V. Gnidk
Tempio de la Poli (le), opéra-ballet en six entrées, paroles de QuinauK, musique de Lulli ; représenté à Fontainebleau, devant le roi, le 12 septembre 1685, et ensuite à Paris, par l'Académie royale de musique, au mois d'octobre de la même année. Voici ta distribution des rôles Jors de la représentation donnée a la cour; on y trouvera des noms de grands seigneurs et de grandes dames accolés à ceux de danseurs et de ballerines de l'Opéra. On s'amusait beaucoup alors. C'est ce que le poëte appelle, par la bouche d'Ainyntas et de Ménalqus : Charmant repos d une vie innocente.
Première entrée. Nymphes : M"ie la princesse de Conti et Mlle de Fienne.
Bergères ; Mlles Lafontaine et Desmâtins.
Bergers : M. le comte de Brione, les sieurs Pécourt, Lestanget Favier,
Deuxième entrée : Nymphes : Mm<s la cl uchesse de Bourbon, Mlle de Blois, Mlle d'Armagnac.
Bergères : Mlle d'Usez, Mme de Lewestein, M«c d'Estrées, la demoiselle Bréard.
Bergers : M. le prince d'Enrichemont, M. le chevalier de Sully, M. le comte de Guiche, M. le chevalier de Soyecourt.
Trois jeunes bergers : M. le chevalier de Chàteauneuf, les petits Lallemand et Magny.
Troisième entrée. Filles basques : Mn»° la duchesse de Bourbon, les demoiselles Laurent et Lepeintre.
Deux petits Basques .• M. le marquis de Chàteauneuf et le petit Magny.
Six grands Basques:M. le comte de Brione, les sieurs Pécourt, Lestang, Favre, Dumirail et Magny.
Quatrième entrée. Filles de Bretagne :
M">o la princesse de Conti, Ml'o de Pienne, Mlle Roland, les demoiselles Lafontaine et Bréard.
Bretons ; M. le comte do -Brione, le3 sieurs Pécourt, Lestang, Favier et Dumirail.
Cinquième entrée. Sauvages américains : M. le marquis de Moy, le sieur Beauchamp, les sieurs Pécourt , Dumirail , Joubert Magny, Favre, le petit Lallemand et le petit Magny.
Sixième entrée. Africaines : Mmo la duchesse de Bourbon, Mme la princesse de Conti, M'1» de Blois et MU" d'Armagnac.
Africains :M. le comte de Brione, les sieurs Pécourt, Lestang et Favier.
La majeure partie de cette oeuvre lyrique est un dithyrambe en l'honneur de Louis XIV, et la répétition de ces louanges hyperboliques est fastidieuse ; mais il y a des inter-
TEMP
mèdes charmants, notamment la scène suivante, admirablement traitée par Lulli.
SYLVIE
Qu'étesvous devenu, doux calme de mes sens?
Mille troubles secrets, sans cesse renaissants, S'agitent dans ce lieu paisible, Trop heureux un cœur insensible, A qui l'amour est inconnu I
Doux calme de mes sens, qu'etes-vous devenu ?
DAPHNIS
Je te suiveai toujours, trop aimable Sylvie ;
[pouvoir ; Tes beaux yeux sur mon cœur n'ont que trop de Quand il m'en coûterait le repos de ma vie, Je ne puis trop payer le plaisir de te voir.
SYLVtË.
Dans ces lieux fortunés tout doit être tranquille;
Que ne m'y laisses- tu rêver î Je cherche en vain la paix, mon soin est inutile;
Tu m'empêches de la trouver.
DAPHN1S
Tu veux me fuir, belle inhumaine !
Puis-je sans toi goûter les doux plaisirs Qu'une charmante paix ramène ?
Crains-tu d'entendre les soupirs D'un tendre amour dont tu causes la peine 1 Bergère insensible, as-tu peur Que mon mal ne touche ton cœur?