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THOTT (Othori, comte de), homme d'Etat danois, né en 1703, mort en 1785. Entré de bonne heure dans la carrière administrative, il devint, en 1735, membre du bureau d'économie politique et de commerce, que l'on venait de créer, ainsi que censeur de la monnaie. Il eut surtout le mérite d'affranchir le commerce des colonies danoises des entraves auxquelles il avait été soumis jusqu'alors et acquit, en 1749, l'île d'Aroô, qui appartenait au duc de Glueksbourg. Bibliophile éclairé, il avait réuni une bibliothèque qui ne renfermait pas moins de 121,915 volumes et de 4,154 manuscrits. C'est, au jugement du savant Brunet, la collection de livres la plus considérable qui ait jamais été formée par un simple particulier, et son catalogue, publié par Nyerup sous ce titre : Catalogus bibliotheegs Tholtsianœ (Copenhague, 17S8-1795, 12 vol. in-8<>), est un des ouvrages de bibliographie les plus utiles que l'on puisse rencontrer. A sa mort, il légua à. la Bibliothèque royale de Copenhague sept mille ouvrages publiés depuis la naissance de l'imprimerie jusqu'en 1530, et fit don à l'université de la même ville d'un capital de 5,000 thalers, destiné à l'achat d'autres livres. Enfin, il avait formé une collection d'antiquités et de tableaux, ainsi qu'un médaillier, dont le catalogue a été également publié sous ce titre : Thésaurus numismatum ex aura, argénto et sre, Grscorum et Romanorum neenon medii et recentioris svi (Copenhague, 1789, 2 vol. in-8°).
THOTTÉE s. f. (tot-té — de Thott, natur. allem.). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des amtolochiées, dont l'espèce type croît en Asie,
THOC (pic de), montagne de France, sur le versant septentrional des Pyrénées, par 42" 44' de latit. N. et 1« 59' de longit. O., à 3,125 mètres d'altitude.
TIIOD (Christophe db), magistrat français, né à Paris en 1508, mort dans la même ville en 1582. Il appartenait à une famille noble originaire de l'Orléanais et dont plusieurs membres avaient acquis de hautes positions dans la magistrature. Christophe de Thou avait été successivement conseiller et avocat du roi au siège de la table de marbre, contrôleur en la chancellerie, prévôt des marchands de la ville de Paris, lorsque Henri II le nomma, en 1554, président au parlement de cette ville. Ardent catholique, il fut l'organe du parlement, qui refusait d'enregistrer Pédit de tolérance du 17 janvier 1562, et accusa le gouvernement de la reine mère de favoriser l'établissement d'une religion nouvelle au détriment du catholicisme. Cette même année, il succéda à Le Maistre comme premier président du parlement. Après le massacre de la Saint-Barthélémy, on vit ce magistrat, dont le caractère était naturellement doux et bienveillant, approuver Charles IX, dans un discours public, d'avoir ordonné cette épouvantable boucherie et appliquer au roi la maxime de Louis XI : a Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner. > Pendant les troubles qui agitèrent le règne de Henri III, de Thou se fit remarquer par sa modération, se prononça contre la Ligue, dans laquelle il voyait un danger pour le trône, mais y adhéra néanmoins lorsque le roi s'en fut déclaré le chef (1576). Ce magistrat, qui jouit de son temps de la considération la plus haute, soumit les avocats à une rigoureuse discipline, rédigea les Coutumes de France et apporta un zèle extrême au jugement des procès criminels. Il était lettré, savant et avait réuni un grand nombre de matériaux, dans le but d'écrire une histoire de France. Il aimait le luxe, la magnificence et fut le premier habitant de Paris qui ait eu un carrosse. Son fils lui fit élever par Prieur .un admirable mausolée.
THOU (Nicolas de), prélat, frère du précédent, né à Paris en 1528, mort au château de Villebon (Seine-et-Oise) en 1598. il devint successivement conseiller clerc au parlement, archidiacre de l'Eglise de Paris, abbé de Saint-Symphorieu de Beauvais et évêque de Chartres (1573). Lors des troubles qui éclatèrent sous Henri III, bien qu'il fût partisan de la cause royale, il évita prudemment de se prononcer formellement pour le roi ou pour la Ligue. Sa position, du reste, était difficile, car la ville de Chartres, après avoir chassé les troupes royales, avait accueilli avec enthousiasme le duc de Mayenne et reconnu comme roi le cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. Dans cette situation, il dut, par crainte de s'exposer aux fureur* in la multitude, publier des mandements, dans lesquels il exhortait à l'obéissance envers le cardinal de Bourbon. Après la mort de Henri III, il entretint une correspondance secrète avec Henri IV, s'attacha à lui gagner des partisans, [e reçut dans son palais et présida, en 1591, une assemblée d'évéques qui déclara • nulle, injuste et suggérée par la malice des étrangers ennemis de la France » l'excommunication lancée par Grégoire XIV contre Henri IV. Deux ans plus tard, l'évêque de Chartres fut choisi pour instruire ce prince dans la religion catholique et le sacra, en 1594, dans sa cathédrale. On lui doit, entre autres écrits : Norma pie vivendi (Paris, 1575, in-4°); Instruction des curés pour instruire le simple peuple dans
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le diocèse de Chartres (Paris, 1579, in-4o); Manière d'administrer Us sacrements de l'Eglise (Paris, 1580); Brief recueil et explication de la messe (1F.9S, in-4°); Cérémonies observées au sacre et couronnement de Henri 1 V, roi de France (1594).
THOU (Jacques-Auguste de), célèbre historien et magistrat français, né à Paris le 8 octobre 1553, mort dans la même ville en 1617. Il était fils de Christophe de Thou, premier président du parlement de Paris, eut pour précepteurs les meilleurs maîtres de son temps et poursuivit ses études dans les diverses universités du royaume; il alla jusqu'à Valence, en Dauphins, pour y suivre les leçons de Cujas, qui y professait la droit en 1571. Revenu à Paris, il y assista au mariage de Henri de Navarre avec Marguerite de Valois et à la Saint-Barthéletny, odieux massacre qui laissa dans son esprit des traces ineffaçables et le disposa à la tolérance religieuse, oui fut une des maximes de toute sa vie. Sa famille le destinait à l'état ecclésiastique et le plaça, en 1572, auprès de son oncle, Nicolas de Thou, alors chanoine de Notre-Dame, et qui fut peu après appelé il l'évèché de Chartres. Il accompagna ensuite Paul de Foix en Italie et visita Florence, Pailoue, Bologne, Naples, moins en touriste qu'en étudiant, car, s'attachant principalement aux villes qui possédaient des universités célèbres, il s'y mettait en rapport avec les maîtres dont les travaux inauguraient la renaissance des lettres et des sciences. A son retour en France, il fut pourvu par son
Îière d'une charge de conseiller clerc au parement de Paris ( 1576), puis envoyé pour négocier une entente avec les chefs du parti protestant, réunis à Bordeaux (1581). C'est là qu'il connut Montaigne, alors maire de la ville. Cette mission remplie, ne se sentant pas de vocation ecclésiastique, il résigna ses bénéfices et fut nommé maître des requêtes au parlement (1586). L'année suivante, il obtint la survivance d'un de ses oncles, président à mortier, et se maria. Les guerres de religion désolaient alors la France. Henri III venait d'être forcé de quitter Paris, à la journée des Barricades. Le roi chargea de Thou de lui préparer un asile en Normandie, projet auquel il ne fut pas donné suite, mais qui n'en valut pas moins à de Thou le brevet de conseiller d'Etat (15SS). Il accompagna en cette qualité Henri III aux états généraux de Blois, mais n'assista pas à l'assassinat du duc de Guise ; six jours auparavant, le roi l'avait envoyé à Paris, chargé d'une mission secrète qu'il eut beaucoup de peine à remplir, la nouvelle de la mort de Guise, arrivée presque en même temps que lui, ayant violemment soulevé la capitale. Il fut ensuite chargé, avec Schomberg et Duplessis-Mornay, de négocier l'accord du roi de France a\eo le roi de Na- , varre, puis il alla solliciter, en Allemagne et en Italie, des secours d'hommes et d'argent pour Henri III. Ce fut à Venise qu'il apprit la mort de ce prince, et il accourut aussitôt auprès de Henri IV, qui lui témoigna la même confiance que son prédécesseur.
Toujours au premier rang, avec Sully, parmi les conseillers du monarque, il négocia, en 1594, le raccommodement du jeune duc de Guise avec la cour, figura aux conférences de Loudun et eut enfin l'honneur de rédiger les articles du célèbre édit de Nantes, qui opéra la pacification du royaume (159S). En 1600, il assista, en qualité de commissaire, à, la conférence de Fontainebleau et y défendit avec force les libertés de l'Eglise gallicane, déjà attaquée, pour complaire au pape, par une partie du clergé. Eu 1616, il négocia encore le traité de Loudun, ooncluentreleprince de Condé et la régente, Marie de Médicis. Ce fut son dernier acte politique.
Depuis 1595, il était président à mortier et il espérait être appelé, à la mort d'Achille de Harlay, au poste de premier président. Après la mort de Henri IV, Marie de Médicis le combla d'égards et, voulant éloigner Sully, partagea le maniement des finances entre trois contrôleurs , de Thou, Chàteauneuf et Jeannin. Il accepta ces fonctions, quoiqu'elles fussent peu compatibles avec ses goûts et ses connaissances, mais il ressentit un vif dépit de ce que, le poste de premier président étant devenu vacant en itill, la régente y nomma Nicolas de Verdun ; il se plongea dès lors plus que jamais dans ses études favorites, que l'activité de sa vie comme magistrat et comme diplomate ne lui avait jamais fait abandonner. C'est en 1591 qu'il avait commencé d'écrire, sous le titre d'Histoire de mon temps, une des plus vastes compositions historiques qu'on eût jusqu'alors entreprises. Il en publia les dix-huit premiers livres en 1604, et les idées de tolérance qu'il y exprimait soulevèrent contre lui de telles clameurs de la part du clergé, qu'il fut sur le point de renoncer à l'achèvement de son ouvrage.
Henri IV ne put pas même le défendre des censures de la cour de Rome. L'Histoire de mon temps fut mise à l'index en 1609, et, ce qu'il y a de curieux, c'est que-dans le même catalogue, publié en cette année, des livres abominables dont la lecture est éminemment corruptrice figure l'arrêt du parlement qui condamnait le régicide Jean Chàtel. Soub la régence, il se remit à son grand ouvrage, qu'il voulait pousser jusqu'à la mort de Henri IV; mais il s'interrompit une seconde fois pour écrire ses Mémoires; l'Histoire dt
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mon temps fut achevée par un de ses amis, Nicolas Rigault. De Thou a laissé, en outre, un recueil «le poésies latines, oeuvre de sa jeunesse ■ Metaphriisispoeticalibrorumsacrorum atiçaot (Tours, 1588, in-lî) et Poemata sacra ïParis, 1599, in-12); c'est le même tenu pi! sons deux titres; il contient quelques paraphrases des Psaumes; des odes , dont deux, l'Ode à la Postérité et l'Ode à la Vérité, sont tort remarquables, et un petit poème intitulé : Hieracosophion sive De re accipitraria.
