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intervalle de 2,166 ans environ. D'ailleurs, le plan de l'écliptique tournant lui-même autour de la ligne des équinoxes, comme pour se rabattre sur le plan de I'équateur, avec une vitesse très-petite, il est vrai, puisqu'elle n'atteint qu'à 48" par siècle, il en résulte que le zodiaque ne comprend pas les mêmes étoiles à des époques différentes. Les anciens s'étaient plu à voir sous les configurations des constellations zodiacales des figures d'hommes et d'animaux qui formaient la partie décorative de leurs zodiaques et que l'on reproduit encore aujourd'hui sur la plupart des globes célestes et des cartes du ciel.
On a retrouvé dans les monuments de l'antiquité plusieurs zodiaques, celui de Denderah entre autres, fort intéressants au point de vue archéologique, parce qu'ils portent en eux-mêmes, jusqu'à un certain point, la date de leur construction. En effet, les divisions du zodiaque rétrogradant chaque année de 50" ,2 par rapport aux étoiles, la situation de ces divisions, sur les anciens zodiaques, permettrait aisément de savoir à quelles époques ils ont été gravés, si toutefois il était possible d'admettre que chaque artiste eût fait au moinsquelquesobservationsgrossières pour mettre son tableau d'accord avec les faits. Malheureusement, le contraire est beaucoup plus probable; l'immutabilité du tableau, d ailleurs, était de préjugé quasi religieux. Il en résulte que la plupart des peintres se sont copiés les uns les autres pour tout ce qui coucerne les données scientifiques de la question et n'ont cherché à rivaliser que pour les figures d'animaux qui de- "vaient représenter les douze constellations zodiacales. On a pu, toutefois, tirer d'utiles enseignements de l'étude de ces aneiens spécimens de l'art, surtout en comparant ceux qui ont été retrouvés dans des lieux assez éloignés les uns des autres pour que la probabilité du plagiat fût moins grande.
Zodiaque de Denderah, Ce fut le général Desaix qui, poursuivant k travers les solitudes de lu Thébaïde les débris du corps de Mourud-Bey, signala le premier, à l'attention des savants, le planisphère sculpté en relief dans une des salles supérieures du temple de Denderah. M. Denon, qui partageait les fatigues et les périls de la division Desaix, dessina ce monument, et le dessin, parvenu en France, devint l'objet de nombreuses controverses parmi les savants. Dans le cours de l'année 1820, alors que les archéologues s'occupaient avec le plus de zèle de mettre à profit ia protection que leur accordait le pacha d'Egypte, Mohamed-Ali, le projet de conquérir pour la France lo zodiaque circulaire de Denderah fut conçu par M. Saulnier fils, qui s'associa M, Lelorrain. Au commencement du mois d'octobre de cette même année, M. Lelorrain s'embarqua pour Alexandrie avec des instruments de travail, tels que des scies, des ciseaux, des crics et un traîneau de nouvelle invention. Arrivé au Caire, il se présenta au pacha, en lui faisant seulement part de son intention de faire des recherches d'antiquités dans la haute Egypte, Mohamed-Ali lui fit remettre aussitôt un firman en langue turque. M. Lelorrain, muni de ce passe-port et ayant nolisé un bateau, partit du Caire le 12 février 1821 avec un interprète et un janissaire de la garde du pacha pour veiller à la conservation de ses effets et de ses outils. Après une navigation de plus d'un mois, il arriva à Denderah, au milieu de la nuit, et il reçut du cheik de cotte bourgade une hospitalité digne des temps antiques. Denderah est un bourg arabe situé sur la rive occidentale du Nil, à 140 lieues du Caire et k 20 lieues de Thèbes. Les ruines de l'ancienne Tentyris, autrefois une des plus grandes villes de l'Egypte, n'en sont éloignées que d'une demi-Tieue. C'est dans celui des temples de Tentyris, désigné aujourd'hui sous le nom de grand Temple , et anciennement dédié à Isis, que se trouvait le zodiaque circulaire, objet du voyage de M. Lelorrain.
Des voyageurs anglais s'étaient arrêtés depuis quelque temps à Denderah pour dessiner diverses parties du grand Temple. M. Lelorrain ne voulut pas commencer son entreprise devant eux, de peur d'éveiller les soupçons de certains amateurs de monuments antiques, qui avaient quelque pouvoir et lui auraient vraisemblablement suscité des entraves. 11 se dirigea vers Thèbes; puis, les Anglais ayant vidé la place, il revint à Denderah et commença aussitôt à faire scier le planisphère avec le carré dans lequel il était enfermé. La pierre était très-dure, et il fut obligé de se servir de poudre pour faciliter et accélérer le travail. On no pouvait pas scier plus d'un pied par jour, et il y en avait 24. Enfin, cette première opération terminée, le transport du zodiaque jusqu'au Nil, éloigné de S lieues, offrit de grandes difficultés a cause des amas do débris de monuments et des inégalités du terrain. On rencontra mille obstacles qu'il serait trop long d'énumérer ; par exemple, au moment du départ, le patron delà barque prétendit que les eaux étaient trop basses; il avait reçu d'un archéologue rival 1,000 piastres turques pour retarder le voyage de M. Lelorrain. Celui-ci donna la somme et l'on partit. Au Caire, M. Sait, consul général de ta Grande-Bretagne, chercha vainement à obtenir le zodiaque du pacha. Quelques Turcs attachés à la personne de Mohamed-Ali ne concevaient