‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 15Chapitre 1004 sur 1042 · V. Zkndjani · texte numérisé non relu

V. Zkndjani

ZÉNIC s. m. (zé-.iik). Alchira. Mercure phi' iosophal.

— Zooph. Syn. t":e xbnib.

ZÉNIK s. m. (zénik). Maram. Nom donné ft un mammifère Carnivore, qui paraît être le même que le siu-icute.

ZÉNINiEN, IENNE (zè-ni-ni-ain, iè-ne).

Zooph. Syn. de xÈsimm, ibnus.

ZÉNITH s. m. (ié-iiitt — mot corrompu de l'arabe séeint, chemin, route que l'on tient, droit chemin. Pou? désigner le zénith, les Arabes disent semtubras, c'est-à-dire lieu du sommet. Nous uuiions donc non-seulement corrompu, mais encore tronqué l'expression arabe. L'expression al semt nous a fourni aussi le mot azimut), Astron. Point du ciel situé au-dessus de la tête de l'observateur, dans le prolongement du rayon terrestre mené par ses pieds ; Da-is tous les points compris entre les deux tropiques, le soleil passe deux fois par an au zéni'.'h, (Fr. Pillon.)

— Fig. Point culminant, perfection :

Il semble...

' Qu'ils ont seuls ici-bas trouvé la pie au nid. Et que des hauts esj rits le leur est le zénith,

RÉOMIBR.

ZÉNITHAL, ALEailj. (zé-ni-tal,a-le — rad. zénith). Astron. Qui appartient au zénith: Point zénithal. La lutitude d'un lieu terrestre est égale à la distance zénithalk de l'équateur céleste. (L. Figuier.}

— Encycl. Pour un point quelconque du globe, le zénith est le point où la verticale du lieu rencontre lu sphère céleste au-dessus de l'horizon; à proprement parler, c'est le point situé à l'infini sur a normale au sphéroïde terrestre passant sur l'observateur. On a adopté comme système de coordonnées célestes des angles disfinis et rapportés a trois axes qui sont la verticale, ia méridienne et la perpendiculaire au méridien passant par le point considéré, L'un des angles est le dièdre formé avec le méridien par le plan vertical contenant .'astre, l'autre angle est celui que forme a\ec la verticale le rayon visuel de l'étoile. L angle dièdre est l'azimut; un le compte de oo k 3600 à partir du raériiien ; l'angle plan ;st la distance zénithale ; on la compte de û« .i 180» sur le demi-grand cercle fictif de la sj-hère céleste.

Les coordonnées zénithales sont très-faciles & mesurer; la direction de la méridienne ayant été obtenue une fois pour toutes pour ua point fixe cential d'où l'on fait la série des observations, la verticale étant la direction la plus simplement connue, les plans azinmtaux sont parfaitement définis et l'azimut s'en déduit simplement. Le théodolite est l'instrument qui sert à mesurer les coordonnées. Les formules il'Eulerqui permettent de déterminer les coordonnées d un point par rapport à trois axes rectangulaires, connaissant celles qu'il u p r rapport a trois autres axes de même origins, rendent facile la transformation des coordt nuées zénithales ou coordonnées géographie ues ou monographiques.

En géodésie, la recherche de Ta distance zénithale et de l'a.iimut prend un intérêt particulier a cause des corrections délicates qu'il convient ici de faire subir aux mesures et qui n'avaient aucune importance dans les mesures célestes, c'est-à-dire les réductions des coordonnées au sommet du signal.

ZÉNITHlCûLE s. m. (zé-ni-ti-ko-le — de zénith, et du lai. coto, je cherche). Eutom. Genre d'insectes coléoptères, de la famille des malacouermes, tribu des clairones.

ZENKÉRIË s. f. (iain-ké-rî — de Zenlcer, savant uliem.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des lègummtuses, tribu des uésalpittiées, dont l'espèce .ype croit au Brésil.

ZENLIE s. in. (zonn-lt — mot indigène). Munira. Nom vulgaii e du chacal, au Cap de Bonne-Espérance.

ZENNAR s. m. (ainu-uar). Bande d'étoffe rouge, en coton ou en soie, qui se place entre deux pièces noires, pour former un malayah. ou voila a t'us iga des femmes fellahs de l'Egypte.

ZENNE& (Godefi'i)i), philologue et jurisconsulte allemand, né à Altenbourg en 1659> mort à Leipzig en L7Ï1. 11 lit d'abord l'éducation de jeunes seigneurs avec qui il voyagea en Allemagne, lit ensuite auditeur près de quelques régiments de Saxe-Uobourg, devint eu 1700 secrétaire du cabinet et des archives à Anhalt, occjpa lougteinps ce poste, et, après avoir habitu pendant quelque temps la Hollande et le Hanovre, se retira à Leipzig, où il mourut. On a de lui un certain nombre d'écrits dans lesquels on trouve des vues

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originales et ingénieuses. Nous citerons : Avis pour la science du monde, la géographie et l'histoire; Lettres interceptées ; Lettres secrètes; V Europe bouleversée à la mort du roi Guillaume ; la Nouvelle Europe ou l'Ancien monde dans le Nouveau; Nouvelles mensuelles du monde savant (1692-1697); Parnasse du printemps, d'été, d'automne, d'hiver (1693-1696).

ZENNETt (Albert), théologien allemand, né à Cosûitz, mort dans la même ville en 1670, se livra à l'enseignement du droit canon. Ses principaux ouvrages sont : Metàodus impugnandi et propugnandi philosopkiam tkomisticam; Armamentarium evanuetico-tkomisiieum; Manuale compendium veritatum, etc.

ZENO (Raniero), doge de Venise, mort en 1268. 11 avait été podestat de Fermo lorsqu'il succéda, en 1252, à Marino Morosini. Ce fut pendant son passage au pouvoir que commença, à propos de la possession d'une église à Saint-Jean-d'Acre, vers 1256, une guerre acharnée entre Venise et Gênes, guerre dont le véritable motif était une question de suprématie commerciale. Les Génois s'allièrent avec l'empereur grec Michel Paléologue, firent chasser de Gonstantinople les Vénitiens qui s'y étaient établis, ravagèrent les comptoirs de la Syrie et détruisirent La Canée. Les Véniliens remportèrent sur les flottes génoises, dans l'Archipel et l'Adriatique, plusieurs victoires chèrementaehetées; l'empereur grec abandonna alors Gênes et signa la paix avec Venise; mais les Génois n'en continuèrent pas moins une guerre de corsaires. Sur les entrefaites mourut Zeno, qui fut remplacé par le doga Tiepolo, et l'année suivante, en 1269, une trêve bientôt rompue fut signée entre les deux républiques.

ZENO (Charles), grand amiral de Venise, de la famille du précédent, né vers 1334, mort à Venise en 1418. Tout enfant, il reçut du pape une prébende à Patras, puis se rendit a Padoue pour y faire ses études. S'étant lié avec de jeunes libertins, il perdit son argent au jeu, se jeta alors dans la carrière des armes et servit pendant cinq ans divers princes italiens. Zeno passa ensuite en Grèce pour prendre possession da sa prébende de Patras et combattre contre les Turcs. Mais, à la suite d'un duel, il renonça à la carrière ecclésiastique, se maria, passa à Constantinople et s'adonna k des spéculations commerciales. A cette époque, il entra en relations avec l'empereur Jean VI Paléologue, captif à Anemour et lui proposa de tenter de le délivrer, à ta condition qu'il céderait aux Vénitiens l'Ile de Ténédos (1376). Après avoir vainement essayé de rendre la liberté à l'empereur, il prit, cette même année, possession de l'Ile qui lui avait été concédée. En 1377, Andronic, empereur de Constantinople, voulut lui enlever cette possession ; mais Zeno le força à se rembarquer. Sur les entrefaites éclata la guerre de Chiozza entre les Hongrois , les Génois et les Pa-r douaus d'un côté et les Vénitiens de l'autre. Zeno fut alors chargé par le doge de défendre Trévise contre les Hongrois. En 1379, il reçut le commandement de huit galères, après la bataille navale de Pola, croisa dans I les parages de la Sicile, prit ou brûla de nombreux vaisseaux génois, ravagea les côtes de la Ligurie, alla chercher à Béryte un convoi considérable de marchandises, que les Vénitiens n'osaient faire venir en Europe, apprit à Chypre que Venise était bloquée par les Génois et défendue à grand' peina par l'amiral Pisani, fit force de voiles et sauva la république. La paix ayant été conclue avec Gênes en 1331, Zeno se rendit en Loinbardie sur la demande de Galéas Viscouti, fut nommé gouverneur de Milan, représenta ce prince comme ambassadeur eu France et eu Angleterre et revint au bout de cinq ans à Venise, où il devint avogador du commerce et procurateur de Saint-Marc. Chargé, en UÛ3, de surveiller le maréchal Boucicaut, qui commandait une Hotte française sur les côtes de la Morée, il le rencontra près de Modon et le battit complètement. L'année suivante il passa à l'armée de terre et prit le commandement des troupes envoyées contre François de Carrare, seigneur de Padoue, à qui il enleva sa souveraineté et qui perdit bientôt après la vie. Lors du pillage du palais de ce prince, on trouva sur les registres de sa chancellerie qu'il avait payé 400 ducats à Zeno. La position de Zeno qui était alors le personnage le plus considérable de la république, l'intégrité dont il avait constamment fait preuve auraient dû le mettre à l'abri de tout soupçon. Il n'en fut point ainsi. Dénoncé au conseil des Dix comme s'étant laissé corrompre, vainement il déclara que ces 400 ducats n'étaient que la restitution d'une somme jadis prêtée par lui h François de Carrare lorsqu'il était prisonnier, il fut dépouillé de toutes ses dignités et condamné à deux ans d'emprisonnement (1406). Eu sortant de prison, il se rendit en Palestine, fut appelé en 1410 au secours des Lusignan de Chypre qu'il délivra des Génois, puis retourna à Venise, où il employa à la culture des lettres ses dernières années, tourmentées par toutes sortes d'infirmités, la goutte, la pierre et la cécité. Ce grand ■homme avait quatre-vingt-quatre ans lorsqu'il mourut.