L'Histoire de mon temps, écrite en latin, porte lo titre de J.-A. Tliuani historiarum sni temporis pa>'S prima (Paris, 1604, in-fol.); la seconde partie (1560-1572) parut en 1606, la troisième (1572-1574) en 1607, la quatrième (1574-1584) en 1608; les derniers livres (1584- 1607) furent achevés après sa mort, d'après ses Mémoires, par Rigault et Dupuy (1620, 5 vol. in-fol.). Les Mémoires, également en latin et rédigés en partie par de Thou, en partie par Rigault sur ses notes et manuscrits, sont insérés à la fin de ces cinq volumes et parurent séparément un siècle après (1711, in-4o). Les Œuvres complètes de de Thou ont paru grâce aux soins de deux Anglais, Samuel Buckley et Thomas Carte, qui en ont donné une excellente édition (Londres, 1733, 7 vol. in-fol.). C'est sur cette édition que fut faite la traduction de Desfontaines et Lebeau (!73~4, 16 vol. in-4«). Les Mémoires ont été séparément traduits en français dans lu Collection des mémoires pour servir à l'histoire de France, de Petitot et Miohaud.
THOU (François-Auguste de), magistrat, fils du précédent, né à Paris vers 1607, décapité à Lyon en 1644. Il avait environ dix ans' lorsque, son père étant'mort, il lui succéda comme maître de la librairie du roi; mais, comme il était trop jeune pour remplir cette charge, il obtint de se faire suppléer par son cousin, Pierre Dupuy. Auguste de Thou reçut une solide instruction, fut nommé, à dix-neuf ans, conseiller au parlement, puis devint maître des requêtes. Désireux de compléter son instruction par des voyages, il visita la plus grande partie de l'Europe, entra en relation avec les hommes les plus distingué'?, puis revint à Paris, reçut le titra de conseiller d'Etat et fut chargé de diverses missions. Lorsque la duchesse de Chevreuse, avec qui il était lié, dut quitter la France, il devint l'intermédiaire de la correspondance secrète qu'elle eut avec la reine, Richelieu, ayant été informé de cette correspondance, qui avait pour objet d'amener son renversement du pouvoir, donna l'ordre d'arrêter de Thou. Celui-ci parvint'à apaiser la colère du tout-puissant cardinal, mais il perdit pour toujours sa confiance. Ce fut alors qu'il se lia intimement avec le grand écuyer, Cinq- Mars, ennemi déclaré de Richelieu; il alla habiter bientôt après auprès de lui et se trouva mêlé sans le savoir, par ses relations seules, à la conspiration formée par Cinq- Mars, le duc de Bouillon et le duc d'Orléans pour amener la chute de Richelieu. De Thou ne connut le traité négocié par ces personnages avec l'Espagne qu'après sa conclusion et Te désapprouva fortement. 11 était allé rejoindre la cour k Perpignan, dont Louis XIII faisait le siège, lorsque Richelieu, ayant reçu eopie du traité passé par ses ennemis avec l'Espagne, ordonna d'arrêter Cinq-Mars et de Thou (1042). Conduit au château de Tarascon, ce dernier y fut interrogé par Richelieu lui-même et se renferma dans des dénégations absolues. Peu après, il remonta le Rhône jusqu'à Valence, dans un bateau attaché à celui qui portait le cardinal, presque mori-" bond, puis fut transféré au fort de Pierre- Encise, où se trouvait Cinq-Mars, et comparut avec ce dernier devant une commission réunie à Lyon sous la présidence du chancelier Séguier (27 août 1642). La encore, de Thou persista dans son système de dénégations. Toutefois, Cinq-Mars, dans l'espoir de se sauver, ayant chargé son ami, celui-ci avoua avoir eu connaissance du traité, mais seulement après sa conclusion , et déclara qu'il avait jugé impossible de révéler un complot dans lequel se trouvaient compromis le frère et le favori du roi. Bien que son innocence fût certaine, de Thou fut condamné k avoir la tête tranchée (12'septembre). En entendant prononcer cette sentence , il se retourna vers Cinq-Mars ; « J'aurais le droit de me plaindre de vous, lui dit-il; vous m'avez accusé, vous me faites mourir, niais Dieu sait combien je vous uiine. Mourons, monsieur, mourons courageusement. ■ Peu d'heures après leur condamnation, Cinq-Mars et de Thou étaient conduits sur la place des Terreaux. Cinq-Mars fut exécuté le premier. De Thou monta ensuite sur l'échafaud, se fit bander les veux et posa sa tête sur le billot; mais ce ne fut qu'après sept coups de hache que sa tête fut séparée du tronc. Son parent, Pierre Dupuy, a publié : Mémoire pour servir à Iti juslificatio1> de François - Auguste de Thou.
THOUAR (Pierre), littérateur italien, né à Florence en 1800, de parents pauvres, mort en 1861. Il fut d'abord correcteur d'imprimerie, puis employé chez J.-P. Vieusseux, éditeur de l'Anthologie, qui facilita ses premiers pas dans les lettres. Il apprit la politique k l'école des hommes éminents qui rédigeaient alors ce recueil et fut reçu membre
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de la Jeune Italie. Après avoir débuté par la publication d'un almanach populaire, il écrivit un certain nombre da nouvelles et do rontes publiés dans le Guida dell' educatorc, journal dirigé par l'abbé Lambruschini, sous le titre de Lectures pour lu jeunesse : Annalena, Cecchino Salviati, Carlo Graziani, le Tessitore, Una madré, etc., publiés plus tard sous le nom de Récits populaires {Racconti popolari). Thouar fut attaché à ce journal de 1836 k 1845, jusqu'à ce qu'il cessât de paraître; alors, il fonda une feuille hebdomadaire, intitulée Petit journal du peuple (ùiornaletto del popolo), qui exerça une heureuse influence sur les masses en 1847; en 1848, il lui donna le titre de Lectures politiques et, en 1859, celui de Lectures de famille.- Thuuar a aussi collaboré a la Bévue de Florence dès 1843, au Messagiere detie donne ita- /iane,«tc. Il avait obtenu, en 1841, un petit emploi à l'instruction publique, et 1848 le fit directeur de l'asile des enfants pauvres, à Florence, appelé le Monle-Domini. Il entreprit d'introduire dans cet établissement, négligé jusqu'alors, tes plus utiles réformes ; mais la restauration de 1849 le destitua brutalement, et, rejeté dans une vie de luttes et de privations, Thouar dut faire le copiste pouf vivre ; car ses publications populaires, aussi morales qu'éclairées, étaient interdites par le gouvernement. La révolution de 1859 lui rendit ce qui était dû à l'homme le plus dévoué à l'éducation du peuple. 11 avait été officier de la garde nationale en 1848, membre de l'Assemblée constituante en 1849; il fit partie aussi de celle de 1859, qui prononça k l'unanimité la déchéance de la maison de Lorraine; puis il revint à ses publications, à se8 élèves, ouvrit des cours et dirigea l'école normale. Ou- ■ tre les ouvrages dont il a été question ci-dessus, il faut citer : quatre volumes de nouvelles, intitulés Letture gradnnli, Racconti pei fanciulti, Racconti pei giovinelli, Nuovi racconli per la gioventù; trois volumes de Compositions dramatiques pour les enfants et les jeunes gens; Uberto ou les Soirées d'hiver, lectures pour les ouvriers; la Famille et la patrie; Una (eziane venuta in tempo, rom;ui de mœurs ; Contes; I doueri di civiltà, à l'usage des jeunes filles; Eludes biographiques, etc., sans compter un grand nombre de traductions du français, se rapportant toutes à l'éducation.
TIIOUARCÉ, bourg et commune de France (Maine-et-Loire), ch.-l. de eant., arrond. et à 28 kiloin, S. d'Ansers; pop aggl., 495 hab,
— pop. tôt., 1,628 hab. Dolmen; ruines du château fort de Sausay et du château de Fesle. L'église possède un curieux calice du xve siècle.
THOUARÉE s. f. (tou-a-ré — de Dupetit- Thouars, botan fr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des panieées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent à Madagascar, en Australie et dans l'Océanie tropicale. •
THOOAHS, ville de France (Deux-Sèvres), ch.-l. de cant., arrond. et k 26 kilom. de Bressuire, Sur un plateau de 93 mètres d'altitude, se terminant du côté du Thouet par un escarpement rocheux; pop. aggl., 2,501 hab.
— pop. tôt., 2,622 hab. Thouars sert d'entrepôt aux céréales et aux vins que les communes rurales des environs expédient à Saumur. Commerce important de grams, de bestiaux, de chevaux, de mulets, d'eau-de-vie ; fabriques de droguets et de toiles. Les murailles flanquées de tours qui entouraient autrefois Thouars existent encore en partie, quoiqu'elles remontent pour la plupart au x»o et au xuie siècle. Trois ponts sont jetés sur la rivière : un pont antique à arches ogivales, un pont moderne à trois arches et un beau pont suspendu qui relie Thouars au faubourg Saint-Jacques, dont les maisons, bâties en amphithéâtre, descendent du plateau jusque sur la rive du Thouet.
Thouars renferme plusieurs monuments intéressants; nous allons en décrire les principaux. Le château, monument historique, bâti au sommet de rochers dont la base est baignée par les eaux du Thouet, fut élevé sous le règne de Louis XIII par Marie de Latour. Il coûta k Sa fondatrice, bien qu'il fût construit en partie par corvées, la somme énorme de 1,200,000 livres de l'époque, c'està-dire plus de 2 millions d'aujourd'hui. Il est conçu sur le plan donné par Philibert Delorme k Catherine de Médicis 'pour bâtir le château des Tuileries, et se compose d'un gros corps de logis, surmonté d'un dôme, et de quatre pavillons. Les terrasses, formant quatre jardins en amphithéâtre, se terminent à la rivière du Thouet, qui décrit un arc de ce côté; on domine de leur sommet un pittoresque panorama. La grande serre contenait jadis plus de deux cents orangers, collection aussi belle que celle de Versailles. Le principal corps rie logis mesure 120 mètres de longueur sur 27 de largeur. ■ L'intérieur, dit M. Adolphe Joanne, est remarquable par la masse des murs fondés sur le rocher coupé à pic en vingt endroits. Les cuisines sont immenses. Des puits, forés à 30 mètres de profondeur dans le roc réfractaire, permettaient, en tout temps, de puiser l'eau du Thouet sans sortir du château. La chambre des archives a été l'objet de précautions de toutes sortes destinées à mettre les titres de la maison de Thouars k l'abri du pillage et de
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l'incendie. Des guichets aux triples portes bardées de for n'y laissent qu'un étroit passage à travers des murs de 6 à 7 mètres d'épaisseur. On croirait entrer dans une prison d'Etat en pénétrant dans la vaste salle qui renfermait jadis tous les titres de propriété de cette riche seigneurie, dont relevaient 1,700 familles de gentilshommes. Un large et magnifique escalier, à balustresde marbre jaspé, conduit aux étages supérieurs du château, longues suites de pièces immenses »
La Sainte-Chapelle, classée parmi les monuments historiques, est un charmant édifice de la Renaissance, voisin et dépendant du château. Gabrielie de Bourbon l'éle va dans les premières années du xvie siècle. Elle fut érigée en Sainte-Chapelle en 1515 par le pape Léon X. Elle consiste en quatre églises placées les unes au-dessus des autres et formant en quelque sorte des chapelles superposées, dontles trois inférieures sont creusées comme des cryptes dans toute la hauteur du rocher et communiquent entre elles par des trappes et des escaliers intérieurs. La plus basse, taillée dans le granit du sol, servait autrefois île sépulture k la famille seigneuriale de Thouars.
