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Point comment deux pierres pouvaient être objet de contestations semblables dans un pays où, disaient-ils, il y en avait pour tout le monde. Le 18 juillet 1821, le zodiaque fut embarqué k Alexandrie; le 9 septembre suivant, il entra dans la rade de Marseille, et, au commencement de janvier 1822 il était à Paris, où son arrivée fit grand bruit dans le inonde des savants. Acheté par le gouvernement, il est aujourd'hui placé contre une muraille d'une salle de la Bibliothèque nationale, située au rez-de-chaussée.
—■Description du zodiaque^ L'ensemble du planisphère de Denderah présente l'image d'un grand cercle inscrit dans un carré. Dans tous les sens, il a 7 pieds 9 pouces de développement. Le diamètre du cercle intérieur est de 4 pieds 9 pouces. Comme nous l'avons dit plus haut, le monumentest divisé en deux morceaux; l'un contient environ les trois quarts de la largeur totale, et l'autre le quart seulement. Le planisphère est en grès, d'un grain compacte, mois cependant assez friable à la surface. Vers le milieu du cercle intérieur, on voit les douze constellations zodiacales, rangées sur une ligne à peu près circulaire, se terminer en forme de spirale. Le Lion ouvre la marche; auprès, mais un peu au-dessous, est l'Ecrevisse, rentrant dans le cercle des douze signes. Dans l'intérieur sont les constellations boréales, parmi lesquelles on distingue facilement la Grande Ourse, placée assez exactement au milieu du planisphère. Cette constellation, selon Plutarque, était appelée l'astre de Typhon ; et on retrouve ici un animal monstrueux, avec une tête et un corps d'hippopotame, animal consacré à Typhon. Pour les autres constellations boréales, qui sont au nombre de dixneuf, elles n'offrent presque, aucun rapport avec celles qui sont représentées par nos sphères. Cinq autres astérismes se trouvent placés au milieu des signes du zodiaque, précisément sur la même ligne. Pour les constellations inférieures, quatorze sont placées dans le champ du planisphère, immédiatement au-dessous des constellations zodiacales. Les autres, au nombre de trente-sept, sont toutes sur le bord extrême du cercle intérieur, la tête tournée vers le centre. Toutes .les figures marchent dans le même sens, et elles décrivent des cercles qui s'agrandissent du centre à la circonférence, de sorte que le pôle est facile à reconnaître. Les trente-sept constellations qui environnent le planisphère sont toutes accompagnées d'un certain nombre de caractères hiéroglyphiques qui contiennent sans doute leurs noms. Le cercle entier est porté par douze figures, distribuées aux huit principaux points de la circonférence, les bras étendus, comme pour soutenir le planisphère. Aux angles du carré sont quatre femmes debout, et à chacun des points intermédiaires on voit un groupe de deux hommes h tète d'épervier et agenouillés. Une grande bande circulaire entièrement remplie de caractères hiéroglyphiques, mais coupée en huit portions par les figures de support, environne toutes les représentations célestes. D'autres bandes d'hiéroglyphes, en nombre irrégulier, sont vers les quatre angles, auprès des figures de femmes. On trouve, dans l'espace qui sépare la bande circulaire du planisphère proprement dit, deux courtes séries d'hiéroglyphes qui s'avancent en saillie. Elles sont situées aux deux angles opposés, mais l'une à droite, et l'autre à gauche de la diugonale. Dans les angles, ou voit encore quelques autres signes dont on ignore le sens et la valeur.
La teinte générale du monument est celle de l'àtre d'un foyer. Les flambeaux des initiés et des voyageurs ont communiqué aux deux pierres des nuances qui ne leur sont pus naturelles.
Les discussions qui se sont élevées dans le monde savant, relativement au degré d'antiquité que l'on doit assigner au zodiaque de Denderah ont longtemps occupé l'attention publique. Parmi les écrivains ies plus célèbres qui ont émis une opinion sur cet important sujet de l'archéologie , on compte Dupuis, Volney, l'abbé Testa, Visconti, Laplace, Fourrier, Saint-Martin, Lalande, Cuvier, Savigny, Franccour, etc. Nous allons résumer en peu de ligues les diverses opinions de ces savants.