ZENO (Nicolas et Antoine), frères du pré-

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cèdent, célèbres par leurs explorations et leurs aventures dans les lies du Nord. Ils étaient nés à Venise entre 1326 et 1340 et moururent, le premier vers 1395, le second après 1405. Le nom de Nicolas apparaît fréquemment dans l'histoire de Venise, de 1365 à 1388. En 1365, il prit une part active à l'élection du doge Cornaro, fut, en 1367, l'un des députés envoyés par le sénat de Venise à Marseille pour ramener le pape à Rome, commanda, en 1379, une galère pendant la guerre de Chio^zia, et, en 1388, fut chargé avec deux autres nobles d'aller recevoir du seigneur de Padoue la cession da la ville de Trévise. Il disparaît ensuite de l'histoire de Venise et le reste de sa vie n'est connu que par un ouvrage, qu'un de ses descendants publia en 155S. D'après cet ouvrage, Nicolas Zeno s'étant embarqué sur un bâtiment qui lui appartenait, dans le but de se rendre en Angleterre et dans les Flandres, fut jeté hors de sa route par une tempête et fit naufrage sur les côtes de l'île de Prisland. Là, il fut recueilli, ainsi que ses compagnons, par un prince nommé Zichmni, seigneur de Portland, au service duquel il entra en qualité de pilote. Au bout de deux ans, ayant été appelé à de hautes dignités en récompense de ses services, il écrivit h son frère Antoine de venir le rejoindre, ce que ce dernier fit aussitôt. Antoine arriva dans l'Ile, selon toute probabilité, vers 1391 et y demeura pendant quatorze ans au service du prince Zichmni. Son frère était mort deux ans après son arrivée. La relation des voyages des frères Zeno, qui, ainsi que nous l'avons dit, ne fut publiée qu'en 1558, mentionne encore, outre les Iles de Prisland et Portland, celles de Grislond, Engroneland, Bress, etc. On a supposé que ces dénominations s'appliquaient à celles que nous appelons aujourd'hui FeroB, le Groenland méridional, le Labrador, Terre-Neuve, etc. Mais les vives discussions auxquelles les géographes se sont livrés à ce sujet n'ont pu rien éclaircir, faute de dates et de désignations suffisantes, et il est même certains auteurs qui regardent les voyages des frères Zeno comme une invention due à l'imagination de leur descendant. Cette opinion est très-plausible.

ZENO (Jacques), littérateur italien, petitfils de l'amiral Charles, né à Florence en 1417, mort en 1481. Après avoir pris le grade de docteur à Padoue, il revint dans sa ville natale pendant le concile tenu dans cette ville en 1439, entra au service du pape, qui le nomma référendaire apostolique, se signala bientôt comme un des premiers orateurs de son temps et devint successivement vicaire apostolique, évêque de Bellune et de Feltre (1447), enfin évêque de Padoue (1459), où il termina sa vie. On a de lui : De vit a, moribus, rebusque gestis Caroli Zeni, biographie de son aïeul qui fut publiée pour la première fois en italien dans la collection des historiens de Muratori et dont une traduction latine avait été précédemment publiée par Querini (Venise, 1544); VittB summorum pontificum, ouvrage dont le manuscrit se trouve à la bibliothèque Arabrosienne et dans lequel les bollandistes ont beaucoup puisé; enfin des discours, des thèses, des dissertations, qui n'ont point été édités.

ZENO (Caterino), voyageur et diplomate vénitien, petit-fils d'Antoine Zeno, mort vers la lin du xve siècle. Son père, Pierre Zeno, dit il Dragone, était mort à Damas après avoir visité l'Arabie et la Perse. En 1472, Caterino, qui avait épousé Violante Crespo, parente de David Comnène et alliée d'Ouzoun- Haçan-Beg , roi de Perse , fut envoyé par la république de Venise comme ambassadeur auprès de ce souverain. Il se rendit en conséquence à Tauris, où it reçut d'Ouzoun- Haçan l'accueil le plus flatteur et jouit a la cour de ce prince d'une plus grande liberté qu'aucun des Européens qui l'y avaient précédé. Il en profita pour recueillir des renseifnements intéressants sur les moeurs des abitants de cette contrée et sur les événements qui s'étaient passées depuis l'avénement d'Ouzôun , puis visita une partie de l'Arabie. Au bout de quelques années, après avoir rempli sa mission, il revint à Venise et y publia la relation de ce qu'il avait vu. Plus tard il retourna en Orient où il mourut, on ne sait en quelle année. Le livre qu'il avait fait paraître sur son voyage en Perse était devenu si rare, un demi-siècle seulement après sa mort, que ni Ramusio ni son neveu Nicolas Zeno ne purent s'en procurer an exemplaire. Ce dernier chercha à combler cette lacune en écrivant une relation des aventures de son oncle d'après les lettres qu'il avait écrites à ses amis pendant son absence. U la publia sous le titre de Dei commentari del viaggio di Persia. di Caterino Zeno (Venise, 1558, in-8<>) et y joignit l'histoire des voyages de Nicolas et d'Antoine Zeno. — Le neveu de Caterino, Nicolas Zeno dont nous venons de parler, né en 1515, mort en 1575, fut renommé de son temps pour' son éloquence et pour ses connaissances étendues en mathématiques et en cosmographie. On a da lui un traité Dell' origine di Venezia ed antiquissima memoria de' Barbari. — Un autre Antoine Zeno, parent et contemporain des précédents, fut un des philologues distingués de son temps. Il pu-

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blia, entre autres écrits : Commentarius in conctouem Perïclis et Lepidi ex Thucydide et Sallustio (Venise, 1560, in-4°).

ZENO (Pierre -Catherine), écrivain italien, clerc régulier de la congrégation des somasques, né à Venise en 1666, mort dans la même ville en 1732. Il entra dans l'ordre des somasques, reçut la prêtrise, professa la rhétorique et la philosophie et succéda, en 1718, à son frère Apostolo, lorsqu'il se rendit à Vienne, comme rédacteur du Giomale de' Utterati, fondé en 1710. L'ardeur avec laquelle il se mit à ce travail affaiblit sa santé et il dut renoncer, au bout de dix ans, à en poursuivre la publication. Pierre Zeno connaissait à fond le latin et l'italien qu'il écrivait avec autant d'élégance que de facilité. Il devint membre de "Académie des Arcades sous le nom de Caunio Straziano et de l'Académie des Assorditi d'Urbin. C'était un savant aussi laborieux que modeste, qui remplissait ses devoirs religieux avec une extrême ponctualité. Indépendamment du Journal de la littérature, qui comprend îo volumes, on lui doit des remarques anonymes sur les poésies de Jean délia Casa, des remarques en latin sur deux histoires de la vie d'André Morosini; des traductions de la Logique d'Arnauld, de quelques Sermons de Bourdaloue, etc.

ZENO (Apostolo), poète, littérateur et critique italien, frère du précédent, né a, Venise en 1668, mort dans la même ville en 1750. Orphelin dès son enfance, il fut élevé par les soins de son oncle Zeno, évêque de Capc-d'Istvia, qui le plaça dans un collège de somasques, où il fit de rapides progrès. Dès l'âge de dix-huit ans, il composa de petits poèmes italiens : l'Incendie de Venise, la. Reddition de Modon, la Conquête de Navarin, écrits avec facilité, mais entachés du mauvais goût du temps. Le jeune poôte ne tarda point toutefois à être frappé de ce qu'il y avait de puéril dans les concetti et le clinquant littéraire alors k la mode et résolut, après avoir lu les classiques latins, Dante et Pétrarque^ de faire une guerre acharnée au mauvais goût, de ramener les belles-lettres aux véritables conditions de l'art. C'est dans ce, but que, de concert avec quelques amis, Salvini, feedi, Magliabeccbi, it fouda 'a Venise, en 1691, l'Académie degli Animosi (des courageux), puis entreprit, en 1710, la publication du Giornale de' liiierati dont il fit paraître 20 volumes dans l'espace de huit ans, afin de propager les notions de la saine critique. A cette époque, les libretti d'opéras n'étaient que des bouffonneries sans plan ni style. Zeno entreprit de commencer par là sa réforme. Sa première pièce, Gli lnganni felici, représentée à Venise en 1695, obtint un succès bien fait pour l'encourager, et son Temistocle (1696), que suivit Lucio vero (1700), étendit sa réputation non-seulement en Italie, mais encore en Allemagne. A partir de ce moment, de tous côtés on lui demanda des drames et il dut s'adjoindre comme collaborateur Petro Pariati, qui l'aidait à versifier les sujets dont il avait fait le plan. Mais comme il vivait de sa plume, comme les œuvres littéraires étaient à cette époque d'un très-médiocre revenu, connue ses libretti et son Giornale de litterati ne lui procuraient que de médiocres ressources, il demanda et obtint pour vivre une plaça de prieur dans le vieux lazaret (1711), puis celle de gouverneur de la douane de mer (1716). Ce dernier emploi, prenant trop de temps pour qu'il put se livrera ses goûts littéraires, il s'en démit l'année suivante et sollicita, mais en vain, lesj fonctions de bibliothécaire de Saint-Marc. S'étant vu préférer un homme d'un mérite douteux, Zeno accepta les offres brillantes que lui avait faites, l'empereur Charles VI (1718). Pendant son voyage à Vienne, il fit une chute de voiture, se brisa la jambe et demeura boiteux. Arrivé dans la capitale de l'Autriche, le poète italien y reçut le plus brillant accueil , fut nommé poeta csesareo, historiographe impérial et obtint une pension considérable, qui le mit pour toujours à l'abri du besoin. Pendant les onze années qu'il passa à Vienne, Apostolo Zeno composa dix -neuf pièces sur des sujets profanes et dix-sept sur des sujets sacrés, qui pour la plupart furent misea en musique par Caldora. En 1729, las du grand monde, désireux de repos, le célèbre poëte reprit la route d'Italie et se fixa définitivement, en 1731, à Venise, où il coula des jours tranquilles, partageant son temps entre ses études favorites et ses amis. Il forma une belle bibliothèque qu'il légua aux dominicains dette Zattere, près de Venise. Zeno entretint une correspondance active avec ua grand nombre de savants et de lettrés italiens et étrangers. « Grand connaisseur en fait d'antiquités, dit Noël, bon critique, il joignait aux talentsde l'esprit les qualités du cœur. Sa candeur, sa franchise, son affabilité, la douceur de son commerce lui avaient concilié tous les cœurs, et les anecdotes littéraires dont sa mémoire était ornée rendaient sa conversation aussi piquante qu'instructive. > Zeuo joignit au sentiment de l'art dramatique et au talent de l'invention une fécondité rare, mais son style se ressent souvent de la rapidité de son travail et les intrigues de ses pièces sont souvent lentes, compliquées et embarrassées. Zeno fut regardé comme le plus grand poëte lyrique de Hltalie, jusqu'au jour où Métastase vint ba-

