELL

rencontre à l'état natif dans diverses localités, où il u reçu les noms de bismuth tellurique, létradymite et bornite. Plusieurs spécimens renferment seulement du bismuth et du tellure; mais, le plus ordinairement, une portion du tellure est remplacée par le soufra et le sélénium. Il forme des cristaux qui appartiennent au système hexagonal, particulièrement des rhomboèdres aigus, dont les angles des arêtes terminales sont de 66» 40' et qui présentent un clivage parfait parallèle à la base. En lames minces, il eat plus ou moins flexible et quelque peu élastique. Il se présente en masses grauulo-lamellaires. Sa dureté = là!; sa densité = 7,2 à 7,9. Devant le chalumeau, il fond assez facilement et recouvre le charbon d'un dépôt jaune et blanc ; cette réaction varie au contraire suivant la proportion du soufre et du sélénium présents. Il se dissout dans l'acide azotique et l'acide sulfurique.

La grande variation dans les proportions de tellure et de bismuth, et ce fait que la forme cristalline du minéral et de ses deux constituants appartiennent au même système {bismuth rhomboédrique, tellure hexagonal) portent à conclure que ce corps ne constitue point un composé défini, mais un mélange isomorphe de bismuth et de tellure. Pourtant certaines analyses, celles surtout qui ont été faites sur des spécimens de la Virginie qui ne renferment pas de soufre et presque pas de sélénium, concordent k peu près avec la formule Iïi2Te3; quant aux analyses de Berzéliu.s. de Wehrle, etc., faites sur des minéraux ' renfermant du soufre, elles conduisaient à peu près k la formule BisTe*S.

— Telluriure d'argent et d'or. Syn. Syloanite, tellure graphique, or graphique, tellure jaune, mûllerite, aurotellurile, tellure natif auro-argentifère. Ce minerai renferme quelquefois, outre le tellure, l'argent et l'or, du plomb et de l'antimoine. U se rencontre en veines étroites dans les montagnes de porphyre d'Offenbanya et de Nagyag en Transylvanie. Il renferme beaucoup d'or et peut être exploité comme minerai de ce métal. Il forme des cristaux triinétriques, le plus souvent petits, en forme d'aiguilles et groupés de manière k rendre très-difficile leur détermination. Souvent ces cristaux s'unissent, entre eux en faisant des angles de 60° et de 120O. (Je groupement, en se répétant, produit, sur la surface de la roche, des figures triangulaires et rhombiques qui rappellent les caractères des écritures orientales, d'où le nom de tellure graphique.

La dureté de la sylvanite égale 1,5-2; sa densité varie entre 7,99 et 8,33. Son éclat est métallique. Sa poussière a une couleur qui varie depuis le gris d'acier jusqu'au blanc d'argent; quelquefois elle se rapproche du cuivre jaune. Sa cassure" est inegule; elle se coupe facilement. Devant le chalumeau, elle fond facilement en communiquant une coloration bleu vert à la flamme En même temps, le charbon se recouvre d'une couche blanche d'oxyde, et il reste finalement un globule métallique. L'acide azotique dissout facilement la sylvanite.

Pour obtenir une formule de la sylvanite, il faut admettre que le tellure et l'antimoine, d'une part, l'argent, l'or et le plomb, d'autre part, se remplacent respectivement corn ne éléments isomorphes. Avec cette supposition, toutes les analyses conduisent k la formule générale (AuS,Ag2,Pb")(Te,Sb). La composition du min. rai d'Otfenbaiiya répond presque exactement k la formule plus simple Au*Ag2Te6 ou Ag2Te3,AuïTe3.

Cette variété est d'ordinaire plus particulièrement désignée par le nom de tellure graphique ; celle qui renferme du plomb et de l'antimoine reçoit, au contraire, de préférence le nom de tellure blanc.

— Telluriure de plomb Pb"Te. Syn, Altaïte, tellure cubique. Ce minéral provient des mines de Savodinskoï, près de Barnaoul, dans l'Altaï. Il est ordinairement massif, avec un clivage cubique, mais il se présente rarement en cristaux cubiques. Son éclat est métallique ; sa couleur est d'un bleu d'étain comme celle de l'antimoine natif. Sa dureté Varie entre 3 et 3,5 ; sa densité égale 8, 159 ; il se laisse couper au couteau. Chaude au chalumeau sur le charbon, il fond et se volatilise dans la flamme réductrice en ne laissant qu'un très- petit globule d'argent; il colore la flamme en bleu. L'acide azotique le dissout. Il renferme 38,37 pour 100 de tellure, 60,35 pour 100 de plomb et 1,28 pour 100 d'argent; d'où la formule Pb"Te. L'argent provient d'une petite quantité de telluriure d'argent mêlé avec le telluriure-de plomb.

— Telluriure double de plomb et d'or. Syn. Tellure folié, tellure noir, nagyagite. Ce telluriure double se rencontre quelquefois en cristaux dimétriqueS, dans lesquels la longueur de l'axe principal égale 1,298 ; ces cristaux ont un clivage parallèle k la base; plus souvent il forme des masses lamellaires, parfois des masses grenues. Sa dureté égale 1-1,5; sa densité égale 6,85-7,2. Il est opaque, jouit de l'éclat métallique, offre une couleur noirâtre, qui rappelle celle du plomb gris et qui demeure la même lorsqu'on le réduit en poudre. En lames minces, il est trèsiiexible. Chauffe dans un tube, il dégage de l'anhydride sulfureux et donne un sublimé blanc, qui est principalement formé d'anhy-

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dride tellureux. Il fond aisément au chalumeau, en communiquant une couleur bleue à la flamme et en formant sur le charbon un dépôt jaune qui disparaît dans la flamme intérieure. Il reste à la fin un botiton d'or métallique. La nagyngite renferme, d'après les analyses les plus récentes, qui sont dues à Schônbein, 9,70 pour 100 de soufre, 30,09 de tellure, 50,95 <le plomb, 9,10 d'or, 0,53 d'argent et 0,99 de cuivre, ce qui conduit à la lormule (Pb"Au*)(TeS). Quelques spécimens analysés par Berthieret Folbert renfermaient de l'antimoine.

La nagyagite se trouve en veines à Na- Ryag et a Offeiibanya, en Transylvanie. A Nagyag, elle est associée à la sylvanite, au silicate de manganèse, à la blende et à l'or; ii Offenbanya, elle est associée aux minerais d'atuiinoine. Il paraît qu'il en existe aussi une assez grande quantité à 'Whitehall, près de Fredericksburg, en Virginie.

— Tellurittre d'argent Ag*Te. Syn. Hessite, petzite, bitelluret d'argent. Le.telluriure d'argent se trouve à lamine de Savodinskoï, dans l'Altaï, àNagyag, en Transylvanie, ut à Retzbanya en Hongrie. Il forme des masses en grains grossiers, d'un gris de plotnb ou d'un gris d'acier, qui possèdent l'éclat métallique et sont un peu malléables. Sa dureté égale 2 à 3,5. Sa densité égale 8,3 à 8,9. Au chalumeau, sur le charbon, il fond en un globule noir qui, par le refroidissement, après avoir subi l'action de la flamme réductrice, offre des points ou des dendriles d'argent à sa sur-

• face. Chauffé dans un tube, il fond et colore le verre en jaune. Fondu avec du carbonate sodiqne, il laisse un globule d'argent pur. Les analyses qu'on en a faites donnent 36,96 à 36",89, 37,76 de tellure et 62,42, 62,32, 01,55 d'argent; la formule Ag^Te exige 37,27 pour 100 de tellure et 62,73 pour 100 d'argent.

— Composés haloIdbs du tellure. Chlorures de tellure. On connaît deux chlorures de tellure : le dichlomre TeCls et le tétrachlorure TeClV Le dichlorure TeCl* prend naissance lorsqu'on distille un mélange à parties égales de tétrachlorure de tellure et tie tellure finement pulvérisé, ou lorsqu'on fait passer un courant de chlore lent soit

sur du tellure fortement chauffé, soit sur du "telluriure d'argent natif. On peut le débarrasser par la distillation fractionnée du tétrachlorure avec lequel il est mélangé. C'est une masse amorphe noire, dont la cassure est terreuse. Il fond facilement en un liquide noir et il est beaucoup plus volatil que le létrachlorure. Sa vapeur est pourpre lorsqu'elle est mélangée d'air; elle est jaune lorsqu'elle est pure. Exposé à l'air, ce corps absorbe l'humidité, mais ne répand aucune fumée. Mêlé U l'eau, il devient laiteux et se convertit partiellement en acide tellureux et en acide ehlorhydrique. L'acide ehlorhydrique Je décompose ; sous son influence, la moitié du tellure se dépose à l'état de liberté tandis que l'autre moitié se dissout à l'état d'acide tellureux. Le dichlorure de tellure fondu est miscible en toutes proportions avec le tétrachlorure et avec le tellure libre également à l'état de fusion.

— Tétrachlorure de tellure TeCl*. On obtient ce corps en chauffant modérément du tellure dans un fort courant de chlore gazeux, jusqu'à production d'un liquide jaune foncé. Ce liquide devient d'un jaune pur en se refroidissant et finit par se prendre en une masse cristalline tout U fait blanche. Il fond facilement en un liquide jaune oui rougit dans le voisinage de son point a'èbulliiton. II n'est pas très-volatil. L'eau frojde le décompose avee séparation d'un oxychlorure et d'acide tellureux. L'eau bouillante le dissout et laisse ensuite déposer, par le refroidissement, des cristaux d'acide tellureux. L'acide ehlorhydrique étendu le dissout sans l'altérer.

Lorsqu'on mélange une dissolution de tétrachlorure de tellure avec du chlorure de potassium ou du chlorure d'ammonium, il se l'orme des sels doubles, de véritables ohlorostls qui cristallisent en octaèdres d'un jaune citron. Le chlorure d'aluminium forme également avec le perchlorure de tellure Un sel double répondant à la formule

AlSC16,TeCl*.

On obtient ce sel double en mélangeant à l'état de fusion les deux chlorures générateurs et en maintenant pendant quelque temps le produit à une température assez élevée pour chasser l'excès de chlorure d'aluminium.

C'est une masse d'un blanc jaunâtre, facilement fusible, trés-soluble dans l'acide sulfu1rique étendu. Chauffé près de son point d'ébullitiou, qui est très-élevé,, il se décompose en partie et laisse un résidu riche en tellure libre.

Le tétrachlorure de tellure absorbe vivement le gaz ammoniac à la température ordinaire en se gonflant, et il se transforme alors en une masse d'un jaune verdâtre, dont la composition correspond à la formule TeCl\4AzI13.

Ce composé est permanent à l'air, mais se décompose sous l'influence de l'eau avec formation de chlorhydrate d'mnmoniaque et d'acide tellureux. Chauffé, il dégage des vapeurs de sel ammoniac, de l'acide ehlorhydrique, de l'azote gazeux, et laisse un résidu de tellure.

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— Bromukks du tellure. On connaît un dibromure TeBr* et un tétrabromure TeBr* de tellure, correspondant aux deux chlorures de ce métalloïde que nous venons de passer en revue.

La dibromure TeBr* s'obtient par la distillation sèche d'un mélange de tétrabromure et de tellure en poudre fine. Il se dégage sous la forme de vapeurs violettes, qui se condensent en aiguilles violettes libres ou groupées, il fond facilement. L'eau le décompose avec formation d'acide tellureux.

Le tétrabromure TeBr* peut être préparé en ajoutant du tellure en poudre fine a du brome contenu dans un tube refroidi par de la glace et continuellement agité. Quand tout le tellure est dissous, on distille l'excès de brome. D'après V. Hnuer, on l'obtient plus facilement en recouvrant, dans un flacon, de petits morceaux de tellure d'acide broinhydiique, ajoutant du brome au mélange, bouchant le flacon, et abandonnant le tout jusqu'à ce que la totalité du brome ait disparu. On aide à l'action en agitant de temps a autru. I.a solution rouge rubis qui se forme abandonne le compose, sec par lévaporation au bain-mnrie.

Le tétrabromure de tellure forme une masse compacte d'un jaune rouge, qui fond à une douce chaleur en un liquide transparent rouge foncé, et se solidifle par le refroidissement en prenant une forme cristalline. On peut le sublimer, sans qu'il se décompose, en aiguilles d'un jaune pâle. Il se dissout sans altération dans une petite quantité d'eau, en formant une solution jaune qui devient incolore lorsqu'on l'étend davantage, par suite de la transformation qui s'opère alors du tétrabromure en acide tellureux et en acide bromhydrique. La solution jaune, évaporée au bain-marie, laisse déposer du tétrabromure hydraté en cristaux d'un rouge rubis.

Le tétrabromure de tellure forme des composés rouge cinabre avec les bromures alcalins.

Le sel potassique TeBr*,2KBr,3H*0 a été obtenu ppur la première fois par Berzéhus, qui l'avait préparé en évaporant une solution aqueuse de ses deux constituants. D'après Hauer, on l'obtient plus aisément eu mélangeant dans un ilacon du tellure pulvérisé avec du bromure de potassium et assez d'eau peur produire la dissolution du bromure, et en ajoutant au mélange du brome qu'on laisse agir jusqu'à disparition complète du brome, eiï ii idant l'action par une agitation fréquente du flacon bouché. On chauffe la solution rouge foncé ainsi produite pour en expulser l'excès de brome; on la sépare par décantation du dépôt jaunâtre qui s'y forme et on la laisse refroidir. Le sel double se dépose alors en cristaux brillants, opaques, d'un rouge foncé, qui s'effleurissent superficiellement dans l'air sec. Il est peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans Tenu bouillante. Chauffé seul, il perd son eau de cristallisation sans foudre.