Les tours du Prince-de-Galles et du Grand- Prévôt furent construites au xn° siècle par les Anglais ; la tour du Prince-de-Galles ou de la Grenetière, que les enfants de Henri II ont habitée pendant quelque temps, sert aujourd'hui de prison. Celle du Prévôt, qui ressemblekun donjon, estabandonnée. La porte, k laquelle un escalier donnait accès, était défendue par deux herses dont on distingue encore les coulisses. Les mâchicoulis sont également visibles encore du côté de la ville.
L'église Saint-Médard, fondée au xiio siècle et reconstruite à différentes époques, doit Une partie de ses embellissements à Gabrielie de Bourbon. Le porche est décoré de sculptures très-curieuses. « Sur l'archivolte de la première voussure, dit un archéologue, on voit des ornements foliacés. L'archivolte de la seconde' voussure présente le Père éternel entouré de personnages formant une cour céleste. Sur l'archivolte de la troisième voussure sont sculptés d'autres personnages plus petits que les précédents et que l'on ne peut reconnaître. On reinarque sur l'archivolte de la quatrième voussure des personnages revêtus de longues robes et ayant des palmes a la main. La dernière voussure est ornée de dessins réguliers. Ces voussures retombent sur des colonnes séparées par des nervures prismatiques. Au-dessus de ces colonnes, et à droite du porche, on voit une archivolte en plein cintre supportée par deux colonnes romanes. Au-dessus du porche ,se trouvent huit statues d'anges, d'un dessin assez correct. Des modulons a cintre, placés au-dessus de ces statues, soutiennent une corniche. Entre ces modifions on voit des sculptures parmi lesquelles on reconnaît dé% chimères, îles rosaces, etc. Une tour percée de fenêtres en accolade sert de clocher. A l'intérieur, les voûtes sont soutenues par des arosdoubleaux, garnis alternativement de moulures rondes et prismatiques. L'édifice mesure une longueur de 24 mètres sur une largeur de 17. »
L'église de Saint-Laon, érigée au xlle siècle, sur remplacement d'une chapelle du xe, est surmontée d'une magnifique tour carrée, divisée en deux étages décorés d'arealures, d'élégantes archivoltes et de colonnes k chapiteaux historiés. On y voyait autrefois le tombeau de Marguerite d'Ecosse, femme de Louis XI.
Mentionnons, en outre : l'hospice; le collège, fondé au xiva siècle, et un ancien temple où se réunissaient autrefois les protestants.
— Historique. L'origine de Thouars (Thonrcium, Toarcium) remonte à l'époque galloromaine; car on voit cette ville érigée eu chef-lieu de l'un des doyennés du Poitou, dès l'introduction du christianisme. Suivant la chronique de Poitiers, Pépin s'empara du château de Thouars (castrmn Thoarz) en 754 et le détruisit quelques années après. Au IXe siècle, les comtes de Poitou l'érigèrent en une vicomte qui devint un des fiefs les plus importants du royaume ; un territoire très-étendu, surtout du côté de la mer, était, jn effet, soumis à sa juridiction. A cette éjio- .;ue, Thouars ne consistait guère qu'en un château fort, k l'ombre duquel vinrent peu k peu <e grouper quelques maisons. Au xie siècle, une église fut tondée au même lieu aur le tombeau de saint Laon par un riche particulier nommé Achard, et celte circonstance valut à la ville un rapide accroissement. Les premiers vicomtes de Thouars furent Savary 1er (905-924), Aymery 1er (924-934), Savary II (943) et Albert 1er (956-987); nous rencontrons ensuite Geoffroy 1er (1041), qui fut vaincu par Geoffroy-Martel, comte d'Anjou.. Ca dernier brûla le château, et les vicomtes habitèrent dès lors La Chaise-en-Poitou, qui, pour ce motif, porta depuis le nom deLaChaise-le-Vicomte. Aimery IV, vicomte de Thouars accompagna, en 1068, en Angleterre Guillaume le Conquérant et contribua' puissamment au gain de la bataille d'Hastings. Il revint ensuite en France, avec de grandes richesses. Aimery V et Albert IJ, ses successeurs , firent le voyage de la terre sainte. La guerre da Cent ans vit les vicomtes de Thouars jouer dans notre histoire un
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grand rôle, servant tantôt la France, tantôt l'Angleterre. En 1204, Aimery V s'enferma dans Thouars et y résista k Philippe-Au-
fuste ; il se rendit néanmoins et reçut Lotiun pour prix de sa soumission, avec le titre de sénéchal de la province. Il n'en ouvrit pas moins ses portes à Jean sans Terre en 1206. Ce fut à Thouars que fut conclue la trêve de Dix ans, lorsque le roi d'Angleterre eut été contraint de regagner ses Etats. Les tendances des vicomtes de Thouars à incliner du côté du parti anglais obligèrent en 1223 Louis VIII à marcher contre Amaury, qui traita avec le roi de puissance k puissance. Son successeur Hugues V se soumit, en 1226, k Blanche de Castiïle, régente de France, et Louis IX sut la maintenir dans son parti. En 1361, le traité de Brétigny fit passer la vicomte sous l'obéissance du prince Noir; mais, en 1372, Du Guesclin vint mettre le siège devant la place, qui finit par capituler le 28 septembre. Le chef de la maison des vicomtes de Thouars était, alors une femme, Péronnelle de Thouars, mariée k Amaury de Craon. Elle mourut sans enfants, et ses droits passèrent k sa sœur cadette, Jeanne de Thouars, qui les transmit par mariage k la maison d'Amboise. Louis d Amboise, vicomte deThouars, se rangea dans le parti du dauphin, depuis Charles VII, réfugié k Poitiers. Le roi acquitta la dette de reconnaissance contractée par le dauphin en confisquant' les biens d'Amboise, qui, de plus, fut emprisonné. Rendu à la liberté, Je vicomte de Thouars fut réintégré dans ses domaines k l'exception d'Amboise, annexé définitivement à la couronne (1442). Il se livra alors à de telles prodigalités et k de telles débauches que sa hlle et son gendre sollicitèrent et obtinrent, en 1457, son interdiction. Louis XI profita de l'irritation du vicomte pour obtenir une donation entre vifs de tous ses biens. Quand Louis d'Amboise mourut, Jacques de Beaumont, sire de Bressuire, prit possession du domaine au nom du roi, qui le garda en vertu d'un arrêt définitif du parlement de Paris du 21 juillet 1476. Louis XI fit plusieurs voyages à Thouars, notamment en 1469 et eu 1478. Marguerite d'Ecosse, première femme de Louis XI, aimait beaucoup Thouars et manifesta le désir d'y réposer après sa mort ; ses dépouilles y furent, en effet, apportées en 1479 et inhumées dans l'église Saint-Laon. Cependant les La Trémouille, héritiers indirects de Louis d'Amboise, ne renonçaient pas k leurs droits : dès que Louis XI fut mort, ils les firent valoir devant Charles VIII, et, malgré l'obstination et le inauvois vouloir de Cornalines, ancien conseiller et historien du roi défunt, ils obtinrent enfin restitution (1485-1486). Louis II de La Trémouille fut le premier vicomte de cette nouvelle maison de Thouars et joua dans les guerres d'Italie nu rôle illustre. Il épousa Gabrielie de Bourbon, fille de Louis, comte de Montpensier et dauphin d'Anvergne. Son fils , François V, ayant épousé Anne de Laval, héritière de l'rédéric d'Aragon, roi de Naples, en revendiqua l'héritage. Enfin, sous Louis III, la vicomte de Thouars fut érigée en duché (1563). Le protestantisme, k ses débuts (1550), avait trouvé k Thouars de nombreux prosélytes : la ville offrit cet exemple rare d'un couvant de nonnes .tout entier se rendant k Genève et y abjurant l'ancienne religion. Les réformés, maîtres de Thouars en 1561, y brûlèrent les églises, sauf celle du château et celle du Saint-Médard, dont ils firent un temple. La mariaga de Charlotte-Catherine de La Trémouille, sœur du duc Claude V (15S6J, avee le prince de Condé entraîna le duc dans lu religion et dans le parti de la Réforme. Henri IV, en récompense de ses services, érigea le duché de Thouars en pairie.
Claude V, marié k Barbantine de Nassau, fille de Guillaume d'Orange, se signala par son intolérance religieuse. Sous Louis XIII, son fils, Henri 1er, marié à Marie de La 'fourd'Auvergne, abjura le protestantisme, malgré la vivo opposition de sa femme. Celle-ci, sans cesse occupée de restaurations, de reconstructions de châteaux, laissa k Thouars da tristes souvenirs, tant a cause des corvées sans fin dont elle accablait les laboureurs et les artisans, que des procès innombrables qu'elle intenta et poursuivit k outrance contre .les créanciers qui lui déplaisaient. Ce souvenir était demeuré vivant jusque sous la Révolution ; en 1793, le peuple envahit le château et se vengea en couvrant d'ordures le portrait de la duchesse, qui fut pendu k défaut de l'original. La révocation de l'édit de Nantes porta un coup fatal k l'industrie de la ville. Thouars perdit la moitié de sa population (1685) et ne s'est jamais -relevée.
Quand la Révolution éclata (1789), Thouars, situé à l'extrême frontière de la Vendée militaire, offrait cette particularité singulière que la ville professait des opinions diamétralement opposées k celles da ses voisins; l'Assemblée constituante l'érigea en chef-lieu de district. Elle était commandée, en 1792, par le général républicain Quétineau, quand l'armée catholique se présenta devant la place; après une courte résistance, les portes furent ouvertes, mais les catholiques sç retirèrent trois jours après sans même laisser de garnison. A la fin de la même année, les conventionnels en mission dans l'Ouest réunirent k Thouars environ 30,000 hommes de nouvelle?
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recrues; Leseure se dirigea vers la ville pour disperser ce rassemblement, mais un corps de 6,000 républicains, commandé par le général Rey, l'obligea de battre en retraite. Le Consulat fit de Thouars un des chefs-lieux de sous-préfecture du département des Deux- Sèvres; mais, en 1803, a la suite de quelques troubles, le siège de la sous-préfecture fut transféré à Bressuire. Pendant les Cent- Jours, Thouars fut attaqué le 18 juin par Henri de La Rochejaquelein et Du Pérat, et envahi le lendemain ; mais quatre heures plus tard, le général Delaage arriva avec des renforts qui rendirent la position des royalistes extrêmement critique ; en effet, le pont se trouvait en même temps gardé par la garde nationale; Du Perat lit alors une sortie impétueuse et parvint k regagner le Bocage avec les Vendéens.
C'est à Thouars qu'éclata, en 1822, la conspiration si connue sous le nom de conspiration de Thouars et Saumur, et dont on sait l'issue sanglante. Parmi les six condamnés à mort, Jaglin et Sauge furent exécutés k Thouars le 7 octobre : le second mourut en criant : Vive la république /Ce fut le dernier événement marquant de la ville.
Indépendamment de plusieurs de ses seigneurs, Thouars a vu naître : le professeur Corneille Bonaventure-Bertram, les jurisconsultes Ismnbert et Larcher; les médecins François Brion et de La Garde, les historiens Drouyneau de Brie et Hubert de Thouars, le controversiste Thomas Goulde, enfin les frères Redon, administrateurs distingués.
THODAHS (Pierre -René), jurisconsulte français, né à Alençon en 1694, mort à Rouen en 1768. Il appartenait à une famille qui prétendait descendre des rois d'Angleterre.
Thouars s'adonna avec succès à la jurisprudence, à l'étude approfondie des lois, se fit recevoir avocat au parlement de Normandie et devint un des membres les plus distingués de ce barreau. 11 a laissé des notes sur la Coutume de Normandie, gui onteté imprimées, en grande partie, dans 1 œuvre de Henri Basnage (édition de 1778). Thouars a également laissé manuscrits de nombreux mémoires sur les points les plus importants de la même coutume.