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lancer sa réputation, qui s'efface complètement aujourd'hui devant celle de son rival. Du reste, il ue se montra pas jaloux des succès de ce dernier et le désigna lui-même au choix de l'empereur comme son successeur. 11 a laissé soixante-trois pièces dramatiques, qui ont été publiées sous ce titre : Poésie dramaticke (Venise, 1744, 10 vol. in-8<>) et dont 8 ont été traduites en français par Bouchaud (Paris, 1758, 2 vol, in-8«). Il faut encore citer parmi ses oeuvres littéraires : La Resa di Madone (Venise, 1687); La Conquista di Navarino (Venise, 1687) ; Compendio del vocabolario délia Crusca (Venise, 1705) ; Poésie sacre dramatiche (Venise, 1735); DUsertazioni Vossiane (Venise, 1752-1753, 2 vol.), additions à l'ouvrage de Vossius sur les historiens vénitiens; Compendio délia storia délia republica di Venezia (Venise, 1774), etc. Il s'était aussi occupé d'études géographiques et philosophiques, ainsi que le prouvent ses ouvrages intitulés : Mappemondo istorico, continuazione dell' opéra del Padre Foresti (Venise, 1704), et Lettere al Fontanini intorno la grand' opéra délie meditazioui filosofiche di B. Treoisan (Vienne, 1704). Après sa mort, ses Letlere furent recueillies et publiées par Forcellini (Venise, 1752, 3 vol.), nouvelle édition revue et augmentée par Moielli (Venise, 1785, 6 vol.). — Son frère aîné, Pietro Caterino Zeno, né à Venise en 1666, mort en 1732, entra de bonne heure dans les ordres et professa la rhétorique à Murano, puis la philosophie à Venise. Lorsque son frère partit pour l'Allemagne, il prit la direction du Giornale de' litterati dont il publia les tomes XXIX a XXXVIII. On a encore de lui des traductions de la Logique d'Arnaud et de quelques sermons de Bourdaloue, ainsi qu'une édition des poésies de Jean délia Casa (Venise, 1788-1729, & vol.). ZENOB (Clag), prélat arménien, né en Syrie j il vivait au rve siècle de notre ère. Après avoir été secrétaire de saint Grégoire, il devint évêque, fonda le célèbre monastère de Clag et occupa pendant vingt ans son siège épiseopal. On lui doit, outre un grand nombre d'Homélies dans lesquelles on trouve des détails historiques importants, une Histoire de la province de Ûarou, réimprimée à Constantinople (1719, in-12).

ZKiVOBE (saint), prélat italien, né vers 334, mort vers 415. Il fut converti au christianisme par Théodore, évêque de Fiésole, puis convertit lui-même sa famille. Doué d'une éloquence entraînante, il s'adonna avee ardeur à la prédication, défendit les décisions du concile de Nicée contre les hérésies envahissantes et se signala par l'ardeur de sa foi lorsque Julien voulut rétablir le paganisme dans J'empire (361). Recommandé par saint Ambroise au pape Damascènè, Zénobe fut appelé à Rome, nommé diacre de l'Eglise romaine, envoyé comme légat à Constuntinople, puis sacré évêque de Florence. Une dissertation sur la vie de ce personnage que l'Eglise a canonisé, se trouve dans le voyage d'HippopAite et Chariton, imprimé dans les Deticue eruditorum de J. Lami.

ZÉNOBIE s. f. (zé-no-bl — nom de femme). Eutom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, tribu des noetuides, dont l'espèce type habite la Guyane.

— Crust. Syn. d'iDOTÉB.

— Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des éricinées, tribu des andromédées, formé aux dépens des andromèdes, et comprenant des espèces qui croissent dans l'Amérique du Nord.

ZÉNOBIE, épouse de Rhadamiste, roi d'Ibérie, et tille de Mithridate, roi d'Arménie, qui vi vuit au i«r siècle de notre ère. Son époux, qui avait fait périr son beau-père, fuyait devant les Arméniens soulevés ; comme elle était enceinte et ne pouvait plus supporter les fatigues de la route, elle pria Rhadamiste de la soustraire par une mort honorables aux outrages et à l'avilissement de l'esclavage qui l'attendait si elle tombait entre les mains de ceux qui les poursuivaient. Rhadamiste la poignarda et jeta son corps dans l'Arase. île courant du fleuve la déposa sur la rive; des pâtres la recueillirent et, comme elle respirait encore, lui donnèrent des soins et la conduisirent à Tiridate, roi d'Arménie, qui l'accueillit avec bonté (53 de notre ère).

Ce fait, qui tient plus de la légende que de l'histoire, est cependant raconté par Tacite, l'historien des Annale» et de la Vie d'A~ gricola.

C'est sur l'épisode dramatique que nous venons de conter qu'a été écrite la tragédie de Mhadamiste par Crébillon, substituant ainsi la terreur au sublime de Corneille et au sentiment de Racine, deux éléments dramatiques dont le spectateur était las.

ZÉNOBIE (Septimie), célèbre reine de Palmyre; elle était fille d'Amrou, prince arabe de la partie méridionale de la Mésopotamie, et épousa eu secondes noces le fameux Odénath, chef des tribus arabes du désert de Palmyre et sénateur de cette ville. Elle partagea tous les dangers de son époux pendant ses guerres contre Sapor et dans ces expéditions brillantes où les Arabes semblaient préluder aux conquêtes de l'islamisme. Le génie militaire de cette race annonçait déjà, en effet, l'essor qu'il devait prendre sous les califes. Odénath , aprè3

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avoir repoussé les invasions des Perses et des Scythes, avait reçu de Gallien les titres de général de l'Orient, dont il était en réalité le maître, et même d'Auguste, lorsqu'il périt assassiné et peut-être à l'instigation de son épouse. Zénobie prit alors le titre de reine de l'Orient (267), continua les conquêtes d'Odénath, résista vaillamment aux léfions da Gallien et étendit la domination de almyre de l'Euphrate à la Méditerranée et des déserts de 1 Arabie jusqu'au cœur de l'Asie Mineure. Ses troupes remportèrent même quelques avantages sur les Romains en Egypte.

Le peu de renseignements que nous possédons sur cette femme extraordinaire nous la dépeignent comme possédant les qualités les plus opposées, ou aspirant à les posséder, afin sans doute de concilier les éléments hétérogènes dont se composait son empire. Sobre et courageuse comme les Arabes, elle imitait en même temps le faste des Perses, parlait avec facilité le syriaque, l'égyptien et le grec, favorisait les juifs sans persécuter les chrétiens, faisait donner à. ses fils une éducation toute romaine, pendant qu'ellemême haranguait ses troupes à la manière des généraux romains, bras nus et le casque en tête, cultivait les lettres grecques, attirait à sa cour les poètes et les savants de cette nation et accordait au rhéteur Longin le plus grand crédit.

Il y a toute apparence que cette préférence donnée aux civilisations de l'Europe dut éloigner d'elle ces tribus d'Arabes qui avaient fait sa force et celle d'Odénath. C'est du moins ce qu'on peut conclure de l'examen du récit des revers qu'elle éprouva dans la suite.

Pendant la courte période de son règne (267 à 272), Palmyre fut comme la capitale de l'Orient; ses habitants, enrichis par le commerce et pur les dépouilles des peuples vaincus, l'ornèrent, sous iesyeux de Zénobie, de ces monuments prodigieux dont les voyageurs admirent encore les débris après quinze siècles de mutilations. Le porphyre, le marbre, l'or, prodigués avec une magnificence inouïe, mis en oeuvra par des artistes grecs ou imitateurs des Grecs , en avaient fait une des merveilles da l'Orient, la Babylone du désert, comme Zénobie était elle-même une autre Sémiramis.