Le sel anhydre est jaune orangé; il se décompose à une température élevée, en donnant du tétrabromure de tellure.

— Iodurks de tellure. On connaît un diiodure Tel* et un tétraiodure Tel* de tellure correspondant aux deux bromures et aux deux chlorures que nous venons d'étudier.

Le diioduro Tel* se produit lorsqu'on chauffe modérément un mélange de tellure en poudre et d'iode. L'excès d'iode se volatilise et laisse le composé tellureux en flocons cristallins d'un noir brillant. Ce dernier fond facilement et dégage de l'iode lorsqu'on le soumet à l'action U'une forte chaleur. L'eau n'agit pas sur lui.

Le tétraiodure Tel* s'obtient par la digestion de l'acide tellureux finement pulvérisé avec l'acide iodhydrique. Il forme des ■ granules mous et noirs qui s'attachent aux < doigts. Il est très-instable et fond en déga- I géant de l'iode lorsqu'on le chauffe. L'eau bouillante le dédouble en un oxyiodure brun gris insoluble et en une substance qui se dissout en donnant une liqueur brun foncé. Le tétraiodure se dissout dans l'acide iodhydrique ; la solution évaporée laisse déposer des prismes métalliques brillants et incolores, qui sont probablement formés par un composé de tétraiodure et d'acide iodhydrique.

Si l'on sature par les alcalis la solution du tétraiodure de tellure dans l'acide iodhydrique, on obtient des iodures doubles qui se séparent, par l'évaporation spontanée de la liqueur, en cristaux métalliques gris de fer très-èclatants. 11 est possible que la solution brune de l'acide tellurique dans l'acide iodhydrique renferme un hexaiodure Tel6; mais cela n'est nullement prouvé.

— Fluorure de tellure. On n'en connaît qu'un seul, le tétrafluorure TeFl*, produit par 1 action de l'acide Iluorhydrique sur l'acide tellureux, La solution, évaporée au bain-marie, laisse un sirop incolore où se déposent, par le refroidissement, des nodules d'un blanc de lait constitués probablement par nn oxyfluorure.

— Composés oxygénés du tellure. Le tellure forme avec l'oxygène un dioxyde ou anhydride tellureux TeOs, et un trioxyde ou anhydride tellurique TeO3. A chacun de ces anhydrides correspond un hydrate, l'acide tellureux TeO*,H*0 = Tell*03 et l'acide tellurique Te03,HîO = TeH^O*. Ces acides, qui donnent chacun une série de sels, les tellu-

TELL

rites et les tellurates, sont les analogues des acides sulfureux et sulfurique, sélénieux et sélénique.

— Oxyde ou anhydride tellureux TeO.

Cet oxyde prend naissance lorsqu'on brûle du tellure à l'air. On peut encore le préparer

, en exposant l'hydrate correspondant à une douce chaleur. U se sépare même par la simple action d'une température de 40° sur la dissolution d'acide tellureux. La même transformation s'opère aussi spontanément, quoique avec moins de lenteur que lorsqu'on chauffe, avec la solution nitrique d'acide tellureux préparée par la dissolution du tellure dans l'acide azotique. Dans ce dernier cas, le dépôt d'anhydride tellureux. est beaucoup plus abondant, et, s'il s'est fait lentement, le produit présente une forme cristalline distincte. On y trouve çà et là des octaèdres bien définis. Le minéral connu sous le nom de tellurite ou à'ocre tellurique, qui existe à Faubay, prèsdeZalathna, en Transylvanie, en petites sphérules d'un jaune grisâtre imprégnées dans le quartz avec du tellure, présenterait, d'après Petz, les réactions de l'anhydride tellureux au chalumeau.

L'anhydride tellureux est peu soluble dans l'eau et ne rougit pas le papier de tournesol. Il est fusible et volatil. Fondu, il forme un liquide transparentjaune foncé, qui se prend pur le refroidissement en une masse blanche fortement cristalline. Fondu avec les hydrates ou les carbonates alcalins, il se convertit en tellurites.

— Hydrate ou acide tellureux

Le meilleur mode de préparation de cet acide consiste à décomposer le tétrachlorure de tellure par l'eau :

OH OH

Tétrachlo- Eau, Acide Acide tellu-

rure de chlorhydri- • reux.

tellure, que.

On peut encore l'obtenir en ajoutant de l'acide azotique jusqu'à réaction acide à une solution de tellurito de potassium ou de sodium, ou encore en dissolvant le tellure dans de l'acide azotique de 1,25 de densité et en versant, au bout de quelques minutes au plus, la solution dans un grand excès d'eau. Si on tardait trop à traitqr le produit par l'eau, ce n'est plus l'hydrate, c est l'anhydride tellureux qui se précipiterait.

L'acide tellureux, préparé par l'une ou l'autre de ces méthodes, est un précipité assez volumineux qui, desséché sur l'acide sulfurique, forme une poudre terreuse, légère, blanche, d'une saveur métallique et amëre. Il est un peu soluble dans l'eau, surtout lorsqu'il est récemment précipité. Les acides le dissolvent ainsi que les alcalis.

Les solutions de l'hydrate tellureux dans les acides sont stables, à l'exception de la solution nitrique, qui, ainsi que nous l'avons vu plus haut, laisse déposer de l'oxyde tellureux. Elles ne fournissent cependant pas de sels définis lorsqu'on les évapore. La solution phosphorique, néanmoins, laisse déposer dans ces conditions une poudre blanche, et la solution oxalique des grains cristallins. Cette poudre et ces grains sont solubles dans l'eau sans décomposition. On obtient un sulfate de tellure

TcCl* + 3HX> = 4HC1 + TeOJ|

TeIV

en chauffant du tellure en poudre fine avec de l'acide sulfurique concentré.

La solution do l'acide tellureux dans l'acide chlorhvdrique est décomposée par l'eau, si l'acide n'est pas très-fort, avpc précipitation d'acide tellureux.

Les alcalis et les carbonates alcalins font également nuître dans cette solution un abondant précipité d'hydrate tellureux, soluble cette fois dans un excès du précipitant.

Le chlorure de baryum y fait naîtra un précipité blanc insoluble dans l'ammoniaque,

L'acide sulfhydrique, le sulfure d'ammonium, l'acide sulfureux, les sulfites alcalins, le chlorure stanneux et le zinc donnent lieu à la formation d'un précipité de sulfure de tellure ou de tellure métalloïdique.

— Tellurites. L'acide tellureux forme, avec les métaux alcalins, des sels neutres et acides analogues aux sulfites et aux sélénites; il forme, en outre, des sels hyperuoides.

Les tellurites neutres répondent à la formule générale M*TeOJ.

Les tellurites acides répondent à la formule générale MHTeO3, et les tellurites hyperaoides à la formule générale

MHTeO»

H2Te03

ou M*0,3HO,4TeO*.

Il y a aussi des ditellurites alcalins tels que

OK Kï02TeO2 = KîTeSO* = [ Q .

OK

TeO TeO

TELL

tes anhydres, représentés par les formules brutes

M"0,TeO* = TeO { °, > M",

TeO

O M" = M"0,2TeOS TeO > 0 /

et

M"0,4TeO* :

TeO TeO

TeOi /

io/

TeO

Avec les métaux lourds, il ne paraît former que des sels neutres.

Les tellurites des métaux alcalins se produisent par combinaison directe, soit par voie sèche, soit par voie humide; les autres s'obtiennent soit par la fusion de l'acide tellureux avec les bases respectives, soit par double décomposition. Les tellurites alcalins neutres ou acides sont solubles dans l'eau, les tellurites alcalino-terreux peu solubles, et ceux des métaux lourds tout à fait insolubles. La plupart des tellurites sont solubles dans l'acide ehlorhydrique; leurs solutions sont jaunes et ne dégagent pas de chlore lorsqu'on les chauffe avec de l'acide ehlorhydrique, caractère qui les distingue des tellurates. Si la quantité d'acide ehlorhydrique que renferme leur solution n'est pas trèsgrande, ils laissent déposer de l'acide tellureux lorsqu'on les étend d'eau. L'acide tartrique empêche cette précipitation. La plupart des tellurites sont fusibles; par le refroidissement, ils se solidifient en une masse cristalline. Les tellurites alcalins peracides forment, après fusion, des verres incolores. Beaucoup de tellurites, calcinés avec du charbon et de la potasse, fournissent du telluriure de potassium, qui se dissout dans l'eau en colorant ce liquide en vin de Porto.

' — Tellurite d'aluminium. C'est un précipité blanc floconneux.

— Tellurite d'ammonium. Une solution d'acide tellureux dans l'ammoniaque dégage de l'ammoniaque lorsqu'on J'évapore, même à une très-douce chaleur, et donne un précipité d'acide tellureux.

D'après Flùckiger, le tellurite ammonique •se produit lorsqu on chauffe dans des tubes scellés du tellure libre avec de l'ammoniaque aqueuse.

Le sel peracide

(AzlH)îO,4Te02,4HSO ou

AzH*,HTe03,HTe03,3'/,HSO

se forme lorsqu'on dissout l'acide tellureux ou le tétrachlorure de tellure dans de l'ammoniaque modérément chaude' il se sépare, lorsqu'on ajoute un peu de sel ammoniac à la liqueur refroidie, sous la forme d'un précipite grenu. Une nouvelle portion de ce sel peut être précipitée de l'eau mère au moyen de l'alcool. Sous l'influence de la chaleur, il se réduit en ammoniaque, eau et oxyde tellureux.

— Tellurite d'argent Ag*,TeO». C'est un précipité blanc, soluble dans l'ammoniaque. Quand on dissout dans l'acide azotique le telluriure d'argent natif, la solution abandonne, au bout de quelque temps, de petits prismes quadratiques, acuminés, d'un éclat adamantin, insolubles dans l'eau et renfermant plus d'acide tellureux que n'en exige la formule Ag*Te03 du tellurite neutre u'argent.

— Tellurites de baryum. Le sel neutre

Ba"Te03

prend naissance lorsqu'on fond une molécule d'anhydride tellureux avec une molécule de carbonate de baryum ; il se prend par le refroidissement en une masse cristalline incolore. Par double décomposition, on l'obtient sous la forme d'un précipité blanc, floconneux, volumineux. Il est peu soluble dans l'eau. Sa solution, exposée à l'air, laissa déposer un mélange de carbonate et de tétratellurite de baryum.

Le tétratcllurite

TeO:

TeO Ba"TeO»,3TeO* => f O

TeO J TeOJ0.

Ba"

Avec les métaux alcalino-terreux, l'acide tellureux forme des mono di et tétriitelluri-

se prépare en fondant 4 molécules d'anhydride tellureux avec 1 molécule de carbonate de baryum. 11 se solidifie en un verre transparent, incolore. Il se produit aussi par le mélange de solutions aqueuses du sel neutre aveu de l'acide azotique très-ètendu, et il se sépare dans ce cas sous la forme de flocons qui occupent un grand volume.

— Tellurite de cadmium. C'est un précipité blanc, gélatineux, qui forme, en se desséchant, une masse cassante, à fracture conchoïdale. L'acide ehlorhydrique et J'acide azotique le dissolvent. L'ammoniaque, ajoutée h ces solutions acides, en précipite de l'oxyde de cadmium; l'acidj sulfhydrique et

TELL

le sulfure ammonique y font naître à, froid un précipité rouge brun de sulfotellurite de cadmium.

~ Tellurites de calcium. Le sel neutre Ca'TeO3 se produit quand on chauffe une molécule d'anhyjhide tellureux avec une molécule de chaux. Il forme une masse blanche qui demeure solide à la température de fusion de l'argent. Par précipitation, il s'obtient, en flocons blancs, légèrement solubles dans l'eau froide, plus solubles dans l'eau chaude.

Le ditellurite

Teo|°\ Ca"0,2TeO* = 0 )Ca"

TeO{0/

ne fond qu'à la chaleur blanche et se prend, par le refroidissement, en une masse opaque formée d'écaillés micacées.

Le tétratellurite Ca"TeOS,3TePS, dont la formule rationnelle est identique à celle du tétratellurite barytique donnée plus haut, fond plus facilement que le ditellurite. Fondu, il dégage des fumées d'anhydride tellureux. Comme le sel précédent, il se solidifie en écailles micacées.

— Tellurite de chrome. C'est un précipité gris vert soluble dans un excès de sel chromique.

— Tellurite de cobalt. C'est un précipité pourpre foncé.

— Tellurite de cuivre. On le prépare par précipitation. C'est une poudre vert tarin, insoluble dans l'eau. Chauffé, il dégage de l'eau, noircit, fond facilement et se solidifie ensuite en une masse noire à fracture conehoïdale qui donne une poudre d'un gris brun. Au chalumeau, il se réduit et forme alors une masse de telluriurede cuivre d'un rouge pâle. Pondu avec une molécule d'oxyde cuivrique, il donne une masse noire à cassure terreuse.