THOUARS (Du Petit-), marin français. V.
Du Petit-Thouars.
THOUARS1E s. f. (tou-ar-sl — de Du Petit-Thouars, botan. fr.). Bot. Syn. de psiadie, genre do composées.
TUOIFÉ ou THODET, rivière de France.
Elle prend sa source dans le département des Deux-iSèvres, arrondissement de Niort, baigne Secondigny, Parthenay, Saint-Loup, Thouars, entre dans le département de Maineet-Loire, arrose Montreuil-Bellay, Saumur, Saint-liilaire et se jette dans la Loire, par la rive gauche, après un cours de 85 kilom. Elle est navigable sur une partie de son cours. Les transports consistent principalement en grains, eaux -de-vie, vins, fourrages, etc. Ses principauxaf'tiuentssont le Cébron, leThouaret, l'Argenton et la Dive.
THOUiN (André), botaniste, né à Paris en 1747, mort dans la même ville en 1834. Fils d'un jardinier en chef du Jardin des Plantes, il fut élevé dans cet établissement, reçut des leçons de botanique de Bernard de jussieu, perdit son père a dix-sept ans et se trouva alors le jeune chef d'une nombreuse famille. Malgré sa jeunesse, Buffon, qui avait été à même d'apprécier son intelligence et son zèle, n'hésita point k le nommer à la place de son père (1764). A partir de ce moment, Thouin ne s'occupa plus que d'agrandir, d'améliorer et d'enrichir de plantes nouvelles le jardin confié à ses soins. Il agrandit les serres, doubla l'étendue du Jardin du roi, enrichit l'Ecole de botanique d'un nombre considérable de plantes exotiques, devint membre de la Société d'agriculture (1784) et de l'Académie des sciences (1786) et acquit par ses travaux l'estime des hommes les plus éminents, notamment de Linaé, de J.-J, Rousseau et de Malesherbes. • Devenu le centre d'une correspondance qui s'étendait dans toutes les parties du monde, dit Cuvier, il ne cessa, pendant un demi-siècle, da provoquer entre les divers pays l'échange de leurs richesses végétales. Son nom était connu partout où existait, une culture nouvelle. > De 1790 à 1792, Thoiiin fit partie du conseil général du département de la Seine. En 1793, il devint professeur administrateur du Muséum d'histoire naturelle, où il fit un cours de culture et de naturalisation des végétaux exotiques. L'année suivante et en 179G, il fut chargé de se rendre en Hollande et en Italie pour y recueillir ce qui pouvait intéresser l'agriculture et préparer ses progrès, et il remplit ces missions de façon à mériter une médaille d'or à titre de recompense nationale (1798). Thoûin lit partie, tors de la réorganisation de l'Institut, des membres chargés de compléter ce corps savant. En 1806, il obtint la création d'une école d'agriculture pratique, où il Ht un cours extrêmement suivi. C'était un homme plein dé bonté, de désintéressement, de modestie et de simplicité. Pour soutenir sa famille, il s'était voué au célibat et vivait entouré de ses frères et de ses sœurs daus un modeste appartement du Jardin des Plantes, où venaient se réunir les savants et les voyageurs les plus renom-
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mes. Parmi ses ouvrages, nous citerons : Essai sur l'exposition et la division méthodique de l'économie rurale (Paris, 1805, in-4°); Description de l'école d'agriculture pratique du Muséum d'histoire naturelle (Paris, 1814) ; Monographie des greffes (1821, in-4»); Cours de culture et de naturalisation des végétaux (1827, 3 vol. in-8°) ; Voyage dans la Belgique, la Hollande et l'Italie (1841, 2 vol. in-8°),etc. On lui doit, en outre, de nombreux articles et mémoires insérés dans las Mémoires de la Société d'agriculture, les Mémoires de V Académie des sciences, la Décade philosophique , la Feuille du cultivateur, la Bibliothèque physico-économique, les Annales de l'agriculture française , les Annales et les Mémoires du Muséum d'histoire naturelle, etc. — Son frère. Gabriel Thoûin, né à Paris en 1747, mort en 1829, s'est principalement occupé de l'art du jardinier fleuriste et décorateur. On lui doit: Plans raisonnes de toutes les espèces de jardins (Paris, 1819-1820, in-fol.). ■
THOOIN (Oscar Lkclerc-) , agronome français. V. Leclerc (Oscar).
THOUINIE s. f. (tou-i-nl — de Thoûin, hortic. fr.). Bot. Genre d'arbres et d'arbustes, de la famille des sapindacées, tribu des sapindées, comprenant une douzaine d'espèces, qui croissent en Australie, il Syn. de hvjmbkrtib, lardizabal et LiNociisRE, autres genres de végétaux.
THOULODREINC,rivièrede France.Elle naît dans le département de la Drôme, arrondissement de Nyons, coule au S. puiskl'O.-N.-O., entre dans le département de Vauoluse, passe au pied du mont Ventoux et se jette dans l'Ouvèze, après un cours de 40 kilom.
THOUMN-KADDAH s. m. (toumnn-ka-dâ).
Métrol. Mesure de capacité.en usage chez les Egyptiens, et qui vaut 0"t,2389.
THOCNG-T1NG, lac de la Chine, sur la limite des provinces de Hou-nan et de Houpe, par 29« 10' de latit. N.; 90 kilom. sur 50. Les plus importants cours d'eau qu'il reçoit sont le Yuen-kiang, le Heng-kiaiig, qui s'y jette au S.-E. et s'écoule par son extrémité N.-E. dans le Yang-tse-kiang. Ses rives sont assez profondément découpées.
THOURET (Jacques-Guillaume), homme politique français, né à Pont-l'Evêque (Calvados) en 1746, décapité le 22 avril 1794. Il était un des avocats les plus distingués du barreau de Rouen et avait été procureur syndic de l'Assemblée provinciale de cette ville (1787), lorsque le tiers état de Rouen le nomma député aux états généraux en 1789. Membre du comité de constitution, il fut chargé par ses collègues des rapports sur la nouvelle organisation administrative et judiciaire, sur la division de la France en départements et en municipalités, siir le ministère public, sur la régence, sur la composition du Corps législatif. II fit décréter l'aliénation des biens du clergé et l'abolition des ordres religieux. Thouret n'était pas un orateurbrillant ; mais sa parole concise, nette, claire exerçait une influence considérable sur l'Assemblée; quatre fois il en fut président, et c'est lui qui en prononça la clôture (30 décembre 1791). Il alliait aux principes les plus libéraux un attachement sincère pour la monarchie; aussi avait-il dit dans sou rapport sur la régence, la 28 mars 1791 : ■ Loin de nous le projet odieux d'avilir la majesté du trône ou de dénaturer la royauté. » Thouret ; devenu à la fin de la session de l'Assemblée constituante, président du tribunal de cassation, accepta la République après le 10 août 1792, mais se prononça contre le régime île la Terreur. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, il monta sur l'échafaud le raêuie jour que Malesherbes et d'Esprémesnil.Au début de la Révolution, il avait été un des hommes qui avaient le plus contribué a répandre par des écrits les idées nouvelles. On trouve dans les brochures qu'il fit paraître à cette époque presque toutes les questions qui passionnaient les esprits résolues dans un sens libéral et avec une grande netteté de vues. Parmi ses nombreux écrits, nous citerons : Procès-verbal des séances de l'assemblée provinciale de Bouen en 1787 (Rouen, 1787); Vérités philosophiques et patriotiques sur tes affaires présentes (1788, in-8°); Avis des bons Normands à leurs frères tous tes bons Français sur l'envoi des lettres de convocation aux états généraux (Rouen, 1789); Suite de l'aois des bons Normands, etc. (Rouen, 1789); Cahier des doléances, remontrances et instructions de l'assemblée du tiers état de llouen (Rouen, 1789, in-8°); Projet de déclaration des droits de l'homme en société (Paris, 1789); Analyse des idées principales sur la reconnaissance des droits de l'homme en société et sur les bases de la société (Paris, 1789); Projet de l'organisation du pouvoir judiciaire (Paris, 1790); Abrégé des révolutions de l'ancien gouvernement français, extrait de t'abbé Dubos et de Mably (1801, in-is); Tableau chronologique de l'histoire ancienne et moderne (1821, in-fol.).
THOURET (Michel -Augustin ), médecin français, frère du précédent, né à Pont-l'Evêque en 1748, mort à Paris en 1810. Il fit ses études k l'université de Caen, où il passa son doctorat, puis se rendit k Paris et disputa avec un plein succès, au concours, le diplôme gratuit de docteur en la Faculté de médecine de Paris. Thouret fut
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un des premiers membres de la Société royale de médecine, et un des membres les plus actifs. Choisi comme l'un de ceux qui faisaient partie de la commission instituée pour diriger les exhumations du cimetière des Innocents, il fut chargé de rédiger le rapport des travaux qu'on y exécuta et des mesures de salubrité qui furent prises pour prévenir toute influence fâcheuse sur la santé publique. Pendant la Révolution, Thouret prit part aux affaires de l'Etat, et fut membre da plusieurs législatures. Directeur de l'Ecole de santé dès la création de cette institution, ce fut lui qui, avec Fourcroy, détermina le choix des professeurs. Il succomba à une affection cérébrale aiguë. Parmi ses écrits, nous citerons les suivants : Suntne habiliores ad arien medicam qui imaginatiune prxpollent?
(Paris, 177l,in-4°); An retina primarium visionis organum? (Paris, 1774, in-4<>) ; 04servations sur la vertu de l'aimant (1776); Réflexions sur le but de la nature dans la conformation des os du crâne particulière à t'enfant nouveau-né (1779) ; Observations et recherches sur l'usage de l'aimant en médecine (1779); Mémoire sur ta nature de la substance du cerveau (1790); Mémoire sur la compression du cordon ombilical (1780); Recherche sur la structure des symphyses postérieures du bassin et sur le mécanisme de leur séparation dans l'accouchement (1784). Ces mémoires, ainsi que plusieurs autres, sont insérés dans les recueils de la Société royale de médecine de Paris.
THODRET (Guillaume-François-Antoine), jurisconsulte français, fils de Jacques-Guillaume, né à Rouen en 1782, mort à Paris en 1832. Il suivit de bonne heure la carrière du barreau, devint substitut du tribunal de la. Seine en 1811, conserva ce poste jusqu'en 1815, puis s'occupa de littérature et de bibliographie. Thouret résolut alors de donner une sorte de dictionnaire bibliographique offrant, pour chaque mot de la langue qui ne s'y serait pas refusé, une indication complète de tous les ouvrages à consulter sur la niiitière indiquée par le mot; et iltit dans ce but de longues recherches. Après la révolution de Juillet, les électeurs de Rouen l'envoyèrent siéger à la Chambre des députés, dont il faisait partie lorsqu'il fut emp.orté par le choléra. Outre des articles dans l'Encyclopédie moderne, un Discours dans la discussion sur la pairie (1831), il a laissé plus de 30 vol. in-4» d'ouvrages manuscrits.