Cependant, Aurélien, après avoir vaincu les Germains et les Vandales, songea à ramener sous 4a domination romaine Ses contrées dont s'était formé le royaume de Palmyre. Zénobie vint hardiment à sa rencontre. Vaincue près d'Antioehe et a Emèse, elle fit une retraite habile , en même temps qu'elle lançait contre les légions les hordes de Bédouins du désert de Syrie; contrainte cependant de s'enfermer dans Palmyre, elle y fut suivie par Aurélien, qui emporta la ville après un siège meurtrier. La reine, montée sur un dromadaire , s'enfuit vers l'Euphrate; mais, atteinte par les cavaliers romains, elle fut ramenée à l'empereur, qu'elle étonna d'abord pur l'énergie de ses réponses. Toutefois, intimidée par les cris de mort des farouches Illyriens qui composaient les légions, elle sentit fondre son courage; le héros lit place à la femme et, pour sauver sa vie, livra tous ceux qui lui avaient conseillé la résistance. Emmenée a Rome, elle se laissa mourir de faim sur la route, si l'on en croit Zosime ; mais, suivant Vopiscus, elle orna, chargée de pierreries, le triomphe d'Aurêlienj qui lui donna ensuite a Tibur une retraite, ou elle termina ses jours. La ruine de Palmyre suivit de près la chute de celle qui l'avait élevée si haut. Cette cité arabe, qui dressait orgueilleusement ses édifices grecs au milieu de sa mer de sable, comme une Venise du désert, essaya dans la même année de secouer le joug des Romains.

Vaincue, elle fut presque entièrement dévastée. Le petit nombre d'habitants échappés au massacre obtint la permission d'habiter ses débris; mais son importance fut à jamais perdue, et elle décrut obscurément, dévastée de siècle en siècle par les hordes de barbares, jusqu'à ce que les Turcs vinssent camper au milieu de ses ruines désertes, mais encore majestueuses.

Zénobie (Zenobià), opéra italien, livret de Métastase, musique de D. Guglielmo Sbacci ; représenté sur le théâtre de Sant'-Angiolo, a Venise, en 1740. Cette tragédie lyrique du grand poôte italien eut un immense succès. Plusieurs compositeurs mirent en musique les airs dont voici l'indication : Oh almen, qualor si perde; Cada l'indegno, o miri; /testa in pace, e gli aslri amici ; Di ricehe gemme e rare; lasciami, o ciel pietoso, Ch'io parta? àf'acchelo; Vi conosco, amate stelte; Non so, se la speransa; Ho. negli occM un taie incanto ; Va ti consola, addio , duetto ; Quel geloso, incerto sdegno ; Perché, se re tu sei, duetto; Oh cite [elici pianti ; Non respira, che rabbia, e veleno; Salvo tu vuoi lo sposo; Voi leggete in ogni core ; Ah perché, s'io tidetesto ; Pace una voila, e calma; Si sojfre una tiranna; Pastorella, io giitrerei; Fra lutte le pêne; le chœur E menzogna il dir,che amore, et un air final de circonstance : Quai de' tuoi pregi, Elisa.

Zénobie retirée de l'Arase, groupe de marbre, par M. Marcellin; Salon de 1859. Un jeune homme vient de retirer des eaux du fleuve la reine d'Arménie et se penche

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vers elle avec une naïve émotion. Le corps de Zénobie fléchit et s'affaisse : la mort est exprimée avec une vérité saisissante, mais la beauté persiste dans la mort. • Ce groupe, a dit M. Zacharie Astruc , est largement traité, vigoureux ; il offre un grand style, une fière tournure, un intérêt profond. » M. Paul de Saint-Victor dont la critique, trop souvent superficielle, affecta parfois les allures les plus dédaigneuses, a résumé en ces termes son opinion sur l'oeuvre da M. Marcellin : « Je ne puis guère louer que l'habileté de cette grosse machine ; elle a la pompe médiocre d'un récit final de tragédie secondaire. » Suivant M. About, « le groupe de M. Marcellin est une oeuvre importante où le public trouve de l'intérêt, où les artistes sont obligés de reconnaître des qualités de facture courante, où la critique doit louer un effort vigoureux pour construire une masse. • La Zénobie retirée de l'Araxe a valu une médaille de 2» classe à M. Marcellin et a été acquise par l'Etat.

Un tableau de Blondel représentant Zénobie trouvée mourante par des bergers sur les bords de l'Araxe a paru au Salon de 1812 et a figuré pendant longtemps au musée du Luxembourg. Un tableau sur le même sujet par M. Pierre Dupuis a été exposé au Salon de 1867. Une composition de Devéria, Mhadamiste et Zénobie, a été gravée par A. Fouchery (Salon de 1833).

ZENOB1US, sophiste grec, qui vivait au nB siècle de notre ère. Tout ce qu'on sait de sa vie, c'est qu'il se livrait à l'enseignement à Rome, du temps de l'empereur Adrien.

Suidas lui attribue, entre autres ouvrages, YHoroscope (Genethliacon) d'Adrien et une traduction grecque des Histoires de Salluste, Le seul écrit qui nous reste de lui est un recueil de proverbes expliqués, intitulé : Epitome proverbiorum L'ucil. Tarrlaei et Didymi Alexandrini secundum ordinem alphabeticum, grsce (Florence, 1487, in-4»). Cet ouvrage a été plusieurs fois réédité et traduit en latin. Nous citerons la traduction, publiée avec le texte, par André Schott dans le recueil des Adagia sitie proverbia Gr&corum (Anvers, 1612, in-40).

ZÉNOCARE (Guillaume Snodckaert , plus connu sous le nom db), écrivain et gentilhomme flamand, né à Bruges en 1510, mort à La Haye vers 1565. Après avoir fait en France ses études de droit , il revint en Flandre, où il devint bibliothécaire de Charles-Quint, puis membre du conseil de Hollande. C'était un homme fort instruit, à qui l'on doit une vie de Charles-Quint, intitulée : De vita Caroti Quinti imperatoris libri V (Bruges, 1559, in-l'ol.). C'est un panégyrique plein de digressions , que sa rareté l'ait encore rechercher.

ZÉNODON s. m. (zé-no-don — du gr. xenos, étrange; odous, odontos, dent). Ichthyol. Genre de poissons scléroderraes.

ZÉNODORE, géomètre grec, qui vivait au ve siècle av. J.-C., un peu avant Platon. Ii est l'auteur du plus ancien ouvrage de géométrie que nous ayons. Cet ouvrage a été conservé par Théon dans son commentaire sur l'Almugeste; Zénodore s'y proposait de renverser l'opinion, alors vulgaire, que des contours égaux enfermaient des surfaces

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ZÉNODORE , tyran de Panias et d'une partie de la Syrie vers 32 av. J.-C, mort à Antioche l'an 20. Il obtint d'Auguste la tétrarchie de Chalée et des pays voisins ; mais il excita de tels murmures par la protection ouverte qu'il accordait aux brigands nomades de la Trachonitide, qu'il fut dépossédé par l'empereur, en faveur d'Hérode le Grand, et réduit à son ancienne possession de Panias. Zénodore eut alors recours à, toutes sortes d'intrigues pour amener Auguste à revenir sur sa décision ; mais elles n eurent d'autre résultat que de le faire dépouiller de ce qui lui restait au profit d'Hérode. Il mourut subitement à. Antioche, où il s'était rendu pour avoir une entrevue avec Auguste.

ZÉNODORB, fameux statuaire grec, qui vivait dans le 1er siècle de notre ère, sous les règnes de Claude et de Néron. Appelé en Auvergne par le préfet Vibius Avitus, il exécuta en bronze une statue colossale de Mercure, à laquelle il travailla dix ans. Néron le fît venir à Rome et le chargea de fondre la statue qu'il avait résolu d'ériger a sa propre gloire. Ce nouveau colosse , qui n'avait pas moins de 33 mètres de hauteur, fut placé dans le vestibule du palais d'Or. Dans la suite, Vespasien consacra cette statue au Soleil, dont la tête, ornée de sept rayons, fut substituée a celle du fils d'Agrippine. Cet artiste passait pour le plus grand statuaire de son temps.