— Tellurites de fer. Le sel ferrique est un précipité floconneux jaune.

Le sel ferreux est un précipité jaune grisâtre,

— Tellurites de lithium. Le sel neutre Li2,Te03 prend naissance quand on fond ensemble du carbonate de lithine et de l'acide tellureux. U se solidifie en une masse cristalline ou boursouflée, suivant la durée du refroidissement.

Le ditellurite Li*,Te08,TeOa,préparé comme le sel potassique correspondant (v. plus bas), est aisément fusible et se prend par le refroidissement en une masse cristalline. L'eau froide le décompose en- mono et en tétratellurite. L'eau bouillante le dissout, et la liqueur, en se refioiuissant, laisse déposer le tétratellurite Li20,4TeOî en granules d'un blanc laiteux. Les formules rationnelles du di et du tétratellurite de lithium sont identiques à celles des sels correspondants de baryum et de calcium, à cela près que deux atomes de lithium monoatoraique y remplacent un atome de calcium ou de baryum diatoinique.

— Tellurites de magnésium. Le sel neutre Mg",Te03 obtenu par précipitation est beaucoup plus soluble que les autres tellurites alcalino-terreux. Sa solution est décomposée par l'anhydride carbonique de l'atmosphère en carbonate et en tétratellurite de magnésium qui se sépare en flucons blancs.

, — Tellurite de manganèse. C'est un précipité blanc, floconneux, qui possède une teinte rougeâtre.

— Tellurites de mercure. Le sel mercurique est un précipité blanc.

Le sel mercureux est d'un jaune foncé qui vire graduellement au brun. Il se convertit en sel mereurique lorsqu'on l'expose à l'action de l'air.

— Tellurite de nickel. C'est un précipité floconneux d'un vert pâle.

— Tellurites de plomb. Le sel neutre

Pb"Te03,

obtenu par double décomposition au moyen de l'acétate neutre plombique, est un précipité blanc qui, lorsqu'on le chauffe, perd de l'eau, jaunit et fond en une masse translucide. Il se dissout rapidement dans les acides. Au chalumeau, sur le charbon, il se réduit facilement en telluriure de plomb.

Il se produit un sel basique, sous la forme d'un précipite translucide volumineux, quand on mélange des so utions aqueuses de tellurite neutre de potassium et d'acétate basique de plomb.

— Tellurites de potassium. Le monotellurite (ou sel neutre) K^TeOS et le ditellurite K2Te03,Te02 s'obtieiineut par la fusion en proportion voulue du carbonate de potassium et de l'acide tellureux. Le monotellurite fond à la chaleur rouge et se prend, par le refroidissement, en un réseau de cristaux larges et réguliers. L'eau froide le dissout lentement, l'eau bouillante le dissout plus rap. dénient; la solution a une saveur et une réaction alcaline ; elle est décomposée par l anhydride carbonique de l'air.

Le ditellurite, un peu au-dessous de la chaleur rouge, fond en un liquide jaune, qui se solidifie, parle refroidissement, en une masse cristalline transparente, incolore. L'eau bouillante le dissout complètement et la solution

TELL

laisse déposer, en se refroidissant, un précipité grenu de tétratellurite.

Le tétratellurite ou hypertellurite de potassium KHTe03,H2Te03 s'obtient en faisant bouillir pendant quelque temps de l'acide tellureux avec du carbonate de potassium et en filtrant la liqueur bouillante. La solution, en se refroidissant, laisse déposer la plus grande partie de ce sel eii grains nacrés qui, vus au microscope, paraissent constitués par des tables et des prismes à six côtés. L'eau froide le décompose avec formation d'un mélange de monotellurite et de ditellurite qui se dissout et d'acide tellureux qui se dépose sous la forme d'un précipité gélatineux. Le sel sec perd son eau sous l'influence de la chaleur en se boursouflant beaucoup, et il laisse le tétratellurite anhydre K^TeOMTeO^qui fond au rouge naissant et se solidifie ensuite par le refroidissement en un verre incolore.

— Tellurites de sodium. Le sel neutre

NaîTeOS,

obtenu comme le sel potassique correspondant, forme des cristaux réguliers lorsqu'on le refroidit lentement, mais se boursoufle beaucoup quand le refroidissement est rapide. L'eau froide le dissout lentement, mais complètement; l'eau chaude le dissout plus rapidement, mais ne l'abandonne pas en cristaux lorsqu'elle se refroidit. L'alcool précipite de la solution un liquide concentré qui, après quelques jours, fournit de gros cristaux transparents d'un sel hydraté.

Le ditellurite NaïTeOS.TeOS, obtenu par fusion comme le sel correspondant de potassium, dont la constitution est la même, fond facilement et cristallise par le refroidissement. L'eau le décompose comme le sel potassique.

Le tétratellurite ou sel hyperacide NaHTeO-3,TeH203,H20 se sépare de la solution bouillante du sel précédent lorsqu'on le soumet à un refroidissement lent. Il forme des écailles nacrées ou de minces tables à six pans. Par tous ses autres caractères, il ressemble au sel hyperacide de potassium.

— Tellurite de strontium (neutre). On le prépare comme le sel barytique, auquel il ressemble.

— Tellurites de thorinum, yttrium et zircanium. Ce sont des précipités blancs.

— Tellurite d'uranium. C'est, une poudre d'un jaune citron pâle qu'on obtient par la précipitation d'un sel uranique.

— Tellurite de zinc. C'est un précipité blanc floconneux,

— Oxyde ou anhydride tellurique TeO3.

On obtient cet oxyde en chauffant l'hydrate correspondant à une température un peu inférieure au rouge. Il forme une masse jaune orangé insoluble dans l'eau, qu'elle soit froide ou chaude, dans l'acide ohlorhydrique froid, dans l'acide azotique chaud et dans les solulutions des alcalis caustiques. Portement ' chauffé, il dégage de l'oxygène et laisse de l'anhydride tellureux à l'état d'une poudre blanche et terreuse.

— Acide tellurique TeH^O* = HîO.TeO».

On obtient le sel potassique de cet acide en fondant le tellure ou l'oxyde tellureux avec de l'azotate de potassium. La solution de ce sel donne, avec les solutions des sets barytiques, un précipité de tellurate de baryum, d'où l'on peut séparer l'acide tellurique libre au moyen de l'acide sulfurique aqueux.

L'acide tellurique cristallise de ses solutions en prismes hexagonaux hydratés, trèsfins, répondant à la formule HSTeO\2H20. Ces prismes sont ordinairement jumeaux. li a une saveur métallique plutôt qu'un goût acide et ne rougit que faiblement la teinture bleue de tournesol. L'eau froide le dissout lentement, mais abondamment ; la dissolution s'opère plus vite avec l'eau bouillante. Il perd son eau de cristallisation un peu au-dessus de looo. L'acide sec H*Te04 qui reste alors est presque insoluble dans l'eau froide ; mais il se dissout dans l'eau bouillante en donnant une solution d'où l'hydrate cristallin peut Se déposer de nouveau.

— Tellurates. Comme l'acide tellureux, l'acide tellurique forme avec les métaux des sels neutres, des sels acides et des sels peraeides répondant respectivement aux formules

M'îTeO* ou M"TeO*,

M'HTeO* ou M"2H2Te208,

M'riTeO*,H2TeO* ou M"H2Te!08,2H2TeO*.

A ces sels correspondent aussi des anhydro-

sels qui dérivent de l'acide ditellurique

TeîH*OT (analogue à l'acide sulfurique de Nordhauseii) et de l'acide tétratellurique Te*H*013.

Les métaux autres que les métaux alcalins ont une tendance à former des sels neutres, mais ils forment aussi cependant des sels acides et peracides, comme c'est le cas avec le baryum. Les tellurates neutres et acides des métaux alcalins sont facilement solubles dans l'eau; les tétratellurates v sont peu solubles. La plupart des tellurates autres que ceux des métaux alcalins sont peu solubles ou tout à fait insolubles et peuvent être obtenus par précipitation.

Presque tous les tellurates se dissolvent

TELL

rapidement dans l'acide ohlorhydrique; les solutions ne sont pas jaunes comme celles des tellurites, dont elles se distinguent encore par leur propriété da pouvoir être indéfiniment étendues d'eau sans donner lieu à aucune précipitation. Par l'ébullition, elles dégagent du chlore et deviennent précipitables par l'eau, par suite de la formation d'acide tellureux.

L'acide sulfhydrique décompose les solulutions acides de l'acide tellurique et des tellurates, comme celles de l'acide tellureux et des tellurites, mais moins rapidement, avec formation de sulfure de tellure.

Les sulfites alcalins et les autres agents réducteurs en précipitent du tellure métalloïdique. Cette précipitation, toutefois, est très-lente et souvent même ne se produit quo sous l'influence de la chaleur. Par suite, lors-

?u'on analyse les tellurates par réduction, il aut toujours commencer par les convertir en tellurites par l'ébullition avec l'acide ohlorhydrique. Chauffés au rouge blanc, les tellurates dégagent de l'oxygène et laissent un résidu de tellurite. Chauffés avec un carbonate alcalin mélangé de charbon, ou dans la flamme réductrice du chalumeau, sur une feuille de platine, ils se comportent comme les tellurites, c'est-à-dire qu'ils perdent leur oxygène et se transforment en telluriures alcalins.

— Tellurate d'aluminium. On l'obtient par double décomposition, sous la forme d'un précipité blanc soluble dans un excès de sel aluminique.

— Tellurates d'ammonium. Le sel neutre (AzH*)2TeO* s'obtient par le mélange d'une solution bouillante de sel neutre de potassium avec du sel ammoniac additionné d'un peu d'ammoniaque caustique. Il se sépare, par le refroidissement de la liqueur, en cristaux grenus facilement solubles dans l'eau, peu solubles dans les solutions aqueuses d'ammoniaque ou de sel ammoniac.

Le ditellurate (AzH*)*TeSO'' se précipite, lorsqu'on mêle une solution saturée de tellurate acide de sodium avec du sel ammoniac, sous la forme d'une masse gélatineuse fort peu soluble dans l'eau. Bouilli avec de l'eau en vase ouvert , ce sel dégage de l'ammoniaque ; mais, lorsqu'on le chauffe avec de l'eau dans des tubes clos, il fond en partie en une masse blanche qui se prend par le refroidissement, et, en partie, se dissout dans l'eau en formant une solution au sein de laquelle se déposent, lorsqu'elle se refroidit, des grains fins [du sel acide î].

Le tétratellurate

(AzH4)ïTe*0*8 = (AzH*)*0,4TeO»

se produit, quand on décompose le sel correspondant de sodium par le chlorure d'ammonium, sous la forme d'un précipité blanc floconneux. Il se sépare également par l'évaporation à la température ordinaire d'une solution du se! neutre. L'eau le dissout difficilement; il est presque complètement insoluble dai.s l'alcool.

— Tellurates d'argent. L'acide tellurique donne, avec l'argent, un sel neutre, deux sels acides et deux sels basiques. Le sel neutre et les sels acides s'obtiennent par double décomposition, au moyen de solutions concentrées d'azotate d'argent et de tellurate alcalin. Le sel neutre Ag^TeO* est une, poudre jauue foncé que l'eau, surtout à la température de l'ébullition, résout immédiatement en un sel acide soluble et en un sel basique insoluble. Sa solution ammoniacale est incolore. Lorsqu'on ajoute de l'acide tellurique à une solution concentrée d'azotate d'argent, il se sépare un nitrato-tellurate argenttque, précipité cristallin incolore, qui jaunit au contact de l'air et brunit lorsqu on l'humecte avec de l'ammoniaque. L'acide chlorhydrique le décompose avec séparation de chlorure d'argent (Oppenheim). Le ditellurate et le tétratellurate d'argent sont des précipités floconneux d'un jaune rougeâtre..

Le sel d'argent tribasique

(Ag20)»Te03 = AgS'TeO»,2AgSO se produit quand on mélange des solutions ammoniacales de sel neutre et d'azotate d.'argent. Parlevaporation de la liqueur, il reste comme une masse saline d'un brun noir. Le même composé se sépare à l'état de précipité jaune rougeâtre, brunissant rapidement par le mélange de solutions très-étendues d'azotate d'argent et de tellurate acide de potassium.

Le sel sesquibasique (Ag«0)',2Te03 est une poudre anhydre de couleur hépatique qui se produit lorsqu'on fait bouillir le sel neutre avec de l'eau.

— Tellurates de baryum. On obtient ces sels par précipitation.

Le sel neutre Ba"TeO*,3H20 est un préci pité volumineux qui gagne rapidement le fond du vase et qui, une l'ois sec, forme une poudre blanche. 11 perd de i'eau à 2000. L'eau froide le dissout peu ; l'eau bouillante le dissout plus abondamment.

Le sel acide Ba"112(Te0*)S,2H20 est une masse floconneuse qui occupe un grand volume et qui est plus soluble dans l'eau que le sel neutre.

Le tétratellurate anhydre Ba"0,4Te03 est une masse volumineuse plus soluble dans l'eau qu'aucun des deux sels précédents (ce caractère est de nature à faire douter que le

TELL

tétratellurate soit réellement anhydre). Il jaunit lorsqu'on le chauffe et redevient blanc en se refroidissant.

— Tellurate de cadmium Cd"TeO*. C'est un précipité blanc amorphe qu'on obtient en mélangeant des solutions neutres d'azotate cadmique et d'un tellurate alcalin.