THODRET (Vincent-Ferrare-François-Antony), homme politique et littérateur français, né à Tarragone en 1807, mort à Bouvignies en octobre 1871. Ses parents, qui depuis plusieurs années habitaient l'Espagne, revinrent en France lors de la chute de Joseph Bonaparte. Le jeune Thouret avait à peine achevé ses études à Douai, lorsqu'il se maria (1825), puis il alla faire son droit à Paris, où il se fît recevoir avocat et collabora, à la même époque, k divers journaux de l'opposition libérale. Après la révolution de Juillet 1830, pendant laquelle il s'était activement mêlé aux combattants, Thouret, peu satisfait de voir s'implanter le gouvernement de Louis-Philippe, et républicain ardent, prit part à la fondation de la Société des amis du peuple, du journal de cette société et k celle d ju autre organe des opinions avancées, la Révolution de 1830. Poursuivi par le gouvernement avec autant d'ardeur qu'il en mettait à l'attaquer, Antony Thouret se vit condamner à de nombreux mois de prison et k de lourdes amendes. Pendant ses emprisonnements k Sainte-Pélagie, a la Force, à la Conciergerie, à Saint-Wast, il employa les heures de sa captivité k composer des romans destinés à populariser ses idées démocratiques; puis, rendu à la liberté , il continua à travailler à la propagation de ses principes et fit partie de la rédaction de la Réforme. Lorsque le 24 Février 1848 amena la chute de Louis-Philippe et la proclamation de la République, Thouret fut envoyé par Ledru-Rollin, en qualité de commissaire, dans le département du Nord. Il s'y lit remarquer par son esprit de modération, s'attacha à calmer les appréhensions des intérêts alarmés, k rétablir la confiance, se vit accuser de tiédeur républicaine et fut destitué ; mais les électeurs de ce département voulurent lui témoigner leur estime en le nommant, le 4 juin 1848, représentant du peuple k là place de Lamartine , qui avait opté pour Paris. Lors de l'envahissement de l'Assemblée nationale le 15 mai , Antony Thouret lit tout ce qu'il put pour l'empêcher, se rendit, comme délégué de l'Assemblée, à l'Hôtel de ville, et y rédigea une proclamation dans laquelle il appelait la garde nationale k défendre l'ordre menacé. Jusqu'à la nomination de Louis Bonapaite comme président de la République, il appuya de ses votes le gouvernement; mais, après l'arrivée au pouvoir de ce dernier, il combattit sa politique rétrograde et suivit constamment la ligue politique de la gauche. Réélu à la Législative (1849), Antony Thouret continua k faire une .vive opposition k toutes les mesures réactionnaires adoptées par le pouvoir exécutif et la majorité. 11 prit souvent la parole, prolesta contre la substitution de la qualification de « monsieur > k celle de « citoyen » dans les comptes rendus du Moniteur officiel et vota presque constamment avec la Montagne. Après le coup d'Etat du
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2 décembre, il fut momentanément expulsé du territoire français par le décret du 9 janvier 1852. Rentré quelque temps après en France, il vécut dans la retraite jusqu'à l'époque de sa mort. Nous citerons de lui : Toussaint le mulâtre (1834, 2 vol, in-8° ) ; Blanche de Saiat-Simon (1835, 2 vol.); l'Enfant de Dieu (1836, 2 vol.): le Roi des Frenetles(lMl, 2 vol. in-8°); 1 antiquaire (1847), comédie en quatre actes et en vers jouée à l'Odéon.
THODROUT, ville de Belgique (Flandre occidentale), k 15 kilom. S.-O. de Bruges, cheflieu de canton ; 9,000 hab. Fabriques de chapeaux, toiles, amidon ; tanneries, distilleries, raffineries de sel. On y remarque l'église collégiale et les ruines du château de Wyneudaele, ancienne résidence des comtes de Flandre. On prétend que son nom provient d'un bois qui était consacré en cet endroit au dieuTbor {Thor holt bu haut). A l'O. se trouve la forêt de Wynendaele, où les Français et les Anglais se sont livré un combat . le 24 septembre 1708. Le roi Dagobert y fonda, dit-on, une abbaye qui fut détruite par las Normands.
THODS, ville ruinée de Perse, ancienne capitale du Khoraçan, sur la rivière de son nom. Elle fut détruite par les Tartares; il en reste quelques ruines près de Mesched.
THODS, rivière de Perse. Elle prend s.a source dans les monts du Khoraçan, aux environs de Mesched, coule au N.-O., entre dans le Kharism et se jette, un peuauS. deTedzen, dans un bras de mer marécageux qui est la continuation du golfe de Balkan, dans la mer Caspienne. Cours, 500 kilom. environ.
THOUSAND-ISLAND,groupe de petiteslles du haut Canada, formées par le Saint- Laurent , un peu au-dessous du lac Ontario, vis-k-vis de Kingston, Les plus considérables sont celles de Wolfe, Howe, Wellesley et Gore.
THODTMOSIS, nom de divers rois égyptiens de la dix-huitième dynastie (1800-1600 av. J.-C). Ce nom, dont la véritable orthographe, d'après M. Guigniaut, parait être Thooutmès, et que les Grecs altérèrent en l'écrivant Thoutmosis, Tethmosis et Thmosis, signifie fils de Thôout (l'Hermès des Egyptiens). Ce n'est qu'un surnom donné k plusieurs monarques de la morne dynastie, ce qui a causé quelques confusions.
THOUTMOSIS 1", fils d'Aménoftèp, qui régna de 1775 k 1762 av. J.-C. Son nom était, d'après Champollion, Cbébron; mais Manéthon donne aussi le surnom de ThoutmosU à Aménoftèp, le chef de la dix-huitième dynastie, celui qui délivra l'Egypte des Hyksos et qui alors serait Thoutmosis 1er. Champollion n'a rencontré poiu la première fois le surnom de Thooutmès qu'à la suite du nom de Chébron, fils d'Aménoftèp. C'est à ce prince que sont dues les parties les plus anciennes du palais de Karnac, k Thèbes.
THODTMOSIS II, cinquième roi de la dixhuitième dynastie, qui régna de 1720 à 1707 av. J.-C. Son nom était Sléphrèa ouMipbrig,
et M. Guigniaut pense qu'on doit l'identifier avec le Moeris d'Hérodote ; dans ce cas, ce serait lui qui aurait fait creuser le lac qui porte ce nom et édifier les deux pyramides qui, d'après l'historien grec , s'élevaient de 300 pieds au-dessus de la surface des eaux. On lui doit encore, entre autres constructions gigantesques, certaines parties du palais de Karnac. 1 1 édifice connu sous le nom de tombeau d'Osymandyas, un des temples de la Nubie, etc. L'obélisque qui orne la place de Saint-Jean de-Latran, à Rome, porte son nom. Il avait succédé à Amensès, sœur d'Aménophis 1er.
THODTMOSIS 111, successeur du précédent (1707-16S2 av. J.-C). Il figure sous le nom de MipUmmoiiibo»:» dans la chronologie de Manéthon, et les égyptologues s'accordent k dire qu'il faudrait lire Miphra-Tbou<roo»is ; mais, sur la table généalogique d'Aûydos, le prénom royal qui suit immédiatement celui de Thoutmosis III est Ainénot ; on a pu le confondre avec le précédent, dont il continua les magnifiques édifices k Thèbes. — Il eut pour successeur un quatrième Thoutmosis, que Champollion appelle Thoutmosis III, en donnant le nom d'Aménophis au précédent, et qui régna de 1682 k 1673 av. J.-C.
THODVENEL (Pierre), médecin français, né en Lorraine en 1747, mort k Parjs en 1815. Il fut reçu docteur en 1770. De nombreux prix qu'il remporta dans des concours commencèrent k appeler sur lui l'attention publique. Un établissement qu'il fonda k ses frais k Contrexéville lui valut la faveur de la Société royale de médecine, qui lui donna le titre d'associé, et la faveur ministérielle, k laquelle il dut celui d'inspecteur des eaux minérales. Partisan du magnétisme animal, il croyait aussi que certains individus pouvaient posséder le don de découvrir des sources d'eau souterraines et des filons métalliques, et il s'appuyait sur des découvertes semblables faites par un paysan dauphinois nommé Bléton. Le fait fut vivement contesté, malgré plusieurs expériences heureuses qu'il avait fait faire k Bléton devant une assemblée de savants, où figuraient Franklin, Berthollet, Parmentier, Mauduit, Mwequer, Darcet, Malesherbes, le baron d'Holbach. Thouvenel n'en défendit pas moins jusqu'à sa mort l'hydroscopie et la métalloscopie. A la R6-
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volution, il quitta la France et passa en Italie. Il en revint sous le gouvernement impérial, et il jouit sous la Restauration de la faveur de Louis XVIII, qui l'avait connu à Vérone et qui le nomma son premier médecin consultant. Ses ouvrages sont nombreux; en voici la liste : De corpore nutritivo et de nutritione tentameii chimico-medicum (Montpellier, 1770, in-4<>); Mémoire chimique et médicinal sur les eaux minérales de Contrpxévilte (Paris, 1775); Mémoire sur le mécanisme et les produits de lasanguification (1771, in-4°) j Mémoire sur les substances médicamenteuses on réputées telles durègne animal (1778, in-4°); Mémoire chimique et médical sur la nature, les usages et les effets de l'air (1780, in-4°); Mémoire sur l' électricité organique et minérogmphique (1790, in-4°); Traité sur le climat d'Italie (Vérone, 1797, 4 vol. in-8°) ; Mémoire sur t'aérologie et l'électroloyie (Paris, 1806, 3 vol. in-8°) ; La Guerra di dieci anni, raccolta polemico-fisica sull' electrometria galvano-organica, parte italiana, parte francese (Vérone, 1802, in-8°).
TIIOEVENEL (Louis), général français, né à Nancy en 1787, mort à Pont-à-Mousson en 1843. Elève de l'Ecole polytechnique (1803- 1805), il en sortit dans 1 artillerie, ht la plupart des guerres de l'Empire et se distingua particulièrement a Eylau, où il attira 1 attention de Napoléon, qui lui fit une dotation spéciale. A Friedland, Thouvenel sauva sa batterie et devint lieutenant-colonel en 1814. Cette année, il se maintint dans la ville de Luxembourg jusqu'à la chute de l'Empire et, l'année suivante, après la bataille de Waterloo, il refusa de rendre aux Russes Verdun, qu'ils tenaient bloqué. Tombé en disgrâce, il vécut dans la retraite jusqu'à la révolution de 1830. Il reprit alors du service et fut successivement eolonel (1832), commandant en second de l'Ecole polytechnique (1833) et maréchal de camp (1841).
THOUVENEL (Edouard-Antoine), diplomate français, fils du précédent, né k Verdun en 1818, mort à Paris en 1866. Lorsqu'il eut fait ses éludes de droit, il partit pour l'Orient et, de retour en France, il entra, en 1840, au ministère des affaires étrangères pour suivre la carrière diplomatique. Nommé attaché d'ambassade en Belgigue en 1844, il devint, l'année suivante, secrétaire de légation à Athènes, où il était chargé d'affaires par intérim au moment où Louis-Philippe fut renversé du trône (1848). Sous l'administration du général Cavaignae, Thouvenel fut nommé chargé d'affaires en titre. Il était depuis janvier 1849 ministre plénipotentiaire, lorsqu'en 1850, à la suite d'un différend survenu entre les cabinets d'Athènes et de Saint-James au sujet des réclamations du juif Paciftco, une flotte anglaise vint bloquer le Pirée. Thouvenel, dans le but de contre-balancer l'influence britannique, poussa le roi Othon à la résistance, puis aida le baron Gros dans la mission spéciale dont il était chargé. Le 18 novembre de la même année, il passa à Munich comme ministre plénipotentiaire.
Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il fut appelé à Paris pour prendre la direction des affaires politiques au ministère des affaires étrangères (14 février 1852). A ce titre, Thouvenel prit une part très-active aux négociations relatives à la question d'Orient, et la capacité dont il fit preuve lui valut l'ambassade de Constantinople, où il remplaça le maréchal Baraguey d'Hilliers (3 mai 1855). Dans ce poste, il s'attacha à contre-balancer l'influence anglaise et favorisa l'union des Principautés danubiennes, combattue par l'Angleterre, l'Autriche et la Turquie. Le 17 tuai 1856, il reçut un siège au Sénat, et, le 4 janvier 1860, il succéda àM. Walewski, comme ministre des affaires étrangères. Pendant son passage au ministère, le comté de Nice et la Savoie furent annexés k la France, le gouvernement rit l'expédition de Syrie en faveur des Maronites, et Thouvenel conclut des traités de commerce avec l'Angleterre, la Russie, la Belgique, ainsi qu'une convention littéraire avec ce dernier Etat. Le 12 octobre 1802, il dut céder son portefeuille à M. Drouyn de L'iluya, moins favorable que lui à l'unité italienne. Cette même année, il reçut la présidence de la commission instituée pour aplanir des difficultés survenues entre la compagnie de l'isthme de Suez et le vice-roi d'Egypte. On a de lui, outre des mémorandums remarquables, un ouvrage intitulé : la Hongrie et la Valachie (1840, 111-8°), qui avait d'abord paru par fragments dans la Revue des Deux-Mondes.
T1IOU VENIN (Joseph), relieur, né à Paris en 1790, mon dans la même ville eu 1834. 11 entra eu apprentissage chez Bozerian jeune, se prit de passion pour son métier, dont il lit un art, et s'attacha à surpasser les produits de Derome, de Deseuille, de Pasdeloup et de Le Gascon. Ce fut Thouvenin qui eut l'idée de faire laminer le carton dont il se servait, et il employa avec succès le maroquin du Levant. Il obtint une médaille d'argent à l'exposition de 1823 et devint le relieur en itre de Louis-Philippe. Thouvenin mourut pauvre, au moment où il arrivait au plus haut degré de son talent. Ses reliures sont trèsestiinées des amateurs.
TUOUVENOT (Pierre), général français, né en 1757, mort en 1815. Il entra en relation avec ûumouriez, qui, devenu ministre de la
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fuerre, le nomma colonel elle prit pour aide e camp lorsqu'il devint commandant en chef de l'armée du Centre. Après la bataille de Valmy, Dumouriez envoya son aide de camp, qui était devenu son confident intime, au château de Hans, où se trouvait le duc de Brunswick, pour y négocier l'évacuation du territoire par les troupes prussiennes et les sommes à payer par la France. Thouvenot remplit avec beaucoup d'habileté cette importante mission, puis seconda Dumouriez dans les invasions de la Belgique et de la Hollande, assista aux batailles de Jemmapes, de Nerwinde, puis s'enfuit avec son général lorsque les commissaires de la Convention se rendirent à Saint- Am and pour l'arrêter (1793). Au commencement de l'Empire, Thouvenot revint en France, fut promu général de brigade ( 1806 ) , devint gouverneur d'Erfurt, puis de Stettin, passa ensuite en Espagne et reçut, en 1813, le grade de général de division. Louis XVIII le mit en non-activité,
THOUYOU s. m. (tou-iou). Ornith. Un des noms du nandou, en Amérique. Il On écrit aussi tooyou.
THOYRAS (Paul de Rapin-), historien français. V. Rapin-Thoyras.
THOYRAS (Jean de Saint-Bonnet de), maréchal de France. V. Toiras.
THRACE s. et adj. (tra-se). Géogr. anc. Habitant de la Thrace; qui appartient à la Thrace ou k ses habitan ts : Les Thracks étaient célèbres par leur intempérance. Les mœurs thracbs étaient empreintes d'une certaine férocité.
— Anc. loc. Boire à la thrace, Boire immodérément. Il Boire beaucoup d'un seul trait.
— s. m. Anliq. rom. Gladiateur armé d'une parma et d'un glaive recourbé, qui combattait contre le mirmillon.
THRACE (Thracia), dénomination sous laquelle on désignait, dans les temps les plus reculés, une vaste région baignée au midi par la mer Egée, à l'orient par l'Hellespont, par la Propontide et une partie du Pout-Euxin. Les anciens ne déterminaient pas ses limites. Plus tard, on .lui donna pour bornes : au N,, l'Ister; k i'E., le Pont-Euxin et la Propontide; au S., la mer Egée, et à l'O. des fleuves et des montagnes qui la séparaient de pays alors inconnus. Les monts Seomius sillonnaient cette contrée ; leurs principales ramifications étaient : le Hémus, qui s'étendait vers le N.-E. ; le Rhodope, dont les groupes se prolongeaient vers le S.-E., et le Pungée, qui se dirigeait au S. vers la Macédoine., Darius soumit une partie des divers peuples qui habitaient la Thrace et en transporta plusieurs en Asie. « Après la défaite de Xerxès en Grèce, dit Ennery, les Perses quittèrent la Thrace, et l'empire des Odryses, qui se forma alors, prit insensiblement une puissante extension. Les destinées de cet empire ne sont qu'imparfaitement connues; il n'en est pas question pendant la période des conquêtes de Philippe et d'Alexandre dans la Thrace ; mais il apparaît florissant lorsque Lysimaque, le successeur d'Alexandre dans Ja Macédoine, chercha à reculer les bornes de son royaume. Après la mort de ce roi, on vit s'établir dans la Trace les Keltes ou Galates. L'empire des Odryses subsistait encore ; mais il avait perdu presque toute son importance, et il s'était formé dans son voisinage une foule de petits Etats, entre lesquels on distinguait particulièrement celui des Bessi. La conquête de la Macédoine par les Romains devait nécessairement les amener à combattre les Thraces. Crassus envahit le pays, dont la partie septentrionale, appelée depuis Mcesia, forma plus tard la province romaine de Mésie. Le reste de la Thrace conserva une ombre d'indépendance jusqu'au temps où Sabinus défit entièrement les Odryses révoltés. La Thr;ice entière passa alors sous la domination romaine et fut divisée en Thrace proprement dite, qui comprenait le territoire du cours supérieur de l'Hebrus; en hssminontus, pays du mont Hémus ; en Europa, sur les côtes de la Propontide et de l'Hellespont; en Ithodopa, côte méridionale du golfe Mêlas jusqu'à l'embouchure du Nestusj en Mcesia Secunda, au N. de l'Hœmus, et en Scythia, qui comprenait le cours inférieur de l'isier. La Thrace partagea ensuite les destinées de la Grèce jusqu'à l'époque où elle tomba au pouvoir des Turcs et devint province de l'empire ottoman.'
Virgile appelle la Thrace Mauortia Tellus, k cause du caractère de ses habitants, peuples belliqueux, féroces, qui dédaignaient l'agriculture et qui ne connaissaient d'autre gloire que celle des armes. Ils étaient adonnés aux excès du vin et à tous les désordres qui en sont la suite. On connaît la perfldie ae Polymnestor, roi de Thrace , qui immola à son avidité le jeune Polydore , fils de Priam. Les côtes de la Thrace sur la mer Egée étaient très-fertiles et bien cultivées, parce qu'elles avaient été occupées de bonne heure par des colonies grecques.
Hérodote appelle les Thraces le plus grand peuple après les Indiens. Strabon les distingue des Illyriens et des Celtes; Thucydide les distingue des Scythes. Tout ce que nous savons sur leur langue repose sur ce que nous dit Strabon, que les Thraces parlaient la même langue que les Gètes, et que la langue des Gètes était identique avec ceile des Daces. Nous avons quelques débris de la lau-
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gue dacique dans les noms de botanique recueillis par Dioscoride; et ces noms, d'après l'interprétation de Grimm, sont évidemment aryens. Strabon donne le nom de barbares aux Daces ainsi qu'aux Illyriens et aux Epirotes. V. Daces et Gètes.
THRACE (Bosphore de). V. BOSPHORE.
THRACE (Cbersonèse de), V. Chërsonèsb.
THRACIDE s. m. (tra-si-de), Entom. Genre d'insectes lépidoptères diurnes, formé aux dépens des papillons.
THRAC1DES, nom des familles qui exerçaient le gouvernement a Delphes.
THRACIE s. f. (tra-st). Moll. Genre de mollusques acéphales à coquille bivalve, comprenant plusieurs espèces, qui habitent les mers d'Europe : Les thraciks ont beaucoup de rapport avec les myes. (H. Hupé.)
THRACIEN, IENNE adj. (tra-si-ain, i-ène). Antiq. Qui appartient à la Thrace ou aux Thraces. Il Lettres ihraciennes, Tables thraciennes , Nom donné à certains caractères magiques.
THRAGHCN, ville d'Afrique, jadis capitale du Fezzan oriental. Fabriques de tapis renommés.
THRAN s. m. (tran). Comm. Nom donné, dans les contrées du nord de l'Europe, a l'huila de baleine et de poisson.
THRANITE s. m. (tra-ni-te — gr. thranitês; de thrqnos, banc). Antiq. gr. Nom donné aux rameurs qui occupaient le banc supérieur.
— Encycl. On sait d'une manière certaine que, dans les navires de l'antiquité, les bancs de rameurs étaient placés les uns au-dessus des autres. Ceux du rang le plus rapproché de l'eau étaient les thalamites (v. ce mot); ceux du rang le plus élevé au-dessus de l'eau étaient les thranites. Les derniers avaient à manœuvrer les plus longues rames, et, par conséquent, leur travail était plus fatigant que celui de tous les autres. Aussi choisissait-on pour cet emploi des hommes très-robustes et leur donnait-on une paye supérieure à ceile de tous les autres rameurs. Le nom des thraitites venait de ce que leur banc était appelé thranos, c'est-à-dire siège.
THRASAÈTOS s. m. (tra-za-è-toss — du gr. thrasus, audacieux ; aetos, aigle). Ornith. Syn. de harpie,- genre d'oiseaux de proie.
THRASEAS (Lucius Pœtus), sénateur romain , né à Padoue au commencement du ter siècle, mort en 63. Il s'était distingué dans la carrière militaire et jouissait à Rome d'une immense considération. Quand le pouvoir de Néron se changea en tyrannie, il fut le seul dans le sénat avili qui montra quelque courage, condamna l'apologie que Sénèque fit du meurtre d'Agrippine (59) et ne s'occupa plus des affaires publiques que pour manifester sa courageuse opposition. Thraseas savait qu'en agissant ainsi il courait à sa perte ; mais cette pensée ne pouvait ébranler un homme nourri des fortes doctrines du stoïcisme'et qui songeait uniquement à relever par son exemple tous les courages abattus. « Mon nom, disaitil, vivra dans la postérité, tandis que ces sé- "nateurs prudents, qui se ménagent avec tant de soin, ne seront connus que par leur supplice. » A deux reprises, sa généreuse indépendance entraîna les suffrages de ses collègues avilis. Ce fut d'abord à l'occasion du jugement d'Antistius, contre qui l'on proposait au sénat de remettre en vigueur l'odieuse loi de lèse-majesté. Tous les votes étaient pour la peine de mort, lorsque Thraseas, prenant la parole, sut intéresser à la justice l'orgueil des magistrats qui, presque tous, se rangèrent à son avis et se bornèrent à prononcer la peine du bannissement. L'autre fois, ce fut dans la délibération relative à une accusation portée contre le proconsul Tirnarque, coupable de vexations envers les citoyens de Crète et de propos outrageants envers le sénat de Rome. Thraseas saisit cette occasion pour protester avec énergie contre les éloges que les provinces étaient dans l'usage de décerner à leurs proconsuls et aux préteurs. Néron, qui s'était débarrassé des citoyens les plus illustres, ne pouvait tolérer longtemps la présence de Thraseas au sénat. Il résolut donc, selon l'expression de Tacite, ■ de tuer la vertu même en faisant périr Thraseas. « Capito et Eprius Marcellus se chargèrent d'accuser ce vertueux citoyen devant le sénat, qui, terriflé de l'appareil militaire déployé par Néron en cette circonstance, condamna Thraseas à la pe,ine capitale. Celui-ci, instruit de cette sentence, s'entretint quelque temps avec ses amis, défendit à sa femme Arrie, fille de l'héroïque Arrie qui s'était tuée avec son époux, de se donner la mort, passa dans sa chambre a coucher et se fit ouvrir les veines.