ZÉNODOTE JVÉPHÈSB , Célèbre gramma'inrie et critique grec, qui vivait au nie siècle avant notre ère. Il suivit, en même temps que Ptolémée Philadelphe, les leçons de Philétas et devint sous ce prince le premier directeur de la grande bibliothèque d'Alexandrie. Zénodote fut le fondateur de la critique des textes. Nous lui devons infiniment, ainsi qu'à Aristophane de Byzance et à Aiistarque, ses dignes héritiers. Us nous ont donné un Homère pur et correct. On connaît assez bien le détail de leurs travaux depuis la découverte et la publication des Scholics do Venise,

faite au dernier siècle par le philologue français d'Ansse de Villoison. C'est à eux aussi qu'on doit la détermination des auteurs véritables de la plupart des poBmes faussement attribués a Homère, tels que la Batrachomyomachie, les épopées cycliques, les hymnes, etc. Les Alexandrins excellaient dans la connaissance de la langue et des antiquités. On peut adopter sans scrupule tous les résultats de leurs investigations historiques, et il est probable que l'Homère qu'ils nous ont légué est le plus pur grammaticalement, le plus vrai , le plus authentique qu'on ait jamais possédé depuis Soloh et Pisistrate. Mais la recension des poésies homériques et l'interprétation de ces vers immortels n'a été qu'une petite portion de leurs grands travaux. Ils ont restauré le texte de tous les auteurs anciens qu'ils comptaient parmi les classiques, et il n a pas tenu a eux que nous n'ayons Sophocle, ou Eschyle, ou Euripide, ou Aristophane, ou même Eupolis et Ménandre, aussi complets, aussi authentiques que nous avons encore Platon et Homère. Zénodote eut la gloire de diriger et de commencer ces grands travaux d'érudition et de critique. Ce qui reste de l'édition des poèmes homériques de Zénodote a été recueilli et publié par Dùntzer sous ce titre : De Zenodoti studiis homericis (Goattingue, 1848, iu-8°),

ZENON D'ÉLÉE, philosophe grec, né à Elôe, dans la Grande-Grèce, vers l'an 490 av. J.-C. Il fut disciple de Parménide, et peut-être même son fils adoptif, l'accompagna dans plusieurs voyages qu'il fit à Athènes et contribua à jeter les fondements de l'école éléatique. Dans un de ces séjours, il eut la gloire de donner des leçons a Péiielès, ainsi qu'à l'élite de la jeunesse athénienne, et son enseignement jeta un grand éclat. C'est à lui qu'Aristote rapporte l'invention de la dialectique ; il fut, du moins, un des plus subtils et des plus rigoureux dialecticiens de son temps. Platon, voulant caractériser la souplesse de son argumentation et ses ressources infinies, l'appelle' le Palamcde d'Eléo. On a dit de lui qu'il était né pour la guerre. Sa vie fut, en effet, un continuel combat: combat dans la philosophie contre l'école des Ioniens, marqué par l'invention ou le perfectionnement de la dialectique et par l'emploi de la prose, chose nouvelle alors en ces matières, mais indispensable au caractère polémique de son enseignement; combat dans sa vie publique par sa résistance contre la tyrannie et l'héroïsme de sa mort. Quelques auteurs anciens pensent qu'il avait contribué avec Parménide k l'organisation politique de sa patrie. Quoi qu'il en soit, Eléo étant tombée au pouvoir du tyran Démylos (d'autres disent Nôarque), Zenon conspira contre lui, fut trahi, livré aux tortures et, sommé de révéler te nom de ses complices, désigna tous les amis du tyran et enfin le tyran lui-même. Puis il se coupa la langue avec les dents et la cracha à la face de Déinylos. Le peuple , exalté par un tel courage, se jeta sur ce dernier et le mit en. pièces. H y a plusieurs versions de cet événement. Hermippe, entre autres, dit que Zenon fut pilé dans uu mortier. Ce philosophe continua l'œuvre de Xénophane et de Parménide ; il développa les principes de l'école éléatique et particulièrement la doctrine de l'unité absolue contre les partisans de la pluralité. Sa méthode dialectique, qui parut si redoutable à ses adversaires, était la réfutation de l'erreur comme moyen indirect de ramener à la vérité. Ainsi, il se plaçait dans l'hypothèse de la pluralité, de la divisibilité à l'infini; il en tirait rigoureusement d'absurdes conséquences et en arrivait à nier le mouvement, le temps, l'espace, la mutabilité et concluait à l'immobilité absolue. De là ce système de scepticisme et de nihilisme qu'il opposait aux pluralitaires comme réduction à l'absurde et que des écrivains postérieurs ont pris au sérieux. Au reste, duns l'une et l'autre hypothèse d'une unité sans pluralité et d'une pluralité sans unité, le mouvement périssait. L'anecdote de Diogène marchant devant Zenon pour prouver le mouvement estcontrouvée, ou, du moins, ne peut se rapporter au philosophe d'Elée.car il était antérieur au Cynique de près d un siècle. « Zenon ne niait pas les phénomènes physiques,dit M.LôoJoubertj il niait qu'ils pussent être démontrés logiquement pur des principes absolus. Ce qu'il voulait établir et ce qu'il établit en effet, c'est que les philosophes naturalistes, les partisans de la pluralité absolue, n'étaient nullement fondés à arguer des phénomènes physiques contre l'hypothèse de l'unité absolue, puisque leur propre hypothèse était au moins aussi contradictoire que les faits. De cette polémique, qui, dans les mêmes termes ou avec des formes peu différentes, a été souvent reprise, il n'y a qu'une chose a conclure, c'est que l'unité absolue et la pluralité absolue sont des conceptions abstraites sans existence réelle; ce qui existe, c'est l'unité et la pluralité relatives, comme attributs des corps. A ce titre, l'unité et la pluralité ne s'excluent pas plus l'une l'autre qu'elles ne sont en contradiction avec les phénomènes. L'originalité de Zenon consista à placer l'élément négatif critique à côté de l'élément constructif dogmatique des premiers philosophes grecs; il mérite ainsi d'être regardé comme le créateur de la dialectique et le précurseur de Socrate. > Personne, avant M. Cousin, ne parait avoir bien cois-

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pris la dialectique de ce vigoureux champion Ile l'école d'Elée. Ayant pris le parti de se transporter uu milieu même de la doctrine de ses adversaires, de 1 exposer, de la suivre dans toutes ses consét uences pour en dévoiler toutes les absurd tés, Zenon a été accusé par des juges irré léchis d'avoir plaidé le pour et le contre, d'ctre un sceptique, uu sophiste. Cette erreur a été expliquée et réfutée par M. Cousin. Grâce à cette explication, les arguments f mieux par lesquels Zenon établissait l'impossibilité du mouvement, notamment l'argument de la flèche, ne choquent plus la raisin et ne sont pas une arme pour le scepticisme, puisqu'ils étaient dirigés contre l'einuirisne ionien, avec l'intention d'asseoir sur st s ruines le dogmatisme absolu de la véritu éléatique. La véritable gloire de l'élève de Pannénide est dans sa dialectique. Il écrivit beaucoup, non en vers, comme Xénophant et Pannénide, mais en prose. D'aprè3 Suidas, il écrivit un traité intitulé : Débats, dans lequel il examinait certaines hypothèses qu'il réfutait; une Exposition d hmpédocle, de ses opinions ou de ses ouvrages; un Traité eonti e les philosophes gui ont écrit sur la nature, otc. Les Fragments peu nombreux qui nous -estent de ce philosophe ont été recueillis ut publiés par Muller dans ses Philosophorvm grs&corum fragmenta.

ZENON , fondateur du : toïcisme et l'un des plus illustres philosophe;; de l'antiquité, né a Citium (Chypre) vers £62 avant notre ère, mort à Athènes vers 260. Il se livra d'abord aux spéculations commerciales, fut ruiné par un naufrage et se livra lout entier dès lors à la philosophie, remerci: nt les dieux de l'avoir par ce naufrage c induit «au port,» c'est-à-dire mis sur la route de la sagesse. Il suivit d'abord les leçons de Cratè3 Te Cynique , puis s'instruisit so as Polémon , sous Stilpon, sous Diodore et. guidé par un oracle, «se teignit de la couleur des morts » en se livrant à l'étude. L'ignorance dont se targuaient les cyniques et l'impudence de leur vie contribuèrent sans iloute à l'éloigner d'eux. Mais parmi les emprunts qu'il tic aux philosophes qui l'avaient précédé , c'est aux cyniques qu'il prit le premier principe de sa doctrine, 1 amour du travail et le mépris de la volupté. L'un de ses premiers ouvrages, sa République, est conçu dans cet esprit. 11 y admettait, comme Platon, a communauté des biens et même des f'emmss, supprimait les arts libéraux, les temples et les représentations des dieux: la notion de patrie s'y trouvait presque effacée au p.'oh't de la fraternité universelle, et la parenté s'y trouvait réduite a celle des hommts vertueux, indépendamment de tout lien de parenté ou de toute qualité fortuite de concitoyen. Mais toutes ces propositions fursnt écartées plus tard par les stoïciens nouveaux. Zenon ouvrit son école sous un por'.ique célèbre d'Athènes, le Pécile, d'où son école fut nommée stoïcienne (du grec stoa , portique) ou du Portique. Après un demi-niècle d'un enseignement resté à jamais fameuxdans l'histoire de la philosophie, parvenu à une extrême vieillesse , il mit volontairement tin à ses jours; c'est, du moins, l'opinion la plus généralement répandue. Le suicide était une chose assez commune dans les écoles de l'antiquité. Dans les idées du temps, c'était le dernier acte de vertu du sa,re devenu par ses . infirmités inutile aux autre; et à lui-même. Les Athéniens, saisis d'admiration pour le mâle courage, la vertu, li tempérance et l'indépendance de Zenon, lui décernèrent une couronne d'or et un tombent! public dans le Céramique. Ce philosophe ivait sans aucun doute posé, dans ses leçor.s et dans ses livres, les bases de la théolojie, de la morale et de la physique du stoïcis ne ; mais les développements de cette do( trine appartiennent évidemment à ses disciples et à ses continuateurs. Aucun de se! nombreux écrits ne nous est parvenu. 11 se préoccupait sur» tout de la morale; sa physique et su logique étaient en partie empruntées aux philosophes antérieures et dégénérèrent souvent entre les mains des Uhrysippe et de ses successeurs en jeux d'esprit et en subtilités; mais la morale est resiée la gloire des disciples du Portique, et, en écartant ce qu'elle renferme de paradoxal et d'outré , elle leur assure le premier rang parmi les précurseurs les plus pur.» et les plus directs du christianisme. Zéi on, le premier, proclama la loi du devoir, e; il en posa les fondements avec une abondance de preuves qui avait sa source dans un» profonde conviction, indépendamment de toute argumentation dialectique. Les passions ne sont point des éléments nécessaires de notre condition; elles sont des maladies de lame; la sauté, c'est l'apathie, l'absence de passions. Il n'y a. pas d'autre bien que la verU; il n'y a pus d'autre mal que le vice; tout le reste est indifférent. Le sage doit vivre harnioniquement, c'est-à-dire suivantla :iature; en d autres termes vertueusement, car la vertu, c[est l'ordre dans l'homme, omme la raison divine est l'ordre dans l'univjrs. La moindre faute brise l'ordre harmonique qui doit présider à toutes nos actions; il n'y a doue point de différence entre les fautes et les crimes; les premières ne nié itent pas plus l'indulgence que les seconds. Le sage est au-dessus do toute faiblesse tt de toute am-

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bition; il méprise la volupté comme il méprise la douleur; il est supérieur à toutes les vicissitudes, aussi bien qu'aux plus éclatantes faveurs de la fortune, à la gloire, à l'opprobre, aux richesses, à la misère, à la maladie, à l'esclavage; il est le médiateur entre les hommes et Dieu et le vrai pontife de l'humanité, La théologie de Zenon , malgré de remarquables inspirations, aboutissait a une sorte de panthéisme. V., pour les développements de la doctrine et les destinées de l'école, les articles stoïcien, Cléanthb , CurySippk , etc.