— Tellurate de calcium Ca"TeO*. Il se précipite en flocons blancs, solubles dans 1 eau chaude et doués de peu de cohésion.

— Tellurate de chrome. Il forme des flocons d'un vert gris, qui sont rougeâtres lorsqu'on les regarde par transmission. Ils so dissolvent dans un excès du précipitant chromique.

— Tellurate de cobalt. U se précipite en flocons volumineux d'un rouge bleuâtre.

— Tellurates de cuivre. Le sel neutre est un précipité d'un vert de chélidoine.

Le sel acide est un peu plus léger.

— Tellurates de fer. Le sel ferrique se sépare sous la forme d'un précipité floconneux jaune pâle, soluble dans un excès du sel ferrique précipitant.

Le sel ferreux est un précipité blanc, qui change rapidement de couleur à l'air, comme tous les sels ferreux en général.

— Tellurates de lithium. On tes prépare comme les sels de potassium correspondants, V. plus bas.

Le sel neutre et le sel acide se dessèchent en masses gommeuses.

Le sel hyperacide, est aussi une masse gommeuse qui se convertit à 100» en une poudre blanche, insoluble ; à une plus haute température, il perd de 1 eau et prend une couleur jaune.

— Tellurates de magnésium. Ces sels, un peu plus solubles dans l'eau que les autres tellurates alcalino-terreux, se précipitent cependant quand ils sont en dissolution concentrée.

Les sels neutre et acide sont des précipités blancs et floconneux.

— Tellurate de manganèse. Il se sépare en flocons blancs qui possèdent une faible teinte rougeâtre.

— Tellurates de mercure. Le sel mercurique se précipite en flocons blancs volumineux.

Le sel mercureux est un précipité d'un brun jaunâtre foncé. On obtient un nitratotellurate mercureux (suivant Oppenheim) en ajoutant de l'acide tellurique libre à une solution concentrée d'azotate mercureux. Il forme d'abord un précipité blanc, caillebotté ; mais il prend, par l'exposition a l'air, une faible couleur jaune.

— Tellurate de nickel. Il se précipite en flocons verdâtre pâle lorsqu'on mêle un sel soluble de nickel avec un tellurate alcalin,

— Tellurates de plomb. On les obtient par précipitation.

Le sel neutre Pb"TeO* est un précipité blane quelque peu soluble dans l'eau.

Le ditellurate Pb"H2(TeO*)2 est un peu plus soluble.

Le tétratellurate Pb"Te*OiS jaunit lorsqu'on le chauffe, mais redevient blanc en se refroidissant. Il est modérément soluble dans l'eau.

Il se sépare un sel basique, sous la forme d'un précipité blanc, volumineux, insoluble dans i'eau, lorsqu'on mêle la solution d'un tellurate alcalin neutre avec une solution de sous-acétate de plomb. On obtient un nitratotellurate de plomb (suivant Oppenheim) en ajoutant de l'acide tellurique libre à une solution aqueuse d'azotate de plomb. Ce sel est une poudre blanche.

— Tellurates de potassium. On prépare ces sels en dissolvant dans l'eau chaude les quantités voulues d'acide tellurique et de tellurate de potassium.

Le sel neutre K?TeO*,5H*0 peut aussi se préparer en sursaturant l'acide tellurique cristallisé, ou ses solutions aqueuses concentrées, par la potasse caustique. Il est trèspeu soluble dans l'eau qui renferme de la potasse et s'en sépare sous la forme d'un coagulurn gommeux. Lorsqu'on chauffe modérément le liquide, il se dissout et se dépose de nouveau, par un refroidissement lent, en cristaux qui affectent la forme d'aiguilles. Ces cristaux, quand on les chauffe, perdent de l'eau et se réunissent en une masse blanche qui a une apparence caséeuse. D'après Handl, ce sel cristalliseen prismes rhombiques isomorphes avec les cristaux de sulfate neutre de potassium. Exposé à l'air, il devient humide sans fondre et se convertit en un mélange de tellurate acide et de carbonate de potassium. Ses solutions, mélangées avec un acide plus fort que l'acide tellurique, laissent déposer du tellurate acide ou peracide de potassium, suivant la proportion d'acide ajouté.

Le sel acide (KHTeO*)»,3H*0 est peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau chaude, d'où il se sépare en fins cristaux lanugineux par un refroidissement lent. Evaporée au bain-marie, sa solution aqueuse le laisse sous la forme d'une masse saline blanche, gommeuse sur les côtés. Il présente une réaction et une saveur alcalines; sa saveur est, en même temps, métallique. Chauffé, il perd de l'eau dt devient jaune, même au-des-

TELL

sous du rouge. L'eau décompose la musse jaune, dissout du tellurate neutre de potassium et laisse un résidu de tétratellurate.

Le sel peracide 2(KHTeO\TeH*0),H20 est une poudre blanche, quelque peu soluble dans l'eau. Il perd la plus grande partie de son eau à une douce chaleur; mais il en retient toutefois un peu jusqu'au moment où il vire au jaune. A une température plus élevée , il se convertit en tellurite. Par des cristallisations fractionnées dans Veau, il se décompose partiellement. Les cristaux qu'on obtient renferment du sel acide, et de l'acide tellurique libre demeure en dissolution dans la liqueur mère.

Le tétratellurate anhydre K^Te^O13 peut être obtenu par la calcination du tellurate acide au-dessous de la chaleur rouge. Ce dernier sel se dédouble en tellurate neutre de potassium, qu'on peut dissoudre en eau qui se dégage et en tétratellurate anhydre qui reste sous la forme d'une masse jaune, insoluble dans l'eau, dans l'acide chlorhydrique et dans l'acide azotique, k moins qu'on ne la soumette a une ébullition prolongée. On peut représenter sa formation par l'équation suivante •

eKHTeO* = 2K2TeO*

Tellurate acide Teliurate

. de neutre de

potassium. potassium.

-f- K»Te*0" + 3HS0 Tétratellurate Eau.

anhydre de potassium.

— Tellurates de sodium. Ces sels ressemblent aux sels potassiques correspondants et Se préparent de la même manière.

— Tellurate de strontium. On le prépare comme le sel de calcium, auquel il ressemble beaucoup.

— Tellxirate de thorinum. C'est un précipité blanc pulvérulent, insoluble dans un excès du sel thorinique précipitant.

— Tellurate uranique. C'est une poudre jaune pâte.

— Tellurates d'yltrium. On obtient Je tellurate neutre et le ditellurate en précipitant le tellurate neutre et le ditellurate potassiques par un sel d'yttrium.

— Tellurate de zirconium. C'est une poudre blanche- qu'on prépare par voie de double décomposition.

— Composés sulfurés du tellure. Le tellure forme deux sulfures correspondant aux deux oxydes.

~ Sulfure tellureux TeS*. Le sulfure tellureux se forme lorsqu'on fait agir l'acide sulfhydrique sur l'acide tellureux ou sur la solution acide d'un tellurite. Il se forme encore lorsqu'on expose à l'air la solution d'un sulfoteliurite alcalin. C'est une substance noire ou d'un brun foncé, qui se ramollit k une chaleur modérée et acquiert ensuite un éclat semi-métallique par le refroidissement. Fortement chauffé, il dégage du soufre.

Le sulfure tellureux se combine avec les sulfures basiques en formant des sulfotellurites qui paraissent tous contenir 3 molécules de sulfure basique pour 1 molécule de sulfure tellureux. Ils sont représentés par la formule générale

3M2'S,TeSî = M*'TS3,2Mî'S.

Les sulfotellurites alcalins et celui de magnésium s'obtiennent facilement en saturant d'acide sulfhydrique les solutions aqueuses des tellurites correspondants. Les sulfotellurites alcalins anhydres ont une couleur jaune brunâtre; ceux qui renferment de l'eau de cristallisation sont d'un jaune pâle ; ils se dissolvent facilement dans l'eau, qu'ils colorent en jaune pâle , moins facilement dans l'alcool, qui en sépare du sulfure tellureux. Les acides ajoutés à leur solution en précipitent du sulfure tellureux. A l'état sec, ces sels peuvent être chauffés en vases clos sans se décomposer, et, à la température ordinaire, ils peuvent demeurer pendant longtemps au contact de l'air sans s'altérer. Leurs solutions, au contraire, se décomposent rapidement à l'air, avec séparation de sulfure tellureux et formation d un byposultite alcalin.

Le sulfoteliurite d'ammonium

(AzH4)îTeSS,?(AzH*)îS cristallise, par l'évaporation de sa solution dans le vide, en prismes k 4 pans d'un jaune pâle qui dégagent du sulfure d'ammonium au contact de l'air.

Le sel de potassium K*TeS3(KsS)* se sépare, par l'évaporation dans le vide, en prismes jaune pâle qui fondent en un liquide noir susceptible de Se prendre, par le refroidissement, en une masse jaune brun encore soluble dans l'eau. Au contact de l'air, ce sel se décompose et noircit.

Le sel de sodium forme une masse amorphe

Jaune pâle, qui se décompose rapidement à 'air.

Le sel de lithium offre des caractères semblables.

Le sel de magnésium, préparé comme nous l'avons dit plus haut, ou encore par la précipitation du sel barytique par le sulfate de magnésie, forme, quand on évapore sa solution dans le vide après l'avoir filtrée, une masse cristalline d'un jaune pâle soluble dans l'eau et dans l'ulcool.

TELL

Les sulfotellurites ulcalino-terreux peuvent être préparés par l'élmllition des sulfures métalliques correspondants avec du sulfure de tellure et de l'eau.

Le sel barytique se sépare, par l'évaporation dans le vide de sa solution filtrée, en gros prismes h quatre pans , tronqués obliquement, transparents et d'un jaune pâle. Il est assez stable à l'air et ne se dissout que trèslentement dans l'eau.

Le sel strontique forme une masse jaune pâle, assez stable à l'air et soluble dans l'eau.

Le sel de calcium est une masse jaune, amorphe, quelque peu soluble dans l'eau.

Les sulfotellurites des métaux lourds sont insolubles dans l'eau et peuvent être préparés par précipitation.

Les sels de cadmium et de cérium sont des précipités jaune brun qui se forment peu k peu en couleur.

Les sels ferriques forment des flocons brun foncé aisément fusibles.

Le sel ferreux est un précipité noir.

Le sel aurique AusSs,TeS2 se dépose au bout de quelques jours en flocons noirs d'un mélange de chlorure aurique et de sulfoteliurite de potassium.

Le sel de plomb est un précipité brun qui noircit lorsqu'on le dessèche.

Le sel mercureux 3Hg2S,2TeS2 est un précipité brun foncé qui, chauffé, perd du mercure et se convertit en une masse jaune brun du sel mercurique 3HgS,TeS8,

Le sel platinique {PtS«)3,(TeS2)S se sépare, au bout de quelques jours, d'un mélange de chlorure platinique et de sulfoteliurite de potassium en flocons translucides bleu foncé qui paraissent noirs quand ils sont secs.

Le sel d'argent (Ag2S)3,TeS* est un volumineux précipité noir qui, une fois sec, acquiert l'éclat métallique par la trituration.

Le sel de zinc (Zn''S)a,TeS* est un précipité jaune tendre qui jaunit peu k peu.

— Sulfure tellurique TeS*. Ce composé prend naissance lorsqu'on sature une solution d'aride chlorhydrique par un courant de gaz hydrogène sulfuré. 11 se sépare peu k peu du liquide abandonné à lui-mêino dans un vase clos et à une température un peu chaude. Il recouvre les parois du vase d'un enduit g ris noirâtre, doué de l'éclat métallique, que l'on peut réduire en paillettes. Il se combine aux sulfures métalliques basiques et forme avec eux les sulfotellurates. Ces derniers sels, toutefois, ont été l'objet d'un nombre de recherches encore très-insuffisant.

— Sulfotellurate de potassium. On le prépare en saturant par l'acide sulfhydrique une solution aqueusi.' de tellurate potassique. On filtre le liquide pour en séparer un précipité noir de sulfure de tellure qui ne se redissout pas par une addition de potasse suivie d'une nouvelle action de l'acide sulfhydrique. Le liquide filtré peut être concentré sans se décomposer k la température de l'ébullition. Il acquiert une couleur rouge et laisse déposer le sulfotellurate potassique sous la forme d'une masse cristalline grenue d'un jaune tendre.

— Sulfotellurate de sodium. On le prépare comme le sel de potassium. En ajoutant une lessive de soude après que le sulfure de tellure s'est précipité et dirigeant de nouveau un courant gazeux à travers le liquide, le précipité se redissout, contrairement à ce qui a lieu dans le eus de sel potassique. En évaporant la liqueur presque k siccité, on voit le sulfotellurate sodique se séparer en cristaux qui ont la forme d'aiguilles et qui sont d'une couleur jaune de soufre.

— Composés sélénjés du tellure. Les composés séléniés du tellure ont été peu étudiés ; ce qu'on en sait se réduit k peu de chose. Le tellure et le sélénium peuvent être fondus ensemble en toute proportion et se combinent en dégageant de la chaleur. Le produit est une masse cassante d'un gris de fer qui présente une cassure métallique, fond au-dessous de la chaleur rouge, bout à une température plus élevée et peut être distillée sans subir de décomposition , pourvu qu'on opère complètement k l'abri du contact de l'air. Chauffé à l'air, le séléniure de tellure donne des gouttes incolores dont on ne connaît pas la composition et qui pourraient bien être constituées par un séléniate de tellure.

