THRO
gnée. Cette tumeur se produit lorsque l'ouverture de la veine ne correspond pas directement à celle de la peau, lorsque cette ouverture est trop petite ou encore lorsqu'un peu de tissu laminenx, se présentant entre les lèvres de la petite plaie, s'oppose au libre écoulement du sang. On peut y remédier au moment même, soit en augmentant l'incision, soit en rétablissant le parallélisme des ouvertures, soit en enlevant avec des pinces à pansement le bouchon cellulo-adipeux qui se présente. D'ailleurs, ie thrombus dont nous parlons ici n'est jamais grave; il disparaît spontanément au bout de quelques jours. Ot peut en hâter la résolution par une application de compresses trempées dans de l'eau fraîche ou de l'eau salée.
— Thrombus de la vulve et du vagin. On donne ce nom à des tumeurs constituées par une infiltration ou un épanchement de sang dans le tissu des grandes lèvres ou même dans celui du vagin. Elles se montrent le plus souvent au moment de l'accouchement, mais elles .peuvent aussi se manifester pendant l'état de vacuité. Dans le premier cas, le mécanisme de leur production est facile à comprendre. Elles sont le résultat des efforts de la parturition et de la compression exercée par la tête du fœtus au moment de sa descente sur les parties sexuelles. Celles-ci ont une constitution anatomique cellulo-vasculaire telle que le sang qui s'y épanche le fait presque toujours abondamment. D'un autre côté, la tuméfaction variqueuse des veines, du vagin et de la vulve, si fréquente chez les femmes arrivées au terme de lagestation, fait que ces vaisseaux ont une grande tendance à se crevasser. Quand le thrombus se développe en dehors du temps de la grossesse, il provient toujours soit d'une chute sur le périnée, soit de toutes autres violences exercées sur cette région. Le thrombus du vagin peut acquérir d'emblée ou dans l'espace de vingt-quatre heures un volume qui varie depuis celui d'un œuf jusqu'à celui de (a tête d'un enfant à terme. Son apparition s'accompagne de vives douleurs. La tumeur est dure si le sang est infiltré; elle est fluctuante quand il est réuni eu foyer. La peau et la muqueuse qui l'enveloppent peuvent s'amincir graduellement par distension et so rompre. Il en résulte alors une hémorragie parfois assez abondante pour déterminer la mort. Lorsque ces tumeurs sanguines ont pris uu volume considérable, elles peuvent s'opposer au passage du fœtus, du placenta ou des lochies; en comprimant le rectum et le col vésical, elles sont capables d'amener la rétention des urines et des matières fécales. Si on les abandonne à elles-mêmes, elles peuvent disparaître spontanément peu à peu ou se terminer par suppuration, par rupture de la tumeur avec issue de sang au dehors, et entin par gangrène. Deneux, qui a rassemblé sur ce sujet un grand nombre d'observations, nous apprend qu'il meurt plus d'un tiers des femmes atteintes de thrombus. C'est donc une maladie grave qui réclame touto l'attention du chirurgien.
Le traitement doit varier suivant les circonstances. Si la femme est en travail au moment où se montre la tumeur et si celle-ci devient assez volumineuse pour empêcher l'accouchement, il faut l'inciser largement, la vider et rendre ainsi à la filière des voies génitales l'ampleur nécessaire au passage du fœtus. On agirait de même dans le cas où le thrombus serait assez développé pour s'opposer à la sortie du délivre ou des lochies. L'incision immédiate est encore indispensable lorsque l'hémorragie interne prend des proportions iuquiétantes, car elle peut y mettre fin ou permettre, du moins, de porter Jes remèdes plus directement sur le mal. Lorsque le thrombus est moins volumineux, que sa disparition instantanée n'est pas nécessaire et enfin que le sang épanché paraît se coaguler, on peut s'abstenir de faire une incision et attendre la résorption spontanée, qui est possible. Si elle n'a pas lieu, s'il y a tendance à l'inflammation, à la putréfaction des caillots ou à la gangrène, on en viendra plus tard à la ponction. On cherchera alors à rapprocher l'une de l'autre les parois de la pocha ainsi vidée et à prévenir toutes les complications au moyen des soins de propreté les plus méticuleux, de lotions souvent répétées et d'injections d'abord émollientes, puis, plus tard, chlorurées, qu'on poussera avec précaution et petit à petit dans l'intérieur du foyer.
— Art vétér. Le thrombus, chez les animaux, peut se développer pendant ou immédiatement après la saignée ou seulement au bout de quelques jours. Dans le premier cas, il est immédiat; dans le second, il est consécutif, et cette division est importante pour l'étude des causes et des méthodes curatives de l'affection. Comme la plupart des maladies, le thrombus est soumis à des causes prédisposantes et à des causes déterminantes. Les causes prédisposantes sont la laxité des tissus, l'abondance du tissu ceJlulaire souscutané, en un mot tout ce qui contribue à ralentir le cours du sang dans les veines, i En première ligne, dit M. Gourdon, on doit noter comme pouvant donner ce résultat la disposition même du vaisseau. Ainsi, les veines d.ans lesquelles le sang circule horizontalement ou en suivant un trajet ascendant sont beaucoup plus exposées au thrombus que celles dans lesquelles la marche du saug est