THRASIUS, devin de l'Ile de Chypre, qui, pour faire cesser une disette, donna au roi d'Egypte Busiris le conseil de sacrifier, tous les uns un étranger à Jupiter et fut la première victime de cette mesure. Beaucoup d'étrangers subirent le même sort en Egypte, jusqu'à l'arrivée d'Hercule, qui mit à mort Busiris et son fils Iphidame. On appelle quelquefois TlirasiuS Pllragitis.
Thraaoïitde OU l'Amant délesté , comédie perdue de Ménandre, mais dont plusieurs auteurs anciens noua ont transmis le sou-
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venir. Le héros de la pièce, Thrasonide, était un de ces soldats fanfarons pareils à celui de Plaute. « J'ai servi sous Callas et sous Agallias, disait-il, sous Mené tas et sous Perdiccas, et depuis trois ans entiers, de par Jupiter., sous Cinésias; j'ai aussi vaillamment combattu à Chypre, car j'ai encore servi sous un des rois de ce pays-là. » Tous les exploits dont il se vante ne peuvent l'embellir aux yeux de celle qu'il aime et qu'il courtise en vain. Thrasonide n'éprouve en amour que des déboires. Sa belle est d'avis t qu'un soldat n'a jamais d'élégance, Jupiter lui-même essayât-il de le façonner. » Et cette superbe beauté n'est cependant qu'une cnptive; elle est l'esclave de ce Thrasonide qu'elle méprise. • Une femme de rien, dit-il, une petite Bervante m'a rendu esclave, moi qu'aucun ennemi n'a jamais pu dompter. Elle est dans ma maison, elle est en mon pouvoir, je la désire..., et je . me laisse refuser ce que je pourrais exiger d'elle. » Aussi ne peut-il rester en place, même la nuit; il sort de sa maison et se met à marcher en long et en large au milieu de l'obscurité. La captive, l'entendant remuer, vient lui dire : • Pourquoi ne dors-tu pas? tes promenades me rompent la tête. » Son serviteur lui-même, Géta, a peur de cette femme et refuse de suivre Thrasonide au delà de la porte. Pendant que le pauvre amant se désole : « O Apollon 1 s'écrie Géta, vis-tu jamais un amant plus contrarié dans ses vœux? » Thrasonide, en marchant, jette quelques paroles entrecoupées, puis il s'arrête devant son serviteur et lui dit d'un ton de douloureuse envie : « Tu n'as jamais aimé, Gétal — Non, certes, répond celui-ci; j'ai toujours eu l'estomac trop creux. »
Autant qu'on en peut jugerd'après les fragments, habilement rapprochés par M. Guillaume Guizot, la pièce de Mônandre renfermait des situations piquantes et vraiment comiques. L'action était bien menée, etla gradation était ménagée avec art jusqu'au bout. La désespoir de Thrasonide va toujours croissant; il demande son épée, s'emporte contre l'esclave dévoué qui la lui refuse ; puis, soudainement revenu de la fureur à l'abattement le plus tendre, il envoie des présents à celle qui le déteste; il la supplie, il pleure; que ne peut-il se faire aimer? «S'il m'était donné, dit-il, de voir mes souhaits exaucés, je reprendrais possession de mon âme; car, maintenant... Mais où trouver des dieux assez justes pour le permettre, ô Gétal < Enfin, la jeune femme consent à voir Thrasonide et à se montrer bienveillante; il lui jure d'adopter d'autres mœurs et de ne plus l'effrayer en énumérant les ennemis qu'il a tués et en dépeignant leurs sanglantes dépouilles. Mais il s'était trop vite confié k un semblant de bonheur. La belle esclave a une telle horreur des récits de bataille qu'elle ne croit pas aux serments de Thrasonide. Ce n'est pas elle qui se serait laissé séduire comme Desdémone par les cicatrices d'Othello. 1 Je sais bien , répond-elle à son galant, que l'ivresse dévoilera bientôt ta nature, qui se masque à présent et cherche à se cacher. »
Comment se dénouait la pièce? Sans doute par quelque enlèvement, selon l'usuge, Thrasonide voyait quelque jeune amant lui ravir son esclave bien-aimée. C'est du moins ce que l'on peut conjecturer, avec M. G. Guizot, de quelques fragments très-mutilés. En tout cas, le matamore devait éprouver quelque triste catastrophe qui mît fin à ses espérances ridicules.
THRASYBULB , restaurateur de la démocratie athénienne, mort en 389 av. J.-C. Il était chef de trirème ou commandant des hoplites devant Samos, quand l'armée, révoltée contre l'oligarchie de» Quatre- Cents , l'élut général (411 av. J.-C). Il contribua ensuite au rappel d'Alcibiade et combattit avec gloire jusqu'à la prise d'Athènes (404). Proscrit par les Trente, il se réfugia à Thèbes, d'où il repartit secrètement avec 70 bannis dans l'intention de délivrer sa patrie. Il s'empara d'abord de Phylé , forteresse de l'Attique, repoussa une première attaque, et, après avoir rejeté avec mépris la proposition que lui firent les Trente de l'admettre parmi eux, il vit le nombre de sea soldats s'augmenter rapidement, marcha pendant une nuit sur le Pirée et s'empara du poste important de Munychie. Vainqueur dans un nouveau combat où Critias fut tué, il force les tyrans k se réfugier k Eleusis, d'où ils implorent ie secours ues Lacédémoniens , pendant que , dans la ville même, une nouvelle faction aristocratique, les Dix, ne se rend pas moins odieuse. Toutefois , Thrasybule continue le siège du Pirée et de la ville et parvient à triompher de tous les ennemis de la démocratie d'Athènes et à rendre l'autorité au peuple (403). Investi de la conllanee de ses concitoyens, il ne souilla sa gloire par aucune réaction. Les Trente seuls et les Dix furent bannis; puis il fit proclamer une amnistie par laquelle tous les citoyens s'engageaient par serment à oublier le passé, et il veilla strictement à l'exécution de celte mesure généreuse. Le peuple récompensa s,es services en lui décernant une couronne composée de deux branches d'olivier. En 395, il entruîna la république dans l'alliance de Thèbes contre Sparte, parcourut l'Ionieà la tète d'une flotte, remporta de nombreux avantages et fut tuo devant Aspende, en Cilicie, dans une sortie
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nocturne que firent les assiégés. Gorn. Nepos a écrit sa vie.
THRAZYE s. f. (trust — du gr. t/irasus, audacieux). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des panieées, comprenant trois espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.
THRASYLLE, bizarre personnage de l'antiquité, dont Klien seul nous a conservé le souvenir dans ses Histoires diverses (liv. IV, h Ut. 25). Ce fou d'un nouveau genre, qui s'imaginait que tous les vaisseaux qui entraient dans le Pirée lui appartenaient, était originaire d'CExone, dans l'Attique , de la tribu de Cécrops. Ayant quitté la ville (c'està-dire Athènes), suivant le récit d'Klien, il s'établit au Pirée. Là, dans la conviction où il était que tous les vaisseaux qui abordaient étaient sa propriété, il en tenait un registre exact et leur donnait des ordres de départ pour de nouveaux voyages. Lorsque, après une heureuse navigation, ils rentraient au port, il en témoignait la joie la plus vive. Cette folie dura plusieurs années. Enfin, un frère de Thrasylle, revenu de Sicile, mit ce fou inoffensif entre les mains d'un médecin, qui le rendit à la raison, on ne sait trop comment.
Depuis lors, Thrasylle ne cessa de regretter les années qu'il avait passées dans cet ■ état de démence. Jamais, disait-il, il n'avait ressenti de plaisir plus vif que celui de voir rentrer au port, sains et saufs, des vaisseaux qui ne lui appartenaient qu'imuginairement.
Elien oublie de nous dire comment concilier ce souvenir précis, indice d'une raison toujours en exercice, avec une folie aussi caractérisée que celle de Thrasylle.
Quoi qu'il en soit, les écrivains, ceux de l'antiquité surtout, ont fait de fréquentes allusions au fou du Pirée ; Ch. Nodier a même mis cet,te aventure en vers.
THRASYLLE, musicien et philosophe, qui vivait au i« siècle de notre ère. Il s'adonna à l'étude de la philosophie de Pythagore et do celle de Platon, à l'astrologie, à la musisique, et acquit la faveur d'Auguste, qui le nomma son philosophe en titre. Thrasylle écrivit en grec des ouvrages qui sont perdus, à l'exception de quelques fragments sur la musique, qui ont été conservés par Porphyre et Théon de Srnyrne.
THRASYLLE, philosophe et astrologue qui vivait au ier siècle de notre ère. Il était fils du précédent, suivit Tibère dans l'île de Rhodes, où il avait été exilé par Auguste, lui prédit son prochain rappel et lui annonça un jour qu'un vaisseau sur le point d'arriver lui apportait de bonnes nouvelles. Peu après, Tibère recevait, en effet, une lettre d'Auguste qui le rappelait à Rome. On raconte que Tibère, frappé de la pénétration de Thrasylle à deviner ses pensées et ses desseins, résolut de Se débarrasser de lui en le faisant jeter du haut d'une muraille. S'étant aperçu alors que ce dernier devenait triste, il lui en demanda la cause. Thrasylle lui répondit qu'il redoutait un grave accident dontiléiait menacé, ce qui excita l'aduiiratioii du prince et le fit changer do résolution.
THUASYLLE DE MENDES, historien grec qui vivait à une époque incertaine. Il reste de ses ouvrages historiques et géographiques quelques fragments, insérés dans les Historicorum yrscorum fragmenta de la Itibliothèque de Firmin Didot.
THRAUL1TE s. f. (trô-li-te). Miner. Nom donné par Kobell à une variété d'hisingérite, qu'on trouve à Bodentnais, en Bavière, et qui diffère surtout de l'hisingérite proprement dite en ce qu'elle contient plus de fer et moins de silice.
Thi-cnvo Cadle, château d'Ecosse, près de la route de Dumfries à Kirkcudbright , à 1 mille environ àl'O. de Castle Douglas, bâti dans une île formée par la Dee. < Ce château, dit M, Adolphe Joanne, fut bâti au xiva siècle. Ses mines consistent en une grande tour carrée, entourée en partie d'un mur et de trois petites tours rondes. Le canon Mons Meg, que l'on remarque au château d'Edimbourg, a été forgé'dans le voisinage, et Jacques II s'en est servi, en H55, pour réduire cette forteresse. H y a quelques années, on a trouvé dans les ruines deux des boulets de granit tirés lors de ce siège. A peu de dislance, a gauche ou au S., estGelston Castle, château moderne bâti par le dernier sir William Douglas, à qui Castle Douglas et ses environs sont en grande partie redevables de jeur prospérité actuelle. »
T11IIEE HUMMOCK-ISLAND (ile des trois Pitons), dans la partie occidentale du détroit de Bass, vers l'extrémité N.-O. de laTcrre-de- Diémen. Le capitaine Flinders, qui la découvrit en 1798, la nomma ainsi à cause des trois pilons qui s'élèvent a sa surface; elle fait partie des îles Huuter.