— Composés organiques du tellure. Wôhler a étudié des telluriures de radicaux organiques qui répondent k la formule R'aTe. Cahours a montré depuis que le telluriure de méthyle se combine directement avec l'iodure de méthyle, en formant un composé cristallin (CH3)sTeI, peu soluble dans l'eau et facilement soluble dans l'alcool. Cet iodure, soumis à i'action de l'oxyde d'argent humide, donne un produit alcalin qui, neutralisé par l'acide chlorhydrique, forme, avec le chlorure platinique, un chloroplatinate de couleur orangée répondant k la formule

(CHa)STe,Cl,PtITCl*.

Le telluriure d'étbyle se combine de la même manière avec 1 iodure d'éthyle en formant le composé (CsH5)3Te,I, lequel donne k son tour, par l'oxyde d'argent, uu hydrate qui, saturé par l'acide chlorhydrique et traité par le chlorure platinique, fournil un chloroplatinate.

TELL

Ces corps, analogues aux composés que forment les sulfures et les sélémures d'éthyle et de méthyle avec les iodures des mêmes radicaux, démontrent la tétratoinicité du tellure, comme les composés sulfurés et séléniés démontrent la tétratoinicité du soufre et du sélénium.

Les dérivés organiques du tellure ont été décrits dans les articles consacrés aux radicaux orgmiiques dont ils sont formés. V.

ÉTHYLE, MÉTHYLE, AMYLK.

— Recherche qualitative et dosage du tellure. I. RÉACTIONS AV CHALUMEAU. TOUS les

composés du tellure sont facilement réduits sur le charbon, dans la flamme intérieure du chalumeau ; le métalloïde réduit se volatilise, s'oxyde et recouvre le charbon d'un dépôt blanc d'oxyde tellureux.

Avec le borax et le phosphate ammoniacosodique, l'anhydride tellureux donne une perle claire incolore qui, chauffée sur le charbon, devient grise et opaque par suite de la réduction du tellure. Les oxydes de bismuth et d'antimoine, lorsqu'on les réduit sur le charbon dans In flamme intérieure, donnent aussi des incrustations qiie l'on peut confondre avec celles du tellure. Toutefois, l'acide antimonieux, chauffé dans la flamme intérieure, lui communique une teinte bleuâtre, tandis que l'oxyde tellureux donne à la flamme extérieure une fine couleur verte. En outre, l'oxyde tellureux chauffé dans un tuba ouvert aux deux bouts se volatilise entièrement en formant un sublimé blanc sur la partie froide du tube, sublimé qui peut être fondu en gouttes incolores. Au contraire, l'oxyde d'antimoine ne se volatilise qu'en partie et Se convertit en partie en antimoniate antimonieux SbOî, La partie sublimée peut être transportée d'un point du tube k l'autre par la chaleur, mais n'est pas susceptible d'être fondue en gouttelettes. L'oxyde de bismuth soumis au même traitement ne donne qu'un sublimé insensible et fond en uu liquide brun foncé, qui devient jaune pâle en se refroidissant et corrode le verre. Le tellure se distingue du sélénium, auquel il ressemble plus qu'k tout autre élément, par l'odeur qui est émise lorsque les composés de ces deux métalloïdes sont chauffés sur le charbon au chalumeau. Le tellure pur ne dégage qu'une odeur trèslégère, taudis que le sélénium émet une forte odeur de raifort pourri. Cette odeur permet de déceler dans le tellure la présence de simples traces de sélénium.

— IL Réactions en solution. Tous lescom-

fosës natifs de tellure sont insolubles dans eau, mais se dissolvent dans l'acide azotique. Parmi les composés artificiels de cet élément, les tellurites alcalins et aussi les tellurates (k l'état hydraté) se dissolvent facilement dans l'eau ; les tellurites et les tellurates des autres métaux sont insolubles dans l'eau ou peu solubles, mais se dissolvent, pour la plupart, dans l'acide chlorhydrique. Les telluriures alcalins sont solubles dans l'eau; mais leurs solutions exposées à l'air se décomposent promptement avec séparation de tellure métalloïdique. L'acide tellureux se dissout facilement dans les acides. Sa solution nitrique laisse peu à peu déposer de l'oxyde tellureux anhydre. Dans les solutions qui ne renferment pas un trop grand excès d'acide, spécialement dans la solution chlorhydrique, l'eau fait naître un précipité d'acide tellureux. La solution chlorhydrique de l'acide tellureux est jaune. L'acide tellurique se distingue de l'acide tellureux par sa plus grande solubilité dans l'eau. Les sels de ces deux acides peuvent être distingués par ce fait que les tellurates dégagent du chlore lorsqu'on les chauffe avec de l'acide chlorhydrique, ce qui n'a pas lieu avec les tellurites. En outre, les solutions des tellurates dans l'acide chlorhydrique sont incolores, ne sont pas précipitées par l'eau comme celles des tellurittis, même lorsqu'elles renferment peu d'acide, et jaunissent, en même temps qu'elles dégagent du chlore, quand on les chauffe, par suite de la transformation des tellurates en tellurites.

L'acide sulfhydrique produit immédiatement, dans les solutions acides de l'acide tellureux, un précipité brun de sulfure de tellure, uiséinent soluble dans le sulfure d'ammonium. Dans les solutions acides de l'acide tellurique, le même précipité se forme, mais seulement après qu'on a ubaudonné pendant un temps très-long, en un vase clos, le liquide dans un endroit chaud. La couleur de ce précipité suffit k empêcher qu'on ne puisse le confondre avec aucun autre sulfure métallique soluble dans le sulfure amniotique (celui de sélénium est jaune rougeâtre), le sulfure stanneux excepté. On distingue d'ailleurs facilement les solutions stanneuses de celles des tellurites ou des tellurates par leur réaction sur le chlorure d'or, les composés du tellure ne donnant avec ce réactif aucun précipité qui ressemble à la pourpre de Cassius. Ajoutons que les solutions tellureuses fournissent, avec l'ammoniaque et avec les carbonates alcalins, un précipité blanc facilement soluble dans un excès de précipitant, tandis que les précipités que ces réactifs font naître dans les solutions stanneuses y sont insolubles. Les solutions d'acide tellurique ne sont pas précipitées du tout parles alcalis.

L'acide sulfureux et les sulfites alcalins produisent après quelque temps k froid, dans

TELL

les solutions acides d'acide tellureux ou d'acide tellurique, un précipité noir de tellure libre.

Le zinc métallique fait naître un précipité semblable dans les solutions de chlorure stanneux. Quant au sélénium, il est précipité par les mêmes réactifs, mais le précipité formé est rouge. On peut encore distinguer le tellure du sélénium précipité au moyen d'une solution de cyanure de potassium qui dissout le sélénium et ne dissout pas le tellure, ou par l'odeur répandue au chalumeau, ou enfin en dissolvant le inétal dans l'acide azotique, ou dans l'eau régale, dans un mélange d'acide chlorhydrique et de chlorate de potasse, neutralisant la solution par le carbonate de soude lorsque l'oxydation est complète, évaporant k siccité, fondant le résidu avec du nitre à une chaleur modérée, dissolvant le produit dans l'eau, acidulant avec de l'acide azotique et ajoutant du chlorure de baryum. Le séléniate barytique se précipite alors, tandis que le tellurate de baryum1 reste en dissolution dans la liqueur.

— III. Dosage et séparation. Le meilleur moyen de dosage du tellure consiste k doser ce corps k l'état métallique. S'il existe dans la solution k l'état d'acide tellureux, ce qui est toujours le cas quand on a dissons un minerui de tellure dans l'acide azotique, on peut très-bien le précipiter par l'acide sulfureux ou par un sulfite alcalin. On recueille le précipité sur un petit filtre taré, on le dessèche avec soin k une douce chaleur et on le pèse. Si l'acide tellureux est combiné avec les bases en telle proportion que la liqueur ne présente plus aucune réaction acide, il faut y ajouter de l'acide chlorhydrique en quantité suffisante pour redissoudre le précipité formé d'abord. 11 est également très-bon de concentrer le plus qu'on peut la liqueur avant d'y introduire l'agent réducteur, parce que le tellure se sépare plus facilement et plus complètement au sein de liqueurs concentrées qu'au sein de liqueurs étendues. On place la liqueur dans une fiole, on la chauffe, en ayant soin toutefois de ne pas la faire bouillir, et l'on y ajoute peu k peu la solution du sulfite alcalin ; le tellure se précipite alors sous la forme d'une poudre noire volumineuse. L'acide azotique, s'il on existe dans la liqueur, peut vicier les résultats en réoxydant le métal précipité; il faut s'en débarrasser en chauffant au préalable le liquide avec de l'acide chlorhydrique. Si le tellure se trouve k l'état d'acide telluri-

?ue, il faut commencer par le réduire en lo aisant bouillir avec de l'acide chlorhydrique jusqu'k ce que tout dégagement de chlore ait cessé. Il se trouve alors ramené à l'état d'acide tellureux qui est pré.ipitabte. La méthode de réduction par l'acide sulfureux ou les sulfites Sert k séparer le tellure des tellurites et des tellurates des métaux alcalins et de tous les autres métaux que l'acide sulfhydrique ne précipite pas. On se sert de l'acide sulfureux libre ou du sulfite d'ammonium lorsqu'on se propose de doser en même temps lo métal alcalin. Dans le cas" où l'on emploie l'acide sulfureux libre, il faut abandonner pendant quelques jours la solution dans un endroit chaud avec un excès d'acide sulfureux. On peut aussi se servir de l'acide sulfhydrique pour précipiter le tellure des tellurites et des tellurates métalliques dont la base n'est point préoipitable par ce réactif. Comme le précipité de sulfure de tellure est ordinairement mélangé de soufre libre, il faut, dans ce cas, le faire digérer, pendant qu'il est encore humide, avec de l'eau régale ou mieux avec un mélange d'acide chlorhydrique et de chlorate de potassium. On isole ensuite le tellure de la liqueur par un sulfite alcalin, comme nous l'avons dit plus haut. Toutefois, si la liqueur renferme un peu d'acide tellurique, il faut commencer par la ramener à l'état d'acide tellureux par l'ébullition avec l'acide chlorhydrique.

Pour séparer le tellure des tellurites et tellurates des métaux précipitables par l'acide sulfhydrique et dont les sulfures sont solubles dans le sulfhydrate d'ammoniaque, il faut faire digérer leur solution k une douce chaleur aveu ce réactif, après l'avoir au préalable sursaturée par de l'ammoniaque. Le sulfure de tellure reste dissous tît peut être précipité de la liqueur filtrée par l'acide acétique ou l'acide chlorhydrique étendu. On oxyde le précipité par l'eau régale ou lu mélange d'acide chlorhydrique et de chlorate potassique, et l'on extrait le tellure de la solution par les sulfites alcalins, comme plus haut, après l'avoir fait bouillir quelque temps avec de l'acide chlorhydrique pour ramener l'acide tellurique, s'-U y en a, k l'état d'acide tellureux. On peut employer la même méthode pour séparer le tellure du fer, du nickel, du cobalt, du zinc et du manganèse; mais il vaut mieux, lorsqu'on n'a affaire qu'à ces métaux, opérer directement au moyen d'un Sulfite alcalin, parce qu'il est toujours difficile d'obtenir la dissolution intégrale du sulfure de tellure dans le sulfhydrate d'amino niaque.

Lorsque le tellure se trouve combiné ou mêlé k d'autres métaux dont les chlorures ne sont pas volatils, on peut l'en séparer en calcinant le mélange ou la combinaison dans un courant de chlore. Il se volatilise alors ù l'état de dichlorure et de tétrachlorure qu'on recueille dans l'eau acidulée par de l'acido chlorhydrique. Lo tétrachlorure se dissout

TELM

complètement et le dichlorure se dissout en partie en même temps que du tellure se dépose. Il suffit d'ajouter un sulfite à la liqueur pour obtenir la totalité du tellure précipité.

Une autre méthode de séparation souvent applicable consiste à fondre le corps à analyser avec 3 parties de carbonate de sodium sec et 3 parties de soufre dans un creuset couvert. La niasse est ensuite mise à digérer avec de l'eau. Les métaux autres que le tellure restent alors a l'état de sulfures insolubles, tandis que le tellure se dissout a l'état de sulfoteilurite de sodium. On précipite le sulfure de tellure de cette solution par un acide étendu et l'on dose le tellure dans ce précipité, comme nous l'avons déjà dit.

On peut très-facilement, au moyen des sulfites alcalins , séparer le tellure de l'arsenic, de l'antimoine et de l'étain.

On le sépare très-facilement du sélénium et du soufre en le fondant avec du cyanure potassique. V. sélénium.

— Poids atomique du tellure. Berzélius a calculé le poids atomique du tellure en déterminant l'accroissement de poids que subit ce métalloïde lorsqu'on le transforme en oxyde tellureux par l'acide azotique. La moyenne de trois expériences lui a donné le chiffre 128,34. Bereélius, toutefois, préférait

f)rendre la moyenne des deux dernières anayses, qui lui inspiraient plus de confiance, moyenne qui le conduisait nu chiffre 128.