ZENON (saint), évêque de Vérone, né en Afrique, mort en 380. Appelé au siège de Vérone en 362, du temps de l'empereur Julien, il s'attacha à convertir les idolâtres, k combattre les hérésies des ariens et des pélagiens et s'éleva avec énergie contre les agapes ou repas de charité qui, de son temps, étaient devenus une occasion d'intempérance et de débauche. Ce vertueux prélat ne cessa de prêcher de parole et d'exemple la charité à ses diocésains, et lorsque, en 378, les Groths, après avoir défait l'empereur Valens, amenèrent de l'Illyrie en Italie une multitude innombrable de prisonniers, les habitants de Vérone, à l'instigation de leur évêque, rachetèrent plusieurs milliers de ces malheureux. L'Eglise célèbre la fête de Zenon le 12 avril. On a de lui un grand nombre de Sertnons, imprimés pour la première fois à Venise (1508), et on lui en a attribué plusieurs qui ne sont pas de lui. L'excellente édition publiée par les frères Ballerini, sous le titre de Sancti Zenonis episcopi Veronensis sermones (Vérone, 1739, in-4°), contient quatre-vingttreize morceaux de Zenon , dans lesquels on trouve des faits importants pour le dogme, la morale et la discipline de l'Eglise. Une autre édition, celle d'Augsbourg (1758, in-fol.), bien que plus complète que la précédente, est néanmoins moins recherchée.

ZENON L'ISAURIEN, empereur grec, dont le véritable nom était Traacaliséo, né en lsaurie, d'une famille assez considérable, mort en 491. L'empereur Léon 1er, afin de s'attacher les peuplades belliqueuses de l'Isaurie, le créa patrice, lui fit épouser sa fille Ariadne (468), lui donna à cette occasion le nom de Zenon et l'opposa au puissant Aspar, dont il désirait se débarrasser. Aspar, jaloux de la subite fortune de Zenon, qui venait de recevoir le commandement de la garde impériale et de l'armée d'Asie Mineure et avait été appelé au consulat (469), essaya de le faire tuer pendant qu'il faisait la guerre aux Thraces. Mais le gendre de l'empereur échappa au guet-apens qui lui était tendu, en avertit Léon, surprit quelque temps après Aspar à Chalcédoine et le fit tuer avec son tils Ardoburius (47l). Peu après, Zenon revint à Constantinople, où son crédit ne fit que s'accroître. Laid , difforme , méprisable , lâche et de mœurs infâmes, Zenon ne pouvait inspirer qu'un mépris mêlé de dégoût à la jeune Ariadne, élevée dans une cour brillante et magnifique. Mais, comme elle était aussi bien que lui dévorée d'ambition, elle l'aida de tout son pouvoir à augmenter sa faveur auprès de Léon, qui, toutefois, n'osa pas braver l'opinion en le désignant pour son successeur et qui se contenta de faire proclamer auguste son petit-fils Léon, né du mariage de Zenon et d Ariadne. Cet enfant de quatre ans mourut lui-même peu de temps après le vieil empereur, après avoir régné de janvier à novembre (474), et d'horribles soupçons planèrent sur les deux époux, que cette mort mettait en possession du trône. Devenu empereur (474), Zenon se rendit impopulaire et odieux en donnant l'exemple de tous les vices, d'une lâche cruauté, en s'entourant de scélérats et en ne songeant qu'à se livrer à de honteuses orgies, pendant que tes barbares désolaient les frontières et que Genséric menaçait l'empire. Sa belle-mère Vérine, irritée contre lui de quelques refus, poussée par son amant Patrice et par son frère Basilique, résolut alors de le renverser d'un trône où elle avait puissamment contribué à le faire monter et conspira pour le renverser. Le lâche empereur n essaya même pas de tenir tète à l'orage. 11 s'enfuit en lsaurie avec sa femme, pendant que Basilique s'emparait de la couronne, et s'enferma dans une forteresse (475). Mais Basilique se rendit bientôt plus odieux encore que celui qu'il remplaçait. Profitant du mécontentement du général Illus, Zenon l'attira à son parti, marcha sur Constantinople, rencontra l'armée de Basilique près de Nicée, parvint à corrompre Harmotius, général de ce dernier, dont les troupes passèrent de son côté, et revint k Constantinople en 477. Redevenu maître du pouvoir, il laissa ravager l'empire par les Goths, eut k lutter contre de nouveaux compétiteurs, Marcien (479), Léonce, combla de dignités Théodoric le Grand, qui l'aida à triompher de la révolte d'Illus (484), autorisa en 487 le roi des Goths, qui était arrivé aux portes de Constantinople, à se jeter sur l'Italie, continua à se livrer à ses débauches et a toutes sortes de cruautés et finit par être enterré vivant par ordre de sa femme, qui fit couronner son amant Anastase. Ce prince était aussi cruel que lâche. C'est sous son règne que fut rendu 1 Hénoticon (482), édit célèbre dans l'histoire ecclésiastique et qui avait pour but de réunir les catholiques et les eutychéens. Peu d'évéques l'adoptèrent

ZENT

ZÉNONIQUE adj. (zé-no-ni-ke) . PhiloS.

Qui appartient k la doctrine de l'un ou l'autre Zenon. Il Point zënonique, Point indivisible, dans le système de Zenon d'Elée.

ZÉNONISME s. m. (zé-no-ni-sme). Philos.

Doctrine philosophique de l'un ou l'autre Zenon, il Se dit particulièrement de la doctrine de Zenon, fondateur du stoïcisme, dont ce mot est alors synonyme. Il Sectateurs de Zenon d'Elée, stoïciens :

Mais je vois déjà d'ici Frémir tout le zénanisme.

J.-B. Rousseau.

ZÉNONISTE s. m. (zé-no-ni-ste). Philos. Partisan de la doctrine de l'un ou l'autre Zénou.

ZÉNOPELT1S s. m. (zé-no-pèl-tiss). Erpét. Syn. de xënopkltis.

ZÉNOPHAS1E s. f. (zé-no-fa-zl — du gr.

xenos, étrange ; phasis, apparence). Ornith. Syn. de glyphorhynque et de picuculb, genres d'oiseaux.

ZÉNOTUÉ1UIS, riche citoyen de Marseille, qui vivait au lie siècle de notre ère. Son ami Ménécrate, ayant été condamné par le conseil des Six-Cents k la perte de sa fortune et de ses honneurs pour avoir proposé un décret contraire aux lois, en éprouva un chagrin d'autant plus vit' qu'il se trouvait désormais dans l'impossibilité de marier sa fille , dont la figure était repoussante. Zénothéinis, vivement affecté de son chagrin, résolut de le faire cesser. Dans ce but, non-seulement il donna k son ami une partie de ses biens, mais encore il voulut épouser Cydimagne, malgré les protestations de Ménécrate, qui, en apprenant sa résolution, s'écria : t Je ne souffrirai jamais qu'un aussi beau jeune homme épouse une tille laide et contrefaite comme est la mienne 1 • De son mariage avec Cydimagne, Zénothéinis eut un fils charmant. Il lu conduisit un jour au sénat, revêtu d'une robe noire et portant une couronne d'olivier, et se servit avec bonheur de ses grâces naïves pour faire rétablir Ménécrate dans ses honneurs. C'est Lucien qui nous a appris, dans son dialogue intitulé Toxaris ou JJe l'amitié, ce que nous venons de raconter de Zénothèmis, son contemporain. Arnaud Baculard a publié, sous le titre de Zénothémis, une nouvelle dans laquelle il raconte le beau trait d'amitié du noble citoyen marseillais.

ZENOV1À, la Diane des Slaves. C'est elle qui préside k la chasse et qui procure des chasses heureuses k ses plus fervents adorateurs.