THRELKELDIE s. f. (trèl-kèi-dî —de Threikeld, botah. irlandais). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des chénopodées, dont l'espèce type croît en Australie.
THREMMAPHILE s. m. (trèmm-ina-fi-le — dugr. thremma, nourrisson ; philos, qui aime). Oruitli. Syn. de pastedr.
THRÈNE s. m. (trè-ne — du gr. thrènos, lamentation, plainte, gémissement, venu de threô, threomai, tftrêneâ, crier, pousser des
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clameurs, d'où aussi throos, tumulte ; thrulos, thrullos, murmure; tonthorhâ, murmurer; tenihrênê, bourdon. Ce dernier mot, qui est une réduplication de thrêneâ, répond exactement au sanscrit dandhran, forme intensitive de la racine dhran, retentir, résonner). Antiq. Lamentation, chant plaintif.
— Liturg. Nom donné par les chrétiens grecs aux lamentations de Jérémie.
— Encycl. Antiq. gr. Les thrènes étaient une des formes de la poésie primitive des Grecs. Comme ils avaient coutume de célébrer les dieux par des chants de joie, de même aussi ils célébraient les morts par des plaintes funèbres. Ces plaintes étaient bien naturelles chez un peuple qui avait pour la mort une horreur religieuse et pour la douce lumière du jour un attachement invincible.
«J'aimerais mieux, dit l'âme d'Achille à Ulysse, cultiver la terre au service de quelque laboureur pauvre et mal à son aiïe que de régner sur toutes les ombres des morts. » Ces lamentations se rattachaient, en outre, comme tous les chants religieux des Grecs, au culte qu'ils avaient pour les morts, dont ils faisaient comme des divinités protectrices, connaissant les secrets des dieux. Le caractère religieux des thrènes alla en s'aceusani de plus eu plus, et ils formèrent bientôt dans !a poésie un genre à part, comme l'ode ou l'élégie. Il nous reste quelques fragments des t/irènes de Pindare. Ou Bat frappé, en les lisant, de l'esprit religieux qui les anime. Pindare y expose ses idées sur la différence de l'âme et du corps, sur la purification des âmes, toutes les théories religieuses et philosophiques qu'il pouvait tenir des or-, phiques et des pythagoriciens et auxquelles il sut donner tant d'élévation, La manière dont se chantaient les thrènes varia. On les chantait soit aux funérailles, soit quelque temps après la mort. Dans le premier cas, des aèdes ou chanteurs s'asseyaient à côté du lit sur lequel le corps était expo é. Là, ils entonnaient une plainte funèbre, que les femmes accompagnaient de cris lamentables et de sanglots. La Corse et l'Italie ont conservé une coutume qui rappelle celle de l'antiquité; ils ont leurs thrènes. Des femmes habiles dans l'improvisation remplacent les anciens aèdes. On les appelle voceratrices. Ce sont elles qui chantent le chant funèbre et adressent au mort le suprême adieu.
THRENODE s. m. (tré-no-de — gr.thrénôdês, pleureur; de thrêneâ, je pleure). Antiq. Chanteur ou pleureur employé dans les funérailles.
— Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu dos pyralides.
THRIDACE s. f. (tri-da-se — du gr. thridax, laitue). Pharm. Extrait formé par l'évaporation du suc de laitue.
— Encycl. La thridace se prépare en pilant les tiges, les exprimant et faisant évaporer le liquide sur des assiettes placées à l'étuve. On avait donné aussi ce nom à l'extrait du suc découlant par incisions de ia laitue sur pied. Ce dernier produit constitue le lactucarium. La thridace est un médicament hypnotique. Elle agit à la dose de 08r,50 à la fois; mais, pour que son action soit durable, il faut répéter cette dose plusieurs fois en vingt-quatre heures. « Alors, dit Trousseau, elle procure quelquefois le sommeil, calme les douleurs, la toux, l'éréthisme nerveux avec moins de certitude, mais aussi avec moins d'inconvénients que l'opium. ■ La thridace, d'après Rau, offre un moyen avantageux pour diminuer l'irritation de la conjonctive. Ce praticien dit ne jamais avoir vu patson emploi une augmentation de la rougeur ou de la sensibilité de l'œil, ce qui est trèscommun après l'usage des sels métalliques. La thridace sert à préparer un sirop employé Comme pectoral. V. LaCTUCARIum.
THR1DACOPHYLLIE s. f. ( tri-da-ko-fil-li — du gr. thridax, laitue ; phullon, feuille). Zooph. Genre de polypiers, formé aux dépens des pavonies, et ayant pour type la pavonie laitue.
TIIUIDI, un surnom d'Odin, le dieu suprême de la mythologie Scandinave.
THIUES, nom des trois nymphes qui élevèrent Apollon sur le mont Parnasse. On leur attribuait l'invention de la divination par les sorts.
TURIN, rivière d'Angleterre (Norfolk). Elle se jette dans la Yave, près et au N.-O. d'Yarmouth, après un cours d'environ 72 kilom.
THRINACE s. ni. (tri-na-se — du gr. t/trinax, fourche à trois pointes, pour trinax, qui •appartient sans doute à la racine sanscrite tetarn, broyer, rompre, qui est elle-même alliée à lar, traverser, et d'où le grec trônnud, gothique taurnan, allemand trennen, lithuanien trinu, russe tru, même sens). Bot. Syn.
de THRINAX.
THRINAX s. m. (tri-naks). Bot. Genre do palmiers, de la tribu des coryphinées, comprenant six espèces, qui croissent aux Antilles. || On dit aussi tiirinack.
THRIHC1E s. f. (train-s! — de Thrinci, agronome italien). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des chieoracées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Europe centrale et la région méditerranéenne.
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THRIPOPHAGE adj. (tiï-po-fa-je — du gr.
thrips, vermisseau ; phagà, je mange). Zool. Qui vit de vers, d'insectes.
THRIPS s. m. (tripss — mot gr. qui signifie proprement le perceur, et qui appartient à la même racine que le grec tribà, treô, teirô, thlibé, broyer, percer, savoir la racine sanscrite tar, traverser, d'où aussi le latin tero, broyer, fouler, percer, tritura, broyer écraser, l'ancien slave trieti, le lithuanien triti, le kymrique tari, armoricain forri). Entom. Genre d'insectes thysanoptères, type de la famille des thripsiens et de la tribu des thripsides, comprenant des espèces de trèspetite taille : Les thrips soni connus aussi sous le nom de faux pucerons. (H, Lucas.)
— Encycl. Les thrips sont caractérisés par un corps linéaire, très-étroit ; la tête assez grosse proportionnellement; des antennes grêles, cylindriques ou fusiformes; les yeux grands; les mâchoires larges, cachées et retirées entre les cuisses antérieures; le corselet un peu rétréci en avant; l'abdomen conique, allongé, étroit, terminé par une tarière chez les femelles; les élytres recouvrant les ailes, qui sont bordées d'une frange de soies Unes; les pattes courtes et assez fortes. Ces insectes sont généralement de très- petite taille ; les plus grands n'atteignent pas 0">, 002. Aussi sont-ils fort difficiles à observer et à connaître. Leurs espèces assez nombreuses vivent sur les plantes, en général dans les fleurs ou sous les feuilles, plus rarement à leur surface. Elles sont très-nuisibles, a cause même de leur petitesse, qui leur permet d'échapper aux recherches et aux moyens de destruction. Les larves sont allongées, jaunâtres ou rougeâtres; elles ont le même habitat que l'insecte parfait, dont elles ne différent qu'en ce qu'elles sont complètement aptères; elles sont agiles et, si on les inquiète, relèvent l'extrémité de l'abdomen comme si elles voulaient se défendre. Les nymphes ont des rudiments d'ailes.
Le thrips hêmorroïdal est d'un noir assez intense, avec les élytres bruns, les pattes jaunes et les derniers anneaux de l'abdomen un peu rouges. Ses larves sont.jaunâtres. On trouve cet insecte dans toute l'Europe centrale, où il aurait été introduit, d'après M. Boisduval, avec des plantes exotiques. Il vit sur lesmalvacées etd'au très plantes; on le trouve fréquemment dans les serres, où il attaque des végétaux très-divers, notamment les orchidées; les feuillesqu 'il infeste noircissent et paraissent comme brûlées. Avec des fumigations de tabac, on détruit l'insecte, mais non ses œufs ; aussi faut-il recommencer au bout de quinze jours. D'ailleurs, il est des plantes qui ne peuvent supporter la fumée de tabac et pour lesquelles ce remède serait pire que le mal. On observe aussi de bons effets de la fleur de soufre répandue sur les feuilles préalablement mouillées. Le thrips commun sa trouve abondamment, en mai, dans les fleurs des arbres fruitiers, auxquels il ne parait pas nuire sensiblement. Il n'en est pas do même de quelques autres espèces, qui attaquent les céréales ou les oliviers et occasionnent souvent de grandes pertes pour l'agriculture. v
THRIPSIDE adj. (tri-psi-de — de thrips, e; du gr. eidos, aspect). Entom. Qui ressemble o;i se rapporte au thrips.
— s. m. pi. Tribu de la famille des thripsiens, ayant pour type le genre thrips.
THRIPSIEN, IENNE adj. (tri-psi-ain, i-è-ne — rad. thrips). Emom. Qui ressemble ou qui se rapporte au thrips.
— s. m. pi. Famille d'insectes thysanoptères, ayant pour type le genre thrips.
THRIPTÈRE s. m. (tri-ptè-re — du gr.
thrips, ver rongeur; pteron, aile). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétérutnères, de la famille des méiasomes, tribu des piméliaires, comprenant quatre espèces, qui habitent le nord de l'Afrique.
THRISSE s. f. (tri-se). Ichthyol. Genre de poissons, de la famille des clupéoïdes, réuni par la plupart des auteurs, comme, simple section, au genre anchois.
THRISSONOTE s. m. (tri-so-no-te — de thrisse, et du gr. nôtos, dos). Ichthyol. Genre de poissons sauroïdes fossiles.
THR1SSOPS s. m. (tri-sops — de thrisse, et du gr. ops, apparence). Ichthyol. Genre de poissons sauroïdes fossiles, dont le plus grand nombre appartient aux terrains jurassiques.
THRIXSPERME s. m. (trikss-spèr-me — du gr. thrix, poil; sperma, graine). Bot. Genre d'orchidées, très-peu connu, et dont l'espèce type croit en Cochinchine.
THROMBOSE s. f. (tron-bô-ze — du gr.
thrombos, grumeau, que Curtius fait venir de trephô, faire cailler le lait ; île trepd, tourner, faire tourner). Méd. Coagulation de la fibrine du sang dans les vaisseaux ou dans les tissus.
THROMBUS s. m, (tron-buss — du gr.
thrombos , grumeau). Chir. Petite tumeur dure, arrondie," violacée, qui se forme quelquefois autour de l'ouverture d'une veine sur laquelle on a pratiqué la saignée, par suite de l'infiltration du sang dans le tissu cellulaire.
— Encycl. Chir. Thrombus après la eai- \