Von Hauer, en précipitant le bromure de tellure et de potassium aKBr.TeBr^ par l'azotate d'argent, a obtenu, comme moyenne de cinq analyses très-concordantes, pour le poids atomique du tellure, le nombre 128.

Dumas conclut d'expériences qu'il n'a point encore publiées que le poids atomique du tellure est 159.

TELLURE, ÉE adj. (tèl-lu-ré — rad. tellure). Chitn. Qui contient du tellure.

TELLUREUX, EUSE adj. {tèl-lu-reu, euze — rad. tellure). Chim. Se dît des combinaisons du tellure au minimum : Oxyde ou anhydride tellureux. Acide ou hydrate tellureux.

— Encycl. V. tellure.

TELLURHYDRIQUE adj. (tèl-lu-ri-dri-ke

— de tellure, et du gr. hudôr, eau). Chim. Se dit d'un composé gazeux qui résulte de l'union du tellure avec l'hydrogène, et qui est analogue aux acides sulfhydrique et sélénhydrique, et aussi h l'eau.

— Encycl. "V. tellure.

TELLUR1DE s. m. (tèl-lu-ri-de — de tellure, et du gr. eidos, aspect). Miner. Nom donné à des corps formant une classe qui contient le tellure et ses combinaisons.

TELLURIEN, IENNE adj. (tèl-lu-ri-ain, iè-ne — rad. tellure). Qui provient de la terre : Emanations telluriennes.

TELLURIFÈRE adj. (tèl-lu-ri-fè-re — du lat. tellus, terre; f'ero, je porte). Miner. Qui contient du tellure.

TELLURIQUE adj. (tèl-lu-ri-ke — rad. tellure). Chim. Se dit des combinaisons au maximum du tellure : Oxyde ou anhydride tellurique. Acide ou hydrate tkllurique.

Sulfure teli.ukiqub.

— Encycl. V. tellure.

TELLURISEL s. m. (tèl-lu-ri-sèl — de tellure, et de sel). V- tklluroseL.

TELLURISME s. m. (tèl-lu-ri-sme — du lat. tellus, terre). Magnétisme animal. Il Peu usité.

TELLURITË s. m. (tèl-lu-ri-te — rad. tellure). Chim. Sel qui dérive de l'acide tellureux.

— Encycl. V. tellure.

TELLUR1URE s. m.(tél-lu-ri-u-re). Chim.

Combinaison de tellure avec un métal. Il On dit aussi tellurure.

— Encycl, V. tellure.

TELLUROSEL s. m. (tèl-lu-ro-sèl — de tellure, et de sel). Chim. Sel dans lequel l'élément acide est la tellure. Il On dit aussi tellurisël.

TELLURURE s. m. (tèl-lu-ru-re). V. tel-

LURIURK.

TELMAT1AS s. m. (tèl-ma-si-ass — du gr. ielmatiaius, de marais). Ornith. Syn. de gallinago, genre formé aux dépens des scolopax.

TELMATOBIE s. m. (tèl-ma-to-bl — du gr.

telma, marais; bioô, je vis). Erpét. Genre de batraciens auoures, dont l'espèce type vit au Pérou.

— s. f. Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, dont l'espèce type habite l'Allemagne.

TELMATOPHACÉ s. m. (tèl-ma-to-fa-sé — du gr. telma, marais ; phakè, lentille). Bot. Genre de plantes aquatiques, de la famille des lemnacées, formé aux dépens des leranas.

■ TELMATOFHILE s. m. (tèl-ma-to-fi-le — du gr. telma, marais; philos, qui aime). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, tribu des nitidulaires , comprenant trois espèces, qui habitent l'Europe.

TELMENDFUST (Ras-el-), nom arabe du cap AIatifou.

TELO

TELMESSE, ancienne ville de Lycie. V.

Tblmbssus.

TELMESSUS ou TELMISSOS, fils d'Apollon et d'une fllle d'Agénor. Il reçut de son père le don de prophétie, fonda ia ville de Telmesse, en Lycie, y fit élever un temple à Apollon et apprit aux habitants l'art de la divination. Après sa mort, les Telmessiens lui élevèrent un autel pour lui offrir des sacrifices.

TELMESSUS, TEl.MISSUS ou TELMESSE,

ancienne ville de la confédération lycienne. Ses ruines s'étendent tout autour de Makri, bourg de la Turquie d'Asie (Caramanie), et sont disséminées sur une grande surface. On voit encore les restes d'un théâtre parfaitement conservé, avec vingt-huit rangs de gradins; les vestiges de l'ancienne acropole, la nécropole , etc. Deux tombeaux grecs , dont l'un porte le nom d'Amynthas, attirent surtout l'attention. « Ils sont , dit le Guide en Orient, en forme de temple, avec un fronton d'ordre ionique et creusés dans la paroi d'un rocher vertical. »

TELMIE s. f. (tèl-mî — du gr. telma, marais). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuides.

TELMISSE s. f. (tèl-mi-se — du gr. telma, marais). Bot. Genre de plantes, de la famille des crassulacées , tribu des rochéées, dont l'espèce type croit dans les marais, aux environs d'Alpe.

TELM1SSCSV ancienne ville de Lycie. V.

Telmessus.

TEI.0 MARTI DS ou TELONIS PORTDS, nom

latin de la ville de Toulon.

TÉLODYNAMIQUE adj. (té-lo-di-na-mi-ke — du gr. têle, loin, et de dynamique). Mécan. Qui exerce une puissance à de grandes distances. S Câble télodynamique. Corde métallique disposée de façon à transmettre au loin une force motrice.

TÉLOMÈTRE s. m. (té-lo-mè-tre — du gr.

têle, loin; metron, mesure). Instrument au moyen duquel on mesure la distance du point occupé par l'observateur à un point inaccessible, il On dit aussi télémètre.

— Encycl. Divers télomètres ont été construits pour les besoins de l'art de la guerre et pour ceux de la topographie.

Pour mesurer la distance à laquelle on est d'un point inaccessible, on la fait entrer dans un triangle. On mesure une base et les angles à la base du triangle considéré, qu'il suffit ensuite de résoudre trigonométriquement ; si l'on a soin de prendre une base b perpendiculaire à la direction qui joint l'œil au point observé, et si œ est l'autre angle à la base, la longueur x inconnue sera donnée par la relation (l) a; = tang a.

Il peut se faire que a; soit très-grand et qu'on ne dispose que d'une base très-courte 6; dans ce cas, a est mal déterminé et l'on peut commettre une grande erreur sur l'évaluation de x par l'équation (l).

Les télomètres ont pour but de mieux déterminer cet angle, ou plutôt le troisième angle du triangle, qui en est le complément; nous l'appellerons B; il est très-faible et l'on a

x = b cotang b.

Le télomètre du colonel du génie Goulier est très-employé. Il se compose de deux prismes quadrangulaires à double réflexion, réunis par une chaîne, La longueur fixe de cette chaîne sert de base b. Deux observateurs sont placés chacun à une extrémité et observent au moyen des prismes. L'angle de double réflexion est de 90° (les glaces étant inclinées à 45° l'une sur l'autre) ; un objet quelconque est donc vu dans la direction qui lui est perpendiculaire. L'observateur A fait déplacer l'observateur B jusqu'à ce qu'il voie dans sa direction l'image doublement réfléchie du point inaccessible. L'observateur 2 vise ce point par double réflexion et déplace dans son instrument une lentille mobile qui lui est adaptée jusqu'à ce que l'image de l'observateur 1, vue à travers cette lentille, couvre l'image doublement réfléchie du point inaccessible; il lit alors sur le bord d'une coulisse le déplacement de la lentille ou la distance cherchée.

Pour graduer l'instrument, on commence par observer des points dont la distance est connue et varie par 100 mètres. On n'adapte de lentille mobile qu'à l'un des prismes quadrangulaires, et on ajoute à chacun d eux un voyant qui sert à la visée.

La chaîne qui relie les prismes peut être de 20 mètres ou de 40 mètres suivant la distance des points observés, et la coulisse porte une double graduation. La distance des objets doit être , en général , supérieure à 200 mètres. Cependant, on peut, en employant un artifice d'ailleurs très-facile, mesurer les distances moindres.

Cet instrument donne des mesures qu'on peut caractériser comme il suit :

10 Pour les distances moindres que J ,000 mètres, la précision est plus que suffisante pour les besoins de l'artillerie; 2° pour les distances comprises entre 1,000 et 2,000 mètres, et même au delà, l'erreur croit proportionnellement au carré de la distance ; 3° pour une observation unique, l'erreur maximum est

TELO

de 25 mètres pour une distance de 1,000 mètres ; 4° pour une moyenne de 10 observations, qui demandent environ deux minutes, les erreurs sont réduites d'un tiers de leur valeur; 5° pour deux décades réciproques, les observateurs ayant changé d'instrument, les erreurs sont réduites des trois cinquièmes de leur valeur; elles sont donc de 10 mètres au maximum pour 1,000 mètres.

Le télomètre Goulier est très-propre à donner, à chaque instant, la distance d'un vaisseau à une batterie de côte ; il porte alors le nom de nautomètre.

Un officier d'artillerie, M. Gautier, a imaginé un télomètre qui peut être employé par un seul observateur et dont voici le principe.

L'équation (2) peut s'écrire

0 cos s * , M

1 ' siu s sm t> "

S étant une faible quantité, puisque l'angle f est très-près de 0. On a calculé $ et on a trouvé que pour des valeurs usuelles de f, il ne dépassait pas 0,01 ; on peut donc considérer le terme qui en résulte comme négligeable. Le télomètre Gautier permet de mesurer l'angle B au moyen d'un système de deux miroirs fort analogue k celui du sextant; on ne lit pas directement l'angle, mais l'inverse de son sinus. L'observateur se place à l'extrémité d'une base et amène 1 image du point inaccessible à être vue par double réflexion dans la direction de celte base. Il se place ensuite à l'autre extrémité et doit faire tourner l'un des miroirs d'un angle déterminé pour ramener l'image à être dans l'alignement de la base. L angle a étant très-petit et l'angle de rotation de l'un des miroirs l'étant par suite lui-même, on amplifie pour mesurer. Pour cela, on emploie un prisme réfracteur qui écarte les points d'où paraissent émaner les images, si bien qu'à un angle très-petit correspondra une rotation de ce prisme voisine d'une demi-révolution.

Le télomètre Gautier peut être employé par un observateur seul; mais U arrive rarement que cela soit nécessaire, et c'est plutôt une cause de lenteur dans les observations; l'emploi simultané de deux observateurs est un avantage au point de vue de la rapidité et de l'exactitude. 11 faut toujours, en effet, mesurer une base, et l'opérateur isolé est obligé de s'embarrasser d'accessoires ; la mesure de la base est difficile lorsqu'on doit opérer sur un terrain cultivé, couvert de vignes ou de grandes plantes^ Aucun de ces inconvénients ne se rencontre quand deux opérateurs sont reliés par un ni dont la longueur est exactement connue.

L'opérateur unique est obligé de se transporter successivement aux deux extrémités de sa base, ce qui empêche d'obtenir deux observations simultanées. Si le but est mobile, comme une troupe en marche, un vaisseau s'approchant d'une batterie, le déplacement du but entre les deux observations successives rend les télomètres à un seul opérateur complètement inutiles.

Quand l'observateur unique a fait la première observation, il peut, en se transportant à l'extrémité de la base, reconnaître qu'un obstacle lui cache le but; il faut tout recommencer. Les observateurs réunis se déplacent simultanément jusqu'à ce que chacun d'eux voie distinctement l'objet à viser. La répétition des mesures s'opère avec plus de rapidité dans ce système, puisqu'aucun déplacement n'est nécessaire. Il y a des télomètres moins précis, qui reposent sur ia mesure d'une hauteur constante à la distance inconnue. La lunette de Rochon est un appareil donnant une grande précision, mais assez délicat. On peut se contenter d'un angle découpé dans un carton qu'on tient à la main. Un cordon fixé au carton et dont on prend l'extrémité entre les dents permet de tenir ce carton à une distance constante de l'œil.

Le côté supérieur de l'angle porte des divisions indiquant, à partir du sommet, des distances kilométriques déterminées expérimentalement. Après avoir éloigné l'appareil de l'œil autant que te permet le cordon, on manœuvre le carton de façon à encadrer entre les côtés de l'angle un objet ayant sensiblement une hauteur qui a servi de base à la construction de l'appareil; c'est ordinairement la taille moyenne d'un fantassin. Le chiffre de la division à laquelle correspond la tête du fantassin indique la distance du point qu'il occupe à l'observateur. Dans une séance tenue le 10 janvier 1876, l'Académie des sciences de Paris s'est occupée de deux appareils télométriques, le iélumètre de poche a. double réflexion et la lunette télométrique, dus k M. Gaumet, et dont nous allons dire quelques mots. Le télomètre de poche consiste en une boite rectangulaire, renfermant un système de deux miroirs inclinés à 45° ; l'un de ces miroirs est rixe, l'autre est monté sur une alidade mobile. Le mouvement de cette alidade est produit et mesuré avec une très-grande exactitude au moyen d'ufie vis micrométrique pouvant accuser un déplacement tangentiel de 1/400° de millimètre. Le nombre de divisions qui se sont présentées devant un repère donne immédiatement la distance, au moyen d'une table collée sur l'instrument. t

' Deux visées à l'extrémité d'une base trèscourte constituent l'opération. La détermination d'une distance de plusieurs kilomètres n'exige pas plus de trois minutes et l'erreur

TELO

à craindre ne dépasse pas 0,02 de la distance. On peut de même mesurer la distance de deux points inaccessibles et se servir de l'instrument pour un lever rapide. C'est ainsi

3ue M. Gaumet a pu, du sommet de l'Arce-Triomphe, relever les points principaux formes par les monuments de Paris.