ZENOWICZ (Georges), général polonais, né en Lithuanie vers 1782, mort k Bruxelles vers 1853. Pour échapper k la domination russe, il gagna l'Italie, où il entra dans la légion polonaise au service de la Franco (1799). 11 fut blessé k Novi, puis se rendit à Paris après de Kosciusko, son parent, obtint d'être naturalisé et se fit incorporer peu après dans un régiment de grenadiers sous les ordres d'Oudinot. A partir de ce moment, il assista k la plupart des grandes batailles qui eurent lieu jusqu'à la fin de 1 Empire et se distingua par sa valeur, notamment k Eylau et k Wagrani, où il reçut une nouvelle blessure. Attache au quartier impérial pendant les Cent-Jours, il fut dépêché par Napoléon du champ de bataille de Waterloo k Grouehy pour lui porter l'ordre de rejoindre immédiatement la grande année, mouvement . qui ne put être exécuté. Lorsque l'armée de la Loire eut été licenciée (1815), Zenowicz retourna k Paris, fut impliqué dans le procès du JVain tricolore, accuse d'excitation au renversement des Bourbons, se défendit luimême et se vit condamné par la cour d'assises de Paris k la peine de la déportation (Il juin 1816). Toutefois, sur l'intervention de l'empereur Alexandre, sa peine futeommuée, eu 1817, en celle du bannissement perpétuel, Zenowicz se retira alors en Allemagne, où il s'occupa de travaux littéraires. Fatigué de la surveillance dont il était l'objet de la part de la police française, il se décida, en 1823, k passer en Espagne pour y offrir ses services aux progressistes qui venaient de renverser le gouvernement personnel. Mais k peine y fut-il arrivé, que la France envoya une armée pour combattre les libéraux et rétablir Ferdinand dans son pouvoir absolu. Zenowicz ne voulut pas servir contre ses auciens frères- d'armes ; il resta néanmoins en Espagne, vivant dans l'intimité de Kiego, jusqu'au siège de Cadix. Il passa alors en Angleterre, puis alla se fixer a Bruxelles, ou il employa ses loisirs forcés k composer divers ouvrages politiques, notamment un intéressant ouvrage sur les causes du désastre de Waterloo, lequel parut en 1848.

ZENSON, bourg du royaume d'Italie, province et district de Trévise, mandement d'Odezzo ; 3,100 hab.

ZENTs. m. (zaintt). Métro!. Unité de poids usitée en Prusse, et qui vaut 0gr,lû66.

ZENTA ou ZENTHA, ville de l'empire d'Autriche, dans la vayvodie sur la Theiss, cercle et k 70 kiloin. N.-E. de Zombor. Le prince Eugène et l'électeur de Saxe Krédéric-Auguste y délirent les Turcs en 1697.

ZENTGBAVE (Jean-Joachim) en latin Zcofrarria» , théologien protestant, Dé k

ZÉON

Strasbourg en 1643, mort en 1T07. Apre] avoir été professeur adjoint k la Faculté de philosophie de WiUenibero;, il enseigna la morale, puis la théologie dans sa ville natale. On lui doit un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous nous bornerons à citer : Moses,princeps Hebrsorwn, charactere -politico expressus, dissertation curieuse; Libéra respublica Hebrosrum sub judicibus, charactere politico expressa, écrit qui complète le précédent ; Thèses theologicie hodiernis origenismi, pelayismi, syncretîsmi et pietismi assertoribus opposits, ouvrage dans lequel il combat une fusion de systèmes qui ne saurait satisfaire aucune opinion ; Le furorepoetico (1693, in-4°), amplification oratoire qui a été beaucoup plus louée qu'elle ne le mérite ; De fine haminis vulgo summo bono (Strasbourg, 1693, in-8o), recueil de thèses sur les opinions des anciens philosophes relativement au souverain bien ; Ex legibus Hebrmorum forensibus contra magiam, thèse sur la pratique de la magie par les Hébreux. — Un jurisconsulte du même nom, Frédéric-Albert Zbntoravb, né k Strasbourg, a laissé un ouvrage intitulé De judidomilitari, dans lequel il expose la procédure militaire usitée en Allemagne.

ZENT1NA, nom ancien d'une rivière de l'Illyrie, qui limitait au S.-E. l'empire deCharlemagne. C'est aujourd'hui la Narbnta.

ZENTNER (Georges-Frédéric, baron bk), homme d'Etat bavarois, né k Strasseinheim (Palatinat) en 1752, mort en 1835. Lorqu'il eut achevé ses études juridiques à Gœtlingue et à Wetzlar, il fut nommé par l'électeur Charles-Théodore professeur de droit des gens k Heidelberg (1777); mais presque aussitôt il obtint un congé, se rendit successivement k Gœttingue, à Vienne et k Ingolsiadt, où il passa son doctorat, revint k Heidelberg en 1799 et se livra avec beaucoup de succès k l'enseignement. Ses talents lui valurent d'être nommé ensuite conseiller intime, d'assister comme envoyé de l'électeur palatin au congrès de Rastudt et d'être appelé en 1799, par Charles-Théodore, k Munich, pour s'occuper des réformes k introduire dans l'instruction publique et des améliorations à apporter dans l'intérêt des classes inférieures. En 1808, Zentner reçut la direction des études, puis devint successivement conseiller d'Etat, directeur général du ministère de l'intérieur (1817), ministre sans portefeuille (1820), enfin ministre de la justice (1823), poste qu'il occupajusqu'en 1832, époque où son grand âge le força k prendre sa retraite. Ce fut cet homme d Etat qui rédigea la constitution de la Bavière. Son souverain lui avait conféré en 1819 des titres de noblesse.

Zéocïute s. m. (zé-o-cri-te — de sea, épeuutre; krithê, orge). Bot. Section du genre orge, de la famille des graminées.

ZÉOLITHE s. f. (zé-o-li-te — du gr. zeô, je bous ; lithos, pierre). Miner. Nom donné k plusieurs substances pierreuses qui, dissoutes par les acides, prennent une consistance gélatineuse. || Zéolithe cubique. Syn, de chaba- SiB. il Zéolithe tenace. Syn, d'oKÉNiTB. = L'Académie fait ce mot masculin, contrairement k l'usage général.

— Encycl. On a réuni sous le nom de zéolithes uu certain nombre de silicates hydratés, dont les uns renferment comme bases des alcalis et de la chaux, et d'autres même de l'alumine, quelquefois un peu de peroxyde de fer. Toutes les zéotithes ont une composition presque identique; du reste, ces diverses substances sont le plus souvent réunies et présentent de très-grandes analogies de gisement; souvent même plusieurs se trouvent mélangées sur un seul échantillon. Les caractères chimiques différent peu, toutes donnant de l'eau par la caloination. Ces zéotithes se rencontrent le plus souvent dans des roches dites amygdaloïdes, d'origine volcanique, à bases multiples et présentant un grand nombre de cavités, dont les parois sont tapissées par les zéolithes. Ces dernières se trouvent fréquemment aussi dans des filons métalliques, dont elles constituent la gangue. On a pu reproduire artificiellement les zéolithes. M. Wâhler a obtenu des cristaux d'apophyllite, en exposant pendant longtemps a une température de 200° une eau chargée de poussière de cette substance. Les eaux siliceuses de Plombières, en traversant les travaux des Romains abandonnés aujourd'hui, ont déposé des zéolithes, qui ont une composition différente suivant la portion de la maçonnerie où elle3 se sont formées; ainsi dans le béton, ou trouve l'apophyllite k base de chaux, et dans la brique, la stilbite à base d'alumine. Le groupe des zéolithes comprend un très-grand nombre d'espèces, quelques-unes très-rares, d'autres peu nettement définies. Les plus importantes sont: l'apophyllite, la laumonite, la stilbite, la heulandite, la mésotype, la chabasie, l'harrnotome, l'analcime, la prehnite et la brewstérite.

ZÉOLITHIFORME adj, (zé-o-li-tî-for-me — de zéolithe, et de forme). Miner. Qui ressemble aux zéolithes.

ZÉOLITHIQUE adj. (zé-o-li-ti-ke — rad.

zéolithe). Miner. Qui contient de la zéolithe :

Roche ZEOUTHiO.UK.

ZÉONIE s. f. (zé-o-nl — du gr. *«?, je

ZEPH

fourmille). Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes.

ZÉOPHAGE adj. (zé-o-fa-je — de zéa, et du gr. phagâ, je mange). Qui se nourrit de maïs : Les populations zéophages sont sujettes à la pellagre.

ZÉQRE a. f. (zé-o-re). Bot. Genre de lichens.

ZÉOSCOPE s. m. (zé-o-sko-pe — du gr.

teô. je bons ;skopeô, j'examine). Physiq. Syn. d'ÉBULLIOSCOPB.

ZEPEKNICK (Charles-Frédéric), jurisconsulte allemand, né à Halle en 1751, mort en 1801. Il remplit les fonctions de magistrat a Halle et écrivit plusieurs ouvrages importants, parmi lesquels nous citerons ; Historia jvris eivilis de légitima porlione parenlum (Halle, 1773); De novellis Leonis Augusti et philosnphi earumque usu et auctoritate (Huile, 1779, in -80) ; Prstermissade vila rébus gestis et constitutionibus (Halle, 1781); Anaieetajuris feudatis, sive sclecfx varidrum observationes feudales (Halle, 1783-1784, 2 vol. in-8°); Mélanges sur le droit féodal (Halle, 1787-1794, 4 vol, in-8°); Jleperlorium jwis feudalis t/teoretico-practieum (Halle, 1787, in-8°).

ZÉPHIRE ou ZÉFHYRE s. m. (zé-fi-re — lat. sephyrus, gr. zéphuros, vent d'ouest, et aussi vent doux et agréable, ainsi nommé, suivantquelques-uns.de soê, vie, et àeplierô, je porte , parce que ces vents raniment toute la nature. Curtius croit que zéphuros appartient à la même famille que zophos, ténèbres, obscurité, soir, occident. Zéphuros désignerait ainsi proprement le vent d ouest, le vent de l'occident, c'est-à-dire des régions du soir et des ténèbres, des régions où le soleil se couche. 11 est du moins certain que, chez les anciens, zéphuros ou zephyrus désignait tantôt le vent d'ouest, violent ou non, tantôt les vents doux et tièdes qui soufflent au printemps). Poétiq. Vent d'ouest. Ne s'emploie qu'en poésie, et seulement comme personnilicatittfi mythologique : £es amours de Flore et de Zéphirk. Le souffle de Zephirh.