Les zodiaques sculptés sur les monuments ont été définis : ■ la représentation d'un des grands cercles de la sphère où les planètes se meuvent, et qui est divisée en douze signes que le soleil parcourt tous les ans.» Ou a cherché si cette représentation était placée dans les monuments antiques comme devant indiquer par l'ordre des signes l'état du ciel à l'époque où le monument a été construit; ou, en d'autres termes, si les zodiaques étaient des descriptions chronologiques qui donnaient la date de la construction des édifices. Quelques savauts ont donné une solution affirmative , et ont supposé que le zodiaque de Denderah avait été construit 2,500 ans avant notre ère. D'autres ont, au' contraire, conclu, de l'ordre des signes et des conjectures sur la date même des monuments, que les zodiaques ont tous été exécutés lors de l'époque romaine. Ainsi, le zodiaque rectangulaire de Denderah appartiendrait, d'après l'inscription du pronaos, au temps de Tibère, et le zodiaque circulaire au temps de Néron. On a encore cherché k expliquer les
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représentations zodiacales par la signification plus ou moins probable de leurs signes, et par leur rapport avec les travaux, d'agriculture, selon chacun des mois de l'année. En effet, les figures lonnées aux constellations ont pu avoir éié inventées pour indiquer ie retour des tri .vaux agricoles ou des circonstances atmosphériques importantes; alors le zodiaque aur ùt été une sorte de calendrier. Le caractère le plus élevé des zodiaques pnraltêtrece uide monuments pieux, consacrés par cette croyance antique, qui s'est reflétée dans l'astrologie judiciaire au moyen âge, que les diverses divinités ou pouvoirs surnaturels présidaient aux constellations, et qu'il îxistait une influence, non-seulement physique, mais morale, des astres sur les homme.!. On explique facilement de cette manière la multiplication des représentations zodiacales dans les temples. Au nombre des zod aques les plus remarquables, après celui de ûenderah, on compte ceux des grands temples d'Esné et de Palmyre. On retrouve lez :>diaque parmi les sculptures des églises gothiques. Dupuis a décrit celui de l'église Notro-Dame de Paris j Lalande a donné les détails du zodiaque de l'église de Strasbourg. Il en existe un trèsancien, sculpté à l'uré des portes latérales de l'église cathédrale d'Autun.
Zodiaque. Iconogr. Les bandes zodiacales qui décoraient les grands temples d'Esné et de Denderah ont fou 'ni aux mythographes et aux iconographes d'intéressants sujets d'étude. L'antique Egypte possédait de nombreux tableaux astronomiques semblables à celui que possède la bibliothèque de Paris. Le zodiaque est figuré sur diverses médailles antiques, notamment :,ur une médaille d'Antonin le Pieux; au centre, Jupiter Sérapis est représenté par u ie tête couronnée du modius; une auréole lumineuse l'entoure; puis, dans une zone intermédiaire, se trouvent les planètes; enfin, dans un cercle extérieur, viennent les douze signes du zodiaque. Sur une médaille de Nicée, Jupiter, assis sur la foudre , et également entouré du zodiaque, apparaît encore comme point central du monde , mais avec un degré supérieur de puissance et de majesté. Suivant Hérodote, les Perses appelaient Jupiter» ie Cercle entier des cieix;» il parcourait les douze signes du zodiaque, répandant partout sur son passage la terreur ou la grâce. Une médaille d'Alexandre ISévère offre aussi Jupiter au milieu du zodiaque. D'après l'explication donnée par qtefques archéologues, ce serait là une sorte d'allégorie astronomique désignant «l'heureuse étoile des princes, et la conservation de ;ous les membres de l'Etat que le prince soutient, comme le zodiaque, suivant l'opinion des anciens, soutient ies astres. ■ La jinacothèque de Munich possède une mosaïque antique découverte h Sassoferrato an 1828 et représentant Apollon, dieu du jour, au milieu des signes du zodiaque, ave': les Saisons personnifiées dans la partie inférieure du tableau.
Il existe un certain rombre de monuments . chrétiens primitifs sur lesquels est figuré le zodiaque. Tels sont un bracelet publié par Boldetti (p. 500) et une peinture publiée par Bottari, où l'on voit ui. homme debout, près d'une montagne, indiquant du doigt un segment du cercle du zodiaque, sur lequel sont marquées quatre étoihs's. • Dans les quatre premiers siècles du ehri.'.ttanisme, dit M. l'abbé Murtigny, les opinions vulgaires au sujet de l'influence bonne ou .nauvaise des astres préoccupaient encore vivement les esprits; ce qui le prouve, c'est qu'il existait entre les mains de tout le monde certaines tables astronomiques où étaient marqués les présages heureux ou sinistres qui s'attachaient à chaque heure du jour et de la nuit ; et ces tables n'étaient point exclues des livres composés pour l'usage des ehré.iens. Une ancienne inscription de l'an 36*, oubliée par de Rossi, nous donne la mesure de l'importance qu'avaient de tels présages même dans l'esprit de nos pères. C'est l'tpitaphe d'un enfant nommé Simplicius, dont l'existence ne parait pas s'être prolongée au delà du jour qui l'avait vu naître. Or l'ép taphe porte que ce double événement avait eu lieu à la quatrième heure de la nuit du 8 des ides de mai, le jour de Saturne, dans la vingtième lune, sous le signe du Capricorne. » Cette annotation de date si exceptionnellement minutieuse accuse une intention évidente démettre sur le compte d'une influence néfaste une mort si prématurée et si affligeante pour des parents. Nous lisons, en efet, dans les tables astrologiques que rappjrte M. Mommsen, que « touc ce qui arrive en ce jour de Saturne, k telle heure que ce soit du jour ou de la nuit, est obscur et laborieux, et que ceux qui naissent sous une telle influence courent de grands dangers. » At moyen âge, les signes du zodiaque se re icontrent assez fréquemment dans des inoniinents religieux. On les voit sculptés dans e portail de Samt- Firmin à la cathédrale d'Amiens , avec les mois de l'année distingiés par les travaux auxquels on a coutume le se livrer pendant chacun d'eux. Le même sujet décore le porche de la cathédrale d'Autun. Dans le baptistère de Florence, un ceicle de marbre contenant les signes du zodiaque servait autrefois de méridienne. Claude Ramey a sculpté pour le palais du Luxembourg deux figures