En somme, le télomètre de M. Gaumet est un instrument simple, esseniiellement portatif, d'un maniement commode et d'un prix extrêmement modique. Il pourra rendre de véritables services, non-seulement aux militaires, mais encore aux ingénieurs et aux voyageurs.

M. Gaumet a appliqué le même principe à la mesure d'un angle à l'aide de la vis micrométrique dans la lunette télométrique, instrument à réflexion simple pouvant servir à la fois comme lunette et comme télomètre.

TÉLOMÉTRIE s. f. (té-lo-mé-trî — rad. télomètre). Art de mesurer les distances. |j Oa dit aussi télémétrib.

TÉLOMÉTRIQUE adj. (té-lo-mé-tri-ke — rad. télomiilrie). Qui a rapport à la télométrie : Procédés télométriques. Il On dit aussi

TÉLÉMÉTRIQUË.

TELON s, m. (te-lon — du lat. tela, toile). Corara. Sorte de tiretaine dont on faisait un fréquent usage autrefois pour les vêtements des pauvres.

TÉLONE s. ra. (té-lo-ne). Antiq. gr. Fermier des impôts, chez les Athéniens.

— Encycl. V. télos.

TÉLONISME s. m. (té-lo-ni-sme — du gr.

télos, tin). Bibliogr, Nom d'auteur qui n'est indiqué que par des lettres terminales.

TÉLOPÉE s. f. (té-lo-pé). Bot. Genre da plantes, de la famille des protéacées, tribu des embothriées, compremint deux espèces, qui croissent en Australie. || On trouve aussi ce nom au masculin : Le télopée tronqué.

— Encycl. Les télopées sont d'élégants arbrisseaux, à feuilles éparses, entières ou dentées, et à fleurs rouges disposées en corymbes terminaux munis de bractées; le fruit est un follicule cylindrique, à une seule loge, renfermant des graines ailées. Ces végétaux croissent en Australie, et plusieurs sont cultivés dans nos serres. La télopée magnifique est haute de 2 à 3 mètres; elle porte des feuilles spatulées, d'un vert foncé, bordées de grandes dents inégales. Les fleurs, d'un beau rouge, forment un corymbe terminal arrondi et entouré d'un involucre. Cette espèce croît aux environs de Port -Jackson; elle produit un très-bel effet quand elle est en pleine floraison, ce qui a lieu en juin et juillet. La télopée tronquée se distingue de la précédente par sa taille plus petite et ses feuilles velues en dessous.

TÉLOPHORE s. m. (té-lo-fo-re). Ornith.

Genre d'oiseaux, formé aux dépens des piesgrieehes, et dont l'espèce type habite l'Afrique.

TÉLOS s. m. (té-loss — mot gr. qui signifie proprement fin). Antiq. gr. Nom de l'une des subdivisions de l'armée grecque. Il Contribution ordinaire, chez les Athéniens.

— Encycl. Antiq. gr. Nous ignorons de combien d'hommes se composait le télos chez les Spartiates et les Athéniens; mais Elien nous a appris ce qu'il fut en Macédoine. La plus petite subdivision de l'armée macédonienne, qui formait un rang de la phalange et se nommait tochos , était composée de 16 hommes; deux lochos formaient une dilocàie, qui comprenait par conséquent 32 hommes. Après la dilochie venait la télrarchie, formée de deux dilochies et comptant 64 hommes; puis la taxis, réunion de deux tétrarchies, qui avait par conséquent 12S hommes et correspondait à une de nos compagnies au complet. La taxis était suivie, dans I ordre ascendant des subdivisions, par la syutagme, formée de deux taxis, c'est-à-dire ue 256 hommes. Ensuite venait la pentacosiarchie, qui comprenait deux syntagmes et avait 512 hommes; puis la chitiarchie, formée de deux pentacosiarchies et comptant 1,024 hommes. Deux chiharchies, c'est-à-dire 2,048 hommes, faisaient un télos, et la réunion de deux télos produisait la phalange, qui se composait en conséquence de 4,096 hommes. Le télos était donc la plus grande subdivision de la phalange. Il faut remarquer que dans le nombre des hommes de chacune des subdivisions énumérées ci-dessus se trouvent compris les officiers, les trompettes, les enseignes, les hérauts et les surnuméraires, qui étaient cinq par chaque synlagme. On remarquera aussi que la force de la phalange ne resta pas toujours la même et qu'elle fut, par exemple, de 16,000 hommes sous Antiochus; il est évident que la force du télos et des autres subdivisions de la phalauge en subissait les variations diverses et qu'elles étaient toutes plus ou moins nombreuses suivant que la phalange se trouvait elle-même plus ou moins forte.

— Le mot télos avait encore un autre sens. Les contributions, dans la république d'Athènes, étaient de deux sortes, ordinaires et extraordinaires. C'était par les contributions ordinaires que le trésor public était alimenté d'une manière permanente ; ce n'était qu'en temps de guerre ou dans d'autres circonstances spéciales que l'on avait recours aux contributions extraordinaires.

Le mot télos dérivait du verbe telein ,

TELO

qui signifie proprement finir, accomplir et, par suite, finir un compte, payer. Il pouvait donc s'appliquer au payement de toute taxe et même de toute dette ; mais il s'employait surtout pour signifier le payement des contributions ordinaires. Cette sorte de contributions était divisée en deux espèces : l'impôt direct, sur la propriété ; l'impôt indirect, sur les marchandises et les vivres. Tout ce qui était importé à Athènes ou exporté de cette ville payait un droit de 2 pour 100. Les objets vendus dans les marchés étaient soumis a un droit sur le taux duquel nous ne sommes pas fixés. Les possesseurs d'esclaves payaient trois oboles pour chaque esclave qu ils vendaient ; l'esclave émancipé payait le même prix. Il y avait aussi un droit payé a l'Etat pur les prostituées. On doit compter, en outre, parmi les sources des revenus publics, le produit des mines et celui des terres que possédait l'Etat, soit par confiscation, soit à quelque autre titre. Il affermait ces terres, de même que les mines. Le prix convenu devait Être payé annuellement aux prytanes dans un délai déterminé. Quand un fermier laissait passer le délai snns payer sa dette, il devenait, s'il s'agissait d'un citoyen, alimos, c'està-dire qu'il était dégradé, puis il se trouvait exposé a toutes les conséquences qui menaçaient les débiteurs de l'Etat. On trouvait encore un revenu important dans les amendes que prononçaient les tribunaux. Nous rappellerons enfin les tributs que payaient aux Athéniens les peuples alliés, tributs qui constituèrent, au beau temps de la république, un revenu considérable et régulier. L'an 4 15 avant notre ère, on substitua à ces tributs un droit de 5 pour 100 sur tous les objets exportés ou importés par les alliés; on espéra réaliser par ce moyen des bénéfices plus larges que par lu taxe directe. Nous voyons ce droit prélevé en l'année 405; car il est fait mention dans les GrenouiVtesd'Aristophanedu percepteur entre les mains duquel onle payait alors. Mais bientôt il cessa, par suite de l'issue malheureuse de la guerre du Péloponèse, Toutefois, on le fit revivre peu de temps après, sous le nom de syntaxis, en lui donnant des bases plus équitables. Toures les contributions que nous venons d'indiquer formaient les contributions ordinaires et étaient comprises sous la dénomination de télos.

La plupart de ces impôts étaient affermés à des particuliers qui se chargeaient d'en percevoir le payement et qui versaient périodiquement dans le trésor public des sommes convenues à l'avance. Ces fermiers d'impôts étaient désignés sous le nom général de télones. Chacun d'eux avait, en outre, un nom particulier, suivant la taxe dont il avait entrepris le recouvrement. C'était par adjudication et au plus haut enchérisseur que l'Etat donnait les fermes d'impôts. Souvent elles étaient soumissionnées par des compagnies, mais toujours au nom d une seule personne chargée de les représenter devant l'Etat. On demandait aux fermiers d'impôts des garanties pour le payement des sommes qu'ils allaient devoir au trésor public. Des résidents étrangers se chargeaient fréquemment de ces entreprises , les citoyens ne les recherchant guère, à cause des daugers auxquels ils se trouvaient exposés dans le cas où l'opération ne pouvait s'accomplir d'une façon régulière. Le télone avait des pouvoirs considérables. C'est à lui qu'il appartenait d'empêcher la contrebande, de découvrir et de poursuivre les contrebandiers. Il surveillait les mannes et tous les lieux où se vendaient les marchandises diverses, afin d'empêcher les ventes clandestines ou contraires à la loi. S'il soupçonnait quelqu'un de frauder les droits du trésor public, il traduisait devant les tribunaux celui sur qui portaient ses soupçons. P'n certaines occasions même, il pouvait se saisir de sa personne et le conduire aux magistrats. Les devoirs qu'il avait à remplir exigeaient donc tout son temps; aussi était-il exempté du service militaire. Quelquefois les télones employaient des collecteurs d'impôts; mais ils étaient plus ordinairement leurs propres collecteurs. Tout ce qui regardait le télos se trouvait, en définitive, sous la juridiction du sénat. Les commissaires, nommes potelés, qui mettaient en adjudication la ferme des impôts et qui adjugeaient cette ferme, agissaient sous l'autorité du sénat. C'était dans le palais du sénat que chaque télone faisait ses payements. Quand il ne pouvait verser la somme au temps voulu, il devenait atimos, comme nous l'avons dit, s'il était citoyen. Dans tous les cas, il pouvait être emprisonné, et une information s'ouvrait contre lui. Toute dette qui n'était pas payée à l'expiration de la neuvième prytunie se trouvait par là même doublée. Si le télone finissait par être regardé comme insolvable, sa propriété devait revenir à l'Etat, et l'on procédait aux formalités de la confiscation. U ne lui était même pas permis de fournir des répondants pour la somme qu'il devait à l'Etat. On en agissait ainsi, du reste, envers tous les débiteurs du Trésor. C'est ce qu'il est facile de voir dans le discours de Démosthène contre Timocrata. Un vaisseau sur lequel se trouvaient trois députes athéniens s'était emparé d'un navire égyptien chargé de marchandises. Les députés, au lieu de remettre au Trésor les deniers provenant de la cargaison, les retinrent poureux-mèmes.s'exposant ainsi à payer le double de la somme et à rester en prison jusqu'au payement de

TELU

l'amende. Dans l'intérêt de ces députés, Timocrate proposa une loi qui permettait aux débiteurs du Trésor de fournir des répondants pourla somme due à l'Etat. Démostbène accusa Timoerate d'avoir proposé une loi contraire aux intérêts de la république et conclut contre lui a la peine de mort.

Les contributions extraordinaires n'étaient pas proprement comprises dans le télos ; on les trouve pourtant quelquefois désignées par ce mot. Ces contributions étaient payées par les triérarchies, par les symmories et par les liturgies. C'est pour l'ornement et l'équipement des galères que furent créées les triérarchies; d'abord, un seul citoyen fut chargé d'une galère ; puis, dans le cours du ve siècle avant J.-C, cette charge fut partagée entre deux citoyens, et, au siècle suivant, l'armement et l'équipement de chaque galère furent confiés à une symmorie. Les symmories comprenaient le.s plus riches citoyens de chaque tribu, divises en deux parties; dans la première étaient ceux dont les contributions étaient les plus élevées; dans la seconde, ceux qui payaient des contributions moins fortes. On partageait donc tous les citoyens riches en vingt symmories, et les sommes qu'elles fournissaient k l'Etat servaient k tous les besoins extraordinaires. Les liturgies comprenaient chacune un certain nombre de citoyens chargés de subvenir aux frais de services spéciaux, k la dépense des gymnases, des théories, des fêtes religieuses ou nationales, en un mot à tout ce que ne payaient ni les impôts ordinaires, ni les triérarchies, ni les symmories. L'ensemble de toutes ces contributions, soit ordinaires, soit extraordinaires, se trouve quelquefois désigné sous le nom de télos; mais il ne faut pas oublier que le télos, au sens propre de ce mot, ne doit s'entendre que de l'impôt ordinaire, soit direct, soit indirect.

TÉLOUARD s. m. (té-lou-ar). Sorte de cimeterre indou.

— Encycl. Le télouard, en usage dans presque toutes les parties de l'Inde moderne, est une arme très-redoutable dans des mains exercées. C'est un cimeterre large, bien trempé, affilé comme un rasoir et très-courbé à partir du milieu de la lame. Le fourreau est toujours en bois et en cuir; le métal émousserait la pointe de ce sabre. Le télouard étant une arme pour trancher, non pour percer, la poignée en est petite et le manche étroit, afin d'éviter qu'il tourne dans la main. Les indigènes sont, en général, beaucoup plus habiles k s'en servir que les soldats anglais, et quelquefois ils en font un si terrible usage qu'on ne saurait se le représenter si l'on n'en a pas été témoin. C'est un jeu pour eux de détacher une main d'un poignet ou de trancher une tête d'un seul coup. La tête, cependant, est rarement tout à fait séparée du corps; elle y reste ordinairement retenue par une petite bande de cartilage, ce oui rend cet horrible spectacle plus hideux même que la hideuse guillotine française.