Sans cesse vous allez de bergère en bergère ;

Zéphire n'eut jamais d'ardeur si passagère. La Fontaine.

— Chorégr. Pas de Zéphire, Pas que l'on exécute en se tenant sur un pied et balançant l'autre.

— Entom, Genre d'insectes lépidoptères diurnes.

— Bot. Genre de plantes, de la famille des conanthôrées ou de celle des liliaoées, suivunt les divers auteurs, dont l'espèce type croît au Pérou.

— Rem. L'orthographe Zéphire, adoptée par l'Académie, est vicieuse.

ZÉPHIRE, nom mythologique donné parles Grecs au vent d'ouest. Zéphyre personnifie ordinairement, mais pas toujours, les vents doux et lièdea qui soufflent, au printemps. Aussi quelques mythologues le font naître d'Astrée et de l'Aurore et lui donnent pour fils l'Amour, qu'il enfanta d'un souffle sur

de mai. Les orphiques lui donnent pour enfants les Brises. On le représentait sous la figure d'un jeune homme, aux ailes diaprées comme un papillon, à la figure douce et sereine, le front couvert de violettes at do primevères, glissant presque nu à travers les airs avec autant de légèreté que de grâce et tenant à la main une corbeille de fleurs printanières. Zéphire avait un autel à Athènes et dans le temple octogone des Vents.

Zépbira. Iconogr. Zéphire est représenté par les artistes sous les traits d'un bel adolescent, à la taille svelte et souple, au visage souriant; « on lui donne des ailes et une couronne composée de toutes sortes de fleurs, pour désigner, dit Lacombe de Prézei (Diet. iconol.j, que par la douceur de son souffle il rend la vie aux fleurs et aux fruits.» Le musée des Studj possède une très-intéressante peinture antique, trouvée àPompéi, et qui représente la fable de Zéphire et Chloris. Sur les bords d'une rivière limpide, la nymphe Chloris dort dans une attitude pleine d'abandon et de grâce, appuyée contre les genoux du génie de l'Hymen ou du Sommeil, beau jeune homme assis sur un rocher et tenant de la main gauche une corbeille de fleurs. L'Amour écarte les vêtements de la dormeuse et la montre à Zéphire, qui vole à travers l'espace, soutenu par deux autres Amours et tenant à la main une gerbe de fleurs. Zéphire a quatre ailes, deux aux épaules et deux autres plus petites à la tête, qui est couronnée de fleurs ; ses formas sont délicates et nerveuses ; son teint est bruni par le grand air. Une déesse, qui parait être Vénus, est assise sous une espèce de tente ; un Amour la découvre à demi; elle a un collier attaché sur le sein par un bijou et porte des bracelets aux bras et aux poignets. Le chevalier Quarante a donné une savante explication de cette composition, dans son Mystagogue ou Guide général du musée royal Bourbon (Naples, 1844).

Des peintures de Zéphire et da Flore (ou Chloris) ont été exécutées par beaucoup d'artistes modernes, notamment par No81 Coypel (musée d'Angers), Antoine Coypel

ZEPH

(pour le château de Marly, pour le palais de Trianon, pour l'hôterLambert, à Paris), Jouvenet (pour le palais de Trianon), L. Galloche (gravé par François Beauvailet), Vien (pour l'hôtel du président Amelot de Biseul,devenuensuite l'hôtel de Hollande, rue Vieille- dû-Temple, à Paris), A. Corradini (gravé par Lindemann), Amiconi (gravé par P. Peîroleri), S. de Perger (gravé par J.-J.Neidl),Bouguereau (Salon de 1875), etc. Des statues de Zéphire et de Flore ont été scu Iptées par Roger pour la décoration de l'un des avant-corps du château de Versailles, par Louis Lecomte pour le parterre de l'Orangerie du môme château, par Gillet pour les jardins du château de Valenton (près de Purs). Une statue de marbre de Zéphirea été exposée par J.-B. Boyer au Salon de 1827 ; une statue de Zéphire jaloux, parOgé, a paru au Salon de 1847. Le marquis de Caumont a gravé, d'après Sébastien Conca, une jolie composition représentant deux Zéphires ornant de guirlandes de fleurs un buste de femme. Au palais du Grand-Trianon est un tableau de Michel Corneille, où l'on voit des Zéphires portés par lesnuages, soufflantdans de petits cornets ou tenant des fleurs. Nous décrivons ci-après un chef-d'œuvre de Prud'hon : Zéphire se balançant sur les eaux.

Zéphire se balançant iiir le» eaux, chefd'œuvre de Prud'hon. Dans un bocage plein d'ombre et de fraîcheur, Zéphire, sous les truits d'un enfant entièrement nu, avec des ailes de papillon, se tient des deux mains aux branches de deux arbres plantés au bord d'une source limpide -, son corps est légèrement infléchi ; il penche sa jolie tête bouclée et regarde en riant son image dans le miroir liquide, qu'il effleure de son pied droit ; il a replié sa jambe gauche, comme sous l'impression de la fraîcheur de l'eau. Une légère draperie bleue flotte en arrière, autour de ses épaules. Ce tableau, qui parut uu Salon de 1814, est l'expression sinon la plus haute, du inoins la plus complète du talent de Prud'hon. > Les plus rares qualités de l'artiste, dit M. Ch. Clément, se trouvent réunies dans cette peinture exquise, et ses défauts habituels y sont à peine sensibles. C'est une inspiration simple, franche et admirablement exécutée, un de ces poèmes sans tache qui semblent être les fruits naturels de la gracieuse imagination de Prud'hon et que les plus heureux ne rencontrent qu'une ou deux fois... La figure de Zéphire, d'un galbe délicieux, dune exquise et délicate beauté, éclairée d'une lumière mystérieuse, se détache sur la fond obscur du paysage, se modèle par larges plans au moyen de demi-teintes légères, sans aucun de ces excès d'ombre auxquels Prud'hon n'avait que trop souvent recours. L'exécution est fine, moelleuse et cependant d'une remarquable fermeté. L'ensemble, parfaitement harmonieux, est revêtu des plus exquises séductions de la couleur. Il est impossible d'exprimer la grâce touchante, la candeur, l'innocence de la jeunesse avec plus de bonheur.» On raconte que l'idée de ce chef-d'œuvre vint à Prud'hon pendant qu'il exécutait le portrait de M. Lezay-Marnesia. Le jeune (ils de M. Lezay accompagnait son père. La séance se prolongeait, et, pour se distraire, l'enfant, ayant avisé deux cordes qui pendaient dans l'atelier, s'y était suspendu et se balançait. Cette donnée frappa Prudhon,et une de ces scènes quel'on nomme antiques parce qu'elles sont profondément belles apparut àsouimagination.

Le Zéphire se balançant fut acheté b. Prud'hon par le comte de Sommariva; à la vente de la galerie de cet amateur (1839), il fut adjugé a M. Guérin, qui l'a légué à M. Valpinçon, à qui il appartient aujourd'hui. Il a été gravé en 1820 par J.-N. Laugier et plus tard par Réveil. Une ravissante esquisse de ce tableau, donnée par Prud'hon au comte de Forbin, a appartenu ensuite à la comtesse d'Espagnae et fait aujourd'hui partie de la collection de' lord Het-tford.

Zépbire et Flore, tableau da Bouguereau ; Salon de 1875. La déesse est .assise sur le gazon, au milieu de fleurs de .toutes sortes, vêtue d'une tunique blanche et les jambes recouvertes d'une draperie rose ; derrière elle, des iris et des lilas forment des touifes abondantes. Son bras gauche, écarté du corps, s'appuie sur l'herbe ; Sa main droite est abandonnée; sa tête, couronnée de fleurs, se retourne vers Zéphire, qui l'enlace amoureusement et se penche pour lui murmurer à l'oreille des paroles d'amour. Le jeune dieu est debout, la jambe droite relevée en arrière, dans une attitude qui rappelle un peu trop celle des danseurs de l'Opéra. Le paysage n'a rien de mythologique ; la vue s'étend, à gauche, sur des prés et des coteaux qui font rêver à la Normandie ou au Charolais, bien plus qu'à la vallée de Tempe; il n'y manque que des bestiaux.

Cette composition, bien dessinée et feinte d'une main sûre, manqua des qualités de verve, de chaleur, d'expression, que l'on prise par-dessus tout dans les oeuvres d'art.

ZÉPHRONIE s. f. (zê-fro-nl). Myriap. Genre de myriapodes, de 1 ordre des diplopodes, famille des glomérides. V, sphÉropÉb et sphb-

KOTHÉK1BN.

ZÉPHYR s. m. (zé-flr. — V. zéphire). Vent doux et léger : Duquesne demandait un jour

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à un officier de marine où étaient les vents .* t Tout est calme, répondit l'officier; il n'y a que les zéphyrs qui se jouent légèrement suites flots. — Des zéphyrs 1 monsieur, reprit brusquement Duguesne, apprenez que les zéphyrs sont des j... f sur mer. »

Le plus sage s'endort Bur la foi des zéphyrs.

La Fontaine.

Sous te feuille tremblante un zéphyr vous éveille.

Demlle.

Le zéphyr cueille Sur les fleurs Les parfums que la terre exhale.

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