TÉLOX1DE s. m. (té-lo-ksi-de — du gr.

telos, extrémité; oxus, aigu). Bot. Genre de plantes, de la famille des chénopodées, dont l'espèce type croît dans le nord de l'Asie et de l'Amérique.

TELTSCH, ville des Etats autrichiens (Moravie), a 28 kilom. S.-S.-0.d'Iglau,dans une plaine où se trouvent plusieurs petits lacs; 3,000 hab. Fabriques de draps.

TELECCINI (Mario), dit le Bernla, poète italien qui vivait au xvie siècle. On manque de renseignements sur sa vie , dont une grande partie s'écoula à.lacour d'Alphonse II, duc de Ferraie. Teluccini a laissé des ouvrages qui attestent sa fécondité, sinon l'élévation de son talent. Nous citerons de lui : Artemidoro, dovesi contengono le grandezzedegli antipodi (Venise, 1566, in-4°), roman en vers, en quarante- trois chants, dont le héros principal est un fils de Charlemagne et où l'on trouve, tous les paladins qui figurent dans le Roland furieux; Erasto (Pesaro, 1566, in-4»), poëme en neuf chants, imitation du Roman des Sept sages; Le Pazsie amorose di Rodomonte Secondo (Parme, 1568, in-4"), poëme en vingt chants, dédié k Alexandre Farnèse ; lnnamoramento di doi fidelissimi amanli Paris e Vienna (Gênes, 1571, in-40), poëme en dix chants, dont le sujet est puise dans un roman français, intitulé Paris et Vienne, dont il existe plusieurs autres imitations ou traductions italiennes.

TELUM IMBELLE SINE ICTU (Un trait impuissant et sans force), Seconde partie d'un vers de Virgile (Enéide, liv. II, v. 544). Troie est au pouvoir des Grecs, et le massacre des vaincus a commence ; un des fils de Priam, Polites, a été blessé par Pyrrhus, fils d'Achille; il s'enfuit et vient chercher un refuge près de l'autel où se tiennent Hécube et Priam, entourés de leurs autres enfants. Mais Pyrrhus poursuit sa victime, l'atteint et l'égorgé sous les yeux mêmes de ses parents. Le vieux Priam ne peut contenir son indignation; il s'écrie : «Que les dieux te punissent d'un tel crime, toi qui as répandu sous mes yeux le sang de mon fils ! Tu mens quand tu nommes Achille ton père 1 Achille se laissa fléchir k la vue de Priam, son ennemi ; il respecta las larmes d'un suppliant, les droits sacrés du malheur, rendit k la tombe la dépouille d'Hector et me renvoya libre au palais de mes aïeux, i

TEMA

Ainsi parle le vieillard, et il lance a Pyrrhus un trait impuissant et sans force : Sic faliis senior, telumque imbelle sine ictu Conjef.it

On rappelle souvent aussi en français le trait du vieux Priam.

« Des allusions fort peu voiléesfirentjustice de Clovis ressuscité pour mourir encore, et des théories du Discours au roi. Desinarets en vint aux injures. Boileau eut le bon goût de se taire. Son adversaire avait quatrevingts ans et mourait deux ans après avoir lancé contre son jeune vainqueur le irait de Priam, telum imbelle sine ictu. »

NlSARD.

« Si une femme essaye de me percer avec un poignard et que sa faible main ne réussisse pas même a déchirer mon habit, telum imbelle sine ictu, je ramasse le poignard et je le lui remets dans la main en souriant. » Jules Simon.

» « Dès que j'ai un moment de relâche k mes maux, je songe à porter les derniers coups à l'inf... ; mais les frères sont dispersés, désunis, et j'ai peur d'être comme le vieux Priam qvi lançait un trait inutile. La lettre de M. Daumart est à peu près de même; l'archevêque d'A-uch en rit; il a cinquante mille écus de rente. »

Voltaire.

■ Le passé finit de mourir; mais il meurt dans les angoisses et en quelque sorte dans l'opprobre, égorgé comme le vieux Priam au pied des autels domestiques, après avoir lancé un trait inutile contre sou farouche vuinqueur. Il n'entend autour de lui que la menace et l'outrage. ■

Ballanche.

• En général, ce fut dans le camp des royalistes que se déploya le plus d'esprit et de verve, et la victoire lui fût peut-être restée si elle eût pu être remportée à la pointe de la plume et adjugée aux mots heureux et aux saillies mordantes. Mais, dans les grandes crises des sociétés, l'esprit compte pour bien peu de chose, et les traits les plus acérés ressemblent au trait débite du vieux Priam; ils tombent k terre longtemps avant d'avoir atteint le but. »

Hatin,

TÉLURE s. m. (té-lu-re — du gr. têlonros, éloigné). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées phyllophages, dont l'espèce type vit en Australie.

TEMACIN, ville de l'Algérie. Elle est, après Tougourt, le ksour le plus important de l'Ouecl-Bir. C'est l'un des marchés où les produits du Sud viennent s'échanger contre ceux du Tell. On remarque k Temacin une mosquée qui. si l'on en croit l'iman El-Aïachi, date de 1 année 817 de l'hégire, c'est-à-dire de l'an 1405 de notre ère. Son minaret compte 84 marches. Temacin est à 13 à 16 kilom. S.-O. deTougourt, qui lui-même est k 16 kilom. S. de Biskara. En 1849, M. Prax évaluait la population de Temacin à 3,000 âmes. Il y avait remarqué de nombreux dattiers. Grâce k l'eau qu'on vient de trouver, sa prospérité va s'accroître. Le puits de Temacin a été nommé fontaine de la Bénédiction; il débite 35 litres d'eau & la minute. Un autre forage, entrepris à 2 ou 3 kilom. de là, à Tamelhat, n'a pas donné des résultats moins satisfaisants.

TÉMAMA.ÇA.ME s. m. (té-ma-ma-sa-me).

Mamm. Espèce de petit cerf du Mexique.

TEMANZA (Tommaso), architecte italien, né à Venise en 1705, mort en 1789. Fils et neveu d'architectes, il fit ses études mathématiques à l'école du Père Nicoio Comini et* du marquis Poleni et, k peine âgé de vingtdeux ans, fut attaché k la commission des ingénieurs, dont il devint le chef en 1742, en remplacement de Bernardine Zendrini. La part qu'il prit plus tard aux travaux de la commission hydraulique l'eng;igea pendant quelque temps dans une polémique assez vive, à laquelle donna lieu sa brochure intitulée : Dissertation sur l'ancien territoire de San-Ilario, dans le diocèse d'Olivolo (t77i in- fol.). Il y accusait les ancêtres des Padouans d'avoir détourné le cours de la Bienta. Cetto assertion, qui irrita fort les habitants de cette ville, fut réfutée par l'abbé Gennari dans une dissertation Sur l'ancien cours des fleuves à Padoue et dans ses environs (1777, in-40). Temanza n'eut pas de grandes occasions d'exercer son génie, car l'époque de grandeur de l'architecture vénitienne était alors passée. Il fut cependant chargé d'exécuter quelques édifices qui furent construits à Venise dans le cours du xvme siècle, entre au très l'église de Sainte-Marie-Madeleine, monument de l'ordre ionique, qui, tout en étant relativement assez pur comme style, est assez faible comme dessin. Citons encore, parmi ses autres travaux, la façade de Sainte-Marguerite à. Padoue, la Rotonde de Piazzolo et le pont sur la Bienta k Dolo. C'est surtout comme écrivain que Temanza est connu aujourd'hui. Ses

TÊM8

Vies des plus célèbres architectes et sculpteurs vénitiens qui vécurent au xvio siècle (Venise, 1778, in-4") se placent au premier rang parmi les ouvrages de ce genre, moins k cause du nombre de biographies que l'on y trouve, que par l'étendue donnée k chaque biographie, et, de fait, plusieurs d'entre elles, notamment celles de Palladio, Snnsovino.Seamozzi, etc., furent publiées séparément. On a encore de Temanza : Des antiquités de Rimini (Venise, 1741, in-fol.) ; Du plan ancien de Venise (Venise, 1781, in-40) ; Des arches et des voûtes et des règles générales de l'architecture civile, ouvrage qui fut publié seulement en JSU (Venise, in-8°), etc.

TÉMAPARA s. m. (té-ma-pa-ra). Erpét.

Un des noms vulgaires du genre sauve-garde.

TEMBLÈQUE, ville d'Espagne (Nouvelle- Castille), staùon du chemin de fer de Madrid k Alicante,k 52 kiloin.d'Arnnjuiz ; 3,200 hab. Il s'y fait un mouvement commercial important. On y reçoit, des montagnes de Tolède, sur des chars à bœufs, tous les charbons de bois de chêne qui se consomment k Madrid.

TEMBOUL s. in. (tain-boul). Bot. Nom in- 1 digène du bétel.

j TEMEDR 1er (Démétrius), roi de Géorgie, de la dynastie des Bagratides. mort en 1158. Il était prinre royal lorsqu'il lit éprouver une défaite complète à l'émir K.hliuh dans le Chirvan.Son père, David III, surnommé le Réparateur, étant mort en 1126, il monta sur le trône. Peu après, la ville d'Ani lui fut enlevée ; mais, en 1128, il se rendit maître de Khounun et de Dmanis, puis vainquit les Turcs k Gag, s'empara, k la suite d'un tremblement de terre, des portes de Gandja, qu'il lit transporter à Gulaih (1139), abdiqua en 1157 en faveur de son fils David IV et alla terminer ses jours dans un monastère.

TEMEDR 11, roi de Géorgie, de la dynastie des Bugratii.es, mort eu 1289. A la mort de son père David V (1273), il monta sur le trône sous la tutelle de Seinpad, chef de la famille des Orpéliuns. Ce ne fut pas sans peine qu'il parvint à se maintenir sur le trône; néanmoins, il parvint à triompher de ses ennemis intérieurs. Eu 1277, il amena des secours au roi des Mongols Abaka, prit part k la bataille d'Emèse, dana laquelle ce prince fut vaincu par Bibars, et reçut en récompense de ses services, d'Arghoun-Khan, lils d'Abaka, la souveraineté de la partie de l'Arménie située au nord de l'Araxe. En 1288, Arghoun l'appela k Tauris pour se justifier de l'accusation portée contre lui d'avoir pris part à la révolte de Bougatchin, s'empara de sa fortune et de Ses richesses et donna l'ordre de le mettre à mort,

TÉMÉNIS s. m. (té-mé-niss — du gr. temênis , sorte de vêtement). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, de la tribu des papilionides.

TÉMÉNOS s. in. (té-mé-noss — mot gr. dérive de temnô, je coupe). Antiq. gr. Enceinte sacrée, u Apanage; propriété rurale ayant une destination définie.

— Encycl. Les Grecs donnaient ce nom à un enclos dont les terres qui s'y trouvaient renfermées étaient consacrées aux dieux. Le mot léménos désigna d'abord simplement un champ séparé d'un autre par nue clôture. Dans les temps héroïques, il signifia plus spécialement les terres qui étaient données aux rois pour subvenir k leurs dépenses et qui formaient en quelque sorte la liste civile de ces siècles primitifs; il en était de même donné aux fils de 1 ois et à leurs gendres comme apanages. Ainsi, dans Vlliade (chant Vl), quand le roi de Lycie a marié sa fille à Beilérophou, le pottte ajoute : « Et les Lyciens lui choisirent uu téménos (un domaine), le meilleur de tous, plein d'arbres et de chumps, ufin qu'il le cultivât. » Au vingtième chaut, Achille, rencontrant Euée dans la uièlée, lui adresse ces paroles : ■ Euee, pourquoi sors -tu de la foule des gueniers? Desires-tu me combattre dans l'espoir de commander aux Tioyeus, dompteurs de chevaux, avec la puissance de Priamos? Mais, si tu me tuais, Priamos ne te donnerait point cette récompense, car il a des fils, et lui-même nest pas insensé. Les Troyeus.si tu me tuais, l'auiaiunt-ils promis un temenos excellent, où tu jouirais de tes vignes et de tes moissons? Mais je pense que tu le mériteras peu aisément, car déjà je t'ai vu fuir devant nia lance. • Le ieménus devint ensuite presque exclusivement une pièce de terre distraite do l'usage commun, entourée d'une clôture et réservée aux dieux. Dans l'Attique, il y eut, paialt-il, une quantité considérable de ces terres. L'Etat les affermait; le revenu était affecté entièrement k l'entretien des temples et aux frais du culte public. On donna quelquefois, par extension, le sens de temple au mot téménos.

TÉMÉRAIRE adj. (té-mé-rè-re — du lat.

temcarius; de temere, au hasard). Qui a une hardiesse imprudente : Un homme téméraire. Un esprit, un courage téméraibb. C'est la seule vanité gui nous rend téméraires; on ne l'es! point quand on n'est vu de personne. (J.-J Rouss.J -

• Ton insolence,

Téméraire vieillard, aura sa récompense.

Corneille.

— Inspiré, guidé, poussé par la témérité :

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